Lagny et la bataille du pont de Maunoury

Le 30 août 1944, les troupes américaines aidées par des FFI libèrent la ville de Lagny et repoussent les forces allemandes vers l’est. Le pont Maunoury est l’enjeu d’une bataille rangée entre les deux armées ennemies.
Le samedi 30 août 2014, la commune organise une reconstitution de l’événement suivi le dimanche 31 d’une cérémonie de commémoration des victimes de guerre.
Le hasard veut que le samedi matin, ayant quitté Meaux à 08:00, nous amarrons le Chat Lune à 10:30, le long du ponton flottant de la halte nautique, situé en bas du pont Maunoury.

Par la fenêtre entre-ouverte de l’office du tourisme, la jeune femme s’excuse et nous explique que la veille au soir, vers 10:30, des voleurs ont forcé la porte d’entrée avec une barre à mine, ils se sont ensuite emparé de iPad qui était posé sur le comptoir d’accueil avant de s’enfuir lorsque la sirène d’alarme s’est enclenchée. En attendant le technicien qui va réparer la porte, la réception de la capitainerie et les informations touristiques se font par la fenêtre.

Le dépliant de la mairie nous informe que le camp militaire est installé dans le parc près de la Marne, que la reconstitution de la bataille est programmée pour 18:00, que ce soir un ‘Big Band’ animera un bal avec des airs de Glen Miller et que demain dimanche, un général Français, un vrai celui-là, viendra remettre une décoration à un ancien combattant et honorera par sa présence les cérémonies de commémoration.

À 17:45 au milieu d’une foule intéressée, on s’assied par terre au coin du carrefour près du pont Maunoury. J’avoue que nous sommes un peu sceptique quand à la qualité de représentation prévue, la suite nous montre que nous avions tort.
Sur le parking en face du parc, les moteurs des GMC, des ‘Half-Tracks’ et des Jeeps ronronnent, les figurants portent fièrement l’uniforme et les armes des GI de l’époque et les soldats allemands en ‘Feldgrau’ tournent en rond avec une BMW à side-car et un ‘Kubelwagen’ datant des années 40.

La présentation comporte une succession de scènes. Au début c’est la routine, les soldats allemands installés à l’entrée du pont s’ennuient, la BMW avec dans le side-car un ‘Feldwebel’ armé effectué une ronde de surveillance, deux religieuses de passage sont interpellées au poste de contrôle.
Et puis soudain l’action! Des FFI, brassards au bras et pistolets en main arrivent à bord d’une traction noire et attaquent les gardes du pont mais ils doivent se replier à la riposte des armes automatiques.
Des pétards et des fumigènes donnent du réalisme à l’action.
À la scène suivante, les GI arrivent en jeep, ils bondissent du véhicule et repoussent les allemands au delà du pont vers Thorigny mais ces derniers se ressaisissent et les américains doivent se remplier, un soldat meurt et un autre est blessé, une ambulance embarque la victime.
Les figurants se prennent au jeu et leur mimique en témoigne.

Dans la scène finale, les GI relancent une attaque, les automitrailleuses appuient l’action, les allemands se rendent et encadré par des FFI et des GI, ils retraversent le pont dans notre direction, les mains posées sur la tête.

La victoire des Alliés est ponctuée par un joueur de cornemuse accompagné d’un tambour, les badauds sont ravis, ils rentrent dîner chez eux, nous aussi.

Le soir, Marleen et moi sortons notre connaissance de rock-´n-roll au son du ‘petit’ Big Band. Deux autre couples font de même, les jeunes du village ne sont pas présents et les spectateurs nous observent en silence.
À 22:00 les musiciens rangent leur instruments sous les applaudissements des quelques curieux qui sont restés regarder le spectacle à la veille d’une soirée douce et sans nuages.

Dimanche matin, fidèles au poste, nous assistons à toutes les manifestations de commémoration.
Deux nouveaux joueurs de cornemuse ont rejoint le musicien de hier. Les GI, le fusil à l’épaule présentent ‘armes’ aux injonctions en anglais teinté d’un fort accent français du sergent major. Le général décore l’ancien caporal chef, la fanfare locale joue les hymnes nationaux, les cornemuses en tête, donnent le pas au cortège qui fait une halte le temps que les officiels déposent une gerbe de fleur aux trois monuments au mort de la ville.
La cérémonie se termine au point de départ, au pied du pont Maunoury par une succession de morceaux de musique joués successivement par la fanfare et par les cornemuses.
À midi, le maître des cérémonies remercie le public, les figurants, les musiciens, le général et les officiels et tout le monde rentre prendre l’apéro.

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Vitry-le-François, Châlons-en-Champagne, Mareuil-sur-Ay, Dormans, Azy-sur-Marne, La-Ferté-sous-Jouarre, Meaux

Les villes et les villages cités dans le titre du présent billet sont celles et ceux où nous avons passé une nuit ou même quelques jours selon notre humeur et les circonstances du moment.
Mes récits ne sont pas chronologiques, le lecteur curieux déplie la carte de France et identifie les lieux que je cite et mes amis navigateurs connaissent les endroits traversés.

Mon objectif en écrivant les billets de ce blog n’est pas et n’a jamais été, de rédiger un carnet de voyage mais de capter les faits divers de nos pérégrinations tout au long des voies navigables et des endroits d’amarrage du Chat Lune.

N’empêche que pour orienter ceux qui aiment savoir d’où on part pour arriver là où on est, voici une bref résumé de notre voyage en 2014.

Notre objectif était de remonter la Dendre en passant par Isières et Ath et ensuite d’aller à Lyon en traversant les Vosges, chose faite.
La deuxième partie du projet était d’aller à Strasbourg par le Doubs et le Rhin et ensuite de prendre le canal du Rhin à la Marne pour finir à Paris où nous souhaitons séjourner en septembre.

Le plan incliné d’Arsviller qui était sur notre trajet, est en panne et nous avons fait demi-tour à Montbéliard pour aller rejoindre nos amis Bill et Genevieve à Saint-Jean-De-Losne. Ensemble depuis le 3 août nous avons remonté la Saône, pris le canal de la Saône à la Marne, rebaptisé le Champagne Bourgogne par le marketing vinicole local, pour enfin emprunter le canal latéral à la Marne et puis la rivière elle-même et arriver à Meaux, où nous sommes amarrés depuis hier midi, mercredi le 28 août 2014.

Les guides fluviaux nous permettent d’avoir une idée approximative du temps qu’il nous faut pour aller d’un point à l’autre.
Ainsi, de Saint-Jean-De-Losne au port de l’Arsenal à Paris la distance est de 513 km et il y a 151 écluses à franchir. Nous avions un petit mois pour faire ce trajet.
Pour m’aider à suivre notre progression, je dessine un graphique avec en abscisse les jours du mois et en ordonnée la distance entre le point de départ et l’arrivée. Chaque soir j’inscrit notre point de chute, ce qui me permet de visualiser notre marche par rapport au trajet idéal, un truc d’ingénieur. Voir ci-dessous une photo du graphique concerné.

À Vitry-le-François Marleen a fait deux lessives à la capitainerie.

À Châlons-en-Champagne nous avons été admirer les vitraux de la Cathédrale Saint-Étienne et de l’église Saint-Alpin. Dans la première nous avons découvert la Passion du Christ illustrée par des figurines Playmobil. Geneviève trouvait gênant que les petit personnages en plastique avaient un visage souriant, « ça ne fait pas sérieux » était son commentaire.

À Mareuil-sur-Ay, Marleen et Genevieve ont assisté à un concert de jazz du Quartet Remi Abram dans la Maison de Mareuil, le long du canal.

À Dormans, la Péniche Zeralda amarrée derrière nous le long de la berge, offrait une jam-session à laquelle nous n’avons pas assisté.

À l’amarrage en amont de l’écluse # 6 d’Azy-sur-Marne, Marleen et moi nous sommes promenés dans les vignobles sur les coteaux de Champagne. Ensuite Marleen et Genevieve ont ramassé quelques kilos de pommes et autant de mirabelles, de quoi faire une grande compote et remplir 5 pots de confiture.

 

À la Ferté-sur-Jouarre nous avons fait la connaissance de Félix de Larue, un comédien marionnettiste qui depuis 7 ans habite l’île de Tenerife avec son épouse et son fils de 12 ans.
Avant cela il s’était produit à Paris pendant une trentaine d’années.
Quelques clips de ses représentations sont présentes sur YouTube.
À La-Ferté-sous-Jouarre nous avons appris que la fabrication des meules à moulins y a prospéré pendant cinq siècles, jusqu’en 1950. Un million de meules furent exportées dans le monde entier et au milieu du 19e siècle cette industrie occupait plus de 4000 personnes.
Il en reste sa mémoire et un quai de la Marne construit avec des meules superposées.
Enfin, à La-Ferté-sous-Jouarre nous avons fait la connaissance du chat de la médiathèque.

 

À Meaux, nous avons été dire bonjour à Gilles qui retape deux bateaux sur le chantier Nautic Center, ensuite nous avons dégivré le frigo et fait quelques courses au Monop.

Demain nous allons à Lagny-sur-Marne.

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D’Orconte au canal latéral à la Marne et le Schmilblick des VNF

Il pleut depuis ce matin. Les prévision donnaient une pluie fine en matinée et ensuite une pluie plus intense à partir de midi, cela s’est avéré vrai.

Nous sommes amarrés à La-Ferté-sous-Jouarre, une petite ville à une soixantaine de kilomètres à vol d’oiseau du centre de Paris et à 5 jours de navigation, au rythme que nous avons adopté depuis que nous naviguons en flottille avec le River Pipit.

