Carnet de Route 17-14 Adèle Blanc-Sec, la bataille de Chatham et Matthijs Maris

Samedi soir, le 4 novembre 2017, j’ouvre la première page du premier tome des Aventures Extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec, Adèle et la Bête. L’encadré se lit: ‘Le 4 novembre 1911…´.
J’adore les coïncidences et c’est avec plaisir que je relis les tribulation de l’héroïne de Jacques Tardi. L’auteur plante le décor de ses histoires dans le Paris que nous connaissons bien, le Jardin des Plantes, les Tuileries, Denfert-Rochereau, les Catacombes.

Les deux dernières grandes guerres sont un fil rouge au travers de l’œuvre de Tardi.
J’y songe régulièrement et autour du 11 novembre, Marleen et moi, portons la petite broche symbolisant un pavot rouge. Les chiffres des pertes humaines sont au delà de ce que nous pouvons imaginer. À quelques millions près, ce sont des estimations, la première totalise 20 millions de morts, moitié civils et moitié militaires et la deuxième, 75 millions, un tiers militaires et deux tiers civils. Leur mémoire mérite un pavot.

Nous passons une semaine à Amsterdam.
Dans le carnet rouge Moleskine qui me tient de livre à tout inscrire, j’ai une liste d’une page de choses à faire et à voir. En haut figure le Rijksmuseum et le Stedelijk Museum. Notre longue expérience de visiteurs de musées nous a appris qu’après deux heures d’exploration, on ne voit plus rien. Une pause café permet de relancer la machine mais il vaut mieux déclarer forfait et revenir le lendemain, l’esprit frais et éventuellement changer de musée l’après-midi.
Notre ‘Museumkaart’ nous garantit l’entrée gratuite dans plus de 400 musées en Hollande, dont le Rijksmuseum à Amsterdam. Aussi, nous y allons pendant trois matinées consécutives.

Pendant la deuxième guerre qui opposa l’Angleterre aux Pays-Bas, Johan de Witt, chef politique des Provinces Réunies, commissionna l’amiral Michiel de Ruyter d’exécuter un audacieux plan d’attaque. Le but était d’anéantir la flotte ennemie qui était ancrée à Chatham, à l’intérieur du pays, sur la rivière Medway. En juin 1667, à la tête d’une centaine de bateaux, ce dernier détruisit le fort de Sheerness qui défendait l’embouchure du fleuve, brisa la chaîne qui entravait la route vers l’endroit d’amarrage et mis à feu la flotte anglaise. Comble d’humiliation, de Ruyter captura et ramena aux Pays-Bas, le navire amiral Royal Charles, le plus puissant de la flotte anglaise. Il fut amarré à Hellevoetsluis où il trôna symboliquement pendant sept ans avant d’être mis à la casse, les Hollandais le trouvaient trop grand pour leur usage.
Le 31 juillet 1667 à Breda, un traité de paix fut signé entre les deux pays.

C’est dans la salle 2.18 du Rijksmuseum que nous découvrons la commémoration du 350e anniversaire de cette bataille. Dans la salle 2.15, celle adjacente à la Galerie d’Honneur, sont également exposés, dans la collection permanente, quatre tableaux qui retracent l’épopée de la flotte de Michiel de Ruyter. Le médaillon de la poupe du Royal Charles est accroché au dessus du passage qui relie les deux salles.

Plus loin, nous écoutons avec attention les explications données par leur professeur à une classe de jeunes ados qui admirent ´La Ronde de Nuit’ de Rembrandt. Le tableau est mis en évidence au fond de la Galerie d’Honneur du musée. Comme nous, regardez attentivement et vous verrez au centre du tableau, au niveau de leur tête, entre Frans Banning Cocq, en noir, et Willem van Ruytenburch, son lieutenant, en blanc, une main qui dévie le canon d’un fusil, comme pour éviter que le tir ne percute l’autre personnage en noir, figurant à l’extreme droite du tableau.

Dans l’aile dite Philips, une exposition temporaire nous fait découvrir Matthijs Maris, un peintre Hollandais de la fin du 19e, début 20e siècle. Comme beaucoup de ses contemporains il voyagea en Europe et vécu à Paris et à Londres.

En 1869 Maris achète un paravent à quatre panneaux dans une brocante Parisienne. Il remplace les panneaux en bois par de la toile et peint sur chaque élément une nymphe dansante. Plus tard à Londres, le galeriste Cottier pour lequel il travaille, vend chaque tableau séparément.
En 1914, le collectionneur Canadien William van Horne achète et réunit les quatre panneaux pour en refaire le paravent, exposé aujourd’hui au Rijksmuseum d’Amsterdam.

Dans mon prochain billet je vous raconterai la suite de notre séjour à Amsterdam, le Stedelijk Museum, l’Art Brut à l’Hermitage et les Hollandais à Paris, l’exposition temporaire au Musée Van Gogh.

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