18 – 37 – Leipzig

À Leipzig, du 16 au 19 octobre 1813, la ‘Bataille des Nations’ oppose Napoleon I au Tzar Alexandre I. Vaincu, l’empereur retourne en France. Sur sa lancée, la Coalition Russe, Prusse, Autrichienne et Suédoise occupe la France. Napoléon est contraint d’abdiquer, il est exilé sur l’île d’Elbe en mai 1814. 

La bataille auquel participent 500.000 soldats est la plus sanglante des guerres Napoléoniennes. 

Cent ans plus tard, pour célébrer le centenaire du massacre, Guillaume II inaugure le ‘Völkerschlachtdenkmal’, un édifice construit dans le style ‘Kolossal’.

Le monument de 91 m de haut est réalisé en béton recouvert de granit. Sur la façade on peut lire la devise militaire Germanique ‘Gott mit Uns’.

L’année dernière, Rudi et Christine, deux plaisanciers allemands que nous avions rencontrés sur le canal de la Marne au Rhin et avec lesquels nous avions navigué en flottille pendant une quinzaine de jours, nous ont offert un livre intitulé ‘Deutschland, Topaktuelle Tips, Fotos und Karten.’ Le chapitre consacré à Leipzig identifie quatre choses à voir et à visiter.

Le ‘Völkerschlachtdenkmal’ est un des quatre. 

Le vendredi 14 septembre, comme vous avez pu le lire dans mon billet précédent, nous avons longuement admiré les œuvres de Carolein Smit au musée Grassi, c’était la cinquième raison de notre visite à la ville; la première en réalité. Rappel:  Voir www.caroleinsmit.com

Le lendemain, le samedi 15 septembre, l’esprit frais, nous poussons la porte du ‘Museum der Bildende Künste’. Le bâtiment en forme de cube est ouvert depuis 2004. L’ancien musée avait été détruit par un bombardement Alliés le 3 décembre 1943. Les collections avaient préalablement été mis en sécurité.

Voir les photos avant et après ci-dessous.

Nous sommes presque plus impressionnés par le volumes des salles et des cages d’escalier que par les œuvres exposées. J’ai dit ‘presque.’

Au sous-sol on découvre des photos de August Sander. Nous retrouvons des clichés que nous avons eu l’occasion d’admirer à Paris il y’a quelques années.  

L’église Saint-Nicolas et l’église Saint-Thomas sont les numéros 3 et 4 recommandés par le guide de Rudi et Christine. 

La Nikolaikirche est le symbole du processus de libération de la DDR. C’est le point de départ, le 9 octobre 1989, d’un cortège de protestation de plus de 70.000 personnes, contre le régime. On connaît la suite. 

L’église Saint-Thomas est celle où Johan Sebastian Bach était Maître de Chapelle de 1723 jusqu’à sa mort en 1750. L’église est à la fois un lieu de culte et un centre musical.

Leipzig est une ville imprégnée de musique, eine ‘Musikstadt’.

Johan Sebastian Bach, Felix Mendelssohn Bartholdy, Edvard Grieg, Gustav Mahler, Clara et Robert Schumann ont vécu et travaillé ici. Hanns Eisler et Richard Wagner sont nés à Leipzig.

Pour manger, nous évitons les restaurants à touristes et nous recherchons les endroits où les autochtones se restaurent. Dans le restaurant du Kaufhaus, au 4ème étage, nous avons aimé le chou farci avec une purée de pommes de terre et des morceaux de potirons.  

Leipzig faisait partie de la DDR. Depuis près de trente ans que le mur est tombé, on trouve parfois encore en dehors des villes, des vestiges de l’ancien régime. Exemple, la gare désaffectée de Thekla où nous prenons le S4 pour aller du Melinenburg Stellplatz à la gare centrale de Leipzig. Voir la photo ci-dessous 

La Leipzig Hauptbahnhof est avec ses 80.000 mètres carrés la plus grande gare au monde. Elle fut inaugurée en 2013, deux cent ans après la Bataille des Nation et cent ans après l’inauguration du Völkerschlachtdenkmal. Aucune relations entre les événements mais j’aime la coïncidence.

Dans mon prochain billet je parle de l’église de Löbnitz, dont le plafond style ‘bande dessinée’, fut peint en 1670. On visite également Dessau, le berceau du Bauhaus et ensuite nous passons 2 jours à Potsdam.

 

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18 – 36 – Leipzig, Grassi, Carolein Smit

Si des fois il vous arrive, avant le premier café du matin, de vous sentir déprimé, lisez les billets de Sky. Vous verrez que dans la vie, tout est relatif.

Jane et Sky sont un couple d’américains que nous avons rencontré pour la première fois lors d’une halte sur un canal de France il y a plus de dix ans. Pour le lieu et la date précise, je devrais à la maison, consulter les livres de bord du Chat Lune.

Ensuite, au fil de nos navigations respectives nous sommes croisés plusieurs fois encore. Entre-temps, on garde un contact digital.

Il y a un an et demi, le verdict affreux tombe, Sky souffre de la maladie d’Alzheimer. 

Il a alors cette remarquable initiative de documenter l’évolution de son mal et il crée à cet effet un blog intitulé ‘Alzheimer’s Canyon’.

Dans le billet qu’il publie ce matin, Sky explique pourquoi il vient de décider d’arrêter de conduire une voiture.

Je vous conseille également de lire l’article où il traite de la mort.

Voir le lien ci-après:

http://alzheimerscanyon.blogspot.com/

Dans le même ordre d’idée, c’est la mort, les squelettes, le diable et l’enfer et les personnages tourmentés qui forment le fil conducteur des œuvres de notre amie céramiste Carolein Smit.

  • Après dix jours de route, nous sommes arrivés à Leipzig et notre première visite est pour le Grassi ‘Museum für Angewandte Kunst’ où l’artiste a reçu une vaste salle pour ses créations, le titre de l’exposition est ‘Amour fou’.

On découvre une ambiance mystique et féerique. Les couleurs sont riches, le rouge du sang, l’or et les perles brillantes créent un monde où les jeunes filles embrassent des squelettes, les satyres sont entourés de flammes et les diables annoncent l’enfer. Les lièvres, un des animaux favoris de Carolein, sont sanguinolents et dépouillés de leur fourrure et les agneaux ont trois têtes. La puissance et la gloire, l’amour, la violence et la mort sont omniprésents. Le mur du fond est consacré à la danse funèbre, les sculptures sont en bas relief blanc sur un fond bleu indigo. 

L’ensemble est éblouissant, parfois choquant mais toujours époustouflant, je cherche les adjectifs.

Dans un documentaire d’une bonne heure de long, on voit Carolein travailler, préparer des expositions précédentes et développer sa philosophie en discussion avec un ami critique d’art. 

Deux heures plus tard, nous quittons l’exposition, émerveillé par la beauté des œuvres et fasciné par l’imagination débordante et le travail de l’artiste.

Dans mon prochain billet je vous parlerai de Leipzig.

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18 – 35 – Mann.Münden, Nordhausen & Merseburg

Le 3 et le 4 avril 1945, une semaine avant que les troupes américaines n’atteignent la ville, la Royal Air Force déverse 2386 T de bombes sur la ville de Nordhausen. La ville est au trois quart détruite et 8800 personnes y laissent la vie.

Après la guerre, la ville est reconstruite dans un style stérile, un mélange d’architecture stalinienne de l’époque DDR et d’acier/verre/béton, que nous datons après la chute du mur. Sans âme.

Nous avons repéré le musée de l’usine IFA. Située à l’ouest en dehors de la ville, l’usine n’est pas touchée par les bombes de 1945. Par contre, elle fut démantelée en 1991, lorsque la production planifiée fit place à la concurrence libre. 

Crée en 1898, la manufacture changea quelque fois de nom et de propriétaires, mais elle produisit surtout des locomotives légères, des tracteurs et des moteurs. À partir de 1939-1940, les machines agricoles font place à du matériel de guerre dont les moteurs 12 cylindres Maybach de 220 CV et 300 CV destinés aux ‘Panzer’. 

En 1948 elle retrouve sa vocation d’origine et elle développe, fabrique et exporte des tracteurs agricoles et des moteurs. 

Aujourd’hui, il ne reste à l’emplacement de l’usine que le musée qui retrace son histoire.

Le hasard fait qu’une locomotive Montana, fabriquée ici, fut livrée à l’exposition universelle de notre ville de Gand en 1913. Elle servit à tracter le tramway qui parcourait le parc de l’exposition. 

Nordhausen est située sur le trait de crayon qui nous dirige vers Leipzig.

J’avais repéré l’usine IFA et la ‘Museum Haus Meyenburg’ comme points d’intérêt de la ville. Le musée d’art est temporairement fermé, une nouvelle exposition se prépare, le vernissage à lieu dans 4 jours. Nous n’attendons pas. 

Pour la nuit, nous rangeons notre engin à un emplacement prévu à côté de la piscine municipale. Le prix du stationnement comprend un ticket d’entrée des salles d’eau. Marleen et moi nous amusons beaucoup dans les bassins situés à côté de la piscine olympique. Le plan d’eau regorge de surprises, on nage à l’intérieur et à l’extérieur, il y a des couloirs avec du contre-courant et des jets puissants qui surgissent de manière intempestive, l’eau est à 26°C, pas chlorée, un délice.

Avant Nordhausen, à 30 km au sud du trait de crayon, Marleen à repéré Hann.Münden. C’est la ville des trois rivières car située au confluent de la Werra et de la Fulda qui se rejoignent en donnant naissance à la Weser, le long de laquelle nous avons passé deux journée de repos à Wahlsburg. Pour vous éviter de sortir un atlas, sachez que la Weser est la rivière qui part de Mann.Münden pour rejoindre la mer du Nord à Bremerhaven, 300 km plus au nord.

Les forteresses volantes de la RAF ont ignoré l’endroit car c’est aussi la ville des 700 maisons à colombages. 

Enfin, c’est la ville du Dr.Eisenbart. Sans diplôme lui-même, le barbier, dentiste, ophtalmologiste et chirurgien ambulant doit son éducation à son père et son beau-frère qui eux étaient médecins.  

Sa renommée est telle qu’il bénéficie de privilèges accordés par la famille Royale. 

Il opère avec succès cataractes et calculs rénaux. Lors de ses voyages, il est accompagné de saltimbanques et de musiciens ambulants qui doivent distraire la foule des curieux pendant qu’il procède à des opérations sans anesthésie, le chloroforme n’est pas encore inventé à la fin du 17ème siècle. Vers 1800, la chanson ‘Ich bin der Doktor Eisenbart’ fait fureur dans toute l’Allemagne. 

Marleen me signale que son grand-père lui chantait le doctor Eisenbart, sa renommée a franchi les frontières!

À midi, le carillon de l’hôtel de ville sonne la chanson lorsqu’un cortège de personnages illustrant le docteur au travail, sortent de deux fenêtres de la façade du bâtiment.

