19 – 28 – Skånevik, Leikanger, Sogn, Fjaerland

Je n’aurai pas du l’écrire, c’était tenter le diable. J’ai à peine lancé mon dernier billet que le baromètre se met à chuter avec autant d’enthousiasme que les nombreuses cascades d’eau que nous croisons sur nos chemins de montagne. Il pleut des cordes à longueur de journée. De temps à autre les nuages se déchirent et le soleil apparaît et on voit un arc en ciel. Les prévisions météo des différents sites que je consulte sur internet sont tous du même avis. Sur la côte ouest de la Norvège, la pluie va tomber pendant au moins dix jours encore, sans interruption. 

Voir la carte ci-dessus.

Après notre halte au vieux cimetière de Varhaug et une journée sur la route 134, ses chutes d’eau, ses tunnels et ses paysages hallucinants, on trouve un emplacement pour la nuit sur le parking du Norsk Motor Museum de Skånevik, face à un fjord, évidemment.

En fin de soirée, un monsieur se présente pour récolter les 14€ que coûte la nuitée dans son parking. À l’instar du musée Z à Treungen dans le Telemark, ce musée-ci est privé et géré par six amateurs de moteurs. C’est sympathique mais à la différence du musée Z, c’est un peu un capharnaüm. Au départ conçu pour rassembler des vieux moteurs d’origine diverse, bateaux, auto, moto, tracteurs, tout ce qui marche à l’essence au diesel ou la graisse de friteuse, les organisateurs acceptent actuellement n’importe quel objet pour autant qu’il soit ancien. Le gentil monsieur, retraité comme nous, nous offre une visite privée de son hobby. 

Le lendemain soir, sur un parking en hauteur du Søgnefjord, à un endroit appelé Ysta Djupenik, notre arrêt choisi pour la nuit, une Golf grise, plaque d’immatriculation Belge, s’arrête à 20 de nous. En sortent deux jeunes filles. Elle dressent une tente automatique couleur vert pomme, du genre dont les arceaux se tendent lorsqu’on défait les attaches, sur le bout de gazon qui sépare le gravier du parking du précipice qui plonge vers le fjord.

Nous sommes à table lorsque l’une d’elle vient vers nous, mon briquet à gaz est vide nous dit-elle. Je lui prête notre allume gaz pour qu’elles puissent chauffer leur dîner. 

Le lendemain matin, on s’apprête à partir, la deuxième fille vient vers nous, vous ne connaîtriez pas une randonnée en montagne dans le coin, me demande-t-elle.

Je lui indique la route vers le glacier Bauarbreen, une recommandation de notre guide allemand. En me remerciant, elle murmure, faudrait peut-être qu’on s’achète une carte.

De ma vie, je n’ai jamais traversé autant de tunnels que depuis que nous roulons en Norvège. 

Le pays utilise à bon escient le revenu de son gaz et son pétrole pour moderniser et maintenir en bon état son infrastructure routière. Ainsi, les routes de montagnes sont systématiquement remplacées par des tunnels. Souvent long de plusieurs kilomètres, certains comportent en plein milieu, des croisements avec des rotondes. 

Du haut des rochers, les chutes d’eau sont nombreuses, les unes plus spectaculaires que les autres. 

Le guide français, celui qu’il faut lire comme un roman, mentionne comme point d’intérêt, le village de Fjaerland, le Bokbyen, le village du livre. À l’instar de Hay-on-Wye, crée dans le Wales en 1963 par Richard Booth, un libraire d’Oxford, et Redu en Wallonie en 1984, quelques habitants de Fjaerland établissent en 1996 le même concept. Sur quelques centaines de mètres de la rue principale, on peut chiner dans des rayonnages ouverts à tout vent. Une tirelire attend le bon vouloir de l’acheteur. 

À l’office du tourisme et au bout de la route, sur le parking de l’ancien port, où nous passons la nuit, deux grandes librairies sont accessibles en journée. Nous ne quittons pas l’endroit les mains vides.

Fjærland se trouve au bout d’un des bras du Sognfjord. Jusqu’il y a quelques décades, le village ne pouvait être rejoint que par bateau ou en franchissant, l’un ou l’autre des deux glaciers qui aboutissent au fond de la vallée. Aujourd’hui, un tunnel et des routes le rend accessible. 

