19 – 29 – Ålesund, Alnes Fyr et Ørnuld Opdahl

La météo ne ment pas, il pleut presque sans arrêt depuis que nous avons quitté Fjaerland, ses glaciers et ses livres. Nous remontons vers Ålesund en longeant la côte. Pour franchir les fjords, on prend des ferries. Pour séjourner, notre guide allemand nous recommande un Bobilparking, un parking réservé à des mobile homes. Il est situé au cœur de la ville face à l’Ellingsøyfjorden, le bras de mer le long duquel Ålesund a été construit. Le parking offre place à deux rangées de véhicules. Soit le dos à la falaise, soit le nez en bord de mer. Sans réfléchir et heureux de voir les vagues rouler à 2 mètres du pare brise de notre roulotte, je choisis l’emplacement face au fjord. Très vite je comprend pourquoi tous nos voisins se sont mis le dos à la falaise. La pluie tombe en rafale et le vent secoue notre véhicule comme si nous étions en mer. Une marche arrière nous range sagement avec les autres. 

Ålesund est une des haltes de la Hurtigruten, les ferries qui font journellement le trajet de Bergen à Kirkenes et retour, 36 ports à l’aller et autant au retour. Onze jours en tout, six dans le sens sud-nord et cinq dans l’autre sens. Nous avons fait cette croisière au mois de mai, il y a une vingtaine d’années. Les bateaux accostent, chargent et déchargent passagers et marchandises, de jour comme de nuit. L’opération est vieille de plus d’un siècle, c’était à l’époque le seul moyen de joindre les ports situés au fond des fjords. Les routes étaient inexistantes ou difficilement praticables. 

Aujourd’hui la croisière est devenu en plus, une aventure touristique.

En 1903, un violent incendie réduit la ville d’Ålesund en cendre. Il n’y a qu’une seule victime mais des milliers de personnes se trouvent sans abris, ayant perdu tout leurs biens. Un large mouvement de solidarité réveille la Norvège et l’Europe. En trois ans de temps, la ville dont les maisons étaient en bois, comme la majorité des villes du pays, est reconstruite en pierres et en briques. Les architectes s’inspirent des goûts de l’époque et c’est ainsi que Ålesund devient la ville de l’Art Nouveau où Jugendstil. Le musée de l’Art et du Jugenstil, situé face du port, offre un parcours multimédia qui retrace la destruction et la reconstruction de la ville. Des films et des photos de l’époque, nous plongent dans le passé et nous font revivre les événements qui ont marqué cette petite ville portuaire.

Sur notre parking, entre deux averses, nous faisons la connaissance de Hervé Missiaen. 

Il s’adresse à nous en se marrant, vous êtes les deuxième Belges qui, comme moi, en cette saison, parcourent la Norvège en mobile home. Avec son chien, Hervé revient du cap Nord, il rentre en Belgique. C’est un artiste, connu entre autre pour Polyphemus, le Titan, le géant qu’il a exposé à Gand dans le cadre de l’événement ‘Over the Edges’, organisé par Jan Hoet en janvier 2000.

Voir https://smak.be/fr/exposition/7873 et www.100titanen.com 

Il nous explique que dans son atelier à Waregem, il réalise pour le moment une série de 100 portraits de BV, les Flamands connus. Il a déjà réalisé 72 portraits, encore 28 à faire, nous dit-il.

On promet de venir lui rendre visite.

Le matin du troisième jour de la tempête, le vent s’est un peu calmé, nous allons voir les aquarelles de Ørnulf Opdahl, exposées dans le phare de Alnes, sur la pointe ouest de l’île de Godøya.

Une jeune femme radieuse, grande et svelte, nous accueille. À défaut de la complimenter sur son aspect, j’admire la beauté de son lieu de travail.

C’est le paradis, me répond-elle. Je suis la sixième génération à habiter ici. Mon grand-père était pêcheur, les autres membres de ma famille sont dans le bâtiment. Je me fais la réflexion qu’ils ont du participer à la reconstruction d’Ålesund.

Elle nous ouvre la porte du phare, d’étage en étage, nous admirons les œuvres de l’artiste, exposées le long des parois en bois du phare.

C’est un contemporain, il vit sur l’île, pas loin d’ici. Il est proche de notre Reine, à qui il a enseigné la technique de l’aquarelle, nous précise notre guide.

Au comptoir du centre d’information, j’achète un gâteau à la cannelle, on remercie la jeune femme et on rejoint prendre un lunch suivi d’une sieste, dans notre roulotte, sur le parking face à l’océan en mouvement. La vue est sublime.

Ensuite, repus et reposé, nous partons vers l’intérieur du pays, où, selon les sites météo, nous allons retrouver le soleil.

Lillehammer et les rampes de saut à ski sont au programme, ce sera pour mon prochain billet.

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