Samir et Said et le canal des Ch’tis, côté France

Jacques, le skipper du Merlou remplit deux jerrycans de vingt litres d’eau potable pendant que la patronne de la maison du canal, sa fille, le vieux monsieur à la barbe blanche qui habite le pavillon à côté de la maison du canal et son petit fils âgé de quatorze ans, Jean, le Bourguignon, ancien joueur de rugby qui a fait son service militaire à Berlin dans la caserne Napoléon et son petit fils âgé de huit ans, Pierre, l’instituteur retraité de Leer et son épouse Adrienne et Jacques, le pontonnier-éclusier en uniforme bleu marine avec un galon doré sur chaque épaule, déambulent lentement en direction du Freyssinet.
Le Merlou s’apprête à lâcher les amarres pour aller faire demi-tour dans l’aire de virage passé le pont de Grimontpont et ainsi se préparer à rentrer à Ronquières.
Jacques a invité ses amis à l’accompagner pour cette petite croisière matinale.
Nous saluons tout le monde au passage et nous nous apprêtons à suivre le Merlou pour le dépasser en chemin et poursuivre notre chemin sur le canal de l’Espierre.
Hier au téléphone, Camille, la responsable de la coordination du trafic fluvial, nous avait donné des instructions et elle nous avait annoncé que l’équipe d’accompagnement nous attendrait à la première écluse Française du canal qui, par ailleurs, à partir de cet endroit, change de nom et devient le canal de Roubaix.

Un peu avant dix heures, le Merlou quitte son amarrage et s’ensable promptement dans la boucle du canal à cent mètres de son point de départ. Jacques fait marche arrière, réoriente la proue de son vaisseau, le moteur rugit, les canards s’envolent et le bateau franchit l’obstacle sous-marin et poursuit sa route vers le pont de Grimontpont; nous le suivons de loin.

On le trémate à l’endroit de l’aire du virage, tout le monde salue tout le monde, les compacts et les smart-phones crépitent et seuls, nous poursuivons l’aventure de l’Espierre devenu canal de Roubaix.

Sur le quai d’attente de l’écluse du Sartel, Samir et Said nous attendent de pied ferme.
Ils se présentent, on se présente on se serre la main et puis Samir nous fait l’article.
Avec une certaine solennité, il nous remet une farde cartonné rouge dans laquelle est rassemblée des dépliants touristico-publicitaires de Roubaix, de Tourcoing, de l’Union (la ville de demain), une carte des aménagements cyclables de Roubaix, les horaires de la ligne du bus 34 de Roubaix, une carte du canal et une invitation à assister le 15 septembre prochain au ‘Canal en fête’, une manifestation présidée par Martine Aubry.
Samir nous commente chaque brochure.
La farde comporte également un feuille format A4 avec des numéros de téléphone en cas de crise.
Samir nous les énumère, de la police de Roubaix à l’assistance au canal en passant par l’urgence pédiatrique et la pharmacie de garde.
Ensuite, il nous explique notre itinéraire du jour, écluse par écluse, pont après pont, horaire à l’appui.
Said opine du bonnet en lançant de tant à autre une boutade, le briefing est instructif et amusant, on joue le jeu, l’ambiance est bonne, nous partons pour une croisière avec deux accompagnateurs, aimables, serviables et attentifs.
Tout au long du parcours, nos deux compagnons fixent les amarres, les détachent et nous les rendent, arrêtent le trafic des voitures aux ponts, répondent à nos questions, nous donnent des indications sur les obstacles que nous allons rencontrer entre chaque ouvrage d’art et bavardent plaisamment. Tout au long du parcours aussi, les curieux s’arrêtent le long des berges, nous saluent et lancent des commentaires, les heures de la journée s’avalent comme un charme, les Roubaisiens sont heureux que leur canal revit.
Pour la nuit, nous sommes parqués en pleine nature devant l’écluse Masure, à 300 m d’un grand centre commercial dont on n’aurait pas soupçonné l’existence si Samir ne nous l’avais pas indiqué. Sur chaque berge des buissons touffus et des arbres centenaires nous cachent des habitations, le calme du canal en pleine ville est surprenant.

Une fois installés, avant de nous quitter, nous invitons les deux compères à boire un café sur la dunette du Chat Lune, le soleil brille, il fait chaud et il fait bon vivre.

Au regard d’une carte fluviale, ce qui paraît être à première vue, un court-circuit rapide entre l’Escaut et la Deûle, devient une croisière de trois jours, surprenante par la beauté du canal et par la formule d’accompagnement privilégiée choisie par l’administration de Lille-Métropole.
Demain, une autre équipe continuera à guider le Chat Lune vers la Deûle, où nous rejoindrons le trafic des gros commerces qui n’ont pas la chance de pouvoir emprunter cet itinéraire réservé aux plaisanciers.

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3 commentaires pour Samir et Said et le canal des Ch’tis, côté France

  1. Oui, c’est surprenant, tellement hors du temps, on a l’impression que vous vivez à l’écart de tout.
    En plus, vous semblez avoir de la chance avec le temps…

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