Nous poussons la porte du musée des glaciers. La guide nous explique ce que nous pouvons attendre de la visite mais nous fournit également un plan en expliquant comment accéder aux pieds de deux glaciers. Plutôt que de regarder les films dans le musée, nous allons voir sur place la glace qui coule de la montagne. Pour ceux qui aiment les chiffres, le Jostedalbreen est le plus grand glacier du continent européen. Il couvre près de 500 km2, long de 60 km, il culmine à 2085m, et il a une épaisseur de 600m.

Sous la pluie, nous poursuivons notre chemin vers Ålesund, ce sera mon prochain billet.

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19 – 27 Svindland Camping, Karmøya, Varhaug et Fôresvik

Au droit de Egersund, les vagues qui traversent la Manche rencontrent celles qui viennent du nord de l’Ecosse. À leur point de rencontre, elles se neutralisent et la marée est nulle. C’est le point amphidromique de la marée. Grâce à ce phénomène, les maisons en bois et les abris à bateaux de Egersund sont les mieux conservés de Norvège. 

On apprend ça en lisant les panneaux explicatifs placés dans un parking à quelques kilomètres de   la ville côtière. 

Nous poursuivons notre remontée vers le Nord en longeant la côte ouest par la route 44. 

À Feda, le long du Fedalfjorden on s’arrête au Svindland Camping. On y reste deux nuits, le temps pour Marleen de faire quelques lessives. Les machines tournent, il pleut des cordes toute la journée, notre intention de nous promener tombe à l’eau, si j’ose dire.

De la roulotte nous avons une vue sur le petit lac qui borde le camping. Lorsque nous sortons pour aller mettre le linge de la machine à laver dans le séchoir, un canard solitaire vient nous saluer. La propriétaire du camping nous s’explique qu’il est arrivé ici il y a trois mois, peut-être abandonné par un campeur de passage. Tout le monde sait que le pain est mauvais pour les canards, aussi le mari de la dame s’est empressé d’acheter 25 kg de nourriture pour poussins, qu’elle lui sert tout les soir dans une écuelle. Les pattes dans le lac, le canard picore quelques graines, lève le bec, le trempe dans l’eau et avale la bèquetée. 

La dame est inquiète pour l’hiver. Je le mettrai dans ma grange, nous confie-t-elle.

Notre itinéraire nous conduit à Stavanger. C’est la troisième plus grande ville du pays, la capitale de l’industrie off-shore.

Le trafic est fluide, n’empêche que nous tournons en rond pour trouver un emplacement de parking. On se gare près du Musée du Pétrole, dans le port, au pied de la vieille ville. Le Silhouette, un gigantesque bateau de croisière a dégorgé ses milliers de passagers, le tourisme de masse n’est pas notre tasse de thé. 

Quel contraste avec Varhaug où nous avons passé la nuit précédente, seuls le long de la mer du Nord, en face d’une chapelle entourée d’un vieux cimetière. Reconstruite dans les années ´50, elle est située sur un lieu de culte qui remonte à 1328.  

Pendant quelques heures nous parcourons la vieille ville, ses maisons multicolores en bois, ses boutiques à touristes et son MacDo. Ensuite on reprend la route. Plutôt que de contourner le Boknafjord par la route et les tunnels, notre guide français recommande de prendre à Randaberg, un ferry pour l’isle de Karmøya, dont il dit beaucoup de bien.

Nous suivons son conseil et sans vérifier le trajet, j’embarque la Roulotte sur le bateau. Par curiosité, je demande au conducteur qui vend les tickets de la traversée, pourquoi les gens prennent le ferry plutôt que le tunnel. Il se fend d’un grand sourire et nous explique qu’on s’est trompé de ferry et que depuis 2013, Karmøya n’est plus accessible par bateau et que celui sur lequel nous naviguons, ne va pas à Karmøya mais fait un vas-et-vient vers l’isle de Kvitsøy.

Il rajoute, en se marrant de plus belle, mais vous pouvez revenir avec nous dans l’autre sens, sans payer. 

On s’offre une croisière de deux fois 45 minutes pour 49€. La mer est houleuse, on tangue à l’aller et on tangue et on roule au retour. Nous faisons la traversée sur le gaillard avant et on se remplit les poumons d’une bonne brise fraîche, le Chat Lune nous a procuré un bon pied marin.

