Livre #6 Dehlia Smith

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En 1969, Dehlia Smith composa le gâteau qui figure sur la couverture de l’album ‘Let it Bleed’ des Rolling Stones.

Un an plus tard, elle apparut sur la BBC East Regional Television avec un programme culinaire.

L’année suivante elle créa une rubrique dans le Evening Standard.

J’ai acheté son ‘Dehlia Smith Complete Cookery Course’ en 1970. Je le consulte encore régulièrement.

‘L’effet Dehlia’ eut un impact sur le public Anglais, on raconte qu’à l’issu d’une émission, la vente des œufs augmenta de 10%.  

Dehlia initia son peuple à la bonne cuisine. 

J’ai amélioré sa recette des crêpes, voir page 371 ci-dessous, en remplaçant l’eau par de la bière. 

Cela donne une pâte plus légère et les crêpes ont un agréable petit goût mordant.

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Dehlia Smith baked the cake which was used on the cover of The Rolling Stones‘ album Let It Bleed in 1969.

A year later, she appeared  with her cookery program on BBC East Regional Television.

In 1972 Smith started a column in the Evening Standard. 

It is at that time that I bought my next cookery book, ‘Dehlia Smth’s Complete Cookery Course’.

I still use it.

It has been claimed that Smith’s television series Delia’s How to Cook led to a 10% rise in egg sales in Britain and her use of ingredients such as frozen mash and tinned minced beef and onions, or ustensils such as an omelette pan, could cause sell-outs overnight. 

She is a leading cookery writer in the U.K.

I have improved her basic pancake recipe see page 371 here above, by using lager pils instead of water. It makes the dough lighter and it gives the pancakes a pleasant slight pungent taste.

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Book(s) # 5 Len Deighton – Action Cook Book & Où est le Garlic?

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Harry Palmer nonchalantly cracks eggs into a bowl with his left hand, while his protagonist pours out two large whiskies. This was 1964, the movie ‘The Ipcress File’ launched Michael Caine’s international acting career.

Len Deighton, the author of the novel on which the movie is based, began his education in good food at Koffmann’s London restaurant in Knightsbridge.

He wrote and published two bestselling strip cookery books, ‘Action Cook Book’ (1965) and ‘Où Est Le Garlic’ (1966). 

I bought these two first cookery books in 1968.

To know more about Len Deighton as a cook, read 

https://www.theguardian.com/books/2014/dec/14/len-deighton-observer-cookstrips-michael-caine-1960s

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Le film ‘The Ipcress File’ (1964) ouvra la porte à la carrière internationale de l’acteur Michael Caine.

Dans une scène, on le voit nonchalamment de la main gauche, briser des œufs dans un bol, pendant que sa compagne leur sert deux sérieux whiskies. 

Len Deighton, l’auteur du livre qui est à l’origine du film, acquis son amour et sa connaissance de l’art culinaire dans les cuisines du restaurant Londonien Koffmann’s.

L’auteur publia dans la foulée deux livres de cuisine sous forme de BD, ´Action Cook Book’ (1965) et ‘Où est le Garlic’ (1966).

Ce furent mes deux premiers livres de cuisine, achetés en 1968.

Pour en savoir plus sur Len Deighton et ses connaissances culinaires voir:

https://www.theguardian.com/books/2014/dec/14/len-deighton-observer-cookstrips-michael-caine-1960s

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Livre # 4 – 101 ThingsI learned in Culinary School

D745A353-02EF-4C05-9937-C5634D1C9DF1Ce petit livre est dans ma bibliothèque depuis plusieurs années. Je l’ouvre régulièrement avec plaisir car il est instructif, plein de bon sens et écrit avec connaissance et humour.

Dans son introduction, l’auteur souligne qu’un chef apprend et développe ses connaissances, toute sa vie.

Chaque rubrique est une double page, le texte à droite et une illustration à gauche.

Exemples: ‘Pourquoi ne pas mariner à température ambiante’ et ‘Humidifiez votre four’

Les photos montrent d’autres exemples.

À trouver sur amazon.fr pour quelques €

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A few years ago, I bought this little book. It provides advice to anyone interested in food and in cooking.

I quote the author in his introduction: “After more than twenty years teaching and working in the culinary art, I am sure of one thing, a chef can never stop learning and growing”.

Each two-page layout is illustrated and illuminates an important topic. 

Examples: ‘Roux: the longer, the darker’ and ‘Why convection ovens are faster’. 

Look at the pictures for more exemples. 

To be found on amazon.com for 2$

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Livre # 3 Le Répertoire de la Cuisine

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En cuisine il est important d’appeler les ingrédients et les recettes par leur nom. ‘Le Répertoire de la Cuisine’ répond à ce besoin. Publié pour la première fois en 1914, le livre a été traduit en plusieurs langues.

C’est un recueil de 7000 recettes, répartis en 12 chapitres, lesquels sont divisés en sous-rubriques. Les recettes sont classées alphabétiquement. Voir les photos ci-jointes.

Il est destiné à des professionnels plus qu’aux cuisiniers débutants. 

Saulnier était un élève d’Auguste Escoffier. 

On le trouve à différents endroits de la ‘Toile’, dont amazon.fr

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In cooking, it is important to use the correct words and the right definitions for ingredients and recipes. 

Comes in, ‘Le Répertoire de la Cuisine’. This modest booklet in size, (7,5”x5,1/4”) contains over 7000 recipes with their right labelling and a succinct description of the cooking process. 

Twelve chapters, from ‘Fonds de Cuisine’ to ‘Savories’, see the picture below.

It is meant more for professionals than for beginners as you can see in the second picture. 

Published originally in 1914, the book has been translated in multiples languages. Saulnier was a student of Auguste Escoffier.

To be found on Amazon.

https://www.amazon.com/Repertoire-Cuisine-Renowned-Classic-Experts/dp/0812051084

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Livre # 2 Harold McGee – On Food and Cooking

D745A353-02EF-4C05-9937-C5634D1C9DF1Ma maman préparait les repas de la famille avec amour et conviction. En la regardant faire et en l’écoutant, j’ai appris les rudiments de la cuisine. J’ai imité ses recettes, j’ai acheté mon premier livre de cuisine et par essais et erreurs, au fil des années, je me suis constitué une bonne connaissance de l’art de la cuisine.

Tard dans ma vie, par hasard, j’ai découvert le livre scientifique de Harold McGee. Sept cents pages de petit texte avec de nombreuses illustrations.

J’imagine que les écoles de cuisine et les grands chefs inculquent à leurs élèves la science des processus culinaires.

Est-il indispensable d’étudier ce livre pour réussir votre mayonnaise?

Non. Par contre, molécule par molécule, vous comprendrez pourquoi il arrive que votre émulsion rate.

Harold McGee – On Food and Cooking.

À trouver sur abebooks.co.uk 

https://www.abebooks.co.uk/servlet/BookDetailsPL?bi=30568675111&searchurl=an%3DHarold%2BMcGee%26sortby%3D17%26tn%3DOn%2BFood%2Band%2Bcooking&cm_sp=snippet-

La prochaine fois je vous parlerai d’un livre indispensable dans toute bibliothèque culinaire: Le Répertoire de la Cuisine par Th.Gringoire et L.Saulnier

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Most of us amateur cooks or food lovers, start their cooking lives looking at theirs mothers. It is my case. Then comes the trail and error, the cooking books and nowadays, the TV programs.

I suppose that great chefs and cookery schools teach their students the science behind the cooking processes.

It was only late in life that I bumped into Harold McGee’s scientific, 700 pages volume, on the science of cooking. 

The American food writer M.E.K.Fisher comments: ‘Anyone who really loves cooking and eating will be fascinated at once’. 

Do you need to ‘study’ this book it to successfully make your mayonnaise?

No, but it will help you understand the chemistry behind the process. 

Why sometimes your emulsion brakes and what to do about it.

Harold McGee – ‘On Food and Cooking’.

To be found on abebooks.co.uk

https://www.abebooks.co.uk/servlet/BookDetailsPL?bi=30568675111&searchurl=an%3DHarold%2BMcGee%26sortby%3D17%26tn%3DOn%2BFood%2Band%2Bcooking&cm_sp=snippet-

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Livre # 1 Alan Davidson – The Oxford Companion to Food


Récemment mes amis de FB ont lancé une nouvelle mode. D’aucuns défient un ami à publier la photo de leurs 10 livres préférés, un chaque jour.

J’ai été agréablement surpris de constater le haut niveau culturel de mes amis, Tacite, Kierkegaard, Nietzsche, pour n’en citer que trois.

J’ai rangé le dernier polar de Donna Léon mais Guido Brunetti m’a inspiré une idée.

Les rayons de la bibliothèque de notre cuisine comportent plus de 300 livres de cuisine et livres consacrés à la cuisine. 

Décrire les œuvres qui ont accompagné ma vie de cuistot amateur me paraît une façon amusante de redémarrer la publication des lettres de mon blog.

