Fragnes, Chalon-sur-Saône, l’écluse cassée et Verdun-sur-le-Doubs

Nous allons à Fragnes pour y rejoindre Bill et Genevieve sur leur River Pipit. J’engage le Chat Lune dans le Canal du Centre; l’écluse qui sépare le canal de la Saône à une chute de 10,50 m, les portes aval sont fermées, aucune signalisation ne permet de savoir si elles vont s’ouvrir.

À la jumelle j’aperçois sur le quai trois employés des VNF qui s’affairent au dessus d’un ensemble mécanique. Parfois ils se redressent et on les voit engagés dans une conversation gestuelle de techniciens. Soudain, l’un d’eux part chercher un outil dans la camionnette blanche qui se trouve parquée à quelques mètres d’eux et ils se réactivent sur la mécanique. Au pied de la porte aval l’eau bouillonne un instant et puis s’arrête.
Enfin, celui qui porte la chemise bleue nous aperçoit et fait signe de nous approcher, j’amarre le bateau au ponton au bas de l’écluse et je monte à sa rencontre. Il s’avère qu’une vantelle de la porte aval ne ferme plus, « Je vous conseille d’aller à Chalon, la réparation risque de prendre un certain temps », me conseille le gars.

Amarrés à Chalon, j’appelle VNF et après 4 communications téléphoniques infructueuses, j’ai enfin un ingénieur en ligne qui me confirme que le bassin doit être batardé pour pouvoir effectuer la réparation. Pour le lecteur que cela intéresse, j’ai documenté sur mon blog anglais la réparation des vantelles de l’écluse du port de l’Arsenal en septembre dernier. Voir http://mooncatblog.wordpress.com

Le jour suivant, le samedi, nos amis viennent nous rejoindre en bus, la capitainerie de Fragnes leur à réservé un transport public du port vers la place du Palais de Justice à Châlons. Nous passons une très agréable journée ensemble. Idéalement, nous aurions aimé être amarrés pendant quelques jours près du River Pipit à Fragnes.
Au dernières nouvelles, l’écluse ne sera réouverte que jeudi et nous avons envie de poursuivre notre chemin avant cette date. On reverra Bill et Genevieve à Paris en septembre.

Nous découvrons avec plaisir, le hasard fait bien les choses, qu’une visite guidée du Centre Hospitalier Saint-Laurent de Chalon à lieu ce dimanche 29 juin à 17:00. L’hôpital est hors service mais un certain nombre de locaux de l’ancien Hôtel Dieu sont ouverts au public à condition d’être accompagné par Françoise et Marie-Annick. Tout au long du parcours nous assistons à un amusant petit dialogue entre-elles de ‘qui en sait le plus à quel sujet’. Elles nous montrent les appartements des religieuses, la chambre-bureau de la Maîtresse, c’est le nom que porte la mère supérieure des Marthes, la chambre de malade et la petite chapelle privée des sœurs. On aime la petite statuette de Sainte Marthe avec le Tarasque dompté à ses pieds.
Elles nous ouvrent ensuite la salle des étains avec le vaisselier bien rempli et le réfectoire des sœurs au milieu de laquelle trône une table de 2m sur 8m dont le dessus est en parquet Versailles.
En fin de circuit, Françoise nous ouvre la Pharmacie, anciennement nommée l’apothicairerie. Fièrement elle fait l’éloge du grand mortier en fonte qui comporte encore son couvercle, chose rare, précise-t-elle.

Lundi nous quittons Chalon pour Verdun-sur-le-Doubs. Comme sur la Seille, l’amarrage se fait cul à quai. La capitainerie est à la fois un snack-bar, un petit magasin de vêtements marins, on y trouve aussi les sanitaires et les douches, la machine à laver le linge, le séchoir et le syndicat d’initiative.
Le capitaine du port nous explique que la ville offre toutes les facilités, trois boulangeries, deux bouchers, un supermarché, une église, une mairie, la poste, deux banques, la presse et le marché le jeudi, des cafés, des restaurants et un camping.
Anciennement la ville était réputée pour ses tuileries. Les habitants les utilisaient même pour consolider les murs d’enceintes de leurs jardins.

À la tombée du jour, deux pêcheurs sortent de la rivière un poisson-chat d’un mètre de long qui doit peser dans les quarante kilos. L’animal a droit à un reportage photographique avant de rejoindre son élément naturel.

Demain nous allons à Seurre, la ville possède un Hôtel Dieu.

20140702-103639-38199663.jpg

20140702-103710-38230760.jpg

20140702-103710-38230704.jpg

20140702-103743-38263405.jpg

20140702-103743-38263329.jpg

20140702-103831-38311672.jpg

20140702-103830-38310937.jpg

20140702-104030-38430242.jpg

20140702-104029-38429416.jpg

20140702-104109-38469498.jpg

20140702-104110-38470257.jpg

20140702-104140-38500711.jpg

20140702-104141-38501371.jpg

20140702-104257-38577248.jpg

20140702-104256-38576590.jpg

20140702-104410-38650625.jpg

20140702-104409-38649969.jpg

20140702-104457-38697485.jpg

20140702-104602-38762830.jpg

20140702-104624-38784819.jpg

Publié dans église, Château, Exploration, Exposition, Linssen Dutch Sturdy 320, Musées, Navigation | Tagué , , , , , , | 2 commentaires

Le Marché de Louhans, rien que des photos

This gallery contains 22 photos.

More Galleries | Laisser un commentaire

Louhans, le marché du lundi, Cuisery et Tournus

Nous sommes à Tournus, le ‘s’ ne se prononce pas, on dit donc ‘Tournu’.
Lundi dernier nous n’avons pas été déçus par le marché de Louhans, et pourtant nous avons acheté ni poussins, ni canards, ni oies, ni chiens Bernois, un éleveur proposait une belle nichée, rien qu’un saucisson de porc et un morceau de Beaufort.

À midi dans la Grande Rue, au Bouchon de Louhans, nous avons dégusté une succulente cassolette de tête de veau. Le restaurant est neuf, le décor moderne essentiellement rouge et noir, le service est efficace, le plat express est à 10€ avec un supplément de 2€ pour la tête de veau, la spécialité du coin. À 11:30 nous avions réservé la dernière table disponible.

Mardi matin à l’aube nous descendons la rivière jusque Cuisery. Il fait frais, la lumière est belle, une légère brume flotte sur l’eau, on se croit en automne, nous sommes seuls, les rives boisées font parfois penser à l’Amazonie, sans les indiens en pirogue. C’est un des grands plaisir de la navigation fluviale.
Un avis à la batellerie que j’avais lu la veille, mentionne le chômage d’une journée de l’écluse zéro, celle qui mène à la Saône au bout de la Seille. Il s’avère plus tard que les techniciens n’ont pas réussi à réparer la vantelle cassée de la porte amont et que le trafic à été rétabli vers midi.

Cuisery est une halte plaisante, l’infrastructure du port vient d’être refaite, les sanitaires et les douches sont neufs et une petite piscine permet aux plaisanciers de se rafraîchir.
Lors de notre arrêt il y’a quelques jours en remontant vers Louhans, nous avions repéré une biscuiterie, notre ami Xavier, un autre nomade du fleuve, nous en avait vanté les mérites.
Il s’avère que le jeune artisan s’est tué en voiture l’été dernier, triste nouvelle. Son père, le propriétaire actuel de l’usine et de la cafétéria cherche un amateur pour reprendre l’affaire.

À l’aube du mercredi 25 Juin, nous quittons Cuisery et vingt kilomètres et deux écluses plus tard nous frappons nos amarres au pontons flottants de Tournus.

La ville nous enchante immédiatement, d’autant qu’elle a un Hôtel Dieu encore plus beau que celui de Louhans. Cela nous a donné l’idée de rechercher ces anciens hôpitaux pour en faire une évaluation, un nouveau but dans notre vie de voyageur.
Une des guides nous explique que les plafonds sont en bois de châtaignier dont l’essence éloigne les insectes, pas d’araignées au plafond des salles.
À Tournus, comme à Louhans, les Marthes deviennent des ‘citoyennes employées au service des pauvres’ et les derniers sacrements et les messes sont délivrés la nuit par des curés maquisards.

Une adresse importante à retenir est la présence de la quincaillerie Rebillard. Sa visite doit figurer sur l’agenda de tout bricoleur.
Côté Saône l’entrée est située en face de la passerelle qui mène au ponton flottant, un étroit couloir en pierre vous conduit au magasin à travers les ateliers. L’autre entrée est située dans le rue de la République.
À l’inverse des Castorama ce n’est pas une ‘self-service’ mais un magasin à l’ancienne où il faut s’adresser un des employés pour commander la pièce que vous rechercher. Serviable et compétent, ce dernier disparaîtra ensuite dans l’arrière boutique et reviendra avec l’objet demandé. Contrairement aux grandes surfaces, vous pourrez acheter ici ‘la’ vis dont vous avez besoin sans devoir acquérir une boîte entière dont les deux douzaines moins une restants finiront à tout jamais dans le fond de votre caisse à outil. Ainsi j’ai pu acheter un seul embout Torque de 10 dont j’avais besoin pour resserrer le cadre du capot d’entrée.

Demain nous allons à Fragnes sur le canal du Centre.

20140628-202824-73704324.jpg

20140628-202823-73703348.jpg

20140628-202851-73731199.jpg

20140628-202850-73730997.jpg

20140628-202914-73754981.jpg

20140628-202915-73755195.jpg

20140628-202948-73788766.jpg

20140628-202947-73787813.jpg

20140628-203108-73868513.jpg

20140628-203107-73867900.jpg

20140628-203209-73929018.jpg

20140628-203208-73928822.jpg

20140628-203303-73983732.jpg

20140628-203303-73983063.jpg

20140628-203350-74030011.jpg

20140628-203349-74029838.jpg

20140628-203610-74170032.jpg

20140628-203609-74169828.jpg

20140628-203635-74195129.jpg

Publié dans Abbaye, église, Exploration, Exposition, Linssen Dutch Sturdy 320, Marchés, Navigation | Tagué , , , , , | Laisser un commentaire

L’Hôtel Dieu de Louhans

La construction du premier bâtiment de l’Hôtel Dieu de Louhans commença en 1682, les deux ailes supplémentaires furent achevées en 1767. Quelques années avant la révolution, dans un trait d’anticipation géniale, la mère supérieure du couvent de l’Ordre de Saint-Marthe, pris l’habitude de soumettre systématiquement les registres d’occupation de son institution au centre laïque de la ville, à la grande surprise de ceux-ci.

