Lineart, foire d’art et d’art décoratif

Brad Wilson a loué un hangar en Californie pour pouvoir photographier à l’aise une série d’animaux sauvages, du tigre au lion en passant par les hiboux et les éléphants.

Il travaille avec des Hasselblad ‘medium format’, les PhaseOne P45 et P65, les appareils digitaux qui à l’heure actuelle, donnent des images à 60 Megapixels d’une qualité inégalable.

On distingue chaque détail de l’iris de l’oeil de l’éléphant et les plumes du hibou sont plus vraies que nature.

Les photos exposées font 1m70 sur 1m20, elles sont impressionnantes de réalisme, le hibou, plumage gris anthracite sur fond noir, avec ses yeux grandeur d’une assiette à soupe, nous observe en silence.

C’est beau, c’est bien fait, c’est imposant et les images sont d’une précision chirurgicale.

C’est froid, c’est stérile, ça manque d’âme, mais c’est informatif, tout comme la revue Eventail distribuée gratuitement ci et là dans l’exposition, avec ses pages en papier épais et brillant, que personne n’achète mais qu’on feuillette distraitement le soir avant d’aller se coucher, pour préparer ses rêves.

La foire Lineart à Gand, expose de l’art et de l’art décoratif, la distinction est très personnelle et ne vaut pas un débat qui serait aussi stérile que les oeuvres de la deuxième catégorie.

Dans mon esprit, Brad Wilson tombe dans cette deuxième catégorie et le dessin des lapins de Spillaert dans la première.

Vendredi dernier, lors de notre première visite nous avons comme de coutume, notre approche des expositions ne manque pas de rigueur, balayé les allées de manière très systématique, en commençant par la gauche, le dos à l’entrée, et en faisant demi-tour, direction vers l’entrée, à chaque bout de couloir.

Deux heures plus tard, les yeux fatigués mais contents, nous avons atteint le dernier exposant.

Lundi matin, nous avons appliqué la même technique en commençant par la droite, toujours le dos à l’entrée. Cette façon de faire nous permet, à notre deuxième passage, de commencer par les oeuvres qui se trouvaient en bout de parcours à notre premier passage. Ainsi, en moyenne, notre étalons de manière équitable la densité de notre pouvoir d’observation sur toute la surface du palais d’exposition. J’appelle cette technique ‘le balayage du miroir à deux faces’, je le mentionnerai à chaque usage futur de nos visites de musées et d’expositions.

Comme ceux qui lisent mon blog le savent, M. et moi aimons explorer les musées, visiter les expositions et les galeries, parcourir les foires de brocantes, bref tout ce qui porte le vocable ‘art’ de près ou même de très loin, nous attire, de la peinture à la sculpture en passant par la photographie, les collages et les conceptions contemporaines, les monuments funéraires et les marchés de Noël.

Une cinquantaine d’années de pratique n’a pas fait de moi un expert, loin s’en faut, M. est plus douée que moi en ces matières.

Mais encore, nous reconnaissons les tendances et les noms nous sont souvent familiers, nous identifions les modes et les mouvements similaires d’un pays à un autre, nous retrouvons les artistes qui ont sauté les frontières, d’un musée Berlinois à une galerie Parisienne, mais essentiellement, nous éprouvons un immense plaisir à voir, à revoir et à remplir notre mémoire des objets et des oeuvres qui nous paraissent belles, intrigantes, insolites, ou impressionnantes, bref, nous nous gavons des émotions que nos explorations nous réservent.

Lineart répond à notre hobby et pour vous faire partager notre plaisir, je vous livre sans commentaires, une dizaines de photos d’objets qui ont accroché notre regard lors de nos deux visites successives.

Franco Fortunato
Dirk De Keyser
Mikiko Tomita
Yoishiro Kamei
Marc Dedrie
Marck (video) titre: ‘Eisbad’
Rachel Barnea
Jürg Lingl-Rebetez
Marc Swysen
Evelyne Galinski
Olivier Pauwels
François Bard
Herman Van Nazareth
Huang Yin
Marijke Vijhuizen
Steenhaut
Geert Devos
Luc Dratwa
Goran Djurovic
Jean-Christophe Belaud est un jeune artiste Français qui travaille la ‘moquette’.
Ici le nom manque
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William Davies Evans et les fleurs en céramique

Le capitaine William Davies Evans repose depuis le 3 août 1872 dans sa tombe dans le cimetière d’Ostende. La sépulture vient d’être remise à neuf comme en témoignent les photos ci-jointes, avant et après.

Cet illustre inconnu, du moins en ce qui nous concerne, est un joueur d’échec qui donna son nom au ‘gambit Evans.’ Selon Wikipedia, Gary Kasparov a fait usage de cette ouverture lors d’une partie qu’il gagna en 25 coups contre Viswanathan Anand à Riga en 1995. Cette information est tout à fait inutile et passe à dix lieues au dessus de la tête de tous ceux qui comme moi, ne jouent pas aux échecs.

William Davies Evans prend la mer à l’âge de 14 ans et il est nommé capitaine en 1908, 4 ans plus tard, à l’âge 18 ans. Une décade passe et à 28 ans, un collègue officier de marine l’introduit aux échecs, Evans y prend goût, devient un des meilleurs joueurs de l’époque et en 1924 il invente le gambit qui porte son nom.

Plus près de notre jardin est le fait qu’il invente les lanternes marines à trois couleurs, blanche, verte et rouge que tout navire arbore pour signaler sa présence en mer la nuit en vue d’éviter les collisions.
Pour les non-marins, un feu rouge à bâbord et un vert à tribord qui éclairent dans la direction de la marche, un feu blanc en tête de mat qui éclaire à 360° et un blanc à l’arrière, voir le dessin ci-après.
Cette invention lui rapporta £ 1500 du gouvernement Anglais, une montre en or du tsar Nicolas I de Russie et une pensée émue des marins érudits.

Une promenade sans but est un oeuf sans sel et par cette belle après-midi de novembre nous décidons d’explorer le cimetière d’Ostende.

Cela nous permet de faire la connaissance de William Davies Evans et de découvrir que de nombreuses anciennes tombes sont décorées avec des fleurs artificielles en céramique.
Nous observons avec plaisir que ces objets n’ont pas été vandalisés ni volés.
Le fait de faire cette constatation est attristant, aujourd’hui on s’étonne de ne pas découvrir un graffiti mal placé, un objets d’art subtilisé ou parc saccagé par ceux dont la télé ne suffit pas comme défoulement.

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Le microscope de Emil Busch A.G. – Rathenow

Le jeudi 5 mai 2011 à 15:45, nous poussons la porte du bureau de tourisme de Rathenow, ancienne petite ville du DDR située le long du Havel au nord-ouest de Berlin.

La première employée nous dit gentiment bonjour: « Guten Tag Herschaften, was kann ich für sie tun? », « Bonjour messieurs, dames, que puis-je faire pour vous? ». Je lui explique que nous venons d’amarrer le Chat Lune au quai du petit port, à l’amont de l’écluse et que nous aimerions explorer la ville.

Du fond de la deuxième pièce, une voix féminine clame: « Vous avez, ici il n’y a pas grand chose à voir ». La première employée opine de la tête et une troisième dame, qui vient d’entrer dans le bureau et qui a suivi notre conversation rajoute, « À part l’église qui est fermée, et quelques vieilles façades, Rathenow est plutôt calme. »

J’insiste que j’ai lu que la ville est réputée pour être un centre de fabrication d’instruments optiques et qu’il y a un musée consacré à son histoire. La voix de la pièce à côté se manifeste: « C’est exact, mais le musée est fermé ainsi que le parc optique ».

Nous remercions les trois employées du bureau de tourisme qui visiblement ne sont pas impressionnées par le label de ‘Stadt der Optik’ qui qualifie Rathenow, nous cueillons au passage quelques brochures dans un support mural et nous sortons un peu perplexes du centre d’information pour touristes.

Et pourtant en 1801, 200 années en arrière, Johann Heinrich August Duncker inventa une machine à polir le verre qui marqua le début de la fabrication en série de lentilles pour lunettes. C’est ainsi que la ville fit ses premiers pas dans l’ère industrielle en se spécialisant au fil du 19e siècle, dans la recherche et la production d’instruments optiques.

Les descendants de Duncker, tel que Edward Duncker et son cousin Emil Busch créèrent les premières usines; ils furent suivis par de nombreux autres entrepreneurs. En 1896 Rathenow comptait 163 manufactures de produits optiques et elle acquit le surnom de ‘ Ville Optique’. Après la deuxième guerre mondiale, plusieurs petites unités se regroupèrent et se mirent à travailler avec et pour Zeiss-Jena.

La chute du mur, la fin du communisme et la réunification de l’Allemagne ne tua pas ces industries, comme ce fut le cas pour de nombreuses usines de la DDR et la ville comporte aujourd’hui encore, une quinzaine de firmes à vocation optique.

Pour n’en citer que trois, Böhm Optiks fabrique des montures de style en titane, béryllium et autres matériaux nobles, Askania – Mikroskop Technik Rathenow offre ses compétences en microscopie spécialisée au monde médical et OPTOTEC s Gerätebau GmbH Rathenow, met son expérience et sa compétence technologique au service des fabricants de lunettes et autres accessoires optiques.

Nous apprenons tout cela en lisant les brochures du bureau du tourisme. La brochure illustrée du musée montre entre autres choses, un microscope fabriqué en 1910 par la firme Emil Busch A.G.

