19 – 20 De Paris à Gand

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Apollo m’appelle sur le canal 10. Il a entendu qu’un cadavre flotte dans le bief devant l’écluse de Guelzin, il y a un risque d’arrêt de navigation. Au téléphone, l’éclusier de Guelzin me confirme l’arrêt de navigation. « Je n’en sais … Lire la suite

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19 – 19 – Bouddha, la Légende Dorée, Frans Hals et le Tokaidô

Siddhartha Gautama est issu d’une famille riche,  il naquit et vécu cinq siècles avant notre ère. À l’âge de 29 ans, après une jeunesse dorée, le mot est approprié, il quitte le confort familial pour développer et prêcher la philosophie que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de Bouddhisme. 

Le musée Guimet lui consacre une exposition intitulée Bouddha, la Légende Dorée.

À 80 ans, le Bouddha meurt et rejoint son nirvâna. 

On apprend à connaître sa vie, son évolution philosophique, ses quatre postures et les six gestes des mains les plus significatifs. 

Ça nous permet de déchiffrer le gestuel des figurines de Bouddha que Marleen et Genevieve récoltent dans les vides greniers et les brocantes. 

Une de nos activités favorites, en dehors d’arpenter les couloirs des musées, est de chiner chez les brocanteurs dont c’est le métier et chez les privés qui se débarrassent des objets qui les encombrent.

Si vous partagez la même passion, consultez le lien suivant: https://vide-greniers.org/75-Paris

Sachez que l’icône orange qui représente un ancien moulin à café, indique un marché combiné de brocanteurs et de particuliers, alors que le sigle noir en forme de vase, marque les brocanteurs professionnels. Dans les territoires aisés, tel que le 16e, le 6e ou le Marais, ces derniers se prennent pour des antiquaires et leurs prix sont en conséquence. 

Ci-dessous en vrac, quelques photos des Bouddhas de la récolte de Marleen.

‘La Famille Van Campen dans un paysage’, ‘Les Enfants de la Famille Van Campen’ et ‘Tête d’un jeune garçon’ sont trois tableaux de Frans Hals qui proviennent d’une seule toile de 3,80 m de large. 

Elle fut découpée et ce n’est qu’en 2016, qu’une restauration mit en évidence le tableau original dans son entièreté, y compris, la partie perdue, à voir à droite en bas dans le tableau reconstitué, ci-dessous.

Les trois tableaux existants et l’histoire de l’enquête scientifique réalisée en 2016 par des restaurateurs Bruxellois sont à admirer à la Fondation Custodia, rue de Lille à Paris. 

Le ticket d’entrée du musée Guimet donne droit à une deuxième visite. Lundi, nous avons admiré l’exposition des Bouddhas au sous-sol. Guimet est un des rares musées de la ville, ouvert ce jour et ferme le mardi.

Jeudi de la même semaine, On retourne voir dans la rotonde au deuxième étage, les estampes des cinquante-trois stations du Tokaidō, d’Utagawa Hiroshige.

Le Tokaidō est un itinéraire qui au douzième siècle, relie Kyoto, résidence de l’Empereur, à Edo (Tokyo), capitale et résidence du Shogun.

Je livre ci-dessous une sélection de photos prises avec mon iPhone.

Pour plus de détails, voir https://www.guimet.fr/event/sur-la-route-du-tokaido/

Une autre exposition parle de la même route.

Dans mon billet du 19 mai dernier, je relate notre visite au centre Culturel du Japon à Paris qui présente une exposition intitulée ‘Ôtsu-e’ ou « images d’Ôtsu ». Ce sont des peintures vendues aux voyageurs et aux pèlerins qui empruntaient le Tokaidô.

Nous vivons notre dernière semaine parisienne de notre saison fluviale de 2019. Demain lundi, le Chat Lune lâchera ses amarres pour remonter vers le nord. 

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19 – 18 La Villette, Berthe Morisot et les brocantes

Berthe Morisot meurt à l’âge de 54 ans, le 2 mars 1895, d’une grippe contractée en soignant sa fille du même mal.

Très jeune, elle tourne le dos à l’enseignement académique. Avec Claude Monet, Auguste Renoir, Alfred Sisley, Camille Pissarro, Edgar Degas, elle est à l’origine du groupe d’avant-garde qui va devenir les impressionnistes.

Le musée d’Orsay a réuni une centaine d’œuvres provenant de sa propre collection ainsi que de collections privées et internationales. 

L’artiste est inspirée par les scènes de la vie courante des femmes parisiennes, élégantes dans leurs intérieurs. Elle peint également de nombreux portraits d’enfants. 

Nous aimons les quatre marines exposées.

Marleen me fait remarquer que certains tableaux n’ont pas l’air achevés. En effet, il s’avère que c’est une des caractéristique de l’artiste comme vous pouvez lire dans le texte suivant.

À chaque fois, la visite du musée d’Orsay est un émerveillement. En dehors de la beauté architecturale et des objets et peintures exposées, je ferme les yeux et j’entends les trains qui entrent en gare. 

Nos amis Genevieve et Bill terminent leur exode annuel au port de plaisance de La Villette.

Les bateaux qui résident au port de l’Arsenal ont chaque année l’obligation de quitter le port pendant 21 jours consécutifs. Cela doit se faire en été, pendant les mois de juin, juillet ou août.

Cette contrainte a l’avantage de libérer des emplacements pour les plaisanciers de passage, tel que le Chat Lune. Cela évite aussi que le port ne devienne un cimetière pour bateaux incapables de naviguer. 

À la brocante du pont Alexandre III, j’achète un couteau Méditerranée neuf dans son écrin d’origine et Marleen un masque asiatique en bois sculpté. 

La jeune brocanteuse, bien en chair et pleine d’énergie, tout en rangeant ses étales, nous explique qu’il y a deux ans, elle a acheté aux enchères, le lot complet d’un musée qui liquidait les accessoires de sa boutique, 7400 pièces. « J’ai vendu la moitié la première année. Ma stratégie est d’offrir à des prix très bas, des objets dont j’ai un grand nombre ». Elle montre comme exemple, une tête de bouddha en résine montée sur pied. « Dans son emballage d’origine avec garantie, le prix du musée est affiché 79€, j’en ai encore 83, vous pouvez l’avoir pour 20€ ». 

La jeune femme est amoureuse des États Unis et son rêve est de vendre sa maison et de partir ouvrir un zoo à Miami. Elle adore les animaux sauvages. 

« Mais j’ai un bébé de 4 mois et 10 jours et en plus, mon mari n’est pas enthousiaste pour quitter la France, » rajoute-t-elle. « Alors je rêve ». 

« C’est important les rêves », opine Marleen.


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19 – 17 Auxerre et l’origine du Chat Lune

C’est à Auxerre qu’en avril 2005 nous avons craqué pour notre Chat Lune. 

En décembre 2004, on avait vu un Linssen identique exposé au salon nautique de Paris, porte de Versailles. 

Nous n’étions pas particulièrement à la recherche d’un bateau à acheter, mais celui-là nous plaisait vraiment. Aussi, en avril 2005, avec une paire d’amis, nous louons à Auxerre, chez Paul Van Der Mije, le propriétaire du port Aquarelle et le concessionnaire de Linssen pour la France, pour une petite semaine, le Marie De Grâce, un Linssen Dutch Sturdy 320. 

Au retour de notre mini-croisière sur le canal du Nivernais, en amarrant le bateau dans le port, je crie à Paul, en boutade, « vous m’en mettrez deux ». Sur quoi il rétorque, « sur la même facture? ».

Paul est un excellent commerçant, nous sommes mûrs, et quelques heures plus tard, on signe le contrat d’achat du bateau. Il est en fabrication à Maasbracht, nous allons le voir et discuter des deniers détails de l’aménagement. Depuis lors, livré en mai 2005, il nous sert d’habitation, pendant quatre à six mois chaque année.

La semaine dernière, quinze saisons plus tard, nous amarrons le Chat Lune au quai du port de plaisance Aquarelle à Auxerre. 

Paul et son épouse Dominique ont vendu leur concession en 2012, à Mike Gardner-Roberts. Depuis lors, entre deux voyages, le couple réalise son rêve, l’aménagement complet d’une coque nue en acier que Paul avait acquis avec ce projet à l’esprit.

Remarquable bricoleur, aidé de Dominique pour l’esthétique et les finitions, Paul nous montre avec fierté leur bateau achevé. À l’instar du Chat Lune, il fait 10m sur 3,60m m. Par contre l’intérieur est très différent. La cabine avant comporte un double lit central et à l’emplacement de la cabine à l’arrière se trouve une large salon en U. Au dessus des fauteuils, Paul a prévu en diagonale, deux crochets d’attache pour accrocher le hamac auquel il tient beaucoup.

Les panneaux du revêtement intérieur sont en imitation de bois clair. Les coussins sont bleu nuit avec des petits dessins dorés. Le tout est d’un plus bel effet.

Nous restons trois nuits à Auxerre. J’en profite pour remplacer la pompe à eau potable qui est défaillante. Comme souvent lorsqu’on travaille sur un bateau, l’accès aux pièces à travailler est difficile. Dans le cas de la pompe à eau potable, cela relevait de la spéléologie. 

D’Auxerre à Paris on navigue sur l’Yonne, une des belles rivières de France. Il n’y avait pas beaucoup de trafic et lorsqu’on franchit une écluse seuls, on se retrouve également seuls dans le bief suivant. C’est un de nos plaisirs de naviguer pendant des heures entre la verdure qui borde le cours d’eau, sans voir un autre bateau et n’étendre que le chuchotement de l’eau déplacée par notre bateau et le chant des oiseaux. 

Le mardi 2 juillet, le dernier jour prévu avant d’arriver au port de l’Arsenal, on s’amarre au quai d’attente en amont de l’écluse d’Evry. 

« Always expect the unexpected », écrivait récemment sur son blog Jane, une amie américaine.

À peine amarrés, Rémi, le capitaine du port de l’Arsenal me téléphone pour me signaler que l’écluse est en panne pour quelques jours. 

Une péniche de spectacle, conduite par des artistes plus doués pour le théâtre que pour la navigation, a endommagé une des portes amont de l’écluse #9, celle qui sépare le port de la Seine. 

Les acteurs avaient mal amarrés leur bateau et à la bassinée montante, l’ancre qui se trouve à la proue du bateau, a accroché une traverse de la porte et l’a soulevée hors de ses gonds. 

Les attaches de la porte sont tordues et le joint en silicone de la fixation inférieure a sauté et se trouve au fond du bassin. 

