19 – 14 De Paris à Decize et VNF (suite)

Dans mon dernier billet, je me suis moqué de la réceptionniste du numéro de téléphone central de VNF, le fameux numéro unique (!) que l’on doit former pour avoir tous le renseignements utiles à la navigation sur les canaux et rivières de France.

En réalité, j’aurai du montrer du doigt le cadre responsable qui avait attribué ce poste de travail à la fille que j’ai eu en ligne.

La réception est la carte de visite d’une entreprise. Les personnes qui occupent ces fonctions doivent être suffisamment bien formées pour pouvoir faire face à majorité des requêtes susceptibles de leur être adressées. De l’ignorance à cet endroit ternit aussitôt l’image de la société.

Dans le cas de VNF, la connaissance du réseau fluvial est le minimum que les téléphonistes devraient maîtriser. 

Une bonne formation, serait de permettre aux réceptionnistes de naviguer sur les fleuves et les canaux pendant quelques mois.

Mais je rêve.

Sur le terrain, la situation est positive et différente. Il y a quinze ans que nous naviguons avec le Chat Lune pendant plusieurs mois en France. À peu d’exceptions près, les éclusiers et le personnel de dépannage que nous avons fréquenté, sont compétents, sympathiques et toujours prêts à nous aider. 

Il en va de même pour le personnel qui occupent les PC locaux. Il y a deux jours, j’ai eu en ligne une dame qui n’était pas responsable du département où nous nous trouvions. Pour le renseignement que je cherchais, elle a passé ma question à une collègue d’un autre service. Ladite collègue m’a très rapidement re-téléphoné pour me fournir l’information requise, merci madame.

Nous avons quitté le port de l’Arsenal le 3 juin dernier. Nous sommes le dimanche 16 juin 2019 et j’envoie ce billet du port de Decize. C’est la confluence de la Loire, du canal latéral à la Loire et du canal du Nivernais. 

Pour la situer, la ville est à un peu moins de 300 km au sud de Paris; horizontalement sur la carte, elle est au niveau de la Suisse à l’est et de Nantes à l’ouest. 

Nous faisons la boucle qui part de Saint-Mammès sur la Seine. De là, on prend à droite le canal parallèle au Loing. Sur son parcours, il arrose Moret-sur-Loing, Nemour et Montargis. 

Pour le plaisir, nous faisons une halte de cinq jours à Moret. 

Le café des Arts, sur la place de l’Hôtel de Ville, est tenu depuis peu par jeune couple enthousiaste. Chaque jour, pour 10 € à12 €, selon le cas, le chef offre un plat, un seul, issu de son imagination, comme nous le confie les tenanciers. Ils sont mignons, la nourriture est excellente et le service impeccable. Nous y allons deux jours de suite.

Au Loing succède le canal de Briare et à Briare, le canal change de nom et devient le parallèle à la Loire jusque Decize.

Au passage on s’arrête au Colruyt de St-Satur pour acheter, en autres choses, un excellent vin blanc, le Menetou-Salon. 

Un peu plus loin, en hauteur à notre droite on fait coucou à la ville de Sancerre.

On laisse Nevers à notre gauche et à Decize, nous franchissons l’écluse qui sépare le canal latéral à la Loire du port de plaisance. 

Lundi ou mardi prochain, notre croisière se poursuivra sur le canal du Nivernais qui nous conduira à Auxerre. 

D’Auxerre à Montereau on naviguera sur l’Yonne, de Montereau à Saint-Mammès sur la Seine. 

Notre parcours, de Paris à Paris, est long de 727 km et comporte 221 écluses.

Nous avons déjà emprunté ces canaux et rivières plusieurs fois par le passé. J’ai commenté le parcours sur mon blog en 2015.

Cette année-ci nous avons décidé de naviguer et non de faire du tourisme. Pas de musées, de visite de châteaux, d’églises ou d’abbaye. Éventuellement un vide-greniers comme ce fut le cas à Écuelles près de Moret-sur-Loing, dimanche dernier. Ce matin à Decize nous avons repéré une brocante, c’est notre promenade dominicale.