Le jeudi 20 octobre 2011, nous arpentons les rues de Silkeborg au Danemark. Comme tous les ans, nous sommes remontés vers le nord de l’Europe pour venir dire bonjour à ma soeur qui habite un patelin à quelques kilomètres d’ici.

Et comme tous les ans nous allons faire un tour en ville et traditionnellement nous poussons la porte de l’antiquaire Skovs Antik, situé Østergade 13, à mi-chemin entre l’ancienne Papirfabriken, devenue un complexe de cinémas, et le musée d’histoire naturelle avec son Tollund Man, l’homme momifié trouvé il y a quelques années dans une ancienne tourbière des environs.

Skovs se spécialise en porcelaine ancienne mais comme chez tout antiquaire, en fouillant un peu, on trouve aussi parfois des ‘trésors’ cachés.

Derrière trois sucriers, entre une cruche à lait et un bocal de riz en porcelaine de saxe , j’aperçois le tube oculaire en cuivre d’un ancien microscope. Je prend la loupe que j’ai toujours dans la poche droite de mon jeans et à ma surprise je lis l’inscription suivante: – Emil Busch A.G – Rathenow

Instantanément mon imagination me transporte vers la porte fermée du musée de l’optique, je revois les trois employées du bureau du tourisme, je hume l’odeur du port et j’aperçois en aval du Chat Lune, le bâtiment de l’écluse en brique rouge.

Je saisis l’objet et il s’agit en effet d’un authentique microscope fabriqué par la firme Emil Busch A.G. à Rathenow. C’est le frère jumeau de celui qui figure sur la brochure dont question ci-avant.

Après une tentative peu convaincante de ma part de faire baisser le prix, j’allonge les couronnes Danoises demandées, convaincu non seulement de faire une excellente affaire mais en plus très heureux du lien virtuel de cette trouvaille à la ‘Ville Optique’ découverte en mai dernier.

C’est comparable au plaisir que j’éprouve lorsque par hasard je trouve une pièce du puzzle géant qui trône en hiver sur une table du bureau et que M. et moi complétons au fil des semaines sans se presser en y jetant un coup d’oeil au passage.

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L’objet insolite du QE2

Dehors la tempête hivernale fait rage. Par les fenêtres aux bords arrondis du salon de lecture du pont 4 bâbord, on aperçoit parfois dans la pénombre la crête d’une vague qui se déchire dans une trainée d’écume blanche.

Les stabilisateurs du QE2 fonctionnent à merveille et le sol couvert d’un épais tapis plein, bouge à peine. Nous aimons nous installer dans les fauteuils près des fenêtres car même la nuit, il nous arrive d’apercevoir le phare d’un navire qu’on croise et les innombrables sources de lumière du paquebot permettent de deviner la mer qui défile à 26 noeuds.

L’ambiance à bord est feutrée, je lis ‘The Great Railway Bazar’ de Paul Theroux et nous attendons l’annonce du souper.

‘Mesdames et messieurs, ici le commandant de bord Harris, pour votre information, nous naviguons actuellement à 75 miles nautiques au nord de l’endroit où coula le Titanic le 15 avril 1912.

Notre vitesse de croisière est actuellement de 26 noeuds, nous traversons une légère dépression hivernale et j’espère que vous n’en êtes pas trop incommodés. Je vous souhaite une excellente soirée à bord du notre paquebot, le Queen Elisabeth 2.’

C’est par des hauts-parleurs installés partout dans le bateau que le capitaine et les membres de l’équipage nous informent des événements de la vie à bord. De la météo aux spectacles dans la salle de théâtre, de l’ouverture des restaurants à l’initiation au tango organisé pendant l’heure du thé.

Le rappel de la catastrophe du Titanic n’impressionne pas les passagers et je ne vois  personne s’étrangler dans son gin & tonic.

Nous avons embarqué à Southampton il y a deux jours et nous sommes en route pour New York. L’idée de traverser l’Atlantique en hiver avec la grande dame nous a toujours paru un rêve à réaliser, avant que le paquebot ne finisse tristement comme hôtel dans la rade du port de Dubai.

Pour le souper, j’enfile mon smoking, M. met sa robe noire et son collier de perles et comme de coutume nous dégustons le savoureux repas du soir. À la sortie du restaurant, le maitre d’hôtel nous remet un morceau de gingembre confit, bon pour la digestion et pour ceux qui en souffrent, calmant pour le mal de mer.

Nous nous apprêtons à faire le tour des coursives lorsque tout à coup un calme étrange   envahit le bâtiment, nous ne percevons plus les vibrations puissantes mais discrètes des deux moteurs électriques qui le propulsent. Apres quatre jours de vrombissement continu, l’absence de bruit est insolite. Soudain, le tangage s’accentue et s’accompagne d’un léger roulis.

‘Mesdames et messieurs, vous avez certainement remarqué que nos moteurs se sont arrêtés, il s’agit d’une panne de l’informatique de gestion des alternateurs, notre équipe technique est en place et nous reprendrons notre voyage dans quelques minutes, je vous prie de ne pas vous inquiéter.’

À ce moment là, l’éclairage normal s’éteint et les discrets luminaires de secours s’allument. Il faut quelques instants pour que nos yeux s’accoutument.

‘Mesdames et messieurs, ici le commandant Harris, je vous prie de garder votre calme, vous avez constaté que l’éclairage de secours s’est allumé, cette situation est normale. Pour pouvoir relancer les moteurs diesels qui alimentent les alternateurs et par la suite les moteurs électriques de la propulsion, nous sommes obligés de limiter au maximum la consommation électrique du bord.’

M. fait remarquer que tomber en panne au milieu de l’océan Atlantique en pleine tempête hivernale à 150 km au nord de l’endroit où le Titanic a coulé n’est pas fait pour rassurer la foule.

Et pourtant une ambiance de fête s’installe progressivement, l’équipage distribue des spaghettis lumineux dont on fait des colliers qui nous rappellent les guirlandes de fleurs Tahitiennes. Comme nous, les passagers ont presque tous quitté leurs cabines et se promènent en souriant. Les contacts sont faciles, les loupiotes bleues des tubes en plastique confèrent un air de fête à la situation et malgré les mouvements inhabituels du navire et le naufrage du Titanic en arrière pensée, la panne est perçue comme une aventure qui sera bonne à raconter aux copains en rentrant.

Les haut-parleurs nous tiennent informés de la progression de la réparation, elle est plus longue que prévue, nous allons nous coucher vers minuit et au réveil, le lendemain matin, le QE2 file vers New York de ses 26 noeuds.

Plus tard dans la journée, un Allemand rigolard nous apprend que le Bild Zeitung titre en grand que le QE2 est bloqué par des icebergs, moteurs éteints, à l’endroit où le Titanic a coulé. Inquiète, sa famille lui a envoyé un télex.

L’incident que je relate ci-avant date de notre traversée de l’Atlantique avec le Queen Elisabeth 2 en décembre 1999.

C’est lors de ce voyage que je me suis acheté, dans la boutique de l’antiquaire du bord, un insolite ancien compas pliable à pointes sèches.

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Wideshausen et la Culture Mégalithique

Selon l’archéologue français Jean-Pierre Mohen, les tumulus, le rite des morts et les grandes pierres sont à l’exception de tout autre, les seuls critères communs à la culture mégalithique.

Autrement dit, l’analyse des débris d’assiettes et autres bijoux en bronze trouvées sous les dolmens et les tumulus éparpillés au travers de l’Europe n’ont permis aux archéologues que de développer des théories peu solides sur la vie quotidienne et la culture de nos ancêtres d’il y a quelques milliers d’années, ceux de l’âge de bronze.

Les ingénieurs, compas et équerre à l’appui, ont fabriqué des modèles en bois et en corde pour expliquer comment nos grand-parents d’avant Caterpillar avaient dressé les menhirs de Stonehenge et de Carnac.

Des rêveurs un peu plus fous, évoquent l’intervention des extraterrestres.

En finale, les points d’interrogations restent plus nombreux que les réponses.

Depuis quelques années nous avons pris l’habitude de ne voyager en voiture que les samedis et les dimanches pour éviter le trafic lourd sur les autoroutes et en plus, nous limitons nos étapes à 450 km. Cela nous permet de flâner en matinée à notre lieu de départ et d’arriver à notre destination au milieu de l’après-midi, pas fatigués.

Nous rendons les clés de notre chambre au Prindsen à Roskilde vers 12:00, nous arrivons, le hasard fait bien les choses, à Rodby pile à l’heure pour embarquer sur le ferry de 13:15 et après une traversée sans encombre et deux heures de route, nous coupons le moteur devant la porte de l’hôtel Landhaus à Wildeshausen.

Recommandé par ma soeur qui y avait fait halte en juin dernier, c’est une auberge familiale, Allemande à souhait. Le hall d’entrée donne sur le bar où une poignée de touristes Hollandais boivent de grandes chopes de bière blonde, la patronne s’agite entre la cuisine et la salle du restaurant qui, au vu de la table dressée en fête, attend un groupe de convives pour le canard au choux rouge avec knödel, le menu du jour annoncé sur l’ardoise à l’entrée.

Elle nous souhaite la bienvenue, nous remet la clé de la chambre en mansarde de leur annexe, ‘Vous trouverez facilement, c’est à trois cent mètres à droite’ et nous suggère de venir manger le canard, ‘à votre convenance, lorsque vous serez installés’.

Wildeshausen se trouve le long de l’A1, à trente km au sud de Bremen, sur le tracé de la ‘Straße der Megalith Kultur. C’est un parcours routier de 330 km qui relie Osnabrück à Oldenburg, le long duquel on trouve 33 sites mégalithiques.

