De Mouzon à Dun-sur-Meuse

Pendant que vos pâtes cuisent, vous faites revenir un gros oignon dans une casserole séparée. Lorsqu’il est glacé vous ajoutez une petite boîte de sauce Italienne à la viande rôtie de chez Leader Price ainsi qu’une petite boîte de thon. Touillez avec une fourchette pour bien mélanger l’ensemble et assaisonnez, sel poivre et selon vos goûts, quelques goutes d’une sauce aux piments. Égouttez les pâtes, mélanger le tout et saupoudrez votre assiette de parmesan râpé. C’est une recette simple, rapide, bon marché et délicieuse que nous a servi un jour Gilles du bateau Lisa Belle au port de l’Arsenal à Paris. Nous y ajoutons un peu de basilic frais, nous avons l’habitude d’avoir à bord cette herbe, il s’avère qu’elle aime la navigation et chaque année elle fait partie des condiments de la cuisine et elle pousse, elle pousse. Il était 13:35 lorsque nous avons amarré le Chat Lune à Dun-sur-Meuse, après 38 km et 7 écluses de navigation depuis Mouzon. Le Bever y est déjà, c’est un ketch Hollandais de Roermond, 12m de long, les deux mats abaissés, un à l’arrière pour gréer une voile de stabilisation et un à l’avant qui ne sert à rien car le bateau pèse 27 T et il faudrait un vent très fort pour le faire avancer comme me le signalait son propriétaire que nous avons rencontré à Mouzon hier. Sur le quai en face des pontons, je compte 14 camping cars. Devant nous le Mistral, un autre plaisancier Hollandais est en panne de rupture de conduite de carburant, lequel s’est répandu sur la rivière ce qui dégage une odeur désagréable, avec le courant finit par se dissiper. Le skipper ne connaît que deux mots de français, ‘Pays Bas’, M. traduit, la capitaine du port lui renseigne un garage, qui ne peut rien mais le garage lui renseigne une entreprise de vente de tracteurs qui pourra le dépanner demain. Au village, près de l’écluse nous découvrons une salle d’exposition qui offre une intéressante rétrospective historique et chronologique de la Grande Guerre. Demain nous allons à Verdun. 20140518-202521-73521824.jpg 20140518-202623-73583637.jpg 20140518-202623-73583472.jpg 20140518-202624-73584408.jpg 20140518-202623-73583951.jpg 20140518-202624-73584708.jpg 20140518-202623-73583792.jpg 20140518-202624-73584864.jpg 20140518-202624-73584257.jpg 20140518-202624-73584554.jpg    20140518-202713-73633473.jpg

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Mouzon, la vie de la capitaine du port et le musée du feutre

Les meilleurs croissants de la ville se trouvent à la boulangerie de Monsieur et Madame Seramour, située rue Charles de Gaulle, en face du Bar Presse Expresso. Les pains au chocolat méritent également une mention d’excellence, ils sont du modèle à deux barres de noir et la croute est bien cuite sans être brûlée, un délice.

Plein soleil toute la journée, ce matin séance de nettoyage intérieure du Chat Lune, M. y va à la serpillère. À l’extérieur j’enlève les résidus de boues des rambardes inoxydables et je retouche à la peinture blanche quelques éclats sur le pont avant.
Un garçon de trois ans en tricycle passe sur le quai avec son papa et il commente: « Ça c’est le plus beau bateau que j’ai vu de ma vie ». Je lui souhaite de voir encore beaucoup de bateaux, mais c’est un bon début, le gamin du goût.

Vers 18:15 la capitaine du port rapplique en pantalon blanc et en courte robe noire, elle tient dans une main quelques zakouskis et dans l’autre un verre en plastique à moitié rempli d’un liquide jaune, elle vient de la réception du mariage que nous avons aperçu sur le parvis de l’abbatiale en nous promenant en ville cet après-midi.

Visiblement en mal de conversation elle nous raconte sa vie, qu’elle travaille à la mairie, qu’elle nettoie les classes de ‘ses’ écoles, qu’elle partage la capitainerie avec une collègue qui prend sa retraite l’année prochaine et alors elle sera seule à assumer tout cela, mais elle s’organisera, encore que ses enfants lui demandent de ‘travailler un peu moins maman’, mais tant que les deux derniers seront à charge et en scolarité, le gamin a seize ans et rêve d’étudier l’agriculture et la moyenne qui viens d’avoir dix-huit ans, étudie la vente, elle aura son bac cet été et elle pense aller travailler en Belgique, l’année dernière elle a fait un stage à Libramont et on était très content d’elle.
L’aînée est mariée, mais ça a été dur lorsqu’elle a quitté la maison, « mais enfin maman, j’habite à deux pas », mais c’est un vide quand même.
Son rêve est de partir, au Portugal par exemple, où il y a 260 jours de soleil par an, « part donc maman », lui répètent ses enfants, « mais vous pensez bien, tant qu’ils sont encore chez moi »…
A ce moment, la dame du bateau Belge qui est arrivé ce soir se dirige vers le local de la capitainerie, notre interlocutrice s’interrompt et court la rejoindre, nous ne connaîtrons pas la suite de son histoire.

Sur la berge opposée de la Meuse une adolescente crie: « Monsieur, do you speak english? » Sa copine fait: « Tu ne vois pas qu’il est Français ».
J’ai découvert que pour calmer l’ardeur des ados il suffit de brandir mon appareil photo, le résultat est immédiat, ça se traduit généralement par des hurlements et souvent la fuite. Aujourd’hui, mes gamines ont eu la réaction décrite, ensuite elle se sont ravisées et ont pris une pose, voir la photo ci-jointe.

Le musée du feutre est un beau petit musée, voir http://musees-de-france-champagne-ardenne.culture.fr/musee_mouzon.html pour plus de détails.
Comme je l’ai écrit hier, aujourd’hui c’est la nuit des musées et il est ouvert au public jusque 22:00.

Demain nous allons naviguer, mais avant de partir j’irai acheter trois croissants et deux pains au chocolat chez monsieur et madame Seramour.

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De Charleville-Mézières à Mouzon

Au PK 116,5 après le pont, dans la déviation entre l’écluse de Remilly et le PK 118, cinq techniciens des Voies Navigables de France s’affairent. Un sur chaque bord en veille, deux dans une petite barquette à moteur et le chef, un ingénieur géomètre, un mètre de pliable et un plan en main, donne des instructions.
Je passe à petite vitesse et M. lance au veilleur rive droite: »Alors, les grands travaux? », « Non, répond-t-il, on mesure la profondeur ». Je jette un coup d’œil à mon sondeur et je lui répond: « 1,20m sous la quille, ça vous fait 2,30m d’eau, vous pouvez rentrer chez vous », hilarité!

Un peu avant l’écluse 37 de Sedan on peut lire rive gauche, sur un panneau de 2m sur 1m, ‘Halte Fluviale Municipale à 800 m’, le texte est répété en anglais et allemand. Passé l’écluse, sur la même rive, un panneau analogue annonce la halte à 500m.
En réalité, il n’y a plus de halte fluviale à Sedan depuis l’année dernière. Je me suis laissé dire que le propriétaire du camping qui gérait l’infrastructure en avait eu marre de voir ses pontons se briser à chaque crue de la Meuse et qu’à la dernière occasion il les avait sortis et entreposés sur la berge, sans plus avoir l’intention de jamais les remettre à l’eau.
Voilà une ville qui nous néglige, pourtant on aimerait bien visiter la forteresse.

Les transports en communs ne font pas mieux, de Mouzon à Sedan, il y a 3 bus par jour et le premier est à 07:00 du matin, pas de transport le dimanche.

Nous avons quitté le bassin presque vide de Charleville ce matin à 08:50, 45km et 7 écluses plus tard nous frappons les amarres au quai du port de plaisance de Mouzon, il est 15:00.
Il est situé en partie dans l’embranchement qui part vers le barrage, le courant est très fort, j’y pénètre en marche arrière, j’enclenche le propulseur d’étrave et je donne un grand coup de queue pour redresser le bateau, le skipper Allemand de l’Arnoldina de Wessem nous aide à la manoeuvre, tout ce passe bien.