Ainsi, lorsque la grande crise arriva, les révolutionnaires, en général les moins nantis et aussi ceux que l’Hotel Dieu avait comme clients, informés de ses activités, respectèrent les lieux et l’hôpital continua à fonctionner comme par le passé, sauf que par prudence, les religieuses se rebaptisèrent ‘dames des pauvres’ et qu’elles remplacèrent leurs coiffes traditionnelles par des bonnets plus conformes à la mode du jour.

Plus près de nous, pour éviter que l’occupant de la deuxième guerre mondiale ne vandalise la pharmacie et l’apothicairie, la mère supérieure verrouilla l’endroit et indiqua par un panneau qu’il contenait des malades contagieux et qu’il était fermé pour risque d’épidémie. Ce stratagème fit reculer l’allemand.

Voilà deux anecdotes que nous raconte la jeune femme érudite qui nous montre les lieux. Nous avons poussé la porte de l’accueil à 10:30 ce matin et nous sommes seuls à participer à la visite guidée.

Le parcours commence par la pharmacie, endroit ouvert aux personnes extérieur à l’hôpital, qui se faisaient soigner à la maison et qui envoyaient leurs domestiques acheter les médicaments prescrits par leurs médecins personnels. Les plus fortunés exigeaient que les pilules soient enrobées de poudre d’or, ce qui leur enlève toute action thérapeutique car l’or ne se dissout pas dans les intestins et la boulette dorée sort comme elle était entrée, intacte. La légende veut que Diane de Poitiers mourut par excès d’or et absence d’action curative.
Ce serait l’origine de l’expression ‘Se faire dorer la pilule’.

La deuxième pièce, l’apothicairie est la réserve des substances médicales.
Les herbes et les produits actifs sont conserves dans des faïences polychromes hispano-mauresques, car se sont les arabes qui les fournissaient, et dans des poudriers en verre soufflé, rares et donc de grande valeur.
Une pietà Bourguignonne veille sur l’ensemble. La statuette, enterrée pour éviter d’être détruite à la révolution, fut oubliée et c’est le hasard d’un jardinier bêchant qui lui fit revoir le jour, une centaine d’années plus tard.

Les lits de la salle des hommes sont en bois, chez les femmes, en fonte. Une invasion de punaises particulièrement agressives contraignit les religieuses à faire brûler les lits en bois et à les remplacer par du métal.

Nous visitons ensuite la salle à manger, la cuisine, et les couloirs qui y mènent.
Une grande horloge de gare surmontée de trois cloches sonnait non seulement les heures, quart et demi, mais aussi les cinq minutes avant chaque sonnerie classique, ce qui a chaque heure faisait 8 carillons, les religieuses arrêteraient l’horloge la nuit.

Avant de nous lâcher, la guide nous soumet une devinette, sachant qu’elles étaient douze et jamais une de plus, combien de religieuses ont travaillé dans l’Hotel Dieu pendant les trois cents années de son fonctionnement? À raison d’une génération tous les 25 ans, trois siècles cela doit faire dans les 140 en arrondissant vers le bas, dis-je.
« Elles entraient jeunes, parfois à 12 ans et elles vivaient vielles, le compte est 68 » me rétorque notre cicérone en souriant.
Elle rajoute que les élues envoyées par leurs famille, généralement fortunées mais dont la présence d’une fille à marier était une lourde charge, s’épanouissaient au sein d’une communauté riche en contacts et en enseignement permanent. Qu’en plus de cela elle gagnaient un statut enviable et ne percevaient donc pas leur nouvel état comme une punition ou une servitude, bien au contraire.

Demain, c’est jour de marché à Louhans, les bateaux de plaisance sont arrivés en masse au port, la chose se sait.

20140623-150522-54322766.jpg

20140623-150601-54361215.jpg

20140623-150600-54360617.jpg

20140623-150631-54391285.jpg

20140623-150654-54414325.jpg

20140623-150707-54427838.jpg

20140623-150654-54414149.jpg

20140623-150838-54518470.jpg

20140623-150838-54518671.jpg

20140623-150913-54553435.jpg

20140623-150915-54555870.jpg

20140623-150914-54554426.jpg

20140623-151005-54605285.jpg

20140623-151004-54604667.jpg

20140623-151004-54604056.jpg

20140623-151107-54667983.jpg

20140623-151106-54666765.jpg

20140623-151106-54666047.jpg

20140623-151234-54754471.jpg

20140623-151233-54753616.jpg

20140623-151257-54777089.jpg

Publié dans Exploration, Exposition, Musées | Tagué , , , , | Laisser un commentaire

Lyon, Trévoux, Montmerle et les Nymphes de l’écluse de Cuisery

Hier sur Inter, j’ai suivi en partie un débat dont le thème était la recherche des mesures à prendre pour promouvoir le tourisme, il s’avère que France perd de son attraction comme destination de vacances.
Ça ne figure pas sur les brochures touristiques et les cartes fluviales ne le mentionnent pas non plus mais à notre surprise et à ma grande satisfaction, l’écluse de Cuisery de la Seille, le nom de l’œuvre d’art est une coïncidence, est opérée par une demi-douzaine de jeunes filles en bikini.
L’œil est flatté, la bassinée est rapide, les opératrices sont charmantes et efficaces.
Je me réjouis déjà de faire le chemin en sens inverse mardi prochain et je vais de ce pas, envoyer un mail à France Inter.

Jeudi matin à l’aube, nous avons quitté le port de Confluence, la Saône continue à nous émerveiller, la rivière est large, les écluses espacées et le courant faible, ce qui nous permet de progresser en montant presque à la même vitesse qu’en avalant.

Nous faisons une halte à Trevoux, le village possède un charme historique, « nous préservons bien notre patrimoine, comme on dit ici ». On en fait le tour, on admire le panorama du méandre de la Saône et au restaurant de l’Hôtel des Voyageurs nous mangeons une feijoada, le plat du jour.
Pour rentrer au bateau nous empruntons la rue Casse-coup qui comme l’indique un panneau explicatif, est pavée avec des têtes de chats. Sur la photo ci-jointe on distingue à gauche la partie rue avec des galets entiers et à droite la partie trottoir avec les têtes de chats, les même galets coupés en deux.

Sieste amarrées et 25 km plus loin nous nous arrêtons à Montmerle pour passer la nuit.
Le lendemain, vendredi, aujourd’hui donc, nous poursuivons notre croisière vers le nord et au km 106 nous pénétrons dans la Seille. Notre objectif est d’arriver dimanche à Louhans de manière à explorer le marché de volaille de Louhans, tout le monde en parle et les brochures en débordent, notre curiosité est attisée.
Ce soir nous logeons à Cuisery, le village du livre. Bien entendu nous chinons et revenons au bateau avec cinq livres, la place manque dans les étagères du bord, il va falloir ouvrir les coffres.

J’ai encore plein de choses à raconter sur ce que nous avons vu à Lyon, tel le grand cube orange et le grand cube vert, le long du quai de la Saône à Confluence,.
Aussi, toujours à Confluence, en face du centre commercial, l’Hotel de Région Montrochet, un bâtiment administratif moderne, construit en acier et en verre, entièrement vide à l’intérieur, tellement vide, disent les mauvaises langues, qu’il manque de surfaces de bureaux et qu’il a fallu loger certains services à l’extérieur dans des containers marins, allez savoir si c’est vrai.

Nous avons beaucoup aimé le musée Gadagne et le musée des marionnettes du monde. Admirez le buste d’un des frères Gadagne ainsi que le griffon tout droit sorti de l’école Hogwarts de Harry Potter.
Si vous visitez un jour la ville ne rater pas non plus le musée Miniature et Cinéma. Les techniques anciennes et actuelles du cinéma sont intéressantes à découvrir mais ce qui nous a particulièrement émerveillé sont les 120 scènes miniatures de l’artiste Dan Ohlmann, admirez-le ci-dessous dans son musée d’histoire naturelle.

Lundi, les gallinacés de Louhans.

20140621-171930-62370176.jpg

20140621-171918-62358650.jpg

20140621-171942-62382127.jpg

20140621-172130-62490758.jpg

20140621-172203-62523959.jpg

20140621-172203-62523808.jpg

20140621-172204-62524435.jpg

20140621-172321-62601228.jpg

20140621-172412-62652251.jpg

20140621-172412-62652459.jpg

20140621-172528-62728267.jpg

20140621-172528-62728176.jpg

20140621-172702-62822639.jpg

20140621-172703-62823248.jpg

20140621-172703-62823530.jpg

20140621-172803-62883341.jpg

20140621-172802-62882618.jpg

20140621-172827-62907261.jpg

20140621-172838-62918336.jpg

 
20140621-172947-62987660.jpg

20140621-172947-62987479.jpg

20140621-173051-63051944.jpg

20140621-173051-63051752.jpg

20140621-173155-63115990.jpg

20140621-173155-63115767.jpg

20140621-173249-63169880.jpg

20140621-173326-63206316.jpg

Publié dans Exploration, Exposition, Linssen Dutch Sturdy 320, Musées, Navigation | Tagué , , , , , , , | Laisser un commentaire

Lyon et la peintures murales


Comme les êtres humains, les villes ont toutes quelques chose qui les particularise, qui les rendent attrayantes au point où on a envie d’y vivre.
Parfois elles sont repoussantes et y mettre les pieds, c’est avoir envie de repartir.

Nous voulons bien venir vivre à Lyon et quitter Confluence se fera avec un léger pincement au cœur.

À force de prendre le Vaporetto, nous avons lié connaissance avec les capitaines et avec les jeunes femmes qui aident à l’amarrage du bateau et qui vendent les billets de transport, disons les premiers maîtres. À chaque passage, deux fois par heure donc, lorsque nous sommes sur la dunette nous avons droit à des grands saluts de la main, voir à un baiser soufflé. Lorsque nous empruntons la navette, on se taille une bavette, pendant que les autres passagers débarquent et embarquent. C’est ce genre de contact qui crée le début de l’enracinement.

