Carnet de Bord # 31 – De Langres à Chaumont

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Certaines villes ont des particularités architecturales, anodines, décoratives ou utilitaires. Ainsi à Besançon, de nombreuses fenêtres donnant sur la rue, sont décorées de grilles en fer forgé.

Certaines façades de Langres sont ornées de niches qui comportent des statuettes de personnages généralement religieux, les Saints et les Saintes y font bonne figure.
J’ai documenté cela dans mes billets de 2014, lors de notre passage dans ces deux villes.

Chaumont propose une quarantaine de tourelles. Cette particularité architecturale date du moyen-âge et de la renaissance, ce sont des demi-cercles ou des tours carrées protubérants en façade. Elles contiennent généralement un escalier à vis de servant les étages. Cela permettait d’agrandir la surface des maisons, sans prendre d’espace sur la rue. L’office du tourisme ne nous a pas délivré un plan fléché de leur localisation, mais j’en ai trouve un sur Internet, voir ci-dessous.

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Il y a trois raisons pour vous arrêter à Chaumont. Dans l’ordre d’importance, le musée de la crèche, le viaduc de chemin de fer et les tourelles.

Les sept crèches Napolitaines datent du 18ème siècles. En plus de la Sainte Famille, elles représentent un foule de personnages et d’animaux divers placés dans des panoramas de montagnes, grottes, édifices, ruines et autres décors divers.
Nous lisons que les costumes furent réalisés en milieu familial mais que les personnages sont de la main d’artistes professionnels ayant chacun une spécialisation. Par exemple, la brochure cite Matteo Celebrano, spécialiste des bergers, Guiseppe Sammartino, spécialiste des mendiants et des paysans et Francesco di Nardo spécialiste des animaux, chameaux, chiens et poulets.
Quelques vitrines exposent des personnages en dehors du contexte de la crèche.
Il est difficile de les prendre en photo, je vous livre quelques clichés ci-dessous, les personnages isolés sont de Marleen, la scène d’ensemble est piquée de la toile.


Dans une salle adjointe, le musée présente une exposition temporaire intitulé ‘La Dévotion Baroque’. Il s’agit d’une sélection d’objets émanant d’une collection privée.
On aime particulièrement le petit Jésus, tout nu avec son zizi apparent et le petit Jésus en robe brodée, avec sa tignasse bouclée.

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Pour les ingénieurs, le viaduc, long de 600 m est composé de 50 arches d’une hauteur de 52 m. Il fut inauguré le 18 avril 1857 et il est aujourd’hui encore emprunté par la ligne de Paris-est à Mulhouse-ville.

À Froncles où nous faisons une halte, nous bavardons avec un marinier qui a amarré sa péniche près de nous, au même quai. Il nous explique qu’ayant pris sa retraite il y a un an et demi, il s’est très vite rendu compte qu’il ne pouvait tondre sa pelouse qu’une fois par semaine et qu’en plus, se lever tous le matins au même endroit, le rendait neurasthénique.
En accord avec son épouse, en décembre dernier, le couple à vendu sa maison et a acheté en Hollande, une ancienne péniche aménagée de 28 m. Depuis lors, il a retrouvé son bonheur et sereinement ils croisent les voies fluviales de France.
L’ancien marinier connaît bien le canal, pour l’avoir parcouru de nombreuses fois, il y a une trentaine d’année lorsqu’en tant qu’artisan, il transportait du blé, de la ferraille voir de l’engrais, du nord au sud et inversement. Il nous raconte qu’à cette époque, il croisait journellement une trentaine de péniches de commerce. Cette année-ci, au dire des éclusiers, quatre commerces chargés d’engrais descendent vers la Saône. Nous en avons croisé trois.
Il reste nous, les plaisanciers, pour justifier l’entretien de cette voie d’eau.

Notre voyage se poursuit sur le canal de la Saône à la Marne.
Il y a peu de trafic et la nature est belle. La plus part du temps, nous dormons à des endroits où on entend rien, pas de voitures, pas d’avions, pas de trains, parfois une vache qui meugle au lointain.
Notre prochaine halte sera Joinville.

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Carnet de Bord # 30 – De Heuilley-Cotton à Foulain en passant par Langres

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Par trois fois nous gravîmes la colline à pied, la quatrième fois nous prîmes le bus # 1 à la gare de Langres. Nous sommes toujours redescendus à pied.

Le lundi 27 juillet nous avons passé la nuit à Heuilley-Cotton, à 1 km devant l’entrée du tunnel de Balesmes. A cet endroit, le canal est bordé de prairies dont l’herbe est jaunies par le soleil. Un troupeau de vaches Charentaises broutent le foin déchargé ce soir par un paysan.
Notre promenade vespérale nous amène près d’un tas de planches issues d’un quelconque démolition. Posé sur la planche supérieure, je récupère un objet métallique doré. J’imagine que c’est un boulon de tire-fort; il ressemble à une couronne dorée à trois pointes. Lorsque je l’aurai débarrassé des traces de ciment qui l’encrasse, il fera office de presse-papiers.

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Le tunnel de Balesmes fait un peu moins de 5 km de long, mardi matin nous nous y engageons et deux écluses et quelques km plus loin, nous frappons nos amarres au quai du port de plaisance de Champigny-lès-Langres. De la dunette du bateau, nous apercevons la ville fortifiée, perchée sur son éperon de calcaire.

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L’année dernière, pour aller en ville, nous avions fait appel au taxi d’Angelique, cet année-ci, on décide d’y aller à pied.

À mi-chemin entre le Chat Lune et la cathédrale Saint-Mammès, 130 m plus haut, un Intermarché s’est implanté. nous y faisons un avitaillement en produits frais et ensuite nous mangeons un cordon bleu/flageolets à la Licorne, la brasserie adjacente.

L’endroit ne paye pas de mine, le décor moderniste et banal, mais on y mange bien. Les repas sont confectionnés sur place et la cuisinière fait un point d’honneur d’offrir des desserts succulents, une tarte aux abricots maison pour Marleen et une crème brûlée pour moi.
C’est peuplé d’habitués, tout le monde se fait la bise, des ouvriers du bâtiments aux employés de la succursale de banque. C’est le genre d’endroit que nous aimons.
David et Toi, nos voisins anglais en barge, amarrés en face de nous, au quai de Champigny, nous avouent qu’ils recherchent et naviguent en fonction des ‘une étoile’.
Nous sommes du genre snob inversé, nous recherchons la cuisine de chez maman là où s’attablent les stucateurs aux mains poussiéreuses.

Le premier jour, à la Licorne, la patronne, svelte, la quarantaine avancée, cheveux charbon coupés en hauteur, jupe courte sur collants de la même couleur, nous souhaite la bien-venue, de vive voix, de derrière son comptoir.
Le service est rapide et bon enfant, le personnel aussi accueillant que la patronne, on a vite fait d’expliquer d’où nous venons et comment on voyage.
Le deuxième jour, le patron vient à notre table, nous serre la main, nous remercie d’être revenus et nous raconte que sa femme et lui ont récemment visité Bruxelles et Bruges et qu’ils aiment beaucoup la Belgique parce qu’on y mange bien et qu’on est bien accueilli.
Le troisième jour, on a failli embrasser la patronne et les serveuses, comme tous les habitués de la brasserie.
C’est notre dernier jour à Langres, le dessert mangé et le café bu, tous viennent nous serrer la main et nous souhaiter un bon voyage, on en a la larme à l’œil.

Voici le résumé de nos trois jours à Langres:
Le premier jour pour faire des courses et ramasser quelques brochures à l’office du tourisme.
Le second jour il pleut et au travers des fenêtres du carré, j’observe qu’un nuage a envahi le dôme de la Tour Piquante, on ne voit plus le sommet de la colline. Le matin on reste à bord et ensuite on part manger le plat du jour à la Licorne. On grimpe en ville en guise de sieste.
Le troisième jour, le temps est radieux, on escalade l’éperon rocheux et on fait la promenade des remparts. Lunch à la Licorne, re-descente au bateau.
Après la sieste notre programme prévoit de remonter en ville, un marché artisanal s’est installé place Diderot. Nous envisagions ensuite d’assister à la démonstration journalière d’un tir à l’arquebuse dans la Tour de Navarre.
De la gare, le bus #1 nous conduit vers la hauteur de la cité. Le marché, une dizaine d’échoppes, du miel, de la confiture, des couteaux et de la poterie ne nous impressionne guère.
L’idée d’attendre encore une heure pour voir le tir à l’arquebuse non plus, on se laisse descendre vers le canal et on rentre à bord.

Aujourd’hui, le 31 juillet nous franchissons 24 écluses et parcourons 25 kilomètres pour venir nous amarrer à Foulain, un patelin qui sommeille le long du canal.

Demain nous allons à Chaumont.

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Carnet de Bord # 29 – De Choisey à Fontaine-Française

imageGrâce à une ruse, le 5 juin 1595, Henri IV gagna la bataille de Fontaine-Française.

Quelques jours plus tôt, Juan Fernández de Velasco, Connétable de Castille, à la tête d’une armée forte de 12.000 hommes, rejoint par le duc Charles de Mayenne, chef de la Ligue catholique, se dirigent vers Dijon afin de reprendre la ville.
Prévenu de leur intentions, Henri IV part les confronter avec les 3 000 hommes qu’il a réussi à rassembler.

Le matin tôt, le jour de la bataille, une première confrontation permet à Henri de repousser temporairement les troupes espagnoles mais il se rend compte de la supériorité numéraire de ses adversaire et décide de ruser.
Il mobilise les paysans du coin et leur demande de s’armer de leurs faux et tout objet métallique brillant. Il les fait ensuite manœuvrer avec ses troupes, faisant croire à l’ennemi qu’il dispose d’une force de frappe importante et bien armée.

Replié dans la vallée, Fernández se laisse abuser par les apparences et décide de rebrousser chemin, laissant le champ libre aux Français.
Cette bataille de la huitième guerre de religion fut la victoire française qui marque la fin de la Ligue.

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Le mercredi 22 juillet nous avons quitté Choisey pour nous amarrer au quai de la Saône à Saint-Jean-De-Losne.
Deux jours plus tard nous nous engageons sur le canal qui relie la Saône à la Marne.


Ouvert à la navigation en 1907, il fut baptisé le Saône-Marne mais les bateliers professionnels l’appelèrent et continuent à l’appeler le canal de Heuilley, du nom des deux villes situées à chaque bout du versant Saône, Heuilley-sur-Saône et Heuilley-Cotton.
Il y a quelques décades, les agences de marketing des viticulteurs locaux le firent renommer le Champagne-Bourgogne. Il est vrai qu’il relie la région de Bourgogne, au sud, à la Champagne-Ardenne, au nord.

