19 – 27 Svindland Camping, Karmøya, Varhaug et Fôresvik

Au droit de Egersund, les vagues qui traversent la Manche rencontrent celles qui viennent du nord de l’Ecosse. À leur point de rencontre, elles se neutralisent et la marée est nulle. C’est le point amphidromique de la marée. Grâce à ce phénomène, les maisons en bois et les abris à bateaux de Egersund sont les mieux conservés de Norvège. 

On apprend ça en lisant les panneaux explicatifs placés dans un parking à quelques kilomètres de   la ville côtière. 

Nous poursuivons notre remontée vers le Nord en longeant la côte ouest par la route 44. 

À Feda, le long du Fedalfjorden on s’arrête au Svindland Camping. On y reste deux nuits, le temps pour Marleen de faire quelques lessives. Les machines tournent, il pleut des cordes toute la journée, notre intention de nous promener tombe à l’eau, si j’ose dire.

De la roulotte nous avons une vue sur le petit lac qui borde le camping. Lorsque nous sortons pour aller mettre le linge de la machine à laver dans le séchoir, un canard solitaire vient nous saluer. La propriétaire du camping nous s’explique qu’il est arrivé ici il y a trois mois, peut-être abandonné par un campeur de passage. Tout le monde sait que le pain est mauvais pour les canards, aussi le mari de la dame s’est empressé d’acheter 25 kg de nourriture pour poussins, qu’elle lui sert tout les soir dans une écuelle. Les pattes dans le lac, le canard picore quelques graines, lève le bec, le trempe dans l’eau et avale la bèquetée. 

La dame est inquiète pour l’hiver. Je le mettrai dans ma grange, nous confie-t-elle.

Notre itinéraire nous conduit à Stavanger. C’est la troisième plus grande ville du pays, la capitale de l’industrie off-shore.

Le trafic est fluide, n’empêche que nous tournons en rond pour trouver un emplacement de parking. On se gare près du Musée du Pétrole, dans le port, au pied de la vieille ville. Le Silhouette, un gigantesque bateau de croisière a dégorgé ses milliers de passagers, le tourisme de masse n’est pas notre tasse de thé. 

Quel contraste avec Varhaug où nous avons passé la nuit précédente, seuls le long de la mer du Nord, en face d’une chapelle entourée d’un vieux cimetière. Reconstruite dans les années ´50, elle est située sur un lieu de culte qui remonte à 1328.  

Pendant quelques heures nous parcourons la vieille ville, ses maisons multicolores en bois, ses boutiques à touristes et son MacDo. Ensuite on reprend la route. Plutôt que de contourner le Boknafjord par la route et les tunnels, notre guide français recommande de prendre à Randaberg, un ferry pour l’isle de Karmøya, dont il dit beaucoup de bien.

Nous suivons son conseil et sans vérifier le trajet, j’embarque la Roulotte sur le bateau. Par curiosité, je demande au conducteur qui vend les tickets de la traversée, pourquoi les gens prennent le ferry plutôt que le tunnel. Il se fend d’un grand sourire et nous explique qu’on s’est trompé de ferry et que depuis 2013, Karmøya n’est plus accessible par bateau et que celui sur lequel nous naviguons, ne va pas à Karmøya mais fait un vas-et-vient vers l’isle de Kvitsøy.

Il rajoute, en se marrant de plus belle, mais vous pouvez revenir avec nous dans l’autre sens, sans payer. 

On s’offre une croisière de deux fois 45 minutes pour 49€. La mer est houleuse, on tangue à l’aller et on tangue et on roule au retour. Nous faisons la traversée sur le gaillard avant et on se remplit les poumons d’une bonne brise fraîche, le Chat Lune nous a procuré un bon pied marin.

Au retour de notre excursion, on s’enfile dans les tunnels et on prend un autre ferry jusqu’à l’isle de Bokn. La traversée est courte, mais nous suivons l’exemple des conducteurs de camions qui se précipitent vers la cantine pour ingurgiter en vitesse un bœuf stroganoff avec du riz et une saucisse, purée de pommes de terre. Le café est compris dans les plats du jour. 

Le parking du port de Føresvik sur l’isle de Bokn est un endroit idéal pour passer la nuit. Nous trouvons souvent un emplacement sur les quais des ports. Parfois, ils sont payants mais ils offrent des sanitaires et de l’électricité. 

À Føresvik c’est un simple parking sans facilités.

Les paysages que nous traversons sont spectaculairement beaux. Les lacs et le fjords se succèdent. Forte de ses 170 CV, la Roulotte gravit des cols, descends les vallées, serpente les routes étroites. Régulièrement je dois m’arrêter dans un élargissement, pour laisser passer un véhicule qui vient en sens inverse. Je garde également un œil sur le rétroviseur et lorsqu’une ou plusieurs voitures plus rapides me suivent, je me range un instant de côté, pour les laisser me dépasser. Un coup de clignotant droit le remercie.

Nous remontons vers le nord par la route 13. C’est un axe obligatoire. Comparé à nos routes, il n’est pas très encombré, mais les deux sens sont utilisés par des camions, des voitures privées et de nombreux campings cars. Comme notre roulotte, c’est un moyen idéal pour visiter ce pays. Les photos ci-jointes donnent une idée, mais ne rendent pas à sa juste valeur la grandeur des décors que nous traversons.

Depuis que nous avons quitté le camping de Svindland, jeudi dernier, le temps s’est remis à un bel l’automne, les nuits sont fraîches, (10°C) mais les journées ensoleillées avec des passages nuageux. J’écris cette lettre, le lundi 9 septembre, aujourd’hui, le thermomètre a grimpé jusque 18°C, lorsque le soleil brillait. 

Nous remontons toujours vers le nord, ce sera le thème de prochain billet.  

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19 – 26 Arendal. Kristansand et le phare de Lindesnes

Dans le voyage ce n’est pas la destination qui compte, mais le chemin parcouru.

Cet adage est particulièrement vrai en Norvège. Le paysage est d’une beauté spectaculaire. Dans la mesure du possible nous ne prenons que les routes secondaires, comme la 41 et la 42 qui nous ont conduit de Rjukan à Arendal en passant par Treunden. Elles serpentes, montent et descendent en permanence, à travers des forêts de sapins, en longeant des falaises, des lacs et des fjords. À la sortie de chaque virage, la vue mérite une photo. Malheureusement, quand on les passe en revue le soir sur nos tablettes, on est déçu car les clichés ne rendent pas la grandeur de la réalité, heureusement, tout reste en mémoire.

Sur notre itinéraire nous traversons des villages et des petites villes. 

Pour identifier ce qui nous intéresse vraiment dans un endroit inconnu, il ne suffit pas de consulter nos deux guides. Internet est devenu aussi indispensable que la loupe à Sherlock Holmes. Sur Wikipedia je trouve toujours une description de la ville, son origine et son histoire. Généralement,  même les plus petites localités ont un site touristique avec leurs incontournables. Tripadvisor donne également une liste des 5, 10 ou 15 choses à faire et à voir dans un lieu concerné.

Il faut en plus consulter les forums et analyser les commentaires des touristes. Régulièrement leurs remarques sont contradictoires, lire entre les lignes demande réflexion. 

À Arendal nous sélectionnons le Bomuldsfabriken Kunsthall. En 1992, la municipalité achète les bâtiments et les terrains d’une ancienne filature pour en faire un musée d’art contemporain. Situé au pied d’une falaise, près d’une ancienne carrière, les architectes de la rénovation construisent un parcours aérien avec des passerelles en acier Corten. 

Le passage démarre au deuxième étage, à l’arrière du bâtiment. Il zigzague le long de la falaise et descend d’un côté par un escalier en bois jusqu’à l’entrée de l’ancienne carrière. De l’autre côté, le pont surplombe une ancienne décharge de ferraille. On l’interprète comme de l’art contemporain. De la falaise, une sculpture métallique représentant une baleine, pointe son nez vers le musée.

À l’intérieur, nous découvrons et nous aimons les œuvres de Louis Moe, un peintre et illustrateur Norvégien du siècle dernier. Dans une autre salle, Jan Håfstrøm, un artiste contemporain, nous séduit par son humour. Il a intitulé le tableau avec les deux camionnettes recouvertes d’un toile bleue, Kalifat. Voir ci-dessous.

De Arendal à Kristiansand, nous longeons la côte sud en passant par Grimstad et Lillesand. Ces deux petites villes côtières avec leurs maisons blanches, leurs marinas et leurs magasins sentent le tourisme d’été. Le musée de la marine à Lillesand est fermé depuis le 10 aout!

Les parkings en ville limitent le temps d’arrêt à 2hrs. Pour passer la nuit on trouve plus loin, un bel endroit le long du Kaldvellfjorden.

Le demain, le samedi 31 août, la roulotte « s’amarre » sur le parking du port de plaisance de Hanesbukta, à 6 km de Kristiansand. L’endroit est recommandé par le guide français. 

À Kristiansand, sur la place du marché, près de la cathédrale, nous découvrons un festival gastronomique des produits locaux. D’un stand à l’autre, on picore ici, un bout de saucisson, là, un morceau de fromage, un smørebrød avec du saumon, un verre de jus de pomme, notre lunch est servi, d’un bout à l’autre du marché. 

Avec 90.000 habitants, la ville est la cinquième du pays. Fondée en 1630 par le roi Christian IV, le centre est en damier et les rues se coupent perpendiculairement, « Kvadraturen ».

Au premier étage du SKML, le musée d’art de la ville on trouve des clichés de cinq photographes nordiques, dont Andres Peterson. L’étage supérieur est dédié à une sélection de la collection du financier Nicolai Tangen. Ce sont des œuvres d’art modernes d’artistes scandinaves, de 1930 à 1980. Asger Jorn du groupe Cobra est le seul nom que nous connaissions. Par contre, comme toujours, les tableaux offrent des ressemblances avec des œuvres de peintres de nos contrées. Les mouvements artistiques ne connaissent pas de frontières. 

