Grabow et Ludwigslust

La favorite en titre du Grand-Duc Friedrich-Franz I de Mecklenbourg convainquit son amant de pouvoir figurer sur le gigantesque tableau peint en arrière-fond de l’autel de l’église évangélique de Ludwigslust.
Manque de pot, le Grand-Duc changea de favorite en cours de travaux et l’ange changea de visage comme on peut le voir sur la photo jointe ci-bas.

Nous sommes amarrés dans le port de Grabow, petite ville le long de l’Elde (ne pas confondre avec l’Elbe) dont l’activité industrielle principale aujourd’hui est la confection de meringues recouvertes d’un peau de chocolat, les ‘Grabower Küsschen’.
La capitaine du port nous explique que comme généralement dans les villes de l’est, la plupart des industries ont fermé leurs portes dès la chute du mur. Les habitants quitté les lieux ou ont retrouvé du travail dans les grandes villes comme Hambourg.

De la brasserie, la manufacture de cadres et l’usine à biscuits ne restent que les bâtiments dont certains sont restaurés. La brasserie a été reconvertie en lofts et l’usine de gâteaux est devenu le musée d’histoire de la ville.
Celle-ci est une encyclopédie de maisons à colombages, pour la plupart joliment restaurées. L’origine de Grabow remonte à 1252. En 1725 la ville fut entièrement détruite par un incendie et quelques année plus tard elle fut reconstruite selon des règles très strictes. L’imposition prévoyait des larges rues à croisement rectangulaire et l’usage généralisé de la technique du colombage, ce qui lui vaut aujourd’hui le surnom de ‘Fachwerkstadt’.

Ce matin à 09:08, le train nous conduit à Ludwigslust, une dizaine de kilomètres plus au nord.
Trois cents et dès années en arrière, le Duc Christian Ludwig II fit construire un pavillon de chasse sur le territoire de la bourgade de Klenow. Il aima tant y venir qu’en 1756 il proclama que d’or et n’avant et jusqu’à la fin des temps, l’endroit se nommerait ‘Ludwigslust’, le ‘plaisir de Ludwig’.

Son successeur, le Duc Friedrich, dit le vertueux, l’oncle du moins vertueux cité en tête de cet article, décida d’installer le siège de son gouvernement à Ludwigslust. Ce fut le début du développement des résidences des Ducs ainsi que la construction de la Stadtskirche, le Château, les rues, les premières maison et le parc de 120 ha.

Un peu présomptueusement, les locaux appellent le château, ‘Petit Versailles’. Il est en excellent état et il recèle trois particularités.
– Les propriétaires de l’époque avait fait peindre sur des panneaux en bois des figures grandeur nature de certains de ses habitants. Ainsi l’on voit par exemple dans un boudoir une duchesse accoudée à un dossier de chaise, tenant à la mains un éventail; le réalisme est surprenant.
– Le duc Friedrich fit mettre du papier mâché pour le décor là où l’on utilisait d’habitude des matériaux coûteux. Le but étant de promouvoir cette technique pour permettre à ceux qui n’en avait pas les moyens, la possibilité d’utiliser des ornements. Le savoir-faire de la manufacture fut exporté jusqu’en Russie mais, faute de commandes, elle ferma ses portes en 1835.
– Enfin, dans une des salles à l’étage nous découvrons deux murs couverts entièrement côte-à-côte de portraits dont seul le visage figure au centre des tableaux. Le conservateur nous explique que l’artiste travaillait avec sa fille et lui laissait le soin de réaliser les arrières-fonds des tableaux dont il peignait les visages. Visiblement pour les oeuvres présentées ici, la fille n’avait pas eu le temps de finir le travail.
L’ensemble est surprenant de modernité et ne dépareillerait pas dans une exposition d’art contemporain.
Nous terminons la matinée dans le parc en prenant soin d’aller examiner les 16 endroits répertoriés sur notre dépliant, nous voulons toujours tout voir.

Après le lunch nous traversons le mémorial du KZ que les nazis avait installés ici fin 1944 afin de joindre l’église évangélique qui se trouve de l’autre côté de la drève.

Le décor mentionné début de cet article, représente l’Annonciation de la naissance de Jesus par l’ange aux bergers. La partie haute est peinte sur la voûte en demi-cercle derrière l’autel. En trompe-l’œil au premier plan, le reste du décor a été réalisé sur des panneaux en carton, joints par après. Le tout fait 14 m de haut et 350 m2 de surface, c’est époustouflant!

La tête et les yeux remplis, nous reprenons le train et rentrons au bateau.

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