Carnet de Terre # 42 – Marthe Donas au MSK à Gand

imageLe MSK (Museum voor Schone Kunsten), le Musée des Beaux-Arts de Gand, situé en face du SMAK, offre une rétrospective de Marthe Donas.

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J’admire son coup de crayon et ses portraits. J’aime un peu moins ses œuvres abstraites, elles me paraissent trop ‘propres’, techniquement parfaites mais une peu dénuées d’âme.

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Née en 1885, la vie de l’artiste connait un parcours aussi sinueux que les lignes de Peter Kogler.
Issue d’une famille bourgeoise d’Anvers, son père s’oppose à son désir d’embrasser une carrière artistique.
Marthe persiste et pendant deux ans elle suit une formation de peinture à l’Academie d’Anvers. En 1914 la première guerre mondiale éclate et Marthe part à Dublin où elle apprend la technique des vitraux d’art. La révolte contre les anglais en 1916 la fait fuir à Londres et puis à Paris où elle entre dans le groupe des peintres et sculpteurs de la Section d’Or, dont font partie Fernand Léger, Georges Braque et Franz Kupka. Elle se lie au sculpteur Alexandre Archipenko et réalisé des œuvres qui vont de portraits réalistes à des tableaux cubistes.

En 1922 elle épouse Harry Franke. Suit une vie de déménagements successifs qui amènent la famille de Paris à Ittre, Anvers, et Lisbonne pour se terminer à Bruxelles.
Fatiguée et découragée, Marthe pose ses pinceaux en 1927 pour ne les reprendre que 20 ans plus tard. Sa priorité était de faire vivre sa famille dans des conditions difficiles. « Pour elle, on ne pouvait pas peindre en tournant dans la soupe, elle pleurait en tournant la soupe », s’est souvenu sa fille avec beaucoup d’émotion.

Après la deuxième guerre mondiale Marthe entreprend un voyage de deux mois aux Etats-Unis et au Canada. Ce déplacement ravive son enthousiasme et elle décide de recommencer à peindre. En 1949, elle expose à la galerie Apollo à Bruxelles des peintures figuratives où elle recherche à nouveau le mouvement des formes, des couleurs et des lignes dans le tableau.
A partir de 1958, elle revient à l’abstraction. Une grande exposition lui est consacrée en 1960 au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.
Elle évolue de la ´figuration stylisée’ à la ‘dématérialisation’. Marthe Donas meurt en 1967 à l’âge de 82 ans.

Le MSK expose essentiellement des tableaux réalisés par l’artiste entre 1916 et 1922.

Nous quittons l’exposition avec deux questions en tête.
Pourquoi l’artiste douée s’arrête-elle de peindre pendant deux décades? Les difficultés financières, les déménagements et la naissance de sa fille Florence sont-elles suffisantes comme explication?
Pourquoi ne nous presente-t-on que ses tableaux réalisés entre 1916 et 1922 et rien de sa deuxième période? Aurait-elle perdu sa touche?

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Carnet de Terre # 41 – Peter Kogler au Centre d’Art de L’ING à Bruxelles

imageLa guide nous confie: « J’ai peur des souris et aussi des chiens. Au début, je n’osais pas regarder ni entrer dans cette pièce. »
Une des installations de Peter Kogler est un labyrinthe dans lequel des rats blancs entrent et sortent à vive allure. C’est un film projeté sur le sol, la pièce fait 6mx3m et les rats sont surdimensionnés. « Les enfants adorent » précise la jeune guide, une belle fille au teint basané, le visage oval entouré d’une longue chevelure bouclée couleur châtain bronzé, « on voit leurs caractères, les uns essayent d’éviter les rats, d’autres tentent de les écraser en sautant dessus à pieds joints ».
« Depuis la naissance de ma fille j’ai cette phobie des souris et des chiens, cette installation m’a aidée à surmonter un peu ma frayeur ».

Nous sommes place Royale à Bruxelles, l’ING Art Center fête ses 30 ans d’existence, détail intéressant, l’entrée est gratuite pour les détenteurs d’un compte à cette banque.

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Depuis trente ans également, l’autrichien Peter Kogler, combine art plastique et animations par ordinateurs. Les murs de la galerie sont recouverts de lignes sinueuses noires sur fond blanc.
Notre guide nous explique que Kogler compose un logiciel pour créer sa vision. Après quoi l’algorythme développe des dessins qui sont imprimés sur des feuilles de papier plastifié, lesquels sont ensuite collés sur les murs et sur le sol.
Il a fallu trois semaines à trois tapissiers pour réaliser l’installation que nous admirons ce matin. Les photos ci-jointes donnent une idée de l’œuvre.
Les lignes sinueuses trompent notre cerveau et dans les endroits sans repères extérieurs, une porte ou une fenêtre, le mal de mer n’est pas loin.


Au centre de la galerie, Kogler a installé une projection de formes symétriques qui balayent les murs et le sol. Marleen se positionne au centre de la pièce, l’effet est hallucinant.

Ce qui n’est pas du tout hallucinant, c’est notre voyage à Bruxelles.
Les trains roulent normalement, à l’heure et avec leur contingent habituel d’employés et de touristes.
Aux entrées de la Gare Centrale, des militaires armés sont discrètement en faction. Dans les rues de la capitale, les passants se promènent comme de coutume, les groupes d’étudiants batifolent, les touristes prennent des selfies, les employés, une serviettes en cuir à la main, marchent vers leurs cubes où les attendent leurs terminaux ordinateur, ci et là un couple de policiers bavardent en observant d’un œil distrait les passants. Une voiture blanche surmontée d’un phare bleu passe, mêlée au trafic, sans que sa sirène ne soit actionnée.
Bref, c’est tout à fait à l’aise que nous arpentons les rues de la capitale. Nous avons pris le train de 09:40 à Gand et à 10:15 nous remontons la rue de Namur pour rejoindre l’avenue de la Toison d’Or. La galerie de l’ING ne s’ouvre qu’à 11:00, cela nous donne le temps d’aller acheter des scones et de la clotted cream chez Marks and Spencer.

Qu’on se le dise, braves gens, cessez de paniquer, comme le disait Charles Michel, tout est normal, revenez nous voir.

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Carnet de Terre # 40 – Au SMAK, Michael Buthe et Rinus Van de Velde

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imageLa visite au SMAK est toujours une aventure. Dans le passé, il nous est arrivé d’en faire le tour en 10 minutes, aujourd’hui, on y passe la matinée. Bien évidemment il y a ‘à boire et à manger.’
Par exemple, au rez-de-chaussée, une coccinelle VW est dépouillée de son moteur, de ses roues, de sa plateforme et elle est suspendue à l’envers au plafond à des câbles en acier. L’intérieur couvert de cousins forme un hamac; c’est amusant, sans plus.

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Nous découvrons Michael Buthe (44-94) dont la rétrospective remplit toutes les pièces de l’étage du musée à l’exception de la salle consacrée à Rinus Van De Velde.
Élève de Joseph Beuys, ses œuvres sont typiques de l’art contemporain des années 60 à 80. Nous nous trouvons plongés dans les textiles et les collages monumentaux où le bois de récupération, les troncs d’arbres sciés, la cire figée à la Beuys et les autres objets hétéroclites constituent des ‘installations’. Une salle est tapissée de plaques de cuivre de 3m sur 2m sur lesquelles l’artiste a gravé des figures humaines. Au centre de la pièce trône un lustre en fer forgé surmonte de deux œufs dorés. C’est intitulé ‘Die heilige Nacht der Jünfraulichkeit’.
Cette dernière installation fur réalisée par Buthe pour la Dokumenta IX, l’exposition à Kassel que Jan Hoet dirigea en 1992.