Dimanche nous poursuivons notre chemin en empruntant les routes côtières jusqu’au phare de Lindesnes. C’est l’amer le plus au sud de la Norvège. On est à 2518 kilomètres du cap Nord. Le phare actuel est en fonte. Il a été construit en 1915. La première balise fut construite à cet endroit en 1656 pour marquer l’entrée du Skaggerak, le passage entre la mer du Nord et la mer Baltique.

Le lieu est devenu très touristique. La cafétéria vend un ticket d’entrée au site pour la modique somme de 50 NOK, soit l’équivalent de 5€. Nous grimpons en haut du phare et ensuite on fait les tours des anciennes fortification allemandes du mur de l’Atlantique. Il en reste des couloirs souterrains et des socles à canons en béton armé. 

À l’origine il y avait un deuxième phare situé à 3km plus à l’ouest, c’était pour que les bateaux ne confondent pas le phare de Lindesnes avec celui de Skagen, au nord du Danemark, à l’entrée de la Baltique. Il a été mis hors d’usage depuis que le phare actuel est équipé de lentilles Fresnel et de lampe halogène. 

Le centre d’information vend un certificat de passage. On y projette deux films. Un sur l’histoire de la côte sud de la Norvège et un sur les phares.  

Nous passons la nuit sur le parking au bas de l’édifice.

Mon prochain billet relatera notre remontée vers Stavanger.

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19 – 25 Telemark et le musée Z

Il ya quelques siècles, je ne connais pas la date précise, les habitants de la côte déconseillèrent aux cartographes hollandais d’aller explorer l’intérieur du Telemark. « L’endroit est truffé de bandits, l’alcoolisme est un fléau, vous n’en sortirez pas vivants. »

Aussi, comme vous pouvez le voir sur l’ancienne carte ci-dessus, le Telemark est une tache blanche avec au centre, le dessin d’un lac. 

L’histoire nous est rapportée par un des collectionneur du musée Z à Treungen. C’est une initiative privée. En 2010, Johan Ziener Thronsen, achète et rénove une série de hangars. Deux ans plus tard, il met les locaux à la disposition de collectionneurs privés, pour exposer leurs trésors. 

Notre guide a réuni au fil des ans une impressionnante collection objets relatifs à Walt Disney. « Uniquement ce qui a été fabriqué et vendu en Norvège », précise-t-il.

Au fil des salles nous découvrons, une cordonnerie, un cabinet dentaire, le cabinet d’un oculiste, un chapelier et des centaines de chapeaux, des vielles voitures, la cathédrale Notre Dame de Paris fabriquée avec des allumettes, des centaines d’anciens téléphones et tout ce qui tourne autour des centrales téléphoniques du siècle passé, je m’arrête ici. 

Le collectionneur des objets Walt Disney nous raconte quelques anecdotes. 

Vladimir Karpov, le fils du général Fjodor Karpov, ami intime du Tzar Nicolas III, fuit la révolution et se retrouve en Norvège à Treungen. Le riche aristocrate devient un pauvre norvégien. Pour subsister il vend à un orfèvre local la montre en or que le Tzar avait offert à son père. 

L’explorateur norvégien Roald Amundson, est le premier homme à avoir atteint le pôle sud, cinq semaines avant l’Anglais Robert Scott. Il réussit et survécut grâce au fait qu’il avait préalablement à son expédition, vécu pendant un an avec des esquimaux, pour apprendre à vivre dans des conditions polaires. Mais aussi, grâce à la provision de biscuits nourrissants que son frère lui avait préparé pour aider l’équipe à se nourrir pendant la tentative, sans devoir transporter de trop lourdes charges. À son retour, Amundson ramena les trois derniers gâteaux. On en voit un ici, encadré, avec la recette et la signature de l’explorateur.

Une autre vitrine comporte des figurines en bois peints. Ces objets furent fabriqué en secret par les prisonniers Russes que les Nazis exploitaient dans leurs usines d’armement en Norvège. Ils furent donnés en remerciement aux habitants norvégiens qui leur fournissaient en cachette de la nourriture.

Pour descendre de Rjukan vers le sud, nous empruntons les routes 41 et puis 42. Ces routes sont parallèles à la « 9 ». Plus étroites mais plus belles encore, selon les dires de notre guide français.

Au passage, à Eidborg on admire une petite Stave Kirke et plus loin au sud, nous découvrons le Musée Z dont je parle ci-avant.

À propos de guides, avant notre départ, j’ai acheté un guide de voyage en mobile home allemand, le « Womo Reihe band 15, Norwegen, Der Süden » et un guide français, « la Norvège en Van, édition Apogée ».

Ils se complètent mais il est amusant de constater la différence culturelle entre les deux pays.

L’allemand est précis, avec des cartes détaillées et un itinéraire de 18 stations. Les descriptions sont au kilomètre près, avec les endroits où s’arrêter et les choses à voir, les musées, les haltes pour passer la nuit, gratuitement ou pas, les campings, les endroits pour se baigner, etc. 

L’itinéraire parcourt le sud de la Norvège dans le sens des aiguilles d’une montre, au départ de Halden et retour. Les 18 stations sont programmées pour être faites en six semaines à deux mois.

Waltraud Roth-Schultz et Reinhard Schultz ont fait un métier d’écrire des guides pour les voyageurs en mobile home. Leurs ouvrages sont agréable à consulter car précis et ponctué d’anecdotes personnelles. 

Le guide français est un roman, agréable à lire. Les premiers chapitres comprennent les informations nécessaires au camping en Norvège. Ensuite, les auteurs ont découpé le pays en sept zones, chacune agrémentée d’une carte sommaire. Ils ont parcouru le pays pendant deux mois du sud au nord, à bord d’un Mercedes Marco Polo. 

Clémence Polge fait de très belles photos, et Thomas Courbet écrit les textes. Ils décrivent et illustrent les choses qu’ils ont aimées, les endroits où il se sont arrêtés et où ils ont passé la nuit. Ils transmettent avec enthousiasme le plaisir qu’ils ont eu à faire ce voyage, leurs rencontres et leurs aventures sportives.

Pour préparer notre itinéraire journalier, j’utilise ces deux guides ainsi qu’internet. 

Jusqu’à ce jour, nous avons eu une couverture téléphonique très large. Même dans les endroits éloignés d’une ville, on capte un signal qui nous permet d’écrire et de faire des recherches.

Dans mon prochain billet, je parlerai du musée d’art contemporain d’Arendal, de Kristiansand et du phare de Lindenes. 


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19 – 24 Norsk Hydro, Notodden et Rjukan. Gaustatoppen.

L’air que nous respirons est composé de 78% d’azote (N2), de 20% d’oxygène (O2), de 1% d’argon (Ar), de 0,04% de dioxyde de carbone (CO2) et de petites quantités d’autres gaz.

En 1905, l’année de l’indépendance de la Norvège, l’ingénieur Sam Eyde, le physicien Kristian Birkeland et le juriste et banquier Suédois Marcus Wallenberg fondent à Notodden et à Rjukan le complexe Norsk Hydro.

Ils eurent l’idée d’utiliser la puissance hydraulique de la région pour extraire l’azote de l’air ambiant et fabriquer du fertilisant, le nitrate de calcium. L’arc électrique est utilisé pour chauffer l’air à 3000 Celsius et ainsi séparer les éléments de la molécule d’azote. 

Le chutes d’eau de Svelgfoss et Rjukanfoss furent canalisées pour alimenter deux centrales hydroélectriques. En 1911 la centrale électrique Vemork à Rjukan était la plus puissante au monde.

L’électricité produite servait également à fabriquer de l’eau lourde. Pendant le deuxième guerre mondiale, les Nazis projetèrent d’utiliser cette matière dans la fabrication d’une bombe atomique. 

L’usine fut l’objet de sabotages et de bombardements par les Allies et les résistants Norvégiens.

Le dernier épisode de l’histoire est le sabordage par les Norvégiens du ferry D/F Hydro qui transportait toute la production d’eau lourde, de l’usine vers un lieu plus sûr. 

Les cinéphiles se souviennent du film « Les Héros de Telemark », sorti en 1965 avec Kirk Douglas et Richard Harris dans les rôles principaux.

Le 5 juillet 2015, l’Héritage Industriel Rjukan-Notodden fut inscrit au Patrimoine Mondial de Nations Unies.

Nous visitons les sites de Rjukan et Notodden et l’usine de Vemork qui est devenu un musée après l’arrêt de la centrale en 1971.

À Notodden, nous logeons deux nuit sur un Bobilcamp. C’est un grand parking destinés aux mobile homes. La nuitée coûte 150 NOK soit l’équivalent d’un peu plus de 15€. L’équipement est spartiate. Des bornes électriques sont disponibles en suffisance mais les sanitaires (payants) et la décharge pour WC chimique se trouvent sur le parking de la marina voisine.

On dénombre en Norvège, 28 églises en bois, également appelées églises à piliers de bois ou « Stavkirke ». La plus grande se trouve à Heddal, sur la route 134 entre Notodden et Rjukan.

À 250 mètres de là, en hauteur, on peut se promener dans un musée en plein air avec des fermes en bois et des granges datant du 18ème siècle. 

Pour aller de Notodden à Rjukan, notre guide allemand « Mit der Wohnmobil nach Norwegen, Teil 1: Der Süden » recommande de prendre la route de montagne qui mène au Gaustatoppen, le sommet le plus élevé du Telemark, 1883 mètres au dessus du niveau de la mer.

On a franchi la ligne des arbres. Le paysage est désertique, de l’herbe de montagne et des rochers couverts de lichen vert. 

Le grand parking, situé en haut du col, au pieds du sommet, est rempli de voitures. On est dimanche, les courageux, femmes, hommes et enfants, s’y sont donné rendez-vous. La famille chausse des bottines de marches, enfile des vestes de marcheurs, et le sac à dos rempli de sandwichs et de bouteilles d’eau, se met en route vers le sommet. 

Lequel sommet est à 4,5 km plus loin et 600 m plus haut. Nous n’envisageons même pas la chose. 