La porte doit être soulevée, ce qui demande l’intervention d’une grue de 70T. L’opération aura lieu la nuit car le trafic du pont Morland doit être interrompu.

Rémi espère que nous pourrons accéder au port de l’Arsenal, samedi.

C’est le cas. Entre-temps nous passons deux nuits amarrés devant l’écluse d’Évry et deux nuit au port aux Cerises, un peu plus bas sur la Seine.

L’arrivée au port est toujours une fête, Béa nous aide à l’amarrage, Fabrice vient nous serrer la main et Carlos et Qing itou.

Le Chat Lune se sent chez lui au port de L’Arsenal.


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19 – 16 – l’Yonne et Moret-sur-Loing

La température dans le carré, le 29 juin 2019En août 2013, lors de la rénovation du barrage de Saint-Bond sur l’Yonne, à l’amont de Sens, un renard hydraulique provoqua l’effondrement d’une partie du bajoyer de l’écluse. La navigation à cet endroit de la rivière fut interrompue pendant plusieurs semaines.  

Pour éviter un incident similaire, un équipe de plongeurs examinent systématiquement les bajoyers des écluses suivantes, avant la rénovation de leurs barrages.

C’est ce que nous explique l’éclusier de Villeperrot. 

Nous amarrons le Chat Lune au bajoyer, devant les portes amont, du côté rivière, en attendant que les plongeurs finissent leur travail. 

On bavarde; l’éclusier de Villeperrot habite l’écluse depuis 2001, il a par conséquent éclusé notre bateau à de nombreuses reprises lorsque notre port d’attache était Auxerre. Les maisons des éclusiers sont à étages, les quartiers habitables sont au premier niveau. Ma cave est une piscine, m’explique-t-il, et pas seulement en période de crue, un simple orage et elle devient inaccessible.

Une demi heure passe, le plongeur sort du bassin et l’éclusier sympa nous fait passer avant l’arrivée de l’Améthyste. 

C’est une des péniches qui font le vas-et-vient entre une sablière en amont de Sens et une autre sablière en aval de l’écluse de Barbey. En deux heures de temps, ils chargent 700 T de sable dans la première et puis, une quarantaine de km plus bas, ils débarquent leur cargaison dans la seconde.

La plupart des écluses de l’Yonne ont des bajoyers inclinés, ce qui demande un amarrage acrobatique aux plaisanciers. Dans toutes, sauf dans les 15, 16 et 17, VNF a installé le long des bajoyers, des pontons flottants auxquels nos petits bateaux peuvent s’amarrer, le temps de la bassinée. 

Dans les trois écluses sans plateformes, avec l’accord de éclusier, je ne m’amarre pas, mais je manœuvre le bateau au centre du bassin, au moteur.

Les écluses de l’Yonne et les canaux de dérivation datent de la fin du XIX siècle, ils ont 150 ans d’âge. Avant cette période, la navigation se faisait par « lâcher ». Une fois par semaine, les barrages de la rivière et de ses affluents étaient ouverts selon un ordre établi. Les péniches, les coches et les trains de bois partaient tous en même temps portés par une vague artificielle qui les portaient jusqu’à la Seine. Ce système convenait aux trains de bois mais dans la mêlée, les bateaux souffraient, se cassaient parfois, perdaient leurs passagers, leurs fûts de vins et leurs cargaisons de blé. Les œuvres d’art que le Chat Lune a franchit la semaine passée, datent de 1872.

J’écris ce billet assis à l’ombre du bimini, sur la dunette du Chat Lune. Nous sommes à nouveau amarrés à Moret-sur-Loing, le point de départ de la boucle que nous venons de parcourir depuis le 10 juin dernier.

On a vue sur la première écluse du canal du Loing. Les bateaux qui veulent s’engager sur le canal ne savent pas toujours qu’ils doivent s’annoncer téléphoniquement. Si l’éclusier est présent, il les  repère et prépare la bassinée, si non, ils attendent. 

Dans ce cas, en bon citoyen, je prend mon téléphone et j’informe la centrale qui gère le canal. Hier, un voilier anglais tentait sa chance, je les met en rapport avec la centrale. Il s’avère que le voilier tire 1,70m. Le mouillage du Canal Parallèle à la Loire et le Canal du Centre n’est garanti qu’à 1,40m, ils font demi-tour.

Ce matin, le Beaune 1, un plaisancier Suisse qui était amarré derrière nous, quitte son amarrage et se positionne devant l’écluse. Je contacte la dame du poste central, inutilement car cette fois-ci l’éclusier en place avait repéré le bateau. La dame responsable du poste central est sympa, on bavarde, elle habite et dirige le canal d’une maison d’éclusier entre Souppes et Montargis.

Je lui témoigne de mon admiration pour la beauté de la région et du canal. Elle me confirme que même à près trente ans, chaque jour, elle éprouve le même sentiment. Tous les deux, on regrette l’automatisation des voies navigables et la disparition des éclusiers. Un des plaisirs de notre façon de vivre et de voyager, est le contact social avec les éclusiers et les autres plaisanciers.

Mardi prochain nous partons pour Paris où nous sommes attendus mercredi après-midi.

Jeudi nous participerons au traditionnel BBQ du Yacht Club de l’Arsenal. Les résidents américains du port se réjouissent, car il a lieu le 4 juillet.  

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19 – 15 – Le canal du Nivernais

Tatoué et percé comme un guerrier Maori, l’éclusier des écluses de Chavance nous raconte sa vie. « J’ai 57 ans, j’étais au chômage depuis quelques années après avoir fermé mon commerce en province. J’avais ouvert une quincaillerie et pendant sept ans j’ai essayé de survivre. Mais les habitants du coin comptaient leurs sous, et lorsqu’ils avaient besoin de 3 vis, il m’achetaient 3 vis.» 

« Mon conseiller m’a convaincu d’accepter ce travail-ci. Je l’aime bien, j’ai compris le fonctionnement des écluses et j’aime le contact humain que ce boulot engendre. »

Nous sommes montants, on franchit d’abord Chavance 7 et 8 et 250 m plus haut, Chanvance 4,5 et 6. En quittant notre Maori, je lui fait remarquer qu’il est l’homme des 5 écluses. Il se fend d’un grand sourire, « On peut dire ça » opine-t-il en nous souhaitant un bon voyage.

Selon certains, le Nivernais est le plus beau canal de France. C’est probablement un des plus beaux, mais n’oublions pas que d’autres canaux et rivières ont également leur charme. Nous venons de remonter le Loing. Sur ses biefs bordés de verdure, nous avons apprécié les longues heures de calme et de solitude que la navigation nous apporte. 

Le 21 juin, le New York Times a publié un article intitulé ´The land where the Internet ends’. La ville de Green Banks en Virginie est au centre d’une ‘National Radio Quiet Zone’ de 34.000 km2, soit une surface plus étendue que la Belgique. L’interdiction existe pour protéger des radiations terrestres, les télescopes radio qui scrutent l’univers. Ils sont tellement sensible qu’un SmartPhone ou un four à micro onde perturberait leur réception. Pour ceux que cela intéresse, l’article est écrit par Pagan Kennedy, les photos en noir et blanc, sont de Damon Winter.

Les canaux que nous parcourons nous mènent régulièrement dans des régions où la réception radio et téléphonique est faible ou inexistante. Par conséquent notre accès à Internet l’est également. On se passe facilement des nouvelles du jour, les mails peuvent attendre et Marleen utilise l’accès à internet essentiellement pour jouer quelques parties de Scrabble avec ma sœur et quelques autres amies éparpillées en Europe. Le jeu accepte une interruption de 72 heures et au bout de trois jours, même en France profonde, on finit par trouver un signal. Personnellement, j’utilise Internet pour échanger des mails, pour consulter la météo et pour lancer mon billet hebdomadaire. 

Je me souviens qu’à nos début de la navigation avec le Chat Lune, il y a de cela 15 ans, les stations émettrices Wifi étaient rares. À défaut d’en trouver une dans un port, il nous arrivait d’aller boire un café dans un MacDo pour bénéficier de ce service.

Nous ne sommes pas des fanatiques de la réception nulle, quand on a un accès digital, on l’utilise, lorsqu’il est inexistant, on s’en passe. Il faut prendre les choses tél qu’elles viennent.

Le 21 juin, à Mailly-la-Ville, la musique de la fête s’est résumée aux chants des oiseaux et au bruit blanc de la chute d’eau du barrage qui sépare l’Yonne du canal du Nivernais. On s’est couché à 22:00.

Une autre caractéristique notre mode de déplacement est que notre perception du temps et notre perception des distances change.  

Il nous a fallu six jours pour aller de Decize à Auxerre où nous sommes amarrés au moment où j’écris ces lignes. 

Le canal du Nivernais est long de 174 km et il comporte 104 écluses.

Nous avons connu des journées de 20 km et 31 écluses et des journées de 31 km et 17 écluses. Tous les matins on se pointait à 09:00 h aux portes de la première écluse après notre endroit d’amarrage. La journée se terminait généralement vers 17:00 h où 18:00 h, les éclusiers font une pause entre 12:00 h et 13:00 h, et nous aussi.

Et curieusement, le temps file. À 8 km/h, la vitesse recommandée sur le Nivernais, il nous faut une demi-heure pour parcourir un (long) bief de 4 km. Notre perception est que le temps est court entre les deux écluses de mon exemple. À peine de quoi se faire un café et Marleen doit préparer les amarres pour se mettre en place dans le bassin. Le temps file. 

Plusieurs plaisanciers rencontrés ici nous ont fait la remarque que pour faire le Nivernais en six jours, ‘vous avez du bourrer’. 

Pas vraiment, mais comme j’ai déjà eu l’occasion de le souligner, cette année-ci on a décidé de naviguer et de laisser de côté, les musées, les églises et les abbayes.

Cette perception du temps est peut-être plus proche de notre nature humaine. 

À 8 km/h, la vitesse d’une course à pied, on voit les arbres, les buissons et les fleurs. 

On ne s’énerve pas lorsqu’un éclusier nous fait attendre une demi-heure heure, le temps de bassiner un bateau montant.  

Les cyclotouristes nous dépassent allègrement. 

Comme disait Denis Langlois, ´La vie est un long fleuve tranquille’.

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19 – 14 De Paris à Decize et VNF (suite)

Dans mon dernier billet, je me suis moqué de la réceptionniste du numéro de téléphone central de VNF, le fameux numéro unique (!) que l’on doit former pour avoir tous le renseignements utiles à la navigation sur les canaux et rivières de France.

