Carnet de Bord 16/20 – Metz, Musée de la Cour d’Or,Centre Pompidou,FRAC

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En tant que Belges, on se sent bien en France. On y parle le français et la mentalité n’est pas trop différente de chez nous. Comme chez nous, même en Flandre, quoi qu’en pensent nos politiciens, ‘l’à peu près’ règne. En règle générale, tout fonctionne, parfois de manière excellente comme la Poste, parfois de manière aléatoire comme l’entretien des voies navigables. Quand c’est cassé, on répare.  Sauf bien entendu pendant le mois d’août, car du 31 juillet au 31 août, la France estive.

Depuis douze années, le Chat Lune et son équipage sillonnent ce beau pays, à l’exception du séjour passé à Berlin et dans le nord de l’Allemagne, de 2010 à 2012.
Nous sommes donc bien empreints de la culture et de la mentalité du pays et on s’y meut comme les poissons dans l’eau des rivières que nous parcourons.

Apach est le dernier village Français sur la Moselle. Une centaine de metres plus loin, après l’écluse du même nom, on traverse Schengen, le ‘Dreilandenpunkt’ où le traité de libre passage fut signé. Les plus jeunes ne s’en rendent pas compte, mais quel bonheur que de pouvoir passer d’un pays à l’autre sans avoir à montrer patte blanche et sans avoir à accomplir des formalités administratives plus ou moins laborieuses selon les cas.

N’empêche que les accords de Schengen n’ont pas effacé les différences culturelles, et la réalité les met en évidence.
Quatre kilomètres après Schengen, nous pénétrons dans la darse du port de plaisance de Swebesange.
Au VHF, je m’annonce à la capitainerie et j’exprime le souhait de faire le plein de carburant. Au Luxembourg, le fuel coûte 40 centimes de moins qu’en France, en Allemangne ou en Belgique.
J’amarre le Chat Lune à la pompe et le remplissage fait, je me rend au bureau pour payer le carburant et la nuitée.
Le capitaine du port me demande si je n’ai pas lu le panneau installé à l’entrée de la darse. La consigne est qu’il faut d’abord s’amarrer et ensuite contacter la capitainerie pour recevoir les instructions, et pas l’inverse. Le Luxembourg, ce n’est pas l’Allemangne, mais on n’en est pas loin et les consignes sont faites pour être respectée. Le panneau n’a pas été placé à l’entrée du port pour les canards.

Marleen et moi avons vécu quelques années en Allemagne, la culture nous est familière, aussi, immédiatement, dans notre cerveau, on change le registre. Schengen nous avait fait oublié qu’on avait quitté la France.

J’ai terminé mon dernier billet en promettant de parler de Metz. Voici.

Avant d’arriver à Metz, au niveau d’Ars-sur-Moselle, on aperçoit rive gauche, 7 arches d’un aqueduc Romain. Au musée de la Cour d’Or de Metz, dans la section ‘peinture du 18ieme siècle’, nous découvrons une oeuvre de Jean-Baptiste Claudot représentant ce que nous avons vu en naviguant. On adore ce genre de coïncidence, voir les photos ci-dessous.


Le musée est en partie établi au sein d’un édifice thermal datant du 2-ieme siècle après JC. Je ne cesse d’être émerveillé par la grandeur de la culture et par les connaissances technologiques romaines et sidéré par leur anéantissement.
Simple exemple, après la chute de l’empire Romain, il nous a fallu 17 siècles pour redécouvrir l’hydraulique nécessaire à nous procurer les plaisirs des bains chauffés et d’atteindre le niveau d’hygiène des patriciens. Ah, ce que ça devait puer à Versailles!
La collection des objets gallo-romains de Metz est une des plus riche du nord de la France.
Le musée est en trois partie, l’époque gallo-romaine, l’épique médiévale et les beaux-arts.

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En juin, dans les couloirs du métro parisien, nous avions repéré une publicité pour l’exposition ‘Entre Deux Horizons’ au centre Pompidou de Metz. Il s’agit d’une rétrospective d’œuvres d’art moderne issues du Saarlandmuseum de Sarrebruck. Cent ans d’histoires partagées, d’influence croisées entre la France et l’Allemagne à travers 240 tableaux. Derain, Kirchner, Nolde, Léger, et Baumeister pour n’en citer que quelques-uns.
Le centre Pompidou nous offre également ‘Sublime, Les Tremblements du Monde’, un voyage au travers une série de catastrophes naturelles, éruptions volcaniques et autres tsunamis. Les catastrophes créés par l’homme, l’extinction de notre espèce, pour se terminer par des visons d’artistes sur des alternatives plus réjouissantes de notre avenir et celui de notre planète. Mes pensées vont aux Romains.

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En chemin, dans la nef de l’église des Trinitaires, L’Habitant Temporaire nous intrigue. Le volume de cette lieu religieux abandonné  se transforme en espace artistique et architectural. Dessins, croquis et photographies illustrent des ‘espaces domestiques’, les termes sont tirés de la brochure.

Enfin, le FRAC, Fonds Régional d’Art Contemporain de Lorraine, situé 1bis rue des Trinitaires, présente ‘Zones sensibles’, une série de créations autour du thème des cartes géographiques.

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Je retiens l’idée intéressante d’un artiste allemand qui, d’une mappemonde, a méticuleusement découpé tous les pays, pour ensuite les coller au mur, par ordre alphabétique.
Je fais remarquer au jeune guide à l’entrée de l’exposition, que les mappemondes universellement utilisées, ne montrent pas les pays à leur dimension réelle. En effet, pour les créer, on utilise la projection dite de Mercator. Cette représentation déforme les aires.
Le guide répond qu’en effet, il avait remarqué cette anomalie, merci pour l’explication. Naviguer ça sert à quelque chose.

J’écris ce billet amarrés dans le port de Traben-Trarbach, l’eau a 23,4°C, on nage dans la Moselle.

La semaine prochaine, je commenterai la descente de la Moselle, de Metz à Coblence.

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Carnet de Bord 16/19 – Ligny-en-Barrois,Tréveray,Void,Toul,Liverdun,Pont-à-Mousson,Metz

imageSur le quai de l’écluse 18 du Marne-Rhin, un peu avant Toul, on peut voir trois beaux arbustes de roses rouges en fleur.
Trois chiens, fait Marleen.
En 2013, lors d’une halte à Meaux, nous fîmes la connaissance d’un couple de sud-africains. Le mari, vétérinaire retraité de son état, nous raconta qu’il avait soigné et puis euthanasié le vieux chien d’un autre plaisancier de passage. Il lui avait conseillé d’enterrer le cadavre sur le bord d’une écluse et de planter un rosier sur la tombe. Ainsi, expliqua-t-il, à chaque passage, tu verras le rosier en pleine floraison et tu auras une pensée émue pour ton animal regretté.

Nous restons deux nuits à Ligny-en-Barrois. Marleen y fait une grande lessive et au Cheval Blanc, nous mangeons des rognons de veaux à la crème.
Marleen calcule notre cycle de linge, 2 semaines, en fonction des possibilités offertes par les ports de plaisance. À Ligny on a atteint un point de passage.
La capitainerie n’a pas de machines, mais à 1,5km, sur la D966 direction sud, entre la station de lavage voitures et le Carrefour Market, se trouve une laverie automatique. Les machines industrielles sont neuves et le lavage est rapide et bon marché. Les ports de plaisance sont souvent équipés de machines domestiques et le lavage/séchage prend une demi-journée.

À Paris, les repas communs avec Fabien et Qing, se terminent toujours par la dégustation d’un ou deux dés à coudre de mirabelle ou de poire Williams, question d’aider la digestion.

Avant de quitter Paris, Fabien a offert à Marleen une bouteille entamée de poire dans laquelle le fruit entier parfume l’alcool. Pour qu’il ne se détériore pas, Fabien conseille de veiller à ce que le fruit reste couvert de liquide.
Dans les anciens communs du château, à Void, où nous faisons une halte, on connaît une boutique de produits du terroir. Marleen y achète une bouteille de poire Williams, sans le fruit. Son contenu servira à garder à niveau la bouteille de Fabien.

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Jeudi, nous arrivons à Toul. On aime la ville et nous envisageons d’y passer quelques jours.
L’amarrage se fait en trois fois, car dans le centre du port, le niveau sonore de la radio d’un plaisancier inconsidéré nous gêne. Nous lâchons les amarres et recherchons un endroit éloigné du gêneur.
Le propriétaire du voilier amarré en face du Chat Lune nous explique qu’il travaille pour la ville et qu’il est le responsable du spectacle son et lumière de la Cathédrale Saint-Etienne. Le bateau est son logis provisoire. À son conseil, nous allons voir le spectacle.

Le lendemain matin, nous repérons le montage d’une estrade sur le quai du port. Il s’avère qu’un concert est prévu pour le soir. Les monteurs nous assurent qu’il se terminera vers 01:00.
Du bruit en perspective. On se méfie et quelques secondes de réflexion suffisent pour nous décider.
À la capitainerie, je récupère les nuitées payées à l’avance et après un lunch sur le pouce, nous quittons Toul pour nous amarrer, 25 km et 5 écluses plus loin, dans la verdure au ponton du petit port de Liverdun. Nous y retrouvons le Ijsvogel de Jan et Truus ainsi que deux autres plaisanciers qui ont eu la même idée que nous.
La halte est plaisante, calme et ombragée et la promenade vers le haut de la ville vaut la grimpe.
En bas, rue du moulin, en face de la gare, deux jeunes sympas cuisent d’excellentes pizzas.

Samedi, on quitte Liverdun et on prend la Moselle, à gauche, vers le nord, jusque Pont-à-Mousson. Le lendemain, dimanche, le 28 août, nous arrivons à Metz, où nous tombons en plein dans la fêté de la mirabelle.

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À 15:00, un corso fleuri clôture un mois d’événements. Malgré la présence insolite de militaires armés et bardés de vestes anti-balles, l’ambiance nous fait penser aux fêtes de Gand. Le cortège fait deux fois le tour des rues médiévales du centre de la ville. Les échoppes installées au centre de la place d’Armes proposent des produits locaux, vin, liqueurs, saucisses et tartes aux mirabelles.

Metz a un bon Chi, un musée de la Cour d’Or, un centre FRAC (Fond Régional d’Art Contemporain) et le centre Pompidou.
Dimanche soir soir, nous assistons à un spectacle son et lumière, animé par les fontaines du parc, situé en haut du port de plaisance.
C’est une excellent clôture de la dernière semaine du mois d’août 2016.

Je commenterai la visite des musées et de la ville dans mon prochain billet.

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Carnet de Bord 16/18 – Vitry-le-François, Pargny-sur-Saulx, Bar-le-Duc

 

imageSix ou sept ados bavadent en triturant leurs smart-phones, sur le pont qui enjambe la Saulx. Nous remontons la rue de la Chavée, qui relie le port de plaisance de Pargny-sur-Saulx au village.
On leur lance un bonjour et l’un après l’autre, chaque fille et garçon nous renvoie le salut. Une gamine remarque, ‘notre génération n’est pas polie, mais nous le sommes!’. Éclat de rire, sympas les jeunes à Pargny.
Lundi dernier, nous avons quitté Châlons-en-Champagne pour Vitry-le-François où nous avons séjourné jusque jeudi inclus. Vendredi nous avons fait un arrêt à Pargny-sur-Saulx, samedi Bar-le-Duc et dimanche Ligny-en-Barrois.

Selon Roos, une connaissance navigante, que je retrouve régulièrement sur FB, le canal de la Marne au Rhin se fait appeler ‘le 69’ par les mariniers. En effet, il comporte 70 écluses pour 85 km de Vitry-le-François au souterrain de Mauvages. Elles sont automatisées et leur passage dure 8 minutes, de l’ouverture des portes à la sortie. À cela, il faut rajouter cinq minutes pour le temps de la vidange, dans le cas défavorable ou celle qui se présente devant nous est remplie.
Bref, comme nous ne voulons pas nous crever à la labeur et que nous avons le temps, nous avançons au rythme de 20 km et 15 à 20 écluses par jour.