Il y a quelques décades, le gouvernement français a pris la décision de favoriser le rail et la route au détriment du transport fluvial.

C’est une aberration écologique car une seule péniche du type Freycinet peut transporter 350 T de fret, céréales, sable, gravier, ciment et tout autre matière lourde et encombrante. C’est l’équivalent de 35 camions de 10T. 

Pour plus d’informations sur le sujet, ouvrez le lien suivant: https://www.pnich.com/trans.htm

Nous aimons les silos et les industries que l’on voit implantées le long des voies navigables. Érigées à l’époque de gloire du transport fluvial, ce sont les cathédrales du blé, de l’orge ou du ciment. Aujourd’hui, leurs quais sont abandonnés et en mauvais état et les bollards auxquels  s’attachaient les péniches, sont cachés par la végétation. 

Les camions se chargent le long de la route, de l’autre côté des bâtiments.

Peut-être que la prise de conscience verte actuelle réveillera le transport fluvial sur les voies navigables secondaires.

Mais je rêve.

 

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19 – 13 – Le canal de Briare et les informations de VNF

Ce matin, vendredi le 7 juin 2019, je cherche un renseignement auprès de VNF.

Sur Internet, le site http://www.vnf.fr indique:

UN SEUL NUMERO A RETENIR POUR JOINDRE VNF :

0 800 863 000

Ce numéro d’appel unique (*) permet aux usagers de la voie d’eau :

(Entre autre) 

  • d’accéder à des renseignements sur l’utilisation du réseau (horaires, cartes, permis fluviaux, itinéraires, etc.) ;

À 09:05, je forme le 0 800 863 000

Elle: VNF, bonjour. 

Moi: Bonjour madame, ici le Chat Lune. Nous sommes amarrés à Moret-sur-Loing et nous avons l’intention d’aller à Decize par le Loing, le Briare et le parallèle à la Loire. J’ai entendu qu’il y avait des problèmes d’eau sur le Briare? 

Elle: Vous êtes où monsieur? 

Moi: À Moret-sur-Loing, madame, au sud de Paris.

Elle: Je ne vois pas où c’est. Et vous aller où? 

Moi: À Decize par le Briare. 

Elle: Le Briare, connais pas. C’est dans quelle région?

Moi: Division Territoriale Centre Bourgogne, Direction opérationnelle VNF Ouest Nevers, subdivision de Briare.

Elle: Ah bon, le canal de Bourgogne!

Moi: Non, le canal de Briare!

Silence

Elle: (À une collègue) Michèle, tu connais le canal de Briare? 

(Michèle) non, regardes internet.

Elle: Attendez, je regarde internet. C’est un sous-canal? 

Moi: C’est le canal qui relie le Loing au canal latéral à la Loire.

Silence

Elle: Je vois, l’Oise? 

Moi: non l’Oise est au nord de Paris.

Elle: Ah, l’Aisne?

Moi: non, l’Aisne est également au nord de Paris. Le canal de Briare est à 200 km environ au sud de Paris.

Elle: attendez, je consulte internet.

Silence….

Elle: Ça doit être un sous-canal, je ne vois pas.

Silence…

Elle: et vous êtes où là?

Moi: à Moret-sur-Loing 

Elle: connais pas, et vous allez où?

Moi: à Decize, par le Loing, le canal de Briare et le canal parallèle à la Loire.

Elle: je ne vois pas.

Silence….

Silence….

Elle: Ah, ça y est, je vois, le canal de Briare! 

Et vous voulez savoir quoi exactement?

Moi: Si il y a des problèmes d’eau.

Elle: attendez un instant.

Silence

Elle: je vais vous donner un numéro de téléphone. C’est le 02 38 95 09 20

Moi: merci madame et bonne journée

Elle: à vous aussi.

À 09:32, je forme le numéro donné et je formule ma demande. 

La personne qui me répond consulte son chef et très vite après, elle me dit qu’il n’y a aucun problème (d’eau) pour aller à Decize.

Nous voilà rassurés.