À 30 km à l’ouest de Leipzig, où nous attend l’exposition de Carolein Smit dans le musée Grassi, nous faisons une halte à Merseburg pour y passer la nuit et préalablement visiter le Dom et le château.

Mon prochain billet sera consacré à notre visite de Leipzig. 

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18 – 34 – Eindhoven, Ahlen et Paderborn

Nous allons à Leipzig voir une exposition des œuvres de Carolein Smit au musée Grassi. En route, nous faisons une halte chez sa sœur, Marjan Smit. Les deux femmes sont des artistes, la première réalise des sculptures en céramique, la seconde des objets en verre coulé et des dessins à la plume sèche.

Ouvrez les liens suivants pour faire leur connaissance:

www.marjansmit.nl

www.caroleinsmit.com

Marjan et son mari Will habitent une ferme rénovée au nord de la ville de Eindoven. Extérieurement, l’habitation a gardé l’aspect qu’elle avait lors de sa construction, vers 1730.

Nous avons fait la connaissance de nos amis il y a plusieurs années lors d’un amarrage sur le canal de la Marne au Rhin. Depuis, il nous arrive de naviguer ensemble et régulièrement, lors d’un passage en Hollande, nous profitons de leur hospitalité.

C’est le cas en cette fin de saison.

Comme je l’ai mentionné dans mon billet précédent, nous avons profité de notre séjour à Eindhoven pour aller au Noordbrabants Museum à ‘s Hertogenbosch voir l’exposition consacrée à  Kamagurka. Le caricaturiste Belge est principalement renommé pour ses dessins sarcastiques et absurdes. Ils sont publiés dans la revue Humo. L’exposition s’intitule Kamagusrkistan, le sous-titre est ‘La frontière du sérieux’. Marleen aime beaucoup. 

Le musée nous fait également connaître l’artiste contemporain Manish Nai. Étoile montante de l’art abstrait, Manish Nai fabrique des objets à l’aide de déchets divers, tel que sacs de jute, cartons et des déchets de tissus multicolores des saris.

On ne quitte pas la ville sans avoir dégusté chez Jan de Groot, un café avec une « Bossche bol ». C’est un mega chou à la crème chantilly, enrobé de chocolat noir. 

Sur une carte Michelin j’ai relié d’un trait de crayon, Eindhoven à Leipzig. Ensuite je repère les musées qui se trouvent le long de ce trait, à une distance de maximum 3 heures de route entre chaque halte. Notre roulotte, sur les voies secondaires, couvre ainsi entre 100 et 150 km. 

Mon Garmin est programmé pour éviter les autoroutes. 

À Ahlen, en octobre 1993, Theodor F. Leitfeld, un riche collectionneur consolida sa collection d’art et sa villa pour créer un musée. Au fil des ans la fondation qui gère le patrimoine fit adjoindre une aile moderne à la villa classée au patrimoine historique. Le musée organise chaque année, 4 expositions ou l’art contemporain alterne avec des œuvres plus classiques.

Jusque fin septembre on peut admirer les créations d’Ines Braun et Iris Stephan. Pour chaque salle, les deux artistes ont sélectionné un tableau de la réserve du musée et elles ont ensuite laissé libre chemin à leur imagination pour créer des objets, des dessins et des peintures ayant un rapport au tableau choisi. C’est de l’art contemporain comme on l’aime.

Sur le même trait de crayon, à Paderborn, se trouve le Heinrich-Nixdorf MuseumForum dont l’ambition est de retracer l’histoire des technique d’information et de communication depuis la Mésopotamie il y a 5000 ans, jusqu’à mon iPhone aujourd’hui. Selon leur dire, le plus grand musée d’informatique au monde. 

Nous y passons une bonne demi journée et on profite du restaurant pour manger des émincés de porc au champignons avec des Spätzle pour moi et un gratin de pommes de terre pour Marleen.

Le musée possède une riche collection d’objets qui retrace l’histoire de l’écriture, des hiéroglyphes au machines à écrire mécaniques, au traitement de texte. Les chiffres et la digitalisation, les noeuds dans les ficelles de Mayas, Ada Lovelace et Babbage, Alan Turing, Bill Gates et Steve Jobs, et Petra le robot qui guide et répond aux questions des visiteurs et qui joue à cache cache avec les enfants.

Le tout est richement documenté et le tracé fléché est intelligent.

C’était la semaine dernière, depuis lors on a continué à suivre le trait de crayon vers l’Est, à l’heure où j’écris ce billet nous somme à 33 km de Leipzig.

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Eindhoven – 18 – 33 – la France et l’Allemagne

En 1942, l’ingénieur Donald Bailey, féru de modèles réduits, présenta à l’armée anglaise un prototype de pont mobile. Le modèle fut accepté et utilisé intensément pendant la deuxième guerre mondiale. Il avait l’avantage d’être constitué d’éléments en métal et bois, suffisamment légers pour être transportés par camion. L’assemblage pouvait se faire à la main, sans outils spéciaux et sans l’usage d’une grue.  

Après la guerre, des éléments de pont Bailey servirent de poutres de soutènement pour la reconstruction de la toiture de la gare de Eindhoven. Le toit tient toujours.

J’adore ce genre d’informations triviales.

C’est ici que nous prenons un train pour ‘s Hertogenbosch. Les rames sont neuves et propres. Entre chaque siège se trouvent 2 prises USB et une prise 220V pour recharger les gadgets mobiles. Le wifi est présent dans le train. C’est aussi le cas dans le bus qui nous a conduit de la maison de Marjan et Will vers la gare. Cette facilité est trop coûteuse et ne sera pas installée dans les trains belges, selon les affirmations de Sophie Dutordoir, la patronne de la SNCB.

À ce propos, je m’étonne toujours de la différence d’aspect et de fonctionnement qu’il y a entre la France, voir la Belgique et l’Allemagne, voir la Hollande. 

À l’heure où j’écris ce billet, nous sommes en Allemagne.

On adore le pays de Voltaire, l’intelligence et l’esprit vif, la culture, les andouillettes, les falaises bretonnes, les châteaux, l’inventivité des ingénieurs, le vin, le petit café pris au bar des brasseries parisiennes.

Ma liste n’est pas terminée, elle est longue.

Par contre, on déplore les villages à moitié abandonnés, où le dernier boulanger a fermé sa porte et éteint la lumière depuis bien longtemps. 

On enrage, puis on finit par accepter que les « systèmes » ne fonctionnent qu’à moitié ou pas du tout. 

Un exemple, la traversée du tunnel de Mauvages sur le canal de Saint-Quentin. Nos amis Marjan et Will ont attendu une demi journée, le bon vouloir des 4 passeurs présents devant l’ouvrage, alors que les indications dans les guides et sur le trajet signalaient que le premier toueur partait à 07:30 du matin. 

« Non, nous c’est à 13:00 qu’on y va » répond l’un d’eux, et il prend une bouffée de sa cigarette et une gorgée de son café, ses copains rigolent.

On regrette que le fournisseur déclare qu’il faut deux mois pour obtenir une banale pièce détachée. Alors, par téléphone, on passe la commande au Pays-Bas et deux jours plus tard elle est livrée.  

On déplore la saleté des rues de Paris, des métros et des RER. 

On râle quand on casse un amortisseur dans le pied de poule d’une route secondaire. 

On déprime à la traversée d’une ville de province déserte. 

Ma liste n’est pas terminée, elle est longue.

Comment expliquer, qu’en Allemagne, une fois franchie la ligne fictive qu’est la frontière, le monde est soudainement différent. Les routes sont en bon état, les petites villes et les villages vous sourient. Les maisons sont propres, le moindre hameau a des commerces ouverts et les « systèmes » fonctionnent. Par exemple, ce matin, nous avons franchi la rivière Weser avec un bac qui peut transporter deux voitures. Il était 12:20, sur la porte de la cabine de pilotage, un panneau annonçait que le passeur est absent et prend son lunch de 12:00 à 12:30. 

À 12:27, le préposé se pointe, nous dit gentiment bonjour et nous aide à embarquer notre véhicule sur son bateau. Cinq minutes plus tard, nous sommes sur la rive droite. 

Nulles traces de bouteilles en plastique ni de canette vides dans les rigoles des rues. 

Bien entendu, depuis des années, les vidanges sont consignées. Cela semble insurmontable à réaliser en France, même chose en Belgique où le sujet est sur l’agenda des politiciens depuis de années mais la réalisation se fait attendre pour des raisons qui me dépassent.

J’arrête ici ma complainte.

Comment expliquer cette différence? Voici deux grands pays limitrophes, peuplés de gens intelligents et cultivés, riches en histoire. Leurs industries et leurs activités commerciales sont différentes mais elle tournent. Alors pourquoi voit-on à l’ouest du Rhin « l’à peu près » et « le pas très soigné » et à l’est du fleuve, « la rigueur et la propreté »?

Dans mon prochain billet je vous raconterai que nous avons vu deux expositions au « Brabants Museum » à ‘s Hertogenbosch, la première consacrée à Kamagurka et la seconde à Manish Nai.

En Allemagne on a découvert à Ahlen, un remarquable Kunstmuseum et à Paderborn on a visité le Heinz-Nixdorf Computer Forum, le plus grand musée d’informatique au monde, selon la brochure.  

Pour le moment on se repose dans la nature, au bord de la Weser. Les musées sont fermés le lundi.

 

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Gand 18 – 32 – Spilliaert et la brocante de Charles Quint

Lorsque vous franchissez la ‘Donkere Poort’, le portail qui sépare le Prinsenhof du parc qui longe la Lieve et donne une vue sur le Rabot, vous découvrez à votre gauche, des bâtiments en brique rouge, flanqués d’une cheminée rectangulaire. C’est une ancienne usine textile qui date du 19-ième siècle et qui aujourd’hui héberge ‘Vizit’, une organisation d’évènements touristiques.

Le bar à l’entrée sert un café à peine buvable, mais la dame derrière le comptoir est aimable.

Ce dimanche nous chinons dans la brocante du quartier du Prinsenhof. Charles Quint y vit le jour en l’an 1500. En 1540, le bougre punit les Gantois de leur volonté d’indépendance en obligeant les notables de faire acte de contrition, pieds nus, vêtus d’une chemise blanche et portant au cou, une corde de pendu.

Pour tenir la ville en main, il fit construire le Spanjaardenkasteel, (Château Espagnol aujourd’hui démoli). Une garnison de mercenaires espagnols maintint sur la ville une main de fer.

Depuis lors, le symbole de la fierté de Gand est une corde de pendu, noire et blanche, au couleurs de la ville. Elle est arborée par de nombreux citoyens pendant les fêtes de Gand. C’est aussi pendant les fêtes en juillet qu’un cortège de notables en chemises blanches parcours les rues de la vieille cité. Les Gantois sont des ‘stroppendragers’, ‘porteurs de noeud coulant’.

C’est un mélange de brocante et de vide-greniers. Les prix sont en conséquence, les particuliers souhaitent se débarrasser de leurs objets inutilisés, en se faisant au passage un peu de monnaie. Les brocanteurs professionnels en font un métier, ils se prennent parfois pour des antiquaires.