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Le pôle d’attraction actuel du SMAK est l’installation de Rinus Van de Velde, intitulée ‘Donogoo Tonka’.
Il a puisé son inspiration d’un conte cinématographique de Jules Romain, ‘Donogoo Tonka ou Les miracles de la science’.
Si vous voulez prendre connaissance du texte, cliquez le lien suivant: https://archive.org/details/donogootonkaoul00romagoog

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Né à Louvain en 1983, l’artiste se veut l’acteur de ses réalisations.
À l’aide de photos trouvées où de tableaux mis en scène, Van de Velde remplit des murs entiers de gigantesques dessins fait au charbon de bois. À même le mur, au feutre noir, l’artiste décrit ensuite le contenu de chaque tableau.
Quelques objets ayant servi à la réalisation des tableaux sont exposés au centre de la salle. Une camionnette grandeur nature, un bateau de pêche et une forêt tropicale, le tout confectionné en carton et en bois.
Souvent l’art contemporain déçoit par son minimalisme. Ici, non seulement l’installation est spectaculaire mais on reste soufflé par le travail réalisé. C’est impressionnant et poétique.

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Sur le chemin de la sortie, une guide nous persuade d’assister à un montage de Korakrit Arunanondchai (°1986, Bangkok, Thaïlande).
Nous pénétrons dans une salle où sont alignés des dizaines de mannequins identiques, tous vêtus d’un ensemble en coton blanc.
Un film est projeté sur le mur qui leur fait face. On y voit une jeune femme qui se sert de son corp enduit de peinture pour réaliser un tableau non figuratif. Elle se jette sur une toile tendue horizontalement et les pigments de couleurs diverses s’y imprègnent.
L’histoire se termine sous une douche, la fille en sort plus propre que propre, entourée de personnages habillés comme les manequins de la salle.

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A la sortie, la guide nous offre une brique de savon naturel à la glycérine.
On peut lire que la création artistique s’inspire d’une tendance bouddhique populaire en Thaïlande appelée ´Dhammakaya’.

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Ça nous change de Rembrandt, Rubens et Breugel.

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Carnet de Terre # 39 – l’Horreur et l’Art

imageimageParmi les mille et une questions qui me traverse l’esprit, il y en a une qui me hante plus particulièrement. « Que ce passe-t-il dans la tête du terroriste qui gentiment pousse son chariot dans les couloirs de l’aéroport, sachant que quelques minutes plus tard, il va s’exploser?

La colère, l’incompréhension et l’impuissance sont probablement les sentiments les plus communs que je partage avec mes concitoyens.

Sans réponse, je m’assieds à ma table à dessin et je brosse une ligne d’horizon de Bruxelles. Au dessus, je peins un ciel boulversé. Sous le palais de justice, j’applique une touche rouge sang.

Aussi, je glane quelques informations sur Daesh et les attaques terroristes.
Wifi publie deux articles intéressants et peu rassurants sur ce qui nous attend dans les années à venir.
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/État_islamique_(organisation)
https://en.m.wikipedia.org/wiki/List_of_Islamist_terrorist_attacks

Évidemment la vie continue et notre intérêt pour les musées et pour l’art pictural en particulier, nous a conduit au Musée Royal des Beaux-Arts de Bruxelles la semaine dernière et cette semaine à Knokke.

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Le musée des Beaux-Arts présente 87 dessins provenant d’une collection privée, de maîtres flamands et hollandais datant du XVIe au XVIIe siècle. Le titre dit, de Floris à Rubens.

Deux siècles avant la photographie, ces maîtres nous offrent leur coup d’œil et la précision de leur dessins que j’apprécie pleinement, lorsque chaque jour, je prend en main mon crayon.

Dans le même musée, l’institut culturel de Google présente un projet audio visuel consacré à Bruegel. Sur trois murs d’une salle du rez-de-chaussée de chaussée, une succession d’œuvres du peintre sont projetés. La caméra et le commentateur nous font découvrir pour chaque tableau, des détails et des anecdotes insolites. Le digital est entré dans les musées.

Le festival photographique de Knokke a lieu au Scharpoord et en ville.
Dans le centre culturel on trouve une exposition de photos intitulée ´Unknown Masterpeices’, un regard sur la photographie Belge de l’avenir, selon la brochure.
En ville, 12 panneaux représentent ´Mexico Megapolis’.
Le soleil brille ce matin à Knokke, le printemps est dans l’air mais à l’exception des 5 photos de Patrick Bardyn, voir ci-dessous, rien ne reste imprimé sur mémoire visuelle.
Les recherches artistiques des jeunes talents ne nous impressionne guère.
Les montages de recherche artistique du genre une fille blonde entourée de fleurs rouges et des personnages en flou artistique pale sur fond blanc ne me font pas vibrer.

L’art doit créer une émotion et être un tantinet dérangeant. Sinon c’est de la décoration .

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Carnet de Terre # 38 – Rembrandt, Pieter Jan De Smet et les indiens

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imageLe Palais des Beaux-Arts à Bruxelles a été rebaptisé Bozar.
Dans notre capitale bilingue, cela évite d’avoir à utiliser la dénomination francophone et flamande pour la même institution. Il faut être Belge pour comprendre.

Nous avons été y voir une exposition de 90 gravures inédites de Rembrandt. Inédites car elles appartiennent au Hollandais Jaap Mulders qui depuis vingt ans collectionne les œuvres de cet artiste.

Le musée met une tablette électronique tactile à la disposition de chaque visiteur. Cela permet de lire les explications de chaque gravure et du bout du doigt, d’agrandir le dessin afin d’en voir le moindre détail. La lumière de la salle est tamisée et les dessins sont souvent de la taille d’une photo 9×15. La tablette rend obsolète l’utilisation d’une lampe de poche et d’une loupe.
Le coup de plume de cet artiste me rend modeste.

Vendredi, au Caemersklooster, un ancien couvent transformé en espace culturel, on prend le temps pour regarder les photos et les vidéo-clip, lire les textes et admirer les objets. Deux heures plus tard, on n’a pas tout vu, ni lu. L’exposition s’intitule ‘The Call of The Rockies.’

 

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C’est l’histoire de Pieter Jan De Smet, un prêtre Jésuite Belge, qui au dix-neuvième siècle a parcouru l’Amérique du nord pour essayer de convertir les tribus indiennes à la vraie religion, la sienne.
Doté d’une énergie incroyable et d’un sens humain encore plus impressionnant, De Smet a essayé pendant des décades à préserver les tribus de la férocité des immigrants qui ne songeaient qu’à massacrer tout ce qui encombrait leur soif de colonisation.
Au delà de sa mission œcuménique il a fonctionné comme interprète et intermédiaire entre le gouvernement de Washington et les indiens pour tenter d’établir des plans de paix.
Ce qui n’a pas empêché les nouveau venus d’exterminer 11 million de natifs avant de les cloîtrer dans leur réserves.
De Smet a laissé des milliers de pages d’écriture, il a traversé 12 fois l’Atlantique pour récolter des fonds en Europe, un homme remarquable, aimé tant par les indiens que par le gouvernement américain. À Saint-Louis, où il finit sa vie, une statue le commémore.

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Carnet de Terre # 37 – Amedeo Modigliani et la villa Cavrois

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Construite entre 1929 et 1932, la villa Cavrois et ses meubles furent dessinés et construit par l’architecte Mallet-Stevens.
Habitée par la famille Cavrois, père, mère, 5 fils et 2 filles, elle fut ensuite en 1940, réquisitionnée et occupée par l’armée allemande qui la transforma en caserne.
Au lendemain de la libération, les Cavrois font modifier la distribution intérieure de la villa par l’architecte Pierre Barbe, qui aménage deux appartements pour les fils de la famille.
Au décès de madame Cavrois en 1985, la villa est vendue à un promoteur qui caresse l’idée de l’abattre pour construire deux tours d’habitation dans le parc.
Une association des riverains permet de tuer l’idée et de saufgarder la villa et de la faire classer au titre des monuments historiques.
Le promoteur, pas content, laisse l’immeuble se dégrader et se faire vandaliser.

En 1990 l’État la rachète la propriété qui est dans un état de délabrement avancé et décidé de la faire rénover.

