19 – 25 Telemark et le musée Z

Il ya quelques siècles, je ne connais pas la date précise, les habitants de la côte déconseillèrent aux cartographes hollandais d’aller explorer l’intérieur du Telemark. « L’endroit est truffé de bandits, l’alcoolisme est un fléau, vous n’en sortirez pas vivants. »

Aussi, comme vous pouvez le voir sur l’ancienne carte ci-dessus, le Telemark est une tache blanche avec au centre, le dessin d’un lac. 

L’histoire nous est rapportée par un des collectionneur du musée Z à Treungen. C’est une initiative privée. En 2010, Johan Ziener Thronsen, achète et rénove une série de hangars. Deux ans plus tard, il met les locaux à la disposition de collectionneurs privés, pour exposer leurs trésors. 

Notre guide a réuni au fil des ans une impressionnante collection objets relatifs à Walt Disney. « Uniquement ce qui a été fabriqué et vendu en Norvège », précise-t-il.

Au fil des salles nous découvrons, une cordonnerie, un cabinet dentaire, le cabinet d’un oculiste, un chapelier et des centaines de chapeaux, des vielles voitures, la cathédrale Notre Dame de Paris fabriquée avec des allumettes, des centaines d’anciens téléphones et tout ce qui tourne autour des centrales téléphoniques du siècle passé, je m’arrête ici. 

Le collectionneur des objets Walt Disney nous raconte quelques anecdotes. 

Vladimir Karpov, le fils du général Fjodor Karpov, ami intime du Tzar Nicolas III, fuit la révolution et se retrouve en Norvège à Treungen. Le riche aristocrate devient un pauvre norvégien. Pour subsister il vend à un orfèvre local la montre en or que le Tzar avait offert à son père. 

L’explorateur norvégien Roald Amundson, est le premier homme à avoir atteint le pôle sud, cinq semaines avant l’Anglais Robert Scott. Il réussit et survécut grâce au fait qu’il avait préalablement à son expédition, vécu pendant un an avec des esquimaux, pour apprendre à vivre dans des conditions polaires. Mais aussi, grâce à la provision de biscuits nourrissants que son frère lui avait préparé pour aider l’équipe à se nourrir pendant la tentative, sans devoir transporter de trop lourdes charges. À son retour, Amundson ramena les trois derniers gâteaux. On en voit un ici, encadré, avec la recette et la signature de l’explorateur.

Une autre vitrine comporte des figurines en bois peints. Ces objets furent fabriqué en secret par les prisonniers Russes que les Nazis exploitaient dans leurs usines d’armement en Norvège. Ils furent donnés en remerciement aux habitants norvégiens qui leur fournissaient en cachette de la nourriture.

Pour descendre de Rjukan vers le sud, nous empruntons les routes 41 et puis 42. Ces routes sont parallèles à la « 9 ». Plus étroites mais plus belles encore, selon les dires de notre guide français.

Au passage, à Eidborg on admire une petite Stave Kirke et plus loin au sud, nous découvrons le Musée Z dont je parle ci-avant.

À propos de guides, avant notre départ, j’ai acheté un guide de voyage en mobile home allemand, le « Womo Reihe band 15, Norwegen, Der Süden » et un guide français, « la Norvège en Van, édition Apogée ».

Ils se complètent mais il est amusant de constater la différence culturelle entre les deux pays.

L’allemand est précis, avec des cartes détaillées et un itinéraire de 18 stations. Les descriptions sont au kilomètre près, avec les endroits où s’arrêter et les choses à voir, les musées, les haltes pour passer la nuit, gratuitement ou pas, les campings, les endroits pour se baigner, etc. 

L’itinéraire parcourt le sud de la Norvège dans le sens des aiguilles d’une montre, au départ de Halden et retour. Les 18 stations sont programmées pour être faites en six semaines à deux mois.

Waltraud Roth-Schultz et Reinhard Schultz ont fait un métier d’écrire des guides pour les voyageurs en mobile home. Leurs ouvrages sont agréable à consulter car précis et ponctué d’anecdotes personnelles. 

Le guide français est un roman, agréable à lire. Les premiers chapitres comprennent les informations nécessaires au camping en Norvège. Ensuite, les auteurs ont découpé le pays en sept zones, chacune agrémentée d’une carte sommaire. Ils ont parcouru le pays pendant deux mois du sud au nord, à bord d’un Mercedes Marco Polo. 