En tant que chineurs routinés, nous connaissons la différence. 

Notre plaisir est dans la découverte et dans la discussion du marchandage.  

Léon Spilliaert est à l’honneur dans les salles d’exposition des Galeries Vénitiennes à Oostende. À l’entrée, nous saluons le Roi Baudouin. Il arbore un sourire aussi mélancolique que le peintre Ostendais. 

Le Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Royale de Belgique donne en prêt 131 œuvres sur papier pour une exposition de dessins, aquarelles et gouaches. 

Ce sont des œuvres jamais exposées, que Rachel Vergison, la veuve de l’artiste, a vendu à la Bibliothèque Royale dans les années 50.

Nous nous apprêtons à repartir vers le nord par les routes, pas par les voies d’eau.

La première étape sera Eindhoven, à lire sur mon prochain billet.

Ci-après, deux chats, plume et pastel

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Gand 18 – 31 SMAK et MSK, Brocante et Église Orthodoxe

Au 39 de la Tour-Maubourg, à Paris dans le 7e, à la Fondation portugaise Calouste Gulbenkian, nous avons admiré il y a plusieurs semaines déjà, un tube de néon vert, planté dans un bac de sable. J’ai oublié le nom de l’artiste. Ce matin à la SMAK, le Musée Gantois d’Art Contemporain, un artiste belge, Léo Copers, nous offre deux tubes néon plantés dans le sable d’un aquarium à moitié rempli d’eau. C’est déjà plus sophistiqué.

Dans une autre salle, le souffle d’un ventilateur mobile donne du mouvement à une série de papiers blancs attachés au mur qui lui fait face.

À l’étage, nous croisons deux dames qui poussent une planche à roulettes sur laquelle se trouve un bidon en plastique rempli d’eau et une petite pompe à main. 

Je leur demande si elles sont une œuvre d’art mobile? En quelque sorte oui, me fait l’une d’elle, notre rôle est de mettre tous les matins, un fil d’eau sur des dalles en céramique. En journée l’eau s’évapore et l’effet change au fil des heures. La photo ci-dessus illustre l’action.

Plus loin, une chaufferette parabolique en aluminium, sèche un essuie-main pendu sur un sèche-linge, le dessous trempe dans de l’eau.

L’art contemporain continue à nous rendre perplexe. Malheureusement, Jan Hoet, le cousin de Marleen, le pape de cet forme d’art et le créateur du musée, n’est plus là pour nous éclairer.

Aussi, nous quittons le SMAK, traversons la Familie Van Rysselberghedreef et pénétrons dans le MSK, le Musée des Beaux-Arts. 

Il faut savoir que les Gantois peuvent chaque dimanche matin, accéder gratuitement aux musées de leur ville. Lorsque nous sommes à Gand, nous profitons toujours de cette facilité.

L’exposition intitulée ‘Sur Papier’ montre des œuvres de Gantois ou d’artistes y ayant vécus, sur le thème de la ville. On retrouve en autre, Jules De Bruycker, Jos Verdegem, Gustave De Smet, Fritz Van Den Berghe, George Minne, Jules van Biesbroeck. 

Dessins, aquarelles, gouaches, pastels. 

Venez voir les trésors de la collection du MSK.

La semaine n’aurait pas été complète sans deux brocantes. Marleen complète sa collection de vaches à lait et elle trouve un serein Bouddha en bois à celle du béguinage St.-Elisabeth.

Dans la Sophie Van Akenstraat on découvre l’église Orthodoxe dont on ignorait l’existence. Un jeune homme veille. On bavarde, il est Serbe et il fait un doctorat en chimie à l’université de Gand. Il se dit heureux d’avoir découvert une église de sa foi. Il nous indique une exposition d’icônes dans une salle adjacente. C’est pas trop notre tasse de thé, mais on en trouve un que nous aimons, voir ci-dessous.

 

 

 

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Gand – Zelzate 18 – 30

J’explique à Léo, mon petit-fils de 12 ans, comment faire pour naviguer sans que le sillage du bateau ne serpente. Tu te choisis au loin, un point de repère que tu alignes sur un élément de la proue du bateau, par exemple un anneau du bastingage. Dès que l’avant fait mine de s’éloigner de l’axe choisi, tu corriges avec un léger coup de barre, puis tu redresses. 

Avec son copain Warren, Léo m’accompagne pour conduire la Chat Lune de Gand à Zelzate.

Je m’apprête à lâcher les amarres pour quitter la marina de Gent-Leie lorsque se pointent un trio de fonctionnaires de l’administration fluviale belge. Le senior me rassure et il précise qu’il escorte deux jeunes futurs inspecteurs à qui il enseigne l’art de vérifier la conformité des bateaux de plaisance aux règles de navigation. Les deux jeunes, sympa par ailleurs, sont munis d’un questionnaire et de leur attitude professionnelle. Scrupuleusement, ils passent en revue d’une part, les papiers du bateau, facture, immatriculation et assurance et d’autre part, l’équipement. La date de péremption des gilets de sauvetage automatique et des extincteurs sont des points importants.

Tout est en ordre à bord du Chat Lune, il ne manque qu’une pagaie, qui devrait figurer à l’inventaire. 

Mais la loi va changer me rassure le jeune numéro un, et cette exigence n’y figurera plus.

On se quitte bons amis et nous partons pour Zelzate, le port d’hivernage du bateau.

Cette anecdote m’en rappelle une autre qui nous advint en 2005, on venait de prendre possession du flambant neuf Chat Lune. 

Fiers de notre nouveau bateau nous arrivâmes à Paris après avoir quitté Auxerre 6 jours plus tôt.

À quelques encablures de l’écluse numéro #9, celle qui allait nous ouvrir pour la première fois, la porte du port de l’Arsenal, nous fûmes accostés par une vedette de la police fluviale de Paris. 

L’adjudant nous rassura et nous expliqua qu’il accompagnait une dizaine de recrues à qui il enseignait l’art de vérifier la conformité des bateaux de plaisance aux règles de navigation. 

Le contrôle se déroula sans heurts et bon enfants, nous étions en ordre.

Les années suivantes, à chaque passage à Paris, il nous arriva fréquemment de croiser un bateau de la fluviale avec à son bord un des nouveaux promus qui nous saluait en se souvenant de l’instruction reçue à bord de notre bateau.

L’écluse d’Evergem est la seule sur notre trajet vers le port de Gand. J’ai pris l’habitude d’appeler les éclusiers par téléphone à 2 km avant l’ouvrage d’art. À cette distance le VHF n’est pas fiable. Cela permet à éclusier, soit de préparer la bassinée, soit, le cas échéant, de nous attendre lorsqu’il s’apprête à opérer une bassinée. 

C’est le cas ici et au téléphone, l’éclusière nous annonce que l’écluse est prête. 

En effet, un double pousseur avec deux barges remplies de poussière de charbon et une péniche de Rhin nous attendent dans l’écluse. J’amarre le Chat Lune, les portes se ferment et quinze minutes plus tard, nous poursuivons notre route.     

Si je n’avais pas téléphoné, nous aurions dû prendre la bassinée suivante. À la sortie de l’écluse, au VHF, je remercie l’éclusière de nous avoir attendu.

Je trafique un peu les photos du port, pour rendre notre traversée plus dramatique. 

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Paris – Gand 18-29 la Seine, l’Oise, Le Canal du Nord, la Deule et la Lys

Le lundi 6 août 2018 à 08:15, nous franchissons l’écluse # 9, celle qui sépare le port de l’Arsenal de la Seine. Nous avons passé la semaine à faire nos adieux aux amis et connaissances du village qu’est le port de plaisance. Comme vous avez pu le lire dans mon précédent billet, les musées, les brocantes et les ballades ont rempli la semaine. 

Par ce beau temps, la traversée matinale de Paris, avant les bateaux mouches, est un régal pour les sens. Les yeux pour le spectacle, l’odorat pour l’eau de la rivière, l’ouïe pour les bruits de la ville qui se réveille et le toucher pour le balancement du Chat Lune sur les vagues des chalands qui nous croisent. 

Vers 16:00 on laisse de côté la halte de plaisance de Conflans-Sainte-Honorine, on tourne à droite dans l’Oise, on passe sous la passerelle rouge vif de l’Axe Majeur et on négocie l’écluse de Pontoise. 

À 17:30, avec 100 km au compteur et 3 écluses avalées, on frappe nos amarres à l’ombre d’un platane, aux pontons rive droite de la halte de plaisance de Pontoise.

Mardi, plus au nord, nous logeons dans le port de plaisance de Compiegne, chez Paulo, le capitaine du port.

Mercredi, on passe de l’Oise au canal du Nord. Nous passons la nuit en aval de l’écluse de Cléry, la numéro 12 du canal du Nord. 

Les écluses tournent de 06:30 à 20:30. Jeudi matin à l’ouverture, l’éclusière ouvre la porte aval de Cléry et met le feu d’accès au vert. Pendant que nous mangeons notre muesli journalier, un Super Van Craft Hollandais en profite pour prendre la bassinée. Le petit déjeuné avalé, je monte la colline et pousse la porte du container qui depuis la rénovation du canal en mai dernier, abrite les éclusiers. Vissée sur sa chaise, dans la demi pénombre, l’éclusière observe une douzaine d’écrans. Les caméras fixent les endroits essentiels de 2 écluses, Cléry et Péronne.

Toute souriante, l’opératrice m’explique qu’elle nous avait préparé le bassin mais, ne voyant rien bouger à bord du Chat Lune, elle avait laisser passer le bateau Hollandais. 

Pas de soucis, rajoute-t-elle, je vais vous faire une fausse bassinée. 

C’est ainsi que jeudi matin, nous entamons la deuxième partie de notre traversée du canal du Nord. 

Par le passé, à la création du canal, les éclusiers étaient perchés au dessus des écluses dans des nids d’aigle tout en verre. Cela leur permettaient de commander les opérations de visu.

Depuis mai 2018, VNF a mis en service 6 nouveaux postes de télécommande pour opérer les 12 écluses entre Moislains et Pont l’Evêque. 

Pour ce faire, ils ont enfermé les opérateurs dans des boîtes en tôle ondulée gris souris. 

La vue sur le canal a été remplacée par des écrans de télé. 

Comment est-ce possible de concevoir une telle aberration au nom de la modernisation?

J’ose parier que les ingénieurs de VNF n’ont jamais impliqué les éclusiers à leur cogitations, qu’ils n’ont jamais mis les pieds dans les anciens postes de commande et qu’ils n’envisageraient pas à être enfermés comme les opérateurs pendant 8 heures par jour dans l’obscurité d’une boîte en fer? 

Comble du mauvais goût, ces cagibis dépareillent l’harmonie des écluses.

Plus haut, à Noyon, de grands silos de grain décorent la berge du canal.

Une pensée me traverse l’esprit.