Plus bas dans la descente vers Rjukan, nous rangeons la Roulotte en contrebas de la route, au milieu d’un troupeau de moutons curieux. Je dois repousser une mère et ses deux ados qui font mine de vouloir explorer l’intérieur de notre véhicule. 

Après le lunch et la sieste journalière, nous roulons jusque Rjukan. On se gare le long du Teivopark, en face du collège de la ville. On s’attendait, lundi matin, à être réveillé par des écoliers bruyants et joyeux de rejoindre leurs bancs de classe. Rien de tout ça, la jeunesse norvégienne rentre dans l’institution, sans bruit, pas de chants, pas de cris, un simple bonjour souriant à notre égard, lorsqu’on les scrute. 

Après le muesli, nous montons visiter le musée de Vemork, l’ancienne centrale hydraulique. 

Mon prochain billet traitera de la traversée du Telemark.

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19 – 23 Bohus, Nordisk Akvarellmuseet, Pinela, Fredericksten Festning

Il est dimanche le 18 août à 15:00, lorsqu’on débarque du Primula Seaways. Nous décidons de ne pas nous arrêter à Göteborg, on explorera la ville à notre retour. Sur le chemin du retour, nous envisageons de prendre ici un ferry pour le Danemark.

Wim, un ancien collègue et ami sur FB, nous recommande chaudement de visiter la ville et le musée Volvo. C’est noté Wim.

On passe la nuit à Kungälv, une vingtaine de kilomètres au nord de Göteborg. Le citycamp est situé en face de la forteresse de Bohus. 

À l’entrée du fort, un panneau indique que les visites se terminent aujourd’hui, le 18 août, l’été finit tôt en Suède.

Le lendemain, sur l’E6 vers la Norvège, Marleen repère sur le panneau brun aux lettres blanches, Nordiska Akvarellmuseet. 

Nous venons de quitter Kungälv avec l’intention d’aller jusque Halden, mais nous ne pouvons pas laisser passer un musée de l’aquarelle. 

On sort de l’autoroute et nous virons vers l’ouest sur l’île de Tjörn en direction de Skärhamn où se trouve le musée. 

J’en profite pour reprogrammer le GPS Garmin 770 en mode « éviter les autoroutes ». On ira moins vite, mais c’est plus beau et nous avons le temps.

Le musée offre une exposition temporaire des œuvres de Mats Gustafson, un artiste Suédois qui vit à New York.

L’aquarelliste, né en 1951, commence sa carrière comme illustrateur pour des revues de mode internationales. On retrouve ses compositions dans Vogues, le New Yorker et Visionnaire. Il crée des publicités pour Hermès, Christian Dior, Tiffany & Co., Yohji Yamamoto et Comme des Garçons. 

En dehors de la pub, il peint des portraits, des rochers et des têtes de biches. Sa technique est remarquable, j’en suis soufflé, j’ai envie de balancer mes pinceaux et mes couleurs. 

Réflexion faite, je me ravise car, comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, les maîtres disent qu’il faut dix ans pour maîtriser l’aquarelle, il me reste sept ans et demi à travailler. 

Je n’ai pas peint grand chose les derniers jours, je dois m’y remettre.

Plus tard dans la journée, dans les hauteurs de l’île de Tjörn, on se promène entre les moutons et les sculptures du parc Pinela. Nous sommes toujours en Suède.

La ville de Halden est située un brin au nord de la frontière avec la Suède. Sur la route secondaire que nous empruntons pour la rejoindre, il n’y a pas de poste frontière. Par contre, on se fait arrêter par une équipe volante. La mignonne douanière blonde nous demande où nous allons et si nous avons déjà été en Norvège par le passé. J’explique que nous avons l’intention d’explorer le sud du pays pendant plusieurs semaines. Je rajoute qu’il y a quelques années, nous avons pris le Harald Jarl, un bateau de la Hurtigruten, un ferry mixte qui fait en 11 jours, le trajet de Bergen à Kirkenes et retour. Mon explication lui donne satisfaction, et sans autre forme de procès, elle éponge les goutes de pluie sur son visage et elle nous souhaite un bon séjour en Norvège. 

À Halden nous logeons dans un camping situé dans l’enceinte de la forteresse de Frederiksen.

L’idée de loger en haut de la ville au cœur d’un ancien bastion est séduisante.

La visite d’Oslo figurait en haut sur notre liste des choses à faire en Norvège.

Je consulte, je lis, j’étudie les guides et les publications que nous avons récolté à ce sujet.

Je prend note de tout ce qui nous intéresse et j’établis un agenda détaillé, jour après jour, à l’heure près.

Pourtant, le soir du deuxième jour dans la citadelle, en admirant du haut des remparts, le coucher du soleil sur le port de Halden, on décide d’oublier Oslo, ses musées, le Oslo Pass, les bus, les trams, le métro, les embouteillages, les difficultés de parking et les campings hors ville. 

Aussi jeudi, le 24 août, sous un ciel gris et une pluie battante qui limite la visibilité à moins de

100 m, nous partons vers l’ouest, en laissant Oslo au nord de notre trajet. On traverse Askim, Drøbak, Asker, Drammen et après 200 km, on campe en sauvage un peu en dehors de Kongsberg. 

Vendredi le soleil est revenu. Ce sera pour le prochain billet.

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19 – 22 En route vers la Norvège avec DFDS

« La tempête faisait rage. Dans le poste de commande, le capitaine tourna la tête et il vit arriver sur l’arrière du bateau une vague gigantesque. Je l’entendis murmurer ´Mon Dieu!!!’ et le mur d’eau s’abattit sur nous. Le bâtiment se coucha sur bâbord, tout ce qui n’était pas fixé vola en l’air, les marins surpris furent percutés contre les cloisons et ceux qui étaient dans leurs couchettes se retrouvèrent projetés par terre. Lentement le bateau retrouva son équilibre, les dégâts étaient énormes et de nombreux marins étaient blessés, certains avaient un bras ou une jambe cassée. »

C’est le récit que nous fait l’aide cuisinière lorsque Marleen lui demande si les bateaux sortent par tous les temps. Sa réponse est oui et elle nous relate l’incident qu’elle a vécu il y a deux ans.

Nous faisons la traversée de Gand à Göteborg avec un RORO, le Primula Seaways de la compagnie DFDS. Le bateau quitte Gand à minuit vendredi soir, remonte le canal de Gand à Terneuzen, prend ensuite l’Escaut et la mer du Nord. Vingt-neuf heures plus tard, le dimanche matin à 05:00, il fait une escale de deux heures à Brevik en Norvège.

Nous restons à bord et débarquons dix heures plus tard, à Göteborg en Suède, on est dimanche, il est 15:00.

Notre intention est de remonter vers Oslo par la route côtière suédoise.

Le Primula transporte des remorques de camions et une dizaine d’engins de chantier à chenilles, des tracteurs et des pelles-rétro de la marque Volvo. À un niveau supérieur, deux étages sous le niveau du poste de commande, 5 cabines doubles et 5 cabines simples acceptent des passagers. Leurs voitures ou leurs camping cars, comme c’est notre cas, prennent place en bas entre les camions et les pelles-rétro.

Pour ce voyage-ci nous sommes 9 passagers à aller en Norvège. Les cabines sont à tribord, ainsi que le mess et le salon. L’équipage est logé au même niveau, à bâbord.

Pendant tout le trajet la mer est calme, nous sommes bercé par un agréable roulis. Lors de la visite du poste de commande, j’observe que l’inclinaison vers bâbord et vers tribord n’excède jamais 10°. 

Robin, un jeune officier suédois nous présente le tableau de bord et les instruments qui permettent de diriger le bateau. 

Tout est automatisé, la barre à roue et la célèbre colonne avec au centre un compas et de part et d’autre deux manettes qui basculent le long des inscriptions ‘stop, idle,…,fast forward’ ont fait place à de grands écrans en couleur. Ils sont alignés horizontalement, deux radars, une carte marine, la position du bateau, et plus encore. Le local de commande prend toute la largeur du bateau, à chaque extrémité, un dédoublement des commandes et des indications principales permettent aux officiers, avec une vue parfaite, de piloter le bateau dans les ports, pour les manœuvres d’amarrage. 

Le prix du trajet inclus les repas, un petit déjeuner à l’anglaise et un plat chaud midi et soir.

Les horaires sont stricts, une demi heure est prévue pour chaque repas. Entre deux, le buffet reste ouvert avec pain, thé café, gâteaux et boissons fraîches. 

Un salon est adjoint au mess, des fauteuils confortables et une télé grand écran et pléthore de DVD’s permet aux amateurs de se divertir.

Par contre il n’y a pas de signal WiFi, sauf lorsque la côte n’est pas trop éloignée, mon iPhone compte la Hollande, le Danemark et la Norvège. 

Arrivés à Göteborg, on quitte le bateau en premier et on roule jusqu’à un camping situé au pied de la forteresse Bohus, à une vingtaine de kilomètres au nord de notre endroit s’amarrage.

La Roulotte est amarrée, j’aime bien ce terme, face à la rivière. On pourrait nager mais l’eau est froide et nous préférons prendre une douche chaude.

C’est la première étape de notre voyage nordique.

Suite au prochain numéro

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19 – 21 – La Norvège en Camping Car, Guislain et le SMAK

Le commun des mortels, moi-y-compris, sont persuadés qu’avant la découverte du pétrole en 1969, la Norvège était un pays pauvre. 

J’ai eu la curiosité de vérifier cette affirmation et elle est à la fois vraie et fausse. 

Fausse, car il s’avère qu’à partir des années 30-40, longtemps avant l’exploitation des gisements pétroliers marins, la Norvège était plus riche que la Suisse et son PNB était le plus élevé des pays européens. 

Vraie, car cent ans en arrière, à l’instar de l’Irlande et de la Suède, la famine avait touché le pays. Entre 1825 et le début du vingtième siècle, un millions de norvégiens ont émigré vers les États Unis.

