La mer est vide et notre chagrin infini.
L’espoir est dans la chanson.
Pendant que Marleen explore la boutique du centre d’information, j’entame la conversation avec Martin, le réceptionniste du ‘Bip – Brussels Info Place’. Il doit être en manque de contact, ou bien il est naturellement volubile, mais à mon innocente question « quels étaient les précédents occupants de cet immeuble », le jeune homme part dans une longue dithyrambe où il me fait l’inventaire exhaustif et détaillé des occupants de l’Hôtel de Grimbergen, édifié en 1776 par l’abbaye du même nom.
Dans le désordre, cafés, librairies, banque Lloyds, Ministère de la Région Bruxelloise, résidence de Guillaume d’Orange en 1821, Haute Cour Militaire, Ministère des Chemins de Fer, Cour des Comptes et aujourd’hui, depuis 2008, le Bip, la Maison de la Région Bruxelloise.
Marleen me rejoint au moment ou Martin change de sujet. Il est né à Molenbeek et il déplore le projet de modernisation de la zone le long du canal, car cela crée des îlots de gens fortunés à côté de quartiers sociaux occupés essentiellement par des immigrés. Suit un cours de sociologie sur la difficulté de l’intégration des nouveau arrivés, la criminalité latente et la différence croissante du niveau d’éducation entre les jeunes nantis et les nouveaux venus dans notre pays.
Une demi heure plus tard, nous remercions notre réceptionniste, on se souhaite mutuellement une bonne année et nous partons à la recherche d’un restaurant.
Ce matin, avant de prendre le train pour Bruxelles, j’introduis successivement mon numéro de registre d’état civil suivi par le numéro de ma carte bancaire dans les fenêtres appropriées du site de la SNCB. Ainsi le contrôleur du train à l’aide de son ‘Schmilblick’ peut vérifier que j’ai payé nos deux tickets de voyage. Je reste émerveillé par ce système, plus de papiers, tout est dans le nuage. Comme le disait ma maman, ‘Wenn Engel reisen, lacht der Himmel’.
Notre programme du jour comporte en premier lieu, la visite de l’exposition ‘The Power of Objects’ au centre d’Art ING, place Royale à Bruxelles.
Au travers de 25 objets l’exposition essaye de répondre aux questions suivantes: C’est quoi le Design? Que faut-t-il pour qu’un produit devienne un icône? Comment devient-il un best seller?
Nous aimons bien l’étui à préservatifs en argent, un objet qui n’a répond pas à ces critères. En effet, sa créatrice n’a pas réussi à trouver et convaincre un industriel à mettre l’objet en production.
Après le lunch, dans le clair obscur du musée du Botanique, nous allons admirer Hans Op De Beeck, artiste Bruxellois qui expose des aquarelles de paysages tranquilles en noir et blanc. L’exposition intitulée ‘The Drawing Room’ se termine aujourd’hui, le 4 janvier.
Dans une minuscule salle au fond de la galerie, nous assistons à la projection d’un dessin animé des oeuvres de l’artiste. Les tableaux défilent lentement, de temps à autre un personnage traverse l’écran, souvent une légère pluie ou une fine neige insuffle un semblant de dynamisme à l’orée d’un bois, à une rivière paisible ou à une route déserte.
L’ensemble est un grand moment de poésie visuelle.
Pour revenir au début de mon billet, dans les salles du premier étage du ‘Bip – Bruxelles Info Place’, sont réunis des reportages sur les communes, par quartier, illustrés par des maquettes et de nombreuses photos couleur de la dimension des murs des salles.
A l’entrée, une installation permet au visiteurs de se faire photographier sur un arrière-plan d’une scène de la ville. Très fière, la réceptionniste nous explique le mode d’emploi du système et nous envoyons à la famille quelques clichés, les ‘selfies’ sont à l’ordre du jour.
Les lutins statisticiens de WordPress.com ont préparé le rapport annuel 2014 de ce blog.
En voici un extrait :
Le Concert Hall de l’Opéra de Sydney peut contenir 2 700 personnes. Ce blog a été vu 16 000 fois en 2014. S’il était un concert à l’Opéra de Sydney, il faudrait environ 6 spectacles pour accueillir tout le monde.
Jan Hoet découvrit Panamarenko au début des années soixante et son enthousiasme pour l’artiste fut à l’origine de nombreuses discussions enflammées que j’eus avec notre cousin.
Ma rigueur d’ingénieur trouvait que l’homme bricolait des ridicules bidules soit-disant volants, qui compte tenu de leur manque évident de technicité, ne quitteraient jamais le plancher des vaches.
J’étayais mes propos à l’aide d’exemples de machines volantes, imaginées et construites par les pionniers de l’aéronautique de la fin du dix-neuvième, début du vingtième siècle.
Mais ‘L’Ornithopter’ de Gustave Trouvé, le ‘Du Temple’ de Félix du Temple ou le ‘Vuia Number One’ du Roumain Trajan Vuia laissaient Jan complément indifférent.
Il me taxait de barbare culturel, dont l’esprit cartésien était incapable de sentir et d’apprécier à sa juste valeur, la poésie que transpiraient les machines inventées par le jeune Panamarenko.
Pendant près de cinquante ans, jusqu’en 1965, où il mît publiquement fin à sa carrière d’artiste, ce dernier continua à produire des engins de formes et dimensions diverses.
