Paris # 4, l’Art en Ville et les Soeurs de Bethlehem

Je suis aveugle aux notices et aux écriteaux. Je ne lit jamais les interdictions multiples dont on nous inonde, ‘prière de ne pas éternuer, interdit de toucher du doigt, ne pas tournez à gauche, ne pas pénétrer avant 14:00, interdit de franchir la ligne jaune, interdit de prendre des photos, ne pas franchir les voies lors du passage des trains’.

Ce n’est pas de la mauvaise volonté de ma part, c’est génétique, je suis daltonien des instructions écrites et pictographiques. Heureusement que Marleen qui est une fervente lectrice, elle lit en moyenne quatre livres par semaine et moi un, lit aussi tout qui passe à la portée de ses yeux avides de lettres. Ainsi elle me sauve la vie plusieurs fois par jour en me tirant en arrière pour éviter que par curiosité je ne pénètre dans une cabine haute tension ou que chez Carrefour City, je n’achète du yaourt périmé depuis deux semaines.

L’autre jour, lorsque par curiosité, Place Victor Hugo, lors de la balade # 37, ‘L’Art dans la Ville’, nous poussons la porte de l’église Saint-Honoré d’Eylau, on se retrouve plongé dans le Roman de la Rose.
Le sol est couvert de tapis d’orient, de nombreuses bougies diffusent une lumière tamisée, on n’étend pas un bruit et dans le cœur au fond de l’église, on perçoit une quinzaine de silhouettes agenouillées, vêtues de longues tuniques blanches, le capuchon couvrant entièrement les têtes.
Le choc passé, je sors mon iPhone pour prendre quelques photos mais Marleen me tapote le bras et me fait signe que c’est interdit.
Nous sommes chez les sœurs de Bethlehem, du monastère N.-D. de la Présence de Dieu, les religieuses pratiquent l’adoration perpétuelle.
Pris par l’atmosphère insolite du lieu, nous restons figés et observons en silence les bures blanches immobiles et prostrées. Sur une dizaine de chaises de la nef, quelques croyants épars sont assis, tout aussi immobiles, le menton reposant sur la poitrine.
Soudain une figure blanche se lève, pars vers la droite du cœur et disparaît par une porte discrètement camouflées dans la boiserie qui cercle cette partie de l’église.
Marleen me souffle, « elle va préparer les repas », je rétorque, « elle va pisser ».
Sur ces mots, en veillant à ne pas faire de bruit, nous nous glissons subrepticement vers la sortie. La porte franchie, comme dans un film de science fiction, nous nous retrouvons soudainement plongés dans le brouhaha de la place Victor Hugo, le soleil brille, les voitures vrombissent autour du carrefour et les passants se hâtent vers leurs destinations.
Pour se remettre de notre voyage temporel on se paye un café au comptoir de la brasserie ‘Le Victor Hugo’.

La balade ´L’Art dans la ville’ est trop longue pour se terminer en une matinée. Nous l’interrompons Porte de Champerret et rentrons au port de l’Arsenal par les lignes 3 et 5.
On continuera notre promenade demain matin.

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