Berlin, le musée Schinkel et les cimetières du Kreuzberg

Une jeune soprano Coréenne du Sud, lance une complainte du haut de sa voix et de son mètre cinquante, talons compris.
L’église de Friedrichswerder possède une acoustique remarquable, sans qu’elle n’élève la voix, la phrase chantée est perçue clairement quel que soit l’endroit où on se trouve.
Le chant ‘This is propaganda’ est une performance d’art conceptuel, signée Tino Sehgal, artiste Anglo-Berlinois. Il impose la stricte interdiction de documenter ses œuvres, aucune photographies ou comptes-rendus ne sont produits par l’artiste. Wikipedia explique que son art est éphémère et passager, mais pas immatériel vu que le spectateur a une interaction avec l’artiste qui lui sert d’intermédiaire.

Fraulein Lee, c’est son nom, est une chanteuse professionnelle, elle a fait ses études à l’Académie de chant de Berlin et de quatorze à dix-huit heure elle débite la même litanie, chaque fois qu’un visiteur s’approche d’elle à moins de trois mètres.
Cela énerve au plus haut degré la gardienne du musée qui nous fait ses doléances. Nous lui souhaitons une bonne après-midi et bon courage.


L’église a été dessinée par Karl Friedrich Schinkel en 1825, elle lui est dédiée et elle abrite un grand nombre de sculptures, dont un gisant de la belle Reine Louise, morte jeune, quel dommage.


Construite en en style néogothique (Backsteingotik), l’intérieur est polychrome, les voutes ainsi que les pierres des piliers sont peintes pour imiter le marbre.
À l’entrée, au dessus du portique, Saint-George terrasse son dragon.


Hier nous avons introduit une journée de relâche dans notre programme, ce matin nous parcourons les ‘Friedhöfe I et II der Jerusalems- und neue Kirche’ dans le Kreuzberg.
L’intérêt pour la conservation du patrimoine culturel et historique des nécropoles est relativement récent. Au début des années cinquante un tiers de la surface des cimetières cités ci-avant a été rasée et les tombes et les mausolées détruits pour construire la Bibliothèque Mémoriale Américaine. Vingt ans plus tard, en 1970, la municipalité vandalisa une deuxième fois les lieux pour percer la Blücherstrasse.
Ces deux cimetières datent du milieu du 18e siècle, on y trouve les tombes de nombreux artistes, architectes, théologiens, scientifiques et médecins de l’époque de Frédérique II.

Sur le sarcophage de Johann Carl Wilhelm Moehsen, médecin personnel de Frédérique le Grand, une femme décapité est allongée, un serpent enroulé autour de son bras gauche.


Au nord-est, se trouve la modeste sépulture commune de Georg Wenzeslaus von Knobelsdorff, le maître bâtisseur préféré de Frédérique II et son portraitiste Antoine Pesne.


Carl Friedrich Schinkel, dont question plus haut, est un peintre et surtout un architecte, né le 13 mars 1781 à Neuruppin, il a profondément marqué le néoclassicisme en Prusse, puis le style néogothique.


Il a comme ami et maître David Gilly, un des architectes favori de Frédérique le Grand.
Les grands-parents Gilly quittent la France à la révocation de l’édit de Nantes et s’installent en 1689 dans la colonie de ‘Französisch Buchholz’ aux portes de Berlin.
David Gilly est enterré au cimetière protestant de la paroisse de Jérusalem et de Neue Kirche que nous visitons ce matin.

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Potsdam, Beelitzer Heilstätten et le Schloss Lindstedt

De nos jours, les centrales chaleur-force sont d’actualité. J’aurais aimé en installer une lorsque nous avons reconstruit notre maison il y a trois ans, mais le marché n’offrait que des unités destinées aux industries. Le principe est vieux de plus d’un siècle, cela consiste à récupérer et utiliser pour le chauffage des immeubles, la chaleur produite pour fabriquer de l’électricité.
La centrale énergétique des Heilstätten à Beelitz était conçue et fonctionnait selon ce principe en 1896.
Nous avions visité les terrains et les bâtiments de ce complexe hospitalier en mai 2011, voir pour cela mon blog du 3 mai 2011, intitulé ‘Adolf Hitler, Erich Honecker et Whitney Houston.


Aujourd’hui, à l’occasion de la journée porte ouverte des monuments, les lieux sont ouverts au public.

À la fin du 19e siècle, un citoyen Prusse sur trois mourrait de tuberculose et un accident de travail mortel sur deux était lié à la même maladie.
La LVA, Landesversicherungsanstalt Berlin, une grosse société d’assurance de soins de santé décida d’investir massivement pour améliorer la situation.
En 1894 le projet des 600 lits des Heilstätten fut lancé et en 1902 les premiers malades purent être soignés.
Deux ensembles identiques séparés pour les hommes et pour les femmes furent construits de chaque côté de la route de Potsdam à Beelitz. Le chemin de fer coupa en deux le terrain, au nord on construisit les cliniques pulmonaires et au sud les sanatoriums.
Le tout fut implanté sur 200 hectares, dans les bois touffus de la ville de Beelitz.


L’idée était de donner à l’ensemble une grande autarcie tout en séparant rigoureusement les sexes.
Les annexes techniques au caractère féminin, tel que les deux cuisines et la blanchisserie furent implantées à l’ouest et les ateliers mécaniques et la centrale énergétique à l’est, chez les hommes.
Le complexe comprenait également des villas pour les médecins, des maisons pour le personnel, une poste, un jardin potager, une boulangerie et une boucherie-charcuterie.

Pendant la première guerre mondiale, les militaires prirent possession des lieux pour en faire un hôpital militaire. La même chose se produisit entre 1940 et 1945, après quoi l’armée soviétique pris la relève et les Beelitz Heilstätten devinrent le centre hospitalier central de l’armée d’occupation Russe en dehors de la Russie. Lorsqu’un soldat se cassait la jambe à Prague, il était soigné à Beelitz.
En 1994 les garnisons Russes quittèrent l’Allemagne et le complexe hospitalier fut laissé à l’abandon, c’est encore le cas aujourd’hui à l’exception d’une seule aile médicale qui fut rénovée et qui est occupée par un centre de traitement neurologique et quelques maisons qui furent sanies et vendues à des particuliers.
Le reste de ce gigantesque complexe sombre dans la désolation. Les bâtiments à l’abandon de style ‘Backsteingotik’ ont une beauté triste dans végétation luxuriante, mais nous, les autres visiteurs et la ‘Förderverein Beelitz Heilstätten’ aimerions voir se pointer beaucoup d’Euros pour que ce remarquable ensemble architectural soit sauvé d’une ruine certaine. Nous mettons notre obole dans la caisse de l’association.


Nous sommes venus pour la technique et pour voir les machines de la ‘Kraft-Wärme-Kopplung’, la centrale ‘Chaleur-Force’. Un guide enthousiaste, érudit mais un peu triste explique qu’il a fait partie en 1995 des techniciens de l’entreprise Roland Ernst qui avait acheté l’ensemble dans le but le restaurer et d’y installer des activités nouvelles.
Quelques projets réussirent, voir plus haut, mais l’entreprise fit faillite avec les conséquences que je viens de décrire.