En réalité, j’aurai du montrer du doigt le cadre responsable qui avait attribué ce poste de travail à la fille que j’ai eu en ligne.

La réception est la carte de visite d’une entreprise. Les personnes qui occupent ces fonctions doivent être suffisamment bien formées pour pouvoir faire face à majorité des requêtes susceptibles de leur être adressées. De l’ignorance à cet endroit ternit aussitôt l’image de la société.

Dans le cas de VNF, la connaissance du réseau fluvial est le minimum que les téléphonistes devraient maîtriser. 

Une bonne formation, serait de permettre aux réceptionnistes de naviguer sur les fleuves et les canaux pendant quelques mois.

Mais je rêve.

Sur le terrain, la situation est positive et différente. Il y a quinze ans que nous naviguons avec le Chat Lune pendant plusieurs mois en France. À peu d’exceptions près, les éclusiers et le personnel de dépannage que nous avons fréquenté, sont compétents, sympathiques et toujours prêts à nous aider. 

Il en va de même pour le personnel qui occupent les PC locaux. Il y a deux jours, j’ai eu en ligne une dame qui n’était pas responsable du département où nous nous trouvions. Pour le renseignement que je cherchais, elle a passé ma question à une collègue d’un autre service. Ladite collègue m’a très rapidement re-téléphoné pour me fournir l’information requise, merci madame.

Nous avons quitté le port de l’Arsenal le 3 juin dernier. Nous sommes le dimanche 16 juin 2019 et j’envoie ce billet du port de Decize. C’est la confluence de la Loire, du canal latéral à la Loire et du canal du Nivernais. 

Pour la situer, la ville est à un peu moins de 300 km au sud de Paris; horizontalement sur la carte, elle est au niveau de la Suisse à l’est et de Nantes à l’ouest. 

Nous faisons la boucle qui part de Saint-Mammès sur la Seine. De là, on prend à droite le canal parallèle au Loing. Sur son parcours, il arrose Moret-sur-Loing, Nemour et Montargis. 

Pour le plaisir, nous faisons une halte de cinq jours à Moret. 

Le café des Arts, sur la place de l’Hôtel de Ville, est tenu depuis peu par jeune couple enthousiaste. Chaque jour, pour 10 € à12 €, selon le cas, le chef offre un plat, un seul, issu de son imagination, comme nous le confie les tenanciers. Ils sont mignons, la nourriture est excellente et le service impeccable. Nous y allons deux jours de suite.

Au Loing succède le canal de Briare et à Briare, le canal change de nom et devient le parallèle à la Loire jusque Decize.

Au passage on s’arrête au Colruyt de St-Satur pour acheter, en autres choses, un excellent vin blanc, le Menetou-Salon. 

Un peu plus loin, en hauteur à notre droite on fait coucou à la ville de Sancerre.

On laisse Nevers à notre gauche et à Decize, nous franchissons l’écluse qui sépare le canal latéral à la Loire du port de plaisance. 

Lundi ou mardi prochain, notre croisière se poursuivra sur le canal du Nivernais qui nous conduira à Auxerre. 

D’Auxerre à Montereau on naviguera sur l’Yonne, de Montereau à Saint-Mammès sur la Seine. 

Notre parcours, de Paris à Paris, est long de 727 km et comporte 221 écluses.

Nous avons déjà emprunté ces canaux et rivières plusieurs fois par le passé. J’ai commenté le parcours sur mon blog en 2015.

Cette année-ci nous avons décidé de naviguer et non de faire du tourisme. Pas de musées, de visite de châteaux, d’églises ou d’abbaye. Éventuellement un vide-greniers comme ce fut le cas à Écuelles près de Moret-sur-Loing, dimanche dernier. Ce matin à Decize nous avons repéré une brocante, c’est notre promenade dominicale.

Il y a quelques décades, le gouvernement français a pris la décision de favoriser le rail et la route au détriment du transport fluvial.

C’est une aberration écologique car une seule péniche du type Freycinet peut transporter 350 T de fret, céréales, sable, gravier, ciment et tout autre matière lourde et encombrante. C’est l’équivalent de 35 camions de 10T. 

Pour plus d’informations sur le sujet, ouvrez le lien suivant: https://www.pnich.com/trans.htm

Nous aimons les silos et les industries que l’on voit implantées le long des voies navigables. Érigées à l’époque de gloire du transport fluvial, ce sont les cathédrales du blé, de l’orge ou du ciment. Aujourd’hui, leurs quais sont abandonnés et en mauvais état et les bollards auxquels  s’attachaient les péniches, sont cachés par la végétation. 

Les camions se chargent le long de la route, de l’autre côté des bâtiments.

Peut-être que la prise de conscience verte actuelle réveillera le transport fluvial sur les voies navigables secondaires.

Mais je rêve.

 

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19 – 13 – Le canal de Briare et les informations de VNF

Ce matin, vendredi le 7 juin 2019, je cherche un renseignement auprès de VNF.

Sur Internet, le site http://www.vnf.fr indique:

UN SEUL NUMERO A RETENIR POUR JOINDRE VNF :

0 800 863 000

Ce numéro d’appel unique (*) permet aux usagers de la voie d’eau :

(Entre autre) 

  • d’accéder à des renseignements sur l’utilisation du réseau (horaires, cartes, permis fluviaux, itinéraires, etc.) ;

À 09:05, je forme le 0 800 863 000

Elle: VNF, bonjour. 

Moi: Bonjour madame, ici le Chat Lune. Nous sommes amarrés à Moret-sur-Loing et nous avons l’intention d’aller à Decize par le Loing, le Briare et le parallèle à la Loire. J’ai entendu qu’il y avait des problèmes d’eau sur le Briare? 

Elle: Vous êtes où monsieur? 

Moi: À Moret-sur-Loing, madame, au sud de Paris.

Elle: Je ne vois pas où c’est. Et vous aller où? 

Moi: À Decize par le Briare. 

Elle: Le Briare, connais pas. C’est dans quelle région?

Moi: Division Territoriale Centre Bourgogne, Direction opérationnelle VNF Ouest Nevers, subdivision de Briare.

Elle: Ah bon, le canal de Bourgogne!

Moi: Non, le canal de Briare!

Silence

Elle: (À une collègue) Michèle, tu connais le canal de Briare? 

(Michèle) non, regardes internet.

Elle: Attendez, je regarde internet. C’est un sous-canal? 

Moi: C’est le canal qui relie le Loing au canal latéral à la Loire.

Silence

Elle: Je vois, l’Oise? 

Moi: non l’Oise est au nord de Paris.

Elle: Ah, l’Aisne?

Moi: non, l’Aisne est également au nord de Paris. Le canal de Briare est à 200 km environ au sud de Paris.

Elle: attendez, je consulte internet.

Silence….

Elle: Ça doit être un sous-canal, je ne vois pas.

Silence…

Elle: et vous êtes où là?

Moi: à Moret-sur-Loing 

Elle: connais pas, et vous allez où?

Moi: à Decize, par le Loing, le canal de Briare et le canal parallèle à la Loire.

Elle: je ne vois pas.

Silence….

Silence….

Elle: Ah, ça y est, je vois, le canal de Briare! 

Et vous voulez savoir quoi exactement?

Moi: Si il y a des problèmes d’eau.

Elle: attendez un instant.

Silence

Elle: je vais vous donner un numéro de téléphone. C’est le 02 38 95 09 20

Moi: merci madame et bonne journée

Elle: à vous aussi.

À 09:32, je forme le numéro donné et je formule ma demande. 

La personne qui me répond consulte son chef et très vite après, elle me dit qu’il n’y a aucun problème (d’eau) pour aller à Decize.

Nous voilà rassurés.

À 15:12, ce même jour, le 7 juin 2019, je reçois le mail suivant:

Avis à la batellerie réf FR/2019/02653. Canal de Briare : Risque de perturbation

Commentaire :

Mesdames et Messieurs les Usagers de la Voie d’eau sont invités à se regrouper pour le franchissement des écluses du canal de Briare.

Les agents de Voies Navigables de France pourront faire patienter les usagers dans la limite d’une demie heure aux ouvrages dans le but de limiter les éclusées et de préserver la ressource en eau.

Mon commentaire: heureusement qu’il pleut de temps à autre.

Ci-dessous une vue de Moret-sur-Loing

 

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19 – 12 Paris # 6 – Ferdinand Gueldry, La petite Ceinture, Sérusier et les Nabi

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Je sais que je l’ai déjà écris quelque part mais je me répète. Une des choses que j’aime à Paris, est que dans n’importe quelle brasserie, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, on peut s’accouder au zinc pour boire un petit café accompagné d’un verre d’eau fraîche. Souvent le matin, je prend aussi un croissant dans le panier en osier qui trône sur le comptoir.

Que faut-il faire ou écrire pour que les brasseries des autres villes, en France ou à l’étranger suivent cet exemple?

Une deuxième chose qui me fait vibrer dans cette ville est la rencontre souvent fortuite, lors de nos pérégrinations en périphérie, des vestiges du chemin de fer de la petite ceinture.

Ce chemin de fer qui fait le tour de Paris, à l’intérieur de l’enceinte de Thiers, figure en haut de la liste de nos ‘Lost Places’ favoris.

Au milieu du 19e siècle, sa réalisation s’avère nécessaire pour trois raisons.

La première raison est qu’à cette époque, la construction des lignes de chemin de fer radiales au départ de Paris est réalisée sans aucun plan d’ensemble. Les cinq compagnies privées ont chacune leur tracé et leurs gares. Une liaison ferroviaire entre ces gares parisiennes s’impose.

La deuxième raison est liée à la défense de Paris. À partir de 1841, pour protéger ses nouvelles limites, la ville construit une ceinture de fortifications. Le chemin de fer à l’intérieur de la ville fortifiée, doit servir à approvisionner les soldats en vivres et armement. Voir le plan ci-dessous.

La troisième raison est conjoncturelle. Le chantier de la petite ceinture fait partie des travaux nationaux lancés pour endiguer le chômage.

Sa réalisation commence en décembre 1851. Un an plus tard, la ligne s’ouvre au trafic de marchandises. Le service des voyageurs est assuré à partir de 1862.

Après moins d’un siècle de bons services, en juillet 1934, alors que le métro a atteint sa pleine maturité et que les derniers tramways cèdent la place aux autobus, le service voyageurs est supprimé sur la petite ceinture. Elle reste alors ouverte pour quelques trains de marchandises inter-réseaux et locaux. L’exploitation est entièrement stoppée en 1993.