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Pour nos amis plaisanciers qui prennent la même route que nous, sachez que la particularité de Pargny-sur-Saulx est, que le garagiste-pompiste Guillemin, à la demande, livre du fuel au port de plaisance.
C’est la troisième fois que nous passons ici et nous en profitons car en France les stations d’approvisionnement en carburant, les long des voies navigables, sont rares. Bien gérer sa consommation est impératif pour éviter d’avoir à trimballer des jerrycans de 25 litres sur des kilomètres, d’une station essence routière à l’endroit d’amarrage.

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Vitry-le-François est une ville où nous aimons faire un arrêt.
Pas nécessairement pour visiter la ville, encore que la statue de la Déesse Marne placée sur la fontaine de la place d’Armes, mérite un temps d’arrêt. Le drappage de la belle femme s’arrête en dessous de son nombril et son déhanchement provocateur laisse les males passants, dont je suis, rêveurs.
On doit son élégance gracieuse au sculpteur Louis Fournier et au fondeur Pierre-Adolphe Muel.
Mérites aussi d’être mentionnées, il y a bien entendu, la porte du Pont, la Cathédrale et la place d’Armes carrée, dont question ci-devant.
Notre raison principale pour faire une halte prolongée à Vitry-le-François est Pascale, la capitaine du port. Son sourire, sa gentillesse et son sens du service, font que ce port mérite trois étoiles, si les guides fluviaux en distribuaient.
Il y a quelques années, lors d’un précédent passage, Marleen et Pascale se sont prises d’amitié. Depuis lors, lorsque le Chat Lune est amarré dans la darse, ces dames passent les après-midi à papoter dans la capitainerie. J’en profite pour aller saluer la Déesse de la Marne.

Détail pratique de grande importance, Pascale m’a véhiculé avec sa petite Peugeot vers le Leclercq, situé à 2,5 km du port, pour faire l’échange de notre bouteille de gaz de 13 kg. À l’instar du fuel, les revendeurs de gaz de la marque Butagaz, ne se trouvent généralement pas le long des fleuves ni dans les ports de plaisance.
Je me souviens, il y a quelques années, d’avoir tiré notre charriot pliable, avec une bouteille de gaz vide et ensuite remplie, du port de l’Arsenal à la rue des Écoles et retour.
Ceux d’entre-vous qui connaissez Paris, apprécieront l’effort.

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Après Pargny, il y a Bar-le-Duc où nous passons la nuit de samedi à dimanche.
Surnommée la ‘Belle Endormie’, il y a au moins deux choses à savoir si jamais vous passez par cette petite ville Loraine.
En premier lieux, sachez que René de Chalon, prince d’Orange, ancêtre du roi actuel Willem-Alexander du Royaume de Hollande, mourut le 14 juillet 1544 lors du siège de Saint-Dizier. Le sculpteur Ligier Richier sculpta de lui une représentation funéraire dit ‘Le Transi’. Cette œuvre, un squelette en pierre de calcaire est à admirer dans l’église Saint-Étienne dans le haut de la ville à Bar-le-Duc.
Pour plus de détails ouvrez le lien de Wiki ci-dessous.
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Transi_de_Ren%C3%A9_de_Chalon

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Deuxièmement, sachez aussi que Pierre Michaux, né le 25 juin 1813 à Bar-le-Duc, est l’artisan serrurier et charron qui inventa le vélo en ajoutant une manivelle à la roue avant d’une draisienne.
Plus tard, d’autres ajoutèrent une chaîne à sa ‘Michaudine’ pour relier le pédalier à la roue arrière et en faire la bicyclette que nous connaissons aujourd’hui.
Plus tard encore, en 1975, Andrew Ritchie créé un vélo pliable dans son appartement dont la vue donne sur l’oratoire Brompton en South Kensington à Londres.
Les Bromprons sont les vélos qui équipent le Chat Lune et le cercle est bouclé.

La semaine prochaine j’écrirai probablement mon billet amarré à Toul. Mais en navigation de plaisance, il ne faut pas trop enticiper.

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Carnet de Bord 16/17 – Châlons-en-Champagne,Mareuil-sur-Ay,Champagne Billecart-Salmon,

imageMa grand-mère paternelle que nous appelions affectueusement ‘marraine Lodie’, cultivait des légumes et des fruits. Je la vois toujours dans sa robe noire, un tablier de la même couleur noué autour de sa volumineuse taille, pliée en deux dans son potager. De la main gauche elle tenait un grattoir et de l’autre main elle arrachait les mauvaises herbes entre les parterres des haricots en rames.
Ma maman stérilisait le produit des récoltes dans des pots en verre dont l’étanchéité du couvercle était assuré par un joint en caoutchouc rouge. Les pots étaient placés dans une bassine en fer galvanisé. Une plaque de métal trouée tenait les pots en place pour éviter qu’ils ne se brisent pendant le bouillonnement. Le procédé de conservation décrit dans le texte ci-dessous a été inventé par Nicolas Appert, né le 17 novembre 1749 à Châlons-en-Champagne.
C’est ce que nous apprenons lors de notre visite du Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Châlons-en-Champagne.

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La ville a un bon ‘Chi’ et la halte de plaisance est plaisante. Inaugurée en 2012, elle offre en épis, 12 emplacements larges. Les sanitaires sont très propres, il y a du WiFi et pour notre satisfaction, la capitainerie comporte un lave-linge et un séchoir industriel. Marleen gère de main de maître notre garde-robe et sa propreté.
Nous avons une tournante de 2 semaines, avec une marge de quelques jours, lorsque nous ne trouvons pas de laverie à proximité de nos endroits d’amarrage.
À Châlons, nous sommes en avance sur notre programme, mais compte tenu de la facilité et de la qualité du service, Marleen décide de procéder à un lavage complet.
Nos voisins Anglais et Australiens sont sympathiques et la fin d’après-midi de samedi se termine autour d’un BBQ, organisé par les Aussies.

Notre séjour prévoit de faire trois promenades fléchées, la visite éclair, 2 heures, la promenade verte, 1/2 journée et le grand Châlons, 1 à 2 jours. Un coup d’œil rapide sur le plan me permet de combiner un itinéraire qui nous amènera à tous les endroits indiqués sur les plans de l’office du tourisme en une seule promenade, ce sera l’itinéraire Chat Lune, durée une après-midi.

En route depuis Meaux, nous avons fait halte à la Ferté/s/Jouarre, à Chateau-Thierry, à Dormans et à Mareuil-sur-Ay.
Dans cette dernière ville, en quittant le bateau, une dame bien enveloppée, sort de son camping car et avec un grand sourire nous demande si on parle français. Visiblement la dame suppose, à juste titre, que la majorité des plaisanciers sont anglophones ou néerlandais.
À gauche, en remontant vers la boulangerie, dans la rue principale de Mareuil, se trouve la maison Billecart-Salmon. J’aime bien ce nom. Sur Internet je lis qu’elle ‘fait partie du cercle restreint des grandes maisons qui ont su augmenter les volumes tout en conservant une grande qualité. Fondée en 1818 à Mareuil-sur-Aÿ, la maison ne s’est pas écartée au fil du temps de ses principes fondateurs : finesse, équilibre et élégance’.

L’offre spéciale d’Auchan met la bouteille de Brut Rosé à 59€.
Dans la boulangerie, les croissants ordinaires sont à 0,95€.

Toujours à Mareuil, je lis dans notre livre de bord, que nous y avons fait une halte le 11 août 2015. Amusante coïncidence, il y a un an, jour pour jour, nous descendions sur Paris pour y passer le mois de septembre. Je lis aussi qu’à cette date il faisait tellement chaud que la nuit, nous ‘dormions à poil’. Cette année-ci, au lever à Dormans, nous avons allumé le chauffage du bord, il faisait 12 C dans le carré du Chat Lune.

Si vous lisez une carte vous verrez que sur le trajet entre Dormans et Mareuil, se trouve la ville d’Epernay. Après le passage de l’écluse numéro 15 de Dizy, commence le canal latéral à la Marne. Pour accéder au port de plaisance d’Epernay, il faut ignorer l’écluse et poursuivre sa route encore pendant 4 kilomètre sur la rivière. Nous sommes passés quelques fois ici et jamais nous n’avons fait une halte Epernay. Les 4 kilomètres aller-retour nous contrariaient.
Cette année-ci on décide d’y aller. À l’approche, Marleen me regarde et me fait: »qu’en penses-tu? Nous traversons des sites industriels abandonnés, au loin une forêt d’HLM gris forment la silhouette de la ville. On perçoit aussi la tour de Castellane, au pied de laquelle se trouve, selon la carte, le port de plaisance.
Je fais la moue et demande, on fait demi-tour? Marleen opine du bonnet et fait « mauvais Chi ».
Je donne un coup de barre et j’opère la manœuvre ‘queue de poisson’. Une heure plus tard nous frappons nos amarres au dernier poton libre de la ville de Billecart-Salmon.

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Demain, lundi 15 août, après trois jours à Châlons, nous partons pour Vitry-le-François, où nous attend notre amie Pascale, la capitaine du port de plaisance.

La suite de notre croisière, la semaine prochaine.

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Carnet de Bord 16/16 – Paris # 14 – Cognacq-Jay, Carmina y Amen, Galierra, Meaux, La Gabrielle,

imageL’avantage quand on a beaucoup de temps, c’est qu’on a beaucoup de temps.
Comme chaque année, nous prévoyons de naviguer jusqu’à la mi-octobre.
Cela nous donne deux mois et demi pour rentrer chez nous. On aura le temps de visiter à l’aise les villes allemandes que nous croiserons sur le Rhin.
Quatre rivières nous attendent, la Marne, la Moselle, le Rhin et l’Escaut.

Jeudi nous avons fait une halte à Lagny et depuis vendredi midi, nous sommes amarrés à Meaux. C’est une ville que nous connaissons bien.
Aujourdhui, notre centre d’intérêt est ‘La Gabrielle’.

N’empêche que l’office du tourisme nous offre leur dernier brochure avec un parcours fléché, comme nous les aimons. En attendant d’aller au Nautic Center pour voir La Gabrielle, nous parcourons quelques numéros.

Le #3 se lit: ‘CITÉ ÉPISCOPALE, L’AILE DE BRÉZÉ. On peut compter 4 chiens assis sur la façade de l’aile de Brézé.

Le plan en main, on fait trois fois le tour de l’aile de Brézé, pas de chiens à voir.
Les deux gardiens du musée de Bossuet qui fument une clope devant l’entrée, sont aussi ignorants que nous. Je poserai la question au directeur, nous assure la dame.

Finalement on pousse la barrière Nadar qui interdit l’accès au bâtiment et sur un panneau explicatif, on lit que ‘On appelle ‘chien assis’, une fenêtre qui sort du toit et qui est couverte d’une petite toiture à deux pans’.
On lève les yeux et en effet, la toiture de l’aile de Brézé comporte 4 chien assis.
Promptement nous en informons les deux gardiens qui terminent de tirer à leur clope.

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Au numéro # 1 il y a le image Chanoine aux lunettes

Au numero # 5, l’archer de la Cathédrale

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Il y a deux ans, notre ami Gilles vend Lisa Belle, un bateau de 18 m, sur lequel il vivait dans le port de l’Arsenal. C’est une pénichette en acier qu’il avait en grande partie transformée.
Il achète ensuite ‘La Gabrielle’, le bateau sur lequel il travaille actuellement. Cette dernière était en très mauvais état lorsqu’il en fit l’acquisition mais Gilles n’a pas froid aux yeux. Chaudronnier de formation, notre ami est un bricoleur de génie.
Il ‘deshabille’ entièrement le bateau, ne gardant qu’une partie de la structure ainsi que le moteur. Ensuite, il élargit le bateau de 80 cm et il le raccourcit d’un bon mètre. De cette manière ‘La Gabrielle’ fera moins de 15 m de long, ce qui la mettra, dans le port de l’Arsenal, dans une catégorie de prix inférieure à l’Lisa Belle, un beau gain de location annuel.
Une fois la structure mise à nu, élargie et renforcée, Gilles lui soude une nouvelle enveloppe en acier.
C’est l’état actuel qui nous est présenté. Il reste à Gilles à reconstruire la partie supérieure.
Tout en acier, nous explique-t-il, parce que le métal est mon métier et parce qu’en prime, l’acier coûte un tier du prix du bois.
Il nous invite pour assister à la mise à l’eau, en octobre 2018.
Entre-temps, l’homme vit sur l’Alcor, une belle petite vedette Hollandaise qu’il a acheté et bien entendu, transformée en attendant de terminer La Gabrielle.