Quinze ans plus tard, en juin 2015, elle s’ouvre au public.
Un des guide nous confie que le succès est grand, depuis l’ouverture, plus de 100.000 visiteurs se sont déplacés pour l’admirer.
Aujourd’hui, il est 14:00, ce jeudi 3 mars 2016, nous sommes les seuls à nous promener de pièce en pièce et ensuite à faire le tour des jardins.
Pour en savoir plus cliquez sur le lien suivant: http://www.villa-cavrois.fr

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Ce matin au LAM, nous avons bien aimé la rétrospective des œuvres d’Amedeo Modigliani. Il faut savoir que le musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut de Lille Métropole, possède au départ plusieurs tableaux et dessins de Modigliani provenant de la collection de Roger Dutillieul.

Je cite la brochure:

‘Une centaine de peintures et dessins de l’artiste sera présentée, aux côtés d’oeuvres de Constantin Brancusi, Pablo Picasso, Jacques Lipchitz, Chaïm Soutine, Moïse Kisling, Henri Laurens, André Derain.
Plusieurs approches passionnantes seront proposées au visiteur, comme la découverte du dialogue que l’artiste a entretenu avec la sculpture antique et extra-occidentale ou sa pratique du portrait, autre dimension centrale dans son oeuvre, qui occupera une place prépondérante dans le parcours. L’exposition sera également l’occasion de mieux comprendre la relation singulière qui lie l’œuvre de Modigliani au collectionneur Roger Dutilleul.’

Voir http://www.musee-lam.fr

Comme de coutume, nous ne quittons pas le musée sans avoir fait le tour de la riche collection permanente d’art brut du LAM.

Dans prenons le lunch au Owens36, ‘Club House for Runners’ voir http://owens36.com/#section-605, adjacente au musée.
Les plats du jour sont présentés dans des pots en verre de stérilisation, ces pots avec un couvercle plat, un joint en caoutchouc rouge et une fermeture métallique clipsée. Le client sélectionne le pot du menu de son choix et ensuite réchauffe le bocal pendant 2 minutes et 30 secondes dans un four à micro-onde.
Pour éviter de se brûler les doigts lors du transport du bocal chauffé vers la table, la maison a prévu des maniques IKEA.
L’accueil est chaleureux et bon enfant, la formule originale et les plats sont bons.

imageimageVue imaginaire de l’Islande

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Carnet de Terre # 36 – La Carrière Wellington et l’exposition Atrebatia

imageLes gisements de craie qui se trouvent sous Arras ont été exploités du Moyen Âge au XVIIIe siècle pour la construction des bâtiments de la ville. L’exploitation de ces carrières tomba en désuétude au cours du XIXe siècle.

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En 1916, l’état major des alliés décida d’utiliser ces carrières, dont les tunnels se trouvaient en partie sous la ligne du front, pour surprendre l’ennemi.
En mars 1016, 450 mineurs de la New Zealand Tunneling Company, se mirent au travail. En cinq mois de temps, reliant les carrières existantes par des galeries, ils construisirent une ville souterraine, avec de l’eau courante, de l’électricité, des cuisines, des dortoirs, des latrines et une chapelle. Ce lieu de vie pouvait héberger plus de 24 000 hommes, soit l’équivalent de la population de la ville d’Arras à la veille du 1er conflit mondial.
Pour faciliter les déplacements, des noms de villes néo-zélandaises furent donnés à différents emplacements, d’où la dénomination de la carrière Wellington.
Le 9 avril 1917 à 05:30 du matin, 15.000 soldats sortirent de terre, au nez des lignes ennemies. La premier jour, l’offensive permit aux Britanniques  de repousser les Allemands à onze kilomètres. Ensuite la bataille d’Arras tourna au carnage et pendant les semaines qui suivirent on dénombra 4000 morts chaque jour et la percée envisagée des lignes ennemies ne se réalisa pas.

Dimanche matin nous avons rendez-vous sur place pour participer à une visite guidée des lieux. Avant de prendre l’ascenseur qui nous plonge 20 m sous terre dans la carrière Wellington, chaque visiteur est affublé d’un casque militaire anglais, d’un émetteur et d’une paire d’écouteurs. Le casque est supposé conférer au parcours souterrain un soupçon d’authenticité et en prime, il nous protège d’éventuelles chutes de pierres du plafond de la carrière.
La visite est bien faite, intéressante et elle est suivie de la projection d’un film documentaire composé d’images d’époque qui nous replongent dans l’horreur de cette action particulière de la guerre de 14-18.

Une pensée me traverse l’esprit, ‘Plus jamais ça’ et ‘C’est la dernière’ étaient des slogans que l’on pouvait entendre et lire dans les années suivant l’armistice de novembre 1918.

Autre sujet:

imageAprès un lunch au Bateau du Cht’i, un restaurant que je recommande, situé place des Héros, nous pénétrons dans l’Hotel de Ville où est organisé une exposition intitulée ‘Atrebatia’.
La brochure dit: ‘Est un rendez-vous unique réunissant quelques-uns des plus grands auteurs, conteurs, illustrateurs, conférenciers et artisanants de l’univers fantastique.
Les Atrebates étaient un peuple Celtique qui vivait dans la région d’Artois, le nord de la France et le sud de la Belgique actuelle. Ils avaient comme capitale Nemetacum, aujourd’hui Arras.
En 57 avant notre ère, ils furent vaincus par Jules Caesar, lequel croyait que le peuple était Germain et pas Celte.

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Les nostalgiques des fées, sorcières et autres magiciens se sont réunis au rez-de-chaussée et à l’étage de l’Hotel de Ville. Les exposant sont déguisés et grimés, chapeaux noirs en pointe, breloques en os et argent autour du cou, les robes en jute et pantalons en cuir brut sont de rigeur.

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Tout cela au nom des elphes ailées et des chênes sacrés de la forêt enchantée, Harry Potter n’est pas loin. On y vend des objets de fabrication artisanale qui rappellent le monde d’Asterix, de la poterie, de potiches en tête de monstres, des oreilles en pointe factices, de la bijouterie au thèmes de crapeaux, serpents et dragons. De nombreux dessinateurs exposent leurs peintures et leurs albums BD relatant des histoires fantastiques et merveilleuses.

Marleen est tentée par une bague d’oreille représentant trois chauves-souris. Malheureusement le cartilage de ses coquilles auditives est trop fin, la bague ne tient pas et nous sortons de l’exposition aussi 21ieme siècle que nous étions rentrés.

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Carnet de Terre # 35 – L’anneau de la Mémoire et le Mémorial Canadien


imageSur la passerelle de l’anneau de la mémoire à Notre-Dame-De-Lorette, nous marchons dans le sens de l’abc à la recherche de nos homonymes. Progressant dans le sens s’inverse, on croise un père avec ses deux fils, l’aîné doit avoir 9 ans et le cadet 6. Le grand porte en bandoulière une Kalachnikov en plastique noir et le petit brandit un pistolet automatique.
Le scène nous paraît surréaliste.

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Le monument comporte le nom de 580.000 soldats morts au front d’Arras. Leurs noms et prénoms sont inscrits en lettres d’or sur des panneaux en aluminium anodisé bruns clairs. Ils sont classés par ordre alphabétique croissant, toutes nationalités confondues.
Une plate-forme métallique posée à trois mètres du sol, permet de faire le tour du grand cercle et de lire les noms.
Les deux gamins suivent leur père en traînant les pieds, le regard vide, incapables de s’imaginer ce qui s’est passé ici il y a cent ans.
Nous mêmes, qui hésitons entre l’indignation et le sourire devant l’indifférence des parents, à laisser leur progeniture arborer des armes factices dans un lieu de recueillement, avons beaucoup de mal à saisir l’énormité de l’horreur de cette guerre.

Réflexion faite, en ce qui concerne les gamins, j’ai peut-être tort de m’offusquer.
En effet, lors de cérémonies commémoratives, les bataillons militaires tirent des salves d’honneur en mémoire de leurs collègues morts pour leurs patries respectives.