Le temps d’une sieste et nous dégustons un savoureux moelleux aux pommes acheté la veille à la boulangerie du Mont Olympe dans la rue du Moulin à Charleville, retenez l’adresse, le pain aussi est excellent.

Depuis ce matin, le soleil brille de tous ses éclats, de temps à autre un cumulus le voile, mais c’est temporaire, quelle belle navigation, la Meuse continue à nous enchanter.

L’année dernière nous avons descendu la Meuse de Toul au canal des Ardennes. Bert, un Hollandais sur son Allegro, qui connaît bien la rivière pour l’avoir parcourue maintes fois, l’appelait la route de la ‘flotte grisonnante’, rapport à l’âge des plaisanciers qui l’empruntent.
Bert a parcouru toutes les rivières de France et il commentait que la vallée de la Meuse était plus belle que le canal du midi.

Demain nous allons voir le musée du feutre, l’entrée sera gratuite car c’est la nuit des musées, il n’y a pas de petits profits.

Pour la petite histoire, le syndicat d’initiative de Mouzon s’appelle le bureau du tourisme.

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Charleville-Mézières

Pour ceux d’entre vous qui n’avez pas le temps ni l’envie de lire un livre sur l’histoire des deux villes, voir de consulter Wikipedia sur le sujet, je vous livre ma version Twitter-Magnum de l’histoire de Charleville-Mézières.

Au départ il y avait la mer, puis la Meuse, puis les incontournables Romains et au 10e siècle, Herlebald, comte de Castille construit à Mézières un château en bois.
La ville prospère et construit une cathédrale romane qui au fil des ans devient une basilique gothique où se marie en 1570 le roi de France Charles IX.
En 1606 le prince d’origine italienne Charles de Gonzague, comte de Rethel fonde sur la rive opposée de la Meuse une ville qui porte son nom, elle est baroque et géométrique avec au centre la place Ducale, une copie conforme de la place des Vosges à Paris, les jardins en moins.
Une bataille économique oppose les deux villes, Charleville gagne.

Les Carolomacériens se sont réconciliés depuis et chaque ville offre de quoi occuper les touristes.

Ce matin, nous ne sommes plus que trois dans le bassin du port. Le muesli mangé, nous passons la passerelle sur la Meuse, on laisse à main droite le moulin qui abrite musée Rimbaud et au bout de la rue du Moulin on découvre la place Ducale. Nous longeons le syndicat d’initiative qui s’appelle l’office du tourisme et pas le centre d’information comme je l’écrivais hier, pour aller au marché couvert où j’achète un morceau de Bleu des Causses, mon bleu préféré.
Le patron du bistro où je bois ensuite un café me raconte que ce matin il a du racler la glace du pare-brise de sa voiture avant de se rendre à Sedan, sur le Chat Lune aussi, la nuit était froide.

Nous décidons d’aller ce matin à Mézières, la statue Bayard, le chevalier qui en 1521 sauva Mézières de Charles Quint, Notre Dame et les vitraux de René Dürbach, les remparts et la façade de la Préfecture, l’ancien palais de Tournelles des Ducs de Bourgogne.

Pour aller de Charleville à Mézières il faut passer sous le pont des Deux Villes, un pont de chemin de fer qui fut construit en 1913 suite à la collision le 26 juin 1911, entre une locomotive et le tramway qui reliait les deux villes, l’accident fit deux morts.

Sur le Cours Aristide Briand, le restaurant la Côte d’Os propose comme plat du jour une épaule de veau avec légumes poelés et pommes de terre, on y va. Le garçon prend la commande et une demi heure plus tard notre table est toujours vide. M. s’inquiète auprès d’une serveuse qui s’excuse, la commande n’avait pas été enregistrée, rebelote, enfin les plats apparaissent, la nourriture est excellente.
Un peu frustrés, à la sortie, on fauche l’Ardennais, le journal local, dans lequel on lit qu’un plaisancier Hollandais s’est enlisé hier dans les hauts fonds de la Meuse à Charleville et qu’il a fallu les pompiers pour le sortir de sa mésaventure.

Le point d’orgue de la journée est la visite du Musée de l’Ardenne. Moderne et aéré les salles sont ouvertes et les pièces remarquablement bien exposées, retracent l’histoire de la ville, ses industries, le travail de l’ardoise, la manufacture d’armes et les collections de marionnettes.
Dans la section archéologique on repère une tête de femme en ivoire de mammouth, haute de
3 cm datant de 25000 ans avant nous.
La place Ducale et ce musée méritent la visite de cette double ville.

C’était notre journée de repos, on n’a fait que courir en rond, demain on navigue.

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De Revin à Charleville-Mézières et la visite guidée de l’église

Ce matin un brouillard épais réduit la visibilité à 20 mètres, M. fait remarquer que ce n’est pas étonnant, 08:00 du matin heure d’été correspond à 06:00 heure solaire. Le temps de faire notre toilette et de manger notre muesli on y voit assez pour aller se balader en ville et chercher la maison espagnole qui abrite le syndicat d’initiative, appelé actuellement centre d’information.
Je continue à utiliser la première appellation, ça m’amuse, ça cadre mon âge et ça allume un point d’interrogation dans les yeux des passants à qui je demande le chemin pour l’endroit.

En route, nous passons devant l’église Notre-Dame. Un jeune ecclésiastique, pantalon noir, pull noir et petit col blanc, un trousseau de clés en mains, s’affaire devant le portique ouvert d’où sort une dame bien mise aux cheveux gris, imperméable de la même couleur fermé jusqu’au col. Elle porte un sac en plastique et un sac en toile beige remplis d’objets que je ne peux pas identifier.
Les deux sont sur le point de quitter l’église mais M. s’interpose et demande si nous pouvons jeter un coup d’œil à l’intérieur?
Le curé ni voit pas d’inconvénient, mais comme il est pressé, il déleste la dame de ses deux sacs, lui remet les clés des lieux et lui demande de nous servir de guide.
Elle accepte avec le visible plaisir de nous montrer l’église qu’elle connaît bien et dont elle est, avec son amie Maryse, qui pour le moment réside à Toulouse chez ses enfants, une des personnes qui en assure l’entretien.
Nous avons droit à une visite détaillée, elle nous montre aussi la sacristie, dont l’antichambre a été transformée en une petite chapelle où a lieu une messe journalière pour 7 à 15 personnes selon les jours, endroit plus intime pour un petit groupe, que les stalles du cœur, nous confie-t-elle.

Les boiseries des armoires qui contiennent les vêtements du culte reluisent d’encaustique, les cuivres des calices, patènes, ciboires, encensoirs, burettes et candélabres posés sur le grand buffet brillent de tous leur éclats.
« Marie et moi veillons à ce que tout soit propre » nous souligne fièrement notre guide.
« Après le second concile du Vatican », explique-t-elle « l’Abbé de l’époque à fait enlever toutes les statues qui ornaient les colonnes ainsi que le chemin de croix ». « Heureusement, notre petit abbé est en train de ré-décorer notre église, le chemin de croix vient d’être nettoyé et remis en place. Les statues par contre ont disparu, elles ont du être vendues à un antiquaire, mais on les cherche, on les cherche » fait-elle avec un grand sourire confiant.
Les murs latéraux de la nef comportent les 14 stations, chacune d’un mètre de haut avec des personnages moulés couleur grisaille sur fond doré, le tout enchâssé dans des cadres de chêne.

La maison espagnole n’ouvre ses portes qu’à 14:00, qu’importe, nous avons eu notre dose d’information touristique journalière, nous rentrons au bateau et lâchons les amarres en route pour Charleville-Mézières.
Quarante kilomètres et sept écluses plus tard sans une goute de pluie et souvent sous un beau soleil, nous entrons dans le port de la ville sous une ‘drache’ mouillante.