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Pour en apprendre plus sur la reconstruction de ‘La Gabrielle’, venez à Meaux, adressez-vous au chantier naval Nautic Center et demandez à voir Gilles.

Avant de quitter Paris nous avons vu un remarcable film espagnol ‘Carmina y Amen’ de Paco Léon.

imageCarmina, sévillane, forte femme, décide lors de la mort subite de son mari de ne pas déclarer son décès afin d »encaisser ses derniers salaires. Elle convainc sa fille Maria de sa bonne intention. Une succession de péripéties et situations dramatiques et/ou drôles s’entremêlent et nous tiennent en haleine jusqu’à la dernière image et la surprenante finale.

Au musée Cognacq-Jay, on admire les tableaux en pastels de Quentin de La Tour.

Au Palais Galliera, Marleen et Genevieve passent l’après-midi à admirer la mode:
Je cite:
‘Anatomie d’une collection présente celui de Marie-Antoinette et, parmi toutes les blouses, choisit celle d’une infirmière de la Première Guerre Mondiale dont l’histoire n’a pas retenu le nom…
Habit du Dauphin, gilet de Napoléon, robe de l’impératrice Joséphine, veste d’amazone de Cléo de Mérode, pantalon d’ouvrier, robe de George Sand, collet de Sarah Bernhardt, uniforme de zouave, salomés de Mistinguett, habit de forçat, chapeau-chaussure de Gala, tablier de travail, tailleur d’Audrey Hepburn, manteau d’Elsa Schiaparelli, robe de la duchesse de Windsor, pyjama du soir de Tilda Swinton… une centaine de pièces avec ou sans pedigree identifient ceux qui les ont portées.’

Enfin, mercredi soir, pour célébrer notre départ, Fabien et Qing nous invitent à partager un repas cantonnais au restaurant Sinorama, situé au croisement de l’avenue Choisy et de la rue de Tolbiac.

Voilà le dernier billet de notre séjour à Paris.
La semaine prochaine, je relaterai les rencontres de notre navigation.

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Carnet de Bord 16/15 – Paris # 13 – Miroir du Désir, estampes Japonaises – Philharmonie de Paris – Georges Clemenceau – gare de Boulainvillier

 

imageÀ ma gauche, le monsieur écoute un concert, il a les oreillettes bien enfoncées et sur l’écran de son smart-phone, je vois un chanteur gesticuler.
À ma droite, la dame joue une espèce de jeu où des personnages rouges sautent dans tout les sens en essayant d’éviter les monstres verts qui les poursuivent. Devant moi, de l’autre côté du couloir, une jeune fille noire bavarde avec sa copine. Elle est petite et bien enveloppée, les jambes de son jeans noir sont déchirés au niveau de ses genoux grassouillets. Je ne m’ennuie jamais dans les métros parisiens.
Notre carte Navigo mensuelle nous permet de circuler dans les 5 zones du Grand Paris sans devoir utiliser des tickets. Ce dimanche, le 31 août 2016, c’est le dernier jour de son utilisation cette année-ci.
Nous reprenons notre navigation jeudi prochain.

Ayant épuisé ou presque, la liste des choses à voir et à faire, on décide d’aller admirer la gare de Boulainvillier, un petit bijou architectural. C’est une des gares de la ligne de ‘Courcelles au Champs-de-Mars’, construite pour l’exposition universelle de 1900 et abandonnée à la fermeture de cet événement.
Par bonheur, la gare fut sortie de son sommeil et reconvertie en gare RER C, le 25 septembre 1988.
Aujourdhui, elle est fermée pour travaux sur la ligne C mais on peut en faire le tour.

Une fois les photos prises, nous pénétrons dans le restaurant-bar ‘La Rotonde de la Muette’ pour prendre un café au zinc. Gentiment le barman nous signale qu’ici, il n’y a pas ‘encore’ de tarif ‘café au bar’. On aurait dû s’en douter, dans le 16ieme, on ne s’encanaille pas.
Partout dans la ville, au zinc des brasseries, on peut déguster un petit café, accompagné d’un verre d’eau fraîche pour la modique somme de 1€, parfois 1,20€. C’est ce qui nous maintien, lors de nos 12.000 pas journaliers. Le compte des pas est scrupuleusement enregistré par une application que Apple a installé, sans me demander mon avis, sur mon nouveau iPhone SE.
Toujours dans l’esprit du chemin de fer, nous terminons notre promenade matinale par le rond point de l’Europe, un carre-four construit au dessus du réseau des voies de la Gare Saint-Lazare.
Les rues qui y aboutissent portent le nom de capitales européennes, Vienne, Mardrid, Rome, Londres. L’exception est Liège. À l’origine, la rue s’appelait Berlin, mais lors de la guerre de 1870, le nom fut changé pour celui de la ville Wallone.

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Cette semaine nous avons visité l’appartement que Georges Clemenceau occupa pendant 23 ans, jusqu’à son décès, le 24 novembre 1929. Classé monument historique, le logis est devenu un musée et il a gardé tout son décor d’origine. Un audio-guide nous retrace la vie mouvementée du Tigre, son rôle et son engagement pendant la première guerre mondiale, son amour pour l’art et son amitié pour Claude Monet et les Impressionistes.

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Mercredi, on se promène dans la rotonde du musée Guimet, pour découvrir une collection d’estampes Japonaises érotiques. L’exposition s’intitule ‘Miroir du Désir’. Certains dessins sont explicites mais la majorité sont délicatement érotiques. Des nus féminins des pêcheuses d’abalone aux geishas inspectant leurs nuques dans un miroir.

La façade est belle mais la ‘Botike Belge’ nous déçoit. La nourriture exposée n’est pas appétissante, la présentation est désordonnée et les prix hors norme pour le quartier.

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Sur Internet on peux lire:
« J’habite l’immeuble et on est amoureux de la devanture », s’enflamme Charlotte Moos à propos de l’ancienne corseterie Claverie, inscrite aux monuments historiques. Un soir, elle voit « Bail à céder » sur la vitrine, n’en dort pas et se dit qu’il faut faire quelque chose. En une nuit, son projet naît : créer une épicerie culturelle belge, un cabinet de curiosités dans ces murs pleins de cachet, qui lui rappellent sa Belgique natale.
La Botike (« échoppe » en wallon) ouvre en décembre.

imageAux Galeries Lafayette, l’exposition TOILETPAPER nous intrigue. Contrairement à ce que le nom fait penser, il s’agit d’objets usuels, assiettes, nappes, mugs, coussins, parapluies, bougeoirs, théières etc., décorés par l’artiste contemporain Maurizio Cattallan et le photographe Pierpaolo Ferrari. À l’origine de la revue TOILETPAPER, les deux compères se sont associés pour créer des objets haut en couleur qui font le tour du monde de l’art contemporain.

Samedi après-midi nous nous sommes inscrits pour une visite guidée de la Philharmonie de Paris.

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La guide m’énerve, car elle termine toutes ses phrases par l’exclamation ‘d’accord?’. C’est ce qu’on entend actuellement dans la bouche des parents modernes, qui veulent teinter l’éducation de leurs moutards d’un semblant de démocratie participative.
La salle de concert est impressionnante, la guide en vante l’acoustique remarcable, ‘d’accord?’.
J’ai lu quelque part que d’aucuns ne partagent pas cette opinion mais je ne suis pas connaisseur, il faudrait que je vienne assister a un concert pour en juger, et encore.

La semaine prochaine, jeudi matin, nous lâchons les amarres pour remonter la Marne.

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Carnet de Bord 16/14 – Paris # 12 – Rentilly,gares de Paris, Montmartre

imageC’est le seul château de France qui réfléchit, commente Marleen.
Le château de Rentilly, situé dans le parc culturel du même nom, est entièrement recouvert de panneaux en aciers poli. Les fenêtres sont à face réfléchissantes et l’ensemble est un grand miroir dans lequel l’environnement se reflète.
Pour y accéder, nous avons pris le RER A jusque Torcy. De l’emplacement du bus 21, une navette gratuite nous conduit jusqu’à l’entrée du parc.
Le château a une longue histoire. Le premier fut construit au début du XVI par Jean Bourdereul, avocat au Parlement.
Je passe quelques étapes; au 19-ieme siècle, il a appartenu à Édouard André et à son épouse Nélie Jacquemart. Féru d’art, le couple l’ont agrandi, embelli et ils ont fait transformer les jardins en y ajoutant trois bassins en cascade. Le château devient ainsi une des plus riches demeures de l’époque.
Gaston Menier le rachète 1891 et le château reste dans la famille Menier jusqu’en 1988. Après trois ans de tractations il est acquis l’EPA-Marne (Établissement Public d’Amenagement de la ville nouvelle Marne-la-Vallée).

Le temps passe, la politique et le commerce s’en mêlent et les projets se succèdent.
Finalement les différentes instances régionales se mettent d’accord pour attribuer au château une vocation culturelle.
La réalisation qu’on admire aujourd’hui est le projet accepté en 2011 et réalisé entre 2012 et 2014. La structure ancienne est entièrement recouverte d’une peau d’inox poli miroir. L’intérieur est vidé et offre au public deux plateaux d’expositions de 500 m2.
Le château est devenu une œuvre d’art à part entière.

Le FRAC Île -de-France (Fonds Régionaux d’Art Contemporain) y a organisé une exposition d’affiches du photographe Belge Michel François.
Non seulement l’entrée du musée est gratuite mais les visiteurs peuvent également sortir avec une affiche à leur choix. On bavarde avec une guide; elle nous suggère d’en prendre plusieurs, ‘il y en a encore beaucoup et l’exposition se termine demain’. Nous en sélectionnons deux, dont on prend trois exemplaires. Heureux d’une belle journée, nous reprenons le A et le 1 pour rejoindre le Chat Lune, un rouleau d’affiches sous le bras.

Au 19-ieme siècle, les gares étaient qualifiée de ‘Cathédrales de l’Humanité Nouvelle’. C’est ce que je peux lire dans l’introduction du livre que j’ai acheté au pavillon de l’Arsenal, ‘Paris au temps des Gares, grandes et petites Histoires d’une Capitale Ferroviaire’ par Clive Lamming.
Parmi les choses que l’histoirien des chemin de fer nous fait découvrir, il y a le tableau d’Albert Herter, peint en 1926, exposé dans le hall des départs de la Gare de l’Est, qui a pour titre ‘Le départ des poilus, août 1914´.
Et bien entendu, à la Gare de Lyon, le restaurant ‘Le Train Bleu’, dont Jean Giraudoux, un habitué du lieu, disait ‘Cet endroit est un musée, mais on l’ignore’. Nous y allons à la recherche de quelques peintures murales d’Albert Maignan dont nous avons visité l’ancien atelier la semaine dernière.

Le Sacré-Coeur à Monmartre est une basilique où se pratique l’adoration eucharistique perpétuelle. Les fidèles se relaient pour prier devant le Saint-Sacrement de façon véritablement continue, de jour, comme de nuit.

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La frise à la base du grand dôme est décorée des visages des bâtisseurs de la basilique. Dans un recoin au-dessous du petit dôme, une figure humaine tire la langue. Une inscription l’accompagne:’qu’il leur soit pardonné’. On suppose qu’un entrepreneur oublié dans la frise des personnalités du grand dôme, se soit chargé lui-même de sa postérité. Sur la photo ci-jointe, vous verrez que le personnage a perdu la langue.