Une singularité de la ville est la nonchalance avec laquelle les habitants traitent les feux de signalisation. Le rouge n’a de signification que lorsqu’un véhicule prend la priorité à laquelle il à droit. Et encore; cet après-midi le feu était rouge pour traverser la rue en descendant du T1 à l’arrêt Hôtel de Région-Montrochet. Un policier à moto, fort du feu vert, mis les gaz pour s’engager mais bloqua son élan alors que les passagers du tram, des Lyonnais daltoniens, traversèrent la chaussée. L’officier murmura: » Dites, c’est rouge quand même » mais il attendit calmement que le flux passe, puis il démarra sans autres commentaires.

Bien entendu, de nos yeux de piétons, le trafic motorisé dans les rues est léger, même comparé à des cités beaucoup plus petites, tel que Gand ou Lille.

La perspective de l’automobiliste qui traverse Lyon ou qui souhaite y entrer est différente.
Depuis toujours, dans mon esprit, c’était la ville où Bizon Futé teintait rouge-vif les jours de départ de vacances. Je découvre qu’en dehors des congés la situation n’est pas plus rose. Ce matin Radio Lyon annonçait que la A6 direction Paris, la A7 direction Marseilles et la A46 direction centre ville étaient lourdement bouchonnées.

Comme souvent, pour le plaisancier dont le seul obstacle rencontré avant de pénétrer au cœur de la ville est parfois une écluse vite franchie, l’image change, on s’amarre et la ville nous sourit.

Dans mon précédent billet, comme particularité de la ville je mentionnais les traboules; Lyon est aussi réputée pour ses peintures murales. Plan à la main, métro et trams comme moyens de transport, nous parcourons la ville à la recherche de ces œuvres d’art, jugez de leur beauté et/ou de leur présence par les photos ci-jointes.

20140618-220030-79230809.jpg

20140618-220030-79230558.jpg

20140618-220105-79265844.jpg

20140618-220104-79264811.jpg

20140618-220105-79265612.jpg

20140618-220136-79296053.jpg

20140618-220137-79297129.jpg

20140618-220135-79295813.jpg

20140618-220205-79325100.jpg

20140618-220205-79325190.jpg

20140618-220206-79326001.jpg

20140618-220256-79376773.jpg

20140618-220257-79377398.jpg

image

 

20140618-221025-79825012.jpg

Publié dans Exploration, Exposition, Photo | Tagué , , , | Laisser un commentaire

Lyon et le weekend du ‘Temps des Cerises’

‘Le Temps des Cerises’ est une fête annuelles qui réunit autour du bassin du port des activités sportives tel que les joutes nautiques, des ateliers créatifs, origami et nichoirs pour oiseaux, des ateliers de cuisine participative, un veau entier embroché qui tourne lentement au dessus d’un lit de braises et l’inévitable podium où pendant deux jours se succèdent des jeunes talents chantants, des groupes pop, rap et percussion et la cerise sur le gâteau, si j’ose dire, le bal du samedi soir dont les décibels résonnent encore dans les oreilles fatiguées des habitants des immeubles à appartement qui longent la darse.

Pas fous, nous réservons une chambre calme à l’hôtel Noailles, cour Gambetta, à 10 minutes en tramway du Chat Lune et on a bien dormi, merci.

Les traboules sont des passages généralement fermés vers la rue qui permettent aux Lyonnais de traverser et d’accéder leurs immeubles. On distingue ceux construits à la renaissance, situés rive droite de la Saône dans le vieux Lyon, dans les quartiers Saint-Jean, -Paul et -George et ceux construits au dix-neuvième siècle dans le quartier canut de la Croix-Rousse.

Les premiers sont de toute beauté, pur style Renaissance, tout droit et sans escaliers, les seconds sont plus modestes, tout en escaliers et plein de chicanes.
Nous visitons les uns avec une guide professionnelle et les seconds à l’aide du plan que j’ai copié de la toile.

Dans l’intervalle de nos actes touristiques, à chaque retour au bateau, nous nous plongeons dans les festivités du Temps des Cerises. Au pied de la passerelle qui enjambe la darse, un stand officiel distribue des cerises, des sorbets aux cerises et du sirop de cerises. J’ai mangé en vingt-quatre heure plus de cerises que je n’en absorbe normalement en une année.

Comme par enchantement, dimanche à 18:00, tout s’arrête, lentement la foule s’éclaircit, les tables se replient, les tentes blanches se démontent, les objets exposés retrouvent leurs boîtes en carton et une heure plus tard ne reste en place que le podium vide, le seul témoin de la fiesta des Cerises.

20140617-113539-41739741.jpg

20140617-125236-46356724.jpg

20140617-125333-46413041.jpg

20140617-125442-46482230.jpg

20140617-125534-46534288.jpg

20140617-125704-46624710.jpg

20140617-125704-46624910.jpg

20140617-125736-46656613.jpg

20140617-125737-46657361.jpg

20140617-125942-46782157.jpg

20140617-125941-46781894.jpg

20140617-130229-46949859.jpg

20140617-130229-46949588.jpg

20140617-130230-46950035.jpg

20140617-130451-47091900.jpg

20140617-130452-47092274.jpg

20140617-130452-47092088.jpg

20140617-130452-47092960.jpg

20140617-130653-47213120.jpg

20140617-130650-47210270.jpg

20140617-130651-47211697.jpg

20140617-130650-47210968.jpg

20140617-130822-47302380.jpg

20140617-130822-47302597.jpg

Publié dans Exploration, Fêtes, Musique | Tagué , , , , , | Laisser un commentaire

Lyon, le dimanche 15 juin 2014

Dimanche, le 15 juin 2014, il s’est passé bien des choses depuis notre arrivée dans le port de Confluence.
Par exemple ce midi à la sortie de notre visite des musées Gadagne et Marionettes, nous mangeons un demi Subway dans l’établissement de la rue Saint-Jean. Le breuvage que M. sort de la machine à débiter des boissons fraîches est plat, c’est bénéfique pour le réchauffement de la planète mais imbuvable pour le consommateur assoiffé.

Une des deux gamines chargées de la confection des sandwiches téléphone à son patron qui lui explique qu’il faut aller dans la réserve prélever une bonbonne de gaz carbonique remplie et faire l’échange au débiteur de boissons.
Paniquée, elle repère l’ingénieur et avec la promesse d’un café gratuit, demande mon assistance. Même sans café j’aurai accepté d’aider la mignonne, le macho-mètre remote d’un cran, je finis d’avaler mon pain et je me tient prêt à l’assistance.

La fille revient de la réserve avec une autre bonbonne mais dans sa hâte elle constate qu’elle a oublié de demander à son patron l’endroit ou il faut connecter la chose.
Re-panique, « Je n’ose plus lui téléphoner, il va m’engueuler » me fait-elle, et sa collègue prend la relève téléphonique, le patron explique.

Au moment où, l’endroit repéré, je m’apprête à prêter l’assistance requise, la cliente Ms. intervient, me bouscule en disant, « Laisser moi faire, j’ai déjà fait cela » et elle se précipite derrière le comptoir à sandwiches, ainsi va mon café gratuit.

Les deux filles s’affairent un bon moment autour de la bonbonne sans parvenir à deviser la connexion. J’observe leur manœuvres et mon macho-mètre remonte encore d’un cran.

« Je vais quand me m’avoir droit à mon café », pensai-je et d’un air décontracté j’interviens.
Au poids, je constate que la bonbonne recherchée dans la réserve est tout aussi vide que celle à remplacer et gentiment je revoie la gamine en quérir une dont l’embout est serti d’une capsule en plastique bleue.
Un tour de clé et le remplacement dure moins de temps qu’il ne faut à la Ms. pour disparaître discrètement.
Soulagée et souriante, la gamine du Subway nous offre à M. et moi non seulement un café, mais également une bouteille de coca frappée à souhait pour compenser le breuvage insipide sorti de la machine un quart d’heure plus tôt.

Pour aller aller de Confluence à Saint-Paul nous avons pris le Vaporetto, on l’emprunte également pour le retour.
Il faut savoir qu’en accord avec le Carrefour du centre commercial, le trajet entre Confluence et la ville est gratuit à la présentation de la carte de membre de Confluence, à obtenir gratuitement à l’accueil ainsi qu’un ticket de caisse du magasin pour n’importe quel achat du jour.
On a vite compris le truc, et tous nos trajets du port vers le cœur de la ville sont le fait d’une bouteille d’eau minérale ou d’une baguette selon les besoins de l’avitaillement.

Demain la suite dans l’ordre inverse de la chronologie de notre séjour à Lyon.

20140615-213147-77507944.jpg

20140615-213512-77712601.jpg

20140615-213544-77744266.jpg

20140615-213544-77744486.jpg

20140615-213623-77783027.jpg

20140615-213622-77782134.jpg

20140615-213700-77820911.jpg

20140615-213659-77819971.jpg

20140615-213700-77820719.jpg

20140615-213715-77835940.jpg

20140615-213831-77911183.jpg

20140615-213831-77911343.jpg

20140615-213924-77964723.jpg

Publié dans Exploration, Exposition, Marionnettes, Musées, Réflexion | Tagué , , | Laisser un commentaire

De Bellevile à Lyon, la basilique, les quais, le Vaporetto

À 13:00, le mardi le 10 juin 2014, nous amarrons le Chat Lune aux pontons neufs du port de plaisance de Lyon Confluence.
De Belleville à ici nous avons parcouru 54 km et franchi deux écluses,

On est heureux d’être dans une vraie ville, on aime les villes, Alphonse Allais disait qu’il il faudrait les construire à la campagne, l’air y est plus sain, Lyon répond à ce critère.
Les deux larges couloirs que la Saône et le Rhône tracent, ouvrent la ville et la font respirer.