Pour pénétrer dans le bassin du port de plaisance il faut passer sous une passerelle dont le tirant d’air est inférieur à 3 m. Le bimini abaissé nous passons sans problème sous l’obstacle pour découvrir un port bien structuré dans lequel il n’y a que trois autres bateaux de plaisance amarrés.
Le capitaine du port m’explique qu’à la construction, il y a de cela dix ans, les concepteurs ont du être mal informés. Le résultat est que la belle infrastructure n’accueille que peu de bateaux et que les 80 emplacements sont en majorité vides, comme c’est le cas aujourd’hui.
Il rajoute que le devis pour rehausser la passerelle de 45cm s’élève à 75.000€, ce que la mairie ne souhaite pas dépenser.
Quelle bêtise.

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De Givet à Revin et la boucherie Snoeck à Fumay

Depuis notre départ de Gand il y a deux semaines, nous avons eu des averses de pluie chaque jour, par intermittence, entrecoupé de belles éclaircies.

Trois kilomètres après Givet se trouve l’écluse des trois Fontaines suivie d’un tunnel long de 1km 260, à la sortie du tunnel, l’écluse de Ham. Les deux écluses sont manuelles car VNF n’a pas réussi à régler l’automatisation, nous confie l’éclusier.
Le préposé et nous sommes du même avis, nous préférons les éclusiers aux automates et les éclusiers préfèrent opérer les ouvrages d’art plutôt que de courir dépanner les systèmes défaillants. À ce propos, trois des neufs écluses que nous avons franchies aujourd’hui ont du être dépannées par l’équipe volante, 30% de pannes.

Il ne pleut pas encore ce matin, mais on parle du temps et l’éclusier nous explique que les anciens barragistes parlaient des bouillons de mai. Selon lui, la météo actuelle est normale, au début du mois on a les Saints de Glace et ensuite la pluie, voilà qui nous rassure, on a froid et on est mouillés, mais dans les normes.

En réalité, au fil des jours nous nous sommes endurcis et bien entendu nous sommes bien équipés et sauf lorsqu’il tombe des halebardes, nous pilotons le bateau de l’extérieur, sans souffrir du froid ni de la pluie. Le matin pour le petit déjeuner et le soir pour lire et écrire, nous allumons le chauffage à air pulsé et il fait très confortable à vivre dans le carré. Le Chat Lune est un bateau très confortable par n’importe quel temps.

Nous quittons Givet à 08:50 nous amarrons le bateau à Fumay à 13:15 avec la bonne intention d’y passer l’après-midi et la nuit.
Nous utilisons le guide fluvial des éditions du Breil. Je les préfère aux Fluviacartes, les pages sont plus larges et le Nord est au Nord, comme sur les cartes marines.

Le commentaire du guide sous la rubrique Fumay, nous conseille la boucherie Snoeck et son boudin blanc à l’oignon.
Nous rangeons le bateau, prenons un lunch suivi d’une bonne sieste et vers 15:00 nous poussons la porte de Snoeck, le magasin est à 50 m du quai à droite, dans la rue qui monte vers l’église.
L’aménagement de la boucherie nous projette 50 ans en arrière. À droite en entrant on voit sur toute la largeur de la pièce, un comptoir avec la marchandise exposée derrière lequel se trouve le boucher. En face de lui, un impressionnant véritable ancien Frigidaire en bois massif, muni de deux portes verrouillées avec les traditionnelles poignées en acier poli.
L’homme nous salue, nous taillons une bavette, il explique que son Frigidaire à plus de cent ans d’âge, qu’à l’origine il ne comportait pas de compresseur mais qu’il était refroidi par des blocs de glace qu’on livrait plusieurs fois par semaine.

Nous sortons de chez lui avec du boudin blanc, du boudin noir et du fromage de tête, les trois spécialités de la maison.

Une affiche à la fenêtre de la capitainerie de Fumay mentionne le prix de la nuitée à 12€. Mon guide fluvial qui date de 2009 renseigne 6,10€ pour un bateau de 10 m.
On se regarde, la sieste nous a requinqués, la viande va au frigo, nous remettons nos vestes de pluie, larguons les amarres et partons pour Revin, la prochaine ville, 10 km et 3 écluses plus loin.

Nous y sommes à 17:30, la capitaine du port nous accueille et nous compte 4,70€ pour la nuitée. La différence paye largement nos achats à la boucherie de Fumay.

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De Dinant à Givet et la carte SIM

Nous quittons Dinant à 09:05 et à 13:00 nous frappons nos amarres à un des pontons flottants de la rive droite à Givet, à l’aval du pont.
À l’écluse des 4 Cheminées, la première en France et pour nous, la dernière de la journée avant Givet, nous recevons la commande à distance qui va nous servir à activer les ouvrages d’arts, ponts et écluses, sur la suite de notre parcours sur la Meuse.
Je plaisante avec l’éclusier en lui demandant le Schmilblick, il me répond en imitant Coluche, un connaisseur.

En plein lunch, deux employés de la commune nous demandent de bien vouloir nous déplacer, car le Chat Lune amarré perpendiculairement à la berge, poussé par le courant, risque d’endommager le ponton.
Le yacht Suisse Barri qui s’est mis comme nous au ponton suivant reçoit la même requête et obéissants, nous allons nous amarrer sur le quai fixe en face, sans eau ni électricité. Cela ne nous pose aucun problème car nos réservoirs d’eau potable sont pleins et nos batteries tiennent au moins quarante huit heures sans devoir être rechargées.

En fin de journée, la capitaine du port, une aimable jeune femme blonde, vient nous réclamer 3,05€, le prix du stationnement rive gauche.

En France, pour capter Internet avec mon iPad j’utilise une carte SIM prépayée Orange, système « Let’s Go », à 20€ pour 2Go pendant 31 jours.
J’avais repéré sur internet un ‘Téléphone Store’ qui affiche des produits Orange dans le Centre commercial Les Rives D’Europe, situé Route de Beauraing, un peu en dehors de la ville.
J’enfourche mon Brompton et 2,5 km plus loin je me pointe au guichet du magasin.
Le préposé n’est pas là, l’employée de la papeterie voisine me signale qu’il a du partir faire une course et en effet, vingt minutes plus tard, l’homme que j’attend apparaît pour me signaler qu’il vend des cartes SIM Orange mais que pour les recharges, je dois aller à la papeterie ‘Au Carré d’As’, dans la rue piétonnière de Givet, à 50 m du bateau.

Heureusement que j’aime bien faire du vélo.

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La Meuse, Dinant, la Citadelle, le Spritchoule et Adolphe Sax

Il est 09:00, l’heure d’ouverture des écluses le dimanche sur la Meuse Moyenne, le coucou Suisse dans mon ventre sonne et j’appelle l’écluse ‘la Plante’. « Dans vingt minutes environ », me fait l’éclusier. Je coupe le moteur, on range nos gilets de sauvetage, on ferme le bateau et nous allons chiner dans les brocantes du dimanche matin, installées le long du quai, face au Chat Lune.
On ignore un porte manteau à trois branches art nouveau en bois brun, prix surfait à 20€, même en marchandant dur, le vendeur ne le lâchera pas à la moitié du prix, le maximum que nous aurions déboursé, et puis le fleuve appelle.

À 09:30 nous pénétrons dans la Plante et à 13:30, 27km et 6 écluses plus tard nous frappons nos amarres au pied de la citadelle, rive droite en aval du pont de Dinant.

La citadelle est perchée à 405 marches d’escalier plus haut que la place de la Cathédrale, nous sommes tentés de les gravir mais comme le prix d’entrée est le même, que l’on monte à pied ou que l’on prenne le téléférique, nous optons pour la seconde alternative.

Voir http://www.citedellededinant.be pour plus de détails.

Dans la salle d’arme du musée, entre les fusils, les arquebuses et les baïonnettes, je localise le Spritchoule, une arme qui mérite d’être mentionnée et dont la photo est reproduite ci-dessous.