Montmartre et en particulier la place des Tertres et les rues avoisinantes ne font pas partie de nos endroits favoris de Paris.
Néanmoins, l’exposition temporaire au musée de Montmartre, ‘Artistes de Montmartre, de Steinlen à Satie’, nous font franchir la butte.
Quelques rues plus bas, la Mairie du 18-ieme offre une exposition intitulée, ‘Notre histoire, 130 ans d’Histoire et d’Archéologie du Vieux Montmartre’.
Les deux présentations nous replongent à la naissance de la peinture moderne.
Nous découvrons la vie passionnante de Suzanne Valandon, née Marie-Clementine Valandon, modèle et plus tard peintre. Elle est la mère de Maurice Utrillo.

On s’est aussi beaucoup promené, j’ai peint mes aquarelles journalières, Marleen a vu au cinéma, ‘Summertime’ avec Katherine Hepburn et on a remonté à pied le Canal Saint-Martin pour voir une exposition de cartoons au centre multiculturel Le Point Éphémère.

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La suite, dimanche prochain.

 

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Carnet de Bord 16/13 – Paris 11 – C.W.Eckerberg,Albert Maignan,Feu d’artifice du 14 juillet,Pékin-Paris,Peintures chinoises

imageLa dame de la ‘Galerie of Sport Art, Bld de La Tour-Maubourg, dans le 7ieme, nous explique que si une photo a été tirée à moins de 30 exemplaires, c’est une ‘œuvre d’art’. Au delà de 30 exemplaires, la même photo devient une ‘reproduction’ et son prix chute en conséquence.
Toutes nos photos sont des œuvres d’art.

Nous venons du 121 rue de Lille où la Fondation Custodia, localisée dans l’Hôtel Turgot, expose des tableaux et des gravures du peintre Danois Christoffer Wilhelm Eckerberg. L’exposition s’intitule Paris, Rome et Copenhagen. Les trois villes où l’artiste a vécu et qui l’ont influencé. Nous lisons qu’il avait l’habitude de se mettre à peindre à 05:00 du matin pour ne s’arrêter que le soir, lorsque la lumière naturelle s’éteignait.
Eckerberg travaillait vite mais il lui fallu quatre mois pour réaliser ‘Le navire de ligne russe Asow et une frégate au mouillage près de Helsingør, une toile de 63×51 cm. Ses œuvres sont extrêmement détaillées, des arbres, on distingue chaque feuille, et à la loupe, je vois sourire les matelots dans le gréement du trois-mat ancré dans la baie de Helsingør. Eckerberg était obsédé par la précision de ses compositions. Pour peindre les frégates russes, il emprunta les plans d’un navire similaire à un architecte naval.
J’en suis soufflé.

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La Fondation Taylor est située dans l’ancien atelier du peintre Albert Maignan, 1, rue de la Bruyère, dans le 9ieme arrondissement.
On peut y voir l’oeuvre intitulée ‘Les voix du tocsin, genèse et résurection d’un chef d’œuvre’. Cette toile de de 4,50 x 5,50 m, fut enroulée en 1918 et ré-ouverte en novembre 2015.

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Maignan fut peintre et décorateur. À voir au Train Bleu, Gare de Lyon, au Sénat, a l’Hôtel de Ville et à Notre-Dame-de-Consolation.
J’inscrit ces adresses dans le petit carnet Mosleskine que j’utilise pour noter tout ce que je pense devoir retenir, les idées pour le billet de mon blog, les objets à acheter, les restaurants, la date des Circul’livres, les brocantes, les cinémas, bref, tout ce dont je ne veux pas encombrer ma mémoire. Plus justement, les choses que ma mémoire ne retiendrait pas.

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imageDimanche c’est l’arrivée du rallye Pékin-Paris Place Vendôme qui nous ravit. Sous un soleil radieux, les voitures qui ont terminé le parcours sont une à une baptisées au champagne sous l’auvent qui marque la ligne d’arrivée. Sur les 115 inscrits, une centaine se parquent autour de là colonne qui commémore la bataille d’Austerlitz.
Partis à Pékin le 12 juin dernier, les concurrents ont mis 36 jours pour parcourir les 13695 km jusque Paris. On distingue deux catégories de véhicules, celles construites avant 1941 et les plus récentes, celles d’avant 1975.
Pour plus de détails et photos ouvrez le lien ci-dessous.
http://www.endurorally.com/pages/the-peking-to-paris-motor-challenge-2016

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Le mercredi 13 juillet on se pointe à l’entrée de la Bourse. L’exposition ne s’ouvre que demain, nous explique l’homme de la sécurité, mais je peux vous fournir un catalogue. En attendant la brochure, on bavarde. Il s’avère que le gardien est Angolais, ma femme et mes enfants sont à Paris mais ma famille en Afrique, nous explique-t-il. L’attente du catalogue se fait longue, on parle de choses et d’autres. Le gardien est sympa, il nous explique qu’en Angola, il a une petite société de pêche et il nous demande si nous connaissions quelqu’un qui serait intéressé à importer du poisson pêché au large de son pays. On rigole, l’homme a le sens du commerce, ‘à l’Africaine’, nous fait-t-il en levant les bras.
Le catalogue finit par arriver et le lendemain nous allons voir ‘Résonance Chinoise’, l’Exposition itinérante internationale de la peinture à l’huile chinoise.
La Chine, dont ce n’est pas la tradition, a découvert récemment la technique de la peinture à l’huile. Comme dit la brochure, cette exposition a vocation à rendre effective la stratégie nationale d’internationalisation de la culture chinoise et de faire découvrir au reste du monde la peinture à l’huile contemporaine chinoise.
Les œuvres exposées sont grandes, 1,50×2,50m. On s’amuse à deviner l’influence occidentale combinée ou non à une ‘touche’ chinoise. Un Edward Hopper, un Vermeir, un Anselm Kieffer,et la plupart des tableaux sont figuratifs.

Le soir du 14 juillet, nous nous pointons au bout de Champ de Mars pour admirer le feu d’artifice tiré de la Tour Eiffel.
À l’entrée les contrôles sont sévères, les sacs sont proscrits et leurs propriétaires se voient refuser l’accès au parc.
La foule est dense, assise à même le sol. On passe devant elle et on s’installe debout devant une grille. Dernière nous, spontanément, une chorale d’un milliers de voix entame ‘assis, assis, assis’. Nous obtempérons.
À 11:10, sur le podium officiel, la chorale clôture le concert avec l’hymne européen. La Tour Eiffel s’éclaire en bleu, blanc, rouge, la chorale chante la Marseillaise, la foule suit.
Les fusées éclatent et nous offrent 35 minutes d’un spectacle qui nous font oublier le bain de foule.


A l’issue de l’attraction, le millier de spectateurs quittent le Champ de Mars au coude à coude. La bouche de métro La Motte-Piquet est difficilement accessible. Nous marchons pendant vingt minutes en amont de la ligne, pour prendre l’entrée du métro # 10 à Charles Michel. Nous avons des places assises dans le train.
Wilbert et Cor, nos voisins du port, sur le Bianco-Nero ont fait le trajet en bateau. Nous dormons lorsqu’ils s’amarrent à côté du Chat Lune.

L’été est arrivé au port de l’Arsenal; le bassin est toujours balayé par une légère brise et la dunette est un endroit agréable à vivre.

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Dimanche prochain, la suite.

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Carnet de Bord 16/12 – Paris 10 – Philippe Geluck, Albert Einstein, Stéphane Thidet, Olafur Eliasson, Bulle d’O,

imageAu Circul’Livre du 2e arrondissement, au coin de la rue Montorgeuil et de la rue Bachaumont, nous sélectionnons deux livres qui nous intéressent.
‘Le Cas Edouard Einstein’ par Laurent Seksik et ‘Kartoffelkäferzeiten’ par Paul Maar.
Le premier roman relate l’histoire du fils schizophrène d’Albert Einstein. Par une succession de chapitres courts, l’histoire évolue vue par Édouard, par sa mère Mileva et par son père Albert.
Le second livre se situe en Allemagne dans la période entre l’après-guerre et le ´Wirtschafswunder’.
Tous les samedis matin nous allons chiner au Circul’Livre du jour. Créé en avril 2004, l’initiative soutenue par une quinzaine de mairies de Paris offre gratuitement à tout passant intéressé, un choix de livres. L’idée est de promouvoir la lecture parmi la population.
Pour plus détails cliquez le lien suivant
http://circul-livre.blogspirit.com/qu-est-ce-que-circul-livre.html

Sur le chemin du retour, au 23 rue de l’Arbre Sec, dans le 1e arrondissement, au Musée en Herbe, nous découvrons l’exposition intitulée ‘L’Art et le Chat’, organisée par Philippe Geluck.
L’humoriste a associé des tableaux d’artistes renommés à des dessins humoristiques avec son chat comme personnage central.
Je joins quelques exemples des dessins de Geluck, les orignaux sont suffisamment connus pour ne pas devoir les publier.

Lundi dernier, motivé par le soleil du matin, le métro 1 nous conduit à la Fondation Vuitton.
Arrivés au Jardin d’Acclimatation, le ciel se ferme et c’est sous derrière une toile grise que nous observons l’architecture de Ghery, transformée par Daniel Buren. L’artiste a fait placer des panneaux colorés sur les surfaces en verre du bâtiment. Contrairement à l’effet escompté, cette initiative diminue la grandeur de l’œuvre de Frank Ghery. L’ensemble paraît plus petit que nous l’avions en mémoire et lui confère une certaine banalité.
Plus haut, sur le trajet de la ligne 1, des jeunes créateurs ont installés des meubles extérieurs sur l’esplanade de la Defence.
Nous aimons la promenade élevée et les bancs de travail orientés vers l’Arc de Triomphe.

Mercredi, nous allons à Versailles voir la chute d’eau que l’artiste Danois Olafur Eliasson a installé dans le bassin de Neptune. Le hasard veut que fassions le trajet en RER C avec notre amie Qing. Elle part guider un groupe de touristes Chinois dans la Galerie des Glaces du Château, c’est son métier.

Jeudi, nos amis américains Bill et Genevieve quittent le port pour une croisière sur la Marne. Ils vivent à Paris sur leur bateau le River Pipit. Comme tout résident de l’Arsenal, la règle veut que chaque année en été, ils libèrent leur emplacement pour une durée minimale de 21 jours.


Cette mesure permet de libérer des emplacement pour les plaisanciers de passage et elle contraint les résidents d’avoir un bateau navigable.
La plupart des ports, en France et ailleurs, sont encombrés de bateaux dont l’unique caractéristique est de flotter. Bon nombre sont crasseux, leurs moteurs n’ont plus tourné depuis des années et leurs propriétaires en ont oublié l’existence. D’autres sont habités mais naviguer ne fait pas partie de la préoccupation de leurs occupants.
Un bateau qui ne navigue pas à perdu son âme.

Entre temps, la vie dans le port continue. Cet après-midi de ce dimanche ensoleillé, nous aidons une voisine à tourner son bateau. Les travaux d’aménagement terminé, Nathalie a souhaité avoir le Bulle d’O cul à quai et sa terrasse orientée vers le bassin.

Comme chaque semaine, celle qui vient de s’écouler nous a trimbalé de galerie en exposition. Open Space expose du ‘Street Art’ sur le thème des montres Casio G-Shock. Froissart fête les 50 ans d’existence du bikini. La Fondation EDF montre une série de photos ´Enfants non Accompagnés’ dans le camps d’attente de Calais. Le musée Cernuschi, près du parc Monceau, nous fait découvrir le peintre chinois Zao Wu-Ki.
Dans l’Orangerie du Luxembourg, Alain Kramer expose des photos de fonds abstraits,
Olivier de Mazières des huiles et pastels de paysages, et Jacqueline Badord et Olivier Desamps des dessins et des sculptures.