Ce samedi après-midi, sur le haut de la colline de Notre-Dame-De-Lorette, il souffle un vent violent et une glaciale pluie horizontale frappe nos visages. Bien enmitouflés, nous sommes heureux de rejoindre l’habitacle chauffé de notre voiture. Quelle l’horreur que devait être la vie des soldats emboués dans leurs tranchées.

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Avant l’anneau de mémoire, nous avons visité le mémorial national du Canada.

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Un monument en pierre blanche à été érigé sur le point le plus élevé de la crête de Vimy en remerciement pour le sacrifice humain de la jeune nation. La géométrie du terrain environnant ressemble à des emballages à œufs en carton. Le sol est parsemé de trous d’obus, certains font plusieurs mètres de diamètre, un SUV pourrait y être enterré.

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L’accès au parc est interdit car les débris d’explosifs n’ont pas été dégagés.

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Dans la région autour d’Arras, les nécropoles se comptent par dizaines, sur la route du retour vers notre Airbnb, nous croisons en contrebas, un cimetière allemand. Le tombes sont marquées par des croix noires, les monuments funéraires et les portiques d’accès sont en pierres foncées. Le contraste avec les alignements des pierres tombales blanches des nécropoles alliées, est frappant.

Bientôt je publierai la page # 3, La Carrière Wellington.

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Carnet de Terre # 34 – Arras – 1e partie – Le Beffroi et Versailles au Musée des Beaux-Arts

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En février 2015, nous avons visité au Louvre de Lens, l’exposition consacrée aux animaux dans l’Égypte ancienne. Le billet d’entrée nous donnait l’accès au musée Des Beaux-Arts d’Arras.
Le musée offre une exposition temporaire consacrée à Versailles, le titre en est, ‘Arras vous fait la Cour’.

Arras et la région méritent un séjour prolongé, aussi, nous avons loué un Airbnb au centre de la cité. Mon homonyme fut maire de cette ville. Politicien et président de la SFIO, il joua un rôle important lors de la guerre d’Algerie. Une place porte son nom et la guide du syndicat d’initiative se réjouit de notre visite.

L’appartement, situé au cœur de la ville, est vaste, clair et confortable. Les hôtes sont charmants et attentionnés. Le frigo comporte de la confiture, du miel, du lait, du jus de fruits et plus, de quoi se confectionner les trois petits déjeuner du séjour.
Le Chi est excellent.

Vendredi, le jour de notre arrivée, nous grimpons au sommet du beffroi et ensuite, à notre habitude, nous faisons le tour de la ville à pied. À l’instar des chats, question de pouvoir nous repérer, nous marquons nos odeurs aux endroits stratégiques.

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Pour nous mettre en appétit, nous parcourons une exposition d’art contemporain, localisé au premier étage de la Cité Nature.
On retient Annie Modrzejewski, une artiste d’origine polonaise qui confectionne des œuvres surprenantes avec des sachets de thé et des filtres a café. Voir ci-dessous.

Samedi matin, à l’heure d’ouverture, nous poussons la porte du musée des Beaux-Art.
Le curateur a réussi à recréer la magnificence du reigne de Louis XIV, les objets, les peintures, les sculptures, le château et ses jardins.
L’exposition se marié parfaitement avec ‘l’ode aux fêtes galantes’ du Louvre Lens. Voir mon billet précédent à ce sujet.

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En septembre dernier, dans les jardins de Versailles, nous avons été émerveillés par le spectacle des jeux d’eau.
À Paris en mai prochain, nous retournerons voir le château et nous parcourerons les jardins avec en mémoire le détail des fontaines et la mythologie antique, Latone, Appolon et les autres, qui sous-tendent les ensembles sculpturaux.

C’est banal, mais je le dis quand même, on apprend tous les jours.
Il faut venir à Arras pour mieux decouvrir Versailles.

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Avant de quitter le musée, nous parcourons la collection permanente et nous saluons les anges souriants du XIIIe siècle.

La suite d’Arras dans mon prochain billet.

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Carnet de Terre # 33 – Olli Soikkeli, le Louvre de Lens et le musée du Dessin de Gravelines

Olli Soikkeli est Finlandais et il a 24 ans. Il s’est mis à la guitare à l’âge de 12 ans. En écoutant Django Reinhard il devint virtuose de l’instrument et à 20 ans il fut découvert par des gitans hollandais qui le prirent sous leurs ailes. Aujourd’hui, il habite New York et il est mondialement connu dans le milieu du jazz manouche.

Nous avons fait sa connaissance lors du festival Djangofolies de 2014.
Cette année il revient à Gand dans la Turbinezaal de la Centrale. Avec son compère manouche Paulus Schäfer et le bassiste Arnoud van de Berg, ils forment le Hot Club D’Europe.
De la virtuosité à l’état pur, nous passons une soirée mémorable. http://www.ollisoikkeli.com

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Après la musique, les musées.

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Le Louvre de Lens propose une exposition intitulée ‘Dansez, embrassez qui vous voulez’. C’est une ode à fête galante et pastorale, très à la mode sous Louis XV.
La régence et Madame de Pompadour aimaient vivre, les idées et les mœurs se libèrent. Les artistes peignent, dessinent et sculptent les badinages amoureux et le plaisir des sens. Pour accompagner tout cela ils composent une musique légère à jouer dans un cadre champêtre.
François Boucher, Louis-Joseph Watteau, Jean-Baptiste Pater et autres, s’en donnent à cœur joie pour illustrer par leur tableaux, leurs estampes, leurs tapisseries et leurs pièces de faïence, les bergers qui content fleurette aux bergères, les fruits que l’on ceuille et l’oiseau qui s’échappe de la cage, symbole de la virginité qui s’envole.
Souvent, je sors la loupe que j’ai toujours en poche, pour scruter la finesse du détails d’une eau forte ou les doigts en porcelaine d’une figurine en faïence de Meissen.

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Comme de coutume, nous parcourons l’exposition dans le sens voulu par le curateur et ensuite, arrivés à la fin, nous rebroussons chemin pour faire le parcours dans le sens inverse, pour revoir les œuvres que nous avons particulièrement aimées.
Comme le souligne Marleen, faire le même chemin, ou la même rivière, dans le sens inverse, permet de découvrir deux paysages entièrement différents.

Dans l’aile est-ouest du Louvre de Lens, se trouve la Galerie du Temps. C’est une longue salle rectangulaire, ouverte et bien éclairée, dans laquelle sont exposés une sélection d’œuvres, tableaux, sculptures, bas-reliefs, objets usuels et religieux positionnés selon la chronologie du temps. De la statuette d’un génie protecteur en provenance de l’Asie Centrale, daté de 2700 ans avant notre ère, en passant par Suzanne au bain de Tintoret, jusqu’au portrait de Napoléon Ier.
La salle est une espèce de catalogue destiné à pousser le visiteur à prendre le prochain Thalys pour aller voir le Louvre de Paris.

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Parmi les eaux-fortes de l’exposition temporaire, Marleen, qui aime situer l’origine des œuvres exposées, découvre qu’une des estampes provient du ‘Musée du Dessin et de l’Estampe Originale’ de Gravelines.

Il ne nous en faut pas plus pour que quelques jours plus tard, notre curiosité nous conduise vers la petite ville côtière du nord de la France qui doit sa réputation à sa centrale nucléaire, la plus puissante d’Europe, et non à la forteresse construite par Vauban, site du musée.
La forteresse est flambant neuve, le guide nous confie qu’elle vient d’être restaurée. J’imagine que l’usine nucléaire localisée sur le territoire de la ville, alimente généreusement les caisses communales.
Le musée du dessin est situé dans l’ancienne poudrière du bastion, un bâtiment à deux étages, aux murs épais, comme il se doit.