Toutes selon lui capable de voler, de flotter ou même de plonger, pour autant que l’administration communale de sa ville natale d’Anvers, l’autorise à faire des test, ce qui ne fut jamais le cas.
Son succès grandit et au fil des ans, d’expositions en rétrospectives, il devint et fut reconnu comme un des artistes conceptuels incontournables.
Mon scepticisme à l’égard de la valeur artistique de ses oeuvres ne changea pas, jusqu’à aujourd’hui.
Ce matin à la gare Saint-Pierre de Gand, nous avons pris le train pour Anvers et ensuite de la gare de cette ville, le tram 12 vers le M HKA.
Le musée d’art contemporain de sa ville natale offre à Panamarenko une rétrospective de ses oeuvres. Très courue, le conservateur a décidé d’en prolonger la durée.
Eh oui, je l’avoue, aujourd’hui j’ai été touché par la poésie et par l’humour que dégagent ses compositions. Jan Hoet, du haut de son nuage, me lance un grand sourire satisfait, « tu as enfin compris » me fait-il en battant de ses ailes d’ange.
Les machines de Panamarenko ne volerons jamais et son sous-marin, si il était un jour mis à l’eau, ne plongerait qu’une seule fois.
Bien entendu il a trouvé son ‘truc’ et il l’a exploité à fond avec beaucoup de succès pendant 45 ans, c’est aussi son mérite. Tout au long de sa carrière son imagination fertile a produit des centaines de dessins et une innombrable quantité d’objets farfelus, le M HKA nous en offre une belle sélection.
Les enfants que de nombreux parents ont amenés voir l’exposition, sont enchantés par les grands jouets de l’artiste. C’est le cas de notre petit fils de huit ans et de son copain qui accompagnent notre fille.
On les trouve assis, un casque vissé sur les oreilles, devant une télé qui projette des extraits de ‘Captain Sky and the World of Tomorrow’, un des films préféré de Panamarenko; selon la brochure, il en a tiré de l’inspiration.
Il est important d’initier les enfants aux expositions artistiques, nous avons fait de même avec notre fille, elle poursuit la tradition.
Jan Hoet a gardé son sourire.
Carll Cneut est dessinateur. Il illustre des livres d’enfants. Sa plume est précise, ses couleurs sont vives et son monde imaginaire fertile. On voit Bosch, Rembrandt et Maeterlinck. Les dessins sont drôles, parfois mélancoliques et parfois ils portent toute la tristesse de la terre. Les regarder demande une grande attention car l’auteur nous taquine et cache des détails insolites dans le fouillis de ses représentations.
Nous sommes à l’avant veille de la Saint-Nicolas, Gand est en fête, c’est la nuit des musées.
Marleen et moi enfilons des vestes chaudes et le sourire en tête, nous partons à la découverte des expositions. Il est 18:00 lorsque nous verrouillons nos bicyclettes devant le parvis de l’abbaye Saint-Pierre. Une jeune photographe, son Nikon fixé sur un trépied bavarde avec une copine devant l’entrée.

Nous commençons notre périple ici car nous voulons voir les œuvres de Cneut avant que la foule ne se presse dans les couloirs de l’exposition.
Une heure plus tard, émerveillé et les yeux remplis, je me demande si j’ai encore envie d’aller explorer les autres musées que nous avons convenu de voir ce soir.
Je vous livre ci-dessous quelques exemples du travail de Carll Cneut.
Les ‘Love Letters in War and Peace’ du MSK, ne m’enchante guère.
Marleen est plus patiente que moi, je la quitte et pousse une pointe en face, au S.M.A.K. où Berlinde De Bruyckere expose dessins et sculptures. Il est 19:30, il commence à y avoir du monde dans le musée. Je laisse ses dessins pour une visite ultérieure et je me contente d’admirer les deux chevaux suspendus et les corps tourmentés. Il y a longtemps que nous ‘suivons’ les œuvres de Berlinde De Bruyckere. Je me souviens du choc visuel et émotionnel que nous avons éprouvé en voyant le cheval pendu dans les dunes du Coq-sur-Mer en 2003 lors de la première édition de Beaufort. Voir ci-dessous.
Il fait sec et froid, la ville est belle sous son éclairage indirect, j’adore parcourir les rues à vélo, c’est le moyen le plus rapide et le plus plaisant pour circuler à Gand. Pédaler réchauffe et une bonne paire de gants protège mes mains. Il faut parfois chercher un emplacement pour déposer son engin, ce dont se plaint la dame qui me présente celui qu’elle quitte au carrefour de la rue aux Draps et de la rue Jan Breydel.
Je me faufile dans le musée du Design, les visiteurs se pressent à la porte, heureusement que le parcours dans l’immeuble est à sens unique, pas question de faire demi-tour, il faut suivre le rythme du cortège.
Lightopia explore l’évolution du mode d’éclairage, de l’ampoule de James Watt aux ‘led’s’. Notre façon de vivre à été profondément boulversé au fil du siècle écoulé, le musée met en exergue des réalisations actuelles.
Gand est un bel exemple de l’utilisation intelligente de l’éclairage. En 1998, la ville a entamé la mise en place d’un ‘plan lumiere’. Progressivement les points de repère importants, tel que les bâtiments historiques, les plans d’eau, les carrefours et les portes d’accès on été mis en valeur avec un éclairage spécifiquement étudié.