Enfin, dans l’ancienne sacristie du Collège des Bernardins, l’artiste français Stéphane Thidet nous ravit avec la magie de son installation. Deux branches de bois mort tournent lentement, suspendues au plafond par des fils invisibles. Une des extrémités trace un sillage dans l’eau qui recouvre le fond de la salle.

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Demain commence une nouvelle semaine. Ce soir le stade de France sera en effervescence.

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Carnet de Bord 16/11 – Paris 9 – Les Îles de la Seine, Impressionistes en Normandie, Émaux de Limoges, Douanier Rousseau

imageL’aeroport sur l’île au Cygnes, au pied de la Tour Eiffel ne fut jamais construit, mais l’idée est amusante.

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Le pavillon de l’Arsenal, commandité en 1879 par un riche marchand de bois pour y conserver sa collection de tableaux, est aujourdhui un lieu d’exposition.
Le rez-de-chaussée est consacré à l’histoire de la métropole parisienne, au travers d’archives, photos, cartes et plans. Au centre une maquette numérique illustre l’avenir sous le titre de « Paris, métropole 2020 ».

L’étage offre des expositions temporaires. Jusqu’au 2 octobre on peut y découvrir les Îles de la Seine. L’île aux Cygnes est devenue un parc de promenade au bout duquel trône un modèle réduit de 11,50 m de haut, de la statue de la Liberté. Celle de New York mesure 46,50m.

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En remontant sur Paris, le 30 avril dernier, nous avons aperçu les travaux de l’île Seguin à Boulogne-Billancourt. Il y dix ans, l’usine Renault qui occupait toute la surface de l’île, fut entièrement démolie. On y érige actuellement des bureaux, des commerces, quelques immeubles d’habitation, ainsi qu’un cinéma et un pôle multimédia en forme d’une citrouille géante. Il s’avère qu’il faudra attendre plusieurs années encore avant que le chantier ne soit finalisé.
On reviendra voir.

Les ‘Impresionistes en Normandie’ sont exposés au Musée Jacquemart-André. On aime beaucoup deux tableaux modernes de Monet et 3 aquarelles de Turner. Comme dans la plupart des expositions temporaires, il est interdit de prendre des photos. C’est étonnant car on les trouve toutes sur Internet.


Mon nouvel iPhone SE prend d’excellentes photos en toute discrétion. De nos jours, trois personnes sur quatre pianotent en permanence leur smartphone, en rue, dans le métro, au restaurant et dans les expositions. Les gardiens de salle n’y prêtent plus d’attention.
Les clichés pris, Marleen me fait remarquer que chaque salle est équipée d’une caméra grand angle. Du coin de l’œil, j’observe qu’au poste de contrôle, le gardien de l’écran de surveillance, échange les dernières information footballistiques avec un de ses collègues. On quitte le palais des Jacquemart-André la paix dans l’âme.

Mardi matin, au musée musée d’Orsay, nous faisons la queue pour voir l’exposition consacrée au Douanier Rousseau. Ce n’est pas notre peintre favori mais entre les œuvres exposées, le curateur à intercalé des tableaux d’autres artistes tel que l’homme au bonnet rouge de Vittorio Carpaccio, un paysage d’Antonio Donghi et une nature morte de Picasso.

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Au 5ieme étage on se mêle à la foule pour admirer les Impresionistes.
Les raboteurs de parquets de Gustave Caillebotte nous font penser à nos amis Fabien et Qing qui renouvellent l’appartement récemment acquis.
Mercredi soir, nous avons la joie de les accueillir à bord avec Fabrice, le frère aîné de Fabien pour fêter l’anniversaire de ce dernier. Marleen lui offre un garde page en point de croix, brodée de sa main.
La vie sociale dans le port de l’Arsenal est un fleuve tranquille mais continu.

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Pour clôturer la semaine en beauté, nous profitons que le premier dimanche du mois, certains musée ouvrent leurs portes gratuitement.
C’est les cas du musée de Cluny qui expose une collection d’émaux de Limoges. Bien évidemment, au passage, nous ne manquons pas d’aller saluer la Dame à la Licorne.

Enfin, dans le Marais, si vous flânez rue des Francs-Bourgeois, faites une halte au 55-57, le Jardin Municipal propose un espace jardin avec tables, bancs et chaises et snacks. En cas de pluie, les salons intérieurs sont accueillants.

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Suite dimanche prochain.

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Carnet de Bord 16/10 – Paris 8 – Paula Modersohn-Becker, Rodin, Branly, Marie Curie, Transhumance

imageDans une alcôve de la mezzanine ouest du musée du quai Branly, résonne un chant étrange à nos oreilles. Sur le fond d’une vibration profonde, en écoutant bien, on décèle une flûte, une cascade d’eau, du vent dans les feuilles des arbres et d’autres sons de la nature.
Johanni Curtet nous fait une démonstration du chant diphonique de Mongolie. Le chanteur est docteur en etnomusicologie, spécialisé dans l’histoire et la transmission du höömij, l’art du timbre vocal mongol.
Pendant une demi-heure, l’artiste scientifique nous donne une brève introduction historique et technique, ponctuée par des démonstrations vocales, de cet art ancien.
Assis à même le sol, la poignée de lève-tôt qui l’entoure, sont enthousiastes.
Pour plus de détails ouvrez le lien suivant: http://www.overtone.cc/profile/JohanniCurtet

Ce matin notre réveil sonne à 05:15. On mange à l’aise quelques croissants acheté la veille, le métro nous conduit au pont de l’Alma et à peu avant 07:00 on traverse les jardins du musée Branly. Pour célébrer ses dix années d’existence, le musée offre aux visiteurs un accès gratuit pendant 31 heures en continu, du samedi 25 juin 11:00 au dimanche 26 juin à 17:00.
Chaque heure est ponctuée par une présentation musicale surprise, à 07:00 ce sont deux frères Congolais nous font une démonstration de kalimba et à 08:00, Johanni Curtet nous enchante avec le höömij.

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« Paula Modersohn-Becker voulait peindre et c’est tout. Elle était amie avec Rilke. Elle n’aimait pas tellement être mariée. Elle aimait le riz au lait, la compote de pommes, marcher dans la lande, Gauguin, Cézanne, les bains de mer, être nue au soleil, lire plutôt que gagner sa vie, et Paris. Elle voulait peut-être un enfant – sur ce point ses journaux et ses lettres sont ambigus. Elle a existé en vrai, de 1876 à 1907. Paula Modersohn-Becker est une artiste allemande de la fin du XIXème siècle, peintre, célèbre en Allemagne et dans beaucoup d’autres pays au monde, mais à peu près inconnue en France bien qu’elle y ait séjourné à plusieurs reprises et fréquenté l’avant-garde artistique et littéraire de son époque. Née en 1876 et morte en 1907 des suites d’un accouchement, elle est considérée comme l’une des représentantes les plus précoces du mouvement expressionniste allemand. »
C’est ce que Marie Darrieussecq écrit dans sa biographie consacrée à l’artiste.
Voir le lien suivant:
http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=livre&ISBN=978-28180-3906-9

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Nous aimons particulièrement les portraits de sa première période, là oú elle n’était pas encore influencée par ses contemporains français.
L’exposition est à voir au musée d’Art Moderne de la Ville de Paris.

Plus tard dans la semaine, nous rendons visite au musée Rodin rénové.
Les planchers Versailles ont été démontés et refait ainsi que les moulures. Les fenêtres ont été remplacées, les murs repeints et un ascenseur installé.
L’ascenseur en plus, l’hôtel Biron a retrouvé l’éclat qu’il avait lors de son achèvement en 1730.

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Un autre jour, au musée Pierre et Marie Curie, nous sourions devant deux publicités étonnantes à nos yeux du 21ieme siècle, on croirait lire le journal satirique Hara-kiri.

– « Une laine souple, élastique, résistante, épaisse et confortable qu’un traitement physico-chimique à doué d’un remarquable pouvoir: la radio-activité. Pour tricoter la layette de bébé, les lainages des enfants, vos sous-vêtements et vos pull-overs, utiliser la ‘Laine ORADIUM ».

Les appareils de beauté du Docteur Monteil au caoutchouc radio-actif.

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N’empêche que nous saluons humblement les quatre membres de la famille Curie et leurs cinq prix Nobel.

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Mercredi nous entraînons Bill et Genevieve à aller visiter le ‘Dépot Chapelle’, une ancien site ferroviaire, fermé en 2014, qui était dédié à l’entretien des locomotives du faisceau de la Gare du Nord. En 2013, il est destiné à devenir un ensemble mobilier, commerces et lieux publics.
Aujourdhui, les locomotives côtoient des bars, des restaurants, des pleines de jeux, des transats et des bancs publics.

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Pour clôturer le compte-rendu de la semaine dernière à Paris, sachez qu’après quelques échanges de balles entre la CGT, le gouvernement et la municipalité, le préfet décida d’autoriser un défilé syndical restreint autour du bassin de l’Arsenal, notre port d’attache et notre lieu de résidence actuel.
Suite à cette décision, et obéissant aux conseils de la police fluviale et de la capitainerie, jeudi matin, une trentaine de bateaux ont lâchés leurs amarres pour franchir le tunnel sous le Boulevard Richard Lenoir, remonter le canal Saint-Martin pour aller se réfugier et s’amarrer dans le premier bief après les Ecluses 7 et 8.
Le soleil était présent et transhumance fut festive et réussie. Grâce à l’intervention structurée des forces des forces de l’ordre, le port fut épargné de tout dégâts et c’est avec plaisir que vers 19:30, le Chat Lune et son équipage retrouva l’emplacement 87.

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Suite dimanche prochain.

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Carnet de Bord 16/9 – Paris 7 – Paléontologie, Delfin, Pont des Arts, Métro Liège, Vide-Grenier

 

imageEn 1914 la station de métro Berlin est rebaptisée Liège. En 1968 les deux quais sont embellis d’un décor en céramiques de Welkenraedt, représentant des sites et des monuments de Liège et de sa région. Dans le sens de Châtillon, les tableaux sont en couleur et dans le sens de Saint-Denis en tonalité bleue. Pour éviter les dégradations, la station est fermée à 20:00. Cette particularité est annulée en 2016.
Ce dimanche, le 19 juin, en route vers le vide-grenier de la place Adolf Max, nous sortons de train pour admirer à l’aise les deux murs de quais.


Dans la même station, l’intérieur de l’ancien local de garde est décoré d’une forêt de bois mort, peint en blanc. La notice explique qu’un des membres de l’équipe d’entretien entreposa pendant des années dans ce local, les bouts de bois qu’il récupérait le long des voies. Lorsque cela fut mis à jour, la RATP appliqua une couche de couleur blanche sur l’ensemble, pour le plaisir des voyageurs et des découvreurs de choses insolites. Cela nous fait penser au réalisations de Eva Jospin.

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La semaine passée fut mouillée, le niveau de la Seine remonte et cet après-midi, la dénivellation par rapport au port est à de 30 cm.

Au musée d’histoire naturelle au Jardin des Plantes, la Galerie de Paléontologie et d’Anatomie comparée est un de ces conservatoires à l’ancienne oú la quantité des objets exposés submerge le visiteur. Entre le squelette d’une baleine et celui d’une girafe, je crois apercevoir la silhouette
d’Adèle Blancsec.

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Le musée offre également une exposition intitulée ‘Le Magicien d’Os’. Ci et là, posés entre les squelettes d’animaux réels, on peut admirer 12 sculptures de l’artiste conceptuel Quentin Garel. Il nous présente des crânes de félins, cétacés ou oiseaux, réalisés en bois ou en fonte.
Le panneau explicatif dit: Les crânes réels ne sont qu’un point de départ pour Quentin Garel, qui s’emploie à les déformer, à les agrandir, à les anamorphoser.

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Le pont des Arts, débarrassé de ses cadenas, est décoré par le sculpteur Daniel Hourdé. L’œuvre s’intitule la Passerelle Enchantée. Une végétation en fer blanc dans laquelle se meuvent des personnages tordus et déformés.