Samedi nous avons amarré le Chat Lune à l’amont de l’écluse (#32) de Fontenelle avec l’intention de visiter le château de Fontaine-Française.
Dimanche matin sous un soleil voilé, on déplie les Bromptons et je file par un chemin de terre battue vers ce que je crois être le village de Fontaine-Francaise. Ayant franchi deux collines je me retrouve près d’une ferme où un cochon vietnamien mâle, les défenses bien formées, vient gentiment me dire bonjour.
Marleen est restée en arrière. Contrairement à moi qui travaille à l’intuition, elle lit les indications routières. Aussi, elle attend patiemment que je fasse demi-tour jusqu’au croisement du chemin qui mène au château, pour me pointer la bonne direction à prendre.

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À l’origine se trouvait ici un château-fort du 11ème siècle où Henri IV logea deux nuits lors de la bataille de Fontaine-Francaise.

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Le fort est en mauvais état et sa propriétaire, la veuve désargentée Anne Madeleine de la Tour du Pin, épouse en seconde noce, François Bollioud de Saint-Jullien, riche receveur général du clergé. Ce dernier fait démolir l’ancienne forteresse et confie à Souhard, un architecte parisien, la construction d’un nouveau château.
Cela fait, Madame de Saint-Jullien tient dans son château un salon littéraire fréquenté entre autre, par Voltaire qui dans sa correspondance, l’appelle ‘mon papillon philosophe’.

Le château est demeuré entre les mains des descendants de la famille. En été les salons et les pièces non-habitées sont ouvertes au public.

Nous sommes accueilli par une jeune fille enthousiaste qui nous promène dans la demeure. Elle nous raconte l’histoire du château pimentée d’anecdotes amusantes, tel que le stratagème utilisé par Henri IV pour gagner la célèbre bataille.

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Carnet de Bord # 28 – De Besançon à Choisey

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imageL’homme est un animal social qui aime créer des communautés, faut-il encore le souligner?
Nous n’échappons pas à la règle et je suis toujours amusé d’observer la chimie des relations qui s’opèrent lorsque nous amarrons le Chat Lune à un ponton parmi d’autres plaisanciers.
La halte nautique de Choisey n’offre ni eau ni électricité mais l’endroit est calme. Un jardin public bien entretenu sépare le canal des premières maisons. De la dunette, on voit le clocher de l’église du village dont l’horloge sonne l’heure et la demi-heure, sans interruption, jour et nuit.

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À un petit kilomètre et une longue volée d’escaliers en pierre plus haut, un mega-centre commercial s’est implanté sur la colline et par conséquent il y a belle lurette que toutes les boutiques de Choisey, de l’alimentation générale au boulanger ont mis la clé sous le paillasson. Même l’église est fermée en dehors des services.

Au ponton, le Krabbe de Walter, de nationalité Suisse mais de cœur Français, ce sont ses paroles, est amarré près de nous, tout comme une barge Allemande et un plaisancier Français. Ces derniers ont à bord un jeune chat noir attaché par le collier à une longue laisse. Il se laisse caresser et ses yeux ont l’air de dire « détachez-moi, vous verrez, je resterai près de vous ».
Nous avons fait halte ici l’année dernière, ainsi qu’il y a dix jours lors de notre remontée vers Besançon.
Hier midi, sur notre chemin de retour vers la Saône, on frappe nos amarrés à la dernière des quatre places disponibles et Walter, nous avions fait sa connaissance lors de la remontée, nous salue avec enthousiasme et nous aide à l’amarrage. Du coup, nous faisons partie de la communauté en place. En quelque sorte, nous sommes de retour au ‘village’ et les conversations s’engagent comme si nous nous connaissions depuis toujours. Il y a nous, les gens du quai, et puis il y a les autres.
À propos de Walter, il est sympa en diable mais son français nous rappelle le comédien Suisse Emil Steinberger.
Si vous ne connaissez pas Emil Steinberger, empressez vous de compléter cette lacune dans votre culture générale artistique et allez sur YouTube.

Le 13 juillet dernier, à Saint-Symphorien-sur-Saône, l’éclusier de la 75, l’écluse de l’entrée du Canal Du Rhône au Rhin, nous avait mentionné le cygne solitaire de Choisey. En effet à longueur de journée, le bel animal fait des vas-et-viens du premier au dernier bateau. Lorsqu’un plaisancier lui jette un croûton de pain, il daigne le ramasser mais il s’en approche avec dignité, le renifle, le prend dans son bec et le mastique avant de l’ingurgiter.

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Le canal aussi est un long village et ses habitants, qu’ils soient éclusiers où plaisanciers, résidents occasionnels, échangent à longueur d’eau leurs connaissances des particularités du cours d’eau.

À l’aube du lundi 20 juillet, c’est avec un certain regret que nous quittons le port du Moulin Saint-Paul à Besançon pour descendre le Doubs en direction de la vallée de la Saône.
Pour trouver des bonnes places d’amarrage, l’expérience nous a appris qu’en navigation fluviale, il faut partir tôt pour arriver en tout début d’après-midi à la destination projetée.

Nous prenons la dernière place disponible au quai du port de Ranchot. En tête de quai se trouve Tesserae, une barge anglaise de 18m. Depuis de nombreuses années, les Anglais parcourent les voies fluviales de France a bord de péniches qui font au moins cette longueur. Des chantiers comme Piper se sont spécialisés outre Manche, dans la fabrication de ce type de bateau.
Nous ne les aimons pas trop, car sur les pontons, ils occupent la place de deux vedettes de taille normale, en navigation ils avancent lentement et dans les ports, ils ont tendance à rester sur place pendant plusieurs jours si pas plusieurs semaines. Cela dit, leurs occupants sont généralement sympathiques et c’est le cas de l’équipage du Tesserae. Nous apprenons que la soeur du skipper est une artiste qui fait des tableaux en mosaïque à Porthleven en Cornouaille.
Voir http://www.tesseraegallery.com
Nous lui suggérons d’aller visiter le musée de la Mosaïque à Briare et d’aller ramasser des tesselles dans la décharge d’émaux. (tesserae=tesselle en français).

Nous restons deux nuits à Choisey, demain nous continuons notre chemin vers Saint Jean de Losne.

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Carnet de Bord # 27 – Besançon

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Chaque fois que nous faisons halte à Besançon, nous allons saluer le platane dans le parc le long de l’avenue Élisée Cusenier, entre le pont Denfert-Rochereau et pont de la République.L’arbre est centenaire, le diamètre de son tronc fait 1,50m et lorsque qu’en guise de salut nous appliquons nos main, en remerciement, il nous donne un peu de sa force.
C’est la troisième fois que le Chat Lune est amarré au port du Moulin Saint-Paul sur l’île située entre la rivière et le canal de déviation qui anciennement alimentait le moulin.

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En 2014 nous remontions le Doubs dans l’idée d’aller à Mulhouse. Après le demi-tour à Montbéliard comme je l’ai décrit dans un de mes billets précédents, nous sommes revenus ici. La rivière était en crue, il pleuvait des cordes, pour aller voir le feu d’artifice nous avions revêtu nos vêtements de grandes eaux. Aujourd’hui, le niveau de l’eau est bas, les grosses pierres des barrages sont apparentes et un avis à la batellerie interdit la navigation aux bateau dont le tirant d’eau est supérieur à 1,70m.

Besançon a un bon ‘Chi’, c’est une jolie ville où il fait bon se se promener. Les rues sont propres, les immeubles anciens sont rénovés et les modernes s’intègrent bien au cœur de la ‘boucle’. C’est le nom donné à la partie de la ville située à l’intérieur du méandre du Doubs.

Voir ci-dessous la vue aérienne.

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Depuis plusieurs semaines, la température ambiante l’après-midi, avoisine les 35°C et plus.

Ici à Besançon, pour se rafraîchir, il y a la médiathèque, les locaux ne sont pas climatisés mais ils bénéficient de l’isolation des épais murs en pierre de l’ancienne caserne Saint-Pierre et l’ambiance intérieure est agréable.

Pour plus de fraicheur, on se paye la clim de quelques cinémas avec des bons films en prime: ‘Les Nuits Blanches du Facteur’ et ‘Woman in Gold’.
Pour le lunch, nous avions en 2014 découvert la Brasserie du Commerce. À midi l’établissement offre une excellente formule dans un décor élégant et lumineux, comme le souligne l’article ci-dessous.

Voir http://www.brasserie-du-commerce.com/presentation.php


L’année dernière nous avions assisté aux essais des nouveaux trams de la ville. Pour habituer les habitants à leur passage, les rames circulaient en permanence sur les voies nouvellement installées dans les rues et les avenues de la cité, en sonnant sans arrêt de leur cloche.

Aujourd’hui, les bisontins sont accoutumés au passage des véhicules bleus azur, les cloches tintent encore régulièrement, du fond du port on entend l’arrivée du tram avant qu’il ne franchisse le pont de la République.
Dans la librairie Forum, au bout de la Grande rue, Marleen découvre une revue bilingue intitulée HEY, Modern Art and Pop Culture dont voici le lien http://www.heyheyhey.fr

En quelques ‘clics’ d’échange mail, on se voit confirmer par Carolein Smit, une amie artiste qui crée des figures étonnantes en céramique, que non seulement elle connaît la revue en question, mais qu’elle a participé à une exposition à Paris organisée par ladite revue.

Voir un exemple de ses œuvres ci-dessous. Le lien est http://caroleinsmit.com


Il suffit de se promener les yeux et l’esprit ouverts et les choses les plus imprévues apparaissent spontanément.
Lorsque la zone orageuse sera passée, nous quitterons Besançons pour redescendre le Doubs en direction de la Saône, 74,5 km et 29 écluses nous en séparent.

