Paris 4 – 18 – 17 Foujita, les affiches de Charles Loupot, Le Canal de Suez et Kent Monkman

Dans mes précédents billets, j’ai omis de mentionner que les weekend nous chinons. 

Le premier lien ci-dessous donne la liste des brocantes et des vide greniers et le deuxième lien les adresses et les dates des Circul’Livre. 

https://vide-greniers.org/75-Paris

http://circul-livre.blogspirit.com

Les trouvailles et les achats dans les vide greniers sont à la dimension du Chat Lune. Voir la photo du moulin à noix, Milou et le taille crayon en forme de cabine téléphonique. 

Les livres font l’objet d’un échange, généralement nous en rendons autant que nous en prenons, ce qui correspond à l’idée de l’initiative.

Cet après-midi avec Bill et Genevieve, nous prenons un Uber vers les hauteurs de Belleville pour aller rire aux sottises de Diego Stirman. Ce diplômé en medicine, abandonne rapidement le serment Hippocrate pour devenir clown et marionnettiste musical itinérant sur les chemins d’Espagne. Il découvre Paris au début des années 80 et aujourd’hui, pour notre ravissement, il présente ses créations dans son petit théâtre, situé au 18 rue des Envierges dans le 20e arrondissement. Pour plus de détails offrez le lien suivant: 

http://www.familia-stirman.com/68-diego-stirman

Le musée Maillol présente une centaine d’œuvres de l’artiste japonais Léonard Tsuguharu Foujita.  L’exposition retrace les années folles de Foujita à Montparnasse, entouré de ses amis Modigliani, Zadkine, Soutine, Indenbaum, Kisling ou Pascin. L’exposition se concentre sur la première période parisienne de l’artiste, entre 1913 et 1931. Impressionnés par la sûreté des traits de ses dessins, on aime particulièrement ses tableaux blancs, les portraits de femmes et les chats. 

De notre endroit d’amarrage, on passe sous le pont Morland pour longer la Seine en aval. À l’endroit des feux, on remonte sur le quai des Célestins pour prendre la rue Avé Maria. En dix  minutes à pied, nous sommes à l’Hôtel de Sens. 

C’est l’avant dernier jour de l’exposition des affiches de Charles Loupot. Formé en Suisse auprès des meilleurs ateliers de lithographie, le peintre connaît un succès que nous reconnaissons entre autre, des publicités de l’apéritif Saint-Raphaël. Au fil de sa carrière on voit l’artiste évoluer vers la simplification des ses graphismes. L’affiche pour l’Air liquide en est l’ultime exemple.

Au départ nous prenons le même trajet, mais au lieu de continuer le long de la Seine vers la rue Avé Maria, nous traversons les deux arches du Pont de Sully pour aller à l’Institut du Monde Arabe. 

Au XVIIIe siècle avant notre ère, le pharaon Sésostris III fit creuser un canal qui relia le Nil à la mer Rouge. Après quelques siècles d’usage, il s’ensabla et il fallu attendre plus de trois millénaires pour qu’en 1854, Saïd Pacha, gouverneur d’Egypte et du Soudan, confie la réalisation du canal actuel à Ferdinand de Lesseps. C’est l’histoire que nous raconte l’IMA. 

Le canal, sans écluses, longue de 164 km est ouverte au trafic le 17 novembre 1869 en présence de l’impératrice Eugénie.

L’exposition de termine par la projection d’un clip accéléré. Vu par l’œil du pilote, du haut du poste de commande d’un porte-container, nous parcourrons le cours d’eau de Port Saïd à Suez. 

Le commentateur fait l’éloge des marins d’eau douce. Leur compétences en matière de navigation sont à tort, sous-estimées par les marins de mer alors que naviguer sur des canaux et des rivières est beaucoup plus complexe que la navigation en mer. Avec pendant des journées entières, 4000m d’eau sous la quille et rien à gauche, rien à droite, le skipper du cargo peut rêvasser.  

Nous qui venons de la voile en mer, on lui donne raison. 

Une rive de chaque côté du bateau, le cours d’eau sinueux, l’œil sur le sondeur et sur les autres navires que l’on suit ou qui vous trématent, une écluse à passer toute les demi-heures, si ce n’est tous les dix minutes et parfois un pont levis à actionner. En fleuve, le courant à observer, les amarrages hasardeux dans les petits ports et le déchiffrage des injonctions des éclusiers sur le VHF.

En abandonnant les voiles, nous avons du réapprendre le métier.

Pour sa réouverture au 130 rue du Faubourg Saint-Honoré, le Centre Culturel Canadien à Paris expose, en partenariat avec le musée des Confluences de Lyon, dix tableaux de Kent Monkman. Né à Manitoba, vivant à Toronto, l’artiste peint des œuvres où la mythologie rejoint sa réflexion des relations entre les hommes et les animaux, que nous sommes aussi, bien évidemment.

Et je trouve le temps de faire quelques aquarelles.

  

 

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Paris # 3 – 18 – 16 Ceija Stojka et BIC

Suite de la semaine dernière, du 14 au 20 mai 2018.

Mes listes ont une petite croix pour indiquer les entrée gratuites. C’est le cas de l’exposition Talisman à la Fondation Portugaise Calouste Gulbenkian, rue de la Tour Maubourg, dans le 7e. 

L’art contemporain continue à nos intriguer. Une salle obscurcie, dont les murs blancs reflètent la lumière de quatre tubes néon bleus et rouge plantés dans un bac rempli de sable nous laisse perplexe.

Le 104 

Je suis de la génération qui a encore appelé « biro » le stylo bille que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de BIC. 

Voir son histoire en cliquant sur le lien suivant: https://www.gralon.net/articles/materiel-et-consommables/materiel-bureautique/article-le-stylo-a-bille—histoire-d-une-invention-2767.htm

Le 104 lui consacre une exposition où se mélangent les œuvres d’art crées à base du stylo et les dessins et peintures réalisées avec lui. Les photos ci-jointes sont plus parlantes qu’une explication.

La Maison Rouge

La galerie la Maison Rouge, au Boulevard de la Bastille en face du port, expose les œuvres de Ceija Stojka. Née en 1933, décédée en 2013, cette artiste Rom autrichienne a attendu 40 ans pour se mettre à dessiner, peindre et à écrire ses mémoires. Elle a survécu trois camps de concentration nazie, Auschwitz, Ravensbrück et Bergen-Belsen. 

Au delà de l’horreur, ses peintures me frappent par leur composition et par l’intensité des couleurs utilisées. 

Pour plus détails lire  https://culturebox.francetvinfo.fr/arts/peinture/ceija-stojka-a-la-maison-rouge-la-memoire-d-une-artiste-rom-rescapee-des-camps-270499

La même galerie expose une sélection de 200 poupées noires de la collection de Déborah Neff.

L’américaine trouva sa première poupée dans une brocante à Atlanta. Faite de morceaux de cuir, de clous et de pièces de bois, l’objet la fascina et sa trouvaille fut le début d’une collection de plus de mille poupées. Elles furent vraisemblablement fabriquées par des femmes noires dans les années de 1830 à 1940.

Ci dessous, quelques cartes postales que je ne vais pas envoyer. 

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Paris # 2 – 18-15 Galerie Dorée, Mai 68, Willy Ronis

La coulée verte, aussi appelée la promenade plantée, est le jardin suspendu installé sur le tracé de l’ancienne voie de chemin de fer qui reliait Vincennes à la Bastille. La gare terminale se trouvait à l’emplacement de l’actuel Opéra Bastille. Nous aimons parcourir cette promenade car en plus de la verdure luxuriante, elle offre une vue sur les cours interieures et sur les toits de la ville. 

Redescendre son tracé par le bas en longeant l’avenue Daumesnil est tout aussi intéressant car plus de 50 boutiques et ateliers d’artisans se sont installés dans les anciennes arches du viaduc. On y trouve des restaurateurs de tableaux anciens, des joailliers, des tireurs d’estampes, des maquettistes, des créateurs de boutons de manchettes et plus et plus. 

Voir http://www.leviaducdesarts.com

Dans mon carnet rouge aide mémoire Moleskine, j’inscris méthodiquement les choses que nous voulons voir et les endroits à découvrir. Mes rubriques sont les musées, les galeries, les expositions, les visites conférences, les brocantes et vide greniers, les Circul’Livre, les cinémas, les théâtres, les concerts et une rubrique divers.

Nos sources d’information sont l’Officiel des Spectacles, les affiches dans le métro et sur les vitres des restaurants, le bouche à oreille et les journaux, l’hebdomadaire gratuit « À nous Paris » et le quotidien gratuit « C » que l’ont trouve dans les couloirs du métro. En plus de cela, les sites Internet Paris Zig-Zag et Seine-Saint-Denis Tourisme sont une bonne source pour les découvertes insolites. Enfin, l’organisation Paris Historique offre des visites conférences d’endroits qui souvent ne sont pas accessibles au public. Voir www.paris-historique.org.

 

Pour structurer nos programmes journaliers, j’ai dessiné une grille mensuelle avec une case par jour dans laquelle j’inscris nos projets. 