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Jeudi, pour fêter l’anniversaire de notre ami Bill, je cuisine un Osso Bucco aux spaghettis dans ma casserole à pression. J’agrémente la viande d’un oignon, de carottes, de tomates, de champignons de Paris et d’une branche de céleri. Ail, sel et poivre, une pincée de cumin et une demi cuillère à café de ras-el-hanout en font un délice. Le lendemain, le restant est encore meilleur que le plat préparé le jour.

Samedi nous aidons Fabien et Qing à ramener le Delfin de La Vilette au port de l’Arsenal.
Nous sommes seuls sur le parcours, ce matin, le temps est au beau fixe et le canal Saint-Martin est en beauté.

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Au Vide Grenier de la place Adolf Max, j’achète pour 2€ un lion en peluche qui me souriait.

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Plus loin dans le 9e, le Circul’Livre du Conseil du Quartier Martyrs, dont les tables sont installées au coin de la rue des Martyrs et de la rue Hippolyte Lebas, est un 3 étoiles. Le sourire au lèvres, nous rentrons au bateau avec une dizaine de livres. Les planches des bibliothèques du Chat Lune commencent à déborder.

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Carnet de Bord # 16/8 – Paris 6 – Yangtze,Mrs.Muir,Vide-Greniers,Diego Stirman

imageDimanche matin nous allons chiner au Vide Grenier du Comité du Chat Libre de Saint-Ambroise.

Quel beau nom pour un marché.

Tous les week-ends, Paris offre plusieurs brocantes et vide greniers, nous en explorons un le samedi et un le dimanche.

Comme je l’ai déjà signalé dans mon billet précédent, les séquelles des crues de la Seine et de la Marne nous motivent à rester au port de l’Arsenal pendant plusieurs semaines encore. Nous allons attendre que les cours d’eau reprennent leur rythme normal et que les ports de plaisance situés sur notre itinéraire soient remis en état.

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C’est un cadeau imprévu et exceptionnel que la nature nous offre cette année-ci.
Car, chose remarquable, une fois la décision prise de séjourner ici jusque mi-juillet ou même plus tard, notre état d’esprit change du tout au tout.

Pendant le mois de mai écoulé, sachant que nous ne restions ici que 4 semaines, notre grille des activités incontournables s’était remplie d’expositions, de musées, de films et de repas entre amis, jour après jour, soirée après soirée.
Aujourdhui, un voile de béatitude nous est tombé dessus.
Plus rien ne presse, et si notre liste d’intérêts continue à s’allonger à chaque découverte d’un vieux film à voir ou d’une galerie de photo inexplorée, nous savons que nous avons une bonus de deux mois pour satisfaire notre curiosité.

Notre nouveau plan est de quitter Paris par la Marne et de rentrer chez nous en descendant la Moselle et le Rhin jusqu’en Hollande. Nous allons ensuite traverser le delta de Zeelande pour aboutir à Terneuzen et rentrer à Zelzate, notre port d’attache sur la canal Gand-Terneuzen.
En clair, au lieu de séjourner au port de l’Arsenal en mai et puis à nouveau en septembre après avoir effectué une croisière dans le nord-est de la France, nous allons vivre ici du début mai au début août pour ensuite rentrer chez nous directement.

Les jours de la semaine filèrent comme de coutume, en vrac et dans le désordre:

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À l’Orangerie du jardin du Luxembourg, Swarovski présente ‘Living Yangtze’.
Le photographe Éric Valli nous raconte le fleuve au travers de l’histoire de 7 communautés qui vivent le long de ses berges.
L’auteur a parcouru 6500 km en six mois. Il nous fait découvrir la Chine rurale, oú vit un tiers de la population du pays, loin des grattes-ciel de Shangai et de la vie trépignante de Pékin.
Pour plus de détails voir le lien ci-dessous.

Living Yangtze de Éric Valli exposé à l’Orangerie du jardin du Luxembourg

Depuis quelques années je caressais l’idée d’installer une ‘pompe de pont’. Cela consiste à relier l’amenée d’eau qui se situe dans le compartiment moteur à une pompe et de connecter cette dernière à un tuyau qui débouche sur la dunette.
Nous disposerons ainsi d’un jet d’eau puissant qui utilisera l’eau de la rivière au lieu de la borne d’eau potables des pontons. Solution hautement écologique.
J’ai en réserve un pompe à eau neuve. Dans mon petit carnet Moleskine, je dessine le schéma du cuicuit et je fais l’inventaire des pièces nécessaire à l’assemblage du projet.
Leroy-Merlin me fournit les raccords et en deux matinées, le Chat Lune se voit doté d’une pompe de pont. Bill et Genevieve viennent admirer le travail, c’est l’occasion de boire l’apéritif ensemble.

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Joseph Mankiewicz nous ravit avec ‘All about Eve’ et ‘The Ghost And Mrs.Muir’.
Chez Lavrut dans le passage Choisseuil j’achète des crayons de couleur aquarelle. Cette technique me permet de réaliser des dessins en route, sans avoir à trimballer tout mon équipement de pinceaux et pastilles de couleur.

Le vide Grenier du Chat Libre de Saint Ambroise s’avère être une bonne source d’objets convoitables et indispensables à la vie à bord du bateau.
Le bouddha endormi en bronze à 15€ fait le bonheur de Marleen.

Nous terminons la semaine à Belleville. Diego Stirman et sa fille Eléonore nous ravissent avec Flatus Bovis, spectacle hilarant pour enfants de tout âge. Voir le lien suivant:
http://www.familia-stirman.com

La grille de la semaine prochaine est presque remplie, je vous raconterai cela dimanche.

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Carnet de Bord 16/7 – Paris # 5 – Brocante et Crue

 

imageDans une boîte en carton, pêle-mêle entre d’autres objets, Marleen repère une pince de cuisine Art Deco en acier brossé. Elle leve la tête, 4€ fait le jeune vendeur, un peu rigolard. 2€, fait Marleen, la transaction se clôture à 3€. On est content et le vendeur aussi.

Nous sommes sur le marché de brocante annuel du Carré du Temple dans le 3e arrondissement. Un peu plus loin, je trouve et j’achète un niveau ancien en inox.

A l’heure où j’écris ce billet, nous sommes le sommes le lundi 6 juin. Le Chat Lune est toujours amarré au Port de l’Arsenal.
La crue de la Seine a rendu la navigation impraticable. Les bateaux mouches sont au chômage technique et les plaisanciers attendent la décrue.

On a la baraka d’être ici plus tôt qu’en rase campagne dans un village français où le four du boulanger s’est éteint il y a dix ans.

Dans le port, l’eau à monté de 2 mètres, les sanitaires du côté du Boulevard Bourdon, notre côté, sont scellés. Nous sommes autonomes, l’électricité du quai est toujours en fonctionnement, nos batteries sont chargées et notre chauffage électrique a suffit les jours précédents pour nous procurer une ambiance confortable à bord.

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Depuis ce matin, la température a soudainement pris des allures d’été, les doudounes Uniqlo sont rangées.

La capitainerie a installé des passerelles flottantes, ce qui permet au habitants du port, d’acceder à la ville quand ils le souhaitent.
Paris reste un endroit merveilleux, nous ne nous privons pas d’aller voir des expositions et des musées et aussi des films nouveaux et anciens. On s’est offert un festival Joseph Mankiewicz qui nous a ravi.

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Vendredi matin, on a pris le métro vers le pont de l’Alma pour voir où en était le Zouave. Cette statue est un des indicateurs traditionnels des crues de la Seine. L’eau montait à la ceinture du soldat, ce qui représente un elevement de niveau de 6m par rapport à la situation normale.
Dans la nuit de vendredi à samedi, le niveau a continué à monter jusque 6,50m.

La crue n’atteindra pas le niveau de 1910, mais elle a dépassé celle de 1982.

Depuis hier, le dimanche 5 juin, la décrue s’est amorcée et les quais du port de l’Arsenal devraient être dégagés à partir de mardi prochain.

Par contre, la situation des voies navigables de la région ne redeviendra normale que dans plusieurs semaines.
En plus de cela, certains ports de plaisance ont subi des dégâts. Nous risquons de rencontrer des pontons endommagés, sans électricité ni d’eau potable.

Aussi, nous avons décidé de rester ici au moins jusque fin juin.
Si les circonstances s’améliorent, nous poursuivrons notre croisière en juillet.

Notre plan initial pour cette année était de remonter la Marne jusque Vitry-le-François et ensuite de prendre le canal de la Marne au Rhin pour aller à Strasbourg. On envisageait de ne pas y aller directement mais de faire une boucle en descendant la Moselle jusqu’en Allemangne à Konz. A cet endroit on aurait repris la Saar vers le sud pour arriver à Strasbourg.

Nous allons faire autre chose. Il est trop tôt pour s’en préoccuper.

On aime Paris, nous sommes entourés par des amis et des connaissances, le port est un village où nous connaissons presque tous les habitants, c’est notre douzième saison ici. La vie est belle et on ne s’ennuie pas.

Suite dimanche prochain.

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Carnet de Bord – 16/6 – Paris # 4 – Musée de l’Homme – La Villette

imageComme entrée, j’ai choisi une douzaine d’escargots. À la table voisine, un convive lorgne mon assiette d’un oeil circonspect. Qing et Fabien nous ont invité au Temps des Cerises, un excellent petit restaurant, cuisine française, au coin de la rue de le Cerisaie et rue du Petit Musc.

Il s’avère que nos voisins sont Danois, deux couples qui partagent un appartement à Paris. Marleen sort son plus beau danois et nous apprenons qu’ils sont associés avec 21 autres personnes. Ensemble, ils ont acheté un appartement à cinq endroits au monde. À Paris, New York, Chamonix, à Majorque et en Toscane.
Aujourd’hui nos voisins viennent d’arriver à Paris et ils s’émerveillent de la coïncidence de rencontrer quelqu’un qui parle leur langue.
Marleen en danois et Fabien en anglais, les convainc de commander un plat d’escargots. Le plus courageux prend le risque. Après dégustation, tous y goûtent, ils nous remercient car tous les quatre aiment la délicatesse.

L’artiste de rue JR a masqué au moyen de collage, une des faces de la pyramide du Louvre. Lorsqu’on se positionne au point de convergence, la photo en noir et blanc crée l’illusion que la pyramide en verre à disparu. Voir ci-dessous.

Le Musée de l’Homme rénové attire une foule d’écoliers qui gambadent dans les larges couloirs clairs, dehors l’orage gronde sur la Tour Eiffel.

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À la Filmothèque du Quartier Latin, Mankiewiecs nous ravis avec The Honey Pot (1967). On découvre Maggie Smit, la douairière de Dowton Abbey. Elle a 33 ans à l’époque du tournage et la personnalité qu’elle dévoile dans la série télévisée est déjà présente dans le personnage qu’elle interprète dans le film.

Mercredi, le temps est au beau fixe, on fait quelques emplettes au supermarché des frères Tang, à China Town.
Ensuite nous prenons le lunch au Foyer de la Madeleine. C’est un restaurant associatif, situé dans les galeries sous l’église de la Madeleine.

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Pour la modeste somme de 8,5€, les hôtesses et les hôtes, tous bénévoles servent une entrée, un plat au choix, poisson (ou végétarien) ou viande et dessert.
L’accueil est chaleureux, le service est rapide et les plats sont ‘comme à la maison’.
Voir le site pour plus de détails http://foyerdelamadeleine.fr/index.php/restaurant-associatif

Pas loin de là, dans la rue Saint-Honoré, la boutique Longchamps ainsi que celle de Vuitton sont en rénovation. Les deux magasins ont choisi de décorer les échafaudages. Longchamps y va pour le Street Art et Vuitton a recouvert le bardage d’une gigantesque valise.

Pedro Almondovar n’a pas réussi à convaincre Cannes avec son dernier né, Julieta.
Le film est plus en douceur que ce que nous avons coutûme de voir de la main du fougueux réalisateur Espagnol. Marleen remarque que nous avons eu le même sentiment avec Café Society de Woody Allen. Il semble que l’âge a tempéré l’ardeur des deux réalisateurs. Cette constatation n’est pas négative.

