Carnet de Bord # 11 – Saint-Valery-sur-Somme et la Baie

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Saint-Valery se prononce Saint-Val’ry car il n’y a pas d’accent sur le ‘e’.

C’est le détail qui différencie le voyageur du touriste, nous sommes des voyageurs.

Lundi dernier nous avons fait le trajet Abbeville – Saint-Valery, on s’est amarré au ponton flottant du port fluvial à l’amont de l’écluse de mer et nous y avons retrouvé Jacques et Fabienne.
Le canal maritime qui relie les deux villes est tout droit, les seuls obstacles sont quatre ponts tournant qui demandent d’être ouverts au passage des bateau. Comme de coutume, l’équipe fluviale de la Somme ouvrent les ponts sans que je ne doive ralentir au passage. Quel service!

Après trois jours sur place à explorer les lieux, arpenter les rues et les quais, sous un soleil printanier, nous avons opéré un demi-tour hier après-midi pour entamer notre remontée du fleuve. Notre prochaine destination est le port de l’Arsenal à Paris.

Voilà l’historique de nos dernières pérégrinations.

Nous sommes jeudi, j’écris ce billet assis confortablement dans le carré du Chat Lune, amarré au quai du port de plaisance d’Abbeville, dehors il pleut des cordes. Ce matin, avant la pluie, nous avons parcouru sur la place Vauban, la 11ème réderie d’Abbeville. Réderie est le mot Picard pour désigner un marché aux puces, une brocante, une vide-greniers ou une braderie, au choix. Celui-ci est du niveau 1 sur une échelle de 5, cinq étant excellent. Même pas un livre d’enfant, ni un personnage Playmobil pour satisfaire nos âmes de chineurs.

Saint-Valery et la baie de la Somme nous ont enchantés. L’endroit est très touristique, mais grâce à cela, il est aussi bien entretenu. Un matin en nous promenant sur la digue sud, nous avons observé une équipe de la municipalité qui nettoyait les réverbères ‘design à l’ancienne’ et contrôlait l’état des ampoules. Pas un mégot par terre et les dames qui promènent leur toutous ramassent les crottes avec un sac en plastique retourné sur leur main.

A marée basse la Somme se jette dans la Manche

Les anciennes maisons de pêcheurs sont repeintes en couleurs côtières, les grosses villas qui bordent la digue ont été transformées en B&B ou en gîte et les hôtels paraissent bien entretenus. Un train à vapeur fait le tour de la baie, de Crayeux-Sur-Mer à Crotoy, au départ de Saint-Valery situé entre les deux, à l’embouchure actuel du fleuve. Actuel, parce que j’ai lu quelque part que la Somme se jetait dans la Manche par la baie de Somme entre le Crotoy et Saint-Valery-sur-Somme. Ainsi, cours naturel de la Somme donnait un estuaire au Crotoy mais la canalisation a détourné artificiellement la Somme canalisée vers le port de Saint-Valery-sur-Somme, tant pis pour Crotoy.

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Une deuxième attraction populaire est la promenade en bateau en Baie de Somme avec le Comandant Charcot IV ou Charcot III.

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A peine snob, on se dit, le bateau on connaît et le train à vapeur, on vient d’en faire à Froissy.
Nous optons pour les promenades dans la ville médiévale et le long des digues. Les marées recouvrèrent presque entièrement les étendues de sable mais laissent suffisamment de verdure aux moutons des prés salés. Selon les panneaux explicatifs que la municipalité a placé le long des digues pour nous éduquer, il y en a trois mille. En fin de saison, la transhumance du troupeau des bancs de sables vers les étables de Crotoy dure six heures et attire beaucoup de curieux, toujours selon les panneaux de la mairie.

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Lundi midi, nous dégustons une casserole de moules avec Jacques et Fabienne, descendons la digue sud et grimpons vers la ville médiévale. Ensuite, nos visiteurs nous quittent et nous rentrons au bateau.

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Le port fluvial en amont de l’écluse est situé en pleine nature, beau et calme. En plus de cela, le port en aval de l’écluse de mer est sujet aux marrées et on ne peut y accéder que pendant les horaires normaux de navigation, entre une heure et une heure et demie avant la pleine mer, ce qui contraint la liberté de départ et d’arrivée.

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Carnet de Bord # 10 – Abbeville – Beffroi – Saint-Sépulchre – cimetiere

 

imageLe beffroi d’Abbeville remonte au début du 12ème siècle, il est le deuxième plus ancien de France, ou même du monde, j’ai oublié, celui de Boulogne le bat de quelques années, il fut construit à la fin du 11ème, souligne tristement notre guide.

Vendredi matin nous frappons nos amarres devant l’Aslaug, le Luxemotor de nos connaissances  Danoises, au ponton du port fluvial d’Abbeville. Page de pub, ouvrez leur lien http://www.arnild-barging.com

Nous avons quitté Long vers 10:30 après avoir visité la centrale hydroélectrique et salué André, Nellie et les trois petits-enfants qui eux, restent amarrés à Long.

Nous bavardons avec Bente et Kurt, les Danois, mangeons un léger lunch, faisons une sieste comme d’habitude lorsque nous ne sommes pas en navigation et d’un pas alerte nous marchons vers l’office du Tourisme lequel est fermé, ce 8 mai 2015.
Le musée Boucher de Perthes, situé en face du bureau du Tourisme dans le beffroi, lui, est ouvert. Le tarif de la visite est 1€ parce que toutes les salles ne sont pas accessibles au public, on prépare une nouvelle exposition, nous explique le guide. Nous admirons quelques belles sculptures polychromes et ensuite, sans devoir trop insister, le guide nous offre une visite commentée du beffroi. Quatre autres touristes nous accompagnent.
Le bâtiment a servi de beffroi, il compte 4 cloches au noms différents et à la fonction spécifique, tocsin pour les catastrophes, fermeture des portes de la ville, alerte incendie et rassemblement des échevins lorsqu’il servit d’hôtel de ville. Il contient deux cachots, une salle de prison commune et une salle dans laquelle on emprisonnait les fous dans une cage accrochée au plafond.

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L’édifice brûle en 1940, il est reconstruit dans le années 80 et classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco en 2005.

Aujourd’hui il héberge un musée d’art et du haut de ses 33 mètres il offre une vue panoramique sur la ville et la baie de la Somme.
Abbeville nous plaît, nous y restons trois jours. C’est une petite ville à dimension marche à pied. Bombardée en 1940, elle fut reconstruite mais il reste quelques anciennes demeures et les églises ont été restaurées.

Saint Sépulcre mérite une visite pour ses vitraux réalisés par Alfred Manessier. Cet artiste Picard, spécialiste de l’art sacral abstrait, crée une composition artistique qui évoque les derniers jours du Christ.

Marleen bavarde avec le guide qui, faute de touristes, se morfond dans son cagibis. Très aimable, comme tous les Picards que nous rencontrons, il nous offre un tour complet avec l’explication détaillée de chacun des 31 panneaux; indispensable pour bien apprécier l’oeuvre.

Samedi matin l’office du Tourisme est ouvert et un des guide est, comme nous,  amateur d’art funéraire. On bavarde et il nous dessine un plan sommaire des monuments à voir au cimetière.

Deux gisants en bronze méritent d’être mentionnés. La tombe des époux Mass. Le couple est allongé, serein, les mains enlacées, la femme a la tête tournée vers son mari.

Boucher de Perthes est couché sur le flanc, sa tête repose sur deux oreillers superposés, il semble endormi, les manuscrits de ses livres sont à portée de sa main droite.

 

Dimanche nous allons chiner à la brocante au Quai de la Pointe et ensuite nous avons l’agréable surprise de la visite de mon frère et de son épouse qui viennent nous saluer et passer un weekend à Saint-Valery.

Pour mon anniversaire, je reçois une sonnette de vélo chinoise.

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Il fait beau, le soleil est revenu sur la baie de la Somme.

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Carnet de Bord # 9 – De Samara à Long – centrale hydroélectrique

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La dame de l’office du tourisme est désolée, « ici à Long tout est fermé, le ‘café-bar-à-tabac-presse’ doit réouvrir en juin, le boulanger n’est plus, peut-être que le boucher a un dépôt de pain, mais il est fermé le jeudi, nous sommes jeudi, le coiffeur est ouvert. »  « La centrale électrique se visite sur rendez-vous, mais aujourd’hui, le responsab’le est absent et demain c’est fermé ».

À côté de la Mairie, le Comptoir Bleu, le restaurant qui surplombe l’écluse est ouvert. ‘Dimitri et Alice sont heureux de vous accueillir’ peut-on lire sur le panneau à l’entrée. C’est mon anniversaire, on s’offre un restaurant et il s’avère que nous avons bien choisi. L’endroit est propre et décoré de façon jeune et amusante. Dimitri est en effet sympathique et accueillant et la cuisine est excellente et soignée. Mon andouillette sur lit d’oignon est servi avec une petite aubergine farcie et de pommes frites bien préparées. Comme dessert nous choisissons une glace parmi les vingt parfums proposés. Elle est succulente et provient d’un fabricant artisanal de l’Oise. Si vous passez par ici, nous recommandons l’endroit, très bon prix qualité, comme disent les guides culinaires.

