Carnet de Route 17/12 Koldinghus,Trapholt,Louisiana,Johannes Larsen,Møn

Je présente l’écran de mon iPhone à la jeune fille au guichet d’entrée du ferry, elle tend un pistolet lecteur de code-barres, l’imprimante crépite, elle me présente mon billet d’accès et me précise de prendre l’allée numéro 9. Avec un grand sourire commercial mais gentil, elle nous souhaite une bonne traversée.
La veille au soir, à Klintholm, le petit port au sud de l’île de Møn, à l’aide de mon iPad, j’avais réservé et payé les 115 € que coûte la traversée en bateau du Danemark vers l’Allemagne, de Rødby à Putgarden. Je reste émerveillé par les facilités offertes par la technologie moderne.

J’écris ce billet de Travermünde, où nous passons notre première nuit en Allemagne depuis que nous avons quitté ce pays pour le Danemark, le 21septembre dernier. Nous allions du sud vers le nord, maintenant on fait l’inverse.

Travemünde est le port de Lübeck, l’embouchure de la rivière Trave, d’où le nom. Port de pêche et port industriel, c’est aussi un point de chute touristique. Blankenberge sur la Baltique. Le long de la promenade qui s’étend du port de pêche à la plage, les boutiques de nippes se succèdent aux restaurants à poissons et saucisses, entrecoupés de pâtisseries où nous dégustons un café et un morceau de ‘Mohn Kuchen’.

J’inverse la chronologie de mon récit de voyage.
Hier nous étions sur l’île de Møn, rien à voir avec la pâtisserie de Travemünde. La côte est, face à la Suède, est faite de falaises de craie blanche, similaires à celles de Douvres. Hautes de plus de cent mètres, elles plongent verticalement dans une mer bleue et verte d’un plus bel effet, comme vous pouvez le constater sur les photos ci-jointes.

Pour y accéder, nous avons traversé Seeland, la plus grande île du pays, où ce trouve Copenhagen.
On laisse de côté la capitale pour aller visiter le musée d’art moderne Louisiana localisé à Humlebæk, 40 kilomètres au nord du centre de Copenhagen.
En relisant ces lignes, j’ai l’impression de rédiger un manuel de géographie destiné à une école primaire, soit.

La brochure dit:
Le Musée d’Art Moderne Louisiana est un des musées internationaux dédiés à l’art moderne et contemporain les plus importants d’Europe. Situé à Humlebæk sur le côtes du Nord de Sjaelland et surplombant la mer, il représente un mélange équilibré et élégant entre le paysage, l’architecture et l’art, qui attire les visiteurs du monde entier.

Aujourd’hui il offre trois expositions. Les états d’âme de Marina Abramović, je n’aime pas Marina Abramović, Marleen est plus nuancée. L’art doit toucher émotionnellement et être un peu dérangeant. Chez Abramović, le deuxième critère prime.
Plus loin, on traverse neuf installations réalisées par 9 jeunes artistes. Ils illustrent l’incursion des technologies virtuelles dans leur vie. Aucun des deux critères cités plus haut n’est d’application.
Enfin, les portraits photographiques de Rineke Dijkstra. Remarquables.

Le musée lui-même vaut le déplacement. Les constructions nouvelles, en verre, bois et béton, ont été crées autour de la villa, l’origine de la propriété. La maison est située au centre, et l’ensemble des salles d’exposition forment autour d’elle, un grand ovale sur plusieurs niveaux.

Le parc comporte des sculptures, Marx Ernst, Miro, Henri Moore, mais également de nombreux et très beaux arbres centenaires. La vue sur le Øresund est imprenable.
Nous sommes heureux d’avoir fait le voyage.

Louisiana était, avec la visite surprise chez ma sœur, le deuxième but de notre voyage au Danemark. On a débordé un peu.

Avant Louisiana, nous avons fait un détour par Kerteminde, au nord-est de Fyn, l’île située entre la Seeland et le Jutland. C’était pour voir le musée de Johannes Larson localisé dans la propriété où le peintre a vécu et travaillé. Tout est resté dans son jus, l’habitation, le jardin surplombant la mer, le moulin et son atelier. Marleen suggère au conservateur de mettre dans l’atelier un bocal rempli de térébenthine pour conférer par l’odeur, une touche réaliste au local.

Une des salles d’exposition est consacrée à la tapisserie de Ladby.
En 2011, des (hommes) bénévoles du musée Viking de Kerteminde, ont entrepris la reconstruction d’un drakkar, le bateau de Ladby. Inspirée par la tapisserie de Bayeux, une bénévole (femme) eut l’idée de confectionner une tapisserie qui retrace l’histoire de ce navire. L’œuvre de 7 m de long, un dixième de la dimension de celle de Bayeux, vient d’être terminée en juillet 2017. Elle est exposée ici et quelques unes des brodeuses sont sur place pour répondre aux questions des visiteurs intéressés.

Je continue ma remontée dans le temps. Samedi dernier, nous étions au musée ethnologique de Moesgaard, souvenez-vous.

Dimanche, on s’est arrêté à Kolding pour voir le château Koldinghus.
Construit en 1268 pour protéger les Danois de leurs voisins de Schleswig, il devint par la suite, le château privilégié de nombreux rois Danois.
Pendant les guerres napoléoniennes, il servit de garnison aux troupes du général Jean-Baptiste Bernadotte. En 1808, un violent incendie le mis en ruine. Il s’avère que des frileux soldats espagnols, cantonnés en hiver dans ce lieu, utilisèrent les feux ouverts avec trop d’enthousiasme. Il fut partiellement reconstruit en 1890 et devint un musée. Dans les années 70 du siècle dernier, une restauration intelligente lui donna l’aspect que nous découvrons aujourd’hui. Les architectes ont préservé autant que possible ce qui restait des bâtiments originaux en y ajoutant des éléments modernes, essentiellement des structures apparentes en acier et en bois laminé.