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Carnet de Bord # 26 – De Mâcon à Besançon – la Péniche dans la Tempête

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La gamine en vélo à sa mère: »regarde maman, une péniche »
La dame en vélo à Marleen: « c’est une péniche? »
Marleen: « non, c’est une vedette Hollandaise »
La dame: » ah, vous êtes Hollandais! »
Marleen: » non, Français, mais le bateau a été construit en Hollande »
Premier temps de réflexion.
La dame (d’un air inquiet): « et les tempêtes? »
Marleen: »le fluvial ce n’est pas la mer, on s’amarre et on attend que ça passe »
Secxond temps de réflexion.
Les portes de l’écluse s’ouvrent, on continue notre navigation. « Au revoir madame »

La conversation a lieu en plein soleil, car par beau temps, il est rare que nous n’ayons pas un échange avec les badauds qui meublent les écluses. Souvent ce sont des mammys et de papis, (j’ai vérifié l’orthographe dans le Robert), accompagnés de leurs petits-enfants et les cyclo-touristes habillés pour la circonstance, qui s’intéressent aux bateaux et au fonctionnement des écluses.
Ce qui nous paraît évident, après avoir négocié quelques milliers de bassinées, paraît parfois mystérieux au yeux des non-initiés, alors, on explique.

imageCe soir, nous sommes amarrés au PK 57, sur le canal du Rhône au Rhin, c’est le cours d’eau qui relie la Saône au Rhin en empruntant en partie le lit du Doubs.
On navigue avec alternance sur le canal et sur la rivière, c’est un beau trajet, le Suisse qui hier était amarré derrière nous à Choisey me confiait ce matin, c’est le plus beau canal de France.

En 2014, à la même époque, nous avons fait le même trajet dans l’idée de prendre le Rhin à Mulhouse, le descendre jusque Strasbourg pour ensuite emprunter le Rhin-Marne pour aller passer le mois de septembre à Paris.

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Sur le trajet il y a le plan incliné d’Arzviller. En 2013 un accident grave mis cet ouvrage d’art en chômage pendant des mois. La réparation fut terminée en mai 2014 et l’ouverture à la navigation fluviale fit l’objet d’une cérémonie en grande pompe à laquelle assistèrent les d’autorités locales et nationales. Trois semaines après la fête, les techniciens des VNF détectèrent des fissures dans les support et l’ensemble fut une seconde fois fermé à la navigation.

Après l’intervention des experts des compagnies d’assurance les travaux de réparation reprirent en mars 2015 avec la promesse d’ouvrir l’ascenseur au trafic, le 15 juillet 2015.
Il y a trois jours, VNF émis un avis à la batellerie annonçant que les travaux ne seraient pas terminés à la,date prévue et que la nouvelle date d’ouverture n’était pas encore connue.

Toute cette explication pour dire que cette année-ci, nous avions l’intention de prendre l’itinéraire que nous avions interrompu l’année dernière à Montbéliard, mais que compte tenu de ce que je viens d’écrire ci-avant, nous nous contenterons d’aller à Besançon pour ensuite faire demi-tour et rejoindre Paris par le Champagne Bourgogne, comme en 2014. Voir mes billets de l’année dernière pour plus de détails.

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Sur le trajet de Saint-Symphorien-sur-Saône à Besançon, nous faisons une halte à Choisey.
Les petits poissons sont toujours présents et comme l’année dernière, lorsque nous faisons notre baignade rafraîchissante, c’est par centaines que gratuitement ils broutent nos épidermes.

Demain nous partons pour Besançon.

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De Lyon à Mâcon et le Musée des Confluences et Musée Automobile Henri Malartre

image imageAu premier étage du château de Rochetaillée, les toilettes se trouvent entre la cage d’escaliers et le tricycle De Dion-Bouton datant de 1899. Une trouvaille géniale frappe l’utilisateur du lieu discret. Le couvercle de la chasse d’eau est un lavabo dont l’écoulement aboutit dans le réservoir. Ainsi, l’eau utilisée pour se laver les mains devient un appoint au volume d’eau que la chasse requière. À première vue, le seul inconvénient que je vois à cette trouvaille écologique est que l’accès au mécanisme demande le démontage du robinet du lave main. Les anciennes voitures du musée de l’automobile Henri Malartre sont exposées dans le château de Rochetaillée, situé le long de la Saône, un peu en aval de l’écluse de Couzon où nous amarrons le Chat Lune à un ponton destiné aux plaisanciers de passage. image Dans les châteaux que nous visitons, nous avons coutume de voir des mannequins en redingotes et en robes décolletées installés dans des meubles d’époque en bois précieux. Ici, au centre de la chambre à coucher, le mannequin est assis au volant d’une Panhard & Levassor. C’est insolite, les plus anciennes automobiles et motos de la collection de Henri Malartre sont exposées dans les pièces du château. Les voitures des années 30 et plus, sont entreposées dans un hall au fond du parc. imageHenri Malartre a exercé le métier de démolisseur automobile. À plusieurs reprises, il se refusa de sacrifier les modèles intéressants qui lui passèrent en main et c’est ainsi que dans les années 30, il constitua sa collection. Cachée dans une grange de l’Isère, ses premières voitures ont été préservées durant la Seconde Guerre mondiale. Henri Malartre entre dans la résistance, il est arrêté et déporté. À la fin de la guerre, il revient à Lyon et retrouve sa collection. Son activité de démolition reprend, sa collection augmente et en 1960, avec le soutien de Louis Pradel, maire de Lyon, le musée de Rochetaillée est créé.

Nous quittons Lyon le mardi matin 7 juillet pour entamer notre remontée vers le nord et nous faisons une halte à Rochetaillée-sur-Saône. Avant cela, à Lyon, nous avons flâné dans la ville, on a pris quelques fois le Vaporetto pour aller déguster une glace chez Nardone, Place au Change et bien évidemment, nous avons visité le nouveau Musée des Confluence. image

Parenthèse et recette: Par vous désaltérer, essayez la combinaison suivante: Remplissez 1/3 d’un grand verre avec du jus de citron fraîchement pressé, ajoutez 1 boule de sorbet au citron et complétez le verre avec de la limonade au citron, buvez à la paille. Nardone appelle ce cocktail ‘Freeze’, c’est délicieux. Comme son nom l’indique, le Musée des Confluence est situé au confluent du Rhône et de la Saône, C’est un musée d’histoire naturelle qui reprend les collections du musée Guimet de Lyon. L’architecture du bâtiment est du cabinet autrichien Coop Himmelb(l)au, la construction a démarré en 2003 et il a ouvert ses portes le 20 décembre 2014. Coop Himmelb(l)au utilise une architecture dite ‘déconstructiviste’ qui comporte d’importants porte-à-faux. Malgré l’aluminium et le verre, vu de l’extérieur, l’ensemble nous paraît lourd. Marleen remarque que l’intérieur offre des perspectives photographiques intéressantes. Tout cela est oublié lorsqu’on pénètre dans les salles. Le curateur a sélectionné ses plus belles pièces pour les mettre en valeur avec recherche. Les salles sont vastes, les murs et les plafonds sont peint en noir ce qui permet d’accentuer la beauté des objets à l’aide de la lumière de projecteurs directifs. Le projet est clairement pédagogique et les nombreux enfants que nous croisons, seuls accompagnés de leur mammy et papi ou en classe avec leur institutrice sont à la fois intéressés et s’amusent beaucoup. Les espaces sont vastes et propices à courir en rond quitte à revenir plusieurs fois au mêmes endroits, ‘bis repetita placent’. image

Benoîte a pris un abonnement annuel au musée et toutes les semaines, elle y passe un moment accompagné de son petit-fils Hippolyte, ravi à chaque fois de découvrir des choses nouvelles. Il va falloir que nous revenions à Lyon l’année prochaine. Pour dire bonjour à Benoîte, pour revoir le musée des Confluences et parce que nous aimons cette ville.image

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Carnet de Bord # 24 – De Mâcon à Lyon – Trévoux et Confluence

imageDe la canicule le Robert dit: Période de grande chaleur, du latin, de canis → chien; de la constellation du Chien où l’étoile Sirius se lève avec le Soleil du 22 juillet au 23 août.

L’OBS de jeudi dernier publie un graphique des étés le plus caniculaires depuis 1947, voir ci-dessous. Au premier coup d’œil je ne vois pas de corrélation entre la durée, la fréquence et la température moyenne. Le record appartient à celle de 2003, où les 30 stations de la France métropolitaine ont noté pendant 18 jours, du 2 au 19 août, une température moyenne de 29,3C.
Attendons la fin de celle-ci pour voir si le record sera battu.

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À l’exception de Jean L. qui sur FB nous embête avec ses commentaires de 18°C et les vrais pulls Islandais, la majorité de nos amis transpirent et ont sorti leur clim portable du grenier où l’engin reposait depuis la canicule de juillet 2013, selon l’OBS.

Le Chat Lune n’a pas la clim, pour nous rafraîchir, nous bénéficions de la proximité de l’eau toute proche dont la température est de 27 °C. En plus de cela, la vallée de la Saône et du Rhône sont des conduites d’air et en journée un vent de force 7 évapore notre sueur.
Fin de commentaires sur la chaleur de l’été.

En descendant la Saône de Mâcon à Lyon, nous faisons halte à Trévoux.

Micro flash historique:
Avec la Saône comme frontière entre le Royaume de France et le Saint-Empire Romain Germanique, la ville, également la capitale des Dombes, s’enrichit.

Micro flash d’intérêt personnel:
Dans la foulée de notre parcours des apothicaireries commencé l’année dernière, nous découvrons dans la Médiathèque de Trévoux, pas loin de la halte fluviale, la reconstruction de celle de l’Hôpital Montpensier crée en 1686 pour la Souveraineté de Dombes.

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Jeudi le 2 juillet en fin de matinée, nous frappons nos amarres aux pontons du port de plaisance de Lyon Confluence. Situé dans une ancienne darse industrielle, le port est flanqué au nord d’une série d’appartements construits dans le style architectural ‘containers’ et au sud d’un centre commercial à l’américaine. À une unité près, les appartements sont tous occupés, achetés et/ou loués. Le centre commercial comporté trois niveaux, on y trouve les marques traditionnelles de ce genre d’endroit, les Zara, Adidas, NewYorker, Jef de Bruges, Paul, MacDonald et les autres. Un supermarché Carrefour et un complexe multisalles UGC complètent l’ensemble.
Le rêve du plaisancier qui recherche les soldes d’été, un point d’avitaillement à une distance ‘caddy’ et un endroit frais pour passer une après-midi à savourer le dernier film des frères Podalydès, ‘Comme une Avion’, ce que nous fîmes.
Petite touche romantique, une navette fluviale baptisée Vaporetto fait toutes les heures le trajet entre le port de Confluence et le pont Saint-Paul au cœur de la vielle ville de Lyon.

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L’aspect négatif, en ce qui nous concerne, est que les esplanades et les quais de la Saône tout proches, sont propices à l’organisation de manifestations culturelles et festives, lisez ‘bruyantes’.
L’année dernière, nous étions ici en juin, nous avons eu droit à la ‘Fête aux Cerises’. Le podium installé en face de notre endroit d’amarrage avait orienté 9 enceintes acoustiques en direction de la dunette du Chat Lune.
La chambre d’hôtel que nous avions réservée en ville le jour de la soirée musicale était fraîche et calme et nous avons bien dormi, merci.