Clémence Polge fait de très belles photos, et Thomas Courbet écrit les textes. Ils décrivent et illustrent les choses qu’ils ont aimées, les endroits où il se sont arrêtés et où ils ont passé la nuit. Ils transmettent avec enthousiasme le plaisir qu’ils ont eu à faire ce voyage, leurs rencontres et leurs aventures sportives.

Pour préparer notre itinéraire journalier, j’utilise ces deux guides ainsi qu’internet. 

Jusqu’à ce jour, nous avons eu une couverture téléphonique très large. Même dans les endroits éloignés d’une ville, on capte un signal qui nous permet d’écrire et de faire des recherches.

Dans mon prochain billet, je parlerai du musée d’art contemporain d’Arendal, de Kristiansand et du phare de Lindenes. 


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19 – 24 Norsk Hydro, Notodden et Rjukan. Gaustatoppen.

L’air que nous respirons est composé de 78% d’azote (N2), de 20% d’oxygène (O2), de 1% d’argon (Ar), de 0,04% de dioxyde de carbone (CO2) et de petites quantités d’autres gaz.

En 1905, l’année de l’indépendance de la Norvège, l’ingénieur Sam Eyde, le physicien Kristian Birkeland et le juriste et banquier Suédois Marcus Wallenberg fondent à Notodden et à Rjukan le complexe Norsk Hydro.

Ils eurent l’idée d’utiliser la puissance hydraulique de la région pour extraire l’azote de l’air ambiant et fabriquer du fertilisant, le nitrate de calcium. L’arc électrique est utilisé pour chauffer l’air à 3000 Celsius et ainsi séparer les éléments de la molécule d’azote. 

Le chutes d’eau de Svelgfoss et Rjukanfoss furent canalisées pour alimenter deux centrales hydroélectriques. En 1911 la centrale électrique Vemork à Rjukan était la plus puissante au monde.

L’électricité produite servait également à fabriquer de l’eau lourde. Pendant le deuxième guerre mondiale, les Nazis projetèrent d’utiliser cette matière dans la fabrication d’une bombe atomique. 

L’usine fut l’objet de sabotages et de bombardements par les Allies et les résistants Norvégiens.

Le dernier épisode de l’histoire est le sabordage par les Norvégiens du ferry D/F Hydro qui transportait toute la production d’eau lourde, de l’usine vers un lieu plus sûr. 

Les cinéphiles se souviennent du film « Les Héros de Telemark », sorti en 1965 avec Kirk Douglas et Richard Harris dans les rôles principaux.

Le 5 juillet 2015, l’Héritage Industriel Rjukan-Notodden fut inscrit au Patrimoine Mondial de Nations Unies.

Nous visitons les sites de Rjukan et Notodden et l’usine de Vemork qui est devenu un musée après l’arrêt de la centrale en 1971.

À Notodden, nous logeons deux nuit sur un Bobilcamp. C’est un grand parking destinés aux mobile homes. La nuitée coûte 150 NOK soit l’équivalent d’un peu plus de 15€. L’équipement est spartiate. Des bornes électriques sont disponibles en suffisance mais les sanitaires (payants) et la décharge pour WC chimique se trouvent sur le parking de la marina voisine.

On dénombre en Norvège, 28 églises en bois, également appelées églises à piliers de bois ou « Stavkirke ». La plus grande se trouve à Heddal, sur la route 134 entre Notodden et Rjukan.

À 250 mètres de là, en hauteur, on peut se promener dans un musée en plein air avec des fermes en bois et des granges datant du 18ème siècle. 

Pour aller de Notodden à Rjukan, notre guide allemand « Mit der Wohnmobil nach Norwegen, Teil 1: Der Süden » recommande de prendre la route de montagne qui mène au Gaustatoppen, le sommet le plus élevé du Telemark, 1883 mètres au dessus du niveau de la mer.

On a franchi la ligne des arbres. Le paysage est désertique, de l’herbe de montagne et des rochers couverts de lichen vert. 

Le grand parking, situé en haut du col, au pieds du sommet, est rempli de voitures. On est dimanche, les courageux, femmes, hommes et enfants, s’y sont donné rendez-vous. La famille chausse des bottines de marches, enfile des vestes de marcheurs, et le sac à dos rempli de sandwichs et de bouteilles d’eau, se met en route vers le sommet. 

