19 – 8 Paris # 2 Roux, Duhême et Hammershøj

La marche à pied:

À bord du Chat Lune on n’a pas la télé et on a pas l’intention de l’avoir. Pour apprendre combien de gilets jaunes se sont déplacés le samedi, on écoute France Inter. Pour les nouvelles internationales, nous avons sur nos tablettes, le New York Times online. Pour les potins du pays, également online, on lit le journal De Morgen. 

Un article récent de ce journal, titre: ‘Pourquoi courir est la chose la plus stupide que l’homme se soit mis à faire’. 

Pour rester en bonne santé, il est condamné à bouger et les fameux 10.000 pas par jour sont un minimum à observer. Nos cousins les grands singes n’ont pas ce problème. Ils dorment dix heures par jour et se reposent de la même durée. Malgré cela, même en captivité, ils restent en bonne santé, ne deviennent pas obèses et ne souffrent pas de diabète. 

Nous étions comme eux mais nous avons commis l’erreur, il y a 4 millions d’années, d’abandonner leur style de vie pour devenir des chasseur-cueilleurs. Cela nous a contraint à nous redresser et à courir après nos proies. Toujours selon l’article, en faisant ça, au fil des millions d’années, nos métabolismes se sont transformés et contrairement aux gorilles et chimpanzés, pour garder la forme aujourd’hui, nous devons continuer à galoper. 

Heureusement que Marleen et moi, nous aimons marcher. Nos proies sont les musées et les objets à cueillir se trouvent dans les brocantes et les vide-greniers. À la recherche des uns et des autres, nous n’avons aucune difficulté à cumuler 10.000 pas chaque jour.

La couleur rouge:

Il est de coutume dans le port de déposer sur les quais les objets dont on veut se débarrasser mais qui pourraient encore servir à un autre plaisancier. Ainsi, un fauteuil en tissu feutré rouge bordeaux fit le bonheur de quelques passants qui le trouvèrent plus confortable qu’un banc public. Et puis un jour, je le vis sur la dunette du Talisman. La propriétaire du bateau le nettoyait à l’eau vive. Comme équipement marin, le fauteuil club détonne un peu, mais pour passer une soirée avec un livre et un verre de vin, il fait l’affaire.

Dans le 8e, l’avenue Villiers et les rues adjacentes autour du parc Monceau connurent leur heure de gloire à la fin du dix-neuvième et au début du vingtième siècle. De nombreux banquiers et riches hommes d’affaire y installèrent leurs hôtels particuliers. Ils furent suivis par les artistes, peintres, écrivains et poètes. 

Le musée Jean-Jacques Henner, au 43 de l’avenue de Villiers, est situé dans l’ancienne demeure et atelier du peintre Guillaume Dubufe. Le musée possède la plus importante collection d’œuvres de Jean-Jacques Henner. Tout au long de sa carrière, le peintre utilise le roux comme sa signature. Aujourd’hui, les rousses sont mises en valeur.

« La lumière jette sur la chevelure des rousses des reflets d’incendie et fait valoir le grain satiné de la peau. La lueur fauve, couleur d’or, est la plus vivante, la plus vibrante, la plus discrète aussi par conséquent la plus harmonique et la plus belle. » 

Henri Roujon

Hier matin, une rousse du port, notre amie Sylviane, fait remorquer son bateau, le Colvert, du port de l’Arsenal vers le chantier chantier Nautic Center à Meaux. Elle a commandé un nouveau moteur pour remplacer son ancien à propulsion hydraulique, défaillant.

Les expositions:

 En aval de la Seine, au 1 rue du figuier, dans l’Hôtel de Sens, nous admirons les dessins et les aquarelles de Jacqueline Duhême. L’exposition est intitulée ‘Une vie en couleur, de Matisse à Prévert’. 

L’artiste a commencé sa carrière comme aide d’atelier chez Henri Matisse. En 1949 elle fait la connaissance de Jacques Prévert avec lequel elle se lie d’amitié.  Elle peint et illustre livres et cartons, c’est poétique, la nature et les enfants dominent son œuvre.

Le musée Jacquemart-André présente le peintre Danois Vilhelm Hammershøj, connu pour ses ‘intérieurs’. Comme son ami Carl Holsøe et de son beau-frère Peter Listed ces peintres du début du siècle dernier aiment représenter avec des tons gris et des tonalités douces, les intérieurs dans lesquels ils vivent. Les compositions sont souvent sans personnages. Hammershøj y intègre parfois son épouse vue de dos ou lisant une lettre. En plus des intérieurs, l’exposition retrace les autres thèmes du peintres, paysages nordiques, paysages citadins et nus.

Aujourd’hui la pluie tombe en rafale et il fait froid. Ce n’est pas mieux dans le Nord. Ma sœur Danoise nous envoie une photo du bonhomme de neige qu’elle a fabriqué sur sa table de jardin. 

Nous avons décommandé notre visite à Versailles où nous étions invités par nos amis Fabien et Qing pour flâner dans l’événement ‘Esprit Jardins’.

Peut-être demain.

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19 – 7 Paris # 1 Doisneau et Custodia

Le capitaine du port de plaisance de Compiegne s’appelle Patrice Paul, tout le monde l’appelle Paulo. Petit, bedonnant, la barbe de deux jours, il occupe se poste depuis près de quarante ans, me confie-t-il, lorsqu’il vient réceptionner le montant de notre séjour dans son port. 

Il monte à bord en fin d’après-midi et on bavarde pendant une bonne heure.

Lorsque je suis allé le trouver ce matin, il était assis à l’arrière d’un de ses deux bateaux et il bavardait avec un couple voisin. Je suis débordé, me dit-il, en jetant une croute de pain à un canard, je viendrai te voir en fin de journée.

Il m’explique qu’il a acheté un deuxième bateau, un Norvégien bien équipé, pour aller voir sa fille et son futur beau-fils qui habitent un peu plus haut, le long de la vielle Oise. Elle va se marier, il y a quelques mois, elle avait rompu, maintenant ça s’est raccommodé. 

Le port est bien tenu, ce n’est pas de la haute technologie, l’acier poli et les hautes fenêtres en verre fumé sont absents, mais tout ce qui doit fonctionner, fonctionne. L’eau, l’électricité, le WiFi, une douche avec de l’eau chaude et froide, une bibliothèque ouverte aux plaisanciers et un BBQ au centre d’une petite pelouse. Les grilles de sécurités ferment à clé et il y fait calme.  

En rue, à cent mètres de l’entrée du port, au rond-point, se trouve une boulangerie qui est ouverte tous les jours de 06:30 à 20:00 sauf le jeudi et une épicerie dont les étalages regorgent de fruits frais. Marleen achète deux melons et trois pommes. 

Le dimanche de Pâques les écluses ne tournent pas et le lundi de Pâques, l’accastilleur Guerdin est fermé. Le Chat Lune et son équipage prennent deux jours de repos. 

Mardi matin, Gerald Guerdin me livre une batterie starter AGM neuve. Avec son aide, je fais l’échange de celle qui est fatiguée. Un autre membre de la famille vérifie la réception de ma radio VHF et j’achète un pot de peinture antidérapante pour rafraîchir le pont de la dunette. Ce sera pour un jour de soleil, au port de l’Arsenal.

On fait le plein de fuel, comme toujours chez Guerdin, l’ambiance est bon enfant, on bavarde encore un moment avec Gerald et vers 09:30 nous lâchons les amarres et partons en direction Conflans-Sainte-Honorine où nous arrivons en fin de journée, 10 heures, 90 kilomètres et 7 écluses plus tard.

La halte de plaisance est située le long de la Seine, les ‘commerces’ circulent jour et nuit et nous sommes souvent bercés, c’est un des plaisirs de vivre à bord d’un bateau.

Mercredi le Chat Lune parcours les 70 kilomètres qui le séparent du Port de l’Arsenal. Les sympathiques capitaines, nous ont réservé l’emplacement # 63, le même que nous avions l’année dernière, entre le Senang de Thomas et le Delphin de Valérie; à trois bateau près de Bill et Geneviève. Ces derniers nous accueillent et nous invitent à partager leur dîner. 

Marleen remarque, ‘home again’.

Ceux qui me lisent savent que nous sommes férus de musées et de galeries d’art, notre calendrier est déjà bien rempli. 

Un autre de nos dadas est de chiner les brocantes et les vide-greniers, on finit toujours par dégoter une bricole dont on ignorait que nous en ayons le besoin ou l’envie.

Notre intention est de rester à Paris jusque fin mai et ensuite de poursuivre notre navigation.

La fondation Custodia, située dans le 7e, au 121 rue de Lille, présente une exposition intitulée ‘Le Musée Puchkine, cinq cent ans de dessins de maîtres’.

C’est une sélection de 200 dessins de grands maîtres issue de la vaste collection du musée des Beaux Arts de Moscou. 

Notre deuxième exposition nous conduit à la Villette, à la Cité de la Musique, rue Jean Jaurès dans le 19e. Elle est intitulée Doisneau et la Musique. C’est l’avant dernier jour de l’exposition, elle était inscrite en lettre rouges dans notre agenda. Le billet d’entrée nous donne également accès à la collection permanente du musée. 

Je livre quelques photos prises au hasard dans les deux expositions. 

Un album de Boule et Bill en main, il demande à la ronde tout en me regardant, « il y a un album américain similaire, avec un jeune garçon et un tigre en peluche ». 

Calvin et Hobbes, je lui fait. En effet, excellent, répond-t-il. Ce dimanche matin, nous sommes dans le Kiosque du Boulevard Auguste Blanqui, où se tient un Circul’Livre. Cette initiative consiste à mettre gracieusement des livres à disposition des habitants en leur demandant seulement de les mettre à leur tour en circulation après lecture. Une quinzaine d’arrondissements organisent généralement par mois, un samedi ou un dimanche sur deux ces rencontres. Fervents lecteurs, nous visitons assidûment depuis sa création, les points de chute de cette action.

C’est bien parti, notre liste non exhaustive comporte une quinzaine de musées et galeries à visiter. 

Ce sera le sujet de les prochains billets.

 

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19 – 6 La croisière du Chat Lune – départ

Nous avons regardé avec effroi, l’incendie qui a dévasté Notre Dame.

Lorsque nous sommes à Paris, il nous arrive souvent de quitter le port de l’Arsenal en fin de journée pour longer la Seine en aval et admirer la vue du fleuve et de la cathédrale. 

C’est aussi un passage obligé lorsque nous allons à pied vers Saint Michel. On franchit le Pont de Sully pour prendre la rue Saint-Louis en l’île, puis le pont Saint Louis et la rue du Cloître Notre-Dame, à main gauche on longe la cathédrale, quart de tour à gauche devant le parvis, le pont au Double, les quais et on est à Saint-Michel. Deux kilomètres et demi et une demi heure de marche à pied.

J’écris ce billet assis sur la dunette du bateau, sous le bimini, car cet après-midi à Compiegne, dans le port municipal, même voilé, le soleil tape.

Nous avons mis quatre jours pour arriver ici, samedi en fin de journée, au départ de Gand.

À Menin, notre première halte du trajet on s’est amarré dans le port de plaisance de Halluin. La frontière nord entre la Belgique et la France, suit l’ancien lit de la Lys. Ainsi, le port de plaisance de Menin est situé en territoire français, le lit de la rivière fait une enclave dans Menin.