Il y a une vingtaine d’années, au mois de mai, à bord du Harald Jarl, nous avons fait la Hurtigruten, de Bergen à Kirkenes. Onze jours de navigations, 36 ports à l’aller et autant au retour.

Les fjords vus de la mer.

En décembre dernier, j’ai réservé une cabine et un emplacement pour la Roulotte sur le Primula Seaways, un des bateaux de la compagnie DFDS. Cet armateur assure une liaison journalière entre Gand et Göteborg en Suède. Des navires RORO transportent la production des voitures Volvo sorties de l’usine d’assemblage à Gand, mais ils prennent aussi quelques passagers et leur camping cars.

Le départ est prévu pour vendredi à 22:00. On doit arriver à Göteborg dimanche à 15:00.

On sera à 150 km au sud de la frontière norvégienne.

Il y a deux semaines, de retour à Gand venant de Paris, le Chat Lune a été confié au chantier naval Carron Marine à Zelzate.

Nous avons transféré un certain nombre d’objets du bateau vers le mobile home et ensuite complété l’avitaillement du véhicule.

Ces occupations ne nous ont pas empêché d’aller visiter quelques expositions.

Au musée de l’hôpital psychiatrique du Dr.Guislain, deux artistes soviétique exposent ‘Les Archives Transsylvaniennes Agent N37 et le dossier yéti’.

Marta Volkova et Slava Shevelenko partent de l’idée que les services secrets soviétiques ont mené des recherches sur le yéti. Au moyens de documents du KGB, de quelques parties du corps de l’abominable homme des neiges et de leur imagination débridées, les deux artistes nous offrent une reconstitution du fruit des recherches des services secrets.

Les auteurs expliquent que les lettres des commentaires des planches exposées sont grandes car Nicolas Ceaucescu ne voyait plus très bien. 

Le reportage est surprenant, les documents paraissent réels, on se laisse presque prendre au jeu. 

Dans la salle adjacente, les deux compères présentent le ‘Tungusca scarabées’ un scarabée capable de prendre la forme de n’importe quel objet auquel il est confronté, y compris une pièce de monnaie en or. 

Les planches et les objets exposés sont digne d’une salle d’un musée d’histoire naturelle, le scarabée existe.

Nous ne quittons jamais le musée Guislain sans aller admirer la section d’Art Brut. Le curateur change régulièrement les œuvres exposées.

À l’occasion de son vingtième anniversaire, le S.M.A.K. présente ‘De Collectie (I): Highlights for a Future’. On peut y voir 200 oeuvres qui retracent les acquisitions du musée, de son inauguration en 1999 à nos jours. Les plus anciennes ou les plus classiques, tel que la bétonneuse en bois sculpté de Wim Delvoye, la peau de cheval de Berlinde De Bruykere et les dessins de Borremans nous touchent plus que la feuille de papier blanche avec un anneau doré épinglé au bas ou la bicyclette chargée de charbon de bois.

Marleen et moi sommes frappés par la similitude entre les œuvres d’Art Brut du musée Guislain et celles des artistes de l’Art Contemporain du SMAK. Tous un peu fous?

Rentrés à la maison, je me suis empressé de créer une œuvre d’art contemporain, voir ci-dessus.

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19 – 20 De Paris à Gand

Cette galerie contient 18 photos.

Apollo m’appelle sur le canal 10. Il a entendu qu’un cadavre flotte dans le bief devant l’écluse de Guelzin, il y a un risque d’arrêt de navigation. Au téléphone, l’éclusier de Guelzin me confirme l’arrêt de navigation. « Je n’en sais … Lire la suite

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19 – 19 – Bouddha, la Légende Dorée, Frans Hals et le Tokaidô

Siddhartha Gautama est issu d’une famille riche,  il naquit et vécu cinq siècles avant notre ère. À l’âge de 29 ans, après une jeunesse dorée, le mot est approprié, il quitte le confort familial pour développer et prêcher la philosophie que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de Bouddhisme. 

Le musée Guimet lui consacre une exposition intitulée Bouddha, la Légende Dorée.

À 80 ans, le Bouddha meurt et rejoint son nirvâna. 

On apprend à connaître sa vie, son évolution philosophique, ses quatre postures et les six gestes des mains les plus significatifs. 

Ça nous permet de déchiffrer le gestuel des figurines de Bouddha que Marleen et Genevieve récoltent dans les vides greniers et les brocantes. 

Une de nos activités favorites, en dehors d’arpenter les couloirs des musées, est de chiner chez les brocanteurs dont c’est le métier et chez les privés qui se débarrassent des objets qui les encombrent.

Si vous partagez la même passion, consultez le lien suivant: https://vide-greniers.org/75-Paris

Sachez que l’icône orange qui représente un ancien moulin à café, indique un marché combiné de brocanteurs et de particuliers, alors que le sigle noir en forme de vase, marque les brocanteurs professionnels. Dans les territoires aisés, tel que le 16e, le 6e ou le Marais, ces derniers se prennent pour des antiquaires et leurs prix sont en conséquence. 

Ci-dessous en vrac, quelques photos des Bouddhas de la récolte de Marleen.

‘La Famille Van Campen dans un paysage’, ‘Les Enfants de la Famille Van Campen’ et ‘Tête d’un jeune garçon’ sont trois tableaux de Frans Hals qui proviennent d’une seule toile de 3,80 m de large. 

Elle fut découpée et ce n’est qu’en 2016, qu’une restauration mit en évidence le tableau original dans son entièreté, y compris, la partie perdue, à voir à droite en bas dans le tableau reconstitué, ci-dessous.

Les trois tableaux existants et l’histoire de l’enquête scientifique réalisée en 2016 par des restaurateurs Bruxellois sont à admirer à la Fondation Custodia, rue de Lille à Paris. 

Le ticket d’entrée du musée Guimet donne droit à une deuxième visite. Lundi, nous avons admiré l’exposition des Bouddhas au sous-sol. Guimet est un des rares musées de la ville, ouvert ce jour et ferme le mardi.

Jeudi de la même semaine, On retourne voir dans la rotonde au deuxième étage, les estampes des cinquante-trois stations du Tokaidō, d’Utagawa Hiroshige.

Le Tokaidō est un itinéraire qui au douzième siècle, relie Kyoto, résidence de l’Empereur, à Edo (Tokyo), capitale et résidence du Shogun.

Je livre ci-dessous une sélection de photos prises avec mon iPhone.

Pour plus de détails, voir https://www.guimet.fr/event/sur-la-route-du-tokaido/

Une autre exposition parle de la même route.

Dans mon billet du 19 mai dernier, je relate notre visite au centre Culturel du Japon à Paris qui présente une exposition intitulée ‘Ôtsu-e’ ou « images d’Ôtsu ». Ce sont des peintures vendues aux voyageurs et aux pèlerins qui empruntaient le Tokaidô.

Nous vivons notre dernière semaine parisienne de notre saison fluviale de 2019. Demain lundi, le Chat Lune lâchera ses amarres pour remonter vers le nord. 

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19 – 18 La Villette, Berthe Morisot et les brocantes

Berthe Morisot meurt à l’âge de 54 ans, le 2 mars 1895, d’une grippe contractée en soignant sa fille du même mal.

Très jeune, elle tourne le dos à l’enseignement académique. Avec Claude Monet, Auguste Renoir, Alfred Sisley, Camille Pissarro, Edgar Degas, elle est à l’origine du groupe d’avant-garde qui va devenir les impressionnistes.

Le musée d’Orsay a réuni une centaine d’œuvres provenant de sa propre collection ainsi que de collections privées et internationales. 

L’artiste est inspirée par les scènes de la vie courante des femmes parisiennes, élégantes dans leurs intérieurs. Elle peint également de nombreux portraits d’enfants. 

Nous aimons les quatre marines exposées.

Marleen me fait remarquer que certains tableaux n’ont pas l’air achevés. En effet, il s’avère que c’est une des caractéristique de l’artiste comme vous pouvez lire dans le texte suivant.

À chaque fois, la visite du musée d’Orsay est un émerveillement. En dehors de la beauté architecturale et des objets et peintures exposées, je ferme les yeux et j’entends les trains qui entrent en gare. 

Nos amis Genevieve et Bill terminent leur exode annuel au port de plaisance de La Villette.

Les bateaux qui résident au port de l’Arsenal ont chaque année l’obligation de quitter le port pendant 21 jours consécutifs. Cela doit se faire en été, pendant les mois de juin, juillet ou août.

Cette contrainte a l’avantage de libérer des emplacements pour les plaisanciers de passage, tel que le Chat Lune. Cela évite aussi que le port ne devienne un cimetière pour bateaux incapables de naviguer. 

À la brocante du pont Alexandre III, j’achète un couteau Méditerranée neuf dans son écrin d’origine et Marleen un masque asiatique en bois sculpté. 

La jeune brocanteuse, bien en chair et pleine d’énergie, tout en rangeant ses étales, nous explique qu’il y a deux ans, elle a acheté aux enchères, le lot complet d’un musée qui liquidait les accessoires de sa boutique, 7400 pièces. « J’ai vendu la moitié la première année. Ma stratégie est d’offrir à des prix très bas, des objets dont j’ai un grand nombre ». Elle montre comme exemple, une tête de bouddha en résine montée sur pied. « Dans son emballage d’origine avec garantie, le prix du musée est affiché 79€, j’en ai encore 83, vous pouvez l’avoir pour 20€ ». 

La jeune femme est amoureuse des États Unis et son rêve est de vendre sa maison et de partir ouvrir un zoo à Miami. Elle adore les animaux sauvages. 

« Mais j’ai un bébé de 4 mois et 10 jours et en plus, mon mari n’est pas enthousiaste pour quitter la France, » rajoute-t-elle. « Alors je rêve ». 

« C’est important les rêves », opine Marleen.


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19 – 17 Auxerre et l’origine du Chat Lune

C’est à Auxerre qu’en avril 2005 nous avons craqué pour notre Chat Lune. 

