Carnet de Terre # 23 Paris déchiré

imageIl me paraît trivial en ce jour, de décrire ma visite à une exposition de photo ou à une présentation de théâtre de marionnettes.

Je ne suis ni journaliste, ni politicien, ni philosophe et je ne vais pas essayer d’expliquer ce que nous aurions dû ou pu faire. Je ne vais pas non plus developper des théories historiques ni m’aventurer sur le terrain des projections dans l’avenir.

Mes émotions sont faites d’incompréhension, de tristesse, d’impuissance et de colère devant cette montagne d’imbécillité meurtrière.

La destination de notre prochain voyage sera Paris.

Aux victimes et à leur proches, j’offre les modestes dessins ci-près.

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Museos Koksijde, ou la passion des os

imageVendredi, le 6 novembre 2015. Il est 10:30 et le ciel est gris à Koksijde lorsque nous poussons la porte de Museos. Un sourire radieux éclaire son visage, Luc Tyteca vient à notre rencontre et la main tendue il nous souhaite la bienvenue dans son musée.
Le boulanger-pâtissier-biologiste a réalisé son rêve d’enfance. Le 31 octobre dernier avec son épouse Leentje Vandenhoudt, boulangère-pâtissière-biologiste, ils ont officiellement ouvert leur musée consacré aux squelettes, crânes et os de tout genre.
Fixés sur les murs en béton nu et exposés dans des vitrines en bois, le visiteur peut admirer des centaines de boîtes crâniennes et des squelettes entiers, du mulot de jardin à éléphant africain.
La fascination de Luc pour les animaux et leur anatomie remonte à sa prime jeunesse.
Fils de boulanger, ses parents, conscient de son intérêt, l’autorisent à faire des études supérieures.

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À l’université de Louvain il fait la connaissance de Leentje, comme lui étudiante en biologie. La pâte prend, si j’ose dire, et tout en gardant les squelettes en tête, les étudiants terminent leurs études en 1983, le couple se marie.
Pragmatiques, ils mettent leur connaissance en biologie en veilleuse et reprennent la boulangerie familiale. Luc confectionne et Leentje vend.
La passion reste et les heures libres sont sont consacrées à la recherche et à l’accumulation d’ossements. Lentement mais sûrement, la collection s’accroît, les boîtes s’accumulent et un rêve grandit.

En 2008, après vingt années de pains et de mille-feuilles, le couple transmet la boutique et ses fours au plus jeune frère de Luc pour se consacrer entièrement à leur passion de jeunesse, les squelettes.
Une vielle maison achetée quelques années plus tôt va devenir le Museos. À droite en regardant de la rue, l’habitation de Luc, Leentje et de leur fille et à gauche, le musée qui héberge leur collection.

Le 31 octobre 2015, après sept ans d’échanges administratifs, de réflexions et de discussions architecturales, le moulin à béton tourne et la vieille maison est transformée. Elle a doublé de volume, la partie musée est entièrement neuve. Très ouverte, les fenêtres sont placées de manière à ne laisser entrer que la lumiere indirecte. Les balustrades sont en fer galvanisé, la sobriété de la structure en béton apparent des murs met les objets exposés en valeur.
Au centre, des armoires vitrines, prêtées par le zoo d’Anvers pour une durée de cent ans, contiennent les objets plus petits.

Luc et Leentje sont à juste titre fiers de leur musée. Les visiteurs reçoivent un café et toutes les explications que les propriétaires fournissent avec enthousiasme. Nous ne devons pas insister pour que Leentje pousse la porte de la partie privée pour nous montrer ce qu’est devenu la construction ancienne des années 30.

Le musée est ouvert pendant les vacances scolaires, du jeudi à dimanche.
Luc nous explique qu’il a en réserve, une girafe, un rhinocéros, un tigre, un ours et un hippopotame dont l’assemblage lui demandera le temps libre entre les jours d’ouverture.
Leentje précise que les 8 mètres sous la faîte du toit ont été pensé pour y mettre la girafe.

Nous passons la matinée à monter et descendre les escaliers, à ouvrir les armoires vitrine, à boire du café, à bavarder et à écouter les explications des propriétaires.

Leur enthousiasme est contagieux, dorénavant, comme les vitraux, nous regardons les squelettes d’un œil averti.

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Carnet de Terre # 21 – Horloges de Parquet et Aquarelles

imageLorsque les poids du régulateur de parquet descendent au niveau de la lentille du balancier, il se produit un effet ondulatoire qui se propage dans la caisse de l’horloge. L’onde sinusoïdale opère une pression latérale sur le haut de la caisse qui, si elle n’est pas fixée au mur, oscille de gauche à droite. Les deux forces s’opposent et le phénomène provoque l’arrêt de la pendule.
Les horlogers appellent cela la maladie du vendredi. En effet, traditionnellement, les poids sont remontés le dimanche soir et le vendredi, presqu’en fin de parcours, redescendus au niveau de la lentille, ils provoquent l’effet que je viens d’expliquer.

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Mon horloger, Eric Antrop explique cela à un des ses clients, j’attend mon tour d’être servi mais j’écoute la conversation.
Comme disent les Bouddhistes, lorsque tu parles, tu racontes ce que tu sais, lorsque tu écoutes, tu apprends.
Eric nous explique aussi, un exemple à l’appui, que le dos de caisse des pendules est légèrement concave de manière à ce que la partie supérieure s’adosse contre le mur ce qui empêche le mouvement latéral du meuble.
Ceux qui ignorent ce phénomène et qui ne fixent pas le haut de leur meuble, de peur de griffer la peinture du mur, viennent chez Eric pour faire réparer leur horloge.

Depuis la publication de mon billet précédent, j’ai confectionné 20 pots de gelée de coings, 10 pots de confiture de pommes au jus de coings et 8 kilo de pâte de coings. Les 4 plaques sèchent, étendues sur un papier sulfurisé, posées sur dessus du réservoir d’eau chaude du chauffage.
Dans quelques jours, je vais découper des petits losanges, les enrober de sucre cristallisé et commencer la distribution.

Ce qui m’occupe aussi, c’est ma nouvelle passion. Ancienne nouvelle en réalité.
Vous avez remarqué que cette saison-ci, j’agrémente les pages de mes carnet de bord de petits dessins colorés.
Il y a quelques décades, feu Jan Hoet, le cousin de Marleen, pape de l’art contemporain, créa à Oostduinkerke, un patelin côtier situé au sud de nos 65 km de bord de mer, une académie d’art.
C’est là, que tous les week-ends, pendant deux ans, je peignais des moulins à vent avec de la peinture à l’huile. C’était ma passion de l’époque.
Lors de notre dernier déménagement, j’ai retrouvé dans quelques caisses, une trentaine de mes oeuvres et je me suis empressé de les offrir au ‘Kringloop’ d’Ostende. Cette organisation de bienfaisance, recycle et vend à des prix très bas tout objet légué par ceux qui comme nous, ont la manie de se débarrasser des choses dont on n’a plus l’usage.
Pourquoi des moulins à vent, me demandez-vous? Parce que tout simplement, à l’époque, j’avais envie de peindre des moulins à vent. Certain de mes produits doivent à l’heure actuelle, décorer les murs de l’un et l’autre appartement de la côte belge, à moins que les toiles n’aient été utilisées comme fond pour des oeuvres nouvelles. Cette dernière supposition est la plus probable.

J’ai aussi tenté l’aquarelle, mais la patience d’apprendre sa maîtrise me faisait défaut, aussi, je me suis contenté d’acheter la peinture et de confectionner une belle boîte pour la contenir.
Aujourd’hui, je m’y suis donc remis. J’ai ressorti la belle boîte que j’ai fabriqué à l’époque, vous jugerez sur photo, les pastilles de Winsor et Newton, mes pinceaux et tous les accessoires utiles pour cette technique.
J’utilise le livre de Rowland Hilder, ‘Painting landscapes in watercolor’. Les nuages sont très difficiles à réaliser et pour s’entraîner, l’auteur conseille de peindre un ciel chaque jour.
J’ai décidé de suivre son conseil, c’est autiste comme décision mais j’espère que dans 365 dessins, je réussirai à réaliser quelque chose de présentable.
Je vous livre un ou deux essais pour vous tenir informés.

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Toutes ces occupations ne m’empêchent pas de faire un saut chez mon horloger pour lui demander de faire l’entretien d’une de mes montres mécaniques.
Eric Antrop est un de ces artisans doué qui répare avec talent, les montres et les horloges anciennes, pour autant qu’elles soient mécaniques.
Un petit panneau sur sa porte mentionne: ‘Je ne remplace pas les piles des montres quartz’.

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Carnet de Terre # 20 – Nuages, Château de Rœulx,Grand Hornu,Saint-Georges et les coings

imageLe plus difficile, depuis que mon frère a déménagé, est de trouver des coings.
Jacques, mon frère, avait dans le jardin de sa précédente maison, deux cognassiers qui me permettaient, dès que le Chat Lune était mis sur béquilles, de confectionner une vingtaine de pots de gelée de coings.

Heureusement, à Roeulx, en bas de la rue Émile Vandervelde, en descendant du château, nous découvrons un magasin de fruits et légumes, les ‘Primeurs Ledoux’.
J’achète trois kilo de coings, deux kakis, 8 figues et 8 dattes.