Vers 22:00, j’avais déjà enfilé mon pyjama, des coups sourds sont frappés sur la coque du bateau. Deux occupants du port m’interpellent et me délivrent une longue litanie comme quoi, eux payent une redevance annuelle et que les passants comme nous devraient faire la même chose. Les deux compères, une flamand très fâché et un français poussé par ce dernier, se sont visiblement monté le bourrichon pour m’exhorter à payer la redevance du port.

Je les calme et je leur explique que je suis prêt à payer mais que la capitainerie est fermée, et qu’aucune indication, voir un numéro de téléphone pour joindre un responsable, n’est affichée.

Je calme le flamand en m’adressant à lui dans sa langue et le français va chercher dans son bateau le numéro de téléphone du régisseur du port. Je promet de le joindre, demain matin avant de repartir.

Le lendemain matin, on termine notre muesli matinal, j’observe un grand homme vêtu d’un long manteau gris, costume cravate sombre en dessous, qui prend avec son smartphone, des photos du Chat Lune. 

Je lui demande si il prépare un reportage pour la revue Fluvial? Il me rétorque qu’il prend des photos des bateaux qui arrivent tard et qui partent tôt pour ne pas payer de redevance. 

Je lui fait remarquer que si le port était mieux géré, il y aurait un capitaine de port présent et sinon, au moins un numéro de téléphone où le joindre.  

Le ton monte un peu, l’individu est un membre du conseil municipal, du genre instituteur en chef, il examine les papiers du bateau, l’immatriculation et l’assurance, je lui verse les 17,75 € requis et nous lâchons les amarres.

On aime bien le port d’Halluin/Menin, mais on déteste les accueils déplaisants. La prochaine fois, pour la nuit, nous irons nous amarrer à Wervik. 

Le deuxième jour, jeudi en fin de journée, nous pénétrons dans la darse de Courcelles/lez/Lens.

On frappe nos amarres au même endroit que l’année dernière, à côté de l’Antares. Son propriétaire est un résident du port. Je lui demande comment va son chien. L’année dernière, nous avions été accueillis par un grand Labrador beige. En vacances, me répond-il; et le port est toujours en attente d’un gestionnaire, la municipalité actuelle ne s’en soucie pas mais l’année prochaine on a des élections et peut-être que ça va changer. 

L’endroit est beau, calme et gratuit, les résidents sont sympas et on a même un branchement électrique.

Le troisième jour nous pénétrons dans le canal du Nord à la suite de trois pousseurs. 

Nous prenons donc la quatrième bassinée à l’écluse # 2 de Marquion.

On fait le trajet avec Sylvain qui vient de Cambrai et qui va rejoindre son employeur à Strasbourg, à bord de son petit bateau de plaisance. 

En cours de chemin, on le perd de vue pour le retrouver devant une écluse. Il a ‘pété’ une durite du circuit hydraulique et s’est retrouvé sans direction. Il est repartit après une réparation de fortune. Je lui refile un demi bidon d’huile hydraulique, sa direction remarche.

On prend le tunnel de Royaulcourt devant le pousseur vide Fluvial/Tourisme. Soudainement, passé la gare, on voit arriver à pleine allure à un mètre dernière nous la proue du Tourisme, je mets les gaz à fond, une seconde trop tard, le chaland touche notre plateforme arrière et la plie un peu. 

Le marinier m’explique qu’il a en effet accéléré à près la gare mais qu’il ne m’a pas vu. Incident de parcours, quand on reste à la maison, ça n’arrive pas. Ce sera à Carron Marine de redresser le fer plié, en automne prochain, avant l’hivernage.

On passe la nuit sur le canal du Nord, devant l’écluse # 8 de Moislain.

Samedi, la veille du dimanche de Pâques, le quatrième jour de notre voyage, nous prenons l’écluse à 07:30. Deux pousseurs, dont le Fluvial/Tourisme, ont pris les bassinées avant nous.

Depuis le 1 janvier 2017, les horaires des deux versants du canal du Nord ont été harmonisées. Les écluses tournent de 06:30 à 20:30. ous naviguons dans toute la plage d’horaire.

C’est ainsi que nous arrivons à Compiegne, dans le port de plaisance municipal, dont le capitaine s’appelle Paulo, à 18:45, le 20 avril 2019, après 88 km de trajet, 14 écluses et 11 hrs de navigation.

Le dimanche de Pâques les œuvres d’art sont en chômage, autrement dit les écluses ne tournent pas. Le lundi de Pâques, l’accastilleur Guerdin & Fils à Compiegne, fait le pont. 

On a quelques achats à faire, dont une nouvelle batterie de starter, ce sera pour demain, mardi, le 23 avril 2019.

Ensuite nous poursuivrons notre route vers le port de l’Arsenal à Paris.

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19-5 Préparation du Chat Lune pour la saison 2019

Notre quinzième croisière avec le Chat Lune se prépare.

Hier matin j’ai pris en main le bateau chez Carron Marine et accompagné de mon petit fils Léo et de son ami Warren, nous l’avons acheminé jusqu’au port de Gent Leie, à 200 m de chez nous.

Il faisait beau et froid. La traversée du port de Gand est toujours spectaculaire comme vous pouvez en juger des photos ci-dessous.

Le 24 mai 2005 nous achetons le bateau chez Linssen à Maasbracht. Il est en construction et nous apportons encore quelques modifications telles que des lampes de lecture au dessus des lits. 

Le 20 juin 2005 nous réceptionnons le bateau à Auxerre, des mains de Paul Van Der Meye, le capitaine du port et le concessionnaire Linssen en France. 

Dans notre premier livre de bord je lis que le 30 juin 2005, à 16:00, nous larguons les amarres et partons vers le sud sur le canal du Nivernais. Nos amis d’enfance Léon et Colette nous accompagnent pour le voyage inaugural du Chat Lune.

Le même jour à 17:15, nous amarrons le bateau à Vaux, au deuxième ponton après le pont, toujours selon le livre de bord.

Aujourd’hui, nous en sommes à notre 7e livre de bord. J’utilise pour cela un livre de dessin Canson, 108 pages, 100gr/m2, 21 x 28 cm, couverture cartonnée noire.

Depuis juin 2005, chaque année, nous vivons à bord et naviguons avec notre Dutch Sturdy 320 pendant 5 à 6 mois. Au fil des ans, nous avons parcouru toutes les rivières et les canaux de la France, au nord de Lyon. De 2010 à 2012 nous avons navigué en Allemagne. Notre port d’attache était Potsdam près de Berlin. Nous avons descendu l’Oder jusqu’en Pologne, et parcouru la région des mille lacs située entre Berlin et la mer Baltique. 

Plus récemment, et par deux fois, le Chat Lune a descendu le Rhin de Strasbourg à Nijmegen. 

On a aussi sillonné les voies navigables des Pays Bas, de la Frise au Delta des grands fleuves.

Le compteur horaire marque près de 4000 heures, ce qui nous fait une moyenne annuelle de 280 heures de navigation. Voilà pour les amateurs de chiffres.

Nous allons consacrer les quelques jours qui viennent à l’avitaillement du bateau. Essentiellement, une réserve de nourriture sèche et en boîte, des vêtements et des livres.

Marleen est très structurée, les objets et les victuailles sont consignées sur des fiches. 

L’expérience montre que la mémoire, c’est bien, les fiches, c’est mieux.

Notre premier objectif est de joindre nos nombreux amis au port de l’Arsenal à Paris. 

Nous pensons y arriver avant la fin avril.

Je lancerai un nouveau billet.

Ci-après quelques aquarelles.

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19 – 4 – AUDI e-Tron, Hof van Busleyden et Paris

Ce matin j’ai retrouvé ma plume. Pour garder ses lecteurs il est recommandé au blogueur d’éditer une page à intervalle régulier. Un rythme hebdomadaire est idéal selon les experts. 

Depuis le 20 janvier dernier, je n’ai plus rien publié. J’ai du perdre des lecteurs. 

Ce matin, il fait printanier. Je continue malgré tout à remplir de graines de tournesol, la mangeoire du jardin. Les mésanges, les pinsons et les rouges-gorges me sont reconnaissants. 

Pour revenir à mon blog, voici en vrac, en résumé et dans le désordre, un inventaire de nos activités des dernières semaines.

L’Audi e-tron est une voiture entièrement électrique. Elle est propulsée par deux moteurs, un à l’avant et un à l’arrière du véhicule. Sa puissance est 95KWh et elle pèse 3T.

Lors de la visite de l’usine Audi Bruxelles, il y a quelques semaines, un de mes anciens collaborateurs, me fait remarquer que 3000 kg pour transporter 70 kg, ça fait beaucoup de kilos pour peu de kilos.

En valeur absolue, un chiffre isolé aussi petit ou grand soit-il, ne veut strictement rien dire, comme l’illustre Hans Rosling dans le livre posthume qu’il vient de publier sous le titre anglais ‘Factfulness’.

Aussi pour comparer, je me fais la réflexion qu’au 19e siècle, un hippomobile à six chevaux pesait le même poids. 

Six chevaux à 450 kg la pièce et un char à 300 kg, font le compte.  

Vous n’avez pas lu Factfulness? Courez vite l’acheter, et si l’anglais est un obstacle, sachez que le livre est traduit en français.

Au Cinquantenaire à Bruxelles, le Musée d’Art et Histoire consacre une exposition à l’art du textile précolombien, sous le titre ‘INCA Dress Code’.

Les cultures des Andes considéraient le textile comme un art majeur. Il revêtait une importante signification symbolique et sacrée.

À Malines, le Musée Hof van Busleyden présente quelques œuvres monumentales de Berlinde De Bruyckere en contraste avec une sélection de Jardins Clos.

Ces retables du seizième siècle font la richesse du musée. 

L’ensemble vient d’être entièrement rénové. L’architecte a su combiner l’ancien et le nouveau. L’intérieur tout en bois clair, met en valeur la beauté et la fragilité des œuvres exposées.

Il y a 20, notre cousin Jan Hoet créa le SMAK, le musée d’Art Contemporain de Gand.

Pour fêter cet anniversaire, le MSK, le musée des Beaux-Arts situé en face, expose trois œuvres emblématiques d’art contemporain. Leur présentation souligne le lien historique entre les deux musées. Il s’agit de ‘l’Aeromodeller’ de Panamarenko, du ‘Wirtschaftswerte’ de Joseph Beuys et du ‘Décor et son Double’ de Daniel Buren.

Neuf photographes de l’école Paul Kooiker du musée Fomu à Anvers, exposent leurs œuvres dans les locaux délabrés de l’ancienne école industrielle de Gand au Lindelei, en face de l’un des ports de plaisance de la ville.

L’aspect ‘Lost Places’ de l’ancienne école nous séduit plus que les clichés des artistes.

Fin février, nous avons séjourné une semaine à Paris. Nos amis du port de l’Arsenal nous manquaient. Nous en avons profité pour voir quelques expositions. 

Entre autres:

Au Centre Culturel Canadien, 130, rue du Faubourg Saint-Honoré, Shannon Bool s’est inspiré des dessins érotiques du Corbusier pour réaliser des tapisseries et de la peintures sur toile.