Contrairement à notre appréhension d’individualistes pathologiques, le co-voisinage avec nos amis américains se passe à merveille. Nous avons trouvé une cadence de marche qui convient aux deux bateaux et aux deux équipages. La vitesse de croisière du River Pipit est limitée à 9 km/h, en avalant la Marne, avec le courant portant, nous avançons à du 10,5 km/h et sur les canaux, comme le Champagne Bourgogne on a fait de l’excès de vitesse car l’allure autorisée est 8km/h.
Tous les matins, nous lâchons les amarres vers 08:30 et vers midi, une heure au plus tard nous amarrons nos bateaux. La Marne ne comporte pas autant d’écluses que le canal, une tous les 10 à 12 km et par conséquent on avance par sauts de 30 à 35 km chaque jour. En plus de cela, tout les trois jours environ nous intercalons une journée de repos.
Les terriens ne s’en rendent pas compte, mais vivre au grand air à longueur de journée et manœuvrer un bateau pendant six heures par jour, ça fatigue et qui veut aller loin, ménage sa monture.
L’autre grand avantage de la navigation en flottille, en plus de l’aspect social évident avec des individus qui partagent les mêmes intérêts culturels, lecture, film, photos, histoire, patrimoine et bateaux, c’est que nous ne cuisinons ‘chaud’ qu’un jour sur deux.
Hier j’ai préparé des boudins de Rethel avec une compote de pommes trouvées le long des berges des écluses et aujourd’hui Genevieve va nous régaler avec des cuisses de canard confit.
À Meaux, où nous serons après-demain ou le sur-lendemain si nous décidons de rester deux jours à La Ferté, nous retrouverons notre ami Gilles, un ami du port de l’Arsenal, chaudronnier de formation, bricoleur de génie, qui transforme un bateau dans le chantier local. Il a vendu son bateau précédent, acheté une épave de péniche qu’il va couper en deux et ensuite la ressouder pour la mettre à une taille compatible avec son emplacement à l’Arsenal.
Paris ce sera pour le 1e septembre. Nous espérons avoir droit à un bel été Indien.

Pour ceux qui s’intéressent à la chronologie de notre croisière, mon précédent billet nous situait à la halte fluviale d’Orconte. Ensuite nous avons fait un arrêt de deux jours à Vitry-le-François, le temps de deux lessives, d’un brin d’avitaillement à l’Intermarché et d’un plat du jour au Grillardin, une brasserie située au coin Nord-Ouest de la place d’Armes.

À la première écluse du canal latéral à la Marne, l’éclusier nous remet une valisette en plastique noire contenant la commande à distance pour les écluses de la Marne et de son canal latéral.

Très fier, il nous explique que le trajet vient d’être modernisé et que nous avons le privilège d’être parmi les premiers bateaux à utiliser le nouveau ‘Schmilblick’ des VNF. L’objet me fait penser à l’invention imaginaire de Pierre Dac, par ailleurs natif de Châlons-en-Champagne où nous allons nous amarrer dans quelques jours. Il décrivait le bidule de la manière suivante:

Le Schmilblick des frères Fauderche est, il convient de le souligner, rigoureusement intégral, c’est-à-dire qu’il peut à la fois servir de Schmilblick d’intérieur, grâce à la taille réduite de ses gorgomoches, et de Schmilblick de campagne grâce à sa mostoblase et à ses deux glotosifres qui lui permettent ainsi d’urnapouiller les istioplocks même par les plus basses températures. Haut les cœurs et chapeaux bas devant cette géniale invention qui, demain ou après-demain au plus tard, fera germer le blé fécond du ciment victorieux qui ouvrira à deux battants la porte cochère d’un avenir meilleur dans le péristyle d’un monde nouveau… »

Le Schmilblick des VNF est un boîtier bleu pale d’une vingtaine de centimètres de haut sur dix de large.
Il comporte un écran et plusieurs boutons de couleur différentes, ainsi que la représentation à petit échelle du panneau de signalisation lumineux des écluses avec les feux rouges, vert et l’orange clignotant. Il est muni à l’arrière d’une lanière noire qui doit permette de le fixer à sa ceinture et d’un cordon jaune pour l’accrocher autour du cou.
La valisette contient deux chargeurs, une pour le brancher sur l’allume-cigare et l’autre pour le recharger sur une prise 220V.
Son fonctionnement est entièrement automatique, toutes les manœuvres de l’éclusage apparaissent sur l’écran ainsi que les instructions à suivre pour réussir l’opération. En prime, un signal sonore averti les usager des manœuvres à exécuter.

L’investissement aurait permis au VNF de financer le dragage des quelques canaux qui en ont grand besoin.

J’ai une sainte horreur de la tendance actuelle des fabricants qui nous prennent pour des débiles et développent des objets usuels avec des instructions détaillées qui insultent notre intelligence.
De manière générale le développement de ce genre d’objet fait aussi partie de l’infantilisation de notre société, une mode qui avec la nouvelle pudeur et la malbouffe industrielle, nous vient d’outre Atlantique.

L’ancienne commande à distance des écluses a la taille d’un paquet de cigarettes, il comporte trois boutons, un pour les bateaux montants, un pour les avalants et un bouton rouge d’alerte. Il est simple à l’usage et l’opération d’éclusage coule de source même pour un touriste fluvial débutant.
En plus de cela, pas besoin de le recharger, les piles fonctionnent sans problème pendant toute la durée du franchissement des canaux concernés.

En matière de simplicité, j’ai déjà cité la remarque d’Albert Einstein dans un de mes billets précédents.

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De Joinville à Orconte

Il s’est passé plein de choses depuis que nous avons quitté Joinville, il y a une semaine de cela.

Marleen à eu la surprise de voir se décrocher de son support, la tige qui actionne l’écluse numéro 8 de Sarry sur le canal latéral à la Marne, peu avant d’arriver à Châlons-en -Champagne. Sur ce trajet du canal, l’ouverture des portes des écluses se commande par une tige qui pend à un portique qui surplombe le canal et qui est planté sur la berge à une centaine de mètres de l’ouvrage d’art.
La manœuvre consiste à ralentir le bateau et s’approcher de la tige de manière à ce que l’équipier puisse la prendre en main et lui donner un quart de tour pour mettre en marché l’opération de bassinage. Sur le Chat Lune, nous rangeons l’objet et Geneviève qui a vu la manœuvre et qui nous suit avec le River Pipit monte sur le toit du carré de son bateau et actionne le mécanisme à l’endroit ou la tige pendait, l’écluse s’ouvre et nous passons. Pendant la bassinée, j’informe le centre de commande des VNF de l’incident et je leur signale que nous avons posé la tige récupérée le long du quai de l’écluse #8.
« Pas de soucis, on s’en occupe », me fait l’opératrice.

Lorsque j’écris un billet j’essaye de trouver un équilibre entre ce que j’ai envie de retenir de notre voyage et ce qui peut intéresser et amuser mes lecteurs. J’imagine que d’aucuns, qui n’ont jamais mis les pieds sur un bateau et qui n’ont pas l’intention de le faire, paisiblement assis dans leur jardin, à l’ombre d’un arbre centenaire, le portable sur les genoux, pensent à juste titre n’avoir rien à cirer de cette stupide tige d’écluse.
Par contre, ceux qui comme nous naviguent, sourient peut-être, « tiens, ça ne nous n’est pas encore arrivé », en visualisant la manœuvre que les deux bateaux ont du faire pour arriver à passer l’écluse. Mon choix est difficile.

Après Joinville nous avons fait une halte à Chamouilley, le nom a fait sourire Black, le long d’un quai en bois tout neuf. Entre l’endroit d’amarrage et la chaussée la municipalité a fait construire un beau parc avec des bancs et des tables. Le tout est complété par un bâtiment en béton et en bois qui semble devoir comporter la capitainerie et les locaux sanitaires. Des bornes modernes avec eau et électricité sont placée tout au long du quai, mais rien ne fonctionne à l’heure actuelle.
Un autochtone qui habite en face du port nous explique que le projet est été développé à l’initiative de plusieurs communes voisines, qu’il n’est pas terminé et mais que la borne d’alimentation électrique du chantier en cours est active. On le remercie et on s’y branche.
J’imagine que lorsque tout fonctionnera il faudra payer 2€ pour recevoir 1 heure de branchement électrique. Il doit y avoir une société qui vend à gros prix ce genre d’infrastructure et qui réussit à convaincre les élus des petites communes des avantages de leur système.
Il y’a moyen de faire autrement et mieux.

Le lendemain, nous sommes à Orconte où la mairie locale et celles des communes voisines ont opté pour une solution plus intelligente, plus économique et plus efficace, tant pour elles que pour les plaisanciers.
À l’amont de l’écluse # 9, un quai d’une cinquantaine de mètres permet l’amarrage de trois vedettes d’une longueur entre 10 m, comme le Chat Lune et 14 m, comme le River Pipit.
Les barges sont interdite le long du quai, elle peuvent s’amarrer plus loin, le long d’une berge en herbe.
Une modeste construction abrite une douche, eau chaude et froide, un WC, un lavabo extérieur couvert et un boîtier électrique muni de 4 sorties.
Le matin et le soir, une employée de la commune vient percevoir une modeste contribution, 6€ pour nous, 8€ pour le River Pipit, cela inclu le branchement électrique et l’usage de la douche et du sanitaire.
L’investissement est une fraction de ce que Chamouilley à déboursé, ça fonctionne et ça répond au besoins des plaisancier de passage. Le soir, une employée de la commune vient faire sa ronde. Elle est toute souriante, elle fait ce métier avec plaisir et son activité extérieure ne coûte pas plus à la municipalité que si elle restait dernière son ordinateur dans le bureau de la mairie.
Comme le disait Albert Einstein: « Tout devrait être rendu aussi simple que possible, mais pas plus. »

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De Langres à Joinville

J’explique au vendeur du Gamm Vert que mon ami américain Bill qui habite en France ne possède pas de couteau Opinel. « C’est désolant » fait le vendeur, « En Suisse on se doit d’avoir un Victorinox, et en France un Opinel est de rigueur ». Je lui choisi un numéro 9 avec une lame en carbone, confortable en main et pas trop grand pour tenir en poche.