L’office du tourisme distribue une brochure avec un parcours en 26 postes du cœur de la ville. Tous les amis qui logent chez nous y ont droit, ne manquez pas de le parcourir, la promenade dure environ deux heures, c’est une merveille.
Une poignée de jeunes femmes s’apprêtent à pousser la chansonnette accompagné d’un pianiste qui se réchauffe les doigts au moment où je me fraie un passage vers la sortie du musée du Design.
Je longe les quais de la Lys et j’amarre ma bicyclette à un poteau de signalisation à l’extérieur du parking à vélo du STAM, le musée de la ville. Il est 21:00 et la nuit des musées bat son plein, toutes les places réglementaires sont occupées, les cycles s’accumulent aux endroits les plus divers.
A l’intérieur, j’enfile les pantoufles blanches pour pouvoir marcher sur le plan de la ville qui fait office de tapis de sol dans la salle de la maquette de la cité.
Les maquettes sont le thème de l’exposition temporaire.
Les trois tours de la ville et la bibliothèque en brique de Lego blanches font partie de l’exposition permanente. Comme toujours, les visiteurs intéressés peuvent s’installer devant l’œuvre et utiliser les briques amassées en vrac pour créer leur propre constructions.
Dans un couloir, un guide m’aborde et me demande si j’ai volé quelque chose. « Non, je n’ai encore rien trouvé qui rentre dan mes poches ». Ma réponse lui plaît et il me refile un jeton pour une consommation gratuite au bar de la cafétéria.
Sur ce, Marleen m’appelle sur mon portable, elle est encore en ville dans la maison d’Alijn où sont exposés des jouets en caoutchouc qui font « piep ». L’exposition s’appelle ‘The Sound of Piep’.
Mes yeux sont pleins, j’ai assez vu, je bois mon café au bar du STAM et je rentre a la maison.
Sur le site de la SNCB, j’achète deux billets aller-retour Gand-Bruges. J’introduis dans le système, le numéro de ma carte d’identité, je paye avec ma carte de crédit et le tour est joué.
Dans le train, le contrôleur n’aura qu’à introduire ma carte d’identité dans son lecteur pour vérifier la validité du paiement de nos deux trajets. Enfin un exemple du monde sans papier que les fabricants d’ordinateurs nous promettent depuis quelques décades.
Vingt-cinq minutes de marche de la maison à la gare, un quart d’heure de train jusque Bruges, vingt-cinq minutes de marche de la gare aux Halles de la ville où nous attend les expositions 14-18 – la Guerre en Images et Bruges en guerre. Ça va faire dix mille pas et plus.
La brochure de l’exposition lit:
Exactement 100 ans après l’entrée des troupes allemandes à Bruges, la ville commémore la Grande Guerre à travers trois expositions. Le conflit mondial est présenté et commenté sous un angle historique et artistique, tant dans son contexte brugeois qu’international. Au rez-de-chaussée des Halles de la ville il y a l’exposition historique, au premier étage deux expositions de photographie.
Depuis 2000, l’historienne Sophie de Schaepdrijver enseigne l’histoire moderne de l’Europe à la Pennsylvania State University.
En 2012 elle fut nommée curatrice des activités relatives à la commémoration de la première guerre mondiale de la ville de Bruges.
En 1997 elle publia « De Groote Oorlog – Het Koninkrijk België tijdens de Eerste Wereldoorlog » (La Grande Guerre – Le Royaume de Belgique pendant la Première Guerre Mondiale). C’est le premier livre que j’ai lu sur le Chat Lune lorsque nous avons quitté Gand en avril dernier.
Notre saison de navigation 2014 nous a conduit dans le nord-est de la France, les vallées de la Meuse, la Marne et la Saône ont été le théâtre des plus mémorables batailles de ce cauchemar.
L’exposition à Bruges illustre la vie quotidienne des habitants de la ville et de la région côtière pendant les quatre années de l’occupation allemande. Les photos à l’étage sont essentiellement des clichés pris sur le front de l’Yser, pendant et après la guerre.
Je vous en livre une sélection ci-dessous.

Depuis des années j’ai envie d’arborer un ‘poppy’ à ma boutonnière. À la boutique de l’exposition, Marleen repère une belle épingle en email. Elle m’en offre une et s’en achète une deuxième. Nous les fixons sur le revers de nos manteaux.
La caissière nous fait: « Pour que ça ne reproduise plus jamais ».

Dans un bunker du musée en plein air Atlantikwall à Raversijde près d’Ostende, Helene Van Haegenborgh interprète une création intitulée ‘Signaux’. Au piano elle joue son adaptation d’un morceau de Henry Purcell datant de 1685, ‘They that go down to the sea in ships’ et en harmonie, dans les dunes, Benjamin Glorieux l’accompagne au son de 23 cornes de brumes.
Il s’avère que la pianiste a découvert par YouTube, Raoul de La Roche Aymon, un collectionneur de ces instruments; il possède plus de 300.
Intrigués comme nous, les gens de la côte avaient dû se donner le mot car le bunker était plein comme un œuf. On s’installe sur un banc en haut d’une dune. Écoutez ci-dessous une partie de l’enregistrement que j’ai capté avec mon iPhone, les cornes de brume sans le piano.