Avant le canard et avant la bonne nuit dans la chambre confortable et calme, nous trouvons le temps de visiter les ‘Kleinenknetener Steine (Großen Steine)’, les ‘Hohe Steine’ et jeter un coup d’oeil sur le ‘Pestrüper Gräbefeld’, un champ de bruyère qui comporte 500 tumulus funéraires.

Pour plus de détails voir WiKi: http://de.wikipedia.org/wiki/Straße_der_Megalithkultur

Le lendemain, une radieuse matinée d’automne nous incite, après un muesli et des ‘Brötchen’, à faire une longue promenade dans le champ mortuaire de Pestrup.

Les monticules entre lesquels les sentiers serpentent, sont des tombes vieilles de 4000 ans et plus. Un troupeau de moutons blancs broute l’herbe et on imagine la splendeur des lieux, en septembre, lorsque la bruyère est en fleur.

Wildeshausen n’est pas loin des Pays-Bas et le dialecte local a des affinités avec le néerlandais comme en témoigne l’avertissement ci-après et l’ode à la bruyère du poète Georg Ruseler.

Nous prenons le chemin du retour en fin de matinée et 430 km et quatre heures plus tard, nous tournons la clé de la porte d’entrée de notre domicile hivernal.

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Roskilde, la cathédrale et les drakkars

Lorsque le légendaire roi Ro, il y a quelques milliers d’années, planta sa tente et ensuite construisit un palais, près d’une source, à l’embouchure d’un fjord au nord de l’île de Seeland, il baptisa l’endroit Roskilde, ‘la source du Roi Ro’.

Située à 30 km à l’ouest de Copenhagen, Roskilde compte de nombreuses sources très actives, nommées ‘kilde’ en danois. Au fil des années d’aucunes furent utilisées pour alimenter des moulins, d’autres étaient réputées pour leurs vertus thérapeutiques et d’autres encore étaient sacrées.

En 1729, le roi Frederik IV tombe malade et il guérit grâce à l’eau d’une des source de Roskilde. Depuis lors, la cour de Copenhagen s’approvisionne journellement en eau sacrée en provenance de cette source.

Roskilde fut la première capitale du Danemark mais elle perdit cette attribution et bon nombre de ses habitants en 1400, au profit de Copenhagen.

Aujourd’hui la ville est renommée pour son festival Rock, son musée Viking et sa cathédrale où reposent dans de prestigieux sarcophages, tous les rois et toutes les reines que le pays à connu; c’est le but principal de notre visite.

En deux heures et une chique de routes dégagées, après avoir payé les 31€ pour franchir le pont qui enjambe le ‘Store Belt’, nous prenons possession de notre chambre dans l’hôtel Prindsen, un des plus anciens établissements du Danemark. Crée en 1695, il est idéalement situé au coeur de la ville, le long de la rue marchande et piétonnière, à trois cent mètres de la cathédrale. Quatre corps de logis en carré ceinturent la cour intérieure qui sert de parking et où se trouve l’entrée et la réception. C’est un hôtel comme nous les aimons, un peu vieillot mais propre et bien entretenu, les plafonds sont haut, des boiseries partout, les murs sont décorés de peintures et de photos anciennes et le personnel est présent et accueillant. Un WiFi puissant est inclus dans le prix des chambres ce qui me permet de pianoter mon iPad lorsque l’envie m’en prends.

Il est 14:30 lorsque nous pénétrons dans la cathédrale pour aller admirer les sarcophages des rois défunts. Une heure et demie plus tard nous quittons les lieux à la fermeture, c’est dire que la visite en vaut la peine. Je pense que les quelques photos ci-jointes donnerons envie à ceux qui me lisent de réserver une nuitée au Prindsen.

Le lendemain, dimanche, nous suivons la promenade fléchée qui nous mène au travers des rues de la vieille ville vers le port où de vieux gréements cohabitent avec des drakkars et des voiliers modernes en polyester.

Une vingtaine de marins en herbe de tout âge, enthousiastes et bardés de vestes de sauvetage prennent place à bord d’un des bateaux viking. Au départ, la manipulation des longues rames ressemble à un jeu de Mikado mobile mais le patient skipper réussit à faire aligner les deux bordées, leur imposer un rythme de battage et manoeuvrer l’embarcation hors de la rade du port avec beaucoup d’élégance.

Il souffle une légère brise et à quelques encablures de la jetée, c’est la grande voile carrée qui propulse le bateau au grand plaisir et au soulagement de l’équipage.

En observant l’activité du port, nous avons une pensée émue pour notre Chat Lune.

Sur le chemin du retour vers le Prindsen, nous croisons quelques sources d’eau claire très actives. Nous apprenons plus tard que le bureau du tourisme dispose d’une carte avec un parcours fléché des 12 sources naturelles de la ville.

Roskilde a un bon ‘chi’, nous reviendrons.

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Hambourg, le cimetière de Ohlsdorf et le lion de Istedt

‘Les rhododendrons sont en fleur fin mai, début juin’ nous dit Anne-Katrin Böttner-Kirch, responsable de l’entretien des jardins du Parkfriedhof de Ohldorf.

 

 

 

 

 

Situé à une dizaine de kilomètres au nord du centre de Hambourg, c’est selon la brochure, le plus grand cimetière-parc du monde.

La vue en plan me fait penser au profil d’un bison, avec la tête à droite et le volumineux arrière-train à gauche. Du museau à la queue il fait 3,5 km et de la croupe au sabot arrière, 1,5km. L’entrée principale se trouve au niveau du bas de la queue et les trois crématoires sont au niveau du cul.

Les larges allées sont tracées comme les instructions de découpes des bouchers sur les carcasses des ruminants.

Le Südwestkirchhof de Stahnsdorf que j’ai commenté le 25 septembre dernier, est un cimetière forestier. En dehors des quelques routes principales, la nature est laissée en paix, les sentiers serpentent dans les sous-bois sans structure apparente, les buissons envahissent les sépultures, les arbres poussent là où ils se plaisent le mieux, le promeneur oublie qu’il parcoure un cimetière.

Ohlsdorf est un parc, les quatre cent hectares de végétation sont sous le contrôle strict d’une armée de jardiniers, l’herbe est coupée, les buissons et les imposants et  omniprésents massifs de rhododendrons sont taillés, les sentiers sont désherbés, les arbres centenaires inventoriés et les plans d’eau sont propres.

Le cimetière a ouvert ses portes en 1877, il fut conçu par Wilhelm Cordes, son premier directeur. Son idée était d’offrir à la ville en plus d’un cimetière, un jardin qui incite au repos et à la promenade.

Les 12 chapelles dont la plus petite est de la taille d’une église d’un village moyen, sont desservies à intervalles réguliers par les lignes de bus 170 et 270 qui sillonnent les 17 km de routes asphaltées de la nécropole.

Situé à une centaine de mètres au nord de l’entré principale, l’imposant ‘nouveau’ crématoire fut construit au début des années 30′. Il est symétrique et tout en brique, c’est une pyramide tronquée flanquées de deux ailes avec galeries. Un escalier de la largeur du bâtiment central donne accès à trois portes en bronze.

À gauche de l’entrée, nous visitons le ‘beaucoup trop petit’ musée, d’après les dires du conservateur. Il retrace l’histoire du site avec dessins et photos et on y voit quelques exemples de cercueils, des mannequins vêtus en croque-mort au travers les âges et dans une vitrine sont exposés ce qui reste après la crémation. Des pacemakers carbonisés, des bagues et des prothèses articulées dont les modèles anciens paraissent sortir des mains d’un bricoleur amateur, moyennement doué.

Nous suivons les instruction du circuit rouge de la brochure ‘Reizvolle Spaziergänge’. En 13 stations et une heure de marche nous flânons entre les sépultures de personnages Allemands ‘importants’ dont nous ne reconnaissons que Tchilinghiryan, le fondateur de la marque de café Tchibo. Les jardins de roses et les belles statues nous donnent envie d’en voir plus, nous reviendrons quand les rhododendrons seront en fleurs.

Plus loin, hors circuit rouge se trouve la sépulture de Carl Hagenbeck, le fondateur du zoo de Hambourg, le premier à montrer les animaux dans leur élément naturel. Un lion famélique est couché sur sa tombe.

Une pub nous mène au café Fritz, un restaurant spécialisé dans l’organisation des repas d’enterrements qui offre un excellent plat du jour à un rapport prix/qualité comme nous les aimons.

De lion en lion, en route vers ma soeur, deux cent kilomètres plus au nord, dans le vieux cimetière de Flensburg, nous retrouvons le lion d’Istedt dont nous avions fait la connaissance à Wannsee le 12 août dernier. Voir ma page de blog de ce jour.

Pour mémoire, les Danois l’érigèrent à Flensburg en juin 1962, pour commémorer leur victoire sur les Allemands en 1850 lors de la première bataille du Schlewig-Holstein.

Après leur défaite à la deuxième bataille du même nom en avril 1864, l’animal déménagea vers Berlin. En 1945 Eisenhower accepta de le rendre aux Danois et le bronze partit pour Copenhagen.

La ville de Flensburg le récupéra en septembre 2011 en témoignage de ‘L’amitié et de la confiance qui règne entre le peuple danois et le peuple allemand’.

La copie observe toujours les plaisanciers de la Wannsee.

A force de visiter des nécropoles nous finissons par oublier que ces sont des endroit où la mort est omniprésente, où chaque pierre couvre un homme, une femme ou un enfant disparu à jamais.

Nous admirons les sculptures, nous allons à la recherche de l’histoire et des histoires et dans notre esprit, les personnages que nous découvrons sont vivants.