À 15:12, ce même jour, le 7 juin 2019, je reçois le mail suivant:

Avis à la batellerie réf FR/2019/02653. Canal de Briare : Risque de perturbation

Commentaire :

Mesdames et Messieurs les Usagers de la Voie d’eau sont invités à se regrouper pour le franchissement des écluses du canal de Briare.

Les agents de Voies Navigables de France pourront faire patienter les usagers dans la limite d’une demie heure aux ouvrages dans le but de limiter les éclusées et de préserver la ressource en eau.

Mon commentaire: heureusement qu’il pleut de temps à autre.

Ci-dessous une vue de Moret-sur-Loing

 

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19 – 12 Paris # 6 – Ferdinand Gueldry, La petite Ceinture, Sérusier et les Nabi

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Je sais que je l’ai déjà écris quelque part mais je me répète. Une des choses que j’aime à Paris, est que dans n’importe quelle brasserie, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, on peut s’accouder au zinc pour boire un petit café accompagné d’un verre d’eau fraîche. Souvent le matin, je prend aussi un croissant dans le panier en osier qui trône sur le comptoir.

Que faut-il faire ou écrire pour que les brasseries des autres villes, en France ou à l’étranger suivent cet exemple?

Une deuxième chose qui me fait vibrer dans cette ville est la rencontre souvent fortuite, lors de nos pérégrinations en périphérie, des vestiges du chemin de fer de la petite ceinture.

Ce chemin de fer qui fait le tour de Paris, à l’intérieur de l’enceinte de Thiers, figure en haut de la liste de nos ‘Lost Places’ favoris.

Au milieu du 19e siècle, sa réalisation s’avère nécessaire pour trois raisons.

La première raison est qu’à cette époque, la construction des lignes de chemin de fer radiales au départ de Paris est réalisée sans aucun plan d’ensemble. Les cinq compagnies privées ont chacune leur tracé et leurs gares. Une liaison ferroviaire entre ces gares parisiennes s’impose.

La deuxième raison est liée à la défense de Paris. À partir de 1841, pour protéger ses nouvelles limites, la ville construit une ceinture de fortifications. Le chemin de fer à l’intérieur de la ville fortifiée, doit servir à approvisionner les soldats en vivres et armement. Voir le plan ci-dessous.

La troisième raison est conjoncturelle. Le chantier de la petite ceinture fait partie des travaux nationaux lancés pour endiguer le chômage.

Sa réalisation commence en décembre 1851. Un an plus tard, la ligne s’ouvre au trafic de marchandises. Le service des voyageurs est assuré à partir de 1862.

Après moins d’un siècle de bons services, en juillet 1934, alors que le métro a atteint sa pleine maturité et que les derniers tramways cèdent la place aux autobus, le service voyageurs est supprimé sur la petite ceinture. Elle reste alors ouverte pour quelques trains de marchandises inter-réseaux et locaux. L’exploitation est entièrement stoppée en 1993.

Aujourd’hui le tracé reste, mais il n’est accessible qu’à quelques endroits. Les débats sont ouvert sur son avenir. Voir le plan ci-dessous.

Pour en savoir plus, ouvrez les liens suivants:

https://www.petiteceinture.org/IMG/pdf/la_petite_ceinture_ferroviaire_de_paris_et_ses_gares.pdf?1772/d9c3f7b7b67f2b0e4006bb9062675d01a8b93559

et

https://www.paris.fr/petiteceinture

De la gare de Lyon, le RER A nous conduit en dix minutes à la gare de Nogent-sur-Marne.

Le numéro # 290 de mars 2019 du magazine Fluvial nous a fait découvrir l’exposition de tableaux du peintre Ferdinand Gueldry au musée municipal de cette ville.

Né en 1858 au sein d’une famille d’industriels aisés, l’enfant s’avère doué pour le dessin et la peinture. En 1873 il entre à l’École des Beaux-Arts de Paris et acquière une formation classique.

Loin des impressionnistes et cubistes du Bateau Lavoir, Gueldry peint des compositions nautiques et des scènes industrielles; les ateliers de son père ne sont pas loin. Excellent portraitiste, en 1937, à l’âge de 79 ans, il exécute son dernier tableau, le portrait du Président du Tribunal de Commerce de Paris. Il s’éteint en février 1945, peu avant la fin de la deuxième guerre mondiale, puis il disparaît dans l’oubli.

