Oranienburg, les Beatles, le feu d’artifice et les Dragons

À l’exception des 63 équipes participantes, des 946 spectateurs et l’équipage du Chat Lune, tout le monde s’en fout que le numéro 15, les PDV Dragons, ont parcouru les 500 m en 1 minute, 21 secondes et 92 centièmes, soit à une moyenne de 21,97 km/h, départ arrêté.

Nous, ça nous a beaucoup amusé et pris au jeu, nous avons suivi la compétition jusqu’au bout. Au fil des heures nous avons commencé à comprendre les subtilités de l’organisation ainsi que les qualités requises pour établir un bon score.
Plus que la force pure, la coordination des coups de pales détermine la vitesse et la puissance d’avancement.
Les équipes gagnantes ont tous en commun la bonne synchronisation du battement des pagaies.
Nous avons vu une équipe de 16 jeunes rameurs battre de deux longueurs une équipe de 20 musclés.

Entretemps, sur l’esplanade en face du château, un jeune garçon écoute religieusement le concert matinal de la fanfare locale.

Hier soir, assis sur nos tabourets pliables du haut du Schlossbrücke, nous avons écouté les Beatles interprétés par quatre jeunes Allemands. Tout y était, les feux de scène et la fumée, le laser qui projetait des rappels visuels sur la façade du château et les costumes du Sergent Pepper. La nostalgie battait son plein; bien entendu l’original est mieux mais la nuit était belle et nous étions tolérants.

À 23:00 un feu d’artifice ponctua une belle soirée à Oranienburg dans le Brandenburg en Allemagne Fédérale.

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Oranienburg et les courses de dragons

Le 9 novembre, les étudiants de certaines villes tel que Louvain et Gand organisent depuis quelques années une ‘Kristallnacht’. Cela consiste essentiellement à vider de nombreux tonneaux de bière pour ensuite casser les verres avec fracas sur les paves des rues.

À Oranienburg, un mémorial discret commémore la même date en 1938 où les SA, les SS, les jeunesses Hitlériennes et tous les mouvements sympathisant avec le régime montant, mirent à feu et détruisirent en une nuit des centaines de synagogues et des milliers de magasins et entreprises juives. Des centaines de juifs furent assassinés et ensuite 30.000 personnes furent déportées vers des camps de concentrations.

Est-ce que les étudiants Belges ont conscience de ce qu’ils commémorent?

Nous quittons l’écluse d’Altfriesack à 08:20 et deux écluses et 4 heures plus tard nous amarrons le Chat Lune le long d’un quai derrière les jardins du Schloss Oranienburg. Ce trajet figure tout en haut sur la liste des plus beaux de notre voyage.

C’est la ‘Drachenfest’ à Oranienburg, une centaines d’équipes d’amateurs équipent de longs esquifs d’une dizaine de mètres de long à tête de dragon. Sur la rivière en face du château, deux bateaux s’affrontent à chaque fois sur une distance de 500m.
À la tête du bateau se trouve le tambour qui bat le rythme des dix-huit rameurs et à la poupe le chef tient une longue rame en guise de gouvernail.
Ça y va de bon train et même quand, comme nous, on ne connait personne, on se laisse prendre au jeu de la compétition.

Le gagnant est celui qui, à la fin du troisième jour et à l’issu de toutes les courses à parcouru la distance dans le temps le plus court.
Il y a différentes catégories d’âge, tout sexe confondu. On dénombre les pompiers, les employés municipaux, l’école primaire, le club de pétanque, les jardiniers du château, le club de foot, les instituteurs pensionnés; en substance tous ceux qui éprouvent le besoin de se défouler en s’amusant bien à la fête du village.

Une grande roue, des jeux forains et des débits de saucisses et de bière sont installés sur la place du marché qui fait front à la rivière.
L’ambiance est bonne enfant et le soleil a décidé d’être généreux.

Ce soir, quatre jeunes chanteurs musiciens vont nous faire une démonstration de leur talents d’imitateur des Beatles et le tout sera ponctué par un show au laser et un feu d’artifice.
Nous nous réjouissons d’avance à l’idée de pouvoir y assister.

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Neuruppin, jour 4 et Altfriesack

Hier nous avions lu dans le journal local, le Ruppiner Anzeiger, qu’à midi aurait lieu le placement de la ‘boule’ sur le dôme du toit de l’Alte Gymnasium un immeuble public en réfection.
En effet, à midi pile, la boule était au pied de l’échafaudage de la tour et les ouvriers, les officiels, les architectes, les ingénieurs et les photographes étaient tous en place pour diriger, procéder, photographier et commenter l’évènement.

Parkinson a toujours raison, au plus il y de monde pour faire quelque chose, plus longtemps ça dure et au moment de lâcher les amarres à 17:00, la boule n’était toujours pas au sommet du dôme.

En revenant du restaurant du Tempelgarten où nous avons mangé les dernières asperges de l’année car selon la loi, le 24 juin la saison se clôture, nous découvrons la librairie ‘Antiquariat Ruppiner Lesezeichen’, un modèle du genre en matière d’ordre et de propreté. Les livres sont classés par rubriques clairement libellées et la banque de donnée de la libraire est à jour. ‘Mon passé bancaire m’a contraint à avoir mis en place cette organisation’ nous explique-t-elle.

De Theodor Fontane nous achetons un livre de cuisine littéraire et quelques romans.
M. trouve ‘Nesthäkchen’ de Else Ury et ‘Emil und die Detektive’ de Erich Kästner, deux livres qu’elle recherche depuis une quinzaine d’années.
Une de nos passions est de fouiller les rayons des livres d’occasion ainsi que les caisses en carton des vide-grenier.
J’aime bien les guides touristiques anciens car ils sont toujours beaucoup plus détaillés que les ouvrages modernes où les belles photos primes sur la qualité de la recherche.
Ils contiennent souvent des gravures et c’est le cas du guide de Potsdam, publié en 1982, en pleine période DDR, que j’achète pour 5€. Je joins ci-dessous quelques exemples des gravures.