Requinqués par un lunch suivi de notre sieste journalière, nous prenons le Vaporetto qui toutes les heures, au départ à la demi, relie Confluence à la gare Saint-Paul et fait une halte au pont Bonaparte, à une centaine de mètres de la place Bellecourt, où se trouve le Syndicat d’Initiative, aussi appelé Office du Tourisme.
Nous réservons une visite guidée de la vielle ville et des traboules des quartiers Saint-Jean, Saint-George et Saint-Paul pour vendredi 15:00, ensuite nous traversons la Saône et prenons le téléférique qui nous monte à la basilique. Je ne me sens pas en mesure de faire une description tant soit peu correcte de cette église tellement elle est grande et décorée au delà de tout ce que j’ai déjà vu, aussi je conseille à ceux que cela intéresse d’ouvrir Wikipedia ou de venir à Lyon.

Le temps imparti pour écrire mon billet est inversement proportionnel au nombre de choses à voir, et comme mon but n’est pas de rédiger un guide touristique je vais, en fonction de mes loisirs d’explorateur urbain, publier moins de texte et plus de photos sans nécessairement expliquer leur origine.

Il y aura en vrac sous ce billet-ci, la Saône au Nord de Lyon, l’entrée en ville avec l’île Barbe, les quais, la basilique, et quelques détails.

20140615-161958-58798902.jpg

20140615-161959-58799746.jpg

20140615-161958-58798709.jpg

20140615-162000-58800703.jpg

20140615-162139-58899643.jpg

20140615-162601-59161407.jpg

20140615-162756-59276741.jpg

20140615-162757-59277381.jpg

<img src="https://

20140615-163207-59527054.jpg

20140615-163331-59611377.jpg

20140615-163330-59610734.jpg

20140615-163500-59700165.jpg

Publié dans église, Exploration, Linssen Dutch Sturdy 320, Navigation | Tagué , , | Laisser un commentaire

De Chalon-sur-Saône à Belleville/s/S et les jet skis

Comme le faisait remarquer Toby hier, on bourre. Nous sommes amarrés à Belleville-sur-Saône après avoir parcouru 87 kilomètres et franchi deux écluses, tout cela en 7h30. Le courant de la rivière nous aide bien entendu et le vent du sud nous rafraîchit pendant la navigation.

À peine amarrés nous plongeons dans la rivière en faisant attention aux petits bateaux de plaisance et aux jet skis que les locaux mettent à l’eau en cette fin de journée de travail.

Le bateau, je comprend, le jet ski me paraît être un de ces engins dont on doit se lasser avant qu’il ne soit amorti. Je l’admet, ça avance vite mais ça fait du boucan, ce qui doit être une partie du charme pour ceux qui l’enfourchent, mais sinon, comme moyen de déplacement c’est nul, pas de place pour le moindre bagage, pour l’amarrer il faut, comme pour les petits bateaux, un quai ou une plage, pas question de l’utiliser pour aller au boulot si l’on a la chance d’habiter le long d’une rivière, le costard cravate n’en sortirait pas frais pour la réunion avec le service vente, et avec un client potentiel, ça ferait pleinement désordre. En plus de cela, les restrictions sont draconiennes et sur nos parcours en rivière nous voyons de temps à autre deux kilomètres attribués à ces engins, récemment sur la Saône, la règle est même d’interdire plus de deux moteurs à la fois.
Ici j’observe le fier propriétaire d’une de ces machines venir avec cinq amis en faire la démonstration. Ça va comme suit: il embarque le premier de ses copain et démarre tout gaz ouvert, direction Sud. Au bout du kilomètre autorisé, il opère une grande boucle, comme sur une moto il se penche, l’eau gicle et il repart vers le nord jusqu’à l’autre limite après quoi il revient vers la petite plage d’embarquement pour prendre son deuxième copain.
Lorsque le cinquième a reçu son baptême d’eau, de vitesse et de chahut, il embarque son engin sur sa remorque et tout le monde rentre à la maison, c’est l’heure de l’apéro du soir.

Demain nous allons à Lyon, nous sommes attendus au nouveau port de Confluence.

20140609-203049-73849784.jpg

20140609-203050-73850957.jpg

20140609-203159-73919508.jpg

20140609-203158-73918362.jpg

20140609-203243-73963429.jpg

20140609-203244-73964530.jpg

20140609-203354-74034015.jpg

20140609-203352-74032840.jpg

20140609-203437-74077987.jpg

20140609-203436-74076778.jpg

20140609-203551-74151488.jpg

20140609-203550-74150664.jpg

20140609-203614-74174737.jpg

20140609-203614-74174954.jpg

20140609-203635-74195662.jpg

20140609-203636-74196051.jpg

20140609-203657-74217176.jpg

Publié dans Linssen Dutch Sturdy 320, Navigation | Tagué , , | Laisser un commentaire

Auxonne, Saint-Jean-de-Losne,Chalon-sur-Saône

Au port d’Auxonne nous sommes accueillis par Miguel, pas Michel, me fait-il lorsque je l’adresse par ce prénom.

Le stationnement est gratuit sur les pontons mais l’eau et l’électricité sont payantes et les tarifs sont progressifs de manière à compenser la générosité du syndicat d’initiative, à savoir un minimum de 2€ pour 1 heure et un maximum de 10€ pour 20 heures.
Nous, quant c’est gratuit, c’est gratuit, les batteries du Chat Lune nous permettent de tenir au moins 72 heures sans devoir être rechargées.
Pour nous permettre de nous amarrer au quai, deux barges, une Suisse et le Bluegum se déplacent pour nous faire un petit trou, sympa.

Nous bavardons avec Sally et Charles du Bluegum, il s’avère qu’ils ont pris possession de leur bateau il y a trois jours à peine et que leur expérience se limite à avoir parcouru le trajet de Gray à Auxonne, avec quelques haltes intermédiaires.
Pour en savoir plus, lisez leur blog http://charlesandsallyabroad.wordpress.com
Leur nouvelle demeure est nickel, deux ans d’âge, avec tous les équipements digne d’un appartement de grand standing, tel que du double vitrage, un chauffage au sol, la clim, ainsi que tout l’équipement technique d’un bateau de luxe.
Sally et Charles sont à juste titre très fiers de leur acquisition, je dirai en pleine lune de miel, au point que naviguer ne vient encore qu’au deuxième plan de leurs préoccupations, ils en sont aux projets. En soirée, autour d’un drink, nous avons droit à une visite guidée du vaisseau.

Miguel nous a donné plusieurs brochures touristiques relatives à la ville dont le plus grand atout est le fait que le jeune officier Napoléon Bonaparte y séjourna à l’école d’artillerie dans les années 1790.
Malgré la chaleur, stakhanovistes comme de coutume, le guide fléché en main nous suivons les numéros qui nous conduisent d’une ancienne porte de l’Arsenal à des remparts en réfection en passant par une place d’arme, la tour Signe avec en médaillon la salamandre de François Ier, une caserne du 511e Régiment du Train et la statue de l’Empereur bien entendu.

Miguel doit être un descendant des Portugais émigrés en Bourgogne et plus particulièrement à Auxonne, entre 1975 et 1985, en témoignent les azuléjos qui ornent leurs maisons dans la ville.
En tout, Auxonne ne nous impressionne pas outre mesure, mais bien entendu, ici nous n’avons pas Michèle pour nous guider.

Samedi matin, vers 10 heures, je téléphone à Blanquart et oui, un pli à mon nom m’attend à Saint-Jean-De-Losne. Le trajet entre les deux villes ne compte qu’une écluse et vers 13:30 ayant préalablement fait le plein de gazole à 1,407€ le litre à la station d’avitaillement située à l’entrée du canal de Bourgogne, nous frappons les amarres du Chat Lune dans le bassin intérieur de St.-Jean qui abrite Blanquart et H2O.

Avant la réparation, une sieste s’impose mais vers 15:30 je sors mon outillage et une petite heure plus tard, le chargeur Victron fonctionne à nouveau. Ma soudure ne me donnera pas le premier prix d’esthétique en la matière mais ça marche et pudiquement caché par le couvercle du boîtier, l’appareil a l’air neuf.

Dimanche matin, nous partons à 08:30 et à 15:00 nous sommes à Chalon-sur-Saône, étonnés de la distance parcourue, malgré une attente de près d’une heure dans l’écluse de Seurre. Un avalant qui nous suivait avait averti l’écluse trois quart d’heure avant d’y arriver, sans mentionner sa position à l’éclusier, lequel vient s’en expliquer et s’excuser auprès de nous pour nous avoir fait patienter.

Demain suite de la descente vers Lyon.

20140608-210031-75631565.jpg

20140608-210105-75665659.jpg

20140608-210105-75665858.jpg

20140608-210106-75666707.jpg

20140608-210142-75702755.jpg

20140608-210142-75702699.jpg

20140608-210207-75727456.jpg

20140608-210407-75847934.jpg

20140608-210427-75867694.jpg

Publié dans Exploration, Linssen Dutch Sturdy 320, Navigation | Tagué , , , , , , | Laisser un commentaire

Gray

Il s’en est fallu de peu que Gray ne soit contraint à changer sa devise ‘Triplex Victoria Flammis’ en ‘Quadruplex …’, en effet, en route vers le musée d’histoire naturelle, nous observons une épaisse fumée noire qui ne provient pas d’un BBQ enthousiaste mais d’une voiture qui flambe au bout de la rue Vanoise. Le beau temps est revenu, c’est probablement le produit d’un coup de soleil printanier, les pompiers sont sur place et en revenant du musée il ne reste que les traces noires du sinistre, Gray peut garder sa devise.

Elodie, la dame du syndicat d’initiative nous a programmé hier un visite guidée de la ville.
Ma grand-mère aussi se prénommait Elodie, on l’appelait ‘marraine Lodie’, c’était une crème de femme, le présage est bon.
Le rendez-vous est pris ce matin avec Michèle devant l’hôtel de ville, place Charles De Gaulle, que les Graylois appellent la Place de l’Hotel de Ville. C’est une dame retraitée qui occupe bénévolement ses jours a montrer le patrimoine de sa ville aux touristes. Elle fait cela avec une bonne humeur contagieuse et une compétence incollable.

