19 – 11 – Paris # 5 Thomas Houseago, August Macke et Franz Marc, Art et Histoire Saint-Denis

Dans mon billet précédent je faisais remarquer qu’à Paris on trouve des vestiges historiques à des endroits surprenants. Peu de plaisanciers y prêtent attention, mais personnellement, j’éprouve de l’émerveillement lorsque de notre dunette, j’observe le mur d’escarpe du fossé de l’enceinte de Charles V. 

Cette construction qui sépare le port de l’Arsenal du boulevard Bourdon à 600 ans d’âge. Elle fait partie de la 4e enceinte de la ville, construite en 1420. Ci-dessus, un dessin du 18ème siècle de Jean-Baptiste Lallemand. J’ai indiqué notre endroit d’amarrage. La Bastille dans le fond à droite et le fort à gauche de l’image n’existent plus, bien entendu. La capitainerie se trouve à l’endroit où les deux lavandières bavardent en attendant que leur linge sèche. 

Ci-dessous, une photo de la situation actuelle.

C’est une affiche de la sculpture ‘Serpent’ de Thomas Houseago, vu dans les couloirs du métro, qui nous conduit au musée d’Art Moderne de la ville de Paris. L’artiste travaille le bois et le plâtre pour réaliser des œuvres architecturales assez brutes. Je lis dans la brochure qu’il a vécu à Bruxelles où il tente de vivre de son art. Il connait des années difficiles où il subsiste en travaillant comme ouvrier du bâtiment. Ses réalisations en témoignent, on est pas impressionnés.

Première parenthèse. 

Dans les couloirs du métro je constate que le quotidien C-News est toujours présents dans les distributeurs. Ce n’est que l’hebdomadaire ‘À Nous Paris’ qui n’est plus imprimé.

MARC, Franz_El sueño, 1912_660 (1978.15)

Plus tard dans la semaine, à l’Orangerie, on admire une sélection des tableaux d’August Macke et de Franz Marc. Peintres expressionnistes allemands, ils créent en 1911, avec Vassily Kandinsky, l’Almanach ‘Der Blaue Reiter’. 

Malheureusement les deux amis meurent au front, le premier en 1914 et le second en 1916.

Deuxième parenthèse.

Notre ami Fabien nous fait découvrir et nous invite à partager un lunch au restaurant Asiatique Miss Kô, situé au 49-51 avenue George V. 

Le décor est de Philippe Starck. Voir https://www.miss-ko.com. Les plats sont des petits chef d’œuvres de mise en place, de couleurs et de goûts. Les filles qui servent sont jolies, l’ambiance est détendue, le service rapide et les prix raisonnables pour un restaurant de cette classe. On recommande.

À l’autre bout de l’échelle, la Cantine de Belleville à Ménilmontant, au 108 bd. de Belleville, dans le 20e, sert uniquement le weekend, pour une dizaine d’€, un excellent et copieux couscous.

Enfin, place de la Bastille, le Café des Phares, un de notre restaurants coutumiers, a réouvert ses portes après une solide rénovation. Les prix ont grimpé mais la cuisine est de qualité. 

À Saint-Denis, le musée d’Art et d’Histoire est situé dans les locaux du Carmel du XVIIe siècle. 

C’est un musée de province qui contient un Hôtel Dieu avec une apothicairerie et l’incontournable pot de Thériaque, le remède à tout les maux. Pour rendre la visite insolite, le curateur du musée a mis dans chaque cellule des carmélites, un objet d’art contemporain. Ici un paravent en polystyrène expansé peint en bleu ciel, là un porte bouteille portable en plastique rouge. 

Une aile est dédiée à la guerre de 1870 et à la commune de Paris. 

L’exposition temporaire est intitulée ‘Enfermement’.

Le musée et ses jardins sont soignés et contrastent avec le côté hétéroclite et multiculturel de la ville de Saint-Denis. Dans les rues, les coiffeurs africains se succèdent aux restaurants halals, pitas et pizzerias. Sur la place près de la basilique, des volontaires préparent une exposition commémorant le 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage.

