Verdun

Ce matin il pleut, c’est étonnant comme on s’habitue au soleil.
Nous sommes amarrés à Verdun, rive gauche sur les pontons flottants.
À partir de l’écluse 27 de Warinvaux, jusqu’à l’écluse 11 de Rouvrois-sur-Meuse, l’automatisme fait place à une équipe d’éclusiers ‘volant’ qui accompagnent les plaisanciers et opèrent les ouvrages d’art. Les ‘nôtres’ sont sympathiques et efficaces et nous faisons le trajet de Mouzon à Verdun, 41 km et 9 écluses en 6:45.
Il ne reste que 2 emplacements aux pontons rive gauche, l’endroit est populaire. Une photo sur une brochure montre le port en été, les deux quais sont remplis en double!.

Sur la gauche en un peu avant d’arriver à Verdun nous avons aperçu en haut de la colline, la tour de l’Ossuaire de Douaumont, monument emblématique qui abrite 130.000 corps de soldats français et allemands non identifiés.

Pour me mettre dans l’ambiance, je viens de terminer la lecture de deux livres sur la Grande Guerre, ‘De Grote Oorlog’ de l’historienne Sophie de Schaepdriver et Oorlog en Terpentijn de Stefaan Hertmans.
Malgré la lecture, la visite des lieux, tel que la citadelle et les cimetières, mon imagination de citoyen du 21ème siècle est incapable de saisir l’horreur de cette guerre et de ses batailles.
La guerre à changé de visage.
Aujourd’hui lorsqu’un seul soldat anglais est tué en Afghanistan, tous les journaux en font la une, le lendemain.
La bataille de Verdun en 1916 coûta la vie à plus de 700.000 soldats, cela fait une moyenne de 70.000 morts par mois pendant les 10 mois de sa durée. Plus de trois fois la population de la ville actuelle, par mois.

Le parcours en train électrique des couloirs de la citadelle est une tentative de reconstitution bien faite de la vie à l’intérieur de la forteresse pendant cet affrontement.
Mais encore, je dois forcer mon imagination pour sentir la poudre, la pourriture, la peur, le bruit infernal des obus qui tombent à l’extérieur et le cris des blessés et des mourants que les brancardiers ramènent aux postes de secours.

Cent ans déjà, ça aurait dû être la dernière mais partout dans le monde, les hommes se battent et se tuent toujours avec autant d’enthousiasme et de créativité.

Il est bon qu’il y ait partout en Europe des cérémonies de commémoration de la folie et l’absurdité de cette guerre, peut-être que les écoliers qui prennent le petit train de la citadelle en garderons quelque chose en mémoire.

Nous avons décidé de rester trois nuits à Verdun, on se repose un peu, on se ballade en ville, M. fait une grande lessive au Lavomatic en face du port et nous remplissons quatre sacs de provisions achetés au Leclercq situé place Maurice Genevoix, à 1 km du bateau.

Chez Verdun-Antiquités, avenue Douaumont, M. repère un métronome de poche dans un étui en Bakélite pour un prix tout à fait abordable. En chineur averti, M. discute et fait une offre à moins 20%, le vendeur accepte de bonne grâce et nous voilà répartis avec un objet ancien, beau et qui marche et dont nous n’avons pas du tout l’usage. Nous sommes charmés par la sonorité profonde du tictac de la minuscule caisse de résonance de l’engin.

Le soir après le souper nous partons vers le carrefour des Maréchaux.
Entre les deux guerres, la fabrication de 17 statues de maréchaux, généraux et un amiral fut confié à de jeunes artistes, prix de Rome. L’idée était de les placer dans des niches de la façade du Louvre, rue de Rivoli. Le travail terminé, on se rendit compte qu’elles étaient trop grandes et pendant quelques décennies, elles restèrent dans leurs caisses, jusqu’au jour ou en 1960, François Schleiter, le maire de Verdun, demanda à André Malraux, alors ministre d’état charge des affaires Culturelles, de pouvoir les placer à Verdun, « Ce serait d’un plus bel effet à l’entrée de la Citadelle ».
Malraux accepta car en plus cela tombait bien, »Nous n’avons plus de place dans nos dépôts ».
Une fois placées, on se rendit compte que celle du maréchal Joffre manquait à l’appel.
Les mauvaises langues disent qu’elle à été éliminée à dessein car J’offre est un chef militaire controversé suite à sa stratégie peu efficiente et coûteuse en vies humaines lors de la bataille de Verdun. Nous comptons seize statues à l’entrée de la ville.

Demain nous allons à Lacroix-sur-Meuse, nous avons décidé de ralentir notre rythme de navigation à une trentaine de kilomètres par jour, les journées de sept heures sont trop fatigantes.

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3 commentaires pour Verdun

  1. Paulette & Albert dit :

    Chers Guy et Marleen,
    C’est avec grand plaisir, mais tout à fait par hasard, que je suis tombe sur votre article.
    Maintenant que Marleen à acheté un métronome il ne vous reste qu’à acquérir des instruments.
    (pas de bord) et nous préparer un concert.
    Bonne navigation, et nous espérons vous revoir bientôt.
    Paulette & Albert.

    • duquelu dit :

      Chers Paulette et Albert,
      En effet depuis 2010, j’écris à intervalle régulier des billets avec des commentaires de nos voyages, ça m’amuse beaucoup et appartement ça amuse aussi des lecteurs.
      Amitiés,
      Guy

  2. Merci pour ce billet, vous donnez de très bons conseils

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