Je vous livre quelques trouvailles de notre matinée.
La tour dite Saint-Pierre Fourier, située à l’arrière de l’hôtel Gauthiot d´Ancier, comporte un astucieux escalier circulaire construit à l’intérieur d’un cylindre de 6 mètres de haut. L’ensemble en bois de chêne, pivote sur son axe et permet de camoufler l’accès aux deux petites chambres du haut de la tour qui servit de cachette à Gauthiot et plus tard à Pierre Fourrier, pourchassé par Richelieu pour ses sympathie à l’égard des protestants.
Fournier mourut à Gray, son corps fut cédé à la Lorraine mais son cœur resta ici. Sa châsse est exposé dans la basilique.
Toujours dans la basilique, de l’autre côté du chœur, se trouve la petite statuette de Notre Dame de Gray. Michèle nous explique que c’est grâce à sa présence et celle du cœur de Fourier que la Pape Pie XII a accordé à l’église le statut de basilique. Cela ne semble pas plaire à Michèle qui tout au long de ses explication continue à parler de « notre église »‘
À proximité de la promenade des Tilleuls se trouve le théâtre, dit Italien, de la ville. Michèle nous offre un tour complet du bâtiment, la scène, le mécanisme des décors sous la scène, les loges, le mécanisme des rideaux au dessus de la scène et la salle elle-même bien entendu, du paradis au parquet, un des joyau de Gray qui a été réouvert en 2006 après 10 années de travaux.
L’hôtel Dieu construit sous Louis XIV comporte au centre une chapelle. Située dans l’axe du bâtiment en forme de croix, les portes s’ouvrent sur les couloirs permettant ainsi aux patients d’assister aux offices. De son petit sac noir, Michèle sort un étui à lunette dans lequel elle garde toutes les clés des différents bâtiments qu’elle nous fait visiter. Ici une porte discrète cache l’ancien laboratoire et la pharmacie de l’hôpital devenu aujourd’hui maison de retraite. Les photos ci-jointes sont parlantes.
La visite se termine par la visite privée des jardins qui se trouvent à l’arrière des grandes maisons patriciennes de la Grande Rue. De l’extérieur on ne devinerait jamais leur existence.

Le mari de Michèle est le conservateur du musée d’histoire naturelle. Ancien professeur de science, à sa retraite il a hérité par ici, récupéré par là et reçu d’anciens collègues et amis une large collection de fossiles, animaux empaillés et gravures diverses avec lesquels il a constitué un charmant musée. De salle en salle, d’armoires en armoire, nous suivons avec intérêt ses explications, je dirais même son cours. Il y prend plaisir et comme nous sommes des élèves intéresses et cultivés, la visite se prolonge pendant plus d’une heure.

Hier à notre arrivée à Gray, il pleuvait et le mauvais temps est reste sur la ville jusque tard dans la journée. En début de soirée, pendant que M. se payait un cinéma, elle a été voir le film Pakistanais ‘Noor’, j’ai eu droit à un beau coucher de soleil sur la Saône et le pont en pierre.
Malgré la pluie nous ne sommes pas restés à bord, et comme le musée Baron Martin ne figurait pas sur le programme de Michèle, nous avons gravi la rue Malcouverte qui mène à ce qui reste du château pour le découvrir.
Gray mérite une halte prolongée.

Demain nous allons à Auxonne.

20140606-180650-65210354.jpg

20140606-180650-65210584.jpg

20140606-180741-65261958.jpg

20140606-180831-65311778.jpg

20140606-180830-65310281.jpg

20140606-180934-65374139.jpg

20140606-180934-65374538.jpg

20140606-180934-65374348.jpg

20140606-181106-65466631.jpg

20140606-181105-65465920.jpg

20140606-181224-65544861.jpg

20140606-181226-65546137.jpg

20140606-181225-65545036.jpg

20140606-181401-65641426.jpg

20140606-181402-65642189.jpg

20140606-181504-65704029.jpg

20140606-181609-65769385.jpg

20140606-181653-65813155.jpg

20140606-181734-65854640.jpg

20140606-181734-65854796.jpg

20140606-181917-65957335.jpg

20140606-181958-65998954.jpg

Publié dans église, Château, Exploration, Exposition, Musées, Théâtre | Tagué , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

De Ray-sur-Saône à Gray

Je garde ma main posée sur son écorce pendant un moment, ses feuilles frémissent dans la brise, l’odeur de tilleul est forte, l’arbre se souvient qu’il y a cinq ans, lors de notre précédent passage à Ray-sur-Saône, nous étions également venu lui rendre hommage.
Il a été planté en 1609 par Roze de Ray, la femme d’Alexandre de Marmier, voir ci-dessous.
Âgé de quatre cent et cinq ans, il est né sous Henri IV, il a connu Louis XIII, Louis XIV, XV et XVI, la Révolution, la Terreur, les Empereurs, les deux Grandes Guerres, Sarkozy et Hollande et il nous a gardé en mémoire.

Le château des seigneurs de Ray domine la plaine, il ne se visite que le dimanche mais le parc est accessible toute l’année.
Par terre, dans l’allée qui mène aux anciennes écuries, nous trouvons des branches de cerisier arrachées probablement par un camion de passage. M. sort un sac en plastique de la poche arrière de son jeans et nous recueillons un demi kilo de cerises noires bien mûres, un délice.

Au port, deux ‘Le Boat’ se sont mis derrière nous, ce sont des Suisses et fidèle à leur réputation, à peine amarrés les dames sortent brosses et serpillières et nettoient l’extérieur de leurs bateaux.
Le matin, lorsque le Chat Lune est couvert de rosée, je fais de même, j’utilise pour cela une serpillière spéciale que les Hollandais appellent un ‘zwabber’.

A partir de Ray, la Saône s’élargit et les berges sont souvent bordées d’épaisses roselières dans lesquels nichent des Rousserolle effarvatte (Acrocephalus scirpaceus) ou fauvettes des marais, une espèce de passereau. Leur chant est caractéristique, ça fait à peu près « kierikiet, kiet, kiet » aussi en néerlandais l’oiseau s’appelle ‘Karrekiet’.
C’est un migrateur qui construit son nid en bas dans les tiges des roseaux, il est très farouche, généralement on l’entend, mais on ne le voit pas. Ci-dessous une photo claire trouvée sur la Toile et une assez floue d’un spécimen cueilli ce matin à la volée. Nous en avons vu et surtout entendu beaucoup en Allemagne, dans le canal qui mène à Neustrelitz.

Ai-je déjà eu l’occasion de souligner qu’un le talent de bricoleur est un caractéristique indispensable pour naviguer en bateau.
À Gray, en aval de l’écluse, un long quai accueille les plaisanciers, l’amarrage est gratuit, ainsi que l’eau et l’électricité. Le courant raccordé, je constate que les batteries ne se mettent pas en charge.
J’ouvre l’armoire électrique et en effet, le voltmètre du Victron Centaur Charger 12/30 est à zéro. Je sors mon appareil de mesure et je procède à la vérification des entrées de courant, tout est en ordre jusque dans le Victron, autrement dit, le courant entre mais ne sort pas.
Je démonte les deux couvercles de protection du boîtier et pendant un certain temps j’observe d’un œil attentif les circuits imprimés, ça ne fume pas et aucune composante ne semble anormalement décolorée, ici s’arrête ma compétence.

Sur Internet je trouve l’importateur de Victron à Trévoix, sur la Saône, un peu en aval de Lyon.
La dame que j’ai au téléphone, très aimable, veut bien me commander un nouvel appareil, mais la réparation ne fait pas partie du répertoire de la maison.
Je téléphone ensuite à Victron en Hollande, la dame que j’ai au téléphone, très aimable, me passe un technicien qui immédiatement identifie la panne, « C’est le RT003, regardez en haut à gauche dans le boîtier, il est certainement grillé ». Et en effet, à ma seconde scrutation, je vois que le RT003 est grillé, je le touche et il s’émiette entre mes doigts.
Le technicien me dit « Vous savez souder? Je vous envoie la pièce, il suffit de la remplacer ».
J’envoie un mail à service@victronenergy.com avec l’adresse de Blanquart à Saint-Jean-de-Losne où nous serons dans quelques jours et où je vais dessouder du circuit imprimé la pièce défectueuse et ressouder la nouvelle.

Nous faisons une pause de deux jours à Gray.

20140604-125937-46777512.jpg

20140604-125938-46778490.jpg

20140604-130019-46819664.jpg

20140604-130047-46847889.jpg

20140604-130049-46849083.jpg

20140604-130146-46906555.jpg

20140604-130241-46961801.jpg

20140604-130302-46982467.jpg

20140604-130356-47036138.jpg

20140604-130343-47023621.jpg

20140604-130519-47119681.jpg

20140604-130521-47121415.jpg

20140604-130520-47120391.jpg

20140604-130522-47122238.jpg

20140604-130810-47290244.jpg

20140604-130952-47392221.jpg

20140604-131003-47403725.jpg

20140604-131028-47428543.jpg

20140604-131029-47429194.jpg

20140604-131127-47487744.jpg

Publié dans Château, Exploration, Linssen Dutch Sturdy 320, Navigation | Tagué , , , , , | 3 commentaires

De Corre à Ray-sur-Saône et le piano miniature

Avant toutes choses, je me doit de préciser que le syndicat d’initiative de Bains-les-Bains s’appelle ‘Espace Arteria’. J’ai oublié de mentionner cette information importante dans mon précédent billet.

À la brocante de Corre, je n’ai pas acheté le régulateur de pression de James Watt chez Michel mais M. a trouvé pour notre petite fille, une livre intitulé, ‘Le petit chaperon noir’ dans le quel cette affreuse fait peur au loup. Nous avons aussi plié devant les pièces d’ameublement de maison de poupée au prix de 2€ pour l’ensemble, le vaisselier, la pendule, la chaise et le piano.
Ai-je déjà signalé que tout bateau, et le Chat Lune ne fait pas exception, possède d’innombrables endroits de rangement, appelé des coffres et que les objets mentionnés vont y trouver leur place jusqu’à la fin de la saison.

Sur la petite Saône, grâce au courant portant de 1 à 2 km/h et au fait que les écluses sont espacées de 5 à 10 kilomètres, nous avançons deux fois plus vite que sur la canal des Vosges.
Il est dix heures du matin lorsque nous quittons Corre, heureux de nos nouvelles acquisitions et à treize heures, 22 kilomètres et 4 écluses plus tard, nous frappons nos amarres à un ponton du port de Fouchécourt.