Aujourd’hui, le 18 octobre, est le dernier jour de l’exposition ‘Clouds’ au château de Rœulx près de Mons. Aujourd’hui également, au MAC’s du Grand Hornu, est le premier jour de l’exposition l’Homme, le Dragon et la Mort. Nous combinons les deux visites.

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La famille princière de Croÿ-Rœulx n’ouvre jamais ses portes au public. Elle habite et entretien le domaine y compris le jardin, sans faire appel aux subsides de l’état.
L’exception qui confirme la règle, est liée au statut de Mons comme capitale européenne de la culture 2015.
Bien entendu, le château n’est pas accessible mais le parc, l’orangerie et les écuries hébergent, sur le thème des nuages, les oeuvres de 35 artistes dont l’incontournable René Magritte.

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Le ciel est un spectacle permanent et les nuages me fascinent.
Ils sont très difficile à reproduire en peinture et je suis béât d’admiration pour les artistes qui réussissent à les capter, tel que Magritte ou Turner.
J’ai ressorti mes pinceaux et mes pastilles de Winsor et Newton et Rowland Hilder, dont le manuel me sert de guide, m’a conseillé de peindre un ciel tout les jours. Je suis son conseil et je me dit que peut-être dans un an je réussirai à produire quelque chose dont je serai content.

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Comme vous pouvez le voir sur la photo aérienne de Google, le parc du château des Croÿ-Rœulx comporte un enclos pentagonal. Le trapèze NE est affecté aux légumes et aux fruits et le trapèze NO aux fleurs. Dans le premier, je repère deux cognassiers dont les branches plient sous le poids des fruits. Une question nous traverse l’esprit, les princes vendent-ils leur production ou est-ce que comme moi, ils en font de la gelée?
La réponse nous est fournie en retournant à la voiture. Nous repérons la boutique de Laloux où nous achetons les fruits princiers. Ils ne viennent pas du château mais ils sont splendides.

Une vingtaine de kilomètres plus loin, nous parquons notre véhicule devant l’entrée du MAC’s.
Le Grand Hornu est un complexe minier dont l’origine remonte à 1778.
Le charbonnage ferme ses portes en 1954, les bâtiments sont sauvés de la démolition et acquis par la province du Hainaut en 1989. La décision d’y installer le Musée des Arts Contemporains est pris en 1991 et en 2002 le MAC’s est officiellement inauguré.
Le 1e juillet 2012, le site du Grand-Hornu est inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.

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Aujourd’hui, le 18 octobre, l’Art Contemporain fait place à Saint-Georges, sa légende et son Dragon.
Nous découvrons avec admiration une sélection de sculptures, peintures, enluminures et dessins datant du Moyen Âge et de la Renaissance, comme Cranach, Dürer, et Tintoretto. Ci et là on observe l’œuvre d’un artiste moderne, tel que Tuymans et Guiseppe Penone.
Ce sont les oeuvres anciennes et en particulier les sculptures, qui nous émeuvent le plus.

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Rentrés chez nous, je me mets au travail et pour les cuisiniers entre vous, voici comment je confectionne la gelée de coings.

Acheter 3 kg de coings chez Laloux à Rœulx.
Les laver, les couper en morceaux avec un hachoir chinois et les mettre dans le panier supérieur de l’extracteur de jus à vapeur BEKA.
Allumer le gaz sous la machine et attendre une heure.
Récupérer le jus, peser 1 kilo (= 3kg de fruits+/-) et faire cuire avec 1 paquet de Pec Impérial, 1 kilo de sucre et le jus d’un citron. Le temps de cuisson est de 30 secondes à partir de l’ébullition de l’ensemble.
Remplir les pots, les fermer et les retourner pendant 10 minutes sur un linge mouillé. 1 kg de jus donne 5 pots de la dimension des pots Bonne Maman.

La pâte de coings:

Récupérer la purée de coings de l’extracteur et la passer au passe-vite. Les 3 kg de fruits donnent environ 2 kg de purée passée.
Faire cuire à petit feu en remuant, 1 kg à la fois, avec 1 kg de sucre et le jus d’un citron jusqu’au moment où la pâte se détache de la paroi de la casserole. Temps de cuisson environ 30 minutes.
Étendre la pâte (épaisseur 2 cm) sur un papier sulfurisé et ensuite le mettre sur le dessus d’une armoire dans une chambre à tempérée pendant 7 à 15 jours, le temps que l’excédent d’eau s’évapore.
Couper en losanges et sucrer (éventuellement).

Bon appétit.

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Carnet de Bord # 47 – La fin de la saison de navigation 2015

imageAu sec dans le hall de Carron-Marine, posé sur quatre supports, le Chat Lune attend sagement le début de la saison de navigation prochaine.
Je vais confier à une firme spécialisée le soin de le simoniser.
Pour mes amis français, l’origine du verbe belge ‘simoniser’ est la marque ‘Simonis’, aujourd’hui disparue, de produits lustrant pour carrosseries.

Fin mars 2016, je procéderai au carénage. L’application du produit antifouling doit se faire le plus tard possible avant la mise à l’eau du bateau. En effet, pour être efficace, la peinture doit encore être neuve et légèrement souple. Si vous l’appliquez avant l’hiver, elle durcira et son effet sera moindre.
Je fais le malin en expliquant cela, mais pour être honnête, sachez que c’est Joy, le grutier de Carron-Marine, qui m’a enrichi de cette information, la semaine dernière.
Depuis plus de cinquante ans que je fais du bateau, j’avais toujours caréné en fin de saison.

Si, comme moi, vous êtes sceptique et que sur Internet, vous consultez les recommandations des différents fabricants d’antifouling, vous découvrirez que les uns adhérent à la théorie de Joy mais que d’autres préconisent au contraire de traiter la coque en fin de saison, afin que la peinture de protection qui est toxique, soit bien sèche avant la mise à l’eau du bateau, quelques mois plus tard.
Vous voilà aussi confus que moi.

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Dans mon dernier billet, je vous avais laissé à Menin.
Voici en bref, le récit du trajet de Cambrai à Zelzate.

Le premier jour nous a conduit de Cambrai à Don. Cinq écluses automatiques sur la partie nord du canal de Saint-Quentin, suivie de quatre écluses de grand gabarit sur la Deule. La dernière est celle de Don. En aval de celle-ci, on trouve rive gauche l’embranchement vers l’ancienne écluse qui mène à une halte fluviale. Le patelin s’appelle Don et la seule activité méritant d’être mentionnée est la présence d’une friture ‘à la belge’. Comme chez nous, elle est localisée dans une caravane et vu le nombre de voitures à l’arrêt et la file d’attente dimanche soir, les frites doivent être bonnes.

Le deuxième jour nous sommes allés jusque Menin. Le port de plaisance est situé à Hallouin, du côté français de la frontière qui suit le cours de la Lys.
En avril, nous y avions également fait halte et un plaisancier autochtone nous avait expliqué que suite au élections récentes, il y avait eu un changement de l’équipe municipale et que la politique à adopter à l’égard du port était en discussion.
Nous avons payé le droit d’amarrage au gardien des lieu qui, en contrepartie de jouer le maître du port, bénéficiait à titre gracieux mais provisoire, du logement situé au dessus de la capitainerie.
Aujourd’hui, à peine avions nous frappés nos à amarres à un ponton libre qu’un monsieur bien mis se présente comme le capitaine du port. Il nous invite à venir remplir les documents d’accueil et à payer notre nuitée.
L’explication de son zèle est le que les réseaux sociaux hollandais mentionnent que le port est devenu gratuit, aussi, pour éviter les abus, la mairie a délégué sur place, un membre de leur équipe. L’efficacité de la mesure m’échappe car à cette époque, début octobre, la navigation de plaisance est nulle et le brave échevin doit s’ennuyer, uniquement pendant les heures de bureau, comme il le précisait, comme un rat mort dans son bureau de la capitainerie. Nous déboursons les 13,46€ et achetons ensuite un excellent cramique dans une des boulangeries de Menin.

Le troisième jour nous conduit jusque Gent-Leie, notre endroit d’amarrage temporaire, d’où nous transférons le contenu flexible du Chat Lune vers notre domicile.

Le quatrième jour, je conduit le bateau de Gand à Zelzate et le cinquième jour la grue de Carron-Marine, pilotée par Joy, sort notre habitation flottante du canal et le range dans un hall.

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Comme il se doit, mes billets suivants seront intitulés, ‘Carnet de Terre’.

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Carnet de Bord # 46 – Souterrain de Riqueval et Cambrai

imageEn 1801, Napoléon I relance le projet du souterrain Laurent, dont les travaux furent arrêtés en 1775. Le tracé prévoit deux souterrains, un de 1097 m à Tronquoy et un de 5670 m à Riqueval. Soldats, ouvriers et prisonniers de guerre creusent, et le 28 avril 1810, Napoléon I et l’impératrice Marie-Louise, viennent inaugurer le canal et ses deux tunnels.

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Jusqu’en 1856 le halage des bateaux est assuré par une équipe de 8 à 10 hommes et il faut 12 heures pour franchir le souterrain de Riqueval. Jusqu’en 1874 les hommes sont remplacés par des chevaux et ensuite par un toueur à vapeur dont les émanations intoxiquent les passants. Enfin, en 1906 un toueur électrique est mis en place, il est toujours en activité aujourd’hui.
L’engin est une espèce de trolleybus flottant qui se meut en se tirant à une chaîne posée dans le lit du canal. Il peut ainsi tracter jusqu’à 30 péniches au travers du tunnel de Riqueval.
Nous sommes deux à passer l’ouvrage d’art, le Lore et le Chat Lune. Le skipper de la péniche attache nos amarres à l’arrière de son bateaux et la machine se met en route.