Au retour de notre excursion, on s’enfile dans les tunnels et on prend un autre ferry jusqu’à l’isle de Bokn. La traversée est courte, mais nous suivons l’exemple des conducteurs de camions qui se précipitent vers la cantine pour ingurgiter en vitesse un bœuf stroganoff avec du riz et une saucisse, purée de pommes de terre. Le café est compris dans les plats du jour. 

Le parking du port de Føresvik sur l’isle de Bokn est un endroit idéal pour passer la nuit. Nous trouvons souvent un emplacement sur les quais des ports. Parfois, ils sont payants mais ils offrent des sanitaires et de l’électricité. 

À Føresvik c’est un simple parking sans facilités.

Les paysages que nous traversons sont spectaculairement beaux. Les lacs et le fjords se succèdent. Forte de ses 170 CV, la Roulotte gravit des cols, descends les vallées, serpente les routes étroites. Régulièrement je dois m’arrêter dans un élargissement, pour laisser passer un véhicule qui vient en sens inverse. Je garde également un œil sur le rétroviseur et lorsqu’une ou plusieurs voitures plus rapides me suivent, je me range un instant de côté, pour les laisser me dépasser. Un coup de clignotant droit le remercie.

Nous remontons vers le nord par la route 13. C’est un axe obligatoire. Comparé à nos routes, il n’est pas très encombré, mais les deux sens sont utilisés par des camions, des voitures privées et de nombreux campings cars. Comme notre roulotte, c’est un moyen idéal pour visiter ce pays. Les photos ci-jointes donnent une idée, mais ne rendent pas à sa juste valeur la grandeur des décors que nous traversons.

Depuis que nous avons quitté le camping de Svindland, jeudi dernier, le temps s’est remis à un bel l’automne, les nuits sont fraîches, (10°C) mais les journées ensoleillées avec des passages nuageux. J’écris cette lettre, le lundi 9 septembre, aujourd’hui, le thermomètre a grimpé jusque 18°C, lorsque le soleil brillait. 

Nous remontons toujours vers le nord, ce sera le thème de prochain billet.  

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19 – 26 Arendal. Kristansand et le phare de Lindesnes

Dans le voyage ce n’est pas la destination qui compte, mais le chemin parcouru.

Cet adage est particulièrement vrai en Norvège. Le paysage est d’une beauté spectaculaire. Dans la mesure du possible nous ne prenons que les routes secondaires, comme la 41 et la 42 qui nous ont conduit de Rjukan à Arendal en passant par Treunden. Elles serpentes, montent et descendent en permanence, à travers des forêts de sapins, en longeant des falaises, des lacs et des fjords. À la sortie de chaque virage, la vue mérite une photo. Malheureusement, quand on les passe en revue le soir sur nos tablettes, on est déçu car les clichés ne rendent pas la grandeur de la réalité, heureusement, tout reste en mémoire.

Sur notre itinéraire nous traversons des villages et des petites villes. 

Pour identifier ce qui nous intéresse vraiment dans un endroit inconnu, il ne suffit pas de consulter nos deux guides. Internet est devenu aussi indispensable que la loupe à Sherlock Holmes. Sur Wikipedia je trouve toujours une description de la ville, son origine et son histoire. Généralement,  même les plus petites localités ont un site touristique avec leurs incontournables. Tripadvisor donne également une liste des 5, 10 ou 15 choses à faire et à voir dans un lieu concerné.

Il faut en plus consulter les forums et analyser les commentaires des touristes. Régulièrement leurs remarques sont contradictoires, lire entre les lignes demande réflexion. 

À Arendal nous sélectionnons le Bomuldsfabriken Kunsthall. En 1992, la municipalité achète les bâtiments et les terrains d’une ancienne filature pour en faire un musée d’art contemporain. Situé au pied d’une falaise, près d’une ancienne carrière, les architectes de la rénovation construisent un parcours aérien avec des passerelles en acier Corten. 

Le passage démarre au deuxième étage, à l’arrière du bâtiment. Il zigzague le long de la falaise et descend d’un côté par un escalier en bois jusqu’à l’entrée de l’ancienne carrière. De l’autre côté, le pont surplombe une ancienne décharge de ferraille. On l’interprète comme de l’art contemporain. De la falaise, une sculpture métallique représentant une baleine, pointe son nez vers le musée.