Adolphe Sax est Dinantais, on le saura, la ville fête le bi-centenaire de sa naissance, l’instrument est représenté à chaque coin de rue, même sur les couques de Dinant dans la vitrine des pâtisseries.

Avant de fermer le présent billet, je me dois de souligner que dans la Cathédrale, au pied de la première colonne à gauche en entrant, on peut admirer une statue en bois grandeur plus que nature, de Saint-Materne, notre saint favori.

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Namur, la Citadelle, Saint-Materne et Dédé le marinier

En l’an 1692, Louis XIV à la tête d’une armée forte de 78.000 hommes, prend d’assaut la citadelle de Namur. Défendue par 7800 soldats, le siège dure un mois et la place forte est conquise.
La guide en conclut que pour prendre une citadelle le ratio attaquants/défendants est de 10 pour 1.
Une fois au mains des Français, Vauban renforce les fortifications que l’architecte militaire Hollandais Menno van Coehoorn avait fait construire antérieurement.
N’empêche que trois ans plus tard, le 2 juillet 1695, l’armée alliée de la Ligue d’Augsbourg, sous le commandement de Guillaume d’Orange, assiège à nouveau la ville et la forteresse; les Français capitulent le 5 septembre 1965.

La citadelle construite sur un promontoire rocheux au confluant de la Sambre et de la Meuse, sert à protéger la ville. Parmi les célébrités de l’histoire, elle a connu Charles-Quint, Napoléon I et enfin l’armée Belge pendant les deux dernières guerres. Depuis son existence, elle a été assiégée 22 fois et chaque fois elle fut prise.
Au sommet, la caserne, aujourd’hui en rénovation, loge le centre d’accueil, elle a été opérationnelle jusqu’en 1977.
Dédé y a fait son service militaire.

La guide nous explique qu’en 1939, craignant une attaque Allemande aux gaz, le ministère de l’armée consacre un pour-cent de son budget pour construire 4 chambres étanches au sein des souterrains. Elles n’ont pas servi et la place forte n’a tenu que 8 jours en 1940.

Nous sommes intéressés par les galeries souterraines. En attendant 10:00 et l’ouverture des guichets, nous faisons une promenade dans le parc avant de nous inscrire pour la première visite guidée de la journée, En ce début de saison nous somme seuls et avons droit à l’exclusivité de la jeune guide namuroise.

Le couple de Japonais que nous rencontrons lors de notre promenade et à qui nous indiquons l’endroit où ils peuvent acheter les tickets d’entrée, sont en Belgique pour une semaine. Ils ont déjà visité Bruges, Bruxelles et Gand. C’est bien entendu cette dernière ville qui s’avère être leur favorite.
Ici, ils choisissent de faire le tour des lieux avec le petit train plutôt que de parcourir les couloirs humides. Demain ils rentrent chez eux.

Pour plus de détails sur la forteresse, cliquez Wiki-Namur-Citadelle.

Hier nous avons quitté Floreffe et 13 km et 2 écluses de Sambre plus loin nous avons rejoint la Meuse et nous sommes amarrés à Jambes sur la rive droite du fleuve en face de la citadelle.

Les pontons en épis sont perpendiculaires à la Meuse et nous avons mis le Chat Lune côté aval, question de pouvoir partir facilement avec le courant sans être collé contre le ponton.
Dédé nous a aidé à l’amarrage. Haut comme trois pommes, l’homme est un ancien marinier, il nous félicite du choix de l’emplacement et pendant la manœuvre, il nous raconte sa vie. À 83 ans il est retraité depuis belle lurette et il vit seul sur le Joan, un bateau de plaisance amarré à une centaine de mètres à l’amont de notre emplacement, près de la capitainerie.
Son épouse est morte il y a deux ans, pendant un repas pris dans un restaurant local.
« Profitez de chaque petit moment de la vie » nous conseille-t-il, « surtout si vous êtes à deux, c’est vite passé ». « Vivre près de l’eau, ça maintien, on respire beaucoup plus d’oxygène que sur terre ».
En allant m’annoncer à la capitainerie, je passe devant son bateau et j’admire l’installation extérieure de son propulseur d’étrave.
Ses yeux brillent, « astucieux, n’est-ce pas, ça évite que le mécanisme ne s’encrasse en restant sous eau », fait-il fièrement.

J’oublie un détail important. Dans la rue Notre Dame, en chemin vers l’entrée de la citadelle nous avons croisé une chapelle dédiée à Saint-Materne, le patron de la confiture. Hier, nous avons aperçu les usines de production, sur la rive droite de la Sambre, en aval de Floreffe.

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L’Abbaye de Floreffe

Là où la connaissance est absente, l’imagination s’installe.

Ainsi, ce matin en gravissant la route et les marches qui mènent à l’Abbaye de Floreffe, je me dis, abbaye égale bière, bière égale brasserie, donc, nous allons visiter une brasserie de bières de moines; oui et non.

L’abbaye de Floreffe est fondée en 1121 par Norbert de Gennep (fondateur de l’ordre des Prémontrés) à la demande des comtes de Namur.
Pour savoir plus cliquez ici: http://www.abbaye-de-floreffe.be

La révolution Française chassa les moines, l’abbaye fut pillée mais non saccagée et en 1819, une école fut créé dans ses locaux.
Aujourd’hui l’institution compte 1500 élèves, 500 en primaire, 1000 en humanités dont 250 internes.

En contrebas de l’abbaye, un moulin fut construit en 1250. Jusqu’à la révolution et la fermeture de l’abbaye en 1797, on y moulait le grain et on y brassait la bière. Aujourd’hui, un établissement situé à l’étage offre aux visiteurs, bières, fromage et pain de l’abbaye.
Ces produits ne sont bien entendu pas fabriqués sur place et la bière provient de la brasserie Lefèbvre à Quenast.

La visite guidée de l’abbaye à lieu tous les jours, toutes les heures à partir de 13:30.
Le matin nous faisons le tour de la propriété et l’après-midi nous retrouvons un guide sympathique mais handicapé par une douleur lombaire qui l’oblige à marcher avec une canne et à s’arrêter pour s’assoir dès que le trajet le lui permet. Il débite ses connaissances d’une voix monocorde, le texte est gravé dans sa mémoire, il a fait le trajet des milliers de fois, mais il reste instructif et bon enfant et ses réponses à nos questions prouvent qu’il connaît bien le sujet. À la sortie, en plus des 2,5€ du prix de la visite, on lui refile un dringuelle.

Au fond de l’église toute blanche on peut admirer le chœur comportant 74 stalles en chêne. Elles demandent d’être nettoyées mais elles sont très bien conservées. Le sculpteur namurois d’origine allemande Pierre Enderlin a mis seize ans, entre 1632 et 1648, pour réaliser ce chef-d’œuvre baroque du mobilier religieux. Chaque siège est individualisé, des personnages de l’Ancien et du Nouveau Testament, des anges et des grotesques, chaque sculpture est différente.
Le guide attire notre attention sur l’autoportrait de l’artiste ainsi que sur sa caricature en grotesque.

À chaque extrémité du transept on peut admirer une grande statue en bois, au sud un élégant Joseph avec l’enfant Jésus dans ses bras et à l’autre bout une Marie, fière et glorieuse drapée d’une robe qui flotte dans le vent.

Un petit musée aménagé dans les annexes médiévales clôture la visite.

En face de l’abbatiale, de l’autre côté de la cour d’honneur on peut voir un jardin suspendu fermé au fond par une galerie de colonnades, flanquée d’une tour style italo-chinois.
La tour est fausse et vide, les colonnades surplombent une terrasse, le tout ne sert à rien sauf à agrémenter la vue des abbés.

Ce mercredi l’école à ouvert ses portes aux parents des élèves et aux visiteurs occasionnels, nous donc.
On en profite pour parcourir les couloirs de l’institution, pour jeter un coup d’œil aux locaux de classes et au salles de gym. À l’étage, le long du mur du corridor qui fait face à l’escalier d’honneur en mal de réfection, une longue enfilade d’armoires vitrées exposent une collection d’animaux empaillés couverts de poussière.
Les élèves et les profs que l’on croise au passage nous saluent gentiment, un gamin d’une douzaine d’année souligne avec enthousiasme qu’il aime être ici et qu’il voudrait y rester.