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Lyon est le point le plus au sud de notre croisière 2015. Nous y venons parce que nous aimons la ville, parce que le musée de la Confluence vient de s’ouvrir en décembre dernier et enfin parce que notre amie Benoîte y habite et que c’est un plaisir de la revoir.

Si cliquez Lyon sur mon blog vous trouverez la description de nos explorations touristiques de 2014.
Ayant tout vu ou presque, on se sent libre de toute contrainte exploratoire.
Mais comme on est pas du genre à rester assis très longtemps, nous partons découvrir le musée de l’imprimerie et Marleen va revoir le musée des Tissus, déjà vu en 2014, mais il mérite la répétition.

Et bien entendu, comme je l’ai signalé plus haut, nous allons à la reconnaissance du musée de la Confluence.
Pour la petite histoire, sachez que sa réalisation a connu quelques déboires, dont dix ans de retard sur le planning et le dépassement de 5 fois le budget initialement prévu.

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Carnet de Bord # 23 – De Fragnes à Mâcon

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imageOn prend la bassinée de l’écluse 34b du Canal du Centre avec le Whisper. David et Toi sont Canadiens, en hiver ils vivent à Vancouver et en été ils parcourent la France avec leur barge baptisée Whisper, en français ‘souffle ou bruissement’. Le bateau est un prototype, construit en Angleterre par une société qui visait la clientèle d’outre Atlantique. Malheureusement, la crise intervint, l’entreprise ferma ses portes et David acheta le seul bateau jamais construit.
L’originalité est que le moteur est situé à l’avant du bateau, l’hélice et les propulseurs d’étrave sont actionnés par un circuit hydraulique. Le bateau est particulièrement silencieux, d’où son nom.

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Cette année-ci, comme nous, David et Tio parcourent la Bourgogne, nous bavardons quelques instants et par la suite, ayant échangé nos cartes de visite, nous poursuivons nos échanges par mail.
Il nous arrive de temps à autre en navigation, de faire la connaissance de plaisanciers avec lequel ‘le courant passe’ immédiatement. Sans trop d’efforts, le contact se maintient et dans de nombreux cas la rencontre se transforme en amitié.

En route pour Lyon, nous frappons nos amarres aux pontons flottants de Tournus, le ‘s’ ne se prononce pas, en face de la quincaillerie Rebillard, qui me fait toujours rêver. Pour plus d’informations sur Tournus, cliquez le nom sur mon blog, le 28 juin 2014 j’ai écrit un billet au sujet de cette ville. Le hasard veut que nous y soyons à nouveau, exactement un an plus tard.

À notre arrivée, les bateaux sont amarrés un peu n’importe comment. J’apponte le Chat Lune, Marleen saute à terre et aborde les autres plaisanciers avec fermeté. En un clin d’œil, deux ‘Le Boat’ et un privé détachent leurs amarres et un deuxième emplacement se libère sur le ponton, le Roaming Star accoste.
James et Jacquie sont Anglais, ils venaient de traverser la manche et quittaient Saint-Valery sur Somme lorsque nous y arrivions début mai dernier. Ensuite on les a revus à Paris et puis reperdu de vue jusqu’à l’écluse de ‘Ormes 4’ que nous venons de prendre ensemble en amont de Tournus.
Ils remercient Marleen pour avoir mis de l’ordre dans le port.

Le lundi 29 juin, 30 kilomètres au sud de Tournus, se trouve la nouvelle marina de Mâcon.

420 places sont disponibles dans une grande darse située à 2 kilomètres au nord du centre de la vieille ville. Le port est propre, clôturé, bien tenu et les prix sont raisonnables pour un endroit d’amarrage de haut de gamme.

Le premier soir en rentrant d’une visite d’exploration de la ville, nous avons la surprise de trouver, amarré à côté du Chat Lune un LeBoat de location de 15 mètre dont le moteur tourne.
Les plaisanciers environnants nous chuchotent ‘ce sont des Russes’, ‘ils ne veulent rien entendre et ils ne parlent pas français’. Particularité que les Français continuent à trouver surprenante, si pas insultante.

Un des Russes parle anglais et il m’explique que pour pouvoir maintenir leur ‘clim’ le moteur doit encore tourner une petite heure; j’explique la chose aux Français.
Une heure c’est long, je déplace le Chat Lune.
En fin de journée, les trois couples Russes partent dîner, ils ont troqué leurs shorts et leurs bikinis pour des vêtements de ville, la xénophobie sous-jacente de tout à l’heure s’évapore, tout le ponton leur souhaite un bon appétit.

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Le mardi 30 juin, on se pointe à l’office du tourisme où une guide nous attend pour une visite intitulée ‘Mâcon Secrets’. La jeune fille nous conduit en premier lieu dans la salle du conseil de la mairie situé dans l’Hôtel particulier que la municipalité a acheté au Comte de Montrevel en 1792.
Ensuite au gré de son goût, elle nous fait découvrir une traboule, un ornement de façade provenant de la démolition de l’ancienne cathédrale St.-Vincent, une chapelle désaffectée dans laquelle loge la société archéologique de la ville, la maison de bois aux sculptures truculentes, mon inventaire est incomplet. Au fil de la promenade, elle attire notre attention des particularités tel que les trois arches invisibles du pont Saint-Laurent qui furent ensevelies sous la rue du Pont, lors de la démolition des remparts de la ville à la fin du 18ème siècle.
Malgré l’habitude qu’elle a de ponctuer ses explications d’un gloussement irritant, la promenade mérite trois sur cinq pour le plaisir que nous avons eu de découvrir des détails d’architecture et d’histoire qui ne figurent pas dans les manuels classiques de l’office du tourisme.

Nous prenons le menu du jour au restaurant/bar ‘Laguicheur’, 59, rue Philippe Laguiche. Les plats sont soignés et le service est envoyé, je recommande l’endroit. Au bar, une demi-douzaine d’ouvriers du bâtiment rigolards se sont accoudés pour l’apéro, ensuite, comme nous, ils commandent le menu du jour. C’est une donnée universelle, la fréquentation par des habitués est la mesure de la qualité des restaurants locaux.

L’apothicairerie de l’Hôtel Dieu est visible à partir de 14:00, nous nous y rendons. Les pensionnaires sont aussi vétustes que le bâtiment. Dans le porche d’entrée, un des habitants, assis sur un banc, nous dit gentiment bonjour. Il arbore une barbe grise un peu hirsute, son crâne est ébouriffé, il est vêtu d’un short et d’un t-shirt gris délavé, je l’imagine en manque de contact social. Nous lui rendons la pareille, il sourit largement.

La boiserie de l’apothicairerie est de toute beauté, les tablettes sont en frêne agrémentés de loupes d’orme. Les tiroirs affichent le nom des produits des plus communs aux plus insolites, tel que ‘l’Aristoloche’ et le ‘Sang de Dragon’. Bien en évidence on peut admirer l’inévitable grande urne de Thériaque, le remède miracle composé de 74 produits, réputé de guérir toutes les maladies contagieuses, les coliques, les vers, l’asthme, les morsures de serpent, l’épilepsie et plus encore.

Au centre des deux ailes, l’une comportant les chambres des femmes et de l’autre celles des hommes, se trouve le dôme, sous lequel il y a avait une chapelle, aujourd’hui disparue. Sa situation stratégique permettait aux patients des deux sexes d’assister aux cérémonies sans qu’ils ne puissent se voir.

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imageEn sortant, nous saluons l’homme à la barbe grise et on échange quelques propos sur le temps, l’éternel sujet.

Demain, nous continuons notre chemin vers le sud, direction Lyon.

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Carnet de Bord # 22 – De Paray-le-Monial à Fragnes

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imageLorsque vous serez amarrés au quai rive gauche à Blanzy, passez le pont qui porte le même nom, allez pousser la porte du boucher charcutier Buchaudon, 2, place de la Libération. C’est au nord du canal, après le pont de la Bourbince, à main droite.Les murs de la boucherie sont décorés de certificats de premier prix pour saucissons et autres charcuteries. Le boucher, charmant et fier de ses produits m’explique que la ‘morvandelle’ est une recette locale. Sa grand-mère et la grand-mère de son épouse, qui vivaient éloignées de 50 kilomètres l’une de l’autre, la première habitant le Morvan et la seconde la Nièvre, confectionnaient cette même recette de viande de porc en gelée. J’en achète une portion. Le lendemain, avant de continuer notre navigation, je retourne chez Buchaudon et j’achète une langue de porc en gelée, un de ses saucissons primés et deux belle tranches d’échine.

On ne néglige pas un artisan boucher qui travaille avec amour des recettes locales.

Hier, nous sommes arrivés à Fragnes, le dernier port du Canal du Centre côté Saône.  La veille j’avais réservé un emplacement pour le Chat Lune et un pour le Tsunami, le bateau de Dany avec lequel nous avons naviguons en flottille depuis Blanzy. C’est un couple d’anciens mariniers qui ont troqués, il y a une dizaine d’années, leurs trois Freycinets pour une vedette Hollandaise avec laquelle ils parcourent les voies fluviales de France. Dany me confie que son rêve est de vendre sa maison pour acheter un bateau un peu plus grand et y vivre dessus en permanence; son épouse n’est pas d’accord. Quel plaisir de naviguer avec des marins expérimentés, toutes les manœuvres se font les doigts dans le nez, les écluses se passent rapidement et on se comprend a mi-mot.

Le port de Fragnes est bien tenu, la jeune capitaine est souriante, serviable et compétente. À côté de la capitainerie se trouve un restaurant et une boulangerie. À cent mètres, une ferme offre du vin, des œufs, du fromage, des fruits et des légumes. Le Leader Price est à 10 minutes à vélo. Toute la journée on entend les oiseaux chanter, ils sont aussi heureux que nous d’être dans un endroit charmant. image

Nous avons beaucoup aimé le Canal du Centre. Il a été construit entre 1783 et 1793 par l’architecte Émile Gauthey pour relier la vallée de la Loire à celle de la Saône à travers les montagnes du Charolais. Le tracé suit le relief des paysages et le cours des rivières, la Bourbince, côté Loire et la Dheune côté Saône. Gauthey trouvait que ‘les lignes droites sont communément ennuyeuses’. Si on fait abstraction des écluses, de Digoin à la Saône on en compte 61 pour 114 kilomètres, on se croit naviguer sur une rivière.
Depuis Paray-le-Monial, nous avons évité les haltes dans les villes à l’exception et Blanzy et Génelard. Cette dernière est caractérisée par son passé industriel dont le mur Art Déco construit dans les années 50 par l’architecte Bernard de Digoin pour camoufler la vétusté des atelier de la société métallurgique Fournier-Mouillon.  Une autre particularité du lieu est le passage à cet endroit de la ligne de démarcation qui en 1940 séparait la France en deux. Le musée ‘Centre d’Interprétation’ de cette frontière est situé près du pont sur le canal. Sur la porte d’accès, un panneau signale qu’il vient de fermer de manière définitive, un manque d’intérêt?