À peine amarrés, une tartine du lunch en main, on est surpris par un léger toc-toc sur le carreau latéral. L’homme est maigre, vêtu d’un polo Ralf Lauren rose, un short blanc et un tablier de cuisinier qui lui descend sur les chevilles. Il doit avoir la soixantaine, ses cheveux gris lui tombent sur les épaules, il porte une barbe de trois jours et les montures de ses lunettes sont en corne jaune. « Je suis le capitaine du port, vous rester la nuit? »
J’acquiesce et lui promet de venir le voir après notre repas, ce que je fais.
Il s’avère qu’il est seul à bord ici, propriétaire, cuisinier, barman, serveur, capitaine du port, il tond les pelouses et il entretient les locaux sanitaires.
Je lui règle les 12€ pour le séjour, tout compris, eau électricité et wifi, « je n’ai pas envie de jouer le policier pour voir qui a pris de l’eau et qui a branché le courant, ou non ». Il souligne ensuite avec vigueur que les déchets doivent être triés, le verre, le papier, les déchets végétaux et le reste et il me refile un sac poubelle en plastique transparent, « pour que je puisse voir le contenu » précise-t-il. L’homme orchestre est aimable et efficace, son restaurant tourne bien, 27 couverts le soir.

La brochure du Tourisme Fluvial Franche Comté que j’ai trouvé à la capitainerie de Corre indique que le village compte 118 habitants. Nous en faisons le tour, c’est un beau petit village, les maisons en pierre sont bien entretenues. Lors de notre promenade, nous ne rencontrons qu’un seul chat dont les oreilles aplaties semblent nous inciter à respecter le silence des lieux.
L’église nous surprend par son retable et ses statues en bois sculpté doré.
Le linteau en pierre d’une porte au fond d’un passage vers une grange comporte les armoiries du chevalier de Fouchécourt.
Claude François Salivet, né à Vesoul, achète en 1681 le domaine rural de Fouchécourt, il devient le seigneur du lieu et restaure le château. Depuis lors, ses descendants se font appeler de Salivet de Fouchécourt. Aujourd’hui il ne reste du château que le portail en pierre avec les armoiries.

Demain Ray-sur-Saône.

20140603-125700-46620452.jpg

20140603-125700-46620648.jpg

20140603-125751-46671060.jpg

20140603-125750-46670355.jpg

20140603-125847-46727560.jpg

20140603-125847-46727786.jpg

20140603-125922-46762777.jpg

20140603-125922-46762071.jpg

20140603-130029-46829228.jpg

20140603-130028-46828526.jpg

20140603-130119-46879206.jpg

20140603-130120-46880399.jpg

20140603-130315-46995346.jpg

20140603-130413-47053903.jpg

Publié dans église, Exploration, Linssen Dutch Sturdy 320, Navigation | Tagué , , , , | Laisser un commentaire

D’Epinal à Corre en passant par le chantier de l’écluse #9

Le Canal des Vosges, jeudi le 29 mai 2014. Nous sommes amarrés au quai en béton rive droite, c’est à dire à droite du canal, versant Saône, passé l’écluse #8. Le calme est absolu, à part le chant des oiseaux et pendant quelque temps, le murmure des habitants de la maison située un peu plus haut le long du canal, on n’entend rien, pas le bourdonnement d’une route, pas un train, ni un avion, pas le ronflement d’une quelconque machine, le sifflement d’une génératrice ou les baffles de la voiture d’un adolescent débordant de testostérone, c’est tellement rare que cela mérite d’être souligné. La nuit tombée, le cris d’un hibou, le chant des criquets et le spectacle du ciel étoilé sans pollution de lumières artificielles est un bonheur. Côté progression, les statistiques sont le suivantes, nous avons parcouru 23,5 km, franchi 22 écluses, les 14 montantes de l’escalier de Golbey à la sortie d’Epinal et les 8 avalantes à la sortie du bief de partage. La vallée est très belle, très verte à cette époque de l’année, les ouvrages d’art en bon état, les automatismes fonctionnent et les bassinées sont rapides, de 6 à 10 minutes, selon le cas. À 18:00 un technicien portant les couleurs VNF vient nous prévenir que la paroi rive droite de l’écluse #9, la suivante, est en réparation. Les écluses sont très rapprochées et de notre endroit d’amarrage nous avons repéré une barge chargée de grosses pierres de taille amarrée à droite des portes amont de l’écluse #9. Notre nature curieuse nous a poussé à aller examiner la situation sur place. La paroi est évidée et le quai est soutenu par des supports métalliques, voir la photo ci-dessous. L’homme des VNF nous explique que la paroi avait été refaite il y a peu de temps, mais que la pression de l’eau dans le talus l’avait repoussée, elle s’était bombée et il a fallu recommencer la réparation. Il nous demande de passer demain à 09:00 avant le début des travaux, nous sommes des lève-tôt et cela ne nous pose aucun problème. Ici dans la vallée, Orange ne me donne pas de connexion, je terminerai et j’enverrai ce billet demain. Bains-les-Bains, vendredi, le 30 mai 2014. Garance, un petit bateau rouge en plastique de 6 mètres, d’où son nom et le Chat Lune sont amarrés au quai flottant en amont de l’écluse 29. Trafic zéro sur le canal aujourd’hui, les éclusiers itinérants se plaignent, au bout d’un certain temps l’oisiveté engendre l’ennui. Alternance de soleil et de cumulus et un vent du nord assez intense nous a accompagné jusqu’ici. Un éclusier, météorologiste amateur, nous explique que ce temps est typique lorsque la ‘Bise’ souffle, mais quand en plus il pleut, « olala! ». Aujourd’hui, pas de « olala », aussi après la sieste nous prenons nos Brompton, les meilleurs vélos pliables au monde, je sais, je me répète mais c’est vrai, et nous gravissons quelques collines Vosgiennes pour visiter Bains-les-Bains. M. trouve que les bains Romains sentent l’eucalyptus, dans les jardin des autres hôtels, ça sent le bain de mousse, l’endroit porte bien son nom. En face de l’hôtel de ville, le soldat en bronze au sommet de l’obélisque en marbre gris qui commémore les victimes des quelques dernières guerres, tient à la main un pistolet automatique. Les militaires sont généralement représentés les fusils brandis, le pistolet à quelque chose d’inquiétant. J’ai du lire trop de polars. Nous rentrons à bord en longeant le canal de l’écluse 32 à la 29, c’est tout aussi beau qu’en bateau et ça va plus vite. Très faible connexion Internet, Orange n’aime pas le coin, j’enverrai mon billet plus tard, je n’ose plus dire demain. Corre, samedi le 31 mai 2014. Nous sommes amarrés en face de la capitainerie le long des petits pontons métalliques. De la dunette je vois, à gauche de l’église, au coin de la grande rue, le ‘Bazar de Michel’. Le magasin est tenu par un couple de Suisses-Allemands, je les ai immédiatement reconnu à leur l’accent chantant. Ils vendent des brocantes et ils se sont installés ici et ils vivent sur leur bateau, parqué dans la marina privée, de l’autre côté de l’écluse, également tenue par un Suisse. Leur commerce leur permet de vivre, parfois difficile en hiver, sinon, l’endroit est idéal selon eux. Je me dit que pour habiter dans ce bled il faut avoir une riche vie intérieure et une bibliothèque bien fournie. En route vers Corre, nous avons fait halte à Fontenoy-le-Château pour prendre 100 litres de gasoil à la base de Le Boat. Nous aurions pu arriver à Saint-Jean-de Losne, où le combustible coûte 1,4€ le litre, comparé à 1,60€ le litre ici chez Le Boat, mais pour naviguer la paix dans l’âme, il vaut mieux avoir une réserve, le Chat Lune n’est pas un voilier. Nous sommes gâtés, demain jour de brocante à Corre, on va peut-être encore trouver un objet insolite dont on n’a pas vraiment besoin, mais qui s’avèrera irrésistible sous le soleil du Franche Comté. Par exemple, chez Michel tout à l’heure, j’ai eu en main un ancien régulateur de pression à boules, inventé en 1790 par James Watt, je ne l’ai pas acheté. 20140531-221317-79997553.jpg 20140531-221318-79998529.jpg 20140601-140606-50766861.jpg 20140601-140606-50766649.jpg 20140601-140607-50767062.jpg 20140601-140608-50768044.jpg 20140601-140609-50769890.jpg 20140601-140610-50770911.jpg 20140601-140608-50768769.jpg 20140601-140610-50770716.jpg 20140601-140611-50771267.jpg imageimageimageimageimageimage
imageimageimageimage

Publié dans Exploration, Linssen Dutch Sturdy 320, Navigation, Réflexion | Tagué , , , , | Laisser un commentaire

De Charmes à Epinal

Nous sommes à Epinal et il fait beau.
Ce matin une corneille curieuse nous observait du bord du quai après quoi nous avons pris l’escalier de de la pagode chinoise, construite en 1805 par Christophe Doublat, receveur général des finances du département des Vosges pour relier son domicile à son parc privé, le parc du château, je vous cite la brochure pour cette information ‘trivial poursuit’.
Elle a été restaurée en 2011 et nous permet de faire le tour des ruines dudit château. La brochure promet une vue panoramique sur la vallée de la Moselle, en réalité c’est une vue panoramique de la ville, on devine la Moselle quelque part dans le fond entre les bâtiments qui tous, à l’exception de la cathédrale, semblent dater de l’après deuxième guerre.

Le marché du mercredi installé dans les halles couvertes au centre de la ville nous livre du foie de génisse, deux rognons d’agneau et deux tranches de steak persillé. Chez le légumier nous achetons un grand brocoli, des courgettes, un demi choux, un kilo de pommes, un avocat bien dur, un baquet de fraises, une livre de cerises et nous recevons une botte de persil en prime.

Ce midi je prépare le foie poilé aux échalotes accompagné d’un restant de pommes de terre que j’ai rissolé avec les échalotes et le brocoli cuit à la vapeur, un délice.
Des cerises comme dessert.

Entre Charmes et Epinal nous avons parcouru hier 25,5 km et franchi 16 écluses de 3m de dénivellation en 5h et 20 minutes, le passage des écluses durait 10 minutes en moyenne, ceci pour les amateurs de chiffres.