Demain nous allons à Namur.

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De Viesville à Floreffe en passant par Charleroi

Réveil à six heures par le départ de deux commerces qui, comme nous, ont passé la nuit devant l’écluse de Viesville.
Un brin de toilette, je mets le moteur, on mange notre muesli matinal pendant la bassinée et nous voilà partis direction Charleroi.

Nous aimons beaucoup le Hainaut, les paysages sont beaux, les gens aimables, l’infrastructure fluviale propre et en bon état, VNF devrait venir voir comment faire.
Un pont de chemin de fer couleur bleu indigo semble flambant neuf, sur la poutre maîtresse horizontale on peut lire: ‘Peint en 2008 – Époxy-Polyuréthane’.

En traversant Charleroi, le paysage change et nous avons un léger pincement au cœur, les industries mortes et abandonnées donnent le cafard.
Les grues, les silos et les hangars rouillés nous font penser au parc historico-industriel de Duisbourg que nous avons visité il y a quelques années, le fantôme de la gloire de la Ruhr.
Nous aimons beaucoup l’archéologie industrielle et nous avons savouré cette excursion.

Ici, la douleur et la misère que nous savons être le sort de beaucoup de travailleurs de la région, nous donne à la traversée de Charleroi un malaise. Les maisons ouvrières sont petites et tristes, les jardinets qui donnent sur la Sambre comportent des constructions en brique de ciment, en taule ondulée ou en vielles briques rouges, le tout semble abandonné, du moins, nous ne voyons personne, sauf parfois un rare pêcheur.

Au long du Canal du Centre et aussi au long de la Sambre, nous croisons de nombreuses usines de traitement des déchets ferreux qu’alimentent de grands commerces dont le plus long est le Circo, 105 m de long, 12,5 m de large, capacité de chargement 2365 T, ce qui fait 230 camions de 10T, comme le soulignent les mariniers.
Nous le suivons pendant toute l’après-midi, il nous ennuie un peu car il n’avance pas vite et comme les écluses de la Sambre font 112m de longueur, nous devons le laisser prendre la bassinée seul.
On dirait que la région Wallonne est en train de démanteler et de couper en petits morceaux toutes ses anciennes usines pour en faire des pellets destinés à Arcelor-Mittal.

Dans l’écluse de Rosselies, la sixième de la journée, j’attache le Chat Lune à un gros bollard, la porte amont se referme et l’eau baisse d’un mètre cinquante. Soudain M. me signale qu’à l’arrière du bateau l’eau du bassin bouillonne avec la vigueur d’une crue de printemps sur l’Yonne, le niveau de l’eau remonte avec la même vigueur, j’ajuste l’amarre en conséquence.
Au VHF je signale la chose à l’éclusier, il observe un moment d’hésitation, puis il me fait: « Ah oui, je contrôle mes vannes monsieur », le bouillonnement s’arrête, le bassin se vide et nous sortons de l’écluse. Les tableaux de bord modernes ont plein de boutons, on a vite fait de les confondre.
Comme à chaque fois, je le remercie pour le travail bien fait et lui souhaite une bonne fin de journée.

Nous amarrons le bateau au pied de l’Abbaye de Floreffe.

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De Mons à Viesville par Strepy

Le spectacle aujourd’hui c’est l’ascenseur de Strepy.

La petite histoire dit que cet ouvrage d’art fut financé par l’État, comme cadeau à la région Wallonne, en contrepartie de l’investissement en Flandres de la rénovation du port de Zeebruges, allez savoir si cela est vrai.

Il y’a de cela quarante deux ans, le 4 mai 1982, la première pierre de l’ouvrage est scellée.
Vingt ans plus tard, le 2 septembre 2002, le premier navire franchit les 74 m de dénivellation.

L’investissement est payant, un des éclusier me raconte que les deux ascenseurs ne s’arrêtent pas, ils passent plus de 40 bateaux de commerce par jour, 60 bateaux si l’on ajoute les plaisanciers. Ce lundi matin à sept heures, le premier transport était dans le bassin.
Pour plus de détails voyez le site suivant: http://www.canal-du-centre.be/Education/Ast/Fr/sommaire.html ainsi que les photos ci-jointes.

Nous vivons une journée calme, 41 km deux écluses et l’ascenseur de Strepy, pour 4h30 de navigation sous un beau soleil, il ne fait pas trop chaud, le bimini reste abaissé. Après le lunch nous alternons tous les deux une petite sieste, bercés par le ronronnement du moteur, le pied.

Hier, le skipper du Pandora m’avait signalé qu’il avait passé la nuit en amont de l’écluse de Viesville, sur la canal de Bruxelles-Charleroi. C’est un long quai dont une centaine de mètres est réservé aux bateaux de plaisance, l’endroit est calme, les genets sont en fleurs sur la berge, de temps à autre le passage d’un train de marchandises cache le chant des oiseaux. Nous aimons les trains comme nous aimons le bateau, cela ne nous gêne pas.

Demain, nous traverserons Charleroi sans nous y arrêter, sa réputation de ville ruinée et dangereuse ne nous inspire pas.

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De Beloeil à Mons

Le jeune éclusier dont je parlais hier est arrivé ce matin un peu avant neuf heures, ‘j’étais réveillé, autant venir vous faire plaisir’ commente-il.
Nous sommes ravis et nous larguons les amarres pour parcourir le dernier trajet de la Dendre.

Qu’il est agréable d’être servi de cette manière et je tiens à souligner une nouvelle fois que depuis dix ans que nous parcourons les voies fluviales d’Europe, nous n’avons jamais eu des équipes d’accompagnement aussi aimables et efficaces que sur cette rivière.
Une raison de plus pour mes amis plaisanciers qui me lisent de venir en faire la connaissance.

À Stambruges, à l’écluse 10, une nouvelles équipe prend le relais de nos amis d’Ath. Tout aussi efficaces, les ouvrages d’art sont franchis avec souplesse et à midi nous franchissons la numéro 1, la dernière écluse de l’escalier avalant.

C’est avec regret que nous quittons la Dendre, le canal du centre nous paraît bien banal, mais on s’y fait et deux heures et demi plus tard, nous frappons nos amarres en face de la capitainerie du port le Grand Large à Mons.

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De Ath à Beloeil, le château et les amaryllis

L’avion que nous avons aperçu dans me brouillard en quittant Grammont avant-hier est un DC4 et non un DC3.
Construit à Chicago, l’engin servit de transport des troupes de l’armée américaine. En 1961 il fut démilitarisé, il atterrit en Europe et véhicula des touristes vers Benidorm et la Costa Brava. Deux ans plus tard, la douane Belge l’immobilisa à Zaventem car en plus des valises des touristes en mal de soleil, ses soutes contenaient également des produits de contrebande.
Ainsi finit sa vocation première; il fut dépouillé de ses moteurs et des éléments techniques de valeur et il se mît à amasser de la poussière et des feuilles mortes sur le tarmac de Zaventem.

En 1967 le,Grammontois Hannecart l’acheta et le mît sur le parking de son café-restaurant « Oudenberghof », où il servit de VIP-bar pour fêtes particulières.
En 1971 Armand Goessens, le propriétaire de l’aéroport de Overboelare le racheta à Hannecart, le fit transporter à l’aéroport et il devint la cantine du Phœnix, le club des planeurs.
Aujourd’hui il ne sert plus que comme enseigne de l’aéroport de Overboelare-Grammont, triste fin pour le bel oiseau.

Ce matin à 09:00, deux éclusiers, le premier, un jeune enthousiaste et le second, un peu plus âgé et un peu plus blasé, nous ouvrent les ponts et font tourner les 9 écluses qui nous séparent de Beloeil.
Le soleil parfois caché par des cumulus de printemps agrémente ce court trajet. Nous amarrons le Chat Lune à des piquets, rive gauche le long des palplanches, devant une pénichette Hollandaise, le « Vader Knipmes » de Brouwershaven.