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Demain matin, dimanche le 28 juin 2015, nous quittons le canal du centre; à 09:00 la porte aval de l’écluse 34bis nous ouvrira l’accès à la Saône.

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Carnet de Bord # 21 – De Nevers à Paray-le-Monial

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imageLe bihoreau gris attend immobile qu’un proie passe à sa portée pour la saisir en un en éclair. C’est la première fois que nous en apercevons un en onze ans de navigation fluviale. Comme décrit dans notre encyclopédie des oiseaux, il reste immobile à notre passage, alors que le héron gris, très fréquent, s’envole toujours à l’approche du bateau.
Nous avons quitté Nevers jeudi dernier. Le canal latéral à la Loire nous a conduit jusque Decize et ensuite à Digoin où débute le Canal du Centre.  Dimanche, après une courte navigation, nous amarrons le Chat Lune à Paray-le-Monial, une ville particulièrement pieuse.

C’est ici qu’en 1604, sainte Marguerite-Marie Alacoque eu la révélation du cœur du Christ. Elle est à l’origine du culte du Sacré-Cœur et dans la foulée, Paray est devenu un lieu de pèlerinage.

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Ce dimanche c’est la fête de la musique. Sur le parvis de la Basilique, cinq groupes de sonneurs nous offrent un concert de fanfares de trompes de chasse à ne pas confondre avec les cors de chasse qui ne sont utilisés que dans les fanfares militaires. Le porte parole, délégué de l’association française des sonneurs de trompes de vénerie, le micro à la main, introduit de manière didactique mais bon enfant, chaque morceau en expliquant le contexte de la chasse à courre. C’est pour nous, l’occasion d’apprendre plein de choses nouvelles.

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Voici un résumé de ce que j’en ai retenu.
La vénerie ou chasse à courre, se pratique en France, aux Etats-Unis, au Canada et en Australie. Elle est interdite en Angleterre, en Belgique et en Allemagne. L’équipage, c’est à dire l’ensemble de ceux qui cherchent et traquent la proie, est constitué d’une meute de 20 à 100 chiens accompagnés par une bonne dizaine de veneurs. Parmi eux un piqueur qui aura le privilège de tuer la proie à l’aide d’une dague, à l’issu de la chasse, si elle est fructueuse. Les armes à feu sont proscrites, la mise à mort se fait à l’arme blanche. Tout au long du parcours, les veneurs pour ponctuer les étapes, sonnent des fanfares différentes sur leurs trompes de chasses, selon les circonstances. Je cite: ‘Le « bien-aller » indique que les chiens chassent « en bonne voie », le « débucher » que la meute est en plaine et se dirige vers un autre massif forestier, le « bat-l’eau » que l’animal de chasse est dans un étang ou une rivière, la « vue » que l’animal de chasse est vu par le sonneur.’ Pour le cerf, une fanfare différente est sonnée selon le nombre de cors de son bois.

La vénerie se pratique à pied ou à cheval. On distingue la grande vénerie pour le cerf, le daim, le chevreuil ou le sanglier et la petite vénerie pour le lièvre, le renard ou le blaireau. Ce sont les chiens qui chassent, les veneurs ne font que les accompagner. Aussi, après la mise à mort de la proie, celle-ci est livrée comme récompense aux chiens qui l’ont traqué, c’est la curée. Nous découvrons tout cela au fil de la succession des fanfares. Les sonneurs nous simulent les étapes d’une chasse, du départ à l’hallali et à la sonnerie d’honneur qui est jouée pour le veneur qui s’est particulièrement distingué pendant la journée.

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La deuxième partie du concert est consacrée à des fanfares de fantaisie qui ne sont pas utilisées en vénerie. Elle sont un chouïa plus longues mais tout aussi harmonieuses que celles de la chasse. Avant l’entracte, pour se reposer les lèvres, les musiciens forment une chorale et nous offrent deux chansons.

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Ils portent tous l’uniforme de leur confrérie, de la redingote rouge vif à la noire, bordée d’or. Le spectacle se donne sous le soleil couchant de la première journée d’été qui peint d’une couleur dorée le fronton de la cathédrale. Le public nombreux de tout âge, nous inclus, apprécions le concert et nous rentrons au bateau le cœur et la tête plein de sonorités de vénerie.

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Carnet de Bord # 20 – De Briare à Nevers

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Le ragondin aime le pain et chasse les canards pour avoir son morceau.Ce n’est pas un rat mais une espèce de castor originaire d’Amérique du Sud, importé au 19ème siècle. Il ne supporte pas le froid car sa queue gèle et alors il meurt de gangrène. Il peut peser jusque 9 kg avec un corps de 60 cm et une queue de 45 cm. Il possède quatre grandes incisives de couleur orange avec lesquels il fait des dégâts dans les berges des canaux. Pour cette raison il est classé parmi les animaux nuisibles.

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Le notre a choisi comme habitat le port de plaisance de Nevers. À la tombée du jour on le voit se glisser entre les pontons dans l’espoir de récolter quelques restants de nourriture que les plaisanciers intrigués par l’animal insolite, lui jettent.

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Nous avons quitté Briare avec un petit pincement car c’est une endroit charmant où il fait bon vivre. Trois jours de navigation nous ont conduit à Nevers. Nous y restons deux nuits.
Ce matin nous avons fait le tour de la ville en suivant la ligne bleue que l’office du tourisme a fait peindre sur les trottoirs pour que les touristes ne soient pas obligés de consulter une carte afin de voir les belles choses que Nevers leur offre. Nous prenons le parcours dans le sens inverse et au numéro 2, l’avant dernier de la matinée, nous restons en admiration devant l’église romane Saint-Etienne, elle date du 11ème siècle. L’intérieur dégage une sérénité qui enveloppe le visiteur dès qu’il a franchi le seuil du porche de l’entrée. On médite sans s’en rendre compte.

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Le clocher de la cathédrale Saint-Cyr vient d’être libéré des échafaudages qui l’entouraient depuis quelques décennies, les statues qui le décorent brillent au soleil. La crypte contient une belle mise au tombeau. L’évêché a fait appel à des artistes contemporains pour réaliser les vitraux. Nous les trouvons très décevants. L’harmonie crée par Alfred Manessier dans l’église Saint-Sépulcre à Abbeville sont de très loin supérieur aux décors style BD de Saint-Cyr.

Avant de rejoindre le Chat Lune nous faisons un avitaillement au Carrefour et pour nous récompenser de nos efforts de la matinée, on se paye des paupiettes de veau au restaurant ‘Au Bureau’, place Saint-Sebastien.


Pour revenir un instant à la méditation à laquelle je faisais allusion ci-avant, sachez que l’âme de l’homme est très casanière et que lorsqu’on voyage celle-ci a tendance à rester accrochée au point de départ. Le cas extrême est le voyage en avion, où par exemple, après la traversée de l’Atlantique, votre corps arrive à JFK mais votre âme traîne encore à votre domicile et vous vous sentez mal. Votre âme ne vous rejoindra de mauvaise grâce que quelques jours plus tard. Les anglo-saxons appellent cela le ‘jet-lag’. Notre manière de voyager est idéale. En bateau nous parcourons une trentaine de kilomètres par jour, à la vitesse moyenne, écluses comprise, de 5 à 6 km à l’heure. Aussi, notre âme ne nous quitte jamais et nous nous sentons bien. En plus de cela, tous le deux ou trois jours, nous faisons une halte de deux nuits ou même plus et notre âme est contente de rester sur place pendant un moment.

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Demain nous allons à Decize. Nous voyagerons en convoi avec nos connaissances Hollandaises sur leur Seraf. C’est une façon agréable de naviguer, nos deux bateaux remplissent les bassins des écluses, on profite des manœuvres pour tailler une bavette et en chemin, par VHF, on échange, si nécessaire, des information sur les obstacles du parcours.

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Carnet de Bord # 19 – Briare, Le Pont Canal et les arches flottantes

imageBriare, c’est le canal du même nom et c’est aussi le Pont Canal.L’histoire commence au 17ème siècle.

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Pour relier la Loire à la Seine, Henri IV signa en 1604, les lettres de patentes pour la construction du canal de Briare.  Le 14 mai 1610, le coup de poignard de Ravaillac interrompit les travaux et le canal resta à l’abandon pendant 20 ans. Le 30 juin 1638, Louis XIII accepta la proposition de trois financiers de terminer le Canal de Briare à leurs frais et dépens. Bien entendu, comme le précise la lettre de patente, les trois associés ‘devenaient propriétaires du canal et de toutes ses dépendances et acquéraient la faculté de l’exploiter à leur bénéfice exclusif et avec le privilège de faire naviguer des bateaux leur appartenant.’

Plus tard, un certain nombre de gentilshommes et de bourgeois s’associèrent et forment la première société anonyme crée en France sous le nom de ‘Compagnie des Seigneurs du Canal de Loyre en Seine’. Les travaux furent conduit avec diligence et en 1642 la jonction des rivières eut lieux. Les associés des Seigneurs de Canal s’enrichirent et la société conserva sa concession jusqu’en 1860 où elle fut rachetée par l’Etat. Le Château de la ville, le siège social de la société, est aujourd’hui l’Hôtel de Ville de Briare.

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Avant la construction du canal latéral à la Loire en 1838, les bateaux empruntaient la rivière pour remonter jusque Nevers. Une fois le canal latéral réalisé, il restait un dernier obstacle, les bateaux devaient encore franchir la Loire à Briare en empruntant l’écluse des Combles et l’écluse de Mantelots à Châtillon-sur-Loire. Pour ce faire, on avait creusé à Briare un canal parallèle à la Loire qui aujourd’hui existé toujours et s’appelle le ‘vieux canal’. Pour joindre la ville aux berges de la Loire, des ponts furent construits sur ledit vieux canal.