La Halle Saint-Pierre présente l’Art Brut Japonais. Le musée ouvre ses portes à 11:00, nous sommes en avance et le soleil brille. Nous ignorons le funiculaire et nous grimpons les 222 marches qui nous mènent au parvis de la Basilique de Montmartre.

Marleen et Geneviève pénètrent dans l’église, j’admire la vue de Paris.

La maison de la culture du Japon nous offre « Fujita, œuvres d’une vie ».

Pour notre séjour Parisien, nous avons choisi le semaine du 18 février. Le soleil est présent chaque jour et entre deux expositions nous flânons dans les rues et dans les jardins.

Paris compte 120 fontaines Wallas. Toutes sont peintes en vert à l’exception d’une jaune, d’une bleue, de deux rouge, et d’une rose.

La mise à l’eau du Chat Lune est prévue pour le 12 avril prochain. 

Prochaine étape, le Port de l’Arsenal, 11, Boulevard de la Bastille, Paris 75012.

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19 – 03 – Salon de l’Auto et l’Hôtel Notre Dame à la Rose

Je viens d’apprendre quelque chose de nouveau. 

Le dernier livre de Peter Wohlleben, s’intitule: ‘Gebraugsanweisung für den Wald’, il est publié en français sous le titre ‘La Vie au cœur de la Forêt’. J’apprends que les animaux sauvages qui vivent dans les forêts ont une bonne intelligence pour identifier les dangers qui les guettent. Le plus grand de ces dangers vient de l’homme, le méga-prédateur par excellence qui tue sans trop de discernement, tout et n’importe quoi, même les membres de sa propre espèce. Mais les animaux de la forêt savent aussi, que les prédateurs en chasse, ne font pas de bruit. Par conséquent la troupe de scouts en vadrouille ne les dérange pas et ces derniers peuvent continuer à chanter à tue-tête ‘Youkadi, Youkada, youkadi adi ada,’ sans crainte d’effrayer les biches.

Comme je l’ai signalé dans mon billet précédent je suis allé au salon de l’auto, mon frère qui est du métier, m’a procuré des cartes d’entrée pour la journée VIP. C’est soit-disant, un ‘petit salon’ consacré aux véhicules utilitaires. En cherchant bien, on peut en effet trouver ici et là quelques camionnettes. Partout ailleurs, les marques de voitures sont bien représentées, avec leurs nouveaux modèles. Mon frère Jacques qui est du métier, m’a confié que le salon de Bruxelles est un salon populaire parce que les voitures sont en vente. 

J’ai constaté que les constructeurs fabriquent et vendent 99% de voitures à moteur à combustion mais qu’ils consacrent 99% de leur budget publicitaire à promouvoir les modèles hybrides et entièrement électriques. Question de sauver la planète. 

J’avais rêvé que des jolies filles, légèrement vêtues, me présentent les véhicules électriques que les publicités et les politiciens nous servent comme la solution à l’échauffement de la terre. 

Je n’ai vu qu’une seule fille sympa qui correspondait à mes critères esthétiques. Malheureusement, elle ne s’appuyait pas sur le capot d’une quelconque hybride mais elle caressait une ‘Dreamcar’ dans le hall #1.

Je vous livre mon reportage photographique, sans commentaires. Sachez que pour figurer dans le hall #1, les voitures de rêve doivent avoir sous leur capot des moteurs à combustion qui développent au moins 500 CH, vroum, vroum.

Pour clôturer ce paragraphe concernant les voitures et la mobilité, mon ami Pierre L. m’a fait connaître une analyse publiée par le Centre Jean Gol. Elle mérite lecture.

http://www.cjg.be/wp-content/uploads/2018/12/2018-décembre-SF-Liberté-et-technologie.pdf?fbclid=IwAR3xNud1KquwE9zTBSK_z61wSPBeAItsipgdbr5dqyXWFqeGnVnY-KkmRhY

Ath et Lessines sont deux petites villes distantes de 13 km, elles sont localisées le long de la Dendre.

Je suis né dans la première et l’Hôpital Notre-Dame à la Rose, est un Hôtel-Dieu du 12ème siècle  situé au cœur de la deuxième. 

À ma honte, enfant de la région, j’ignorais que Lessines en eut un qui a fonctionné jusque dans les années 80. Voir https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Hôpital_Notre-Dame_à_la_Rose

À la fin du 19e siècle, une religieuse Lessinoise, Marie-Rose Carouy invente l’Helkiase, un médicament efficace pour traiter les maladies de peau et les ulcères. Aussi douée pour le marketing que pour la pharmacie, c’est à elle que l’Hôtel-Dieu doit son suffixe ‘à la Rose’. 

Le produit connaît un succès international, on le trouve jusquMarie-Rose’aux USA et en Inde. 

La vente s’arrête un peu avant le début de la deuxième guerre mondiale. L’antiseptique contient du bichlorure de mercure et ses effets secondaires sont parfois mortels.

N’empêche que sa période de gloire contribua à mettre l’abbaye sur les cartes du monde.

Curieusement après une visite de deux heures, nous sommes sortis un peu déçus.

Les lecteurs de mes billets se souviennent qu’il y a quelques années, le Chat Lune a visité de nombreux Hôtels Dieu établis dans les villes du Nord de la France, le long de la Saône et du Doubs.

Paradoxalement notre déception est liée à la richesse du musée. Il possède une importante collection d’objets pharmaceutiques et médicaux, tel qu’un grand nombre des trousses de chirurgie complètes qui ont l’air neuves. Le curateur a cru bien faire en exposant le plus objets possible. Par exemple, le couloir central de la salle des malades est encombré d’anciennes chaises roulantes et de vitrines contenant entre autres, les nombreuses valises de chirurgie. Dans les 20 chambres, cuisines, réfectoires et bureaux annexes, des colonnes d’information didactiques voisinent avec pléthore d’objets usagés. 

C’est beau, c’est propre et c’est instructif mais c’est surchargé et nous regrettons de ne pas sentir l’austérité qui devait caractériser les lieux lorsque l’abbaye fonctionnait normalement.

Ces remarques sont personnelles et il n’empêche que l’Hôtel Notre Dame à la Rose est un des plus beau et des plus riche Hôtels-Dieu que nous ayons visité.

 

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19 – 02 Raoul Servais, Käthe Kollwitz et Stefan Balkenhol

Pour faire le lien avec mon précédent billet, chez Alijn, j’étais intrigué et je ne réussissais pas à localiser un pont levis, vu sur une photo avec une publicité des cigarettes Saint-Michel. 

La coïncidence veut que quelques jours plus tard, An H., publie sur FB une ancienne vue de la ‘Dampoort’. On peut y voir le pont levis en question. 

D’où l’utilité de Facebook, merci An.

Nous passons quelques jours sur la côte, voici en bref nos explorations, commentaires et photos.

Lors d’une interview en 2008, Raoul Servais déclare: »Cinquante ans après l’invention de film d’animation, j’ai exploré moi-même le mystère du dessin animé. C’était agréable de découvrir quelque chose qui existait déjà, mais j’ai perdu beaucoup de temps à chercher. »

Le MuZee  à Ostende a ouvert une aile permanente dédiée à Raoul Servais, dessinateur, peintre, graphiste et animateur. On peut y voir en autre, un programme varié de court métrages en bloc d’environ 30 minutes.

 Koekelare, un village Ouest-Flamand, situé à l’intérieur du pays, à une vingtaine de kilomètres d’Ostende, a rénové dans une ancienne brasserie, son musée dédié à Käthe Kollwitz. 

Le fils Peter de cette artiste Allemande fut tué pas loin d’ici, au début de la premier guerre mondiale, à l’endroit où l’avancée de l’armée du Kayser fut stoppée par les armées Alliés sur le front de l’Yser.

Le jeune homme avait 18 ans. Pendant toute sa vie, Käthe Kollwitz consacre son talent artistique, peinture, graphismes et sculptures à des causes sociales et à un plaidoyer permanente pour la paix dans le monde. Elle meurt le 22 avril 1945, quelques jours avant la fin de la deuxième guerre mondiale. Après la première guerre elle réalise un cycle « La guerre, le prolétariat, la mort et la famine ». Au cimetière militaire allemand de Vladslo on peut voir deux sculptures la représentant avec son mari en train de pleurer sur la tombe de leur fils. 

Le musée de Koekelare retrace également l’histoire des ‘Fransmans’. Ces travailleurs saisonniers belges, essentiellement des Ouest-Flamands mais aussi des hommes et des femmes en provenance du Hainaut partaient pour plusieurs mois dans le nord de la France pour récolter les betteraves  sucrières. Cette transhumance pris fin au début des années 60, les ‘Fransmans’ furent remplacés par des machines agricoles qui en une journée font le travail de 15 ouvriers pendant 3 jours.

À l’autre bout de notre côte, dans le centre culturel Scharpoort, à Knokke-Heist se terminait hier, le 13 janvier 2019, l’exposition d’œuvres de Stefan Balkenhol.

L’artiste allemand sculpte des représentations d’êtres humain et d’animaux à partir de bûche de bois d’abachi.  C’est un arbre africain qui pousse rapidement et dont le bois clair est tendre et se prête bien à la sculpture. Stefan Balkenhol taille ses figures à la tronçonneuse électrique et ensuite à coup de ciseaux, à partir d’un seul bloc de bois. Il laisse apparente les traces de ses outils et il finalise ses œuvres avec de la peinture. Dans le documentaire projeté au rez-de-chaussée du centre culturel, l’artiste explique qu’il travaille généralement sur plusieurs figures à la fois et qu’il en réalise 150 par ans. 

Les œuvres exposées ici proviennent essentiellement de collections privées.

Vendredi prochain je vais au salon de l’auto. J’essayerai de prendre des photos des plus belles hôtesses. 

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19 – 01 – Rainbow vs. Endeavour et le tabac dans la Huis van Alijn

A photograph from the Edwin Levick Collection showing the Rainbow and Endeavour I fighting for the lead during the 32nd America’s Cup in 1934. In this photo, the Endeavour I has a slight lead over the Rainbow.

Le samedi 15 septembre 1934, dans la baie de Newport, dans le Massachusetts aux États Unis, le yacht Britannique Endeavour, avec à sa barre Sir Thomas Sopwith, coiffe à la ligne d’arrivée, de 2 minutes 09 secondes, le yacht Rainbow du New York Yacht Club, barré par Harold S. Vanderbilt.

L’America’s Cup se joue en sept manche, le gagnant est le yacht qui en remporte quatre. 

Endeavour gagne les trois premières courses et Rainbow gagne les trois suivantes. 

La dernière manche met les nerfs des marins et des spectateurs à vif et c’est avec 55 secondes d’avance que Rainbow bat Endeavour et remporte ainsi la coupe America pour le Yacht Club de New York.

À Ostende, en passant devant Delamont Creations, un magasin situé au croisement de la Koningsstraat et la Kemmelberstraat, je vois du coin de l’œil dans la vitrine, la maquette d’un sloop gréé. Je pousse la porte et je demande à voir l’objet. La dame du magasin, une ostendaise sympathique, bavarde et gentille, m’explique qu’elle vient à l’instant de mettre la maquette en vente. « Je l’ai reçu d’un client qui m’a dit que c’était un bateau célèbre, qui a gagné des courses.