Pour la vingt-sixième année consécutive, les Princes de Ligne ouvrent les portes de leur château de Beloeil à 5000 amaryllis, cultivées par une maison hollandaise.
C’est pour nous l’occasion de visiter le château. Le fait que Beloeil soit situé à un kilomètre du canal est une des surprises agréables que nous réserve nos croisières sur les voies navigables d’Europe.

Sur le chemin du retour vers le bateau nous achetons un cramique pour le petit déjeuner de demain dimanche, une tradition familiale.

Demain nous descendons les 10 écluses qui nous séparent du canal du centre, un cours d’eau de grand gabarit qui passe par Mons et Charleroi pour nous conduire à la Namur et à la Meuse.

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De Grammont à Ath en passant par Lessines, Papignies, le Pont Hatot et Rebaix

Quand je reviendrai, dans ma prochaine vie, je serai éclusier-pontonnier sur la Dendre.
C’est un métier varié, la société me fournit un véhicule et je ne dois pas porter de costume cravate.
En hiver, lorsque le temps le permet, avec ma barquette à moteur, je vais avec mon collègue Maurice élaguer les branches des buissons qui dépassent et qui risquent de gêner la circulation des bateaux de plaisance.
À la belle saison, de mai à fin septembre, j’attend que mon chef qui relève de la Centrale de la Direction de la promotion des Voies navigables et de l’intermobilité du Tourisme Fluvial de Wallonnie, district de la Dendre, me téléphone pour me signaler qu’un bateau de plaisance est annoncé à Grammont et qu’il souhaite se rendre à Ath, ou l’inverse. Ce n’est pas très fréquent, mais lorsque ça arrive, je note les heures de départ souhaitées, j’avertis Maurice et nous partons, lui avec son camion et moi avec ma camionnette pour aller actionner les écluses et les ponts du trajet qui tombe sous notre responsabilité, de l’écluse de Deux-Acren à l’écluse de Bilhée, près de l’ancien moulin.
C’est là que j’habite avec ma femme Alice qui est institutrice. Nous avons deux gamins de cinq et de sept ans, en période de vacances ils m’accompagnent ou bien ils vont jouer chez leur parrain Sylva qui habite Rebaix et qui est marchand de grains et engrais. Ils peuvent l’accompagner en tournée avec son vieux camion, un Dodge qui a été laissé en place par les Américains à la fin de la deuxième guerre mondiale.

Pour l’instant, je suis retraité et ma femme M. et moi savourons notre croisière Nord-Sud de la province du Hainaut. La Dendre est une rivière qui mérite trois étoiles dans le Michelin des fleuves d’Europe. On navigue généralement entre des prairies avec ou sans vaches, il y a beaucoup d’arbres et sauf à la traversée des rares villages, on ne voit pas de constructions, à l’exception de quelques hangars et un vieux DC 3 posé dans une pré au sud de Grammont.
Le service des ouvrages d’art est impeccable, tant du côté flamand que du côté wallon, les techniciens sont aimables et compétents. L’infrastructure des haltes est assez primitive, ne vous attendez pas à trouver des douches chaudes, voir de l’eau ou de l’électricité, mais il y a des pontons et vous êtes en ville, Alost, Grammont, Lessines ou Ath, cela suffit à notre bonheur.

Depuis ce midi nous sommes amarrés à Ath, passé la deuxième écluse de la ville, derrière la péniche Bar-Cocktails. L’éclusier pensait qu’il y aurait peut-être de l’électricité sur les quais, mais les bornes ne sont pas branchées.
Le patron du Bar-Cocktail m’offre gentiment de me brancher sur son compteur le temps de nos deux nuitées dans la ville de ma naissance.

Demain nous allons jouer les touristes curieux.

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D’Alost à Grammont et les chaînettes des écluses

À Ninove, le bassin est rempli et l’éclusier amorce à la main la manœuvre d’ouverture de la porte amont rive gauche. Quelque chose coince, il insiste, referme légèrement la porte et ensuite tourne puissamment à la manivelle, la porte se dégage. En passant devant nous pour faire le tour du bassin et aller ouvrir la deuxième porte, il explique que hier, les proposés à la sécurité des ouvrages d’art sont venus installer des petites chaînes sur toutes les portes des écluses.
« À chaque bassinée », nous explique-t-il, « nous sommes obligés de les accrocher et ensuite de les décrocher à la manœuvre suivante, question de sécuriser le passage entre la rambarde de la porte et celle du quai. Un truc inventé par un fonctionnaire qui n’a vu qu’une écluse en photo assis derrière son bureau ».
« Ou encore, » poursuit-il, « quelqu’un de haut placé a confié une commande à un copain qui a une petite manufacture de chaînettes ». « Quoi qu’il en soit, j’avais oublié la chaîne de la porte, alors j’ai insisté et maintenant elle est cassée, pas solide ces trucs là ».
Il continue son chemin en souriant et nous ouvre le passage vers la sortie.

Nous avons quitté Alost à 08:40, la Dendre serpente entre les prairies et les champs, ici et là un bois de bouleaux, des vaches, des chevaux et plein d’oiseaux aquatiques, foulques, canards, poules d’eau, hérons, grèbes, oies de différentes sortes. Beaucoup ont des poussins qui paniquent au passage du Chat Lune. Les poussins des oies, des foulques, des poules d’eau et des grèbes plongent, les petits canards fuient dans les roseaux et les adultes s’envolent.
Je tourne à 1250 rpm, ce qui nous fait un bon 9 km/h, une allure paisible qui nous permet de nous imprégner du beau paysage champêtre.

À mes amis nomades des fleuves je conseille de mettre la Dendre sur leur itinéraire au printemps prochain, c’est beau, c’est calme, au sud d’Alost, passé l’écluse de la ville, il n’a plus de commerces et les plaisanciers sont rares, nous n’en avons croisé aucun de toute la journée.
Les écluses sont espacées de 5 à 8 km, il y en a 6 entre Alost et Grammont.
Nous sommes amarrés au quai du port de plaisance de Grammont, immédiatement après l’écluse de la ville.
Nous achetons une provision de tartes aux matons chez « Olaf´s Mattentaarten huis », situé en gauche en montant en haut de la rue principale

Demain nous allons pénétrer en territoire Wallon, j’en ai informé le Département des Voies Hydrauliques, une équipe volante nous attend à Deux-Acren, la première écluse sur la Dendre du Hainaut.

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L’Escaut et la Dendre, Termonde et Alost

Quel plaisir que de voguer dans un monde parallèle.
Les auteurs de science fiction exploitent l’idée à souhait et dans leur imagination les héros de 3014 glissent avec leurs vaisseaux spatiaux par les trous de l’espace-temps pour explorer des mondes nouveaux.
En 2014, il suffit de lâcher les amarres du Chat Lune pour se retrouver dans un univers inconnu des terriens.

Nous quittons le port de Gent-Leie à 08:30 et une demi-heure plus tard, l’écluse bâbord de Merelbeke nous projette sur les eaux mouvantes de l’Escaut. Une heure après marée haute les courants portants commencent à se faire sentir et notre vitesse au sol est de 14 km/h pour 10 km/h sur l’eau. Une heure plus tard le GPS indique 15,8 km/h et nous atteignons l’écluse de Termonde à 11:25.
Il tombe un crachin désagréable et un léger brouillard voile l’horizon. L’eau est brunâtre et charrie branches et herbages qui j’évite par prudence, mon hélice vient d’être polie par Carron, je respecte le travail.
Personne ne nous suit et bien évidemment aucun bateau ne remonte le fleuve à contre-courant, nous sommes seuls sur le liquide mouvant plein de tourbillons.
Parfois sur la berge nous croisons un objet insolite, tel que cet avion long courrier posé sur des containers marins verts et rouge.
À Schellebelle, seul à bord de son ferry, affalé sur son siège, le capitaine du bac s’ennuie en espérant la venue d’une voiture, d’un cycliste ou même d’un piéton, au passage il me gratifie d’un sourire et d’un grand salut.