De retour au bateau, nous croisons André qui avec son épouse Nellie et leurs trois petits-enfants suivent le même itinéraire que nous depuis Amiens, à bord de leur beau Super Van Craft.
André s’est rendu à la centrale électrique et il a réussi à convaincre la guide responsable d’ouvrir les portes du lieu demain matin, on s’invite à les suivre.

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À la fin du 19ème siècle Long était un village prospère grâce à l’extraction de la tourbe. En 1903 la municipalité met en service une centrale hydro-électrique destinée aux habitants. Profitant de l’énergie gratuite, les ingénieurs installent également dans le bâtiment une pompe qui puise de l’eau potable dans la nappe phréatique. Ainsi, au début du siècle dernier, en précurseurs,   les maisons du village sont alimentés de courant continu 110 Volt et d’eau courante.

La guide nous explique de le coût était modeste et en fonction du nombre de robinets et du nombre d’ampoules installées. Au départ, chaque maison avait droit à une ampoule dans la pièce de séjour. Plus tard, une deuxième ampoule pouvait être installée dans la chambre à coucher.

Après la deuxième guerre mondiale, avec la venue des appareils électroménagers, la centrale ne répondit plus aux exigences des citoyens et en 1968 le conseil municipal décida de raccorder le réseau à l’EDF. En 1974 elle fut mise à l’arrêt et en 1994 classée comme monument historique.
Nous sommes émerveillés car les installations sont en état de fonctionnement. C’est à André que revient l’honneur de tourner la manivelle de la crémaillère qui soulève la cloche qui couvre la roue à aube horizontale. Celle-ci est située dans l’eau de la rivière qui coule sous le bâtiment. Elle est reliée directement à une roue dentée horizontale qui actionne deux poulies verticales, lesquelles  font tourner deux génératrices. Lentement l’ensemble se met en mouvement et comme par miracle, deux ampoules s’allument, on a envie d’applaudir, nous sommes tous des enfants.


Voyageur, toi qui passe par Long, va manger chez Dimitri et Alice et visite la centrale électrique.

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Carnet de Bord # 8 – Amiens – Samara – le cimetière de la Madeleine

imageFaudra quand même se taper Compostelle à pied, car le curé de la cathédrale d’Amiens a placé des chaises sur le labyrinthe, lequel sert de substitution au pèlerinage pour autant qu’on suive à genou, j’imagine, faut un minimum d’effort pour la différence, les dalles noires qui vont de l’entrée au cœur du puzzle du dallage au centre de la grande nef.

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Nous voilà donc à Amiens. Les hortillonnages, Jules Verne et la cathédrale sont les incontournables. Nous les avons reconnu lors d’une précédente visite de la ville mais la cathédrale vaut une deuxième visite.

Nous sommes amarrés au port amont, en face du Pub Anglais qui le soir attire une foule de jeunes dont le niveau sonore augmente proportionnellement au niveau d’alcool ingurgité. La qualité du sommeil des plaisanciers est alors inversement proportionnel aux bonnes conditions météorologiques. Bref, au beau fixe on ne dort pas, à 5°C quand il pleut des cordes, on est tranquilles.
Bien entendu, le cimetière romantique de la Madeleine, situé à quelques kilomètres du port, est accessible en Brompton et vite fait, bien fait, mercredi matin, nous allons à la recherche de la tombe de Jules Verne.
La nature est plus forte que la mort et si preuve en faut, regardez les photos des monuments funéraires que la végétation a enveloppé. Le site est vallonné, il nous rappelle certains cimetières un peu sauvages que nous avons vu à Berlin en 2011.

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Les croix noires sans noms sur une colline sans végétation marquent les tombes des victimes du bombardement d’Amiens les 27 et 28 mai 1944. L’objectif des Américains était de détruire le noeud ferroviaire, en préparation du débarquement.

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De retour au port, comme le temps se met au beau, pour éviter les insomnies, nous quittons Amiens pour aller nous amarrer au ponton flottant de Samara, 13 kilomètres en aval, en pleine nature.
Samara est un ‘Grand Parc Naturel’ et comme explique la brochure, ‘Un haut lieu de la Préhistoire, un parc archéologique in situ, légitime par la présence de nombreux vestiges découvert lors de fouilles.’

L’aspect Disneyworld nous retient d’envisager une visite, on reste à bord, les oiseaux chantent, la nuit est paisible.

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Carnet de Bord # 7 – De Froissy à Amiens par Corbie et le Mémorial Australien

 

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Nous frappons nos amarres à Chipilly pour aller admirer la statue du ‘Soldat Britannique, consolant son cheval blessé’. L’œuvre est du sculpteur français Henri-Désiré Gauquié, excellent artiste animalier, auteur également du ‘Loup pris au piège’ à voir au Jardin des Plantes à Paris.  La composition est émouvante, elle contraste avec toutes les statues des soldats brandissant des fusils, des sabres ou des couronnes de laurier ou encore, gisants morts au pieds d’une pleureuse.

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Descendre le cours de la Somme est une confrontation journalière avec les horreurs de la première guerre mondiale, qui en quatre ans a fait, rappelons-le, en Europe, plus de 8 millions de morts et 6 millions d’invalides.

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À Corbie où nous faisons halte pour la nuit, nous gravissons à vélo la colline qui mène à Villers-Bretonneux, où se trouve le Mémorial National Australien.


L’ANZAC, ‘Australian and New Zealand Army Corps’ arrête la poussée Allemande les 23, 24 et 25 avril 1918, évitant la prise d’Amiens. Le noms de 11.000 soldats morts pour la France sont inscrits sur les murs de deux pavillons d’angle qui les relie à la tour centrale. Chaque année, le 25 avril, à lieu à cet endroit le Dawn Service de l’ANZAC Day, célébré avant le lever du jour à 05:30 du matin.

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Du haut de la tour, le panorama de la plaine de la Somme est spectaculaire, les tapis de colza illuminent et tranchent avec la verdure printanière du jeune blé.
Si vous faites une halte à Corbie, arrêtez-vous à l’hôtel-restaurant ‘La Marine’, le chef nous a préparé un succulent plat de joues de bœuf.
Le lendemain on remonte sur Amiens. À l’amarrage amont nous retrouvons le Luxemotor ASLAUG de Kurt et Bente. En 2013, nous avions partagé une pizza avec eux sur les tables de pique-nique du port de Vic-sur-Aisne. Leur barge porte bien son nom, elle est aménagée luxueusement avec beaucoup de goût. Pour les passagers elle dispose de 2 cabines dignes d’un hôtel 5 étoiles, que les propriétaires louent à la semaine avec navigation ou à l’arrêt, sous forme de B&B avec un minimum de deux nuits. Pour plus d’information, voir leur site http://www.arnild-barging.com

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Ils nous invitent à bord et nous passons une excellente soirée à parler essentiellement de la navigation fluviale.

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Le port de plaisance amont est situé en face d’un Bar Anglais qui attire beaucoup de jeunes. Les nuits peuvent être bruyantes.

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Carnet de Bord # 6 – Moislains – la Somme – Cappy – Froissy – le P’tit Train

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On croise un papy et une mamy accompagné de leur petit-fils. A l’instant de la rencontre, au même instant, nous prononçons tous les quatre la même phrase, « vous êtes du coin? », « non, on cherche un boulanger, nous aussi ». Dans la rue principale de Cappy, nous marchons vers le nord, eux vers le sud. La dame nous dit « si je le trouve, je crie ». Nous poursuivons notre exploration et cinq minutes plus tard, nous entendons un grand cri « j’ai trouvé », le volume vocal de la dame correspond à son coffre.

Samedi matin, nous prenons l’écluse de Moislains à la troisième bassinée, ensemble avec Cambio. Quatre écluses plus loin, nous nous engageons dans le canal de la Somme.
L’éclusier  accompagnateur nous attend à l’écluse de Sormont, la première du canal. Comme le guide fluvial le demande, j’avais la veille téléphoné et laissé un message à la permanence du Poste Central d’Exploitation de la navigation sur la Somme. Ce matin, un employé du PCE m’avais gentiment rappelé avant notre départ de Moislains pour me confirmer qu’une équipier était mise à notre disposition. A l’instar du canal de Roubaix que nous avons emprunté l’année dernière, le service touristique de la Somme met les petits plats dans les grands. Il nous est demandé de garder le contact avec le PCE de manière à toujours avoir un technicien pour actionner les écluses et les ponts-levis au fil de notre parcours.

La gentillesse existe encore dans ce bas-monde, nos accompagnateurs s’avèrent compétents, sympathiques et aimables. Ils connaissent bien la rivière et leurs conseils sont judicieux, quel plaisir et quel luxe de naviguer dans de telles circonstances.

Notre premier arrêt est Cappy, nous y faisons halte à l’endroit du port de plaisance que Locaboat Holidays a abandonné en novembre dernier. La gestion de port sera reprise prochainement, nous précise-t-on.
Le boulanger que la mamy a repéré, s’appelle ‘Au Rendez-vous des Pains’, il est situé sur la D1 qui relie Cappy à Péronne. Les pâtisseries sont excellentes, nous achetons un ‘Paris-Brest’ et une ‘Religieuse’ au café. Une adresse à retenir, c’est par ailleurs le seul commerce encore ouvert à Cappy.