Le musée d’Orsay offre une salle à Paul Sérusier, un des fondateurs du mouvement des Nabis.

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Comme je l’ai écris dans mon billet 19-9 du 12 mai passé, le musée du Luxembourg expose ‘Les Nabis et le Décor’.

À Orsay, les Nabis font partie de la collection permanente du musée.

Aujourd’hui Paul Sérusier est mis en valeur, autour de son tableau fétiche le ‘Talisman’ qu’il réalisa à Pont Aven en Bretagne sous les conseils de Paul Gauguin.

Entre deux tableaux on peut lire un commentaire de Gauguin à Sérusier:

« Comment voyez-vous ces arbres ? Ils sont jaunes. Eh bien, mettez du jaune ; cette ombre, plutôt bleue, peignez-la avec de l’outremer pur ; ces feuilles rouges ? mettez du vermillon »

Ils vivaient à la même époque, mais un monde sépare les artistes de l’art moderne, les impressionnistes, cubistes et peintres du Bateau Lavoir, des œuvres de Ferdinand Gueldry.

Ce dernier, trop brave sans doute, manquait le grain de folie qui caractérise les autres.

Lundi prochain nous quittons le port de l’Arsenal. Mon billet hebdomadaire commentera notre voyage.

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19 – 11 – Paris # 5 Thomas Houseago, August Macke et Franz Marc, Art et Histoire Saint-Denis

Dans mon billet précédent je faisais remarquer qu’à Paris on trouve des vestiges historiques à des endroits surprenants. Peu de plaisanciers y prêtent attention, mais personnellement, j’éprouve de l’émerveillement lorsque de notre dunette, j’observe le mur d’escarpe du fossé de l’enceinte de Charles V. 

Cette construction qui sépare le port de l’Arsenal du boulevard Bourdon à 600 ans d’âge. Elle fait partie de la 4e enceinte de la ville, construite en 1420. Ci-dessus, un dessin du 18ème siècle de Jean-Baptiste Lallemand. J’ai indiqué notre endroit d’amarrage. La Bastille dans le fond à droite et le fort à gauche de l’image n’existent plus, bien entendu. La capitainerie se trouve à l’endroit où les deux lavandières bavardent en attendant que leur linge sèche. 

Ci-dessous, une photo de la situation actuelle.

C’est une affiche de la sculpture ‘Serpent’ de Thomas Houseago, vu dans les couloirs du métro, qui nous conduit au musée d’Art Moderne de la ville de Paris. L’artiste travaille le bois et le plâtre pour réaliser des œuvres architecturales assez brutes. Je lis dans la brochure qu’il a vécu à Bruxelles où il tente de vivre de son art. Il connait des années difficiles où il subsiste en travaillant comme ouvrier du bâtiment. Ses réalisations en témoignent, on est pas impressionnés.

Première parenthèse. 

Dans les couloirs du métro je constate que le quotidien C-News est toujours présents dans les distributeurs. Ce n’est que l’hebdomadaire ‘À Nous Paris’ qui n’est plus imprimé.

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Plus tard dans la semaine, à l’Orangerie, on admire une sélection des tableaux d’August Macke et de Franz Marc. Peintres expressionnistes allemands, ils créent en 1911, avec Vassily Kandinsky, l’Almanach ‘Der Blaue Reiter’. 

Malheureusement les deux amis meurent au front, le premier en 1914 et le second en 1916.

Deuxième parenthèse.

Notre ami Fabien nous fait découvrir et nous invite à partager un lunch au restaurant Asiatique Miss Kô, situé au 49-51 avenue George V. 

Le décor est de Philippe Starck. Voir https://www.miss-ko.com. Les plats sont des petits chef d’œuvres de mise en place, de couleurs et de goûts. Les filles qui servent sont jolies, l’ambiance est détendue, le service rapide et les prix raisonnables pour un restaurant de cette classe. On recommande.