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Hambourg, l’église St.-Nicolas et la Speicherstadt

Le 28 juillet 1943 les pilotes des Forces Alliées utilisèrent la flèche de la St.-Nikolai-Kirche comme repère pour le bombardement incendiaire de Hambourg. La ville fut transformée en brasier; des rivières de vent chargés de phosphore incandescent soufflèrent à plus de deux cent cinquante kilomètre heure au travers des rues pendant toute la nuit.
La ville fut au trois quart détruite; trente-cinq mille personnes périrent et un nombre double subit d’affreuses blessures.
Le centre d’information situé sous les ruines de l’église projette un documentaire qui illustre cette page d’enfer. Les victimes en flammes qui se jettent dans l’Alster sortent de l’eau en brulant de plus belle, le phosphore s’embrase à nouveau au contact de l’air.
L’opération qui porte le nom de code ‘Gomorrhe’ fait en une nuit autant de victimes que l’ensemble des attaques Allemandes sur l’Angleterre pendant toute la deuxième guerre mondiale.

Aujourd’hui, l’ascenseur installé au centre de la ruine de la tour du clocher permet du haut de ses 75 m, d’admirer le panorama de la ville.

Il est 14:00 lorsque nous quittons la Kunsthalle, Max Liebermann et le retable de Bertram pour nous promener en ville. Le soleil brille de son plein feu et les Hambourgeois flânent le long de l’Alster. Nous mangeons une soupe aux poissons sur la terrasse sud du café Alex, un établissement confirmé et plein comme un oeuf, situé le long du Binnenalster.

Ensuite nous parcourons la vieille ville, prenons l’ascenseur de la St.-Nikolai Kirche et terminons l’après-midi dans la Speicherstadt. C’est le complexe d’anciens entrepôts construits en brique rouge le long des canaux qui relient l’Alster au port situé le long de l’Elbe. La rivière est sujette au flux et reflux de la mer du Nord et pendant notre promenade la marée montante transforme en voies navigables, les passages boueux entre les immeubles. Trois kayaks attendent patiemment d’avoir une main d’eau sous la quille pour poursuivre leur route.
Le quartier est sujet aux crues de l’Elbe et ci-et là des panneaux de signalisation indiquent aux passants les endroits à éviter et les rues qui restent sèches en lors des grandes eaux.

En face de la gare nous choisissons de manger un repas typiquement Allemand dans le restaurant de l’hôtel ‘Europäischen Hof’ appelé « Paulaner’s Miraculum ».

Demain nous allons visiter le cimetière de Ohlsdorf, le plus grand du monde, d’après la pub.

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Hambourg, Max Liebermann et le retable de Bertram

Ferdinand Sauerbruch se pencha sur son patient et celui-ci murmura: ‘Mais quel visage vous avez, Sauerbruch, c’est le visage le plus compliqué du monde, je dois le dessiner, donnez-moi du papier et un crayon!’
Max Liebermann venait de se faire hospitaliser pour une opération herniaire, il avait 84 ans. Sorti de l’hôpital de la Charité à Berlin où il fut traité, il fit le portrait de son chirurgien que nous pouvons admirer ce matin dans la Kunsthalle de Hambourg.
La rétrospective de plus de 400 oeuvres de Max Liebermann vient de s’ouvrir le 30 septembre et elle court jusqu’au 19 février 2012.

Nous sommes de passage à Hambourg en chemin pour le Danemark où nous allons saluer ma soeur, son mari et leur chien berger Raksha. Ce voyage est une tradition annuelle que nous interrompons par la visite d’une ville Allemande.
Cette année-ci nous avons choisi de nous arrêter à Hambourg car nous voulons voir le retable de Bertram que la Kunsthalle a acheté à la ville de Grabow en 1903.

Les lecteurs de mon blog se souviennent qu’avec le Chat Lune nous avons fait une halte à Grabow le 15 mai 2011.
La gardienne du musée d’histoire de la ville nous avait expliqué avec nostalgie que pour reconstruire le clocher de l’église, la municipalité avait vendu le retable de Bertram pour 65.000 Deutsche Mark à la Kunsthalle de Hambourg. C’est le genre de détail que nous notons scrupuleusement et nous nous étions promis de venir admirer l’oeuvre à la prochaine occasion.
Le hasard qui fait bien les choses, on nous offre Liebermann en prime. J’ai commenté dans ma lettre du 12 août 2011, notre visite de sa villa située le long de la Wannsee.
Max Lieberman est issu d’une famille de riches industriels établis à Berlin.
Pour plus de détails sur la vie et la carrière de l’artiste voir le site de Wikipedia suivant:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Max_Liebermann

Le musée consacre une salle entière aux portraits que Liebermann réalise en fin de carrière. Le peintre réussit de manière presque brutale à capter l’âme de ses modèles. Ce ne sont pas les visages embellis d’Anton van Dyck mais la confrontation à vif de l’attitude et du caractère de l’homme ou de la femme, sans concession pour l’âge ou pour la pose.
La rétrospective temporaire est installée dans la cave de la section nouvelle du musée. C’est une tour carrée qui réunit sur trois niveaux l’art contemporain. Cette forme artistique n’est visiblement pas la spécialité de curateur et nous parcourons les salles au pas de gymnastique.
Nous reconnaissons au passage une oeuvre Annette Messager. L’artiste a couvert un mur d’une collection d’animaux en peluches défaits de leur intérieur. Elle avait exposé au LAM à Villeneuve d’Ascq une carte de France faite de de peluches multicolores, voir ma page de blog du 24 janvier 2011. Le ‘Pink Panther’ semble triste d’être à Hambourg.

L’immense retable large de 7m, réalisé par Maître Bertram, peintre et sculpteur Allemand du 14e siècle, comporte d’un côté plus de soixante figurines sculptées et dorées et au verso 24 tableaux, 18 de la Genèse et 6 scènes de l’enfance du Christ.
Le musée a judicieusement séparé les deux ensembles de manière a offrir au visiteurs sur un pan de mur, le développement des panneaux sculptés et sur un autre, les panneaux peints.
On s’assied un bon moment pour admirer l’oeuvre que les habitants de Grabow regrettent d’avoir monnayé pour la flèche d’un clocher.

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Dresden

Nous avons prévu de rentrer, mais pas directement, ce serait trop simple.
Dresden n’est pas sur la ligne droite entre Potsdam et nos quartiers d’hiver, mais elle est sur notre liste des choses à voir.

J’ai réservé par booking.com une chambre dans le Holiday Inn Express, un hôtel qui vient de s’ouvrir en mai de cette année.
Situé sur le Dr.-Külz-Ring, à mi-chemin entre la Hauptbahnhof et le Augustusbrücke.
D’ici tout est à faire à pied, nous sommes dans le cercle des remparts de la vieille ville, notre chambre donne sur le parc en face de la Kreuzkirche; les cloches sonnent l’heure, vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
La petite cloche ponctue les quarts et la grosse cloche les heures.

En cette splendide fin d’été 2011, la ville brille. La Frauenkirche est reconstruite, nous gravissons un plan incliné et les dernières marches qui mènent au sommet de la coupole pour admirer le panorama.

L’Elbe fait une boucle, la vieille ville est dans la partie concave et la ‘Neustadt’ de l’autre côté du Augustusbrücke dans la partie convexe.
Les principaux bâtiments historiques, le Zwinger, les palais, l’opéra, la Frauenkirche et les autres églises sont dans la Altstadt.
La statue dorée de August der Starke, la promenade de la Haupstrasse et le palais Japonais sont en face, sur la rive droite alluviale.
Sur la rive gauche les remparts plongent vers la route qui borde le quai d’embarquement des bateaux-mouche.

Pour des raisons diverses et controversées, le 13 et le 15 février 1945, 3600 avions Alliés déversent 4000T de bombes incendiaires sur la ville historique, la détruisant de fond en comble et tuant au passage 25.000 civils. Les chiffres sont des ordres de grandeur, ceux que les détails intéressent peuvent consulter les pages de Wiki.

Dans le Johanneum, les anciennes écuries royales, aujourd’hui le musée du transport, un documentaire en noir et blanc retrace l’histoire de la cité. Un extrait provient d’un film pris par un des bombardiers du raid. On voit les chapelets de bombes quitter les soutes de l’avion, en dessous la ville brûle.
Plus loin, des images des ruines et les femmes qui pendant des mois, dégagent les débris, pierre par pierre, c’est hallucinant.
Le film dit que les habitants de Dresde pensaient être à l’abri des bombardements car la ville ne comptait pas d’industries. Certain généraux Alliés pensaient qu’il y en avait peut-être, que c’était la seule ville à ne pas encore avoir été bombardée et que de toute manière il fallait démoraliser la population du pays par des actions d’éclat.

Soixante ans plus tard la ville est remise à neuf, elle respire la richesse, les bâtiments historiques ont été reconstruits copie conforme des originaux. Un savant puzzle combine les pierres anciennes avec les celles reconstruites, c’est très beau mais presque aussi hallucinant que la destruction.

Bernardo Bellotto, élève et neveu de Canaletto, dont il utilisait parfois le nom, a réalisé de nombreux dessins et peintures de certaines villes d’Europe dont Dresde où il résida de 1747 à 1758.
Le Zwinger offre une rétrospective de ses ‘vedute’ qui illustrent la précision de la reconstruction de la ville actuelle.

En fin de journée, après l’exposition, assis sur un banc en pierre au centre du Augustusbrücke, nous contemplons le coucher du soleil qui dore les façades et les statues de la vieille ville; on en oublie presque les drames de l’histoire.