Nous sommes amarrés à Joinville depuis vendredi midi. La halte nautique est située en aval de la ville le long de la D60 qui relie Joinville à Thonnance-lés-Joinville, entre le Lidl au sud et le centre commercial avec un Super U, un Bricomarché et un Gamm Vert au nord.

Ce vendredi 15 août 2014, tout est fermé comme il se doit dans un pays laïque qui respecte les religions.

Entre la halte nautique et la chaussée se trouve un parking pour mobile homes.
Les deux aires de repos sont équipées d’un système sophistiqué d’alimentation électrique et fourniture d’eau potable. Pour 2€, payable par carte de crédit dans l’unité centrale, les bornes de distribution débitent 55 minutes d’électricité ou, au choix, 10 minutes d’eau potable. Le responsable qui a programmé les bornes de distribution d’électricité a du s’informer sur les besoins des plaisanciers auprès d’un expert dont la connaissance en la matière datait du temps où les bateaux de plaisance s’éclairaient à la bougie.
En plus de cela, l’installation s’avère être non-active. Mon guide fluvial mentionne que le port relève de la compétence de l’office du tourisme.

Entre deux averses d’orage je me rend à vélo à l’endroit indiqué. La grille est fermée, je forme le numéro de téléphone qui figure sur le panneau épinglé à la porte. Un répondeur s’enclenche et une voix qui se veut humoristique explique que, « oui nous sommes absents mais certainement pas loin et nous allons vous rappeler incessamment sous peu ».

Une éclaircie plus tard, on retourne en ville car un passant m’a signalé un vide-grenier dans le Petit Bois, le parc en face du château. Pour 5€ Marleen achète un bouddha bleu pale à une famille de courageux dont la table d’exposition et les objets dégoulinent de l’eau de la dernière pluie d’orage.

Le lendemain, le samedi 16 août 2014, le beau temps et revenu et les magasins sont ouverts à Joinville. Par contre, la grille de l’office du tourisme reste verrouillée et le répondeur débite le même message goguenard.

Dans une boulangerie on découvre un dépliant avec un plan de la ville avec un parcours numéroté comme nous les aimons.
Nous aurions voulu voir l’apothicairerie au numéro 17, mais elle est fermée et la notice sur la porte nous renseigne que c’est à l’office du tourisme que le rendez-vous doit être pris pour y avoir accès.
On fouine un peu dans le coin et selon les dires d’une infirmière de l’hôpital voisin, en semaine, la lavandière de la blanchisserie ouvre les portes de l’Hôtel Dieu, mais pas le samedi.

Au numéro 14, le cimetière est ouvert mais la chapelle Sainte-Anne située au centre, est fermée. Nous aimons nous promener entre les tombes car les anciennes sont souvent décorées de symboles nécrologiques et ci-et-là une statue mérite un regard admiratif tel que le buste en fer rouillé d’une pleureuse voilée que vous voyez ci-dessous.

L’église Notre Dame est au numéro 9. Son trésor est le reliquaire de la « ceinture de Saint Joseph ».
Notre brochure explique:
‘Cette ceinture de chanvre a été donnée en 1248 par Saint Louis à Jehan, sire de Joinville, qui l’a rapportée à Joinville en 1250. Elle est placée dans une gaine brodée de fleurs de lis et des litanies de Saint Joseph, avec des jours rectangulaires permettant de voir la relique. Le tout est présenté dans un reliquaire néogothique du 19ème siècle’.
Il devait y avoir au 13e siècle en Orient des boutiquiers qui fabriquaient des reliques destinés au croisés crédules ou à ceux qui souhaitaient ramener au pays un souvenir marquant de leur long voyage.

 

 

Dimanche matin, le 17 août 2014, nous lâchons les amarres et nous partons pour Chamouilley.

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Langres et ses niches

Angélique, la cousine germaine de ma grand-mère paternelle tenait une mercerie à Silly, un petit village du Hainaut. La boutique donnait sur la rue et la famille vivait dans l’arrière cuisine. Lorsque une cliente poussait la porte du magasin, le perroquet vert d’Amazonie, installé près de la fenêtre et perché sur un bout de bois fixe sur le dessus de sa cage, criait: « Angélique, à la boutique! »
Je n’ai jamais eu l’occasion de faire la connaissance d’Angelique, mais l’histoire me fut contée de nombreuse fois et lorsque je vois ou j’entend le nom, je visualise la scène.

La société de taxi qui propose ses services pour monter les plaisanciers du port de Champigny-lès-Langres vers la ville perchée sur sa colline, s’appelle Angélique.
Lundi matin à dix heures la voiture noire arrive au port et l’équipage de nos deux bateaux s’embarquent avec au volant, Angélique la patronne de la société. C’est une élégante jeune femme au cheveux clairs coupés à la Jeanne d’Arc, je m’assieds à côté d’elle et je l’interroge sur l’état de son affaire. Ils ont trois voitures, un mini-bus et trois chauffeurs.
Les affaires marchent bien, en été il y a le port et en hiver les écoles et les clients des trois industries locales.
Aujourd’hui nous sommes chanceux, c’est le chef d’entreprise elle-même qui nous véhicule. Dix minutes et 8,70€ plus tard elle nous débarque devant le syndicat d’initiative.

Bill et Geneviève décident de parcourir la ville assis dans un des wagons du petit train qui en fait le tour. Marleen et moi sommes de bons marcheurs, nous contournons la ville en suivant les 4 km des fortifications.

À l’est de la ville, en surplomb de la gare qui se trouve en bas de la colline, pas loin du port, trône la dernière crémaillère, une automotrice électrique. blanche et rouge.
En 1887 une première locomotive à vapeur effectue un test, reliant la gare SNCF au haut de la ville sur un trajet de 1500 m, franchissant une dénivellation de 132 m. Électrifiée en 1935, l’exploitation de la ligne fut arrêtée en 1971 et remplacé par un service de bus.
J’aime l’anachronisme de l’automotrice blanche et rouge, récemment rénovée, perchée sur le haut du rempart médiéval.

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Le mimétisme est le propre de l’homme, ainsi à Besançon les façades des maisons sont décorées de grilles en fer forgé. Au 16e siècle, un notable bien dans ses papiers, trouva un jour que les moyens de protection de ses fenêtres pouvaient aussi être esthétiques et il fit venir de Paris un artisan forgeron qui lui fabriqua des grilles torsadées du plus bel effet. Très vite, les autres notables de la cité suivirent son exemple et aujourd’hui, l’office du tourisme offre comme attraction, des visites guidées des grilles de la ville.

À Langres, au Moyen Âge, l’échevinage décora les portes de la cité de statues de la Vierge, afin d’obtenir paix, protection et sécurité. Très vite de nombreux propriétaires suivirent cet exemple et aujourd’hui l’office du tourisme offre comme attraction, des visites guidées des niches de la ville.
Certaines sont ostentatoires, d’autres plus modestes ou même naïves. La majorité comportent une effigie de la Vierge, mais d’autres arborent Saint-Joseph, Saint-Antoine l’Hermite, Sainte Barbe et même Mars et Cérès.

Au syndicat d’initiative nous avons reçu un dépliant qui comporte une vue en perpective de trois quartiers de la ville, le nord, le centre et le sud avec chaque fois l’adresse d’une niche et sa description.
Nous aimons ce genre d’exploration et d’un pas alerte, nous parcourons les rues de la ville, le document en main, l’appareil photo en bandoulière et les yeux fixés sur le haut des façades à la découverte des statuettes.

Demain nous allons à Foulain et ensuite à Chaumont.

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De Cusey à Champigny-lès-Langres

Grand et élancé, il arbore la fine moustache grise à la française et lorsqu’il parle, il gesticule avec son parapluie, il me fait penser à monsieur Hulot.

« C’est un belle petite ville », explique-t-il, « mais elle se meurt. Les jeunes partent, les petites industries locales trouvent de la main-d’œuvre mais pas de cadres. Il n’y plus de médecins non plus, ce sont leurs épouses qui ne veulent pas venir s’enterrer dans un endroit où il ne se passe rien, pas de complexes sportifs et pas d’activités culturelles. Deux de mes trois enfants sont partis, mais ma fille habite Orléans et pour rien au monde elle ne voudrait revenir ici. »

Nous sommes amarrés depuis hier midi le long du quai de plaisance de Langres. Il y a de l’eau et de l’électricité disponibles aux bornes bleues plantées tous les 25 m. Il n’y a pas de frais d’amarrage et l’électricité est disponible pendant trois fois une heure par jour, de 7 à 8, de 12 à 13 et de 19 à 20 heures. Cette mesure est intelligente, cela évite à la commune de trop gros frais et les plaisanciers peuvent recharger leurs batteries.

Hier après-midi nous avons gravi la rue de Champagne qui mène à l’Intermarché. J’ai poussé mon Brompton dans la montée et je suis redescendu chargé en actionnant mes deux freins jusqu’en bas de la côte.

Depuis que nous naviguons en ‘flottille’ avec le River Pipit, on alterne les repas du soir, aujourd’hui dimanche le dîner sera servi à 19:00 sur la dunette du Chat Lune pour autant qu’il ne pleuve pas.

À Langres les bus ne roulent pas le dimanche et nous avons décidé de respecter ce jour de repos pour ne pas faire grand-chose.
Malgré tout, profitant de l’électricité offerte de 7 à 8, Geneviève fait deux lessives dans sa petite machine à laver. Je lance le billet de mon blog relatif au Château de Rosières, Marleen et Bill lisent et bricolent à bord.
Nous sommes tous un peu fatigués de la navigation des jours précédents.
Il fait savoir que naviguer pendant six ou sept heures sans interruption dans un canal avec une écluse tous les 2 km en moyenne, requière de l’équipage une concentration permanente et un effort physique continu.
Lorsque nous sommes montants, à chaque écluse Marleen grimpe à l’échelle fixée le long du bajoyer pour fixer une aussière et actionner la tige bleue qui commande la bassinée, c’est physique.
Je conduit le bateau ce qui demande une dextérité acquise au fil des années car chaque écluse est différente, c’est de l’habileté. Dans l’écluse je tiens tendue l’aussière de manière à ce que le bateau reste collé au bajoyer, c’est physique. Toute la journée, nous vivons en plein air, c’est sain.
Le tout, fait que nous sommes bien en forme mais parfois une nuit de repos ne suffit pas.