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Dimanche matin, l’éclusier-pontonnier nous attend comme convenu à 09:30 au pont-levis de Cappy, nous parcourons à la vitesse conseillée de 8 km/h les 3 kilomètres qui nous séparent de Froissy, notre prochaine halte.
Il pleut des cordes pendant notre aller-retour à vélo vers le Carrefour Market de Bray, nous étions en manque de fruits frais.

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C’est le petit train de la Haute Somme qui dicte notre étape à Froissy. La ligne fut construite en 1916 par les alliés pour alimenter le front de la bataille de la Somme en hommes, munitions et autres matériaux. La locomotive date de cette époque; presque centenaire, elle crache encore sa vapeur avec conviction. Après la guerre, la Sucrerie Centrale de Dompierre utilisa la voie ferrée   pour acheminer des betteraves et du sucre. Au début des années 70 les bénévoles de APPVA, l’Association Picarde pour la Préservation et l’Entretien des Véhicules Anciens, décidèrent de sauvegarder l’infrastructure et le matériel, les wagons et les locomotives. Petit à petit, le hangar du départ et les quelques centaines de mètres de voies devinrent le Musée de Froissy. La brochure affirme que c’est le plus grand musée d’Europe consacré au matériel ferroviaire à voie de 60 cm. On n’y connaît pas grand-chose mais le matériel roulant est nickel, l’ensemble est soigné et d’une propreté remarquable.

Le P’tit Train est devenu une attraction incontournable de la vallée de la Somme. Aujourd’hui dimanche, le papy, la mamy, le petit-fils, nous-même et une poignée d’Anglais canoniques sommes les seuls passagers du trajet aller-retour de Froissy au plateau Picard. Le monsieur Anglais explique au chef de train que son grand-père a conduit cette locomotive pendant la grande guerre.

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La dite locomotive vapeur nous conduit à Cappy, un loco diesel de 200 CV, datant de 1940, nous confie le mécanicien, prend le relai pour monter la colline et tracter les trois wagons jusqu’au plateau.

Assis seuls dans le wagon de première classe, on s’amuse comme des gosses.

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Carnet de Bord # 5 – Canal du Nord – De Arleux à Moislains – Péronne

 

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Les bassins des écluses du canal du Nord font 91 mètres de long sur 6 mètres de large. En pratique cela signifie qu’elles peuvent prendre deux péniches de gabarit Freycinet de 39m sur 5,10m soit une seule péniche d’un gabarit plus récent comme le Cambio qui fait 62m sur 5,70m. Pour des raisons de productivité, beaucoup de mariniers naviguent avec deux Freycinets attachés en flèche, ils remplissent ainsi le bassin mais le Chat Lune ne peut pas les accompagner. Pour prendre la bassinée, nous et les autres plaisanciers doivent par conséquent passer seuls, ce qui, compte tenu du traffic sur le canal, n’arrive que rarement, soit attendre qu’une péniche solitaire se présente pour passer avec elle.  La meilleure solution est de trouver un bateau tel que le Cambio, qui nous laisse une trentaine de mètres pour nous positionner avec lui, sans que cela ne pénalise le passage d’un autre Freycinet.

Hier soir à Arleux j’avais déjà repéré le Cambio, amarré en face de nous de l’autre côté du canal. Bleu et blanc, il semble flambant neuf et il est d’une propreté remarquable. Aussi, lorsque je le voit partir ce matin, je téléphone à l’écluse de Palluel, pour m’annoncer et demande à l’éclusier la permission de passer avec lui. Après avoir consulté le skipper du Cambio, la permission est accordée. Il s’avère que mon choix est excellent, le skipper du Cambio est un homme sympathique, dans l’écluse on bavarde et on convient que nous puissions rentrer dans les bassins devant lui, de manière à ne pas être gênés par les remous de son hélice.

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Nous sommes à la veille de deux jours d’arrêt de navigation, un jour de chômage technique et le jour de congé du premier mai. Le traffic est intense dans les deux sens du canal du Nord et il nous faut près de neuf heures pour parcourir 37 km, franchir 7 écluses et passer le tunnel de Ruyaulcourt. Il est 18:30 lorsque nous amarrons le Chat Lune devant l’écluse de Moislains. Ce sera notre amarrage jusque samedi matin.

imagePéronne est a 6,5 km et jeudi matin, nos Bromptons nous y amènent par la D43. Dans la montée vers Mont-St-Quentin nous mettons pied à terre, nous reviendrons au bateau par le chemin de halage. Nous avons une pensée émue pour nos amis Xavier et Michele qui ont fait électrifier leur vélos pliables.

En vrac, les incontournables de Péronne c’est l’église Saint-Jean Baptiste et la peinture murale intitulée ‘La Bonne Mort’, la porte de Bretagne et ses fortifications, le monument aux morts et bien entendu l’Historial de la Grande Guerre.
Le cinéma du musée projette un document sur la bataille de la Somme. L’attaque débuta le 1 juillet 1916, elle coûta la vie à 400.000 soldats Britanniques, 250.000 Français et 650.000 Allemands. Le front avança de 10 km mais ne perça pas les lignes Allemandes. Quel gâchis! On sort de la salle les tripes serrées, notre imagination ne suffit pas à saisir l’ampleur de cette guerre.

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Dans la dernière salle du parcours du musée on peut voir quelques étagères comportant des objets ramassés sur le chemin des Dames par l’écrivain Yves Gibeau. La notice explique que chaque année, le service de déminage récupère 50 tonnes d’obus dans la Somme. À cette allure, dit la notice, la terre devrait encore livrer des vestiges de la guerre de 14-18 pendant 700 ans, fin de citation.

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Vendredi, à Moislains nous allons nous recueillir un instant sur les tombes du cimetière des Charentais.

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Carnet de Bord # 4 – De Wambrechies à Arleux et l’ensablement de Douai

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Svelte, il a les cheveux gris coupés court, il porte un anorak bleu pale et un pantalon en coton léger, gris foncé, à poches multiples. Il chevauche un vélo pliable blanc et il nous adresse la parole pendant la bassinée de l’écluse du Grand Carré à l’entrée de Lille.

« J’ai 89 ans » nous annonce-t-il, « et j’ai été premier danseur au Lido et à Médrano ». Sans attendre nos commentaires, il continue sur sa lancée, « J’ai eu deux cancers et j’ai deux prothèses, » nous fait-y-il ensuite en montrant ses hanches et il rajoute: « J’ai eu un bateau en Méditerranée avec lequel j’ai gagné beaucoup d’argent ». « Maintenant j’ai une jeune femme, ma troisième et je fais du vélo ». Sérieux, en pointant le doigt vers le Chat Lune, il clôture son monologue en nous exhortant: « Faut en profiter, c’est très court ». Nous le remercions, on se dit au revoir, il enjambe son vélo et file à toute vitesse le long du chemin de halage.

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Nous avions projeté de faire une halte à Douai, ville dont nous ne connaissons que le nom, pour l’avoir lu sur la carte fluviale à chacun de nos passage sur le trajet Lys – Deule.

À l’entrée de la ville, passé le grand garage à péniches où la majorité des bateaux amarrés ne navigueront plus jamais, un panneau VNF nouvellement planté, signale le port de plaisance de Douai, sur l’embranchement de la Scarpe, à main gauche. Je vire et le Chat Lune s’engage dans un large bras d’eau qui conduit vers le centre ville.

Amis navigateurs, notez ce qui va suivre. Sur ce canal vers le port de plaisance, qu’un deuxième panneau neuf VNF rappelle, à 20 mètres passé l’embranchement de la Scarpe, la partie de cette rivière coupée à la navigation, le Chat Lune s’ensable méchamment. Je fais marche arrière et j’essaye de tourner, mais je ne réussis qu’à remuer une boue brune. Doucement je remet la marche arrière et je réussis à conduire la bateau vers une profondeur suffisante pour faire demi-tour. On se sort sans casse de ce mauvais pas. Je vérifie le filtre d’eau de refroidissement, il débite   de l’eau limpide, le gouvernail obéit normalement et l’hélice tourne sans vibrations anormales.
Dans l’écluse de Douai, j’interpelle un employé de VNF qui passe par hasard par là et lui explique ce que nous venons de constater. Il nous remercie pour l’information et il promet de faire le nécessaire pour qu’un prochain plaisancier ne subisse pas le même sort que nous. Le guide fluvial garantit un tirant d’eau de 1,80 m pour ce port, ouvert gratuitement toute l’année, muni de bornes d’eau et électricité et situé au centre ville.
Il ne mentionne pas que pour y accéder, le tirant d’eau est inférieur à 1,10m, soit l’enfoncement du Chat Lune.

La visite de la ville de Douai est remise à un passage ultérieur, nous continuons notre navigation et allons nous amarrer à Arleux, la capitale de l’ail selon le guide fluvial et aussi le départ du Canal du Nord.

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Carnet de Bord # 3 – De Halluin à Wambrechies avec les Russes de Crimée

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Ils nous font tous deux un grand sourire, on dit bonjour et je leur demande où ils vont? Le sourire devient un point d’interrogation. Je leur fait « Do you speak English, German, Dutch, Danish? » Le point d’interrogation reste. La communication devient manuelle et mimique.

