Berlin, la piscine de Stegnitz et le Kaiser-Wilhelm-Gedächtnisse-Friedhof

L’aviateur pionnier Allemand Otto Lilienthal utilisa la colline située au centre du cimetière de Stegnitz pour faire des essais avec ses engins expérimentaux.
Actuellement un imposant château d’eau en brique rouge s’élève à cet endroit.
À l’intérieur, un ornithologue explique à un groupe d’intéressés qu’une colonie de faucons niche au sommet de la tour.


Nous venons de visiter la piscine publique désaffectée de Stegnitz, située un peu plus bas sur la Bergstrasse. Érigé en Jugendstil, c’est un monument protégé qui a été acheté en 2004 par Gabriele Berger. Elle organise des concerts et des expositions de jeunes artistes en espérant que les revenus lui permettrons un jour de restaurer l’ensemble.


Pour le moment, faute de moyens, l’endroit est négligé mais pas délabré ni vandalisé. Un jeune photographe nous montre les photos et les montages vidéo qu’il y expose. Dans la grande profondeur, une batterie et quelques instruments attend les musiciens.
Notre imagination nous propulse à Roubaix où la mairie a fait un remarquable travail de restauration de la piscine municipale, la transformant en ‘Musée de la Piscine’.
Patience, Gabriele.


Le cimetière de Stagnitz couvre plus de 40 hectares de terrain, c’est un parc bien entretenu où comme souvent à Berlin, les tombes sont en partie cachées par une épaisse végétation et par des haies impénétrables, on croit parfois se promener dans la campagne anglaise plutôt que dans une nécropole.


Ce weekend, Berlin ouvre les portes de ses monuments publics, ‘Offenen Monumententag’. Nous avons rendez-vous dans un autre cimetière, le Kaiser-Wilhelm-Gedächtnisse-Friedhof dans le Westend près de Charlottenburg.


Une inquiétude me traverse l’esprit, vous qui me lisez, pensez peut-être, pour paraphraser Bourvil, ‘Les châteaux oui, les cimetières non’.
À quoi je répond, les habitants des châteaux sont dans les cimetières, l’un ne va pas sans l’autre.
De plus, les cimetières sont souvent de beaux parcs avec des arbres plus vieux que les habitants des tombes. Même en pleine ville, il y fait calme, il y a des belles fleurs et en cherchant un peu on y découvre toujours une belle statue, une phrase gravée qui fait sourire ou réfléchir. Ceux qui s’y trouvent sont parfois connus ou et parfois célèbres. Ici un roi, là un explorateur ou une actrice dont on avait oublié l’existence, en lisant leurs noms, ils se réveillent à vous et en un instant le rideau s’ouvre ou l’histoire se raconte.


Les responsables de la La ‘Stiftung Historische Kirchhöfe und Friedhöfe in Berlin Brandenburg’, Martina Samulat-Gede M. A., Öffentlichkeitsarbeit et Dipl.-Ing. Thomas Höhne, Kirchhofsverwalter, nous accueillent, nous sommes huit à participer à la visite.
Pendant près de deux heures nos guides nous détaillent l’histoire du cimetière, de la chapelle et de quelques monuments funéraires représentatifs. Après quoi, on ne serait pas en Allemagne, on nous sert des ‘Kuchen mit Kaffee’.
L’empereur Guillaume II trouvait que le style roman convenait bien à l’esprit de l’empire Germanique et lorsqu’il conçut la chapelle en 1896 l’architecte Hetzel s’y conforma tout en ajoutant des d’éléments ‘Jugendstil’, le style de l’époque.


Pour financer sa construction, il eut l’idée de faire construire dans le sol en périphérie du corps du bâtiment, une série de seize cryptes qu’il proposa à la vente à un prix élevé.
Quatre années plus tard, tout fut vendu.
Aujourd’hui, journée porte ouverte, nous avons le plaisir de pouvoir pénétrer et visiter les cellules souterraines et saluer leur occupants. C’est un ensemble unique à Berlin et il surprenant de découvrir les sarcophages baroques en bois et en zinc, poussiéreux mais pas endommagés.

La deuxième guerre a fait rage par ici et les soldats soviétiques ont ouvert les sépultures lors de leur passage dans l’espoir de trouver des objets précieux près des corps momifiés.
Les dommages occasionnés sont restreints.


La visite se termine dans le mausolée de la famille de Otto Lemm, un industriel Berlinois, fabriquant de cirage. Son usine était située dans l’axe de l’endroit où il fit construire sa tombe, ce qui lui permettait de voir sa dernière demeure des fenêtres de son bureau.
L’industriel ne lésina pas sur les moyens et l’intérieur du mausolée est décoré de mosaïques le représentant avec son épouse négligemment assis sur un banc de leur jardin et en face un tableau de ses enfants.


Demain nous retournons à Beelitz, pour une visite guidée des Heilstätten.
Voir mon blog du 3 mai 2011, intitulé ‘Adolf Hitler, Erich Honecker et Whitney Houston.’

– Publié sur mon iPad

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