Plácido Domingo et « The Enchanted Island »

« My strength is coming back, I feel it in my blood » chante Joyce DiDonato et son visage rayonne d’une mélange de joie et de force intense. Je partage l’émotion forte de la belle sorcière qui voit renaître sa puissance magique que Prospero lui a arraché en la bannissant dans la partie noire de l’île.

‘The Enchanted Island’ est un opéra pastiche moderne, imaginé et crée par Jeremy Sams. Né à Londres en 1957, le multi-talenté Sams, directeur de films, compositeur, chef d’orchestre, écrivain, est chargé par le MET de créer comme il était coutume au 18e siècle, un opéra pastiche baroque. Pour l’histoire, le compositeur s’inspire de deux pièces de Shakespeare, ‘La Tempête’ et le ‘Songe d’une Nuit d’Été’ et il puise la musique dans des oeuvres de Händel, Vivaldi, Rameau, Campra et Leclercq.

Le spectacle est époustouflant et souvent comique, c’est beau, c’est original et comme toujours, le Metropolitan Opera met en scène les meilleurs chanteurs contemporains.

Pour n’en citer que quelques uns, l’incontournable Placido Domingo incarne le dieu Neptune, puissant mais drôle, à un moment il se frappe le front et s’exclame: ‘c’est vrai, j’oubliais que je suis le Dieu des Mers’, pour ensuite enchainer de son aria.

La virevoltante Danielle de Niese incarne ‘l’esprit’ Ariel et le contre-ténor David Daniels est Prospero. Luca Pisaroni que nous avions adoré comme Leporello, grimé comme le bossu de Notre Dame, s’est mis dans la peau de Caliban, le fils de la sorcière Sycorax.

Ai-je déjà dis que ma faveur va à Joyce DiDonato, elle m’avais séduite il a quelques mois, dans le rôle d’Isolier, le page du conte Ory. Aujourd’hui elle encore plus belle, elle vit son personnage avec conviction et chaque aria est une merveille.

William Christie, champion contemporain de la musique baroque, dirige l’orchestre après avoir épaulé Jeremy Sams dans la recherche des parties musicales.

L’histoire tient de la fable et du vaudeville lorsque par exemple, ‘l’esprit’ Ariel, se mélange les pinceaux et distribue sa poudre d’amour magique aux naufragés de la tempête qu’elle a orchestrée, en confondant successivement Demetrius et puis Lysandre avec Ferdinand, fils du roi, lequel est attendu par Prospero dans l’espoir de le voir épouser sa fille Miranda et le délivrer ainsi du bannissement qui le cloître sur l’île.

C’est plus compliqué que cela mais qu’importe, la musique baroque est merveilleuse, les chants sublimes et la technologie du décor qui combine des figures d’animaux mythique et des arbres en carton peint avec une projection vidéo de la mer déchaînée, la forêt mystérieuse et menaçante, les costumes de composition extravagants, les fanfreluches, les plumes et les couleurs en folie, le tout est enchanteur et d’un dynamisme sans faiblesse qui nous laisse surpris, lorsque le rideau tombe, quatre heures plus tard, sur les protagonistes heureux, amoureux et réconciliés.

Le 30 décembre 2006 le Metropolitan Opera de New York transmit par satellite, en temps réel et en Haute Définition, ‘La Flute Enchantée’ de Mozart.

Aujourd’hui une soixantaine de pays offrent la retransmission d’une douzaine opéras par an et des centaines de salles de cinéma captent et diffusent ces opéras pour le plaisir d’un public enthousiaste.

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