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Au lieu des gravures de la renaissance que nous pensions y trouver, le musée a organisé une exposition temporaire dediée à Charles Gadenne (1925-2012). L’artiste local, peintre et sculpteur, confie avoir été inspiré par beaucoup d’artistes modernes et c’est avec joie que nous découvrons, à côté de ses œuvres, dans le petit musée de province, des dessins de Henri Matise, Pablo Picasso, Lucien Freud et des sculptures d’Alberto Giacometti.
Cerise sur le gâteau, au niveau inférieur de la poudrière, une série d’estampes en couleurs de David Hockney, justifient largement notre ‘city-trip’.

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Nous quittons le musée et faisons le tour des fortifications. La citadelle fut construite par Charles Quint au XVIe, rénovée fin XVIIe par Vauban et au début du XXIe par la mairie de Gravelines.
Les douves sont navigables et en été des bateaux de plaisance permettent aux touristes d’en faire le tour, nous confie le guide.
Les jardins de la Citadelle forment le Jardin des Sculptures. On peut y voir des bronzes de Gadenne, George Minne et Magda Nemeth.

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Nous poussons une pointe vers ma mer, la plage s’appelle Petit Fort-Philippe, au loin on voit passer un bac et un porte-containers.
Sur la place, nous achetons une pâtisserie chez le boulanger, ‘Au Pain Paillasse, Hélène et Reginald Merlot’. L’indication sur la porte d’entrée mentionne que le magasin est ouvert de 05:30 à 19:00 non stop.
Les travailleurs de la centrale nucléaire veulent leur pain frais avant d’aller bosser.

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Carnet de Terre # 32 – PopArt et les Saisons

imagePeu familiers avec le haut de la ville, nous découvrons avec plaisir un ‘Marks and Spencer’ avenue de la Toison d’Or. Dans la section ‘food’ nous achetons des scones et de la ‘clotted cream’.

En Cornouailles on beurre les scones avec la crème et puis on rajoute la confiture au dessus, dans le Devon on fait l’inverse. Les deux régions se disputent l’authenticité de la pratique.
Ils sont consommés pour ‘high tea’. Sacrilège, nous on les mange au petit déjeuner.
Un scone et demi par personne chasse la faim jusque midi.

Nous avons pris le train pour aller à Bruxelles voir l’exposition PopArt in Belgium au centre culturel de la banque ING, place Royale.

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Les œuvres nous ramènent un demi siècle en arrière. Nous aimons toujours Roy Lichtenstein, Raoul De Keyser, Tom Wesselman, Andy Wharhol et les autres.
Comme souvent dans une exposition, nous découvrons et aimons beaucoup Evelyne Axell, une artiste Belge inconnue de nous.
Née à Namur en 1935 elle meure accidentellement à Zwijnaarde, près de Gand, le 10 septembre 1972.
Pour en savoir plus sur l’artiste cliquez sur le lien suivant:
http://www.evelyne-axell.info/fra/

Avant de quitter l’exposition, nous ne résistons pas à poser pour un selfie POPArt.

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L’après-midi, l’UGC nous ravit avec le film Les Saisons. Il nous fait penser au livre de Yuval Harari. Partant de la fin de l’aire glacière, 12.000 ans avant nous, le film nous raconte l’Europe couverte de forêts et remplies d’animaux dont les chevaux sauvages, les bisons, les ours qui aujourd’hui ont grandement disparus, victimes du Grand Prédateur. Ce dernier s’est mis à proliférer il a quelques milliers d’années en tuant et en détruisant tout sur son passage.
Pas d’inquiétude à avoir, il se détruira lui-même et finira par disparaître à son tour. La planète bleue continuera gentiment à tourner sur elle-même et la lune retrouvera son sourire.

Entretemps, il faut imaginer Sisyphe heureux.

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Tournage Galatée films - Les Saisons - Réalisation Jacques PERRIN et Jacques CLUZAUD. Séquence Bisons sous la neige - Haut Thorenc

Tournage Galatée films – Les Saisons –
Réalisation Jacques PERRIN et Jacques CLUZAUD. Séquence Bisons sous la neige – Haut Thorenc

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Carnet de Terre # 31 – Paris (2) – Vuitton, Cosmos Intime,Louvre

imageChez Vuitton, le moindre étui à carte de visites coûte le prix d’un repas pour deux chez Fouquet’s, un peu plus haut sur les Champs Elysées.
Par contre, au Grand Palais, l’entrée de l’exposition Louis Vuitton, ‘Volez, Voguez, Voyagez’, est gratuite.

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L’exposition fait rêver de voyages.

Dans une salle, un monoplan bi-place sort du mur au dessus de la tête des voyageurs de l’exposition.
Après avoir fait un demi tour du monde avec les crédits que j’avais accumulés lorsque je voyageais professionnellement, après 9/11 et les mesures de sécurité qui rendent les attentes dans les aéroports plus longues que la durée des vols, je ne prend plus l’avion. L’inconfortable Farman Goliat de la Compagnie des Grands Express Aériens des années 20 du siècle dernier, ne me fera pas changer d’idée.

Mais j’aime toujours les bateaux et les trains. Avec ses bagages comme fil conducteur, Vuitton a créé dans les salles du Grand Palais, un air de nostalgie des voyages à la belle époque.
Dans une salle, un mat d’artimon gréé, d’une quinzaine de mètres de haut, transporte les visiteurs sur la dunette d’un paquebot transatlantique.


Plus loin, les plaines désertiques d’un pays dont le nom se termine en -stan, défilent derrière les fenêtres d’un wagon de chemin de fer de première classe.

Tout cela sent le luxe et nonobstant la recherche de Vuitton à créer des bagages légers et pratiques, à l’époque, pour bouger confortablement, mieux valait disposer de chauffeurs, femmes de chambres, secrétaires et porteurs.

A la sortie, une aimable hôtesse m’offre un poster de l’exposition. Marleen me lance un coup d’œil critique, en effet, je ne sais pas ce que je vais pouvoir en faire. Heureusement, le hasard fait bien les choses et j’oublie l’objet dans le train qui nous mène de Bruxelles à Gand.
Obstiné, j’introduit une demande de recherche d’objet perdu et comme le sparadrap du capitaine Haddock, le poster va peut-être me revenir.

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Une semaine à Paris est un séjour beaucoup trop court pour voir tout ce que la ville offre au touriste curieux. Aussi, nous remplissons nos journées avec les choses essentielles. Les aperitifs, repas et promenades avec les amis du port de l’Arsenal en font la priorité. Ensuite les expositions qui se terminent avant le mois de mai, lorsque le Chat Lune sera une nouvelle fois amarrés près de la Bastille.
Une adresse à retenir, Les Routiers, 50bis, rue Marx Dormoy, dans le 18ieme, pas loin de la Gare du Nord. Nous y dégustons des joues de porc. Je n’ai jamais mangé de viande aussi tendre. Pour les gourmands, notez que les quantités servies sont à la hauteur du nom du restaurant.

Nous retournons au centre Pompidou pour voir les planches de Claire Brétecher. Nous retrouvons avec plaisir Agrippine et les Frustrés, nous étions abonnés à l’OBS, au temps où il s’appelait le Nouvel Observateur.

Quai Branly, la maison de la culture du Japon montre une sélection d’œuvres d’art contemporain appartenant à la collection du psychiatre Ryûtarô Takahashi. C’est la première fois qu’une quarantaine d’œuvre sont présentées hors du Japon. Elles me paraissent plus accessibles que certaines créations de nos artistes occidentaux. Je suis frappé par la minutie et la quantité de travail réalisé, certains auteurs tel que Manabou Ikeda ont mis plus d’un an à peindre leur œuvre.

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Vendredi soir, Bill et Genevieve nous ouvrent les portes du Louvre avec leur carte de membre permanent.
Trois choses figurent sur notre agenda, les dessins sépia de Parmigianino, les Mythes fondateurs, d’Hercules à Dark Vador et dans la salle 18 de l’aile Richelieu, la vie de Marie de Médicis peints par Rubens en 24 tableaux.