À l’intérieur, nous découvrons et nous aimons les œuvres de Louis Moe, un peintre et illustrateur Norvégien du siècle dernier. Dans une autre salle, Jan Håfstrøm, un artiste contemporain, nous séduit par son humour. Il a intitulé le tableau avec les deux camionnettes recouvertes d’un toile bleue, Kalifat. Voir ci-dessous.

De Arendal à Kristiansand, nous longeons la côte sud en passant par Grimstad et Lillesand. Ces deux petites villes côtières avec leurs maisons blanches, leurs marinas et leurs magasins sentent le tourisme d’été. Le musée de la marine à Lillesand est fermé depuis le 10 aout!

Les parkings en ville limitent le temps d’arrêt à 2hrs. Pour passer la nuit on trouve plus loin, un bel endroit le long du Kaldvellfjorden.

Le demain, le samedi 31 août, la roulotte « s’amarre » sur le parking du port de plaisance de Hanesbukta, à 6 km de Kristiansand. L’endroit est recommandé par le guide français. 

À Kristiansand, sur la place du marché, près de la cathédrale, nous découvrons un festival gastronomique des produits locaux. D’un stand à l’autre, on picore ici, un bout de saucisson, là, un morceau de fromage, un smørebrød avec du saumon, un verre de jus de pomme, notre lunch est servi, d’un bout à l’autre du marché. 

Avec 90.000 habitants, la ville est la cinquième du pays. Fondée en 1630 par le roi Christian IV, le centre est en damier et les rues se coupent perpendiculairement, « Kvadraturen ».

Au premier étage du SKML, le musée d’art de la ville on trouve des clichés de cinq photographes nordiques, dont Andres Peterson. L’étage supérieur est dédié à une sélection de la collection du financier Nicolai Tangen. Ce sont des œuvres d’art modernes d’artistes scandinaves, de 1930 à 1980. Asger Jorn du groupe Cobra est le seul nom que nous connaissions. Par contre, comme toujours, les tableaux offrent des ressemblances avec des œuvres de peintres de nos contrées. Les mouvements artistiques ne connaissent pas de frontières. 

Dimanche nous poursuivons notre chemin en empruntant les routes côtières jusqu’au phare de Lindesnes. C’est l’amer le plus au sud de la Norvège. On est à 2518 kilomètres du cap Nord. Le phare actuel est en fonte. Il a été construit en 1915. La première balise fut construite à cet endroit en 1656 pour marquer l’entrée du Skaggerak, le passage entre la mer du Nord et la mer Baltique.

Le lieu est devenu très touristique. La cafétéria vend un ticket d’entrée au site pour la modique somme de 50 NOK, soit l’équivalent de 5€. Nous grimpons en haut du phare et ensuite on fait les tours des anciennes fortification allemandes du mur de l’Atlantique. Il en reste des couloirs souterrains et des socles à canons en béton armé. 

À l’origine il y avait un deuxième phare situé à 3km plus à l’ouest, c’était pour que les bateaux ne confondent pas le phare de Lindesnes avec celui de Skagen, au nord du Danemark, à l’entrée de la Baltique. Il a été mis hors d’usage depuis que le phare actuel est équipé de lentilles Fresnel et de lampe halogène. 

Le centre d’information vend un certificat de passage. On y projette deux films. Un sur l’histoire de la côte sud de la Norvège et un sur les phares.  

Nous passons la nuit sur le parking au bas de l’édifice.

Mon prochain billet relatera notre remontée vers Stavanger.

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19 – 25 Telemark et le musée Z

Il ya quelques siècles, je ne connais pas la date précise, les habitants de la côte déconseillèrent aux cartographes hollandais d’aller explorer l’intérieur du Telemark. « L’endroit est truffé de bandits, l’alcoolisme est un fléau, vous n’en sortirez pas vivants. »

Aussi, comme vous pouvez le voir sur l’ancienne carte ci-dessus, le Telemark est une tache blanche avec au centre, le dessin d’un lac. 

L’histoire nous est rapportée par un des collectionneur du musée Z à Treungen. C’est une initiative privée. En 2010, Johan Ziener Thronsen, achète et rénove une série de hangars. Deux ans plus tard, il met les locaux à la disposition de collectionneurs privés, pour exposer leurs trésors. 

Notre guide a réuni au fil des ans une impressionnante collection objets relatifs à Walt Disney. « Uniquement ce qui a été fabriqué et vendu en Norvège », précise-t-il.