En 1902, quatre chaudières au charbon faisaient tourner trois alternateurs à courant continu. La chaleur excédentaire servait à chauffer les bâtiments et les immeubles à caractère médical.
Les conduites de chauffe et les câbles électriques sont logés dans une toile d’araignée de couloirs souterrains qui relie routes les constructions.
Le guide explique que pendant les cinquante années de l’occupation soviétique, la gestion et la maintenance technique était restée entre mains Allemandes. Les ingénieurs et les agents professionnels se déplaçaient à bicyclette dans les couloirs souterrains, une existence parallèle sous l’autre.


Un brin d’amertume dans la voix, notre guide affirme que les alternateurs sont en état de marche et qu’il suffirait d’un peu d’initiative pour que la centrale de ‘Force-Chaleur’ la plus ancienne au monde, puisse fonctionner à nouveau.

Vois qui me lisez, si vous passez dans le coin, allez au centre touristique de Beelitz et demander à parler à Frau Irene Krause, elle vous dira tout sur les Heilstätten.
Son adresse mail est: irenekrause@gmx.net


Pour conclure cette lettre, je dois signaler que ce matin nous nous sommes pointés au Schloss Lindstedt, un petit château méconnu, à un kilomètre à l’ouest de Sanssouci.
Les deux cent cinquante huit intéressés qui avaient eu la même idée, nous ont découragé de nous presser avec eux pour voir les deux salles intérieures qui n’ont pas grand intérêt, car elles servent de salle de conférence et les sièges fonctionnels ont remplacé les fauteuils rococo.

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Berlin, la piscine de Stegnitz et le Kaiser-Wilhelm-Gedächtnisse-Friedhof

L’aviateur pionnier Allemand Otto Lilienthal utilisa la colline située au centre du cimetière de Stegnitz pour faire des essais avec ses engins expérimentaux.
Actuellement un imposant château d’eau en brique rouge s’élève à cet endroit.
À l’intérieur, un ornithologue explique à un groupe d’intéressés qu’une colonie de faucons niche au sommet de la tour.


Nous venons de visiter la piscine publique désaffectée de Stegnitz, située un peu plus bas sur la Bergstrasse. Érigé en Jugendstil, c’est un monument protégé qui a été acheté en 2004 par Gabriele Berger. Elle organise des concerts et des expositions de jeunes artistes en espérant que les revenus lui permettrons un jour de restaurer l’ensemble.


Pour le moment, faute de moyens, l’endroit est négligé mais pas délabré ni vandalisé. Un jeune photographe nous montre les photos et les montages vidéo qu’il y expose. Dans la grande profondeur, une batterie et quelques instruments attend les musiciens.
Notre imagination nous propulse à Roubaix où la mairie a fait un remarquable travail de restauration de la piscine municipale, la transformant en ‘Musée de la Piscine’.
Patience, Gabriele.


Le cimetière de Stagnitz couvre plus de 40 hectares de terrain, c’est un parc bien entretenu où comme souvent à Berlin, les tombes sont en partie cachées par une épaisse végétation et par des haies impénétrables, on croit parfois se promener dans la campagne anglaise plutôt que dans une nécropole.


Ce weekend, Berlin ouvre les portes de ses monuments publics, ‘Offenen Monumententag’. Nous avons rendez-vous dans un autre cimetière, le Kaiser-Wilhelm-Gedächtnisse-Friedhof dans le Westend près de Charlottenburg.


Une inquiétude me traverse l’esprit, vous qui me lisez, pensez peut-être, pour paraphraser Bourvil, ‘Les châteaux oui, les cimetières non’.
À quoi je répond, les habitants des châteaux sont dans les cimetières, l’un ne va pas sans l’autre.
De plus, les cimetières sont souvent de beaux parcs avec des arbres plus vieux que les habitants des tombes. Même en pleine ville, il y fait calme, il y a des belles fleurs et en cherchant un peu on y découvre toujours une belle statue, une phrase gravée qui fait sourire ou réfléchir. Ceux qui s’y trouvent sont parfois connus ou et parfois célèbres. Ici un roi, là un explorateur ou une actrice dont on avait oublié l’existence, en lisant leurs noms, ils se réveillent à vous et en un instant le rideau s’ouvre ou l’histoire se raconte.


Les responsables de la La ‘Stiftung Historische Kirchhöfe und Friedhöfe in Berlin Brandenburg’, Martina Samulat-Gede M. A., Öffentlichkeitsarbeit et Dipl.-Ing. Thomas Höhne, Kirchhofsverwalter, nous accueillent, nous sommes huit à participer à la visite.
Pendant près de deux heures nos guides nous détaillent l’histoire du cimetière, de la chapelle et de quelques monuments funéraires représentatifs. Après quoi, on ne serait pas en Allemagne, on nous sert des ‘Kuchen mit Kaffee’.
L’empereur Guillaume II trouvait que le style roman convenait bien à l’esprit de l’empire Germanique et lorsqu’il conçut la chapelle en 1896 l’architecte Hetzel s’y conforma tout en ajoutant des d’éléments ‘Jugendstil’, le style de l’époque.


Pour financer sa construction, il eut l’idée de faire construire dans le sol en périphérie du corps du bâtiment, une série de seize cryptes qu’il proposa à la vente à un prix élevé.
Quatre années plus tard, tout fut vendu.
Aujourd’hui, journée porte ouverte, nous avons le plaisir de pouvoir pénétrer et visiter les cellules souterraines et saluer leur occupants. C’est un ensemble unique à Berlin et il surprenant de découvrir les sarcophages baroques en bois et en zinc, poussiéreux mais pas endommagés.

La deuxième guerre a fait rage par ici et les soldats soviétiques ont ouvert les sépultures lors de leur passage dans l’espoir de trouver des objets précieux près des corps momifiés.
Les dommages occasionnés sont restreints.


La visite se termine dans le mausolée de la famille de Otto Lemm, un industriel Berlinois, fabriquant de cirage. Son usine était située dans l’axe de l’endroit où il fit construire sa tombe, ce qui lui permettait de voir sa dernière demeure des fenêtres de son bureau.
L’industriel ne lésina pas sur les moyens et l’intérieur du mausolée est décoré de mosaïques le représentant avec son épouse négligemment assis sur un banc de leur jardin et en face un tableau de ses enfants.


Demain nous retournons à Beelitz, pour une visite guidée des Heilstätten.
Voir mon blog du 3 mai 2011, intitulé ‘Adolf Hitler, Erich Honecker et Whitney Houston.’

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Berlin et le musée des Choses

À la sortie du métro Kottbussertor, Kreuzberg, nous croisons une dizaine de jeunes Turcs, armés de panneaux faits main, de la grandeur d’un plateau de service de table, protestant contre le racisme. Un policier bienveillant aide une manifestante à positionner correctement les batteries de son mégaphone. Qui dit que les flics ne sont pas sympas?

Il tombe un sale crachin sur Berlin ce matin et nous cherchons en vain le MocTA, Museum of contemporary TrashArt. Nous ne le voyons pas dans au 91 de la Potsdammerstrasse, adresse renseignée dans la brochure de la nuit des musées.
Une recherche sur internet donne comme adresse la Berlinerstrasse 17.
Arrivé sur place un ‘gothique’, entre deux bouchées de nouilles chinoises qu’il pêche péniblement d’un carton blanc avec des chop-sticks, affirme que le musée a déménagé depuis l’année dernière.