En débarquant du métro, à la station Porte de Paris, on prend un café dans une brasserie. Les croissants frais sont épuisés. Le patron nous en offre de la veille. C’est ainsi que Marleen les préférèrent.  

Le week-end s’annonce, les brocantes et les Circul’Livre nous attendent.

 

 

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19-10 Paris # 4 Kimonos, Otsu-e, regard de Saux, pavillon de l’Ermitage, le noir dans la peinture

Ryohei TAMURA est un sympathique japonais que nous avons appris à connaître il y a deux ans dans une brocante boulevard Richard Lenoir. Marleen lui a acheté une veste de kimono rouge en soie. 

Il est haut comme trois pommes et s’habille à la japonaise avec un pantalon bouffant noir, un kimono en soie bariolé et un petit chapeau plat en coton à bord étroit. 

Nous prenons un rendez-vous chez lui, au 9, villa de l’Ermitage dans le 20e. Marleen souhaite acheter une yukata. Elle envisage aussi de lui vendre une veste de kimono qu’elle ne met plus.

La villa de Belleville est une impasse où on se croit à la campagne. 

Notre japonais nous reçoit dans son atelier. Il nous vend une yukata en coton blue marine avec motifs blancs. Il n’à pas usage de la veste mais il nous fait découvrir qu’elle est réversible, ce qui ravit Marleen. Ryohei nous montre également comment cintrer la ceinture d’un kimono.

Le lendemain, le RER C nous conduit à la maison de la culture du Japon à Paris, situé le long de la Seine, entre la tour Eiffel et le pont Bir-Hakeim.

Jusqu’au 15 juin on peut y admirer l’exposition intitulée Otsu-e. 

Les Otsu-e ou ‘images d’Otsu’, sont des peintures exécutées au pochoir. Populaire à l’époque d’Edo, du milieu du 17e au milieu du 19e siècle, les images mais aussi des figurines étaient vendues aux voyageurs et aux pèlerins qui empruntaient la route de Kyoto à Edo (aujourd’hui Tokyo). La ville d’Otsu en était le premier relai. 

Plus tard dans la semaine, Marleen se rend dans le 20e, au Pavillon de l’Ermitage.

Seul vestige existant du château de Bagnolet, le pavillon fut édifié par Melle de Blois, duchesse d’Orléans, fille légitimée du roi Louis XIV et de la marquise de Montespan. 

Intitulées ‘Femmes solidaires et Deux siècle d’aide sociale à Paris’, deux expositions temporaires illustrent le rôle social des femmes et les racines de l’aide sociale à partir de la révolution.

Pendant ce temps je me rend à l’Espace Saint Michel pour voir le film de Renaud Cohen qui retrace le tournage à Marseille d’une série populaire chinoise ‘Une famille de Wenzhou’.

La confrontation et la collaboration des équipes chinoises et françaises illustre et souligne de manière réaliste et drôle les différences culturelles entre les deux peuples. 

On trouve à Paris des vestiges historiques à des endroits surprenants. Flâner les rues et sauter d’un métro et d’un bus à l’autre est un de nos plaisirs favoris. 

Hier, en revenant du Circul’Livre de la place Michel Audiard, j’avais repéré sur le plan de la ville, le regard de Saux (# 25) de l’aqueduc de Marie de Médicis, situé dans le jardin de l’hôpital La Rochefoucauld. 

En 1609, Henri IV et Sully projettent de capter les eaux de Rungis pour alimenter la rive gauche de Paris.

Après l’assassinat du roi et le départ de son ministre, la régente Marie de Médicis reprend le projet. Elle s’y intéresse d’autant plus qu’elle a l’intention de se faire construire un palais sur la rive gauche, l’actuel palais du Luxembourg. Le parc devra s’orner de fontaines et de jeux d’eau.

Le tracé suit en grande partie celui de l’aqueduc de Lutèce. Les architectes royaux ont fait confiance au savoir-faire des Romains.

L’aqueduc est mis en eau le 19 mai 1623. Aujourd’hui, quatre siècles plus tard, il fonctionne toujours.

Pour éviter de faire les longues attentes à l’entrée du musée d’Orsay il faut y aller en fin de matinée lorsque les intéressés songent plus à l’apéro qu’à la culture. Une des ambitions de l’exposition intitulée ‘Le modèle noir de Géricault à Matisse’ est de retrouver les identités des modèles d’atelier restés longtemps anonymes. 