Au fil des salles nous découvrons, une cordonnerie, un cabinet dentaire, le cabinet d’un oculiste, un chapelier et des centaines de chapeaux, des vielles voitures, la cathédrale Notre Dame de Paris fabriquée avec des allumettes, des centaines d’anciens téléphones et tout ce qui tourne autour des centrales téléphoniques du siècle passé, je m’arrête ici. 

Le collectionneur des objets Walt Disney nous raconte quelques anecdotes. 

Vladimir Karpov, le fils du général Fjodor Karpov, ami intime du Tzar Nicolas III, fuit la révolution et se retrouve en Norvège à Treungen. Le riche aristocrate devient un pauvre norvégien. Pour subsister il vend à un orfèvre local la montre en or que le Tzar avait offert à son père. 

L’explorateur norvégien Roald Amundson, est le premier homme à avoir atteint le pôle sud, cinq semaines avant l’Anglais Robert Scott. Il réussit et survécut grâce au fait qu’il avait préalablement à son expédition, vécu pendant un an avec des esquimaux, pour apprendre à vivre dans des conditions polaires. Mais aussi, grâce à la provision de biscuits nourrissants que son frère lui avait préparé pour aider l’équipe à se nourrir pendant la tentative, sans devoir transporter de trop lourdes charges. À son retour, Amundson ramena les trois derniers gâteaux. On en voit un ici, encadré, avec la recette et la signature de l’explorateur.

Une autre vitrine comporte des figurines en bois peints. Ces objets furent fabriqué en secret par les prisonniers Russes que les Nazis exploitaient dans leurs usines d’armement en Norvège. Ils furent donnés en remerciement aux habitants norvégiens qui leur fournissaient en cachette de la nourriture.

Pour descendre de Rjukan vers le sud, nous empruntons les routes 41 et puis 42. Ces routes sont parallèles à la « 9 ». Plus étroites mais plus belles encore, selon les dires de notre guide français.

Au passage, à Eidborg on admire une petite Stave Kirke et plus loin au sud, nous découvrons le Musée Z dont je parle ci-avant.

À propos de guides, avant notre départ, j’ai acheté un guide de voyage en mobile home allemand, le « Womo Reihe band 15, Norwegen, Der Süden » et un guide français, « la Norvège en Van, édition Apogée ».

Ils se complètent mais il est amusant de constater la différence culturelle entre les deux pays.

L’allemand est précis, avec des cartes détaillées et un itinéraire de 18 stations. Les descriptions sont au kilomètre près, avec les endroits où s’arrêter et les choses à voir, les musées, les haltes pour passer la nuit, gratuitement ou pas, les campings, les endroits pour se baigner, etc. 

L’itinéraire parcourt le sud de la Norvège dans le sens des aiguilles d’une montre, au départ de Halden et retour. Les 18 stations sont programmées pour être faites en six semaines à deux mois.

Waltraud Roth-Schultz et Reinhard Schultz ont fait un métier d’écrire des guides pour les voyageurs en mobile home. Leurs ouvrages sont agréable à consulter car précis et ponctué d’anecdotes personnelles. 

Le guide français est un roman, agréable à lire. Les premiers chapitres comprennent les informations nécessaires au camping en Norvège. Ensuite, les auteurs ont découpé le pays en sept zones, chacune agrémentée d’une carte sommaire. Ils ont parcouru le pays pendant deux mois du sud au nord, à bord d’un Mercedes Marco Polo. 

Clémence Polge fait de très belles photos, et Thomas Courbet écrit les textes. Ils décrivent et illustrent les choses qu’ils ont aimées, les endroits où il se sont arrêtés et où ils ont passé la nuit. Ils transmettent avec enthousiasme le plaisir qu’ils ont eu à faire ce voyage, leurs rencontres et leurs aventures sportives.

Pour préparer notre itinéraire journalier, j’utilise ces deux guides ainsi qu’internet. 

Jusqu’à ce jour, nous avons eu une couverture téléphonique très large. Même dans les endroits éloignés d’une ville, on capte un signal qui nous permet d’écrire et de faire des recherches.

Dans mon prochain billet, je parlerai du musée d’art contemporain d’Arendal, de Kristiansand et du phare de Lindenes. 