C’est la Nouvel An, je vous le laisse pour une modique somme. » On bavarde encore un bon moment et fier comme Artaban, je rentre chez moi, le yacht enveloppé dans un grand sac en plastique que la dame du magasin m’a fourni, car il pleut un peu et ce serait dommage de l’abîmer, précise-t-elle.

Le support du bateau comporte une plaquette en laiton, sur laquelle on peut lire, ‘RAINBOW 1934’.

Les Dunhill rouges sont les cigarettes un peu snob que je fumais il y a une trentaine d’années. J’ai écrasé la dernière dans le cendrier en cristal qui trônait sur mon bureau, au premier étage du 201 Bd. de la Deuxième Armée Britannique à Forest, un vendredi soir avant de rentrer chez moi.  

Pendant mes études je fumais des Saint-Michel vertes. Par la suite, à l’instar de mon père, qui entre deux cigarillos, fumait la pipe, j’embaumais les locaux du laboratoire de l’université où j’étais assistant professeur, de la doucereuse odeur du tabac Clan. 

Plus tard, lorsque je travaillais à Paris, comme consultant au bureau d’études André Vidal et Associés, j’alternais les gauloises bleues et les gitanes, sans filtres. 

Voici, au travers de ma tabagie, une tranche de ma vie.

Het Huis van Alijn, (la maison d’Alijn) est installé dans la seule Maison-Dieu de Gand, datant de 1363. L’hôpital pour enfants est devenu un musée consacré à l’art, aux traditions populaires et à l’artisanat de la Flandre. On peut y voir des reconstituons de boutiques, d’intérieurs particuliers et d’ateliers des années 1900.

Une exposition temporaire intitulée ‘Rook’ (fumée) retrace l’histoire du tabac de Christophe Colomb à nos jours. 

De salle en salle on va des vertus médicinales de la nicotine au 16e siècle à la campagne nationale Belge qui ambitionne que tous les enfants nés en 2019 ne fumeront jamais. 

Le parcours est agrémenté d’objets divers, pipes, paquets de cigarettes, blagues à tabac, publicités, clubs de fumeurs de pipe avec leurs concours annuels pour élire le champion qui gardera allumé le plus longtemps possible les 3 grammes de tabac que le maître des cérémonies distribue aux participants, en début de la compétition. Des photos montrent ce qu’on avait oublié, mais que nous avons connu, les réunions de familles où tout le monde, sauf les nourrisson, ont la cigarette au lèvres ou le cigare en main.

Quelques faits pris au hasard:

  • En 1929, le médecin Allemand Fritz Lickint fait le lien entre le cancer du poumon et l’usage du tabac. 
  • Dans les années 70, quarante ans plus tard, au sommet de sa gloire, Eddy Merckx fait de la publicité pour la cigarette R6, pauvre en goudron et en nicotine, mais avec beaucoup de goût. 
  • En 2017, près d’un siècle après la découverte du Dr. Fritz Lickint, Philip Morris reconnaît publiquement que la cigarette nuit à la santé.
  • Aujourd’hui en 2019, 1 Belge sur 5 fume toujours, ainsi qu’ 1/7e de la population mondiale, soit 1,1 milliard d’habitants.

Fumeurs ou non fumeurs, je vous remercie de lire mes billets et je vous souhaite une bonne santé, un bonne année nouvelle, qu’elle soit pleine de joie et de découvertes. Sachez qu’il y a un lien de causalité directe entre la curiosité et la longévité.

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18-49- Pass Musée, Mercator, Adriaan Brouwer, ex-Libris et la fibre de carbone

Frislant est une île de l’Atlantique, située sous l’Islande au sud-est du Groenland.

Peuplée d’un million d’habitants, elle figure sur les cartes de Antonio et Nicolo Zeno datant de 1558 et sur les cartes de Gerardus Mercator de 1560. On la retrouve encore en 1693 sur une carte de Vincenzo Coronelli. Ce n’est que vers la fin du 18ème siècle que l’île disparaît des mappemondes, engloutie dans l’océan. La légende veut que ses habitants l’abandonnèrent avant sa disparition pour aller s’installer en Frise, au nord des Pays-Bas. 

C’est en scrutant les cartes exposées dans les salles du musée Mercator à Saint-Nicolas, que je découvre l’existence de cette île fantomatique. Il m’est permis en rêver que la légende soit vraie.

L’exposition temporaire est consacrée à la cartographie Flamande et Hollandaise de 1500 à 1700, l’époque de gloire de la VOC et l’âge d’or qui en découla.

Notre pays vient d’émettre pour la modeste somme de 50€, une carte baptisée ‘Pass Musée’ qui donne l’accès gratuit à 120 musées et à un grand nombre de galeries d’art. 

Sachez que nos voisins du nord disposent du même système depuis une quarantaine d’années. La carte Hollandaise ouvre les portes de plus de 420 établissements d’art.

Mon deuxième rêve du jour est que la France crée la même facilité.

Notre nouvelle carte en main, nous nous sommes empressés de prendre note des endroits à visiter et nous avons pris le train pour Saint-Nicolas. L’ironie veut que les deux musées de cette ville n’acceptent pas (encore?) notre Pass Musée.

Mais nous voulons voir l’exposition temporaire de la cartographie mondiale au musée Mercator. 

Dans le musée adjacent, les ex-libris nous attirent.

Comme je l’ai mentionné dans mon billet il y a quelques semaines, à Frederickshavn, au nord du Danemark, nous avons découvert un musée entièrement dédié aux ex-libris. Cette forme d’art est une niche parmi tous ce que le monde artistique offre à l’heure actuelle. Il est difficile d’en faire le compte mais à première vue, il y a par le monde moins d’une centaine de musées et bibliothèques qui se spécialisent et qui rassemblent cette forme d’art.  

Le ‘Internationaal Exlibriscentrum’ à Saint-Nicolas en est un.

Il n’est ouvert au public qu’à la demande et je prend rendez-vous la veille de notre visite.

La responsable nous accueille à bras ouvert et nous consacre plus d’une heure pour nous montrer une sélection des centaines de milliers d’images que le centre possède et pour nous expliquer les différentes techniques l’utilisées par les artistes. Elle nous informe qu’elle prépare à l’heure actuelle la 22e edition d’un concours international qui aura lieu au printemps 2019 prochain.

Voir ci-après https://musea.sint-niklaas.be/exlibris

À Audenarde, c’est la dernière semaine de l’exposition temporaire d’Adriaan Brouwer. Le curateur a réuni des tableaux venus de musées et de collections privées du monde entier. 

Contemporain de Rembrandt et Teniers, Adrian Brouwer compte parmi les grands peintres des provinces du Nord. 

L’artiste turbulent peint la vie courante de son époque dont il brosse un tableau réaliste et plein d’humour.

En admirant ses œuvres on regrette que l’artiste, enfant de la ville d’Audenarde, soit mort à 33 ans. 

Avant de quitter le musée, on profite de l’occasion pour admirer une nouvelle fois, dans d’autres salles, les tapisseries d’Audenarde. Les verdures sont nos préférées. 

À Gand, nous avons l’habitude de visiter nos musées gratuitement le dimanche matin. C’est un des privilèges offert par la mairie aux habitants de la ville.

Avec notre Pass Musée, nous pouvons y aller quand on veut. Lors d’une ballade au centre de la ville, nous poussons la porte du musée du Design situé rue Jan Breydel dans l’ancien hôtel de maître de la famille De Coninck. 

L’exposition temporaire est consacrée à des objets en matériaux composites. La présentation donne un aperçu de ce l’on peut réaliser en combinant des fibres à des matières plastiques.

Il s’agit tant de prototypes que d’objets d’usage courant, que l’on retrouve dans les domaines les plus inattendus. Scooter électriques, carrosserie d’auto, pales d’éoliennes, vêtements renforcés, prothèses chirurgicales, violons, chaises, j’en passe. L’accent est mis sur l’usage de produits bio, tel que le chanvre et sur la possibilité de recycler les objets en fin de cycle de vie. 

 

  

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18 – 48 – Budapest, les musées, le zoo et le dentiste

La galerie Kieselbach est située Szent István körút 5, à 1055 Budapest, en face de l’arrêt des tramways 4 et 6. C’est une maison de vente de tableaux dont la qualité des produits offerts vaut un bon musée. 

La prochaine vente a lieu le 17 décembre à l’hôtel Marriott, voici le catalogue: 

http://www.kieselbach.hu/media/upload/auction_catalog/129/5c010139105d9.pdf

En face, au numéro 3, l’antiquaire qui fait l’autre coin de la rue Falk Miksa ùt et Szent István, mérite également une visite. 

Dans la foulée, pour regagner le centre de Pest, prenez la Falk Miksa ùt, pour vous régaler des objets et tableaux présentés par les antiquaires et les galeries d’art de la rue. 

C’est en flânant que nous avons découvert Kieselbach. Je me suis mis sur leur liste de vente et depuis lors, nous allons sur place et à défaut, j’admire leur catalogue sur la toile.

Les tramways 4 et 6 traversent le Danube par le pont Margit et vous conduisent à la place Széll Kálmán où vous attend le bus 16 qui vous mène au château sur le haut de Buda. 

La Galerie Nationale, le musée situé dans l’enceinte du château, offre une exposition intitulée ‘Bacon, Freud, and the painting school of London’. On connaît les grands noms et on reconnaît leurs œuvres. Mais comme toujours, et c’est la beauté de l’aventure, on découvre Dorothy Mead, une artiste que nous ne connaissons pas. Voir ‘reclining figure’ ci-dessous.

Mead, Dorothy; Reclining Figure; A David Bomberg Legacy – The Sarah Rose Collection at London South Bank University, Borough Road; http://www.artuk.org/artworks/reclining-figure-218196

Plus au nord, également à Buda, se trouve le musée Vasarely. Partant de Kieselbach, empruntez le bus 26, l’arrêt est en face de la galerie. Il prend le pont Margit, traverse la moitié du Danube et au milieu, il bifurque à droite et traverse en longueur toute l’île Margit. 

L’île doit son nom à Sainte Marguerite, fille de Béla IV, roi de Hongrie. Au 13e siècle, elle pris le voile dans le couvent des dominicains qui existait à cet endroit. Son père fit le vœux qu’il l’enverrait dans le couvent si Dieu lui permettait de reconstruire son pays après le passage dévastateur des Mongols. Son appel fut entendu, les Mongols rentrèrent chez eux, le pays fut reconstruit et la gamine, âgée de 11 ans, termina sa vie en prière. 

Aujourd’hui c’est un parc à vocation sportive, l’accès routier est réservé aux autobus et aux taxis. 

Parmi les ruines des abbayes, on y trouve l’hôtel fin de siècle, ´Grand Hotel Margitsziget,´ et l’hôtel thermal moderne ‘Thermal Hotel Margitsziget’.

Au nord de l’île, quittez le bus 26 au pont Árpád et montez sur le tramway # 1 qui vous déposera sur la rive droite du Danube en face de l’entrée du musée Vasarely.

Retour à Pest. Après trois ans de rénovations, le musée des Beaux-Arts expose le petit bronze qu’il possède et qui est attribué à Léonard de Vinci. La statuette trône au centre d’une salle en demi-cercle. Le long des murs on peut admirer des dessins et des esquisses du maître.