À l’autre bout de l’échelle, la Cantine de Belleville à Ménilmontant, au 108 bd. de Belleville, dans le 20e, sert uniquement le weekend, pour une dizaine d’€, un excellent et copieux couscous.

Enfin, place de la Bastille, le Café des Phares, un de notre restaurants coutumiers, a réouvert ses portes après une solide rénovation. Les prix ont grimpé mais la cuisine est de qualité. 

À Saint-Denis, le musée d’Art et d’Histoire est situé dans les locaux du Carmel du XVIIe siècle. 

C’est un musée de province qui contient un Hôtel Dieu avec une apothicairerie et l’incontournable pot de Thériaque, le remède à tout les maux. Pour rendre la visite insolite, le curateur du musée a mis dans chaque cellule des carmélites, un objet d’art contemporain. Ici un paravent en polystyrène expansé peint en bleu ciel, là un porte bouteille portable en plastique rouge. 

Une aile est dédiée à la guerre de 1870 et à la commune de Paris. 

L’exposition temporaire est intitulée ‘Enfermement’.

Le musée et ses jardins sont soignés et contrastent avec le côté hétéroclite et multiculturel de la ville de Saint-Denis. Dans les rues, les coiffeurs africains se succèdent aux restaurants halals, pitas et pizzerias. Sur la place près de la basilique, des volontaires préparent une exposition commémorant le 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage.

En débarquant du métro, à la station Porte de Paris, on prend un café dans une brasserie. Les croissants frais sont épuisés. Le patron nous en offre de la veille. C’est ainsi que Marleen les préférèrent.  

Le week-end s’annonce, les brocantes et les Circul’Livre nous attendent.

 

 

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19-10 Paris # 4 Kimonos, Otsu-e, regard de Saux, pavillon de l’Ermitage, le noir dans la peinture

Ryohei TAMURA est un sympathique japonais que nous avons appris à connaître il y a deux ans dans une brocante boulevard Richard Lenoir. Marleen lui a acheté une veste de kimono rouge en soie. 

Il est haut comme trois pommes et s’habille à la japonaise avec un pantalon bouffant noir, un kimono en soie bariolé et un petit chapeau plat en coton à bord étroit. 

Nous prenons un rendez-vous chez lui, au 9, villa de l’Ermitage dans le 20e. Marleen souhaite acheter une yukata. Elle envisage aussi de lui vendre une veste de kimono qu’elle ne met plus.

La villa de Belleville est une impasse où on se croit à la campagne. 

Notre japonais nous reçoit dans son atelier. Il nous vend une yukata en coton blue marine avec motifs blancs. Il n’à pas usage de la veste mais il nous fait découvrir qu’elle est réversible, ce qui ravit Marleen. Ryohei nous montre également comment cintrer la ceinture d’un kimono.

Le lendemain, le RER C nous conduit à la maison de la culture du Japon à Paris, situé le long de la Seine, entre la tour Eiffel et le pont Bir-Hakeim.

Jusqu’au 15 juin on peut y admirer l’exposition intitulée Otsu-e. 

Les Otsu-e ou ‘images d’Otsu’, sont des peintures exécutées au pochoir. Populaire à l’époque d’Edo, du milieu du 17e au milieu du 19e siècle, les images mais aussi des figurines étaient vendues aux voyageurs et aux pèlerins qui empruntaient la route de Kyoto à Edo (aujourd’hui Tokyo). La ville d’Otsu en était le premier relai. 

Plus tard dans la semaine, Marleen se rend dans le 20e, au Pavillon de l’Ermitage.

Seul vestige existant du château de Bagnolet, le pavillon fut édifié par Melle de Blois, duchesse d’Orléans, fille légitimée du roi Louis XIV et de la marquise de Montespan. 

Intitulées ‘Femmes solidaires et Deux siècle d’aide sociale à Paris’, deux expositions temporaires illustrent le rôle social des femmes et les racines de l’aide sociale à partir de la révolution.

Pendant ce temps je me rend à l’Espace Saint Michel pour voir le film de Renaud Cohen qui retrace le tournage à Marseille d’une série populaire chinoise ‘Une famille de Wenzhou’.