L’Europe dispose de suffisamment de réserves potentielle d’électricité, le problème Belge est la distribution.
Nous sommes devenus un pays en voie de développement sur le plan de l’accès à l’énergie électrique.
Nos voisins limitrophes, les Allemands, les Français et le Hollandais ne connaissent pas ce problème.
Les politiciens-gestionnaires de nos gouvernements précédents en portent pleinement la responsabilité.
Le courant devait se teinter de vert, les centrales nucléaires devaient fermer, le marché s’ouvrir et la concurrence jouer librement. Un quota de sources renouvelables fut arbitrairement défini mais les investissements de production ne suivirent pas. L’ancien ministre Johan Vande Lanotte gela le prix du KW au consommateur et se fâcha avec Suez.
Et nous voilà avec la menace d’une pénurie d’alimentation électrique.
Mais n’ayez crainte, chez citoyens, les solutions sont en vue. Les ministres Turtelboom et Marghem nous conseillent de nous promener dans nos demeures avec nos lampes de poches allumées, question d’effrayer les cambrioleurs et les centrales nucléaire ne vont pas fermer aussi vite que prévu.
Les bourgmestres des villages Néerlandais offrent l’hospitalité de leurs locaux scolaires éclairés aux citoyens frontaliers belges.
Les succursales d’Albert Heyn ont approvisionnés les rayons de leurs magasins de bougies de toutes formes et couleurs à des prix imbattables.
Enfin, à la télé, les bulletins météo indiqueront journellement, en plus du niveau des pluviomètres, l’état barométrique de la carence de gestion de nos politiciens en matière d’approvisionnement en électricité des citoyens de notre pays.
Et dans notre pays surréaliste, tout le monde trouve cela normal.
Les Flamands, les Wallons et les Bruxellois semblent trouver évident que l’approvisionnement vital en énergie électrique va dorénavant dépendre de la ménagère qui rentrée de son travail à 18 heures, décidé de lancer une lessive.
Personne ne se fâche contre les cafouilleurs politiques qui sans rougir, osent mettre en danger la fourniture d’une forme d’énergie vitale à ses citoyens.
Ce qui fonctionna sans grands problèmes depuis une bonne centaines d’années devient soudainement problématique.
En on trouve ça normal!
Les belges admettent sans sourciller que cet hiver ils devront régulièrement se chauffer au feu de bois.
Bien entendu, l’excès de pollution suite à la combustion des bûches humides dans les foyers sera dépénalisée pendant les coupures de courant.
Pour clôturer ma diatribe, comble de cynisme, les myopes cafouilleurs politiques osent nous rendre responsables de leur carence, pour solutionner le problème qu’ils ont créé, c’est à nous de gérer plus intelligemment notre consommation!
Je suis fâché, je suis très fâché, suis-je seul?
Jan Hoet meurt le 27 février 2014, huit mois avant l’ouverture de l’exposition De ZEE.
C’est la dernière manifestation artistique du pape de l’art contemporain, comme les médias l’ont surnommé.
En 2012 Jan eu l’idée d’organiser à Ostende une exposition avec la mer comme fil conducteur.
Avec tout l’enthousiasme qui le caractérisait, il se mît au travail et il eu le temps de constituer une équipe de travail, déterminer les grandes lignes de son projet et contacter de part le monde, les musées et collectionneurs pour leur demander de lui prêter les œuvres qu’il souhaitait voir exposées.
Car Jan, à côté de son amour inconditionnel pour l’art contemporain, possédait une connaissance encyclopédique et universelle de l’art pictural et sculptural.
Grand voyageur, il était à tu et à toi avec les curateurs des musées et des galeries d’art du monde entier.
Le vernissage eu lieu le 22 octobre dernier et depuis, jusqu’au 19 avril 2015 on peut admirer l’exposition qui s’intitule « De ZEE »; elle a comme sous-titre, ‘Salut d’honneur à Jan Hoet’.
Grace à Jan, le Mu.ZEE expose des oeuvres comme la vague de Gustave Courbet provenant de la Southampton City Art Galery, les Three Seascapes de William Turner du Tate de Londres et Gullscape de Roy Lichtenstein du Virginia Museum of Fine Arts, Richmont, USA.
Bien entendu on y retrouve aussi les incontournables Belges comme Jean Brusselmans, Wim Delvoye et Jan Fabre.
Au départ du musée ‘Mu.ZEE’, l’exposition est un parcours dans la ville et sur la plage où, en face de l’Hôtel des Thermes, Kris Martin a planté une copie en métal de l’encadrement de ‘l’Agneau Mystique’. Un clin d’œil à Jan qui aimait particulièrement cette œuvre, dit l’artiste.
Le jour de l’ouverture, on parcoure et on s’arrête plus ou moins longuement aux différentes stations du projet. Le soir tombé, en chemin vers l’hôtel des Thermes, le lieu des discours officiels, nous passons par la ‘Zeeheldenplein’ où les boîtes rouges d’Arno Quinze brillent de tous leurs éclats.
Le fond est une paroi blanche qui sert d’écran à un jeu d’ombres chinoises. À droite, un vieil homme sommeille sur un lit métallique. À gauche de la scène, une table et deux chaises. Sur la table deux gobelets en email blanc et deux oranges.
Dans la pénombre à droite, en dehors de la scène, on perçoit un ensemble de percussion et un guitariste. La musique est discrète, moderne, sobre et minimaliste.