Le musée, un imposant bâtiment néo-classique fut construit au début du siècle dernier. Il est situé au nord-ouest de la Place des Héros à la halte Hösök tere du métro #1. 

Lorsque vous visiterez Budapest, n’oubliez pas de mettre sur votre liste des choses à faire, un trajet dans le premier métro de la ville.

Construit par Siemens et Haske en moins de deux ans, le ´Kisföldalatti’ (Petit Métro) fut inauguré par l’empereur Austro-Hongrois François-Josef le 3 mai 1896. L’utiliser, c’est revenir cent ans en arrière. 

Le musée des Beaux-Arts mérite une visite, non seulement pour les œuvres exposées, ainsi que pour la collection d’objets égyptiens et romains du sous-sol, mais également pour la décoration interne des salles d’exposition, des cages d’escalier et des vastes atriums.

Dans le même secteur, à 200 m du musée des Beaux-Arts, au nord de ‘Városliget’, le ‘Bois-de-Ville’, se trouve le zoo. Les animaux en cage, ça me fout le cafard, mais le guide Hachette insiste pour que nous allions voir leurs ‘prisons’ historiques, construites à partir du milieu du 19e siècle jusqu’à nos jours par des architectes renommés. Voir  http://www.zoobudapest.com/en/the-tradition-behind-the-ambition/meet-the-past/old-and-prestigious-buildings

Je clôture ce billet en répondant à la question que Gérard posait la semaine dernière.

En deux mots, c’est le ‘tourisme dentaire’ qui nous a conduit à Budapest.

Kreativ Dental est la meilleure clinique dentaire d’Europe, voir https://kreativdentalclinic.eu/fr/L’accueil à l’aéroport, le transfert vers l’hôtel, la réservation de la chambre, le programme préétabli des soins dans la clinique, le traducteur disponible pendant les traitements, les soins prodigués par des dentistes compétents, tout est réglé comme du papier à musique. 

En prime, comme vous avez pu le lire précédemment, la ville mérite son qualificatif de ‘Paris de l’Est’.

Chez nous, le ‘Pass Musée’ nous incite plus encore que par le passé à découvrir les richesses culturelles de notre pays. Ce sera pour mes prochains billets.

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18 – 47 – Budapest, l’archange Gabriel et les marchés de Noël

Le 20 juillet 2014, dans la pénombre de la nuit tombante, le monument est érigé en toute discrétion, au sud du Park de la Liberté. L’archange Gabriel symbolise l’innocence de la Hongrie. L’aigle plongeant, les ailes déployées et les griffes acérées, représente l’Allemagne Nazie, prête à frapper.

Viktor Orban réécrit l’histoire. 

Il faut se souvenir que la Hongrie fut en 1920, le premier pays à passer une loi anti-sémitique, privant les juifs de la plupart de leurs droits. 

Que la Hongrie fut le premier pays à s’allier à l’Allemagne Nazie en 1940. 

Qu’à Novi Sad pendant l’hiver 1942-1943, gendarmes et soldats exterminèrent des milliers de juifs civils. 

Qu’en 1944 les troupes allemandes furent accueillies à Budapest par des fleurs. 

Enfin, que c’est avec enthousiasme que pendant toute la guerre, l’administration du pays organisa les déportations vers les camps d’exterminations.

Aussi, les réactions à l’installation du monument sont violentes. En témoignent les valises, les photos des personnes disparues, les textes et les récits du passé sanglant que des citoyens outragés ont planté le long du trottoir en face des figures de bronze de l’ange et de aigle.

La Hongrie fait partie de l’Europe. Avec Viktor Orban, le pays a viré à droite. Les journaux Belges nous ont appris que les immigrés sont restés aux frontières. On n’a pas vu le camion avec les affiches de Guy Verhofstadt mais on a lu qu’il circule dans les rues de Bruxelles. 

C’est notre cinquième séjour à Budapest depuis décembre 2016. Nous sommes conscients des réalités politiques du pays mais en touristes nous avons une perception positive du pays et de ses habitants. Nous explorons une ville ouverte, agréable et où tout fonctionne. Ce n’est pas Singapore mais les rues et les transports en commun sont plus propres qu’à Bruxelles, voir à Paris. Les quatre lignes de métro et l’enchevêtrement des bus bleus, des trolleybus rouges et des tramways jaunes en site propre, couvrent la cité jusqu’à moindre recoin. 

En explorateurs urbains chevronnés, pour déterminer nos itinéraires, nos outils sont un plan de la ville et l’incontournable Google Map de l’iPhone. Pour aller rapidement de A à B, on prend le métro. Pour voir, on favorise les bus et les trams, un ‘Hop-on, Hop-off’ gratuit.

Budapest soigne les vieux et au delà de 65 ans, les transports publics sont gratuits. Au delà de 70 ans, les musées le sont également. On s’en donne à cœur joie.

L’architecture témoigne de la richesse du passé de l’empire austro hongrois. Bien évidemment, à l’exception, entre autre, de celles occupées par les ambassades, beaucoup d’immeubles et d’hôtels particuliers anciens semblent abandonnées et/ou sont couverts de poussière. Il faut plus de trente ans de démocratie pour effacer cinquante ans de communisme.  

Notre handicap est la méconnaissance de la langue mais l’anglais international permet de survivre sans aucune difficulté.

La ville compte 7 ‘temples du shopping’ modernes où toutes les marques internationales sont présentes. Le plus gigantesque est le Westend. On y trouve 400 boutiques, 40 cafés-restaurants et 14 salles de cinéma. 

Nous évitons les restaurants à touristes et pour nos repas, nous avons repéré les endroits où se sustentent les autochtones. Par exemple, la cantine du marché de Lehel Csarnok et Ancsa, au 60 Ülloï ùt, offrent un excellent plat de choux farci ou une traditionnelle goulasch pour 3€ par personne. 

Noël a fait sont entrée à Budapest et les marchés attirent du monde. Le plus beau est celui du  parvis de la Basilique Szent István. Le plus alimentaire celui de Deak Forenz tér. Nous laissons de côté les bricoles mais on craque pour les Flodnis de Raj Ráchel. C’est un gâteau traditionnel hongrois d’origine juive. Voir la photo ci-dessous pour sa composition.

Nous alternons les visites de musées avec les promenades en ville et les marchés. 

Le podomètre de mon iPhone indique que nous marchons entre 10 et 14 km par jour. 

Mon prochain billet sera dédié à la culture. 

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18 – 46 – Gand, le STAM et le musée Dr.Guislain

C’est à Potsdam, le 16 août 2010 que j’ai publié mon premier billet sur le blog ‘Le Chat Lune est un Linssen en Voyage’.

Huit ans et 578 billets plus tard, je publie le présent document. 

Mon idée au départ était de documenter nos pérégrinations avec textes et photos. Accessoirement de les rendre public. 

Au fil des ans, j’ai retenu l’attention de quelques centaines de lecteurs. Je vous remercie pour l’intérêt que vous portez à mes publications. Sachez c’est grâce à vous que je surmonte ma flemme, lorsque mon envie d’écrire et mon imagination viennent à me faire défaut. 

Pour garder une trace tangible de mon blog, je le fait imprimer et relier deux fois par an, environ.

Ma bibliothèque contient 19 livres avec textes et photos. Ils sont plus faciles à consulter que les pages électroniques. 

Pour les blogueurs d’entre-vous qui auraient envie de faire imprimer leurs billets, voici comment je procède actuellement.

Le site ‘BlogBooker’ me crée un ‘PDF’ des billets que je souhaite faire imprimer. L’usage est gratuit mais il coûte 30$ par an pour avoir les photos en haute définition, ce que je recommande.

Pour éditer le PDF, je lance l’application ‘Smallpdf’. Cette dernière est gratuite pour des 

manipulations simples, tel que la consolidation de 2 PDF et l’élimination des pages que l’on ne souhaite pas voir imprimées.

Troisièmement, j’envoie le résultat à ‘drukland.be‘ qui se charge de l’impression. La qualité est excellente et les prix sont compétitifs comparés aux tarifs des ‘printshops’ que l’on trouve en ville.

La Belgique a découvert le ‘Pass Musée’. À l’instar de la Hollande où il existe depuis 37 ans, nous avons depuis peu, pour la modique somme de 50€ annuellement, un accès à 120 musées, en Flandre et en Wallonie. Une aubaine pour des aficionados comme nous. 

Nous l’inaugurons au STAM, le musée de la ville de Gand.

La police judiciaire de la ville conserve depuis 1930 une collection de photos, d’objets et de dossiers relatant l’histoire d’un grand nombre de crimes. 

On peut s’instruire sur le faux-monnayage, la violence conjugale se terminant par un meurtre, l’empoisonnement, le perçage de coffres-forts, les photos robots, les empreintes digitales, les pickpocket, les stupéfiants, la contrefaçon, les jeux de hasard, et la pornographie. Toutes les offenses y passent et l’évolution des techniques de recherche sont détaillés, salle par salle. 

On admire un faux tableau de Valerius de Saedeleer, un de mes peintres de Latem préféré.

Le faussaire était doué. Voir ci-dessous une reproduction d’un authentique De Saedeleer, enfin je pense qu’il est authentique.

Au début des années 70, le festival du film de Gand veut choquer. Le Club de Cinéma universitaire programme délibérément des films provocateurs. En 1976, le film ‘A History of the Blue Movie’ est projeté dans l’ancien cinéma Select, place Wilson. Il s’agit d’une compilations de scènes de strip tease, de nudité et de sexe filmés à Hollywood entre 1915 et 1970. La législation du moment considère que le film est contraire aux bonnes mœurs. La police est dans la salle, elle met fin à la projection et les organisateurs du festival sont poursuivis en justice pour diffusion publique d’images pornographiques.

Le STAM projette en continu des extraits. 

Nous les reconnaissons, car le hasard veut que nous étions dans la salle du Select en 1976, lorsque les forces de l’ordre de la BSR (Brigades de Surveillance et de Recherche), reconnaissables à leurs imperméables gris et leurs chapeaux melon, interrompent la projection et incitent les spectateurs à vider les lieux. Quarante années plus tard, les scènes projetées nous paraissent anodines, voir hilarantes. 

Le musée du Dr. Guislain est le second qui accepte nos cartes d’accès.

‘Sensations, entre douleur et passion.’

L’abondance de stimuli plongent d’aucuns dans l’extase et d’autres dans le désespoir.

Ça scintille et ça frémit, les écrans digitaux s’illuminent et clignotent, nos neurones grésillent dans nos crânes. Le débat est ouvert et l’exposition explore de manière historique, culturelle et artistique, l’équilibre entre l’excès et le manque d’impulsions. 

Le musée est installé dans l’asile d’aliénés datant de 1857, le plus ancien du pays. 

La collection permanente est consacrée à l’histoire de la psychiatrie et au premier étage de l’aile gauche, la collection d’art brut est une des plus belles que nous ayons vu.

Mon prochain billet sera consacré à Budapest.

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18 – 45 – Amsterdam, Vrolik, Hans Op de Beeck et Classic Beauties

Des 15 recommandations de Tripadvisor lors d’une visite à Amsterdam, j’en retiens deux. 

Ne pas confondre les lumières bleues et l’éclairage rouge du quartier chaud.