Le port de Champigny-lès-Langres est situé deux écluses plus bas que le bief de partage du canal Champagne Bourgogne.
Un bief est la partie du canal situé entre deux écluses. Le bief de partage est la plan d’eau le plus élevé du canal. Sur ce canal-ci le bief de partage est situé sur le Plateau de Langres, il fait 10 km de long et pour passer sous le sommet de la colline, on franchit un tunnel long de 4.8 km.
Le versant Saône comporte 35 écluses d’une dénivellation moyenne de 3,50 m suivies de 8 de 5,15 m, avant d’arriver au bief de partage.
Nous avons mis quatre jours de Maxilly-sur-Saône à Champigny-lès-Langres, la distance est de 75 km.

Le troisième jour, après avoir gravi toutes les écluses montantes, nous avons frappé nos amarres à Heuilley-Cotton, deux kilomètres avant l’entrée du tunnel.


Marleen et Genevieve ont exploré le village et elles ont découvert que le cimetière comporte des décorations florales en céramique colorée similaires aux tombes de l’ancien cimetière d’Ostende.
J’ai commenté la visite du cimetière d’Ostende dans un billet plus ancien.

Le versant Marne est long de 150 km; il comporte 71 écluses de la même dénivellation moyenne que le versant Saône. Nous avons déjà franchi deux écluses avalantes, il nous en reste 69 à passer pour arriver à Vitry-le-François. Nous quitterons le port mardi.

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Demain lundi, nous allons visiter Langres.

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Le Château de Rosières

À 800 m à vol d’oiseau à l’est du canal de Champagne Bourgogne, au niveau du PK 201, se trouve le château de Rosières.

Le nom de Rosières figure comme exploitation agricole sur des chartes du XIe siècles. En 1350, Pierre de Saint-Seine, avec l’accord du duc de Bourgogne y construit un manoir. Un siècle plus tard le manoir est fortifié et l’on parle de la ‘maison forte’ de Rosières. Au fil des siècles il change plusieurs fois de propriétaires et en 1980, il est acheté la famille Bergerot qui le restaure et l’exploite en chambres et table d’hôtes.

Le principal élément est un imposant donjon carré, haut de près de vingt mètres et ceinturé d’un chemin de ronde avec des mâchicoulis et une échauguette; il y en avait trois à l’origine.
Il est entouré de bâtiments d’exploitation agricole, basse-cour et communs et il était autrefois entouré de murailles qui baignaient dans le fossé d’enceinte.

Nous naviguons en flottille avec le River Pipit de nos amis Bill et Geneviève et nous frappons nos amarres au PK 201 à une centaine de mètre d’un pont qui enjambe la canal.
J’entame la conversation avec un couple en balade avec leur chien, ils nous indiquent le chemin à suivre pour arriver au château, il faut traverser un bois et longer un ruisseau jusqu’à l’ancien Moulin des Près, franchir le pont sur la Vingeanne et ensuite remonter un chemin de terre jusqu’à la Route des Merveilles de la Tille-Vingeanne qui mène à Rosières.

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Thierry, c’est l’homme du couple, nous explique qu’en saison il récolte des truffes noires, son chien d’origine Italienne est truffier.
Il s’avère qu’il connaît les propriétaires américains de la péniche habitable Maria, basée à Toul. Bill, Geneviève et nous-même les connaissons également, le monde du fluvial est petit.

À bicyclette on se rend au château de Rosières. La propriétaire nous demande 4€ par personne, elle nous remet un dépliant plastifié avec des explication numérotées et sans autre forme de procès, nous invite à parcourir le domaine, sauf la chambre 5, qui est occupée.

Contrairement à Talmay, nous explorons à notre guise toutes les parties habitées de la Tour.
Dans un coin de la grande salle de réception, une jeune fille lève les yeux pour nous saluer avant de se replonger dans l’écran de son ordinateur.
Sur une table, un dossier retrace les étapes de la rénovation. Je note avec étonnement que tous planchers ont été désassemblés pour y installer un chauffage au sol, après quoi les tomettes d’origine furent replacées. Les sols ondulent légèrement et on jurerait qu’ils datent de quelques siècles en arrière.
Les propriétaires n’ont pas peur des anachronismes, ainsi dans la cuisine moyenâgeuse ils ont installé une imposante cuisinière Godin dans l’alcôve de l’ancien feu ouvert.
Aussi, le manoir dégage un charme et une personnalité vivante que l’on ne retrouve pas dans les châteaux rénovés transformés en musées.

À l’extérieur la moitié des haies du jardin à la française sont taillées, la deuxième moitié attend le sécateur du jardinier.
Derrière une grange, un bouc impassible aux cornes puissantes, broute les brindilles des buissons sauvages.


Avant de rentrer au bateaux, nous remercions la propriétaire qui, assise sur un banc placé à côté de la porte de sa cuisine, bavarde avec une amie et nous rassure que oui, les affaires marchent bien.

Pour en savoir plus sur le château de Rosières ouvrez le lien suivant:
http://www.likhom.com/chambre_hotes/chateau-de-rosieres/saint-seine-sur-vingeanne/

Demain nous allons à Cusey et ensuite à Langres.

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Saint-Jean-de-Losne, Caterpillar et le Champagne Bourgogne

Samedi dernier, le Doubs nous a laissé partir de Ranchot, sur la rivière on file à 16 km/h, dans les parties canalisées nous respectons plus ou moins la règlementation et on avance à 8,5 km/h.

Nous traversons Dole, à l’écluse de sortie de la ville, on croise une vedette hollandaise battant l’Union Jack. La dame à la barre actionne le mauvais bouton sur la commande à distance et au lieu de se remplir, l’écluse se vide et se met en attente d’un bateau montant. Les anglais s’énervent, à la barre, la dame tape le bateau contre les piliers du pont.
Irritée par leur incompétence, Marleen les interpelle et leur commande de remonter la rivière et d’aller s’amarrer plus haut en attendant que l’écluse se stabilise, ils obéissent.
Un quart d’heure plus tard, l’ouvrage d’art se remet en position et nous continuons notre chemin vers Choisey où nous passons la nuit.

 

Le lendemain, dimanche midi, nous arrivons à Saint-Jean-De-Losne. On fait le plein de fioul et on s’amarre le long du quai de la Saône, devant le River Pipit, le bateau de nos amis Bill et Genevieve.
Un vide grenier anime le quai et les rues adjacentes. On avale un lunch léger et on part chiner, comme tout le monde le sait, une de nos occupations favorites.

En bout de rue, sur une table pliante on découvre avec ravissement une collection de modèles réduits de machines de chantier Caterpillar. Ils sont de la marque NZG, une firme allemande spécialisée en modèles réduits de jouets et échantillons commerciaux. En métal-peint du jaune caractéristique de Caterpillar, ils sont soignés dans le moindre détail.
On discute le coup avec le vendeur, il s’agit dit-il, de jouets ayant appartenus à ses enfants, il nous donne son prix, on décide d’attendre.

En fin d’après-midi, l’orage gronde et le ciel est noir, nous retournons voir les objets convoités. Les marchants emballent leur marchandises, la pluie n’est pas loin. Marleen lance une contre-offre, le marché se conclut et nous rentrons au bateau avec six pièces qui vont agrémenter à la maison, la collection de mon épouse.

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Lundi matin nous lâchons les amarres, remontons la Saône pour aller nous amarrer à Maxilly-sur -Saône, le premier village au sud du canal Champagne Bourgogne.
Anciennement ce canal s’appelait le Marne Saône, car il relie la Marne à la Saône. Dans le souci de soigner leur chiffre d’affaire, les fabricants de vin firent appel à des gurus du marketing qui leur conseillèrent de rebaptiser le cours d’eau d’un nom plus approprie à leur vocation commerciale, ce qui fut fait.
Les mariniers quant à eux, l’appellent toujours encore « le canal d’Heuilley » par référence à Heuilley-sur-Saône où il débute.

Mardi nous enjambons nos vélos pliables pour aller visiter le château-fort de Talmay qui en 1774 vit naître Marie-Thérèse Figeur. Elle devint hussarde dans les armées de Napoléon. En 1841, Émile Moreau s’inspira de sa vie aventureuse pour écrire une pièce de théâtre intitulée ‘Mademoiselle Sans-Gêne’. Voilà une information qui mérite de figurer sur une des cartes du jeu Trivial Poursuit.

Aujourd’hui le château se visite mais il est toujours habité par les descendants du baron Thénard, président de l’académie des sciences, qui en fit l’acquisition en 1810.

Avec l’accord du guide des lieux, Marleen et Geneviève ramassent dans le verger deux kilos de prunes et de mirabelles qu’une fois de retour à bord, elles transforment en succulente compote.

Mercredi matin nous partons vers le nord en direction de Langres. Ce sera l’objet de mon prochain billet.

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Ranchot et la crue du Doubs

Il pleut à Besançon lorsque nous lâchons les amarres mais la météo prévoit une amélioration, le vent va pousser les précipitations vers la Suisse.
C’est une bonne et une moins bonne nouvelle. Le côté positif est que nous allons naviguer à sec, par contre, les nuages vont déverser leur contenu sur les collines et les montagnes à l’est, l’eau va s’accumuler dans les vallées et venir alimenter le Doubs, qui une nouvelle fois, va se mettre en crue.
Ça ne tarde pas et 30 km en aval de Besançon les techniciens des VNF nous demandent de nous amarrer dans le petit port de Ranchot et ils ferment derrière nous les portes de garde qui séparent la rivière de la partie canalisée.
Il y a déjà cinq bateaux dans le port, nous nous mettons à couple avec le ‘Kanalratte’, la barge Allemande de Ralf.