Les métros fonctionnent bien à Berlin et au passage, nous profitons de la proximité de la Alexanderplatz pour manger la truite meunière du plat du jour de la Rote Rathaus.
La succursale de Humana est aussi dans les parages. Nous fouinons dans le bac à animaux à peluches, la pêche est bonne, un chien noir et un pingouin viennent compléter notre collection.


Au deuxieme étage du 25 de la Oranienstrasse, se cache le ‘Museum der Dinge’, le musée des ‘Choses’.
http://www.museumderdinge.de/


Dans des vitrines bien agencées on y découvre les objets d’usage courant et ménagers, regroupés par fonction, par couleur et par genre. Certaines vitrines exposent les mêmes objets, à gauche tel qu’il étaient en DDR et dans la vitrine de droite, en RDA.


C’est un ensemble hétéroclite où le plaisir de la découverte respire la bonne humeur.
Je m’assied sur un banc en chêne d’un wagon de deuxième classe d’un train Belge, signé Henri Van De Velde.
La vitrine des objets de cuisine expose le broyeur à main Bamix que nous utilisons encore chez nous, un cadeau de mariage âgé de plus de quarante ans.
Un ordinateur portable Apple haut de 10 cm et pesant 5 kg me fait sourire alors que j’écris le présent texte sur mon iPad.


Si vous êtes dans le coin, allez boire un excellent café LavAzza au numéro 30 de la Oranienstrasse. C’est un bar à café et thé Turc, il y a des tables en rues sous un auvent et dans le comptoir à côté du bar à boissons, disposés sur des plateaux ronds, on y vend une cinquantaines de noix et noisettes différentes, de la pistache simple à la cacahouète enrobée de wasabi.


La semaine prochaine nous retournerons rechercher le MocTA, au 91 de la Potsdammerstrasse.

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Berlin, la tombe de Theodor Fontane et les dessins de Heinrich Zille

Devenu depuis peu un de nos écrivains favoris, nous voulons nous recueillir sur la tombe de Theodor Fontane.
Ils partage avec son épouse Emilie, une sépulture modeste dans le ‘Friedhof II der Französisch-Reformierten Gemeinde’ situé du côté sud de la Liesenstrasse. Ce cimetière est juxtaposé au ‘Domfriedhof der St.-Hedwigs-Gemeinde’.
Le ‘mur’ longeait la Liesenstrasse et un grand nombre de tombes des deux cimetières furent détruites pour établir la ‘Todesstreifen’, la zone neutre qui fut établie le long de la séparation.
Aujourd’hui, une simple plaque commémorative énumère les noms de ceux dont la sépulture fut détruite en 1961.
Devant la tombe des Fontane se trouve celle de Leopold Alexander Friedrich Arends, l’inventeur d’un des systèmes d’écriture sténographique.

De l’autre côté de la rue se trouve un troisième cimetière, le ‘Dorotheenstädtischer Friedhof II’.
Comme toujours nous découvrons des monuments funéraires et des statues qui mériteraient d’être mentionnés dans les guides artistiques de la ville; mais les touristes n’aiment pas côtoyer les morts.

La Liesenstrasse est surplombée par deux ponts en fer construits à la fin du 19e siècle. Tous deux sont des monuments classés. Le pont à l’ouest a été remis en état et il est sert les lignes S1, S2 et S25.

Notre promenade terminée, nous nous rendons à la cantine de la Rote Rathaus car aujourd’hui on sert le traditionnel ‘Eisbein mit Sauerkraut und Salzkartoffeln’ un de nos repas favoris. Le chef de l’endroit confectionne ce plat une fois par mois et nous suivons scrupuleusement les menus hebdomadaires, pour être certain de ne pas le rater.
Nous ne sommes pas déçus.

Dans le Nicolai-Viertel, un vieux quartier de Berlin, au sud-ouest et à quelques centaines de mètres de la Rote Rathaus se trouve un petit musée consacré au photographe et illustrateur Berlinois Heinrich Rudolf Zille.

Son enfance se déroule dans la misère noire. Très jeune il se met au dessin. Il consacre le peu d’argent qu’il récolte en faisant mille et un petits métiers à l’achat de crayons et papier. Son talent est reconnu et il suit une instruction artistique auprès de Theodor Hosemann à
‘Königlichen Kunstschule’ de Berlin. Après son service militaire en 1880 il apprend la technique de la photographie et tout au long de sa carrière il combine le graphisme et la photo.
Au début du vingtième siècle il se lie d’amitié avec Max Liebermann et il joint la ‘Berliner Sezession’ un important groupe artistique Berlinois.
Il dessine des caricatures humoristiques et mordantes, illustrant le milieu dont il est issu :’Mein Milljôh’. Les enfants et les femmes sont ses thèmes favoris.
Il travaille pour des journaux, des revues et des agences publicitaires et il cumule dessins et photographie.
Le musée dans la Probstrasse projette un film en noir en blanc qui retrace sa vie, à ne pas rater.

Nous rentrons à Potsdam avec le S7 car les trains semblent toujours souffrir des travaux de la semaine dernière.

PS. Pour les amateurs de cimetières, j’ai ouvert un nouveau blog (en néerlandais) dont le lien est:
http://grafzerken.wordpress.com

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Berlin et Hokusai

Ce matin, il pleuvine sur Berlin, une jeune femme brûle le feu rouge et traverse la Potsdammerplatz en courant.


Le Martin Gropius Bau expose une rétrospective de Hokusai avec près de 450 dessins, peintures et impressions sur bois provenant de musées et de collectionneurs prives, Allemands et Japonais.


En 1834, dans l’introduction du recueil des ‘100 Vues du Mont Fuji’ l’artiste déclara: ‘À septante trois ans, j’ai a peu près compris l’anatomie des animaux et des plantes. Si je m’y applique, à quatre-vingt ans j’aurai fait quelques progrès et à nonante ans j’en aurai découvert les derniers secrets.’
Katsushika Hokusai mourut en 1849 à l’âge de 89 ans.


Son oeuvre la plus célèbre en Europe est ‘La grande vague devant la côte de Kanagawa’. La rétrospective parcourt les nombreuses étapes de sa longue carrière. Hokusai dessinait à l’âge de six ans et à dix-huit ans il avait acquis la maîtrise de l’impression sur bois.
Il peint des jolies femmes, des lutteurs de Sumo, des scènes de Kabuki, des fleurs et des animaux.


On admire des extraits des esquisses de la ‘Hokusai-Manga’, une bande dessinée humoristique ainsi que son manuel d’instruction qui comprend 4000 dessins.
Toute son oeuvre transpire la bonne humeur, l’homme était doué d’un solide humour.


Nous passons une longue matinée à nous émerveiller devant la beauté des oeuvres, la technique et l’esprit du maître.

Les photos jointes sont extraites de la brochure de l’exposition et du journal ‘The Nikkei Weekly’

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Berlin, Schloss Britz et les Wasserwerke de Friedrichshagen

Le 10 septembre 1898, sur les bords du lac de Genève, l’anarchiste Italien Luigi Lucheni porta un coup de lime triangulaire dans le coeur de l’impératrice Elisabeth d’Autriche, surnommée Sissi.
Elle s’effondra, puis se redressa, rejoint son bateau pour s’effondrer une deuxième fois mourante en murmurant: ‘Mais que m’arrive-t-il?’
Ainsi finit à l’âge de soixante ans, la vie d’un des reines les plus célèbres de l’histoire de l’humanité, à côté de Cléopâtre et la reine Victoria d’Angleterre.