Par exemple, à côté du tableau d’Olympia de Monet, le musée expose son carnet dans lequel il a inscrit vers 1862, le nom de « Laure, très belle négresse, 11, rue Vintimille, 3e ». C’est pour cette raison que la femme qui a posé pour la servante d’Olympia est devenue Laure.

En mai, les brocanteurs se réveillent et les particuliers font leur nettoyage de printemps. 

Le weekend, Marleen et moi partons chiner, une de nos occupations favorites. 

Notre guide est le site suivant: https://vide-greniers.org/75-Paris .

L’esprit ouvert, l’œil aux aguets, nous recherchons les objets insolites, beaux, pas trop volumineux et pas cher. On évite les brocanteurs qui se prennent pour des antiquaires. 

Un des plaisirs du sport est d’entamer une discussion avec les vendeurs et bien évidemment de marchander le prix des pièces convoitées. Pour ce faire, Marleen est beaucoup plus douée que je ne le suis. Notre approche, lorsqu’un objet est repéré, est que je m’éloigne pour lui laisser le jeu de la discussion et du marchandage.

 

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19 – 9 Paris # 3 Maillol, Nabis, Art Brut, Versailles & Impressionistes

À la sortie du métro Hôtel de Ville, venant de la Bastille, on pénètre dans le sous-sol du BHV, la cave d’Ali Baba du bricoleur. À l’entrée se trouve un bar à sandwich tenu par un sympathique couple asiatique. Je m’y arrête à chaque visite du grand magasin pour prendre un café. On y trouve le ‘20 Minutes’, un journal gratuit. Avant, il y avait aussi le ‘C News’ et ‘À nous Paris’. 

Ces deux derniers étaient aussi présents sur les présentoirs du métro. Depuis février, ils n’existent plus qu’en version digitale sur la Toile.

Dommage, on les aimait bien, c’était un plaisir de les feuilleter lorsqu’on prenait le métro. 

Dans la même station, Hôtel de Ville, la RATP a placardé des photos avec des usagers qui commentent leur satisfaction de prendre ce transport en commun. Je vous en livre quelques-unes.

Nous vu plein de choses la semaine dernière. Voici dans le désordre, quelques impressions.

Dimanche dernier, le temps c’était remis, nos amis Fabien et Qing nous attendaient à Versailles. Au cœur du quartier Saint-Louis et dans le potager du Roi, on se promène entre les fleurs et les légumes. 

Marleen achète de la rhubarbe avec laquelle, une fois revenue à bord du Chat Lune, elle confectionne une compote.  

À midi, on lunche au Nouveau Shanghai, rue de Satory.

Pour les plats, nous faisons confiance à Qing. Dans sa langue maternelle, elle passe la commande à la patronne du restaurant. Le résultat est délicieux.

Une raison de vivre est de s’entourer d’amis chaleureux et intéressants. 

C’est pour cela que nous aimons séjourner à Paris, au port de l’Arsenal.

Au musée du Luxembourg, nous avons appris à connaître les Nabis. 

Bonnard, Vuillard, Denis, Sérusier, Ranson, Vallotton et quelques autres se regroupent à la fin des années 1880 pour affirmer leur opposition à l’impressionnisme. Leur ambition est de révéler un art nouveau. Ils se désignent comme des ‘Nabis’ ce qui signifie ‘prophètes’ en hébreu et en arabe.

Les tableaux exposés sont en grande partie des panneaux décoratifs.

Dans la galerie d’Orleans du Palais Royal, à côté de la cour avec les colonnes noires et blanches de Buren, des photos de 2mx2m illustrent quelques réalisations architecturales actuelles. Entre autre, le musée national du Quatar réalisé à Doha par l’architecte Jean Nouvel.

Le musée Maillol expose des œuvres de la collection d’Emil Bührle, un Allemand naturalisé Suisse, fabriquant d’armes et amateur d’art.

Essentiellement des impressionnistes, Manet, Monet, Degas, Renoir et Sisley, et des post impressionnistes, de Cézanne à Modigliani et Picasso.