– Les paysans cultivent le blé. Le blé est stocké dans des silos installés le long du canal du Nord.

– Les chalands transportent le blé sur le canal du Nord, des silos vers les grossistes en céréales..

– Les meuniers achètent le blé aux grossistes en céréales pour en faire de la farine. 

– Les boulangers achètent la farine chez les grossistes en farine.

– Le pain est fait avec du blé.

– C’est donc grâce au pain que nous pouvons naviguer sur le canal du Nord. 

– Vive le pain!

Jeudi en fin d’après-midi, sortis du canal du Nord, les trois écluses de Douai franchies, nous frappons nos amarres dans le port de Courçelles-lès-Lens. Nous sommes accueillis par un résident du port et son chien, un grand labrador beige qui aboie à l’arrivée de chaque bateau, mais qui se tait des qu’il a fait votre connaissance, nous rassure son propriétaire. 

On apprend que le port a été acheté il y a quelques années par la commune mais que le maire actuel s’en désintéresse. Les installations ne sont pas entretenues, les sanitaires sont fermés. Mais la halte est gratuite et il y a de l’eau et de l’électricité.

Aux prochaines élections, nous aurons un nouveau maire et tout cela va changer, nous certifie le résident du port. Je me dis qu’aujourd’hui il loge à l’œil, mais qu’après les élections, il devra payer son anneau.

Vendredi nous laissons de côté Lille et poussons jusqu’au port de Deulemont, situé rive gauche de la Deule, passé l’écluse de Quenoy. La darse était complètement ensablée il y a quelques années. Elle a été draguée et aujourd’hui, les 40 anneaux sont loués, m’explique le capitaine du port.

Samedi nous amarrons le bateau au Y.C. Deinze où nous arrivons vers 14:00. Nous pourrions poursuivre notre route jusque Gand mais on a envie d’avoir le bonus d’un jour de navigation supplémentaire. 

Dimanche à midi, nous sommes à Gent Leie.

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Paris – 14 – 18 – 28 Dernière semaine, Custodia, Orangerie du Luxembourg, Aérosol

Lundi dernier le River Pipit part pour le port de La Villette. Nous accompagnons Geneviève et Bill pour un trajet qui dure deux heures, il comprend la traversée du tunnel sous le boulevard Richard Lenoir et le franchissement de 4 fois une double écluse. La traversée est belle, elle figure sur l’itinéraire journalier des Canauxrama, les bateaux à touristes. 

Nos amis quittent le port de l’Arsenal pour leur trois semaines annuelles, j’en ai expliqué la raison dans un de mes billets précédents.

Les deux rives du bassin de La Villette sont transformés en Paris Plage. Sable fin, parasols, pétanque, carrousels, rien de manque même la traversée du plan d’eau avec une tyrolienne.

Pas loin de là, au 54 rue de l’Évangile, dans le 18ème, la SNCF a mis temporairement un bâtiment désaffecté à la disposition des amateurs de ‘Street Art’. Baptisé Aérosol, le hangar en béton comporte un musée et une boutique où les amateurs peuvent acheter des bonbonnes de peinture pour se donner à cœur joie à leur passion. Ainsi, les murs extérieurs, les sols, le mobilier en bois de palettes, les chaises en plastique et tout ce qui fait partie de l’ensemble est recouvert de graffitis colorés. Certains tableaux muraux sont des œuvres d’art et le musée vaut le déplacement. Jugez par vous-même.

J’écris ce billet de la dunette du Chat Lune. Nous sommes amarrés rive droite à la halte de plaisance de Pontoise, sur L’Oise. On a quitté le port de l’Arsenal ce lundi matin à 08:15 et nous sommes arrivés ici à 17:30, trois écluses et 90 km plus loin.

Le présent rapport relate notre dernière semaine à Paris. La chaleur ne nous a pas retenu à faire et à aller voir plein de choses.

Je vous livre en vrac un pot-pourri non chronologique de ce qui me passe par la tête.

La Fondation Custodia, rue de Lille dans le 7ème, expose une sélection d’estampes américaines issues du British Museum. ‘Le Rêve Américain, du Pop Art à nos jours’. De Warhol, Jasper Johns, Robert Rauschenberg et Jim Dine a des artistes minimalistes tel que Chuck Close et Robert Longo.

À l’Orangerie du Luxembourg, on trouve à gauche dans la verrière, une sélection de peintres Russes contemporains. À droite, des œuvres du peintre Français Chica.

Nous avons aussi été voir une des expositions tournantes de la tour Jean sans Peur, ‘l’Amour au Moyen Age’. 

Tout comme de nombreux canaux de France, le port de l’Arsenal est envahi par des algues. D’origine américaine, la myryophylle hétérophylle est une algue invasive qui prolifère au point de rendre la navigation des bateaux de plaisance difficile. 

Le faucardage est le seul moyen de s’en débarrasser temporairement. Pendant une semaine, deux arracheuses et un bateau de ramassage parcourent le bassin du port, de l’écluse de la Seine à l’entrée du tunnel.

Le week-end, et en semaine, au hasard de nos pérégrinations, nous chinons dans les brocantes à la recherche d’objets divers et sans intérêt partculier mais dont la découverte nous ravit. Ainsi j’ai acheté à la brocante du marché d’Aligre trois marqueurs de jeu de bridge. J’ai acheté, après négociation, le premier à 4 €. J’avais repéré que le vendeur en possédait deux autres qu’il avait mis à 8€. Le lendemain je suis retourné le voir et sans trop de réticences, il me les a lâché à 4€, le prix du premier. Je suis heureux comme un gosse avec mes trois bidules inutiles.

Il y a quelques semaine, à la brocante du marché Saint Honoré, j’ai longuement bavardé avec un vendeur sympathique qui me confia qu’il faisait partie d’un groupe de volontaires qui s’occupent et soignent l’écrivain Philippe Vigand. Ce dernier souffre depuis trente ans du syndrome d’enfermement. C’est un état neurologique qui se traduit par une paralysie totale à l’exception du clignotement des paupières et une incapacité de parler. Il a publié de nombreux livres dont ‘Putain de Silence’ et ‘Promenades Immobiles’. Voyez Internet pour plus de détails.

Sur sa table de présentation, parmi les objets hétéroclites, figurait un posemètre à extinction datant des années 30. 

Intrigué, j’ai fait des recherches pour en découvrir le nom et l’usage.

Deux semaines plus tard, je retrouve le même brocanteur à la brocante de la place Jussieu. Il me reconnaît, on bavarde un coup et pour 15€ je lui achète l’ancêtre des posemètres modernes, il va rejoindre mes marqueurs. 

Demain matin nous continuons la remontée de l’Oise, un des plus beaux confluants de la Seine.

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Paris – 13b – 18 – 27 l’éclipse, Nissim de Camondo, Cernushi, Batia Suter

On se réjouissait et on s’est documenté. Pour être certain d’avoir les coordonnées et l’horaire précis, j’ai déchargé trois applications sur ma tablette, « Moon », »Moon Plus » et « Éclipses ». 

En plus de cela on a suivi les émissions spéciales ainsi que le « téléphone sonne » que France Inter a consacré à l’éclipse du siècle.

À 17:00 de gros nuages noirs envahissent le ciel au dessus du port de l’Arsenal, ensuite un orage violent éclate, on se réjoui car la température baisse de 10 degrés Celsius. 

À 21:30:15, l’heure prévue pour le début de l’éclipse, plein d’enthousiasme, on ferme le bateau et on se rend sur le pont d’Austerlitz, pour avoir une vue dégagée du ciel. 

Au sud, à l’est, comme à l’ouest, une alternance de gros nuages bleus foncés et noirs rendent toute observation impossible. 

Il est 22:00 quand on rentre à bord du Chat Lune, déçus et fatigués, on se couche pour la nuit. 

L’orage a rafraîchi la cabine arrière, on dort bien, la longue l’éclipse se sera pour la prochaine fois, dans quelques centaines d’années.

L’hôtel de Nissim de Camondo est un remarquable musée. Les Camondo, une famille de banquiers Juifs sont originaires d’Istanbul. Ils s’installent à Paris au milieu du 19e siècle. 

Moïse de Camondo fait construire près du parc Monceau, un hôtel particulier dans le style 18ème siècle, le jardin donne sur le parc. Le richissime banquier réunit au fil des années, une fabuleuse collection de meubles, tableaux et objets d’art.

En septembre 1917, son fils Nissim, aviateur, meurt abattu avant la fin de la guerre. 

Désespéré par sa disparition, Moïse lègue l’hôtel, sa collection et un fond pour financer son entretien à l’état Français. La condition est de lui donner le nom de son fils et de l’ouvrir au public.

 En 1939, sa femme et sa fille, se croyants françaises et à l’abri des nazis, restent en France lorsque l’Allemagne envahit le pays. En 1942 elles sont déportées et meurent à Auschwitz. 

La famille Camondo n’existe plus. 

Seul reste le musée, intact, comme il était à la mort de Moïse en 1935.

L’audio guide bien fait est indispensable pour rendre la visite intéressante.

Derrière le coin, au 7, rue Velasquez, le musée Cernushi propose une exposition consacrée aux parfums de Chine. On peut y voir des brûle-parfums, des tables à encens et de la calligraphie. J’aime beaucoup les consoles qui diffusent du parfum recréé, sur base des recettes chinoises, par François Demachy, parfumeur créateur de la maison Dior. Mon parfum préféré est celui destiné à embaumer les cheveux. La console se trouve dans la dernière salle de l’exposition, à gauche lorsqu’on y entre. 

Vendredi nous mangeons au Foyer de la Madeleine et ensuite de la Gare Saint-Lazare on prend le 2 jusqu’à la place de Clichy. 

À deux pas, au 6, impasse de la Défense, la galerie BAL expose les œuvres de la suissesse Batia Suter intitulé « Radial Grammar ». Ce sont essentiellement des photos agrandies de personnes et d’objets hétéroclites. L’artiste collectionne et rassemble depuis plus de trente ans, atlas, catalogues, revues, et aussi des emballages en plastiques qui recouvrent une longue table dans la première salle de l’exposition. On découvre, soigneusement alignés, les conteneurs en plastique que nous jetons systématiquement à la poubelle, une fois le contenu mangé. On devrait peut-être les garder?

Au sous-sol, trois murs sont recouvert de photos géantes, le quatrième sert d’écran tout aussi géant à un diaporama d’objets collectionnés par Batia Suter. Nous nous allongeons sur des grands coussins en sky places à même le sol. La salle est délicieusement conditionnée, on sort d’un repas et nous nous endormons promptement pour une longue sieste. De temps à autre, le clic-clac des semelles d’un visiteur me fait ouvrir un œil, mais je me rendors vite.

 Marleen remarque que pour la sieste c’est moins cher qu’une chambre d’hôtel. 

Nous profitons d’être à Montmartre pour aller à la Halle Saint Pierre voir une exposition d’art brut intitulée « Turbulence dans les Balkans ».