Ils ont la cinquantaine en bonne santé et au son de leur parler, on les devine Russes. Il s’avère plus tard que leur destination est la Crimée, en passant  d’abord par Paris, large sourire, et ensuite Marseille et la Méditerranée.

Ils naviguent avec un Elling de 15 m de long, flambant neuf, coque bleu nuit, pont en teck, l’équipement est complet, radar et multiples antennes, il bat le pavillon Britannique et son port d’attache est Jersey.

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Curieux comme nous le sommes, on les observe sans trop se gêner, l’homme connaît les manœuvres du bateau, sa compagne non, elle manie alternativement la gaffe et les aussières, en lui posant des questions avant chaque décision.

Généralement dans ce genre de constellation, ça crie fort et le divorce n’est jamais bien loin.

Ici tout se passe en gentillesse, le skipper ne s’énerve pas, il explique et montre, elle obéit avec le  le sourire.

Nous avons de quitté le port de plaisance de Halluin vers 11:00 du matin, car l’éclusier de Menin que j’ai eu en ligne à 08:30 m’a expliqué qu’il avait devant lui 9 bassinées et que nous ferions bien d’attendre un peu avant de nous aventurer entre les commerces qui se sont accumulés devant son écluse en chômage pour entretien, le week-end écoulé, comme nous le savons.
C’est ainsi que nous nous retrouvons dans la même bassinée que le Lyudmila, un Elling, et deux péniches Anversoises de 90 m,  l’Apache et l’Orion.

À l’écluse de Comines, la deuxième de la journée, nous nous retrouvons en territoire Wallon. J’entend l’éclusier demander au skipper de l’Apache d’épeler le nom du yacht de nos Russes. Ouille, ouille fait l’éclusier, ils ne répondent pas au VHF.
Je le savais, car j’avais déjà demandé à notre Russe comment il communiquait avec les écluses. « Pas », m’avait-il fait comprendre d’un large geste et d’un tout aussi large sourire.

J’interviens auprès de l’éclusier et me propose de jouer l’interprète car entre-temps, le Russe et moi, nous commençons à comprendre nos mimiques mutuelles. « Demandez-lui si il a l’intention de revenir par ici, » me fait-il, « si non, je ne le met pas dans l’ordinateur, toute la ‘paperasserie’ pour rien ». Je rassure l’employé, le Russe va en Crimée et il n’a pas l’intention de revenir par ici. Dans la tour de contrôle, je crois entendre un ‘ouf’ de soulagement.

Quesnoy est la troisième écluse de parcours d’aujourd’hui, c’est le poste frontalier Français. À la demande de l’éclusier, j’explique au Russe qu’il doit payer la vignette aux VNF et que pour cela il doit grimper dans la tour de contrôle et présenter les papiers du bateau.
Il acquiesce, et avant d’aller régler son dû, il mémorise scrupuleusement le mot ‘VIGNETTE’. Ensuite, grimpe sur le quai, s’arrête, je le voit réfléchir, il redescend sur le bateau, viens vers nous et nous demande si nous n’allons pas à Paris. Non, malheureusement pour lui, l’assistance improvisée de ce matin a d’abord l’intention de descendre la Somme jusque Saint-Valéry.

Nous recevons l’ultime grand sourire, « спасибо! » et au revoir.

Le capitaine du port de plaisance de Wambrechies où nous faisons halte pour la nuit, est aimable et serviable. En guise de bienvenue, il nous offre deux bouteilles de bière du coin,
‘la Wambrechies’, elle titre 7,5° d’alcool car elle est agrémentée de genièvre.

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Entre-temps, le Elling 4 et son équipage foncent sur Paris.

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Carnet de Bord # 2 – De Gent-Leie à Menin-Halluin – Cimetière Militaire Allemand

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« Ne restez pas là, c’est un ponton privé, il appartient à un Belge, une tête de lard, il va vous emmerder. Il possède un grand bateau et lorsqu’il rentrera, il vous fera des misères ». Suivant les conseils du plaisancier nous quittons le ponton flottant et nous amarrons le Chat Lune à l’emplacement 17 du port de plaisance de Halluin-Menin.

Le ponton que nous quittons est en Belgique, le long du bras de la Lys, à droite, passé le pont de Menin. La darse avec le port de plaisance de Halluin est situé en face, en France.

À propos du port, le monsieur de bon conseil m’explique que le nouveau maire n’en a rien a faire de l’infrastructure fluviale, il a viré le capitaine du port, les bâtiments sont fermés et seul, un employé de la commune loue pour un prix modeste, un logement dans les prémisses, à condition de jeter un coup d’œil sur le port. « Il se peut qu’il vienne vous demander le prix de la nuitée, mais peut-être pas. »

Nous avons quitté Gent-Leie vendredi matin. Accompagné par un soleil affectueux nous avons parcouru 70 km et franchi deux écluses pour nous arrêter à Menin six heures plus tard.
En route nous avons croisé beaucoup de commerces et des vides nous ont trématé.

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Arrivé à Sint-Baafs-Vijve, l’éclusier nous invite à dépasser toutes les péniches en attente pour prendre la première bassinée montante. Ai-je déjà mentionné que les éclusiers sont sympa?

Nous partageons la bassinée avec le ‘Presagio’ un transporteur de gaz de 90 mètres de long déplaçant 2000T et le Filou, un bateau de plaisance Belge qui doit faire 20m sur 6m.

Il est tout blanc et tout brillant, c’est le genre d’embarcation que l’on imagine plutôt à la côte d’Azur.

Pour la manoeuvre des écluses, l’épouse du propriétaire sort l’une après l’autre, une série de défenses bleu nuit, tout aussi brillantes que la coque du navire, pour les ranger ensuite, à la sortie du bassin, dans les supports en acier inoxydable fixés à cet effet sur le pont avant, entre le bastingage et le mât articulé qui lui, est surmonté de multiples antennes et d’un imposant radar.

Je me fais la réflexion que le vaisseau doit appartenir à un riche West-Flandrien, avide d’épater ses amis. Nous le dépassons un peu plus tard, il s’avère qu’il s’arrête à Courtrai.

Après une nuit calme dans le port de plaisance de Halluin, nous nous présentons ce matin devant l’écluse de Menin et nous apprenons qu’elle est en chômage jusque lundi matin 06:00, pour remplacement de la porte aval, nous explique l’éclusier.
Menin ne figurait pas en haut de notre liste des lieux à visiter, mais tant qu’à faire, Marleen repère qu’il y a le beffroi et des casemates à explorer.

L’Atlas des Voies Navigables Belges, un livre que je recommande pour la précision des informations fournies et pour le détail des cartes au 1/30.000, nous renseigne un cimetière militaire Allemand situé à Halluin à deux kilomètres du port.

Pour y aller, nous empruntons la rue principale qui joint Menin au nord, à Halluin au sud de la Lys. La rivière ne forme pas la frontière entre la Belgique et la France, le territoire de Menin se prolonge rive droite sur trois cent mètres environ. La différence entre les deux pays est saisissant. Côté Belge, l’artère qui part du pont, est bordée de boutiques, de restaurants, friteries et magasins de tabac et d’alcool. Nous dénombrons également sept boulangeries dont les comptoirs regorgent de gâteaux et de pâtisseries richement décorées de crème fraîche et de crème au beurre. La foule est  dense et joyeuse, les voitures circulent lentement, les clients de pâtisseries font la queue sur les trottoirs. Nous achetons un cramique aux raisins, la spécialité du coin.
La rue est en légère pente et presqu’en haut, l’indication ‘Halluin’ marque la frontière. Soudain tout change. Les quelques magasins sont fermés, à l’exception d’une boucherie Halal et d’un fabriquant de cuisine dont la vitrine est décorée avec des loupiotes LED clignotantes, comme à Noël.
Les piétons sont tous en Belgique et les voitures roulent à vive allure.

Le cimetière militaire Allemand est adjacent au cimetière municipal d’Halluin. Comme toujours, nous sommes frappés par le contraste entre les cimetières militaires des Alliés et ceux des Allemands. Les Britanniques, Français, Américains, Belges et autres combattants des deux guerres mondiales ont des pierres tombales en pierre blanche et souvent des fleurs les décorent, l’ensemble est lumineux. Les sépultures Allemandes sont austères et sombres. Les croix en métal gris foncé sont alignées sur une large pelouse verte, sans aucune autre forme de décoration. Ici à Halluin, deux prairies sont séparées par un petit bâtiment en brique rouge qui recouvre une grande pierre en granit gris, sans aucune inscription. C’est très émouvant.
Le cimetière comporte 1390 tombes chrétiennes surmontées d’une croix et 7 tombes juives surmontées d’une pierre arrondie.

Sur le chemin du retour, dans le cimetière municipal, nous tombons en admiration devant une statue en bronze d’une sensuelle jeune pleureuse.

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Carnet de Bord # 1 – Le Chat Lune navigue à nouveau – Le musée du Dr.Ghislain

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L’éclusière des écluses d’Evergem mérite une mention d’excellence.

