Schnackenburg et le village rasé de Stresow

La tradition veut que dans l’église de Schnackenburg, les enfants sont baptises avec l’eau de l’Elbe.
La petite église rappelle celles que nous connaissons au Danemark, sobre avec des boiseries peintes en bleu et blanc. Un ange en jupe, grandeur nature (pour autant que je puisse en juger) vole au-dessus de l’autel.

Ce matin en moins de deux heures de navigation nous étions amarrés dans le port de Schnackenburg.

Nous payons nos frais de port à Frau Bischoff. Elle nous accueille dans l’arrière-cuisine de sa maison située dans la rue principale de la plus petite ville de la Basse Saxe.

L’origine en remonte au début du précédent millénaire; au 17e siècle elle a appartenu au Royaume du Danemark et elle fut ensuite annexée par la principauté de Brunswick.
Entre 1945 et 1990 elle servit de poste de frontière entre L’Allemagne de l’Ouest et la DDR. Le trafic fluvial vers Berlin et vers la Tchécoslovaquie était autorisé moyennant un contrôle douanier sévère opéré à partir d’ici.
La ville attira également de nombreux curieux qui du haut de la tour d’observation érigée sur la rive gauche de l’Elbe pouvaient épier le mouvement des troupes frontalières de la DDR.

Tout cela s’arrêta avec la chute du communisme et les 400 habitants restants vivotent gentiment de leur musée qui retrace l’histoire de la frontière et du bac qui permet de rejoindre les villages de la rive droite sans faire le détour par le pont de Wittenberge.

L’épicerie est ouverte en semaine de 07:30 à 11:30 et Felicitas est le seul restaurant ouvert ce jour.
Par contre, le VSB, ‘Verein Schnackenburger Bootsfreunde’ est super-actif et le programme affiché à la fenêtre du club-house annonce pour l’été de nombreuses festivités aquatiques et barbe-q-esques.

Du haut de la tour d’observation nous sommes intrigués par la maisonnette qui prône au bout de la digue qui sépare le port de l’Elbe. Bien nous en fait d’aller l’explorer. C’est une station de contrôle des eaux de la rivière et nous avons la chance d’y rencontrer l’ingénieur de service dont c’est le jour de présence mensuel. L’homme est enthousiaste et il nous offre une visite détaillée des installations dont le but est de vérifier les paramètres de qualité de l’eau, du pH au niveau d’oxygène, de la teneur en métaux lourds à la température et plus encore.
C’est aussi une des stations de mesure du ‘Pegel’, le niveau d’eau de l’Elbe. Cette information est primordiale pour la navigation. À l’heure actuelle à cause du manque de pluie, le niveau est très bas ce qui explique que nous n’avons pas rencontré de commerces, qui ne peuvent remonter le fleuve que jusque Lauenburg, à 90 km en aval d’ici. Je vérifie journellement cette information sur internet car même avec son tirant d’eau de 1m10 le le Chat Lune doit rester attentif.

Une promenade de quelques km nous conduit à l’endroit où le village de Stresow fut rayé de la carte par une ordonnance du ministère de la défense de la DDR le 25 mai 1952. Par ce décret fut décidé d’établir une zone neutre de 5 km tout au long de la frontière avec l’Allemagne de l’Ouest. Il fut également décidé d’établir une grillage de 3m20 de hauteur, de creuser un caniveau en béton, de placer des mines antipersonnel et d’ériger des miradors de surveillances.
Toute habitation située dans ces zones devait disparaître, y compris bien entendu ses occupants. C’est ainsi que Stresow fit l’objet de l’opération baptisée ‘Aktion Ungeziefer’, (Opération vermine) et qu’en une nuit ses habitants furent sortis de leurs maisons et déplacés vers l’intérieur du pays. Le village du 14e siècle qui comportait de belles fermes et même un petit château, fut entièrement rasé pour faire place au mur érigé par ce pays parano qui voulait endiguer la fuite de ses habitants.
En mémoire de cet absurdité, et en souvenir de ceux qui en furent les victimes, des arbres furent plantés, quelques mètres de grillage érigés et quelques plaques commémoratives racontent les événements.
Nous nous asseyons sur un banc et restons silencieux un long moment, les oiseaux lancent à gorges déployées leurs chants printaniers.

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