Le bleu indique les travestis et le rouge les vraies filles.

Deuxièmement, ne pas confondre ‘Coffee Shop’ et ‘Starbucks’.  

En route vers Amsterdam, nous logeons sur le parking de la crêperie Ootje Konkel, à 5 km au sud de Hoorn, le long du Markenmeer. 

Dimanche soir, le restaurant est plein, les adultes se régalent et les nombreux enfants courent en rond. Les crêpes aux lard et gingembre font un repas complet, l’endroit est recommandable pour la qualité de la nourriture et pour l’excellent service.

Lundi matin vers 10:30, nous franchissons la grille du camping Zeeburg. Il est idéalement situé au nord-est d’Amsterdam, à 10 minutes à pied du terminus des trams 3 et 14 qui nous conduisent en ville en 15 minutes. Nous y avons logé l’année dernière et on y retourne cette année-ci pour les trois derniers jours de notre semaine de musées de Hollande.

Gerardus Vrolik (1755-1859), chercheur et scientifique constitua une collection d’embryons et d’objets d’anatomie anormales. Son fils Willem, professeur d’anatomie, continua à alimenter la collection et aujourd’hui l’ensemble agrémenté de spécimens récents est devenu le musée Vrolik.

Il est situé dans l’enceinte de l’AMC, l’Hôpital Universitaire d’Amsterdam.

C’est un vaste complexe qui réunit sous son toit, des salles d’opérations, des salles de cours, un Starbucks, des boutiques, un Albert Heijn et une collection d’art contemporain, d’après-guerre jusqu’à nos jours. Les couloirs sont larges, un patio appelé de ‘Voetenplein’ comporte des tables, des chaises et des bancs en bois clair. Je commande un uitsmijter à la cafétéria. On croise des étudiants, des visiteurs, des infirmières en uniforme poussant des chariots à médecine, des médecins en blouse blanche, le stéthoscope sur le ventre et des amateurs d’art comme nous à la recherche du musée Vrolik et de l’art omniprésent.

Les murs, les structures métalliques et les couloirs sont décorés de photographies, de peintures et de sculptures. 

La ville couverte, le qualificatif que l’on donne à ce centre médical, est un endroit où il fait bon flâner. Marleen visite le musée Vrolik, je bois un cappuccino et ensuite ensemble, on se promène, on recherche, on observe et on admire.

Au deuxième étage du Musée de la Marine nous plongeons dans l’installation ‘Sea of Tranquillity’ de l’artiste Belge Hans Op de Beeck. Inspiré par la construction du Queen Mary 2 au chantier de Saint-Nazaire, l’artiste a crée un bateau de croisière énigmatique. 

Plongés dans la demi-pénombre, le navire nous est dévoilé par un modèle et par des dessins aquarellisés en noir et blanc. La figure grandeur nature du capitaine complète l’introduction. 

Un film d’une demi heure clôture l’œuvre. C’est un montage digital qui fait penser à une BD animée. On reconnaît quelques acteurs dont Pascale Platel. La comédienne gantoise est la sœur du chorégraphe Alain Platel, fondateur à Gand des Ballets C de la B (pour Les Ballets contemporains de la Belgique). 

Les images se déroulent sans chronologie particulière. On voit une succession d’activités propres aux croisières. Un mécanicien fixant un boulon dans la salle des machines, deux hommes dans un salon de massage, le capitaine et deux officiers au poste de commande du bateau, une chanteuse de jazz dans un bar, des danseuses exotiques avec plumes et fleurs bariolées, un boucher et son assistante préparant des morceaux de viande. 

Le tout est agrémenté d’une musique de fond sans paroles, sauf la chanteuse.

Les scènes sont dépouillées, les images lentes et rigides et les couleurs parfois tranchantes. 

On quitte l’installation avec regret, comme lorsqu’on se réveille après un rêve enchanteur.

Le musée Hermitage a accès aux collections du musée du même nom à Saint-Petersbourg.

L’exposition ‘Classic Beauties. Artists, Italy and the Esthetic Ideals of the 18th Century’ propose plus de 60 statues et peintures sont les ‘ Trois Grâces’ d’Antonio Canova. 

 

 

C’est jusqu’au 13 janvier 2019.

‘Sea of Tranquillity’ est à voir jusqu’au 9 juin 2019.

Deux bonnes raisons pour aller à Amsterdam. 

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18 – 44 – Enkhuizen et Hoorn

Le 29 janvier 1616, Jacob le Maire, fils du marchand Isaac le Maire et le capitaine Willem Cornelis  Schouten, à bord des navires le Eendracht et le Hoorn, trouvent au sud du détroit de Magellan, à la pointe la plus au sud de l’Amérique Latine, un passage vers l’Océan Pacifique. Il baptisent ce point le ‘Kaap Hoorn’, le nom de leur ville d’origine. 

Hoorn est une ville portuaire située dans la province de ‘Noord-Holland’, sur le Markermeer, à 50 km au nord d’Amsterdam. Vingt km plus au nord-est, se trouve Enkhuizen, une autre ville portuaire située sur le ‘Ijsselmeer’. Une digue sépare les deux plans d’eau. 

Le ‘Ijsselmeer’ au nord et le ‘Markermeer’ au sud, faisaient partie de la ‘Zuiderzee’. 

En 1932, cette mer intérieure fut coupée de la Mer du Nord par la ‘Afsluitdijk’ (digue de séparation). 

Ensuite, trois territoires furent asséchés, le ‘Wieringermeer’, le ‘Noordoostpolder’ et ‘Flevoland’. 

La carte ci-dessous illustre la réalisation.

Notre voyage de fin de saison, nous conduit à faire une visite à Enkhuizen, Hoorn et Amsterdam. 

Il y a 108 ans, à une journée près, le 6 novembre 1910,  le cinq-mâts Preussen entre en collision dans la Manche, avec le vapeur Brighton. Trois remorqueurs ne réussissent pas à ramener le bateau à Douvres et le voilier coule sur les rochers de la côte anglaise.

Sorti d’un chantier de Bremerhaven en 1902, construit en acier, c’était le voilier le plus rapide de son époque. Il atteignait 20 noeuds sous voile (38km/h). 

Son équipage de 46 hommes manœuvraient 47 voiles d’une surface totale de 6800 m2. 

La charge utile s’élevait à 8000 T. 

Lors de son naufrage il avait à bord, entre autre, une cargaison de pianos précieux qui furent récupérés avant qu’il ne coule. 

Le conservateur du Flessenscheepjes Museum (musée de bateaux en bouteilles) à Enkhuizen nous raconte son histoire et il nous montre une bouteille ronde qui contient un modèle du cinq-mats.

Ce modèle fait partie des bateaux en bouteille construit par Kees van Oostrom, un marin retraité. En 2014 il lègue l’entièreté de sa collection au musée. 

Enkhuizen possède plus de mille modèles en bouteilles, la plus importante collection au monde. 

Ce passe-temps de marins est de tout temps et de tous pays. Aussi, le musée possède des modèles qui viennent des quatre coins du monde. Certains datent du 17ème siècle, l’âge d’or du VOC. 

Le musée est logé dans une ancienne ‘spuihuisje’. C’est une maison construite au dessus d’un caniveau qui reliait la Zuiderzee au canaux de la ville de Enkhuizen. Une vanne permettait de fermer l’accès et ainsi la protéger la ville des crues et des grandes marées. Inversement, le caniveau pouvait laisser les eaux intérieures s’écouler vers la mer. 

La fermeture de la Zuiderzee a rendu sa fonction obsolète mais le mécanisme est toujours là.

Pour parfaire notre savoir, nous visitons également le Zuiderzee Museum. À cette époque de l’année, la section extérieure, c’est à dire, les bateaux amarrés dans le port adjacent n’est pas accessible au public. Par contre le hall intérieur contient une large collection de bateaux en bois, anciens bateaux de pêche et de loisirs, communs sur la Zuiderzee. 

Hoorn et Enkhuizen sont des villes actives et vivantes. Ce sont aussi des villes riches en histoire et riches tout court. La première était le siège et le port principal du VOC au 17ème siècle et la seconde un port de pêche en haute mer, avant la construction de la digue de séparation. 

Son blason arbore 3 harengs couronnés.

L’architecture témoigne de leur prospérité. Les expositions du Zuiderzee Museum à Enkhuizen et du Westfries Museum à Hoorn le soulignent.  

Enfin, à Hoorn, dans l’ancienne prison située sur l’Île artificielle Oostereiland, on s’amuse beaucoup à revivre notre passé dans le ‘Museum van de 20e Eeuw.’ Les photos sont parlantes.

 

Mon billet suivant sera dédié à Amsterdam.

 

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18 – 43 – La descente vers le sud – Emil Nolde et Holstebro

Peut-on admirer une œuvre d’art réalisée par un Nazi? 

Je ne m’étais jamais posé la question avant de découvrir qu’Emil Nolde avait été membre du parti National Socialiste et fervent supporter de Hitler.

Au fil de nos visites de musées, nous avons à de nombreuses reprises vu et aimé les tableaux de Nolde. 

Aussi, sa fondation, son atelier et la maison qu’il a construit et dans laquelle il a vécu avec son épouse Ada à Seebüll, dans le Nord de l’Allemagne, près de la frontière Danoise, fait partie des points de chute de notre voyage de retour.

Sur place, le film documentaire et la biographie de l’artiste nous font découvrir un peintre obsédé par la recherche de sa reconnaissance. Emil Nolde naît en 1867 et décède le 13 avril 1956 à l’âge de 88 ans. Sa notoriété est acquise au début du siècle dernier. 

Il a 53 ans en 1920, lorsqu’il adhère au parti National Socialisme. Il est admiré comme peintre Germanique et les pontes du régime, tel que Joseph Goebbles, achètent ses œuvres. Par contre Hitler, que Nolde admire, rejette toutes les formes d’art non conforme à ses goûts. Les œuvres de Nolde se voient qualifiés de ‘dégénérés’ et en 1937, un milliers de ses tableaux sont enlevés des musées et le peintre est frappé d’une interdiction de produire son art. À partir de 1941, dans son atelier à Seebüll, il peints de petites aquarelles. Malgré l’ostracisme qu’il ne comprend pas et dont il souffre, Nolde continue à supporter le régime. 

Après la guerre, des questions sont posées à son sujet, mais très vite, il refait surface et il est confirmé comme un des grands peintres expressionnistes Allemands. Ses œuvres confisquées lui sont restituées.

Il faut voir l’artiste dans le contexte historique des époques qu’il traverse. Il est né avant Sedan, il a connu la grande guerre, la ruine de l’Allemagne, le débâcle politico-économique qui a suivi et la renaissance du pays avec le nazisme qu’il épousa.

La question posée en début de ce texte, mérite un débat que je suis prêt à engager. 

Sans entrer dans les détails, pour les deux raisons qui suivent, ma réponse est oui, avec un arrière goût. 

Premièrement, nous aimions les peintures d’Emil Nolde avant de découvrir sa biographie. Deuxièmement, le peintre embrassait le régime mais son œuvre n’en était pas un support. 

Nolde peignait ses émotions. Pas de croix gammée, mais des jardins en fleur, des personnages enlacés, des scènes de mer et des cieux tourmentés, le tout haut en couleur, Nolde était surtout couleurs.