Très vite on constate que notre yacht bringuebale de gauche à droite et le capitaine du toueur indique au skipper du Lore de nous détacher.
Nous traversons le tunnel par nos propres moyens, à une centaine de mètres derrière le convoi, pour éviter les remous. Tout ce passe bien, la traversée dure environ deux heures.

Le lendemain matin, au départ de Vendhuile où nous avons passe la nuit après Riqueval, les goutes de rosée sur le pont du bateau sont gelées, c’est notre première nuit froide de l’automne.

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Pour nos amis navigateurs, sachez que les écluses automatiques du canal de Saint-Quentin fonctionnent bien et sont rapides. Quatre heures et demie plus tard, 27 kilomètres et 17 écluses plus loin, nous amarrons le Chat Lune dans la darse du port de plaisance de Cambrai.

On décide de rester deux nuits ici, il fait toujours beau et nous voulons profiter des deniers jours de soleil pour explorer la ville.

Comme de coutume, nous suivons les promenades fléchées, il y en a trois.
Le parcours vert permet de découvrir ce qui reste des fortifications de la ville, tours et murs d’enceinte. La ville n’est pas encore convertie aux rues piétonnières. La brochure indique que le parcours vert peut s’effectuer en 1h30 à pied et en 1h en voiture.

Le parcours pourpre, bien évidemment, nous conduit d’église en chapelle, de la Cathédrale à l’église Saint-Géry. Il a un Rubens, nous dit fièrement la dame de l’office du tourisme, banal, disons nous. Par contre il a un jubé, chose rare car la plupart ont été détruits au XVI è siècle après le concile de Trente. Celui-ci comporte des angelots flottants qui ont l’air de se marrer.

Les deux églises ont des vitraux modernes que nous regardons d’un d’œil averti, depuis que le guide de l’église Saint-Sepulchre à Abbeville, nous a fait découvrir le chef d’œuvre d’Alfred Manessier.

Le parcours orange ‘révèle la morphologie de la ville et ses mutations au fil du temps’. C’est pas moi qui le dit, c’est la brochure.

Enfin, comme chaque samedi à 16:30, la ville organise une visite guidée des galeries des contremines de la citadelle. La tête protégée par un casque de chantier, nous suivons notre guide, un jeune homme à l’allure sportive. Il nous fait faire sous terre, le demi-tour de la citadelle en passant par deux des quatre bastions. À intervalles réguliers, il aligne les 10 participants et très didactique, nous relate l’histoire du bastion. Construite en 1543 par Charles Quint,
elle fut assiégée cinq fois mais jamais prise. La dernière fois, Louis XIV négocia sa reddition au gouverneur Espagnol.

Avant de quitter la ville on déguste une vraie andouillette à la fraise de veau. L’emploi de la fraise de veau avait été interdit en 2000 en raison de l’épizootie de la vache folle. L’interdit vient d’être levé et nous découvrons une des meilleures andouillettes que nous ayons jamais mangé.

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J’écris ce billet, amarré à Menin, à une journée de navigation de Gand. On aime bien cette petite ville frontalière, car elle a comme spécialité un cramique excellent, avec plein de raisins ou au choix, du sucre.
La rue commerçante de la partie Belge compte 9 magasins de tabac et d’alcool, 5 chocolateries, 4 boulangeries, 6 boutiques de nippes d’un goût motard, 2 fleuristes, 3 bistros café, crêpes et gaufres, 2 fritures, 2 bouchers, 1 librairie, 1 press-shop et 2 sex shop. Un peu plus haut dans la même rue, la frontière avec la France se remarque facilement, car tout à coup, plus de magasins.

Depuis Paris que nous avons quitté dimanche dernier, on n’a pas vu une goutte de pluie, plein soleil du matin au soir. Aujourd’hui vers 17:00 il s’est mis à ‘dracher’, c’était prévu.

Demain matin, il fera sec selon la météo et nous poursuivrons notre route vers la maison. On se sent un peu triste, car c’est la fin de la saison de navigation et on n’a pas vraiment envie de rentrer.
Plein de trucs vont nous tomber dessus, dans notre tête, la liste s’allonge tout les jours.

Heureusement dans quelques mois, on repart.

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Carnet de Bord # 45 – De Paris à Séraucourt-le-Grand

imageLes Voies Navigables de France (VNF) publient annuellement des tableaux signalant les chômages prévus pour l’année à venir. Le bon réflexe du plaisancier est de consulter ces tableaux avant de déterminer l’itinéraire du voyage à venir.
En bon scout, j’avais consulté les documents et j’avais noté que l’écluse de Banteux sur le canal de Saint-Quentin serait fermé à la navigation du 14 septembre au 23 octobre 2015.
Nous avions donc prévu de remonter en Belgique par le Canal du Nord.

Pour m’être trouvé il y a quelques années dans la situation où un ouvrage d’art était en chômage, alors que le tableau ne l’indiquait pas et l’inverse, j’éprouve une certaine méfiance à l’égard des prévisions des VNF.
Aussi, la veille de notre départ, samedi dans l’après-midi, je téléphone au numéro central des informations des VNF.

La préposée: – Ici le centre d’information de VNF, bonjour, que puis-je pour vous aider?
Moi: – Bonjour madame, vos tableaux de chômage indiquent que l’écluse de Banteux sur le canal de Saint-Quentin sera en chômage du 14 septembre au 23 octobre 2015. Pouvez- vous me le confirmer s’il vous plait?
Elle: – De quel canal s’agit-il monsieur?
Moi: – Du Saint-Quentin.
Elle: – Il ne figure pas sur mes documents, ce canal ne porte pas un autre nom?
Moi: – À moins qu’on ne l’ait changé ce matin, il porte ce nom depuis le 28 avril 1810.
Silence…
Elle: – Un instant monsieur, je me renseigne.

Quelques minutes plus tard, une deuxième préposée m’adresse la parole, je réitère ma demande.
Nouveau silence et ensuite…

La deuxième préposée: – J’ai vérifié, nos tableaux indiquent en effet que cette écluse est en chômage jusqu’au 23 octobre. Si vous voulez en être certain, téléphonez au centre de contrôle de Cambrai, dont voici le numéro. Ils seront ouvert lundi.

Lundi matin, en remontant l’Oise, j’appelle le centre de contrôle du Canal de Saint-Quentin à Cambrai. La préposée, très étonnée de ma question, m’indique que, oui, il y a des travaux sur un des bassins de Banteux, mais la circulation est tout à fait normale sur l’ensemble du canal de Saint-Quentin.

La France est un pays centralisé, et comme dans tout système centralisé, il arrive que la communication avec les postes avancés ne fonctionne pas de manière optimale.
En voici la preuve.

Tout ce qui précède pour expliquer que depuis ce matin, le mercredi 30 septembre 2015, nous naviguons sur le canal de Saint-Quentin.
Soleil brillant toute la journée dans la partie nord de la France.
Contrairement au traffic intense du Canal du Nord, sur les 50 kilomètres parcourus aujourd’hui, nous avons croisé 4 péniches chargées sur le Canal latéral à l’Oise et deux sur le Saint-Quentin. Vers midi, après la troisième écluse de ce canal, nous avons trématé le Lore. C’est un commerce chargé très lent qui comme nous, remonte le Saint-Quentin.

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Depuis lors, nous naviguons seuls. Le canal serpente entre deux murailles d’arbres d’essences diverses. On devine que les feuilles encore vertes vont bientôt prendre leurs couleurs automnales. Que la France est belle.

imageQuelle joie que de parcourir le pays au rythme paisible du Chat Lune. Le moteur tourne à 1800 rpm, de la dunette on entend un doux ronronnement, à 9 km/h on capte toutes les sensations de la nature.
Tout en naviguant on peut à l’aise se faire un café, vers 11 h on boit une soupe chaude. Vers midi, Marleen prépare quelques sandwiches que nous mangeons sur la dunette tout en barrant.
Ensuite, alternativement, chacun de nous fait une petite sieste dans le carré.

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Vers 17:00 nous frappons nos amarres dans la halte de plaisance de Séraucourt-le-Grand.

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Carnet de Bord # 44 – Paris – Patrimoine # 2 et le départ vers la Belgique


Dimanche après-midi, Marleen part à l’Hôpital Saint-Louis, écouter une conférence donnée par le Dr.Tilles sur l’histoire du musée des moulages. Ce musée possède la plus grande collection de cires dermatologiques au monde.

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Ce n’est pas ma tasse de thé, aussi, Bill et moi, nous nous rendons à l’écluse numéro 1 du canal Saint-Denis, le centre de contrôle des écluses de ce canal ainsi que des 9 écluses du canal Saint-Martin. Ce site a un grand succès et la moitié des visiteurs ont été parqués dehors en attente de pouvoir remplacer ceux qui a l’intérieur du local de contrôle, ont droit à l’explication. La dame à l’entrée me précise qu’on va nous expliquer le fonctionnement des écluses et l’usage des canaux.

On vient de se taper 560 écluses et 2500 km de canaux, on connaît. Bill et moi décidons de laisser les badauds à leur bassinées et d’aller tâter la culture au 104.