La confrontation et la collaboration des équipes chinoises et françaises illustre et souligne de manière réaliste et drôle les différences culturelles entre les deux peuples. 

On trouve à Paris des vestiges historiques à des endroits surprenants. Flâner les rues et sauter d’un métro et d’un bus à l’autre est un de nos plaisirs favoris. 

Hier, en revenant du Circul’Livre de la place Michel Audiard, j’avais repéré sur le plan de la ville, le regard de Saux (# 25) de l’aqueduc de Marie de Médicis, situé dans le jardin de l’hôpital La Rochefoucauld. 

En 1609, Henri IV et Sully projettent de capter les eaux de Rungis pour alimenter la rive gauche de Paris.

Après l’assassinat du roi et le départ de son ministre, la régente Marie de Médicis reprend le projet. Elle s’y intéresse d’autant plus qu’elle a l’intention de se faire construire un palais sur la rive gauche, l’actuel palais du Luxembourg. Le parc devra s’orner de fontaines et de jeux d’eau.

Le tracé suit en grande partie celui de l’aqueduc de Lutèce. Les architectes royaux ont fait confiance au savoir-faire des Romains.

L’aqueduc est mis en eau le 19 mai 1623. Aujourd’hui, quatre siècles plus tard, il fonctionne toujours.

Pour éviter de faire les longues attentes à l’entrée du musée d’Orsay il faut y aller en fin de matinée lorsque les intéressés songent plus à l’apéro qu’à la culture. Une des ambitions de l’exposition intitulée ‘Le modèle noir de Géricault à Matisse’ est de retrouver les identités des modèles d’atelier restés longtemps anonymes. 

Par exemple, à côté du tableau d’Olympia de Monet, le musée expose son carnet dans lequel il a inscrit vers 1862, le nom de « Laure, très belle négresse, 11, rue Vintimille, 3e ». C’est pour cette raison que la femme qui a posé pour la servante d’Olympia est devenue Laure.

En mai, les brocanteurs se réveillent et les particuliers font leur nettoyage de printemps. 

Le weekend, Marleen et moi partons chiner, une de nos occupations favorites. 

Notre guide est le site suivant: https://vide-greniers.org/75-Paris .

L’esprit ouvert, l’œil aux aguets, nous recherchons les objets insolites, beaux, pas trop volumineux et pas cher. On évite les brocanteurs qui se prennent pour des antiquaires. 

Un des plaisirs du sport est d’entamer une discussion avec les vendeurs et bien évidemment de marchander le prix des pièces convoitées. Pour ce faire, Marleen est beaucoup plus douée que je ne le suis. Notre approche, lorsqu’un objet est repéré, est que je m’éloigne pour lui laisser le jeu de la discussion et du marchandage.

 

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19 – 9 Paris # 3 Maillol, Nabis, Art Brut, Versailles & Impressionistes

À la sortie du métro Hôtel de Ville, venant de la Bastille, on pénètre dans le sous-sol du BHV, la cave d’Ali Baba du bricoleur. À l’entrée se trouve un bar à sandwich tenu par un sympathique couple asiatique. Je m’y arrête à chaque visite du grand magasin pour prendre un café. On y trouve le ‘20 Minutes’, un journal gratuit. Avant, il y avait aussi le ‘C News’ et ‘À nous Paris’. 

Ces deux derniers étaient aussi présents sur les présentoirs du métro. Depuis février, ils n’existent plus qu’en version digitale sur la Toile.

Dommage, on les aimait bien, c’était un plaisir de les feuilleter lorsqu’on prenait le métro. 

Dans la même station, Hôtel de Ville, la RATP a placardé des photos avec des usagers qui commentent leur satisfaction de prendre ce transport en commun. Je vous en livre quelques-unes.

Nous vu plein de choses la semaine dernière. Voici dans le désordre, quelques impressions.

Dimanche dernier, le temps c’était remis, nos amis Fabien et Qing nous attendaient à Versailles. Au cœur du quartier Saint-Louis et dans le potager du Roi, on se promène entre les fleurs et les légumes. 