Une vieille dame à vélo apparaît, dans le panier accroché à son guidon, un chien.
Dans la petite salle de spectacle de la Grande Poste à Ostende, nous assistons à ‘Adios’, une représentation du groupe Néerlandais ‘Speeltheater Holland & Het Houten Huis’.
Les acteurs portent des masques surdimensionnés, le chien est une poupée.
En une heure de temps on assiste à l’agonie et à la mort du vieil homme, suivi du déchirement, du deuil et puis, petit à petit, du réveil à la vie de sa compagne.
Le chien aboie et fait des bruits de chien mais les acteurs n’échangent pas un mot, tout est dans le gestuel et le jeu mimé des acteurs. La tendresse du couple, la lutte pour la survie, l’intervention des médecins et le chien. Les rêves et les images du passé sont illustrés par les silhouettes projetées sur le mur du fond, c’est de la poésie à l’état pur. Le public est ému, nous aussi.
Assis dernière nous, deux jeunes enfants pleurent à chaudes larmes.
Ce spectacle est une perle rare.
Aujourd’hui, c’est l’après-midi des contrastes.
Nous quittons la Grande Poste vers 16:15 et comme nous étions assis au premier rang et que les sièges sont sur le plateau, avant de sortir, on serre la pince et on félicite les quatre acteurs et musiciens.
Le temps de grignoter un snack et nous nous retrouvons assis dans la salle 8 du Kinepolis pour assister à la retransmission en temps réel de l’opéra Carmen de Bizet, par le Metropolitan Opera de New York.
Le spectacle est grandiose, la mise en scène comprend une centaine de choristes et de figurants, les décors sont monumentaux et spectaculaires, l’orchestre est dirigé par Pablo Heras-Casado et comme toujours, les solistes sont de renommée internationale.
La pulpeuse Géorgienne Anita Rachvelishvilli incarne Carmen avec conviction.
Pendant l’entracte elle confie à l’hôtesse du jour, Joyce DiDonato, « j’adore ce rôle, dans la vie aussi, je suis Carmen. »
Le Letton Aleksander Antonenko est Don José et la Roumaine Anita Hartig, joue Mikaëla.
Tout comme il y a deux semaines dans les Noces De Figaro, le producteur Richard Eyre a insufflé au jeu des chanteurs/acteurs un dynamisme qui ne faiblit jamais tout au long du spectacle.
J’ai observé que depuis que le MET a commencé en 2006 la transmissions de ses opéras en HD, exposant les chanteurs en grandeur nature sur les écrans du monde entier, les producteurs attachent une importance croissante au jeu de ces derniers.
Dans mes souvenirs, il y a quelques décades, les solistes y allaient de leurs arias, mais leur jeu était souvent réduit à quelques gesticulations.
Aujourd’hui, pour répondre aux exigences de 16 millions de spectateurs, l’enjeu a changé, on saute sur les tables, on danse, on se roule par terre en extase amoureuse et on y va de pirouettes dignes du cirque du soleil, le souffle ne sert pas uniquement à chanter.
Enfin, l’écran géant demande aux spectateurs d’imaginer Anita Rachvelishvilli, la trentaine bien enveloppée, en jeune gitane et Aleksander Antonenko, quadragénaire et bien en chair, en naïf caporal adolescent fraîchement sorti des jupes de sa maman. Heureusement, la musique arrange tout.
Le hasard a fait que nous avons assisté dans la même journée à deux spectacles complètements différents, le contraste est énorme mais les deux nous ont comblés d’émotions et de joie de vivre.
Les promenades Vénitiennes d’Ostende n’ont de Vénitien que leur similitude avec les galeries couvertes propres à l’architecture Italienne.
L’ensemble fait partie des anciennes résidences royales que Léopold II fit construire en 1900.
À cette époque Ostende était ‘la Reine des Plages’, à nos yeux elle l’est toujours.
La famille royale a abandonné l’usage de la ‘Villa Royale’ et de ses annexes. Elle a cédé la concession à la ville d’Ostende qui utilise la partie située au nord des ‘gapers’, le passage entre les deux galeries couvertes, comme salles d’expositions.
Devant l’entrée se trouve une statue en bronze du Roi Baudouin. L’artiste a représenté le souverain tout en largeur, on dirait une image reflétée par un miroir déformant du palais des glaces d’une fête foraine.
Dans une exposition intitulée ‘Oostends Paviljoen 2014’, la ville a réuni une sélection d’artistes moins connus.
Nous aimons les dessins au crayon des petits pots de terre ainsi que les coquilles sur pattes de méduses.
Les artistes contemporains exposent souvent des ensembles d’un même objet ou des dessins presqu’identiques d’un sujet banal. L’enfilade des pots en terre cuite en est un exemple.
Notre promenade du jour nous conduit au bout de la nouvelle jetée ‘est’ du port d’Ostende.
L’ancienne jetée en bois, la ‘Westerstaketsel’, sur laquelle se trouve la cafétéria Beaufort est actuellement encerclée par deux nouvelles digues qui balisent la rade de l’entrée du port.
Anciennement l’accès au bassins intérieurs était sinueux et l’estacade était régulièrement percutée par les navires qui rataient leur entrée à Ostende.