C’est la troisième fois en juillet que nous sommes bloqués par une crue sur le Doubs. L’est de la France est sujet à une succession de périodes orageuses, le Doubs est une rivière qui se met en crue en 24 heures, la décrue dure trois jours.

En pratique cela signifie que lorsque les orages sont terminés et que le soleil refait son apparition, nous ne pouvons pas naviguer. La rivière en crue charrie des détritus qui s’enroulent autour de l’hélice et aussi des gros troncs d’arbres qui flottent à fleur d’eau et qu’on ne voit que lorsqu’ils percutent la coque du bateau. En plus de cela le courant est fort, allant jusque 8 km/h dans les parties les plus étroites de la rivière et l’approche des écluses demande une bonne maîtrise du bateau.
En règle générale, au bout de deux jours, la décrue est suffisamment avancée pour reprendre la navigation. Par contre, si les orages reviennent, et qu’il se remet à pleuvoir, les vallées Suisses rendent l’eau du ciel à la rivière, elle se remet en crue et vingt quatre heures plus tard, nous sommes re-bloqués.
À ce rythme on n’avance pas vite sur le Doubs.

Notre voisin Ralf est sympathique, il a le rire facile et le bavardage aussi. À l’âge de cinquante ans, il y a de cela trois ans, il a vendu sa maison, sa voiture et sa femme dit-il en rigolant, « elle n’envisageait pas de vivre sur un bateau, alors nous nous sommes sépares », prédise-t-il.
Son bateau est une ancienne petite péniche Hollandaise, longue d’une quinzaine de mètres, large de 3,70 m, à l’achat la coque était en bon état et le moteur aussi.
Pour le reste, Ralf a complètement vidé et refait l’intérieur, il a installé des fenêtres à double vitrage avec moustiquaires, une cuisine, des sanitaires, trois modes de chauffage, un poêle à bois, un chauffage central au fuel et un Webasto à air pulsé avec thermostat qu’il utilise afin de le garder sec et tempéré, lorsqu’en hiver il quitte son bateau pour quelques jours
Sur le pont il a installé des panneaux solaires thermiques qui lui fournissent de l’eau chaude et des piézo-électriques pour alimenter ses batteries.
La proue est décorée d’une imposante figure en chêne représentant un espèce de diable aillé à tête de rat. C’est l’œuvre d’un sculpteur à scies à chaînes Igor Loskutov.

L’homme est une animal sociable et très vite les six bateaux bloqués par la crues forment un petit village. On échange nos expériences de plaisanciers, nos perspectives pour les jours à venir et nos cartes de visites. Il y a dans le port, deux bateaux Suisses, dont un Locaboat, un Allemand, Ralf, un Anglais, un Français et nous. Trois sont avalants et trois montants.
Les Suisses doivent rendre leur bateau de location à Besançon samedi matin, ils n’y arriveront pas et la société viendra les chercher et rapatriera la pénichette.
Les autres plaisanciers ont comme nous, l’été devant eux pour aller où ils ont projeté d’aller. Notre but est de passer le mois de septembre à Paris.

 

Toute l’après-midi j’ai observé un ballon de foot qui faisait le vas-et-vient devant les portes fermées de l’écluse de garde, ça m’énerve et ça me donne l’idée de le récupérer pour l’offrir à Lucas, le jeune fils de 6 ans de la femme qui le soir vient récolter les frais de port.
Armé d’un seau attaché à un long filin, je me positionne sur le pont et je m’arme de la patience du pêcheur, le ballon va et vient mais il m’échappe à chaque passage. Dix minutes plus tard, Ralf du Kanalratte s’amène avec un deuxième seau, « à deux ça devrait réussir », me fait-t-il, « je le pousse et tu le hales ». La technique ne fonctionne pas car mon seau flotte entre deux eaux.
Jean-François du P’tit Lulu vient au secours, il prend deux grosses pierres dans un jardinet voisin pour lester mon seau afin que celui-ci coule et que je puisse le positionner sous le ballon, à son passage. Quelques essais plus tard, je réalise qu’il va falloir changer la technique du repêchage.
Une nouvelle idée me vient, je prend l’épuisette que nous avons à bord du Chat Lune. Pour allonger le manche, on met bout à bout trois gaffes que nous solidarisons avec de la bande collante que Jean-François nous fournit.
Cette fois-ci ça y est, du premier coup, Ralf repêche le ballon et fiers comme des paons nous rentrons à bord de nos bateaux avec le trophée.

Ce soir vers 17:30, la dame du port vient récolter les frais de stationnement, Lucas est très heureux avec son ballon, d’autant plus qu’en septembre il entre à l’école de foot.

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Belfort, le Lion et la Citadelle, les musées et les remparts.

Lorsque Frédéric-Auguste Bartholdi partit au États-Unis pour sélectionner le site où sera installée la statue de la Liberté, il était accompagné de sa maîtresse, la modeste modiste Jeanne-Émilie Baheux de Puysieux. Ses hôtes dont la pruderie est encore à l’heure où j’écris, un des fondements de leur pays, l’obligèrent à épouser la jeune femme, vite fait bien fait, à l’hôtel de ville de Newport, Rhode Island, afin de l’accepter à ses côtés lors des obligations officielles. Le mariage sera heureux et la statue érigée sur Liberty Island.

Nous prenons le TER Besançon-Belfort pour aller admirer le Lion, une des autres œuvres du sculpteur. En Franche-Comté, la SNCF offre pendant la période des vacances scolaires, pour 15,50€, un ‘Forfait libre circulation’ qui permet de voyager pendant la même journée, de n’importe qu’elle gare à n’importe qu’elle autre gare.
Le 08:11 nous dépose à Belfort à 09:24. Le train remonte la vallée du Doubs et nous reconnaissons au passage les écluses, les ports, les barrages et la gare de Deluz.

Les villes, comme les hommes, les chiens et les chats, ont une âme et au premier contact, à la descente du train, à l’amarrage au port ou à la caresse du félin, nous sentons si l’harmonie s’installe entre nous. C’est le cas pour Belfort, la ville nous enchante.

Les bâtiments historiques sont traités avec respect, voir restaurés, les constructions neuves en acier, tel que le marché couvert, s’intègrent harmonieusement avec le grès rose des forts, de la citadelle, du Lion et de la Cathédrale.
Les rues sont propres et ouvertes, les balustrades des pont, les parterres et les parcs sont fleuris.

En route de la gare vers le syndicat d’initiative nous admirons le mur peint d’Ernest Pignon-Ernest.
La brochure dit: ‘Ce mur figure une allégorie du dialogue entre les civilisations latine et germanique, au confluent desquelles s’inscrit le Territoire de Belfort. L’oeuvre présente quarante-six personnalités qui se sont illustrées par leurs pensées, leurs actes ou leurs créations latine et germanique qui, à travers le temps, ont marqué l’histoire de l’Europe. Sont représentés entre autres, Goethe, Picasso, Rimbaud, Dante, Freud, Rosa Luxemburg, Diderot, Mozart, Louise Michel.

Au syndicat d’initiative nous achetons pour 5€ un ‘pass multisites’ qui va nous permettre de visiter la Citadelle, le Lion, le Grand Souterrain, le Musée des Beaux-Arts, le Musée d’Art Moderne et l’exposition temporaire de la tour 46.

Nous montons vers la citadelle pour admirer le Lion de près. Au passage on pique une tête dans la cathédrale pour rendre hommage à Saint-Christophe. C’est lui qui avec ses collègues Saint-Nicolas, le patron des bateliers et Saint-Elme, le patron des marins, veille sur nous pendant notre voyage.

Après Ernest Pignon, Saint-Christophe, la Citadelle, la plus belle que nous avons vue depuis notre départ en avril dernier, le Souterrain, le Lion et le parcours fléché de la vieille ville, nous mangeons l’excellent menu du jour Au Trois Maillets, situé à côté de la Cathédrale, au 3, place d’Armes. Je recommande l’endroit pour le bon rapport prix qualité du repas, l’excellent service et le décor qui vient d’être refait en 2013.

Le marché couvert est fermé mais il nous reste le Musée d’Art Moderne, le Musée des Beaux-Arts situé dans la Tour 41, et l’exposition temporaire situé dans la Tour 46.
Belfort à aménagé ces deux anciens Bastions comme lieux d’exposition.

La temporaire s’appelle ‘Système D, les Robinsons des Tranchées’.
C’est une des expositions les plus fortes que nous avons vu sur le thème de la Grande Guerre. Le manque d’équipement et l’ennui ont poussé les poilus des deux armées opposées, à inventer, bricoler, coudre, marteler et transformer les matériaux de récupération à leur portée pour créer une multitude d’objets. Pour la sécurité, des casques avec masques de protection et des périscopes, des sous-vêtements en papier pour braver les intempéries, des armes en complément des réglementaires, tel que des grenades fabriquées avec des bouteilles de soda. Mais aussi des objets d’arts et des instruments de musique, tel que ce pommeau de canne en forme de rat et une luth fabriquée à l’aide de planches de caisses de transport de produits alimentaires.

Les objets sont exposés sur des supports en bois peint en blanc, une caisse de protection en Plexiglas transparent les protège et une étiquette explique leur utilité et leur provenance.

Pas d’audio-guides, pas d’écrans tactiles, pas de musique d’ambiance, pas de commentaires qui s’enclenchent lorsqu’on s’approche d’une vitrine. Les objets sont présents dans toute leur puissante simplicité. Ci et là, quelques photos et dans un coin, un seul écran de télévision qui projette en continu la série télévisée Apocalypse.

On sort en silence.

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Montbéliard, Baume-les-Dames, Deluz et la crue du Doubs.