À un jour près, toute la semaine est ensoleillée et nous trouvons le temps de flâner dans les rues du Marais et de traverser les Jardins du Luxembourg, où les chaises sont empilées en attente du printemps.

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Le jour de pluie nous conduit au cinéma voir l’excellent dessin animé  ‘Le Garçon et la Bête’ de Mamoru Hosoda.

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Carnet de Terre # 30 – Paris – Anselm Kiefer et le Canal Saint-Martin

imageMaikäfer, flieg.
Der Vater ist im Krieg.
Die Mutter ist in Pommerland,
Pommerland ist abgebrannt.
Maikäfer, flieg.

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Ce sont les paroles d’une berceuse allemande qui selon certains historiens, remonte à la guerre de trente ans. Alselm Kiefer a écrit le texte dans le haut d’un de ses tableaux monumentaux qui sont exposés au dernier étage du musée Beaubourg à Paris.

L’œuvre représente un champ torturé, le blanc sale contraste avec le noir, le gris foncé et le violet. Le sol est constellé de débris de branches.
L’artiste allemand est hanté par les fantômes du nazisme et par la violence et la destruction de la deuxième guerre mondiale. Comme les nazis, une succession de thèmes l’obsèdent: la guerre, les mythologies nordique et juive, les grandes figures de la culture allemande, Wagner, Heidegger, et la poésie de Paul Ceylan et l’Autrichienne Ingeborg Bachmann.
Kiefer fait dans le grand et le lourd, il utilise le plomb comme matière première pour les livres qu’il intègre dans certains tableaux ou qu’il superpose entassés de façon déséquilibrées.
Curieusement, malgré la lourdeur des thèmes et grisaille des matières utilisées, on ne sort pas déprimés de l’exposition. L’intensité est vigorifiante.

Par Airbnb, nous avons loué pour une semaine, un appartement avenue Parmentier. Il est situé au sixième étage d’un immeuble, l’orientation est ouest-est, de la fenêtre du séjour on surplombe les toits de Paris, entre les cheminées, on aperçoit la Tour Eiffel.

Nous voulions voir les deux expositions de Kiefer, celle de Beaubourg et celle de la Grande Bibliothèque. Aussi, bien entendu, nos amis du port de l’Arsenal nous manquaient et notre séjour est ponctué de réceptions, apéritifs et promenade en commun avec Genevieve, Bill et les autres.image

À la bibliothèque, quelque classes de jeunes adolescents écoutent les explications de leur institutrice, nous aussi.
Nous apprenons que les considérables volumes de plaques de plomb que Kiefer utilise pour fabriquer ses livres et d’autres objets volumineux proviennent de la toiture de la Cathédrale de Cologne. Kiefer les a acheté lors de la rénovation l’édifice.

Comme je me suis mis à la chose, l’aquarelle me fascine. À Beaubourg, Kiefer en a exposé quelque unes faites en preparation de ses grands tableaux.


À la Grande Bibliothèque, une série érotiques, réalisées sur du plâtre appliqué sur un support en carton, sont d’une grande beauté.

‘Le canal Saint-Martin refait son lit’, peut-on lire sur les panneaux explicatifs placés le long de la grande fosse en béton, vidée de son eau.
Le dernier entretien majeur du canal date de l’hiver 2001-2002.
Les travaux actuels comprennent entre autre, la refection des éléments techniques des 9 écluses, la rénovation des maçonneries des bajoyers et de radiers, l’enlèvement des boues, de la vase et des objets les plus divers qui se sont accumulés au fond de l’eau pendant quinze ans.
Les travaux ont débuté début janvier 2016. Pendant la première semaine une vidange partielle a laissé 50 cm d’eau dans le fond, de quoi permettre la pêche de saufgarde des poissons qui ont été transférés dans le bassin de la Vilette.
Il s’avère qu’en 2001 on ne dénombrait que 2 sortes de poissons. Aujourd’hui, 15 ans plus tard, grâce à l’assainissement de la Seine et des canaux de Paris, 35 espèces différentes ont été identifiées.

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Les sections du canal qui n’ont pas encore été nettoyées, ressemblent étrangement à des œuvres d’Anselm Kiefer.

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Carnet de Terre # 29 – Lille – Le Palais des Beaux-Arts et la Joie de Vivre

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Le jeudi c’est le jour des ´Zilveren Passers’, les ‘Compas d’Argent’, une organisation féminine qui organise des activités culturelles pour les dames de la bonne bourgeoisie.
Selon Marleen, le jeudi est le seul jour disponible car lundi on se repose du weekend, mardi, la femme de ménage vient. Mercredi, ce sont les petits-enfants et vendredi c’est le jour du coiffeur.

Aussi, ce jeudi, le 14 janvier 2016, les salles de l’exposition ‘Joie de Vivre’ dans le deuxième sous-sol du Palais des Beaux-Arts à Lille sont encombrées de plusieurs groupes grisonnants accompagnés d’un ou d’une guide qui de tableau en tableau, démystifié les pensées et les intentions de leurs auteurs.
C’est aussi le jour qu’ont choisi les écoles de la ville pour éduquer leurs élèves.
Enfin, ce sont les derniers jours de l’exposition et comme nous, beaucoup d’intéressés s’empressent de venir voir la joie de vivre avant qu’elle ne se termine.
Nous sautons d’une salle à l’autre, on se faufile entre les groupes et on procède à un subtil gymkhana pour s’approcher des œuvres entre le cliquetis des smartphones des ados et l’aglutissement immobile des compas argentés.

A force de faire quatre fois le tour de l’exposition, nous réussissons sans peine à tout voir, c’est une visite de musée dynamique.

 

Comme presque toujours, on tombe en admiration pour une ou deux œuvres, celles qui vont nous rester en mémoire et qui justifient largement notre déplacement.
Le ‘Garçon Riant’ de Franz Hals est une merveille. Le texte explicatif nous révèle que l’artiste a réalisé ce tableau rapidement. Les coups de pinceaux nerveux lui confère une fraîcheur et une authenticité qui rend le contemporain.
Jugez ci-dessous.

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De Yan Pei-Ming nous admirons une aquarelle monochrome de 2m x 1,59m représentant la tête d’un nouveau né.

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Dans la salle consacrée aux œuvres sensuelles, on sourit devant la ´Jeune fille au repos’ (1751) de François Boucher et sa copie contemporaine (2014) de la main de Hans Peter Feldmann. Voyez ci-dessous et cherchez la différence.

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Au retour, pour le lunch, nous dégustons une Flammkuchen à la Brasserie des 3 Brasseurs situé dans le centre commercial de Roncq

Ce matin vers 09:15, le passage de la frontière entre la Belgique et la France s’est déroulée sans arrêt.
Au retour, vers 14:00, un bouchon de plusieurs kilomètres entre Aalbeke et les contrôles frontaliers ralentit le traffic.

Pour aller en France sans obstacle, il faut se lever tôt.

Nous sommes rentrés tôt, cela me donne l’occasion de peindre mon aquarelle journalière.

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Carnet de Terre # 28 – Bruges – Musée Groeninge – Festival de Photos

imageElisabeth Callens traîne derrière elle son bagage sur un chariot bricolé au départ d’une luge montée sur roues.
Elle parcoure les steppes et les montagnes du Kyrgistan, Usbekistan et Tajikistan. Son voyage dure neuf mois et elle effectue plus de 27.000 km à pied, en bus et en auto stop. En cours de chemin, comme volontaire, elle travaille dans une ferme de Mongolie, elle enseigne l’anglais et offre son aide dans une guesthouse.
Elle photographie les familles qu’elle côtoie et les payasages qu’elle traverse.
Son exposition est localisée dans un des locaux du centre culturel ‘Het Entrepot’ une des douze stations du Festival Photographique de Bruges.

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Ce matin, nous avons pris le train de 09:10 à la gare Saint-Pierre et vers 10:30 nous entrons dans le Musée Groeninge pour voir les œuvres de Robert Devriendt, un peintre minimaliste.
Il produit des séries de tableaux hyper-réalistes dont le plus grand doit faire 12 cm sur 6 cm.
Le musée lui consacre trois salles, les tableaux sont regroupés par séries de cinq ou six. Certaines séries sont des mystères non résolus, l’artiste incite le spectateur à en imaginer la solution.