Lequel sommet est à 4,5 km plus loin et 600 m plus haut. Nous n’envisageons même pas la chose. 

Plus bas dans la descente vers Rjukan, nous rangeons la Roulotte en contrebas de la route, au milieu d’un troupeau de moutons curieux. Je dois repousser une mère et ses deux ados qui font mine de vouloir explorer l’intérieur de notre véhicule. 

Après le lunch et la sieste journalière, nous roulons jusque Rjukan. On se gare le long du Teivopark, en face du collège de la ville. On s’attendait, lundi matin, à être réveillé par des écoliers bruyants et joyeux de rejoindre leurs bancs de classe. Rien de tout ça, la jeunesse norvégienne rentre dans l’institution, sans bruit, pas de chants, pas de cris, un simple bonjour souriant à notre égard, lorsqu’on les scrute. 

Après le muesli, nous montons visiter le musée de Vemork, l’ancienne centrale hydraulique. 

Mon prochain billet traitera de la traversée du Telemark.

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19 – 23 Bohus, Nordisk Akvarellmuseet, Pinela, Fredericksten Festning

Il est dimanche le 18 août à 15:00, lorsqu’on débarque du Primula Seaways. Nous décidons de ne pas nous arrêter à Göteborg, on explorera la ville à notre retour. Sur le chemin du retour, nous envisageons de prendre ici un ferry pour le Danemark.

Wim, un ancien collègue et ami sur FB, nous recommande chaudement de visiter la ville et le musée Volvo. C’est noté Wim.

On passe la nuit à Kungälv, une vingtaine de kilomètres au nord de Göteborg. Le citycamp est situé en face de la forteresse de Bohus. 

À l’entrée du fort, un panneau indique que les visites se terminent aujourd’hui, le 18 août, l’été finit tôt en Suède.

Le lendemain, sur l’E6 vers la Norvège, Marleen repère sur le panneau brun aux lettres blanches, Nordiska Akvarellmuseet. 

Nous venons de quitter Kungälv avec l’intention d’aller jusque Halden, mais nous ne pouvons pas laisser passer un musée de l’aquarelle. 

On sort de l’autoroute et nous virons vers l’ouest sur l’île de Tjörn en direction de Skärhamn où se trouve le musée. 

J’en profite pour reprogrammer le GPS Garmin 770 en mode « éviter les autoroutes ». On ira moins vite, mais c’est plus beau et nous avons le temps.

Le musée offre une exposition temporaire des œuvres de Mats Gustafson, un artiste Suédois qui vit à New York.

L’aquarelliste, né en 1951, commence sa carrière comme illustrateur pour des revues de mode internationales. On retrouve ses compositions dans Vogues, le New Yorker et Visionnaire. Il crée des publicités pour Hermès, Christian Dior, Tiffany & Co., Yohji Yamamoto et Comme des Garçons. 

En dehors de la pub, il peint des portraits, des rochers et des têtes de biches. Sa technique est remarquable, j’en suis soufflé, j’ai envie de balancer mes pinceaux et mes couleurs. 

Réflexion faite, je me ravise car, comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, les maîtres disent qu’il faut dix ans pour maîtriser l’aquarelle, il me reste sept ans et demi à travailler. 

Je n’ai pas peint grand chose les derniers jours, je dois m’y remettre.

Plus tard dans la journée, dans les hauteurs de l’île de Tjörn, on se promène entre les moutons et les sculptures du parc Pinela. Nous sommes toujours en Suède.

La ville de Halden est située un brin au nord de la frontière avec la Suède. Sur la route secondaire que nous empruntons pour la rejoindre, il n’y a pas de poste frontière. Par contre, on se fait arrêter par une équipe volante. La mignonne douanière blonde nous demande où nous allons et si nous avons déjà été en Norvège par le passé. J’explique que nous avons l’intention d’explorer le sud du pays pendant plusieurs semaines. Je rajoute qu’il y a quelques années, nous avons pris le Harald Jarl, un bateau de la Hurtigruten, un ferry mixte qui fait en 11 jours, le trajet de Bergen à Kirkenes et retour. Mon explication lui donne satisfaction, et sans autre forme de procès, elle éponge les goutes de pluie sur son visage et elle nous souhaite un bon séjour en Norvège. 