Le Doubs est en crue depuis la nuit dernière. Dans le Jura, quand il pleut, il pleut et les deux jours précédents, les vallées se sont gorgées d’eau. Le niveau de la rivière est monté de plus d’un mètre et le volume charrié a quintuplé en 24 heures, il a gonflé de 70m3/sec à plus de 350 m3/sec.
Ce matin à Baume-les-Dames, nous décidons de lâcher les amarres, réflexion faite, l’endroit n’est pas particulièrement captivant et le Doubs en crue ne peut pas être plus méchant que l’Elbe.
Par acquis de conscience, avant de lâcher les amarres, je bavarde avec un technicien qui lave sa voiture dans la cour des bâtiments administratifs du VNF situés à l’arrière du terrain des campings-car. « Vous pouvez y aller » me dit-il, « à vos propres risques, mais faites attention, la rivière charrie beaucoup de débris ».

Nous y allons et passé la première écluse le canal fait place au lit de la rivière. Elle paraît plus large que lorsque nous sommes montés vers Montbéliard mais les prairies ne sont pas inondées. À l’aval des barrages le bouillonnement est violent mais quelques centaines de mètres plus loin, la surface de l’eau donne une fausse impression paisible. Elle est de couleur chocolat au lait et nous naviguons à travers une succession de tourbillons ce qui m’oblige à corriger en permanence la trajectoire du bateau. Les rives défilent à toute allure, je mets le moteur à 1500 rpm, ce qui propulse le Chat Lune à 10,5 km/h. Le GPS du Navionics de mon iPad indique que sur le sol nous avançons à 16,5 km/h, le courant est de 6 km/h. Pour les terriens habitués aux voitures cela semble ridiculement lent, mes amis navigateurs fluviaux seront impressionnés.

Sur ce tronçon du Doubs, il y a une écluse tous les 2,5 km et à leur approche il faut être vigilant pour éviter d’être entraînés vers le barrage.
Pour des raisons de sécurité, la programmation du remplissage est tel que les bassins sont toujours remplis. Cela évite aux bateaux avalants de devoir s’amarrer aux pontons d’attente ou le long des quais qui balisent les entrées des écluses.

Nous pénétrons dans l’écluse de Laissey, la porte montante côté rivière est coincée par des débris de branches et d’algues et ne se ferme pas complètement. Marleen actionne la tige de commande bleue de fermeture, la loupiote d’alarme se met à clignoter.
Appelé par la borne de secours, le technicien du VNF nous signale que la circulation sur la rivière est à l’arrêt et que nous devons rester amarrés au quai devant l’écluse, le temps d’attendre la décrue. Je négocie et il accepte de nous laisser aller jusque Deluz.

Une demi heure et deux écluses plus tard, nous amarrons le bateau cul à quai le long d’un épis flottant dont la légèreté ne m’inspire pas confiance. Pas question de marcher dessus, il faut fixer une amarre au taquet situé à son extrémité de manière à ce que le bateau retienne le flotteur et que celui-ci supporte mon poids. La photo ci-avant est plus explicite que ma description.

Nous faisons la connaissance du sympathique capitaine, qui accompagné de son berger allemand, gère le troisième port de plaisance de Besançon. Je paye les frais de séjour pour une semaine, ce qui nous permet de rester ici le temps nécessaire à la rivière de redevenir navigable en sécurité et par la suite d’aller nous amarrer au port du Moulin St.Paul de la ville de Besançon.

À midi on se rend au restaurant, bar, tabac, relais de poste, dépôt de pain du village. Malgré une population de plus de six cents habitants, l’épicerie et la boulangerie ont fermé leurs portes, le seul commerce ouvert est le Café des Sport, Restaurant ‘La Pergola’.

Depuis un an, un jeune couple gère l’endroit, le mari est au fourneau et la jeune femme, blonde, mignonne et sympathique fait le service. Le plat du jour est excellent, des tranches d’aubergines grillées avec de la coppa comme entrée, des raviolis aux cèpes comme plat principal et une légère compote de rhubarbe comme dessert, café compris pour 11€. Les clients sont des habitués, à les entendre discuter ils doivent travailler aux ouvrages d’art de la rivière.
Aucun des habitants des riantes villas qui entourent le village en hauteur sur les collines avoisinantes n’y est présent.
La tenancière nous confie qu’elle pense que cette clientèle s’approvisionne dans les chaînes et ne mange que dans des restaurants étoilés, cette dernière remarque est de moi.
Vous qui me lisez, si un jour vous passez par Deluz, aller manger le plat du jour à la Pergola, vous ne serez pas déçus, le rapport prix/qualité est imbattable et l’accueil chaleureux.

Jeudi matin la rivière est toujours en crue et la navigation interdite. À la ‘Pergola’ j’achète une baguette et un pain au chocolat et ensuite nous partons en promenade vers la chapelle Montoille, située en hauteur sur le flanc nord de la vallée du Doubs.
À l’orée du village, dans un verger de mirabelliers, un jeune brocard et une chevrette broutent les fruits et ils nous laissent le temps de bien les observer. Lorsqu’ils se sont encourus, Marleen sort un sac en plastique de sa poche avec l’idée de continuer la récolte mais il s’avère que les fruits ne sont pas encore mûrs, les chevreuils vont avoir des crampes d’estomac.

Nous restons deux jours à Deluz, l’endroit nous plaît mais demain, le vendredi le 25 juillet, la rivière sera à nouveau ouverte à la navigation et nous poursuivrons notre voyage vers Besançon.

Photos Marleen
Texte Guy

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Montbéliard, l’Hôtel Beurnier-Rossel, le Château des Ducs de Wurtemberg et le Musée Peugeot

Si la couleur des voitures est un indicateur du niveau de conservatisme d’un pays, la Belgique doit figurer en haut de la liste des nations traditionalistes.
Si votre véhicule est noir ou comble d’audace, gris foncé métallisé, vous avez intérêt à mémoriser l’animal qui symbolise l’étage et le numéro de l’emplacement de votre parking souterrain au risque de passer quelques heures à rechercher votre véhicule.
J’ai toujours été émerveillé par l’audace créative des constructeurs automobiles du début de l’ère, Peugeot ne fait pas l’exception et c’est avec émerveillement que nous admirons les phaétons et autres berlines bi-colores du début du siècle dernier.

Ce dimanche matin à Montbéliard, il fait gris et frais, nous prenons nos Brompton et nous empruntons la piste verte le long du canal et quatre kilomètres plus loin, à dix heures pile, nous poussons en premiers la porte du Musée de l’Aventure Peugeot, situé à Sochaux, à côté de l’usine.
On peut y voir l’histoire de la firme automobile au travers de (presque) tous les modèles que les frères ont jamais fabriqués mais aussi, installées le long des murs, des vitrines exposant les moulins à poivre, fusils de chasse, lames de scie, machines à laver le linge, radios et autres objets ménager que la firme a fabriqué.
Nous avons à bord deux moulins à poivre, le premier contient du poivre, le second des graines de fenugrec, dont les vertus médicinales sont innombrables, voir http://projetenvie.com/fenugrec-nutritif-et-anabolisant, et qui en cuisine relèvent le goût des champignons et des tomates cuites.

Du musée je retiens l’aménagement soigné. Les modèles sont regroupés par tranche d’âge sous des pavillons Baltard et des anciens portiques Guimard du Métro Parisien. Les voitures sont briquées et comme je le signalais plus avant, leurs couleurs vont du bordeaux foncé au combiné brun-beige, bleue-azur/bleue-lila et vert ‘Granny-Smith’/vert-jaune pâle, un vrai plaisir pour les yeux.
Seuls les modèles expérimentaux modernes reprennent la palette de couleurs des voitures anciennes et encore, en monochrome.

Hier il faisait chaud à crever à Montbéliard mais le devoir appelle et le matin nous parcourons les 12 numéros du circuit urbain fléché de Henrich Schickhardt. Au début du 17e siècle, l’architecte s’installe à Montbéliard et signe de nombreuses constructions dans la ville, la région et le Wurtenberg voisin.

L’après-midi, on profite de la fraîcheur relative de l’Hôtel Beurnier-Rossel, le musée d’Art et d’Histoire. Les combles abritent une collection de boîtes à musique fabriquées dans un village voisin par l’usine l’Épée de Sainte-Susanne. Dans la foulée et avec le même ticket d’entrée nous visitons le musée du Château des Ducs de Wurtenberg. Nous aimons beaucoup la scène du salon de musique signée Jules-Émile Zingg, un peintre local.

Demain nous faisons demi-tour et nous descendons le Doubs vers L’Îsle-sur-le-Doubs.

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De Besançon à Montbéliard en remontant le Doubs

De Besançon à Montbéliard il y a 92 km et 36 écluses montantes, soit trois jours de navigation, sans se presser. Nous faisons une première halte à Baume-les-Dames et une seconde à L’Îsle-sur-le-Doubs.
La vallée est très belle, spectaculaire parfois avec ses falaises de rochers gris qui plongent dans la rivière, ses collines boisées et ci-et-là des prairies et des vaches Montbéliardes.
Les orages sont passés, il fait chaud, aussi nous lâchons nos amarres vers 08:00 pour profiter de la relative fraîcheur matinale.

À Montbéliard le Doubs quitte le trajet du Rhône-Rhin, la rivière opère un 180° pour aller vers le sud-est, retrouver sa source en Suisse.
Ici aussi, le Chat Lune va opérer un 180° pour retourner sur ses pas vers Besançon et ensuite vers la Saône.

Sainte-Vantelle, la Patronne des éclusiers en a décidé ainsi en remettant en panne le plan incliné de Arzviller sur le Canal de la Marne au Rhin. Début 2013 l’ouvrage d’art avait fait l’objet d’un accident et la réparation avait duré jusqu’en mai 2014. Le 27 juin dernier, la réouverture officielle avait été fêtée en grande pompe et nous avions l’intention de l’emprunter car il était sur notre trajet de Strasbourg vers Paris.
Rebelote, le 10 juillet un incident technique le met une nouvelle fois à l’arrêt. Jour après jour, je consulte les avis à la Batellerie, le texte mentionne ‘une arrêt pour une durée indéterminée’.
Hier matin, je téléphone au VNF de Strasbourg qui me déclare que ‘durée indéterminée’ signifie ‘jusque fin 2014’.