Le podium est en place, la sono fait des essais et la surface du lac réverbère merveilleusement bien les ‘Eins, Zwei, Drei, Aaaaah et autres onomatopées’ des acousticiens du concert de musique expérimentale de ce soir.

Quelques bateau sont venus se joindre à nous à la ‘ Bootsanlege’. Ils n’ont pas lu le programme des festivités du port dans le Ruppiner Anzeige.

Nous traversons le lac, passons la double écluse de Altfrieback et frappons nos amarres au quai d’attente en aval de l’ouvrage d’art. Les oiseaux gazouillent et les feuilles des trembles frémissent dans le vent. Quel bonheur.

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Neuruppin, la ville

Nous aimons particulièrement les villes Allemandes qui se terminent en « -in » (ça se prononce comme la terminaison de gamine) Schwerin, Templin, Neuruppin et Berlin.

Neuruppin a un bon ‘Chi’ et tout comme Templin la ville a gardé ses murs moyenâgeux.
La similitude s’arrête là car c’est le chef-lieu de l’arrondissement d’Ostprignitz-Ruppin dans le Brandebourg et elle compte plus de 32.000 habitants.

Le 26 août 1787 la ville brûla et 2/3 des maisons intra muros furent réduit en cendre.
Elle fut rapidement reconstruite avec de larges rues qui se croisent perpendiculairement et trois grandes places rectangulaires qui sont situées le long de l’axe principal, la Karl-Marxstraße.

Elle n’a pas souffert de la deuxième guerre et les immeubles ont été rénové après la DDR mais pas reconstruits; la différence est visible.
M. aime et photographie les portes, j’en joins quelques unes ci-bas.

On respire en arpentant les larges rues, les façades sont en couleur pastel, l’enceinte et les églises sont en brique rouge.

Ce soir nous mangeons une omelette avec des giroles que nous avons acheté au marché ce matin, un délice avec une petite salade vinaigrette.

À deux encablures du Chat Lune, j’adore utiliser cette expression, mais à chaque fois que je l’utilise, je dois plonger dans le Larousse pour redécouvrir qu’une encablure vaut 182m.

À deux encablures donc, au nord du Chat Lune, des ouvriers ont amarré un ponton flottant comportant un kiosque et une impressionnante installation sonore.
Demain soir aura lieu un concert de musique expérimentale, c’est pire que la musique moderne, nous irons nous amarrer à l’écluse au bout du lac.

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Neuruppin, Fontane, Schinkel et les Bilderbogen

Nous n’avions jamais entendu parler de Neuruppin nous n’avions jamais entendu parler
de l’écrivain Theodor Fontane, né ici le 30 décembre 1819.

À Stettin l’équipage d’un Husky Dane 850 qui était amarré de l’autre côté de notre ponton, nous avait conseillé de faire la route vers Neuruppin en nous vantant la beauté du trajet et les charmes de la ville; vrai dans les deux cas.

La ville a aussi vu naître Karl Friedrich Schinkel, un des architecte les plus important du classicisme Allemand. On lui doit d’innombrables châteaux, palais et églises tel que le Charlottenhof et la Nikolaï Kirche à Potsdam ainsi que la Neue Wache et le Alte Museum à Berlin.

Les policiers et les chercheurs des romans du même nom se plaisent à dire qu’il n’y a pas de coïncidences. Je vais finir par les croire.
En avril une amie américaine en visite nous a laissé un paquets de ‘The New Yorker’, une revue que nous aimons particulièrement.

Cet après-midi en revenant du musée, je pris au hasard le numéro du 7 mars 2011 et à la page 75 je découvre à ma grande surprise un article de la plume du critique Daniel Mendelsohn consacré à Theodor Fontane.
À la lecture je découvre un des grands nouvellistes Allemands du 19e siècle, entre Goethe et Thomas Mann.

La ville dont le musée raconte l’histoire et celle de ses enfants célèbres est aussi connue pour ses ‘Bilderbogens’, nous dirions ses ‘Images d’Épinal’.
J’appris qu’en Europe à partir du 18e siècle jusqu’au début du 19e siècle, plus de 200 imprimeries publièrent des milliers d’images colorées comme celle que je joins ci-dessous.
Deux des villes les plus célèbres pour ce genre de publication étaient Épinal et Neuruppin.

Pris par le charme de la ville nous décidons d’y rester un jour de plus et d’y faire relâche.
Les Flamands disent que l’arc ne peut pas être tout le temps tendu.

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Neuruppin et de l’importance de vérifier ce que les experts vous racontent

Leçon: De l’importance de vérifier ce que les experts vous racontent.

Sujet: Nous projetons d’aller de Oranienburg à Neuruppin en remontant le Rhin (pas le grand, mais celui d’ici qui porte le même nom) et quelques canaux réputés très beaux mais pas profonds.

Scène 1, jour 1: Chez le Havenmeister de Oranienburg.
Le Havenmeister: Avec votre tirant d’eau de 1m10 (profondeur du bateau), vous ne passerez jamais à partir de l’écluse de Tiergarten. Il n’y a que 80 cm de profondeur, ça ne passe qu’en début de saison, ou avec des petits bateaux.
Nous: (déçus mais têtus) Nous laisserons le Chat Lune ici et on prendra le train.

Scène 2, plus tard le jour 1: Au téléphone avec l’éclusier de Tiergarten
L’éclusier: Pas de problème, il y a beaucoup d’eau, j’ai déjà passé plusieurs bateaux avec des tirants d’eau de plus de 1m10.
Nous: (soulagés) Merci beaucoup, nous venons demain.