Ma maman Suisse Allemande était un cordon bleu. Elle m’a transmis sa passion.

Avant d’emprunter un œuf à votre voisin, comme débute chaque livre de cuisine Hollandais, il est important de connaître les ingrédients.

Allan Davidson mis 23 ans à rassembler et décrire les 2650 rubriques de son encyclopédie culinaire.

Le volume est illustré par le graphiste Laotien Soun Vennithone. 

Vous pouvez acquérir le livre sur AbeBooks.co.uk voir https://www.abebooks.co.uk/products/isbn/9780192115799/30558117308&cm_sp=snippet-_-srp1-_-PLP3

La semaine prochaine, je vous parlerai de l’étude de Harold McGee, ‘On Food and Cooking’, ‘The Science and Lore of the Kitchen’.


There is a new fad on Facebook. People challenge a friend to post the cover of ten of their favourite books, one every day.

I am pleasantly amazed to discover the cultural level of my FB friends, Tacitus, Kierkegaard, Nietzsche, to name three.

Discretely, I put aside the cover of Donna Leon’s last novel. 

However, Guido Brunetti gave me an idea.

On the shelves of our kitchen I have collected over the years, more than 300 cookbooks and books related to food.

I figured that commenting on the books that paved my days of cooking would be a nice way of reactivating my blog.

My Swiss German mother was a cordon bleu. I inherited her interest in food.

Before borrowing an egg from your neighbour, as any Dutch cookbook begins, knowing about ingredients is a good start.

It took 23 years for Allan Davidson to collect and write 2650 entries, describing every edible item plus numerous famous world dishes. 

Conceived in 1976, the book was published in 1999. It comprises 892 pages and 175 illustrations of food by Laotian artist Soun Vannithone.

It is titled ‘The Oxford Companion to Food’ and it is to be found on AbeBooks.co.uk see https://www.abebooks.co.uk/products/isbn/9780192115799/30558117308&cm_sp=snippet-_-srp1-_-PLP3

Next week I shall comment on Harold McGee’s ‘On Food and Cooking’, ‘The Science and Lore of the Kitchen’.

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19 – 33 Aabenraa, Glückstadt, Lorup, Rees, Eindhoven

Après huit semaines et six mille kilomètres, nous sommes revenus à notre point de départ.

Le plan ci-dessus trace notre itinéraire. 

En Norvège même, nous avons parcouru environ 3500 km. Mon gribouillis montre que nous n’avons fait qu’effleurer le sud-ouest du pays. Le cap Nord est à 2000 km plus haut sur la carte. 

Passé la ligne d’arrivée, les athlètes continuent à courir pendant quelques dizaines de mètres encore. Ensuite, ils s’arrêtent et se plient en deux, leurs mains touchent presque le sol. Lentement ils se redressent et respirent profondément.

En écrivant ce billet, cette image défile dans mon imagination. Voilà une semaine que nous avons franchi la porte de notre demeure et ce mardi soir, le 15 septembre est la première soirée où je respire profondément. 

À portée de main, une tisane rooibos et la Rêveuse d’Ostende de Eric-Emmanuel Schmidt que j’ai sélectionné pour lire ce soir. Je pianote le texte que vous lisez, sur l’iPad Air qui repose sur mes genoux.

Comme les athlètes, la porte d’entrée franchie, nous avons dans l’ordre:

Vidé la roulotte et rangé la nourriture non consommée, les habits, les livres et les objets divers récoltés en cours de route.

Pris contact et revu la famille et les amis.

Nettoyé la roulotte à l’intérieur et à l’extérieur, aspiré et nettoyé la maison. 

Conduit la roulotte vers son rangement d’hiver.

Envoyé quelques mails à des amis lointains.

Mangés des moules chez IKEA.

Fait des courses au Delhaize et chez Albert Heijn pour remplir les frigos maison de produits frais.

Re-téléphoné et bavardé avec la famille et les amis.

Ce soir, notre cœur bat à son rythme normal, on fonctionne à notre cadence maison.

Pour clôturer mon rapport de notre voyage dans le nord, voici un résumé de notre dernier trajet.

Dans mon billet précédent, le 19 – 32, j’ai raconté notre surprise agréable de recevoir des gâteaux chauds à la cannelle de notre voisine de camping à Aabenraa.

La veille de ce matin-là, chargés de champignons et de bons souvenirs, on quitte Laven pour visiter le château musée de Brundlund dans cette ville du sud du Jutland.

Peintures et sculptures du 18ème siècle a aujourd’hui.

L’arrêt suivant est Glückstadt sur l’Elbe et puis Lorup en Basse Saxonie. Au cœur de cette ville, la mairie met 4 emplacements à la disposition des mobile homes. L’électricité et l’eau potable sont gratuits. J’envoie un mail de remerciement au bourgmestre. 

Le lendemain, située sur le Rhin, la  ville de Rées nous accueille par une pluie battante. On y passe notre dernière nuit en Allemagne pour la modique somme de 8€, eau et électricité inclus.

Lundi, en route vers Eindhoven, on s’arrête à Emmerich am Rhein, pour acheter des bonbons à la réglisse au Katjeshop, une boutique située sur la Rheinpromenade. Marleen y fait la provision pour l’année. 

Au Pays-Bas, nos amis Marjan et Will habitent Eindhoven dans le Kaalhoef, une ferme rénovée datant de 1750. Marjan est une graphiste qui depuis une dizaine d’années fabrique des objets en verre coulé. Le hasard veut que nous puissions les accompagner à Lommel pour les voir à l’œuvre dans la ‘Glazen Huis’.

Voir: https://www.marjansmit.nl

À chaque traversée de la Hollande, la roulotte trouve un emplacement dans leur jardin, baptisé par Marjan, ‘Camping Sanssoucis’. 

Leur hospitalité est à la hauteur de leurs passions artistiques, c’est un bonheur de les retrouver.

Mercredi, le 9 octobre 2019, en début d’après-midi, la roulotte passe la grille de notre jardin à Gand.

Deux mois se sont déroulés  depuis notre embarquement sur le Primula Seaways, en direction de la Suède et de la Norvège

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19 – 32 – Skagen, Hjørring, Aalborg et Viborg

En 1807, l’Angleterre attaque le Danemark par la mer. Pour rendre périlleuse l’accès au Kattegat, les Danois éteignent leurs phares, dont celui de Skagen. De nombreux navires échouent sur le récif formé par la rencontre du Skagerrak et du Kattegat. Les débris qui jonchent les plages font la joie des habitants de la région. 

Débarqué du ferry qui de Göteborg nous a transporté vers Frederikshavn, nous remontons vers Grenen, le point le plus au nord du Danemark, à 4 km plus haut que Skagen. À l’endroit où les deux mers se rencontrent, le récif s’élance perpendiculairement à la côte sur plus de 4 km, il est visible sur la photo ci-dessus. 

À cette époque de l’année, fin septembre, nous ne sommes que quatre mobile homes à passer la nuit sur le parking protégé de la mer par de hautes dunes. La nuit, le vent secoue notre roulotte. Toutes les quatre secondes un éclair du phare de Skagen perce l’obscurité. Il pleut.

Le lendemain matin, nous poursuivons notre route vers Hjørring. Le Vendsyssel Art Muséum est situé dans une ancienne usine textile, transformée en musée moderne par les architectes de CF Møller.

Sous le titre de ‘So far Away’, le peintre Jacob Rantzau expose une série de portraits de Danois heureux. Hjørring est une petite ville avec un bon ‘chi’, on se promène dans les rues piétonnières avant de rejoindre la ferme de Birgitte et Jørgen Petersen, l’endroit où nous passons la nuit.

L’année dernière, au musée Kunsten of modern Art à Aalborg, Kurt Trampedach était la vedette de l’exposition temporaire. Cette année-ci le musée expose une sélection d’œuvres du Louisiana, le musée d’art contemporain de Copenhagen. On admire les deux araignées en combat de Louise Bourgeois. Le rez-de-chaussée comporte la collection permanente du Kunsten et une salle entière est dédiée à l’approche expérimentale de l’art, de Carsten Höller. 

Pour en savoir plus sur l’artiste ouvrez le lien suivant: https://kunsten.dk/en/exhibition/carsten-holler-behaviour-10311

J’avais repéré pour la nuit un ‘camping shelter’, à l’est de Aalborg, le long du Limfjord, un endroit idyllique, selon le dire des utilisateurs, sur l’application Campercontact. Un peu partout au Danemark, on y trouve en pleine nature, des cabanes primitives en rondins dans lesquels les campeurs peuvent dérouler leurs sacs à couchages, protégés des intempéries. Celui que je trouve comporte un parking où j’installe la roulotte. En début de soirée un couple arrive, sac à dos sous le bras. On bavarde un moment, ils sont sympas, ils s’installent et pour agrémenter la soirée, et couper le froid, ils allument un feu de bois, devant l’entrée du cabanon. 

