Carnet de Bord # 39 – Billet # 4 – Versailles, les Grandes Eaux Musicales et Anish Kapoor »

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Simon amarre son bateau à côté du Chat Lune, à l’emplacement # 65. Il m’explique qu’il vient d’acheter le ANRIAS, une vedette en acier d’une douzaine de mètres, il y a quelques jours à Auxerre. Le propriétaire précédent est Australien, Simon est Néo-Zélandais.
Il vit à Londres et ce bateau va devenir sa résidence flottante. Il s’avère que l’amarrage sur les canaux de Londres est gratuit, pour autant que le bateau bouge toutes les deux semaines, ce que Simon compte faire. « En trois ans, j’aurai récupéré mon investissement, comparé au loyer que je paye en ville », me confie-t-il. Son acquisition demande une sérieuse mise en main. Simon va complètement décaper et repeindre les oeuvres mortes, c’est à dire tout ce qui dépasse de l’eau. Les oeuvres vives ont été remises en état, certificat à l’appui, me garantit le nouveau propriétaire.
Son équipage actuel se compose d’amis Catalans, deux femmes, deux hommes et un garçon de six ans. Les Catalans ne parlent pas l’anglais et Simon est nul en espagnol ou en catalan. Frank, le père du gamin, connaît les deux langues et fait office de traducteur. L’ambiance à bord est au beau fixe. Simon qui a travaillé dans un restaurant italien, prépare des Taliatelles alla Boscaiola, une recette à base de champignons, lardons, ail, huile d’olive et vin blanc.
Les odeurs réveillent notre appétit.
À bord du ANRIAS, on se met à table vers 21:00, le vin coule et on rigole bien.
Demain, l’objectif est Rouan; arrivé-là, les Catalans rentreront à Barcelone, Simon prendra le ferry pour l’Angleterre et son bateau sera transporté à Londres par camion.
Comme souvent, les rencontres fortuites dans un port sont plaisantes et non-conformistes.

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Samedi matin à 08:41, à la Gare d’Austerlitz, nous prenons le RER C5 direction le château de Versailles.
Le weekend, les Grandes Fontaines Musicales sont activées. Pour ne pas gaspiller de l’eau, le programme est réduit et précis. Le matin, de onze heure à midi, on peut admirer la mise en eau de la Grande Perspective. L’après-midi, les robinets s’ouvrent successivement pour les fontaines du côté nord et ensuite, pour celles du côté sud des jardins.

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Les oeuvres de l’artiste Indien Anish Kapoor sont le deuxième but de notre visite aux jardins de Versailles.

Au moment où j’écris ces lignes, j’apprends que l’œuvre intitulée Dirty Corner, baptisée le ‘Vagin de la Reine’ par les détracteurs de l’artiste, a été vandalisée une seconde fois ce week-end. Des imbéciles ont l’couverte d’inscriptions antisémites. Je vous livre les photos avant et après.
Anish Kapoor a décrété que cette fois-ci, les graffitis ne seront pas nettoyés, ils font dorénavant partie intégrante de son œuvre.

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Dans le salle du Jeu de Paume, située en dehors de l’enceinte du Château, l’artiste a installé un canon qui projette des projectiles en graisse de couleur écarlate, sur une paroi en coin du local.

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La salle du Jeu de Paume est le premier lieu en France d’avoir été classé au titre des monuments historiques par un arrêté en mars 1848.
C’est ici que le 20 juin 1789, à la suggestion du député Joseph Ignace Guillotin, les États Généraux se réunirent, lorsque la salle de l’Hotel des Menus Plaisirs leur fut interdite d’accès par le Roi.
Les 300 députés présents prononcèrent le serment de ne pas se séparer, avant l’élaboration d’une Constitution dans laquelle figure, l’abolition de la féodalité et la déclaration des droits de l’homme et du citoyen.
Cette scène a été immortalisée par le grand tableau du peintre Jacques-Louis David qui remplit un mur de la salle.
La salle du Jeu de Paume, monument commémoratif de la Révolution, devint bien national en 1793.

Contrairement à ce que je pensais, le député Joseph Ignace Guillotin n’est pas l’inventeur de la machine qui porte son nom, il n’a fait qu’émettre le principe.
Dans la séance des États Généraux du 1 décembre 1789, il propose que « la décapitation fût le seul supplice adopté et qu’on cherchât une machine qui pût être substituée à la main du bourreau ». L’engin fut construit par un mécanicien Allemand nommé Schmitt, sous la direction du docteur Louis, secrétaire perpétuel de l’Académie de Chirurgie.

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Anish Kapoor a choisi le bon endroit pour installer son canon à boulets de cire rouge.

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