Belfort, le Lion et la Citadelle, les musées et les remparts.

Lorsque Frédéric-Auguste Bartholdi partit au États-Unis pour sélectionner le site où sera installée la statue de la Liberté, il était accompagné de sa maîtresse, la modeste modiste Jeanne-Émilie Baheux de Puysieux. Ses hôtes dont la pruderie est encore à l’heure où j’écris, un des fondements de leur pays, l’obligèrent à épouser la jeune femme, vite fait bien fait, à l’hôtel de ville de Newport, Rhode Island, afin de l’accepter à ses côtés lors des obligations officielles. Le mariage sera heureux et la statue érigée sur Liberty Island.

Nous prenons le TER Besançon-Belfort pour aller admirer le Lion, une des autres œuvres du sculpteur. En Franche-Comté, la SNCF offre pendant la période des vacances scolaires, pour 15,50€, un ‘Forfait libre circulation’ qui permet de voyager pendant la même journée, de n’importe qu’elle gare à n’importe qu’elle autre gare.
Le 08:11 nous dépose à Belfort à 09:24. Le train remonte la vallée du Doubs et nous reconnaissons au passage les écluses, les ports, les barrages et la gare de Deluz.

Les villes, comme les hommes, les chiens et les chats, ont une âme et au premier contact, à la descente du train, à l’amarrage au port ou à la caresse du félin, nous sentons si l’harmonie s’installe entre nous. C’est le cas pour Belfort, la ville nous enchante.

Les bâtiments historiques sont traités avec respect, voir restaurés, les constructions neuves en acier, tel que le marché couvert, s’intègrent harmonieusement avec le grès rose des forts, de la citadelle, du Lion et de la Cathédrale.
Les rues sont propres et ouvertes, les balustrades des pont, les parterres et les parcs sont fleuris.

En route de la gare vers le syndicat d’initiative nous admirons le mur peint d’Ernest Pignon-Ernest.
La brochure dit: ‘Ce mur figure une allégorie du dialogue entre les civilisations latine et germanique, au confluent desquelles s’inscrit le Territoire de Belfort. L’oeuvre présente quarante-six personnalités qui se sont illustrées par leurs pensées, leurs actes ou leurs créations latine et germanique qui, à travers le temps, ont marqué l’histoire de l’Europe. Sont représentés entre autres, Goethe, Picasso, Rimbaud, Dante, Freud, Rosa Luxemburg, Diderot, Mozart, Louise Michel.

Au syndicat d’initiative nous achetons pour 5€ un ‘pass multisites’ qui va nous permettre de visiter la Citadelle, le Lion, le Grand Souterrain, le Musée des Beaux-Arts, le Musée d’Art Moderne et l’exposition temporaire de la tour 46.

Nous montons vers la citadelle pour admirer le Lion de près. Au passage on pique une tête dans la cathédrale pour rendre hommage à Saint-Christophe. C’est lui qui avec ses collègues Saint-Nicolas, le patron des bateliers et Saint-Elme, le patron des marins, veille sur nous pendant notre voyage.

Après Ernest Pignon, Saint-Christophe, la Citadelle, la plus belle que nous avons vue depuis notre départ en avril dernier, le Souterrain, le Lion et le parcours fléché de la vieille ville, nous mangeons l’excellent menu du jour Au Trois Maillets, situé à côté de la Cathédrale, au 3, place d’Armes. Je recommande l’endroit pour le bon rapport prix qualité du repas, l’excellent service et le décor qui vient d’être refait en 2013.

Le marché couvert est fermé mais il nous reste le Musée d’Art Moderne, le Musée des Beaux-Arts situé dans la Tour 41, et l’exposition temporaire situé dans la Tour 46.
Belfort à aménagé ces deux anciens Bastions comme lieux d’exposition.

La temporaire s’appelle ‘Système D, les Robinsons des Tranchées’.
C’est une des expositions les plus fortes que nous avons vu sur le thème de la Grande Guerre. Le manque d’équipement et l’ennui ont poussé les poilus des deux armées opposées, à inventer, bricoler, coudre, marteler et transformer les matériaux de récupération à leur portée pour créer une multitude d’objets. Pour la sécurité, des casques avec masques de protection et des périscopes, des sous-vêtements en papier pour braver les intempéries, des armes en complément des réglementaires, tel que des grenades fabriquées avec des bouteilles de soda. Mais aussi des objets d’arts et des instruments de musique, tel que ce pommeau de canne en forme de rat et une luth fabriquée à l’aide de planches de caisses de transport de produits alimentaires.

Les objets sont exposés sur des supports en bois peint en blanc, une caisse de protection en Plexiglas transparent les protège et une étiquette explique leur utilité et leur provenance.

Pas d’audio-guides, pas d’écrans tactiles, pas de musique d’ambiance, pas de commentaires qui s’enclenchent lorsqu’on s’approche d’une vitrine. Les objets sont présents dans toute leur puissante simplicité. Ci et là, quelques photos et dans un coin, un seul écran de télévision qui projette en continu la série télévisée Apocalypse.

On sort en silence.

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