On dort profondément lorsque vers deux heures du matin, une voiture arrive à toute vitesse, le brutal freinage sur le gravier nous réveille. Deux hommes en sortent, s’en suit des bavardages, des cris, les portes claquent, ils allument un grand feu de bois, et puis ils se disputent. 

Le couple dans le ‘shelter’, s’est réveillé comme nous. Marleen s’inquiète, sans défaire le lit, je me mets au volant de notre engin, dix kilomètres plus loin, et 20 minutes plus tard, je me range en face du musée Kunsten qu’on a quitté en fin d’après-midi.

L’endroit ne nous est pas inconnu, on y a également passé la nuit en 2018. Le calme et le repos est retrouvé, la vie du nomade demande de la flexibilité. 

Notre dernière halte avant d’arriver chez ma sœur Jacqueline, son mari Jørgen et leur chien berger allemand Raksha, est la galerie NB à Viborg. Nous avons découvert cette galerie l’année dernière et nous avions sympathisé avec Thorkild NB Nielsen, le propriétaire du lieu. 

Il nous a envoyé une invitation pour le vernissage d’une sélection des œuvres de l’artiste Lithuanien Vilmantas Marcinkevicius. Il fête ses cinquante ans, ce dimanche, le 29 septembre 2019.

Voir ci-après pour plus de détails http://gallerinb.com/da/kunstnere/vilmantas

Détail amusant, Vilmantas a décoré le cercueil de T.Nielsen. Il est posé verticalement derrière le bureau de ce dernier. Voir la photo.

Le hasard fait que nous sommes dans le coin et cela nous conduit à participer à la manifestation. On fait la connaissance de l’artiste et de son épouse, on boit une verre, on mange quelques zakouskis et puis on part vers Laven, où nous rangeons la roulotte dans le jardin de ma sœur. 

Mon prochain billet sera le dernier de notre voyage. De Laven on va à Eindhoven chez Will et Marjan et puis on rentre à Gand.

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19 – 31 Uddevalla, Göteborg, Laven, Glückstadt

Quand je prend du retard dans mes écrits, je mélange la chronologie de notre voyage. 

Pour vous aider à vous y retrouver, je joins une carte avec le tracé de notre route. 

Le matin du vendredi 4 octobre 2019, sur parking du port de Aabenraa au sud du Danemark, notre voisine nous offre deux petits pains à la cannelle. Le jeune couple allemand voyage avec un mobile home Ford Transit au toit surélevé. Je leur avais souhaité la bienvenue hier soir lorsqu’ils se sont installés à côté de nous. Les petits pains sont succulents, merci les jeunes. 

Nous venons de passer ici à Aabenraa, notre dernière nuit au Danemark. Le vendredi soir, nous logeons à Glückstadt en Allemagne. La ville est située le long de l’Elbe, au nord-ouest de Hambourg. 

Le samedi matin, nous prenons le ferry qui traverse la rivière. La traversée dure une vingtaine de minutes. Trois ferries assurent le transport. 

La veille, le jeudi 3 octobre en fin d’après-midi, après avoir rangé la roulotte sur le parking situé au bout de la jetée nord du port de plaisance, nous partons en promenade vers le cœur de la ville. En chemin on pousse la porte du ‘Palais für actuelle Kunst’. Le musée est installé dans une ancienne demeure patricienne située le long du port de plaisance. L’entrée est gratuite, à la réception, une dame nous souhaite la bienvenue et nous remet la brochure de l’exposition. Je vous épargne la description des œuvres installées dans les pièces de l’ancien château. Nous sommes ouverts à l’art contemporain, mais notre tolérance à ses limites. 

Avant de quitter les lieux, on rend la brochure à la dame en faisant la moue. Elle éclate de rire et rétorque qu’elle comprend bien notre réaction. Son langage corporel traduit qu’elle partage notre scepticisme quant à la qualité de la production artistique exposée.

Dans mon dernier billet nous étions encore en Norvège, depuis lors, pour la chronologie, nous sommes passés par Uddevalla et Göteborg en Suède et puis par Frederikshavn, Skagen, Hjørring et Aalborg au Danemark.

Ensuite nous avons séjourné à Laven, près de Silkeborg, chez ma sœur et mon beau-frère Danois. 

Chez eux, nous dormons dans notre roulotte parquée dans leur jardin, sur la prairie en face de la maison. Les repas et les retrouvailles se passent dans leur demeure. Le matin, après les pains du petit déjeuner, mon beau-frère Jørgen nous amène dans les forêts qui entourent la propriété, à la recherche de cèpes, de chanterelles et de quelques autres champignons comestibles. Son hobby prend des proportions impressionnantes, chaque année, il met un point d’honneur à en récolter au moins 40 kg. Une fois nettoyés, ma sœur les congèlent. Au fil des mois d’hiver, ils font la joie de sa cuisine ainsi que de leurs amis. Le congélateur de notre roulotte en est également rempli.

Retour en arrière.

Avant le Danemark, nous avons fait une halte à Uddevalla. Le musée Bohusläns de la ville est un ‘tout en un’. Au rez-de-chaussée, l’accent est didactique, on y trouve par exemple, une salle dédiée à l’écologie et en particulier aux déchets que l’homme produit et aux possibilités de recyclage. Plus loin, une maquette grandeur nature de l’intérieur d’un bateau permet aux jeunes de s’inventer des jeux. L’art pictural est omniprésent, du 17ème siècle au contemporain. Une salle est consacrée à l’histoire de la Suède et à la chronique de la ville d’Uddevalla. L’entrée est gratuite, une cafétéria propose la sélection de cafés traditionnels, des gâteaux divers et à l’heure du lunch, un plat du jour. J’y déguste une excellent soupe aux poissons et Marleen un pain de viande, sauce aux champignons. 

Plus au sud, Göteborg est le point de départ de notre voyage. C’est ici que nous avons débarqué du RORO Primula Seaways, venant de Gand, pour entamer notre périple de six semaines de routes en Norvège,

On décide de faire ici, une halte repos et lessives.   

Le camping Lysebergsbyn est parfait. Toutes les facilités nécessaires aux campeurs sont présentes, il est propre, bien pensé, tout fonctionne et le service est impeccable.  

La lessive prend deux heures et entre deux siestes, les musées nous appellent.

Celui de Volvo est un passage obligé, un peu par nostalgie. Dans les années 70, j’ai eu le plaisir  de posséder une PV 544 couleur vert pale. 

Pour la culture, on choisit le musée des beaux arts et le musée des cultures du monde.

Le jeudi 26 septembre 2019, nous traversons le Kattegat par mer calme.

Mon prochain billet sera aussi peu chronologique que celui-ci, mais il expliquera la suite de notre voyage retour.

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19 – 30 Lillehammer, Hamar, Oslo, Fredriksten Festning

Pour fuir le vent et la pluie, nous quittons Ålesund vers l’est par la 136. À Dombås, la route est rejointe par la 6, celle qui mène à Oslo.

L’intérieur du pays est moins dramatique que les routes des fjords, mais le paysage est tout aussi beau. Les lacs se succèdent aux plaines de verdure, nous suivons une ligne de chemin de fer. 

On fait une halte à Lesjaverk, altitude 633,15 m. L’endroit a un relent de Far West. À gauche de la route un magasin Coop vend à peu près tout ce qui est nécessaire à la survie, des conserves, ses fruits et légumes frais, du matériel de pêche, de ski et de promenade en montage, des accessoires automobiles, des chaussures, des bottes et des survêtements de travail et de pluie. En face, à droite de la route, la gare de chemin affiche un train par heure dans chaque direction, de Andalsnes à Oslo en passant par Lillehammer. C’est notre prochain arrêt après Ålesund.

Nous grimpons la colline et campons au pied des tremplins de saut des jeux Olympiques de 1994. 

La vue est spectaculaire, à la fois sur les tremplins et sur la ville en contrebas.

Le soleil est couché, on s’apprête à fermer la roulotte pour la nuit. J’entend au loin, un couinement et des bruits de glisse. Le remonte pente est en fonctionnement, de puissants projecteurs illuminent le stade. Une dizaine de jeunes filles, vêtues de combinaisons noires en matière souple, s’exercent au saut sur les deux tremplins. Avant chaque saut, des puissants jets d’eau aspergent l’herbe artificielle des pentes d’atterrissage.

Il s’agit d’un entraînement d’une équipe allemande. En journée, le lendemain matin, des élèves de l’école de ski locale prennent la relève.

À Hamar, plus au sud sur notre trajet, la galerie d’art appelée Sagbladfabrikk, expose des œuvres du peintre surréaliste norvégien Jan Baker. Nous aimons beaucoup, voir ci-dessous.

On hésite, car nous voulions éviter les grandes villes, mais la tentation est trop forte, et on se parque près du Astrup Fearnley Museum of Modern Art. 