Dans le château de Britz, à Neuköln, au sud de Berlin, une exposition lui est consacrée. On peut y lire l’histoire de sa vie, admirer les répliques de ses bijoux, sa robe de nuit blanche avec son monogramme discret brodé au niveau de sa taille pend dans une vitrine, son cabinet de toilette y est représenté avec les différents produit qu’elle utilisait pour entretenir sa beauté légendaire, ses occupations journalières, ses prouesses hippiques, son implication politique jusqu’à son assassinat sont expliqués en détail.
En fin de parcours, une salle entière est dédiée aux septième art et aux 9 longs métrages qui l’ont immortalisée.


La chronique du ‘Rittergut’ fixe la date de la première construction en 1375. Au seizième siècle elle devient une demeure à colombages et au dix-huitième siècle, la famille von Britzke la remplace par une bâtisse en pierre de deux étagés, le petit château que nous visitons ce matin.
La ville de Berlin achète le bien en 1924; pendant la deuxième guerre il sert de maison de refuge, ensuite de home pour enfants jusqu’à son classement comme monument protégé en 1971. Il fut restauré, meublé comme une maison bourgeoise du dix-neuvième siècle et ouvert au public en 1988. Les salons et les petits cabinets privés sont plein de charme et d’objets anciens, nous, on aime bien quand l’argent de nos impôts est consacré aux belles choses de ce monde.


Le parc adjacent et les communs ont également été remis en état et nous découvrons un ensemble surprenant de vie au coeur de la ville. On y trouve une salle de spectacle en plein air, le musée de la commune de Neuköln, une ferme où les enfants peuvent se familiariser avec les vaches, les poules et les chèvres et bien entendu, un restaurant.


Le point suivant sur notre programme nous mène à Friedrichshagen, une autre commune de Berlin, située à l’est de Köpenick, le long de la Müggelsee, le lac que nous avons traversé avec le Chat Lune, il y a quelques jours.


Au 19e siècle, les bâtiments industriels devaient respecter des normes esthétiques et ils devaient s’intégrer dans le paysage, le style de l’époque était le ‘Backsteingotik’ comme la Rote Rathaus.
Les salles des machines et les constructions annexes tel que les habitations des ouvriers, la maison du concierge et du directeur de la ‘Wasserwerk’ de Friedrichshagen répondent à ces critères.
Vu de l’extérieur, les bâtiments en brique rouge et la ferronnerie travaillée des portes fait croire à un couvent ou à une université Anglo-Saxonne.


La première centrale de distribution d’eau potable de Berlin fut construite en 1856 et celle que nous visitons aujourd’hui date de 1893. L’eau fut tirée de la Müggelsee, filtrée par gravitation naturelle au travers d’une couche de sable et oxygénée pour soutirer les minéraux lourds. Ce processus bio-mécanique est toujours d’application, sauf que les pompes sont actionnées par des moteurs électriques et que l’eau est soutirée de puits artésiens qui plongent à 170 m sous le sol des installations.
L’eau potable distribuée à Berlin ne contient pas de chlore ni d’autres additifs, elle est excellente, nous pouvons en témoigner.


Pendant la période des deux Allemagnes, les canalisations ont été interrompues et selon les besoins, les deux parties de la ville ont recrée leurs propres centrales de captation, de filtration et de pompage. À un certain moment, l’Est qui avait un surplus d’eau potable, la vendait à prix d’or à l’Ouest. Celle-ci disposait d’une plus grande capacité de traitement des eaux usées et de bonne guerre, monnayait cette facilité à son partenaire communiste.

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Paretz, Marquardt et les châteaux

Tombé en désuétude après sa mort le 10 juillet 1810, la résidence d’été favorite de la Reine Louise, l’épouse de Guillaume III, figurait sur la liste des bâtiments à démolir, mais les artisans du village de Paretz s’unirent pour sauver l’élégant petit château.


Notre liste des ‘Schlösse’ à visiter dans le Brandenburg s’amenuise et ce matin Paretz est le premier des deux que nous avons programmé par cette journée ensoleillée de fin d’été.
Le prince héritier Friedrich Wilhelm hérita du bien en 1797. Il confia à l’architecte-constructeur David Gilly la reconstruction en style classique, du château, de l’église et des maisons du villages en lui précisant de jamais oublier qu’il construisait ‘pour un pauvre chatelain’.
L’ensemble est harmonieux et flatte l’oeil même si le château dans sa simplicité, fait penser à un complexe moderne de logements sociaux; notre société actuelle est riche.


Nous sommes une fois de plus émerveillés par le travail de rénovation réalisé après la réunification de l’Allemagne. Le village est un ensemble de pastels jaune clair et beige pâle, ci-et-la une moulure sculptée blanche, les toits sont rouges et le style classique respire le calme champêtre, c’est très beau.

Valentin von Massow, le Maréchal en Chef de Guillaume III, a rapporté dans un carnet, pendant les vingts ans de son service pour le roi, des esquisses colorées de toutes les constructions réalisées à Paretz, sous le titre de ‘Paretz skizzenbuch’.
C’est un témoignage remarquable de précision et de beauté. Je joins ci-après des photos de quatre pages.


Quelques kilomètres plus loin, dans un parc un peu sauvage, le château de Marquardt offre un aspect très différent.
D’une part, c’est un château, comme on s’attend à le voir, et de plus, il n’a pas bénéficié des deniers Européens et Allemands pour une rénovation en profondeur.


La majorité des palais que nous avons visité depuis deux ans font parfois penser à Walt Disney. Ici rien de tel, la parement est sale, gris et couvert de fissures. Le cuivre des rebords des fenêtres de la toiture est verdâtre, la peinture des boiseries est pelée ou a complètement disparu et quelques gouttières pendent lamentablement le long des façades.
Un publicité sur la ‘Toile’ renseigne qu’on peut y louer des salles pour des concerts ou des galas et que le château et son parc ont servi de décor pour de nombreux films.
Son origine remonte au 17e siècle, il a appartenu à Maréchal en Chef Marquard Ludwig von Printzen à qui le roi Frédérique I donna l’autorisation d’attribuer son nom au bien.
Je saute quelques centaines d’années, mais pour ceux que cela intéresse, le lien suivant donne accès à une description détaillée par Theodor Fontane: http://www.textlog.de/41301.html


En 1932 le groupe Kempinski en fit un hôtel très prisé des Berlinois aisés.
Pendant la deuxième guerre mondiale il fit fonction d’hôpital militaire et bien entendu, en 1945 l’armée soviétique l’accapara.


Aujourd’hui, il est mains privées et il attend des jours meilleurs, on lui espère de trouver un sponsor pour lui rendre sa gloire.
Il n’empêche que nous lui trouvons beaucoup charme dans son état actuel.