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Comme chaque dimanche, les rappeurs, les danseurs acrobatique et les autres jongleurs se trémoussent sur les esplanades intérieures et extérieures au son de la musique rythmée que débite leurs petites enceintes portables, placées ci-et là à même le sol.
À l’entrée de l’espace culturel, un carousel de Vespa’s emboîtées nous surprend, la symbolique nous échappe, mais c’est drôle.
Toujours dans l’esprit des deux roues, dans la cour arrière, on découvre un montage d’une centaine de cadres de bicyclettes soudés les uns aux autres, la construction doit faire dix mètres de hauteur, les cadres sont flambants neufs et les pneus n’ont pas touché l’asphalte.
Une troisième construction artistique est un ensemble de tôles en acier soudés les unes aux autres pour faire une série de boîtes de dimension diverses, ici aussi le gigantisme est de rigueur.
Bill remarque que les plaques d’acier feraient l’affaire de Gilles pour la construction de sa Gabrielle à Meaux. Pour comprendre l’observation de Bill, lisez mon billet concernant notre ami Gilles, chaudronnier et constructeur de bateaux.

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Pour revenir un instant en arrière, samedi, après ma visite de la Bibliothèque des Amis de l’instruction, je me suis rendu à l’espace des Blancs Manteaux où avait lieu un salon d’art contemporain qui réunissait 80 exposants: peintres, sculpteurs et photographes.

J’ai retenu les oeuvres de Jacques Lélut, plasticien scénographe, créateur de mondes et d’objets imaginaires et fantastiques de l’univers de la science-fiction.

Sylvain Diez est un peintre et illustrateur de livres d’enfants.

J’écris ce billet, amarré dans la halte de plaisance de Conflans-Sainte-Honorine. Au travers du capot d’entrée du Chat Lune, je vois le disque brillant de la pleine lune. Cette nuit il y aura une éclipse et notre satellite se teintera de rouge. Si je me réveille vers 04:00, j’irai observer le phénomène.

Notre dernière semaine à Paris s’est déroulée à une vitesse incroyable. Einstein nous a expliqué que le temps est extensible. Nous venons d’en faire l’expérience, cette semaine il était très comprimé.
À peine levés, le soir tombait et nous étions attablés chez Fabien devant un canard laqué. Un autre jour, c’était Geneviève et Bill qui nous régalaient.
Le Chat Lune connut aussi quelques repas conviviaux, Fabien sortait sa bouteille de Mirabelle et Zaza buvait du blanc. Après le fromage et le dessert, on mangeait du chocolat.
Les journées étaient consacrées à plein de choses, en vrac et non exhaustif, il y avait les promenades dans le Parc du Luxembourg et au Marais, des aller-retour vers le Carrefour pour l’avitaillement, quelques séances de cinéma, ne ratez pas ‘Youth’ avec Michael Caine et Harvey Kittel. À la Tour Saint-Jean, l’exposition intitulée ‘À table au Moyen Âge’ et dans une papeterie rue de Réaumur, Marleen m’a acheté un pinceau à aquarelle dont le manche comporte un réservoir d’eau. Soudain le calendrier indiquait le dimanche 27 septembre 2015.

À 08:00 nous avons franchi les portes aval de l’écluse # 9, celle qui sépare le port de l’Arsenal de la Seine.
Nous serions volontiers restés plus longtemps à notre emplacement # 65 mais le lundi 28 septembre 2015, l’écluse de l’Arsenal sera mise en chômage technique jusqu’au 28 décembre et la seule possibilité de quitter le port sera d’emprunter le canal Saint-Denis, ce que les plaisanciers avisés évitent de faire sauf en cas de force majeure.

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Nous voici depuis ce matin sur le chemin du retour vers la Belgique et vers Gand en particulier.
La météo nous a promis un beau soleil pour la durée du voyage, nous espérons qu’elle tiendra parole.

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Carnet de Bord # 43 – Paris – Billet # 8 – Journées du Patrimoine # 1

imageÀ la sortie de la bouche de métro École Militaire, un inconnu bouscule verbalement un employé de la RATP, après quoi, il gravit les escaliers et file sans demander son reste.
Nous adressons la parole à l’employé, l’homme est visiblement sous l’effet de l’offense et il nous confie qu’il ne se sent pas en sécurité dans ce pays. Marocain d’origine, il a la nationalité française, son fils est né ici et il aime le pays, encore qu’il se sentirait plus en sécurité en Syrie, même sous les bombes, rajoute-t-il.
On bavarde pendant cinq minutes, après quoi, un peu calmé, il s’excuse de son épanchement émotif et nous nous quittons en nous souhaitant mutuellement une bonne journée.

Le soleil brille sur Paris et ce dimanche matin nous allons faire le tour de l’École Militaire qui a ouvert ses portes à l’occasion des Journées du Patrimoine.

Mon rhume-grippal m’a handicapé de mardi à jeudi, Marleen m’a suivi vendredi et samedi.
C’est donc sans elle que samedi, j’ai parcouru les rues de Paris, mon programme en tête et mon appareil photo en main.

Aussi, samedi matin à 09:00, accompagné de Genevieve, j’écoute les explication de la guide qui nous introduit aux mystères du cimetière du Calvaire, situé à côté de l’église Saint-Pierre, sur la butte Montmartre.
Je résume mes notes prises au vol. Construit sur l’emplacement d’anciennes carrières de craie, se trouvait ici une abbaye, pour preuve, à deux pas, la station de métro Abbesses.
Henri IV y séjourna avec ses 12.000 soldats et l’histoire veut que les mœurs étaient légères et que ce petit monde vécut en bonne entente avec la mère supérieure et les religieuses et qu’ils ne firent pas que prier ensemble.
Quelques siècles plus tard, la révolution détruisit l’abbaye et la mère supérieure, accusée de comploter contre le nouvel ordre établi, fut décapitée et son corps enterré au cimetière de Picpus. Aujourd’hui, il ne reste du passé, que l’église Saint-Pierre et le cimetière du Calvaire avec 85 tombes totalement négligées à l’exception de celle de la famille Debray, coiffée d’un moulin à vent rouillé et celle de Louis-Antoine de Bougainville, dont je reconnais le nom.
Avant de prendre le métro pour me rendre à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, avenue des Gobelins, dans le 13eme, je pousse la porte de l’église Saint-Pierre qui mérite le détour pour ses vitraux.j

Derrière la façade sculptée par Auguste Rodin se cache une construction de cinq étages en forme de coque, réalisée par l’architecte Renzo Piano. Le bâtiment entièrement en bois, acier et verre est élevé au milieu d’un jardin entouré par les immeubles des rues adjacentes.
Ingénieur et amateur d’architecture moderne je suis ravi de la visite.
Les photos parlent mieux qu’un texte. Si vous êtes curieux, cliquez le lien ci-après.
http://www.fondation-jeromeseydoux-pathe.com/presentation-centre

Dans l’après-midi du même jour, je pousse la porte de la Chapelle de l’Humanité, le dernier temple positiviste subsistant en Europe.
Le philosophe français Auguste Comte développa au XIXe siècle un système philosophique dont le but était d’établir un nouvel ordre social, politique et moral base sur la science. Plus tard son œuvre pris une tournure religieuse. Il eut de nombreux disciples, entre autre au Brésil, et ce sont eux qui en 1903 établirent le temple de l’humanité situé au 5, rue Payenne, dans le Marais.
Sur les murs, on distingue 14 arches avec des portraits peints des 13 grand hommes correspondant au 13 mois du calendrier nouveau défini par Auguste Comte. Le 14e arc est dédié au jour des femmes.
Une devise me frappe: ‘Faites ce que doit, advienne que pourra’.

A deux pas de là, au 54, rue de Turenne, se trouve la Bibliothèque des Amis de L’instruction.
J’assiste à une conférence donnée par un des bénévoles, grâce à qui, cette bibliothèque est toujours en activité. Fondée en 1861 par des artisans locaux, elle a comme but d’acquérir des livres qu’elle met à la disposition de ses membres, dans le but de les instruire, comme le nom l’indique.
Celle de la rue de Turenne est la première du genre, c’est aussi la dernière encore en activité.
Pour plus de détails cliquez le lien ci-dessous:
http://www.bai.asso.fr

Je relaterai sur mon prochain billet, la suite de nos pérégrinations sur le sentier des Journées du Patrimoine de 2015.

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Carnet de Bord # 42 – Paris – Billet # 7 – Walton Ford au Musée de la Chasse et de la Nature

imageÀ la Bastille on prend la ligne # 1 jusqu’à Hôtel de Ville. La sortie nous conduit au sous-sol du BHV, le paradis du bricoleur. Au passage, face aux portillons, on boit un café au zinc du bar qui sert aussi des sandwich et qui offre à sa clientèle des exemplaires du journal gratuit >20 Minutes<, celui qu’on ne trouve pas dans les distributeurs des couloirs du métro.

La rue des Archives nous conduit au musée de la Chasse et de la Nature. Voici deux jours que je n’ai plus quitté le port, un rhume grippal m’a forcé de rester dans la chaleur du carré du Chat Lune.
La grippe me donne le blues mais les rues du Marais ont vite fait de catapulter mon moral au beau fixe. Une promenade dans les rues de Paris ont un effet thérapeutique positif que je conseille à tous ceux qui broient du noir.
Cent mètres après être sorti du grand magasin, je suis guéri, le ciel est gris, on devine une pluie menaçante, mais je m’en fout, j’ai un imperméable et je baigne dans le bonheur du flâneur citadin, dont le but à court terme, est la visite d’une exposition dans un beau musée.

