Carnet de Bord 17/1 de Gand à Paris

Au début de sa carrière professionnelle, mon frère avait un patron réputé pour ses compétences commerciales. « Jacques, n’oublie jamais, le contact social, rien ne vaut le contact social! » Répétait-il à longueur de journée.
On en a pris bonne note et nous, on cause aux gens, en navigation en particulier aux mariniers, aux éclusiers et à toutes les personnes que nous rencontrons sur notre chemin.
Ainsi, on apprend des choses et on avance plus vite, vous verrez plus bas.

Contrairement à mon habitude, je vous livre le récit de notre navigation de Gand à Paris; une fois n’est pas coutume.

Gand – Menin se déroule sans problème malgré une attente de près de deux heures devant l’écluse de Harelbeke sur la Lys.
Avant cela, à Sint-Baafs-Vijve, le premier ouvrage d’art de notre voyage, l’éclusier, sympa, compte tenu de notre taille, nous fait passer de la 8e bassinée à la seconde. Ce lendemain de weekend prolongé, le fleuve est embouteillé.

Le soir, nous frappons les amarres au port de Halluin-Menin. L’endroit est tristounet, particulièrement par ce temps glacial et pluvieux. On ne voit personne.
La deuxième nuit, nous faisons halte à Don, dans le bras de l’ancienne écluse. La halte fluviale est propre, calme et en bon état.
Sur la place du village une friterie nous prépare notre repas du soir. Nous sommes ici depuis dix ans, nous explique la patronne, ça marche bien, on travaille à 4, bientôt à 5. Les frites ne valent pas celles du ‘Blauw Kotje’, sur la chaussée de Courtrai à Gand, mais après une journée de navigation, elles passent bien.

Le jour suivant, les trois écluses de Douai nous ouvrent leurs portes de loin, je félicite l’éclusier de la seconde, « de toutes les écluses que nous avons franchies depuis 13 ans, vous êtes les plus sympas ». C’est vrai et le préposé promet de transmettre le message à ses collègues.
On s’engage dans le canal du Nord, derrière Angelina, un Freyssinet de 39 m. Il nous conduit jusqu’à l’entrée du tunnel de Ruyaulcourt, il est 20:15. Depuis le 1e janvier 2017, les écluses de ce trajet tournent de 06:30 à 20:30.

 

Amarré derrière nous, le patron de l’Anclama nous conseille de nous engager les premiers dans le tunnel, le lendemain matin, afin d’éviter d’être dans les gaz d’échappement des péniches. Il me confie avoir 59 ans, encore trois ans à tirer, ma maison est payée ainsi que mon bateau, je suis pépère. J’ai commencé à naviguer avec son père, à l’âge de 14 ans. J’ai parcouru l’Europe, France, Belgique, Hollande même l’Allemagne. J’aime bien les allemands, les hollandais sont arrogants et les flamands sont encore plus racistes que nous.
Je l’écoute poliment, notre pavillon français m’évite une explication.

J’engage le Chat Lune dans le tunnel à 06:20, ensuite, nous prenons toutes les écluses avec l’Anclama et nous frappons nos amarres à 20:10 sur le canal latéral à L’Oise, à Janville devant une coquette petite maison.
En sort une vieille dame, toute menue, le chignon gris et le sourire aux lèvres.
J’habite ici depuis 35 ans, à la mort de mon mari. Mes enfants sont à Charleville et moi je regarde les bateaux passer. Attention, laisser du mou à vos amarres, la nuit, le niveau de l’eau varie d’une trentaine de centimètres. Je suis son conseil.

Le cinquième jour, on repart à l’aube, pour arriver chez Guerdin à 08:05, nous sommes le premier client de la journée, on fait le plein de carburant et j’achète un bout de cordage pour remplacer notre aussière centre tribord, qui s’effiloche. À Paris, au calme, je vais réaliser un œil épissé pour faire une belle boucle. L’employé qui nous sert revient d’une croisière sur le Danube, il a visité Budapest, on échange quelques souvenirs.
Comme toujours, la descente de l’Oise se déroule sans problème, les portes des (petites) écluses s’ouvrent à notre approche et à 18:30, 100 km et 7 écluses plus tard, nous amarrons notre bateau aux pontons de la halte fluviale de Conflans-Sainte-Honorine, sur la Seine.

Dimanche, le 7 mai, c’est mon anniversaire et le sixième jour de notre voyage vers Paris.
L’éclusière de Bougival à un délicieux accent du midi, elle regrette le manque de soleil. À la sortie du bassin, du haut de la tour de contrôle, tout sourire, elle nous fait des grands gestes de bon voyage.

  1. Le courant n’est pas fort sur la Seine et à 14:44 on passe au niveau de la statue de la Liberté, en vue de la Tour Eiffel.
    Une heure plus tard, ayant louvoyé entre les bateaux-mouches, nous franchissons l’écluse #9, celle qui relie la Seine au Canal Saint-Martin et au port de l’Arsenal.
    Remi, le capitaine du port nous attribue l’emplacement #54, à trois bateau de l’écluse. Nous avons le cœur chaud, on est accueilli par Carlos du ‘Sungai’ , Béatrice de ‘Chantons sous a Pluie’, Bill et Genevieve du ‘River Pipit’, Nathalie du ‘Bulle d’O et Xavier et Michèle du Bonny’.
    L’apéritif est au frais, nous sommes arrivés chez chez nous.
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