Hier encore, après la sieste et la visite de la basilique Saint-Maurice nous poussons la porte de la librairie de livres d’occasion Rythm and Book, rue du 170è R.I.. La dame nous explique qu’elle applique la règle de 50% du montant d’origine pour fixer le prix de ses livres. En chineurs avertis, on trouve cela trop cher même si un livre de cuisine édité par la Confédération française de la Boucherie, Boucherie-Charcuterie et Traiteurs, dans lequel 89 bouchers de toute la France livrent leur recette favorite, me tente. Par principe, je ne l’achète pas, en vertu du fait que vendre un livre de seconde main à la moitié du prix d’origine est une pratique qu’il ne faut pas encourager.

Aujourd’hui, en début d’après-midi, après la sieste, et pendant que M. achète des cartes postales avec des représentations d’images d’Epinal au musée de l’ancienne imprimerie, je retourne rue du 170è R.I. et je paye les 7,50€ pour un ouvrage peu demandé me fait la propriétaire des lieux, les gens deviennent végétariens.
Nous c’est l’inverse, pendant de longues années nous avons laissé de côté la viande mais depuis quelque temps, la viande rouge, les abats et la charcuterie font à nouveau partie de nos menus.
Réflexion faite, même pendant notre période végétarienne, il nous arrivait de consommer du foie, de la cervelle, des rognons, du cœur, du riz de veau, on a toujours adoré les abats. Nous n’étions pas des végétariens fondamentalistes.

Demain matin nous allons aborder les 14 dernières écluses montantes avant le bief de partage qui va nous conduire vers la partie Saône du canal des Vosges.

20140528-181522-65722006.jpg

20140528-181523-65723631.jpg

20140528-181522-65722725.jpg

20140528-181627-65787093.jpg

20140528-181628-65788441.jpg

20140528-181728-65848154.jpg

20140528-181729-65849549.jpg

20140528-181728-65848847.jpg

20140528-181825-65905107.jpg

20140528-181825-65905753.jpg

20140528-181844-65924345.jpg

20140528-181844-65924572.jpg

Publié dans église, Château, Exploration, Linssen Dutch Sturdy 320, Navigation | Tagué , , , , , , | Laisser un commentaire

De Richardménil à Charmes et faites attention à Lady

Charmes n’a de charme que son nom. Un long quai en béton avec 56 campings cars alignés en rang d’oignon, l’avant vers le canal. Une péniche hôtel, une péniche anglaise et une vedette Hollandaise de 15m, immatriculée à Rotterdam forment le comité d’accueil.
Nous sommes lundi, un seul boulanger est ouvert et tous les autres magasins sont fermés.

Le Lady n’est pas amarré ici. Hier le capitaine du port et son épouse nous ont décrit leurs déboires avec l’équipage de ce plaisancier.
Il y a trois jours ce bateau accompagné de deux autres plaisanciers s’amarrent à Richardménil.
Les préposés à la récolte des frais de stationnements, un retraité et son épouse, découvrent les équipages des trois bateaux en état d’ébriété, de la bière forte à 7° en petites bouteilles, « je ne savais pas que ça existait » commente-t-il, réunis sur le Lady, une vedette Hollandaise de 13,40 m.
L’électricité est branchée, ce qui met la facture à 6€ + 2€, un prix plus que modeste si on le compare au tarif des haltes nautiques aux Pays-Bas.
Les Hollandais protestent, le ton monte ils en viennent presque aux mains, les deux braves abandonnent le combat et rentrent chez eux, frustrés et sans monnaie.
Comme je leur prête une oreille attentive, ils en vont d’anecdote en anecdote sur les méfaits des plaisanciers Bataves.
Mon histoire préférée est la suivante: Pour éviter les abus, le port est équipé d’une alimentation en eau à actionner à l’aide d’un bouton poussoir. Un jour notre capitaine en retraite découvre un yacht Hollandais équipé d’un système de bouches d’aspersion fixées tout au long du bastingage, le système sert à rafraîchir le bateau par fortes chaleurs. Le propriétaire est assis sur un petit tabouret devant la borne d’alimentation, il maintien le bouton poussoir enfoncé avec son genou, pendant que son épouse à bord du bateau baigne dans un nuage de fine goutes d’eau.

Nos voisins du Nord ont la fâcheuse réputation d’être pingres, arrogants et de considérer le pays traversé comme territoire conquis.
Bien évidemment, la loi universelle de Pareto est aussi applicable aux plaisanciers Hollandais, on trouve toujours 20% de cons qui emmerdent les 80% des gens honnêtes.

À l’écluse de Gripport, pendant la bassinée, M. découvre que l’ancienne maison de l’éclusier à été transformée en gîte pour chauve-souris. Les espèces disparaissent en France et les VNF et la CPEPESC (Commission de Protection des Eaux, du Patrimoine, de l’ Environnement, du Sous-sol et des Chiroptères) décident de mettre la maison désaffectée à la disposition des chauves-souris. L’intérieur est vidé, des trous sont percés dans les murs extérieurs et sur la façade des abris spécialement conçus sont placés, depuis lors, les mammifères ont pris possession de leur nouvelle habitation.

Il est 14:40 lorsque nous frappons nos amarres au quai du port de plaisance de Charmes, nous avons parcouru 31 kilomètres et franchis 15 écluses automatiques. Une seule panne à signaler à la 37, vite réparée, la technicienne connaît le problème, la porte aval bloque souvent, « il doit y avoir un objet non identifié dans le fond du bassin, les pompiers ne veulent venir que moyennant paiement, sauf si un bateau reste coincé entre les portes, alors on attend et on dépanne », nous fait-elle, avec philosophie.

Nous profitons des 15 minutes d’attente pour prendre un lunch, pain, avocat et fromage.
Le fruit est parfait pour la consommation, la chair, de couleur jaune verte est moelleuse à souhait, sans aucune trace noire.
Je vous livre le truc: vous achetez les avocats les plus durs possible, impropres à la consommation immédiate. Vous les enveloppez dans du papier journal et vous les entreposez dans un fond de tiroir, sous les chaussettes par exemple.
Ils vont mûrir lentement, sans s’oxyder et au bout de quelques jours vous consommerez des fruits délicieux. Le seul inconvénient de ce truc est qu’il ne faut pas les oublier, cela ne nous est pas encore arrivé mais je me demande de quoi aura l’air l’avocat qui a séjourné six mois dans un tiroir à gants.
Le nôtre a été acheté à Verdun, il y a trois jours.
Demain Epinal.

20140526-195925-71965033.jpg

20140526-195925-71965995.jpg

20140526-200013-72013189.jpg

20140526-200013-72013387.jpg

20140526-200115-72075139.jpg

20140526-200149-72109780.jpg

20140526-200148-72108654.jpg

20140526-200247-72167666.jpg

20140526-200247-72167363.jpg

20140526-200401-72241105.jpg

20140526-200401-72241777.jpg

20140526-200640-72400371.jpg

Publié dans Exploration, Linssen Dutch Sturdy 320, Navigation | Tagué , , , , , | Laisser un commentaire

De Toul à Richardménil et notre chatte Lola

Un pictogramme dessiné à la main sur mon guide fluvial me signale que Richardménil est une halte à 2 souris.
En 2009 nous avons fait le même trajet avec Lola à bord. Notre chatte aimait le bateau et elle favorisait les amarrages nature où elle pouvait chasser et nous ramener ses proies avant de les dévorer.
J’avais pris l’habitude de donner aux endroits d’amarrage une cotation en fonction des souris, rats et autres grenouilles que notre félin, une excellente chasseresse, se plaisait à nous offrir.

Lola est morte en avril 2010, elle avait 11 ans. En début de cette saison nous avions observé qu’elle ne mangeait plus et buvait à peine. Le vétérinaire que nous avons consulté à Sens, nous descendions l’Yonne, pour remonter à Paris, diagnostiqua qu’elle souffrait du sida des chats, maladie incurable, il mît fin à ses souffrances.
Depuis lors nous voyageons sans animal domestique, c’est plus commode, nous ne devons plus penser à fermer le carré avant de couper le moteur dans les écluses, de peur que Lola pense que nous sommes arrivés à destination et bondit à terre à la recherche d’un terrain de chasse, ce qui nous est arrivé sur une écluse de la Seine. Lui faire comprendre que notre navigation n’était pas terminée ce jour-là et la ramener à bord avant la fin de l’éclusage, ne fut pas chose facile.
Néanmoins, elle a laissé un grand vide à bord du Chat Lune, compensé bien évidemment par Black et Toby.

Nous voilà au début du canal des Vosges, à 95 km et 79 écluses de Fontenoy-le-Château où je vais pouvoir faire le plein de gasoil.
La France est pauvre en stations de pompage fluviales. Lorsque le hasard en met une sur votre chemin, faites le plein, sinon préparez-vous à trimballer des bidons de 20 litres de votre bateau à la station essence routière et retour, avec ou sans chariot selon votre équipement.
Ce problème ne se pose pas en Hollande ou en Allemagne, ce qui fait que le Poseidon, un plaisancier Berlinois avec lequel nous faisons un bout de route depuis Verdun, m’a emprunté mes deux bidons de réserve pour aller se ravitailler à la station Total de Toul, à 500 m du port. Regine, la dame du bateau à fait 10 voyages avec un bidon vide à l’aller et un rempli au retour, à l’arrière de son vélo pliable.

Ce soir nous mangeons des asperges avec des œufs durs et des pommes de terre vapeur.
Demain nous allons à Charmes.

20140525-165356-60836311.jpg

20140525-165357-60837031.jpg

20140525-165647-61007031.jpg

20140525-165646-61006346.jpg

20140525-165809-61089706.jpg

20140525-170223-61343393.jpg

20140525-170432-61472324.jpg

20140525-170553-61553543.jpg

20140525-170553-61553366.jpg

Publié dans Exploration, Linssen Dutch Sturdy 320, Navigation, Réflexion | Tagué , , , | Laisser un commentaire

Verdun, Saint-Mihiel, Pagny-sur-Meuse,Toul, la rose de l’éclusier et mes piles de mes montres

Nous sommes arrivés à Toul ce samedi 24 mai en fin de matinée, 14 kilomètres et 12 écluses avalantes depuis Pagny-sur-Meuse.