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Le Groeninge abrite également une collection de primitifs flamands, Jan van Eyck, Hans Memling, Jérôme Bosch. Marleen avait depuis longtemps envie de voir ces œuvres.

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Le deuxième but de notre visite à Bruges est le festival photographique que la ville a organisé dans douze endroits dispersés dans la ville.
C’est un belle journée d’hiver, le soleil brille, il fait frais et la ville se montre sous son plus bel aspect. Le guide du musée nous signale que janvier est un mois calme à Bruges. Nous croisons quelques groupes de Chinois et l’un et l’autre couple d’Espagnols mais de manière générale, peu de touristes encombrent les rues.

Comme lunch, nous laissons de côté les innombrables restaurants à touristes et sur le pouce, pour une facture totale de 10€, boisson et café compris, nous mangeons chez Hema, une soupe au pois accompagnée d’une tranche de pain noir et deux tranches de lard fumé.

L’après-midi, le plan des rues en main, nous allons de galerie en église et de chapelle en centre culturel. Vingt mille pas plus tard, nous reprenons le train et vers 16:30 nous poussons la porte de notre logis.

Nous gardons un bon souvenir des photos intitulée ‘Mens’ exposées au ‘Hal Cultuur’, dans le Burg, au centre de Bruges. De Michiel Hendryckx nous aimons beaucoup les portraits en noir en blanc des membres de l’orchestre Collegium Vocale, exposés dans le café du Concertgebouw.

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Enfin, on a rêvé en regardant les steppes de l’Azie Centrale vues par la caméra d’Elisabeth Callens.
Là où les œuvres exposées nous ont moins impressionnés, nous avons par contre, découvert des chapelles et des églises que nous ne connaissions pas.

J’ai toujours gardé dans un coin de ma mémoire, les carnets admirés il y a quelques années, dans l’exposition ‘L’art du Carnet de Voyage, de 1900 à nos jours’ au Musée de la Poste à Paris. C’est pour cette raison que j’utilise les dénominations ‘Carnet de Bord’ et ‘Carnet de Terre’ des billets que je lance sur mon blog.
Aujourd’hui, j’ai décidé de rédiger un vrai Carnet de Voyage. Je vous livre ci-dessous, les trois premières pages de mon premier carnet.

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Mon aquarelle est inspirée par une des photos d’Elisabeth Callens. J’ai remplacé le sable blanc par de l’eau, le cheval par un bateau et à l’horizon, j’ai rajouté quelques montagnes aux sommets enneigés.

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Carnet de Terre # 27 – Les Vitraux des Carmes et les Lions de Charles Quint

imageEn 1535, à son retour de la campagne de Tunisie, l’empereur Charles Quint, offre cinq lions à sa ville natale de Gand. Ils furent enfermés dans le ‘Leeuwenhof’, un zoo qui faisait partie du Prinsenhof, la résidence des princes de Flandres, où Charles Quint vit le jour en 1500.
En 1650, le zoo fut vendu aux moines des Carmes qui en firent le jardin de leur cloître.

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Marleen se souvient qu’au fond de ce jardin, on peut encore aujourd’hui, voir le bâtiment où furent enfermés les fauves.
Un panneau explique que les deux derniers descendants des lions tunisiens s’appelaient Burgondia et Flandria, ils moururent successivement en 1633 et en 1641.
En 1653, les moines Carmes prirent possession du bâtiment.

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Le Couvent des Carmes est situé rue du Bourg 92, à deux pas du Château des Comtes, à l’arrière de ce qui fut le Prinsenhof.
C’est un couvent actif, une poignée de moines y séjournent encore et ils exploitent le lieu comme centre de retraite et de méditation. Le ‘Rustpunt’ (Centre de Repos) dispose de salles de conférence qui se prêtent à des séminaires, fêtes ou rencontres méditatives.
http://www.rustpunt.net

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L’atelier Mestdagh y expose une série de ses œuvres religieuses.
C’est un atelier unique en Flandre en matière de vitraux. Ils fabriquent des vitraux nouveaux et restaurent des anciens.
Voir leur site http://www.ateliermestdagh.be/fr/atelier

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L’accès au cloître se fait par la librairie Carmelitana, rue du Bourg 92.
Les œuvres sont exposées aux murs des couloirs qui ceinturent le préau et aux fenêtres qui y donnent accès.
Nous croisons Ingrid Meyvaert, une des artistes de l’atelier Meyvaert, qui plein d’enthousiasme, explique la technique et décrit les réalisations à un groupe de retraités attentifs.

A l’arrière, une porte s’ouvre sur le jardin, au fond duquel nous trouvons l’ancienne demeure des lions de Charles Quint.

Le sourire aux lèvres, nous quittons le cloître, les vitraux sont beaux et la cage aux lions est la cerise sur le gâteau de la visite.

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2015 en révision

Les lutins statisticiens de WordPress.com ont préparé le rapport annuel 2015 de ce blog.

En voici un extrait :

Le Concert Hall de l’Opéra de Sydney peut contenir 2 700 personnes. Ce blog a été vu 22 000 fois en 2015. S’il était un concert à l’Opéra de Sydney, il faudrait environ 8 spectacles pour accueillir tout le monde.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

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Carnet de Terre # 26 – Le Phénakistiscope de Joseph Plateau et les salles de cinéma

imageCinq années durant, je gravis, généralement à vélo, la rue Joseph Plateau pour aller user mes pantalons sur les bancs en bois des Écoles Spéciales. À l’Unversité Royale de Gand, c’est le nom que porte la faculté des sciences appliqués, aussi appelée la faculté d’ingénierie.
Cinquante années plus tard, dans l’ancien couvent des Carmes situé dans le quartier du Patershol, l’exposition que nous visitons me rappelle que Joseph Plateau est l’inventeur du Phénakistiscope. L’appareil, inventé en 1830, permet de voir des images mouvantes, c’est le précurseur du cinéma. ‘Les Plateaux’ annuels, prix distribués par le festival de cinéma de Gand, sont des répliques du bidule.

Pour plus d’informations cliquez sur le lien de Wikipedia ci-après.

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Phénakistiscope

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Au debut du XIIIe siècle, des moines carmes s’installent à Gand dans un bâtiment de la Lange Steenstraat. Il construisent une église et au fil des ans, il y ajoutent un cloître, deux préaux, des cuisines et des réfectoires.

La révolution française et ensuite au XVIIIe siècle, la révolution industrielle, changea la destination des bâtiments.

En 1881 la ville de Gand et la Province de Flandre Orientale achetent l’ensemble.

L’église est utilisée successivement comme musée d’archéologie, musée du folklore et comme entrepôt des décors de l’opéra. En 1998 l’administration ouvre l’église au public comme espace d’exposition baptisé ‘Centre Culturel Provincial Caermersklooster.’
C’est ici que nous nous rendons pour voir deux expositions consacrées aux salles de cinéma.

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La première s’intitule ‘Les Palais du Cinéma aux USA’ et la seconde ‘Gand, ville de Cinéma’.
Au siècle dernier au USA, des milliers de salles de cinéma furent construites. De nombreuses se concurrençaient en dimension et en prestige architectural.

Comme nous, les photographes parisiens, Yves Marchand et Romain Meffre, sont fascinés par les ‘Lost Places’, les ruines architecturales.

Il ont parcouru l’Amérique à la recherche de ces anciens palais du cinéma et nous présentent une sélection de photos de ces bâtiments monumentaux, aujourd’hui pour la plus part, réduit à l’état de ruines. Les mieux conservées sont devenues des salle de fitness, des restaurants ou des supermarchés.