Jeudi le Chat Lune fut délicatement déposé dans l’eau de la darse de Carron Marine par Joy, le grutier de service.  Dimanche je le conduit à Gent Leie, j’ai à bord comme compagnons de route, mon beau-frère  Herman et mon petit-fils Léo.

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À un kilomètre de l’ouvrage d’art, j’appelle Evergem pour demander le passage.  Très aimablement, l’éclusière nous aiguille vers la petite écluse, « comme ça vous passerez plus vite et vous ne serez pas encombrés par le gros commerce qui vous suit. ». « Merci beaucoup madame ». Pendant la bassinée je l’entend discuter dans un français très correct avec une péniche montante et plus tard dans un allemand tout aussi impeccable avec un chargé qui voulait s’engager sur l’Escaut. Elle lui explique patiemment et aimablement que sur sa route une écluse de ce fleuve est en chômage jusqu’au 28 avril et que si il va en France, il devrait prendre la Lys.  Nos dix années de fluvial m’ont prouvé qu’à une ou deux exceptions près, les éclusiers sont aimables et serviables, mais la dame d’Evergem mérite une palme d’or.

En route, je cède la barre à Léo et comme tout débutant, il nous engage dans de long slaloms, le Chat Lune  zigzague de la rive gauche à la rive droite. « Fixes un point au loin, aligne-le avec le fanion de la proue et corrige doucement ». Ça n’amuse pas le gamin plus que ça et au bout de quelques instants il me repasse gentiment les commandes. Les cours reprendront plus tard.

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J’amarre le bateau à Gent Leie, un des trois clubs situés à l’endroit où la Lys croise le ‘Ringvaart’, le canal circulaire de la ville. Nous avons prévus quelques jours pour l’avitaillement, vendredi prochain nous entamons notre onzième saison de navigation avec le Chat Lune.

Depuis mon dernier billet nous avons eu l’occasion de faire un saut au Musée du Dr.Ghislain pour voir l’exposition ‘Têtes caricaturales, nez crochus et autres bajoues’.
Que dissimule un visage? Y a-t-il un moyen de ‘déchiffrer’ une physionomie? Les ‘criminels nés’ existent-y-ils vraiment? L’exposition illustre et étudie la relation entre le physique et le psychique et sa place dans la psychiatrie, criminologie et l’opinion publique. Apparue au dix-neuvième siècle, la phrénologie fut pendant quelques décades l’apanage de la police française et italienne.

Pas si loin en arrière, les nazis exploitèrent cette pseudo-science pour étayer leurs théories de ‘l’Übermensch’.

Le musée expose également une planche de Léonard de Vinci qui dessina des têtes grotesques dans le cadre de son étude des proportions idéales de l’homme.

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Sommes nous aujourd’hui à l’abris des préjugés liés à l’aspect extérieur des gens que nous côtoyons?

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Carnet de Terre # 19 – Vikings et Dragons

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Cet après-midi j’ai été au cinéma voir la retransmission d’un reportage sur l’exposition ‘Vikings’ qui a lieu pour le moment à Londres au British Museum. J’ai appris plein de choses. Le pictogramme de ‘Bluetooth’, le programme qui permet la communication entre les machines électroniques, est la lettre de l’alphabet rune du Roi Viking Harald Bluetooth. Le programmeur lisait un bouquin sur les Vikings, au moment où il développa le produit informatique. Voilà une information intéressante, si pas essentielle, pour notre culture générale.

Aussi, il s’avère que le dieu préféré des Vikings était Odin, le dieu de la guerre. Il promettait aux soldats morts au combat, une place au Walhalla, le paradis des héros. Une fois entrés dans ce lieu divin, les élus pouvaient à souhait et à longueur de journée, boire et se battre, quel perspective réjouissante pour un fier combattant.

Les musulmans ont 70 vierges comme perspective post mortem. A mon sens ce n’est pas un cadeau, car au choix, entre mes draps, je préfère une femme expérimentée à une ribambelle de gamines prises de fou rire.De toute manière, il paraît de source bien informée, que les vierges promises seraient une erreur de traduction des textes anciens. En réalité l’auteur promettait 70 grappes de raisins. Propageons cette information, ça calmera les ardeurs des combattant IS.

Toujours selon les experts du British Museum, les Vikings croyaient dur comme le fer de leurs haches, à l’existence du surnaturel. Ainsi, les Troll et les Dragons faisaient partie de leur vie quotidienne, la preuve, les figures de proue de leurs drakkars en étaient souvent décorés. Sur la mappemonde je découvre que ces fiers explorateurs ont poussés leurs embarcations jusqu’à la mer Caspienne en plein territoire Mongol. Se pourrait-t-il que les Viking aient emprunté leurs Dragons aux Chinois?

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A ce propos, il y a quelques jours, nous avons assisté à un très beau spectacle de théâtre Chinois, intitulé,  ‘Wulong et le Dragon qui Danse’.

La petite Ming Ming a du mal a s’endormir et elle a peur des ombres reflétées par l’armoire de sa chambre. Elle ferme les yeux et serre son dragon rouge en peluche contre son cœur. La porte de l’armoire s’ouvre et c’est le début d’une succession de pages de chorégraphie. Avec Ming en poupée blanche grandeur nature, animée par deux acteurs en combinaison et cagoule noire comme personnage central, les danseurs et danseuses se succèdent à un rythme effréné, ponctué par un orchestre de tambours, de cordes et flûte.

Li Bo, un moine kung-fu Shaolin nous impressionne par sa démonstration acrobatique d’un enchaînement de figures de Tai Chi. Marleen me donne un léger coup de coude car nous sommes en pays de connaissance, depuis une quinzaine d’années, nous pratiquons régulièrement cette discipline. Bien entendu, Li Bo c’est Mozart, nous on pianote.

Le spectacle sans parole est inspiré de symboles et rituels Chinois, mais les artistes sont Australiens, Canadiens, Belges et Chinois et la chorégraphie est de Iris Bouche, directrice artistique au conservatoire Royal de danse à Anvers, époustouflant.

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Entre-temps, notre Drakkar nous attend, posé sur ses béquilles dans un hall à Zelzate. La mise a l’eau est prévue pour le 16 avril, nous avons prévu de partir quelques jours plus tard. Ce sera la fin des pages du Carnet de Terre.

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Carnet de Terre # 18 – Rêves d’Écluses

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Faut pas penser que depuis mon dernier billet il ne s’est rien passé ou que nous n’avons rien fait de particulier, c’est mal nous connaître, très mal nous connaître.

Il s’avère que soudainement j’ai eu la crampe de l’écriture. Des idées me traversaient l’esprit, mais les mettre sur papier, je n’y arrivait pas.
Pourtant Ultima Thule, la compagnie gantoise qui produit des pièces, mi-théâtre, mi-marionnettes, nous a enchanté avec ‘Nerf’. Un très vieil homme est alité dans sa chambre. Irrité, il attend la fête que la direction a organisé pour ses quatre-vingt ans de mariage. Il s’échappe avant la cérémonie et nous promène dans son passé. On revit avec lui sa rencontre avec Hélène, les péripéties de leur couple et la démence de sa compagne. Le spectacle est ponctué par un luthiste et une soprano à la voix cristalline. Hélène est représentée par une petite poupée, lui est magnifique, grandeur nature. Les figures sont remarquablement manipulées par deux des acteurs du groupe.
Souvenez-vous, il y a quelques semaines nous avons eu l’occasion de faire leur connaissance lors de l’avant première intime qu’Ultima Thule avait organisé dans ‘De Schuur’ le plus petit centre culturel au monde, à Wondelgem, près de Gand.

Dans la ‘Centrale’ à Gand, nous avons aussi souffert d’une représentation de marionnettistes Russo-Belges, complémentent nulle, les enfants dans la salle s’ennuyaient. A notre surprise, ils sont restés sages et n’ont pas sorti leurs smart-phones.

A Bruxelles, une exposition au Bozar juxtapose des portraits photo à des portraits peints de la Renaissance, ‘Faces Now et Faces Then’. Les peintures sont plus puissantes que les photos.


Le petit musée municipal de Deinze expose des photos prises entre 1914 et 1918 par les soldats et officiers Allemands qui occupaient la ville.

Depuis quelques jours, le soleil nous annonce le printemps et Marleen met à jour les inventaires du Chat Lune.
Le bateau est sorti du chantier en 2005 et nous préparons notre onzième saison.
D’année en année nous affinons nos bagages et nous éliminons les surplus.
Le jour viendra où nous n’aurons à bord que le compte exact des vêtements, chaussures et objets que nous utilisons pendant les six mois de navigation. Pour ce faire, à chaque fin de saison nous vidons chaque armoire, tiroir et coffre pour en faire un inventaire que Marleen note scrupuleusement sur des fiches quadrillées, modèle DIN A4.
Notre expérience nous a appris que c’est le seul moyen d’éviter à ce que le bateau ne se transforme en foutoir en moins de saisons qu’il ne faut pour le dire.

Aussi le beau temps nous incite à faire des plans et nous consultons les cartes nautique et les livres de bord du passé.
Nous en sommes au numéro 5 qui est à moitié plein. En fouinant ma bibliothèque navale je tombe sur un carnet de dessin où en 2009 j’ai croqué au fil de notre avancement, les écluses d’Auxerre à Paris, en faisant un détour par la petite Seine.