Dimanche matin à 08:00 Fabien conduit son Delfin vers La Villette pour y séjourner les 21 requis par le règlement de la capitainerie du port de l’Arsenal. Nous jouons les mousses.
La règle des 3 semaines à été instaurée par la capitainerie pour s’assurer que tous les bateaux amarrés dans le port restent toujours en mesure de naviguer. Cela libère également des anneaux en prévisions des visiteurs de passage en été.

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La pluie tombait drue jusqu’au moment du départ. Une fois les amarres lâchées, c’est sous un ciel gris mais sec que nous remontons le canal Saint-Martin. Ma mère disait: « Wenn Engel reisen lacht der Himmel ».


Le trajet et les huit écluses sont avalés en moins de deux heures. À 09:50 le Delfin a rejoint son nouvel emplacement. Nous sommes à deux pas du marché du dimanche de La Villette.

L’endroit est vivant, bruyant, populaire et les prix sont modestes. Fabien s’y meut comme un poisson dans l’eau, les échanges de bons mots avec les maraîchers lui valent une ou deux tomates en plus ou quelques sous de réduction.
On achète des légumes, de la viande et des scampis pour un déjeuner convivial à bord du bateau de nos amis.

La semaine prochaine, notre intention est de prendre le départ pour remonter la Marne direction Meaux.
Suite de mes billets, dimanche prochain.

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Carnet de Bord 16/5 – Paris # 3 – Albert Marquet, Guimet,Fournaise,Archives,Chasse

imageMon préféré c’est Baloo. Un peu voyou, bon vivant, bourguignon, paraiseux, gourmand mais le cœur sur la main. Son courage n’égale que sa taille lorsque malgré son vertige, il grimpe la raide paroi qui le mène au temple de Loui, le roi des Bandar Log. Mieux encore, c’est lui qui en premier se rue sur Shere Kahn pour une confrontation violente qui le laisse groggy.
J’ai beaucoup aimé le dernier Jungle Book de Disney. Ancien louveteau, je connais Mowgli, Akela, Rashka, Baghera, Shere Kahn, le rocher du conseil et la Loi.
La technologie actuelle permet des montages étonnants, les animaux sont d’un réalisme à couper le souffle, le casting vocal est excellent, le Baghera de Bill Murray prend un accent de la haute, on l’imagine avec un haut de forme et la voix douce de Scarlett Johansson invite à se lover entre les bras de Kaa.
Petits et grands, à voir.

Les semaines filent, c’est banal à dire, mais c’est mon impression.
Le professeur de psychologie Néerlandais Douwe Draaisma, dans son livre intitulé ‘Pourquoi le temps va plus vite lorsqu’on vieillit’, avance l’hypothèse suivante. À l’âge de dix ans, pour mon petit fils Léo, une année correspond à 1/10 de sa vie. À 76 ans, une année correspond à 1/76 ieme de ma vie.
Plus c’est court, plus ça va vite et pour les semaines, c’est la même chose.

À Paris, on remplit sans peine nos journées et pour ne rien oublier, je note succitement mais scrupuleusement nos activités dans le livre de bord du Chat Lune.
Et comme vous pouvez lire, entre une visite de musée et une séance de cinéma, je rédige un billet pour mon blog.

Au musée D’Art Moderne de la Ville De Paris nous découvrons le peintre Albert Marquet.

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Je cite la brochure:

‘Le Musée d’Art moderne consacre à Albert Marquet (1875-1947), une importante monographie regroupant plus d’une centaine d’œuvres -peintures et dessins-, certaines montrées pour la première fois en France. Le parcours chronologique et thématique de l’exposition permet de redécouvrir un artiste inclassable qui a évolué avec les mouvements de l’époque, du post-impressionnisme au fauvisme, tout en conservant son indépendance stylistique.’
Ami d’Henri Matisse, Marquet aime l’eau et les paysages.

Les spots y sont pour quelque chose, mais nous sommes frappés par la lumière qui irradie de chaque tableau exposé. J’admire la simplicité des thèmes et l’harmonie des couleurs.
À voir.

Au musée Guimet le ticket d’entrée qui nous avait ouvert l’exposition du photographe Japonais Nobuyoshi Araki nous donne droit aux collections permanentes et à une œuvre inédite.
Au 4-ieme étage, dans la coupole, un autre Japonais, Shoushiku Tanabe a construit une sculpture végétale à base de 8000 baguettes de bambou. Son savoir-faire lui est transmis par son père qui lui enseigne l’art traditionnel de la vannerie – part de l’art floral japonais (ikebana) – et il utilise une technique de tressage en grosses mailles, procédé traditionnel familial. L’artiste explique qu’il met en évidence cinq grands éléments japonais : la terre (chi), l’eau (sui), le feu (ka), le vent (fû) et le vide (kokû).

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Mercredi nous avons rendez-vous au musée de la Fournaise, sur l’Île des Impressionnistes, avec Dominique et Bernard, un couple d’amis de vielle date. Bernard et moi étions collègues, ingénieurs consultants, chez André Vidal et Associés à Paris, dans les années 70.
Après la visite de l’exposition ‘Femmes’ et le lunch à la brasserie Le Napoléon, Bernard nous fait découvrir la promenade autour du fort du mont Valérien et le cimetières militaire américain de Suresnes.
Dans la foulée, il nous montre le Mémorial de l’escadrille La Fayette. Ce monument fut érigé en mémoire des aviateurs américains volontaires de l’Escadrille La Fayette engagés durant la Première Guerre mondiale. Il se trouve dans le Parc de Villeneuve-l’Étang à Marnes-la-Coquette.

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Pour terminer la semaine, nous profitons de la nuit des musées pour admirer les trois salons rénovés de l’hôtel de Soubise. Cet hôtel héberge le musée des Archives Nationales.
L’exposition temporaire, ´Des Voyageurs à l’épreuve du Terrain’ montre quelques dessins au crayon et à la plume fine réalisés par les explorateurs qui ne disposaient pas de caméras digitales. Voir ci-dessous.

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Toujours dans le Marais, le musée de la Chasse et de la Nature expose des tableaux de chasse en provenance de la collection privée d’Albert I de Monaco, kitsch mais intéressants.
Au rez-de chausse, la musée présente des œuvres du peintre américain Hippolyte-Alexandre Michallon alias Mark Beard, connu pour sa représentation réaliste d’animaux sauvages et ses tableaux de chasse.
Voir ci-dessous une aquarelle de l’artiste.

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Suite la semaine prochaine.

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Carnet de Bord 16/4 – Paris # 2 – Picasso, Oberkampf et Araki

 

imageLe soir de la première, le 18 mai 1917, le ballet ‘Parade’ de Diaghilev, sur un poème de Jean Cocteau, provoque une tempête parmi le public. Les décors et le rideau de scène sont de la main de Picasso, la chorégraphie de Léonide Massine et la musique d’Eric Satie.
La brochure dit que « Parade est une grande date dans l’histoire de l’art. La conjonction Cocteau-Satie-Picasso ouvre le cycle des grands ballets modernes chez Diaghilev ».
Cette semaine, le public est invité à venir admirer le rideau de scène que le Centre Pompidou a prêté au théâtre du Châtelet. L’entrée est gratuite et en bonus, on nous offre le film du ballet Parade, enregistré lors du festival Europa Dance 2007.
Curieusement, ce lundi matin 9 mai, nous ne sommes qu’une poignée de curieux à avoir fait le déplacement.

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Notre grille du calendrier du mois de mai se remplit lentement mais sûrement. Je trouve le temps de faire mon aquarelle journalière mais entre les séances de cinéma, les balades exploratoires et les musées, j’ai du mal à me concentrer pour écrire un billet pour mon blog.
Voici un bref aperçu de la semaine écoulée.

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Oberkampf est le nom de la station de métro de la ligne 5 avant République lorsqu’on va de la Bastille vers la Gare du Nord.
J’ai longtemps pensé qu’elle honorait le nom d’un grenadier Alsacien de la Grande Armée. En réalité il s’agit de Christophe-Philippe Oberkampf (1737-1815), un industriel né en Allemagne, émigré en Suisse et naturalisé français, célèbre pour avoir fondé à Jouy-en-Josas, la manufacture royale de toiles imprimées, les célèbres toiles de Jouy.
En plus d’être un industriel astucieux Oberkampf était aussi doté d’un sens politique qui lui permit de continuer à faire prospérer son industrie sous Louis XVI, la Révolution, la Terreur et le premier Empire. Anobli par le Roi en 1878, il devient citoyen à la révolution et maire de Jouy-en-Josas le 7 fevrier 1790. La manufacture resta florissante durant la Révolution et devint la deuxième entreprise du pays après la manufacture de glaces de Saint-Gobain.
Le 20 juin 1906, Napoléon I lui décerne la légion d’honneur.
Oberkampf a toujours suivi de près les évolutions technologiques de son époque et il a modernisés ses ateliers en conséquence.
Après sa mort en 1815, ses descendants le succèdent mais la concurrence devient grande et l’entreprise fait faillite et ferme ses portes en 1843.

Le RER C nous conduit à Jouy-en-Josas où nous visitons le musée de la toile de Jouy.

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Genevieve et Bill ont un carte d’entrée permanente au Louvre. Cela leur permet d’inviter un visiteur le mercredi et le vendredi en nocturne. Nous en profitons pour admirer les portraits de Maerten Soolmans et Oopjen Coppit peints par Rembrandt.
Au printemps 2014 la famille Rothchild décide de se séparer de ces œuvres. Le prix demandé était exorbitant et il dépassait largement le budget des musées nationaux. Le Louvre et le Rijksmuseum d’Amsterdam se mirent d’accord pour acheter l’un l’épouse et l’autre le mari. L’accord prévoit que les tableaux ne pourront plus être séparés. Ils sont seront exposés alternativement à Paris et à Amsterdam selon une périodicité longue et avec l’interdiction de prêt à d’autres institutions.

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Au centre de la cour carrée du Louvre, dans le bassin de la fontaine, un pavillon octogonal sur pilotis a été construit. Ses parois extérieures sont plaquées d’acier poli miroir et à l’intérieur Eva Jospin a dressé une une forêt en carton.

Le photographe Japonais Nobuyoshi Araki expose ses femmes ligotées au musée Guimet.
Je cite la brochure:
Figure incontournable de la photographie contemporaine japonaise, Nobuyoshi Araki est connu mondialement pour ses photographies de femmes ligotées selon les règles ancestrales du Kinbaku – l’art du bondage japonais -, pratique qui puise ses origines au XVe siècle. Cette exposition retrace cinquante années de son travail en plus de 400 photographies et compte parmi les plus importantes consacrées à Araki en France.

Deux films à retenir, Chaînes conjugales (A Letter to Three Wives) film américain réalisé par Joseph L. Mankiewicz, sorti en 1949 et Mr.Holmes. Dans ce film Ian McKellen joue le rôle de Sherlock Holmes âgé de 93 ans, qui résoud sa dernière affaire, malgré un début de sénilité et une mémoire faiblissante.
Suite la semaine prochaine.

 

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Carnet de Bord 16/3 Paris #1

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Voilà une semaine que nous sommes amarrés dans le port de l’Arsenal.
Jusque fin mai, notre adresse est 11, Boulevard de la Bastille, 75012 Paris.
Dès fois que quelqu’un ait envie de nous envoyer une carte postale.
Comme toujours à Paris, les jours se remplissent, les semaines filent et lorsque je me décide d’écrire un billet, je suis pris d’une espèce de paralysie de la plume.

En bref, qu’avons nous fait depuis notre arrivée.

Il y a le bonheur de se retrouver dans la petite communauté du port. Le village sur l’eau à la particularité de procurer un contact permanent avec ses habitants tout en offrant la distance nécessaire pour ne pas s’inportuner. C’est notre douzième saison de navigation avec le Chat Lune et notre dixième au port de l’Arsenal, si je décompte les deux années passés à Berlin.
Nous y séjournons généralement un mois entier, un au printemps et un en automne.