Avant-hier nous avons fait le trajet de Verdun à Saint-Mihiel et hier celui de Saint-Mihiel à Pagny.
Les écluses de Verdun à Saint-Mihiel sont manuelles, c’est-à-dire que nous étions accompagnés, le Poseidon de Berlin et le Chat Lune d’Auxerre, d’un éclusier en voiture qui opérait les ouvrages d’art. Une fois les bateaux sortis d’une écluse, l’homme refermait les portes amont, baissait les vantelles, prenait son auto jusqu’à l’écluse suivante qu’il vidait après quoi il nous ouvrait les portes aval et nous pénétrions dans le bassin.

À l’écluse de Rouvroy, la dernière avant Saint-Mihiel, notre éclusier m’explique que nous sommes ses derniers bateaux, il a été muté à sa demande sur une écluse grand gabarit de la Moselle, « Du haut de ma tour, je verrai toujours les bateaux, mais eux ne me verrons plus ».
Sur ces entrefaites, pendant que l’écluse se remplit, il pars vers la maison de l’éclusier, et avec son couteau coupe deux belles roses rouges qu’il remet à M. et à Regine, la dame du Poseidon, le bateau allemand avec lequel nous partageons les écluses depuis Verdun.
« Pour célébrer mon dernier éclusage manuel et mes deux derniers bateaux », commente-t-il, nous le remercions et lui souhaitons du succès dans son nouveau travail.

De Saint-Mihiel il faut retenir trois endroits à visiter. La boulangerie-pâtisserie Sereivan, 4 rue du Général Pershing, pour ses croissants aux amandes et ses Sant-Christophes, une espèce de macaron fourré à la crème au goût café; le légumier, place Joseph Bailleux, à main droite lorsque vous venez du port de plaisance, pour son large assortiment de légumes et fruits frais et la maison de la presse, rue notre Dame, pour le beau sourire de la charmante propriétaire.

À Pagny-sur-Meuse, il n’y a rien à faire ni à voir, sauf pour les amateurs de symbolisme mortuaire, à qui je recommande d’aller admirer le portique en granite sculpté qui surplombe l’entrée du cimetière. Sur la poutre maîtresse vous reconnaitrez le sablier ailé entouré de deux serpents, un hibou à chaque coin et le tout surmonté d’une urne voilée.

Cette année-ci j’ai pris à bord deux montres, une Timex navigation que M. m’a offert à Paris il y a deux ans, elle donne l’heure et la date et elle comporte un compas et indicateur de marées. La seconde est une Rochet Cape Cod, cadeau de mon frère, les chiffres sont représenté par leur symbole en pavillons marins. Toutes deux sont des montres à quartz dont la particularité est de s’arrêter au moment où on en a besoin.
La Timex me laissa en rade à Namur et l’horloger à qui je la confie me compte 9€ pour le remplacement de la pile.
La Rochet s’arrêta à Pagny et croyant être malin, à l’aide de mon Leatherman, le modèle de base que j’ai acheté à New York il y a 25 ans, j’ouvre le couvercle, je sors la pile modèle SR626SW que je présente à un horloger ici à Toul. La dame sort de son tiroir une pile neuve et me compte 8€.
Revenu au bateau, je procède au remplacement de la pile. Je précise, pour ceux que cela intéresse, que pour replacer le joint d’étanchéité, le truc est de graisser très légèrement la rainure avec de la crème Nivea par exemple et d’utiliser pour ce faire un cure-dent. Ainsi le joint reste collé dans la rainure et le couvercle se visse facilement. La morale de l’histoire est que tout compte fait, sauf si vous aimez le bricolage miniature, il vaut mieux confier le remplacement de la pile de vos montres à quartz à un horloger, la différence de prix ne vaut pas l’effort.
Mes deux montres fonctionnent à nouveau.

Demain nous quittons Toul pour nous engager dans le Canal des Vosges, c’est le canal qui double la Moselle à partir de Toul jusque Corre en passant par Epinal.

20140524-215648-79008700.jpg

20140524-215716-79036060.jpg

20140524-215716-79036914.jpg

20140524-215717-79037621.jpg

20140524-215716-79036239.jpg

20140524-215820-79100688.jpg

20140524-215821-79101372.jpg

20140524-215843-79123540.jpg

20140524-215842-79122844.jpg

20140524-215843-79123713.jpg

20140524-215911-79151320.jpg

20140524-215911-79151505.jpg

20140524-215910-79150330.jpg

Publié dans Cimetières, Exploration, Linssen Dutch Sturdy 320, Navigation | Tagué , , , , , , | Laisser un commentaire

Verdun

Ce matin il pleut, c’est étonnant comme on s’habitue au soleil.
Nous sommes amarrés à Verdun, rive gauche sur les pontons flottants.
À partir de l’écluse 27 de Warinvaux, jusqu’à l’écluse 11 de Rouvrois-sur-Meuse, l’automatisme fait place à une équipe d’éclusiers ‘volant’ qui accompagnent les plaisanciers et opèrent les ouvrages d’art. Les ‘nôtres’ sont sympathiques et efficaces et nous faisons le trajet de Mouzon à Verdun, 41 km et 9 écluses en 6:45.
Il ne reste que 2 emplacements aux pontons rive gauche, l’endroit est populaire. Une photo sur une brochure montre le port en été, les deux quais sont remplis en double!.

Sur la gauche en un peu avant d’arriver à Verdun nous avons aperçu en haut de la colline, la tour de l’Ossuaire de Douaumont, monument emblématique qui abrite 130.000 corps de soldats français et allemands non identifiés.

Pour me mettre dans l’ambiance, je viens de terminer la lecture de deux livres sur la Grande Guerre, ‘De Grote Oorlog’ de l’historienne Sophie de Schaepdriver et Oorlog en Terpentijn de Stefaan Hertmans.
Malgré la lecture, la visite des lieux, tel que la citadelle et les cimetières, mon imagination de citoyen du 21ème siècle est incapable de saisir l’horreur de cette guerre et de ses batailles.
La guerre à changé de visage.
Aujourd’hui lorsqu’un seul soldat anglais est tué en Afghanistan, tous les journaux en font la une, le lendemain.
La bataille de Verdun en 1916 coûta la vie à plus de 700.000 soldats, cela fait une moyenne de 70.000 morts par mois pendant les 10 mois de sa durée. Plus de trois fois la population de la ville actuelle, par mois.

Le parcours en train électrique des couloirs de la citadelle est une tentative de reconstitution bien faite de la vie à l’intérieur de la forteresse pendant cet affrontement.
Mais encore, je dois forcer mon imagination pour sentir la poudre, la pourriture, la peur, le bruit infernal des obus qui tombent à l’extérieur et le cris des blessés et des mourants que les brancardiers ramènent aux postes de secours.

Cent ans déjà, ça aurait dû être la dernière mais partout dans le monde, les hommes se battent et se tuent toujours avec autant d’enthousiasme et de créativité.

Il est bon qu’il y ait partout en Europe des cérémonies de commémoration de la folie et l’absurdité de cette guerre, peut-être que les écoliers qui prennent le petit train de la citadelle en garderons quelque chose en mémoire.

Nous avons décidé de rester trois nuits à Verdun, on se repose un peu, on se ballade en ville, M. fait une grande lessive au Lavomatic en face du port et nous remplissons quatre sacs de provisions achetés au Leclercq situé place Maurice Genevoix, à 1 km du bateau.

Chez Verdun-Antiquités, avenue Douaumont, M. repère un métronome de poche dans un étui en Bakélite pour un prix tout à fait abordable. En chineur averti, M. discute et fait une offre à moins 20%, le vendeur accepte de bonne grâce et nous voilà répartis avec un objet ancien, beau et qui marche et dont nous n’avons pas du tout l’usage. Nous sommes charmés par la sonorité profonde du tictac de la minuscule caisse de résonance de l’engin.

Le soir après le souper nous partons vers le carrefour des Maréchaux.
Entre les deux guerres, la fabrication de 17 statues de maréchaux, généraux et un amiral fut confié à de jeunes artistes, prix de Rome. L’idée était de les placer dans des niches de la façade du Louvre, rue de Rivoli. Le travail terminé, on se rendit compte qu’elles étaient trop grandes et pendant quelques décennies, elles restèrent dans leurs caisses, jusqu’au jour ou en 1960, François Schleiter, le maire de Verdun, demanda à André Malraux, alors ministre d’état charge des affaires Culturelles, de pouvoir les placer à Verdun, « Ce serait d’un plus bel effet à l’entrée de la Citadelle ».
Malraux accepta car en plus cela tombait bien, »Nous n’avons plus de place dans nos dépôts ».
Une fois placées, on se rendit compte que celle du maréchal Joffre manquait à l’appel.
Les mauvaises langues disent qu’elle à été éliminée à dessein car J’offre est un chef militaire controversé suite à sa stratégie peu efficiente et coûteuse en vies humaines lors de la bataille de Verdun. Nous comptons seize statues à l’entrée de la ville.

Demain nous allons à Lacroix-sur-Meuse, nous avons décidé de ralentir notre rythme de navigation à une trentaine de kilomètres par jour, les journées de sept heures sont trop fatigantes.

20140521-181405-65645312.jpg

20140521-181405-65645217.jpg

20140521-181406-65646295.jpg

20140521-181406-65646040.jpg

20140521-181452-65692222.jpg

20140521-181451-65691883.jpg

20140521-181451-65691548.jpg

20140521-181451-65691722.jpg

20140521-181452-65692045.jpg

20140521-181452-65692421.jpg

20140521-181609-65769236.jpg

20140521-181609-65769031.jpg

20140521-181611-65771317.jpg

20140521-181609-65769868.jpg

20140521-181610-65770599.jpg

20140521-181612-65772568.jpg

20140521-181701-65821071.jpg

20140521-181701-65821865.jpg

20140521-181702-65822307.jpg

20140521-181818-65898614.jpg

20140521-181818-65898290.jpg

20140521-181818-65898560.jpg

20140521-181817-65897588.jpg

20140521-181816-65896973.jpg

image20140521-181845-65925596.jpg

Publié dans église, Château, Cimetières, Exploration, Exposition, La mort, Linssen Dutch Sturdy 320, Musées, Navigation, Réflexion | Tagué , , , | 3 commentaires