Scène 3, jour 2, (ce matin à 09:45): À l’éclusier de Pinnow (l’écluse avant celle de Tiergarten)
Nous: (par acquis de conscience): Il y a assez d’eau à Tiergarten?
L’éclusier: Ça m’étonnerais, mais je n’en sais rien car nous sommes gérés par le Bund (Fédéral) et Tiergarten c’est le Land (Région) et ils appliquent d’autres critères que nous.
Nous: (étonnés et inquiets) La hauteur de l’eau se mesure différemment au Fédéral qu’en Région?
L’éclusier: La preuve, comme il y a pénurie d’eau nous ne ‘tournons’ que toutes les heures à heure fixe. Il est 09:45, vous n’atteindrez Tiergarten que vers 10:15, il vous faudra donc attendre 11:00 pour la passer.
Nous: Soit. (PS. Il vient de transgresser la règle en nous faisant passer à 09:45, merci)

Scène 4, jour 2, Tiergarten 10:20. Nous arrivons à l’écluse, les feux sont verts et l’éclusier nous passe sans problème, sans attendre 11:00.
Nous: Assez d’eau?
L’éclusier: ‘Bien sur, vous aurez au moins 1m50 à 1m60’, et il poursuit:
‘Vous savez, le Havenmeister de Oranienburg et les éclusiers de Pinnow racontent n’importe quoi, ils feraient mieux de nous le demander.’
Nous: (content et rassurés) Merci monsieur et bonne journée.

Ainsi nous arrivons à 16:00 à Neuruppin où nous amarrons le Chat Lune le long du quai municipal, sans eau ni électricité (nous n’en avons pas l’usage) mais gratuit.
Dans la solitude la plus complète, nous avons traversé de la ‘Pur Natur’ comme le disait l’éclusier de Tiergarten, des marais, des canaux bordés d’arbres, beaucoup d’oiseaux et pas un autre bateau en vue.

Pour ceux que la technique de la navigation fluviale intéresse, l’accès au lac de Neuruppin est régit par une double écluse avec des radiers à niveaux différents. Ce système qui permet d’épargner de l’eau à chaque bassinée à dû être imaginé par un ingénieur écologiste avant l’invention du mot.
Voir ci-dessous la photo du dessin qui vaut mieux qu’une longue explication.

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Oranienburg, Heinkel et Sachenhausen

Ce matin nous parcourons les rues de la ville, du numéro 6 au numéro 12 de notre dépliant avec en supplément la visite du cimetière juif et du cimetière municipal où nous saluons la tombe de Friedlieb Ferdinand Runge, avec une pensée émue pour le cappuccino que nous avons dégusté en cours de chemin.

Au numéro 2, une statue de Fritz Cremer incite le passant à ne jamais oublier le chapitre le plus sombre de l’histoire de l’Allemagne. Une inscription se lit ‘Schmerz gebäre Tat’ (Que la douleur engendre l’action).

Au numéro 7, la maison familiale des banquiers Blumenthal est devenu un restaurant. Ils avaient quitté les lieux avant la venue au pouvoir des NS.
Prof.W. Michael Blumenthal, un des descendants est l’actuel directeur du musée Judaïque de Berlin et citoyen d’honneur d’Oranienburg.

À l’époque des ‘National Sozialisten’ les usines ‘Ernst Heinkel Flugzeugwerke’ avaient crée au sud de la ville une filiale où on assembla des avions de guerre tel que le He 111 et le Focke-Wulf WF 190.

À partir des années 1942 la main-d’oeuvre allemande était réquisitionnée pour les champs de bataille et elle fut remplacée en partie par les esclaves du camp de concentration de Sachenhausen, situé de l’autre côté de la ville.
Pour la commodité les SS créèrent en 1943 une annexe du camp sur les terrains de l’usine. En 1944 on dénombrait près de 6000 prisonniers au travail dans les ateliers.

Ce sont également les prisonniers de Sachenhausen qui furent de mis au travail dans la briqueterie surnommée la ‘Mordfabrik’ située le long du Havel-Oder Kanal. Il y a deux jours j’ai mis sur mon blog une photo d’une sculpture que nous avons repérée en passant à cet endroit un peu avant d’arriver à Oranienburg. La briqueterie fonctionne toujours.

Sachenhausen est aussi le point de départ de la tristement célèbre ‘Todesmarsch’ . En avril 1945, les SS contraignirent 33.000 détenus à entamer une marche forcée vers le nord. Des milliers moururent de froid, de faim ou exécutés par leurs bourreaux en cours de chemin.

Un imposant mémorial et un musée veille à ce que les horreurs d’antan ne soient pas effacées de la mémoire collective et individuelle des peuples.

N’empêche que Oranienburg a un bon ‘Chi’ et comme preuve, je joins quelques photos des graffitis municipaux élevés au niveau de l’hyperréalisme.

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Oranienburg, le Schloss et la caféine

Friedlieb Ferdinand Runge meurt dans la pauvreté à Oranienburg le 25 mars 1867 à l’âge de 73 ans.
Il naquit dans un village au sud de Hambourg. Il étudia à Berlin, Jena et Göttingen et en 1832 il créa un laboratoire de chimie dans le château d’Oranienburg.
Chercheur créatif, il identifia et caractérisa des substances tels que la caféine, l’atropine et l’aniline.
Reconnu et renommé à l’étranger, il est renié et perçu comme ‘un peu fou’ dans sa ville d’adoption.

Ce matin nous nous promenons dans les jardins du château et dans les jardins du ‘Gartenshow’ de 2009.
Le tout est un peu à la limite du ‘laissons faire la nature pour voir ce que ça donne’.
Le ‘Havenmeister’ qui a fait son apparition ce matin nous explique que la municipalité a confié l’entretien à une équipe d’ABM et que bien entendu, les résultats sont visibles.
L’acronyme signifie ‘ArbeitBeschäftigungsMässnahme’, ce que la vox populi traduit par ‘Arbeit Bis Mittag’.
Ce sont des personnes sans emploi qui pour toucher une indemnité de chômage sont contraint d’accepter un travail au niveau de leurs capacités.
Politiciens Français et Belges, vous lisez mon blog?