À Halden nous logeons dans un camping situé dans l’enceinte de la forteresse de Frederiksen.

L’idée de loger en haut de la ville au cœur d’un ancien bastion est séduisante.

La visite d’Oslo figurait en haut sur notre liste des choses à faire en Norvège.

Je consulte, je lis, j’étudie les guides et les publications que nous avons récolté à ce sujet.

Je prend note de tout ce qui nous intéresse et j’établis un agenda détaillé, jour après jour, à l’heure près.

Pourtant, le soir du deuxième jour dans la citadelle, en admirant du haut des remparts, le coucher du soleil sur le port de Halden, on décide d’oublier Oslo, ses musées, le Oslo Pass, les bus, les trams, le métro, les embouteillages, les difficultés de parking et les campings hors ville. 

Aussi jeudi, le 24 août, sous un ciel gris et une pluie battante qui limite la visibilité à moins de

100 m, nous partons vers l’ouest, en laissant Oslo au nord de notre trajet. On traverse Askim, Drøbak, Asker, Drammen et après 200 km, on campe en sauvage un peu en dehors de Kongsberg. 

Vendredi le soleil est revenu. Ce sera pour le prochain billet.

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19 – 22 En route vers la Norvège avec DFDS

« La tempête faisait rage. Dans le poste de commande, le capitaine tourna la tête et il vit arriver sur l’arrière du bateau une vague gigantesque. Je l’entendis murmurer ´Mon Dieu!!!’ et le mur d’eau s’abattit sur nous. Le bâtiment se coucha sur bâbord, tout ce qui n’était pas fixé vola en l’air, les marins surpris furent percutés contre les cloisons et ceux qui étaient dans leurs couchettes se retrouvèrent projetés par terre. Lentement le bateau retrouva son équilibre, les dégâts étaient énormes et de nombreux marins étaient blessés, certains avaient un bras ou une jambe cassée. »

C’est le récit que nous fait l’aide cuisinière lorsque Marleen lui demande si les bateaux sortent par tous les temps. Sa réponse est oui et elle nous relate l’incident qu’elle a vécu il y a deux ans.

Nous faisons la traversée de Gand à Göteborg avec un RORO, le Primula Seaways de la compagnie DFDS. Le bateau quitte Gand à minuit vendredi soir, remonte le canal de Gand à Terneuzen, prend ensuite l’Escaut et la mer du Nord. Vingt-neuf heures plus tard, le dimanche matin à 05:00, il fait une escale de deux heures à Brevik en Norvège.

Nous restons à bord et débarquons dix heures plus tard, à Göteborg en Suède, on est dimanche, il est 15:00.

Notre intention est de remonter vers Oslo par la route côtière suédoise.

Le Primula transporte des remorques de camions et une dizaine d’engins de chantier à chenilles, des tracteurs et des pelles-rétro de la marque Volvo. À un niveau supérieur, deux étages sous le niveau du poste de commande, 5 cabines doubles et 5 cabines simples acceptent des passagers. Leurs voitures ou leurs camping cars, comme c’est notre cas, prennent place en bas entre les camions et les pelles-rétro.

Pour ce voyage-ci nous sommes 9 passagers à aller en Norvège. Les cabines sont à tribord, ainsi que le mess et le salon. L’équipage est logé au même niveau, à bâbord.

Pendant tout le trajet la mer est calme, nous sommes bercé par un agréable roulis. Lors de la visite du poste de commande, j’observe que l’inclinaison vers bâbord et vers tribord n’excède jamais 10°. 

Robin, un jeune officier suédois nous présente le tableau de bord et les instruments qui permettent de diriger le bateau. 

Tout est automatisé, la barre à roue et la célèbre colonne avec au centre un compas et de part et d’autre deux manettes qui basculent le long des inscriptions ‘stop, idle,…,fast forward’ ont fait place à de grands écrans en couleur. Ils sont alignés horizontalement, deux radars, une carte marine, la position du bateau, et plus encore. Le local de commande prend toute la largeur du bateau, à chaque extrémité, un dédoublement des commandes et des indications principales permettent aux officiers, avec une vue parfaite, de piloter le bateau dans les ports, pour les manœuvres d’amarrage. 

Le prix du trajet inclus les repas, un petit déjeuner à l’anglaise et un plat chaud midi et soir.

Les horaires sont stricts, une demi heure est prévue pour chaque repas. Entre deux, le buffet reste ouvert avec pain, thé café, gâteaux et boissons fraîches. 