Au rez-de-chaussée on peut découvrir une compilation de clip vidéo et d’objets insolites utilisés par les cinéastes surréalistes Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet.

Pour plus détails ouvrir: http://www.hallesaintpierre.org/2017/06/27/caro-jeunet/.   

Nous avons aussi été voir ‘l’Amour au Moyen Age’ à la Tour Jean sans Peur. 

Je vous en parlerai la prochaine fois.

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Paris 13a – 18 – 26 la vie du port de l’Arsenal et Fukami

La plupart des ports de plaisance sont infestés de moules. Je ne parle pas des mollusques, mais des bateaux amarrés qui ne quittent jamais leurs emplacements, comme des moules sur un brise-lame. Souvent négligés ou abandonnés par leurs propriétaires, ils rouillent et pourrissent, leur peinture se pèle, parfois ils prennent l’eau et penchent d’un côté, certains s’enfoncent jusqu’au plat-bord. Leurs amarres, vertes de mousse sont devenues rigides comme des câbles en acier. Enfin, depuis longtemps, ils ne démarrent plus, moteurs grippés et batteries mortes.

Au port de l’Arsenal, un règlement stricte oblige chaque propriétaire à quitter son amarrage par ses propres moyens, pour aller séjourner pendant au moins 3 semaines consécutives dans un autre port. Cette obligation s’applique chaque année en été. Les bateaux qui n’obéissent pas à la règle, sont expulsés du port et perdent leur anneau. 

Il n’y a pas de moules dans le port de l’Arsenal; je rêve que chaque port de plaisance suive cette exemple. En effet, les navigateurs comme nous ont souvent du mal, sur nos parcours, rivières ou canaux, à trouver un endroit d’amarrage pour passer la nuit dans les ports que nous croisons sur nos itinéraires.

Nous avons décidé de faire de cette année-ci, notre année d’un été à Paris. 

Comme vous avez pu lire dans mes billets précédents, la ville est une source inépuisable de richesses culturelles qui ne demandent qu’à être découvertes.

Au centre de la salle du sous-sol de l’hôtel Salomon de Rotschild, une montagne de mousse de savon éclairée de l’intérieur par des lampes bleues, font l’émerveillement des visiteurs et des guides. Il ne faut pas beaucoup d’imagination pour croire se trouver en face d’un animal vivant, long d’une trentaine de mètres, sur dix mètres de large et haut de 3 mètres. Une musique de fond crée l’ambiance et ci-et-la la masse bouge, la bête respire. 

Nous avons l’habitude, non seulement de saluer les gardiens de salle des musées mais aussi d’entamer avec eux, un dialogue qui généralement s’avère instructif.

C’est le cas ici, nous avons droit à des explications techniques et à des louanges pour Kohei Nawa, le sculpteur japonais qui a conçu la chose.

Fukami, une plongée dans l’esthétique japonaise nous conduit au 11, rue Berryer, à l’hôtel de Rotschild. Le plaisir est double, la beauté de l’hôtel néoclassique avec les collections du baron Salomon d’une part et les œuvres japonaises en contraste. À l’étage une vingtaine de gravures de Hokusai nous ravissent. 

En début de semaine j’ai eu le plaisir d’accompagner Béa pour sa transhumance annuelle de 21 jours, du port de l’Arsenal vers le port de Créteil. Elle conduit son bateau, le ‘Chantons sous la Pluie’, je l’amarre dans les deux écluses que nous franchissons ce matin, Saint-Maurice et Créteil. Une courte mais plaisante navigation. 

C’est la quatorzième année que nous séjournons au port de l’Arsenal en été. La durée de nos séjours varie de 2 semaines à 3 mois, comme cette année-ci. À notre demande, la capitainerie nous réserve un emplacement côté Boulevard Bourdon, entre la passerelle et l’écluse numéro 9, celle qui sépare le port de la Seine. Au fil des ans nous nous sommes lié d’amitiés avec de nombreux résidents permanents. On vit ici comme dans un village ouvert sur l’eau. Le BBQ du premier jeudi du mois, les échanges d’information sur Paris, l’assistance spontanée en cas de besoin, les bavardages sur tout et n’importe quoi, lorsqu’on croise quelqu’un sur le ponton ou  dans les douches communes. Enfin, l’aide au convoyage comme avec Carlos et Béa. 

En été il y a beaucoup de mouvement dans le bassin, les passants qui vont et qui viennent, les permanents qui quittent leur emplacement pour leurs 3 semaines et puis qui reviennent, heureux de retrouver Paris. 

Notre vie sociale est plus intense ici que pendant tous les mois d’hiver à terre. C’est une des raisons de notre choix de vivre la moitié de l’année ou presque, sur un bateau de 10 mètres de long.

Cette semaine nous avons également visité l’exposition « Parfums de Chine » au musée Cernushi et derrière le coin, près du parc Monceau, l’Hôtel/Musée de Nissim de Camondo.

Ce sera pour mon prochain billet.

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Paris 12 – 18 – 25 Louvre, Orsay, Calligraphie, L’Envol

Tout à coup, le son strident d’une sirène retentit dans le hall central, sous la pyramide de Pei. 

Nous faisons la file devant l’escalier mécanique de la section Sully, pour aller admirer les pastels du Louvre. 

Une voix féminine débite le message suivant: »Pour votre sécurité, veuillez quitter les lieux par la porte de sortie la plus proche. Si vous avez des bagages en consigne, vous pourrez les récupérer lorsque la situation sera normalisée ». Le message est répété en anglais et en espagnol. Les visiteurs ne s’en émeuvent pas, ils continuent à bavarder et à consulter l’écran de leur smartphone en sirotant une bouteille d’eau. Marleen s’adresse à trois guides temporaires en uniforme bleu pâle. « On ne sait rien, on n’a pas de walkies, » fait l’une d’elle, sans s’émouvoir outre mesure, « demandez au gardien » et elle pointe du doigt un guide en uniforme noir, képi vissé sur le crâne. Entre-temps, la sirène continue à retentir à intervalles réguliers, et le message est répété, en trois langues. 

Le gardien en képi secoue son walkie et dit à Marleen, en haussant les épaules, je ne sais rien, je n’ai pas reçu d’instructions. 

Personne ne fait mine de se précipiter vers les sorties, les bavardages, le pianotage des smartphones et les autres activités d’attente continuent en ignorance complète du message d’alerte qui continue à être débité, sirène à l’appui. Nous décidons d’ignorer les instructions et nous patientons dans la file d’attente. 

Soudainement, la sirène s’arrête et le message change. « Nous avons un problème technique avec les portes de sécurité, pour accéder à Sully, veuillez entrer par Richelieu et faire le tour par le deuxième étage. » En trois langues. La file de Sully se dissous et nous pénétrons dans la section payante par l’entrée Richelieu. Les haut-parleurs se sont tus.

Il est 10:00 ce jeudi matin, le19 juillet 2018. Dans l’exposition des pastels du Louvre, il y a les gardiens de salle et nous. 

Dans les autres départements et dans les couloirs et les escaliers du musée, la foule se presse comme en Gare du Nord pendant une grève. Tous veulent une photo de la Joconde, de la Victoire de Samothrace et du radeau de la Méduse. 

Plus tard, la tête remplie de la beauté des portraits, dans une autre section du musée, à la recherche de ses aquarelles, nous traversons l’exposition consacrée à Eugène Delacroix. On aime aussi beaucoup ses carnets de voyage. 

Mardi, muni d’un billet prépayé et coupe-file, il nous faut 25 minutes pour de franchir le contrôle de sécurité du musée d’Orsay. L’exposition qui nous intéresse est intitulée « En couleurs, la sculpture polychrome en France 1850-1910. Les sculptures n’ont pas toujours été blanches comme nous les connaissons. Déjà les Grecs et les Romains peignaient leurs œuvres dans des couleurs dignes de Disney World. Usés par le temps, les pigments disparurent et on ne conçoit plus les Apollons et autres Venus que blanches comme marbre. Sous le second empire, l’usage de la couleur s’affirme à nouveau. Pour plus de détails lire  http://www.musee-orsay.fr/fr/evenements/expositions/aux-musees/presentation-generale/article/en-couleurs-47134.html?cHash=9af96fcd75

À chaque visite du musée d’Orsay, je m’imagine ce bâtiment en gare ferroviaire. Dans ma tête, je visualise les locomotives fumantes, tractant des wagons ouverts entre les allées en marbre. Les messieurs en gibus et les dames en crinolines avec à leur côté une montagne de bagages et des porteurs en uniforme. 

Les Japonais ont le respect des anciens. À la Maison de la Culture du Japon, l’entrée est libre pour les personnes âgées de plus de 60 ans. À Paris et en France en général ce sont les jeunes qui bénéficient d’un tarif préférentiel, nous on paye le prix plein. Intéressante différence culturelle.

Nous parcourons les salles où sont exposés des calligraphies de Yu-Ichi Inoue. 

À l’entrée du musée, pour une caméra, un artiste fait une démonstration de l’art. Il distribue sa production, nous en recevons une fraîche, elle représente la « sérénité ». Pendant une heure, je me promène avec la feuille au vent, le temps que l’encre sèche. Barbares que nous sommes, nous préférons notre cadeau aux tableaux du maître Inoue. 

La galerie la Maison Rouge est située au 10 boulevard de la Bastille en face de la capitainerie. Le propriétaire, Antoine de Gilbert, a décidé qu’après 15 ans et 131 expositions, celle-ci serait la dernière. Elle s’intitule « L’envol ou le rêve de voler », le titre est approprié. 

On peut y voir en vrac, des œuvres d’art moderne, contemporain, brut et ethnographique. 

La galerie ouvrit ses portes au public en juin 2004. Le Chat Lune frappa ses amarres à l’Arsenal pour la première fois en juin 2005. Nous ne quittons pas encore Paris et nous comptons y revenir. 

Ce dimanche matin, le 22 juillet 2018, avec Geneviève, nous nous sommes rendus au 74 avenue Denfert-Rochereau, à une brocante organisée par les Grands Voisins. 

Je raconterai cela dans mon prochain billet.

 

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Paris 11 – 18 – 24 La Défense, les Impressionistes et Eugène Delacroix

Pascal Maitre est un photographe qui combine avec virtuosité le contraste entre la beauté de l’image et l’horreur du sujet. C’est Siggi qui me fait remarquer cette caractéristique du reporter français. Je vous livre ci-dessous une synthèse de la biographie de Pascal Maitre ainsi que le lien vers le blog de Siggi: http://siggigun.wordpress.com 

De l’énorme puits creusé à la main de la mine de saphir du Madagascar, aux mines de sel de l’Ethiopie, à l’extraction de l’or dans un nuage de poussière de l’épouvantable chaleur du Zaïre à la sécheresse du Sahel, les clichés aux couleurs violentes nous confrontent. 

Une photo publiée récemment par Pierre Cuzon sur Facebook illustre de manière plus explicite le contraste des conditions humaines sur notre planète. Voir ci-dessous.