En décembre 2004, on avait vu un Linssen identique exposé au salon nautique de Paris, porte de Versailles. 

Nous n’étions pas particulièrement à la recherche d’un bateau à acheter, mais celui-là nous plaisait vraiment. Aussi, en avril 2005, avec une paire d’amis, nous louons à Auxerre, chez Paul Van Der Mije, le propriétaire du port Aquarelle et le concessionnaire de Linssen pour la France, pour une petite semaine, le Marie De Grâce, un Linssen Dutch Sturdy 320. 

Au retour de notre mini-croisière sur le canal du Nivernais, en amarrant le bateau dans le port, je crie à Paul, en boutade, « vous m’en mettrez deux ». Sur quoi il rétorque, « sur la même facture? ».

Paul est un excellent commerçant, nous sommes mûrs, et quelques heures plus tard, on signe le contrat d’achat du bateau. Il est en fabrication à Maasbracht, nous allons le voir et discuter des deniers détails de l’aménagement. Depuis lors, livré en mai 2005, il nous sert d’habitation, pendant quatre à six mois chaque année.

La semaine dernière, quinze saisons plus tard, nous amarrons le Chat Lune au quai du port de plaisance Aquarelle à Auxerre. 

Paul et son épouse Dominique ont vendu leur concession en 2012, à Mike Gardner-Roberts. Depuis lors, entre deux voyages, le couple réalise son rêve, l’aménagement complet d’une coque nue en acier que Paul avait acquis avec ce projet à l’esprit.

Remarquable bricoleur, aidé de Dominique pour l’esthétique et les finitions, Paul nous montre avec fierté leur bateau achevé. À l’instar du Chat Lune, il fait 10m sur 3,60m m. Par contre l’intérieur est très différent. La cabine avant comporte un double lit central et à l’emplacement de la cabine à l’arrière se trouve une large salon en U. Au dessus des fauteuils, Paul a prévu en diagonale, deux crochets d’attache pour accrocher le hamac auquel il tient beaucoup.

Les panneaux du revêtement intérieur sont en imitation de bois clair. Les coussins sont bleu nuit avec des petits dessins dorés. Le tout est d’un plus bel effet.

Nous restons trois nuits à Auxerre. J’en profite pour remplacer la pompe à eau potable qui est défaillante. Comme souvent lorsqu’on travaille sur un bateau, l’accès aux pièces à travailler est difficile. Dans le cas de la pompe à eau potable, cela relevait de la spéléologie. 

D’Auxerre à Paris on navigue sur l’Yonne, une des belles rivières de France. Il n’y avait pas beaucoup de trafic et lorsqu’on franchit une écluse seuls, on se retrouve également seuls dans le bief suivant. C’est un de nos plaisirs de naviguer pendant des heures entre la verdure qui borde le cours d’eau, sans voir un autre bateau et n’étendre que le chuchotement de l’eau déplacée par notre bateau et le chant des oiseaux. 

Le mardi 2 juillet, le dernier jour prévu avant d’arriver au port de l’Arsenal, on s’amarre au quai d’attente en amont de l’écluse d’Evry. 

« Always expect the unexpected », écrivait récemment sur son blog Jane, une amie américaine.

À peine amarrés, Rémi, le capitaine du port de l’Arsenal me téléphone pour me signaler que l’écluse est en panne pour quelques jours. 

Une péniche de spectacle, conduite par des artistes plus doués pour le théâtre que pour la navigation, a endommagé une des portes amont de l’écluse #9, celle qui sépare le port de la Seine. 

Les acteurs avaient mal amarrés leur bateau et à la bassinée montante, l’ancre qui se trouve à la proue du bateau, a accroché une traverse de la porte et l’a soulevée hors de ses gonds. 

Les attaches de la porte sont tordues et le joint en silicone de la fixation inférieure a sauté et se trouve au fond du bassin. 

La porte doit être soulevée, ce qui demande l’intervention d’une grue de 70T. L’opération aura lieu la nuit car le trafic du pont Morland doit être interrompu.

Rémi espère que nous pourrons accéder au port de l’Arsenal, samedi.

C’est le cas. Entre-temps nous passons deux nuits amarrés devant l’écluse d’Évry et deux nuit au port aux Cerises, un peu plus bas sur la Seine.

L’arrivée au port est toujours une fête, Béa nous aide à l’amarrage, Fabrice vient nous serrer la main et Carlos et Qing itou.

Le Chat Lune se sent chez lui au port de L’Arsenal.


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19 – 16 – l’Yonne et Moret-sur-Loing

La température dans le carré, le 29 juin 2019En août 2013, lors de la rénovation du barrage de Saint-Bond sur l’Yonne, à l’amont de Sens, un renard hydraulique provoqua l’effondrement d’une partie du bajoyer de l’écluse. La navigation à cet endroit de la rivière fut interrompue pendant plusieurs semaines.  

Pour éviter un incident similaire, un équipe de plongeurs examinent systématiquement les bajoyers des écluses suivantes, avant la rénovation de leurs barrages.

C’est ce que nous explique l’éclusier de Villeperrot. 

Nous amarrons le Chat Lune au bajoyer, devant les portes amont, du côté rivière, en attendant que les plongeurs finissent leur travail. 

On bavarde; l’éclusier de Villeperrot habite l’écluse depuis 2001, il a par conséquent éclusé notre bateau à de nombreuses reprises lorsque notre port d’attache était Auxerre. Les maisons des éclusiers sont à étages, les quartiers habitables sont au premier niveau. Ma cave est une piscine, m’explique-t-il, et pas seulement en période de crue, un simple orage et elle devient inaccessible.

Une demi heure passe, le plongeur sort du bassin et l’éclusier sympa nous fait passer avant l’arrivée de l’Améthyste. 

C’est une des péniches qui font le vas-et-vient entre une sablière en amont de Sens et une autre sablière en aval de l’écluse de Barbey. En deux heures de temps, ils chargent 700 T de sable dans la première et puis, une quarantaine de km plus bas, ils débarquent leur cargaison dans la seconde.

La plupart des écluses de l’Yonne ont des bajoyers inclinés, ce qui demande un amarrage acrobatique aux plaisanciers. Dans toutes, sauf dans les 15, 16 et 17, VNF a installé le long des bajoyers, des pontons flottants auxquels nos petits bateaux peuvent s’amarrer, le temps de la bassinée. 

Dans les trois écluses sans plateformes, avec l’accord de éclusier, je ne m’amarre pas, mais je manœuvre le bateau au centre du bassin, au moteur.

Les écluses de l’Yonne et les canaux de dérivation datent de la fin du XIX siècle, ils ont 150 ans d’âge. Avant cette période, la navigation se faisait par « lâcher ». Une fois par semaine, les barrages de la rivière et de ses affluents étaient ouverts selon un ordre établi. Les péniches, les coches et les trains de bois partaient tous en même temps portés par une vague artificielle qui les portaient jusqu’à la Seine. Ce système convenait aux trains de bois mais dans la mêlée, les bateaux souffraient, se cassaient parfois, perdaient leurs passagers, leurs fûts de vins et leurs cargaisons de blé. Les œuvres d’art que le Chat Lune a franchit la semaine passée, datent de 1872.

J’écris ce billet assis à l’ombre du bimini, sur la dunette du Chat Lune. Nous sommes à nouveau amarrés à Moret-sur-Loing, le point de départ de la boucle que nous venons de parcourir depuis le 10 juin dernier.

On a vue sur la première écluse du canal du Loing. Les bateaux qui veulent s’engager sur le canal ne savent pas toujours qu’ils doivent s’annoncer téléphoniquement. Si l’éclusier est présent, il les  repère et prépare la bassinée, si non, ils attendent. 

Dans ce cas, en bon citoyen, je prend mon téléphone et j’informe la centrale qui gère le canal. Hier, un voilier anglais tentait sa chance, je les met en rapport avec la centrale. Il s’avère que le voilier tire 1,70m. Le mouillage du Canal Parallèle à la Loire et le Canal du Centre n’est garanti qu’à 1,40m, ils font demi-tour.

Ce matin, le Beaune 1, un plaisancier Suisse qui était amarré derrière nous, quitte son amarrage et se positionne devant l’écluse. Je contacte la dame du poste central, inutilement car cette fois-ci l’éclusier en place avait repéré le bateau. La dame responsable du poste central est sympa, on bavarde, elle habite et dirige le canal d’une maison d’éclusier entre Souppes et Montargis.

Je lui témoigne de mon admiration pour la beauté de la région et du canal. Elle me confirme que même à près trente ans, chaque jour, elle éprouve le même sentiment. Tous les deux, on regrette l’automatisation des voies navigables et la disparition des éclusiers. Un des plaisirs de notre façon de vivre et de voyager, est le contact social avec les éclusiers et les autres plaisanciers.

Mardi prochain nous partons pour Paris où nous sommes attendus mercredi après-midi.

Jeudi nous participerons au traditionnel BBQ du Yacht Club de l’Arsenal. Les résidents américains du port se réjouissent, car il a lieu le 4 juillet.  

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19 – 15 – Le canal du Nivernais

Tatoué et percé comme un guerrier Maori, l’éclusier des écluses de Chavance nous raconte sa vie. « J’ai 57 ans, j’étais au chômage depuis quelques années après avoir fermé mon commerce en province. J’avais ouvert une quincaillerie et pendant sept ans j’ai essayé de survivre. Mais les habitants du coin comptaient leurs sous, et lorsqu’ils avaient besoin de 3 vis, il m’achetaient 3 vis.» 

« Mon conseiller m’a convaincu d’accepter ce travail-ci. Je l’aime bien, j’ai compris le fonctionnement des écluses et j’aime le contact humain que ce boulot engendre. »

Nous sommes montants, on franchit d’abord Chavance 7 et 8 et 250 m plus haut, Chanvance 4,5 et 6. En quittant notre Maori, je lui fait remarquer qu’il est l’homme des 5 écluses. Il se fend d’un grand sourire, « On peut dire ça » opine-t-il en nous souhaitant un bon voyage.

