Carnet de Terre # 17 – Les Peintures de Lascaux au Cinquantenaire à Bruxelles

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Dix-neuf mille ans et une chique plus tard, nous prenons le train à Gand Saint-Pierre pour aller admirer les reproductions des peintures murales trouvées dans les grottes à Lascaux.

Je viens de lire ‘Immortelle Randonnée : Compostelle malgré moi’ de Jean-Christophe Rufin, médecin, historien, écrivain, diplomate et académicien.
C’est son récit personnel des huit cent kilomètres qu’il a parcouru sur le Chemin, écrit avec une majuscule, c’est ainsi que Rufin désigne les sentiers et les routes qui mènent à Compostelle.

Après avoir fermé le livre, je me suis dit, je dépose ma plume. Jamais je n’égalerai une telle écriture. Marleen me fait la moue, ça n’a rien a voir, continue, me fait-elle, en levant la tête un instant de son mot croisé.
Je me pose la question, pourquoi ce blog du Chat Lune? Au départ c’était pour garder une trace de nos pérégrinations. Ensuite parce qu’il y a des lecteurs qui semblent apprécier ce que je rédige, ce qui flatte mon ego. Enfin, parce que j’aime écrire et comme le disait Homère, pour être heureux, il faut faire ce qu’on aime faire et ce qui correspond à l’âge qu’on a.
Bref, si le pèlerinage de Compostelle vous intrigue, lisez Rufin, si vous voulez suivre nos voyages, lisez mon blog, à chacun sa prose.

Les Cro-magnon n’ont pas encore inventé l’écriture mais ils font des dessins remarquables. Ce qui nous frappe en parcourant l’exposition itinérante, au delà de la beauté des peintures murales, c’est que selon le paléoanthropologue français Yves Coppens, ces hommes et ces femmes étaient des ‘homo sapiens sapiens’ comme nous.
Je cite: ‘Ils avaient le même volume de boîte crânienne, même stature, même mâchoire, ils devaient être capable des mêmes opérations mentales que nous. On a trouvé des outils, tel que des fines aiguilles à chas et connaissant le climat dans lequel ils vivaient et ce qu’ils mangeaient, on peut supposer qu’ils cousaient leurs vêtements et qu’ils avaient des chaussures. Pour dessiner et peindre les oeuvres que l’ont a retrouvé à Lascaux et dans d’autres grottes, ils ont dû utiliser des échafaudages et travailler en équipe. Cela sous-entend qu’ils avaient un langage complexe et qu’ils n’étaient pas du tout des sauvages qui grognaient.’

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Par contre, les passagers des deux trains bloqués sur les quais 2 et 3, Gare du Nord, finissent par grogner. Pour aller de Gand à Bruxelles Schuman, la gare située près du Cinquantenaire où a lieu l’exposition Lascaux 3, nous devons changer de train à la Gare du Nord.

Il s’avère que ce matin, suite à un incident sur la ligne, aucun train ne roule vers Schuman.
Cette information ne nous parvient qu’après vingt minutes d’attente. Les trois agents de la SNCB en faction sur le quai apprennent la nouvelle au même temps que nous.
Nous descendons du quai et nous nous embarquons sur le bus 6 qui relie la gare au Cinquantenaire en empruntant un itinéraire qui vaut le prix du trajet.

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De Saint-Josse à Etterbeek, on contourne le Botanique, rue des Moissons, Square Steurs, avenue Claeys, Place Dailly, rue du Noyer, avenue de l’Yser pour arriver après une bonne demi-heure à la station Mérode à 250 m de l’entrée de l’exposition.
Par cette matinée pluvieuse, l’itinéraire nous montre une ville grise aux rues étroites. Je suis plein d’admiration pour le chauffeur du bus qui se faufile avec dextérité entre les voitures parquées, les camions qui déchargent leur marchandises, les grues des chantiers de reconstruction, les échoppes du marché Place Dailly, les ménagères qui tirent leurs caddies et les femmes voilées qui poussent leurs landaus.

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Pour revenir à Lascaux, les reproductions en cire de quelques Cro-magnon montrent des personnages aux visages harmonieux, modernes même, en contraste avec la majorité des passagers qui au cours du trajet, montent et descendent du bus, et qui eux, ne figurent pas en haut de l’échelle de l’élégance humaine du 21ème siècle.

En contraste également avec le souvenir de j’ai de la représentation des hommes et femmes de cette époque au musée d’histoire naturelle de New York. Trapus, le visage simiesque, une peau tannée autour des hanches, tenant à la main une massue en bois.
Nous sommes prétentieux dans notre jugement de ceux qui ne nous ressemblent pas.

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2 commentaires pour Carnet de Terre # 17 – Les Peintures de Lascaux au Cinquantenaire à Bruxelles

  1. Roland Schiltz dit :

    Les Cro-Magnons, en définitive, pas Gros Mignons, mais bien plus harmonieux et intelligents que présentés jadis. Merci pour ton compte-rendu et les infos pratiques, Guy.

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