Les dégâts de la dernière collision ont été réparés et depuis mi-juin la promenade est à nouveau ouverte aux flâneurs et aux pêcheurs.
Au grand chagrin de ces derniers, depuis que la tête de la jetée n’est plus en pleine mer, le biotope poissonneux a changé et la pêche est moins bonne.
La Westerstaketsel était une de nos promenades favorites.
Depuis qu’elle se trouve engoncée entre les nouvelles digues, elle a perdu son charme, on a l’impression de se trouver au milieu d’un lac au lieu d’être en pleine mer et à l’instar des poissons, nous avons abandonné la vieille dame paisible pour l’air vivifiant et les embruns de la nouvelle construction, sic transit gloria mundi.
Dur dur, la vie à terre! Nous venons de terminer notre dixième saison avec le Chat Lune et à chaque retour nous éprouvons un choc.
En substance, l’espace vital est immense et il y a toujours plein de trucs à faire.
Petit à petit, après deux semaines, une routine se réinstalle.
En premier lieu, comme les chats, on re-délimite notre territoire. Ensuite on hisse les couleurs pour signaler à la famille et aux amis que nous sommes rentrés au pays, qu’ils peuvent nous inviter, que nous les inviterons, qu’ils peuvent nous téléphoner et que le besoin faisant nous viendrons leur donner un coup de main. Que se soit pour garder un de nos petits enfants, chose appréciée, pour déménager un objet volumineux qui ne rentre pas dans leur auto, mais bien dans la nôtre, ou tout simplement pour se promener et se raconter les dernières nouvelles.
Pas de surprises car curieusement il se passe peu de choses en six mois de temps. Bien entendu, le temps qu’on s’absente et le pays a un nouveau gouvernement, mais c’était prévu.
Les mauvaises herbes ont poussé dans les parterres et les petits enfants ont pris quelques centimètres, ça c’est naturel. Les cinémas jouent les films qu’on a déjà vus à Paris, ça c’est normal.
Mais Gand est plein de surprises. Ultima Thule, une compagnie de théâtre que nous aimons beaucoup et qui travaille avec des marionnettes invite une trentaine de personnes à participer à la lecture du texte de leur prochaine pièce, intitulée ‘Spoor’ (la voie de chemin de fer).
La présentation à lieu dans ‘De Schuur’ à Mariakerke, près de Gand. C’est le plus petit centre culturel au monde, comme l’indique la brochure. On trouve facilement car j’ai fait un croquis du plan d’accès. La salle, une ancienne écurie, comporte d’un côté un comptoir a boisson et de l’autre côté une table entourées de cinq chaises en toile écrue. Wim De Wulf, le régisseur qui est également l’auteur de la pièce et les 4 acteurs s’y installent. Avec la poignée de spectateurs, nous prenons place en face d’eux sur des chaises de bistro. Les acteurs récitent le texte, l’ambiance est bon enfant, les enfants du régisseur sont présents, on se prend au jeu de la pièce, il s’en va parfois de grands éclats de rire, le public intervient.
Les poupées sont de la main d’Evelyne Meersschaut. Pendant l’entracte elle nous présente et nous explique sa technique de fabrication.
La pièce se situe en Flandre dans les années 50. Elle retrace un épisode de la vie d’une famille flamande dont le père qui a perdu son emploi à l’atelier de tissage de Gand, part en train travailler dans les mines de La Louvière.
Plongés pendant quelques heures dans la vie et le travail d’un groupe de faiseurs de théâtre, nous passons une excellente soirée, chaude et intime.
Ostende nous réserve une exposition en hommage à Jan Hoet, ce sera pour le prochain billet.
Au Moyen Âge, le sexe payé n’était pas un péché. Les femmes de petite vertu bénéficiaient même d’une protection de la municipalité car leur activité était considérée d’utilité publique.
C’est ce qu’on peut lire sur les panneaux explicatifs et illustrés à travers des agrandissements d’enluminures, de l’exposition ‘L’amour au Moyen Âge’ que l’on peut admirer dans les sous sols de la To
ur Jean sans Peur, située au 20, rue Etienne Marcel dans le 2ème arrondissement.
L’homosexualité par contre, était sévèrement punie, de la castration au bûcher.
Cette exposition relativise l’idée parfois fausse qu’on se fait de cette époque de l’histoire où la vie n’était malgré tout pas toujours noire et misérable.
La Tour Jean sans Peur était l’hôtel Parisien du Duc de Bourgogne. Après la mort de Charles le Téméraire, petit-fils de Jean sans Peur, les biens du Duc sont rattachés à la Couronne et l’hôtel tombe à l’abandon.
Au fil des siècles les immeubles sont vendus en plusieurs lots, la tour devient un atelier de quincaillerie, ensuite magasin, entrepôt et logis des ouvriers.
En 1868 le percement de la rue Saint-Etienne dégage la tour et ce dernier vestige de l’hôtel médiéval est acheté par la ville de Paris. Classé monument historique en 1884, elle menace de s’écrouler, on la consolide en 1893, elle bénéficie d’une restauration complète en 1992 et en octobre 1999, grâce à l’action des ‘Amis de la Tour Jean sans Peur’, elle est ouverte au public.
Dans la cage d’escalier, on distingue sur de nombreuses pierres de taille mises à nu, les signes lapidaires qui permettent d’identifier la carrière dont elles sont issues et les tailleurs qui les ont façonnées.