Au gré des rues, je lis les enseignes et j’observe les passants. ‘Les Bulles sinon Rien’, épicerie fine, ‘Graine de Pastel’, parfumeur, ‘Roger Wagra,’ pompes funèbres, ‘Ted Baker’, London, ‘Galerie Mansart’, ‘Michel Cluizel,’ chocolatier. Beaucoup de jolies filles de toutes les couleur, de peau et de cheveux. Des touristes aussi, il me semble que les américains obèses ne s’aventurent pas trop dans le Marais, je n’en vois pas beaucoup ici, ils doivent être dans les files d’attente de la Tour Eiffel ou devant les grilles de Versailles.

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Le musée de la Chasse et de la Nature est un musée privé, installé dans l’hôtel de Guénégaud et l’hôtel de Mongelas rue des Archives dans le Marais.
Walton Ford, peintre né aux USA en 1960 y expose des aquarelles animalières de grande dimension. Les fauves, le serpents géant, la bête du Gevaudan et autres loups, sont représentés sous la forme de planches zoologiques que l’artiste agrémente d’éléments surréalistes et cartoonesques.
Les salles du rez de chaussée sont entièrement consacrées à Walton Ford mais à l’étage le curateur a astucieusement intercalé ci et là un tableau de l’artiste entre les oeuvres qui y sont exposées en permanence. L’humour du musée souligne l’humour féroce du peintre.

 

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Le musée retrace la relation de l’homme avec son élément naturel dont la chasse fait partie intégrante. Les tableaux, tapisseries et oeuvres d’art contemporain sont de la main d’artistes de grand nom, ainsi Pierre Paul Rubens et Lucas Cranach côtoient Jan Fabre et Patrick Van Caeckenbergh.
Le musée conserve aussi une collection de animaux naturalisés d’Europe, d’Asie, d’Afrique et d’Amérique.


Une salle entière présente une collection d’armes et d’accessoires de chasse. Pointe d’humour, entre les fusils de collection, joliment alignés dans des armoires vitrées, on découvre en divers endroits, un casse-tête en bois, travaillé avec du fil de fer et de galets, de la main d’un artiste contemporain.

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Pour plus de détails sur le musée, cliquez le lien suivant:
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Musée_de_la_chasse_et_de_la_nature

Demain et dimanche les journées du patrimoine vous nous faire découvrir des sites que nous ne connaissons pas, on se réjouit d’avance.

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Carnet de Bord – # 41 Paris – Billet # 6 – Le Jardin d’Agronomie Tropicale et les Vitraux à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine

imageMes lecteurs savent que nous aimons l’Art Contemporain et les cimetières. L’actualité un peu folle et le passé enterré. En parlant de folie, nous aimons aussi l’Art Brut, oeuvres des occupants des hôpitaux psychiatriques.

Un autre domaine qui nous charme sont les ‘Sites Oublies’, les ‘Lost Places’ en anglais.
Le plus spectaculaire que nous ayons découvert est le Beelitz-Heilstätten, un complexe hospitalier
à l’abandon, situé en plein bois à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Berlin.
Pour plus de détails voir mon blog et le billet que j’ai publié à ce sujet le 11 septembre 2011.

https://duquelu.wordpress.com/2011/09/11/potsdam-beelitz-heilstatten-et-le-schloss-lindstedt/

Le RER de la ligne A nous conduit en 10 minutes de la Gare de Lyon à la gare de Nogent-sur-Marne. L’entrée du Jardin d’Agronomie Tropicale est situé à 800 de là, au 45, Avenue de la Belle Gabrielle. Si je devais un jour choisir une nouvelle adresse, je déménagerais dans une avenue qui porte ce nom.

La photo ci-dessous explique l’origine de ce parc.

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À l’entrée, un grand jardinier noir, pousse des feuilles avec son râteau tout en sifflotant. Genevieve qui nous accompagne le félicite pour sa bonne humeur. Il répond qu’il est heureux de travailler dans ce bel environnement sous un soleil d’automne, et il nous souhaite une bonne promenade.

Je m’attendais à trouver un ‘Site Oublié’ dans un parc où la nature avait en grande partie pris le dessus sur ce qui reste des pavillons des expositions du début du 20ème siècle.

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En réalité, les allées principales sont en gravillons et les sentiers dans les bois sont couverts d’une épaisse couche de d’écorce d’arbre, certains pavillons ont même récemment été rénovés.
Devant chaque vestige, on peut lire son histoire sur des petits panneaux explicatifs qui on l’air d’avoir été placés là hier.

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Ci et là un stèle ou un marbre commémore les soldats des colonies françaises tombés lors des guerres que la France a mené au siècle dernier. Ainsi je découvre qu’en 1920, des soldats Vietnamiens ont participé à une guerre avec la Syrie. Je me fais la réflexion que depuis la semaine dernière, c’est reparti.

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Pour mémoire, la guerre franco-syrienne opposa la France au Royaume arabe de Syrie de mars à juillet 1920.
La France conquit la Syrie et le pays fut divisé en deux mandats : la Syrie, consistant en l’actuel Liban et la Syrie, sous contrôle français, et le mandat de Palestine, constitué de la Palestine et de la Transjordanie, sous contrôle britannique.

De 1920 à 1946, la Syrie fut administrée par la France sous un mandat de la Société des Nations.

Les pierres commémoratives sont instructives.

Pour plus information sur ce Jardin, je conseille d’aller voir le billet que Genevieve a consacré à notre visite. Le texte est en anglais mais les photos sont remarquables.
Voir https://billgenevieve2.wordpress.com/2015/09/16/paris-parks/

Pour terminer ce billet, je voudrais souligner que depuis la visite guidée des vitraux d’Alfred Manessier dans l’église Saint-Sépulchre à Abbeville, nous regardons les vitraux des églises d’un œil différent. Il s’avère que chaque panneau raconte une histoire et comporte des symboles qui méritent d’être analysés avec plus d’attention que le ‘comme c’est beau et c’est certainement encore plus beau quand le soleil le met en valeur’.
Aussi nous ne manquons pas de d’aller à la Cité de L’Architecture et du Patrimoine pour voir l’exposition intitulée ‘Chagall, Soulages, Benzaken…le vitrail contemporain, de 1945 à nos jours’.

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Nous sommes accueillis par une note explicative dont je vous livre un extrait:

‘ Il vaut mieux parier pour le génie sans foi, que pour le croyant sans talent’
Signé: Père Couturier.

Le père dominicain Marie-Alain Couturier (1897-1954) est un artiste et un théoricien de l’art.
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Carnet de Bord # 40 – Paris – Billet # 5 – Fondation Louis Vuitton – Géants de La Villette

imageGentiment allongé sous un platane du Boulevard Morland, le tigre nous observe d’un œil distrait.
Nous sommes en route pour acheter une tarte aux fruits chez Picard. La boutique la plus proche du port est au coin du Boulevard Saint-Germain et du Quai de la Tournelle, passé le Pont de Sully.
J’interpelle un agent de police en faction devant un immeuble, « Pensez-vous que nous pouvons l’adopter, en pointant l’index vers le fauve couché? ». « Ça ne doit pas poser de problèmes, une dame vient de le sortir, c’est pour s’en débarrasser ».
Sans hésitation, je prend l’animal sous le bras et le conduit au Chat Lune, laissant à Marleen le soin d’aller acheter le gâteau.
Depuis lors, notre cabine avant est devenue la demeure d’un tigre de Sibérie. Il passe la majeure partie de la journée à dormir sur le double lit, en compagnie de Fritz, le chat, Katte, le chien et Hedwig, le hibou. A première vue, ils font bon ménage.

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De toutes nos allées et venues des derniers jours, la Fondation Louis Vuitton mérite d’être mentionnée. Commandée par Bernard Arnault à l’architecte Frank Ghery, le bâtiment est érigé à l’orée du Bois de Boulogne, dans le Jardin d’Acclimatation.
Douze voiles de verre, soutenus par un enchevêtrement de poutrelles métalliques, de poutres en bois collés et de tire forts en acier, se reflètent dans un bassin d’eau. Près de l’entrée située le long de l’avenue du Mahatma Gandhi, un large escalier forme une fontaine en cascade, digne du parc de Versailles.

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Il y a une cinquantaine d’années, à l’école des ingénieurs de l’université de Gand, j’ai appris à calculer les structures métalliques à l’aide d’une règle à calculer.
Par facilité et aussi pour souligner mon appartenance à la confrérie des ingénieurs ‘in spe’, il m’arrivait d’arborer cet outil, dans la poche de poitrine de mon veston. Aujourd’hui, on les trouve dans des vide-grenier et Frank Ghery et ses ingénieurs ont fait appel à des puissants ordinateurs pour déterminer les profils de cet ensemble complexe, où les lignes droites forment une exception.

Nous déambulons de salle en salle, de plateau en plateau, les volumes sont magistraux et par cette journée ensoleillée, la vue sur le Jardin d’acclimatation et au loin sur les tours de la Défense nous émerveille. J’en oublie presque de regarder les œuvres exposées, Marleen est plus attentive que moi.


Distrait, croyant appeler un ascenseur, j’appuie sur le bouton du système d’alarme d’évacuation du bâtiment. Je corrige ma bévue en expliquant à la voix qui me demande de préciser le problème, que mon émerveillement devant la beauté du bâtiment m’a induit en erreur.
Marleen me trouve insortable.

