Grunewald et les sangliers du cimetière

C’est en pénétrant dans Dahlem que nous apercevons l’indication ‘Wildschweine, bitte die Türe schliessen’.
Le fossoyeur nous corrige, le portillon doit être tenu fermé pour éviter que les sangliers n’entrent dans le cimetière, pas pour qu’ils ne s’en échappent.
La petite église gothique de Sainte-Anne se dresse à l’est d’un cimetière verdoyant, à l’orée du faubourg résidentiel de Dahlem.

Ce matin nous commençons notre promenade à la gare de Grunewald, tristement célèbre pour avoir été l’endroit d’embarquement des juifs de Berlin pour les camps d’extermination nazis. En témoignent un mémorial en béton, une plaque commémorative et quelques centaines de mètres de rails. Les quais sont constitués de lourdes plaques de fer ajourées, fabriquées à partir des wagons de transport des condamnés.

Nous traversons un des quartiers résidentiels les plus huppés de Berlin, où à la fin du 19e siècle, les fortunés du commerce et de la politique construisirent leurs somptueuses et énormes villas.
Aujourd’hui, elles sont occupées par des ambassades, des institutions universitaires ou transformées en immeubles à appartements. Bien conservées, les jardins sont bien entretenus et leurs extérieurs restent impressionnants.

Après les villas nous empruntons une piste forestière qui nous conduit au lac Grunewald.

Nous ne sommes pas seuls à apprécier cette belle journée d’automne, on se croit à Deurle un dimanche ensoleillé de fin de saison, après une semaine pluvieuse.
Étrangement, il y a plus de chiens que de flâneurs, de toutes les races, de toutes les tailles et de toutes les couleurs, en laisse et en liberté. Plusieurs promeneurs de chiens professionnels escortent des meutes entières de toutous très disciplinés, on n’entend presque pas d’aboiements et les prises de connaissances sont courtoises.
« Comment vas-tu? Sentez mon cul. Je vais très bien, sentez le mien. »

Nous mangeons un morceau dehors sous les arbres, au ‘Chalet Suisse’ une petit restaurant situé près de la fin de notre itinéraire forestier.

À l’instar de Grunewald, le faubourg est résidentiel et très vert. Les larges boulevards bordés de grosses villas sont traversés par des sentiers fleuris, ponctués ça et là par des petits parcs.
C’est ici qu’est localisée la Freie Universität Berlin, crée en 1948 avec le soutien des Etats-Unis pour contrecarrer la doctrinaire Humboldt Universität du secteur soviétique.
Nous pénétrons plein d’admiration dans la grande sphère transparente qui abrite la bibliothèque philologique de l’université, construite en 2005 par l’architecte anglais Norman Foster. Elle a la forme d’un cerveau, que c’est beau l’architecture contemporaine bien pensée.

La journée se termine sur le pont arrière du Chat Lune avec un livre et une tasse de café.

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