Le château Baroque qui en avait grandement besoin, a été restauré avec des fonds européens en vue de la ‘Gartenshow’ en 2009.
C’est un peu long, mais son histoire vaut la peine d’être racontée.

Il fut construit au 17e siècle pour le ‘Kurfürst’ Friedrich Wilhelm et son épouse d’origine Hollandaise, ‘Louise Henriette von Oranien’, dont le nom fut ensuite attribué à la ville.
Leurs successeurs l’utilisèrent sporadiquement comme villégiature d’été.
En 1802 le maréchal des logis de la famille royale de Prusse transféra les biens de valeurs à Berlin et à Charlottenburg et vendit le bien à Dr.Hempel, pharmacien de son état. Ce dernier y installa 50 métiers à tisser le coton et dans la foulée, il coupa les arbres des jardins royaux pour chauffer son usine.
Pendant les guerres Napoléoniennes, l’armée Prussienne y fut mise en quartier et les soldats pour se chauffer, coupèrent les derniers arbres des jardins.
En 1814, le fils du pharmacien transforma l’usine à tisser en usine à fabriquer de l’acide sulfurique dont les émanations eurent raison des peintures murales du palais baroque.
En 1832, dans ce qui était devenu la ‘Chemische Productionsfabrik Oranienburg’, le Dr.Friedlieb Ferdinand Runge, directeur en titre, fit de nombreuses découvertes dont aussi le Phénol.
Un premier incendie détruisit en 1833 la partie centrale du château et en 1942 un deuxième anéantit l’aile sud-est.
L’usine fut transférée en ville, dans la Mühlenstrasse et les hiboux et les crapauds aménagèrent dans le chateau.
En 1850 le roi Wilhelm Frederick IV, atterré par la désolation de l’endroit, fit faire quelques aménagements et créa le Séminaire Évangélique Royal, qui fonctionna jusqu’en 1925.
En 1933 le ‘chateau’ devint une caserne pour les SS ‘Totenkopfstandarte Brandenburg’ et subséquemment une école de police.
En 1945 l’armée soviétique y caserna et puis on y recréa une école pour officiers de la ‘Volkspolizei KVP’.
Finalement le chateau finit comme caserne pour les soldats de la ‘Grenzpolizei’ de la DDR, jusqu’à la chute du mur en 1999.

Aujourd’hui la restauration à rendu à l’immeuble les volumes qu’avait connu 17e siècle Louise Henriette von Oranien. Les peintures murales ont disparu mais de très nombreux portraits ornent les murs peints en blanc.
Une seule exception permet aux visiteurs d’imaginer la gloire d’antan. Une salle du coin qui a échappé aux incendies, aux vapeurs d’acide et au vandalisme a gardé au plafond, sa peinture et ses moulures dorées.

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Oranienburg et le Schiffshebewerk de Niederfinow

‘À Bandar Abbas, port Iranien en mer rouge, nous avions rempli les cales sur 10m de haut avec des casiers en jonc remplis de dattes. À l’arrivée en Europe les casiers du dessus avaient écrasés ceux du bas et les dockers de Rotterdam pataugeaient jusqu’aux genoux dans la mélasse.’
Le skipper du Pamaki avec lequel nous avions sympathisé lors de notre passage à Schwerin, nous raconte cette anecdote. En 1952, à l’âge de 14 ans, il entama sa carrière de marin qu’il poursuivit pendant plus de quarante ans.
Depuis sa retraite il parcours avec son épouse en été, les rivières, fleuves et canaux d’Allemagne avec un Saga 27.
Nous sommes amarrés dans le bassin mobile de l’ascenseur fluvial de Niederfinow et
je l’interroge sur les particularités de la navigation dans la région. Son expérience est une source beaucoup plus fiable que n’importe quelle carte ou guide que nous avons à bord.
Sur le ‘Havel-Oder Kanal’, le ‘Schiffshebewerk de Niederfinow’ est l’alternative des douze écluses du Finowkanal et ses deux jours de navigation que nous avions choisi en allant à Stettin.

Pour ceux que cela intéresse j’ai joint une photo des caractéristiques de l’ouvrage d’art datant de 1934, qui est spectaculaire et remarquablement bien entretenu.
Pas une once de rouille me fait remarquer notre ami du Pamaki et je lui retorque, ‘aussi bien conservé que la tour Eiffel’.

Au nord de l’ascenseur actuel on aperçoit les grues du chantier du nouvel élévateur qui doit permettre le passage de doubles barges qui alimentent en charbon Polonais les centrales électriques de Berlin, selon le skipper du Pamaki.

Nous quittons Oderberg vers 09:00 ce matin et huit heures de navigation dont une heure et demi d’attente devant Niederfinow plus tard, la Chat Lune est amarré dans le nouveau port de plaisance de Oranienburg. Ce port a été crée en 2009 à l’occasion de la Bundesgartenshow.

C’est le premier port que nous abordons où le ‘Havenmeister’ est remplacé par un automate qui encaisse les frais de stationnement et qui délivre une carte électronique donnant accès aux douches et aux bornes d’électricité des pontons.
Ils sont lentement en voie de disparition, mais pour le plaisir de leur contact et pour leur connaissance du fluvial, je préfère de loin les ‘Havenmeister’ dans les ports et les éclusiers dans les écluses.

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Oderberg

Depuis que la Pologne a rejoint l’Europe, les ‘Butterdampfer’ ne viennent plus s’amarrer à Oderberg.
À Szczecin, Zara s’est implanté dans le super-mall Galaxy et l’épicier du coin vend du Dana Blue.