À chaque visite de ce musée, on en profite pour aller au deuxième étage, voir les nus en peinture et en bronze de Maillol. L’artiste disait qu’il peignait et sculptait des volumes, pas des femmes.

L’exposition qui nous a soufflé cette semaine est celle que l’on peut admirer à la Halle Saint-Pierre, à Montmartre.

Le musée d’Art Brut présente au rez-de-chaussée ‘Chicago Foyer d’Art Brut’ et à l’étage HEY!4 Art Moderne et Art Pop.

La collection américaine est impressionnante mais les œuvres de HEY!4 sont exceptionnelles. 

Contrairement aux artistes de l’Art Brut, leurs auteurs ont une formation artistique. Par contre, ils partagent l’obsession du travail minutieux et répétitif de ces derniers. Cela donne des créations étonnantes comme la dernière scène dessinée à l’encre de Chine avec une fine plume par Mad Meg. L’artiste a mis deux ans pour réaliser son œuvre. Les apôtres sont des hommes d’affaire en costume et cravate, leurs têtes sont des insectes.

Voir https://youtu.be/HV9YBWd8VwY

Courez tous à Montmartre, voir l’exposition au musée de la Halle Saint-Pierre.

Aujourd’hui dimanche, ce sont les brocantes qui nous attirent. La saison commence et nous sommes curieux d’aller découvrir des objets dont nous ignorons à l’heure où j’écris ces mots,  que nous aurons envie de les acquérir. 

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19 – 8 Paris # 2 Roux, Duhême et Hammershøj

La marche à pied:

À bord du Chat Lune on n’a pas la télé et on a pas l’intention de l’avoir. Pour apprendre combien de gilets jaunes se sont déplacés le samedi, on écoute France Inter. Pour les nouvelles internationales, nous avons sur nos tablettes, le New York Times online. Pour les potins du pays, également online, on lit le journal De Morgen. 

Un article récent de ce journal, titre: ‘Pourquoi courir est la chose la plus stupide que l’homme se soit mis à faire’. 

Pour rester en bonne santé, il est condamné à bouger et les fameux 10.000 pas par jour sont un minimum à observer. Nos cousins les grands singes n’ont pas ce problème. Ils dorment dix heures par jour et se reposent de la même durée. Malgré cela, même en captivité, ils restent en bonne santé, ne deviennent pas obèses et ne souffrent pas de diabète. 

Nous étions comme eux mais nous avons commis l’erreur, il y a 4 millions d’années, d’abandonner leur style de vie pour devenir des chasseur-cueilleurs. Cela nous a contraint à nous redresser et à courir après nos proies. Toujours selon l’article, en faisant ça, au fil des millions d’années, nos métabolismes se sont transformés et contrairement aux gorilles et chimpanzés, pour garder la forme aujourd’hui, nous devons continuer à galoper. 

Heureusement que Marleen et moi, nous aimons marcher. Nos proies sont les musées et les objets à cueillir se trouvent dans les brocantes et les vide-greniers. À la recherche des uns et des autres, nous n’avons aucune difficulté à cumuler 10.000 pas chaque jour.

La couleur rouge:

Il est de coutume dans le port de déposer sur les quais les objets dont on veut se débarrasser mais qui pourraient encore servir à un autre plaisancier. Ainsi, un fauteuil en tissu feutré rouge bordeaux fit le bonheur de quelques passants qui le trouvèrent plus confortable qu’un banc public. Et puis un jour, je le vis sur la dunette du Talisman. La propriétaire du bateau le nettoyait à l’eau vive. Comme équipement marin, le fauteuil club détonne un peu, mais pour passer une soirée avec un livre et un verre de vin, il fait l’affaire.

Dans le 8e, l’avenue Villiers et les rues adjacentes autour du parc Monceau connurent leur heure de gloire à la fin du dix-neuvième et au début du vingtième siècle. De nombreux banquiers et riches hommes d’affaire y installèrent leurs hôtels particuliers. Ils furent suivis par les artistes, peintres, écrivains et poètes. 