Voilà ce qui explique notre volte face à Montbéliard. Nous n’irons pas jusque Mulhouse et nous ne descendrons pas le Rhin jusque Strasbourg cette année-ci.

Pour rejoindre Paris nous allons prendre le Canal Champagne-Bourgogne, il part de la Saône au Nord de Saint-Jean-De-Losne, passe par Langres et Saint-Dizier pour rejoindre la Marne à Vitry-le-François. La Marne nous conduira à Paris, notre séjour dans la capitale en septembre fait toujours partie de notre programme.

 

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Besançon, la Citadelle et les Forts


Nous sommes toujours à Besançon, il a cessé de pleuvoir vers 15:00 hier après-midi, lundi le 14 juillet. Depuis lundi dernier, lorsque nous sommes arrivés ici, le temps était à la pluie au point où la rivière s’est gonflée et le courant est devenu très fort. Dimanche en fin de journée, un bateau de plaisance avalant s’est planté sur des rochers à l’entrée du chenal de l’écluse qui mène au port du Moulin Saint-Paul où nous sommes amarrés.

Aussi, nous avons décidé de rester encore deux jours ici, on partira mercredi si rien ne change.
C’est marrant d’être tributaire des conditions climatiques pour pouvoir se déplacer, on en a perdu l’habitude en tant que terrien moderne.

Besançon est une belle ville et il y a plein de choses à voir et à faire. Voilà dans l’ordre le résumé de nos activités:

Dimanche matin, au lever, il ne pleut pas, le ciel est gris, de la dunette du Chat Lune on voit la Citadelle, elle n’est plus comme les jours précédents, cachée par des bans de nuages, nous décidons d’y aller.
Le bus 17 que nous prenons au coin du pont de la République, à 50 m, du port, nous y conduit et on y passe la journée. Tout y est, comme du temps de Louis XIV et Vauban mais les soldats on été remplacés par des émeus, de babouins, des perroquets et un couple de lions. Ces derniers doivent s’ennuyer ferme car ils molestent leur petit lionceau au point où le zoo observe une alternance entre cage et enceinte extérieure, de manière à ce que les parents ne dévorent pas leur rejeton. Ces derniers doivent se dire qu’il serait souhaitable d’épargner à la petite une vie en cage, soit-elle entre des murs de valeur historique.
L’ensemble est bien conservé, bien entretenu, on offre aux visiteurs plein d’activités et des documents audio-visuels instructifs et divertissants.
Au choix, nous préférons les ruines où notre imagination peut nous faire voir défiler les soldats en uniformes bariolés, entendre gueuler les sergents-chefs et sentir l’odeur de la sueur et la poudre à canon.
C’est les cas des deux autres Forts que nous visitons ultérieurement.

À partir de 1912 jusqu’en 1987 un funiculaire reliait le bas et le haut de la colline de Bregille pour que les curistes de Besançon-les-Bains puissent accéder facilement aux bois et espaces verts de la ville. La ligne est inscrite à l’Inventaire des Monuments Historiques depuis le 27 janvier 2011. Elle fait actuellement l’objet d’un projet de réhabilitation, mené par une association en partenariat avec la Ville de Besançon.

Lundi matin, sans attendre la remise en service de l’engin, nous grimpons à pied la colline vers les Forts situés en hauteur à l’est de la ville.
Nous rencontrons en premier lieu le Fort de Beauregard, construit comme élément de défense du Fort de Bregille perché plus haut à 175 m au dessus du niveau de la ville.
On est parti avec un rayon de soleil au coin de l’œil mais arrivés en haut, au Fort de Bregille, un nuage envahit la colline et promptement nous sortons nos K-Ways.
Nous contournons l’extérieur du fort dans un brouillard mouillé. Au delà des murs on entend des chiens hurler, la ville utilise l’endroit comme fourrière.

Mardi matin, le soleil brille de tous ses éclats et nous prenons la route du Fort de Chaudanne, nous avons laissé nos K-Ways dans la penderie du Chat Lune.
Sur le parking devant l’entrée du Fort, des ouvriers de la ville installent un podium. C’est l’endroit de l’arrivée d’une course de côte à bicyclette que aura lieu dans les prochains jours.
Ici pas de fourrière mais le Fort comporte un stand de tir, c’est un peu plus proche de sa fonction d’origine.

À propos de vélos, mercredi matin le tour de France partira d’ici, le village s’installe dans le parc de l’autre côté du pont de la République. Nous serons partis et n’assisterons pas au départ.

En ville nous avons découvert la Brasserie du Commerce, autre Monument Historique classé, dont la cuisine est excellente et qui offre en semaine un plat du jour à 9,50€. On y est allé tous les jours de la semaine dernière, on a sympathisé avec le personnel et ce mardi on y retourne pour la dernière fois avant de quitter Besançon.
Voir http://www.brasserie-ducommerce.com/historique-brasserie-besancon-25.html

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Besançon, L’Horloge Astronomique, les Apothicaireries et la Chapelle Notre-Dame-du-Refuge

Bientôt, lorsque le niveau d’eau du Doubs aura un peu baissé et que le courant sera moins fort, nous quitterons Besançon. En attendant, voici la première partie du rapport de ce que nous avons fait pendant la semaine écoulée, à part nous promener dans les rues pour photographier des escaliers, des portes et des grillages.

Le mécanisme extérieur de l’horloge de la Cathédrale est commandé par une horloge astronomique construite au XIXe siècle par Auguste-Lucien Vérité. Elle est située au pied de la tour et sa visite est possible 10 minutes avant l’heure, de façon à voir les aiguilles et personnages mobiles qui s’animent à chaque heure.
Le guide, un monsieur d’un certain âge, un peu chauve, un peu boiteux et un tantinet cynique, nous ouvre la porte et nous souhaite la bienvenue exactement à l’heure prévue. Lorsque les sept visiteurs sont rentrés dans la petite pièce qui abrite le chef-d’œuvre, il referme les battants de la porte ayant au préalable affiché à l’extérieur l’indication de l’heure de la prochaine visite. Nous étions à peine rentrés que des touristes tardifs frappent à la porte, notre guide reste imperturbable. La précision de l’horloge est d’une seconde par 24 h, aussi on ne badine pas avec les horaires.
Le guide ayant déclaré que comme Clemenceau, il estimait que l’anglais ‘ce n’est jamais que du français mal prononcé’, nous nous chargeons de traduire ses commentaires pour deux visiteurs Japonais, professeurs du département d’ingénierie de l’université de Daido à Nagoya.
L’horloge est composée de 30 000 pièces mécaniques et présente 122 indications toutes interdépendantes dont : heures, dates, saisons, durée du jour et de la nuit, heures à 20 endroits du monde, nombres d’éclipses lunaires et solaires, signes zodiacaux, date de Pâques, dates et heures des marées, heure solaire, solstice, et plus elle exhibe de nombreux automates et chorégraphies mécaniques et animations du système solaire, inspirées par la Bible et déclenchées en fonction du calendrier et de l’horaire.
Un des Japonais demande « et Tokyo? ». Sourire triomphant du guide: « La question piège, l’horloge date de 1860 et Tokyo ne fut créé qu’en 1868 ». Nos professeurs éclatent de rire et applaudissent.
À l’issue de la visite, chacun d’eux insiste pour nous prendre en photo, les bras autour des épaules, avec son collègue. On échange nos cartes de visites et l’un part pour Genève, l’autre pour Paris.

Pour ne pas perdre l’habitude, le mardi, nous suivons une visite guidée des apothicaireries de la ville.
La plus grande et la plus belle est celle de l’hôpital Saint-Jean. Celle de la maison de Victor Hugo est à voir en rue au travers de la vitrine.

Le mercredi, nous poussons la porte de la Chapelle Notre-Dame-du-Refuge. Une dame aux cheveux gris, vive et érudite nous propose ses commentaires. Comme nous sommes curieux et que nous avons le temps, elle nous invite à nous asseoir sur une chaise d’église pendant qu’elle y va de son introduction. Ensuite, elle nous prend par la main, nous promène dans les lieux et nous explique le détails de toutes les sculptures, peintures et statues, en ponctuant ses explication par des textes d’évangiles.
La Chapelle vient d’être rénovée, les dorures brillent de tout leurs feux et les couleurs des peintures sont resplendissantes.
Le tracé du plan du sol est l’elliptique, le grand axe est occupé à ses extrémités par la porte d’entrée et le chœur. Au fur et à mesure de l’élévation du bâtiment, l’ellipse se transforme et le dôme est un cercle. On part de l’imperfection au sol pour s’élever vers Dieu, symbolisé par le cercle parfait. La Chapelle est adjacente à l’ancien couvent du Refuge, l’institution voisine qui au dix-huitième siècle recueillait les essentiellement des prostituées, nombreuses dans cette ville de garnison. L’hôpital soignait leur corps, la Chapelle leur âme.

Prochain billet, le musée du temps et la Citadelle.

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Besançon, des grilles, des portes, des escaliers et des lions

Samedi, le 12 juillet à 15:00, il ne pleut plus à Besançon.
Pour la première fois cette semaine, nous partons nous promener sans imperméables.
Les escaliers dans les cours intérieures des immeubles et les grilles aux fenêtres donnants sur rues sont des particularités architecturale de la ville.
Mon précédent billet était consacré aux escaliers, celui-ci traite des grilles et des portes. Je n’ai pas pu m’empêcher d’ajouter quelques d’escaliers que nous avons découvert hier et aujourd’hui.
Pour la première fois aussi cette semaine nous mangeons le repas du soir sur la dunette, le bimini abaissé.

Et maintenant, comme disent les Monthy Python, ‘For something completely different’.
Chez un bouquiniste de la rue Ronchaux, je découvre une encyclopédie animalière allemande de 1872, comportant de belles gravures, pour le prix dérisoire de 4€.

