19 – 16 – l’Yonne et Moret-sur-Loing

La température dans le carré, le 29 juin 2019En août 2013, lors de la rénovation du barrage de Saint-Bond sur l’Yonne, à l’amont de Sens, un renard hydraulique provoqua l’effondrement d’une partie du bajoyer de l’écluse. La navigation à cet endroit de la rivière fut interrompue pendant plusieurs semaines.  

Pour éviter un incident similaire, un équipe de plongeurs examinent systématiquement les bajoyers des écluses suivantes, avant la rénovation de leurs barrages.

C’est ce que nous explique l’éclusier de Villeperrot. 

Nous amarrons le Chat Lune au bajoyer, devant les portes amont, du côté rivière, en attendant que les plongeurs finissent leur travail. 

On bavarde; l’éclusier de Villeperrot habite l’écluse depuis 2001, il a par conséquent éclusé notre bateau à de nombreuses reprises lorsque notre port d’attache était Auxerre. Les maisons des éclusiers sont à étages, les quartiers habitables sont au premier niveau. Ma cave est une piscine, m’explique-t-il, et pas seulement en période de crue, un simple orage et elle devient inaccessible.

Une demi heure passe, le plongeur sort du bassin et l’éclusier sympa nous fait passer avant l’arrivée de l’Améthyste. 

C’est une des péniches qui font le vas-et-vient entre une sablière en amont de Sens et une autre sablière en aval de l’écluse de Barbey. En deux heures de temps, ils chargent 700 T de sable dans la première et puis, une quarantaine de km plus bas, ils débarquent leur cargaison dans la seconde.

La plupart des écluses de l’Yonne ont des bajoyers inclinés, ce qui demande un amarrage acrobatique aux plaisanciers. Dans toutes, sauf dans les 15, 16 et 17, VNF a installé le long des bajoyers, des pontons flottants auxquels nos petits bateaux peuvent s’amarrer, le temps de la bassinée. 

Dans les trois écluses sans plateformes, avec l’accord de éclusier, je ne m’amarre pas, mais je manœuvre le bateau au centre du bassin, au moteur.

Les écluses de l’Yonne et les canaux de dérivation datent de la fin du XIX siècle, ils ont 150 ans d’âge. Avant cette période, la navigation se faisait par « lâcher ». Une fois par semaine, les barrages de la rivière et de ses affluents étaient ouverts selon un ordre établi. Les péniches, les coches et les trains de bois partaient tous en même temps portés par une vague artificielle qui les portaient jusqu’à la Seine. Ce système convenait aux trains de bois mais dans la mêlée, les bateaux souffraient, se cassaient parfois, perdaient leurs passagers, leurs fûts de vins et leurs cargaisons de blé. Les œuvres d’art que le Chat Lune a franchit la semaine passée, datent de 1872.

J’écris ce billet assis à l’ombre du bimini, sur la dunette du Chat Lune. Nous sommes à nouveau amarrés à Moret-sur-Loing, le point de départ de la boucle que nous venons de parcourir depuis le 10 juin dernier.

On a vue sur la première écluse du canal du Loing. Les bateaux qui veulent s’engager sur le canal ne savent pas toujours qu’ils doivent s’annoncer téléphoniquement. Si l’éclusier est présent, il les  repère et prépare la bassinée, si non, ils attendent. 

Dans ce cas, en bon citoyen, je prend mon téléphone et j’informe la centrale qui gère le canal. Hier, un voilier anglais tentait sa chance, je les met en rapport avec la centrale. Il s’avère que le voilier tire 1,70m. Le mouillage du Canal Parallèle à la Loire et le Canal du Centre n’est garanti qu’à 1,40m, ils font demi-tour.

Ce matin, le Beaune 1, un plaisancier Suisse qui était amarré derrière nous, quitte son amarrage et se positionne devant l’écluse. Je contacte la dame du poste central, inutilement car cette fois-ci l’éclusier en place avait repéré le bateau. La dame responsable du poste central est sympa, on bavarde, elle habite et dirige le canal d’une maison d’éclusier entre Souppes et Montargis.

Je lui témoigne de mon admiration pour la beauté de la région et du canal. Elle me confirme que même à près trente ans, chaque jour, elle éprouve le même sentiment. Tous les deux, on regrette l’automatisation des voies navigables et la disparition des éclusiers. Un des plaisirs de notre façon de vivre et de voyager, est le contact social avec les éclusiers et les autres plaisanciers.

Mardi prochain nous partons pour Paris où nous sommes attendus mercredi après-midi.

Jeudi nous participerons au traditionnel BBQ du Yacht Club de l’Arsenal. Les résidents américains du port se réjouissent, car il a lieu le 4 juillet.  

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Un commentaire pour 19 – 16 – l’Yonne et Moret-sur-Loing

  1. Angelilie dit :

    J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir.

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