On rêve un instant du bonheur que nous avons d’être nés ici, dans la deuxième partie du 20e siècle. 

Et dire que d’aucuns s’impatientent et râlent quand ils doivent faire la file pendant quelques minutes devant la caisse d’un Carrefour air conditionné pour payer leur bouteille de Laurent Perrier. 

 

Les photos de Pascal Maitre sont à admirer dans la salle d’exposition au sommet de la Grande Arche de la Défense.

L’accès du toit se fait par des ascenseurs jumelés. Ils sont reliés par leurs câbles, lorsque l’un monte, l’autre descend et inversement. Dans chaque cabine, à l’aide d’un walkie-talkie, un liftier communique l’action de l’engin avec son collègue de l’autre cabine. Nous sommes heureux de découvrir des opérateurs d’ascenseurs en uniforme, on les croyait les disparus avec les films américains des années 30.

Après l’exposition de photos et la vue panoramique de Paris nous parcourons l’esplanade de la Défense, de l’Arche au bassin Takis en suivant le parcours du voyage artistique « Les Extatiques ». Des huit installations nous retenons les bancs publics surdimensionnés de Lilian Bourgeat, le labyrinthe des tournesols de Fanny Bouyagui et les immeubles renversés de Leandro Erlich.

Le Petit Palais expose un centaines d’œuvres d’expressionnistes qui fuirent la guerre franco-allemande de 1870 et s’installèrent à Londres pendant des mois, voire des années. Ils furent poussés par les événements mais aussi par l’idée que le marché de l’art était plus porteur dans la riche capitale de l’Empire Britannique que dans Paris en ruine. 

Claude Monet disait de la vue de la Tamise, « C’est à devenir fou, tellement ça change ».

Le musée Eugène-Delacroix est installé dans la maison où l’artiste s’installa en décembre 1857 pour être près de l’église Saint-Sulpice dont il avait été chargé de décorer la chapelle. Nous partageons le sentiment du peintre qui remarquait que « Mon logement est décidément charmant, la vue de mon petit jardin et l’aspect riant de mon atelier me causent toujours un sentiment de plaisir ».

Nous déjeunons au restaurant YUSHI, pas très loin du musée, au 8, rue des Ciseaux. Recommandé par notre amie Zaza, le restaurants japonais sert des menus excellents à des prix raisonnables. Je note l’adresse.

Ce dimanche après-midi, le 15 juillet 2018, le soleil et les cris enthousiastes des fanas du foot sont bien présent sur la dunette du Chat Lune.

Ce matin, nous avons aidé Sylviane et Caroline à installer des chaises dans le local du yacht club. Un écran géant avec un rétroprojecteur complètent la salle de cinéma improvisée. De la dunette  on voit au travers des fenêtres, à chaque goal, les supporters bondir de joie et tournoyer les drapeaux bleu blanc rouge.

Le match terminé, la foule en liesse débarque dans les rues, les voitures klaxonnent, les sifflets sifflent, les pétards pètent. Quatre heures plus tard, il est 23 h à l’heure où j’écris ces mots, mon iPhone mesure toujours un niveau sonore moyen de 70 dB avec des pointes à 95 dB. Pour lire à l’aise, Marleen a mis des boules Quies. Pour dormir, on ferme les hublots de la cabine arrière, le sommeil vient vite.

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Paris 10 – 18 – 23 Study in Scarlet, Orangerie du Luxembourg, BBQ du Yacht Club de l’Arsenal

On peut lire dans le Guide des Spectacles, page 117, en bas à gauche, « Une exposition collective qui dépasse les structures normatives d’identités et de genres ». La curiosité nous pousse à aller voir ‘A Study in Scarlet’ à la galerie « Le Plateau », située au 22 rue des Alouettes à Belleville. Sur les murs blancs des salles, il y a des photos, des extraits de journaux encadrés et des clips vidéo ou la pornographie rejoint le voyeurisme. Rien de recherché, les clichés sont plus provocateurs qu’artistiques et les textes et les extraits de journaux sont très sérieux. 

Interrogatifs, nous parcourons l’exposition sans mieux comprendre l’encadré du guide des spectacles. 

Assis sur un cube en plastique rembourré, une dame un peu potelée, d’un âge moyen, l’air attentif, les écouteurs bien calés sur les oreilles, passe en revue les films projetés sur le petit écran cathodique de quelques anciens postes de télévision. Elle a l’air de comprendre le bien fondé de la manifestation mais nous n’osons pas interrompre sa concentration pour l’interroger. Le guide nous remet deux brochures en noir et blanc, grandeur journal avec des textes et des photos. 

À la sortie, on passe devant un garagiste et je bois un café au zinc de la brasserie Le Lescot pendant que Marleen pousse la porte de l’église Saint-Jean Baptiste de Belleville en face. Ensuite nous descendons la rue Fessart vers le parc des Buttes Chaumont. Nous le traversons par l’avenue du Général argentin José de San Martin, un des héros des guerres d’indépendance sud-américaine au côté de Simon Bolivar. Plus loin, sur l’avenue Sécrétan on croise la station de métro du même nom avant de prendre la ligne 5 à Jaurès, vers le quai de la Râpée; retour au Chat Lune.

Une des choses que j’aime à Paris, après le café à 1€20 pris au zincs des brasseries au fil de nos promenades, ce sont les jolies filles que nous croisons dans les métros. Il m’arrive de sortir subrepticement mon iPhone pour croquer une de ces demoiselles. Généralement elles ne remarquent rien, car elles aussi travaillent du smartphone.

L’orangerie du Sénat au Jardin du Luxembourg organise des expositions à entrée libre. Sous le titre « Mirages » une dizaine d’artistes exposent peintures, sculptures et photographies, du 29 juin au 10 juillet. C’est de l’art contemporain abstrait que nous aimons mieux que le « Study in Scarlet ».

Chaque premier jeudi du mois, le Yacht Club de Paris Arsenal organise un BBQ pour les plaisanciers. Cette fois-ci, en honneur des nombreux américains de passage ou qui vivent ici en permanence, le commodore décide de fêter avec un jour de retard, le 4 juillet, la fête nationale des Etats-Unis. C’est la commémoration de la Déclaration d’indépendance vis-à-vis du Royaume de Grande-Bretagne, un Brexit à l’envers. 

Nous nous pointons à l’ouverture de la manifestation, je bavarde avec le cuisinier et vite fait, bien fait, me voilà embauché comme adjoint à la cuisson du bacon et des hamburgers. La capitainerie a acquis un friteuse à deux bacs, le menu, toujours en honneur des américains s’inscrit: hamburger frites, suivi au choix, de brownies ou d’un quartier de cheese-cake. Un verre de vin ou un coca est inclus dans le forfait de 10€. Marleen s’est jointe à Anna pour la distribution des desserts, l’équipage du Chat Lune travaille ce soir.

Un orchestre de jazz anime la soirée, 120 repas sont servis, le yacht club est content et les participants sont ravis du bon repas et de l’ambiance joyeuse et conviviale.

Vendredi soir, notre fille Olivia nous rejoint pour le week-end. On alterne les promenades le long de la Seine, les brocantes, les soldes dans le Marais et un repas chinois avec nos amis Qing et Fabien dans l’excellent restaurant cantonais le « Sinorama » 23, rue du Docteur Magnan, dans le 13e. 

Les journées sont chaudes. Heureusement, le soir, un vent frais souffle sur le bassin de l’Arsenal. Installés sur la dunette, nous avons sortis nos lampes de lecture mobiles pour bouquiner jusque tard dans la soirée. Le port doit être un des endroits les plus agréables pour vivre l’été à Paris.

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Paris 9 – 18 – 22 – Le Shivas et l’Art Contemporain

Le yacht Shivas est un Super Riviera construit pour Sophia Loren en 1963 par les chantiers Chiavari en Italie.

L’Axe Majeur est une œuvre monumentale conçue par le sculpteur Dani Karavan. Inscrite dans une boucle de l’Oise, elle est située à Cergy dans le Val-d’Oise. Sa mise en œuvre débuta en 1980.   

Ces deux réalisations et les aquarelles que j’en ai peint, s’inscrivent dans la définition d’art contemporain. 

En effet, l’art contemporain se définit comme étant l’ensemble des œuvres produites depuis 1945 à nos jours, quels qu’en soient le style et la pratique esthétique. Il succède à l’art moderne, de  1850 à 1945. 

Si je reparle du Shivas dans le présent billet, c’est que David, son skipper, nous a invité vendredi après-midi à le joindre pour une mini croisière. Avant d’embarquer ses passagers au pont Alexandre III, il nous offre de remonter la Seine jusqu’à la grande Bibliothèque pour ensuite descendre le fleuve jusqu’au pont. En charge du bateau depuis 23 ans, David, pour l’avoir vécue, en connaît l’histoire mouvementée. Il se fait un plaisir de la partager avec nous. 

Le site suivant découvre une partie du voile: https://noctis-collection.com/location/louer-le-shivas-salle-evenementielle-paris/

Un autre indication est que le nom du yacht est inspiré par la déesse Indienne Shiva. Certaines caractéristiques attribuées à la divinité se retrouvent dans l’histoire du bateau. 

La traversée de Paris, assis confortablement sur le pont avant en teck d’un yacht de luxe est un plaisir que je recommande.

Le RER A3 nous conduit à la gare de Cergy Saint-Christophe à 200m de la station # 1 de l’œuvre de Dani Karavan. 

L’ensemble est construit en deux étapes, la première dans les années 1980 lors du développement de la ville nouvelle de Cergy-Pontoise, la seconde dans le milieu des années 2000, après la création de la communauté d’agglomération.

L’ensemble comprend 12 stations aux noms ronflants dont vous trouverez l’explications sur le site suivant: 

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Axe_majeur

C’est principalement la perspective spectaculaire de l’esplanade, les volées d’escaliers qui descendent vers la rivière et la passerelle rouge qui enjambe l’Oise qui frappent notre imagination.

Ce mardi matin du 26 juin il n’y a pas grand monde pour admirer l’œuvre de Dani Karavan. Nous pique-niquons sur les berges de l’Oise avec vue sur la ligne rouge et nous apprécions le calme bucolique de l’endroit. Un pousseur passe, trahit par le sourd grondement de son diesel, on l’avait entendu venir de loin. Je rêve un instant de reprendre la navigation, mais le charme de notre séjour à Paris nous retient encore au port de l’Arsenal.

Toujours l’art contemporain:

Lundi à la place Saint-Sulpice, la foire d’Art Contemporain et Street Art. 

Mercredi, au Cabinet des Dessins de Jean Bonna, au Beaux-Arts de Paris, 14, rue Bonaparte, « l’œuvre dessinée de Richard Deacon » ce sont essentiellement des esquisses de ses futures sculptures. 

Dans les mêmes bâtiments, les élèves des ateliers de l’école préparent l’exposition portes ouvertes qui aura lieu du jeudi au samedi de cette semaine. Plusieurs stands sont terminés, nous parcourons les lieux.