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19 – 24 Norsk Hydro, Notodden et Rjukan. Gaustatoppen.

L’air que nous respirons est composé de 78% d’azote (N2), de 20% d’oxygène (O2), de 1% d’argon (Ar), de 0,04% de dioxyde de carbone (CO2) et de petites quantités d’autres gaz.

En 1905, l’année de l’indépendance de la Norvège, l’ingénieur Sam Eyde, le physicien Kristian Birkeland et le juriste et banquier Suédois Marcus Wallenberg fondent à Notodden et à Rjukan le complexe Norsk Hydro.

Ils eurent l’idée d’utiliser la puissance hydraulique de la région pour extraire l’azote de l’air ambiant et fabriquer du fertilisant, le nitrate de calcium. L’arc électrique est utilisé pour chauffer l’air à 3000 Celsius et ainsi séparer les éléments de la molécule d’azote. 

Le chutes d’eau de Svelgfoss et Rjukanfoss furent canalisées pour alimenter deux centrales hydroélectriques. En 1911 la centrale électrique Vemork à Rjukan était la plus puissante au monde.

L’électricité produite servait également à fabriquer de l’eau lourde. Pendant le deuxième guerre mondiale, les Nazis projetèrent d’utiliser cette matière dans la fabrication d’une bombe atomique. 

L’usine fut l’objet de sabotages et de bombardements par les Allies et les résistants Norvégiens.

Le dernier épisode de l’histoire est le sabordage par les Norvégiens du ferry D/F Hydro qui transportait toute la production d’eau lourde, de l’usine vers un lieu plus sûr. 

Les cinéphiles se souviennent du film « Les Héros de Telemark », sorti en 1965 avec Kirk Douglas et Richard Harris dans les rôles principaux.

Le 5 juillet 2015, l’Héritage Industriel Rjukan-Notodden fut inscrit au Patrimoine Mondial de Nations Unies.

Nous visitons les sites de Rjukan et Notodden et l’usine de Vemork qui est devenu un musée après l’arrêt de la centrale en 1971.

À Notodden, nous logeons deux nuit sur un Bobilcamp. C’est un grand parking destinés aux mobile homes. La nuitée coûte 150 NOK soit l’équivalent d’un peu plus de 15€. L’équipement est spartiate. Des bornes électriques sont disponibles en suffisance mais les sanitaires (payants) et la décharge pour WC chimique se trouvent sur le parking de la marina voisine.

On dénombre en Norvège, 28 églises en bois, également appelées églises à piliers de bois ou « Stavkirke ». La plus grande se trouve à Heddal, sur la route 134 entre Notodden et Rjukan.

À 250 mètres de là, en hauteur, on peut se promener dans un musée en plein air avec des fermes en bois et des granges datant du 18ème siècle. 

Pour aller de Notodden à Rjukan, notre guide allemand « Mit der Wohnmobil nach Norwegen, Teil 1: Der Süden » recommande de prendre la route de montagne qui mène au Gaustatoppen, le sommet le plus élevé du Telemark, 1883 mètres au dessus du niveau de la mer.

On a franchi la ligne des arbres. Le paysage est désertique, de l’herbe de montagne et des rochers couverts de lichen vert. 

Le grand parking, situé en haut du col, au pieds du sommet, est rempli de voitures. On est dimanche, les courageux, femmes, hommes et enfants, s’y sont donné rendez-vous. La famille chausse des bottines de marches, enfile des vestes de marcheurs, et le sac à dos rempli de sandwichs et de bouteilles d’eau, se met en route vers le sommet. 

Lequel sommet est à 4,5 km plus loin et 600 m plus haut. Nous n’envisageons même pas la chose. 

Plus bas dans la descente vers Rjukan, nous rangeons la Roulotte en contrebas de la route, au milieu d’un troupeau de moutons curieux. Je dois repousser une mère et ses deux ados qui font mine de vouloir explorer l’intérieur de notre véhicule. 

Après le lunch et la sieste journalière, nous roulons jusque Rjukan. On se gare le long du Teivopark, en face du collège de la ville. On s’attendait, lundi matin, à être réveillé par des écoliers bruyants et joyeux de rejoindre leurs bancs de classe. Rien de tout ça, la jeunesse norvégienne rentre dans l’institution, sans bruit, pas de chants, pas de cris, un simple bonjour souriant à notre égard, lorsqu’on les scrute. 

