Eindhoven – 18 – 33 – la France et l’Allemagne

En 1942, l’ingénieur Donald Bailey, féru de modèles réduits, présenta à l’armée anglaise un prototype de pont mobile. Le modèle fut accepté et utilisé intensément pendant la deuxième guerre mondiale. Il avait l’avantage d’être constitué d’éléments en métal et bois, suffisamment légers pour être transportés par camion. L’assemblage pouvait se faire à la main, sans outils spéciaux et sans l’usage d’une grue.  

Après la guerre, des éléments de pont Bailey servirent de poutres de soutènement pour la reconstruction de la toiture de la gare de Eindhoven. Le toit tient toujours.

J’adore ce genre d’informations triviales.

C’est ici que nous prenons un train pour ‘s Hertogenbosch. Les rames sont neuves et propres. Entre chaque siège se trouvent 2 prises USB et une prise 220V pour recharger les gadgets mobiles. Le wifi est présent dans le train. C’est aussi le cas dans le bus qui nous a conduit de la maison de Marjan et Will vers la gare. Cette facilité est trop coûteuse et ne sera pas installée dans les trains belges, selon les affirmations de Sophie Dutordoir, la patronne de la SNCB.

À ce propos, je m’étonne toujours de la différence d’aspect et de fonctionnement qu’il y a entre la France, voir la Belgique et l’Allemagne, voir la Hollande. 

À l’heure où j’écris ce billet, nous sommes en Allemagne.

On adore le pays de Voltaire, l’intelligence et l’esprit vif, la culture, les andouillettes, les falaises bretonnes, les châteaux, l’inventivité des ingénieurs, le vin, le petit café pris au bar des brasseries parisiennes.

Ma liste n’est pas terminée, elle est longue.

Par contre, on déplore les villages à moitié abandonnés, où le dernier boulanger a fermé sa porte et éteint la lumière depuis bien longtemps. 

On enrage, puis on finit par accepter que les « systèmes » ne fonctionnent qu’à moitié ou pas du tout. 

Un exemple, la traversée du tunnel de Mauvages sur le canal de Saint-Quentin. Nos amis Marjan et Will ont attendu une demi journée, le bon vouloir des 4 passeurs présents devant l’ouvrage, alors que les indications dans les guides et sur le trajet signalaient que le premier toueur partait à 07:30 du matin. 

« Non, nous c’est à 13:00 qu’on y va » répond l’un d’eux, et il prend une bouffée de sa cigarette et une gorgée de son café, ses copains rigolent.

On regrette que le fournisseur déclare qu’il faut deux mois pour obtenir une banale pièce détachée. Alors, par téléphone, on passe la commande au Pays-Bas et deux jours plus tard elle est livrée.  

On déplore la saleté des rues de Paris, des métros et des RER. 

On râle quand on casse un amortisseur dans le pied de poule d’une route secondaire. 

On déprime à la traversée d’une ville de province déserte. 

Ma liste n’est pas terminée, elle est longue.

Comment expliquer, qu’en Allemagne, une fois franchie la ligne fictive qu’est la frontière, le monde est soudainement différent. Les routes sont en bon état, les petites villes et les villages vous sourient. Les maisons sont propres, le moindre hameau a des commerces ouverts et les « systèmes » fonctionnent. Par exemple, ce matin, nous avons franchi la rivière Weser avec un bac qui peut transporter deux voitures. Il était 12:20, sur la porte de la cabine de pilotage, un panneau annonçait que le passeur est absent et prend son lunch de 12:00 à 12:30. 

À 12:27, le préposé se pointe, nous dit gentiment bonjour et nous aide à embarquer notre véhicule sur son bateau. Cinq minutes plus tard, nous sommes sur la rive droite. 

Nulles traces de bouteilles en plastique ni de canette vides dans les rigoles des rues. 

Bien entendu, depuis des années, les vidanges sont consignées. Cela semble insurmontable à réaliser en France, même chose en Belgique où le sujet est sur l’agenda des politiciens depuis de années mais la réalisation se fait attendre pour des raisons qui me dépassent.

J’arrête ici ma complainte.

Comment expliquer cette différence? Voici deux grands pays limitrophes, peuplés de gens intelligents et cultivés, riches en histoire. Leurs industries et leurs activités commerciales sont différentes mais elle tournent. Alors pourquoi voit-on à l’ouest du Rhin « l’à peu près » et « le pas très soigné » et à l’est du fleuve, « la rigueur et la propreté »?

Dans mon prochain billet je vous raconterai que nous avons vu deux expositions au « Brabants Museum » à ‘s Hertogenbosch, la première consacrée à Kamagurka et la seconde à Manish Nai.

En Allemagne on a découvert à Ahlen, un remarquable Kunstmuseum et à Paderborn on a visité le Heinz-Nixdorf Computer Forum, le plus grand musée d’informatique au monde, selon la brochure.  

Pour le moment on se repose dans la nature, au bord de la Weser. Les musées sont fermés le lundi.

 

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