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Le lendemain, dans la foulée de notre recherche de l’art contemporain, nous parcourons le parc de La Villette où des créatures gonflables géantes ont élu domicile.
Des dix objets, nos préférés sont dans le désordre, la fleur de lotus blanche dont les pétales s’ouvrent et se ferment au rythme de la respiration, la poulpe dont les bras se meuvent au gré du vent, l’arbre à fruits et légumes, le Goldorak noir qui essaye en vain de se lever en posant une main sur le sol et le pinceau au manche bleu, qui posé sur une toiture, tire une large trait de peinture rouge sur la façade de l’immeuble.

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Au retour dans le métro, par inadvertance, mon pied bouscule la chaussure d’une dame âgée, assise à côté de moi. Elle fait une grimace à Marleen qui est assise en face et cette dernière lui rend la pareille. S’en suit un échange de mimiques entre les deux femmes. Très vite, la conversation s’engage et la dame nous confie que lorsqu’elle avait 13 ans, ses parents s’inquiétaient de savoir ce qu’elle voulait faire de sa vie.
Un jour elle rentre de l’école et toute fière, elle confie à sa mère que réflexion faite, elle a décidé de devenir compositrice de musique. Ses parents rétorquent que ce n’est pas un métier. Elle persiste et elle finit par devenir cantatrice d’opéra. « Vous me trouverez sur internet » nous fait-elle lorsque nous la quittons en descendant à la Bastille, mon nom d’artiste est Linden Blossom.
Si vous êtes curieux, cliquez sur YouTube.

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Carnet de Bord # 39 – Billet # 4 – Versailles, les Grandes Eaux Musicales et Anish Kapoor »

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Carnet de Bord # 38 – Paris – Billet # 3 – Jardin du Luxembourg

imageQuand on participe à des visites guidées on apprend plein de choses.

Ainsi ce matin, au jardin du Luxembourg notre guide jardinier nous pointe le ‘maclera pomifera’ aussi appelé l’oranger des Osages. En effet, les indiens de la tribu des Osages en Amérique du Nord utilisaient le latex de la plante pour se peindre le visage et pour teindre leurs vêtements. Les Comanches, la tribu guerrière des grandes plaines, utilisaient son bois flexible pour confectionner leurs arcs. D’où aussi, son nom de ‘bois d’arc’.
J’ai lu que des 2 million de Comanches qui vivaient en Amérique du Nord, au moment où les européens débarquèrent, il n’en reste qu’une poignée. Malgré leurs arcs, ils furent exterminés par les immigrants venus de l’Europe du Nord et de l’Est.

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Notre guide nous apprend aussi, qu’en Amérique du Sud, les Aztèques utilisaient les tubercules des Dahlias comme substituts aux pommes de terre. Ils paraît que cuit à l’eau salée, ils ont presque le même goût que les artichauts. Les conquistadors Espagnols les ont ramenés ici, mais comme nous préférons les artichauts, les Dahlias sont devenus des fleurs décoratives et les Aztèques ont été exterminés.

La troisième information que j’ai retenue de notre matinée horticole, est que les jardiniers du Sénat continuent à soigner le bonsaï qu’Alain Poher reçut d’une délégation diplomatique Japonaise lors de son premier intérim en tant que Président de la république. Ce fut après l’abdication du Général de Gaulle en 1969. Poher fut une deuxième fois Président de la France at intérim, lors du décès du President George Pompidou en 1974. Le reste du temps, de 1969 à 1992, Alain Poher présida le Sénat.

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Sachez que tous les premiers mercredis de chaque mois, sauf en hiver, le Sénat, propriétaire des lieux, offre à ceux que cela intéresse, une visite guidée gratuite des jardins du Luxembourg.
Le rendez-vous est fixé à 09:30 place André Honnorat, au niveau des grilles de l’observatoire.
Notre guide, un homme érudit et enthousiaste, mélangea les informations horticoles, les anecdotes historiques et architecturales, à la description des statues et à la gestion du jardin.
Cela, tout au long d’un parcours de deux heures et demie au travers des allées du parc qui fait 23 ha de superficie.
Sa performance fut récompensée par des applaudissements nourris.

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Carnet de Bord # 37 – Paris – Billet # 2 – Künzli frs. et Notre Dame

imageMa signature, datée de juin 1903, au bas de la carte postale éditée par les frère Künzli de Zürich ne semble pas avoir surpris beaucoup de monde, à l’exception de mon frère Jacques.
C’est pourtant le témoignage que déjà à cette époque, j’aimais Paris.

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L’année dernière dans une brocante, j’ai acheté le petit carnet dont la couverture est à voir ci-dessous. Il date de l’exposition universelle de 1900. L’édition est signée K.F. Éditeurs Paris.
La carte postale de l’omnibus, signée de mon nom figure dans le catalogue de cette maison d’impression.

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L’éditeur Künzli Frères & Co est une des maisons d’édition pionnières dans la production de cartes postales. Son activité a démarré vers 1874. Carl Künzli Frères s’installe éditeur à Zürich mais très vite ouvre un atelier à Paris. En 1909 l’éditeur a pignon sur rue, au 11-13 rue du Sentier. Dès la fin du 19ème siècle, les cartes Künzli sont diffusées dans toute l’Europe.

J’ai sélectionné un certain nombre de chromos. Les appareils digitaux en bandoulière, on quitte le port pour les quai de Seine, Notre Dame est la première perspective recherchée. Le point de vue se situe au coin du pont Saint-Michel, l’instantané de la Cathédrale permet de comparer deux prises de vues que 115 ans séparent.
Les arbres ont poussé, ils cachent la nef, le transept et la flèche. Sous le bas des feuillages, on devine Roland qui tient les rennes du cheval de Charlemagne. L’édifice a été nettoyé, les façades ravalées brillent au soleil.

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imagePlus loin, on photographie les grilles du Palais de Justice et ensuite rive gauche, l’Hotel de Ville.
La comparaison des clichés se passe de commentaires.

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Dans les jours et le semaines qui suivent, notre intention est de poursuivre notre pèlerinage comparatif.

Dans les lieux à haute densité touristique, comme le parvis de Notre Dame, l’arnaque de la demande d’une signature pour une cause mystérieuse existe toujours. L’astuce consiste à capter l’attention du touriste naïf, pendant qu’une acolyte lui fait les poches.
Ma réaction immédiate consiste à photographier la fille qui m’aborde, ça la fait fuir; comme vous pouvez le voir, ses copines n’apprécient pas mon initiative, j’ai droit à un « fuck you mister! »

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Carnet de Bord # 36 – Paris Port de L’Arsenal – Billet # 1

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imageAujourd’hui, le jeudi 27 août 2015, il pleut à Paris. Ça a commencé à tomber en fin de nuit et à l’heure où j’écris ces mots, il est 18:00, il pleut toujours.
Aussi cet après-midi, nous sommes allés au cinéma, voir Amnesia, avec Marthe Keller et Max Riemelt, le dernier film de Barbet-Schroeder. L’idée est intéressante, Ibiza est de toute beauté, mais les acteurs ne sont pas crédibles. Pendant toute la durée du film, Martha Keller arbore un petit sourire qui s’accentue ou qui s’amenuise selon les circonstances du mini drame qui finit bien, c’est nul.

Voilà dix jours que nous sommes amarrés au port de l’Arsenal, à l’emplacement # 64, de l’autre côté de la Capitainerie, en face d’un des escaliers qui mène au Boulevard Bourdon et sous lequel se trouve la porte d’entrée des sanitaires côté sud-ouest du bassin.

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A chaque fois que nous franchissons la porte amont de l’écluse # 9, celle qui sépare le bassin du port de la Seine, on éprouve le sentiment de revenir au bercail. J’imagine que pendant la manœuvre d’amarrage, tant Marleen que moi, arborons un sourire béat.

Je n’ai pas l’intention d’ennuyer mes lecteurs avec une description de nos activités parisiennes, sachez simplement qu’on ne s’ennuie pas, on vit.
Quand même, en bref:

Comme le chat qui retrouve son jardin, nous traversons le parc de la place des Vosges en jetant un coup d’œil à une des galeries qui se spécialise en peinture marine, un papier collé sur la vitrine mentionne: ‘fermé jusqu’au 31 août’.
Le patron du Café des Phares nous serre la pince et s’informe, « bien amarrés, tout va bien? »
J’achète un carnet de dessin au BHV. Marleen fait une double lessive dans les ‘Miele’ du port. À la Maison Européenne de la Photographie nous admirons une sélection de photos couleur de Jacques Henri Lartigue.
La galerie Joseph, rue Froissart et place de Thorigny expose des photos noir et blanc, ‘L’Amérique des Kennedy et Elle s’appelait Jacky’.
Samedi à la brocante de la Place Monge, Marleen achète une blouse à fleur et une figurine en porcelaine d’un Bouddha souriant.
Dimanche matin, nous ramenons à bord six livres du Circul’Livre du kiosque de l’avenue Blanquie.
La maison de la Wallonie, située rue Saint-Martin, en face du parvis du musée Beaubourg, nous ravit avec une sélection de planches. L’âge d’Or de la Bande Dessinée Belge, Hergé, Schuiten, Jacob, Franquin, Morris et les autres. Le Pavillon de l’Eau, avenue de Versailles, expose  ‘le plancton vu par des artistes.’
À l’UGC Bercy on a aimé le film ‘Floride’. Jean Rochefort et Sandrine Kiberlain brillent dans leurs rôles respectifs du vieux père emmerdeur qui perd la mémoire et de sa fille sur-protectrice qui essaye de le contenir.
Plusieurs fois par semaine nous sommes invités pour l’apéro sur la dunette d’un bateau voisin ou nous invitons des amis à dîner à bord du Chat Lune.