Après le muesli, nous montons visiter le musée de Vemork, l’ancienne centrale hydraulique. 

Mon prochain billet traitera de la traversée du Telemark.

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19 – 23 Bohus, Nordisk Akvarellmuseet, Pinela, Fredericksten Festning

Il est dimanche le 18 août à 15:00, lorsqu’on débarque du Primula Seaways. Nous décidons de ne pas nous arrêter à Göteborg, on explorera la ville à notre retour. Sur le chemin du retour, nous envisageons de prendre ici un ferry pour le Danemark.

Wim, un ancien collègue et ami sur FB, nous recommande chaudement de visiter la ville et le musée Volvo. C’est noté Wim.

On passe la nuit à Kungälv, une vingtaine de kilomètres au nord de Göteborg. Le citycamp est situé en face de la forteresse de Bohus. 

À l’entrée du fort, un panneau indique que les visites se terminent aujourd’hui, le 18 août, l’été finit tôt en Suède.

Le lendemain, sur l’E6 vers la Norvège, Marleen repère sur le panneau brun aux lettres blanches, Nordiska Akvarellmuseet. 

Nous venons de quitter Kungälv avec l’intention d’aller jusque Halden, mais nous ne pouvons pas laisser passer un musée de l’aquarelle. 

On sort de l’autoroute et nous virons vers l’ouest sur l’île de Tjörn en direction de Skärhamn où se trouve le musée. 

J’en profite pour reprogrammer le GPS Garmin 770 en mode « éviter les autoroutes ». On ira moins vite, mais c’est plus beau et nous avons le temps.

Le musée offre une exposition temporaire des œuvres de Mats Gustafson, un artiste Suédois qui vit à New York.

L’aquarelliste, né en 1951, commence sa carrière comme illustrateur pour des revues de mode internationales. On retrouve ses compositions dans Vogues, le New Yorker et Visionnaire. Il crée des publicités pour Hermès, Christian Dior, Tiffany & Co., Yohji Yamamoto et Comme des Garçons. 

En dehors de la pub, il peint des portraits, des rochers et des têtes de biches. Sa technique est remarquable, j’en suis soufflé, j’ai envie de balancer mes pinceaux et mes couleurs. 

Réflexion faite, je me ravise car, comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, les maîtres disent qu’il faut dix ans pour maîtriser l’aquarelle, il me reste sept ans et demi à travailler. 

Je n’ai pas peint grand chose les derniers jours, je dois m’y remettre.

Plus tard dans la journée, dans les hauteurs de l’île de Tjörn, on se promène entre les moutons et les sculptures du parc Pinela. Nous sommes toujours en Suède.

La ville de Halden est située un brin au nord de la frontière avec la Suède. Sur la route secondaire que nous empruntons pour la rejoindre, il n’y a pas de poste frontière. Par contre, on se fait arrêter par une équipe volante. La mignonne douanière blonde nous demande où nous allons et si nous avons déjà été en Norvège par le passé. J’explique que nous avons l’intention d’explorer le sud du pays pendant plusieurs semaines. Je rajoute qu’il y a quelques années, nous avons pris le Harald Jarl, un bateau de la Hurtigruten, un ferry mixte qui fait en 11 jours, le trajet de Bergen à Kirkenes et retour. Mon explication lui donne satisfaction, et sans autre forme de procès, elle éponge les goutes de pluie sur son visage et elle nous souhaite un bon séjour en Norvège. 

À Halden nous logeons dans un camping situé dans l’enceinte de la forteresse de Frederiksen.

L’idée de loger en haut de la ville au cœur d’un ancien bastion est séduisante.

La visite d’Oslo figurait en haut sur notre liste des choses à faire en Norvège.

Je consulte, je lis, j’étudie les guides et les publications que nous avons récolté à ce sujet.

Je prend note de tout ce qui nous intéresse et j’établis un agenda détaillé, jour après jour, à l’heure près.

Pourtant, le soir du deuxième jour dans la citadelle, en admirant du haut des remparts, le coucher du soleil sur le port de Halden, on décide d’oublier Oslo, ses musées, le Oslo Pass, les bus, les trams, le métro, les embouteillages, les difficultés de parking et les campings hors ville. 