Un salon est adjoint au mess, des fauteuils confortables et une télé grand écran et pléthore de DVD’s permet aux amateurs de se divertir.

Par contre il n’y a pas de signal WiFi, sauf lorsque la côte n’est pas trop éloignée, mon iPhone compte la Hollande, le Danemark et la Norvège. 

Arrivés à Göteborg, on quitte le bateau en premier et on roule jusqu’à un camping situé au pied de la forteresse Bohus, à une vingtaine de kilomètres au nord de notre endroit s’amarrage.

La Roulotte est amarrée, j’aime bien ce terme, face à la rivière. On pourrait nager mais l’eau est froide et nous préférons prendre une douche chaude.

C’est la première étape de notre voyage nordique.

Suite au prochain numéro

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19 – 21 – La Norvège en Camping Car, Guislain et le SMAK

Le commun des mortels, moi-y-compris, sont persuadés qu’avant la découverte du pétrole en 1969, la Norvège était un pays pauvre. 

J’ai eu la curiosité de vérifier cette affirmation et elle est à la fois vraie et fausse. 

Fausse, car il s’avère qu’à partir des années 30-40, longtemps avant l’exploitation des gisements pétroliers marins, la Norvège était plus riche que la Suisse et son PNB était le plus élevé des pays européens. 

Vraie, car cent ans en arrière, à l’instar de l’Irlande et de la Suède, la famine avait touché le pays. Entre 1825 et le début du vingtième siècle, un millions de norvégiens ont émigré vers les États Unis.

Il y a une vingtaine d’années, au mois de mai, à bord du Harald Jarl, nous avons fait la Hurtigruten, de Bergen à Kirkenes. Onze jours de navigations, 36 ports à l’aller et autant au retour.

Les fjords vus de la mer.

En décembre dernier, j’ai réservé une cabine et un emplacement pour la Roulotte sur le Primula Seaways, un des bateaux de la compagnie DFDS. Cet armateur assure une liaison journalière entre Gand et Göteborg en Suède. Des navires RORO transportent la production des voitures Volvo sorties de l’usine d’assemblage à Gand, mais ils prennent aussi quelques passagers et leur camping cars.

Le départ est prévu pour vendredi à 22:00. On doit arriver à Göteborg dimanche à 15:00.

On sera à 150 km au sud de la frontière norvégienne.

Il y a deux semaines, de retour à Gand venant de Paris, le Chat Lune a été confié au chantier naval Carron Marine à Zelzate.

Nous avons transféré un certain nombre d’objets du bateau vers le mobile home et ensuite complété l’avitaillement du véhicule.

Ces occupations ne nous ont pas empêché d’aller visiter quelques expositions.

Au musée de l’hôpital psychiatrique du Dr.Guislain, deux artistes soviétique exposent ‘Les Archives Transsylvaniennes Agent N37 et le dossier yéti’.

Marta Volkova et Slava Shevelenko partent de l’idée que les services secrets soviétiques ont mené des recherches sur le yéti. Au moyens de documents du KGB, de quelques parties du corps de l’abominable homme des neiges et de leur imagination débridées, les deux artistes nous offrent une reconstitution du fruit des recherches des services secrets.

Les auteurs expliquent que les lettres des commentaires des planches exposées sont grandes car Nicolas Ceaucescu ne voyait plus très bien. 

Le reportage est surprenant, les documents paraissent réels, on se laisse presque prendre au jeu. 

Dans la salle adjacente, les deux compères présentent le ‘Tungusca scarabées’ un scarabée capable de prendre la forme de n’importe quel objet auquel il est confronté, y compris une pièce de monnaie en or. 

Les planches et les objets exposés sont digne d’une salle d’un musée d’histoire naturelle, le scarabée existe.

Nous ne quittons jamais le musée Guislain sans aller admirer la section d’Art Brut. Le curateur change régulièrement les œuvres exposées.

À l’occasion de son vingtième anniversaire, le S.M.A.K. présente ‘De Collectie (I): Highlights for a Future’. On peut y voir 200 oeuvres qui retracent les acquisitions du musée, de son inauguration en 1999 à nos jours. Les plus anciennes ou les plus classiques, tel que la bétonneuse en bois sculpté de Wim Delvoye, la peau de cheval de Berlinde De Bruykere et les dessins de Borremans nous touchent plus que la feuille de papier blanche avec un anneau doré épinglé au bas ou la bicyclette chargée de charbon de bois.