Je vous en livre quelques unes ci-dessous.

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Carnet de Terre # 17 – Les Peintures de Lascaux au Cinquantenaire à Bruxelles

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Dix-neuf mille ans et une chique plus tard, nous prenons le train à Gand Saint-Pierre pour aller admirer les reproductions des peintures murales trouvées dans les grottes à Lascaux.

Je viens de lire ‘Immortelle Randonnée : Compostelle malgré moi’ de Jean-Christophe Rufin, médecin, historien, écrivain, diplomate et académicien.
C’est son récit personnel des huit cent kilomètres qu’il a parcouru sur le Chemin, écrit avec une majuscule, c’est ainsi que Rufin désigne les sentiers et les routes qui mènent à Compostelle.

Après avoir fermé le livre, je me suis dit, je dépose ma plume. Jamais je n’égalerai une telle écriture. Marleen me fait la moue, ça n’a rien a voir, continue, me fait-elle, en levant la tête un instant de son mot croisé.
Je me pose la question, pourquoi ce blog du Chat Lune? Au départ c’était pour garder une trace de nos pérégrinations. Ensuite parce qu’il y a des lecteurs qui semblent apprécier ce que je rédige, ce qui flatte mon ego. Enfin, parce que j’aime écrire et comme le disait Homère, pour être heureux, il faut faire ce qu’on aime faire et ce qui correspond à l’âge qu’on a.
Bref, si le pèlerinage de Compostelle vous intrigue, lisez Rufin, si vous voulez suivre nos voyages, lisez mon blog, à chacun sa prose.

Les Cro-magnon n’ont pas encore inventé l’écriture mais ils font des dessins remarquables. Ce qui nous frappe en parcourant l’exposition itinérante, au delà de la beauté des peintures murales, c’est que selon le paléoanthropologue français Yves Coppens, ces hommes et ces femmes étaient des ‘homo sapiens sapiens’ comme nous.
Je cite: ‘Ils avaient le même volume de boîte crânienne, même stature, même mâchoire, ils devaient être capable des mêmes opérations mentales que nous. On a trouvé des outils, tel que des fines aiguilles à chas et connaissant le climat dans lequel ils vivaient et ce qu’ils mangeaient, on peut supposer qu’ils cousaient leurs vêtements et qu’ils avaient des chaussures. Pour dessiner et peindre les oeuvres que l’ont a retrouvé à Lascaux et dans d’autres grottes, ils ont dû utiliser des échafaudages et travailler en équipe. Cela sous-entend qu’ils avaient un langage complexe et qu’ils n’étaient pas du tout des sauvages qui grognaient.’

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Par contre, les passagers des deux trains bloqués sur les quais 2 et 3, Gare du Nord, finissent par grogner. Pour aller de Gand à Bruxelles Schuman, la gare située près du Cinquantenaire où a lieu l’exposition Lascaux 3, nous devons changer de train à la Gare du Nord.

Il s’avère que ce matin, suite à un incident sur la ligne, aucun train ne roule vers Schuman.
Cette information ne nous parvient qu’après vingt minutes d’attente. Les trois agents de la SNCB en faction sur le quai apprennent la nouvelle au même temps que nous.
Nous descendons du quai et nous nous embarquons sur le bus 6 qui relie la gare au Cinquantenaire en empruntant un itinéraire qui vaut le prix du trajet.

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De Saint-Josse à Etterbeek, on contourne le Botanique, rue des Moissons, Square Steurs, avenue Claeys, Place Dailly, rue du Noyer, avenue de l’Yser pour arriver après une bonne demi-heure à la station Mérode à 250 m de l’entrée de l’exposition.
Par cette matinée pluvieuse, l’itinéraire nous montre une ville grise aux rues étroites. Je suis plein d’admiration pour le chauffeur du bus qui se faufile avec dextérité entre les voitures parquées, les camions qui déchargent leur marchandises, les grues des chantiers de reconstruction, les échoppes du marché Place Dailly, les ménagères qui tirent leurs caddies et les femmes voilées qui poussent leurs landaus.

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Pour revenir à Lascaux, les reproductions en cire de quelques Cro-magnon montrent des personnages aux visages harmonieux, modernes même, en contraste avec la majorité des passagers qui au cours du trajet, montent et descendent du bus, et qui eux, ne figurent pas en haut de l’échelle de l’élégance humaine du 21ème siècle.

En contraste également avec le souvenir de j’ai de la représentation des hommes et femmes de cette époque au musée d’histoire naturelle de New York. Trapus, le visage simiesque, une peau tannée autour des hanches, tenant à la main une massue en bois.
Nous sommes prétentieux dans notre jugement de ceux qui ne nous ressemblent pas.

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Carnet de Terre # 16 Louvre Lens – Des Animaux et des Pharaons

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Inspiré et courageux, je prend en main et je feuillette le livre de l’historien Jason Thompson, ‘A History of Egypt, from Earliest Times to the Present’.

Lors de notre visite du Louvre à Lens, il y a quelques jours, je suis confronté à mon ignorance de l’histoire de l’ancienne Égypte. Bien entendu, Cheops, Abou Simbel, Ramses III, les Ibis et les momies font partie de ma culture générale. Je précise que je ne suis jamais allé en Egypte mais qu’au fil des ans j’ai parcouru musées et expositions consacrés à Toutankhamon et autres pharaons. J’ai admiré le controversé buste de Nefertiti dans le Neues Museum à Berlin, j’ai lu des fragments d’histoire de l’Egypte Ancienne et moderne ainsi que ‘Death on the Nile’ d’Agatha Christie.
Mais je suis incapable de voir, de saisir ou de relater le fil rouge de la chronologie des 5000 années d’histoire de ce pays, partant des royaumes pré-dynastiques pour aboutir à Abdel Fattah el-Sisi en juin dernier.
Aussi, dans l’idée de combler ce vide, je me rend à la bibliothèque municipale pour emprunter le livre de Jason Thompson.
Ayant soupesé l’œuvre, soudain le courage me manque et je replace discrètement le volume de 428 pages sur la planche de la section histoire d’Egypte.
Je rentre à la maison avec sous le bras le dernier roman de Camilla Läckberg et un livre de Marie Fitzgerald intitulé ‘Les Héritiers passent à Table’.

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Cela dit, le Louvre de Lens mérite le déplacement. Arrivés sur place nous sommes agréablement surpris par les pavillons clairs, ouverts et modernes. On se demande ce qui a motivé les responsables politique d’investir dans une annexe au Louvre de Paris dans un environnement aussi tristounet, où seuls quelques terrils rappellent son glorieux passé industriel.
Réflexion faite, l’idée est peut-être de repositionner cette région sur la carte de France en y implantant un pôle d’attraction à haute valeur culturelle.
Les hôtesses sont charmantes et nous avons droit à une explication détaillée des lieux, l’exposition temporaire qui nous amène ici s’intitule ‘Des Animaux et des Pharaons’. L’entrée et payante, la collection permanente se visite librement.

Je vous livre le prospectus: http://www.louvrelens.fr/des-animaux-et-des-pharaons

Un singe embrasse son petit tandis qu’un âne joue de la harpe. Plus loin, rugit un lion.
– Qu’il soit réel ou représenté, l’animal occupe une place essentielle dans l’Egypte ancienne. Sauvage ou domestiqué, il est omniprésent dans la vie quotidienne.
À l’occasion de cette exposition temporaire, le musée du Louvre-Lens s’intéresse à la place et au rôle de la figure animale dans la civilisation pharaonique.
– Les Egyptiens se sont emparés des animaux pour exploiter de diverses manières les images symboliques que chacun d’entre eux véhicule. C’est ainsi que la figure animale devient l’élément multiple d’un langage codé, qui peut être rédigé ou représenté. Elle constitue à ce titre un pilier de la pensée religieuse égyptienne. Elle est aussi une source infinie d’inspiration et suscite une production artistique d’une richesse et d’une variété exceptionnelles.
– A la fois pédagogique et esthétique, l’exposition propose au visiteur une double approche : l’acquisition de connaissances et la délectation. Le parcours, structuré en neuf sections thématiques, offre une progression logique, depuis la simple perception matérielle de créatures réelles évoluant dans leur milieu naturel, jusqu’à la transposition de leurs multiples figures dans le langage codifié de la pensée égyptienne, qu’elle soit religieuse, funéraire ou politique.

Après un lunch sur place dans la cafétéria nous abordons la partie permanente du musée.
Les oeuvres les plus diverses sont mis en évidence dans un grand hall très clair au sol en béton poli. L’ordre est chronologique et il s’intitule ‘Le Couloir du Temps’. On imagine que le curateur a choisi des pièces de grande qualité, représentatives de ce que le visiteur peut aller voir à Paris.