Samedi matin, une des guides de Paris Historique nous a fait connaître la Galerie Dorée de la Banque de France.

Situé dans l’hôtel de Toulouse, le palais fut construit entre 1635 et 1640 par François Mansart pour Louis Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse, le fils de Louis XIV et madame de Montespan. L’histoire n’a pas épargné les lieux et les peintures murales et le plafond sont des copies exécutées sur toile et marouflées. Les originaux se trouvent éparpillés dans des musées hors Paris et au Louvre. Seuls les encadrements dorés sont d’origine. Ils ont été refait en 2015 et plus que les peintures, ce sont eux qui rendent l’ensemble époustouflant.

Trois expositions de photos cette semaine:

Paris commémore le cinquantième anniversaire des événements de mai 68. Comme on a pu le voir, le 1e mai dernier, des casseurs masqués ont fait exploser la célébration en cassant des vitrines de magasins et endommageant les voitures stationnées et tout ce qui se trouvait sur la passage du cortège.

L’hôtel de Ville expose les clichés pris à l’époque par le reporter Gilles Caron. Leur confrontation  ramènent à la réalité brutale, les souvenirs idéalisés des vieux soixante huitards que nous sommes. Vitrines cassées, voitures incendiées, pavés lancés, bombes lacrymogènes. La différence est que les contestataires, étudiants et ouvriers de mai 68 manifestaient à visage découvert et que les policiers n’étaient pas déguisés en « ninja turtles ». 

Le Petit Palais présente une sélection de photos acquises les dix dernières années. 

Au Carré Baudouin, à Belleville, on retrouve Willy Ronis dont on avait vu la rétrospective à l’Hôtel de Ville en 2005. C’était lors de notre premier séjour au port de l’Arsenal. 

 

Willy Ronis est un Parisien qui aime sa ville et l’a rarement quitté. Au fil de sa vie, il a flâné, l’appareil photo en bandoulière, pour saisir les scènes quotidiennes de la rue. 

En 2005, nous venions de prendre possession du Chat Lune. Cela me rappelle une anecdote amusante. À quelques encablures de l’entrée du port de l’Arsenal, quelques dizaines d’heures au moteur, on se fit aborder par une vedette de la fluviale. L’adjudant nous rassura, j’ai ici une dizaine de jeunes recrues à qui je veux montrer ce qu’ils doivent inspecter et vérifier sur une bateau lors d’un contrôle. Le Chat Lune fut examiné de fond en comble, les documents de bord, les extincteurs, les vestes de sauvetages, tout fut passé en revue, dans la bonne humeur commune. L’opération pris une petite demi-heure. Les années suivantes, lors de nos passages à Paris, il arriva souvent qu’une vedette de la fluviale, en nous croisant, nous gratifia de grands saluts, les recrues avaient passés leurs brevets et se souvenaient du Chat Lune.

J’arrête ici mon récit de la semaine, je publierai la suite dans quelques jours. 

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Le Chat Lune à Paris #1 – 18-4

Neptune voulait, il nous a ouvert la route et il a mis en place le ciel bleu et le soleil.

Au départ de la halte de plaisance de Conflans St.Honorine, le Chat Lune remonte la Seine.

Bougival est en panne, on prend l’écluse de Chatou. Un bateau hôtel Suisse avalant nous fait la place, nous sommes seuls et tout petit dans le bassin de 185 m sur 18 m. 

Plus haut sur le fleuve, nous partageons Suresnes avec un commerce vide. 

Très vite on voit les tours de la Défense et on contourne l’île Seguin par la rive droite. C’est l’ancien site des usines Renault, devenu La Seine Musicale par la main de l’architecte japonais Shigeru Ban. 

La statue de la Liberté arrive, puis la Tour Eiffel, le pont Alexandre III, les bateaux mouches, Le Bras de la Cité et Notre Dame.

Arrivés au Pont de Sully je téléphone à la capitainerie de l’Arsenal. Sacha, le capitaine du jour me confirme qu’il nous a réservé l’emplacement # 63. On franchit l’écluse # 9 qui sépare la Seine du canal Saint Martin. 

Bill, Geneviève et Béatrice nous aident à frapper les amarres.

Qing et Fabien ont fait le déplacement de Versailles pour venir nous accueillir. On est ému devant ce témoignage d’amitié, et on se sent ‘home again’.

Après Boran, nous avons passé une après-midi à Conflans. Il faisait beau, on avait envie de souffler un peu avant d’entamer la remontée vers Paris. Je bavarde avec un couple local. Ils nous recommandent de descendre le fleuve jusque Rouen. Vous verrez, c’est très beau et il y a plein de vestiges, les Vikings y ont laissé leurs traces. 

Par curiosité je consulte Google et en effet, je lis que « le 24 novembre 885, sept cents drakkars se présentent sous les murs de Paris. » Voir la suite ci-dessous.

http://www.paris-lutece-magazine.fr/2014/09/les-vikings-a-paris/

Aujourd’hui dans le port de l’Arsenal, nous sommes amarrés à côté d’un yacht qui bat le pavillon Danois. Le skipper n’a pas l’air féroce, il me dit gentiment bonjour.

Le printemps est à Paris jusque samedi après-midi. On profite du soleil pour explorer notre territoire favori. 

Rien de particulier, pas encore de visites de musées. Près du port, la galerie Maison Rouge, boulevard de la Bastille, présente deux expositions, Black Dolls et Ceija Stoika, une artiste Rom. Les Français sont en vacances, les files d’attente sont longues, on ira la semaine prochaine. 

On se promène dans le Jardin des Plantes et dans le Jardin Alpin, adjacent. En mai, la nature est très verte. Sur la clôture qui sépare les deux jardins, nous passons devant une série de photos agrandies de plancton? On reviendra plus tard pour lire les textes. 

Dans le Jardin Alpin, nous découvrons un pistachier planté en 1702. 

Louis XIV règne et le 15 mai de la même année, l’Angleterre et les Pays-Bas déclarent officiellement la guerre à la France et à l’Espagne. Trois siècles plus tard, l’arbre vit toujours. 

Marleen achète une brosse à dent électrique au Monop rue du Faubourg Saint Antoine. À deux pas, chez Muji je me paye un short bleu marine en lin. Chez Uniqlo, je trouve deux chemises en lin également, le beau temps m’inspire. 

Au 5e étage du BHV, le vélo est à l’honneur. Une série de photos d’acteurs de cinéma célèbre la bicyclette. 

Lors de notre séjour à Paris en janvier, nous logions à l’hôtel des Trois Gares, rue Jules Cesar. Nous avions promis à la réceptionniste de l’après-midi de venir lui dire bonjour lorsque nous serions au port de l’Arsenal. 

Je pousse la porte de l’établissement, elle me reconnaît, on se serre la main, il faut revenir avec madame, me dit-elle, je vous offrirai un café. On viendra.

Samedi matin au Circul’Livre du 47, l’Avenue d’Ivry, nous trouvons 5 livres à notre goût.

Dimanche matin au vide grenier/brocante de la place de Barcelone, je dégotte pour 20€ une paire de jumelles 8×40 de la marque HUET, en excellent état. L’avantage des vide greniers par rapport aux brocantes, est que les professionnels se prennent pour des antiquaires et que leurs prix sont à l’avenant. Les privés veulent se débarrasser de leurs objets et pas nécessairement s’enrichir par  la même occasion. C’est avec eux que l’on peut faire de bonnes affaires.

Depuis hier, il refait froid, le radiateur électrique réchauffe le carré du bateau.

Lundi il va encore pleuvoir, mais la météo promet le retour du soleil à partir de mardi. 

Je vous raconterai cela dans mon prochain billet.

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Le Chat Lune en route vers Paris 18-13

Nous sommes amarrés à la halte de plaisance de Conflans-St.Honorine, sur la Seine, au PK 68. 

PS. Le bateau que vous voyez ci-dessus n’est pas le Chat Lune, la photo est prise de la dunette du Chat Lune.

Ça, c’est le Chat Lune!

L’amarrage est situé au pied de la colline sur laquelle un ancien château abrite le musée de la Marine. À l’aval du petit port, le bateau hôtel Scenic Gem vient de débarquer ses passagers. Ils ont pris place dans des bus qui, je l’imagine, vont les conduire à la Tour Eiffel.

C’est aujourd’hui notre sixième jour de navigation. Nous avons remonté la Lys de Gand à Lille et puis la Deule de Lille à Douai. Ensuite, la Scarpe de Douai à Arleux, là où commence le Canal du Nord. Le guide fluvial mentionne que Arleux est la capitale mondiale de l’ail, simple information pour épater les copains.

Le Canal du Nord relie le bassin fluvial du nord de la France au bassin Parisien. Mis en service en 1956, il s’avère dés le départ trop petit pour les bateaux de commerces de l’époque. 

Ses 19 écluses font 90 m de long sur 6 m de large. Jusqu’au milieu du siècle dernier, les péniches traditionnelles étaient du gabarit Freyssinet, 39mx5m et le canal répondait à leur besoin. Aujourd’hui, nous croissons sur les voies fluviales à grand gabarit des bateaux de 100 m x 11 m. 