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Potsdam, le Chat Lune mis à sec

Lundi, le 26 septembre 2011

Hannelore et Baldur sont émus lorsque nous leur faisons nos adieux, nous aussi.
C’est la deuxième année que nous vivons pendant près de deux mois en bon voisinage avec le ‘Rattenfänger’, nous connaissons leurs habitudes et leurs dadas et ils connaissent les nôtres.

Nos ‘Hafenmeister’ éprouvent une grande sympathie pour les les corbeaux du port, qu’ils nourrissent plusieurs fois par jour. Les volatiles picorent le pain d’entre les doigts de Baldur mais ils chient sur le Chat Lune. On râle un peu, mais le plaisir de nos deux voisins et le ballet des oiseaux vaut un coup de brosse de temps à autre.
Toutes les après-midi, Johanna, une amie de Hannelore âgée de 78 ans vient jouer au rummycub. Le claquement des tuiles en plastiques sur la table en bois de la véranda arrière du catamaran nous est aussi familier que le cri des corbeaux.

Leurs deux teckels, ‘Paulchen’ et ‘Schnuli’ doivent régulièrement faire un va-et-vient entre le bateau et la terre ferme. Les pontons sont faits de grilles métalliques et les chiens détestent faire le trajet pourtant indispensable à leur bien-être. Lorsque Baldur passe devant la proue de notre bateau, le ventre en avant, la lanière tendue trainant ‘Paulchen’ derrière lui, il ne manque jamais de s’arrêter pour tailler une bavette. Il nous informe du temps qu’il va faire, de la dernière frasque de Sarkozy ou d’une bonne affaire à l’Aldi local.

À chaque fois qu’en plus de Johanna, Hannelore invite d’autres amies à passer une après-midi sur le Rattenfänger, elle nous offre un morceau de gâteau aux prunes ou de tarte au sucre qu’elle a confectionné pour l’occasion.

De notre côté, nous leur passons des articles de journaux, un bouquet de fleur quand on va au marché et en leur absence, nous jouons les maîtres du port et nous donnons des instructions aux bateaux qui souhaitent s’amarrer.

Notre harmonie sociale est parfaite, on se dit bonjour, on s’informe mutuellement des choses de la vie en général et du port en particulier, et on maintient nos vies privées respectives en bon équilibre.

Cet après-midi, nous bavardons une dernière fois, on se serre les mains, on s’embrasse et le Chat Lune part vers le Yachthafen Potsdam où nous attend la grue de 25T.
En desserrant l’amarre avant, Hannelore, la larme à l’oeil, remarque qu’il va y avoir un vide, car nous faisions partie intégrante du ponton numéro un.

Arrivé dans l’autre port, Armin Buchardi, le propriétaire, vient nous souhaiter la bienvenue mais il a une requête. ‘Pourrions-nous envisager de sortir le bateau demain mardi au lieu de mercredi comme prévu?’
Ce jour-là il souhaiterait pouvoir fêter à la maison le septantième anniversaire de son épouse.
Nous marquons notre accord en contrepartie de pouvoir loger dans la cabine d’appoint de la marina, marché conclu.
À 78 ans, il est encore tous les jours présent et actif dans son port. C’est lui qui opère la grue et qui place les bateau à leur endroit d’hivernage.

Mardi, le 27 septembre 2011

Le matin, nous faisons nos bagages et l’après-midi, vers 14:30, le Chat Lune est gruté, mis sur béquilles et bâché.
La saison de navigation 2011 se termine, ainsi que mon blog, mes écritures et nos photos.
À moins que l’envie ne me prenne, de temps à autre, à écrire un texte et à le publier.


Je remercie tous ceux qui ont lu mes écris et regardé nos photos; j’espère que vous avez eu autant de plaisir à suivre nos aventures, que nous à les vivre.
Ainsi se termine une très belle saison, nous rentrons hiberner chez nous.

N’hésitez pas à m’envoyer des commentaires, je vous promets d’y répondre.


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Gatow, le musée de la Luftwaffe, Beate Uhse et le pont aérien

Je ne crois pas trop au hasard, c’est donc à dessein que nous avons choisi avant-hier de visiter le deuxième plus grand cimetière de l’Allemagne et hier, le deuxième plus important musée de l’aviation militaire.


Le 2 novembre 1935 Hitler assista à l’inauguration de l’aéroport de Berlin-Gatow. La Luftwaffe l’utilisa comme école de pilotage et le führer comme aéroport privé pour ses vols vers Bergtesgaden.

En avril 1945, l’armée soviétique avait entièrement encerclé Berlin et c’est de Gatow que Beate Uhse, pilote cascadeuse et femme d’affaire, récupère son fils âgé de deux ans dans Berlin en ruine, trouve un avion ‘Unklar’ qu’elle remet en état de voler avec un mécanicien resté sur place et fuit vers le nord de l’Allemagne où elle rejoint son escadrille. En Frise, elle est faite prisonnière par les Britanniques


Dès son plus jeune âge elle rêvait de devenir pilote et à dix-huit ans, elle obtient son premier brevet de pilotage solo.
Pendant la guerre elle convoie pour la Luftwaffe des avions des lieux de production vers les champs de batailles. À 25 ans, en octobre 1944, elle est nommée capitaine du 1e escadron de convoyage.
Début avril 1945, elle reçoit une formation sur le chasseur à réaction Messerschmitt Me 262. Elle pense qu’après la guerre cette formation pourra l’aider à trouver un emploi.
Malheureusement pour elle, après la capitulation, les Alliés interdissent aux Allemands toute activité lié à l’aéronautique. C’est la fin de sa carrière d’aviatrice professionnelle.

Beate Uhse découvre l’énorme lacune dans les connaissances sexuelles des femmes d’après-guerre. Riche de l’éducation sexuelle saine que ses parents lui avait prodiguée, elle fait des recherches et publie une brochure expliquant aux femmes comment reconnaitre leurs périodes fécondes. Ses écrits ont du succès, elle crée une entreprise et en 1962 à Flensburg elle ouvre la première boutique sex-shop du monde.
De nos jours, la société « Beate Uhse AG  » est cotée en bourse et c’est la plus grande entreprise allemande de produits érotiques.

En mai 1945 l’armée soviétique envahit Gatow. Le 2 juillet l’aéroport est cédé à la Royal Air Force.
C’est un des trois aéroports en plus du Havel pour les hydravions, d’ou partaient les convois aériens qui alimentèrent Berlin pendant le blocage de la ville par les Russes de juin 1948 à mai 1949.


Pas loin de 200.000 vols acheminèrent 1,5 million de tonnes de matières vers la ville en siège. Les avions se succédèrent à raison d’un toutes les deux à trois minutes, sans interruption, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours par semaine.


Pour survivre, la ville avait besoin de vivres, de charbon, de matériau de construction et de produits bruts pour alimenter les usines.
Les films projetés dans le musée illustrent l’envergure de cette opération. Les ‘Rosinen-Bomber’ utilisaient trois couloirs aériens et volaient à cinq niveaux superposés.
Berlin devait baigner dans un bourdonnement continu dont les contestataires de la nuisance acoustique anticipée pour le nouvel aéroport de Schönefelt qui s’ouvre en 2012, n’ont aucune conscience. Evidemment, il y a une grosse différence entre l’avion qui apporte le pain et celui qui conduit le vacancier à Ibiza.


La Luftwaffe a fermé Gatow le 30 juin 1994; aujourd’hui les pistes servent de parking à un nombre impressionnant d’avions et d’hélicoptères militaires.

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Stahnsdorf et le Südwestkirchhof

À quinze kilomètres à l’est de Potsdam se trouve le Sudwestkirchhof de Stahnsdorf, la deuxième plus grande nécropole d’Allemagne.
Elle fait plus de 200 hectares, soit cinq (5) fois la surface du Père Lachaise. Pour les sportifs, ça fait 400 terrains de foot.
Le plus grand cimetière du pays est le Hauptfriedhof Ohlsdorf près de Hambourg, qui fait 800 terrains de foot.

Stahnsdorf figure sur la liste de l’ASCE, (Association of Significant Cemeteries in Europe) et d’après les critères que je viens d’établir, voir ci-dessus en cliquant dans la bande noire, c’est un d3,a3,v3,c3,@3, en français dans le texte, c’est un méga-grand, très vieux, Whaw!, ouvert à tous, qu’on aime beaucoup.

Par cette matinée ensoleillée d’automne, nous franchissons la grille d’entrée et nous sommes soufflés par la beauté de l’endroit.
À la fin du 19e siècle, la nouvelle capitale de l’Empire Prusse attire du monde et la municipalité décide de faire construire trois cimetières extra muris dans lequel chaque commune de la cité disposera de son propre terrain.

Situé dans un bois de la commune de Stahnsdorf, je ne peux pas le décrire mieux que le philosophe Victor Klemperer qui le qualifie de:
« Un morceau de forêt, organisé comme un parc, les tombes sont très éloignées les unes des autres, l’endroit est délicieux, beau et paisible. »

Les photos ci-jointes donnent une petite idée du ravissement que nous éprouvons à parcourir les larges allées, à nous enfoncer dans les sous-bois et à découvrir des tombes couvertes de mousse et de lichen.

Werner von Siemens


Le dessinateur et photographe Heinrich Zille, sont je parle dans ma lettre du 7 septembre, repose ici, sous les arbres. Sa pierre tombale est un menhir dans lequel est sculpté son profil gauche.