Hervé Missiaen m’a fait découvrir l’application EasyParc qui permet de payer les redevances de parking par téléphone. Un avantage du système est qu’il permet à distance, de rajouter du temps de parking, si nécessaire. Aussi, lorsqu’on quitte l’emplacement avant l’heure prévue, le décompte stoppe et on ne paye que le montant correspondant au temp d’arrêt.

Les salles du musée Astrup Fearnley, coté gauche face au fjord, sont entièrement dédiées à Gilbert et George. Leurs œuvres sont surdimensionnées, politiques, sexuelles et pipi-caca. 

Dans l’autre aile du musée, Daniel Hirst nous séduit un peu plus.

En retournant vers la roulotte, nous découvrons dans la galerie privée Fine Art, les photos en noir et blanc de David Yarrow. Elles sont époustouflantes et valorisent notre détour par Oslo. 

Pour notre dernière nuit en Norvège, nous campons dans la forteresse Frederiksten à Halden. Le camping est fermé pour la saison mais les emplacement sont disponibles et quelques autres mobile homes s’y sont installés.

En fin de journée, un chat gris affectueux, vient nous rendre visite. On suppose qu’il est perdu et je lance un sms sur le numéro qui figure sur son collier. Trine Folmoe répond que c’est son chat, il s’appelle Masterpiece et il aime se promener dans le camping. Il rentre toujours à la maison où l’attend son frère, un chat plus casanier. Elle m’envoie le témoignage de l’affection des deux félins. Nous échangeons quelque messages, il se avère que Trine est artiste peintre et que son mari est photographe. Pour faire sa connaissance cliquez sur son lien http://trinefolmoe.no

J’ai pris de retard dans les écrits mais dans mon prochain billet, je rattraperai le temps perdu.

Uddevalla, Göteborg, Aalborg, Viborg et Laven. 

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19 – 29 – Ålesund, Alnes Fyr et Ørnuld Opdahl

La météo ne ment pas, il pleut presque sans arrêt depuis que nous avons quitté Fjaerland, ses glaciers et ses livres. Nous remontons vers Ålesund en longeant la côte. Pour franchir les fjords, on prend des ferries. Pour séjourner, notre guide allemand nous recommande un Bobilparking, un parking réservé à des mobile homes. Il est situé au cœur de la ville face à l’Ellingsøyfjorden, le bras de mer le long duquel Ålesund a été construit. Le parking offre place à deux rangées de véhicules. Soit le dos à la falaise, soit le nez en bord de mer. Sans réfléchir et heureux de voir les vagues rouler à 2 mètres du pare brise de notre roulotte, je choisis l’emplacement face au fjord. Très vite je comprend pourquoi tous nos voisins se sont mis le dos à la falaise. La pluie tombe en rafale et le vent secoue notre véhicule comme si nous étions en mer. Une marche arrière nous range sagement avec les autres. 

Ålesund est une des haltes de la Hurtigruten, les ferries qui font journellement le trajet de Bergen à Kirkenes et retour, 36 ports à l’aller et autant au retour. Onze jours en tout, six dans le sens sud-nord et cinq dans l’autre sens. Nous avons fait cette croisière au mois de mai, il y a une vingtaine d’années. Les bateaux accostent, chargent et déchargent passagers et marchandises, de jour comme de nuit. L’opération est vieille de plus d’un siècle, c’était à l’époque le seul moyen de joindre les ports situés au fond des fjords. Les routes étaient inexistantes ou difficilement praticables. 

Aujourd’hui la croisière est devenu en plus, une aventure touristique.

En 1903, un violent incendie réduit la ville d’Ålesund en cendre. Il n’y a qu’une seule victime mais des milliers de personnes se trouvent sans abris, ayant perdu tout leurs biens. Un large mouvement de solidarité réveille la Norvège et l’Europe. En trois ans de temps, la ville dont les maisons étaient en bois, comme la majorité des villes du pays, est reconstruite en pierres et en briques. Les architectes s’inspirent des goûts de l’époque et c’est ainsi que Ålesund devient la ville de l’Art Nouveau où Jugendstil. Le musée de l’Art et du Jugenstil, situé face du port, offre un parcours multimédia qui retrace la destruction et la reconstruction de la ville. Des films et des photos de l’époque, nous plongent dans le passé et nous font revivre les événements qui ont marqué cette petite ville portuaire.

Sur notre parking, entre deux averses, nous faisons la connaissance de Hervé Missiaen. 

Il s’adresse à nous en se marrant, vous êtes les deuxième Belges qui, comme moi, en cette saison, parcourent la Norvège en mobile home. Avec son chien, Hervé revient du cap Nord, il rentre en Belgique. C’est un artiste, connu entre autre pour Polyphemus, le Titan, le géant qu’il a exposé à Gand dans le cadre de l’événement ‘Over the Edges’, organisé par Jan Hoet en janvier 2000.

Voir https://smak.be/fr/exposition/7873 et www.100titanen.com 

Il nous explique que dans son atelier à Waregem, il réalise pour le moment une série de 100 portraits de BV, les Flamands connus. Il a déjà réalisé 72 portraits, encore 28 à faire, nous dit-il.

On promet de venir lui rendre visite.

Le matin du troisième jour de la tempête, le vent s’est un peu calmé, nous allons voir les aquarelles de Ørnulf Opdahl, exposées dans le phare de Alnes, sur la pointe ouest de l’île de Godøya.

Une jeune femme radieuse, grande et svelte, nous accueille. À défaut de la complimenter sur son aspect, j’admire la beauté de son lieu de travail.

C’est le paradis, me répond-elle. Je suis la sixième génération à habiter ici. Mon grand-père était pêcheur, les autres membres de ma famille sont dans le bâtiment. Je me fais la réflexion qu’ils ont du participer à la reconstruction d’Ålesund.

Elle nous ouvre la porte du phare, d’étage en étage, nous admirons les œuvres de l’artiste, exposées le long des parois en bois du phare.

C’est un contemporain, il vit sur l’île, pas loin d’ici. Il est proche de notre Reine, à qui il a enseigné la technique de l’aquarelle, nous précise notre guide.

Au comptoir du centre d’information, j’achète un gâteau à la cannelle, on remercie la jeune femme et on rejoint prendre un lunch suivi d’une sieste, dans notre roulotte, sur le parking face à l’océan en mouvement. La vue est sublime.

Ensuite, repus et reposé, nous partons vers l’intérieur du pays, où, selon les sites météo, nous allons retrouver le soleil.

Lillehammer et les rampes de saut à ski sont au programme, ce sera pour mon prochain billet.

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19 – 28 – Skånevik, Leikanger, Sogn, Fjaerland

Je n’aurai pas du l’écrire, c’était tenter le diable. J’ai à peine lancé mon dernier billet que le baromètre se met à chuter avec autant d’enthousiasme que les nombreuses cascades d’eau que nous croisons sur nos chemins de montagne. Il pleut des cordes à longueur de journée. De temps à autre les nuages se déchirent et le soleil apparaît et on voit un arc en ciel. Les prévisions météo des différents sites que je consulte sur internet sont tous du même avis. Sur la côte ouest de la Norvège, la pluie va tomber pendant au moins dix jours encore, sans interruption. 

Voir la carte ci-dessus.

Après notre halte au vieux cimetière de Varhaug et une journée sur la route 134, ses chutes d’eau, ses tunnels et ses paysages hallucinants, on trouve un emplacement pour la nuit sur le parking du Norsk Motor Museum de Skånevik, face à un fjord, évidemment.

En fin de soirée, un monsieur se présente pour récolter les 14€ que coûte la nuitée dans son parking. À l’instar du musée Z à Treungen dans le Telemark, ce musée-ci est privé et géré par six amateurs de moteurs. C’est sympathique mais à la différence du musée Z, c’est un peu un capharnaüm. Au départ conçu pour rassembler des vieux moteurs d’origine diverse, bateaux, auto, moto, tracteurs, tout ce qui marche à l’essence au diesel ou la graisse de friteuse, les organisateurs acceptent actuellement n’importe quel objet pour autant qu’il soit ancien. Le gentil monsieur, retraité comme nous, nous offre une visite privée de son hobby. 

Le lendemain soir, sur un parking en hauteur du Søgnefjord, à un endroit appelé Ysta Djupenik, notre arrêt choisi pour la nuit, une Golf grise, plaque d’immatriculation Belge, s’arrête à 20 de nous. En sortent deux jeunes filles. Elle dressent une tente automatique couleur vert pomme, du genre dont les arceaux se tendent lorsqu’on défait les attaches, sur le bout de gazon qui sépare le gravier du parking du précipice qui plonge vers le fjord.

Nous sommes à table lorsque l’une d’elle vient vers nous, mon briquet à gaz est vide nous dit-elle. Je lui prête notre allume gaz pour qu’elles puissent chauffer leur dîner. 

Le lendemain matin, on s’apprête à partir, la deuxième fille vient vers nous, vous ne connaîtriez pas une randonnée en montagne dans le coin, me demande-t-elle.

Je lui indique la route vers le glacier Bauarbreen, une recommandation de notre guide allemand. En me remerciant, elle murmure, faudrait peut-être qu’on s’achète une carte.

