Eysselinck et la Poste d’Ostende

En 1953, quelques mois avant son achèvement, un décret ministériel interdit à l’architecte Gaston Eysselinck l’accès au chantier de la Poste d’Ostende.
La construction de l’immeuble avait débuté en 1947 mais les retards s’accumulèrent. La Commission des Monuments publics trouvait que le bâtiment avait un caractère trop exclusif et la ville d’Ostende estimait excessif l’usage de matériaux trop durables comme la pierre bleue de la façade.
L’histoire a donné raison au créateur.

Le décès de son amie et l’épuisement moral après sa longue bataille avec les instances officielles et la vingtaine d’entrepreneurs, le poussèrent la même année, à mettre fin à sa vie à l’âge de 46 ans.

La Poste abandonna l’usage du bâtiment en 1999 et Ostende l’acheta en 2003 pour en faire un centre culturel. Le collège échevinal confia en 2007 aux jeunes ‘B-Architecten’ anversois, le projet de restauration de la partie avant qui est classée et la transformation des volumes de la partie arrière, en conservant les éléments extérieurs et intérieurs, également classés.

L’échevin de la culture Nancy B., organise en janvier pour les Ostendais, une visite guidée des bâtiments avant les travaux, prévus de février 2011 à fin 2012.
Dans son introduction, l’échevin raconte que la phase préparatoire a consisté, entre autres choses, au déplacement et à la protection des 40.000 câbles de connexion des téléphones fixes de la ville. Ces câbles dont tout le monde ignorait ou avait oublié l’existence furent découverts par hasard dans une cave lors d’une visite préliminaire destinée à inventorier l’inévitable asbeste. Ils ont été mis en place en 1947 par la PTT et sont encore opérationnels à l’heure actuelle. Leur sectionnement intempestif ou involontaire, aurait obligés les Ostendais à ne pouvoir utiliser que leurs GSM.

Gaston Eysselinck avait conçu l’immeuble et tout le mobilier, des guichets de postes aux portemanteaux.
Notre guide nous explique que la restauration remettra en valeur la salle des guichets et le local de la téléphonie, situés en front de rue.
La reconstruction de la partie arrière prévoit deux salles de spectacle multifonctionnelles. Seront préservés, l’ossature, les châssis, les portes, les fenêtres, les radiateurs, les ascenseurs et la petite menuiserie, des poignées de portes aux mains courantes.
J’ignore si la statue en plâtre de la Victoire de Samothrace, qui trône dans l’ancien réfectoire de l’étage supérieur, sera mis en évidence dans le nouveau projet.

J’imagine le travail épuisant de l’architecte, obsédé par le respect des détails de son oeuvre, en bagarre journalière avec une multitude d’entrepreneurs dont les intérêts n’était pas toujours convergent avec le sien.

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