Pourtant dans un proche passé, les commerçants locaux vendaient du beurre aux touristes venus du nord en bateau-mouche et en mettaient dans leurs épinards par la même occasion.

Dans le musée de la navigation fluviale d’Oderberg je trouve le texte suivant de Kurt Tucholsky:

‘Kaufen, was einem die Kartelle vorwerfen; lesen, was einem die Zensoren erlauben; glauben, was einem die Kirche und Partei gebieten. Beinkleider werden zur Zeit mittelweit getragen. Freiheit gar nicht’

La Pologne est à 5 km d’ici, elle à rejoint l’Union européenne le 1e mai 2004 et les ‘Butterdampfer’ ont été mis au chômage du jour au lendemain.
Tout cela est très proche et dans cette partie de l’Allemagne, les témoignages de cette époque différente sont encore vivants, dans les pierres, dans les mémoriaux, dans les musées et dans l’esprit des gens.

Signe de pureté de l’eau, ce matin les ‘patineurs’ étaient nombreux et nous remplaçons la douche par un plongeons dans l’eau du canal ‘Hohenstaaten – Friedrichstahl -Wasserstrasse’, j’aime bien ce nom.

Les journées de navigations ne se ressemblent jamais entièrement. Ce matin, un vent d’ouest de force 4 à 5 dans les rafales, nous rappelle la voile, d’autant qu’en cette veille de weekend, nous croisons des dizaines de voiliers, les mat abaissés, qui remontent le canal en direction de la mer Baltique.

Nous atteignons la marina d’Oderberg en début d’après-midi, amarrons le Chat Lune et curieux, nous partons visiter le musée de la marine.

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Schwedt, Gartz et Szczecin

Hier, avec les Polonaises en tête, je n’ai pas commenté l’histoire mouvementée de Szczecin. Voici la version raccourcie.

Elle a appartenu aux Polonais, aux Suédois, aux Danois, aux Prussiens, aux Allemands et depuis l’accord de Potsdam elle est à nouveau Polonaise.

Ville depuis 1243, elle devint majoritairement germanique et capitale du duché de Poméranie. Elle rejoignit la ligue de la Hanse mais tomba aux mains des Suédois en 1631. L’économie de la ville, coupée de ses liens avec la Hanse, se mit à stagner et en 1720 la Prusse la repris jusqu’en 1945. Elle fut attribuée à l’Allemagne lors des accords de Yalta mais Stalin, voulant un port sur la Baltique ouvert en toute l’année, changea d’avis et elle redevint Polonaise après Potsdam.

En Pologne le fuel coûte 25 euro centimes de moins qu’en Allemagne, il n’y a pas de petits profits et je fais le plein avant de quitter la Marina Hotele.
Nous avalons l’Oder quelques km vers le nord pour ensuite faire demi tour et traverser le port commercial et la ville de Szczecin.

Pour aller de Berlin à Szczecin nous avons utilisé le bras ‘est’ de la rivière Oder afin de profiter du courant portant. Cela n’est possible que si le fleuve charrie assez d’eau pour avoir ‘une main d’eau’ sous la quille, comme disent les Allemands.
Pour retourner vers le sud nous empruntons le bras ouest qui rejoint le canal ‘Hohensaaten – Friesriechsthaler – Wasserstrasse’ à cinq kilomètres au sud de Gartz.
Il garantit toute l’année une profondeur d’au moins deux mètres et le courant est presque nul.

Gartz nous paraît un endroit idéal pour faire la sieste et au réveil manger une ‘hausgemachtes Kuchen mit Kaffe’ à l’aubette au pied du port.

Lorsque requinqué, nous annonçons à haute voix notre intention d’aller explorer la ‘ville,’ les deux autres client du kiosque lèvent les yeux au ciel et nous gratifient d’un sourire goguenard.

Et pourtant, les murs moyenâgeux sont toujours debout et l’église a gardé sa tour d’un côté et de l’autre une salle de réunion prolongé d’un transept religieux à la dimension du nombre de fidèles du village.
Démuni de sa toiture, l’ancien corps de l’édifice religieux fait office de de cour intérieure.
Sur le fleuve les anciens entrepôts ont gardé leur aspect extérieur mais ils ont été transformes en appartements.

À 16:00 je redémarre le moteur et deux heures plus tard nous fixons nos amarres à Schwedt, le long du ‘Tabu’ un beau yacht blanc avec une superstructure en teak dont l’entretien doit meubler les mois d’hiver de son propriétaire.
Nous avons traversé le parc National Germano-Polonais qui s’étend de Schwedt à l’embouchure de l’Oder sur une vingtaine de km de large.
Pendant tout le trajet nous n’avons croisé que deux voiliers et un seul pousseur de barges Polonais, nous étions seuls au monde dans une nature étonnamment vierge.

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Szczecin, les églises et les jolies Polonaises

Si Constantin Brancusi avait été Polonais et non Roumain, j’aurais eu une bonne introduction pour mon blog d’aujourd’hui car l’Académie d’Art de Szczecin porte son nom.

Ce matin, les peintres qui remettent le bâtiment des douches et des sanitaires à neuf interrompent un instant leurs activités pour nous laisser faire nos ablutions.

Le bus de 09:30 et le tram qui le suit nous conduisent en ville. Au centre d’information nous recevons le traditionnel plan fléché avec 42 stations d’intérêt touristique. Pour ceux dont le sens de l’orientation fait défaut, la municipalité a fait peindre au sol un gros trait rouge interrompu. Devant chaque station figure le numéro correspondant au plan.
Ceux qui se perdent encore ne méritent pas de venir visiter Szczecin.

En touristes avertis, nous interprétons les choses, nous éliminons ce que nous avons vu hier et partons en sens inverse à commencer par le 24 qui est la Basilique St.-Jacques, située bien évidemment sur un des parcours Européens du chemin de Compostelle.