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La deuxième exposition nous ramène quelques décades en arrière, à l’époque des salles de cinéma de notre jeunesse. J’ai connu le Rex à la gare Saint-Pierre, l’Eldorado et le Majestic, rue des Champs, le Savoy dans la ‘Wolweverskappel’ rue Courte du Jour et le Century, le Sélect et le Capitole place Wilson.
On apprend que c’est dans notre ville qu’en 1896 eu lieu la première projection publique du cinématographe des frères Lumière. La ville tomba sous le charme de la projections animée et entre les deux guerres on dénombre une bonne centaines de salles. Des grandes et prestigieuses comme le ‘cirque’ avec 3400 places assises, aux petits cinémas de quartier. Je vous livre le texte ci-après pour plus de détails sur l’histoire des cinémas Gantois.

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À cet époque, on pouvait voir dans la vitrine de quelques magasins de la ville, une maquette du Capitole, avec une photo du calicot de la semaine.

Un collectionneur privé à mis un modèle et des calicots à disposition de l’exposition. Voir ci-dessous.


Je n’ai jamais mis les pieds au Leopolleke, la salle place Saint-Pierre, réputée pour ses films avec des nus intégraux, je n’ai aucun souvenir du Savoy, réputé pour ses films français ‘osés’, mais je vois toujours les flèches que les indiens du Western en 3D nous lançaient dans la salle de l’Eldorado.

Ma mémoire garde les images fortes.

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Carnet de Terre # 25 – Le MIAT et AMAI EMAIL

imageimageIl y a une cinquantaine d’année, je venais de terminer mes études universitaires, ma cigarette favorite était la Sint-Michel verte. À défaut, j’aimais bien la Gauloise bleue et pour la pipe, je fumais de la Semois coupe moyenne. À cette époque, fumer posait son homme et ne présentait pas de danger pour la santé et en plus, la fumée chassait les moustiques.
À cette époque, les noirs étaient des nègres et personne ne s’offusquait qu’il fut le père fouettard, le fidèle compagnon de Saint-Nicolas. Une expression courante était que ‘ça ne nous rendra pas le Congo’.
À cette époque, on se chauffait au charbon et les pièces habitables de nos maisons comportaient un feu ‘continu’ dont l’extérieur était en fonte émaillée.

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Au MIAT, le Musée de l’Archéologie Industrielle, l’exposition intitulée ‘Amai Email’ retrace l’histoire de l’industrie de l’émail. Nous sommes invités à assister au vernissage et nous découvrons avec plaisir les belles plaques publicitaires qui ornaient le frontons des cafés et des magasins, ventant les mérites de la biere de Haecht, du Spa Orangina, de la bougie Champion, du savon Sunlight, de la cigarette Belga, le cigarette des ploucs, de la chicorée De Beukelaar, du café Chat Noir et d’autres produits qui nous replongent 5 décades en arrière.
En ce temps là, l’émail était aussi omniprésent dans les ménages, les cuisinières à gaz, les poêles à charbon Surdiac, les cafetières et les brocs.

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Les objets exposés proviennent de collectionneurs de plaques publicitaires émaillées ainsi que de la réserve du MIAT.
Le clou de l’exposition est le mur d’une vingtaine de mètres de long, entièrement recouvert de panneaux publicitaires.

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Voir les photos ci-jointes, mais surtout, courez voir l’exposition.

imagePS. Entre-temps, je continue à peindre une aquarelle, chaque jour. Voici ci-dessous celle de hier

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Carnet de Terre # 24 – Anselm Kiefer et August Sander

imageimagePour aller de Gand à Anvers, nous prenons le train, le trajet dure une heure. La gare centrale d’Anvers est une merveille architecturale, rien que pour l’admirer nous préférons le train à la voiture. Construite en 1905, rénovée en 2007, l’immeuble est jugé comme une des plus belles réalisations ferroviaires mondiales.

Le bâtiment panoptique, situé au 36, rue De Vrières hébergeait jusqu’en 2010 le ‘Raamtheater’. Haut d’une vingtaine de mètres, le hall central est surmonté d’une verrière et entouré de trois balcons qui en font le tour. Les parapets en fer forgé, les colonnes et les poutrelles métalliques rappellent l’architecture de la gare centrale que nous venons de quitter.

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Construit en 1895 comme annexe de L’Institut Supérieur pour les Études Commerciales’, il hébergea le ‘Musée des Resources Commerciales’, la résidence du conservateur et un laboratoire d’analyse. On y exposait les échantillons de toutes les matières qui transitaient par le port d’Anvers. Des cacahuètes et du caoutchouc en provenance du Congo Belge, du houblon de Bohème, du charbon de Wallonie, du savon à barbe d’Amérique, des épices et de l’huile d’Asie, du café et du maté du Brésil, et plus encore.
Après la deuxième guerre mondiale, l’institut ferma ses portes, les objets furent mis dans des caisses où, entreposées dans un entrepôt, elles attendent d’être redécouvertes par un archéologue industriel. Ensuite, le bâtiment connut quelques autres destinations et en 1986, il devint la salle de spectacle du ‘Raamtheater’. Lequel théâtre fut mis en liquidation en 2010, faute de moyens.

Depuis lors, le panoptique sommeille mais aujourd’hui, il sert de salle d’exposition d’une partie d’une des œuvres monumentales d’Anselm Kiefer, intitulée ‘Buchstaben’, ‘Les Lettres’.

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Kiefer travaille dans le grand. À l’heure actuelle l’artiste occupe un gigantesque hall industriel situé dans la banlieue Parisienne. Avant cela en 1993, il avait acheté un terrain industriel à l’abandon, avec bâtiments, tunnels et grottes souterraines à Barjac dans le Gard. Au fil des années, utilisant de la paille, des plantes mortes, du plâtre et beaucoup de plomb, il transforma le lieu en une œuvre d’Art Globale, « Ein Gesamtkunstwerk ».

Ici à Anvers, on peut voir trôner au centre du panoptique, une ancienne machine à imprimer, revue par Kiefer. Il a agrémenté la presse de fleurs de tournesol, recouvertes de plomb, de rouleau de films et autres objets incongrus. L’oeuvre est un hommage à Gutenberg et à Plantin-Moretus, citoyen d’honneur de la ville. Dans ce cadre architectural à l’abandon, l’ensemble est incongru, un tantinet inquiétant. Si vous n’aimez pas l’art contemporain, allez-y pour le bâtiment.

Toujours à Anvers, le FOMU offre une rétrospective de August Sander, photographe allemand du siècle dernier (1876-1955).
Sander naît fils de mineur et à quinze ans, il suit son père dans la mine. Le hasard le mène à servir de porteur du matériel d’un reporter photographique. August tombe sous le charme de cet art nouveau, il abandonne le marteau piqueur et devient l’élève du photographe. Il devient un des photographes les plus influents du 20e siècle. Il traverse les deux grandes guerres. En 1944 il perd un de ses fils, tué par manque de soins dans la prison où il avait passé 10 ans, condamné par les nazis pour sa sympathie envers le parti socialiste.

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August Sander nous laisse des milliers de clichés.
Les portraits de gens simples, paysans et artisans de toute sorte et les vues de Cologne, avant et après la deuxième guerre mondiale, nous impressionnent le plus. Les premiers par leur intensité, Sander interdisait à ses sujets de sourire, il voulait capter leur vraie nature, le sourire camoufle l’âme, disait-il.

Les photos de Cologne, avant et après, se passent de commentaires. Pour l’atmosphère, je joint ci-dessous la copie de la première page d’une lettre que Agust Sander a écrit à un ami en février 1947.

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Sur le trajet de notre retour vers la gare, nous poussons la porte d’Uniqlo, nouvellement ouvert dans le Meir. Grosse déception, les produits sont les mêmes qu’à Paris, 20% plus cher. Mais notre déception est dans la présentation, le magasin fait bon marché. À l’opéra ou rue des Francs-Bourgeois, l’ambiance respire le bon goût et la qualité, ici on se croirait chez Tati.

Avant de monter dans le train, nous admirons une nouvelle fois, la belle gare centrale d’Anvers.

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