Notre arrivée ne s’est pas passée inaperçue. Des bisous se sont échangés et des repas se sont partagés. De nombreux autres sont programmés, bisous et repas.

Autour du bassin du port, des tentes blanches ont été installées pour héberger deux expositions successives. La première, le Grand Marché d’Art Contemporain s’est terminé le 2 mai. Nous étions à temps pour en faire plusieurs fois le tour.
Actuellement, jusqu’au 16 mai, les brocanteurs/antiquaires ont remplacé les artistes.

On s’est promené dans le jardin des plantes et dans les jardins du Luxembourg et carrefour de la Croix Rouge, rebaptisé carrefour Michel Debré, nous avons admiré le centaure de César.

Les enfants s’en donnent à cœur joie avec les voiliers du bassin du Luxembourg. Il souffle un bon vent, les bateaux filent vite.

Je continue à produire une aquarelle journalière, j’essaye d’accrocher le thème du jour.

Le temps est au beau fixe. Dans le bassin du port nous profitons d’un courant d’air permanent qui souffle dans la darse, 10 mètres plus haut, au niveau du boulevard Bourdon, il reigne une chaleur de juillet, sur la dunette du Chat Lune, c’est le bonheur parfait.

Comme chaque année j’ai dessiné une grille de calendrier dans notre livre de bord. Il nous reste 23 jours pour parcourir toutes les expositions et visionner tous les films que nous avons identifiés comme étant indispensable à voir.

Je n’en dit pas plus, ce soir nos amis Qing et Fabien viennent partager notre repas.

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Carnet de Bord # 16/2 – Souterrain de Riqueval – Impulseur cassé – Musée de la Batellerie

imageLe toueur du souterrain de Riqueval nous attend ce matin à 09:30. Nous sommes amarrés derrière l’Atout, un Freysinet qui transporte du sable. Le canal de Saint-Quentin et le tunnel datent de Napoléon I, il fut ouvert au traffic le 28 avril 1810.
Au départ les bateaux furent tractés par des équipes de haleurs. Ensuite un remorqueur à manège de chevaux prit la relève et en 1874 un toueur à vapeur fut installé. Le tunnel n’est pas ventilé et de nombreux bateliers furent intoxiqués par la fumée. En 1906 un toueur électrique résolut le problème.
Le toueur est un bateau qui se meut en se tirant à une chaîne posée dans le lit du canal. Un moteur électrique actionne une roue crantée qui déroule la chaîne. Il est alimenté par un trolley similaire à ceux utilisés en ville pour les trolleybus.
Les bateaux s’amarrent au toueur, les uns aux autres, dans l’ordre proportionnel à leur taille, les grands devant et les petits derrière. La traversée dure deux heures, le tunnel est long de 5,670 km.

En vue de m’accrocher à l’Atout, je met le moteur en route à 09:00. Très vite je constate que la pompe à eau de refroidissement n’aspire rien et que le moteur chauffe.

Une première vérification m’indique que le tuyau d’aspiration est libre et que la panne est due à une défaillance de l’impulseur, c’est le nom donné à la turbine de la pompe à eau.
Voir les photos ci-jointes: à gauche une turbine neuve, à droite la turbine défaillante.

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La première idée est de passer le tunnel attaché à l’Atout et de faire la réparation ultérieurement. Mauvaise idée. Au démarrage notre bateau file d’une berge à l’autre de manière incontrôlée. Je demande au skipper de l’Atout de lâcher les amarres et je range le Chat Lune le long de la berge et j’enfile un bleu de travail.
En dix minutes je réussis à enlever le couvercle de la pompe, à sortir l’impulsuer cassé et à le remplacer par un neuf que j’ai en réserve.
J’éprouve ensuite quelques difficultés à refixer couvercle car les petites vis ne s’accrochent pas facilement. L’opération dure en tout une heure et demie, la pompe aspire de nouveau l’eau de refroidissement et nous sommes prêts à passer le souterrain à 17:00 heures, au deuxième passage de la journée.

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Comme ce matin, un commerce nous précède. Sans trop de mal je persuade le technicien du toueur de nous laisser traverser le tunnel par nos propres moyens, c’est à dire au moteur au lieu d’être accroché à la péniche qui nous précède. L’inconvénient d’être tiré est que l’on contrôle mal ou pas du tout la trajectoire du bateau avec le risque de cogner les parois du tunnel.

À 19:00 nous sortons du trou et 10 km plus loin, nous passons la nuit amarré à l’amont de l’écluse de Lesdins.

Lorsque l’on choisit de vivre sur un bateau, on a intérêt à avoir une bonne connaissance technique multidisciplinaire et être doué de ses dix doigts.

Notre voyage vers Paris se poursuit par un froid de canard, le matin le pont du bateau est gelé et l’éponge mouillée que j’ai laissé sur la toit du carré est transformée en brique.

Jeudi nous passons la nuit au port de plaisance de l’Isle-Adam.
imageLe lendemain vers midi, nous amarrons le bateau au port de plaisance de Conflans-Sainte-Honorine, sur la Seine, au bas du château. À 14:00 le musée de la batellerie, entièrement renouvelé et réouvert en juin 2015, nous attend pour une visite.

Réouvert le 20 juin 2015 après rénovation, le texte de la brochure se lit:

Le Musée d’intérêt National de la Batellerie présente la collection la plus riche en France sur la navigation fluviale : plus de 200 maquettes, des centaines d’objets, tableaux et gravures pour comprendre l’évolution et la diversité de la batellerie en France.

Le Musée a été entièrement rénové et présente actuellement des témoignages vidéos, un parcours tactile, une salle vidéo et une nouvelle muséographie de ses collections. C’est également le centre de recherche français et européen en la matière. Situé dans le chateau du Prieuré, le Musée expose sur deux niveaux et s’ouvre sur le magnifique parc du Prieuré.
Voir également:

Cliquer pour accéder à 070515Communiquedepresse_Museedelabatellerieetdesvoiesnavigables.pdf

Samedi, le 30 juin, nous quittons Conflans à 08:30 et à 17:00, le Chat Lune est amarré à l’emplacement # 87 au port de l’Arsenal à Paris.

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Carnet de Bord 16/1 – Valenciennes

imageimageLe capitaine du port de Valenciennes a fabriqué un vélo hybride. Le cadre, la roue arrière avec dérailleur, est VTT, la fourche, le guidon et la roue avant sont du type ‘vélo Hollandais’, autrement dit, le diamètre de la roue avant est supérieur au diamètre de la roue arrière.
Il souligne que de cette manière, il roule droit, comme nos amis du nord, c’est très confortable rajoute-t-il.

Le port est flambant neuf, il a été inauguré en mai 2015. L’architecte du projet est certainement un écologiste mais pas nécessairement un spécialiste des ports fluviaux.
Dans les pays nordiques et en Hollande, les bateaux de plaisance ont l’obligation d’avoir à bord et d’utiliser une cuve d’eau noire, pour les terriens, un réservoir à merde.
Interdiction formelle de déverser son contenu dans les rivières et les canaux. Cette obligation n’existe pas encore en France et en Belgique, mais ça viendra et ci et là on commence à voir dans les ports, un équipement de vidange des cuves d’eau noire, des pompes à merde donc.
À Valenciennes, le port est équipé d’une station de pompage centrale et à chaque épi d’amarrage, un tuyau d’extraction est enroulé, en attente du plaisancier consciencieux.
C’est ce qu’on appelle un investissement préventif surdimensionné.
Ça fait sourire, mais cela mis à part, l’endroit est plaisant, bien équipé et l’accueil est chaleureux.

Le capitaine du port nous remet un plan de la ville avec des itinéraires flèches et numérotés.
On distingue le parcours des arts, le parcours des chalands et le parcours mémoire 14-18.
Nous on aime ça, mais comme la liste explicative des numéros se trouve sur un côté du plan et la carte de l’autre, nous allons quêter un deuxième document à l’office du tourisme.
La ville a fait du zèle et la guide nous remet le plan dernier né. Ce nouveau document est bilingue français-anglais et les circuits sont plus étendus et les numéros différents de ceux de notre brochure initiale. On quémande un deuxième nouveau plan.

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On aime bien Valenciennes, la ville a un bon chi, mais le mieux est l’ennemi du bien. Tout comme une station de pompage à eau noire avec un seul tuyau aurait suffit pour un port de la dimension de la ville, les circuits de promenade du premier plan sont plus concentrés et répondent largement au besoins du curieux qui débarque, alors que les nouveaux circuits sont beaucoup plus étendus et ne font que souligner le souci d’exhaustivité de l’échevin du tourisme.

Nous avions une idée préconçue de Valenciennes. On s’attendait à visiter une ville industrielle du nord, un peu abandonnée, grise, sale et morte.
La belle surprise, les rues sont propres, les parcs sont fleuris et bien entretenus, deux lignes de tramways modernes relient le centre aux faubourgs, les monuments historiques ont été rénovés, le centre commercial situé à côté de l’hôtel de ville, est bien achalandé, les jeunes qui sillonnent les rues, le smartphone à la main, rayonnent la joie de vivre.

Même les mendiants ont une certaine classe. Devant la Basilique Notre Dame du Saint Cordon, fermée et entourée de barrières nadar, un monsieur avenant nous explique que la ville a dégagé 26 millions d’euros pour sa restauration. On bavarde, il nous confie qu’il est Belge mais qu’il habite la ville depuis plus de vingt ans. Il rajoute qu’il avait un commerce d’import-export de vêtements de luxe, mais que la concurrence asiatique l’a poussé à la faillite. About d’un moment, il sort un stylo bille de sa poche et avec un grand sourire, nous annonce que pour survivre, il vend des Bics.
Je lui refile une pièce, j’empoche l’objet et nous nous quittons en nous souhaitant mutuellement une belle journée.

Le temps est froid mais ensoleillé, nous restons trois jours ici, on parcoure les circuits flèches en les interprétant à notre manière. Nous visitons entre autre, la bibliothèque des Jésuites qui date du XVIIIe siècle et dans laquelle on peut admirer une exposition des dentelles de Valenciennes.
La ville est réputée pour sa dentellerie dont l’excellente qualité lui conféra au 18ieme siècle, le qualificatif ‘d’inusable’.

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Après rénovation, les musée des Beaux-Arts vient d’être réouvert en 2015. Nous y découvrons deux tableaux signes Hieronymus Bosch. Le gardien de salle nous explique qu’ils n’ont pas été sélectionnés pour l’exposition de Den Bosch, car à l’expertise il s’est avéré que le bois sur lequel les œuvres sont peintes est plus jeune que Bosch. Il s’agit donc de tableau réalisés par l’école du peintre, après sa mort.
Le musée des Beaux-Arts à Gand a eu la même désagréable surprise et l’œuvre que les gantois croyaient de la main du maître, a soudainement chuté en valeur.
Il est ironique de constater qu’une œuvre d’art, que les experts les plus renommés ont pendant des siècles attribué à Bosch, se voit du jour au lendemain, dégradée par la technologie.
On sait pourtant tous que les grands peintres flamands, hollandais et autres, avaient des ateliers et que beaucoup de leurs tableaux ont été réalisés par des équipes d’artistes anonymes compétents, le maître n’y ajoutait que la touche nécessaire à en faire l’œuvre universellement reconnue comme géniale. Il est tout aussi évident qu’après la disparition du maître, les mêmes équipes ont continué à peindre ‘à la mode de’ et que par la suite, les experts s’y sont trompés, volontairement ou involontairement.
La griffe vaut son pesant d’or et les meilleures Breitling fabriquées en Chine sont inexorablement passées au rouleau compresseur lorsque les garde-frontière mettent la main dessus.

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Nous, on a bien aimé les deux tableau de Bosch du musée des Beaux-Arts de Valenciennes. Si notre curiosité ne nous avait pas poussé à nous inquiéter de savoir pourquoi ils n’avaient pas été prêtés à la grande exposition de ‘s Hertogenbosch, je n’aurais pas écrit les commentaires ci-avant.

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