De ma vie, je n’ai jamais traversé autant de tunnels que depuis que nous roulons en Norvège. 

Le pays utilise à bon escient le revenu de son gaz et son pétrole pour moderniser et maintenir en bon état son infrastructure routière. Ainsi, les routes de montagnes sont systématiquement remplacées par des tunnels. Souvent long de plusieurs kilomètres, certains comportent en plein milieu, des croisements avec des rotondes. 

Du haut des rochers, les chutes d’eau sont nombreuses, les unes plus spectaculaires que les autres. 

Le guide français, celui qu’il faut lire comme un roman, mentionne comme point d’intérêt, le village de Fjaerland, le Bokbyen, le village du livre. À l’instar de Hay-on-Wye, crée dans le Wales en 1963 par Richard Booth, un libraire d’Oxford, et Redu en Wallonie en 1984, quelques habitants de Fjaerland établissent en 1996 le même concept. Sur quelques centaines de mètres de la rue principale, on peut chiner dans des rayonnages ouverts à tout vent. Une tirelire attend le bon vouloir de l’acheteur. 

À l’office du tourisme et au bout de la route, sur le parking de l’ancien port, où nous passons la nuit, deux grandes librairies sont accessibles en journée. Nous ne quittons pas l’endroit les mains vides.

Fjærland se trouve au bout d’un des bras du Sognfjord. Jusqu’il y a quelques décades, le village ne pouvait être rejoint que par bateau ou en franchissant, l’un ou l’autre des deux glaciers qui aboutissent au fond de la vallée. Aujourd’hui, un tunnel et des routes le rend accessible. 

Nous poussons la porte du musée des glaciers. La guide nous explique ce que nous pouvons attendre de la visite mais nous fournit également un plan en expliquant comment accéder aux pieds de deux glaciers. Plutôt que de regarder les films dans le musée, nous allons voir sur place la glace qui coule de la montagne. Pour ceux qui aiment les chiffres, le Jostedalbreen est le plus grand glacier du continent européen. Il couvre près de 500 km2, long de 60 km, il culmine à 2085m, et il a une épaisseur de 600m.

Sous la pluie, nous poursuivons notre chemin vers Ålesund, ce sera mon prochain billet.

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19 – 27 Svindland Camping, Karmøya, Varhaug et Fôresvik

Au droit de Egersund, les vagues qui traversent la Manche rencontrent celles qui viennent du nord de l’Ecosse. À leur point de rencontre, elles se neutralisent et la marée est nulle. C’est le point amphidromique de la marée. Grâce à ce phénomène, les maisons en bois et les abris à bateaux de Egersund sont les mieux conservés de Norvège. 

On apprend ça en lisant les panneaux explicatifs placés dans un parking à quelques kilomètres de   la ville côtière. 

Nous poursuivons notre remontée vers le Nord en longeant la côte ouest par la route 44. 

À Feda, le long du Fedalfjorden on s’arrête au Svindland Camping. On y reste deux nuits, le temps pour Marleen de faire quelques lessives. Les machines tournent, il pleut des cordes toute la journée, notre intention de nous promener tombe à l’eau, si j’ose dire.

De la roulotte nous avons une vue sur le petit lac qui borde le camping. Lorsque nous sortons pour aller mettre le linge de la machine à laver dans le séchoir, un canard solitaire vient nous saluer. La propriétaire du camping nous s’explique qu’il est arrivé ici il y a trois mois, peut-être abandonné par un campeur de passage. Tout le monde sait que le pain est mauvais pour les canards, aussi le mari de la dame s’est empressé d’acheter 25 kg de nourriture pour poussins, qu’elle lui sert tout les soir dans une écuelle. Les pattes dans le lac, le canard picore quelques graines, lève le bec, le trempe dans l’eau et avale la bèquetée. 

La dame est inquiète pour l’hiver. Je le mettrai dans ma grange, nous confie-t-elle.

Notre itinéraire nous conduit à Stavanger. C’est la troisième plus grande ville du pays, la capitale de l’industrie off-shore.

Le trafic est fluide, n’empêche que nous tournons en rond pour trouver un emplacement de parking. On se gare près du Musée du Pétrole, dans le port, au pied de la vieille ville. Le Silhouette, un gigantesque bateau de croisière a dégorgé ses milliers de passagers, le tourisme de masse n’est pas notre tasse de thé. 

Quel contraste avec Varhaug où nous avons passé la nuit précédente, seuls le long de la mer du Nord, en face d’une chapelle entourée d’un vieux cimetière. Reconstruite dans les années ´50, elle est située sur un lieu de culte qui remonte à 1328.  

Pendant quelques heures nous parcourons la vieille ville, ses maisons multicolores en bois, ses boutiques à touristes et son MacDo. Ensuite on reprend la route. Plutôt que de contourner le Boknafjord par la route et les tunnels, notre guide français recommande de prendre à Randaberg, un ferry pour l’isle de Karmøya, dont il dit beaucoup de bien.

Nous suivons son conseil et sans vérifier le trajet, j’embarque la Roulotte sur le bateau. Par curiosité, je demande au conducteur qui vend les tickets de la traversée, pourquoi les gens prennent le ferry plutôt que le tunnel. Il se fend d’un grand sourire et nous explique qu’on s’est trompé de ferry et que depuis 2013, Karmøya n’est plus accessible par bateau et que celui sur lequel nous naviguons, ne va pas à Karmøya mais fait un vas-et-vient vers l’isle de Kvitsøy.

Il rajoute, en se marrant de plus belle, mais vous pouvez revenir avec nous dans l’autre sens, sans payer. 

On s’offre une croisière de deux fois 45 minutes pour 49€. La mer est houleuse, on tangue à l’aller et on tangue et on roule au retour. Nous faisons la traversée sur le gaillard avant et on se remplit les poumons d’une bonne brise fraîche, le Chat Lune nous a procuré un bon pied marin.

Au retour de notre excursion, on s’enfile dans les tunnels et on prend un autre ferry jusqu’à l’isle de Bokn. La traversée est courte, mais nous suivons l’exemple des conducteurs de camions qui se précipitent vers la cantine pour ingurgiter en vitesse un bœuf stroganoff avec du riz et une saucisse, purée de pommes de terre. Le café est compris dans les plats du jour. 

Le parking du port de Føresvik sur l’isle de Bokn est un endroit idéal pour passer la nuit. Nous trouvons souvent un emplacement sur les quais des ports. Parfois, ils sont payants mais ils offrent des sanitaires et de l’électricité. 

À Føresvik c’est un simple parking sans facilités.

Les paysages que nous traversons sont spectaculairement beaux. Les lacs et le fjords se succèdent. Forte de ses 170 CV, la Roulotte gravit des cols, descends les vallées, serpente les routes étroites. Régulièrement je dois m’arrêter dans un élargissement, pour laisser passer un véhicule qui vient en sens inverse. Je garde également un œil sur le rétroviseur et lorsqu’une ou plusieurs voitures plus rapides me suivent, je me range un instant de côté, pour les laisser me dépasser. Un coup de clignotant droit le remercie.

Nous remontons vers le nord par la route 13. C’est un axe obligatoire. Comparé à nos routes, il n’est pas très encombré, mais les deux sens sont utilisés par des camions, des voitures privées et de nombreux campings cars. Comme notre roulotte, c’est un moyen idéal pour visiter ce pays. Les photos ci-jointes donnent une idée, mais ne rendent pas à sa juste valeur la grandeur des décors que nous traversons.

Depuis que nous avons quitté le camping de Svindland, jeudi dernier, le temps s’est remis à un bel l’automne, les nuits sont fraîches, (10°C) mais les journées ensoleillées avec des passages nuageux. J’écris cette lettre, le lundi 9 septembre, aujourd’hui, le thermomètre a grimpé jusque 18°C, lorsque le soleil brillait. 

Nous remontons toujours vers le nord, ce sera le thème de prochain billet.  

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19 – 26 Arendal. Kristansand et le phare de Lindesnes

Dans le voyage ce n’est pas la destination qui compte, mais le chemin parcouru.

Cet adage est particulièrement vrai en Norvège. Le paysage est d’une beauté spectaculaire. Dans la mesure du possible nous ne prenons que les routes secondaires, comme la 41 et la 42 qui nous ont conduit de Rjukan à Arendal en passant par Treunden. Elles serpentes, montent et descendent en permanence, à travers des forêts de sapins, en longeant des falaises, des lacs et des fjords. À la sortie de chaque virage, la vue mérite une photo. Malheureusement, quand on les passe en revue le soir sur nos tablettes, on est déçu car les clichés ne rendent pas la grandeur de la réalité, heureusement, tout reste en mémoire.

Sur notre itinéraire nous traversons des villages et des petites villes. 