Pour toutes ces raisons, Seebüll mérite une visite.

En quittant Grenen et avant d’arriver chez Nolde, nous longeons la côte Ouest du Danemark et logeons par deux fois en sauvage sur des parkings avec vue sur mer. La première fois à Nørre Vorupør, une village touristique que Marleen qualifie de ‘Blankenberge, et la deuxième fois sur le parking situé à l’amorce de la route qui, à marée basse, relie l’île de Mandø au Jutland. Nous y arrivons en fin d’après-midi, la marée est haute et on aperçoit plantés dans l’eau, les piquets qui balisent le passage. Le lendemain matin, au lever et à notre départ, la marée est à nouveau pleine. Nous n’avons jamais vu la route qui mène à Mandø.

Entre Nørre Vorupør et Mandø on fait un crochet à l’intérieur des terre pour voir le Kunst Museum de Holstebro. En 1965, la municipalité décide de rendre la culture accessible au citoyens de la ville. Au fil des années, des statues et des œuvres d’art sont installées aux quatre coins des rues. Aujourd’hui, Holstebro est reconnue comme étant la ville artistique du Danemark.

Nous nous contentons de visiter le musée d’art.

Le peintre et sculpteur Danois John Olsen, né en 1938, est un fervent collectionneur d’objets de toute sorte. Il ramasse des carcasses séchées d’animaux, des branches d’arbres tordues, des oiseaux empaillés, des galets de plage. Comme nous, il fréquente les vide-grenier et les brocantes à la recherche d’objets insolites. En plus de cela il récolte des déchets de notre civilisation de consommation. 

Dans le sous-sol du musée une salle entière est dédiée à ses ‘Undrekammer’. Ce sont d’imposantes vitrines dans lesquelles Olsen expose en vrac les objets qu’il a récoltés depuis une dizaine d’années. 

On adore.

Je termine ici le compte rendu de notre voyage en Allemagne et au Danemark. 

Nous passons le Rhin à Rees et sur le chemin du retour, nous faisons une traditionnelle halte chez nos amis Marjan et Will à Eindhoven. En fin d’après-midi, il faisait suffisamment beau pour prendre l’apéro dans le jardin, autour d’un feu de camp. 

Bientôt nous partons pour Enkhuizen, on y trouve un musée de bateaux en bouteilles.

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18 – 42 – Viborg, Aalborg, Lindholm Høje, Frederikshavn, Skagen

C’est le peintre Lithuanien Marcinkevičius Vilmantas qui a décoré le cercueil de Thorkild NB Nielsen, galeriste à Viborg depuis 30 ans.

Thorkild Nielsen nous accueille et nous introduit aux œuvres exposées dans sa galerie. 

Après une semaine de promenades dans les bois à la recherche de champignons sauvages, nous avons quitté Jacqueline, Jørgen et Raksha pour poursuivre notre découverte des musées et des galeries d’art du Jutland.

Viborg est une ville située à 50 km au nord de Laven. La galerie NB est ouverte le lundi et elle mérite de s’y attarder. 

Le œuvres du Néerlandais Hugo Tieleman nous rappellent Anselm Kiefer.

Marcinkevičius Vilmantas nous séduit par ses portraits expressionnistes et l’Israelite Meydad Eliyahu par ses aquarelles monochromes minimalistes. L’artiste a eu le calligraphe Kazuo Ishii comme maître à l’université de Haifa.

 

En quittant la galerie nous découvrons le cercueil de Thorkild Nielsen, posé verticalement à côté de son bureau. Marleen lui demande s’il compte l’utiliser. Bien entendu répond celui-ci, à quoi Marleen rétorque, ‘I am sure that you will be very happy in there’.

Deux jours plus tard, nous passons la nuit sur un ancien emplacement de bus en face du musée Kunsten DK de Aalborg.  

‘My paintings always reflects my feelings. And I don’t always have an easy time’. 

Kurt Trampedach traduit par ses œuvres, sa recherche introspective, souvent sombre. Le musée Kunsten DK lui consacre l’entièreté du sous-sol. L’exposition est intitulée ‘Dark Encounters’. 

Les tableaux et les sculptures datent des années 70. L’artiste Danois vécu à Sare en France où il mourut en 2013 à l’âge de 70 ans.

À Lindholm Høje, au nord de Aalborg, sur la face sud de la colline de Voerberg, se trouve un ensemble funéraire Viking datant de la préhistoire. Il fut utilisé de 400 jusque 1000 avant notre ère, c’est-à-dire pendant 600 ans. Vers l’an 1000, l’entièreté du site ainsi que deux villages furent recouvert d’une épaisse couche de sable qui s’est constamment amoncelée au fil des ans, pour attendre 4 mètres à certains endroits. Le site fut découvert en 1889 mais ce n’est qu’à partir de 1952 qu’il fut systématiquement déblayé et étudié pour présenter le champ de pierre que nous voyons aujourd’hui. Le musée adjacent retrace son histoire.

Plus loin vers le nord, à une quarantaine de kilomètres au sud de Skagen, on fait un arrêt à Frederkshavn, le port situé sur la côte Est du Danemark. Le Musée d’Art de la ville se targue de posséder plus de 500.000 clichés originaux d’ex-libris, la collection la plus importante au monde. 

Cette forme d’art est peu connue du grand public. Elle a ses artistes et ses collectionneurs, mais il y a peu de musées. Le musée de la ville de Saint-Nicolas en Belgique en est un autre.

Le musée de Frederikshavn offre une exposition permanente et tournante de sa collection. 

Pour les intéressés, ouvrez le lien du musée en-ligne suivant: http://art-exlibris.net

On admire et ensuite on mange un chou farci, le plat du jour du restaurant.  

Le même jour, en début d’après-midi, nous rangeons notre roulotte sur le parking de Grenen, la plage au nord de Skagen, le point le plus au nord du Danemark. C’est à cet endroit que le Skagerak rejoint le Kattegat et forme un vague perpendiculaire à la plage. Pour ceux qui n’aimant pas marcher dans le sable, un wagon tiré par un tracteur fait la navette entre le parc de stationnement et la grande

Qui dit Skagen, dit l’école du même nom, ci-dessous une peinture de Peder Severin Krøyer. 

Le prochain billet sera pour notre descente vers le sud, avec entre autre, le musée de la Fondation Emil Nolde à Seebüll.

 

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18 – 41 – Odense, Brandts, Tidens Samling, Clay

Je me rattrape lentement. 

Odense, la troisième ville la plus important du Danemark, est à une demi heure de voiture du moulin du château de Egeskov. On s’installe dans le ‘City Camping’, à 10 minutes de bus du centre de la ville. 

C’est un camping d’une propreté remarquable où toutes les facilités sont présentes et fonctionnent. Nous y restons deux jours. 

À côté de la collection permanente de peinture Danoise, le musée Brandts offre deux expositions temporaires. La première présente des photos truquées. Les auteurs utilisent des logiciels pour manipuler leurs œuvres. Le belge Filip Dujardin crée des vues urbaines imaginaires, le néerlandais Robert Overweg des paysages virtuels et l’allemand Gerhard Mantz des paysages fictifs. Les photos ci-jointes sont parlantes. 

La deuxième exposition nous plonge dans la science fiction. Nous passons un bon moment à regarder les extraits de films, Metropolis, Frankenstein, Doctor Strangelove, Godzilla, Alien, Back to the Future, Odyssée 2001 et les autres. Nous admirons les maquettes des vaisseaux spatiaux, les combinaisons spatiales de leurs occupants et le monstre Alien grandeur nature.

D’après le dessinateur de la BD ci-jointe, en l’an 2000 nous serons tous en l’air, munis d’ailes de papillons. 

Un autre musée amusant, intitulé ‘Tidens Samling’, présente des intérieurs d’époques, décade par décade, depuis la deuxième guerre mondiale à nos jours. La dame à l’entrée nous signale qu’on peut toucher à tout et même ouvrir les armoires. 

On ne se laisse pas dire, on prend, on triture et on touche, nous reconnaissons les objets pour les avoir vécus. Je vois le téléphone mural qui se trouvait dans la pièce du fond, chez mes grand-parents paternels à Isières. Le village avait deux téléphones. Un dans le café près de la Place du Jeux de Balle et un chez ma grand-mère. Au besoin, les villageois venaient l’utiliser et le prix de la communication allait dans une boîte en fer blanc placée à côté du bottin, sur une commode placée sous l’engin. La communication terminée, le visiteur se voyait offrir une ‘jatte’ de café et on commentait l’échange téléphonique. Comme dans toutes les maisons du village, le breuvage sortait d’une cafetière posée sur la partie tiède du poêle à charbon de la pièce principale de la maison.  

La dernière halte avant Laven est Middelfart. La ville est située sur le Lillebælt (petite ceinture), le détroit de mer qui sépare l’île de Fyn du Jutland.

On y trouve le musée ‘CLAY’. C’est selon la brochure, un des plus importants musée de l’art de la céramique d’Europe. La collection permanente (Treasury Gallery) retrace l’histoire et on peut admirer des œuvres vieilles de plusieurs siècles à des créations contemporaines issues des ateliers renommés tel que le Royal Copenhagen.

Le lendemain nous rangeons notre engin sur la pelouse du jardin de Jacqueline et Jørgen. 

Nous passons ici une petite semaine très agréable. 

Le matin, nous accompagnons Jørgen pour sa promenade journalière. Pendant deux heures, Raksha à la laisse, il se promène dans les forêts qui entourent sa maison. C’est la saison des champignons sauvages et mon beau-frère connait la différence entre les espèces comestibles et celles qu’on ne mange qu’une fois. Un de ses favori est le cèpe de Bordeaux qui au Denmark s’appelle le ‘Carl Johan’. 

Il s’avère que Charles XIV, Roi de Suède et de Norvège depuis 1818, introduit et cultivait cette espèce dans les jardins de son palais, le Rosenberg Palace à Stockholm. Ce souverain n’est autre que le maréchal de Napoleon, Jean Bernadotte, lequel se fâcha avec l’empereur et se joignit à la tête de son armée Suédoise aux troupes Autrichiennes, Russes, et Anglaises pour vaincre l’armée française à Leipzig, à la bataille des Nation en septembre 1814.

Jean Bernadotte se fit appeler Carl Johan. Ses descendants sont aujourd’hui, toujours assis sur le trône du Royaume de Suède.

Mon prochain billet relatera notre voyage vers Grenen, le point géographique le plus au nord du Danemark, là où le Skagerak rencontre le Kattegat.

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18 – 40 Rügen, Kap Arkona, Fuglsang, Egeskov

Quand on dit Rügen, on pense Prora. 

C’est sur cette île que de 1936 à 1939, les nazis construisent un complexe de logements de près de 5km de long, sur la côte est, face à la plage entre Binz et Sassnitz. Inscrit dans le cadre de ‘Kraft durch Freude’, le gigantesque complexe était destiné à offrir à 20.000 ouvriers à la fois, la possibilité de jouir de vacances à la mer. 

Il ne fut jamais complété et il ne fut jamais utilisé comme prévu.