Passer du nord au sud leur est impossible. 

Les gouvernements français des dernières années, de droite, puis de gauche et maintenant du milieu, ont successivement approuvé, puis annulé puis ré-approuvé la construction d’un nouveau canal qui dédoublerait le Canal du Nord pour ainsi permettre aux grandes unités de descendre sur Paris et la Seine. Les études et certains travaux avaient commencé sous Hollande.

Aujourd’hui, Nicolas Hulot, Ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, n’aime pas ce projet et il est une nouvelle fois remis au frigo. 

Certains disent que le gouvernent actuel craint que ce projet ne mettent en péril les transporteurs français en ouvrant la porte aux grosses unités fluviales des pays du Nord, plus compétitives que les nationales. 

Peut-être que Nicolas Hulot, pourtant écologiste, pour des raisons que je ne connais pas, préfère la route au canal. Il est bien connu que l’homme, même ministre, même Français, prend ses décisions avec son cœur, pas nécessairement avec sa tête. 

Quoi qu’il en soit, nous plaisanciers, avons à faire, sur le canal du Nord, à trois configurations différentes. 

Premier cas, le plus fréquent, les pousseurs. Ce sont deux gabarits Freyssinet attachés ensemble dans le sens de la longueur. L’unité fait donc (2x39m) soit environ 80 m sur 5 m et elle remplit l’écluse. Dans ce cas, il n’y a plus de place pour le Chat Lune.

Deuxième cas un Freyssinet seul, c’est rare. 

Troisième cas, un bateau de 60mx5,75m, spécialement conçu pour pouvoir emprunter le canal du Nord.

Les deux dernières configurations permettent au Chat Lune de prendre la bassinée, seul ou accompagné d’un autre bateau de plaisance. 

Pour rappel, notre bateau fait 10mx3,65m.

L’astuce est de se pointer devant l’écluse de Palluel, la numéro 1 du canal, d’attendre le cas de figure favorable, de demander au marinier l’autorisation de l’accompagner et le franchissement des œuvres d’art se fait comme une lettre à la poste, ancienne expression.

Cette année-ci, nous avons fait la première partie du trajet au début du tunnel de Ruyaulcourt ensemble avec le Ki, un autre bateau de plaisance.  

La deuxième partie s’est faite avec le bateau de commerce Flèche d’Or, un transporteur de 57mx5,75m. 

Patrick et Katinka, l’équipage du Ki sont des retraités sympathiques qui vivent sur leur bateau.

Ils nous ont quitté à Péronne pour faire un aller-retour sur la Somme. C’est avec plaisir que nous les retrouverons à Paris, plus tard dans la saison.

Le texte ci-dessus est plus particulièrement destiné plus aux plaisanciers plutôt qu’à mes lecteurs terriens. C’est du à ma joie et celle de Marleen de retrouver le bateau et les plaisirs de la navigation.

Pour terminer ce billet, je voudrait souligner que les mariniers professionnels sont sympathiques et toujours prêt à nous aider. Bien évidemment, comme toujours, il faut parler. Un minimum d’échange social permet une navigation riche et sans problèmes.

Le canal du Nord a été fermé pour entretien pendant tout le mois d’avril. 

Aussi, au deuxième jour de sa réouverture, il y avait devant l’écluse 8 de Moislain, une attente de 10 bassinées. 

En discutant avec Francis du Victoria, avec le skipper de Tilbury, du Hurricane et du Flèche d’Or, ils nous suggèrent de faire le trajet avec ce dernier bateau, ce que nous fîmes et cela nous permis de prendre la 4ème bassinée. 

Hier soir, au cinquième jour de notre croisière nous avons frappé nos amarres à l’amont de l’écluse de Boran sur l’Oise, après avoir fait le plein de carburant chez Guerdin à Compiegne.

Pour mes amis plaisanciers, sachez qu’à l’amont de Boran, l’écluse numéro 5, il y a un long quai avec des bollards. C’est idéal pour passer la nuit. Amarrez-vous le plus près possible de la porte de la grande écluse. Ainsi, vous ne gênerez pas les commerces qui y passent la nuit comme vous, et vous pourrez entrer le premier dans l’écluse, dés son ouverture, le lendemain matin. 

Demain nous seront à Paris, au port de l’Arsenal, si Neptune le veut, bien évidemment. 

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En Route 18 – 12 Budapest au printemps

Le cimetière juif de Budapest est situé à l’est du cimetière national Kerepesi. Le tram 37 nous y conduit, il s’arrête devant l’entrée sur la Salgótarjáni út. Les grilles sont cadenassées, de son cagibi, le gardien, en agitant les doigts, nous fait comprendre que la fermeture est à 16:00.

Il est 16:15, on reviendra lors de notre prochain séjour.

Hier après-midi nous avons fait le tour du Fiumei Road Cemetery. Le Dr. Katalin Fogarasi Radnainé, directrice du lieu, le compare au Père Lachaise.

L’analogie tient en partie. Ici reposent les personnages Hongrois célèbres, politiciens, héros et artistes, dont certains noms nous sont connus, parce qu’ils ont en ville, une rue, un square où une station de métro.

Par exemple, les politiciens du début du 19e siècle, Ferenc Deák et Lagos Batthyány sont chacun commémorés par un imposant mausolée. En ville ils ont un square et une station de métro. 

La chanteuse Lujza Blaha, le rossignol de la nation, repose dans une tombe couverte, elle est entourée d’enfants qui chantent et elle a une station de métro sur la ligne 2.

À l’opposé de la nécropole Parisienne, le cimetière de 56 ha offre l’aspect d’un parc avec de vastes pelouses, des arbres centenaires et des parterres de fleurs. Les tombes sont espacées, ce qui nous permet de mieux admirer les nombreuses pleureuses. 

Pour les amateurs des nécropoles, j’ai publié un article et de nombreuses photos sur mon blog 

http://grafzerken.wordpress.com

Nous séjournons quelques jours à Budapest. Le hasard fait souvent bien les choses, nous y sommes pendant le « Festival de Printemps' », essentiellement un festival de musique qui offre pendant tout le mois d’avril, des concerts publics, payants ou gratuits, en plein air ou en salle. À cet occasion, pour la troisième année consécutive, du 17 au 22 avril, le centre de tourisme organise la « Semaine d’Art Visuel », notre tasse de thé. Une soixantaine de galeries et musées participent à l’événement. 

À notre habitude, nous marchons beaucoup et nous utilisons intensivement les transports en communs. Les métros trams et autobus sillonnent la ville et permettent aisément de l’explorer en sautant de l’un à l’autre. 

À Buda, au nord et la ville, sur les hauteurs surplombant le parc Florian et le pont Ápád se trouve le musée Kiscelli. 

Situé dans le Palais Schmidt de Kiscell, il a pour vocation de présenter l’histoire urbaine de la capitale hongroise. Le parcours est illustré par des cartes, des maquettes et des tableaux et pour le charme, chaque pièce à gardé son « Kachelofe », le traditionnel poêle en faïence.  

Dans l’ancienne chapelle du château, dont ne reste que les murs et la toiture, on découvre une impressionnante collection de jeux et jouets anciens. 

C’est notre quatrième séjour ici, nous commençons à avoir quelques habitudes et aussi quelques endroits favoris.

Ainsi, les halles et le marché de Lehel Tér. La construction métallique est en style « plaine de jeux » le jaune, le rouge et le bleu dominent, les poutres s’enchevêtrent et les échoppes sont tout en rondeur.

Il est situé au nord de la ville au terminus (provisoire) de la ligne de métro 3. 

C’est ici que les Hongrois s’approvisionnent et se nourrissent. À l’entrée sud se trouve un self qui offre exclusivement de la cuisine hongroise. C’est une espèce de cantine où l’on fait la queue devant les plats préparés. Nos commandes se font en gestuel, souvent aidé d’un client qui parle l’anglais. Aujourd’hui nous remplissons nos assiettes d’une cuisse d’oie rôtie, de chou mijoté dans une sauce blanche et de riz. Les quantités dépassent notre appétit mais c’est bon et le prix est dérisoire. Boissons comprises on débourse 3,25€ par personne.

À l’autre bout de la ligne 3, sur Üllöi ut, à 300 m au sud de station de métro de Corbin Tér, un petit restaurant local sert des plats aussi typiques que la cantine du marché Lehel, aux mêmes prix. Une jeune femme sert les plats, sa mère les confectionne dans la cuisine adjacente du comptoir.   

C’est la troisième fois que vous venez, nous fait-elle en souriant. Nous promettons de revenir en décembre.

Jeudi matin à 10:00, nous pénétrons dans la cour de L’Association des Architectes Hongrois. Je suis intrigué par les aquarelles et les pastels de l’architecte András Kertész. Ce matin, la salle  d’exposition sert de salle d’examen. On nous explique qu’une trentaine de candidats contrôleurs renouvellent de leurs certificats. Revenez après 13:00, ce que nous fîmes. On aime les pastels de András Kertész, jugez-en vous-même.