Pour identifier ce qui nous intéresse vraiment dans un endroit inconnu, il ne suffit pas de consulter nos deux guides. Internet est devenu aussi indispensable que la loupe à Sherlock Holmes. Sur Wikipedia je trouve toujours une description de la ville, son origine et son histoire. Généralement,  même les plus petites localités ont un site touristique avec leurs incontournables. Tripadvisor donne également une liste des 5, 10 ou 15 choses à faire et à voir dans un lieu concerné.

Il faut en plus consulter les forums et analyser les commentaires des touristes. Régulièrement leurs remarques sont contradictoires, lire entre les lignes demande réflexion. 

À Arendal nous sélectionnons le Bomuldsfabriken Kunsthall. En 1992, la municipalité achète les bâtiments et les terrains d’une ancienne filature pour en faire un musée d’art contemporain. Situé au pied d’une falaise, près d’une ancienne carrière, les architectes de la rénovation construisent un parcours aérien avec des passerelles en acier Corten. 

Le passage démarre au deuxième étage, à l’arrière du bâtiment. Il zigzague le long de la falaise et descend d’un côté par un escalier en bois jusqu’à l’entrée de l’ancienne carrière. De l’autre côté, le pont surplombe une ancienne décharge de ferraille. On l’interprète comme de l’art contemporain. De la falaise, une sculpture métallique représentant une baleine, pointe son nez vers le musée.

À l’intérieur, nous découvrons et nous aimons les œuvres de Louis Moe, un peintre et illustrateur Norvégien du siècle dernier. Dans une autre salle, Jan Håfstrøm, un artiste contemporain, nous séduit par son humour. Il a intitulé le tableau avec les deux camionnettes recouvertes d’un toile bleue, Kalifat. Voir ci-dessous.

De Arendal à Kristiansand, nous longeons la côte sud en passant par Grimstad et Lillesand. Ces deux petites villes côtières avec leurs maisons blanches, leurs marinas et leurs magasins sentent le tourisme d’été. Le musée de la marine à Lillesand est fermé depuis le 10 aout!

Les parkings en ville limitent le temps d’arrêt à 2hrs. Pour passer la nuit on trouve plus loin, un bel endroit le long du Kaldvellfjorden.

Le demain, le samedi 31 août, la roulotte « s’amarre » sur le parking du port de plaisance de Hanesbukta, à 6 km de Kristiansand. L’endroit est recommandé par le guide français. 

À Kristiansand, sur la place du marché, près de la cathédrale, nous découvrons un festival gastronomique des produits locaux. D’un stand à l’autre, on picore ici, un bout de saucisson, là, un morceau de fromage, un smørebrød avec du saumon, un verre de jus de pomme, notre lunch est servi, d’un bout à l’autre du marché. 

Avec 90.000 habitants, la ville est la cinquième du pays. Fondée en 1630 par le roi Christian IV, le centre est en damier et les rues se coupent perpendiculairement, « Kvadraturen ».

Au premier étage du SKML, le musée d’art de la ville on trouve des clichés de cinq photographes nordiques, dont Andres Peterson. L’étage supérieur est dédié à une sélection de la collection du financier Nicolai Tangen. Ce sont des œuvres d’art modernes d’artistes scandinaves, de 1930 à 1980. Asger Jorn du groupe Cobra est le seul nom que nous connaissions. Par contre, comme toujours, les tableaux offrent des ressemblances avec des œuvres de peintres de nos contrées. Les mouvements artistiques ne connaissent pas de frontières. 

Dimanche nous poursuivons notre chemin en empruntant les routes côtières jusqu’au phare de Lindesnes. C’est l’amer le plus au sud de la Norvège. On est à 2518 kilomètres du cap Nord. Le phare actuel est en fonte. Il a été construit en 1915. La première balise fut construite à cet endroit en 1656 pour marquer l’entrée du Skaggerak, le passage entre la mer du Nord et la mer Baltique.

Le lieu est devenu très touristique. La cafétéria vend un ticket d’entrée au site pour la modique somme de 50 NOK, soit l’équivalent de 5€. Nous grimpons en haut du phare et ensuite on fait les tours des anciennes fortification allemandes du mur de l’Atlantique. Il en reste des couloirs souterrains et des socles à canons en béton armé. 

À l’origine il y avait un deuxième phare situé à 3km plus à l’ouest, c’était pour que les bateaux ne confondent pas le phare de Lindesnes avec celui de Skagen, au nord du Danemark, à l’entrée de la Baltique. Il a été mis hors d’usage depuis que le phare actuel est équipé de lentilles Fresnel et de lampe halogène. 

Le centre d’information vend un certificat de passage. On y projette deux films. Un sur l’histoire de la côte sud de la Norvège et un sur les phares.  

Nous passons la nuit sur le parking au bas de l’édifice.

Mon prochain billet relatera notre remontée vers Stavanger.

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19 – 25 Telemark et le musée Z

Il ya quelques siècles, je ne connais pas la date précise, les habitants de la côte déconseillèrent aux cartographes hollandais d’aller explorer l’intérieur du Telemark. « L’endroit est truffé de bandits, l’alcoolisme est un fléau, vous n’en sortirez pas vivants. »

Aussi, comme vous pouvez le voir sur l’ancienne carte ci-dessus, le Telemark est une tache blanche avec au centre, le dessin d’un lac. 

L’histoire nous est rapportée par un des collectionneur du musée Z à Treungen. C’est une initiative privée. En 2010, Johan Ziener Thronsen, achète et rénove une série de hangars. Deux ans plus tard, il met les locaux à la disposition de collectionneurs privés, pour exposer leurs trésors. 

Notre guide a réuni au fil des ans une impressionnante collection objets relatifs à Walt Disney. « Uniquement ce qui a été fabriqué et vendu en Norvège », précise-t-il.

Au fil des salles nous découvrons, une cordonnerie, un cabinet dentaire, le cabinet d’un oculiste, un chapelier et des centaines de chapeaux, des vielles voitures, la cathédrale Notre Dame de Paris fabriquée avec des allumettes, des centaines d’anciens téléphones et tout ce qui tourne autour des centrales téléphoniques du siècle passé, je m’arrête ici. 

Le collectionneur des objets Walt Disney nous raconte quelques anecdotes. 

Vladimir Karpov, le fils du général Fjodor Karpov, ami intime du Tzar Nicolas III, fuit la révolution et se retrouve en Norvège à Treungen. Le riche aristocrate devient un pauvre norvégien. Pour subsister il vend à un orfèvre local la montre en or que le Tzar avait offert à son père. 

L’explorateur norvégien Roald Amundson, est le premier homme à avoir atteint le pôle sud, cinq semaines avant l’Anglais Robert Scott. Il réussit et survécut grâce au fait qu’il avait préalablement à son expédition, vécu pendant un an avec des esquimaux, pour apprendre à vivre dans des conditions polaires. Mais aussi, grâce à la provision de biscuits nourrissants que son frère lui avait préparé pour aider l’équipe à se nourrir pendant la tentative, sans devoir transporter de trop lourdes charges. À son retour, Amundson ramena les trois derniers gâteaux. On en voit un ici, encadré, avec la recette et la signature de l’explorateur.

Une autre vitrine comporte des figurines en bois peints. Ces objets furent fabriqué en secret par les prisonniers Russes que les Nazis exploitaient dans leurs usines d’armement en Norvège. Ils furent donnés en remerciement aux habitants norvégiens qui leur fournissaient en cachette de la nourriture.

Pour descendre de Rjukan vers le sud, nous empruntons les routes 41 et puis 42. Ces routes sont parallèles à la « 9 ». Plus étroites mais plus belles encore, selon les dires de notre guide français.

Au passage, à Eidborg on admire une petite Stave Kirke et plus loin au sud, nous découvrons le Musée Z dont je parle ci-avant.

À propos de guides, avant notre départ, j’ai acheté un guide de voyage en mobile home allemand, le « Womo Reihe band 15, Norwegen, Der Süden » et un guide français, « la Norvège en Van, édition Apogée ».

Ils se complètent mais il est amusant de constater la différence culturelle entre les deux pays.

L’allemand est précis, avec des cartes détaillées et un itinéraire de 18 stations. Les descriptions sont au kilomètre près, avec les endroits où s’arrêter et les choses à voir, les musées, les haltes pour passer la nuit, gratuitement ou pas, les campings, les endroits pour se baigner, etc. 

L’itinéraire parcourt le sud de la Norvège dans le sens des aiguilles d’une montre, au départ de Halden et retour. Les 18 stations sont programmées pour être faites en six semaines à deux mois.

Waltraud Roth-Schultz et Reinhard Schultz ont fait un métier d’écrire des guides pour les voyageurs en mobile home. Leurs ouvrages sont agréable à consulter car précis et ponctué d’anecdotes personnelles. 

Le guide français est un roman, agréable à lire. Les premiers chapitres comprennent les informations nécessaires au camping en Norvège. Ensuite, les auteurs ont découpé le pays en sept zones, chacune agrémentée d’une carte sommaire. Ils ont parcouru le pays pendant deux mois du sud au nord, à bord d’un Mercedes Marco Polo. 