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Havelberg, von Katte, les puces et les chevaux

La porte de l’église de Wust est fermée. La notice sur papier de couleur verte, souhaite la bienvenue aux visiteurs et recommande aux intéressés d’appeler le numéro 0152 230 87830, avec la promesse qu’un des membres volontaires du service du tourisme se pointera dans les dix minutes à suivre.
Je fais le nécessaire mais aujourd’hui personne n’apparaît et nous faisons le tour des bâtiments en essayant de voir quelque chose à travers la poussière des fenêtres. Accolé à l’arrière de l’église, une construction carrée en brique porte l’inscription: ‘Ruhestätte derer von Katte’.
C’est ici que Hans Herman von Katte, l’ami intime du futur roi Frédérique II, ‘der Grosse’ repose, décapité après avoir tenté avec son ami le prince de fuir en Angleterre, comme j’ai eu l’occasion de le raconter dans un blog précédent. Dans la pénombre du local funéraire, on aperçoit les cercueils en pierre, nous étions curieux de voir l’endroit, mission accomplie.

Depuis 1750 Havelberg, une bourgade de 7500 habitants du Saxen-Anhalt, située le long du Havel, à l’endroit où cette rivière se jette dans l’Elbe, organise un grand marché aux chevaux.
L’évènement est toujours organisé pendant le premier weekend du mois de septembre, il dure 4 jours et attire 250.000 visiteurs. Avant l’arrivée de l’automobile, plus de 1000 chevaux changeaient de propriétaire, la transaction est traditionnellement scellée par une poignée de main.
Aujourd’hui, les automobiles se trouvent parquées sur les prairies environnantes et 500 chevaux, ânes et bardeaux font la joie des curieux et le commerce des professionnels. Nous assistons par hasard à la conclusion d’un affaire où un âne est échangé contre une jument et 200€ et nous constatons qu’une claque de la main remplace toujours la signature au bas du contrat.
Comme toujours dans ce pays, la foire est bien organisée, les parkings et les chemins d’accès sont balisés, les gardes sont attentifs et compétents et de nombreuses toilettes mobiles ainsi que des poubelles sont placées aux endroits stratégiques.

Le qualificatif de marché aux chevaux cache en réalité trois autres événements.
Un marché aux puces comme nous n’en avons jamais vu couvre plusieurs hectares. Ce sont de véritables puces, la majorité des exposants sont des professionnels mais ici et là un particulier a vidé son grenier ou sa cave.

Pendant quelques heures, nous fouinons dans les tables et dans les boîtes en cartons et M. achète deux lapins en peluche, trois CD de musique folklorique Allemande, deux vaches et un taureau Playmobil, un éléphant Schleich, et un Bouddha en porcelaine, le tout pour moins de dix €.

La deuxième section comprend des marchands de vêtements comme on en trouve sur les marchés dans les villes, des jeans à 20€, des robes fleuries, des chaussures fabriquées en Chine et de l’outillage neufs, de qualité inférieure mais brillant dans leur emballage en plastique transparent.
Il y a une demande pour des produits para-militaires, des stocks américains proposent un choix qui va de la bottine en cuir noir aux vêtements camouflés, à la jeep complète.

Pas question d’avoir faim, les saucisses, les ‘Kuchen’ et les Chop Choy abondent de même que les brasseries sous tente qui offrent des bières fraîchement tirées.

La troisième section est une foire d’amusement avec toutes les attractions classiques, y compris une grande roue.

Finalement, nous abordons le marché aux chevaux, l’attraction principale, pour laquelle nous avons fait le déplacement de Potsdam vers ici.
Le style Far West est devenu l’uniforme des marchants et des amateurs de chevaux et d’équitation. Des échoppes vendent des chapeaux de cowboy de toutes les couleurs, des manteaux en toile huilées et des bottes pointues, le public s’en accoutre.

Le 7 mai dernier lors de notre halte à Havelberg, voir mon blog de ce jour, la préposée au syndicat d’initiative nous expliquait que le marché avec tout ce qu’il offrait, était important et très couru pendant la DDR car avec un peu de chance et beaucoup d’argent, on y trouvait des produits, tel que des pièces détachées pour Trabant et moto Simson qui avaient disparus des rayons des magasins de l’époque.

Fatigués mais contents, nous retournons vers Potsdam par les routes intérieures, le trafic est faible et la nature est belle.

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Berlin, Schönhausen, Fidel Castro, Kim il Sung, Nicolae Ceausescu et Muammar Gaddafi

Lorsqu’il pris possession du bureau de son prédécesseur au premier étage du château de Schönhausen, Walter Ulbricht remplaça le tableau champêtre qui ornait le mur dans son dos par une peinture représentant des prolétaires en tenue de travail. ‘Nous sommes une nation d’ouvriers et de paysans’ disait-il.
Wilhelm Pieck fut le premier et le dernier président de la DDR. Après sa mort, le poste ne fut plus occupé mais remplacé, à l’image de l’URSS par un Conseil d’État dont Walter Ulbricht devint le président.

Ce matin pour nous rendre à Berlin, nous prenons le métro rapide S7 car la ligne de chemin de fer normale est interrompue cette semaine, pour travaux d’entretien.
Le trajet est un peu plus long car le train s’arrête dans toutes les gares, mais cela n’en paraît pas car les arrêts se succèdent rapidement et pour des yeux curieux, il y a toujours quelque chose à voir sur les quais.

Une des rues d’accès au château est la Carl von Ossietzkystrasse dont la figure de bronze sur une pelouse du trottoir de droite, observe les passants d’un regard triste.
Ossietzsky était un intellectuel pacifiste, l’éditeur de l’hebdomadaire ‘Die Weltbühne’. Il fut condamné à un an de prison pour avoir dévoilé le réarmement clandestin de l’Allemagne en 1931. Hitler le fit transférer dans le camp de concentration de Bergermör, où il contracta la tuberculose dont il mourut en 1939.

Nous rejoignons un groupe nombreux de touristes, le château se visite accompagné d’une guide.
Elisabeth Christine von Braunschweig-Wolfenbüttel-Bevern, épousa en 1733 le prince héritier de Prusse, le futur Friedrich II, ‘der Grosse’. Ce fut un mariage forcé et à la mort de son père en 1740, le roi lui fit cadeau du château de Schönhausen, lui-même alla habiter au château de Sanssouci à Potsdam.
La reine transforma, agrandit et embellit le palais, il devint un petit joyau dans le style rococo et elle en fit sa résidence d’été. Le roi n’y mit jamais les pieds.

À la mort de la reine en 1797 l’endroit s’endormit et devint pour quelques siècles une espèce de château de la belle au bois dormant.

Dans les années 30, les National Sozialisten y stockèrent les oeuvres d’arts interdites (Entartete Kunst). Le château fut épargné des bombes alliées ce qui sauva des dizaines de Paul Klee, Modigliani et Picasso’s de la destruction.

Après la deuxième mondiale les soviétiques prirent possession des bâtiments et à la fondation de la DDR en octobre 1949, son président Wilhelm Pieck y installa son bureau et la chancellerie du parti.
Les salles d’apparat dont la belle salle rococo du premier étage ainsi que les jardins furent utilisés à des fins de propagande, pour les relations diplomatiques et pour des fêtes, comme du temps de la reine Elisabeth Christine.
Un beau contraste avec le culte officiel de l’origine prolétaire et du mode de vie dito des dirigeants de la nation des ouvriers et des paysans.
Dans l’aile gauche du château on installa une suite luxueuse avec une chambre pour un invité de chaque sexe.
Une des dernières femmes à y loger fut la reine Béatrice de Hollande, en 1961.

Mais le régime avait surtout un faible pour les hommes forts et la liste des invités de marque comprend Fidel Castro, Kim il Sung, Nicolae Ceausescu et Muammar Gaddafi.