Selon certains, le Nivernais est le plus beau canal de France. C’est probablement un des plus beaux, mais n’oublions pas que d’autres canaux et rivières ont également leur charme. Nous venons de remonter le Loing. Sur ses biefs bordés de verdure, nous avons apprécié les longues heures de calme et de solitude que la navigation nous apporte. 

Le 21 juin, le New York Times a publié un article intitulé ´The land where the Internet ends’. La ville de Green Banks en Virginie est au centre d’une ‘National Radio Quiet Zone’ de 34.000 km2, soit une surface plus étendue que la Belgique. L’interdiction existe pour protéger des radiations terrestres, les télescopes radio qui scrutent l’univers. Ils sont tellement sensible qu’un SmartPhone ou un four à micro onde perturberait leur réception. Pour ceux que cela intéresse, l’article est écrit par Pagan Kennedy, les photos en noir et blanc, sont de Damon Winter.

Les canaux que nous parcourons nous mènent régulièrement dans des régions où la réception radio et téléphonique est faible ou inexistante. Par conséquent notre accès à Internet l’est également. On se passe facilement des nouvelles du jour, les mails peuvent attendre et Marleen utilise l’accès à internet essentiellement pour jouer quelques parties de Scrabble avec ma sœur et quelques autres amies éparpillées en Europe. Le jeu accepte une interruption de 72 heures et au bout de trois jours, même en France profonde, on finit par trouver un signal. Personnellement, j’utilise Internet pour échanger des mails, pour consulter la météo et pour lancer mon billet hebdomadaire. 

Je me souviens qu’à nos début de la navigation avec le Chat Lune, il y a de cela 15 ans, les stations émettrices Wifi étaient rares. À défaut d’en trouver une dans un port, il nous arrivait d’aller boire un café dans un MacDo pour bénéficier de ce service.

Nous ne sommes pas des fanatiques de la réception nulle, quand on a un accès digital, on l’utilise, lorsqu’il est inexistant, on s’en passe. Il faut prendre les choses tél qu’elles viennent.

Le 21 juin, à Mailly-la-Ville, la musique de la fête s’est résumée aux chants des oiseaux et au bruit blanc de la chute d’eau du barrage qui sépare l’Yonne du canal du Nivernais. On s’est couché à 22:00.

Une autre caractéristique notre mode de déplacement est que notre perception du temps et notre perception des distances change.  

Il nous a fallu six jours pour aller de Decize à Auxerre où nous sommes amarrés au moment où j’écris ces lignes. 

Le canal du Nivernais est long de 174 km et il comporte 104 écluses.

Nous avons connu des journées de 20 km et 31 écluses et des journées de 31 km et 17 écluses. Tous les matins on se pointait à 09:00 h aux portes de la première écluse après notre endroit d’amarrage. La journée se terminait généralement vers 17:00 h où 18:00 h, les éclusiers font une pause entre 12:00 h et 13:00 h, et nous aussi.

Et curieusement, le temps file. À 8 km/h, la vitesse recommandée sur le Nivernais, il nous faut une demi-heure pour parcourir un (long) bief de 4 km. Notre perception est que le temps est court entre les deux écluses de mon exemple. À peine de quoi se faire un café et Marleen doit préparer les amarres pour se mettre en place dans le bassin. Le temps file. 

Plusieurs plaisanciers rencontrés ici nous ont fait la remarque que pour faire le Nivernais en six jours, ‘vous avez du bourrer’. 

Pas vraiment, mais comme j’ai déjà eu l’occasion de le souligner, cette année-ci on a décidé de naviguer et de laisser de côté, les musées, les églises et les abbayes.

Cette perception du temps est peut-être plus proche de notre nature humaine. 

À 8 km/h, la vitesse d’une course à pied, on voit les arbres, les buissons et les fleurs. 

On ne s’énerve pas lorsqu’un éclusier nous fait attendre une demi-heure heure, le temps de bassiner un bateau montant.  

Les cyclotouristes nous dépassent allègrement. 

Comme disait Denis Langlois, ´La vie est un long fleuve tranquille’.

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19 – 14 De Paris à Decize et VNF (suite)

Dans mon dernier billet, je me suis moqué de la réceptionniste du numéro de téléphone central de VNF, le fameux numéro unique (!) que l’on doit former pour avoir tous le renseignements utiles à la navigation sur les canaux et rivières de France.

En réalité, j’aurai du montrer du doigt le cadre responsable qui avait attribué ce poste de travail à la fille que j’ai eu en ligne.

La réception est la carte de visite d’une entreprise. Les personnes qui occupent ces fonctions doivent être suffisamment bien formées pour pouvoir faire face à majorité des requêtes susceptibles de leur être adressées. De l’ignorance à cet endroit ternit aussitôt l’image de la société.

Dans le cas de VNF, la connaissance du réseau fluvial est le minimum que les téléphonistes devraient maîtriser. 

Une bonne formation, serait de permettre aux réceptionnistes de naviguer sur les fleuves et les canaux pendant quelques mois.

Mais je rêve.

Sur le terrain, la situation est positive et différente. Il y a quinze ans que nous naviguons avec le Chat Lune pendant plusieurs mois en France. À peu d’exceptions près, les éclusiers et le personnel de dépannage que nous avons fréquenté, sont compétents, sympathiques et toujours prêts à nous aider. 

Il en va de même pour le personnel qui occupent les PC locaux. Il y a deux jours, j’ai eu en ligne une dame qui n’était pas responsable du département où nous nous trouvions. Pour le renseignement que je cherchais, elle a passé ma question à une collègue d’un autre service. Ladite collègue m’a très rapidement re-téléphoné pour me fournir l’information requise, merci madame.

Nous avons quitté le port de l’Arsenal le 3 juin dernier. Nous sommes le dimanche 16 juin 2019 et j’envoie ce billet du port de Decize. C’est la confluence de la Loire, du canal latéral à la Loire et du canal du Nivernais. 

Pour la situer, la ville est à un peu moins de 300 km au sud de Paris; horizontalement sur la carte, elle est au niveau de la Suisse à l’est et de Nantes à l’ouest. 

Nous faisons la boucle qui part de Saint-Mammès sur la Seine. De là, on prend à droite le canal parallèle au Loing. Sur son parcours, il arrose Moret-sur-Loing, Nemour et Montargis. 

Pour le plaisir, nous faisons une halte de cinq jours à Moret. 

Le café des Arts, sur la place de l’Hôtel de Ville, est tenu depuis peu par jeune couple enthousiaste. Chaque jour, pour 10 € à12 €, selon le cas, le chef offre un plat, un seul, issu de son imagination, comme nous le confie les tenanciers. Ils sont mignons, la nourriture est excellente et le service impeccable. Nous y allons deux jours de suite.

Au Loing succède le canal de Briare et à Briare, le canal change de nom et devient le parallèle à la Loire jusque Decize.

Au passage on s’arrête au Colruyt de St-Satur pour acheter, en autres choses, un excellent vin blanc, le Menetou-Salon. 

Un peu plus loin, en hauteur à notre droite on fait coucou à la ville de Sancerre.

On laisse Nevers à notre gauche et à Decize, nous franchissons l’écluse qui sépare le canal latéral à la Loire du port de plaisance. 

Lundi ou mardi prochain, notre croisière se poursuivra sur le canal du Nivernais qui nous conduira à Auxerre. 

D’Auxerre à Montereau on naviguera sur l’Yonne, de Montereau à Saint-Mammès sur la Seine. 

Notre parcours, de Paris à Paris, est long de 727 km et comporte 221 écluses.

Nous avons déjà emprunté ces canaux et rivières plusieurs fois par le passé. J’ai commenté le parcours sur mon blog en 2015.

Cette année-ci nous avons décidé de naviguer et non de faire du tourisme. Pas de musées, de visite de châteaux, d’églises ou d’abbaye. Éventuellement un vide-greniers comme ce fut le cas à Écuelles près de Moret-sur-Loing, dimanche dernier. Ce matin à Decize nous avons repéré une brocante, c’est notre promenade dominicale.

Il y a quelques décades, le gouvernement français a pris la décision de favoriser le rail et la route au détriment du transport fluvial.

C’est une aberration écologique car une seule péniche du type Freycinet peut transporter 350 T de fret, céréales, sable, gravier, ciment et tout autre matière lourde et encombrante. C’est l’équivalent de 35 camions de 10T. 

Pour plus d’informations sur le sujet, ouvrez le lien suivant: https://www.pnich.com/trans.htm

Nous aimons les silos et les industries que l’on voit implantées le long des voies navigables. Érigées à l’époque de gloire du transport fluvial, ce sont les cathédrales du blé, de l’orge ou du ciment. Aujourd’hui, leurs quais sont abandonnés et en mauvais état et les bollards auxquels  s’attachaient les péniches, sont cachés par la végétation. 

Les camions se chargent le long de la route, de l’autre côté des bâtiments.

Peut-être que la prise de conscience verte actuelle réveillera le transport fluvial sur les voies navigables secondaires.

Mais je rêve.

 

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19 – 13 – Le canal de Briare et les informations de VNF

Ce matin, vendredi le 7 juin 2019, je cherche un renseignement auprès de VNF.

Sur Internet, le site http://www.vnf.fr indique:

UN SEUL NUMERO A RETENIR POUR JOINDRE VNF :

0 800 863 000

Ce numéro d’appel unique (*) permet aux usagers de la voie d’eau :

(Entre autre) 

  • d’accéder à des renseignements sur l’utilisation du réseau (horaires, cartes, permis fluviaux, itinéraires, etc.) ;

À 09:05, je forme le 0 800 863 000

Elle: VNF, bonjour. 

Moi: Bonjour madame, ici le Chat Lune. Nous sommes amarrés à Moret-sur-Loing et nous avons l’intention d’aller à Decize par le Loing, le Briare et le parallèle à la Loire. J’ai entendu qu’il y avait des problèmes d’eau sur le Briare? 