Aujourd’hui le tracé reste, mais il n’est accessible qu’à quelques endroits. Les débats sont ouvert sur son avenir. Voir le plan ci-dessous.

Pour en savoir plus, ouvrez les liens suivants:

https://www.petiteceinture.org/IMG/pdf/la_petite_ceinture_ferroviaire_de_paris_et_ses_gares.pdf?1772/d9c3f7b7b67f2b0e4006bb9062675d01a8b93559

et

https://www.paris.fr/petiteceinture

De la gare de Lyon, le RER A nous conduit en dix minutes à la gare de Nogent-sur-Marne.

Le numéro # 290 de mars 2019 du magazine Fluvial nous a fait découvrir l’exposition de tableaux du peintre Ferdinand Gueldry au musée municipal de cette ville.

Né en 1858 au sein d’une famille d’industriels aisés, l’enfant s’avère doué pour le dessin et la peinture. En 1873 il entre à l’École des Beaux-Arts de Paris et acquière une formation classique.

Loin des impressionnistes et cubistes du Bateau Lavoir, Gueldry peint des compositions nautiques et des scènes industrielles; les ateliers de son père ne sont pas loin. Excellent portraitiste, en 1937, à l’âge de 79 ans, il exécute son dernier tableau, le portrait du Président du Tribunal de Commerce de Paris. Il s’éteint en février 1945, peu avant la fin de la deuxième guerre mondiale, puis il disparaît dans l’oubli.

Le musée d’Orsay offre une salle à Paul Sérusier, un des fondateurs du mouvement des Nabis.

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Comme je l’ai écris dans mon billet 19-9 du 12 mai passé, le musée du Luxembourg expose ‘Les Nabis et le Décor’.

À Orsay, les Nabis font partie de la collection permanente du musée.

Aujourd’hui Paul Sérusier est mis en valeur, autour de son tableau fétiche le ‘Talisman’ qu’il réalisa à Pont Aven en Bretagne sous les conseils de Paul Gauguin.

Entre deux tableaux on peut lire un commentaire de Gauguin à Sérusier:

« Comment voyez-vous ces arbres ? Ils sont jaunes. Eh bien, mettez du jaune ; cette ombre, plutôt bleue, peignez-la avec de l’outremer pur ; ces feuilles rouges ? mettez du vermillon »

Ils vivaient à la même époque, mais un monde sépare les artistes de l’art moderne, les impressionnistes, cubistes et peintres du Bateau Lavoir, des œuvres de Ferdinand Gueldry.

Ce dernier, trop brave sans doute, manquait le grain de folie qui caractérise les autres.

Lundi prochain nous quittons le port de l’Arsenal. Mon billet hebdomadaire commentera notre voyage.

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19 – 11 – Paris # 5 Thomas Houseago, August Macke et Franz Marc, Art et Histoire Saint-Denis

Dans mon billet précédent je faisais remarquer qu’à Paris on trouve des vestiges historiques à des endroits surprenants. Peu de plaisanciers y prêtent attention, mais personnellement, j’éprouve de l’émerveillement lorsque de notre dunette, j’observe le mur d’escarpe du fossé de l’enceinte de Charles V. 

Cette construction qui sépare le port de l’Arsenal du boulevard Bourdon à 600 ans d’âge. Elle fait partie de la 4e enceinte de la ville, construite en 1420. Ci-dessus, un dessin du 18ème siècle de Jean-Baptiste Lallemand. J’ai indiqué notre endroit d’amarrage. La Bastille dans le fond à droite et le fort à gauche de l’image n’existent plus, bien entendu. La capitainerie se trouve à l’endroit où les deux lavandières bavardent en attendant que leur linge sèche. 

Ci-dessous, une photo de la situation actuelle.

C’est une affiche de la sculpture ‘Serpent’ de Thomas Houseago, vu dans les couloirs du métro, qui nous conduit au musée d’Art Moderne de la ville de Paris. L’artiste travaille le bois et le plâtre pour réaliser des œuvres architecturales assez brutes. Je lis dans la brochure qu’il a vécu à Bruxelles où il tente de vivre de son art. Il connait des années difficiles où il subsiste en travaillant comme ouvrier du bâtiment. Ses réalisations en témoignent, on est pas impressionnés.

Première parenthèse. 

Dans les couloirs du métro je constate que le quotidien C-News est toujours présents dans les distributeurs. Ce n’est que l’hebdomadaire ‘À Nous Paris’ qui n’est plus imprimé.

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Plus tard dans la semaine, à l’Orangerie, on admire une sélection des tableaux d’August Macke et de Franz Marc. Peintres expressionnistes allemands, ils créent en 1911, avec Vassily Kandinsky, l’Almanach ‘Der Blaue Reiter’. 

Malheureusement les deux amis meurent au front, le premier en 1914 et le second en 1916.

Deuxième parenthèse.

Notre ami Fabien nous fait découvrir et nous invite à partager un lunch au restaurant Asiatique Miss Kô, situé au 49-51 avenue George V. 

Le décor est de Philippe Starck. Voir https://www.miss-ko.com. Les plats sont des petits chef d’œuvres de mise en place, de couleurs et de goûts. Les filles qui servent sont jolies, l’ambiance est détendue, le service rapide et les prix raisonnables pour un restaurant de cette classe. On recommande.

À l’autre bout de l’échelle, la Cantine de Belleville à Ménilmontant, au 108 bd. de Belleville, dans le 20e, sert uniquement le weekend, pour une dizaine d’€, un excellent et copieux couscous.

Enfin, place de la Bastille, le Café des Phares, un de notre restaurants coutumiers, a réouvert ses portes après une solide rénovation. Les prix ont grimpé mais la cuisine est de qualité. 

À Saint-Denis, le musée d’Art et d’Histoire est situé dans les locaux du Carmel du XVIIe siècle. 

C’est un musée de province qui contient un Hôtel Dieu avec une apothicairerie et l’incontournable pot de Thériaque, le remède à tout les maux. Pour rendre la visite insolite, le curateur du musée a mis dans chaque cellule des carmélites, un objet d’art contemporain. Ici un paravent en polystyrène expansé peint en bleu ciel, là un porte bouteille portable en plastique rouge. 

Une aile est dédiée à la guerre de 1870 et à la commune de Paris. 

L’exposition temporaire est intitulée ‘Enfermement’.

Le musée et ses jardins sont soignés et contrastent avec le côté hétéroclite et multiculturel de la ville de Saint-Denis. Dans les rues, les coiffeurs africains se succèdent aux restaurants halals, pitas et pizzerias. Sur la place près de la basilique, des volontaires préparent une exposition commémorant le 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage.

En débarquant du métro, à la station Porte de Paris, on prend un café dans une brasserie. Les croissants frais sont épuisés. Le patron nous en offre de la veille. C’est ainsi que Marleen les préférèrent.  

Le week-end s’annonce, les brocantes et les Circul’Livre nous attendent.

 

 

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19-10 Paris # 4 Kimonos, Otsu-e, regard de Saux, pavillon de l’Ermitage, le noir dans la peinture

Ryohei TAMURA est un sympathique japonais que nous avons appris à connaître il y a deux ans dans une brocante boulevard Richard Lenoir. Marleen lui a acheté une veste de kimono rouge en soie. 

Il est haut comme trois pommes et s’habille à la japonaise avec un pantalon bouffant noir, un kimono en soie bariolé et un petit chapeau plat en coton à bord étroit. 

Nous prenons un rendez-vous chez lui, au 9, villa de l’Ermitage dans le 20e. Marleen souhaite acheter une yukata. Elle envisage aussi de lui vendre une veste de kimono qu’elle ne met plus.

La villa de Belleville est une impasse où on se croit à la campagne. 

Notre japonais nous reçoit dans son atelier. Il nous vend une yukata en coton blue marine avec motifs blancs. Il n’à pas usage de la veste mais il nous fait découvrir qu’elle est réversible, ce qui ravit Marleen. Ryohei nous montre également comment cintrer la ceinture d’un kimono.

Le lendemain, le RER C nous conduit à la maison de la culture du Japon à Paris, situé le long de la Seine, entre la tour Eiffel et le pont Bir-Hakeim.

Jusqu’au 15 juin on peut y admirer l’exposition intitulée Otsu-e. 

Les Otsu-e ou ‘images d’Otsu’, sont des peintures exécutées au pochoir. Populaire à l’époque d’Edo, du milieu du 17e au milieu du 19e siècle, les images mais aussi des figurines étaient vendues aux voyageurs et aux pèlerins qui empruntaient la route de Kyoto à Edo (aujourd’hui Tokyo). La ville d’Otsu en était le premier relai. 

Plus tard dans la semaine, Marleen se rend dans le 20e, au Pavillon de l’Ermitage.

Seul vestige existant du château de Bagnolet, le pavillon fut édifié par Melle de Blois, duchesse d’Orléans, fille légitimée du roi Louis XIV et de la marquise de Montespan. 

Intitulées ‘Femmes solidaires et Deux siècle d’aide sociale à Paris’, deux expositions temporaires illustrent le rôle social des femmes et les racines de l’aide sociale à partir de la révolution.

Pendant ce temps je me rend à l’Espace Saint Michel pour voir le film de Renaud Cohen qui retrace le tournage à Marseille d’une série populaire chinoise ‘Une famille de Wenzhou’.

La confrontation et la collaboration des équipes chinoises et françaises illustre et souligne de manière réaliste et drôle les différences culturelles entre les deux peuples. 

On trouve à Paris des vestiges historiques à des endroits surprenants. Flâner les rues et sauter d’un métro et d’un bus à l’autre est un de nos plaisirs favoris. 

Hier, en revenant du Circul’Livre de la place Michel Audiard, j’avais repéré sur le plan de la ville, le regard de Saux (# 25) de l’aqueduc de Marie de Médicis, situé dans le jardin de l’hôpital La Rochefoucauld. 

En 1609, Henri IV et Sully projettent de capter les eaux de Rungis pour alimenter la rive gauche de Paris.

Après l’assassinat du roi et le départ de son ministre, la régente Marie de Médicis reprend le projet. Elle s’y intéresse d’autant plus qu’elle a l’intention de se faire construire un palais sur la rive gauche, l’actuel palais du Luxembourg. Le parc devra s’orner de fontaines et de jeux d’eau.

Le tracé suit en grande partie celui de l’aqueduc de Lutèce. Les architectes royaux ont fait confiance au savoir-faire des Romains.