>Les photos des paysages sont de Lartigue<

Depuis ce matin, les parterres de fleurs du jardin des plantes ne nécessitent plus d’arrosage artificiel.
Demain il fera sec et à partir de samedi le soleil reviendra sur Paris, selon la météo de France Inter.

On ne s’ennuie jamais à Paris, on vit.

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>Bill<

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Carnet de Bord # 35 – De Château-Thierry à Paris – Meaux et le bateau de Gilles

imageÀ Meaux, sur le chantier Nautic Center, Gilles reconstruit un bateau. Chaudronnier de métier, l’homme est un artisan de génie.
Après avoir vendu son précédent bateau, le Lisa Belle, il acquière deux autres bateaux. Un Kaagkruiser, vedette Hollandaise, qu’il remet à neuf pour lui servir d’habitation temporaire et une semi-épave qu’il destine à devenir sa vraie future résidence sur l’eau, une fois transformée à son goût.

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Sous ses doigts de fée, le Kaagkruiser rénové, attire aujourd’hui les regards des habitants du port de l’Arsenal et d’ailleurs; la liste d’attente de ceux qui en sont tombé amoureux et qui souhaitent l’acheter, s’allonge tous les jours.

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Le deuxième bateau, posé sur les tréteaux du chantier Nautic, se transforme sous la main de notre artiste.
Il a commencé par le déshabiller complètement, ne gardant que le plancher, les varangues, la marquise et le moteur dans son compartiment.

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Ensuite, Gilles a élargi le bateau en soudant des profils sur les varangues existantes. Il a ensuite reconstruit l’habitacle, les membrures, les lisses et les hiloires sont neuves.
Pour obtenir l’arrondi du pont, c’est à coup de marteau qu’il a donné le bouge aux barrots.

Lors de notre visite il avait commencé à fixer les tôles sur les membrures arrière du bateau. Voir le dessin et les photos jointes pour mieux comprendre le travail réalisé.
Ce matin le SMS suivant tombe sur mon portable: « Ça y est, j’ai posé toutes les tôles que j’avais, la coque arrière est terminée. »
‘La Gabrielle’ commence à ressembler à ce qu’elle va devenir, un navire reconstruit, un mètre plus large et un mètre cinquante plus long que l’original.
Voir mon dessin pour en avoir une idée du produit fini.
Gilles m’a confié que, mise à part la couleur, j’avais compris son projet.

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Nous avons mis cinq jours pour aller de Château-Thierry à Paris, trois jours de navigation, un jour d’arrêt à la Ferté-sous-Jouarre pour cause de pluie et un jour d’arrêt à Meaux, pour aller admirer la construction de la Gabrielle et de faire un tour sur la Marne avec l’Alcor, le Kaagkruiser sur lequel Gilles habite en attendant que la Gabrielle soit terminée.

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Meaux est la ville de Jean-Bénigne Bossuet, Évêque de la ville à la fin du dix-septième siècle.
L’ancien palais épiscopal a été transformé en musée, on lui rend visite, chose que nous avions omise de faire lors de nos précédents passage ici. En plus des oeuvres d’art exposées, on découvre dans un local un peu hors du parcours, une armoire vitrée contenant quelques pots de faïence, boîtes à herbes et produits divers provenant de apothicairerie de l’ancien Grand Hôtel Dieu de Meaux.

J’écris ces lignes assis dans le carré du Chat Lune, amarré à l’emplacement # 64 au port de l’Arsenal à Paris. Nous allons y rester jusque fin septembre.

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Carnet de Bord # 34 – De Vitry-le-François à Château-Thierry

imageAnne-Charlotte de Gondy, après le décès de son premier mari, Louis-François Colbert, épouse en seconde noce en 1661, Pierre Stoppa, Colonel général du régiment des Gardes Suisses sous Louis XIV.

Ce grand officier, allié et intime du Roi, possède son régiment d’infanterie, sa compagnie franche et au fil des ans et des batailles, amasse une immense fortune.
Anne Charlotte de Gondy, de son côté, cousine de la famille Retz, apporte une belle dot.

L’histoire officielle dit que le couple ne put avoir d’enfants et se prit d’affection pour Anne de la Bretonnière, dite Madame de Saint Ange, nommée prieure de l’Hôtel Dieu de Château-Thierry en 1682 par le roi.

Olivier, notre guide à l’Hôtel-Dieu de Château-Thierry, nous dévoile la petite histoire, non documentée mais vraisemblable.
Dans une des grandes salles de l’ancien hôpital, un tableau de famille occupe l’entièreté du pan de mur, entre deux fenêtres.
On y voit à gauche, Pierre Stoppa représenté dans un cadre doré oval. À sa gauche, son épouse nous regarde et le pointe du doigt. Devant lui, à sa droite, une jeune fille porte sur son index, un perroquet nain. Le perroquet est parfois représenté comme symbole de la luxure, « Comme le dit Aristote, il boit volontiers du vin, et est un oiseau excessivement luxurieux » (« ut dicit Aristoteles, vinum libenter bibit, et est avis luxuriosa nimium » )
À ses pieds, un chien, symbole de la fidélité et du droit chemin.

À la droite du couple figure Anne de la Bretonnière en habit de religieuse Augustine.

Il s’avère que le couple Anne-Charlotte de Gondy et Louis-François Colbert se détestaient et ne voyaient jamais. On peut supposer que la jeune fille fille soit l’enfant illégitime d’Anne et de Pierre Stoppa, conçu avant le décès de Colbert et avant leur union sacrée.
Cet enfant, qu’ils présentaient comme étant leur nièce, fut l’objet de leur affection et c’est grâce à leur intervention auprès de Louis XIV qu’elle fut nommée prieure de l’Hôtel Dieu de Château-Thierry.

Ainsi, pour expier leurs péchés, les grands dévots consacrèrent une partie importante de leur fortune à l’embellissement et à la gestion de l’Hôtel Dieu et aux soins des pauvres et des malades, et par la même occasion, garantissaient l’avenir de leur enfant.
Anne de la Brétonniere est enterrée dans la Chapelle, entre ses deux présumés parents.

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Nous nous inscrivons pour la visite guidée qui en saison est organisée, tous les jours sauf le lundi, à 15:00 heures, le rendez-vous est devant l’entrée de la Chapelle.

L’Hôtel Dieu de Château-Thierry est fondé en 1304 par Jeanne de Navarre, reine de France et épouse de Philippe le Bel. C’est un refuge où pauvres, pèlerins, vieillards et malades sont hébergés, nourris, lavés et soignés par des sœurs Augustines.
À l’exception d’une dizaine d’années pendant le début de la révolution, les Augustines restent à Château-Thierry, la dernière d’entre-elles, la soeur Thérèse d’Avila meurt en 1966.

L’histoire veut que sur son lit de mort, elle confia la clé des greniers à madame Micheline Rapine, responsable de l’économat. Cette dernière découvre un amoncellement d’objets précieux et moins précieux que les sœurs avaient entreposés dans les combles de l’hôpital au fil des siècles. Il s’agit de dons et d’héritages provenant des sœurs et des bienfaiteurs ainsi que des objets usuels de l’établissement.

Sage, Micheline Rapine, fait mettre une serrure de sécurité sur la porte d’accès au trésor, réfléchit et se tait pendant sept ans.
Les objets accumulés, objets de culte, mobilier, céramiques, peintures, sculptures, faïences, orfèvrerie, textiles, livres, instruments de médecine et de pharmacie sont ensuite patiemment recensés et restaurés par l’association « Arts et Histoire ».

En 1980, l’évolution des techniques hospitalières exige l’abandon de l’Hôtel-Dieu au profit d’un nouvel ensemble hospitalier sur les hauteurs de Château-Thierry.

Micheline Rapine est nommée responsable de la gestion des lieux au moment du transfert des services de l’Hôpital vers ses nouveaux locaux.
Elle contribue à la création du musée avec l’aide de la Ville de Château-Thierry, de la Communauté de Communes, du Département de l’Aisne, de la Région Picardie et de nombreux mécènes.
Les bâtiments furent restaurés à la façon du XVII-eme abritent désormais sur 1500m2 plus de 1300 oeuvres d’art dont une douzaine sont classées aux Monuments Historiques.

L’Hôtel Dieu reconverti en musée, ouvre ses portes au public en avril 2011. On aime.

De Vitry-le-François à Épernay la Marne est canalisée. À partir de là, nous naviguons sur la rivière. Le trajet est de toute beauté, les rives sont généreusement bordées d’arbres d’essences diverses, saules, châtaigniers, platanes, chênes. La plupart du temps, on ne voit ni maison, ni autres constructions, on croit descendre l’Amazone, sauf pour les saules, les châtaigniers, les platanes et les chênes, bien entendu.