Il fait beau à Budapest et dans la lumière printanière, les bateaux de croisière touristiques montent et descendent le Danube. 

En fin de journée, nous prenons un bateau-bus municipal qui suit les mêmes trajets. Tout comme les métros, trams et bus, il a l’avantage d’être gratuit pour les vieux de plus de 65 ans, comme nous. Nous occupons deux chaises en première ligne sur le pont supérieur. 

L’autre avantage du transport en commun est qu’aucun guide muni d’un mégaphone ne décrit les bâtiments qui bordent les deux rives. La vue, le bruit du moteur et le clapotis du fleuve nous ravissent et nous suffisent.

Nous reviendrons en décembre, la ville baignera dans les lumières de Noël.

 

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En Route 18-11 – De Troost et mes aquarelles

Il y a quelques semaines, lorsque j’ai repris ma plume pour réveiller mon blog, c’était avec l’intention de montrer mes récentes aquarelles. 

Vous avez constaté que j’ai un peu dérapé. Notre agenda culturel m’a contraint à vous montrer des œuvres d’artistes renommés. 

À l’exception hier, de la visite d’une exposition commune dans les jardins du couvent des carmélites à Vilvorde, la semaine dernière était consacrée à l’entretien technique de la maison. Les électriciens et les chauffagistes se sont succédés, entre autre pour remettre en place le moteur de régulation de la vanne d’apport d’eau chaude du chauffage au sol. 

Souvenez-vous que ledit bidule fut réparé par l’horloger magicien Eric Antrop, comme je l’ai expliqué dans mon billet 18-6 du 11-3-18.

« Kunst in Troost » est le nom de l’exposition organisée par les religieuses et par l’a.s.b.l. « De Troost. » 

Les peintures sont exposées dans les locaux qui ceinturent les jardins. Les sculptures sont placées sur les pelouses et dans les parterres. Pour les intéressés, voici le lien www.kunstindetroost.be

Notre amie Marjan Smit y présente une dizaine de pièces en verre coulé. 

Voir https://www.marjansmit.nl 

On célèbre nos retrouvailles en dégustant une « bolleke », une bière ambrée servie dans des verres en forme de demi sphère qui tiennent bien en main. Les boissons de la réception sont offertes par la brasserie Palm. 

Ci-dessous trois aquarelles intitulées « Les Tours ». 

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En Route 18-10 – Beaufort 6 et la côte Belge

Il y en a qui fréquentent les églises, les synagogues ou les mosquées. Pour la méditation, nous favorisons les musées et les bibliothèques municipales.

Je me suis surpris il y a quelques jours en pénétrant dans la bibliothèque Kris Lambert à Ostende, de ressentir un sentiment de plénitude et de bonheur parfait, c’est ici que j’aime être. Entouré de livres, il y fait calme, pas de musique de fond, pas de bavardages, pas de gosses qui courent en rond en jouant à cache cache. Les adultes sont soit assis et feuillettent journaux et livres. Soit comme moi, d’aucuns parcourent les rayons, respectueusement, à la recherche de l’ouvrage qui les plongera dans un autre univers.

Il m’arrive de rechercher un document précis, mais le plus souvent je chine comme dans les brocantes, les yeux ouverts, sans but précis. En premier lieu j’inspecte les livres que le bibliothécaire a mis en évidence. Je parcoure ainsi les rayons anglais, français, allemands et néerlandais, dans cet ordre.

Si rien ne m’attire, je retourne au point de départ je recherche les livres nouvellement acquis. Ils sont reconnaissables par la brillance de la couverture.

Cette fois-ci j’ai repéré et emprunté le dernier John Le Carré, The Pigeon Tunnel, un roman biographique. 

Pas de musées en vue à Ostende mais l’exposition Beaufort vient d’ouvrier ses portes, si j’ose dire. 

Le sixième édition de la Triennale d’Art du Littoral expose 19 œuvres d’art dans 9 communes, de La Panne à Knokke. Notre côte est longue de 66 km. 

Le syndicat d’initiative propose un dépliant de l’événement. Il comporte une carte de la côte, l’endroit où se trouvent les œuvres et un mot d’explication sur l’artiste et sa composition.

Voir https://www.beaufort2018.be/fr/sur 

Notre point de départ est La Panne. On est le mardi 3 avril, il nous faut trois jours pour tout voir. 

On s’engage dans un rallye culturel où le plaisir est tant dans la recherche des œuvres que dans la satisfaction de les découvrir. Au passage, on savoure ci et là un café sur un terrasse ensoleillée à La Panne ou dans un bistro traditionnel, Lippensplein à Knokke. 

Cette année-ci, rien de spectaculaire sauf la barre à roue de Simon Dybbroe Møller dans le sable de Westende. On lui donne l’Oscar.

 

On aime aussi le Wullok de Stief Desmet placé à l’extrémité de la nouvelle digue ouest du port d’Ostende. 

Au passage on remarque que les boites rouges d’Arne Quinze ont été repeintes mais aussi,  déplacées pour dégager la vue des appartements de la digue qui leur fait face. 

De manière générale nous sommes un peu déçu par l’édition de Beaufort 2018. 

Notre mémoire nous projette en arrière vers le troupeau d’éléphants en bois et l’araignée géante de Louise Bourgeois de l’édition 2006, par exemple.

Sommes-nous blasés? Je ne le pense pas. Notre littoral, lorsqu’on tourne le dos au mur des immeubles à appartement de Blankenberghe, Midelkerke ou Koksijde, offre la vue impressionnante d’une mer et d’un ciel nuageux, déchiré, coloré et changeant. Je vous en livre quelques exemples ci-dessous. 

Un tel décor demande des œuvres d’art à la dimension du spectacle. 

L’échelle  posée près de la statue d’Albert I à Nieuwport, les ‘remake’ d’Iman Issa dans l’office du tourisme d’Oostduinkerke et la sculpture de Ryan Gander, ne font pas le poids. 

Le gouvernail en métal vert de gris de Møller répond à nos critères.

La dame de l’office du tourisme de Zeebruges nous informe qu’il restera en place, la commune de Westende l’a acheté.

Je joins quelques aquarelles de la mer.

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En Route 18-9 La Haye, Louwman, Gemeentemuseum, Mauritzhuis

Ce matin nous avons quitté Rotterdam pour visiter le musée Louwman à La Haye.
C’est un temple dédié au « Dieu Auto ». Nous n’avons jamais vu de musée automobile aussi luxueux, l’immeuble est un Taj Mahal en brique rouge et la qualité de la collection dépasse les descriptions. Le parcours fléché commence au 2ème étage avec des ancêtres placés derrière verre, dans des loges peintes en noir. Plusieurs modèles sont restés dans leur jus, pas de peinture neuve, ni de recouvrements en cuir refaits, le cachet est remarquable.

Le regroupement est fait par familles, voitures électriques, les voitures à vapeur, les modèles bons marchés, les voitures utilisés dans des films, tel que l’Aston Martin de James Bond.
La visite se termine au rez-de-chaussée avec les fleurons de la collection, les Rolls des Maharadjahs, les Talbot-Lago et autres Bugatti’s.

N’en déplaisent aux détracteurs et aux trop verts, l’automobile fait partie de nos gènes.

« Happy-go-Lucky » (joyeusement insouciants), c’est ainsi que Marleen qualifie le couple et leur fille, gérant du Camperplaats Den Haag. Je me présente par téléphone et la large grille métallique nous ouvre l’accès à un vaste terrain vague, sans arbres. C’est rustique, la réception et le bloc sanitaire sont en contreplaqué marin et en Gyproc. Les joints intérieurs sont recouverts d’un enduit blanc, ils attendent les couches de peinture. Mais l’ensemble est propre et tout fonctionne. Les gérants se présentent en nommant leurs prénoms, on se serre la main, l’ambiance est familiale. Le mari nous accompagne jusqu’à l’emplacement choisi et nous aide à la manœuvre.
Nous passons ici une nuit calme et reposante.

Le lendemain matin, on serre la pince à toute la famille. Oui, on a bien dormi, non, le bruit de l’autoroute ne nous a pas gêné, et oui, on remplira le questionnaire de satisfaction. Quinze kilomètres plus loin on se parque Zeesluisweg, dans le port de Scheveningen, à un quart d’heure à pied du Gemeentemuseum où nous attendent deux expositions.

Max Liebermann est un de nos peintres favoris. C’est des grands peintres Allemands, réputé pour avoir introduit l’impressionnisme dans son pays natal. Né en 1847 dans une famille juive aisée, il mourut en 1935, deux ans après la prise de pouvoir de Hitler. Ses biens furent confisqués et son épouse Martha se suicida en 1943, peu avant sa déportation prévue pour le camp de concertation de Theresienstadt.
Lors de notre séjour à Potsdam en 2010-2012, nous avons eu l’occasion de visiter leur villa située le long de la Wannsee près de Berlin.
Liebermann aimait voyager et il vécut quelques années à Paris. La Hollande était également un de ses pays de prédilection et l’amitié qui le liait à Isaac Israëls le conduisît souvent à Scheveningen, comme en témoignent de nombreux tableaux des plages de la ville balnéaire.