L’aqueduc est mis en eau le 19 mai 1623. Aujourd’hui, quatre siècles plus tard, il fonctionne toujours.

Pour éviter de faire les longues attentes à l’entrée du musée d’Orsay il faut y aller en fin de matinée lorsque les intéressés songent plus à l’apéro qu’à la culture. Une des ambitions de l’exposition intitulée ‘Le modèle noir de Géricault à Matisse’ est de retrouver les identités des modèles d’atelier restés longtemps anonymes. 

Par exemple, à côté du tableau d’Olympia de Monet, le musée expose son carnet dans lequel il a inscrit vers 1862, le nom de « Laure, très belle négresse, 11, rue Vintimille, 3e ». C’est pour cette raison que la femme qui a posé pour la servante d’Olympia est devenue Laure.

En mai, les brocanteurs se réveillent et les particuliers font leur nettoyage de printemps. 

Le weekend, Marleen et moi partons chiner, une de nos occupations favorites. 

Notre guide est le site suivant: https://vide-greniers.org/75-Paris .

L’esprit ouvert, l’œil aux aguets, nous recherchons les objets insolites, beaux, pas trop volumineux et pas cher. On évite les brocanteurs qui se prennent pour des antiquaires. 

Un des plaisirs du sport est d’entamer une discussion avec les vendeurs et bien évidemment de marchander le prix des pièces convoitées. Pour ce faire, Marleen est beaucoup plus douée que je ne le suis. Notre approche, lorsqu’un objet est repéré, est que je m’éloigne pour lui laisser le jeu de la discussion et du marchandage.

 

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19 – 9 Paris # 3 Maillol, Nabis, Art Brut, Versailles & Impressionistes

À la sortie du métro Hôtel de Ville, venant de la Bastille, on pénètre dans le sous-sol du BHV, la cave d’Ali Baba du bricoleur. À l’entrée se trouve un bar à sandwich tenu par un sympathique couple asiatique. Je m’y arrête à chaque visite du grand magasin pour prendre un café. On y trouve le ‘20 Minutes’, un journal gratuit. Avant, il y avait aussi le ‘C News’ et ‘À nous Paris’. 

Ces deux derniers étaient aussi présents sur les présentoirs du métro. Depuis février, ils n’existent plus qu’en version digitale sur la Toile.

Dommage, on les aimait bien, c’était un plaisir de les feuilleter lorsqu’on prenait le métro. 

Dans la même station, Hôtel de Ville, la RATP a placardé des photos avec des usagers qui commentent leur satisfaction de prendre ce transport en commun. Je vous en livre quelques-unes.

Nous vu plein de choses la semaine dernière. Voici dans le désordre, quelques impressions.

Dimanche dernier, le temps c’était remis, nos amis Fabien et Qing nous attendaient à Versailles. Au cœur du quartier Saint-Louis et dans le potager du Roi, on se promène entre les fleurs et les légumes. 

Marleen achète de la rhubarbe avec laquelle, une fois revenue à bord du Chat Lune, elle confectionne une compote.  

À midi, on lunche au Nouveau Shanghai, rue de Satory.

Pour les plats, nous faisons confiance à Qing. Dans sa langue maternelle, elle passe la commande à la patronne du restaurant. Le résultat est délicieux.

Une raison de vivre est de s’entourer d’amis chaleureux et intéressants. 

C’est pour cela que nous aimons séjourner à Paris, au port de l’Arsenal.

Au musée du Luxembourg, nous avons appris à connaître les Nabis. 

Bonnard, Vuillard, Denis, Sérusier, Ranson, Vallotton et quelques autres se regroupent à la fin des années 1880 pour affirmer leur opposition à l’impressionnisme. Leur ambition est de révéler un art nouveau. Ils se désignent comme des ‘Nabis’ ce qui signifie ‘prophètes’ en hébreu et en arabe.

Les tableaux exposés sont en grande partie des panneaux décoratifs.

Dans la galerie d’Orleans du Palais Royal, à côté de la cour avec les colonnes noires et blanches de Buren, des photos de 2mx2m illustrent quelques réalisations architecturales actuelles. Entre autre, le musée national du Quatar réalisé à Doha par l’architecte Jean Nouvel.

Le musée Maillol expose des œuvres de la collection d’Emil Bührle, un Allemand naturalisé Suisse, fabriquant d’armes et amateur d’art.

Essentiellement des impressionnistes, Manet, Monet, Degas, Renoir et Sisley, et des post impressionnistes, de Cézanne à Modigliani et Picasso.

À chaque visite de ce musée, on en profite pour aller au deuxième étage, voir les nus en peinture et en bronze de Maillol. L’artiste disait qu’il peignait et sculptait des volumes, pas des femmes.

L’exposition qui nous a soufflé cette semaine est celle que l’on peut admirer à la Halle Saint-Pierre, à Montmartre.

Le musée d’Art Brut présente au rez-de-chaussée ‘Chicago Foyer d’Art Brut’ et à l’étage HEY!4 Art Moderne et Art Pop.

La collection américaine est impressionnante mais les œuvres de HEY!4 sont exceptionnelles. 

Contrairement aux artistes de l’Art Brut, leurs auteurs ont une formation artistique. Par contre, ils partagent l’obsession du travail minutieux et répétitif de ces derniers. Cela donne des créations étonnantes comme la dernière scène dessinée à l’encre de Chine avec une fine plume par Mad Meg. L’artiste a mis deux ans pour réaliser son œuvre. Les apôtres sont des hommes d’affaire en costume et cravate, leurs têtes sont des insectes.

Voir https://youtu.be/HV9YBWd8VwY

Courez tous à Montmartre, voir l’exposition au musée de la Halle Saint-Pierre.

Aujourd’hui dimanche, ce sont les brocantes qui nous attirent. La saison commence et nous sommes curieux d’aller découvrir des objets dont nous ignorons à l’heure où j’écris ces mots,  que nous aurons envie de les acquérir. 

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19 – 8 Paris # 2 Roux, Duhême et Hammershøj

La marche à pied:

À bord du Chat Lune on n’a pas la télé et on a pas l’intention de l’avoir. Pour apprendre combien de gilets jaunes se sont déplacés le samedi, on écoute France Inter. Pour les nouvelles internationales, nous avons sur nos tablettes, le New York Times online. Pour les potins du pays, également online, on lit le journal De Morgen. 

Un article récent de ce journal, titre: ‘Pourquoi courir est la chose la plus stupide que l’homme se soit mis à faire’. 

Pour rester en bonne santé, il est condamné à bouger et les fameux 10.000 pas par jour sont un minimum à observer. Nos cousins les grands singes n’ont pas ce problème. Ils dorment dix heures par jour et se reposent de la même durée. Malgré cela, même en captivité, ils restent en bonne santé, ne deviennent pas obèses et ne souffrent pas de diabète. 

Nous étions comme eux mais nous avons commis l’erreur, il y a 4 millions d’années, d’abandonner leur style de vie pour devenir des chasseur-cueilleurs. Cela nous a contraint à nous redresser et à courir après nos proies. Toujours selon l’article, en faisant ça, au fil des millions d’années, nos métabolismes se sont transformés et contrairement aux gorilles et chimpanzés, pour garder la forme aujourd’hui, nous devons continuer à galoper. 

Heureusement que Marleen et moi, nous aimons marcher. Nos proies sont les musées et les objets à cueillir se trouvent dans les brocantes et les vide-greniers. À la recherche des uns et des autres, nous n’avons aucune difficulté à cumuler 10.000 pas chaque jour.

La couleur rouge:

Il est de coutume dans le port de déposer sur les quais les objets dont on veut se débarrasser mais qui pourraient encore servir à un autre plaisancier. Ainsi, un fauteuil en tissu feutré rouge bordeaux fit le bonheur de quelques passants qui le trouvèrent plus confortable qu’un banc public. Et puis un jour, je le vis sur la dunette du Talisman. La propriétaire du bateau le nettoyait à l’eau vive. Comme équipement marin, le fauteuil club détonne un peu, mais pour passer une soirée avec un livre et un verre de vin, il fait l’affaire.

Dans le 8e, l’avenue Villiers et les rues adjacentes autour du parc Monceau connurent leur heure de gloire à la fin du dix-neuvième et au début du vingtième siècle. De nombreux banquiers et riches hommes d’affaire y installèrent leurs hôtels particuliers. Ils furent suivis par les artistes, peintres, écrivains et poètes. 

Le musée Jean-Jacques Henner, au 43 de l’avenue de Villiers, est situé dans l’ancienne demeure et atelier du peintre Guillaume Dubufe. Le musée possède la plus importante collection d’œuvres de Jean-Jacques Henner. Tout au long de sa carrière, le peintre utilise le roux comme sa signature. Aujourd’hui, les rousses sont mises en valeur.

« La lumière jette sur la chevelure des rousses des reflets d’incendie et fait valoir le grain satiné de la peau. La lueur fauve, couleur d’or, est la plus vivante, la plus vibrante, la plus discrète aussi par conséquent la plus harmonique et la plus belle. » 

Henri Roujon

Hier matin, une rousse du port, notre amie Sylviane, fait remorquer son bateau, le Colvert, du port de l’Arsenal vers le chantier chantier Nautic Center à Meaux. Elle a commandé un nouveau moteur pour remplacer son ancien à propulsion hydraulique, défaillant.

Les expositions:

 En aval de la Seine, au 1 rue du figuier, dans l’Hôtel de Sens, nous admirons les dessins et les aquarelles de Jacqueline Duhême. L’exposition est intitulée ‘Une vie en couleur, de Matisse à Prévert’. 

L’artiste a commencé sa carrière comme aide d’atelier chez Henri Matisse. En 1949 elle fait la connaissance de Jacques Prévert avec lequel elle se lie d’amitié.  Elle peint et illustre livres et cartons, c’est poétique, la nature et les enfants dominent son œuvre.

Le musée Jacquemart-André présente le peintre Danois Vilhelm Hammershøj, connu pour ses ‘intérieurs’. Comme son ami Carl Holsøe et de son beau-frère Peter Listed ces peintres du début du siècle dernier aiment représenter avec des tons gris et des tonalités douces, les intérieurs dans lesquels ils vivent. Les compositions sont souvent sans personnages. Hammershøj y intègre parfois son épouse vue de dos ou lisant une lettre. En plus des intérieurs, l’exposition retrace les autres thèmes du peintres, paysages nordiques, paysages citadins et nus.

Aujourd’hui la pluie tombe en rafale et il fait froid. Ce n’est pas mieux dans le Nord. Ma sœur Danoise nous envoie une photo du bonhomme de neige qu’elle a fabriqué sur sa table de jardin. 

