Carnet de Terre # 24 – Anselm Kiefer et August Sander

imageimagePour aller de Gand à Anvers, nous prenons le train, le trajet dure une heure. La gare centrale d’Anvers est une merveille architecturale, rien que pour l’admirer nous préférons le train à la voiture. Construite en 1905, rénovée en 2007, l’immeuble est jugé comme une des plus belles réalisations ferroviaires mondiales.

Le bâtiment panoptique, situé au 36, rue De Vrières hébergeait jusqu’en 2010 le ‘Raamtheater’. Haut d’une vingtaine de mètres, le hall central est surmonté d’une verrière et entouré de trois balcons qui en font le tour. Les parapets en fer forgé, les colonnes et les poutrelles métalliques rappellent l’architecture de la gare centrale que nous venons de quitter.

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Construit en 1895 comme annexe de L’Institut Supérieur pour les Études Commerciales’, il hébergea le ‘Musée des Resources Commerciales’, la résidence du conservateur et un laboratoire d’analyse. On y exposait les échantillons de toutes les matières qui transitaient par le port d’Anvers. Des cacahuètes et du caoutchouc en provenance du Congo Belge, du houblon de Bohème, du charbon de Wallonie, du savon à barbe d’Amérique, des épices et de l’huile d’Asie, du café et du maté du Brésil, et plus encore.
Après la deuxième guerre mondiale, l’institut ferma ses portes, les objets furent mis dans des caisses où, entreposées dans un entrepôt, elles attendent d’être redécouvertes par un archéologue industriel. Ensuite, le bâtiment connut quelques autres destinations et en 1986, il devint la salle de spectacle du ‘Raamtheater’. Lequel théâtre fut mis en liquidation en 2010, faute de moyens.

Depuis lors, le panoptique sommeille mais aujourd’hui, il sert de salle d’exposition d’une partie d’une des œuvres monumentales d’Anselm Kiefer, intitulée ‘Buchstaben’, ‘Les Lettres’.

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Kiefer travaille dans le grand. À l’heure actuelle l’artiste occupe un gigantesque hall industriel situé dans la banlieue Parisienne. Avant cela en 1993, il avait acheté un terrain industriel à l’abandon, avec bâtiments, tunnels et grottes souterraines à Barjac dans le Gard. Au fil des années, utilisant de la paille, des plantes mortes, du plâtre et beaucoup de plomb, il transforma le lieu en une œuvre d’Art Globale, « Ein Gesamtkunstwerk ».

Ici à Anvers, on peut voir trôner au centre du panoptique, une ancienne machine à imprimer, revue par Kiefer. Il a agrémenté la presse de fleurs de tournesol, recouvertes de plomb, de rouleau de films et autres objets incongrus. L’oeuvre est un hommage à Gutenberg et à Plantin-Moretus, citoyen d’honneur de la ville. Dans ce cadre architectural à l’abandon, l’ensemble est incongru, un tantinet inquiétant. Si vous n’aimez pas l’art contemporain, allez-y pour le bâtiment.

Toujours à Anvers, le FOMU offre une rétrospective de August Sander, photographe allemand du siècle dernier (1876-1955).
Sander naît fils de mineur et à quinze ans, il suit son père dans la mine. Le hasard le mène à servir de porteur du matériel d’un reporter photographique. August tombe sous le charme de cet art nouveau, il abandonne le marteau piqueur et devient l’élève du photographe. Il devient un des photographes les plus influents du 20e siècle. Il traverse les deux grandes guerres. En 1944 il perd un de ses fils, tué par manque de soins dans la prison où il avait passé 10 ans, condamné par les nazis pour sa sympathie envers le parti socialiste.

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August Sander nous laisse des milliers de clichés.
Les portraits de gens simples, paysans et artisans de toute sorte et les vues de Cologne, avant et après la deuxième guerre mondiale, nous impressionnent le plus. Les premiers par leur intensité, Sander interdisait à ses sujets de sourire, il voulait capter leur vraie nature, le sourire camoufle l’âme, disait-il.

Les photos de Cologne, avant et après, se passent de commentaires. Pour l’atmosphère, je joint ci-dessous la copie de la première page d’une lettre que Agust Sander a écrit à un ami en février 1947.

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Sur le trajet de notre retour vers la gare, nous poussons la porte d’Uniqlo, nouvellement ouvert dans le Meir. Grosse déception, les produits sont les mêmes qu’à Paris, 20% plus cher. Mais notre déception est dans la présentation, le magasin fait bon marché. À l’opéra ou rue des Francs-Bourgeois, l’ambiance respire le bon goût et la qualité, ici on se croirait chez Tati.

Avant de monter dans le train, nous admirons une nouvelle fois, la belle gare centrale d’Anvers.

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