Jean Brusselmans est d’un tout autre registre. Pauvrissime, il ne fut reconnu qu’après sa mort à l’âge de 68ans en 1953. C’est un artiste singulier qui ne vendit presqu’aucun tableau de son vivant. Son épouse Marie Frish mourut en 1943 des suites du froid et des privations. Il peint à grand coup de pinceau, ses traits sont rectangulaires. J’aime sa signature, grande et toute en rondeur.

À La Haye, comme presque partout ailleurs, les musées sont fermés le lundi. Le Mauritshuis fait exception et nous en profitons. Renommé pour héberger les plus belles peintures néerlandaises de l’âge d’or, on peut y admirer « La Jeune Fille à la Perle » et la « Vue de Delft » de Vermeer, la « Leçon d’Anatomie » de Rembrandt, le « Chardonneret » de Fabritius et le « Taureau » de Potter.

L’annexe du musée offre une exposition temporaire consacrée aux tableaux bibliques de Jan Steen, connu pour l’humour qu’il distille dans ses œuvres.

Nous terminons la journée par une ballade sur le « Pier de Scheveningen ». La digue est une succession de casinos, baraques à frites, brasseries, salles de jeux. Au bout de l’estacade, les pieds dans la mer, une grande roue tourne lentement, quelques visiteurs se présentent à la caisse. À côté, une tour métallique affiche « Bungy ». Une nacelle pend au bout d’un bras de grue, dans l’attente des amateurs de sensations fortes.
En comparaison, la côte Belge nous paraît être une perle d’élégance balnéaire.

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En route 18-8 Eindhoven, Bergen op Zoom et Rotterdam


Les moulins à vent portent des noms ronflants. De Walvisch, De Drie Koornbloemen, De Vrijheid, De Noord, De Nieuwe Palmboom et De Kameel. Les cinq sont sont alignés le long du Nordvestgracht à Schiedam. Nous sommes amarrés, pardon, parqués, près du Vrijheid. Il tourne et mouds le grain pour le « Branderij De Tweelingh ». Les bras des cinq géants dépassent le toits des entrepôts du quai. Construits en pierre au début des années 1700, ils ont remplacé des moulins en bois datant du 15e siècle. Derniers rescapés des 20 moulins de la ville, ce sont les plus haut moulins à vent au monde. Schiedam est réputé pour son genièvre, le Vrijheid travaille pour la distillerie De Tweelingh.
Hier le vent venait du nord-ouest, ce matin les bras du Vrijheid, font face au sud.

Nous avons passé trois jours chez Marjan et Will dans leur ferme restaurée du 18ème siècle.


Comme toujours leur accueil est des plus chaleureux, nous sommes non seulement nourris et logés mais nos deux amis nous font à chaque visite, découvrir des curiosités locales.
Ainsi à Veghel, l’ancien complexe industriel est devenu le centre culturel De Noordkade qui héberge entre autre, un théâtre, des salles de concert et une cafétéria.
À Helmond, l’ancienne usine de cacao est également devenue un centre culturel avec un cinéma dont la publicité souligne que dorénavant, plus besoin de se déplacer à Anvers pour voir de bons films.
Nous accompagnons Marjan et Will à la « maison de verre » de Lommel où le couple défourne une vingtaine d’objets en verre coulé que Marjan a confectionné. Sachez que notre amie artiste expose bientôt quelques unes de ses œuvres au couvent de « Troost » à Vilvorde. Le vernissage a lieu le samedi 14 avril prochain.

À Eindhoven, le musée de l’usine DAF retrace l’histoire des « voitures à bretelles » comme les mauvaises langues appelaient les petites voitures munies de la transmission « variomatic ». Le département automobile fut vendu à Volvo. En 1991, le « modèle 340 » fut la dernière variomatic sortie de la chaîne de production.
En 1996, la division camion fut reprise par la société américaine Paccar. L’entreprise est devenu un des grands du marché des véhicules lourds. L’usine de Eindhoven, occupe 6000 personnes et produit plus de 250 unités par jour.

Notre étape suivante est le Markiezenhof de Bergen op Zoom. Nous y apprenons que la pêche aux anchois est une spécialité de la ville. La famille Van Dort est la dernière à perpétuer la tradition de « weervisserij ». Des filets sont attachés à des poteaux en bois plantés en forme de V sur des bancs de sables. À la marée montante, les poissons sont aiguillés vers les pièges.


À l’étage supérieur du château on admire une amusante collection de maquettes de moulins forains en état de fonctionnement.

Rotterdam n’était pas sur la liste de notre circuit des musées, Bergen op Zoom non plus. La beauté de notre façon de voyager est qu’un lieu d’intérêt en révèle un autre. Aussi, non liés par des réservations d’hôtels, nous décidons spontanément du point de chute suivant. Après Bergen, ce sera Rotterdam et le Kunsthal qui offre une exposition intitulée Sculptures Hyperréalistes.
Les pionniers américains comme Duane Hanson et George Segal ont lancé un mouvement international qui comprend aujourd’hui des artistes comme Juan Muñoz (Espagne), Berlinde de Bruyckere (Belgique), et les Australiens Ron Mueck, Sam Jinks et Patricia Piccinini.

Le même musée expose des couvertures de polar dessinées par Dick Bruna.

On décide de rester un jour de plus à Rotterdam. Les bras tournants du « Vrijheid » (« la Liberté ») nous inspirent et Boijmans van Beuningen nous attire. Il s’ouvre à 11:00, alors préalablement, nous poussons la porte du Maritiem. Les musées de la marine figurent toujours en haut de nos agenda; Bremerhaven, Paris et Amsterdam sont des perles du genre. Celui-ci est très didactique, aussi, des hordes d’écoliers, questionnaires en main, galopent dans les couloirs en poussant des hurlements de joie.

À deux pas, le Boijmans offre une exposition centrée autour de la tour de Babel de Brueghel, un des plus beaux fleurons du musée. Il revient d’un voyage au Japon, Tokyo et Osaka. Il a séduit les visiteurs et plusieurs artistes s’en sont inspirés pour réaliser, entre autre, une maquette en Lego, une reconstruction précise en 3D et un film où les personnages du tableau sont en mouvement.

Notre prochaine étape nous conduit à La Haye, au musée Louwman, ce sera pour mon prochain billet.

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Gand 18-7 La Hollande, les Musées, Marjan et Carolein Smit

Je sais que c’est faux, et que le pays s’appelle Les Pays Bas, n’empêche que comme beaucoup de mes concitoyens, nous appelons nos voisins du nord, les Hollandais et leur pays la Hollande.
Sachez quand même, qu’entre 1806 et 1810, le territoire des Pays-Bas, satellite de l’Empire Français sous Napoléon 1er, fut appelé Royaume de Hollande.
Comme vous pouvez le voir sur la carte ci-dessus, la Hollande est constituée par deux provinces, dans lesquelles se trouve la capitale La Haye et Amsterdam.

Notre prochain voyage est essentiellement un rallye culturel. Nous avons acheté un guide intitulé Nederland, Museumland. Inventorié par province, le livre identifie plus de 1000 musées. Nous possédons une ‘Museumkaart’, c’est un laisser-passer annuel payé 60€, qui nous donne droit à l’accès gratuit dans plus de 450 musées des Pays Bas.

Pour préparer notre périple, on déplie une carte routière, le guide, deux feutres couleur et un carnet Moleskine. Deux heures de recherche et de décisions plus tard, notre carte routière est constellées de points oranges pour les musées et de points verts pour les endroits où passer la nuit.

Notre première halte sera pour nos amis Marjan et Will.
Marjan et Will habitent une ancienne ferme rénovée datant du 18ème siècle, située au nord de Eindhoven.

Marjan est une artiste graphique. Elle crée des objets en verre coulé, son mari Will l’aide dans la fabrication de ses œuvres.
Voir https://www.marjansmit.nl

Carolein Smit, la sœur de Marjan, est également une artiste pleine de talent. Ses confectionne des œuvres en céramique.
Voir http://www.caroleinsmit.com

Le 20 mars prochain, le Victoria and Albert museum à Londres lui consacre une exposition.
Voir https://www.vam.ac.uk/event/1Dx6RrEx/myth-and-mortality-the-fairy-tale-world-of-carolein-smit

Ci-dessous, ma série d’aquarelles intitulée, les Tours.

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Gand 18-6 Eric Antrop, horloger et Klokke Roelant

Eric Antrop est le seul horloger à Gand qui répare et entretient des horloges et des montres. Les pendules de grand-mère, les réveille-matin, les montres à gousset, les montres bracelet et occasionnellement les mécanismes des horloges des clochers d’églises ou de châteaux. À sa vitrine, une carte écrite à la main spécifie qu’il ne remplace pas les batteries des montres quartz.
Sa boutique est située Charles Andrieslaan, 3, près du stade nautique. C’est un vrai Gantois, volubile et plein d’anecdotes. À chacune de mes visites, je me fais un plaisir de bavarder avec lui en dialecte, chose qui malheureusement se perd avec les nouvelles générations.