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Carnet de Bord # 33 – De Joinville à Vitry-le-François

imageLa halte de plaisance de Chamouilley est terminée, elle était en chantier l’année dernière.
Un quai en bois d’une centaine de mètres de long est bordé d’une pelouse dont l’herbe est dorée par le soleil. Traversée par des sentiers en pierraille jaune clair, l’architecte a fait installer ci et là des tables et bancs de pique-nique. En hauteur, près de la rue, une construction en planches horizontales couleur claire, abrite les sanitaires et les douches.
Les taquets d’amarrage sont de bonne taille, bien placés et en nombres suffisants. Tous les 20 mètres, une borne d’alimentation en eau et électricité, complète l’ensemble.
Il est nickel, le port de Chamouilley.
L’accès à l’énergie se commande par carte de crédit dans une console située côté rue, dans le mur du bâtiment sanitaire; 8€ donne droit à 16 heures d’eau et d’électricité. Le stationnement est gratuit.

Une 2CV cabriolet rouge est parquée sur un des emplacements prévus pour la vidange des mobile-home.
J’adresse la parole à une dame que je reconnais pour l’avoir vue ici, l’année dernière. Elle me confie qu’un problème aux genoux l’a contrainte à vendre son bateau. Elle a acheté un appartement à Saint-Dizier et la ‘deuche’ décapotable rouge lui appartient.
C’est un modèle fabriqué par Hoffmann en Allemagne. À l’arrêt de la production par Citroën, les frères Hoffmann achètent quelques centaines d’unités chez un concessionnaire Français pour ensuite les transformer un cabriolets.
Ils ont obtenu le certificat de conformité français et depuis lors, ils commercialisent plusieurs variations du véhicule iconique.
Pour plus de détails, voir http://www.hoffmann2cv.de./fr/
La dame précise que, cerise sur le gâteau, les sièges de la sienne sont de Porche et les carreaux latéraux avant, sont électrifiés.

Ce n’est pas une vraie deux-chevaux, s’esclaffe le propriétaire de l’Omega 1917, un ‘Dunkirk Little Ship’. Son bateau en bois a participé en mai 1940 à l’opération Dynamo, l’évacuation des 340.000 soldats alliés bloqués sur les plages de Dunkerke. Son skipper est un fan de l’authenticité.
Aujourd’hui, dans son jus, l’ancêtre croise les voies navigables de France. Comme nous, il a fait halte à Chamouilley.

La dame n’a pas une opinion très élogieuse de l’investissement portuaire, le système complexe de distribution d’eau et électricité tombe souvent en panne, il n’est pas d’un usage facile et en plus l’ensemble a coûté près d’un million d’euros aux contribuables des communes qui se sont cotisées pour sa réalisation.

Notre prochaine halte est Orconte, rive gauche, à l’amont de l’écluse 66. Le contraste avec Chamouilley est grand mais le confort est identique. La petite commune a planté le long du quai, un cagibi flanqué d’un auvent sous lequel se trouve un lavabo et un boîtier avec 4 prises de courant 220V.
Le bâtiment comporte une cellule de douche et un WC. À la tombée du jour, deux jeunes membres du conseil communal viennent prélever auprès des plaisanciers, 6€ pour la nuitée et par la même occasion, ils passent un coup serpillière dans les locaux sanitaires.
La simplicité versus la sophistication.

Vendredi matin, le 7 août, nous quittons le Saône-Marne pour frapper nos amarres au port de plaisance de Vitry-le-François.
Retrouvailles avec Pascale, la charmante capitaine du port.
Non seulement Pascale est charmante et efficace, mais elle est toujours prête à rendre service aux plaisanciers qu’elle considère comme ses hôtes plutôt que comme des touristes de passage.
Marleen qui a une âme de bibliothécaire, met de l’ordre et range la pile de livres entassés en vrac sur le dessus d’une commode du bureau de la capitainerie. Le principe de l’échange se généralise et nous connaissons de nombreux ports, qui sans demander une réciprocité, mettent à notre disposition des bibliothèques entières.

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Nous restons trois jours à Vitry. Le premier jour c’est l’arrivée. Le second, Marleen fait une lessive et le troisième il pleut. Nous avons perdus l’habitude de naviguer en cirés et la météo annonce une nouvelle série de jours ensoleillés à partir de lundi.

Derrière le coin de la darse du port de plaisance, se trouve un bâtiment sans fenêtres, au crépi couleur crème. Au dessus de la porte d’entrée figure l’inscription BOURSE.

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C’est l’ancienne bourse d’affrètement des bateaux de commerce. Aujourd’hui la commune l’a mise à la disposition de Monsieur et Madame Manouvrier, un couple d’anciens mariniers. Ils y ont installé leur musée de la batellerie et crée l’amicale du même nom.ç
Nous poussons la porte et sommes accueillis par le couple visiblement enchanté de voir des visiteurs. Une installation stéréo hurle de la musique de fanfare. La dame coupe le son, « on fait des essais », nous dit-elle, « et mon mari est un peu sourd ».
Les murs sont décorés d’enseignes et de photos diverses. Des objets nautiques anciens sont entreposés au niveau du sol et des consoles exposent des maquettes de péniches fabriquées et offertes au musée par des mariniers.
Au centre de la pièce, des revues, des livres, des albums photos, des recueils de souvenirs et des guides nautiques anciens et récents sont entreposés sur des tables.

Nous bavardons longuement et notre expérience des voies navigables crée un lien de sympathie avec les mariniers en retraite. Il s’avère que deux de leurs enfants continuent le métier et naviguent sur les péniches Moondance et Spinnaker. On ouvrira l’œil et lorsqu’on les verra, on leur leur remettra votre bonjour.
Avant de se quitter, la dame offre à Marleen une pile d’invendus de la revue ‘La Vie Batelière’.

Demain nous allons à Châlons-en-Champagne.

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Carnet de Bord # 32 – De Froncles à Joinville

imageLes particularités architecturales de Joinville sont, en bout de jardin, les chiottes qui se déversent dans la Marne.

Sur le quai de Froncles, un gamin d’une quinzaine d’année manipule avec expertise deux cannes à pêche dotées de moulins professionnels que même le béotien en la matière que je suis, reconnaît.
On engage la discussion et il s’avère qu’il accompagne ses parents en mobile-home et qu’il consacre ses vacances à tester du matériel de pêche pour un magasin spécialisé. Il nous confie que depuis le début de la saison, il a attrapé et sorti 126 carpes, dont une hier soir, ici même, une belle bête de 14 kg. Bien entendu, après avoir dûment mesuré et photographié ses prises, il les rend au fleuve.
Le but de l’opération est la promotion du matériel de pêche spécialisé.

Après Froncles, notre étape suivante est Joinville.
Nous y avons fait halte l’année dernière et malgré le temps automnal on a fait le tour de la ville en s’arrêtant aux 13 points du parcours fléché.
Cette année-ci nous voulons voir l’apothicairerie qui était inaccessible en 2014. En effet, l’office du tourisme qui ici, à mon grand plaisir, est nommé le syndicat d’initiative, était fermé.

Ce lundi 3 août, la préposée nous organise un rendez-vous avec la guide qui possède la clé des lieux. L’hôpital Sainte-Croix de Joinville est fondé en 1567 par Antoinette de Bourbon, veuve de Claude le Lorraine, le premier duc de Guise.
De tous les remèdes proposé par les médecins de l’époque, les yeux de taupes, la bave de crapauds, l’arsenic, le mercure et l’antimoine, notre préférence va à ‘l’huile de petits chiens’.
La recette dit: ‘Prenez 2 chiens nouveaux-nés. On les coupera par morceaux, on les mettra dans un pot vernissé avec une livre de vers de terre biens vivants, faites bouillir environ 2 heures.’
Ce remède guérissait des maladies de nerfs, la sciatique et surtout la paralysie.
L’histoire veut qu’Ambroise Paré aurait utilisé cette huile pour soigner les plaies de François de Lorraine, le fils d’Antoinette de Bourbon, 1e Prince de Joinville, surnommé le ‘balafré’.

La guide nous convainc de rester un jour de plus à Joinville pour visiter la Chapelle Saint-Anne, située dans le cimetière de la ville.
Le mardi 4 août nous nous pointons entre les tombes et les deux dames de hier nous ouvrent la porte de l’ancienne chapelle.
Construite en 1504, elle échappa aux foudres destructrices de la révolution, car elle fut rachetée en 1811 par le notaire de Joinville Jean Hanin pour servir de sépulture à son fils Gervais Hanin, mort dans une bataille qui opposa la France à l’Espagne.

Nous ne regrettons pas notre décision, vieille de plus de six-cent ans, l’édifice est en bon état, la toiture et la charpente en châtaignier ont survécu les années, l’intérieur est sec et les vitraux d’origine ont gardé leurs couleurs vives.
Pour plus de détails, ouvrez le lien suivant:

Cliquer pour accéder à 1406807924_doc_chapelleSteAnne.pdf

Pas loin de L’hôtel Dieu et du cimetière, nous avons découvrons l’Hotel, Bar, Restaurant ‘Du Nord’, 1 Rue Camille Gillet.
Un restaurant comme nous les aimons, la nourriture est simple mais excellente, ainsi le service.
Le menu du jour, entrée, plat, dessert ou fromages est à 10,50€. Les portions sont abondantes et les tables sont occupées par des ouvriers du bâtiment. À leur comportement, je devine que c’est devenu leur cantine, le temps de terminer les travaux de rénovation d’un quelconque immeuble du coin.

Notez l’adresse dans votre carnet de voyage.

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