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En promenade, nous constatons que de chaque côté du tablier actuel du pont qui prolonge la rue de la Loire et celui du pont qui prolonge la rue des Grandes Allées, se trouve une arche métallique fixée dans les piliers des ponts, qui ne supporte rien. Ces arches ont dû servir un jour à quelque chose.

Je m’informe auprès de l’office du tourisme, de la capitainerie du port de plaisance, du propriétaire du magasin de livres usagés et de Jean-Marie Rivaux, l’aimable boutiquier de ‘La Malle Briaroise’. Bref, j’embête tous ceux qui veulent entendre ma question. Personne ne connaît la réponse mais monsieur Rivaux de la Malle Briaroise, envoie un mail à un ami, qui lui en connaît un autre qui lui ‘sait’.

Bruno Vital, c’est son nom, m’explique qu’à la réfection des ponts, les tabliers en bois ont été remplacés par des hourdis en béton. Cela a fait l’objet d’une discussion de gros sous entre la Commune de Briare et l’Etat et que pour faire des économies, il fut décidé de réduire de largeur les nouveaux tabliers. Les anciennes arches qui supportaient le plancher en bois, devenues inutiles, ont été laissées sur place.

Je suis content.

En ce qui concerne le Pont Canal, après plus de cinq ans de discussions, d’adjudications et de travaux, l’ouvrage d’art, long de 663 mètres, fut ouvert au traffic fluvial le 16 septembre 1896 à 08:00 du matin. Pendant plus de cent ans il garda le privilège d’être le plus long au monde. La construction à Magdebourg sur le Mittellandkanal d’un pont canal long de 918 mètres au dessus de l’Elbe, mît en 2003, fin à son hégémonie.

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Curieusement l’adjudication de la partie métallique du pont de Briare fut octroyée à Dayle et Pille, constructeurs à Creil et la réalisation des 14 piles et des 4 pilastres d’angle en maçonnerie à Gustave Eiffel. Un film documentaire projeté au musée des Deux Marines et du Pont Canal à Briare, montre le personnage de Gustave Eiffel qui s’esclaffe en clame : »Ils ont attribué la construction métallique à Dayle et Pille, laissez-moi rire! ».

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Carnet de Bord # 18 – De Montargis à Briare en passant par Dammarie-sur-Loing

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Un poilu radieux s’apprête à lancer une grenade Mills vers l’ennemi, ce sont les petits plaisirs de la grande guerre. Le mémorial et la statue en bronze se trouvent en haut de la rue du Canal à Dammerie-sur-Loing où nous passons la nuit à mi-chemin entre Montargis et Briare.

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Le lendemain nous rejoignons le Seraf de Henk et Elly à Rogny-les-Sept-Écluses et en flottille nous franchissons les 23 kilomètres et les 18 écluses qui nous mènent au port de plaisance de Briare. Les deux escaliers d’écluses du trajet se passent rapidement et il nous faut moins de cinq heures pour arriver à destination.

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Ce matin, le jeudi 11 juin, nous nous transformons en fibulanomistes amateurs. Un fibulanomiste est une personne qui collectionne les boutons de vêtements anciens. Quel plaisir que de découvrir un nouveaux mot tout en recherchant des boutons dans une décharge d’émaux. Genevieve nous avait renseigné l’existence de cet endroit qui ne figure sur aucun guide et que l’office du tourisme ne mentionne pas. La décharge est situé dans un bois, à l’arrière de l’usine d’Émaux de Briare. Pour y accéder, il faut franchir une clôture, ramper dans des sous-bois, traverser un espace marécageux pour ensuite gravir un tertre de trois mètre de haut, constitué par des émaux, des boutons, des perles et des pavés de céramique accumulés à cet endroit pendant plus d’un siècle. D’une surface totale d’un demi terrain de football, l’endroit est quelque peu surréaliste. Il s’agit bien entendu de déchets ou d’objets présentant une imperfection, souvent imperceptible pour nos yeux non initiés, qui justifia leur rejet.

 

Pour le plaisir de la récolte, on se sent chercheur d’or, nous remplissons deux petit sacs élastique avec essentiellement des boutons, des perles de couleur et des carrés d’émaux.

Le 4 novembre 1844, le jeune industriel et inventeur Jean-Félix Bapterosses dépose un brevet pour une machine à fabriquer des boutons. La machine permet de frapper 500 boutons à la fois alors que les anglais ne frappent toujours les leurs qu’à l’unité. L’avance technologique est telle que ses concurrents anglais passent, en deux ans, du monopole de la fabrication du bouton à la ruine de leur industrie. Dans son usine de Paris, Bapterosses emploie 550 personnes pour une production journalière de 1.400.000 boutons.  Le succès est tel que les locaux de la rue de la Muette deviennent trop exigus et Bapterosses achète la manufacture de Briare. L’usine en parfaite état et de conception moderne est située à proximité du canal de Briare, pas trop éloignée de Paris à laquelle elle est reliée par le rail. Pour ses 1500 ouvriers, il construit une cité ouvrière avec jardins, écoles, un hôpital-hospice, une société de Secours-mutuel et des terrains de sports.

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Au fil des années, à la fabrication des boutons, succède la céramique d’émail vitrifié et teinté dans la masse qui donne une qualité supérieur aux revêtements. Après la deuxième guerre mondiale, la manufacture est en déclin et la famille la cède à un groupe industriel qui a réussi aujourd’hui et refaire des Émaux de Briare un fleuron de l’industrie céramique française.

Nous apprenons tout cela en visitant le musée de la Mosaïque et des Émaux de Briare.

J’oublie de mentionner que c’est aussi ici que se fabriquaient les perles de pacotilles que nos vaillants explorateurs traînaient dans leurs bagages lors des expéditions en Afrique au 19e siècle.

Sur la place de la république, l’église Saint-Etienne du style néo-byzantin au clocher néo-gothique, comme explique le guide, est bien entendu décorée de mosaïques. À l’intérieur, du porche au cœur, le sol de la nef centrale comporte une amusante succession de médaillons en mosaïque dont les thèmes sont les quatre éléments, les quatre âges de l’homme et les cinq sens.

Nous aimons Briare et nous y séjournons quelques jours.

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Carnet de Bord # 17 – De Moret-sur-Loing à Montargis

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Depuis quelques jours nous voyageons en flottille avec Elly et Henk sur leur le Seraf un bateau Hollandais. L’éclusière de Langlée, au nord de Montargis, nous demande « mais qu’est-ce qu’ils parlent? » Nous lui expliquons et elle rétorque, très étonnée, « et vous les comprenez? »Hier, dimanche matin, nous avons lâché nos amarres du port de plaisance de Moret-sur-Loing. Le centre de contrôle du canal de Briare m’a confirmé que le bief de Montambert sera navigable à partir de lundi.
Le séjour ici fut agréable, le temps était au beau fixe et l’endroit est superbe. Nous en avons profité pour visiter le nouveau musée du sucre d’orge logé dans un petit château situé à l’emplacement de l’ancien moulin de Provencher qui fut détruit avec le pont, lors de la retraite de l’armée Allemande en 1944.
La dame du musée nous explique que ledit petit château fut construit en 1953 par un riche industriel local, pour y loger sa ‘confidente’, quel bel euphémisme. Au dessus de la porte d’entrée on peu lire l’inscription suivante taillée dans la pierre: ‘Il faut s’entourer de ce qui nous console’.

À propos de sucre d’orge, il est dit que Napoléon I en raffolait, que Sarah Bernard ne rentrait pas en scène sans avoir chauffé sa voix avec un bonbon et qu’Aristide Briant, Jean Jaurès, André Mauriac sont venus signer les livres d’or de l’époque. Crée en 1638 sous Louis XIV, par des Sœurs bénédictines, le sucre d’orge est resté le même avec une recette encore secrète aujourd’hui. Il est toujours fabriqué selon la méthode du XVIIè, aucun rajout, sans colorant et sans agent de saveur. Rien d’autre qu’un sirop d’orge et le tour de main d’un savoir faire ancestral, transmis de génération en génération. Nous en achetons une boîte métallique rectangulaire.

C’est Jacqueline de Bueil, comtesse de Moret, maîtresse d’Henri IV, qui fonda le couvent lequel fabriquait les « Sucres d’Orge des religieuses de Moret sur Loing ». Parmi les soeurs du couvent, les religieuses abritèrent une soeur étrange, baptisée « la Mauresse » en raison de sa peau noire. L’état civil de cette soeur est resté inconnu. La légende dit qu’elle aurait été une fille de Louis XIV et de sa femme Marie Thérèse. Ecartée de la cour, en raison de son teint, et les médecins auraient affirmé que c’était la vue du joli page noir de Marie Thérèse qui aurait influé sur la couleur de l’enfant!

Heureuse époque où les pages étaient précoces et les maris crédules!

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Deux jours de navigation pour arriver à Montargis. Ce lundi après-midi, les plaisanciers amarrés ici dans l’attente de la réparation du bief sont partis et nous trouvons une place dans le port de la ‘Venise du Gâtinais’, comme notre brochure touristique définit la ville. J’ai déjà eu souvent l’occasion de raconter que la manière la plus efficace de faire la connaissance d’une ville inconnue était de se procurer au syndicat d’initiative, ça y est, ça m’a échappé, le dépliant avec le parcours fléché des curiosités locales. À Montargis il s’intitule ‘Le Circuit des Ponts’. Il comporte 17 ‘stations’ que nous explorons systématiquement. Océane, la stagiaire de l’office du tourisme nous recommande également d’aller voir dans l’église de Sainte-Madeleine les vitraux récemment rénovés. Océane est de bon conseil.

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Nous apprenons aussi qu’en 1920, 2000 jeunes Chinois viennent étudier et travailler en France. Trois cent d’entre eux débarquent à Montargis. Parmi eux, Deng Xiaoping, le premier dirigeant de la Chine en 1981 après la mort de Mao Zedong, travaille à l’atelier de chaussures de l’usine Hutchinson.

C’est le deuxième parcours fléché que la ville nous offre. Il s’intitule ‘Découvrez comment la Chine est entrée dans l’histoire de Montargis’.

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Le long du canal de Briare, nous marchons à l’ombre de splendides platanes tri-centenaires, ils furent plantés en 1790.

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Carnet de Bord # 16 De Paris à Moret-sur-Loing et le Handpresso Auto

imageQuelques informations sur notre endroit d’amarrage.