Aujourd’hui le château de Schönhausen est ouvert au public. Il a été restauré et meublé comme du temps de la reine Elisabeth Christine et en prime, pour notre plaisir de voyeurs professionnels, les appartements des invités d’honneur de la DDR ont été sauvegardés.

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Berlin, l’oreille et la moustache de Stalin

Lorsqu’ils vont dormir le soir du 13 novembre 1961, les locataires des immeubles de la Stalinallee ignorent encore que le lendemain ils vont se réveiller comme locataires de la Karl-Marx-Allee et que leur station de métro ‘Stalinallee’ sera devenue ‘Frankfurter Allee’.
Ils seront aussi étonnés de constater que la statue en bronze et le socle du généralissime auront disparu comme par enchantement.

C’est pourtant à lui que le quartier doit la reconstruction de la Frankfurter Allee avec ses blocs d’habitation modernes pour l’époque, les seuls de la DDR ayant salles de bain, des cuisines équipée et des ascenseurs.
Le boulevard avait presque entièrement été détruit pendant la guerre. Le 21 décembre 1949, à l’occasion des 70 ans de Stalin, le Kremlin et le gouvernement de la DDR décident de construire une avenue modèle dans le style ‘Sozialistischen Klassizismus’. Longue de 2 km, elle reçoit le nom de Stalinallee mais dans le langage du peuple elle devient la ‘Stalins Badezimmer’ à cause des façades recouvertes de pierres de carrelage.
Avec la fontaine de la Straussberger Platz et les deux tours de la Frankfurter Tor, elle symbolise la grandeur de l’Union Soviétique.

En automne 1961 le mouvement de déstalinisation balaye l’URSS et ses pays satellites et du jour au lendemain toutes mentions, témoignages et représentations de l’ancien tyran doivent être annihilées.

Le soir du 13 novembre, vers 10 heures, le brigadier Gerhard Wolf rentre chez lui du cinéma. Un collègue l’attend et lui indique qu’il doit se rendre avec sa brigade au mémorial de Staline.
Sur place il reçoit l’ordre d’enlever la statue en bronze et de la transporter dans un des halls de la ‘Deutschen Bau-Union’ où elle doit être complètement réduite en morceaux méconnaissables.
L’équipe s’attelle à la tache, un pied de biche fait chuter le dictateur, une grue mobile le hisse sur un camion.
Arrivé dans le hall, Wolf et ses hommes, armés de marteaux pneumatiques débitent la sculpture et à quatre heure du matin, pendant qu’à l’emplacement du mémorial une autre équipe enlève le socle, l’un et l’autre des ouvriers subtilise discrètement quelques fragments du bronze.
Gerhard Wolf escamote une oreille et une demi-moustache.

Stalin a disparu comme s’il n’avait jamais existé.

Le café Sybille, Karl-Marx-Alle 72, est à la fois, un lieu de réunion, une salle d’exposition et un café.
Son origine remonte aux années 50 où il pris le nom de ‘Milchtrinkhalle’, le qualificatif de ‘Milchbar’ sonnait trop capitaliste.
Aujourd’hui on y expose, dessins, photos et mobilier à l’appui, l’histoire de la ‘Grosse Frankfurterstrasse’ devenue ‘Stalinallee’ devenue ‘Karl-Marx-Allee’.

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La traversée de Berlin sans paroles, ou presque.

Nous lâchons les amarres à 08:00 car nous voulons traverser Berlin par la Spree en essayant de ne pas être trop encombrés par les ‘promènent-couillons’, communément appelés ‘Dampfer’.

Le soleil est de la partie, le trafic est raisonnable et deux écluses, trois lacs et sept heures et-demi plus tard nous atteignons la Neustätter Havelbucht, notre port d’attache à Potsdam.

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Köpenick et le Hauptmann

À la demande générale, voici l’histoire remarquable du Hauptmann von Köpenick.

Il s’appelait Wilhelm Voigt, fils de cordonnier, il naquit en 1849 à Tilsit. Précoce, à l’âge de 14 ans il commit son premier vol qu’il paya par quinze jours de prison.
Il s’en suit une succession de vols, de falsification de documents et une tentative d’effraction avec un pied de biche pour laquelle il condamné à quinze ans de rétention et l’interdiction de séjour dans la région de Berlin.
Dès sa libération en 1906, il rechercha dans les marchés aux puces, les pièces nécessaires pour constituer un uniforme d’officier militaire.
Le 16 octobre, vêtu de la tenue d’un officier de la Garde à Pied Prussienne, il réquisitionna dix soldats à la relève de la garde d’une caserne de Berlin. Il leur ordonna de le suivre à Köpenick pour remplir une mission importante et secrète.
Arrivé sur place, il donna à chacun un mark et il leur paya à boire et à manger au restaurant de la gare.

Ensuite, à la tête de son commando, il se rendit à l’hôtel de ville, occupa les lieux, ordonna aux gendarmes en place d’isoler le quartier pour maintenir l’ordre et la paix, séquestra le maire et ses adjoints et commanda au trésorier d’ouvrir le coffre-fort de la commune.
Il avait reçu l’ordre, disait-il, de confisquer la trésorerie de la ville et de la ramener à Berlin.
L’argent fut placé dans une sacoche scellée, il signa un reçu, commanda à sa troupe de maintenir les lieux séquestrés pendant une demi-heure encore et pris seul avec son butin, le train de retour vers Berlin.

Il fut arrêté dix jours plus tard et condamné à quatre ans de prison.
l’Allemagne entière rigola à gorge déployée y compris l’Empereur Guillaume II qui ajouta: ‘Voila ce qu’on appelle de la discipline, aucun pays au monde ne nous imiterait’ et il commuta la peine de l’inculpé de quatre à deux ans.

La presse fit grand écho de l’histoire, des caricatures, des photo’s, des poèmes satiriques, une pièce de théâtre et un film firent le tour du monde.

Sa peine purgée, Wilhelm Voigt tira profit de la gloire acquise, il donna des conférences, signa des livres et il se produisit dans un cirque ambulant dans toute l’Europe et même à New York.
La grande guerre le ruina et il mourut au Luxembourg en 1922 à l’âge de 72 ans.

L’Allemagne aimerait ramener sa tombe à Berlin, mais le Luxembourg s’y oppose.

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Köpenick, la Müggelsee et Henriette Lustig

Marie Frédérique Adelaide Bock, surnommée Henriette, naquit à Köpenick en 1908 et y mourut en 1888. Elle épousa Herr Lustig, mit au monde 17 enfants et finit sa vie comme „Mutter Lustig“.
L’histoire raconte qu’elle fut la première lavandière de Köpenick. Elle utilisa l’eau douce de la Spree pour laver le linge qu’elle cherchait à pied et rapportait à Charlottenburg, propre et séché sur l’herbe des prairies qui entouraient la ville.
Son activité fit des émules et en 1900 on comptait à Köpenick 4000 lavandières et 87 lavoirs, ce qui valu à la ville le surnom de ‘buanderie de Berlin’.

Ce matin au lever il pleut, la météo a raison, nous prenons notre mal en patience et bien nous en fait car à 11:00 les nuages se déchirent et nous larguons les amarres.
Nous remontons la Dahmewasserstrasse, traversons la Langer See, la Seddinsee, le Gossener Kanal, le Müggelspree, la Grösser Müggelsee, pour revenir à Köpenick vers 14:00, une belle navigation ensoleillée. Voir la photo de la carte ci-dessous.