Une nouvelle mode en Allemagne consiste à enterrer l’urne biodégradable au pied d’une arbre, une discrète pierre de la dimension d’une boîte de biscuits en fer blanc porte le nom du disparu. Ci et là nous apercevons une fleur qu’un ami ou une amie y a posé en mémoire du défunt.

Le long de l’allée centrale, la chapelle en bois de style norvégien me fait penser à un hôtel de sport d’hiver.

En périphérie se trouvent des mémoriaux et des alignements de tombes de soldats tombés pendant les deux dernière guerres mondiales.
Les pelouses du cimetière Anglais font rêver les joueurs de golf.

Plus au centre du parc, des rangées de pierres placées à même le sol rappelle que de nombreux civils ont aussi perdu la vie pendant les deux guerres.

En automne, un délice pour les sens est la promenade dans les bois; humer l’odeur un peu pourrie de la verdure et admirer les feuilles qui se colorent lentement.
Notre promenade matinale dans ce cimetière est un double plaisir.

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Berlin, Königin-Luise-Gedächtniskirche, Alte Zootomie, Ku’Damm

J’ai retenu du passage du pape à Berlin que toutes rues qu’il a emprunté étaient fermées pendant deux jours à la circulation des voitures et des piétons, les magasins y compris. Est-ce que l’église leur rembourse le manque à gagner?

Ce matin, le S1 nous conduit à Schöneberg, nous voulons visiter la Königin-Luise-Gedächtniskirche et au passage faire un tour dans le cimetière des douze apôtres, qui se trouve en face. L’église de construction octogonale qui porte le sobriquet de Käseglocke, (cloche à fromage), est fermée, le cimetière pas.


Comme d’habitude c’est un beau parc avec quelques belles statues. Il est sur la liste de ASCE (Association of Significant Cemetaries in Europe). J’ai le sentiment que pour se trouver sur cette liste, il suffit d’en faire la demande.


Les douze apôtres, c’est pas mal, mais selon nous, il y en a des ‘plus significatifs’ qui n’y figurent pas. Evidemment nous ne sommes que des dilettantes amateurs de tombes, pas des experts de la chose et il doit y avoir des critères de jugement qui nous échappent.


Au pied de la station du S1 du Julius Leberbrücke, au numéro 54 de la Kolonnenstrasse, se trouve le Caffe-in, un magasin qui vend exclusivement des machines à café ‘made in Italy’. À droite de la porte d’entrée, un bar vend des cappuccini qui valent une mention au Michelin.
Nous y faisons une halte sur la terrasse au soleil, Tchibo, vieux boxer affectueux s’allonge contre le pied de M., il fait bon vivre.


Notre prochain étape est le ‘Anatomische Theater’ du ‘Alte Zootomie’ dans l’enceinte du campus de la Humbolt Universität, Luisenstrasse, 56. C’est un bâtiment rectangulaire surmonté d’une coupole qui coiffe un amphithéâtre. Construit en 1790, il est de la main de Carl Gotthard Langhans, l’architecte de la Brandenburger Tor. Au centre de l’auditorium, une plate-forme circulaire ascendante/descendante permettait de présenter aux étudiants les cadavres d’animaux que les laborantins préparaient dans la cave.
Je tire ces informations du guide de Hannelore car l’immeuble est en restauration et fermé au public. On aurait aimé demander à un ouvrier qui passait devant nous, la date de fin des travaux, mais son visage concentré par l’effort de pousser une brouette chargée de briques, nous en dissuada.


Après le poisson, avant de quitter la Rote Rathaus, nous saluons le caissier de la cantine. Il nous souhaite une bonne santé, et à l’année prochaine.


Pour nous imprégner de souvenirs de la ville nous prenons le S jusqu’au Zoologischer Garten et nous parcourons à pied le Ku’Damm jusqu’à la Bleibtreustrasse. Au bout de cette rue se trouve la Savigny Platz et le ‘Bücherbogen’, une de nos librairies favorites, située sous les voutes de la ligne de chemin de fer.
C’est notre dernier jour à Berlin en 2011, nous reviendrons l’année prochaine.


Le mois de septembre nous est favorable, de retour à Potsdam, nous profitons une nouvelle fois d’une fin de journée sur la dunette ensoleillée du Chat Lune.

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Berlin, Postfuhramt, Kunsthof 27, Tacheles, Haupttelegraphenamt, Neue Synagogue

Comme promis, voici l’histoire des cinq ‘protagonistes’ de la Oranienburgerstrasse.

– La Postfuhramt
Les bâtiments de la poste furent construits entre 1875 et 1881, d’après les plans de Carl Schwatlo et sous la tutelle du ‘Postbaurat’ Wilhelm Tuckermann.

La façade est en briques jaunes et rouges, une coupole coiffe l’escalier d’entrée situé à l’angle des rues Oranienburger et Tucholsky.
Le complexe abritait la poste, l’installation des pneumatiques, un centre d’instruction pour les employés. La cour intérieure servait de parking aux diligences, elle était entourée d’écuries sur deux étages qui pouvaient loger 250 chevaux.

Fortement endommagé le 23 novembre 1943 par des bombes incendiaires, il continua à fonctionner comme centre postal de 1945 à 1973, grâce à des rénovations successives.
En 1974, la poste quitte les lieux mais les rénovation se poursuivent bon an mal an.
En juillet 2007 la ‘Deutsche Post’ vend les immeubles à un acquéreur inconnu de ‘renommée internationale’, supputent les gens bien informés.
Depuis lors et en attendant un avenir incertain, le rez-de-chaussée est loué à la ‘Fotogalerie C/O Berlin’ qui y a installé ses bureaux et une salle d’exposition.
Le bruit court que cette dernière va déménager en 2012, elle a trouvé un point de chute fixe le long de la Spree dans le parc Monbijou.
Entretemps, on continue à ignorer les intention du propriétaire inconnu pour la ‘Postfuhramt’, classé monument historique.

– Kunsthof, 27
Le Kunsthof au 27 de la Oranienburgerstrasse est un ensemble architectural du début du 18e siècle qui comprend une successions de cours intérieures, avec des logements, des restaurants, des bars, des magasins et galeries d’art.
L’ensemble a été restauré fin des années 90. C’est une des nombreuses cours intérieures rénovées qui caractérisent le quartier du Hackescher Markt.

– Kunsthaus Tacheles
Construit en 1908, c’était l’origine un grand magasin situé dans le quartier juif ‘Scheunenviertel’ pas loin de la ‘Neue Synagogue’. Les nazis l’occupèrent en 1930 et l’utilisèrent en partie comme prison. Il fut partiellement détruit en 1943 mais après la guerre, le toit fut reconstruit et il on y installa entre autres choses le cinéma Caméra.
Les bâtiments continuèrent à se détériorer et en 1980 la municipalité procéda petit à petit à sa démolition. Le 13 février 1990, deux mois avant la date prévue pour le dynamitage final, un groupe d’artistes la ‘ Künstlerinitative Tacheles’ pris possession des lieux et depuis lors, la ruine qui est monument classé, loge 80 artistes, leurs ateliers et leur salles d’exposition.

Du haut de leurs bureaux conditionnés, comme des vautours sur leurs branches, les promoteurs et les spéculateurs immobiliers, leurs avocats en bandoulière, rêvent d’en faire autre chose qu’un taudis artistique couvert de graffitis. Et ils cogitent, surveillent, veillent et attendent.

– Hauptelegraphenamt

Le ‘Haupttelegraphenamt, construit au début du siècle dernier en style néo-baroque, attend depuis plusieurs années qu’un investisseur fortuné s’en préoccupe.

L’homme d’affaire et entrepreneur Ernst Freiberger, le roi de la pizza congelée, a acheté l’immeuble ainsi que les autres bâtiments qui forment le carré entre la Spree, la rue Montbijou, la rue Oranienburg et la rue Tucholsky.
Il a fait appel à David Chipperfield, l’architecte Britannique qui a rénové le Neue Museum pour y réaliser des appartements de luxe, des magasins, un hôtel et un musée.


Freiberger clame disposer de 300 millions d’euro pour réaliser le projet qui doit être terminé en 2014.
Chipperfield est connu pour son art de rénover les immeubles historiques en combinant les parties anciennes, même en état de ruine, avec des matériaux contemporains.
Une de ses dernières oeuvres est le Neue Museum de la Museum Insel, qui vient de se rouvrir en 2009. L’escalier intérieur central, voir la photo ci-dessous, illustre bien ce que Chipperfield réalise.

Nous reviendrons dans trois ans.

– Neue Synagogue
La construction de la nouvelle synagogue, une oeuvre des architectes Eduard Knoblauch et Friedrich August Stüler, élèves de Carl Schinkel, débuta en 1856 et fut inaugurée par Otto Bismarck en 1866.

Grace à l’intervention courageuse du policier Wilhelm Krützfeld, qui s’oppose aux incendiaires de la SA, elle subit peu de dégâts pendant la Kristallnacht.
Le 23 novembre 1943, elle fut presque entièrement détruite par une attaque de la Royal Air Force.
Beaucoup de juifs survivants de la persécution des nazis et du communisme avait fuit le quartier et ce n’est qu’après la chute du mur que la reconstruction fut véritablement entamée.
Les travaux sont terminés en 1993 et le bâtiment est livré à la communauté juive le 16 décembre 1994. En plus de la synagogue, le complexe comprend les services de la communauté, un foyer éducatif, des restaurants et une galerie d’art.