Notre chauffage central comporte un système de régulation qui ouvre et ferme une vanne en fonction de la température extérieure. Ce mécanisme module la chaleur de l’eau qui circule dans les conduites du chauffage au sol et par conséquent le confort intérieur de la maison.
C’est un boîtier en plastic dur dans lequel une série de roues dentées transmettent la force d’un petit moteur électrique vers la vanne.
Il s’avère que les axes et les roues dentées de ce régulateur sont usés et que par conséquent, le système ne fonctionne plus. La firme qui a livré le mécanisme a informé notre chauffagiste que notre modèle de boîtier de régulation « n’existe plus » et que l’ensemble, conduit et support en bronze, pompe de circulation, vanne et régulateur, doit être remplacé.
Ça m’énerve et je pense à Eric Antrop. Vite fait, bien fait, je démonte le boîtier, je saute sur mon vélo et je porte les pièces détachées à l’horloger magicien. On bavarde un coup et il me certifie que la réparation est faisable.

En attendant, je règle manuellement la vanne trois voies.

Kris Martin, l’artiste qui a planté la silhouette en acier de l’encadrement de l’Agneau Mystique sur une plage à Ostende, en face de l’Hôtel des Thermes, a conçu une œuvre artistique intitulée « For Whom II ».
La célèbre Grande Triomphante, ancienne cloche du Beffroi de Gand, trône dans une niche en béton au coin de la façade arrière de l’église Saint-Nicolas.
Jusqu’au 6 mai 2018, la cloche sonne discrètement pour chaque citoyen de la ville. À chaque sonnerie, tout Gantois voit apparaître son nom en lettres digitales rouges sur le panneau placé au dessus de la cloche. Pour les citoyens qui préfèrent la discrétion, apparaît le libelle ´anonymous’.

Ci-dessous je vous livre la suite de mes oiseaux

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Gand 18-5 Carl De Keyser et la Corée du Nord

Le chat nous observe par la découpe de la fenêtre opaque d’une maison de la rue des Chardons.

On est dimanche matin, hier après-midi, le vent a tourné et le soleil a fait fondre la neige et le vent du sud a chassé le froid. Les rues sont sèches, nous allons voir l’exposition de photos de Carl De Keyser, « Korea Grand Tour », dans le hall de floralies, adjacent au SMAK.

Ce grand hall vide fait très « lost places ». Les photos de De Keyser sont placées sur des supports métalliques, perdus au centre du bâtiment. As-t-on recherché un endroit symbolique pour montrer des images d’un pays caché?


Le photographe a traversé la Corée du Nord de part et d’autre en trois séjours, totalisant six semaines sur place. Encadré par des guides, surveillé de près, il n’était bien évidemment, pas libre de prendre n’importe quoi.
À son retour, dans une interview au journal De Standard, il confia qu’il s’était souvent excusé, mais qu’entre temps, le cliché était pris.

Les images, couleurs, architecture, mobilier montre un pays sortit d’un catalogue des années 50.
Stérile, statique et peu crédible. Quelques exemples qui me sont restés à l’esprit.
Les habitants sont souriants. On voit des femmes, retraitées dit le commentaire, agitant en rue des drapeaux rouges pour encourager les travailleurs en route vers leur boulot. Des centaines de citoyens, agitant un large bouquet de fleurs rouges, le rire épanoui, dans l’exercice préparatoire à une manifestation officielle. Un orchestre installé devant un chantier de construction, encourageant les ouvriers sur les échafaudages. Le chant et la danse, présents partout. De l’école primaire, au rendez-vous des pensionnés. Au printemps, comme du temps de Mao, les habitants des villes sont invités à aider les paysans à planter les pousses dans les rizières. Les rues sont propres, l’architecture est neo-stalinienne. Pas de smart-phones mais des statues géantes des héros du peuple.

Voir le lien ci-dessous.
http://www.carldekeyzer.com/projects/d-p-r-korea/VU00FY8Q-d-p-r-korea-grand-tour

Après la Corée, je fais un rapide saut dans le Musée des Beaux-Arts (MSK), pour revoir quelques tableaux que j’aime, tel que les paysages de Valerius de Saedeleer, le « Port » de Victor Servranckx et un Brusselmans.

Ci-dessous, quelques aquarelles, « Les oiseaux »

 

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Paris 18-4 Pastels, Art Brut et Chinatown

À la librairie Opéra BD, 2 rue des Tournelles, j’achète Équatoria, le volume #14 des aventures de Corto Maltese, dessiné par Ruben Pellejero, scénario de Juan Díaz Canales. Les deux compères se sont mis dans la peau d’Hugo Pratt, à la fois pour l’histoire et pour le dessin. C’est leur deuxième volume, le premier, le #13, s’intitule « Sous le soleil de minuit ».
Hugo Pratt était un remarquable aquarelliste. Pour les amateurs, je vous signale qu’il existe un recueil de son travail: Hugo Pratt Périples imaginaires : Aquarelles : 1965-1995, ISBN 978 220 332 6132, Casterman 2005.

Jeudi matin, toujours avec des billets coupe-file, nous allons au Petit Palais voir l’Art du Pastel, de Degas à Redon.

Pour les amateurs de musées, je conseille la réservation des billets coupe-file. Choisissez le premier « bloc », généralement vers 10:00, dès l’ouverture donc, et vous pourrez vous promener dans les expositions sans être encombrés par la foule des autres visiteurs. J’entend, ceux des blocs suivants et ceux qui, sans réservation, ont patiemment attendu des heures avant de pouvoir pénétrer dans les salles bondées.

Le Petit Palais présente une sélection de 150 œuvres, réalisés au XIXe siècle, de l’impressionnisme au symbolisme. Berthe Morisot, Auguste Renoir, Paul Gauguin, Mary Cassatt, Edgar Degas et des artistes symbolistes comme Lucien Lévy-Dhurmer, Charles Léandre, Alphonse Osbert, Émile-René Ménard et Odilon Redon.

Le pastel est à la croisée du dessin et de la peinture. L’avantage est qu’une poignée de crayons et une feuille de papier suffisent pour réaliser un tableau. Pas besoin de pinceaux, tubes, palette, eau ou térébenthine.
L’inconvénient est que ça fait de la poussière, que les pigments sont sensibles à la lumière et ne peuvent donc être exposées de façon permanente. Aussi, à l’instar de l’aquarelle, l’erreur n’est pas corrigible.

Vendredi matin la ligne 5 nous conduit place d’Italie, nous allons faire quelques courses à Chinatown, chez Tang Frères. En rue, les dragons rouges se préparent à fêter l’année du chien.

Au passage, on s’arrête place Paul-Verlaine pour boire une gorgée d’eau au puits artésien.
C’est en 1863 que le Baron Haussmann en décide le forage. La source est la nappe aquifère de l’Albien qui s’étend sous le bassin parisien à environ 600 m sous la surface. L’eau sort à 28°C, elle est potable et légèrement sulfureuse. Les habitants de la Butte-aux-Cailles s’y approvisionnent. Voir plus sur Wiki.
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Puits_artésien_de_la_Butte-aux-Cailles

Vendredi après-midi nous poussons la porte de la maison de Victor Hugo, place des Vosges, pour voir une exposition intitulée « Aux Racines de l’Art Brut ». Le lieu est bien choisi lorsqu’on sait que son frère Eugène et sa fille Adèle souffraient de « folie ».

Au XIXe siècle quelques psychiatres encouragèrent leur patients à créer des œuvres d’art, c’est le début de « l’art-thérapie ». En 1945 Jean Dubuffet utilisa le terme Art Brut et aujourd’hui de nombreuses institutions psychiatriques ont des galeries ouvertes au public.

Le Crichton Royal Hospital de Dumfries en Écosse, fondé en 1838, fut une institution pionnière en matière d’art thérapie.
On peut admirer ici la collection du Dr. William Browne de cet hôpital, ainsi que la collection du Dr.Walter Morgenthaler conservée au Psychiatrie Muséum de Berne et la collection de Hans Prinzhorn de l’hôpital psychiatrique de l’université de Heidelberg.
Pour en savoir plus voir Wiki:
http://www.maisonsvictorhugo.paris.fr/fr/expositions/la-folie-en-tete

Nous aimons l’art brut et comme toujours on découvre des œuvres qui mériteraient d’être exposées dans des grands musées. Comme quoi, tout est une question de nom de marque.

Ci-dessous, trois aquarelles dont le thème est « Les Oiseaux et la Mer ».

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Paris 18-3 Corot, Custodia et Versailles

Vêtu d’un tablier bleu, l’homme nourrit les mouettes sur le pont d’Austerlitz. Il allonge des morceaux de viande sur le parapet en béton et les oiseaux voltigent autour de lui.

Nous passons une semaine à Paris. L’hôtel est situé à deux pas du port de l’Arsenal. On retrouve avec joie nos amis qui logent sur leurs bateaux.
La Seine est en crue, les portes de l’écluse # 9, celle sépare le bassin de la rivière, sont ouvertes, l’eau circule librement entre le canal Saint-Martin et la Seine.
Sur leurs bateaux, nos amis montent descendent avec le niveau du fleuve. Ce sont les habitations les mieux sécurisées en cas de crue.