Nous avons décommandé notre visite à Versailles où nous étions invités par nos amis Fabien et Qing pour flâner dans l’événement ‘Esprit Jardins’.

Peut-être demain.

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19 – 7 Paris # 1 Doisneau et Custodia

Le capitaine du port de plaisance de Compiegne s’appelle Patrice Paul, tout le monde l’appelle Paulo. Petit, bedonnant, la barbe de deux jours, il occupe se poste depuis près de quarante ans, me confie-t-il, lorsqu’il vient réceptionner le montant de notre séjour dans son port. 

Il monte à bord en fin d’après-midi et on bavarde pendant une bonne heure.

Lorsque je suis allé le trouver ce matin, il était assis à l’arrière d’un de ses deux bateaux et il bavardait avec un couple voisin. Je suis débordé, me dit-il, en jetant une croute de pain à un canard, je viendrai te voir en fin de journée.

Il m’explique qu’il a acheté un deuxième bateau, un Norvégien bien équipé, pour aller voir sa fille et son futur beau-fils qui habitent un peu plus haut, le long de la vielle Oise. Elle va se marier, il y a quelques mois, elle avait rompu, maintenant ça s’est raccommodé. 

Le port est bien tenu, ce n’est pas de la haute technologie, l’acier poli et les hautes fenêtres en verre fumé sont absents, mais tout ce qui doit fonctionner, fonctionne. L’eau, l’électricité, le WiFi, une douche avec de l’eau chaude et froide, une bibliothèque ouverte aux plaisanciers et un BBQ au centre d’une petite pelouse. Les grilles de sécurités ferment à clé et il y fait calme.  

En rue, à cent mètres de l’entrée du port, au rond-point, se trouve une boulangerie qui est ouverte tous les jours de 06:30 à 20:00 sauf le jeudi et une épicerie dont les étalages regorgent de fruits frais. Marleen achète deux melons et trois pommes. 

Le dimanche de Pâques les écluses ne tournent pas et le lundi de Pâques, l’accastilleur Guerdin est fermé. Le Chat Lune et son équipage prennent deux jours de repos. 

Mardi matin, Gerald Guerdin me livre une batterie starter AGM neuve. Avec son aide, je fais l’échange de celle qui est fatiguée. Un autre membre de la famille vérifie la réception de ma radio VHF et j’achète un pot de peinture antidérapante pour rafraîchir le pont de la dunette. Ce sera pour un jour de soleil, au port de l’Arsenal.

On fait le plein de fuel, comme toujours chez Guerdin, l’ambiance est bon enfant, on bavarde encore un moment avec Gerald et vers 09:30 nous lâchons les amarres et partons en direction Conflans-Sainte-Honorine où nous arrivons en fin de journée, 10 heures, 90 kilomètres et 7 écluses plus tard.

La halte de plaisance est située le long de la Seine, les ‘commerces’ circulent jour et nuit et nous sommes souvent bercés, c’est un des plaisirs de vivre à bord d’un bateau.

Mercredi le Chat Lune parcours les 70 kilomètres qui le séparent du Port de l’Arsenal. Les sympathiques capitaines, nous ont réservé l’emplacement # 63, le même que nous avions l’année dernière, entre le Senang de Thomas et le Delphin de Valérie; à trois bateau près de Bill et Geneviève. Ces derniers nous accueillent et nous invitent à partager leur dîner. 

Marleen remarque, ‘home again’.

Ceux qui me lisent savent que nous sommes férus de musées et de galeries d’art, notre calendrier est déjà bien rempli. 

Un autre de nos dadas est de chiner les brocantes et les vide-greniers, on finit toujours par dégoter une bricole dont on ignorait que nous en ayons le besoin ou l’envie.

Notre intention est de rester à Paris jusque fin mai et ensuite de poursuivre notre navigation.

La fondation Custodia, située dans le 7e, au 121 rue de Lille, présente une exposition intitulée ‘Le Musée Puchkine, cinq cent ans de dessins de maîtres’.

C’est une sélection de 200 dessins de grands maîtres issue de la vaste collection du musée des Beaux Arts de Moscou. 

Notre deuxième exposition nous conduit à la Villette, à la Cité de la Musique, rue Jean Jaurès dans le 19e. Elle est intitulée Doisneau et la Musique. C’est l’avant dernier jour de l’exposition, elle était inscrite en lettre rouges dans notre agenda. Le billet d’entrée nous donne également accès à la collection permanente du musée. 

Je livre quelques photos prises au hasard dans les deux expositions. 

Un album de Boule et Bill en main, il demande à la ronde tout en me regardant, « il y a un album américain similaire, avec un jeune garçon et un tigre en peluche ». 

Calvin et Hobbes, je lui fait. En effet, excellent, répond-t-il. Ce dimanche matin, nous sommes dans le Kiosque du Boulevard Auguste Blanqui, où se tient un Circul’Livre. Cette initiative consiste à mettre gracieusement des livres à disposition des habitants en leur demandant seulement de les mettre à leur tour en circulation après lecture. Une quinzaine d’arrondissements organisent généralement par mois, un samedi ou un dimanche sur deux ces rencontres. Fervents lecteurs, nous visitons assidûment depuis sa création, les points de chute de cette action.

C’est bien parti, notre liste non exhaustive comporte une quinzaine de musées et galeries à visiter. 

Ce sera le sujet de les prochains billets.

 

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19 – 6 La croisière du Chat Lune – départ

Nous avons regardé avec effroi, l’incendie qui a dévasté Notre Dame.

Lorsque nous sommes à Paris, il nous arrive souvent de quitter le port de l’Arsenal en fin de journée pour longer la Seine en aval et admirer la vue du fleuve et de la cathédrale. 

C’est aussi un passage obligé lorsque nous allons à pied vers Saint Michel. On franchit le Pont de Sully pour prendre la rue Saint-Louis en l’île, puis le pont Saint Louis et la rue du Cloître Notre-Dame, à main gauche on longe la cathédrale, quart de tour à gauche devant le parvis, le pont au Double, les quais et on est à Saint-Michel. Deux kilomètres et demi et une demi heure de marche à pied.

J’écris ce billet assis sur la dunette du bateau, sous le bimini, car cet après-midi à Compiegne, dans le port municipal, même voilé, le soleil tape.

Nous avons mis quatre jours pour arriver ici, samedi en fin de journée, au départ de Gand.

À Menin, notre première halte du trajet on s’est amarré dans le port de plaisance de Halluin. La frontière nord entre la Belgique et la France, suit l’ancien lit de la Lys. Ainsi, le port de plaisance de Menin est situé en territoire français, le lit de la rivière fait une enclave dans Menin.

Vers 22:00, j’avais déjà enfilé mon pyjama, des coups sourds sont frappés sur la coque du bateau. Deux occupants du port m’interpellent et me délivrent une longue litanie comme quoi, eux payent une redevance annuelle et que les passants comme nous devraient faire la même chose. Les deux compères, une flamand très fâché et un français poussé par ce dernier, se sont visiblement monté le bourrichon pour m’exhorter à payer la redevance du port.

Je les calme et je leur explique que je suis prêt à payer mais que la capitainerie est fermée, et qu’aucune indication, voir un numéro de téléphone pour joindre un responsable, n’est affichée.

Je calme le flamand en m’adressant à lui dans sa langue et le français va chercher dans son bateau le numéro de téléphone du régisseur du port. Je promet de le joindre, demain matin avant de repartir.

Le lendemain matin, on termine notre muesli matinal, j’observe un grand homme vêtu d’un long manteau gris, costume cravate sombre en dessous, qui prend avec son smartphone, des photos du Chat Lune. 

Je lui demande si il prépare un reportage pour la revue Fluvial? Il me rétorque qu’il prend des photos des bateaux qui arrivent tard et qui partent tôt pour ne pas payer de redevance. 

Je lui fait remarquer que si le port était mieux géré, il y aurait un capitaine de port présent et sinon, au moins un numéro de téléphone où le joindre.  

Le ton monte un peu, l’individu est un membre du conseil municipal, du genre instituteur en chef, il examine les papiers du bateau, l’immatriculation et l’assurance, je lui verse les 17,75 € requis et nous lâchons les amarres.

On aime bien le port d’Halluin/Menin, mais on déteste les accueils déplaisants. La prochaine fois, pour la nuit, nous irons nous amarrer à Wervik. 

Le deuxième jour, jeudi en fin de journée, nous pénétrons dans la darse de Courcelles/lez/Lens.

On frappe nos amarres au même endroit que l’année dernière, à côté de l’Antares. Son propriétaire est un résident du port. Je lui demande comment va son chien. L’année dernière, nous avions été accueillis par un grand Labrador beige. En vacances, me répond-il; et le port est toujours en attente d’un gestionnaire, la municipalité actuelle ne s’en soucie pas mais l’année prochaine on a des élections et peut-être que ça va changer. 

L’endroit est beau, calme et gratuit, les résidents sont sympas et on a même un branchement électrique.

Le troisième jour nous pénétrons dans le canal du Nord à la suite de trois pousseurs. 

Nous prenons donc la quatrième bassinée à l’écluse # 2 de Marquion.

On fait le trajet avec Sylvain qui vient de Cambrai et qui va rejoindre son employeur à Strasbourg, à bord de son petit bateau de plaisance. 

En cours de chemin, on le perd de vue pour le retrouver devant une écluse. Il a ‘pété’ une durite du circuit hydraulique et s’est retrouvé sans direction. Il est repartit après une réparation de fortune. Je lui refile un demi bidon d’huile hydraulique, sa direction remarche.

On prend le tunnel de Royaulcourt devant le pousseur vide Fluvial/Tourisme. Soudainement, passé la gare, on voit arriver à pleine allure à un mètre dernière nous la proue du Tourisme, je mets les gaz à fond, une seconde trop tard, le chaland touche notre plateforme arrière et la plie un peu. 

Le marinier m’explique qu’il a en effet accéléré à près la gare mais qu’il ne m’a pas vu. Incident de parcours, quand on reste à la maison, ça n’arrive pas. Ce sera à Carron Marine de redresser le fer plié, en automne prochain, avant l’hivernage.

On passe la nuit sur le canal du Nord, devant l’écluse # 8 de Moislain.

Samedi, la veille du dimanche de Pâques, le quatrième jour de notre voyage, nous prenons l’écluse à 07:30. Deux pousseurs, dont le Fluvial/Tourisme, ont pris les bassinées avant nous.

