Carnet de Bord # 40 – Paris – Billet # 5 – Fondation Louis Vuitton – Géants de La Villette

imageGentiment allongé sous un platane du Boulevard Morland, le tigre nous observe d’un œil distrait.
Nous sommes en route pour acheter une tarte aux fruits chez Picard. La boutique la plus proche du port est au coin du Boulevard Saint-Germain et du Quai de la Tournelle, passé le Pont de Sully.
J’interpelle un agent de police en faction devant un immeuble, « Pensez-vous que nous pouvons l’adopter, en pointant l’index vers le fauve couché? ». « Ça ne doit pas poser de problèmes, une dame vient de le sortir, c’est pour s’en débarrasser ».
Sans hésitation, je prend l’animal sous le bras et le conduit au Chat Lune, laissant à Marleen le soin d’aller acheter le gâteau.
Depuis lors, notre cabine avant est devenue la demeure d’un tigre de Sibérie. Il passe la majeure partie de la journée à dormir sur le double lit, en compagnie de Fritz, le chat, Katte, le chien et Hedwig, le hibou. A première vue, ils font bon ménage.

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De toutes nos allées et venues des derniers jours, la Fondation Louis Vuitton mérite d’être mentionnée. Commandée par Bernard Arnault à l’architecte Frank Ghery, le bâtiment est érigé à l’orée du Bois de Boulogne, dans le Jardin d’Acclimatation.
Douze voiles de verre, soutenus par un enchevêtrement de poutrelles métalliques, de poutres en bois collés et de tire forts en acier, se reflètent dans un bassin d’eau. Près de l’entrée située le long de l’avenue du Mahatma Gandhi, un large escalier forme une fontaine en cascade, digne du parc de Versailles.

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Il y a une cinquantaine d’années, à l’école des ingénieurs de l’université de Gand, j’ai appris à calculer les structures métalliques à l’aide d’une règle à calculer.
Par facilité et aussi pour souligner mon appartenance à la confrérie des ingénieurs ‘in spe’, il m’arrivait d’arborer cet outil, dans la poche de poitrine de mon veston. Aujourd’hui, on les trouve dans des vide-grenier et Frank Ghery et ses ingénieurs ont fait appel à des puissants ordinateurs pour déterminer les profils de cet ensemble complexe, où les lignes droites forment une exception.

Nous déambulons de salle en salle, de plateau en plateau, les volumes sont magistraux et par cette journée ensoleillée, la vue sur le Jardin d’acclimatation et au loin sur les tours de la Défense nous émerveille. J’en oublie presque de regarder les œuvres exposées, Marleen est plus attentive que moi.


Distrait, croyant appeler un ascenseur, j’appuie sur le bouton du système d’alarme d’évacuation du bâtiment. Je corrige ma bévue en expliquant à la voix qui me demande de préciser le problème, que mon émerveillement devant la beauté du bâtiment m’a induit en erreur.
Marleen me trouve insortable.

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Le lendemain, dans la foulée de notre recherche de l’art contemporain, nous parcourons le parc de La Villette où des créatures gonflables géantes ont élu domicile.
Des dix objets, nos préférés sont dans le désordre, la fleur de lotus blanche dont les pétales s’ouvrent et se ferment au rythme de la respiration, la poulpe dont les bras se meuvent au gré du vent, l’arbre à fruits et légumes, le Goldorak noir qui essaye en vain de se lever en posant une main sur le sol et le pinceau au manche bleu, qui posé sur une toiture, tire une large trait de peinture rouge sur la façade de l’immeuble.

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Au retour dans le métro, par inadvertance, mon pied bouscule la chaussure d’une dame âgée, assise à côté de moi. Elle fait une grimace à Marleen qui est assise en face et cette dernière lui rend la pareille. S’en suit un échange de mimiques entre les deux femmes. Très vite, la conversation s’engage et la dame nous confie que lorsqu’elle avait 13 ans, ses parents s’inquiétaient de savoir ce qu’elle voulait faire de sa vie.
Un jour elle rentre de l’école et toute fière, elle confie à sa mère que réflexion faite, elle a décidé de devenir compositrice de musique. Ses parents rétorquent que ce n’est pas un métier. Elle persiste et elle finit par devenir cantatrice d’opéra. « Vous me trouverez sur internet » nous fait-elle lorsque nous la quittons en descendant à la Bastille, mon nom d’artiste est Linden Blossom.
Si vous êtes curieux, cliquez sur YouTube.

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2 commentaires pour Carnet de Bord # 40 – Paris – Billet # 5 – Fondation Louis Vuitton – Géants de La Villette

  1. Cassin dit :

    J’adore! Bravo de nous faire partager ces moments de façon à la fois personnelle et « érudite ». C’est rare d’avoir une alliance des deux et c’est ce qui m’enthousiasme. Renée CASSIN

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