Nous sommes à Moret-sur-Loing, l’endroit est idyllique, le soleil brille de tous ses feux, un petit vent rend l’attente agréable. Le 29 mai dernier, un avis à la Batellerie nous avait annoncé que sur le canal de Briare, dans le bief de Montambert, ‘des fuites importantes ont été découvertes’ et que la navigation était à l’arrêt pour la durée de la réparation. Au téléphone, un responsable des VNF me confirme que les travaux de colmatage sont en cours, que le bief sera rempli pendant le week-end et que lundi 8 juin, le canal sera ré-ouvert à la navigation. Nous en profitons pour faire un peu d’entretien, Marleen nettoie le bateau à l’intérieur et pour ne pas être dans ses pieds, je m’installe sur la dunette et j’écris ce billet,

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À midi, nous mangeons chez Lulu, c’est un resto-bistro situé au bas de la rue Grande, près de la porte de Bourgogne. S’y arrêtent principalement, les gens du coin, les quatre ouvriers du chantier de restauration de la porte de Bourgogne et nous.
Nous connaissons bien Moret-sir-Loing pour y avoir fait halte de nombreuses fois en descendant vers Auxerre et en remontant sur Paris.
Remarquez qu’on descend à Auxerre en remontant la Seine et l’Yonne et qu’on remonte sur Paris en descendant ces deux cours d’eau. Dans le premier cas, la rive droite est à gauche et dans le second cas, elle est à votre droite, simple rappel.

À Moret, la manufacture de sucres d’orge, industrie locale et artisanale, existe toujours mais on ne la visite plus. La municipalité a ouvert un musée dans les bâtiments du Moulin Provencher.

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Dans une enclave de la rue Grande se trouve une galerie Renaissance richement décorée. C’est ce qui reste de la demeure de Nicolas Chabouillé, officier de finance de Francois I. En 1823, un certain colonel Bracke acheta le bâtiment et fit démonter la façade pour décorer l’hôtel particulier qu’il fit construire à Paris pour sa maîtresse, mademoiselle Mars. La propriété à Moret passa de main en main et en 1956, un promoteur acheta l’immeuble et ramena la façade de Paris à Moret où on peut aujourd’hui l’admirer.


Et maintenant, une histoire de café.

Amateur d’expressos, l’ingénieur Danois Hendrik Jul Nielsen, développe et en 2008 il met sur le marché, la ‘Handpresso Wild’. L’appareil comporte une pompe à vélo qui développe 16 bar ce qui permet de produire un expresso lequel n’a rien à envier des cafés courts produits par les machines Lavazza qui ornent les comptoirs des bars Parisiens. Depuis son lancement, plus de 300.000 ‘Handpresso’ se sont vendus dans 50 pays et le concept fut honoré par une dizaine de prix d’excellence.

Nielsen et sa famille s’installe à Avon près de Fontainebleau et son équipe développe et met sur le marché la ‘Handpresso Auto’ destinée à la clientèle des automobilistes soucieux de ne pas s’endormir au volant. L’engin se branche sur l’allume- cigare et débite en trois minutes un délicieux café bien tassé.

C’est mon cadeau d’anniversaire car je fonctionne à la caféine et le tableau de bord du Chat Lune comporte une prise allume-cigare. Voir:  http://www.handpresso.com/fr/univers/videos-handpresso/

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L’engin a bien fonctionné au départ mais une panne électronique le met en veilleuse. Comme dit Marleen, le Bouddha fait bien les choses et notre croisière cette année nous conduit à passer par Avon sur la Seine. J’échange quelques mails avec la société Handpresso dont le service après vente ne mérite que des louanges et je conviens d’un passage chez eux. Lundi matin, le 1e juin à 08:00, nous quittons nos nombreux amis, Paris, le port de l’Arsenal et mercredi en fin de matinée, nos Bromptons nous débarquent chez Handpresso, Avenue Franklin Roosevelt à Avon. Lorin, l’ingénieur qui nous reçoit, identifie la cause de la panne et sans autre forme de procès il nous remplace l’appareil. Il nous présente ensuite un café qu’il confectionne avec la machine à main et en prime, il nous offre un coffret de 25 pads.

On rêve que tous les fabricants adoptent ce comportement à l’égard de leur clients.

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Amarrage à Avon-sur-Seine

Assis sur la dunette à l’ombre du bimini, je déguste de temps à autre un petit serré en attendant que les ingénieurs du VNF réparent le bief de Montambert.

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Carnet de Bord # 15 – Paris – l’Enceinte de Philippe Auguste, les Boutons, les Jouets et les mannequins chez Bourdelle

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En 1190 Philippe Auguste projetait de partir pour une troisième croisade. Avant de boucler ses malles, il fit fortifier certaines villes pour les protéger d’une éventuelle agression de la part des Anglais qui s’étaient installés en Normandie. Il dota Paris d’un rempart de 5 kilomètres de long, de 8 à 10 mètres de haut, 3 mètres de large agrémenté de 70 tours de 6 mètres de diamètre. Une chaîne tendue chaque soir sur la Seine, empêchait les agresseurs de pénétrer dans la ville.Notre guide ‘Curiosités de Paris, Inventaire insolite des trésors minuscules’ comporte un chapitre consacré aux 7 enceintes de la ville qui au fil des siècles furent construits pour des raisons militaires mais aussi fiscales, tel que celle des Fermiers Généraux. Nous choisissons de parcourir le tracé de la muraille de Philippe Auguste. Le départ se situe dans la galerie commerciale du Louvre. Les socles des tours et du donjon de la forteresse que le Louvre était à l’origine ont été mis à nu dans les années 80 et sont visibles dans le sous-sol de la galerie.

Le plan montre notre parcours, qui commence rive droite et se termine rive gauche rue Mazarine, où une cinquantaines mètres de l’enceinte furent découvert lors de la construction du parking souterrain. Le plus important vestige se trouve dans le Marais, rue Des Jardins Saint-Paul. Un mur long de plus de cent mètres et deux tours délimitent l’esplanade du terrain de jeu de l’école voisine. Tout au long de notre promenade, certains restes de la fortification sont évidents à voir, d’autres demandent une recherche.

Un guide avec plan est indispensable pour découvrir tous les trésors cachés.

Genevieve nous accompagne et on s’amuse comme du temps des jeux de piste de notre scoutisme de jeunesse.

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Dix jours à Paris c’est trop court pour voir et pour faire tout ce que la ville nous offre et tout ce qui nous fait envie.
Marleen et Genevieve vont voir l’exposition des Tudors au Luxembourg, voir ci-dessous Henri VIII, sa fille Elisabeth, sa soeur Mary et son fils Edward.

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Aux Arts Décoratifs on se replonge dans notre jeunesse avec le Coffre à Jouer. Je retrouve une voiture en fer-blanc analogue à celle que je chérissais. Elle était peinte en rouge et fonctionnait à l’aide d’un ressort à remonter une petite clé.  Mon petit fils joue avec trois châteaux-fort Lego, une armée de figurines de la même marque, un coffre rempli de blocs en bois avec lequel il construit d’autres fortifications, il a des grues de chantier, des modèles réduits d’autos de toutes les marques et depuis peu il a découvert le monde des jeux sur une tablette iPad. Est-ce mon âge qui me donne la nostalgie de la simplicité?

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Dans le même musée, nous parcourons avec émerveillement la collection de 3000 boutons, unique au monde, d’après la brochure. Elle est agrémentée d’une centaine de vêtements masculins et féminins choisi paris le couturiers le plus emblématiques, parmi eux, Poiret, Schiaparelli, Dior et Gaultier. Certains sont des objets d’arts, d’autres des tableaux miniature et d’autres encore témoignent du génie créatif de leurs artisans.

Réflexion faite, le bouton est une invention géniale. La fermeture éclair et le Velcro font partie de la vie quotidienne de nos nippes, mais le bouton reste le roi de l’assemblage de la majorité de nos vêtements usuels, réfléchissez une seconde à une monde sans boutons.

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Enfin, à Montparnasse, le musée Bourdelle nous fait découvrir que les artistes peintre utilisent depuis bien longtemps des mannequins de bois pour construire leurs images. Ces mannequins sculptées avec précision, coûtaient à l’époque le prix de deux ans de pose d’un modèle en chair et en os, mais ils étaient réutilisable et avaient donc une bonne rentabilité, comme on le dirait de nos jours. En plus de cela, ils ne bougeaient pas et ils pouvaient prendre et maintenir pendant des jours entier, les attitudes les plus acrobatiques sans jamais se fatiguer. Il paraît que les experts peuvent, chez les artistes moins doués, déceler la fraude. Je pense que c’est une fanfaronnade destinée à justifier leurs honoraires.

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Voilà en vrac nos occupations en dehors des apéritifs et invitations à dîner qui ponctuent nos journées au port de l’Arsenal.

Demain nous partons nous reposer en croisière, nous allons remonter la Seine jusque Morret, il y a longtemps que nous n’avons pas gouté le sucre d’orge de la manufacture locale.

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Carnet de Bord # 14 – El Clan Destino et la Balade des Statues Equestres

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Il y a quelques années de cela, Diego Stirman gagna un prix aux Fêtes de Gand pour son spectacle de marionnettiste. Argentin de naissance, sa brochure explique:

> Né d’une mère polonaise et d’un père russe débarqués dans les années 20 à Buenos Aires, il grandit entre le yiddish, l’espagnol et l’italien, entre les assiettes qui volaient contre les murs et des coups d’état militaires qui se succédaient comme les saisons. En 1981, après avoir exercé différents métiers (prothésiste dentaire, joueur professionnel de volley-ball, médecin ou encore psychanalyste), l’amour, le hasard et les rêves d’un monde meilleur l’amènent à Paris. Il y crée et présente sur les trottoirs de St Germain ses premiers spectacles de marionnettes et découvre le sens de sa vie : faire rire.
 Depuis, il se produit dans les plus prestigieux festivals de marionnette, de clown, de rue ou de théâtre du monde entier, et son port d’attache se trouve à « El Clan Destino », sa petite salle de Belleville où vous pouvez découvrir ses dernières créations… Retrouvez les billets d’humeur et d’humour de Diego sur son blog <

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En septembre dernier, nous avons par hasard découvert son théâtre situé 18, rue des Envierges, lors d’une de nos promenade patrimoine. Je lui avais envoyé un mail et depuis lors il nous informe de l’agenda de ses présentations. Ce dimanche, le spectacle s’intitule ‘Entremets’.