Au numéro 8, l’ancien palais de la famille Loitz héberge l’Académie d’Art baptisé Lycée Constantin Brancusi, comme je le signalais ci-devant.

Au numéro 9, le château des Ducs de Poméranie fait penser à un grand gâteau en massepain blanc fabriqué par un boulanger amateur de Rococo.
Pour admirer la ville et le port du haut, nous gravissons les 204 marches de la tour au bas de laquelle l’office du tourisme a installé par prudence un défibrillateur.
Un pendule de Foucault oscille lentement dans le vide comme pour rappeler au Polonais que depuis Galilée, la terre tourne autour d’elle même et autour du soleil.

Comme tout le monde le sait, le pays est très catholique et les 6 églises de notre parcours sont toutes non seulement d’une propreté immaculée mais aussi remarquablement bien soignées. On jurerait qu’elles attendent la visite papale dans l’après-midi.
Ce qui nous frappe également ce sont les nombreux croyants qui prient, assis ou agenouillés, dans le corps de l’édifice ou devant une chapelle latérale.

Le soleil est présent aujourd’hui, la ville respire l’été et les Polonaises se sont habillées en conséquence. Elle sont jolies les filles de Szczecin, j’ai fixé un petit télé sur mon iPhone et j’en cadre quelques unes pour vous donner envie de venir en Pologne.
Notre favorite est Patrycja, l’hôtesse du centre commercial Galaxy.

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Szczecin

Le chauffeur du bus 56 ne se souvient plus exactement si l’arrêt de la Marina Hotele est le deuxième ou le troisième. Pas de soucis, dit-il en polonais, et il nous débarque entre les deux haltes, pile devant l’entrée du port, sympa!

Nous quittons Oderberg à 07:50, passons sans délai la Ostschleuse de Hohensaaten et après avoir avalé les 72 km de l’Oder, nous amarrons le Chat Lune à 14:30 dans un des ports de plaisance de Szczecin.
Le courant portant est de l’ordre de 4 km/h ce qui nous donne un bonus de vitesse de 40%.

Les Polonais n’ont pas envie d’aider les Grecs mais ils aiment bien s’aider eux-même. Le tarif journalier de la marina s’élève à 27,20€ ce qui équivaut à ce que nous payons au port de l’Arsenal en plein coeur de Paris et plus du double de ce que demandent les ports Allemands.

La fille du port aidée par le capitaine du port, s’y mettent à deux pour nous instruire dans le fonctionnement des trams et des bus locaux. Ensuite nous prenons un taxi pour le centre ville.
Les tickets ne s’achètent que dans les kiosques à journaux de la ville, sauf une fois par jour, à 18:00 où on peut les acquérir dans les trams et bus. Du moins c’est ce que nous croyons avoir compris.

Les Polonais connaissent quelques mots d’anglais, ce qui est toujours plus que notre connaissance de leur langue. Par conséquent le dialogue est tributaire de beaucoup d’interprétation.

Pour acheter des zlotys, le chauffeur de taxi nous débarque devant un centre commercial copie conforme de tous ceux qu’on trouve actuellement dans toutes les capitales du monde, avec les Camaieu, Zara, Etam et autres Morgan, les tapis roulants vers les étages, les jardins intérieurs, les fontaines, les marchants de glaces et un bureau de change.

Les zlotys en portefeuille nous arpentons les rues du centre en prospectant ce que nous allons revenir voir en détail demain.

Un tram 2 antédiluvien nous débarque hors ville où nous attend la correspondance du bus dont je parlais plus haut.

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Oderberg, Eberswalde et Paul Wunderlich

L’éclusier d’Éberwalde est le cousin de Paul Wunderlich. Ou il en est le frère cadet ou le neveu, quoi qu’il en soit, il lui ressemble comme deux gouttes d’eau. Voir la photo ci-dessous.

Nous prenons un petit déjeuner ‘français’, un petit pain, un croissant, de la confiture maison, des fruits frais et un cappuccino sur la terrasse de la Bäckerei Gustav à Eberswalde, le même établissement où hier après-midi, nous avons dégusté la ‘Kuchen’ au massepain et à la crème au beurre. Nous aimons les traditions.

L’éclusier d’Eberswalde nous avait donné un plan de la ville avec un parcours fléché, qui comme je l’ai déjà souligné, fait toujours notre bonheur et que ce matin, le café bu, nous suivons scrupuleusement.

En fin de parcours, dans le patio des bâtiments du ‘Landrat’ (Conseil Régional), nous taillons une bavette avec le gardien des lieux qui est sorti un instant pour fumer une cigarette.
L’immeuble héberge la Fondation Paul Wunderlich qui offre cette année une rétrospective de l’artiste.
Enfant de la ville, il naquis en 1927 et il mourut l’année dernière à Paris où il résidait depuis 1981.
Nous sommes lundi et lundi de Pentecôte en prime, et comme dans toutes les villes du monde, les musées et les expositions sont fermés.

Au fil des bavardages, le gardien, voyant notre intérêt, il nous invite sans qu’on le suggère, à faire le tour de l’exposition en veillant de ne pas s’approcher de ‘l’escalier qui mène aux étages’ car sinon, ‘l’alarme se déclenche,’ précise-t-il.

Nous n’aimons pas trop les sculptures érotiques de Wunderlich mais ici nous découvrons son côté portraitiste qui nous fascine. Il utilise plusieurs techniques, le crayon, gouache sur papier et lavis. Certains portraits comme celui de Günter Grass, sont un tantinet caricaturaux tout en étant réalistes. D’autres, tel que ceux de la Reine Elisabeth I, empereur Akihito et de Karl May, sont presque photographiques, sur un fond surréaliste.

Au passage de l’écluse je prends une photo de l’éclusier et plus tard, je remarque sa frappante ressemblance avec Paul Wunderlich, est-ce une coïncidence?

