Carnet de Bord # 23 – De Fragnes à Mâcon

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imageOn prend la bassinée de l’écluse 34b du Canal du Centre avec le Whisper. David et Toi sont Canadiens, en hiver ils vivent à Vancouver et en été ils parcourent la France avec leur barge baptisée Whisper, en français ‘souffle ou bruissement’. Le bateau est un prototype, construit en Angleterre par une société qui visait la clientèle d’outre Atlantique. Malheureusement, la crise intervint, l’entreprise ferma ses portes et David acheta le seul bateau jamais construit.
L’originalité est que le moteur est situé à l’avant du bateau, l’hélice et les propulseurs d’étrave sont actionnés par un circuit hydraulique. Le bateau est particulièrement silencieux, d’où son nom.

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Cette année-ci, comme nous, David et Tio parcourent la Bourgogne, nous bavardons quelques instants et par la suite, ayant échangé nos cartes de visite, nous poursuivons nos échanges par mail.
Il nous arrive de temps à autre en navigation, de faire la connaissance de plaisanciers avec lequel ‘le courant passe’ immédiatement. Sans trop d’efforts, le contact se maintient et dans de nombreux cas la rencontre se transforme en amitié.

En route pour Lyon, nous frappons nos amarres aux pontons flottants de Tournus, le ‘s’ ne se prononce pas, en face de la quincaillerie Rebillard, qui me fait toujours rêver. Pour plus d’informations sur Tournus, cliquez le nom sur mon blog, le 28 juin 2014 j’ai écrit un billet au sujet de cette ville. Le hasard veut que nous y soyons à nouveau, exactement un an plus tard.

À notre arrivée, les bateaux sont amarrés un peu n’importe comment. J’apponte le Chat Lune, Marleen saute à terre et aborde les autres plaisanciers avec fermeté. En un clin d’œil, deux ‘Le Boat’ et un privé détachent leurs amarres et un deuxième emplacement se libère sur le ponton, le Roaming Star accoste.
James et Jacquie sont Anglais, ils venaient de traverser la manche et quittaient Saint-Valery sur Somme lorsque nous y arrivions début mai dernier. Ensuite on les a revus à Paris et puis reperdu de vue jusqu’à l’écluse de ‘Ormes 4’ que nous venons de prendre ensemble en amont de Tournus.
Ils remercient Marleen pour avoir mis de l’ordre dans le port.

Le lundi 29 juin, 30 kilomètres au sud de Tournus, se trouve la nouvelle marina de Mâcon.

420 places sont disponibles dans une grande darse située à 2 kilomètres au nord du centre de la vieille ville. Le port est propre, clôturé, bien tenu et les prix sont raisonnables pour un endroit d’amarrage de haut de gamme.

Le premier soir en rentrant d’une visite d’exploration de la ville, nous avons la surprise de trouver, amarré à côté du Chat Lune un LeBoat de location de 15 mètre dont le moteur tourne.
Les plaisanciers environnants nous chuchotent ‘ce sont des Russes’, ‘ils ne veulent rien entendre et ils ne parlent pas français’. Particularité que les Français continuent à trouver surprenante, si pas insultante.

Un des Russes parle anglais et il m’explique que pour pouvoir maintenir leur ‘clim’ le moteur doit encore tourner une petite heure; j’explique la chose aux Français.
Une heure c’est long, je déplace le Chat Lune.
En fin de journée, les trois couples Russes partent dîner, ils ont troqué leurs shorts et leurs bikinis pour des vêtements de ville, la xénophobie sous-jacente de tout à l’heure s’évapore, tout le ponton leur souhaite un bon appétit.

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Le mardi 30 juin, on se pointe à l’office du tourisme où une guide nous attend pour une visite intitulée ‘Mâcon Secrets’. La jeune fille nous conduit en premier lieu dans la salle du conseil de la mairie situé dans l’Hôtel particulier que la municipalité a acheté au Comte de Montrevel en 1792.
Ensuite au gré de son goût, elle nous fait découvrir une traboule, un ornement de façade provenant de la démolition de l’ancienne cathédrale St.-Vincent, une chapelle désaffectée dans laquelle loge la société archéologique de la ville, la maison de bois aux sculptures truculentes, mon inventaire est incomplet. Au fil de la promenade, elle attire notre attention des particularités tel que les trois arches invisibles du pont Saint-Laurent qui furent ensevelies sous la rue du Pont, lors de la démolition des remparts de la ville à la fin du 18ème siècle.
Malgré l’habitude qu’elle a de ponctuer ses explications d’un gloussement irritant, la promenade mérite trois sur cinq pour le plaisir que nous avons eu de découvrir des détails d’architecture et d’histoire qui ne figurent pas dans les manuels classiques de l’office du tourisme.

Nous prenons le menu du jour au restaurant/bar ‘Laguicheur’, 59, rue Philippe Laguiche. Les plats sont soignés et le service est envoyé, je recommande l’endroit. Au bar, une demi-douzaine d’ouvriers du bâtiment rigolards se sont accoudés pour l’apéro, ensuite, comme nous, ils commandent le menu du jour. C’est une donnée universelle, la fréquentation par des habitués est la mesure de la qualité des restaurants locaux.

L’apothicairerie de l’Hôtel Dieu est visible à partir de 14:00, nous nous y rendons. Les pensionnaires sont aussi vétustes que le bâtiment. Dans le porche d’entrée, un des habitants, assis sur un banc, nous dit gentiment bonjour. Il arbore une barbe grise un peu hirsute, son crâne est ébouriffé, il est vêtu d’un short et d’un t-shirt gris délavé, je l’imagine en manque de contact social. Nous lui rendons la pareille, il sourit largement.

La boiserie de l’apothicairerie est de toute beauté, les tablettes sont en frêne agrémentés de loupes d’orme. Les tiroirs affichent le nom des produits des plus communs aux plus insolites, tel que ‘l’Aristoloche’ et le ‘Sang de Dragon’. Bien en évidence on peut admirer l’inévitable grande urne de Thériaque, le remède miracle composé de 74 produits, réputé de guérir toutes les maladies contagieuses, les coliques, les vers, l’asthme, les morsures de serpent, l’épilepsie et plus encore.

Au centre des deux ailes, l’une comportant les chambres des femmes et de l’autre celles des hommes, se trouve le dôme, sous lequel il y a avait une chapelle, aujourd’hui disparue. Sa situation stratégique permettait aux patients des deux sexes d’assister aux cérémonies sans qu’ils ne puissent se voir.

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imageEn sortant, nous saluons l’homme à la barbe grise et on échange quelques propos sur le temps, l’éternel sujet.

Demain, nous continuons notre chemin vers le sud, direction Lyon.

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