Lundi midi, dès notre arrivée, on leur fait la bise et on achète en ligne, nos billets coupe-file du musée Marmottan. Mardi matin, à 10:00, on rejoint le premier groupe de la journée à l’entrée du musée pour aller admirer les œuvres moins connues de Jean-Baptiste Corot. L’artiste, célèbre pour ses paysages, a en effet réalisé un grand nombre de portraits de ses modèles.
L’exposition réunit des tableaux venus du monde entier, dont la célèbre « Dame en Bleu », qui elle, habite le Louvre.
En prime nous traversons la collection permanente du musée, avec entre autre, Berthe Morisot et Monet et un de mes tableaux favori, la Gare Saint-Lazare.

Mercredi après-midi nous allons voir un musée beaucoup moins connu des touristes et même des parisiens.
Située dans l’Hôtel Turgot, au 121 rue de Lille, dernière l’Assemblée Nationale, la Fondation Custodia fut crée en 1947 par le collectionneur Hollandais Fritz Lugt.
Le musée présente aujourd’hui trois expositions distinctes. Des portraits miniature sur médaillons, des tableaux de George Michel et des acquisition récentes, intitulées « Art sur Papier ».
Voir http://www.exponaute.com/magazine/2018/02/02/la-fondation-custodia-devoile-ses-oeuvres-secretes-et-miniatures/
et
https://www.fondationcustodia.fr/Georges-Michel

Les médaillons sont des aquarelles peintes sur un support en ivoire, d’un diamètre de 4 à 5 cm, époustouflant! J’en livre une sélection en plus de celles présentées dans l’article dont le lien est ci-dessus.

Je vous livrerai la suite de notre séjour parisien dans mon prochain billet.
Sachez que vortex polaire dégage le ciel parisien, il fait froid mais ensoleillé et jeudi nous en profitons pour faire une ballade dans le parc du château de Versailles. Les statues aussi ont froid, elles sont emballées.

Rappelez-vous que mon intention avec la reprise de la publication de mes billets, était et est toujours, de montrer mes aquarelles.
Voici une série intitulée « tempêtes en mer ».

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Tcha Limberger, violoniste manouche

Tcha Limberger est manouche. Aveugle et violoniste virtuose, c’est un cousin des Rosenberg avec lesquels il se produit régulièrement sur les scènes européennes.
Nous avons eu le plaisir de le voir pour une démonstration en solo dans la salle des turbines de la Centrale à Gand.
Plein d’humour, il nous explique que jusqu’à l’âge de 17 ans, comme la majorité des gitans, il jouait de la guitare. Pour changer, il se mit un jour au violon. Très vite, il se rendit compte que pour exceller, il fallait choisir et apprendre sérieusement à jouer l’instrument de son choix. Il joue et il chante, je n’ai jamais vu un violoniste chanter en jouant. En clôture de la soirée, il sortit sa guitare et nous régala avec une dernière chanson. Tcha est aussi virtuose avec la guitare qu’avec son archet.

Le concert fait partie du festival ‘Fidlers on the Move’. Comme introduction de la soirée, une vingtaines de musiciens qui viennent de terminer un workshop de trois jours nous font une démonstration de ce qu’ils ont appris. Perché sur le dos de sa mère, le bébé apprécie la démonstration.

Aquarelles:

Budapest et Gand sous la neige.

 

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La dalle en béton et Lucky

En début de semaine j’ai envoyé un mail à Filip Watteeuw, échevin des travaux publics et incontournable architecte du très controversé nouveau plan de circulation de Gand. Pour ceux l’ignorent encore, en deux mots, ce plan oblige les automobilistes à contourner le centre de la ville et leur interdit sa traversée.

La rue où nous habitons est en mauvais état, les plans de réaménagement sont sur la planche des architectes de la ville depuis une décade. Aux dernières nouvelles, les travaux débuteront en septembre 2019.
À chaque passage en voiture, même à faible allure, les dalles en béton du revêtement sautillent comme les grains de maïs dans une casserole de popcorn. La malchance veut que lundi dernier, je rentrais chez moi, une dalle bascula et au passage, endommagea le réservoir à carburant de mon véhicule ainsi que la pompe d’alimentation.
C’est la raison de mon écrit à l’échevin des travaux publics.
Il s’avère que la ville est assurée contre ce genre d’incident, le service concerné m’a fait parvenir un mode d’emploi et j’ai introduit une demande de dédommagement, conformément aux instructions.
Cela n’a rien à voir avec l’aquarelle mais j’avais envie de raconter mon histoire.

Revenons à la peinture.
Dans les années 80, je rêvais déjà de faire de l’aquarelle. Aussi, plein d’enthousiasme, je construisis une boîte en bois que je meublai de 32 godets de pigments qui me paraissaient indispensables à ma nouvelle activité.
Ensuite, comme je l’ai indiqué dans mon billet précédent, je m’inscrivis à l’académie pour apprendre la peinture à l’huile.

Le 10 octobre 2015, j’ai sorti ma boîte à aquarelles du rangement où elle m’attendait.
Je peins des séries autour d’un thème. Je les publierai au fur et à mesure dans mes prochains billets.

Avant de clôturer ce billet, un film.
Le 15 septembre 2017, Harry Dean Stanton meurt à l’âge de 91 ans. Il vient de terminer le tournage du film ‘Lucky’ dans lequel il interprète le rôle d’un homme du même âge.
L’action se déroule dans une petite ville du désert de l’Arizona, entourée de cactus Seguaro.
Il ne s’y passe pas grand-chose, la poignée d’habitants vaquent à leurs occupations selon une routine bien établie. Aussi Lucky, en bonne forme malgré sa consommation journalière d’un paquet de cigarettes.
Je n’en dit pas plus, allez le voir, vous en sortirez le cœur chaud, réconciliés avec l’Amérique et ses habitants.

Ci-dessous, quelques paysages de montagne en Suisse.

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L’aquarelle et le réveil des Billets du Chat Lune 18-1

Cécile affirme qu’il faut dix ans pour devenir un bon aquarelliste. J’ai devant moi huit ans d’apprentissage.
Cécile est une aquarelliste confirmée à qui je confiais en octobre 2015 ma volonté de me remettre à la peinture et plus en particulier à l’aquarelle.

J’ai toujours griffonné, dessiné et même peint à l’huile. Dans les années 80 j’ai pendant deux ans, suivi des cours du dimanche à l’académie et j’ai produit une vingtaine de toiles représentant des moulins à vent. Vingt ans plus tard, lors d’un de nos nombreux déménagements, les vingt toiles sont parties au recyclage local et j’imagine qu’elles ont essentiellement servi de canevas à des artistes à la recherche d’un support bon marché.

En octobre 2015, au retour de notre croisière avec le Chat Lune, je feuilletais mes cartes de route que j’ai illustré avec quelques dessins relevés à l’aquarelle. En regardant d’un œil critique les résultats, l’idée m’est venue de perfectionner ma technique.
Au départ, je souhaitais réussir mes nuages.
J’ai sorti de ma bibliothèque le manuel de Rolland Hilder, intitulé ‘Painting Landscapes in Watercolour’.
Pour apprendre à peindre des nuages, l’artiste conseille de faire une aquarelle par jour. Je le pris au mot et du 10 octobre 2015 au 10 octobre 2016, j’ai consciencieusement produit ma peinture journalière.
En route j’utilise un carnet Moleskine Aquarelle, papier 200 gr. dimension DIN A5, soit 148×210 mm.
À terre, ma table à dessin offre plus de place que la table du bateau et j’utilise des carnets d’aquarelle, papier 300 gr. dimension DIN A3, soit 210×297 mm.
Exceptionnellement, j’en ai fait une dizaine, j’ai peint sur des feuilles de dimension DIN A3, soit 297×420 mm.

Le 10 octobre 2016, mon pari était gagné. Au passage, j’ai réveillé le virus de la peinture, il dormait au fond de moi.
Au fil des pages colorées, je me suis rendu compte de la justesse de la remarque de Cécile.
Chaque tableau me confronte à la complexité de la technique. Contrairement à la peinture à l’huile ou à l’acrylique, où un mauvais trait de pinceau se corrige par un autre coup de pinceau, l’aquarelle ne pardonne pas l’erreur.

J’ai dans mes carnets et dans mes boîtes, 560 aquarelles et je continue à en produire cinq à sept par semaine. C’est en forgeant qu’on devient forgeron.
Il faut des années pour maitriser la technique, j’ai l’intention d’y arriver.

Retour à mon blog.
Mes lecteurs ont constaté que j’ai abandonné il y a quelques mois la publication régulière de mes billets, sur le chemin de notre retour de notre voyage à Amsterdam, en novembre 2017.

Reprendre le fil de mon écriture me paraissait insurmontable et ma peinture m’absorbait plus que la description de nos pérégrinations.