Marleen et moi sommes frappés par la similitude entre les œuvres d’Art Brut du musée Guislain et celles des artistes de l’Art Contemporain du SMAK. Tous un peu fous?

Rentrés à la maison, je me suis empressé de créer une œuvre d’art contemporain, voir ci-dessus.

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19 – 20 De Paris à Gand

Cette galerie contient 18 photos.

Apollo m’appelle sur le canal 10. Il a entendu qu’un cadavre flotte dans le bief devant l’écluse de Guelzin, il y a un risque d’arrêt de navigation. Au téléphone, l’éclusier de Guelzin me confirme l’arrêt de navigation. « Je n’en sais … Lire la suite

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19 – 19 – Bouddha, la Légende Dorée, Frans Hals et le Tokaidô

Siddhartha Gautama est issu d’une famille riche,  il naquit et vécu cinq siècles avant notre ère. À l’âge de 29 ans, après une jeunesse dorée, le mot est approprié, il quitte le confort familial pour développer et prêcher la philosophie que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de Bouddhisme. 

Le musée Guimet lui consacre une exposition intitulée Bouddha, la Légende Dorée.

À 80 ans, le Bouddha meurt et rejoint son nirvâna. 

On apprend à connaître sa vie, son évolution philosophique, ses quatre postures et les six gestes des mains les plus significatifs. 

Ça nous permet de déchiffrer le gestuel des figurines de Bouddha que Marleen et Genevieve récoltent dans les vides greniers et les brocantes. 

Une de nos activités favorites, en dehors d’arpenter les couloirs des musées, est de chiner chez les brocanteurs dont c’est le métier et chez les privés qui se débarrassent des objets qui les encombrent.

Si vous partagez la même passion, consultez le lien suivant: https://vide-greniers.org/75-Paris

Sachez que l’icône orange qui représente un ancien moulin à café, indique un marché combiné de brocanteurs et de particuliers, alors que le sigle noir en forme de vase, marque les brocanteurs professionnels. Dans les territoires aisés, tel que le 16e, le 6e ou le Marais, ces derniers se prennent pour des antiquaires et leurs prix sont en conséquence. 

Ci-dessous en vrac, quelques photos des Bouddhas de la récolte de Marleen.

‘La Famille Van Campen dans un paysage’, ‘Les Enfants de la Famille Van Campen’ et ‘Tête d’un jeune garçon’ sont trois tableaux de Frans Hals qui proviennent d’une seule toile de 3,80 m de large. 

Elle fut découpée et ce n’est qu’en 2016, qu’une restauration mit en évidence le tableau original dans son entièreté, y compris, la partie perdue, à voir à droite en bas dans le tableau reconstitué, ci-dessous.

Les trois tableaux existants et l’histoire de l’enquête scientifique réalisée en 2016 par des restaurateurs Bruxellois sont à admirer à la Fondation Custodia, rue de Lille à Paris. 

Le ticket d’entrée du musée Guimet donne droit à une deuxième visite. Lundi, nous avons admiré l’exposition des Bouddhas au sous-sol. Guimet est un des rares musées de la ville, ouvert ce jour et ferme le mardi.

Jeudi de la même semaine, On retourne voir dans la rotonde au deuxième étage, les estampes des cinquante-trois stations du Tokaidō, d’Utagawa Hiroshige.

Le Tokaidō est un itinéraire qui au douzième siècle, relie Kyoto, résidence de l’Empereur, à Edo (Tokyo), capitale et résidence du Shogun.

Je livre ci-dessous une sélection de photos prises avec mon iPhone.

Pour plus de détails, voir https://www.guimet.fr/event/sur-la-route-du-tokaido/

Une autre exposition parle de la même route.

Dans mon billet du 19 mai dernier, je relate notre visite au centre Culturel du Japon à Paris qui présente une exposition intitulée ‘Ôtsu-e’ ou « images d’Ôtsu ». Ce sont des peintures vendues aux voyageurs et aux pèlerins qui empruntaient le Tokaidô.

Nous vivons notre dernière semaine parisienne de notre saison fluviale de 2019. Demain lundi, le Chat Lune lâchera ses amarres pour remonter vers le nord. 

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