Paris – Gand 18-29 la Seine, l’Oise, Le Canal du Nord, la Deule et la Lys

Le lundi 6 août 2018 à 08:15, nous franchissons l’écluse # 9, celle qui sépare le port de l’Arsenal de la Seine. Nous avons passé la semaine à faire nos adieux aux amis et connaissances du village qu’est le port de plaisance. Comme vous avez pu le lire dans mon précédent billet, les musées, les brocantes et les ballades ont rempli la semaine. 

Par ce beau temps, la traversée matinale de Paris, avant les bateaux mouches, est un régal pour les sens. Les yeux pour le spectacle, l’odorat pour l’eau de la rivière, l’ouïe pour les bruits de la ville qui se réveille et le toucher pour le balancement du Chat Lune sur les vagues des chalands qui nous croisent. 

Vers 16:00 on laisse de côté la halte de plaisance de Conflans-Sainte-Honorine, on tourne à droite dans l’Oise, on passe sous la passerelle rouge vif de l’Axe Majeur et on négocie l’écluse de Pontoise. 

À 17:30, avec 100 km au compteur et 3 écluses avalées, on frappe nos amarres à l’ombre d’un platane, aux pontons rive droite de la halte de plaisance de Pontoise.

Mardi, plus au nord, nous logeons dans le port de plaisance de Compiegne, chez Paulo, le capitaine du port.

Mercredi, on passe de l’Oise au canal du Nord. Nous passons la nuit en aval de l’écluse de Cléry, la numéro 12 du canal du Nord. 

Les écluses tournent de 06:30 à 20:30. Jeudi matin à l’ouverture, l’éclusière ouvre la porte aval de Cléry et met le feu d’accès au vert. Pendant que nous mangeons notre muesli journalier, un Super Van Craft Hollandais en profite pour prendre la bassinée. Le petit déjeuné avalé, je monte la colline et pousse la porte du container qui depuis la rénovation du canal en mai dernier, abrite les éclusiers. Vissée sur sa chaise, dans la demi pénombre, l’éclusière observe une douzaine d’écrans. Les caméras fixent les endroits essentiels de 2 écluses, Cléry et Péronne.

Toute souriante, l’opératrice m’explique qu’elle nous avait préparé le bassin mais, ne voyant rien bouger à bord du Chat Lune, elle avait laisser passer le bateau Hollandais. 

Pas de soucis, rajoute-t-elle, je vais vous faire une fausse bassinée. 

C’est ainsi que jeudi matin, nous entamons la deuxième partie de notre traversée du canal du Nord. 

Par le passé, à la création du canal, les éclusiers étaient perchés au dessus des écluses dans des nids d’aigle tout en verre. Cela leur permettaient de commander les opérations de visu.

Depuis mai 2018, VNF a mis en service 6 nouveaux postes de télécommande pour opérer les 12 écluses entre Moislains et Pont l’Evêque. 

Pour ce faire, ils ont enfermé les opérateurs dans des boîtes en tôle ondulée gris souris. 

La vue sur le canal a été remplacée par des écrans de télé. 

Comment est-ce possible de concevoir une telle aberration au nom de la modernisation?

J’ose parier que les ingénieurs de VNF n’ont jamais impliqué les éclusiers à leur cogitations, qu’ils n’ont jamais mis les pieds dans les anciens postes de commande et qu’ils n’envisageraient pas à être enfermés comme les opérateurs pendant 8 heures par jour dans l’obscurité d’une boîte en fer? 

Comble du mauvais goût, ces cagibis dépareillent l’harmonie des écluses.

Plus haut, à Noyon, de grands silos de grain décorent la berge du canal.

Une pensée me traverse l’esprit.

– Les paysans cultivent le blé. Le blé est stocké dans des silos installés le long du canal du Nord.

– Les chalands transportent le blé sur le canal du Nord, des silos vers les grossistes en céréales..

– Les meuniers achètent le blé aux grossistes en céréales pour en faire de la farine. 

– Les boulangers achètent la farine chez les grossistes en farine.

– Le pain est fait avec du blé.

– C’est donc grâce au pain que nous pouvons naviguer sur le canal du Nord. 

– Vive le pain!

Jeudi en fin d’après-midi, sortis du canal du Nord, les trois écluses de Douai franchies, nous frappons nos amarres dans le port de Courçelles-lès-Lens. Nous sommes accueillis par un résident du port et son chien, un grand labrador beige qui aboie à l’arrivée de chaque bateau, mais qui se tait des qu’il a fait votre connaissance, nous rassure son propriétaire. 

On apprend que le port a été acheté il y a quelques années par la commune mais que le maire actuel s’en désintéresse. Les installations ne sont pas entretenues, les sanitaires sont fermés. Mais la halte est gratuite et il y a de l’eau et de l’électricité.

Aux prochaines élections, nous aurons un nouveau maire et tout cela va changer, nous certifie le résident du port. Je me dis qu’aujourd’hui il loge à l’œil, mais qu’après les élections, il devra payer son anneau.

Vendredi nous laissons de côté Lille et poussons jusqu’au port de Deulemont, situé rive gauche de la Deule, passé l’écluse de Quenoy. La darse était complètement ensablée il y a quelques années. Elle a été draguée et aujourd’hui, les 40 anneaux sont loués, m’explique le capitaine du port.

Samedi nous amarrons le bateau au Y.C. Deinze où nous arrivons vers 14:00. Nous pourrions poursuivre notre route jusque Gand mais on a envie d’avoir le bonus d’un jour de navigation supplémentaire. 

Dimanche à midi, nous sommes à Gent Leie.

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