Clémence Polge fait de très belles photos, et Thomas Courbet écrit les textes. Ils décrivent et illustrent les choses qu’ils ont aimées, les endroits où il se sont arrêtés et où ils ont passé la nuit. Ils transmettent avec enthousiasme le plaisir qu’ils ont eu à faire ce voyage, leurs rencontres et leurs aventures sportives.

Pour préparer notre itinéraire journalier, j’utilise ces deux guides ainsi qu’internet. 

Jusqu’à ce jour, nous avons eu une couverture téléphonique très large. Même dans les endroits éloignés d’une ville, on capte un signal qui nous permet d’écrire et de faire des recherches.

Dans mon prochain billet, je parlerai du musée d’art contemporain d’Arendal, de Kristiansand et du phare de Lindenes. 


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19 – 24 Norsk Hydro, Notodden et Rjukan. Gaustatoppen.

L’air que nous respirons est composé de 78% d’azote (N2), de 20% d’oxygène (O2), de 1% d’argon (Ar), de 0,04% de dioxyde de carbone (CO2) et de petites quantités d’autres gaz.

En 1905, l’année de l’indépendance de la Norvège, l’ingénieur Sam Eyde, le physicien Kristian Birkeland et le juriste et banquier Suédois Marcus Wallenberg fondent à Notodden et à Rjukan le complexe Norsk Hydro.

Ils eurent l’idée d’utiliser la puissance hydraulique de la région pour extraire l’azote de l’air ambiant et fabriquer du fertilisant, le nitrate de calcium. L’arc électrique est utilisé pour chauffer l’air à 3000 Celsius et ainsi séparer les éléments de la molécule d’azote. 

Le chutes d’eau de Svelgfoss et Rjukanfoss furent canalisées pour alimenter deux centrales hydroélectriques. En 1911 la centrale électrique Vemork à Rjukan était la plus puissante au monde.

L’électricité produite servait également à fabriquer de l’eau lourde. Pendant le deuxième guerre mondiale, les Nazis projetèrent d’utiliser cette matière dans la fabrication d’une bombe atomique. 

L’usine fut l’objet de sabotages et de bombardements par les Allies et les résistants Norvégiens.

Le dernier épisode de l’histoire est le sabordage par les Norvégiens du ferry D/F Hydro qui transportait toute la production d’eau lourde, de l’usine vers un lieu plus sûr. 

Les cinéphiles se souviennent du film « Les Héros de Telemark », sorti en 1965 avec Kirk Douglas et Richard Harris dans les rôles principaux.

Le 5 juillet 2015, l’Héritage Industriel Rjukan-Notodden fut inscrit au Patrimoine Mondial de Nations Unies.

Nous visitons les sites de Rjukan et Notodden et l’usine de Vemork qui est devenu un musée après l’arrêt de la centrale en 1971.

À Notodden, nous logeons deux nuit sur un Bobilcamp. C’est un grand parking destinés aux mobile homes. La nuitée coûte 150 NOK soit l’équivalent d’un peu plus de 15€. L’équipement est spartiate. Des bornes électriques sont disponibles en suffisance mais les sanitaires (payants) et la décharge pour WC chimique se trouvent sur le parking de la marina voisine.

On dénombre en Norvège, 28 églises en bois, également appelées églises à piliers de bois ou « Stavkirke ». La plus grande se trouve à Heddal, sur la route 134 entre Notodden et Rjukan.

À 250 mètres de là, en hauteur, on peut se promener dans un musée en plein air avec des fermes en bois et des granges datant du 18ème siècle. 

Pour aller de Notodden à Rjukan, notre guide allemand « Mit der Wohnmobil nach Norwegen, Teil 1: Der Süden » recommande de prendre la route de montagne qui mène au Gaustatoppen, le sommet le plus élevé du Telemark, 1883 mètres au dessus du niveau de la mer.

On a franchi la ligne des arbres. Le paysage est désertique, de l’herbe de montagne et des rochers couverts de lichen vert. 

Le grand parking, situé en haut du col, au pieds du sommet, est rempli de voitures. On est dimanche, les courageux, femmes, hommes et enfants, s’y sont donné rendez-vous. La famille chausse des bottines de marches, enfile des vestes de marcheurs, et le sac à dos rempli de sandwichs et de bouteilles d’eau, se met en route vers le sommet. 

Lequel sommet est à 4,5 km plus loin et 600 m plus haut. Nous n’envisageons même pas la chose. 

Plus bas dans la descente vers Rjukan, nous rangeons la Roulotte en contrebas de la route, au milieu d’un troupeau de moutons curieux. Je dois repousser une mère et ses deux ados qui font mine de vouloir explorer l’intérieur de notre véhicule. 

Après le lunch et la sieste journalière, nous roulons jusque Rjukan. On se gare le long du Teivopark, en face du collège de la ville. On s’attendait, lundi matin, à être réveillé par des écoliers bruyants et joyeux de rejoindre leurs bancs de classe. Rien de tout ça, la jeunesse norvégienne rentre dans l’institution, sans bruit, pas de chants, pas de cris, un simple bonjour souriant à notre égard, lorsqu’on les scrute. 

Après le muesli, nous montons visiter le musée de Vemork, l’ancienne centrale hydraulique. 

Mon prochain billet traitera de la traversée du Telemark.

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19 – 23 Bohus, Nordisk Akvarellmuseet, Pinela, Fredericksten Festning

Il est dimanche le 18 août à 15:00, lorsqu’on débarque du Primula Seaways. Nous décidons de ne pas nous arrêter à Göteborg, on explorera la ville à notre retour. Sur le chemin du retour, nous envisageons de prendre ici un ferry pour le Danemark.

Wim, un ancien collègue et ami sur FB, nous recommande chaudement de visiter la ville et le musée Volvo. C’est noté Wim.

On passe la nuit à Kungälv, une vingtaine de kilomètres au nord de Göteborg. Le citycamp est situé en face de la forteresse de Bohus. 

À l’entrée du fort, un panneau indique que les visites se terminent aujourd’hui, le 18 août, l’été finit tôt en Suède.

Le lendemain, sur l’E6 vers la Norvège, Marleen repère sur le panneau brun aux lettres blanches, Nordiska Akvarellmuseet. 

Nous venons de quitter Kungälv avec l’intention d’aller jusque Halden, mais nous ne pouvons pas laisser passer un musée de l’aquarelle. 

On sort de l’autoroute et nous virons vers l’ouest sur l’île de Tjörn en direction de Skärhamn où se trouve le musée. 

J’en profite pour reprogrammer le GPS Garmin 770 en mode « éviter les autoroutes ». On ira moins vite, mais c’est plus beau et nous avons le temps.

Le musée offre une exposition temporaire des œuvres de Mats Gustafson, un artiste Suédois qui vit à New York.

L’aquarelliste, né en 1951, commence sa carrière comme illustrateur pour des revues de mode internationales. On retrouve ses compositions dans Vogues, le New Yorker et Visionnaire. Il crée des publicités pour Hermès, Christian Dior, Tiffany & Co., Yohji Yamamoto et Comme des Garçons. 

En dehors de la pub, il peint des portraits, des rochers et des têtes de biches. Sa technique est remarquable, j’en suis soufflé, j’ai envie de balancer mes pinceaux et mes couleurs. 

Réflexion faite, je me ravise car, comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, les maîtres disent qu’il faut dix ans pour maîtriser l’aquarelle, il me reste sept ans et demi à travailler. 

Je n’ai pas peint grand chose les derniers jours, je dois m’y remettre.

Plus tard dans la journée, dans les hauteurs de l’île de Tjörn, on se promène entre les moutons et les sculptures du parc Pinela. Nous sommes toujours en Suède.

La ville de Halden est située un brin au nord de la frontière avec la Suède. Sur la route secondaire que nous empruntons pour la rejoindre, il n’y a pas de poste frontière. Par contre, on se fait arrêter par une équipe volante. La mignonne douanière blonde nous demande où nous allons et si nous avons déjà été en Norvège par le passé. J’explique que nous avons l’intention d’explorer le sud du pays pendant plusieurs semaines. Je rajoute qu’il y a quelques années, nous avons pris le Harald Jarl, un bateau de la Hurtigruten, un ferry mixte qui fait en 11 jours, le trajet de Bergen à Kirkenes et retour. Mon explication lui donne satisfaction, et sans autre forme de procès, elle éponge les goutes de pluie sur son visage et elle nous souhaite un bon séjour en Norvège. 

À Halden nous logeons dans un camping situé dans l’enceinte de la forteresse de Frederiksen.

L’idée de loger en haut de la ville au cœur d’un ancien bastion est séduisante.

La visite d’Oslo figurait en haut sur notre liste des choses à faire en Norvège.

Je consulte, je lis, j’étudie les guides et les publications que nous avons récolté à ce sujet.

Je prend note de tout ce qui nous intéresse et j’établis un agenda détaillé, jour après jour, à l’heure près.