Nous sommes amarrés à Oderberg, demain nous descendons l’Oder en direction de Szczecin.

ATTENTION chers lecteurs:

Demain en fin de journée, si tout se déroule comme nous l’avons prévu, le Chat Lune sera amarré dans un des ports de plaisance de SZCZECIN en Pologne.
Ma clé Internet 3G Allemande n’y fonctionnera pas et je ne sais pas si je trouverai une connexion WiFi.
Vous risquez donc d’être privé pendant quelques jours de la suite du voyage du Chat Lune.
Mille excuses.

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Eberswalde et la communication

Les Français rationalisent jusqu’à en tomber raide et puis prennent l’apéro, les Anglais s’injurient poliment et boivent un scotch, les Allemands s’engueulent et puis rigolent un coup en buvant une bière.
Les peuples de ce monde ont tous leur manière particulière de communiquer.

L’éclusière de Wolfswinkel laisse ouverte les portes, dans l’attente de canoës.
Impatient, le skipper de ‘l’Arielle’ l’instigue et l’enjoint à nous faire passer immédiatement. Nous risquons en effet d’être bloqués devant le pont levis suivant, qui ne s’opère que toutes les deux heures. L’engueulade a l’effet contraire, la fille fait l’huître.
J’y vais de ma psychologie tout en charme et je lui suggère de me laisser l’aider, ‘comme nous le faisons en France’, avec la fermeture des portes. Ça marche et nous passons le pont levis de 14:00.

Au début du 17e siècle, à peu près à la même époque que la construction du canal du Midi, les Berlinois qui voulaient une percée fluviale vers la Baltique, creusèrent le Finowkanal pour relier le Havel à l’Oder.
Ce canal fut un des axes les plus importants du pays jusqu’en 1914.
La mise en service de la ‘Oder Havel Wasserstrasse’ mis fin à son utilité.
Deux guerres et quarante années de communisme le redirent inopérable. Il s’ensabla et les écluses devinrent inutilisables.

Poussé par le réveil du tourisme fluvial et alimenté par les fonds de l’Europe il fut remis en état et rouvert en 2007. Un escalier de douze écluses descend le niveau de l’eau de 36 m. Elles sont actionnées manuellement avec la lenteur qui caractérise ce type de mode opératoire et les 32 km prennent deux jours de navigation. Je ne me souviens pas avoir dit qu’on était ici pour faire de la vitesse?

À 16:10 nous amarrons le Chat Lune à l’aval de l’écluse d’Eberswalde. Sur la place de la ville le Bäckerei est en pleine activité et nous dégustons un café et une excellente bombe de cholestérol au massepain et à la crème au beurre.

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Liebenwalde et l’église qui n’y est pas

L’homme de la quincaillerie à Templin aime la France et les Français, ‘comme Erich Honecker’ nous fait-il, ‘lui aussi avait de bons contacts avec votre pays.’
C’est la première fois qu’un ancien de la DDR prononce le nom de l’ancien chef d’état et en plus avec une certaine chaleur.
Sur Internet je trouve quelques références à des rencontres de l’un avec l’autre, comme en témoigne la photo ci-dessous.

C’est un magasin comme je les adore, où l’on trouve côte-à-côte les objets les plus inattendus, des poissons rouges à une collection complète de lampes à incandescence.
Une vieille dame vient en acheter une et le vendeur lui en explique les mérites, approuvés largement par deux autres clients, le temps s’est arrêté, ici les LEDS n’ont pas d’avenir.

Bien nous en prends de quitter Templin à 08:00, car le weekend de l’ascension a commencé et il va y avoir du monde aux écluses.

Le Templinercanal qui relie le Havel à la ville est d’une rare beauté. Nous traversons des lacs, des marais, des forêts de joncs, de les rives sont parfois boisées et parfois bordées de prairies sauvages.
L’écluse Kannenburg, à l’entrée du canal, est la plus vieille d’Allemagne, elle est classée ‘monument historique’ et elle est opérée entièrement manuellement.
Ceux d’entre nous qui ont navigué sur le ‘Nivernais’ ou le ‘Bourgogne’ en ont vu d’autres, mais localement ça impressionne le touriste fluvial.
L’opérateur nous raconte que pendant l’époque DDR, la maison de l’éclusier avait été mutée en casino pour les officiers soviétiques. La Vodka coulait à flot et l’éclusier éclusait avec ses clients ce qui rendait les passages de l’oeuvre d’art aléatoire.

Nous amarrons le Chat Lune dans la marina de Liebenwalde en début d’après-midi avec l’idée d’aller visiter sa petite église en colombage et en brique rouge, tel que la photo du dépliant nous la montre.
Le ‘Havenmeister’ rigole car l’édifice religieux de la photo existe certainement, mais pas ici.
L’erreur typographique n’a pas encore été reconnue et si d’aucun des lecteurs du présent blog peuvent en localiser le lieu, faites-le moi savoir, je transmettrai l’information au ‘Havenmeister’ de Liebenwalde.

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Templin et Angela Merkel

Le gardien de la Berlinertor nous révèle qu’Angela Merkel vécut et grandit à Templin.

Cette ville a un bon ‘chi’, pour les non-Chinois entre nous, un bon ‘feeling’ et nous décidons d’y faire une halte prolongée.

La ville a la particularité d’avoir gardé intacte sa ceinture de remparts longue de 1735m.
D’une hauteur de 7m, les murs sont pourvus tous les 25 m environ d’anses semi-circulaires comportant des embrasures de tir situées à mi-hauteur, accessibles à partie de plates-formes serties dans les pierres.

Le même gardien de la Berlinertor nous explique que les lacs de la Mecklenburgische Seenplatte que nous parcourons depuis plusieurs semaines ont été formés il y a 13.000 ans lors du retrait des glaces à la fin de la période glacière.
Ce sont les pierres que les glaciers avaient acheminés en provenance de la Scandinavie qui ont servi aux habitants de Templin pour construire leur mur de défense.