Le port de la La ‘Spree Marine’, situé près du pont en face du château est le distributeur Linssen de Berlin, nous y trouvons un amarrage.
Pour d’aucun qui me lisent et qui navigueraient dans le coin, chez Linssen, la nuitée coûte 20€, c’est-à-dire le double de ce que nous payons habituellement et il n’y pas de local sanitaire. Par contre la vue du coucher du soleil sur le château est imprenable, tout a un prix.

Le château baroque actuel qui date de la fin du 17e siècle est le troisième érigé successivement sur le restant des deux premiers.
Depuis 1963 il fait sur ses trois étages, fonction de musée d’art décoratif.
Avant cela, des princes, des rois et des empereurs l’ont utilisé comme résidence, il a servi de pavillon de chasse et aussi de ‘Witwesitz’ pour la Princesse Henriette Marie de Brandenburg-Schwedt.
L’armée Prussienne l’utilisa comme caserne et comme centre de formation, il fut ensuite prison et séminaire.

La salle d’armes du 2e étage est spectaculaire, le plafond est supporté par des couples de caryatides en stuc qui embrassent un écusson du nom d’une province de Prusse.
Elle fut le témoin du procès intenté au prince Frédérique Guillaume II et Hans Herman von Katte, accusés de désertion. Les deux amis, très intimes disent les mauvaises langues, tentaient de fuir le royaume de Prusse pour rejoindre George II, le roi d’Angleterre et oncle maternel de Frédérique Guillaume II.
Ils furent arrêtes en chemin et le tribunal militaire condamna Katte à l’emprisonnement à vie. Le roi Frédérique Guillaume I changea le verdict et obligea son fils à assister à l’exécution capitale.

Après la culture, un tour de la ville et une glace yogourt mangue, nous passons la soirée sur la dunette du Chat Lune, vue sur le château.

Pour être complet je dois mentionner que Köpenick est aussi la ville du Hauptmann du même nom, mais cette histoire est connue.

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Köpenick

Les américains sont venus voir et les locomotives électriques du canal de Panama ont été copiées de celles qui au début du 20e siècle tractaient les péniches au travers du Teltowkanal.

Ce canal fut construit entre 1900 et 1906 sous le règne de Guillaume II pour joindre les lacs du Havel au canal qui relie la Spree à l’Oder, à l’est de Berlin.
Très moderne, il était entièrement électrifié, tant les écluses que les ‘Treidelloks’ qui opéraient sur des rails placés de chaque côté des 38 km du canal.
Sa construction permit au trafic commercial d’éviter la traversée de Berlin.
Aujourd’hui, nous l’empruntons pour rejoindre Köpenick.

Nous avons décidé de partir naviguer pendant quelques jours, question de se replonger un peu dans la nature et au passage de visiter un château et un cimetière.
Nous aimons utiliser le Chat Lune comme résidence mais nous n’oublions jamais qu’un bateau est fait pour naviguer et c’est toujours une joie que de reprendre la barre.

Après moins de quatre heures et demie de navigation sans problèmes, nous atteignons notre objectif. Les dix minutes d’attente devant l’écluse de Kleinmachnow, le temps de laisser sortir une péniche du bassin, font partie du plaisir que nous éprouvons à nous déplacer sur l’eau.

Nous amarrons le Chat Lune aux quais de la Pro Sport Berlin, l’ancien port de plaisance de la Poste, au sud de Köpenick.
Je paie la nuitée au ‘Havenmeister’, un sportif de 77 ans, qui me montre avec fierté le voilier en acier d’une trentaine de pied avec lequel il navigue régulièrement.
Il m’explique que le système d’abaissement son mat est conçu pour que son épouse puisse l’actionner après son premier infar’.

Un excellent plat de ‘pasta putanesca’ clôture cette belle journée.

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Potsdam – Die Pfaueninsel

Johann Kunckel était chimiste et alchimiste. Il isola le phosphore et il recherchait la pierre de sagesse.
En 1677 il rejoint la cour du ‘Grosse Kurfursten’ mais n’obtint pas les honoraires promis de 1000 talents car ses détracteurs dirent: ‘Si Kunckel réussit à faire de l’or, il n’a pas besoin d’argent, si il ne réussit pas, il n’y a pas de raison de lui en donner’.
En finale il obtint 500 talents du Kurfurst, ‘ce que je paye mes laquais confidentiels’ et en 1685 le prince lui offrit la ‘Pfaueninsel’ sur laquelle on lui construit un moulin à vent, des fours et un laboratoire secret. Il obtint également le droit de brasser, de distiller et de cuire du pain, assurant ainsi l’autarcie de la vie sur l’île.
Il redécouvrit le secret de fabrication du verre rubis, pour lequel il obtint un brevet de protection.
À la mort du ‘Grosse Kurfurst’ on lui intenta un procès l’accusant de ne jamais avoir produit des ‘choses utiles’. Il se défendit par ces mots célèbres: ‘L’honorable Kurfurst aimait les objets rares et insolites et il se réjouissait devant les choses belles et gracieuses.
À l’usage qu’on en fit, je ne peux répondre’.
Peu après, son laboratoire brûla.

L’histoire finit bien car en 1692 le Roi Karl XI de Suède l’invita à Stockholm ou il pris la nationalité du pays. Il fut ensuite anoblit et finit sa vie comme Johann Kunckel von Löwenstern.

Je tire cette anecdote du livre de Theodor Fontane qui raconte de sa façon colorée, l’histoire de la Pfauseninsel.

À partir de Willem Friedrich II, l’endroit devint le lieu privilégié des membres de la cour lorsqu’ils recherchaient à fuir les obligations des palais de Potsdam.
On y chassa les nombreux oiseaux aquatiques qui peuplaient les roseaux qui entourait l’île. On y créa un zoo et les rois firent venir du monde entier des animaux exotiques, dont des paons et le nom resta.
Des jeux furent installés sur les pelouses des parcs dont une montagne russe qui à son inauguration valu un nez cassé à Willem Friedrich II.
Des pompes à vapeur alimentèrent les fontaines et le roi fit construire un petit château pour sa maîtresse la Comtesse de Lichtenau.
Par les belles journée d’été les rois, les princes, les princesses et les nobles empruntaient leurs embarcations diverses pour aller danser, chanter, faire la fête ou se reposer dans cet endroit paradisiaque.

Le 15 juillet 1852, le Tzar Nicolas était l’hôte de Friedrich Willem IV à Potsdam.
Au même moment, mademoiselle Rachel, la tragédienne Française se produisait à Berlin.
Hofrat Schneider, le conseiller du roi réussit avec beaucoup de mal à convaincre la diva de venir se produire devant la cour sur la Pfaueninsel.
Il s’avère que rien n’était prévu pour ce genre de spectacle, ni scène, ni rideau, ni costume, ni éclairage et lorsque Rachel entama sa déclamation, la nuit tombait et son frère Raphaël lui éclaira le visage avec une lanterne de campagne.
Son jeu fut grandiose et le Tzar Nicolas l’invita derechef à se produire à Pétersbourg.
Une statuette de la tragédienne placée derrière le château, rappelle l’événement.

Ce matin vers 10:00, un bac nous conduit en quelques minutes de la terre ferme vers l’île.