Depuis le 1 janvier 2017, les horaires des deux versants du canal du Nord ont été harmonisées. Les écluses tournent de 06:30 à 20:30. ous naviguons dans toute la plage d’horaire.

C’est ainsi que nous arrivons à Compiegne, dans le port de plaisance municipal, dont le capitaine s’appelle Paulo, à 18:45, le 20 avril 2019, après 88 km de trajet, 14 écluses et 11 hrs de navigation.

Le dimanche de Pâques les œuvres d’art sont en chômage, autrement dit les écluses ne tournent pas. Le lundi de Pâques, l’accastilleur Guerdin & Fils à Compiegne, fait le pont. 

On a quelques achats à faire, dont une nouvelle batterie de starter, ce sera pour demain, mardi, le 23 avril 2019.

Ensuite nous poursuivrons notre route vers le port de l’Arsenal à Paris.

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19-5 Préparation du Chat Lune pour la saison 2019

Notre quinzième croisière avec le Chat Lune se prépare.

Hier matin j’ai pris en main le bateau chez Carron Marine et accompagné de mon petit fils Léo et de son ami Warren, nous l’avons acheminé jusqu’au port de Gent Leie, à 200 m de chez nous.

Il faisait beau et froid. La traversée du port de Gand est toujours spectaculaire comme vous pouvez en juger des photos ci-dessous.

Le 24 mai 2005 nous achetons le bateau chez Linssen à Maasbracht. Il est en construction et nous apportons encore quelques modifications telles que des lampes de lecture au dessus des lits. 

Le 20 juin 2005 nous réceptionnons le bateau à Auxerre, des mains de Paul Van Der Meye, le capitaine du port et le concessionnaire Linssen en France. 

Dans notre premier livre de bord je lis que le 30 juin 2005, à 16:00, nous larguons les amarres et partons vers le sud sur le canal du Nivernais. Nos amis d’enfance Léon et Colette nous accompagnent pour le voyage inaugural du Chat Lune.

Le même jour à 17:15, nous amarrons le bateau à Vaux, au deuxième ponton après le pont, toujours selon le livre de bord.

Aujourd’hui, nous en sommes à notre 7e livre de bord. J’utilise pour cela un livre de dessin Canson, 108 pages, 100gr/m2, 21 x 28 cm, couverture cartonnée noire.

Depuis juin 2005, chaque année, nous vivons à bord et naviguons avec notre Dutch Sturdy 320 pendant 5 à 6 mois. Au fil des ans, nous avons parcouru toutes les rivières et les canaux de la France, au nord de Lyon. De 2010 à 2012 nous avons navigué en Allemagne. Notre port d’attache était Potsdam près de Berlin. Nous avons descendu l’Oder jusqu’en Pologne, et parcouru la région des mille lacs située entre Berlin et la mer Baltique. 

Plus récemment, et par deux fois, le Chat Lune a descendu le Rhin de Strasbourg à Nijmegen. 

On a aussi sillonné les voies navigables des Pays Bas, de la Frise au Delta des grands fleuves.

Le compteur horaire marque près de 4000 heures, ce qui nous fait une moyenne annuelle de 280 heures de navigation. Voilà pour les amateurs de chiffres.

Nous allons consacrer les quelques jours qui viennent à l’avitaillement du bateau. Essentiellement, une réserve de nourriture sèche et en boîte, des vêtements et des livres.

Marleen est très structurée, les objets et les victuailles sont consignées sur des fiches. 

L’expérience montre que la mémoire, c’est bien, les fiches, c’est mieux.

Notre premier objectif est de joindre nos nombreux amis au port de l’Arsenal à Paris. 

Nous pensons y arriver avant la fin avril.

Je lancerai un nouveau billet.

Ci-après quelques aquarelles.

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19 – 4 – AUDI e-Tron, Hof van Busleyden et Paris

Ce matin j’ai retrouvé ma plume. Pour garder ses lecteurs il est recommandé au blogueur d’éditer une page à intervalle régulier. Un rythme hebdomadaire est idéal selon les experts. 

Depuis le 20 janvier dernier, je n’ai plus rien publié. J’ai du perdre des lecteurs. 

Ce matin, il fait printanier. Je continue malgré tout à remplir de graines de tournesol, la mangeoire du jardin. Les mésanges, les pinsons et les rouges-gorges me sont reconnaissants. 

Pour revenir à mon blog, voici en vrac, en résumé et dans le désordre, un inventaire de nos activités des dernières semaines.

L’Audi e-tron est une voiture entièrement électrique. Elle est propulsée par deux moteurs, un à l’avant et un à l’arrière du véhicule. Sa puissance est 95KWh et elle pèse 3T.

Lors de la visite de l’usine Audi Bruxelles, il y a quelques semaines, un de mes anciens collaborateurs, me fait remarquer que 3000 kg pour transporter 70 kg, ça fait beaucoup de kilos pour peu de kilos.

En valeur absolue, un chiffre isolé aussi petit ou grand soit-il, ne veut strictement rien dire, comme l’illustre Hans Rosling dans le livre posthume qu’il vient de publier sous le titre anglais ‘Factfulness’.

Aussi pour comparer, je me fais la réflexion qu’au 19e siècle, un hippomobile à six chevaux pesait le même poids. 

Six chevaux à 450 kg la pièce et un char à 300 kg, font le compte.  

Vous n’avez pas lu Factfulness? Courez vite l’acheter, et si l’anglais est un obstacle, sachez que le livre est traduit en français.

Au Cinquantenaire à Bruxelles, le Musée d’Art et Histoire consacre une exposition à l’art du textile précolombien, sous le titre ‘INCA Dress Code’.

Les cultures des Andes considéraient le textile comme un art majeur. Il revêtait une importante signification symbolique et sacrée.

À Malines, le Musée Hof van Busleyden présente quelques œuvres monumentales de Berlinde De Bruyckere en contraste avec une sélection de Jardins Clos.

Ces retables du seizième siècle font la richesse du musée. 

L’ensemble vient d’être entièrement rénové. L’architecte a su combiner l’ancien et le nouveau. L’intérieur tout en bois clair, met en valeur la beauté et la fragilité des œuvres exposées.

Il y a 20, notre cousin Jan Hoet créa le SMAK, le musée d’Art Contemporain de Gand.

Pour fêter cet anniversaire, le MSK, le musée des Beaux-Arts situé en face, expose trois œuvres emblématiques d’art contemporain. Leur présentation souligne le lien historique entre les deux musées. Il s’agit de ‘l’Aeromodeller’ de Panamarenko, du ‘Wirtschaftswerte’ de Joseph Beuys et du ‘Décor et son Double’ de Daniel Buren.

Neuf photographes de l’école Paul Kooiker du musée Fomu à Anvers, exposent leurs œuvres dans les locaux délabrés de l’ancienne école industrielle de Gand au Lindelei, en face de l’un des ports de plaisance de la ville.

L’aspect ‘Lost Places’ de l’ancienne école nous séduit plus que les clichés des artistes.

Fin février, nous avons séjourné une semaine à Paris. Nos amis du port de l’Arsenal nous manquaient. Nous en avons profité pour voir quelques expositions. 

Entre autres:

Au Centre Culturel Canadien, 130, rue du Faubourg Saint-Honoré, Shannon Bool s’est inspiré des dessins érotiques du Corbusier pour réaliser des tapisseries et de la peintures sur toile.

La Halle Saint-Pierre présente l’Art Brut Japonais. Le musée ouvre ses portes à 11:00, nous sommes en avance et le soleil brille. Nous ignorons le funiculaire et nous grimpons les 222 marches qui nous mènent au parvis de la Basilique de Montmartre.

Marleen et Geneviève pénètrent dans l’église, j’admire la vue de Paris.

La maison de la culture du Japon nous offre « Fujita, œuvres d’une vie ».

Pour notre séjour Parisien, nous avons choisi le semaine du 18 février. Le soleil est présent chaque jour et entre deux expositions nous flânons dans les rues et dans les jardins.

Paris compte 120 fontaines Wallas. Toutes sont peintes en vert à l’exception d’une jaune, d’une bleue, de deux rouge, et d’une rose.

La mise à l’eau du Chat Lune est prévue pour le 12 avril prochain. 

Prochaine étape, le Port de l’Arsenal, 11, Boulevard de la Bastille, Paris 75012.

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19 – 03 – Salon de l’Auto et l’Hôtel Notre Dame à la Rose

Je viens d’apprendre quelque chose de nouveau. 

Le dernier livre de Peter Wohlleben, s’intitule: ‘Gebraugsanweisung für den Wald’, il est publié en français sous le titre ‘La Vie au cœur de la Forêt’. J’apprends que les animaux sauvages qui vivent dans les forêts ont une bonne intelligence pour identifier les dangers qui les guettent. Le plus grand de ces dangers vient de l’homme, le méga-prédateur par excellence qui tue sans trop de discernement, tout et n’importe quoi, même les membres de sa propre espèce. Mais les animaux de la forêt savent aussi, que les prédateurs en chasse, ne font pas de bruit. Par conséquent la troupe de scouts en vadrouille ne les dérange pas et ces derniers peuvent continuer à chanter à tue-tête ‘Youkadi, Youkada, youkadi adi ada,’ sans crainte d’effrayer les biches.

Comme je l’ai signalé dans mon billet précédent je suis allé au salon de l’auto, mon frère qui est du métier, m’a procuré des cartes d’entrée pour la journée VIP. C’est soit-disant, un ‘petit salon’ consacré aux véhicules utilitaires. En cherchant bien, on peut en effet trouver ici et là quelques camionnettes. Partout ailleurs, les marques de voitures sont bien représentées, avec leurs nouveaux modèles. Mon frère Jacques qui est du métier, m’a confié que le salon de Bruxelles est un salon populaire parce que les voitures sont en vente. 

J’ai constaté que les constructeurs fabriquent et vendent 99% de voitures à moteur à combustion mais qu’ils consacrent 99% de leur budget publicitaire à promouvoir les modèles hybrides et entièrement électriques. Question de sauver la planète. 

J’avais rêvé que des jolies filles, légèrement vêtues, me présentent les véhicules électriques que les publicités et les politiciens nous servent comme la solution à l’échauffement de la terre. 

Je n’ai vu qu’une seule fille sympa qui correspondait à mes critères esthétiques. Malheureusement, elle ne s’appuyait pas sur le capot d’une quelconque hybride mais elle caressait une ‘Dreamcar’ dans le hall #1.

