Carnet de Bord 17/16 – le Rhin, Loreley, Terheijden

Quelque part, quelque chose…

La différence entre une ville et un village n’est pas liée au nombres d’habitants mais au fait que dans le deuxième cas, les personnes que l’on croise en rue vous disent gentiment bonjour.
Terheijden est un village, il est situé en Brabant du Nord, le long de la rivière Mark et nous y faisons une halte après avoir parcouru 35 km sur la Meuse en venant de Heusden.
Le capitaine du port s’appelle Toon. Haut comme trois pommes, sec comme une trique, la barbe grise, la casquette de marin sur le crâne, l’homme est jovial, très bavard, une source d’information sur le village, le port, sa famille et ses vacances. Son prochain projet est d’aller à Berlin avec son jeune frère. Il a quinze ans de moins que moi, nous confie-t-il, c’est vraiment mon jeune frère.
Amarré dans le fond de la darse, un ponton flottant motorisé sert de ferry pour les enfants du village dont l’école se trouve de l’autre côté de la rivière. Le pilote de l’engin nous explique qu’il est opéré par des volontaires. Les horaires coïncident avec les horaires de l’école, bien évidemment.


L’autre particularité de Terheijden est son moulin à vent. Construit en 1742, le ‘Molen van Arend’, a été bien entretenu et rénové régulièrement. Il appartient aujourd’hui à la commune et il est opéré par des meuniers professionnels. Les différentes farines sont vendues aux boulangers de la région qui les utilisent pour cuire leurs pains quotidiens. Haut de 20 m, les deux bras en croix opèrent un cercle de 25 m de diamètre. Nous admirons l’impressionnante machine qui tourne sans faire de bruit. Le vent est assez fort pour le faire fonctionner sans que les voiles rouges ne soient déployées. À l’interieur du magasin situé au niveau du sol, on perçoit, venant des étages supérieurs, un léger grondement, le ronronnement d’une grande bête heureuse.
Ça sent bon la farine fraîchement moulue.

Il y a une dizaine de jours, le 13 août dernier, toujours sur le Rhin, nous avons quitté Bingen pour nous engager dans la vallée du Loreley. À cet endroit, le fleuve serpente entre les collines rocheuses et le passage est réputé difficile et dangereux. On imagine en effet que par le passé, il n’était pas évident de le franchir avec des embarcations non motorisées.
Aujourd’hui, avec un bateau en bon état de marche, cette navigation demande de l’attention à cause de la violence du courant et la présence des autres. Le Rhin est une ‘bateau-strade’ comme le fait remarquer Marleen. On croise en permanence des barges et des bateaux hôtels de 110 m de long sur 11,40 m de large, parfois des pousseurs qui font 2×11,40 de large et 220m de long.
Cela demande une attention permanente, une bonne connaissance de son bateau et une bonne pratique de la navigation. Chez nous, ces critères sont remplis et nous prenons un grand plaisir à parcourir les trente kilomètres qui nous séparent de St.Goar.


En plus de cela, c’est très beau. Nous avons de la chance avec le temps, c’est mieux qu’un ciel tout bleu, le soleil fait cache-cache avec des cumulus blancs, très photogénique.
De chaque côté du fleuve, sur les hautes collines rocheuses, l’homme a construit des châteaux forts. Les uns sont en ruine, très romantiques, les autres sont devenus des hôtels. Certains combinent les deux fonctions.

Le Rhin prend sa source dans le canton des Grisons en Suisse, ensuite il traverse le lac de Constance et la Suisse d’est en ouest. À Schaffausen il chute de 23 m, les Rheinfall, pour quitter le pays à Bâle. Pendant 300 kilomètres, jusque Bingen, il s’appelle le Oberrhein et dans la partie sud de ce trajet, il sert de frontière avec l’Alsace. De Bingen à Bonn, il devient le Mittelrhein. C’est dans cette partie qu’il traverse, rive gauche les montagnes du Eifel et rive droite le Taunus, c’est le ‘Rheinromantik’ avec la vallée du Loreley.
De Bonn à la mer du nord, il devient le Niederrhein. Un peu avant Nijmegen, il quitte l’Allemagne, se sépare en deux, il devient le Waal au sud et le Lek au nord.

Très schématiquement, de sa source à Koblenz, la ville située au milieu de la section ‘Mittelrhein’, on l’aime pour la beauté de la nature qu’il traverse et qu’il contribue à former. De Koblenz à la mer, nous l’aimons pour ses industries. Le Chat Lune aime les usines. Celles qui sont abandonnées pour leur côté ‘Lost Places’ et celles qui fonctionnent, pour la puissance et les fumées qu’elles dégagent.
Tout au long, de ville en ville, de château en château, nous l’aimons pour son histoire.

L’année dernière, après avoir descendu la Moselle jusque Koblenz, nous avons pris le Rhin à cet endroit. J’ai publié des billets relatifs à nos visites des villes explorées, Koblenz, Bonn, Köln, Düsseldorf, Duisburg et Nijmegen. Si vous êtes intéressés, les articles sont accessibles sur mon blog.

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Une dernière chose avant de rejoindre la Meuse.
Comme tout un chacun sait, le niveau des fleuves et des rivières varie selon les saisons et selon les pluies. Succinctement, lorsque qu’il y’a trop peu d’eau, les bateaux risquent de s’ensabler ou de percuter des rochers. En cas de crue, les courants sont trop violents et la navigation est interrompue.
Pour informer les navigateurs, les pays utilisent des systèmes qui ne sont pas les mêmes d’un pays à l’autre.
En Allemagne, le niveau des eaux est signalé par le ‘Pegel’. Exprimé en centimètres, c’est la hauteur de l’eau à un endroit précis, à partir duquel les bateliers peuvent déduire la profondeur de la voie d’eau qui les intéresse. Le ‘Pegel’ n’est pas le fond du cours d’eau, mais un plan fictif correspondant au niveau de l’eau le plus bas jamais enregistré à l’endroit de mesure.
Si vous naviguez en Allemagne consultez le site ELWIS (Elektronischer Wasserstraßen-Informationsservice. https://www.elwis.de/Aktuelles/index.html

Mon prochain billet sera le dernier de notre navigation cette année-ci. Je le publierai la semaine prochaine.

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Un commentaire pour Carnet de Bord 17/16 – le Rhin, Loreley, Terheijden

  1. Nous avons fêté un anniversaire en famille sur un bateau. La Loreley nous tenait compagnie. Les français parmi nous étaient ravis de ce moment romantique !

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