Le musée Jean-Jacques Henner, au 43 de l’avenue de Villiers, est situé dans l’ancienne demeure et atelier du peintre Guillaume Dubufe. Le musée possède la plus importante collection d’œuvres de Jean-Jacques Henner. Tout au long de sa carrière, le peintre utilise le roux comme sa signature. Aujourd’hui, les rousses sont mises en valeur.

« La lumière jette sur la chevelure des rousses des reflets d’incendie et fait valoir le grain satiné de la peau. La lueur fauve, couleur d’or, est la plus vivante, la plus vibrante, la plus discrète aussi par conséquent la plus harmonique et la plus belle. » 

Henri Roujon

Hier matin, une rousse du port, notre amie Sylviane, fait remorquer son bateau, le Colvert, du port de l’Arsenal vers le chantier chantier Nautic Center à Meaux. Elle a commandé un nouveau moteur pour remplacer son ancien à propulsion hydraulique, défaillant.

Les expositions:

 En aval de la Seine, au 1 rue du figuier, dans l’Hôtel de Sens, nous admirons les dessins et les aquarelles de Jacqueline Duhême. L’exposition est intitulée ‘Une vie en couleur, de Matisse à Prévert’. 

L’artiste a commencé sa carrière comme aide d’atelier chez Henri Matisse. En 1949 elle fait la connaissance de Jacques Prévert avec lequel elle se lie d’amitié.  Elle peint et illustre livres et cartons, c’est poétique, la nature et les enfants dominent son œuvre.

Le musée Jacquemart-André présente le peintre Danois Vilhelm Hammershøj, connu pour ses ‘intérieurs’. Comme son ami Carl Holsøe et de son beau-frère Peter Listed ces peintres du début du siècle dernier aiment représenter avec des tons gris et des tonalités douces, les intérieurs dans lesquels ils vivent. Les compositions sont souvent sans personnages. Hammershøj y intègre parfois son épouse vue de dos ou lisant une lettre. En plus des intérieurs, l’exposition retrace les autres thèmes du peintres, paysages nordiques, paysages citadins et nus.

Aujourd’hui la pluie tombe en rafale et il fait froid. Ce n’est pas mieux dans le Nord. Ma sœur Danoise nous envoie une photo du bonhomme de neige qu’elle a fabriqué sur sa table de jardin. 

Nous avons décommandé notre visite à Versailles où nous étions invités par nos amis Fabien et Qing pour flâner dans l’événement ‘Esprit Jardins’.

Peut-être demain.

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19 – 7 Paris # 1 Doisneau et Custodia

Le capitaine du port de plaisance de Compiegne s’appelle Patrice Paul, tout le monde l’appelle Paulo. Petit, bedonnant, la barbe de deux jours, il occupe se poste depuis près de quarante ans, me confie-t-il, lorsqu’il vient réceptionner le montant de notre séjour dans son port. 

Il monte à bord en fin d’après-midi et on bavarde pendant une bonne heure.

Lorsque je suis allé le trouver ce matin, il était assis à l’arrière d’un de ses deux bateaux et il bavardait avec un couple voisin. Je suis débordé, me dit-il, en jetant une croute de pain à un canard, je viendrai te voir en fin de journée.

Il m’explique qu’il a acheté un deuxième bateau, un Norvégien bien équipé, pour aller voir sa fille et son futur beau-fils qui habitent un peu plus haut, le long de la vielle Oise. Elle va se marier, il y a quelques mois, elle avait rompu, maintenant ça s’est raccommodé. 

Le port est bien tenu, ce n’est pas de la haute technologie, l’acier poli et les hautes fenêtres en verre fumé sont absents, mais tout ce qui doit fonctionner, fonctionne. L’eau, l’électricité, le WiFi, une douche avec de l’eau chaude et froide, une bibliothèque ouverte aux plaisanciers et un BBQ au centre d’une petite pelouse. Les grilles de sécurités ferment à clé et il y fait calme.  

En rue, à cent mètres de l’entrée du port, au rond-point, se trouve une boulangerie qui est ouverte tous les jours de 06:30 à 20:00 sauf le jeudi et une épicerie dont les étalages regorgent de fruits frais. Marleen achète deux melons et trois pommes. 