Je vous livre mon reportage photographique, sans commentaires. Sachez que pour figurer dans le hall #1, les voitures de rêve doivent avoir sous leur capot des moteurs à combustion qui développent au moins 500 CH, vroum, vroum.

Pour clôturer ce paragraphe concernant les voitures et la mobilité, mon ami Pierre L. m’a fait connaître une analyse publiée par le Centre Jean Gol. Elle mérite lecture.

http://www.cjg.be/wp-content/uploads/2018/12/2018-décembre-SF-Liberté-et-technologie.pdf?fbclid=IwAR3xNud1KquwE9zTBSK_z61wSPBeAItsipgdbr5dqyXWFqeGnVnY-KkmRhY

Ath et Lessines sont deux petites villes distantes de 13 km, elles sont localisées le long de la Dendre.

Je suis né dans la première et l’Hôpital Notre-Dame à la Rose, est un Hôtel-Dieu du 12ème siècle  situé au cœur de la deuxième. 

À ma honte, enfant de la région, j’ignorais que Lessines en eut un qui a fonctionné jusque dans les années 80. Voir https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Hôpital_Notre-Dame_à_la_Rose

À la fin du 19e siècle, une religieuse Lessinoise, Marie-Rose Carouy invente l’Helkiase, un médicament efficace pour traiter les maladies de peau et les ulcères. Aussi douée pour le marketing que pour la pharmacie, c’est à elle que l’Hôtel-Dieu doit son suffixe ‘à la Rose’. 

Le produit connaît un succès international, on le trouve jusquMarie-Rose’aux USA et en Inde. 

La vente s’arrête un peu avant le début de la deuxième guerre mondiale. L’antiseptique contient du bichlorure de mercure et ses effets secondaires sont parfois mortels.

N’empêche que sa période de gloire contribua à mettre l’abbaye sur les cartes du monde.

Curieusement après une visite de deux heures, nous sommes sortis un peu déçus.

Les lecteurs de mes billets se souviennent qu’il y a quelques années, le Chat Lune a visité de nombreux Hôtels Dieu établis dans les villes du Nord de la France, le long de la Saône et du Doubs.

Paradoxalement notre déception est liée à la richesse du musée. Il possède une importante collection d’objets pharmaceutiques et médicaux, tel qu’un grand nombre des trousses de chirurgie complètes qui ont l’air neuves. Le curateur a cru bien faire en exposant le plus objets possible. Par exemple, le couloir central de la salle des malades est encombré d’anciennes chaises roulantes et de vitrines contenant entre autres, les nombreuses valises de chirurgie. Dans les 20 chambres, cuisines, réfectoires et bureaux annexes, des colonnes d’information didactiques voisinent avec pléthore d’objets usagés. 

C’est beau, c’est propre et c’est instructif mais c’est surchargé et nous regrettons de ne pas sentir l’austérité qui devait caractériser les lieux lorsque l’abbaye fonctionnait normalement.

Ces remarques sont personnelles et il n’empêche que l’Hôtel Notre Dame à la Rose est un des plus beau et des plus riche Hôtels-Dieu que nous ayons visité.

 

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19 – 02 Raoul Servais, Käthe Kollwitz et Stefan Balkenhol

Pour faire le lien avec mon précédent billet, chez Alijn, j’étais intrigué et je ne réussissais pas à localiser un pont levis, vu sur une photo avec une publicité des cigarettes Saint-Michel. 

La coïncidence veut que quelques jours plus tard, An H., publie sur FB une ancienne vue de la ‘Dampoort’. On peut y voir le pont levis en question. 

D’où l’utilité de Facebook, merci An.

Nous passons quelques jours sur la côte, voici en bref nos explorations, commentaires et photos.

Lors d’une interview en 2008, Raoul Servais déclare: »Cinquante ans après l’invention de film d’animation, j’ai exploré moi-même le mystère du dessin animé. C’était agréable de découvrir quelque chose qui existait déjà, mais j’ai perdu beaucoup de temps à chercher. »

Le MuZee  à Ostende a ouvert une aile permanente dédiée à Raoul Servais, dessinateur, peintre, graphiste et animateur. On peut y voir en autre, un programme varié de court métrages en bloc d’environ 30 minutes.

 Koekelare, un village Ouest-Flamand, situé à l’intérieur du pays, à une vingtaine de kilomètres d’Ostende, a rénové dans une ancienne brasserie, son musée dédié à Käthe Kollwitz. 

Le fils Peter de cette artiste Allemande fut tué pas loin d’ici, au début de la premier guerre mondiale, à l’endroit où l’avancée de l’armée du Kayser fut stoppée par les armées Alliés sur le front de l’Yser.

Le jeune homme avait 18 ans. Pendant toute sa vie, Käthe Kollwitz consacre son talent artistique, peinture, graphismes et sculptures à des causes sociales et à un plaidoyer permanente pour la paix dans le monde. Elle meurt le 22 avril 1945, quelques jours avant la fin de la deuxième guerre mondiale. Après la première guerre elle réalise un cycle « La guerre, le prolétariat, la mort et la famine ». Au cimetière militaire allemand de Vladslo on peut voir deux sculptures la représentant avec son mari en train de pleurer sur la tombe de leur fils. 

Le musée de Koekelare retrace également l’histoire des ‘Fransmans’. Ces travailleurs saisonniers belges, essentiellement des Ouest-Flamands mais aussi des hommes et des femmes en provenance du Hainaut partaient pour plusieurs mois dans le nord de la France pour récolter les betteraves  sucrières. Cette transhumance pris fin au début des années 60, les ‘Fransmans’ furent remplacés par des machines agricoles qui en une journée font le travail de 15 ouvriers pendant 3 jours.

À l’autre bout de notre côte, dans le centre culturel Scharpoort, à Knokke-Heist se terminait hier, le 13 janvier 2019, l’exposition d’œuvres de Stefan Balkenhol.

L’artiste allemand sculpte des représentations d’êtres humain et d’animaux à partir de bûche de bois d’abachi.  C’est un arbre africain qui pousse rapidement et dont le bois clair est tendre et se prête bien à la sculpture. Stefan Balkenhol taille ses figures à la tronçonneuse électrique et ensuite à coup de ciseaux, à partir d’un seul bloc de bois. Il laisse apparente les traces de ses outils et il finalise ses œuvres avec de la peinture. Dans le documentaire projeté au rez-de-chaussée du centre culturel, l’artiste explique qu’il travaille généralement sur plusieurs figures à la fois et qu’il en réalise 150 par ans. 

Les œuvres exposées ici proviennent essentiellement de collections privées.

Vendredi prochain je vais au salon de l’auto. J’essayerai de prendre des photos des plus belles hôtesses. 

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19 – 01 – Rainbow vs. Endeavour et le tabac dans la Huis van Alijn

A photograph from the Edwin Levick Collection showing the Rainbow and Endeavour I fighting for the lead during the 32nd America’s Cup in 1934. In this photo, the Endeavour I has a slight lead over the Rainbow.

Le samedi 15 septembre 1934, dans la baie de Newport, dans le Massachusetts aux États Unis, le yacht Britannique Endeavour, avec à sa barre Sir Thomas Sopwith, coiffe à la ligne d’arrivée, de 2 minutes 09 secondes, le yacht Rainbow du New York Yacht Club, barré par Harold S. Vanderbilt.

L’America’s Cup se joue en sept manche, le gagnant est le yacht qui en remporte quatre. 

Endeavour gagne les trois premières courses et Rainbow gagne les trois suivantes. 

La dernière manche met les nerfs des marins et des spectateurs à vif et c’est avec 55 secondes d’avance que Rainbow bat Endeavour et remporte ainsi la coupe America pour le Yacht Club de New York.

À Ostende, en passant devant Delamont Creations, un magasin situé au croisement de la Koningsstraat et la Kemmelberstraat, je vois du coin de l’œil dans la vitrine, la maquette d’un sloop gréé. Je pousse la porte et je demande à voir l’objet. La dame du magasin, une ostendaise sympathique, bavarde et gentille, m’explique qu’elle vient à l’instant de mettre la maquette en vente. « Je l’ai reçu d’un client qui m’a dit que c’était un bateau célèbre, qui a gagné des courses.

C’est la Nouvel An, je vous le laisse pour une modique somme. » On bavarde encore un bon moment et fier comme Artaban, je rentre chez moi, le yacht enveloppé dans un grand sac en plastique que la dame du magasin m’a fourni, car il pleut un peu et ce serait dommage de l’abîmer, précise-t-elle.

Le support du bateau comporte une plaquette en laiton, sur laquelle on peut lire, ‘RAINBOW 1934’.

Les Dunhill rouges sont les cigarettes un peu snob que je fumais il y a une trentaine d’années. J’ai écrasé la dernière dans le cendrier en cristal qui trônait sur mon bureau, au premier étage du 201 Bd. de la Deuxième Armée Britannique à Forest, un vendredi soir avant de rentrer chez moi.  

Pendant mes études je fumais des Saint-Michel vertes. Par la suite, à l’instar de mon père, qui entre deux cigarillos, fumait la pipe, j’embaumais les locaux du laboratoire de l’université où j’étais assistant professeur, de la doucereuse odeur du tabac Clan. 

Plus tard, lorsque je travaillais à Paris, comme consultant au bureau d’études André Vidal et Associés, j’alternais les gauloises bleues et les gitanes, sans filtres. 

Voici, au travers de ma tabagie, une tranche de ma vie.

Het Huis van Alijn, (la maison d’Alijn) est installé dans la seule Maison-Dieu de Gand, datant de 1363. L’hôpital pour enfants est devenu un musée consacré à l’art, aux traditions populaires et à l’artisanat de la Flandre. On peut y voir des reconstituons de boutiques, d’intérieurs particuliers et d’ateliers des années 1900.

Une exposition temporaire intitulée ‘Rook’ (fumée) retrace l’histoire du tabac de Christophe Colomb à nos jours. 

De salle en salle on va des vertus médicinales de la nicotine au 16e siècle à la campagne nationale Belge qui ambitionne que tous les enfants nés en 2019 ne fumeront jamais. 

Le parcours est agrémenté d’objets divers, pipes, paquets de cigarettes, blagues à tabac, publicités, clubs de fumeurs de pipe avec leurs concours annuels pour élire le champion qui gardera allumé le plus longtemps possible les 3 grammes de tabac que le maître des cérémonies distribue aux participants, en début de la compétition. Des photos montrent ce qu’on avait oublié, mais que nous avons connu, les réunions de familles où tout le monde, sauf les nourrisson, ont la cigarette au lèvres ou le cigare en main.