Elle: Vous êtes où monsieur? 

Moi: À Moret-sur-Loing, madame, au sud de Paris.

Elle: Je ne vois pas où c’est. Et vous aller où? 

Moi: À Decize par le Briare. 

Elle: Le Briare, connais pas. C’est dans quelle région?

Moi: Division Territoriale Centre Bourgogne, Direction opérationnelle VNF Ouest Nevers, subdivision de Briare.

Elle: Ah bon, le canal de Bourgogne!

Moi: Non, le canal de Briare!

Silence

Elle: (À une collègue) Michèle, tu connais le canal de Briare? 

(Michèle) non, regardes internet.

Elle: Attendez, je regarde internet. C’est un sous-canal? 

Moi: C’est le canal qui relie le Loing au canal latéral à la Loire.

Silence

Elle: Je vois, l’Oise? 

Moi: non l’Oise est au nord de Paris.

Elle: Ah, l’Aisne?

Moi: non, l’Aisne est également au nord de Paris. Le canal de Briare est à 200 km environ au sud de Paris.

Elle: attendez, je consulte internet.

Silence….

Elle: Ça doit être un sous-canal, je ne vois pas.

Silence…

Elle: et vous êtes où là?

Moi: à Moret-sur-Loing 

Elle: connais pas, et vous allez où?

Moi: à Decize, par le Loing, le canal de Briare et le canal parallèle à la Loire.

Elle: je ne vois pas.

Silence….

Silence….

Elle: Ah, ça y est, je vois, le canal de Briare! 

Et vous voulez savoir quoi exactement?

Moi: Si il y a des problèmes d’eau.

Elle: attendez un instant.

Silence

Elle: je vais vous donner un numéro de téléphone. C’est le 02 38 95 09 20

Moi: merci madame et bonne journée

Elle: à vous aussi.

À 09:32, je forme le numéro donné et je formule ma demande. 

La personne qui me répond consulte son chef et très vite après, elle me dit qu’il n’y a aucun problème (d’eau) pour aller à Decize.

Nous voilà rassurés.

À 15:12, ce même jour, le 7 juin 2019, je reçois le mail suivant:

Avis à la batellerie réf FR/2019/02653. Canal de Briare : Risque de perturbation

Commentaire :

Mesdames et Messieurs les Usagers de la Voie d’eau sont invités à se regrouper pour le franchissement des écluses du canal de Briare.

Les agents de Voies Navigables de France pourront faire patienter les usagers dans la limite d’une demie heure aux ouvrages dans le but de limiter les éclusées et de préserver la ressource en eau.

Mon commentaire: heureusement qu’il pleut de temps à autre.

Ci-dessous une vue de Moret-sur-Loing

 

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19 – 12 Paris # 6 – Ferdinand Gueldry, La petite Ceinture, Sérusier et les Nabi

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Je sais que je l’ai déjà écris quelque part mais je me répète. Une des choses que j’aime à Paris, est que dans n’importe quelle brasserie, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, on peut s’accouder au zinc pour boire un petit café accompagné d’un verre d’eau fraîche. Souvent le matin, je prend aussi un croissant dans le panier en osier qui trône sur le comptoir.

Que faut-il faire ou écrire pour que les brasseries des autres villes, en France ou à l’étranger suivent cet exemple?

Une deuxième chose qui me fait vibrer dans cette ville est la rencontre souvent fortuite, lors de nos pérégrinations en périphérie, des vestiges du chemin de fer de la petite ceinture.

Ce chemin de fer qui fait le tour de Paris, à l’intérieur de l’enceinte de Thiers, figure en haut de la liste de nos ‘Lost Places’ favoris.

Au milieu du 19e siècle, sa réalisation s’avère nécessaire pour trois raisons.

La première raison est qu’à cette époque, la construction des lignes de chemin de fer radiales au départ de Paris est réalisée sans aucun plan d’ensemble. Les cinq compagnies privées ont chacune leur tracé et leurs gares. Une liaison ferroviaire entre ces gares parisiennes s’impose.

La deuxième raison est liée à la défense de Paris. À partir de 1841, pour protéger ses nouvelles limites, la ville construit une ceinture de fortifications. Le chemin de fer à l’intérieur de la ville fortifiée, doit servir à approvisionner les soldats en vivres et armement. Voir le plan ci-dessous.

La troisième raison est conjoncturelle. Le chantier de la petite ceinture fait partie des travaux nationaux lancés pour endiguer le chômage.

Sa réalisation commence en décembre 1851. Un an plus tard, la ligne s’ouvre au trafic de marchandises. Le service des voyageurs est assuré à partir de 1862.

Après moins d’un siècle de bons services, en juillet 1934, alors que le métro a atteint sa pleine maturité et que les derniers tramways cèdent la place aux autobus, le service voyageurs est supprimé sur la petite ceinture. Elle reste alors ouverte pour quelques trains de marchandises inter-réseaux et locaux. L’exploitation est entièrement stoppée en 1993.

Aujourd’hui le tracé reste, mais il n’est accessible qu’à quelques endroits. Les débats sont ouvert sur son avenir. Voir le plan ci-dessous.

Pour en savoir plus, ouvrez les liens suivants:

https://www.petiteceinture.org/IMG/pdf/la_petite_ceinture_ferroviaire_de_paris_et_ses_gares.pdf?1772/d9c3f7b7b67f2b0e4006bb9062675d01a8b93559

et

https://www.paris.fr/petiteceinture

De la gare de Lyon, le RER A nous conduit en dix minutes à la gare de Nogent-sur-Marne.

Le numéro # 290 de mars 2019 du magazine Fluvial nous a fait découvrir l’exposition de tableaux du peintre Ferdinand Gueldry au musée municipal de cette ville.

Né en 1858 au sein d’une famille d’industriels aisés, l’enfant s’avère doué pour le dessin et la peinture. En 1873 il entre à l’École des Beaux-Arts de Paris et acquière une formation classique.

Loin des impressionnistes et cubistes du Bateau Lavoir, Gueldry peint des compositions nautiques et des scènes industrielles; les ateliers de son père ne sont pas loin. Excellent portraitiste, en 1937, à l’âge de 79 ans, il exécute son dernier tableau, le portrait du Président du Tribunal de Commerce de Paris. Il s’éteint en février 1945, peu avant la fin de la deuxième guerre mondiale, puis il disparaît dans l’oubli.

Le musée d’Orsay offre une salle à Paul Sérusier, un des fondateurs du mouvement des Nabis.

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Comme je l’ai écris dans mon billet 19-9 du 12 mai passé, le musée du Luxembourg expose ‘Les Nabis et le Décor’.

À Orsay, les Nabis font partie de la collection permanente du musée.

Aujourd’hui Paul Sérusier est mis en valeur, autour de son tableau fétiche le ‘Talisman’ qu’il réalisa à Pont Aven en Bretagne sous les conseils de Paul Gauguin.

Entre deux tableaux on peut lire un commentaire de Gauguin à Sérusier:

« Comment voyez-vous ces arbres ? Ils sont jaunes. Eh bien, mettez du jaune ; cette ombre, plutôt bleue, peignez-la avec de l’outremer pur ; ces feuilles rouges ? mettez du vermillon »

Ils vivaient à la même époque, mais un monde sépare les artistes de l’art moderne, les impressionnistes, cubistes et peintres du Bateau Lavoir, des œuvres de Ferdinand Gueldry.

Ce dernier, trop brave sans doute, manquait le grain de folie qui caractérise les autres.

Lundi prochain nous quittons le port de l’Arsenal. Mon billet hebdomadaire commentera notre voyage.

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19 – 11 – Paris # 5 Thomas Houseago, August Macke et Franz Marc, Art et Histoire Saint-Denis

Dans mon billet précédent je faisais remarquer qu’à Paris on trouve des vestiges historiques à des endroits surprenants. Peu de plaisanciers y prêtent attention, mais personnellement, j’éprouve de l’émerveillement lorsque de notre dunette, j’observe le mur d’escarpe du fossé de l’enceinte de Charles V. 

Cette construction qui sépare le port de l’Arsenal du boulevard Bourdon à 600 ans d’âge. Elle fait partie de la 4e enceinte de la ville, construite en 1420. Ci-dessus, un dessin du 18ème siècle de Jean-Baptiste Lallemand. J’ai indiqué notre endroit d’amarrage. La Bastille dans le fond à droite et le fort à gauche de l’image n’existent plus, bien entendu. La capitainerie se trouve à l’endroit où les deux lavandières bavardent en attendant que leur linge sèche. 

Ci-dessous, une photo de la situation actuelle.

C’est une affiche de la sculpture ‘Serpent’ de Thomas Houseago, vu dans les couloirs du métro, qui nous conduit au musée d’Art Moderne de la ville de Paris. L’artiste travaille le bois et le plâtre pour réaliser des œuvres architecturales assez brutes. Je lis dans la brochure qu’il a vécu à Bruxelles où il tente de vivre de son art. Il connait des années difficiles où il subsiste en travaillant comme ouvrier du bâtiment. Ses réalisations en témoignent, on est pas impressionnés.

Première parenthèse. 

Dans les couloirs du métro je constate que le quotidien C-News est toujours présents dans les distributeurs. Ce n’est que l’hebdomadaire ‘À Nous Paris’ qui n’est plus imprimé.

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Plus tard dans la semaine, à l’Orangerie, on admire une sélection des tableaux d’August Macke et de Franz Marc. Peintres expressionnistes allemands, ils créent en 1911, avec Vassily Kandinsky, l’Almanach ‘Der Blaue Reiter’. 

Malheureusement les deux amis meurent au front, le premier en 1914 et le second en 1916.

Deuxième parenthèse.

Notre ami Fabien nous fait découvrir et nous invite à partager un lunch au restaurant Asiatique Miss Kô, situé au 49-51 avenue George V. 

Le décor est de Philippe Starck. Voir https://www.miss-ko.com. Les plats sont des petits chef d’œuvres de mise en place, de couleurs et de goûts. Les filles qui servent sont jolies, l’ambiance est détendue, le service rapide et les prix raisonnables pour un restaurant de cette classe. On recommande.