La salle doit faire 50 m2, scène comprise. Trois lignes de caissons rembourrés, de hauteur croisantes, servent d’assises pour un public dont le cadet a trois ans et l’aîné 75, toutes les places sont prises.
Diego nous entraîne dans une successions de sketches où il alterne le burlesque à la manipulation de marionnettes à doigts. L’homme a des planches et le public marche à fond, il nous entraîne en crescendo au travers d’histoires absurdes et clownesques pour finir immergé en apnée, la tête en avant, pendant plusieurs minutes dans un tonneau métallique rempli d’eau. On sent un flottement dans le public, certains d’entre nous caressent l’idée que vu son âge, il s’est peut-être vraiment noyé?
La jeune fille et le jeune homme, deux assistants que Diego a préalablement cueilli dans le public essayent de l’extraire de sa position infortunée et hurrah, il sort trempé mais bien vivant de son bain improvisé. Les spectateurs applaudissent et les enfants hurlent de joie.

L’entrée est libre mais à l’issu d’une bonne heure de rire, les chapeaux noir qui circulent se remplissent de billets de banque bien mérités.
Allez-y, le voyage vers Belleville en vaut la peine, voici le lien: http://www.familia-stirman.com

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La Mairie de Paris a publié 44 brochures intitulées ‘Les Ballades du Patrimoine’. Le lundi 25 mai nous choisissons la # 7, Cavaliers et Chevaux.
Au parvis de Notre Dame, Charlemagne à cheval et ses Leudes, Roland et Olivier, en pied d’écuyers aux moustaches et barbes taillés, nous pointent la direction de notre promenade. Ouest-nord-ouest, nous longeons le cours de la Seine, de l’Hôtel de Ville au Louvre. Étienne Marcel, Louis XIV. On traverse le Jardin des Tuileries, à droite, rue de Rivoli, on salue Jeanne D’Arc couverte d’or. Des Tuilerie à la Place de la Concorde on passe entre les chevaux de Marly. Le long du quai du Cours de la Reine, la France honore le Roi Belge Albert I, pour avoir retenu l’armée de Guillaume II en 1914. Plus loin, sur le même quai, Simon Bolivar regarde le Pont Alexandre III et le Grand Palais. À chaque extrémité de la toiture, deux groupes monumentaux représentent l’un ‘l’Harmonie triomphant de la Discorde’ et l’autre ‘L’immortalité devançant le Temps’.

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Le Port de l’Arsenal est un grand village. Lorsque nous y faisons escale, une ou deux fois par an, notre vie sociale y est plus intense en quelques jours que pendant les six mois d’hiver passé à terre. D’un bateau à l’autre les invitations et les contre-invitations se succèdent.
De surcroît, les expositions, promenades thématiques, cinémas, spectacles, brocantes et autres circul’livre, remplissent nos journées.

On se reposera pendant les tranquilles semaines de navigation qui doivent nous conduire à Lyon.

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Carnet de Bord # 13 – De Compiègne à Paris en passant par Conflans-St.-Honorine

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Le Bouddha de Langres est à Paris.Nous quittons Pont-l’Évêque à 08:45 et nous amarrons le Chat Lune dans le port de Compiègne à 11:40. Patrice Paul, dit Paulo, le capitaine du port, nous accueille avec sa gentillesse coutumière. Nous avons décidé de faire une halte ici avant de dévaler l’Oise et remonter la Seine jusque Paris.

Mercredi matin, il fait un froid de canard, le soleil joue à cache cache avec de gros nuages noirs qui régulièrement débitent des trombes d’eau, souvent au moment où nous franchissons une des sept écluses qui nous sépare de Conflans-St.-Honorine.
Max Guerdin et Fils nous fournit 228 litres de blanc, le seul fioul autorisé pour les bateaux de plaisance. Les bateaux de commerces peuvent marcher au rouge, à la moitié du prix du blanc.
L’Oise est une belle rivière, les rives sont souvent entièrement couvertes de verdure, 40°C et des crocodiles et on se croirait en Amazoneie.
Les éclusiers sont sympas, nous n’avons jamais d’attente et nous parcourons les 100 km et 7 écluses de Compiègne à Conflans en moins de dix heures.

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La mairie de Conflans a créé une halte de plaisance le long de la Seine, en amont des pontons d’amarrage des bateaux de passagers. La nuitée est gratuite et en prime on est bercé par les vagues des bateaux de commerce qui circulent toute la nuit sur cette partie de la Seine, les écluses tournent 24 sur 24.

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Jeudi matin, nous quittons quittons l’amarrage à 07:50, une légère brume couvre le fleuve, le soleil brille et il fait toujours très froid.
À 16:00 on pénètre dans l’écluse #9 qui sépare la Seine du port de l’Arsenal.

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La capitainerie nous attribue l’emplacement 99, à côté de l’Alcor de notre ami Gilles. L’homme est un magicien, ses mains d’or ont redonné toute sa splendeur à un Kaagkruiser, une vedette Hollandaise des années 1968.

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Carnet de Bord # 12 – Le Retour – De Saint-Valery à Pont-l’Évêque

imageJe vous avais laissé à Abbeville où nous sommes restés deux nuits avant de poursuivre notre remontée de la Somme. J’écris ce billet de Pont-l’Évêque, le Chat Lune est amarré le long du quai rive droite du canal parallèle à l’Oise, entre l’entrée du petit port de plaisance et la confluence avec le canal du Nord. Pour les non-initiés aux plaisirs de la navigation fluviale, la rive droite d’une rivière est celle de droite lorsque vous descendez un cours d’eau. Par conséquent lorsque vous remonter un fleuve, la rive droite est à votre gauche. Pour les canaux, c’est la même chose, la rive droite est à votre droite lorsque vous êtes avalant, c’est à dire lorsque les écluses que vous franchissez se vident à votre passage. Un canal monte jusqu’au bief de partage et ensuite redescend de l’autre côté de la colline qu’il franchit, ce pour quoi l’ouvrage d’art à été construit.

Subsequemment, lorsque vous êtes montant et que les écluses se remplissent à votre passage, la rive droite est à votre gauche. Après le bief de partage, lorsque les écluses se vident sous votre quille, soudainement la rive qui était droite devient gauche et la gauche devient la droite.

Les canaux sans écluses sont ambidextres, à vous de choisir quelle rive vous souhaitez avoir comme étant de gauche ou de droite. Vous pouvez même changer d’avis en cours de route.

Comme quoi, la politique et l’hydrographie ont des points communs.

Ces derniers jours, en remontant la Somme, sa rive droite était donc à notre gauche. Cela ne nous a pas incommodé et nous avons apprécié cette vallée à sa juste valeur.

La tête pleine d’images et de souvenirs, comment résumer notre découverte de la vallée de la Somme?

À Cappy, il y avait la dame qui criait ‘j’ai trouvé le boulanger’. Lequel fait un excellent pain et des délicieux croissants aux amandes.

À Froissy nous avons pris le train vapeur à l’écartement de voies de 60 cm, qui nous a amené de la gare, annexe au musée, jusqu’au plateau de la Somme et retour.image

À Chipilly, le monument du soldat qui console son cheval blessé est un des plus émouvants que nous ayons vu.image

Anecdote:
À cent mètres de l’amarrage, près du pont, le bar Longchamp vend des bouteilles de gaz de la marque Butagaz. Comme il n’a plus de réserve remplie, le patron me propose et me vend en échange de notre vidange bleue, une bouteille de la marque Actigaz de couleur jaune. La couleur du contenant importe peu, le gaz est le même, précise-t-il. Sans trop réfléchir, j’accepte l’échange mais en cours de route, je constate que nulle part la marque Actigaz n’est représentée. Aussi, au retour, je rend la jaune et je reprend ma vidange bleue. Sympa, la patron du bistro me rembourse les frais.

L’éclusier du jour, qui nous suit en camionnette me propose alors de me véhiculer vers le village voisin pour chercher une recharge Butagaz. J’accepte, opération se fait et je découvre avec un plaisir renouvelé que le service fluvial de la Somme va bien au-delà des opérations d’éclusage.

« Pas de souci, on va vous aider et vous dépanner » est le mot d’ordre de l’organisation.

Fin de l’anecdote.

À Corbie nos Bromptons nous ont conduit en haut de la colline vers le mémorial national Australien à Villers-Bretonneux.

Au retour, toutes les places d’amarrage du quai en face du camping était occupées. Nous nous mettons à couple avec le ‘Vagebond’ un bateau battant pavillon australien. Dans le carré, je vois une personne endormie sur la banquette et je me dis, on ne va pas le réveiller, on se présentera après la sieste. Il s’avère que c’était une mauvaise idée car à peine amarré, apparaît le propriétaire du bateau qui nous fait tout un foin, ‘que la courtoisie exige de demander la permission de se mettre en couple avant de le faire, et que nous aurions du réveiller l’équipage et qu’il ne souhaite pas nous avoir à côté de lui et qu’il part demain très tôt et que nous sommes priés d’aller nous amarrer ailleurs.’

Le ton monte, je finit pas lui dire que je n’ai pas l’intention de passer la nuit à côté d’une personne aussi désagréable que lui et que oui, après une douche au camping, nous partirons. Ce qui fut fait.

C’est la première fois depuis que nous naviguons que nous sommes chassés d’un emplacement à couple. Je me souviens qu’il y a quelques décades, à Zierikzee en Zeelande, avec notre voilier, nous étions amarres en sixième le long du quai du chenal.

À Amiens, nous voulions parcourir le labyrinthe mais il y avait des chaises dessus, alors nous sommes allés visiter le cimetière de la Madeleine.
Ensuite nous avons fui par crainte d’être déranges la nuit par les fêtard du Pub Anglais.

À Samara, nous n’avons pas parcouru le camps Romain.

À Long, grâce à André de la ‘Marie Galante’, nous avons beaucoup aimé la visite de l’ancienne centrale hydro-électrique.image

À Abbeville, les vitraux de Manessier dans l’église du Saint Sépulcre ont fait notre admiration, ainsi que le couple de gisants qui se tiennent la main au cimetière municipal. Et bien entendu, la visite guidée du beffroi et les polychromes du musée restent gravés dans notre mémoire. Enfin, à pas manquer, le gâteau battu de Alain Devisse, premier prix 2014.image

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À Saint Valéry, nous n’avons pris ni le train à vapeur, ni le bateau du Commandant Charcot.
Hier James et Jacquie, un couple d’Anglais, rencontré à Corbie, nous ont rassuré en nous confiant que le voyage en train ne valait pas le prix du tickets car de Saint Valéry à Crotoy on ne voyait pas le paysage de la baie de la Somme.image

À Saint Valéry nous avons beaucoup aimé revoir Jacques et Fabienne et les moules étaient délicieuses.

Voici en bref, un inventaire non exhaustif de près de trois semaines de navigation et d’exploration sur le fleuve et dans la vallée de la Somme.

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