Comme toujours en art contemporain, il y a « à boire et à manger ». Par exemple, le remarquable ensemble de dessins, montages et photos de Haeij Lim côtoie les poupées barbie collées sur un vieux globe terrestre, pas de commentaires.

Vendredi nous chinons dans la brocante de printemps du marché des Enfants Rouges, près du carré du Temple dans le 3-ieme. C’est une brocante « trois étoiles », qui se termine dimanche soir.

Notre plaisir n’est pas seulement d’aller à la recherche d’objets insolites mais aussi de bavarder avec les vendeurs. Ainsi, je passe un bon moment à échanger plaisanteries et informations avec une jeune femme qui a étalé quelques bricoles sur une petite table. Pour 1 € je lui achète un porte plume en bois avec une plume en acier. Elle dessine et m’explique qu’elle ne va plus chez Sennelier, mais que pour ses papiers et ses plumes elle connaît un petit magasin tenu par des Italiens, pas loin de Saint-Paul. 

Samedi nous sommes invités à Versailles chez des amis qui pendant dix ans ont habités le port de l’Arsenal à bord du Delfin, un Pedro Bora. Le hasard veut qu’à l’heure actuelle, leur ancien bateau est amarrés à côté de nous, son nouveau propriétaire s’appelle Valérie.

Au Blé Noir rue de Satory, on mange des crêpes au sarrasin, ensuite on contourne à pied le potager du Roy. 

La semaine ce termine ce dimanche matin par un Circul’livre au 2, rue Louis Pasteur. Nous revenons avec plus de volumes que nous avons rendu, la bibliothèque du Chat Lune déborde. 

 

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Paris 8 – 18 – 21 Jean-Jacques Henner, Vaux-Le-Vicomte, le gnomon et les OFNI’s

Souvent, à Paris en fin de semaine, le peuple français vénère ses Dieux. On y voit passer de long cortèges de croyants qui en cadence, crient et hurlent leurs dévotions. Ils brandissent des pancartes sur lesquels je devine des incantations diverses. Ils sont accompagnés et protégés par leurs soldats. Ceux-ci, vêtus de noirs, sont casqués et armés de longues massues. Leur torse est protégé par un bouclier transparent et ils rythment les prières des dévots par de longs coups de sifflet. 

Voilà ce que j’écrirais dans mon carnet de note, place de la Bastille, si j’étais un anthropologue fraîchement débarqué d’une planète étrangère.

Mais Paris serait triste, sans les manifs.

Ce dimanche, dans le port de l’Arsenal, une manifestation différente met en joie les plaisanciers et les badauds. Comme tous les ans, le Yacht Club organise la course des OFNI’s, Objets Flottants Non Identifiés. Les amateurs sont invités à construire des « bateaux » avec tout ce que leur imagination leur fournit comme objets et idées flottantes. La course a lieu sur un plan d’eau balisé près de la Bastille. Trois manches déterminent l’engin qui n’a pas coulé et qui a le premier à franchi la centaine de mètres du parcours.

Le groupe de percussion Drumbata, une dizaine de jeunes filles armées de tambours et de grosses caisses, anime la fête. Le soleil brille, le rosé est frappé, on rigole, on applaudit et on encourage les concurrents, l’été est fête à l’Arsenal.

La semaine passée nous avons découvert le musée Jean-Jacques Henner, situé dans un hôtel particulier du XIXe siècle, au 43 avenue de Villiers. Aux tableaux du maître, nous préférons les œuvres d’Eugenie Alméras, une jeune artiste qui pour ce faire, a vécu quelques mois dans l’atelier qui surplombe le jardin d’hiver de la maison. Elle a choisi d’exposer ses tableaux et dessins entre les peintures de Henner, les uns rappelant les autres.

Lorsqu’il s’invita chez Nicolas Fouquet à une fête au château de Vaux-le-Vicomte, Louis XIV a déjà condamné Nicolas Fouquet. Cette nuit-là, manipulé par Colbert, le Roi a déjà décidé de jeter Fouquet en prison.

Aussi, après la visite des lieux et du parc, le repas préparé par Vatel, la représentation théâtrale de Molière, les feux d’artifice, le Roi décline l’invitation de passer la nuit dans la suite royale que le Vicomte a préparé pour lui et il retourne à Fontainebleau. Trois semaines plus tard, d’Artagnan et ses mousquetaires arrêtent le Surintendant des Finances à Nancy. Faussement accusé par Colbert de s’être enrichi au dépend du royaume, le tribunal le condamne au bannissement mais le Roi commute la peine en une réclusion à perpétuité. Nicolas Fouquet est emprisonné dans la forteresse de Pignerol dans les Hautes Alpes où il meurt 20 ans plus tard, âgé de 65 ans.

Au fil des années qui suivent son emprisonnement, le château est vidé des œuvres d’art du Vicomte. Il change quelque fois de propriétaire. 

Le 15 juin 1875 le richissime raffineur de sucre et amateur d’art Alfred Sommier achète le château  et décide de le rénover pour préserver cette « œuvre d’art globale ». 

Aujourd’hui, restauré et meublé, le domaine est toujours entre les mains de la cinquième génération de la famille.

La société de gestion occupe 70 employés, le chiffre d’affaire annuel est de 8 mio € et le château reçoit 300.000 visiteurs par an, dont Marleen, Geneviève et moi, ce mercredi après-midi.

Pour plus de détails, prenez le train P à la Gare de l’Est jusque Verneuil l’Étang où une navette vous conduira jusqu’aux grilles du Château de Vaux-le-Vicomte. 

Le 21 juin 2018 à midi GMT, soit à 13:52 heure de Paris, le soleil est à son zénith et un rayon pénètre par une loupe fixée dans un des vitraux sud de l’église Saint-Sulpice. La tache de lumière elliptique ainsi crée, frappe le centre de la plaque carrée en marbre indiquant le solstice d’été. 

C’est ce que nous venions admirer.

Arrivés sur place un quart d’heure avant l’événement, un guide de passage nous signale que lors de la réfection récente du vitrail, la loupe a été obstruée par une planchette et que cet été, le rayon du soleil ne pénétrera pas dans l’église.

La déception est grande mais cela nous donne une raison de revenir à Paris en juin 2019.

Le soir du même jour, le monde fête la musique. C’est 1976 que le musicien américain Joël Cohen, qui a l’époque travaillait pour France Musique, lança l’idée de célébrer les solstices en musique. L’idée fut reprise par Jack Lang et à l’heure actuelle cette fête s’est entièrement mondialisée.

Dans Paris, des centaines d’orchestres, des DJ et des chorales diverses se produisent en rue et en salle.

En rue, j’ai l’impression de parcourir la fête des décibels. 

Au port de l’Arsenal, le DJ de la place de la Bastille et celui du Pont Morland se font une concurrence, on entend l’un ou l’autre selon que nous ouvrons les hublots bâbord ou tribord du Chat Lune.

Marleen choisit d’aller au Parvis du Mémorial de la Shoah, écouter de la musique Kletzmer.

Je flâne dans le marais, d’un orchestre et d’un DJ à l’autre. L’utilisation intempestive d’une amplification trop forte me gêne. Dû à l’âge, j’ai une légère perte auditive aux deux oreilles, je me fais la réflexion que je devrais me réjouir des volumes élevés.

Marjan et Will, nos amis Hollandais sont arrivés au port de l’Arsenal mardi avec leur bateau, le Geertruida. Nous nous faisons un plaisir de leur faire découvrir Paris.

La semaine prochaine, nous allons voir l’axe majeur. 

 

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Paris 7 – 18 – 20 Seabin, Petrus III, Shivas er Senang, Peyo, Fujifilm et les brocantes

Olivier, le capitaine en chef du port et Brice un de ses adjoints, déballent un objet qui attise ma curiosité. Dans le carton, je vois un cylindre conique en plastique noir qui fait environ 1 mètre de haut sur 80 cm de diamètre, quelques pièces métalliques et des tuyaux. 

C’est un Seabin, m’explique Olivier, une invention australienne destinée à récupérer les crasses qui traînent dans l’eau du port. Le principe est simple, l’objet est immergé, une pompe aspire l’eau qui pénètre en surface dans la bouche ouverte de l’engin et les bouteilles en plastique et autres impuretés flottantes sont récupérées dans un filet.

Testé pendant un an dans le port de la Grande-Motte dans le Sud de la France, adopté à Toulon et Marseille, le port de l’Arsenal va en installer cinq.

Le port est toujours en mouvement, c’est un des plaisirs d’y vivre. Le Chat Lune bouge en permanence. Le passage des bateaux et le vent qui s’engouffre dans le bassin, le fait osciller gentiment. C’est une des choses qui nous manque lorsque nous redevenons terriens en fin de saison. 

Nous reconnaissons certains bateaux au bruit que font leurs moteurs, et aux commentaires des guides des bateaux mouches. « Nous allons maintenant franchir l’écluse numéro 9 qui sépare le canal Saint-Martin de la Seine », ou encore, « La colonne de juillet est en bronze, elle est haute de plus de 50 mètres et elle pèse 160 tonnes. »

Amarrés dans le port, le Petrus III et le Shivas proposent des promenades en Seine, des soirées et des déjeuners de luxe. Pour le plaisir de notre vue de la dunette, le Petrus III est à quai en face de nous. Le Shivas a son emplacement à l’autre bout du port, près de la Bastille. Avant de venir à Paris, le Shivas eu Sophia Loren comme premier armateur. Elle l’utilisait pour  naviguer sur le lac de Côme de 1963 à 1978. Ses moteurs ont un bruit sourd très caractéristique, on l’entend venir de l’autre  bout de la darse. Souvent le soir tard, presqu’endormis, le ronronnement de ses diesels nous berce lorsque le yacht passe derrière nous pour aller rejoindre son attache, après avoir véhiculé des touristes pour une tournée nocturne en Seine.Amarré à notre tribord, le Senang, une belle vedette hollandaise, offre les mêmes services. Le bateau est plus petit que ses grandes sœurs, mais il a le charme d’un vrai bateau solide et Thomas, le propriétaire et capitaine est très sympathique.  Voir www.unbateauaparis.fr

Cette semaine, je retiens deux expositions qui valent le détour. 

Le Centre Wallonie-Bruxelles, situé en face de l’esplanade du musée Beaubourg, commémore Pierre Culliford, alias Peyo. Le dessinateur, né à Bruxelles en juin 1928 est, comme tout le monde le sait, le père des schtroumpfs, de Benoit Brise-fer et de Johan et Pirlouit. Son nom de plume vient d’un de ses cousins qui n’arrivant pas à prononcer le ‘r’, disait Pe-yo. 

En plus des nombreuses planches, le Centre projette un film bien fait, réalisé en 2011, qui retrace la vie de l’artiste. Ponctué des témoignages de son épouse, de ses enfants et de ses proches collaborateurs, le document éveille notre mémoire. Cet hiver, on sortira de notre bibliothèque de BD, les albums de Peyo.