À l’autre bout de l’échelle, la Cantine de Belleville à Ménilmontant, au 108 bd. de Belleville, dans le 20e, sert uniquement le weekend, pour une dizaine d’€, un excellent et copieux couscous.

Enfin, place de la Bastille, le Café des Phares, un de notre restaurants coutumiers, a réouvert ses portes après une solide rénovation. Les prix ont grimpé mais la cuisine est de qualité. 

À Saint-Denis, le musée d’Art et d’Histoire est situé dans les locaux du Carmel du XVIIe siècle. 

C’est un musée de province qui contient un Hôtel Dieu avec une apothicairerie et l’incontournable pot de Thériaque, le remède à tout les maux. Pour rendre la visite insolite, le curateur du musée a mis dans chaque cellule des carmélites, un objet d’art contemporain. Ici un paravent en polystyrène expansé peint en bleu ciel, là un porte bouteille portable en plastique rouge. 

Une aile est dédiée à la guerre de 1870 et à la commune de Paris. 

L’exposition temporaire est intitulée ‘Enfermement’.

Le musée et ses jardins sont soignés et contrastent avec le côté hétéroclite et multiculturel de la ville de Saint-Denis. Dans les rues, les coiffeurs africains se succèdent aux restaurants halals, pitas et pizzerias. Sur la place près de la basilique, des volontaires préparent une exposition commémorant le 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage.

En débarquant du métro, à la station Porte de Paris, on prend un café dans une brasserie. Les croissants frais sont épuisés. Le patron nous en offre de la veille. C’est ainsi que Marleen les préférèrent.  

Le week-end s’annonce, les brocantes et les Circul’Livre nous attendent.

 

 

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19-10 Paris # 4 Kimonos, Otsu-e, regard de Saux, pavillon de l’Ermitage, le noir dans la peinture

Ryohei TAMURA est un sympathique japonais que nous avons appris à connaître il y a deux ans dans une brocante boulevard Richard Lenoir. Marleen lui a acheté une veste de kimono rouge en soie. 

Il est haut comme trois pommes et s’habille à la japonaise avec un pantalon bouffant noir, un kimono en soie bariolé et un petit chapeau plat en coton à bord étroit. 

Nous prenons un rendez-vous chez lui, au 9, villa de l’Ermitage dans le 20e. Marleen souhaite acheter une yukata. Elle envisage aussi de lui vendre une veste de kimono qu’elle ne met plus.

La villa de Belleville est une impasse où on se croit à la campagne. 

Notre japonais nous reçoit dans son atelier. Il nous vend une yukata en coton blue marine avec motifs blancs. Il n’à pas usage de la veste mais il nous fait découvrir qu’elle est réversible, ce qui ravit Marleen. Ryohei nous montre également comment cintrer la ceinture d’un kimono.

Le lendemain, le RER C nous conduit à la maison de la culture du Japon à Paris, situé le long de la Seine, entre la tour Eiffel et le pont Bir-Hakeim.

Jusqu’au 15 juin on peut y admirer l’exposition intitulée Otsu-e. 

Les Otsu-e ou ‘images d’Otsu’, sont des peintures exécutées au pochoir. Populaire à l’époque d’Edo, du milieu du 17e au milieu du 19e siècle, les images mais aussi des figurines étaient vendues aux voyageurs et aux pèlerins qui empruntaient la route de Kyoto à Edo (aujourd’hui Tokyo). La ville d’Otsu en était le premier relai. 

Plus tard dans la semaine, Marleen se rend dans le 20e, au Pavillon de l’Ermitage.

Seul vestige existant du château de Bagnolet, le pavillon fut édifié par Melle de Blois, duchesse d’Orléans, fille légitimée du roi Louis XIV et de la marquise de Montespan. 

Intitulées ‘Femmes solidaires et Deux siècle d’aide sociale à Paris’, deux expositions temporaires illustrent le rôle social des femmes et les racines de l’aide sociale à partir de la révolution.

Pendant ce temps je me rend à l’Espace Saint Michel pour voir le film de Renaud Cohen qui retrace le tournage à Marseille d’une série populaire chinoise ‘Une famille de Wenzhou’.

La confrontation et la collaboration des équipes chinoises et françaises illustre et souligne de manière réaliste et drôle les différences culturelles entre les deux peuples. 

On trouve à Paris des vestiges historiques à des endroits surprenants. Flâner les rues et sauter d’un métro et d’un bus à l’autre est un de nos plaisirs favoris. 

Hier, en revenant du Circul’Livre de la place Michel Audiard, j’avais repéré sur le plan de la ville, le regard de Saux (# 25) de l’aqueduc de Marie de Médicis, situé dans le jardin de l’hôpital La Rochefoucauld. 

En 1609, Henri IV et Sully projettent de capter les eaux de Rungis pour alimenter la rive gauche de Paris.

Après l’assassinat du roi et le départ de son ministre, la régente Marie de Médicis reprend le projet. Elle s’y intéresse d’autant plus qu’elle a l’intention de se faire construire un palais sur la rive gauche, l’actuel palais du Luxembourg. Le parc devra s’orner de fontaines et de jeux d’eau.

Le tracé suit en grande partie celui de l’aqueduc de Lutèce. Les architectes royaux ont fait confiance au savoir-faire des Romains.

L’aqueduc est mis en eau le 19 mai 1623. Aujourd’hui, quatre siècles plus tard, il fonctionne toujours.

Pour éviter de faire les longues attentes à l’entrée du musée d’Orsay il faut y aller en fin de matinée lorsque les intéressés songent plus à l’apéro qu’à la culture. Une des ambitions de l’exposition intitulée ‘Le modèle noir de Géricault à Matisse’ est de retrouver les identités des modèles d’atelier restés longtemps anonymes. 

Par exemple, à côté du tableau d’Olympia de Monet, le musée expose son carnet dans lequel il a inscrit vers 1862, le nom de « Laure, très belle négresse, 11, rue Vintimille, 3e ». C’est pour cette raison que la femme qui a posé pour la servante d’Olympia est devenue Laure.

En mai, les brocanteurs se réveillent et les particuliers font leur nettoyage de printemps. 

Le weekend, Marleen et moi partons chiner, une de nos occupations favorites. 

Notre guide est le site suivant: https://vide-greniers.org/75-Paris .

L’esprit ouvert, l’œil aux aguets, nous recherchons les objets insolites, beaux, pas trop volumineux et pas cher. On évite les brocanteurs qui se prennent pour des antiquaires. 

Un des plaisirs du sport est d’entamer une discussion avec les vendeurs et bien évidemment de marchander le prix des pièces convoitées. Pour ce faire, Marleen est beaucoup plus douée que je ne le suis. Notre approche, lorsqu’un objet est repéré, est que je m’éloigne pour lui laisser le jeu de la discussion et du marchandage.

 

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19 – 9 Paris # 3 Maillol, Nabis, Art Brut, Versailles & Impressionistes

À la sortie du métro Hôtel de Ville, venant de la Bastille, on pénètre dans le sous-sol du BHV, la cave d’Ali Baba du bricoleur. À l’entrée se trouve un bar à sandwich tenu par un sympathique couple asiatique. Je m’y arrête à chaque visite du grand magasin pour prendre un café. On y trouve le ‘20 Minutes’, un journal gratuit. Avant, il y avait aussi le ‘C News’ et ‘À nous Paris’. 

Ces deux derniers étaient aussi présents sur les présentoirs du métro. Depuis février, ils n’existent plus qu’en version digitale sur la Toile.

Dommage, on les aimait bien, c’était un plaisir de les feuilleter lorsqu’on prenait le métro. 

Dans la même station, Hôtel de Ville, la RATP a placardé des photos avec des usagers qui commentent leur satisfaction de prendre ce transport en commun. Je vous en livre quelques-unes.

Nous vu plein de choses la semaine dernière. Voici dans le désordre, quelques impressions.

Dimanche dernier, le temps c’était remis, nos amis Fabien et Qing nous attendaient à Versailles. Au cœur du quartier Saint-Louis et dans le potager du Roi, on se promène entre les fleurs et les légumes. 

Marleen achète de la rhubarbe avec laquelle, une fois revenue à bord du Chat Lune, elle confectionne une compote.  

À midi, on lunche au Nouveau Shanghai, rue de Satory.

Pour les plats, nous faisons confiance à Qing. Dans sa langue maternelle, elle passe la commande à la patronne du restaurant. Le résultat est délicieux.

Une raison de vivre est de s’entourer d’amis chaleureux et intéressants. 

C’est pour cela que nous aimons séjourner à Paris, au port de l’Arsenal.

Au musée du Luxembourg, nous avons appris à connaître les Nabis. 

Bonnard, Vuillard, Denis, Sérusier, Ranson, Vallotton et quelques autres se regroupent à la fin des années 1880 pour affirmer leur opposition à l’impressionnisme. Leur ambition est de révéler un art nouveau. Ils se désignent comme des ‘Nabis’ ce qui signifie ‘prophètes’ en hébreu et en arabe.

Les tableaux exposés sont en grande partie des panneaux décoratifs.

Dans la galerie d’Orleans du Palais Royal, à côté de la cour avec les colonnes noires et blanches de Buren, des photos de 2mx2m illustrent quelques réalisations architecturales actuelles. Entre autre, le musée national du Quatar réalisé à Doha par l’architecte Jean Nouvel.

Le musée Maillol expose des œuvres de la collection d’Emil Bührle, un Allemand naturalisé Suisse, fabriquant d’armes et amateur d’art.

Essentiellement des impressionnistes, Manet, Monet, Degas, Renoir et Sisley, et des post impressionnistes, de Cézanne à Modigliani et Picasso.

À chaque visite de ce musée, on en profite pour aller au deuxième étage, voir les nus en peinture et en bronze de Maillol. L’artiste disait qu’il peignait et sculptait des volumes, pas des femmes.