Carnet de Bord 17/6 – Paris – parc Monceau – Meaux – La-Ferté-sous-Jouarre – la Pédale Fertoise

Le 22 octobre 1797, André-Jacques Garnerin effectue le premier saut en parachute, sans cadre rigide, de l’histoire en s’élançant d’un ballon au parc Monceau. Il atterrit devant une foule attentive et admirative, qui pensait le voir s’écraser au sol.
Le 12 octobre 1799, il demande l’autorisation de tenter l’expérience avec Jeanne Labrosse, son élève et future épouse. Le bureau central de police lui refuse l’autorisation, prétextant que la réduction de la pression d’air en altitude pourrait endommager les organes délicats de la femme et qu’en plus, la proximité de deux êtres de sexes opposé dans la nacelle étroite d’un ballon allait à l’encontre de la bonne morale. Le Ministre de l’Intérieur et le Ministre de la Police rejetèrent l’interdiction, argumentant qu’il n’y avait pas plus de scandale à voir deux personnes du sexe opposé à monter en ballon qu’il n’y en a de les voir monter en carrosse. Ainsi, Jeanne Labrosse devint la première femme à sauter en parachute.
L’événement est rappelé par une plaque en bronze, à demi cachée par le feuillage d’un buisson du parc Monceau.

Nous effectuons la balade du patrimoine # 22, intitulée, ‘Musiciens et Poètes’.
L’ancien parc de la folie du duc de Chartres est transformé en parc public en 1860, sous le Second Empire. Situé dans un quartier privilégié, il est associé à la musique et à la poésie et petit à petit peuplé de statues d’écrivains, poètes et compositeurs. Ce lundi matin, le 12 juin 2017, il est aussi envahi par des hordes d’élèves de tout âge. Beaucoup portent l’uniforme, tabliers bleus et chemises blanches, signe distinctif des écoles bien pensantes.

Notre fiche comporte 6 points de chute, 6 statues à admirer; Guy de Maupassant, Édouard Pailleron, Ambroise Thomas, Charles Gounod, Alfred de Musset et Frédéric Chopin.
En prime, la plaque commémorative de l’exploit d’André-Jacques Garnerin, non mentionnée sur notre fiche, mais appropriée, car la musique et la poésie élèvent l’esprit.

Les derniers jours passés à Paris sont constellés de dîners et apéros chez nos amis du port. Dix années consécutives et six semaines de présence ont consolidé de nombreuses amitiés et c’est toujours avec joie que nous revoyons les habitants du port. C’est aussi toujours avec regret que nous les quittons. Nous avons acquis le Chat Lune en juin 2005, notre premier voyage fut d’aller d’Auxerre à Paris, au port de l’Arsenal. À l’exception de notre croisière en Allemagne, de 2010 à 2013, Potsdam, Berlin, la Pologne et la Hollande, nous avons pris l’habitude de séjourner chaque année ici, pendant plusieurs semaines.
Aussi, lorsqu’en début de saison, nous franchissons la porte amont de l’écluse # 9, celle qui sépare la Seine du port de l’Arsenal, Marleen et moi ressentons la bouffée de bien-être que l’on éprouve en revenant chez soi, après une longue absence.

Si il est vrai que nous aimons Paris et que nous aimons vivre à Paris, il est tout aussi vrai, que nous aimons bouger, et lorsque six semaines plus tard, nous franchissons dans le sens inverse, l’écluse # 9, et que le Chat Lune trace son sillon dans l’eau de la Seine, une sensation de bonheur nous envahit, ça y est, on navigue à nouveau.

Je vous livre à ce propos, une remarque d’Alexandra David-Neel, dont je lis actuellement la biographie écrite par Jean Chalon:
‘Drôle et inconcevable idée qu’ont les gens de s’attacher à un endroit comme des huîtres à leur banc, quand il y a tant à voir de par le vaste monde et tant d’horizons à savourer.’

J’ai dessiné un croquis du voyage que nous envisageons de faire cette année-ci, un bon croquis vaut mieux qu’un long discours, comme le disait Napoleon.


J’écris ce billet, assis sur la dunette, dans l’après-midi de ce dimanche 18 juin 2017.
De Paris nous sommes allés à Meaux où nous avons admiré les progrès réalisés par notre ami Gilles. Il construit un bateau en acier de 14,95 m x 4,80m. Voir le billet que je lui ai consacré, début aout 2016, lors de notre précédent passage à Meaux.


Vendredi, le deuxième jour de notre navigation, nous a mené à La-Ferté-sous-Jouarre. On s’y plait bien et ce matin nous n’avons pas résisté à monter vers le hameau de Limon pour chiner dans la brocante annuelle.

Avant d’y aller, on s’arrête pour prendre un café dans un bistrot local. Nous expliquons le but de notre promenade. Suit une conversation animée entre la patronne et les trois clients qui s’évertuent à nous décrire le chemin vers l’endroit de l’événement. C’est tout en haut de la colline, au moins à 5 kilomètres fait la tenancière. Non fait une autre, il faut monter la rue du Limon, c’est plus court. Oui, mais ça grimpe très fort, fait un troisième et il fait chaud. Finalement, un des trois se propose de nous y conduire, ce qu’il fit.

Nous revenons à pied par la rue du Limon qui en effet descend à pic du haut de la colline vers le bas du village. Je tiens au bras un beau grand panier en osier, 4€, dans lequel repose une figurine en porcelaine de Copenhagen, 1,5€ et deux tout petites figures, également en porcelaine, 0,50 € pour les 2.
Marleen à bien marchandé.

Hier en fin d’après-midi, le village s’anima de la course cycliste ‘Le Prix de la Municipalité’ organisée par l’Association ‘La Pédale Fertoise’. Ça nous a bien fait rire, pas la course, le nom de l’association.

Demain, nous poursuivons notre route, on aimerait être à Chalons-en-Champagne le 21 juin, le jour de la date de la musique.

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4 commentaires pour Carnet de Bord 17/6 – Paris – parc Monceau – Meaux – La-Ferté-sous-Jouarre – la Pédale Fertoise

  1. rdgt dit :

    Pour monter en ballon, puis couper froidement les cordes, j’ai toujours pensé que Garnerin était soit suicidaire, soit complétement allumé. En descendant, la nacelle se balançait comme une escarpolette vu l’absence de trou au centre de la voilure. C’était tellement spectaculaire qu’il a immédiatement compris qu’il en fallait un ! Encore un bon texte, Guy, comme d’habitude.

    • duquelu dit :

      Merci Bob, nous sommes toujours impressionnés par tes connaissances!
      Amitiés,
      Guy et Marleen

      • rdgt dit :

        N’exagérons rien ! Je me souviens avoir vu ça dans les Belles histoires de l’Oncle Paul, qui paraissait dans « Spirou » il y a… disons quelques années.
        Vu la température, comme vous devez être bien entre soleil et eau ! Je vous envie.
        Amicalement,
        Bob

      • duquelu dit :

        En effet, nous sommes amarrés à Châlons-en-Champagne, anciennement appellé Châlons-sur-Marne. Mais le marketing des viticulteurs en a décidé autrement, et il fait chaud. Alors on bouge lentement et on boit beaucoup d’eau.
        Amitiés,
        G&M

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