À la différence de Fürstenberg qui n’a pas un bon ‘chi’, Templin est une ville animée. On y trouve de nombreux magasins, de l’alimentation, des vêtements, du bio, deux librairies et des boulangeries qui font office de restaurant.
Chose rare, dans le centre, un magasin sur deux niveaux, à la fois quincaillerie, vêtements ‘outdoor’ et articles pour pécheurs, sport populaire dans la région.

On y trouve également un centre culturel qui hier soir commémorait les 70 ans de Bob Dylan avec DJ et karaoke. Comme je le disais, un bon ‘chi’ dans la bourgade.

Prochainement la ville va pouvoir honorer sa citoyenne d’honneur qui vient de recevoir des main de Barack Obama la ‘Médaille Présidentielle de la Liberté’.

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Templin, KZ Uckermark et l’orage

‘La nature a effacé toute trace des souffrances, je n’ai retrouvé que l’embarcadère où Siemens a chargé les bateaux sur le Havel…’ lit-on sur une banderole placée le long du Havel à côté du panneau écrit à la main rappelant le KZ Uckermark.

Ces quelques mots dérangent la sérénité de la traversée enchanteresse de ce matin.
Plus tard je fais des recherches et il apparaît que la camp de concentration de Uckermark, crée en 1942 pour interner essentiellement des jeunes femmes, semble avoir disparu de la mémoire collective, pas de textes et pas de photos.
Reste ce témoignage le long de la rivière signé ‘Maria P.’

Ce matin tôt, le soleil nous réveille, nous plongeons dans le lac pour nos ablutions et nous lâchons les amarres à 08:15.

Une fois encore, la traversée des lacs et les méandres de la rivière Havel nous ravit. Les écluses se passent sans encombres et comme la météo l’avait prédit, en fin de matinée, une succession d’orages violents s’abat sur nous.
Bien équipés et privé de pluie depuis plusieurs semaines, ce changement de temps ne nous déplaît pas trop.

À 14:00, après la dernière écluse de la journée, nous amarrons le Chat Lune dans le port municipal de Templin.

Depuis quelques jours, notre bonbonne de gaz française est vide et nous vivons sur une réserve de camping-gaz. Je mentionne la chose au ‘Hafenmeister’ qui me fait: ‘Nous sommes des anciens de la DDR et nous avons l’habitude de nous débrouiller, on va vous la remplir votre bouteille française.’

J’ai déjà eu l’occasion de le mentionner, nous aimons beaucoup la DDR, vingt ans après.

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Fürstenberg et Ravensbruck

À Ravensbruck 132.000 femmes et enfants furent internés et plus de 90.000 furent exterminés. Le camp fournit en main-d’œuvre féminine l’ensemble des industries d’armement allemandes et les mines de sel. Les détenues provenaient de tous les pays d’Europe occupés par l’Allemagne.

De la dunette du Chat Lune, de l’autre côté du Schwedtsee, on aperçoit le mémorial et le monument commémoratif.
Ce que je dis est rebattu, mais je n’ai jamais compris et je ne comprend toujours pas comment des hommes ont pu commettre de telles atrocités sur leurs pareils.

Nous sommes à Fürstenberg, ville entouré d’eau. En 1994 elle fut l’objet d’une importante restauration et on le saura car devant chaque immeuble restauré, l’administration communale a installé un trépied avec un panneau explicatif -avant/après- texte et photos à l’appui.
C’est à la fois didactique et cucul, l’idée doit venir de l’instituteur local. Je ne sais pas si s’en est la raison, mais nous trouvons que l’endroit n’a pas d’âme.

Malgré tout on y trouve de bonnes idées car le camion de ramassage des ordures est équipé d’une conduite à droite, ce qui permet au conducteur d’opérer de son siège la prise en charge et la vidange des poubelles.

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Neustrelitz et la fleur de la Reine Sophie Charlotte d’Angleterre

La reine Charlotte d’Angleterre, née duchesse Sophie Charlotte de Mecklembourg-Strelitz, épouse de Georges III, grand-mère de la reine Victoria et tante de la Reine Luise de Pruse, la Diana de l’époque, offrit à la ville une fleur portant son nom, originaire de l’Afrique du Sud. La Strelitzia Reginae devint le symbole de la ville.

Ce matin il fait relativement frais et comme nous avons un faible pour les dépliants touristiques avec des parcours fléchés, nous chaussons nos MBT et fermons les écoutilles du Chat Lune.
Mon document a 19 stations et celui de M. en comporte 37. Certaines font double emploi, d’autres s’additionnent. Nous combinons le puzzle tout en marchant.

D’origine Slave la ville de Strelitz reçu ses droits en 1349. En 1701 elle devint la ville de résidence des Duc de Mecklenburg. En 1712 le château et la ville furent détruit par un incendie.

Un peu plus tard un nouveau château avec jardins adjacents fut construit et le 20 mai 1733 fut décrété la fondation de Neustrelitz.
Le centre de la cité est une grande place carrée d’où partent huit rues, le tout formant une étoile de larges allées.
Un peu comme la place Charles de Gaulle, mais en plus petit, carrée et pas ronde, sans l’arc de triomphe, avec quatre rues en moins et presque pas de voitures.

Pour terminer l’histoire, en 1945, dans les derniers jours de la guerre, les troupes Soviétiques occupèrent les lieux et la ville et le château furent incendiés et complètement détruits.

Les maisons ont été reconstruites depuis, mais de la gloire ancienne ne restent que les jardins, l’orangerie, les écuries, quelques pavillons et l’église du château.
Et bien entendu, la place carrée, les larges allées et une statue de la ‘Strelitzia Reginae’ près du port où est amarré le Chat Lune.

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