À Termonde nous quittons l’Escaut en effervescence pour joindre les eaux calmes de la Dendre. L’éclusier nous rappelle qu’au sud d’Ath la rivière sera en chômage à partir du 5 mai prochain et ce jusqu’au 16 juin.

Il est 13:30 lorsque nous frappons les amarres au port de plaisance d’Alost. L’endroit est situé au cœur de la ville, l’accueil est sympathique, je paye 12€ pour la nuitée, le capitaine du port me refile une série de brochures touristiques sur la région de l’Escaut, la navigation en Flandres et un plan de la ville. On bavarde le temps nécessaire pour se sentir bien intégré, le président du club nautique nous rejoint, il s’adresse à un employé fluvial qui passait par là pour s’assurer que le pont routier de Grammont sera réparé demain, c’est le cas, je respire.
Je le félicite pour son Super Van Craft dont les boiseries sont bien entretenues, j’y ai passé l’hiver me fait-il.

Sur ces mots nous partons en exploration. Curieusement, pénétrer et découvrir une ville au départ du bateau provoque des émotions très différentes de la même approche au départ du lobby d’un hôtel.
C’est le passage par notre trou dans l’espace-temps du fleuve à la terre.

Demain nous allons à Grammont.

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Les préparatifs de la Croisière du Chat Lune 2014, troisième partie

La pièce est arrivée et montée.
Vendredi après-midi, Michel, le comptable de Carron-Marine m’informe que la nouvelle patte est disponible à Zelzate. J’y vais, je rentre au bateau et je la fixe au moteur, il a l’air content et moi aussi.

Mon ami Baudouin, un Belge à moitié émigré qui habite le Jura et avec lequel j’ai partagé à bord d’un Jeanneau Sun Fizz 41, de belles et parfois très mouvementées navigations d’hiver en Méditerranée, il y a de cela quelques décennies, lit mon blog et me signale que je devrais contrôler l’alignement de l’axe de l’arbre d’hélice avec le moteur.
Il a raison le bougre et à l’aide du niveau électronique de mon téléphone portable, une application gratuite que j’ai un jour déchargé sur mon iPhone, je rectifie d’un milli-poil l’assiette du moteur.

Ai-je déjà mentionné qu’il fallait être un peu bricoleur et touche à tout avant de s’engager dans l’aventure de la navigation de plaisance?

Il faut aussi être prévoyant, lire à l’avance les cartes, éplucher les guides de navigation fluviales, lire et relire les avis des VNF en France et ceux des instances similaires dans les autres pays.
Un coup de fil à l’écluse de mer de Termonde me rassure quant au fonctionnement des ouvrages d’art sur la partie flamande de la ‘Dender’. Par contre, me précise aimablement l’éclusier, mes collègues Wallons viennent de me signaler que le canal de Blaton sera en chômage du 5 mai au 16 juin prochain.
Je le remercie pour l’information, je pousse un petit juron intérieur en je me demande quel est le cornichon, je reste poli, qui programme un entretien fluvial pendant le premier mois de l’ouverture de la saison?
Un coup de fil aux instances Wallonnes, suivi de deux autres appels avant de joindre celle qui connaît celui qui sait, et puis lui-même, me rassure un peu. Il s’avère que pour parcourir la Dendre de Grammont à Peruwez, en passant par Lessines, l’endroit ou ma mère allait me montrer à ‘l’Enfance’, Isières où j’ai passé ma jeunesse, Ath où je suis né et ensuite les 21 écluses en deux escaliers, un montant et l’autre descendant, il faut à peine une journée et demie.
‘Pas de souci’, me fait l’employé qui connaît, on travaille même le 1 mai, ce qui est mieux qu’en France où ce jour est un des trois, avec Noël, le nouvel an où tout est à l’arrêt. Aussi, venant de Gand, vous aurez largement le temps de joindre le canal du centre avant le début de l’arrêt de la navigation.

Ce lundi, le 28 avril 2014, nous embarquons sur le Chat Lune nos effets personnels, la nourriture sèche et les produits frais.
Ce soir nous dînons à bord pour la première fois cette saison et bientôt nous allons dormir à bord, également pour la première fois cette saison.
Demain matin la marée haute est prévue à 08:00 aux écluses de Merelbeke, nous programmons d’y être vers 09:00 pour ainsi profiter des courants portants de l’Escaut pour nous porter jusque Termonde.

Suite au prochain billet.

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Les Préparatifs de la Croisière du Chat Lune 2014, 2e partie

À bord du bateau il y a des coffres. 

Ce sont les espaces de rangement situés à des endroits difficilement accessibles, sous les lits ou sous les banquettes du carré. Il faut soulever le lattis, le matelas et/ou les coussins du salon pour parvenir aux objets que nous y rangeons dans l’idée que nous n’en n’aurons pas souvent l’usage.
Dans le coffre de la cabine avant, celui sous le double lit, nous entreposons les livres lus que nous destinons à la capitainerie du port de l’Arsenal ou aux Circul’livres des arrondissements de Paris, les livres lus que nous voulons garder et les livres en attente de lecture pour lesquels il n’y a plus de place sur les étagères des petites bibliothèques de nos deux cabines.
Plusieurs de nos amis utilisent un Kindle ou une autre tablette pour éviter de trimballer des bouquins à bord. Nous pourrions faire de même et décharger des livres électronique sur nos iPads mais nous aimons bien sentir le papier sous nos doigts et en plus, nous aimons chiner; les vide-greniers, brocanteurs et autres Emmaüs font partie du plaisir de nos explorations.

En plus des coffres traditionnels, les planches du fond des armoires sont amovibles et recèlent également des volume de rangement.
Toujours dans la cabine avant, sous le plancher de l’armoire bâbord j’ai mis le matériel de peinture, pinceaux, rouleaux, pots de vernis et de peinture blanche et verte, bidon de térébenthine, gants de protection et de nombreux torchons.
Sous le plancher de la penderie à bâbord, j’ai remisé ma combinaison et mes lunettes de plongée et une paire de bottines en Néoprène. C’est l’équipement que j’utilise pour examiner si nécessaire, la coque sans devoir sortir le bateau de l’eau.

Je vous livre ces quelques exemples pour souligner que sur le Chat Lune, comme sur tout bateau, les possibilités d’entreposage sont inépuisables et défient l’imagination.

Dans son essai intitulé « Parkinson’s Law », Cyril Northcote Parkinson écrivait en 1957:
« Data expands to fill the space available for storage ». Cette vérité s’applique aussi aux volumes de rangement d’un bateau qui au fil des années, si on n’y prête pas attention, finissent par s’engorger.

Heureusement ma compagne est dotée d’une rigoureuse sévérité en la matière et chaque année, en début se saison, nous vidons systématiquement chaque cache, coffre, armoire, tiroir et soute du Chat Lune. Tout objet est soumis à une analyse critique et jugé selon les deux critères de William Morris, « Have nothing in your house (or boat) that you do not know to be useful or believe to be beautiful ».
M. inscrit méticuleusement le contenu de chaque cache sur une fiche dimension DIN A5 et ainsi année après année, la ligne de flottaison reste au même niveau et en plus, nous avons un inventaire à jour de tout ce qui est à bord; on est du genre un peu maniaque.

Le port de plaisance Gent-Leie où j’ai amarré le bateau la semaine dernière, venant de Zelzate, se trouve à 1,3 km de chez nous. Cela nous permet d’y aller régulièrement pour y passer le temps nécessaire à préparer notre croisière 2014.

