Utrecht, Goringhem, Werkendam et le Biesbosch

Ce matin, samedi, nous quittons Utrecht avec l’intention de nous arrêter à Goringhem, une petite ville située au confluant de la Linge et de la Merwede, un des larges bras de mer du Delta de Zélande.

La rivière Linge forme la colonne vertébrale nord-sud de la ville. De part et d’autre les maisons et les entrepôts en brique rouge témoignent de l’ancienne richesse de la ville.

Le Chat Lune se faufile prudemment entre la haie des bateaux amarrés et ceux circulant à la recherche d’un emplacement, on se croît rue Saint-Honoré le premier jour des soldes d’été.

Le soleil brille de tous ses feux, la foule des piétons sur les quais et les occupants des bateaux sont habillés légèrement et la bonne humeur règne.

L’endroit où nous avions caressé l’idée de passer la nuit est comble, ci et là les restaurant se font une concurrence musicale et suprême cacophonie, cent mètres plus loin, dans la prairie qui longe la Merwede, les basses diffusées par des haut-parleurs de la taille d’une Fiat 500, font vibrer nos cages thoraciques. L’éclusier qui fait aussi fonction de capitaine du port nous annonce fièrement que ce weekend ont lieu les fêtes annuelles de Goringhem.

Entre nous, pas besoin de long discours, un coup d’oeil d’entendement suffit, nous passons l’écluse Peterbrug, tournons à droite sur la Merwede, avalons le fleuve sur 8 kilomètres et nous nous amarrons à Werkendam, le long du Steurgat, après l’écluse Biesbosch qui donne l’accès à la réserve naturelle qui porte le même nom.

Goringhem, ce sera pour le prochain voyage.

Dans la nuit du 18 au 19 novembre 1421 un raz de marée baptisé ‘Sint Elisabethsvloed’ brise les digues de protection de 16 villages qui se trouvent engloutis dans une mer intérieure de 30.000 ha.

La Zuidhollandse Waard, région prospère, agriculture, fruits, récolte de sel et extraction de tourbe, se transforme en une nuit en un marécage, ouvert sur la mer du nord.

Petit à petit, les chasseurs de canards, les coupeurs de roseaux, et quelques rares paysans reprennent possession des lieux et une infrastructure de métiers propres à ce biotope se met en place.

Dans les années septante, les digues et écluses de mer du plan Delta mettent fin à l’influence des marées et aux activités artisanales de cette région demi-sauvage.

Actuellement, le Parc National Biesbosch fait la joie des touristes du dimanche venus nombreux en bateau à pied ou à bicyclette, des écologistes et des amateurs de la faune aquatique.

En attendant de traverser cet endroit protégé, dans la marina de Werkendam, la nuit est calme et nous dormons comme des loirs, loin des débauches acoustiques de Goringhem.

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