Dans un vitrail, on peut voir un rabot que Jean sans Peur avait choisi comme emblème dans sa lutte d’influence avec le duc d’Orléans, qu’il fit assassiner en 1407. Lui-même fut également assassiné sur le pont de Montereau le 10 septembre 1419.
À la bibliothèque Forney dans l’Hotel des Sens, 1, rue du Figuier on peut admirer l’exposition ‘Histoire de Cuillères’. Cet objet d’usage journalier auquel on ne prête aucune attention particulière, sauf lorsque pour manger une soupe, votre hôte vous présente une cuillère à café, prend des formes étonnantes selon son origine et son ancienneté. J’ai réfléchi deux fois avant d’aller voir cette exposition mais je suis revenu enchanté par la créativité des concepteurs et par la beauté des ustensiles présentés.
Gâté par l’été Indien, nous continuons à parcourir la ville en suivant les fiches des Balades du Patrimoine. Cette semaine nous avons choisi la numéro 9, ‘Les Fontaines d’hier et d’aujourd’hui’, du bassin de la Villette au Père-Lachaise en passant par le Square de la Butte du Chapeau Rouge, la place des Fêtes et le parc de Belleville.
Je vous recommande d’aller voir la fontaine circulaire de la place des Fêtes, où la circulation de l’eau change de sens dans chaque cercle parcouru, ainsi que la cascade des fontaines du parc de Belleville et la vue imprenable sur Paris qu’offre le Belvédère en haut de la colline.
La 31-ème édition des journées du patrimoine nous a amené dans le 7-ème arrondissement, dans le coin des Invalides, de la rue de Grenelle et de la rue de Varenne.
Diligents comme de coutume, nous parcourons les salles de l’Hotel de Rochechouart, siège du Ministère de l’Education nationale, l’Hotel du Châtelet où réside le Ministère du Travail et l’Hotel de Clermont, siège du Ministère des Relations avec le Parlement.
Les politiciens et leurs employés bénéficient ici d’un cadre de travail remarquable mais des trois demeures, la dernière citée est la plus somptueuse. Ancienne résidence du comte d’Orsay, elle a gardé l’éclat des dorures, chapiteaux et bronzes, typiques du 19-ème siècle.
N’empêche que c’est l’Hotel d’Estrées qui nous reste en mémoire. C’est la résidence de l’ambassadeur de la fédération de Russie en France. L’Hotel fut construit en 1711-1713 par Robert de Cotte, architecte de la Cour du Roi Louis XIV, pour la duchesse d’Estrées.
Nous découvrons dans un des salons de l’étage une exposition de dessins d’enfants datant de la deuxième moitié des années 1910 ainsi qu’une série de reproductions d’aquarelles de guerre de la même époque. Je vous livre quelques exemples ci-dessous.
Ce qui nous frappe également sont les grands jardins de ville de ces quatre Hôtels. Celui de Rochechouart fait 1300 m2, il a été aménagé autour d’un majestueux platane qui fut plante lors de la construction de l’immeuble.
Nous terminons notre parcours des journées du patrimoine 2014 par la visite de l’ambassade de Finlande, située bien évidemment, place de Finlande pas loin du pont des Invalides.
Le contraste avec les décors fastueux des Hôtels est impressionnant. Ici, pas de dorures ni de colonnes doriques mais des volumes sobres et dépouilles, des murs blancs, des plafonds et quelques murs couverts de lattis de bois clair, une sobriété comme on l’aime.
Les Finlandais sont généreux de brochures, livres de photos, CD et DVD, mettant en évidence la beauté sauvage de leur pays.
Nous inscrivons Helsinki sur notre liste des endroits à visiter.
Je suis aveugle aux notices et aux écriteaux. Je ne lit jamais les interdictions multiples dont on nous inonde, ‘prière de ne pas éternuer, interdit de toucher du doigt, ne pas tournez à gauche, ne pas pénétrer avant 14:00, interdit de franchir la ligne jaune, interdit de prendre des photos, ne pas franchir les voies lors du passage des trains’.
Ce n’est pas de la mauvaise volonté de ma part, c’est génétique, je suis daltonien des instructions écrites et pictographiques. Heureusement que Marleen qui est une fervente lectrice, elle lit en moyenne quatre livres par semaine et moi un, lit aussi tout qui passe à la portée de ses yeux avides de lettres. Ainsi elle me sauve la vie plusieurs fois par jour en me tirant en arrière pour éviter que par curiosité je ne pénètre dans une cabine haute tension ou que chez Carrefour City, je n’achète du yaourt périmé depuis deux semaines.
L’autre jour, lorsque par curiosité, Place Victor Hugo, lors de la balade # 37, ‘L’Art dans la Ville’, nous poussons la porte de l’église Saint-Honoré d’Eylau, on se retrouve plongé dans le Roman de la Rose.
Le sol est couvert de tapis d’orient, de nombreuses bougies diffusent une lumière tamisée, on n’étend pas un bruit et dans le cœur au fond de l’église, on perçoit une quinzaine de silhouettes agenouillées, vêtues de longues tuniques blanches, le capuchon couvrant entièrement les têtes.
Le choc passé, je sors mon iPhone pour prendre quelques photos mais Marleen me tapote le bras et me fait signe que c’est interdit.