Tout ceux qui comme nous naviguent plusieurs mois par ans, sont au départ ou le deviennent par nécessité, au fil des années des voyages, de bons bricoleurs au spectre large, mécanicien, électricien, électronicien, plombier, menuisier, peintre et chauffagiste. 
Le corolaire pour exceller dans ces compétences est d’avoir à bord de l’outillage de bonne qualité, voir de l’outillage professionnel. Jetez pardessus bord la clé à molette universelle qui accompagnait comme cadeau promotionnel le paquet de spaghetti que vous avez venez d’acheter chez Leclercq.  
Sachez que même sur les bateaux neufs d’excellente qualité tel notre Linssen 320, un jour ou l’autre quelque chose se casse, se déglingue ou tombe en panne. 
Généralement cela arrive sur un canal peu fréquenté, à 20 km d’un de ces villages au trois quart  abandonné dont la France a le secret, ces endroits ou le dernier artisan, le boulanger, a fermé ses portes il y a une dizaine d’années et où le seul garage digne de ce nom est dans la ville la plus proche située à 150 km. Sachez aussi que les seuls trois mécaniciens marins compétents en France sont Carlos Lopez à Ablon, Duncan Flack à Toul et Blanquart à Saint-Jean de Losnes. 

Aussi, pour partir l’âme en paix, avant chaque départ, je fais trois fois le tour de tout ce qui est technique, je vérifie et je resserre les joints, je fais tourner tout ce qui bouge, j’examine l’étanchéité des tuyaux qui acheminent du liquide ou du gaz, je fais tourner tous les moteurs, celui qui propulse le bateau mais aussi les pompes et le chauffage et je contrôle les supports moteur. 

Bien m’en a pris car cet après-midi en faisant pour la nième fois l’inspection du compartiment moteur, j’ai découvert que la patte du support tribord arrière était cassée. 
Je pousse un juron, je réfléchis, je sort mon outillage, je démonte la pièce, je la photographie, je téléphone à Martin Carron, le patron de Carron Marine, le chantier que nous avons quitté la semaine dernière et je lui envoie un mail lui confirmant de me commander une rechange. 

Reste à savoir si Vetus livrera cette pièce avant mardi prochain. 
Ai-je déjà signalé que la navigation fluviale de plaisance est une école de Zen?

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Les Préparatifs de la Croisière 2014 du Chat Lune

Tout à coup, c’est dans dix jours. Nous avons décidé de commencer notre croisière 2014 le mardi 29 avril. En effet, le samedi 26, le MET retransmet Cosi Fan Tutte au cinéma et nous avons des cartes pour aller voir et écouter Mozart; mardi suivant semblait un bon jour pour partir.

Il va falloir que je téléphone au service fluvial du district de la ‘Dender’, c’est ainsi que se nomme la Dendre côté Flamand. J’ai trouvé un site qui stipule qu’entre le 1octobre et le 30 avril, il est impératif de réserver le passage des ouvrages d’art de la rivière entre Dendermonde (Termonde) et Geraardsbergen (Grammond). 

Un peu plus bas, au sud de Grammond on franchit la frontière linguistique, la Dender devient la Dendre et on tombe sous la ´Direction de la Promotion des Voies Navigables et de l’Intermodalité de Wallonie’.
Service auquel je dois également m’annoncer pour réserver notre passage des écluses et des ponts, dont deux escaliers de 6 écluses au sud d’Ath.

Ath est la ville où le ministre d’état Guy Spitaels fut bourgmestre. Socialiste, il fut président du parti, ministre dans plusieurs gouvernements, connu pour ses opinions fédéralistes, proche des syndicats, ses détracteurs et ses amis l’avaient surnommé ‘Dieu’.

C’est dans cette ville que je suis né, mais je n’en ai pas garde grand-chose, je ne suis ni croyant ni socialiste. 
Quelques jours après ma naissance, je me suis retrouvé à Isières, village situé à 10 km d’Ath où j’ai passé ma prime jeunesse. 
Si je cite ces deux lieux, c’est qu’ils sont traversés par la Dendre et c’est la raison qui me pousse à emprunter ce trajet pour nous rendre en France cette année-ci. 
J’ai depuis longtemps envie de naviguer la rivière dont j’ai gardé un souvenir d’enfant.
Ma mère, une intrépide Suisse-Allemande, je raconterai peut-être un jour comment elle a abouti avec son nouveau-né, moi, dans ce patelin Wallon, poussait mon landau sur 7 km aller et 7 km retour, en longeant la rivière sur le chemin de halage, pour aller montrer son bébé au service de l’enfance à Lessines, petite ville également située sur la Dendre. 

Le Chat Lune va vivre une croisière historico-nostalgique. Je me réjoui de voir se lever le Pont Hatot, le petit pont levis qui à Isières permet de franchir la Dendre. Il est situé sur le chemin de la Cavée qui mène à l’ancienne gare de chemin de fer du village. 

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Mais je digresse, comme indique le titre de la présente lettre, je voulais commenter les préparatifs de notre voyage en 2014.

Le 17 avril au petit matin, le Chat Lune quitte le hangar dans lequel il était entreposé depuis le mois d’octobre dernier. 
Joe, le grutier du chantier Carron-Marine, positionne le bateau sous le bras de la grue mobile, je monte à bord et je l’aide à fixer au support en croix, les sangles qui vont le soulever et le déposer délicatement dans son élément naturel. 

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Tout se passe sans anicroches, une fois à l’eau, les sangles glissent sous la coque, le moulin démarre au quart de tour, un geste large d’adieu à Joe et à Diederich, le mécanicien qui a changé l’huile du moteur, de l’échangeur et remplacé les deux filtres à fuel et le filtre à huile et je fais le tour de la darse pour aller m’amarrer à un ponton du port de plaisance de Zelzate.
Je retrouve l’immense plaisir de la conduite de notre beau Linssen, tout en douceur, de la dunette on perçoit à peine le bruit du moteur, la barre est douce et le Chat ronronne et obéit sans rechigner à mes instructions.

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Pour le trajet de Zelzate à Gand, j’ai invité mon neveu, sa femme et ses deux enfants au « Maiden trip 2014 ». Le soleil brille, parfois voilé par des Cirrus de haute altitude, un vent frais nous rappelle que nous sommes en début de printemps, les coupe-vent chauds sont de rigueur.   

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À 1,5 km à l’aval de l’ouvrage, j’appelle les écluses d’Evergem avec mon nouveau VHF, un ICOM M400 BB que j’ai acheté et installé en octobre dernier. 
Le boîtier est caché dans une armoire technique et toutes les opérations se font à l’aide du micro qui comporte un large écran. 
L’emploi est très intuitif, la combinaison des boutons de commande et des indications de l’écran coulent de source, pas besoin de consulter le mode d’emploi.
Le système de « noise cancellation » de l’appareil fonctionne à merveille, pour la première fois de ma vie de navigateur amateur, je comprend clairement et sans aucune difficulté tous les échanges entre l’éclusier et la dizaine de gros bateaux de commerces qui s’accumulent et se trouvent en attente de part et d’autre de l’ouvrage d’art. 
Voilà un élément de sécurité et de confort que je recommande à tous mes amis nomades du fleuve. 

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L’éclusier m’indique que je peut prendre la première bassinée montante, en me calant à l’arrière du Serena, un bateau de 85 m qui se trouve amarré en premier devant les portes de l’écluse tribord. 
Evergem comporte deux écluses mais aujourd’hui la nouvelle n’est pas opérationnelle et tout le trafic doit passer par le vieux bassin ce qui provoque des temps d’attente importants. Par le canal de mon nouvel investissement, j’entends que les derniers arrivés se voient attribuer la cinquième bassinée.

Les jeunes observent les manœuvres avec ravissement et intérêt, il est toujours impressionnant de se faufiler avec le Chat Lune entre les grands bâtiments. De manière générale, les mariniers sont sympathiques et prudents, les erreurs de manœuvres sont souvent dû à l’incompétence et au manque d’expérience des plaisanciers.

Vers 14:00 nous amarrons le Chat Lune à l’emplacement 76 que m’a attribué Ernest, le capitaine du port de Gent-Leie.

Suite du récit des préparatifs au prochain billet.

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