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Pour revenir aux pharaons, je suis toujours frappé par le haut niveau culturel et technologique d’une civilisation qui a dominé le bassin méditerranéen pendant plus de trois millénaires pour s’éteindre ensuite et devenir ce qu’elle est aujourd’hui.
En 2005, le scientifique américain Jared Diamond publia un livre intitulé ‘Collapse’, dans lequel il essaye de comprendre pourquoi une civilisation prospère disparaît.
Diamond analyse entre autre les Mayas et il identifie 5 critères qui contribuent à leur déclin.
Un changements climatique, des voisins hostiles, la disparition de partenaires commerciaux essentiels, des problèmes environnementaux et l’inaptitude à leur faire face sont selon lui les éléments qui, tous réunis ou quelques uns pris à part, finissent par détruire une civilisation qui se croyait indestructible et perpétuelle.
Jared Diamond ne parle pas des pharaons et je vais devoir lire le livre de Jason Thompson pour en savoir plus. Aussi je le commande chez http://www.abebooks.co.uk, un de mes libraires favoris.
Ce sera mon livre de chevet à bord du Chat Lune pour notre prochaine saison.

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Carnet de Terre # 15 Le Festival de Lumière à Gand

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Le monsieur à la casquette grise a froid aux pieds. Comme tous les soirs jusque 10:30 nous confie-t-il. Marleen le console en lui disant qu’au moins il a les pieds chauds quant il se couche.
Avec son épouse, il fait la queue devant l’entrée du cirque en attendant 18:00, le début du spectacle de lumière, ce vendredi, le deuxième jour du festival.
Hier en fin de parcours, en passant ici, nous avions repéré une longue fille d’attente pour le spectacle de ‘Arf et Yes’ dans l’amphithéâtre de l’ancien cirque d’hiver et nous avions décidé de revenir aujourd’hui, un peu à l’avance afin d’entrer avec le premier groupe de 100 personnes que la direction des opérations sélectionne, pour éviter un emportement à l’intérieur du bâtiment.

Pour la troisième fois, Gand s’illumine à l’occasion du Festival de Lumière qui se tient du 29 janvier au 1 février 2015. Cette nouvelle édition proposé un parcours de 5 km, nettement plus long que les fois précédentes, afin de permettre aux spectateurs de s’émerveiller devant les créations lumineuses d’artistes contemporains nationaux et internationaux. Les organisateurs ont défini un circuit fléché dans le sens des aiguilles d’une montre. Tout au long des rues du parcours, un des trottoirs est balisé par des bandeaux de plastique rayé blanc et bleu, pour permettre à ceux qui font le trajet dans le sens inverse, nous donc, de remonter le flot des touristes disciplinés.

Jeudi soir nous nous pointons sur la pleine Saint-Pierre, quelques minutes avant 18:00, pour admirer la projection vidéo-laser intitulé Urban Keys. C’est le départ du circuit, le point 1 du plan distribué au kiosque info. En grande ligne, le show retrace l’histoire de l’église, l’incendie qui la ravagea, sa reconstruction, son déclin et le renouveau. La projection couvre la façade de l’église et de l’abbaye avoisinante, souligné par une musique tonitruante, l’effet est saisissant.

On décide de faire le trajet dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Notre raisonnement est que nous passerons plus facilement à contresens, plutôt que de suivre la foule compacte qui déambule plus lentement que nous, de poste en poste. Cela s’est avéré vrai jusqu’au moment où, vers la mi-parcours, nous avons rencontré les premiers promeneurs du sens giratoire inverse.

Sur la Kramersplein, au point 42, Ivo Schoofs a installé un pendule lumineux intitulé ‘Large Pendulum Wave’, c’est magique. Le clip vidéo ci-dessous vous donne une idée du système.

Ceux d’entre vous qui me lisez depuis un certain temps savent qu’en matière de promenade fléchées nous sommes un peu autistes, pour employer une expression à la mode. Autrement dit, nous passons en revue systématiquement tous les postes, à l’exception du cirque, le numéro 7, en partant du point 42 pour revenir trois heures plus tard au point 1, à la plaine Saint-Pierre où nous avons parqué nos bicyclettes.

On aime beaucoup les paysages urbains flottant au Muinkkaai, on caresse au passage les lapins blancs à l’ancien marché aux bestiaux, et on fait ‘Oh et Aaah!’ avec la foule qui se presse sur les quais, au vu de la baleine qui batifole dans le bassin du port de plaisance de Portus Ganda.

Derrière une fenêtre au Steendam, un poisson rouge géant tourne en rond. Face à lui, de l’autre côté de la rue, une souris, toute aussi géante fait la joie des quelques gamins de passage.

Le Baudelohof est le point de retour. À Saint-Jacques, la façade de l’ambassade de Corée du Sud se gondole au gré des spectateurs qui dansent sur la plateforme qui est reliée au système d’animation.

Les fils lumineux qui couvrent la rue Magelein sont magiques. C’est à partir d’ici que nous constatons que nous remontons le cours des passants à contresens.
Mais l’ambiance est bon enfant, le sourire est sur toutes les lèvres, on enregistre aucune bousculade. Même lorsqu’une jeune fille un peu innocente, murmure excuses sur excuses, lorsque les pédales de son vélo, qu’elle pousse tant bien que mal à contresens comme nous, dans la cohue grandissante, accroche le bas des pantalons des passant qu’elle croise.

Au point 2, face à la Boekentoren, une installation permet d’un coup de marteau bien ciblé, d’illuminer le bâtiment jusqu’aux fenêtres supérieures. Quand le coup est raté, l’animation s’arrête à mi-hauteur de la tour et les spectateurs font ‘Oooh’.

Comme je l’ai écrit plus haut, jeudi nous laissons de côté le cirque et ce n’est que le lendemain que nous réussissons à y pénétrer avec le premier groupe, le monsieur à la casquette grise et son épouse.

En 1894 le Cercle Équestre Gantois confia à l’architecte Émile De Weerdt la construction de ce bâtiment. Il fut détruit par un incendie en 1923 et reconstruit comme salle pouvant recevoir 3400 spectateurs. Des spectacles variés y défilèrent, du cirque, des revues, des films et des match de boxes. Il fermât ses portes aux spectacles en 1944.

Trois ans plus tard, la famille Mahy en pris possession et en fit un garage. Plus tard, Ghislain Mahy y entreposa une partie de sa collection de voitures anciennes.
En 1964, avec mes premiers sous gagnés, j’y achète ma première voiture, une Mercedes 170 d’occasion, construite en 1953.
Il m’est arrivé à plusieurs reprises de revenir dans l’enceinte du cirque et à chaque fois, je revois ma belle auto beige, dont les deux phares extérieurs, placés sur les garde-boue avant, n’éclairaient pas grand chose, mais faisaient songer à la tête d’un batracien.


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Aujourd’hui, au centre de l’arène, un grand cylindre perforé tourne lentement et de puissants projecteurs, placés à son centre, projettent contre les murs intérieurs de l’enceinte du cirque, des silhouettes de chevaux au galop, des trapézistes et des voitures anciennes, le tout retrace l’histoire du bâtiment.
Le cirque fait partie intégrante du Waalse Krook. Le projet maintien l’aspect original du bâtiment, sa vocation de lieu de spectacle est respecté.
Nous y restons un bon moment, nous observons les images qui tournent, parfois, je ferme les yeux et je rêve.

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Carnet de Terre # 14 Chambres obscures et Art Brut

 

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L’art doit émouvoir et déranger.

Le Dr.Josef Guislain lui attribua des vertus thérapeutiques.

Médecin psychiatre et Gantois, issu d’une famille d’architectes, il fit construire en 1857 un hôpital qui répondit à la vision humanitaire qu’il avait du traitement des maladies psychiques.
Il défendit et appliqua l’idée que l’art et la peinture en particulier devaient faire partie du traitement des malades.
En 1986 un musée consacré à l’histoire de la psychiatrie fut ouvert dans les locaux de l’hôpital. Au fil des années le projet pris de l’ampleur. Il comporte aujourd’hui une collection permanente d’Art Brut et on y organise des expositions temporaires dont le thème est généralement lié à la vocation de l’institution.

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L’exposition intitulée ‘Chambres Obscures’ réunit des oeuvres dont le sujet est la mélancolie et la dépression et celle intitulée ‘Escale’ illustre la problématique des enfants dont le foyer n’est pas le cadre romantique que notre société décrète comme étant la norme.

Il pleut, je m’y rend. Le style ‘néo-n’importe quoi’ en briques rouges ne ressemble en rien aux constructions stériles et stérilisées des cliniques actuelles. Chaque fois que je franchit le portail de l’hôpital Guislain, je me crois dans l’enceinte d’une de ces ‘Lost Places’ que Marleen et moi aimons beaucoup. Sauf qu’ici, les couloirs sont propres et l’herbe est tondue.
On ne croise pas grand monde. Pas de chirurgiens affairés en blouse vert pâle, le masque blanc accroché aux oreilles et coincé momentanément sous le menton, marchant au pas militaire vers un endroit précis et suivi d’une horde d’étudiants et d’infirmières. Pas de lits dans les couloirs sur lesquels sont allongés les malades en attente de soins intensifs. Pas non plus d’odeur d’éther ou de produit de nettoyages manipulés par des femme de ménages au regard aussi sérieux que celui du personnel soignant.
Les rares personnes que je vois ce matin ont l’air d’être aussi touristes que moi et on se dit gentiment bonjour.