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Berlin, la Oranienburgerstrasse et les chaudières de la KEH

La Oranienburgerstrasse relie le Hackescher Markt au carrefour où la Friedrichstrasse devient la Chausséestrasse, direction Spandau.
A gauche, en partant du Hackescher Markt on longe le parc Montbijou.
– À droite, au bout du parc, se trouve la ‘Neue Synagogue’ de Berlin.
– Plus loin, toujours à droite, au carrefour avec la Tucholskystrasse se trouve faisant le coin, la ‘Postfuhramt’.
– À gauche, au bout du parc, en face de la synagogue, la ‘Hauptelegraphenamt’ vide depuis des années, a trouvé acquéreur.
– Toujours à gauche, vers le bout de la rue, les restes délabrés de l’ancien Friedrichstrassenpassage sont devenus la ‘Kunsthaus Tacheles’.
– Lui faisant face, rive droite en terme marin, au numéro 27, se trouve le ‘Kunsthof Oranienburgerstrasse’.

Voila introduits cinq des protagonistes importants de la rue Oranienburg.
Demain, je vous raconterai leur histoire.

Dans le même quartier, à cent mètres plus haut de la bouche de métro Oranienburgertor, se trouve le Dorotheenstädtischer Friedhof, le cimetière ‘in’ pour les célébrités de la ville.


On y voit entre autre, les tombes de Bertold Brecht, Barbel Bohley et les architectes Carl Schinkel et August Stüler. Ce dernier est un des maîtres d’oeuvre de la ‘Neue Synagogue’. Le cimetière ne compte pas de mausolées, les tombes sont sobres et sobrement décorées mais ceux qui s’y trouvent ont marqué l’histoire et la culture du pays.


Lors de votre prochaine visite de la capitale Allemande, je vous recommande de descendre du train à la gare de la Friedrichstrasse, partir vers l’est en longeant la Spree , la Museuminsel et le parc Montbijou en direction du Hackischer Markt pour ensuite faire demi-tour vers l’ouest et remonter la Oranienburgerstrasse jusqu’à la Chausséestrasse.
Vous ne serez pas déçus.
N’oubliez pas au passage d’aller rendre hommage aux résidents du Dorotheenstädtischer Friedhof.

En fin de matinée, nous reprenons des forces à la Rote Rathaus et nous nous rendons dans le musée de la Kesselhaus de la Evangelische Krankenhaus Königin Elisabeth Herzberge.


C’est essentiellement une institution psychiatrique dépendante de l’église évangélique de Berlin, ce qui nous intéresse c’est l’archéologie industrielle dont la chaufferie de l’institution est un bel exemple.
Le complexe hospitalier fut construit à la fin du 19e siècle.
Comme à Beelitz, la chaufferie faisaient tourner deux alternateurs qui produisaient du courant continu, la vapeur secondaire servait à chauffer les bâtiments.


En 1945, les soviétiques remplacèrent les 10 vieilles chaudières par 4 plus modernes qu’ils récupérèrent dans les caves de la Chancellerie de Hitler, dans la Vossstrasse, près de la Potsdammerplatz. À part le bunker du führer, il ne restait pas grand chose des bâtiments, mais les chaudières, logées en cave étaient intactes.
Elles fonctionnèrent jusqu’en 1992 mais depuis, l’hôpital se chauffe avec la vapeur excédentaire d’une centrale électrique locale et la chaufferie est devenu un musée.

L’été se termine mais la dunette du Chat Lune est toujours caressée par le soleil en cette fin de journée, quel plaisir.

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Berlin, la station de métro, 2 cimetières et le palais de justice de Wedding

Hannelore, notre ‘Hafenmeisterin’ nous a donné un guide: ‘Berlin und unbekannte Kulturdenkmäler’.


La station de métro de la Heidelberger Platz, sur la ligne U3 à Wilmersdorf est pour nous une semi-découverte. L’année dernière nous l’avions déjà repérée et photographiée, aujourd’hui nous venons spécialement la voir, elle est en tête de liste de notre programme de ce lundi.
En 1913 la commune de Wilmersdorf était encore indépendante et le maire avait confié la réalisation des gares de la ligne de métro à Wilhelm Leitgebel. Cet architecte ne semble être connu que pour avoir réalisé un certain nombre des gares de la ligne 3. La consigne municipale était d’en faire le témoignage architectural de la qualité de vie de cette commune.
Notre guide qualifie le style de ‘Spät Wilhelmismus’, Leitgebel a combiné granit, marbre, pierre blanche avec des éléments art déco, le résultat est de bon goût, harmonieux et équilibré.


À quelques centaines de mètres au nord, ce trouve le cimetière de Wilmersdorf, je vous donne trois raisons pour le visiter.
La statue en bronze de la pleureuse de Lilli Finzelberg, la pleureuse à l’urne de Hans Dammann et le columbarium.


Notre petit-fils aime beaucoup se promener avec nous dans les cimetières. Il est âgé de cinq ans et depuis toujours les sculptures le fascinent.
Ils les nomme ‘statures’, un néologisme fait de la conjonction de statues et sculptures.
J’aurai bien aimé avoir la paternité de ce qualificatif.
Il serait ravi de participer à nos pérégrinations dans les nécropoles Berlinoises.


La légitimation de la crémation en Prusse permit à la commune de Wilmersdorf au début du siècle dernier, la construction d’un crématoire et d’un important columbarium en forme de U avec au centre un patio fleuri. Il est splendide, c’est le seul de son genre à Berlin, si vous êtes dans le coin, allez le voir.


Le cimetière est un des plus soignés que nous ayons vu les dernières semaines et
les jardiniers s’affairent entre les tombes et les mausolées.
Dans le columbarium, les fleurs séchées sont neuves, les fleurs fraiches ont été coupées ce matin et l’équipe de nettoyage vient de finir son travail journalier. Les murs intérieurs et extérieurs sont peint en pastel jaune clair, l’ensemble est riant.


Le troisième point de notre programme, trouvé dans le guide de Hannelore, est le palais de justice de Wedding. Construit en 1901-1906 d’après les plans des architectes Rüdolf Mönnich et Paul Thoemer en style néo-gothique, le bâtiment est une surprise architecturale de taille! De la gare de métro Nauenerplatz nous arpentons des rues aux banals immeubles à cinq étages, pour découvrir au centre de la Brunnenplatz, une construction digne d’un château de conte de fée, revu par Walt-Disney.


C’est le siège du très sérieux tribunal de droit civil de l’arrondissement de Reinickendorf, Gesundbrunnen et Wedding. C’est également le tribunal central de recouvrement de Berlin ainsi que le tribunal de recouvrement Européen pour l’Allemagne.
Nous pénétrons dans le hall d’entrée et je fais mine de prendre une photo. Le garde m’arrête, je dois aller préalablement quémander une autorisation, au numéro 160, au bout du couloir au premier étage.
En haut de la première volée d’escaliers, nous nous conformons à la procédure de contrôle, avec passage au détecteur de métal, déposition de nos papiers d’identité, confiscation temporaire de mon canif, pour trouver au 160, trois charmantes employées qui de bonne grâce, le sourire et la plaisanterie facile, nous font signer le document d’autorisation qu’une d’elle confectionne sur place et sur mesure.
‘Si on vous le demande’, nous dit-elle,’ vous répondrez que c’est en ordre’ et elle classe le document d’autorisation dans un grand dossier bleu.
Fort d’être en règle, nous mitraillons d’étage en étage, tout ce qui nous paraît photogénique.


Dix minutes plus tard, je récupère mon canif et nous partons manger un choux farci à la viande hachée dans notre cantine de la Rote Rathaus.

Vous allez trouver que nous exagérons, mais le ‘Alter St.-Matthäus-Kirchhof est un des trois cimetières Berlinois qui figure sur la liste de l’ASCE, ‘Association of Significant Cemeteries in Europe’, à ne pas rater.
Quelques mots seulement. Il est situé au sud du Tiergarten, dans un des anciens quartiers les plus riches de la ville.
De toutes les célébrités reposant ici, nous identifions les frères Grimms dont les tombes modestes en granit noir se trouvent à la droite du mausolée de la famille Hansemann, de la taille d’une villa romaine, colonnades inclues.


Le S1 nous ramène de la Yorkstrasse à Potsdam.


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Potsdam, le weekend du 17-18 septembre 2011

Hier au puces à la ‘Lustgarten’, j’ai acheté deux livres brochés et illustrés avec des extraits des ‘Wanderungen durch die Mark Brandeburg’ de Theodor Fontane.
Il est amusant de comparer les gravures avec les photos prises aux endroits que nous avons visité.


Ci-dessus le château de Rheinsberg.


La traversée vers la ‘Pfaueninsel’.


Le château de Caputh

Ce matin il pleut et entre deux averses nous allons faire le tour du cimetière de Bornstedt, situé pas loin du château de Sanssouci, en face du Krongut.
On y trouve plein d’aristos qui reposent dans des tombes très modestes, on est loin des mausolées ‘nouveau riche’ du Alter Luisenstadt Friedhof.


À l’intérieur du cimetière municipal, dans un enclos fermé, libellé ‘Privatfriedhof Sello’, sont enterrés les membres de la famille Sello.
On y voit aussi les tombes des architectes Friedrich Ludwig Persius, Ferdinand von Armin et l’architecte de jardin Dr.Peter Joseph Lenné.


Liés par l’amitié et par le travail, les trois étaient contemporains et élèves de Karl Friedrich Schinkel et ils ont travaillé à la cour de Prusse pour Frédéric-Guillaume IV.

On doit à Lenné le parc de Sanssouci, la Pfaueninsel et le parc du château de Sacrow.
Persius a signé le château de Charlottenhof, les bains romains, la grande fontaine et l’orangerie de Sanssouci.
Von Armin travaille avec Persius à la construction du château de Lindstedt, la Friederichskirche à Potsdam et le pavillon de chasse de Glienicke.