Le dimanche de Pâques les écluses ne tournent pas et le lundi de Pâques, l’accastilleur Guerdin est fermé. Le Chat Lune et son équipage prennent deux jours de repos. 

Mardi matin, Gerald Guerdin me livre une batterie starter AGM neuve. Avec son aide, je fais l’échange de celle qui est fatiguée. Un autre membre de la famille vérifie la réception de ma radio VHF et j’achète un pot de peinture antidérapante pour rafraîchir le pont de la dunette. Ce sera pour un jour de soleil, au port de l’Arsenal.

On fait le plein de fuel, comme toujours chez Guerdin, l’ambiance est bon enfant, on bavarde encore un moment avec Gerald et vers 09:30 nous lâchons les amarres et partons en direction Conflans-Sainte-Honorine où nous arrivons en fin de journée, 10 heures, 90 kilomètres et 7 écluses plus tard.

La halte de plaisance est située le long de la Seine, les ‘commerces’ circulent jour et nuit et nous sommes souvent bercés, c’est un des plaisirs de vivre à bord d’un bateau.

Mercredi le Chat Lune parcours les 70 kilomètres qui le séparent du Port de l’Arsenal. Les sympathiques capitaines, nous ont réservé l’emplacement # 63, le même que nous avions l’année dernière, entre le Senang de Thomas et le Delphin de Valérie; à trois bateau près de Bill et Geneviève. Ces derniers nous accueillent et nous invitent à partager leur dîner. 

Marleen remarque, ‘home again’.

Ceux qui me lisent savent que nous sommes férus de musées et de galeries d’art, notre calendrier est déjà bien rempli. 

Un autre de nos dadas est de chiner les brocantes et les vide-greniers, on finit toujours par dégoter une bricole dont on ignorait que nous en ayons le besoin ou l’envie.

Notre intention est de rester à Paris jusque fin mai et ensuite de poursuivre notre navigation.

La fondation Custodia, située dans le 7e, au 121 rue de Lille, présente une exposition intitulée ‘Le Musée Puchkine, cinq cent ans de dessins de maîtres’.

C’est une sélection de 200 dessins de grands maîtres issue de la vaste collection du musée des Beaux Arts de Moscou. 

Notre deuxième exposition nous conduit à la Villette, à la Cité de la Musique, rue Jean Jaurès dans le 19e. Elle est intitulée Doisneau et la Musique. C’est l’avant dernier jour de l’exposition, elle était inscrite en lettre rouges dans notre agenda. Le billet d’entrée nous donne également accès à la collection permanente du musée. 

Je livre quelques photos prises au hasard dans les deux expositions. 

Un album de Boule et Bill en main, il demande à la ronde tout en me regardant, « il y a un album américain similaire, avec un jeune garçon et un tigre en peluche ». 

Calvin et Hobbes, je lui fait. En effet, excellent, répond-t-il. Ce dimanche matin, nous sommes dans le Kiosque du Boulevard Auguste Blanqui, où se tient un Circul’Livre. Cette initiative consiste à mettre gracieusement des livres à disposition des habitants en leur demandant seulement de les mettre à leur tour en circulation après lecture. Une quinzaine d’arrondissements organisent généralement par mois, un samedi ou un dimanche sur deux ces rencontres. Fervents lecteurs, nous visitons assidûment depuis sa création, les points de chute de cette action.

C’est bien parti, notre liste non exhaustive comporte une quinzaine de musées et galeries à visiter. 

Ce sera le sujet de les prochains billets.

 

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19 – 6 La croisière du Chat Lune – départ

Nous avons regardé avec effroi, l’incendie qui a dévasté Notre Dame.

Lorsque nous sommes à Paris, il nous arrive souvent de quitter le port de l’Arsenal en fin de journée pour longer la Seine en aval et admirer la vue du fleuve et de la cathédrale. 

C’est aussi un passage obligé lorsque nous allons à pied vers Saint Michel. On franchit le Pont de Sully pour prendre la rue Saint-Louis en l’île, puis le pont Saint Louis et la rue du Cloître Notre-Dame, à main gauche on longe la cathédrale, quart de tour à gauche devant le parvis, le pont au Double, les quais et on est à Saint-Michel. Deux kilomètres et demi et une demi heure de marche à pied.