Pourtant, le soir du deuxième jour dans la citadelle, en admirant du haut des remparts, le coucher du soleil sur le port de Halden, on décide d’oublier Oslo, ses musées, le Oslo Pass, les bus, les trams, le métro, les embouteillages, les difficultés de parking et les campings hors ville. 

Aussi jeudi, le 24 août, sous un ciel gris et une pluie battante qui limite la visibilité à moins de

100 m, nous partons vers l’ouest, en laissant Oslo au nord de notre trajet. On traverse Askim, Drøbak, Asker, Drammen et après 200 km, on campe en sauvage un peu en dehors de Kongsberg. 

Vendredi le soleil est revenu. Ce sera pour le prochain billet.

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19 – 22 En route vers la Norvège avec DFDS

« La tempête faisait rage. Dans le poste de commande, le capitaine tourna la tête et il vit arriver sur l’arrière du bateau une vague gigantesque. Je l’entendis murmurer ´Mon Dieu!!!’ et le mur d’eau s’abattit sur nous. Le bâtiment se coucha sur bâbord, tout ce qui n’était pas fixé vola en l’air, les marins surpris furent percutés contre les cloisons et ceux qui étaient dans leurs couchettes se retrouvèrent projetés par terre. Lentement le bateau retrouva son équilibre, les dégâts étaient énormes et de nombreux marins étaient blessés, certains avaient un bras ou une jambe cassée. »

C’est le récit que nous fait l’aide cuisinière lorsque Marleen lui demande si les bateaux sortent par tous les temps. Sa réponse est oui et elle nous relate l’incident qu’elle a vécu il y a deux ans.

Nous faisons la traversée de Gand à Göteborg avec un RORO, le Primula Seaways de la compagnie DFDS. Le bateau quitte Gand à minuit vendredi soir, remonte le canal de Gand à Terneuzen, prend ensuite l’Escaut et la mer du Nord. Vingt-neuf heures plus tard, le dimanche matin à 05:00, il fait une escale de deux heures à Brevik en Norvège.

Nous restons à bord et débarquons dix heures plus tard, à Göteborg en Suède, on est dimanche, il est 15:00.

Notre intention est de remonter vers Oslo par la route côtière suédoise.

Le Primula transporte des remorques de camions et une dizaine d’engins de chantier à chenilles, des tracteurs et des pelles-rétro de la marque Volvo. À un niveau supérieur, deux étages sous le niveau du poste de commande, 5 cabines doubles et 5 cabines simples acceptent des passagers. Leurs voitures ou leurs camping cars, comme c’est notre cas, prennent place en bas entre les camions et les pelles-rétro.

Pour ce voyage-ci nous sommes 9 passagers à aller en Norvège. Les cabines sont à tribord, ainsi que le mess et le salon. L’équipage est logé au même niveau, à bâbord.

Pendant tout le trajet la mer est calme, nous sommes bercé par un agréable roulis. Lors de la visite du poste de commande, j’observe que l’inclinaison vers bâbord et vers tribord n’excède jamais 10°. 

Robin, un jeune officier suédois nous présente le tableau de bord et les instruments qui permettent de diriger le bateau. 

Tout est automatisé, la barre à roue et la célèbre colonne avec au centre un compas et de part et d’autre deux manettes qui basculent le long des inscriptions ‘stop, idle,…,fast forward’ ont fait place à de grands écrans en couleur. Ils sont alignés horizontalement, deux radars, une carte marine, la position du bateau, et plus encore. Le local de commande prend toute la largeur du bateau, à chaque extrémité, un dédoublement des commandes et des indications principales permettent aux officiers, avec une vue parfaite, de piloter le bateau dans les ports, pour les manœuvres d’amarrage. 

Le prix du trajet inclus les repas, un petit déjeuner à l’anglaise et un plat chaud midi et soir.

Les horaires sont stricts, une demi heure est prévue pour chaque repas. Entre deux, le buffet reste ouvert avec pain, thé café, gâteaux et boissons fraîches. 

Un salon est adjoint au mess, des fauteuils confortables et une télé grand écran et pléthore de DVD’s permet aux amateurs de se divertir.

Par contre il n’y a pas de signal WiFi, sauf lorsque la côte n’est pas trop éloignée, mon iPhone compte la Hollande, le Danemark et la Norvège. 

Arrivés à Göteborg, on quitte le bateau en premier et on roule jusqu’à un camping situé au pied de la forteresse Bohus, à une vingtaine de kilomètres au nord de notre endroit s’amarrage.

La Roulotte est amarrée, j’aime bien ce terme, face à la rivière. On pourrait nager mais l’eau est froide et nous préférons prendre une douche chaude.

C’est la première étape de notre voyage nordique.

Suite au prochain numéro

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19 – 21 – La Norvège en Camping Car, Guislain et le SMAK

Le commun des mortels, moi-y-compris, sont persuadés qu’avant la découverte du pétrole en 1969, la Norvège était un pays pauvre. 

J’ai eu la curiosité de vérifier cette affirmation et elle est à la fois vraie et fausse. 

Fausse, car il s’avère qu’à partir des années 30-40, longtemps avant l’exploitation des gisements pétroliers marins, la Norvège était plus riche que la Suisse et son PNB était le plus élevé des pays européens. 

Vraie, car cent ans en arrière, à l’instar de l’Irlande et de la Suède, la famine avait touché le pays. Entre 1825 et le début du vingtième siècle, un millions de norvégiens ont émigré vers les États Unis.

Il y a une vingtaine d’années, au mois de mai, à bord du Harald Jarl, nous avons fait la Hurtigruten, de Bergen à Kirkenes. Onze jours de navigations, 36 ports à l’aller et autant au retour.

Les fjords vus de la mer.

En décembre dernier, j’ai réservé une cabine et un emplacement pour la Roulotte sur le Primula Seaways, un des bateaux de la compagnie DFDS. Cet armateur assure une liaison journalière entre Gand et Göteborg en Suède. Des navires RORO transportent la production des voitures Volvo sorties de l’usine d’assemblage à Gand, mais ils prennent aussi quelques passagers et leur camping cars.

Le départ est prévu pour vendredi à 22:00. On doit arriver à Göteborg dimanche à 15:00.

On sera à 150 km au sud de la frontière norvégienne.

Il y a deux semaines, de retour à Gand venant de Paris, le Chat Lune a été confié au chantier naval Carron Marine à Zelzate.

Nous avons transféré un certain nombre d’objets du bateau vers le mobile home et ensuite complété l’avitaillement du véhicule.

Ces occupations ne nous ont pas empêché d’aller visiter quelques expositions.

Au musée de l’hôpital psychiatrique du Dr.Guislain, deux artistes soviétique exposent ‘Les Archives Transsylvaniennes Agent N37 et le dossier yéti’.

Marta Volkova et Slava Shevelenko partent de l’idée que les services secrets soviétiques ont mené des recherches sur le yéti. Au moyens de documents du KGB, de quelques parties du corps de l’abominable homme des neiges et de leur imagination débridées, les deux artistes nous offrent une reconstitution du fruit des recherches des services secrets.

Les auteurs expliquent que les lettres des commentaires des planches exposées sont grandes car Nicolas Ceaucescu ne voyait plus très bien. 

Le reportage est surprenant, les documents paraissent réels, on se laisse presque prendre au jeu. 

Dans la salle adjacente, les deux compères présentent le ‘Tungusca scarabées’ un scarabée capable de prendre la forme de n’importe quel objet auquel il est confronté, y compris une pièce de monnaie en or. 

Les planches et les objets exposés sont digne d’une salle d’un musée d’histoire naturelle, le scarabée existe.

Nous ne quittons jamais le musée Guislain sans aller admirer la section d’Art Brut. Le curateur change régulièrement les œuvres exposées.

À l’occasion de son vingtième anniversaire, le S.M.A.K. présente ‘De Collectie (I): Highlights for a Future’. On peut y voir 200 oeuvres qui retracent les acquisitions du musée, de son inauguration en 1999 à nos jours. Les plus anciennes ou les plus classiques, tel que la bétonneuse en bois sculpté de Wim Delvoye, la peau de cheval de Berlinde De Bruykere et les dessins de Borremans nous touchent plus que la feuille de papier blanche avec un anneau doré épinglé au bas ou la bicyclette chargée de charbon de bois.

Marleen et moi sommes frappés par la similitude entre les œuvres d’Art Brut du musée Guislain et celles des artistes de l’Art Contemporain du SMAK. Tous un peu fous?

Rentrés à la maison, je me suis empressé de créer une œuvre d’art contemporain, voir ci-dessus.

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19 – 20 De Paris à Gand

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Apollo m’appelle sur le canal 10. Il a entendu qu’un cadavre flotte dans le bief devant l’écluse de Guelzin, il y a un risque d’arrêt de navigation. Au téléphone, l’éclusier de Guelzin me confirme l’arrêt de navigation. « Je n’en sais … Lire la suite

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