À la fin de la guerre, il servit de caserne pour les femmes de la Luftwaffe, et après la guerre les soviétiques en firent une caserne. En partie en ruine, c’est ensuite une longue histoire de récupération et d’usage divers des bâtiments. Plus récemment des promoteurs ont rénové et vendu très chers des appartements et un hôtel moderne y a ouvert ses portes. Pour les intéressés, l’incontournable Wiki vous livrera toute l’histoire de ce projet bizarre.

Mauvais ‘Chi’, comme le dit Marleen, nous passons.

À deux pas, on craque pour une promenade aérienne de 1,25 km dans dans la cime des arbres d’une forêt adjacente. Pour y accéder, pas d’escaliers mais un chemin circulaire. Pour permettre l’accès à des chaises roulantes, la pente n’excède pas 6 %. Le chemin serpente dans une cage cylindrique ouverte en bois et métal, tendu de câbles en acier.

À mi-parcours, une deuxième cage circulaire nous conduit à ‘Adelhorst’ le point de vue qui du haut de ses 82 m au dessus du niveau de la mer Baltique, donne une vue sur Rügen, la mer, le lac ‘Kleiner Jasmunder et les toits de Prora. Le ciel bleu est rempli de cumulus blancs, c’est d’un plus bel effet. 

En chemin on boit un café dans une boulangerie de Putbus. Je demande à la dame du syndicat d’initiative si on peut visiter le château. Si il y était toujours, on pourrait, me répond-elle, mais faute de fonds pour la restauration, il a été dynamité en 1962. Il reste le parc et la terrasse avec vue sur le lac. Une ancienne carte postale montre sa façade arrière. Dans cette ville toutes les maisons sont blanches et devant chacune fleurit un rosier.

Ce premier jour sur Rügen, on trouve un campement sur une plage à l’est de l’île.

Le deuxième jour nous conduit à Putgarten, à deux km du Cap Arkona, Nous marchons jusqu’au cap et gravissons les 164 marchés qui nous mènent en haut du phare, on aime les vues en hauteur. Arkona est le point le plus au nord de l’Allemagne fédérale.

Nous quittons Rügen et pour les lecteurs qui aiment la chronologie de notre voyage, après Rügen, c’est Barth et Vineta, que j’ai commenté dans mon billet précédent.

Pour aller de l’Allemagne au Danemark nous embarquons sur un ferry qui nous conduit de Rostock à Gedser, sur l’île de Falster. Gedser est le point géographique le plus au sud du Royaume du Danemark. 

 L’île suivante est Lolland et le musée ‘Fuglsang Kunstmuseum’ nous intrigue. C’est une construction moderne et récente (2008) qui abrite des tableaux d’artistes Danois du début du 20e siècle. Situé dans le parc d’un château, aujourd’hui un centre de formation.

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Comme souvent au Danemark on loge face au port de pêche. Le village s’appelle Stubberup.

Le lendemain à une cinquantaine de km de la, on s’arrête deux jours près de l’incontournable château d’Egeskov. 

La propriété privée appartient au Comte Michael Ahlesfelt-Laurig-Bille. Il y habite avec sa famille. Le manoir, le parc, les résidences annexes et les collections qu’elles abritent sont ouverts au public.

Objets en porcelaines, tableaux, meubles, jouets anciens, voitures et motos anciennes, il y en a pour tous les goûts. Les enfants peuvent profiter d’un parc d’attraction et les adultes d’un pick-nick dans les jardins. On y consacre une journée entière.

Sous les combles, entre les poutres de soutènement du toit, une figurine en bois repose sur un coussin. La prophétie veut que si on la bouge, le château s’enfoncera dans l’eau des douves, la nuit de Noël. Sans être superstitieux, mais prudents quand même, personne ne touche à la poupée et le jour venu, le comte et sa famille quittent les lieux pour aller célébrer les fêtes de Noël dans une de leurs dépendances, laissant le châteaux aux esprits.  Nous logeons dans le parking qui fait face à un moulin à vent Hollandais, anciennement propriété du château. Il est restauré et fonctionne chaque dimanche. Il moût le blé quand il y a du vent, c’est généralement le cas, ici au Danemark.

On se rapproche d’un des buts de notre voyage, la visite à ma sœur Jacqueline qui habite avec son mari Jørgen et son chien Raksha, un berger Allemand, à Laven, près de Silkeborg, au centre du Jutland.

Mon prochain billet traitera de notre séjour à Odense, le dernier point de chute avant Laven. 

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18 – 39 – Barth et Stralsund

Un matin de Pâques, un jeune berger mène son troupeau le long de la plage. La mer Baltique était calme comme un lac. Soudain, une ville ancienne surgit des flots. 

Devant lui une porte richement décorée l’invite à satisfaire sa curiosité. Les gardiens armés de hallebardes dorées, le laissent pénétrer au cœur de la cité. Il croise des habitants richement habillés de manteaux de fourrures, les femmes portent des robes brodées et arborent des bijoux en or sertis de pierres précieuses. 

Les maisons sont plus belles les unes que les autres, frontons en bois sculpté, colonnes en marbre. Les rues brillent de tous les éclats de l’or et des matières précieuses qui décorent les habitations. 

Le jeune berger est muet d’admiration. Il s’arrête devant une boutique, le vendeur lui offre une pièce de tissu brodé. Le jeune homme secoué la tête, il n’a pas un sou en poche. D’autres vendeurs se joignent au premier et offrent au berger les plus beaux objets de leur collection. Un des négociants, tout sourire, lui montre une petite pièce de monnaie, pour laquelle il lui offre l’ensemble de son présentoir. Encore une fois, à regret, le jeune berger doit refuser l’offre.

Ses poches sont vides, il quitte la ville et regagne ses moutons. 

Lorsqu’il tourne la tête, la cité enchantée a disparu dans la mer. 

Le pêcheur à qui le berger raconte son histoire, lui dit, tu as vu Vineta. Cette ville fut la plus riche d’Europe mais ses habitants était devenus tellement arrogants que les dieux de la mer l’ont condamné à disparaître. 

Si tu avais eu une pièce de monnaie pour accepter l’offre du marchand, la ville aurait ressuscité des flots. 

Depuis toujours, scientifiques et pseudo-scientifiques épluchent les textes anciens et explorent au sonar le fond de la mer en face de Barth à la recherche des traces de la ville disparue. 

C’est la cité d’Ys de la Poméranie. 

Le musée Vineta de la ville portuaire de Barth nous apprend cette légende.

À l’instar de la figure du blason de la ville, je porte la barbe et par conséquent, le prix d’entrée est de 3€ au lieu de 4€. 

Nous venons voir les tableaux du peintre Oscar Achenbach.

 

À l’étage, on découvre un autre peintre, enfant de la ville, Louis Douzette. D’origine huguenote et spécialiste des clairs obscurs, on le surnomme ‘Douzette clair de Lune’.

La ville hanséatique Stralsund est la porte de l’Île de Rügen.

Après la deuxième guerre mondiale, pendant le régime DDR, des architectes construisirent, au nom du peuple, des immeubles du style stalinien au centre de la ville historique. 

Après la chute du mur, la municipalité fit démolir ces horreurs et en 2002 la ville fut classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le vielle ville a gardé son caractère et sa structure médiévale.

Six églises gothiques en brique rouge témoignent de la richesse de la cité hanséatique.

En 1872 et en 1874, deux tempêtes inondèrent en partie l’île de Hiddensee, située à l’ouest de Rügen. Par deux fois, après chaque tempête, des pêcheurs découvrirent des bijoux en or massifs provenant peut-être d’une tombe Viking que les tempêtes avait mis à jour. L’origine exacte n’a jamais pu être identifiée. Les 16 objets finement travaillés datent des années 1000 ou 1100 de notre ère.

 

Une autre attraction de la ville est le ‘Ozeaneum’, un complexe marin avec un aquarium géant, selon la brochure, un des trois plus grand d’Europe.

Avant d’arriver à Stralsund, nous avons fait une halte à Potsdam. On connaît bien la ville pour y avoir séjourné de 2010 à 2012 comme vous pouvez le lire sur mes billets de l’époque.

Mon prochain message sera consacré à notre visite de l’Île de Rügen.

 

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18 – 38 – Löbnitz, Dessau & Bauhaus

Dans les musées et les expositions, j’ignore toujours les interdictions de prendre des photos en faisant attention à ne pas me faire repérer par un gardien.

Je viens de prendre un cliché d’une maquette de Carl Fieger, lorsque la guide attentive bondit de sa chaise, accours vers moi et d’un ton sévère me rappelle l’interdiction. Dans la pénombre de la salle, je n’avais pas vu la bougresse. Plus tard, je la retrouve dans une autre salle et nous bavardons gentiment. 

Comme nous, elle non plus, ne connaissait pas Carl Fieger avant de le découvrir par l’exposition que la Fondation Bauhaus de Dessau lui consacre.

Carl Fieger est un des collaborateurs de Walter Gropius. Architecte, dessinateur et concepteur, il est un de ceux qui ont contribué à faire du Bauhaus un courant architectural majeur du siècle dernier.

En 1919, Walter Gropius crée le mouvement Bauhaus à Weimar. En 1925, des raisons politiques le contraignent à déménager son école à Dessau. Les architectes et artistes qui forment le groupe trouvent ici la liberté de créer une synergie entre l’architecture, le mobilier, les objets d’usage journalier, la danse, la musique et l’art. 

La ville compte aujourd’hui encore, de nombreux témoignages architecturaux construits à cette époque, dont la ‘Bauhausgebaude’ et les ‘Meisterhäuser’ dans lequel vécurent entre autre, Ise et Walter Gropius, Anni et Josef Albers, Lucia et László Moholy-Nagy, Oskar Schlemmer, Paul Klee, Wassily Kandinsky et Lyonel Feininger.

On y passe la journée avant d’aller planter pour la nuit, notre Roulotte dans le port de plaisance de la ville, le long de l’Elbe.

Notre manière de voyager et d’explorer un pays laisse au hasard une grande part des découvertes. Cette année-ci en Allemagne nous avions trois points de chute, Leibniz, Dessau et l’île de Rügen où nous sommes au moment où j’écris ce billet. J’en parlerai dans une prochaine publication.

En cours de chemin, on glane des brochures, on lit les panneaux publicitaires le long des routes, on cause avec les gens qu’on croise et on pousse systématiquement la porte des syndicats d’initiatives. 

Ainsi, on découvre que l’église évangélique de Löbnitz, comporte le plus grand plafond illustré d’Allemagne. Une BD de 250 tableaux, réalisé en 1691 par le peintre Christian Schilling. Le pourtour compte 82 panneaux avec des motifs floraux et au centre on peut voir 168 panneaux avec des motifs bibliques, 36 de l’ancien et 78 du nouveau testament.

L’intérieur est tout aussi décoré. 

Pour visiter, il suffit de sonner au presbytère qui se trouve à côté, du lundi au samedi, entre 10:00 et 16:00.

La dame qui nous ouvre la porte, nous explique qu’en plus de l’entrée principale, l’église comporte deux portes latérales discrètes. Cela permettait à chacun des deux frères, seigneurs du lieu, d’accéder au culte, par leur entrée personnelle, sans devoir se croiser et sans devoir se mêler au peuple.

La ville hanséatique de Stralsund est la porte de l’île de Rügen.

Avant cela, nous avons fait une halte à Potsdam.

J’ai du rattrapage à faire dans mes billets.

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