Nous sommes chez les sœurs de Bethlehem, du monastère N.-D. de la Présence de Dieu, les religieuses pratiquent l’adoration perpétuelle.
Pris par l’atmosphère insolite du lieu, nous restons figés et observons en silence les bures blanches immobiles et prostrées. Sur une dizaine de chaises de la nef, quelques croyants épars sont assis, tout aussi immobiles, le menton reposant sur la poitrine.
Soudain une figure blanche se lève, pars vers la droite du cœur et disparaît par une porte discrètement camouflées dans la boiserie qui cercle cette partie de l’église.
Marleen me souffle, « elle va préparer les repas », je rétorque, « elle va pisser ».
Sur ces mots, en veillant à ne pas faire de bruit, nous nous glissons subrepticement vers la sortie. La porte franchie, comme dans un film de science fiction, nous nous retrouvons soudainement plongés dans le brouhaha de la place Victor Hugo, le soleil brille, les voitures vrombissent autour du carrefour et les passants se hâtent vers leurs destinations.
Pour se remettre de notre voyage temporel on se paye un café au comptoir de la brasserie ‘Le Victor Hugo’.
La balade ´L’Art dans la ville’ est trop longue pour se terminer en une matinée. Nous l’interrompons Porte de Champerret et rentrons au port de l’Arsenal par les lignes 3 et 5.
On continuera notre promenade demain matin.
C’est la bataille de la Marne qui ruine le plan du général Schlieffen et évite ainsi la victoire rapide du Reich sur la France. Au début de septembre 1914, pour renforcer les troupes de la VIe armée commandée par le général Maunoury, le général Gallieni, gouverneur militaire de Paris, fait réquisitionner par la garde républicaine 630 taxis Parisiens. À 22 heures, les véhicules sont rassemblés sur l’esplanade des Invalides puis traversent Paris pour aller chercher les soldats des 103e et 104e régiments d’infanterie. Les hommes montent par quatre ou cinq et sont conduits près de la zone des combats, à Nanteuil-le-Haudouin et à Silly-le-Long.
Cent ans plus tard, le 7 décembre 2014, le Ministère de la Défense organise une commémoration des Taxis de la Marne.
Comme en 14, un convoi de taxis part depuis l’esplanade des Invalides direction le front de la bataille de la Marne. Le cortège long de 2 kilomètres rassemble une centaine de taxis parisiens actuels avec des collégiens à bord. Neuf anciens taxis de la Marne entièrement restaurés mènent la marche. Le convoi suit un itinéraire très proche de celui des soldats de l’époque.
Nous avons mis le réveil à 07:00 de manière à voir le départ et écouter les discours.
Ce dimanche à 08:45 du matin, Paris dort encore, seuls une centaine de curieux et quelques photographes de presse se sont déplacés pour voir le départ du convoi.
Une léger brume accentue la beauté du pont Alexandre III.
Marleen arbore fièrement la cocarde en forme d’un bleuet qu’elle a reçue d’une participante à la cérémonie officielle.
Comme souvent mon billet ne suit pas la chronologie de nos occupations parisiennes. En dehors des séances de cinémas, des repas entre amis, de quelques lessives et de la lecture, cette année-ci, les balades du patrimoine forment le fil conducteur de nos activités.
La # 27, la dernière en date, s’intitule ‘La Mode dans la Statuaire’.
L’Antiquité et la Renaissance ont souvent représenté les grand hommes comme des demi-dieux dénudés, le corps humain était l’objet de prédilection de sculpteurs. À partir du 18ème siècle le temps des héros était révolus et on commença à habiller les représentations statuaires comme des femmes et des hommes, vêtus d’une robe ou d’une simple redingote, des citoyens parmi les citoyens. C’est le thème de notre promenade du jour.
L’itinéraire part de l’Opera pour se terminer place du Général Catroux, au nord du Parc Monceau. Nous décidons de le parcourir dans le sens inverse, afin de prendre notre déjeuner au foyer de la Madeleine.
Quelques exemples:
La place Catroux comporte trois statues et trois styles. Classique pour d’Alexandre Dumas père, Art Nouveau pour son fils et Art Déco pour Sarah Bernard.
Edward VII trône au milieu de la place qui porte son nom. La brochure précise qu’il aimait Paris pour son esprit, sa gastronomie et ses femmes.
En 1904 société des peintres et de lithographes commande à Denys Puech une fontaine dédiée à Paul Gavarni, un grand nom de la caricature de presse du XIX-ième siècle. Elle se trouve Place Saint-Georges, au milieu de la rue Notre Dame Du Lorette.
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C’est l’été Indien à Paris, les soirées sont chaudes, assis sur la dunette on sort nos petites lampes de lecture IKEA et ensuite nous faisons une promenade sur les quais de la Seine. On remonte le quai Henri IV en direction de l’île Saint-Louis, on traverse le Pont de Sully et on rentre par le parc de la rive gauche vers le pont d’Austerlitz.
Sur les pelouses du Square Tino Rossi, des jeunes gens sont assis en cercle, ils fument et boivent des canettes de coca. Le long du quai Saint Bernard des couples dansent le tango au son de la musique latino débitées par des haut parleurs installés là pour l’occasion.
Les bateaux mouche remplis de touristes, tous projecteurs allumés, remontent la Seine et puis font demi-tour avant le pont d’Austerlitz pour redescendre la rivière par le bras Marie.