Carnet de Bord 17/7 – la Marne et Châlons-en-Champagne

Contrairement à ce que je croyais, ce ne sont pas les gurus du marketing des sociétés vinicoles mais c’est Charles V qui le 25 janvier 1373 nomma la ville ‘Chaalons en Champaigne’, ce qui veut dire ‘en campagne’.
La révolution Française supprime les provinces, ainsi que l’utilisation du mot ‘Champagne’ et la ville devient Châlons. Au milieu du 19e siècle, le qualificatif ‘sur-Marne’ s’y ajoute pour éviter la confusion avec l’autre ville ‘sur-Saône’.
Enfin, en 1995 l’équipe municipale, par le décret du 6 novembre 1995, décide de changer une nouvelle fois le nom de la commune en Châlons-en-Champagne. Un habitant de la commune, soutenu par un collectif d’habitants, fait annuler le décret par un arrêt du Conseil-d’État du 4 avril 1997, l’« arrêt Marchal ». Le Conseil d’État sanctionne le projet et annule le décret qui est « entaché d’incompétence ». L’équipe municipale, réitère son projet, cette fois correctement préparé, et la commune reprend en décembre 1997, le nom de Châlons-en-Champagne.

Nous sommes amarrés dans le port de plaisance de cette ville depuis mardi dernier.
En route, faute de trouver un quai accueillant et surtout pour se protéger du soleil, nous avons passé une soirée et une nuit sous les arbres qui bordent la Marne. Une aussière à l’avant et une à l’arrière suffisent pour sécuriser le bateau.

Le soir du mercredi 21 juin, Châlons-en-Champagne célèbre dignement la fête de la musique.
Un large programme de musiques diverses, jazz, electro rock, chorales classiques, rap soul reggae, rock métal, rock industriel, chanson française, reggae rap zouk, funky, pop music, folk, hard core speed core et j’en oublie.

À 18:30 nous sélectionnons la chorale ‘Tous en Chanson’ qui se produit quai des Arts, devant l’Office du Tourisme. À l’heure prévue au programme, les membres du groupe se mettent en place, la chef brandit un bâtonnet, les haut-parleurs crépitent et puis plus rien.
Le groupe se concerte et la chef s’empare d’un micro pour demander au public, Marleen et moi et les deux autres, de patienter un peu car un des baffles doit être remplacé. Vingt minutes plus tard, une Volvo rouge bordeaux arrive en trombe, du coffre sort une boîte noire, des fils et des fiches.
Le technicien connecte et déconnecte les composants et teste le son. Les baffles sifflent et craquent et puis se taisent.
Les chanteurs se remettent en position, la chef brandit son bâtonnet, les haut-parleurs sifflent et crépitent et puis, plus rien. La chef dépose son bâtonnet et se concerte avec le technicien.
Ce dernier déconnecte le haut-parleur qui vient d’être apporté et le remet dans le coffre de la Volvo. Ensuite il rebranche l’ancien et le connecte à l’amplificateur. Les haut-parleurs crépitent et sifflent. Patiemment, l’homme déconnecte et connecte les fils, la chef s’assied et s’évente le front avec une partition, les chanteurs bavardent, les spectateurs patientent. Trois autres curieux se sont joint à nous, nous sommes sept à attendre le début de la représentation.
À 19:12, le technicien se relève, un sourire aux lèvres, il fait un signe de la main, la sono est au point. Les chanteurs se mettent en position, la chef brandit son bâtonnet et la chorale y va d’une première chanson.
Le résultat est épouvantable, l’amplification écrase les voix. Nous attendons dix secondes et sans hésitation, nous fuyons vers le prochain orchestre.

Dans le parc du petit Jard, une quinzaine de musiciens issus de l’Harmonie Municipale ont formé un groupe appelé ‘banda’. Élégamment habilles de noir, tout en sourire en en harmonie, ils portent bien leur nom, l’orchestre régale le public de courtes rengaines pleines d’entrain, sans amplification, un plaisir pour l’ouïe et l’œil. Les applaudissements fusent, nous restons debout devant l’orchestre jusqu’au dernier morceau.

Dans le Temple Protestant, à une centaine de mètres de là, Marleen se faufile entre les spectateurs et déniche une chaise pour écouter la chorale ‘Ensemble Vocal Féminin Thibaut de Champagne’, classique avec violoncelle et piano.
Quant à moi, à l’exception des cinémas, les endroits clos remplis de monde, me donnent de la claustrophobie, je rentre au bateau.

Du kiosque du Grand Jard, le parc situé à l’opposé du bras de la Marne qui abrite le port de plaisance, le groupe Freekorifik, inonde la dunette de ‘hard core speed core’. C’est une musique répétitive dont le rythme est ponctué par des coups de grosse caisse. Ça fait essentiellement ‘boum, boum, boum…’ avec en arrière-plan le couinement continu et monotone d’un orgue électronique.
Marleen rentre vers 22:30, le speed core s’éteint à une heure du matin. On finit par s’y faire, et j’imagine, ayant fumé un joint ou deux, que le public dont on devine l’enthousiasme, doit être entré en transe, nous pas.

Nous passons quelques journées calmes à lire et flâner en ville. La galerie Clémangis expose des tableaux de Bernard Lorju, peintre expressionniste Français. L’artiste a visiblement été inspiré par Picasso, moins le talent, remarque Marleen.

Pour célébrer les 50 ans de la parution du 8e album des Beatles, « Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band », la bibliothèque Pompidou expose la collection du châlonnais Roland Lestoquoit, objets, livres, disques et souvenirs de concerts.
Dans une salle adjacente, l’espace Expo BMVR, quatre photographes nous livrent leurs clichés des caves de champagne.

Samedi, c’est la fête des bulles. Sur la place Foch, l’ensemble ‘Les Petits Maillots Noirs’, une chorale composée d’élèves de quatre écoles donnent une représentation sur le thème ‘noir’, tel que: ‘L’aigle noir’, ‘Je voudrais être noir’, ‘Black and White’, ‘Je suis noir de peau’…

Dimanche au vide-grenier du square Antral, avenue Anatole France, Marleen paye 0,20€ pour un cheval Schleich et 2,50€ pour deux albums de Lucky Luke.

Dans l’eau, les algues bouillonnent. Toute la semaine, une équipe de faucardeurs avec trois machines ont nettoyé le port avec trois machines et sorti des tonnes de verdure.

 

Qui dit qu’on s’ennuie en province?

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