L’entrée du musée est à droite dans la deuxième cour. Un groupe d’une dizaine de personnes d’âge moyen, c’est à dire dont la moyenne d’âge entre les plus jeunes et les plus vieux, égale l’âge moyen, paye 76€ pour son entrée. Je me faufile, allonge mes 6€ et je monte à niveau 1 où à lieu la première exposition, avant qu’ils ne se décident de faire la même chose.

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L’art doit émouvoir et déranger. Comme de coutume, je laisse venir à moi les objets et tableaux exposés et je laisse parler mes émotions. Je lis rarement les textes, parfois pour me confirmer un nom ou pour en découvrir un nouveau. Ce n’est pas par paresse, c’est que j’oublie vite ce que je lis, alors depuis longtemps j’ouvre les yeux sur les oeuvres et je ‘laisse venir’ plutôt que de me bourrer la mémoire avec les explications du curateur.

Le thème de l’exposition nous pousse à penser que la dame en brun assise sur le meuble est mélancolique. Je me dit que peut-être, elle observe et attend que son chat sorte de derrière le rideau, la souris entre les dents.
J’aime beaucoup la série d’esquisses des routes qui fuient entre les collines. Je rêve, je vole, je pars et je vois les chaussées et le fleuves que nous avons parcourus et que nous allons sillonner bientôt.

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Comme à chaque fois, je termine ma visite par la section de l’Art Brut. On attribue le terme au peintre Jean Dubuffet pour désigner les productions de personnes exemptes de culture artistique dans le sens où nous l’entendons, nous les dits évolués. Exemples, les malades mentaux, les enfants, les membres des sociétés primitives.

Ces oeuvres me touchent autant ou plus que ce que j’ai vu en face. Ému et dérangé, la partie primitive de mon être vibre en présence des tableaux réalistes, des collection d’objets insolites et des mécaniques aux rouages complexes qui ne servent à rien.

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André Vésale, dit Vesalius au musée M à Louvain

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Dans le train qui nous conduit à Louvain je lis Rosa Candida, un livre de l’Islandaise Audur Ava Ólafsdóttir. Les Islandais n’ont pas de nom de famille, ainsi Ólafdóttir n’est pas un patronyme, c’est l’indication qu’Audur Ava est la fille d’Ólaf.
Question livres, nous sommes un tantinet maniaques, nos bibliothèques sont rangés par genre, par langues et par ordre alphabétique. La seule exception sont la centaine de non-lus qui sont rangés par ordre alphabétique, tout genre et toutes langues confondues.
Ainsi, ‘Rosa Candida’ de la fille d’Ólaf, attendait calmement le moment d’être lu, rangé entre ‘Dead Men Running’ de D’Arcy Niland et ‘Total Recall’ de Sarah Paretsky.
Le livre que j’ai en main est édité par ‘Point2’, c’est un format de poche fait pour la lecture en train. C’est Nadine, la femme de Freddy qui nous l’a offert.
Le temps de faire le Sudoku du Metro et de lire une centaine de pages de Rosa et nous arrivons à destination.

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Pour célébrer les 500 ans de la naissance d’André Vésale, le musée M organise une exposition qui éclaire diverses facettes de ‘Vesalius’.
On y trouve l’original de son œuvre ‘De Humani Corporis Fabrica’ dont on peut feuilleter une version digitalisée.
L’exposition retrace sa vie, ses oeuvres, sa pensée humaniste et son influence sur ses contemporains.
Nous admirons les planches anatomiques, les reproduction en cire et les écorchés.
On y trouve également la reconstitution grandeur nature d’un théâtre anatomique, l’espace qui accueillait les dissections.
La dernière salle baptisée ‘épilogue’ nous fait découvrir les techniques actuelles de l’imagerie médicale avec les possibilités offertes par la modélisation en 3D.

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Pour en savoir plus sur André Vésale, ouvrez le lien ci-dessous.

http://www.medarus.org/Medecins/MedecinsTextes/vesale_andre.html

Le dernier paragraphe de la biographie ci-avant attribue la raison de son pèlerinage à Jerusalem à une condamnation par l’Inquisition. Les biographes actuels affirment que cette version est fausse. Il s’avère qu’un certain Hubert Languet, un diplomate de Charles Quint aurait, pour des raisons non divulguées, colporté cette version de l’histoire.
Le pourquoi de son pèlerinage à Jérusalem restent inconnu. Il mourut au retour, âgé d’une cinquantaine d’années, après un naufrage sur l’île de Zakynthos en mer Ionique.

La référence à l’Inquisition me ramène aux événements dramatiques de Paris. Je ne souhaite pas renchérir sur les débats philosophiques qui remplissent les médias depuis quelques temps mais j’aime souligner que depuis que l’homme les a imaginées, les religions monothéistes ont les mains teintées de sang. D’aucuns affirment que la violence a des raisons économiques et que la religion n’est un prétexte aux actions meurtrières, c’est trop facile.
Je suis athée mais si je devais choisir un religion, j’opterai pour les dieux grecs et romains, ils sont tellement près de nous, les comédies boulevardières célestes sont divertissantes.

Dans le train du retour, je continue à lire avec plaisir l’histoire de Lobbi et de ses roses.
Je me demande si il va retrouver Anna et la petite fille qu’il a par distraction, engendré avec elle dans la serre de sa mère, un soir d’été.

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Carnet de Terre # 12 – Charlie Hebdo et le deuil du monde

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La mer est vide et notre chagrin infini.

L’espoir est dans la chanson.

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Carnet de Terre # 11 – L’étui à capotes anglaises et Hans Op De Beeck

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Pendant que Marleen explore la boutique du centre d’information, j’entame la conversation avec Martin, le réceptionniste du ‘Bip – Brussels Info Place’. Il doit être en manque de contact, ou bien il est naturellement volubile, mais à mon innocente question « quels étaient les précédents occupants de cet immeuble », le jeune homme part dans une longue dithyrambe où il me fait l’inventaire exhaustif et détaillé des occupants de l’Hôtel de Grimbergen, édifié en 1776 par l’abbaye du même nom.
Dans le désordre, cafés, librairies, banque Lloyds, Ministère de la Région Bruxelloise, résidence de Guillaume d’Orange en 1821, Haute Cour Militaire, Ministère des Chemins de Fer, Cour des Comptes et aujourd’hui, depuis 2008, le Bip, la Maison de la Région Bruxelloise.
Marleen me rejoint au moment ou Martin change de sujet. Il est né à Molenbeek et il déplore le projet de modernisation de la zone le long du canal, car cela crée des îlots de gens fortunés à côté de quartiers sociaux occupés essentiellement par des immigrés. Suit un cours de sociologie sur la difficulté de l’intégration des nouveau arrivés, la criminalité latente et la différence croissante du niveau d’éducation entre les jeunes nantis et les nouveaux venus dans notre pays.
Une demi heure plus tard, nous remercions notre réceptionniste, on se souhaite mutuellement une bonne année et nous partons à la recherche d’un restaurant.

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Ce matin, avant de prendre le train pour Bruxelles, j’introduis successivement mon numéro de registre d’état civil suivi par le numéro de ma carte bancaire dans les fenêtres appropriées du site de la SNCB. Ainsi le contrôleur du train à l’aide de son ‘Schmilblick’ peut vérifier que j’ai payé nos deux tickets de voyage. Je reste émerveillé par ce système, plus de papiers, tout est dans le nuage. Comme le disait ma maman, ‘Wenn Engel reisen, lacht der Himmel’.

Notre programme du jour comporte en premier lieu, la visite de l’exposition ‘The Power of Objects’ au centre d’Art ING, place Royale à Bruxelles.
Au travers de 25 objets l’exposition essaye de répondre aux questions suivantes: C’est quoi le Design? Que faut-t-il pour qu’un produit devienne un icône? Comment devient-il un best seller?
Nous aimons bien l’étui à préservatifs en argent, un objet qui n’a répond pas à ces critères. En effet, sa créatrice n’a pas réussi à trouver et convaincre un industriel à mettre l’objet en production.

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Après le lunch, dans le clair obscur du musée du Botanique, nous allons admirer Hans Op De Beeck, artiste Bruxellois qui expose des aquarelles de paysages tranquilles en noir et blanc. L’exposition intitulée ‘The Drawing Room’ se termine aujourd’hui, le 4 janvier.
Dans une minuscule salle au fond de la galerie, nous assistons à la projection d’un dessin animé des oeuvres de l’artiste. Les tableaux défilent lentement, de temps à autre un personnage traverse l’écran, souvent une légère pluie ou une fine neige insuffle un semblant de dynamisme à l’orée d’un bois, à une rivière paisible ou à une route déserte.
L’ensemble est un grand moment de poésie visuelle.

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Pour revenir au début de mon billet, dans les salles du premier étage du ‘Bip – Bruxelles Info Place’, sont réunis des reportages sur les communes, par quartier, illustrés par des maquettes et de nombreuses photos couleur de la dimension des murs des salles.
A l’entrée, une installation permet au visiteurs de se faire photographier sur un arrière-plan d’une scène de la ville. Très fière, la réceptionniste nous explique le mode d’emploi du système et nous envoyons à la famille quelques clichés, les ‘selfies’ sont à l’ordre du jour.

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