Ludwig Persius épouse en 1827 Pauline Sello, la sœur de Hermann Ludwig Sello, directeur des jardins de la cour de Prusse et membre de la dynastie des jardiniers du même nom.
C’est la raison pour laquelle les trois amis reposent dans le cimetière privé de la famille Sello, à deux pas du château de Sanssouci.


À la sortie du cimetière, un geais nous observe, perché sur une croix.

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Berlin, le ‘Alter Luisenstadtkirchhof, le mémorial soviétique et le Arminiusmarkthalle

Le mur arrière de l’immeuble qui clôture le Driefaltigkeitfriedhof à l’ouest est décoré de 52 nichoirs à moineaux fixés en forme de sapin. Les demeures sont meublées et l’un des locataires pousse la tête et commente à son voisin: ‘fait beau aujourd’hui pour une journée de fin d’été’.


Avant-hier lorsque je pénétrai dans le Dôme, je fis ‘Whah!’ Ce matin, en franchissant le portail du ‘Alter Luisenstadtkirchhof, je fis ‘Whah!’
Nous avons lu que ce cimetière est le plus grand et un des plus beaux de la ville, c’est vrai. Il fait près de 100 ha et le mur d’enceinte en brique rouge, qui sert de support à 300 ‘Erbbgräbnisse’ caveaux familiaux perpétuels, est long de plus d’un kilomètre.


Pendant toute la matinée, nous marchons d’une ‘Erbbgrab’ à l’autre, en faisant de temps à autre un détour vers l’intérieur pour admirer un statue érigée au centre, comme ‘l’ange flottant’ qui semble s’envoler en direction de l’église du Sudstern, en face de l’entrée du cimetière.


Les patriciens d’antan voulaient en mettre plein la vue à leurs compatriotes et le toit de certains mausolées abriterait facilement une villa à deux étages contemporaine.
Comme je le faisais remarquer dans une de mes lettres précédentes, ceux qui aujourd’hui logent ici, ont d’abord vécu dans leurs châteaux, les proportions sont respectées.


Je me répète car cela nous frappe à chaque visite, les nécropoles Berlinoises sont de grand et beaux parcs, bien entretenus. Nous croisons les jardiniers qui s’affairent dans tous les coins, l’herbe est coupée, les arbres sont élagués, les orties fauchées et les buissons taillés.


La municipalité, l’église et les sociétés de conservation investissent pour préserver les plus beaux monuments, on sent les efforts. N’empêche que nous croisons des constructions délabrées, des statues au mains coupées et des tombes entièrement couvertes et cachées par des buissons de ronces.
À l’instar des victoriens, nous avons un faible pour l’archéologie et certaines ruines sont pleines de charme.


Pour terminer notre promenade funèbre, nous parcourrons avec autant de plaisir, le ‘Friedrichswerdischer Friedhof II’ et le ‘Dreifaltigkeitsfriedhof II’ qui sont situé à l’ouest du premier.


Toujours dans le domaine des morts, après notre poisson grillé à la Rote Rathaus, le bus 100 nous conduit au Reichtag.
Dans le parc entre la Scheidemannstrasse et la Strasse des 17 Juni, se trouve un des trois mémoriaux, à la fois cimetières militaires, érigés à la mémoire des 80.000 soldats soviétiques qui sont tombés lors de la prise de Berlin en 1945.
À l’entrée trônent deux chars d’assaut T-34 et deux canons qui ont servis lors de la bataille. Au sommet de la stèle centrale, un soldat casqué, un bronze haut de 8 m, le fusil à l’épaule semble vouloir apaiser la foule d’un geste de la main.
L’ensemble est assez agressif et on ne peux pas s’empêcher de se remémorer les 50 années difficiles de l’après guerre.


Deux autres bus, le M-85 jusqu’à la Haupbahnhof et le TXL-245 jusqu’au ‘Kleine Tiergarten’ dans le Moabit, nous déposent devant un Humana, où nous achetons un ours en peluche de la marque et coiffé d’un chapeau Burberry, mignon.

Pour clôturer cette belle journée nous faisons un crochet par le ‘Arminius Markthalle’.
L’année dernière nous avions trouvé l’endroit en plein chantier de rénovation, aujourd’hui il brille comme neuf et depuis l’automne 2010 porte le titre ronflant de “Ort der guten Dinge”.
Du vin, du pain et du fromage; des fleurs, de la charcuterie et des accessoires mobiliers, des produits cosmétiques et des robes d’enfant brodées par les doigts habiles des femmes de Madagascar. Le sympathique Malgache qui nous fait l’article explique qu’il vient d’ouvrir sa boutique il y 4 jours. Il habite Berlin depuis 1996 et il vend des produits manufacturés dans son pays d’origine. Bijoux, cosmétiques et quelques vêtements pour enfants.
Nous lui souhaitons bonne chance et à l’année prochaine. ‘Si je suis toujours ici, c’est que ça marche et que j’ai de la chance’ nous fait-il avec un grand sourire.


Dans le métro S7 vers Potsdam, une jolie fille tient en main 3 roses blanches.


La dunette du Chat Lune est au soleil et nous y passons la fin de l’après-midi.


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Berlin, le Dôme et les photos de la Potsdammerstrasse 91

Notre Hafenmeister Baldur nous raconte qu’il a été pendant une trentaine d’année policier volontaire à Berlin. Lorsque le mur fut construit en 1961, la municipalité en accord avec les Forces Alliées créèrent un contingent de 4000 policiers volontaires. Pressé par la crainte d’une invasion de la DDR, le recrutement se fit sur la base d’une bonne présentation, de solides garçons aux cheveux coupés normalement et dont l’haleine ne sentait pas l’alcool.
Baldur fut accepté, on lui assigna un point de rassemblement où il reçut un uniforme à sa taille, un casque, une arme à point et un fusil mitrailleur. En cas d’alerte il devait s’y rendre et attendre les instructions.
Ses papiers d’identité mentionnèrent son appartenance à ce cadre et l’autorité de donner des ordres.
Après la chute du mur, le bataillon fut dissout.

Lorsqu’il entend notre intention d’aller voir une exposition à Berlin-Kreuzberg, notre ancien policier fait la moue et dit: ‘Neu Istambul’. ‘On ne comprend personne dans ce coin et il ne faut surtout pas sortir la nuit’. ‘De mon temps, nous avions des policiers Turcs dans notre section car il était impossible pour nous Allemands de travailler dans cette partie de la ville’. ‘Les magasins sont Turc, les cafés sont Turc, les marchés ouverts sont Turc et on n’y parle que Turc’.
Baldur n’approuvait pas notre projet du jour.


Un peu avant midi nous nous pointons à la porte latérale du Dôme pour aller suivre le service religieux organisé tous les jours dans la cathédrale à 12:00 et à 18:00.
Nous ne sommes pas croyants mais intéressés.
Le service est court et simple. Une jeune étudiante en théologie évangélique en robe noire à col blanc salue les visiteurs et annonce le programme. Un morceau de Bach sur la grande orgue, un sermon sur l’importance d’être bienheureux, un hymne, le notre père et un autre morceau de Jean-Sébastien pour clôturer la cérémonie, le tout en 15 minutes.
C’est bien envoyé, reposant et en prime, l’entrée au Dôme est gratuit pour les intéressés.


Guillaume II fut le commanditaire de cette imposante cathédrale, de style haute renaissance italienne, elle fut terminée en 1904; les Hohenzollern y reposent.
L’édifice est la réponse protestante à la cathédrale St-Pierre de Rome. Les plans sont de C.Raschdorff et la loge impériale de Friedrich Schinkel.
Assis au centre, sur les bancs sous la coupole, entourés des colonnes et des dorures, écrasés par la présence de l’immense orgue, on se sent tout petit, le but des constructeurs est atteint.


Nous prenons le U2 vers la Potsdammerstrasse 91, où selon les instructions du petit livre publié à l’occasion de la nuit des musées il y a deux semaines, doit se situer le MocTA, le ‘Museum of contemporary Trash Art’.
Le préposé à l’entrée de la galerie ‘Hardhitta Gallery’ nous informe qu’effectivement pendant la nuit des musées, le MocTA y a exposé quelques oeuvres, zut.


Aujourd’hui la galerie expose une série de photos de Gregory Bojorquez, un photographe natif de LA. Les photos, pour la majorité en noir et blanc, sont prises dans les rues de sa ville. C’est un témoignage brut et confrontant d’une partie de cette mégapole où la violence et la gratuité de la vie est une réalité journalière.


Au fond de la même cour intérieure, la galerie ‘Freies Museum Berlin’ expose des concepts photographiques Polonais. Selon les dires de la guide, dans les années 70′, la Pologne et la France étaient les pays précurseurs de l’art conceptuel photographique, on apprend tous les jours quelque chose de nouveau.


Sur le chemin du retour vers le S7, nous flânons dans les rue du Kreuzberg. Le long de la Crellestrasse nous traversons un bouillonnant marché Turc, les marchants font l’article à voix haute.
J’achète un épis de maïs chaud, que je grignote avec délectation. Les filles ont troqué la bourka pour des mini-jupes et l’atmosphère est bon enfant.
Nous aimons beaucoup la vie trépidante de ce quartier de Berlin, les rues sont larges, on y voit de belles façades décorées de sculptures en stuc, les bistros ont leurs terrasses sur les trottoirs, Baldur doit confondre Kreuzberg avec LA.

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