Paris 13a – 18 – 26 la vie du port de l’Arsenal et Fukami

La plupart des ports de plaisance sont infestés de moules. Je ne parle pas des mollusques, mais des bateaux amarrés qui ne quittent jamais leurs emplacements, comme des moules sur un brise-lame. Souvent négligés ou abandonnés par leurs propriétaires, ils rouillent et pourrissent, leur peinture se pèle, parfois ils prennent l’eau et penchent d’un côté, certains s’enfoncent jusqu’au plat-bord. Leurs amarres, vertes de mousse sont devenues rigides comme des câbles en acier. Enfin, depuis longtemps, ils ne démarrent plus, moteurs grippés et batteries mortes.

Au port de l’Arsenal, un règlement stricte oblige chaque propriétaire à quitter son amarrage par ses propres moyens, pour aller séjourner pendant au moins 3 semaines consécutives dans un autre port. Cette obligation s’applique chaque année en été. Les bateaux qui n’obéissent pas à la règle, sont expulsés du port et perdent leur anneau. 

Il n’y a pas de moules dans le port de l’Arsenal; je rêve que chaque port de plaisance suive cette exemple. En effet, les navigateurs comme nous ont souvent du mal, sur nos parcours, rivières ou canaux, à trouver un endroit d’amarrage pour passer la nuit dans les ports que nous croisons sur nos itinéraires.

Nous avons décidé de faire de cette année-ci, notre année d’un été à Paris. 

Comme vous avez pu lire dans mes billets précédents, la ville est une source inépuisable de richesses culturelles qui ne demandent qu’à être découvertes.

Au centre de la salle du sous-sol de l’hôtel Salomon de Rotschild, une montagne de mousse de savon éclairée de l’intérieur par des lampes bleues, font l’émerveillement des visiteurs et des guides. Il ne faut pas beaucoup d’imagination pour croire se trouver en face d’un animal vivant, long d’une trentaine de mètres, sur dix mètres de large et haut de 3 mètres. Une musique de fond crée l’ambiance et ci-et-la la masse bouge, la bête respire. 

Nous avons l’habitude, non seulement de saluer les gardiens de salle des musées mais aussi d’entamer avec eux, un dialogue qui généralement s’avère instructif.

C’est le cas ici, nous avons droit à des explications techniques et à des louanges pour Kohei Nawa, le sculpteur japonais qui a conçu la chose.

Fukami, une plongée dans l’esthétique japonaise nous conduit au 11, rue Berryer, à l’hôtel de Rotschild. Le plaisir est double, la beauté de l’hôtel néoclassique avec les collections du baron Salomon d’une part et les œuvres japonaises en contraste. À l’étage une vingtaine de gravures de Hokusai nous ravissent. 

En début de semaine j’ai eu le plaisir d’accompagner Béa pour sa transhumance annuelle de 21 jours, du port de l’Arsenal vers le port de Créteil. Elle conduit son bateau, le ‘Chantons sous la Pluie’, je l’amarre dans les deux écluses que nous franchissons ce matin, Saint-Maurice et Créteil. Une courte mais plaisante navigation. 

C’est la quatorzième année que nous séjournons au port de l’Arsenal en été. La durée de nos séjours varie de 2 semaines à 3 mois, comme cette année-ci. À notre demande, la capitainerie nous réserve un emplacement côté Boulevard Bourdon, entre la passerelle et l’écluse numéro 9, celle qui sépare le port de la Seine. Au fil des ans nous nous sommes lié d’amitiés avec de nombreux résidents permanents. On vit ici comme dans un village ouvert sur l’eau. Le BBQ du premier jeudi du mois, les échanges d’information sur Paris, l’assistance spontanée en cas de besoin, les bavardages sur tout et n’importe quoi, lorsqu’on croise quelqu’un sur le ponton ou  dans les douches communes. Enfin, l’aide au convoyage comme avec Carlos et Béa. 

En été il y a beaucoup de mouvement dans le bassin, les passants qui vont et qui viennent, les permanents qui quittent leur emplacement pour leurs 3 semaines et puis qui reviennent, heureux de retrouver Paris. 

Notre vie sociale est plus intense ici que pendant tous les mois d’hiver à terre. C’est une des raisons de notre choix de vivre la moitié de l’année ou presque, sur un bateau de 10 mètres de long.

Cette semaine nous avons également visité l’exposition « Parfums de Chine » au musée Cernushi et derrière le coin, près du parc Monceau, l’Hôtel/Musée de Nissim de Camondo.

Ce sera pour mon prochain billet.

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