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Les photos sont de Marleen, le texte de Guy.

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Les escaliers en bois de Besançon

Il pleut à Besançon. Cela ne nous empêche pas de flâner en ville. La moindre porte ouverte sur une cour intérieure aiguise notre curiosité et nous pousse à pénétrer au cœur des immeubles.
Nous découvrons que les Bisontins aiment les cages d’escaliers extérieures en bois, nos appareils photo crépitent et je vous livre la ‘galerie’ de nos trouvailles.

 

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Le Rhône-Rhin, Choisey, Dole et Thoraise


imageMon dernier billet date de Seurre, depuis lors nous avons fait du chemin.

Conseillé par le guide fluvial Du Breil, nous sommes amarrés au quai en amont de l’ancien mur d’un écluse de garde du canal Rhône-Rhin, au PK 57 à quelques encablures de Thoraise et à 17 kilomètres de Besançon.
À tribord il y a un barrage sur le Doubs, la chute d’eau qui en dévale couvre tout autre bruit. Toujours à tribord, de l’autre côté de la rivière, nous apercevons une usine désaffectée avec une impressionnante cheminée en brique rouge. Cette vue nous enchante car nous sommes amateurs d’archéologie industrielle. À bâbord, sur le talus du canal opposée au Chat Lune, passe une ligne de chemin de fer et où circulent régulièrement des TER à vitesse normale et des TGV à petite vitesse.
Nous aimons les trains et le roulement des rames s’harmonise avec le grondement de l’eau du barrage.
On dormira bien cette nuit.

De Seurre nous sommes remontés à Verdun-sur-le-Doubs, le confluent de cette rivière avec la Saône.
Plus au nord, le Canal Rhône-Rhin part de Saint-Symphorien-sur-Saône et le Doubs le rejoint à Dole.
À partir de là et pour notre plus grand plaisir, les sections du canal alternent avec des sections de rivière canalisée.

Avant Dole, nous sommes restés trois jours à Choisey, un village tout en pierre jaune où le boulanger, le boucher, le magasin d’alimentation générale et tous les autres commerces ont fermés leurs portes depuis bien longtemps. Par contre, plus haut sur la colline, le centre commercial de Dole s’est implanté avec ses grandes surfaces tel que le Cora et le Grand Frais et ses magasins parasites, une boutique Orange, la Lunettes Joyeuse et la Presse.

La halte fluviale de Choisey est bien aménagée et propre mais il n’y a ni eau ni électricité. Ce n’est pas un mal, car cela nous évite d’avoir comme voisins les équipages souvent bruyants des Canalous et autres Le Boat. Ceux-ci, voraces en électricité, sont obligés de s’amarrer dans les ports équipés.
Nos batteries nous permettent de tenir au moins trois jours sans devoir les recharger et notre réserve d’eau potable tient deux semaines. En prime, l’amarrage est gratuit et l’eau du canal est suffisamment propre pour nager matin et soir. Il est très poissonneux, un morceau de pain jeté à l’eau provoque un bouillonnement de fretins, en quelque secondes la mie est engloutie.
Les jeunes poissons ne se contentent pas de pain. Lorsqu’après avoir nagé, nous faisons une pause dans l’eau, les mains accrochées à l’échelle du bateau, nous découvrons que par dizaines ils viennent picorer notre peau nue, le dos, les bras, les jambes, le torse. À celles qui payent pour une séance de pédicure à poissons, je dis, venez à Choisey, c’est gratuit et ils font tout le corps.

De Dole je retiens la promenade du ‘chat perché’ et la visite de l’Hôtel-Dieu.
Le long du chemin de halage, nos Brompton nous amènent en ville en vingt minutes.
La jeune femme du syndicat d’initiative nous explique que pour l’itinéraire fléché, il y a une différence entre les triangles et les disques sertis dans les trottoirs de la ville. Je devine, « les triangles c’est pour avancer, les disques on regarde ». Erreur, les disques permettent à ceux qui n’ont pas envie de parcourir les 4,5km du grand tour, de prendre des raccourcis.
On bavarde et lorsqu’elle apprend notre manière de voyager, elle nous demande si elle peut nous accompagner. Comme elle est mignonne, je lui dis: « bien entendu, la cabine avant elle libre, vous venez à quelle heure? » La petite pierre précieuse sertie dans sa lèvre supérieure frémit, elle fait la moue et n’insiste pas.

Le samedi nous reprenons nos vélos, c’est l’unique jour où l’apothicairerie de l’ancien Hôtel-Dieu ouvre ses portes au public. L’imposant bâtiment à été restauré et en 2000, l’ancien hôpital devient la médiathèque de la ville, les lits des salles des hommes et des femmes ont fait place à des rayonnages de livres entreposés sur deux niveaux intermédiaires métalliques. Dans l’angle des deux salles, la chapelle à été conservée, on peux l’admirer au travers des vitrages des portes qui donnent sur les salles. Cette configuration permettait aux malades de suivre les offices sans pour autant qu’hommes et femmes ne se voient.
Nous échangeons nos impressions avec la guide qui se tient à disposition des visiteurs dans la chambre de la Maîtresse et l’apothicairerie, c’est avec la chapelle, les seuls locaux gardés dans leur état d’origine.

Après trois jours de cure de poissons nettoyeurs, nous poursuivons notre chemin en direction de Besançon.

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Seurre, Caroline et la visite de l’Hôtel-Dieu

Comme promis, nous allons rechercher et visiter des Hôtels-Dieu.

Le ‘Guide des Hôtels-Dieu et Apothicaireries – Bourgogne, Franche-Comté-Rhône-Alpes que nous a fourni la dame du syndicat d’initiative de Chalon-sur-Saône en identifie 20. Bien évidemment nous ne visitons que ceux des villes situées le long des cours d’eau que le Chat Lune rencontre sur son chemin. Notre intérêt pour la chose s’est éveillé à Louhans et par conséquent nous avons raté Lyon, Trévoux, Belleville et Macon. Ce sera l’année prochaine, ou l’année d’après, selon nos envies de navigations futures.
Après Tournus, Chalon et Seurre, j’y arrive, il nous reste Dole.

De Verdun-sur-le-Doubs à Seurre, il y a 20 km et une écluse; vers 11:00 nous amarrons le bateau à un des pontons flottants du port de la ville.
Je forme le numéro de téléphone du centre Hospitalier de Seurre, mon interlocutrice, un peu confuse, me signale qu’il n’y a plus de visites cette semaine, un moment d’hésitation, sauf cet après-midi, je reçois une classe CM2. Je demande « on peux se joindre à eux? », nouveau moment d’hésitation, « bien sur, si vous n’y voyez pas d’inconvénients », « non, au contraire, ça peux être amusant ». Rendez-vous pris à 14:15, l’école arrive à 14:30.

La qualité des informations délivrées par les syndicats d’initiative est variable. À Chalon nous avons eu le plaisir d’avoir une dame enthousiaste et compétente, elle connaissait le sujet et elle disposait de brochures bien faites. C’est elle qui nous a recommandé de nous inscrire à la visite guidée par Françoise et Marie-Annick, c’est elle qui nous a donné le guide des Hôtels-Dieu.

Ici à Seurre, après avoir confirmé notre participation à la visite de cet après-midi, je me rend à l’office du tourisme, ça m’a a échappé, pour quelques informations complémentaire sur la ville.
La préposée est du genre gentille, ignorante et distraite, nulle donc. « On est mercredi », me fait-elle, « l’Hôtel Dieu est fermé ». « Non mademoiselle, nous sommes mardi et nous avons une visite programmée tout à l’heure ».
Les brochure sont des photocopies couleur sur du papier recyclé. J’en reçoit deux, la première comporte un plan de la ville avec des numéros indiquant les 12 choses remarquables à ne pas rater. La seconde n’a pas de plan, mais des petites photos numérotées des mêmes 12 choses remarquables, par contre, les numéros ne correspondent pas à ceux de la première brochure, bref, nul.

À 14:15 nous faisons la connaissance de Caroline, la dame que j’ai eu au téléphone ce matin, notre guide cet après-midi.
Avant que les CM2 ne débarquent, elle nous ouvre la porte de la sacristie, qu’elle qualifie de ‘son petit joyau secret’. Tout en bois, des meubles anciens avec au centre une armoire à larges tiroirs renfermant des vêtements religieux, étoles et chasubles richement brodés classés par couleurs selon les offices.

Une bonne vingtaine de jeunes adolescents de 10 à 11 ans, filles et garçons accompagnés par leur institutrice rentrent dans le dortoir des hommes. Caroline prend immédiatement les choses en main.
Avant chaque nouvelles salle, elle délégue un trousseau de clés à une groupe de trois au quatre jeunes avec la mission d’aller ouvrir les portes et les volets des fenêtres. Lorsque la visite du lieu est terminée, les responsables referment portes et volets et rendent le trousseau. La procédure tourne comme du papier à musique, les jeunes virevoltent d’une pièce à l’autre, montent et descendent les escaliers en courant et appliquent scrupuleusement leur rôle de portiers.
Le fil conducteur du tour est la découverte de cinq objets remarquables dont le monumental mortier en bronze posé sur un socle en bois sculpté de trois prisonniers de guerre, la statue de sainte barbe trouvée dans la Saône et les armoires garde-manger de la cuisine.
Le tour comprend la salle des malades, la chapelle, la chambre dite ‘de l’évêque’, la cuisine, le réfectoire et l’infirmerie et enfin l’apothicairerie.
Caroline nous intègre au groupe et ne manque jamais de nous mettre à l’épreuve avec ses questions, lorsque les écoliers restent muets, ce qui est rare. On est agréablement surpris par leur niveau de connaissance, leur maîtresse, comme ils l’appellent, mérite des éloges.
Cette visite insolite est drôle et très instructive, on s’amuse beaucoup et je me fais la réflexion que dorénavant, je réserverai toujours des visites guidées avec des groupe scolaires.

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