J’écris ce billet assis sur la dunette du bateau, sous le bimini, car cet après-midi à Compiegne, dans le port municipal, même voilé, le soleil tape.

Nous avons mis quatre jours pour arriver ici, samedi en fin de journée, au départ de Gand.

À Menin, notre première halte du trajet on s’est amarré dans le port de plaisance de Halluin. La frontière nord entre la Belgique et la France, suit l’ancien lit de la Lys. Ainsi, le port de plaisance de Menin est situé en territoire français, le lit de la rivière fait une enclave dans Menin.

Vers 22:00, j’avais déjà enfilé mon pyjama, des coups sourds sont frappés sur la coque du bateau. Deux occupants du port m’interpellent et me délivrent une longue litanie comme quoi, eux payent une redevance annuelle et que les passants comme nous devraient faire la même chose. Les deux compères, une flamand très fâché et un français poussé par ce dernier, se sont visiblement monté le bourrichon pour m’exhorter à payer la redevance du port.

Je les calme et je leur explique que je suis prêt à payer mais que la capitainerie est fermée, et qu’aucune indication, voir un numéro de téléphone pour joindre un responsable, n’est affichée.

Je calme le flamand en m’adressant à lui dans sa langue et le français va chercher dans son bateau le numéro de téléphone du régisseur du port. Je promet de le joindre, demain matin avant de repartir.

Le lendemain matin, on termine notre muesli matinal, j’observe un grand homme vêtu d’un long manteau gris, costume cravate sombre en dessous, qui prend avec son smartphone, des photos du Chat Lune. 

Je lui demande si il prépare un reportage pour la revue Fluvial? Il me rétorque qu’il prend des photos des bateaux qui arrivent tard et qui partent tôt pour ne pas payer de redevance. 

Je lui fait remarquer que si le port était mieux géré, il y aurait un capitaine de port présent et sinon, au moins un numéro de téléphone où le joindre.  

Le ton monte un peu, l’individu est un membre du conseil municipal, du genre instituteur en chef, il examine les papiers du bateau, l’immatriculation et l’assurance, je lui verse les 17,75 € requis et nous lâchons les amarres.

On aime bien le port d’Halluin/Menin, mais on déteste les accueils déplaisants. La prochaine fois, pour la nuit, nous irons nous amarrer à Wervik. 

Le deuxième jour, jeudi en fin de journée, nous pénétrons dans la darse de Courcelles/lez/Lens.

On frappe nos amarres au même endroit que l’année dernière, à côté de l’Antares. Son propriétaire est un résident du port. Je lui demande comment va son chien. L’année dernière, nous avions été accueillis par un grand Labrador beige. En vacances, me répond-il; et le port est toujours en attente d’un gestionnaire, la municipalité actuelle ne s’en soucie pas mais l’année prochaine on a des élections et peut-être que ça va changer. 

L’endroit est beau, calme et gratuit, les résidents sont sympas et on a même un branchement électrique.

Le troisième jour nous pénétrons dans le canal du Nord à la suite de trois pousseurs. 

Nous prenons donc la quatrième bassinée à l’écluse # 2 de Marquion.

On fait le trajet avec Sylvain qui vient de Cambrai et qui va rejoindre son employeur à Strasbourg, à bord de son petit bateau de plaisance. 

En cours de chemin, on le perd de vue pour le retrouver devant une écluse. Il a ‘pété’ une durite du circuit hydraulique et s’est retrouvé sans direction. Il est repartit après une réparation de fortune. Je lui refile un demi bidon d’huile hydraulique, sa direction remarche.

On prend le tunnel de Royaulcourt devant le pousseur vide Fluvial/Tourisme. Soudainement, passé la gare, on voit arriver à pleine allure à un mètre dernière nous la proue du Tourisme, je mets les gaz à fond, une seconde trop tard, le chaland touche notre plateforme arrière et la plie un peu. 

Le marinier m’explique qu’il a en effet accéléré à près la gare mais qu’il ne m’a pas vu. Incident de parcours, quand on reste à la maison, ça n’arrive pas. Ce sera à Carron Marine de redresser le fer plié, en automne prochain, avant l’hivernage.