Aussi jeudi, le 24 août, sous un ciel gris et une pluie battante qui limite la visibilité à moins de

100 m, nous partons vers l’ouest, en laissant Oslo au nord de notre trajet. On traverse Askim, Drøbak, Asker, Drammen et après 200 km, on campe en sauvage un peu en dehors de Kongsberg. 

Vendredi le soleil est revenu. Ce sera pour le prochain billet.

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19 – 22 En route vers la Norvège avec DFDS

« La tempête faisait rage. Dans le poste de commande, le capitaine tourna la tête et il vit arriver sur l’arrière du bateau une vague gigantesque. Je l’entendis murmurer ´Mon Dieu!!!’ et le mur d’eau s’abattit sur nous. Le bâtiment se coucha sur bâbord, tout ce qui n’était pas fixé vola en l’air, les marins surpris furent percutés contre les cloisons et ceux qui étaient dans leurs couchettes se retrouvèrent projetés par terre. Lentement le bateau retrouva son équilibre, les dégâts étaient énormes et de nombreux marins étaient blessés, certains avaient un bras ou une jambe cassée. »

C’est le récit que nous fait l’aide cuisinière lorsque Marleen lui demande si les bateaux sortent par tous les temps. Sa réponse est oui et elle nous relate l’incident qu’elle a vécu il y a deux ans.

Nous faisons la traversée de Gand à Göteborg avec un RORO, le Primula Seaways de la compagnie DFDS. Le bateau quitte Gand à minuit vendredi soir, remonte le canal de Gand à Terneuzen, prend ensuite l’Escaut et la mer du Nord. Vingt-neuf heures plus tard, le dimanche matin à 05:00, il fait une escale de deux heures à Brevik en Norvège.

Nous restons à bord et débarquons dix heures plus tard, à Göteborg en Suède, on est dimanche, il est 15:00.

Notre intention est de remonter vers Oslo par la route côtière suédoise.

Le Primula transporte des remorques de camions et une dizaine d’engins de chantier à chenilles, des tracteurs et des pelles-rétro de la marque Volvo. À un niveau supérieur, deux étages sous le niveau du poste de commande, 5 cabines doubles et 5 cabines simples acceptent des passagers. Leurs voitures ou leurs camping cars, comme c’est notre cas, prennent place en bas entre les camions et les pelles-rétro.

Pour ce voyage-ci nous sommes 9 passagers à aller en Norvège. Les cabines sont à tribord, ainsi que le mess et le salon. L’équipage est logé au même niveau, à bâbord.

Pendant tout le trajet la mer est calme, nous sommes bercé par un agréable roulis. Lors de la visite du poste de commande, j’observe que l’inclinaison vers bâbord et vers tribord n’excède jamais 10°. 

Robin, un jeune officier suédois nous présente le tableau de bord et les instruments qui permettent de diriger le bateau. 

Tout est automatisé, la barre à roue et la célèbre colonne avec au centre un compas et de part et d’autre deux manettes qui basculent le long des inscriptions ‘stop, idle,…,fast forward’ ont fait place à de grands écrans en couleur. Ils sont alignés horizontalement, deux radars, une carte marine, la position du bateau, et plus encore. Le local de commande prend toute la largeur du bateau, à chaque extrémité, un dédoublement des commandes et des indications principales permettent aux officiers, avec une vue parfaite, de piloter le bateau dans les ports, pour les manœuvres d’amarrage. 

Le prix du trajet inclus les repas, un petit déjeuner à l’anglaise et un plat chaud midi et soir.

Les horaires sont stricts, une demi heure est prévue pour chaque repas. Entre deux, le buffet reste ouvert avec pain, thé café, gâteaux et boissons fraîches. 

Un salon est adjoint au mess, des fauteuils confortables et une télé grand écran et pléthore de DVD’s permet aux amateurs de se divertir.

Par contre il n’y a pas de signal WiFi, sauf lorsque la côte n’est pas trop éloignée, mon iPhone compte la Hollande, le Danemark et la Norvège. 

Arrivés à Göteborg, on quitte le bateau en premier et on roule jusqu’à un camping situé au pied de la forteresse Bohus, à une vingtaine de kilomètres au nord de notre endroit s’amarrage.

La Roulotte est amarrée, j’aime bien ce terme, face à la rivière. On pourrait nager mais l’eau est froide et nous préférons prendre une douche chaude.

C’est la première étape de notre voyage nordique.

Suite au prochain numéro

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