Aujourd’hui je me suis dit que pour réveiller mon blog, je pourrais concentrer mes billets sur mon travail artistique.
À l’occasion, je joindrai à mes publications l’une ou l’autre description de nos voyages futur avec le Chat Lune.

La série qui suit est intitulée, les industries le long du Bas-Rhin.




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Carnet de Route 17-14 Adèle Blanc-Sec, la bataille de Chatham et Matthijs Maris

Samedi soir, le 4 novembre 2017, j’ouvre la première page du premier tome des Aventures Extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec, Adèle et la Bête. L’encadré se lit: ‘Le 4 novembre 1911…´.
J’adore les coïncidences et c’est avec plaisir que je relis les tribulation de l’héroïne de Jacques Tardi. L’auteur plante le décor de ses histoires dans le Paris que nous connaissons bien, le Jardin des Plantes, les Tuileries, Denfert-Rochereau, les Catacombes.

Les deux dernières grandes guerres sont un fil rouge au travers de l’œuvre de Tardi.
J’y songe régulièrement et autour du 11 novembre, Marleen et moi, portons la petite broche symbolisant un pavot rouge. Les chiffres des pertes humaines sont au delà de ce que nous pouvons imaginer. À quelques millions près, ce sont des estimations, la première totalise 20 millions de morts, moitié civils et moitié militaires et la deuxième, 75 millions, un tiers militaires et deux tiers civils. Leur mémoire mérite un pavot.

Nous passons une semaine à Amsterdam.
Dans le carnet rouge Moleskine qui me tient de livre à tout inscrire, j’ai une liste d’une page de choses à faire et à voir. En haut figure le Rijksmuseum et le Stedelijk Museum. Notre longue expérience de visiteurs de musées nous a appris qu’après deux heures d’exploration, on ne voit plus rien. Une pause café permet de relancer la machine mais il vaut mieux déclarer forfait et revenir le lendemain, l’esprit frais et éventuellement changer de musée l’après-midi.
Notre ‘Museumkaart’ nous garantit l’entrée gratuite dans plus de 400 musées en Hollande, dont le Rijksmuseum à Amsterdam. Aussi, nous y allons pendant trois matinées consécutives.

Pendant la deuxième guerre qui opposa l’Angleterre aux Pays-Bas, Johan de Witt, chef politique des Provinces Réunies, commissionna l’amiral Michiel de Ruyter d’exécuter un audacieux plan d’attaque. Le but était d’anéantir la flotte ennemie qui était ancrée à Chatham, à l’intérieur du pays, sur la rivière Medway. En juin 1667, à la tête d’une centaine de bateaux, ce dernier détruisit le fort de Sheerness qui défendait l’embouchure du fleuve, brisa la chaîne qui entravait la route vers l’endroit d’amarrage et mis à feu la flotte anglaise. Comble d’humiliation, de Ruyter captura et ramena aux Pays-Bas, le navire amiral Royal Charles, le plus puissant de la flotte anglaise. Il fut amarré à Hellevoetsluis où il trôna symboliquement pendant sept ans avant d’être mis à la casse, les Hollandais le trouvaient trop grand pour leur usage.
Le 31 juillet 1667 à Breda, un traité de paix fut signé entre les deux pays.

C’est dans la salle 2.18 du Rijksmuseum que nous découvrons la commémoration du 350e anniversaire de cette bataille. Dans la salle 2.15, celle adjacente à la Galerie d’Honneur, sont également exposés, dans la collection permanente, quatre tableaux qui retracent l’épopée de la flotte de Michiel de Ruyter. Le médaillon de la poupe du Royal Charles est accroché au dessus du passage qui relie les deux salles.

Plus loin, nous écoutons avec attention les explications données par leur professeur à une classe de jeunes ados qui admirent ´La Ronde de Nuit’ de Rembrandt. Le tableau est mis en évidence au fond de la Galerie d’Honneur du musée. Comme nous, regardez attentivement et vous verrez au centre du tableau, au niveau de leur tête, entre Frans Banning Cocq, en noir, et Willem van Ruytenburch, son lieutenant, en blanc, une main qui dévie le canon d’un fusil, comme pour éviter que le tir ne percute l’autre personnage en noir, figurant à l’extreme droite du tableau.

Dans l’aile dite Philips, une exposition temporaire nous fait découvrir Matthijs Maris, un peintre Hollandais de la fin du 19e, début 20e siècle. Comme beaucoup de ses contemporains il voyagea en Europe et vécu à Paris et à Londres.

En 1869 Maris achète un paravent à quatre panneaux dans une brocante Parisienne. Il remplace les panneaux en bois par de la toile et peint sur chaque élément une nymphe dansante. Plus tard à Londres, le galeriste Cottier pour lequel il travaille, vend chaque tableau séparément.
En 1914, le collectionneur Canadien William van Horne achète et réunit les quatre panneaux pour en refaire le paravent, exposé aujourd’hui au Rijksmuseum d’Amsterdam.

Dans mon prochain billet je vous raconterai la suite de notre séjour à Amsterdam, le Stedelijk Museum, l’Art Brut à l’Hermitage et les Hollandais à Paris, l’exposition temporaire au Musée Van Gogh.

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Carnet de Route 17-13 Verden, Mūnster, Eindhoven, Gand

Il était une fois un sacristain de la cathédrale de Verden qui après avoir détourné l’argent de la quête de la maison de Dieu, l’avait ignoblement gaspillé. Lorsqu’il dût rendre des comptes à l’évêque, il jura par le diable qu’il n’avait jamais agi de la sorte. C’est alors qu’un rugissement puis un ricanement, par trois fois, s’élevèrent dans la nef. Le Mal en personne apparut, saisit le sacristain par la peau du cou et s’enfuit avec lui. Mais sa proie resta coincée dans le mur et fut transformée en pierre.
Dans l’arrière-cour du préau de la cathédrale de Verden, on peut voir en hauteur, dans le mur, figé pour toujours, le sacristain horrifié.

Ce dimanche, le 15 octobre 2017, en visitant la cathédrale, on découvre que le ‘Vokalensemble der Kantorei Bethel’ de Bielefeld y donne un concert intitulé ´Geistliche Abendmusik’. Marleen s’installe sur une des chaises disponibles dans la nef, je continue ma promenade d’exploration de la ville.

La ville de Verden est située sur le tracé de notre route du retour et nous sommes intrigués par le ´Deutsches Pferdemuseum’. La cité porte le surnom de Reiterstadt, la ville du cavalier.
À partir des années 30 elle fut le centre de nombreuses manifestions chevalines internationales et nationales, s’en suivit l’élevage de races de grande qualité, le tout lui conférèrent son nom. Le musée est installé dans une ancienne caserne. On peut y suivre l’histoire du cheval, de l’Eohippus, de la taille d’un chien, qui vivaient dans les forêts européennes il y a 50 millions d’années, aux pur-sang actuels en passant par les Przewalski, chevaux historiques mongols.
Le sport n’est pas oublié ni la collection d’accessoires anciens et modernes.
Le guide m’explique que le musée est en évolution permanente et que bientôt une section sera consacrée au polo.

Après la visite nous flânons dans les rues piétonnières de l’ancienne ville et c’est ainsi que nous poussons la porte de la cathédrale dont question ci-avant.

Il y a quelques semaines au musée Gaia à Randers nous avons découvert l’existence d’un autre musée d’Art Brut, situé au sud de Münster. La Kunsthaus Kannen est attaché à la clinique psychiatrique Alexianer et ses ateliers font partie intégrante de la thérapeutique.

D’un pas, nous allons de Verden à Münster.

Dans la boutique du musée nous achetons le livre publié par la European Outside Art Association. Sous forme de carnet de notes il met en carte 64 musées dans 24 pays, galeries, ateliers, associations dédiés à cette forme artistique. Notre liste des choses à voir s’allonge.

En faisant le tour de la galerie Kannen, on se fait la réflexion que la différence entre les œuvres qualifiées ´Art Brut’ et celles libellées ´Art Moderne’ est dans la définition et le prix demandé plutôt que dans la valeur artistique. J’aimerais assister à un débat à ce sujet entre psychiatres et galeristes. Je me demande aussi ce que notre cousin Jan Hoet en pense, du fond de sa tombe.

Notre voyage automnal se termine à Eindhoven chez nos amis Marjan et Will. J’ai déjà eu l’occasion d’expliquer que Marjan est une graphiste qui depuis quelques années, réalise également des œuvres en verre. Voir son site https://www.marjansmit.nl/
Nous passons chez eux deux jours de joie, de bonne humeur et de plaisir culturel.
Que penser d’une fin de journée, un 19 octobre, assis à l’extérieur en T-shirt, autour d’un feu de bois, un verre de champagne à la main?

Le vendredi accompagnons nos hôtes au vernissage de l’exposition ´Glas 4 Ever’ au musée Gorcums à Goringhem.

Samedi midi, après deux heures de route, heureux et la tête pleine de belles choses, nous poussons la porte de notre logis.

Notre sang nomade ne ment pas, la suite est programmée, dans peu de temps nous reprendrons la route et je publierai mon billet hebdomadaire.

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