On passe la nuit sur le canal du Nord, devant l’écluse # 8 de Moislain.

Samedi, la veille du dimanche de Pâques, le quatrième jour de notre voyage, nous prenons l’écluse à 07:30. Deux pousseurs, dont le Fluvial/Tourisme, ont pris les bassinées avant nous.

Depuis le 1 janvier 2017, les horaires des deux versants du canal du Nord ont été harmonisées. Les écluses tournent de 06:30 à 20:30. ous naviguons dans toute la plage d’horaire.

C’est ainsi que nous arrivons à Compiegne, dans le port de plaisance municipal, dont le capitaine s’appelle Paulo, à 18:45, le 20 avril 2019, après 88 km de trajet, 14 écluses et 11 hrs de navigation.

Le dimanche de Pâques les œuvres d’art sont en chômage, autrement dit les écluses ne tournent pas. Le lundi de Pâques, l’accastilleur Guerdin & Fils à Compiegne, fait le pont. 

On a quelques achats à faire, dont une nouvelle batterie de starter, ce sera pour demain, mardi, le 23 avril 2019.

Ensuite nous poursuivrons notre route vers le port de l’Arsenal à Paris.

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19-5 Préparation du Chat Lune pour la saison 2019

Notre quinzième croisière avec le Chat Lune se prépare.

Hier matin j’ai pris en main le bateau chez Carron Marine et accompagné de mon petit fils Léo et de son ami Warren, nous l’avons acheminé jusqu’au port de Gent Leie, à 200 m de chez nous.

Il faisait beau et froid. La traversée du port de Gand est toujours spectaculaire comme vous pouvez en juger des photos ci-dessous.

Le 24 mai 2005 nous achetons le bateau chez Linssen à Maasbracht. Il est en construction et nous apportons encore quelques modifications telles que des lampes de lecture au dessus des lits. 

Le 20 juin 2005 nous réceptionnons le bateau à Auxerre, des mains de Paul Van Der Meye, le capitaine du port et le concessionnaire Linssen en France. 

Dans notre premier livre de bord je lis que le 30 juin 2005, à 16:00, nous larguons les amarres et partons vers le sud sur le canal du Nivernais. Nos amis d’enfance Léon et Colette nous accompagnent pour le voyage inaugural du Chat Lune.

Le même jour à 17:15, nous amarrons le bateau à Vaux, au deuxième ponton après le pont, toujours selon le livre de bord.

Aujourd’hui, nous en sommes à notre 7e livre de bord. J’utilise pour cela un livre de dessin Canson, 108 pages, 100gr/m2, 21 x 28 cm, couverture cartonnée noire.

Depuis juin 2005, chaque année, nous vivons à bord et naviguons avec notre Dutch Sturdy 320 pendant 5 à 6 mois. Au fil des ans, nous avons parcouru toutes les rivières et les canaux de la France, au nord de Lyon. De 2010 à 2012 nous avons navigué en Allemagne. Notre port d’attache était Potsdam près de Berlin. Nous avons descendu l’Oder jusqu’en Pologne, et parcouru la région des mille lacs située entre Berlin et la mer Baltique. 

Plus récemment, et par deux fois, le Chat Lune a descendu le Rhin de Strasbourg à Nijmegen. 

On a aussi sillonné les voies navigables des Pays Bas, de la Frise au Delta des grands fleuves.

Le compteur horaire marque près de 4000 heures, ce qui nous fait une moyenne annuelle de 280 heures de navigation. Voilà pour les amateurs de chiffres.

Nous allons consacrer les quelques jours qui viennent à l’avitaillement du bateau. Essentiellement, une réserve de nourriture sèche et en boîte, des vêtements et des livres.

Marleen est très structurée, les objets et les victuailles sont consignées sur des fiches. 

L’expérience montre que la mémoire, c’est bien, les fiches, c’est mieux.

Notre premier objectif est de joindre nos nombreux amis au port de l’Arsenal à Paris. 

Nous pensons y arriver avant la fin avril.

Je lancerai un nouveau billet.

Ci-après quelques aquarelles.

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