Marleen achète de la rhubarbe avec laquelle, une fois revenue à bord du Chat Lune, elle confectionne une compote.  

À midi, on lunche au Nouveau Shanghai, rue de Satory.

Pour les plats, nous faisons confiance à Qing. Dans sa langue maternelle, elle passe la commande à la patronne du restaurant. Le résultat est délicieux.

Une raison de vivre est de s’entourer d’amis chaleureux et intéressants. 

C’est pour cela que nous aimons séjourner à Paris, au port de l’Arsenal.

Au musée du Luxembourg, nous avons appris à connaître les Nabis. 

Bonnard, Vuillard, Denis, Sérusier, Ranson, Vallotton et quelques autres se regroupent à la fin des années 1880 pour affirmer leur opposition à l’impressionnisme. Leur ambition est de révéler un art nouveau. Ils se désignent comme des ‘Nabis’ ce qui signifie ‘prophètes’ en hébreu et en arabe.

Les tableaux exposés sont en grande partie des panneaux décoratifs.

Dans la galerie d’Orleans du Palais Royal, à côté de la cour avec les colonnes noires et blanches de Buren, des photos de 2mx2m illustrent quelques réalisations architecturales actuelles. Entre autre, le musée national du Quatar réalisé à Doha par l’architecte Jean Nouvel.

Le musée Maillol expose des œuvres de la collection d’Emil Bührle, un Allemand naturalisé Suisse, fabriquant d’armes et amateur d’art.

Essentiellement des impressionnistes, Manet, Monet, Degas, Renoir et Sisley, et des post impressionnistes, de Cézanne à Modigliani et Picasso.

À chaque visite de ce musée, on en profite pour aller au deuxième étage, voir les nus en peinture et en bronze de Maillol. L’artiste disait qu’il peignait et sculptait des volumes, pas des femmes.

L’exposition qui nous a soufflé cette semaine est celle que l’on peut admirer à la Halle Saint-Pierre, à Montmartre.

Le musée d’Art Brut présente au rez-de-chaussée ‘Chicago Foyer d’Art Brut’ et à l’étage HEY!4 Art Moderne et Art Pop.

La collection américaine est impressionnante mais les œuvres de HEY!4 sont exceptionnelles. 

Contrairement aux artistes de l’Art Brut, leurs auteurs ont une formation artistique. Par contre, ils partagent l’obsession du travail minutieux et répétitif de ces derniers. Cela donne des créations étonnantes comme la dernière scène dessinée à l’encre de Chine avec une fine plume par Mad Meg. L’artiste a mis deux ans pour réaliser son œuvre. Les apôtres sont des hommes d’affaire en costume et cravate, leurs têtes sont des insectes.

Voir https://youtu.be/HV9YBWd8VwY

Courez tous à Montmartre, voir l’exposition au musée de la Halle Saint-Pierre.

Aujourd’hui dimanche, ce sont les brocantes qui nous attirent. La saison commence et nous sommes curieux d’aller découvrir des objets dont nous ignorons à l’heure où j’écris ces mots,  que nous aurons envie de les acquérir. 

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19 – 8 Paris # 2 Roux, Duhême et Hammershøj

La marche à pied:

À bord du Chat Lune on n’a pas la télé et on a pas l’intention de l’avoir. Pour apprendre combien de gilets jaunes se sont déplacés le samedi, on écoute France Inter. Pour les nouvelles internationales, nous avons sur nos tablettes, le New York Times online. Pour les potins du pays, également online, on lit le journal De Morgen. 

Un article récent de ce journal, titre: ‘Pourquoi courir est la chose la plus stupide que l’homme se soit mis à faire’. 

Pour rester en bonne santé, il est condamné à bouger et les fameux 10.000 pas par jour sont un minimum à observer. Nos cousins les grands singes n’ont pas ce problème. Ils dorment dix heures par jour et se reposent de la même durée. Malgré cela, même en captivité, ils restent en bonne santé, ne deviennent pas obèses et ne souffrent pas de diabète. 