Au 116, rue de Turenne, la Galerie Joseph en collaboration avec Fujifilm, présente les œuvres de 16 photographes sous le titre Magnum Photos Home. Nous sommes plus impressionnés par l’architecture de la galerie que par les œuvres exposées. J’en livre quelques unes ci-dessous.

Comme de coutume, pour clôturer cette semaine, nous avons été chiner dans deux brocantes/vides-greniers. Samedi, tout au long de l’allée centrale de l’avenue de Flandre, dans le 19e, de Stalingrad à Corentin Cariou, des centaines de vendeurs proposaient, étalés sur des toiles en plastic à même le sol, des bricoles dont on se passe et des objets neufs, fabriqués en Asie, ou ‘tombés d’un camion’.

Beaucoup plus intéressant était dimanche, le vide grenier de la Butte aux Cailles dans le 13e.

Marleen revient au bateau avec un joyeux Bouddha doré qui, trop grand pour le Chat Lune, viendra compléter sa collection à la maison. Le soleil réchauffe les cœurs, les bistros et les restaurants, terrasses en rue, font de bonnes affaires, les vendeurs sont souriants, le marchandage se fait dans la bonne humeur. 

Je m’amuse à pendre les bateaux du port, hors de leur contexte.

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Paris 6 – 18 – 19 – Le Sungai, la Machine de Morel et Une Année Polaire

Ce dimanche matin, Carlos quitte le port de l’Arsenal pour aller amarrer le Sungai au port de la Villette. Les bateaux résidents à l’Arsenal doivent chaque année en été, obligatoirement quitter le port pour une durée de trois semaines. Cela évite d’avoir ici des embarcations incapables de naviguer et en plus, cela crée des places d’amarrage pour les bateaux passants.

Le port de la Villette est localisé dans le 19e arrondissement, sur le canal Saint-Martin, à 5 km au nord du port de l’Arsenal. Le trajet entre l’Arsenal et le bassin de la Villette nécessite la traversée d’un tunnel de 2 km de long, situé sous le boulevard Richard le Noir et ensuite, le franchissement de 9 écluses. 

Carlos, qui ne navigue pas souvent, m’a demandé de l’accompagner. Son amie Qing complète l’équipage. 

Après vingt minutes de navigation, un peu avant la fin du tunnel, le moteur du Sungai rend l’âme. Sur sa lancée, nous amarrons le bateau au quai, la première écluse est à 50 mètres, à la sortie de la voûte. 

En accord avec les éclusiers, Carlos et moi halons le bateau et, à la joie des passants, les smartphones nous prennent en photo, nous franchissons les deux écluses et nous amarrons le bateau au quai de Jemmapes.

Georges, un ami Canadien, habitant du port et mécanicien hors pair, nous rejoint, il identifie la rupture du joint de culasse du vieux diesel. 

La croisière se termine au point de départ. Sacha, le capitaine de garde du port de l’Arsenal, vient nous chercher avec un canot moteur et il remorque le Sungai vers son emplacement d’origine. 

Notre ami Carlos devra reprogrammer sa transhumance vers la Villette, une fois la réparation faite. 

« Qu’avons nous fait la semaine dernière? » est la question que je me pose lorsque j’ouvre l’application « Pages » pour écrire mon billet hebdomadaire. 

Comme aide-mémoire, j’inscris chaque jour, sur la page droite du livre de bord du Chat Lune, les événements de la journée. La page de gauche sert aux illustrations. Voir ci-dessous un exemple. 

Les billets que je publie sur mon blog me permettent aussi de garder des photos. 

Tous les six mois, je crée un livre. J’utilise pour cela un programme intitulé Blogbooker. Voir www.blogbooker.com 

L’utilisation est gratuite mais moyennant une vingtaine d’euros par an, le système permet l’impression de photos en haute résolution. J’ai commencé à publier mon blog en 2010. Depuis lors, nous avons une quinzaine de livres dans notre bibliothèque, pour les vieux jours, lorsque nous ne bougerons plus que dans notre tête. 

La semaine dernière, j’ai fait un aller retour à la maison en OUIBUS. Pour peu d’argent et si, comme nous, vous avez le temps, c’est une façon agréable de se déplacer. 

À Paris, et au port de l’Arsenal, les journées filent. Ça se confirme, plus on s’amuse, plus le temps semble court. Des savants se sont penchés sur le phénomène. Einstein disait, une heure à côté d’une jolie fille semble durer une minute, une minute assis sur un poêle brûlant semble durer une heure.

Marleen est retournée voir un spectacle au Clan Destino. Le Zèbre à Pois De Diego Stirman avec son acolyte, Nino Montalto est un spectacle clownesque et poétique dans la tradition du cirque et du music hall. Malheureusement les deux compères ont pris de l’âge et la salle ne marche pas avec l’enthousiasme que nous connaissons des autres spectacles de Diego Stirman.

Marleen profite de notre séjour à Paris pour voir des films français qui ne font jamais l’affiche chez nous. « Je vais mieux » de Jean-Pierre Améris et « Demi-sœurs » de Saphia Azzedine en font partie.

Nous découvrons une exposition insolite à la Maison de l’Amérique Latine, « La Machine de Morel ». 

La brochure dit:

« À partir du roman L’Invention de Morel de l’écrivain argentin Adolfo Bioy Casares (1914-1999), ami et compagnon de lettres de Jorge Luis Borges. En réunissant des œuvres de toute nature – photographies, installations, vidéo-projections, hologrammes, œuvres cinétiques ou encore bande-dessinée… – de quinze artistes* venus de différentes parties du monde, celle-ci met en lumière l’influence majeure qu’exerça ce roman d’anticipation sur plusieurs générations de créateurs. »

La maison possède un beau jardin urbain dont la ville est riche. On s’y engage mais la guide nous retient car il a été loué pour une fête privée et l’accès est réservé aux invités. 

Samedi nous allons chiner dans la grande brocante du boulevard Richard le Noir. 

Marleen achète une veste de Kimono rouge à Ryohei Tamura, un japonais spécialisé dans la chose. Plus loin elle brocante un petit Bouddha en porcelaine. Le vendeur trouve Marleen sympathique, elle a droit à deux bises. 

Je négocie mais je n’achète pas une boussole de visée en aluminium des années 30, affirme le vendeur. Plus loin je laisse de côté une boîte à aquarelles en métal. Elle contient une vingtaine de petits tubes, non entamés et le couvercle se déplie pour former une palette. 

22€ me fait la dame, je dis 15€. Non, dit-elle, 20€, tous les tubes y sont encore. Oui, mais desséchés et inutilisables, fais-je. Offusquée, elle me dit, mais c’est antique. N’importe quoi. 

Le même jour, en fin d’après-midi nous allons visiter la Nef du Grand Palais, ouverte gratuitement au public, avant les travaux de rénovations. 

Cette semaine, nous avons aussi beaucoup aimé le film « Une année Polaire ».

C’est l’histoire du jeune instituteur Anders qui choisit de partir enseigner au Groenland, à Tiniteqilaaq, un hameau inuit de 80 habitants. Pour s’intégrer, loin des repères de son Danemark natal, il va devoir apprendre à connaître cette communauté et ses coutumes. C’est un mélange de documentaire et de récit réel, les dialogues sont réduit au minimum nécessaire, les images époustouflantes. 

 

 

 

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Paris 5 – 18 – 18 Les Gnomons, la Chapelle Saint-Vincent de Paul, et Le OUIBUS

Il fait chaud ce matin à la gare de Paris Bercy. J’embarque dans le OUIBUS qui pour 15€, va me conduire à Bruxelles. À cause des grèves perlées, je n’ai pas pris le risque de réserver un Thalys. Les voyageurs sont essentiellement des jeunes en route vers Amsterdam, la destination finale du bus. Une famille d’africaine, père, mère et trois enfants ont également pris place à bord. Le siège que l’app m’a attribuée est occupée par un jeune originaire de l’Inde. On discute, le conducteur, un marrant, me donne une autre place, celle à côté de l’indien agressif. « Je ne vous parlerai pas pendant le trajet » me fait-il. Je lui demande si tous ses compatriotes sont aussi désagréables ou s’il fait l’exception. 

Au démarrage, le chauffeur donne des instructions en français, tel que « attachez votre ceinture, ne pas fumer, les toilettes sont au centre ».  

Lorsqu’il a terminé, il me fait un clin d’œil et ajoute, en anglais « welcome ». En me regardant, goguenard, « y parlent pas français, moi, je ne parle pas anglais » rajoute-t-il en prenant le volant de son car.

Toujours en français, après le démarrage, un clip vidéo répète les mêmes instructions, le commentateur termine, « en cas de problèmes, consulter les capitaines ». « Si il a une jambe de bois et un œil de verre, ce n’est pas un capitaine. »rajoute-t-il, OUIBUS, est en mode rigolo.

La semaine dernière était faite de promenades, explorations urbaines, brocantes et cinémas.

Ainsi, au 95, rue de Sèvres dans le 7e, le plafond de la chapelle de Saint-Vincent de Paul est une merveille. Nous l’admirons discrètement car un public composés de jeunes enfants, accompagnés de leurs mères, écoutent une conférence donnée par un futur jeune prêtre. La présentation se termine par des chants joyeux. Marleen reconnaît une des chansons et se joint à eux.

La restauration des maçonneries, sculptures, ouvrages métalliques et protections en plomb des façades de l’église Saint-Eustache vient de se terminer. Les vitraux ont été nettoyés et les deux cadrans solaires restitués. L’opération a duré 2 ans. 

Nous constatons que le gnomon situé à gauche du portail sud a été remplacé par un disque troué. Au lieu d’une ligne d’ombre, l’heure est indiquée par une tache solaire circulaire, voir ci-dessous la situation ancienne et nouvelle.

En face de l’église Saint-Sulpice, se tient le Salon de la Photographie Contemporaine. 

L’église comporte un gnomon érigé au XVIII siècle et rendu célèbre par Dan Brown. 

Le gnomon est la tige qui projette son ombre sur un cadran solaire. Le terme vient du grec signifiant « celui qui sait ».

Celui de Saint-Sulpice est un peu plus sophistiqué. Il a été élevé au départ pour déterminer la date de fête de Pâques. Dans le transept de l’église se trouve un obélisque de 10 m de haut, au pied duquel part une méridienne.

Lorsque les rayons du soleil traversent la lentille placée dans le vitrail qui fait face à l’obélisque, un rond de lumière se forme au sol. Aux équinoxes, le rayons frappent le sol à des endroits symbolisés par une plaque en cuivre et une plaque en marbre sertie dans le sol.

Voir le lien ci-dessous pour plus de détails.

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Gnomon_de_l%27église_Saint-Sulpice

Vendredi nous chinons au Salon des Antiquaires et d’Art Contemporain au Parc Monceau et samedi à une brocante scolaire rue Bignon, à l’arrière de la marie du 12 ieme.

J’ai fait quelques cartes postales et 3 vues du port de l’Arsenal

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