Nous assistons à une visite guidée du château.
Il est surprenant de découvrir que par miracle celui-ci n’a pas endommagé pendant les deux guerres. Du fait qu’il était à l’Ouest pendant la séparation, le régime communiste ne l’a pas cannibalisé ou transformé en manufacture de confiture de prunes.

De la dimension d’une grande villa, l’intérieur est resté tel qu’il a été conçu par Wilhelmine Encke, comtesse de Lichtenau en 1792. Les visiteurs sont priés de chausser des patins pour circuler sur les parquets cirés, les murs des salles et des chambres sont tapissés de toiles en coton peint, le grand chic de l’époque et même les meubles sont restés pour la plus part, d’origine, un petit bijou.

Le soleil est très présent ce matin et nous aurions tiré un grand plaisir de la promenade autour de l’île si ce n’est que les bois sont peuplés de moustiques avides de sang humain et que nous n’avons pas pris de citronnelle dans nos bagages.

La dunette du Chat Lune est un endroit bien agréable pour passer une belle après-midi de fin d’été.

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Potsdam – Relâche – Jour 2

Deuxième jour de relâche, cet après-midi je décape mon mat au papier émeri et je lui donne deux couches de vernis.
Les corbeaux qui peuplent le port m’observent en silence.

Ce matin aux puces du ‘Lustgarten’ de Potsdam, j’ai trouvé un recueil de récits de voyages de Theodor Fontane intitulé: ‘Von Rheinsberg bis zum Müggelsee.’

L’auteur a beaucoup voyagé et dans les années 1860 il a parcouru le ‘Mark’, c’est-à dire le Brandenburg.

Il dédie un chapitre à la ‘Pfaueninsel’ que nous avons l’intention de visiter demain.

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Potsdam – Relâche – Jour 1

Selon le Petit Robert:

Relâche: II. n.f.mar. Action de relâcher, de s’arrêter (dans un port).

C’est ce que nous faisons aujourd’hui.

POST SCRIPTUM à mon blog de hier:

Le 29 septembre 2010, j’écrivis le texte suivant:

« La défaite de Iena en 1807 contraignit la Reine Louise de Prusse à fuir avec ses enfants. La rupture d’un axe du carrosse interrompit le voyage et la légende veut que pour distraire son fils Guillaume, Louise confectionna une couronne de bleuets.
Sur la mosaïque de la rotonde de la Siegessäule on voit Guillaume I enfant, couronné de bleuets. »

Nous aurions aussi bien voulu les voir ces bleuets, mais en 2010 la colonne, son soubassement, et les mosaïques étaient masqués par des échafaudages.

Aujourd’hui, la réfection est terminée et nous avons pu admirer la tête couronné de bleuets de Guillaume I.

Ce soir, les plafonds peints du palais de Sanssouci ressemblent au ciel au dessus du Chat Lune.

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Berlin [7] La Bauhaus-Archiv et la Siegessäule

Le septième jour il se reposa, nous allons à Berlin.

Les ouvriers de l’usine Fagus avaient droit tous les matins à une séance de gymnastique suivie de deux fois le tour des bâtiments au pas de course. Les très jeunes pouvaient jouer un moment au football avant de rejoindre les ateliers.

En 1911, les architectes Walter Gropius et Adolf Meyer furent chargés de la réalisation de l’usine de Karl Benscheidt à Alfeld en Basse-Saxe.
Le musée de la Bauhaus-Archiv expose des photos de cette réalisation prises par le photographe Renger-Patzsch entre 1922 et 1940.

Depuis sa création l’usine a diversifié mais elle continue à produire de nos jours des moules en bois destinés à l’industrie de la chaussure.

Le 6 juin 2011 l’ensemble des dix bâtiments à été mis sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Elle est un des témoignages existants du développement au début du siècle dernier, de l’architecture moderne et du design.
Avec ses larges verrières et ses plans d’aménagements fonctionnels, l’usine est un modèle précurseur de l’école du Bauhaus.

Il fait beau ce matin à Berlin et en quittant le Bauhaus-Archiv, nous traversons le Tierpark pour rejoindre la Siegessäule, la Colonne de la Victoire, située au centre de la ‘Grosser Stern’ au milieu de la ‘Strasse des 17 Juli’.
Elle est surmontée d’une ‘Victoire’ dorée et elle célèbre les campagnes victorieuses prussiennes contre le Danemark en 1864, contre l’Autriche en 1866, et contre la France à Sedan en 1870.
Elle réchappa aux bombardements des alliés, mais en 1945 les occupants Français voulaient la dynamiter. Heureusement elle a survécu car elle était dans le secteur Britannique.

Nous gravissons les 293 marches qui mènent à la galerie et nous admirons le panorama de Berlin.

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Berlin [6] Museum Insel et Adolf von Menzel

Frank Goyke, romancier Allemand né en 1961, a écrit trois policiers historiques avec comme détective, l’auteur du 19e siècle, Theodor Fontane. Ce dernier, poussé par la curiosité inépuisable propre à sa profession, aide le commissaire Aschinger à attraper les méchants.
Ses protagonistes sont en partie des figures ayant existé et des personnages fictifs.
Dans le premier livre, intitulé ‘Altweibensommer’ Fontane sollicite l’aide du peintre Adolf Menzel, plus tard devenu Adolf von Menzel, à utiliser son talent de dessinateur pour l’aider à identifier des suspects. Fontane et Menzel se connaissaient car ils faisaient tout deux partie du cercle littéraire ‘Tunnel über der Spree’.

Je viens de terminer la lecture du roman et j’avais envie de voir les oeuvres de Adolf von Menzel exposées à la ‘Alte Nationale Galerie’.
Nous prenons un ticket combiné qui nous permet de visiter dans la même journée, les cinq musées de la ‘Museum Insel’, nous nous contenterons d’en faire trois.

Le vendeur de cartes nous conseille d’aller en premier lieu au ‘Neues Museum’ car il est très couru et faut s’inscrire et choisir une heure de visite; il est 10:30, nous y allons de ce pas.
Les bâtiments avaient été fortement endommagés et il vient d’être réouvert au public en 2009 après avoir été fermé pendant 70 ans. L’architecte Britannique David Chipperfield a réussi à créer des volumes impressionnants en combinant les éléments récupérables de l’ancienne construction avec des matériaux contemporains.
On y trouve la section Egyptienne, avec de très belles statuettes et le célèbre buste de Nefertiti qui selon le Genevois Henri Stierlin serait un faux, fabriqué au début du 20e siècle pour faire des essais de polychromie.
À l’étage, plusieurs salles sont consacrées au provinces germaniques de l’empire Romain et à l’étage supérieur dans la section de l’âge de la pierre la vedette est l’homme de Neandertal découvert en Dordogne, dit l’homme de Le Moustier.

Dans ‘l’Alte Nationalgalerie’ c’est Adolf von Menzel qui capte notre attention. Nous aimons beaucoup ses illustrations de la cour des rois de Prusse, dont le ‘Souper du bal’ et ‘Le concert de flute de Frédérique le Grand au château de Sanssouci’.

Avant de reprendre le train, nous opérons un passage rapide dans le Pergamon pour admirer la Porte d’Ishtar.

La journée se termine dans la joie avec la comédie Japonais ‘Rajio no jikan’ de 1997 que l’on projette au musée du cinéma de Potsdam.

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