Nous étions comme eux mais nous avons commis l’erreur, il y a 4 millions d’années, d’abandonner leur style de vie pour devenir des chasseur-cueilleurs. Cela nous a contraint à nous redresser et à courir après nos proies. Toujours selon l’article, en faisant ça, au fil des millions d’années, nos métabolismes se sont transformés et contrairement aux gorilles et chimpanzés, pour garder la forme aujourd’hui, nous devons continuer à galoper. 

Heureusement que Marleen et moi, nous aimons marcher. Nos proies sont les musées et les objets à cueillir se trouvent dans les brocantes et les vide-greniers. À la recherche des uns et des autres, nous n’avons aucune difficulté à cumuler 10.000 pas chaque jour.

La couleur rouge:

Il est de coutume dans le port de déposer sur les quais les objets dont on veut se débarrasser mais qui pourraient encore servir à un autre plaisancier. Ainsi, un fauteuil en tissu feutré rouge bordeaux fit le bonheur de quelques passants qui le trouvèrent plus confortable qu’un banc public. Et puis un jour, je le vis sur la dunette du Talisman. La propriétaire du bateau le nettoyait à l’eau vive. Comme équipement marin, le fauteuil club détonne un peu, mais pour passer une soirée avec un livre et un verre de vin, il fait l’affaire.

Dans le 8e, l’avenue Villiers et les rues adjacentes autour du parc Monceau connurent leur heure de gloire à la fin du dix-neuvième et au début du vingtième siècle. De nombreux banquiers et riches hommes d’affaire y installèrent leurs hôtels particuliers. Ils furent suivis par les artistes, peintres, écrivains et poètes. 

Le musée Jean-Jacques Henner, au 43 de l’avenue de Villiers, est situé dans l’ancienne demeure et atelier du peintre Guillaume Dubufe. Le musée possède la plus importante collection d’œuvres de Jean-Jacques Henner. Tout au long de sa carrière, le peintre utilise le roux comme sa signature. Aujourd’hui, les rousses sont mises en valeur.

« La lumière jette sur la chevelure des rousses des reflets d’incendie et fait valoir le grain satiné de la peau. La lueur fauve, couleur d’or, est la plus vivante, la plus vibrante, la plus discrète aussi par conséquent la plus harmonique et la plus belle. » 

Henri Roujon

Hier matin, une rousse du port, notre amie Sylviane, fait remorquer son bateau, le Colvert, du port de l’Arsenal vers le chantier chantier Nautic Center à Meaux. Elle a commandé un nouveau moteur pour remplacer son ancien à propulsion hydraulique, défaillant.

Les expositions:

 En aval de la Seine, au 1 rue du figuier, dans l’Hôtel de Sens, nous admirons les dessins et les aquarelles de Jacqueline Duhême. L’exposition est intitulée ‘Une vie en couleur, de Matisse à Prévert’. 

L’artiste a commencé sa carrière comme aide d’atelier chez Henri Matisse. En 1949 elle fait la connaissance de Jacques Prévert avec lequel elle se lie d’amitié.  Elle peint et illustre livres et cartons, c’est poétique, la nature et les enfants dominent son œuvre.

Le musée Jacquemart-André présente le peintre Danois Vilhelm Hammershøj, connu pour ses ‘intérieurs’. Comme son ami Carl Holsøe et de son beau-frère Peter Listed ces peintres du début du siècle dernier aiment représenter avec des tons gris et des tonalités douces, les intérieurs dans lesquels ils vivent. Les compositions sont souvent sans personnages. Hammershøj y intègre parfois son épouse vue de dos ou lisant une lettre. En plus des intérieurs, l’exposition retrace les autres thèmes du peintres, paysages nordiques, paysages citadins et nus.

Aujourd’hui la pluie tombe en rafale et il fait froid. Ce n’est pas mieux dans le Nord. Ma sœur Danoise nous envoie une photo du bonhomme de neige qu’elle a fabriqué sur sa table de jardin. 

Nous avons décommandé notre visite à Versailles où nous étions invités par nos amis Fabien et Qing pour flâner dans l’événement ‘Esprit Jardins’.

Peut-être demain.

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