Toujours à Kolding, en hauteur, surplombant le fjord le musée Trapholt, Art Moderne et Design présente une exposition intitulé ‘Eat Me’. Au sous-sol, le musée présente sa collection permanente, essentiellement des chaises et des meubles iconiques datant des années 60 à aujourd’hui. Sur des écrans ordinateurs placés ci et là, les visiteurs sont invités à constituer un intérieur virtuel de leur choix en utilisant les objets exposés. Le résultat de leur création peut être admiré sur grand écran à la sortie. Les plus belles réalisations sont reconstituées et exposées avec les pièces réelles.

J’écris ce billet de Verden en Allemagne. La petite ville de Basse Saxonie porte le nom de ‘Reiterstadt’.
Ce sera pour la semaine prochaine.

Publié dans Art, Art Contemporain, Exposition, Fort, Musées, Peinture | Tagué , , , , , , | Laisser un commentaire

Carnet de Route 17-11 Randers, Aarhus, Moesgaard, Horsens

Randers est situé à une quarantaine de kilomètres à l’intérieur des terres, au bout d’un long fjord qui débouche sur le Kattegat, à l’est du Jutland.

Lundi matin, nous avons quitté ma sœur, mon beau-frère et Silkeborg. Nous remontons vers le nord, intrigués par le musée Gaia, dont le titre est ‘Outsider Art’. Peu après la fin de la deuxième guerre mondiale, le peintre français Jean Dubuffet utilisa le mot Art Brut pour désigner les œuvres créés par des artistes non-professionnels et non formés aux techniques de l’art traditionnel.
Parmi eux, on distingue souvent des prisonniers incarcérés, des fous, des aliénés mentaux et physiques.
Le musée de l’hôpital psychiatrique Ghislain à Gand et le LAM, le musée d’art moderne de Lille en ont une belle collection d’Art Brut.
Pour plus de détails voir le lien suivant: http://www.hommes-et-faits.com/Dial/spip.php?article102

L’institut Gaia de Randers possède non seulement un musée, mais on y trouve également des ateliers actifs où des personnes handicapées viennent créer des objets d’art de toutes sortes. Ouverts au public, on nous encourage à nous promener entre les postes de travail des artistes à l’œuvre. La cafétéria offre un plat du jour, ce sera notre repas du midi.

Au centre de la vielle ville, la Sparekassen Kronjylland possède une collection de 3500 tirelires de toutes provenances, les plus anciennes ayant quelques siècles d’âge. Les cochons traditionnels côtoient les têtes de nègre de la période coloniale, des animaux les plus divers, des coffrets métalliques ainsi que des conteneurs issus de l’imagination débridées de leur créateurs.

De 12:00 à 16:00 le Håndværksmuseet ouvre ses portes et nous propose de visiter des ateliers d’artisans qui pour la plus part ont disparus à l’heure actuelle. Forgerons d’art, tonneliers, gantiers, fabricants de cordes en chanvre, de brosses à main, de chaussures, une cinquantaine de métiers sont représentés. À l’entrée, la liste des ateliers figure sur un panneau métallique, une pastille rouge aimantée signalé la présence d’un artisan. Ces derniers qui ont tous l’âge de leur profession, nous accueillent avec enthousiasme pour nous dévoiler leurs secrets de fabrication.

Enfin, nous visitons le Kunstmuseum où une exposition temporaire est en préparation. Aimable et serviable comme tous les Danois, le guide à l’entrée nous invite malgré tout à traverser les salles où le personnel cloue, scié, colle et dispose les objets de la future exposition. Un des employés nous aide à franchir quelques caisses, nous donne un mot d’explication et s’éclipse en s’excusant qu’il a encore beaucoup à faire, le vernissage est pour samedi prochain. Nous parcourons les salles terminées et ensuite à l’étage nous découvrons essentiellement les tableaux de peintres Danois du 18ème siècle à maintenant.

De Randers nous allons à Aarhus. Notre point de chute est le traditionnel port de plaisance situé dans une des darses qui s’ouvre sur la baie.
En route vers la ville, on s’informe auprès d’un conducteur de bus pour connaître les horaires. L’homme, d’origine indienne, s’esclaffe et nous demande avec son inimitable accent anglais: ‘Vous savez marchez? Le centre est à un quart d’heure, ne prenez pas le bus, vous allez épargner 2 fois 20 couronnes’. On le remercie et en effet, moins de 3 km, soit une bonne demi-heure plus tard, nous pénétrons dans le Kunstmuseum AROS de Aarhus.
Le 8e étage est dédié à la collection permanente du musée. Eckersberg et son école et Martinus Christian Rørbye, Vilhelm Hammershøi, Peder Knudsen, Johannes Larsen, Krøyer, Anker et les autres de l’école de Skagen. On commence à se souvenir des noms et à repérer les artistes que nous aimons.

En toiture une terrasse circulaire offre une vue sur la ville derrière des vitres teintées dans toutes les couleurs de l’arc en ciel. On reconnaît au loin le port avec ses grues, il est rouge et orange.

Place du Dôme, le musée de la femme présente une exposition dédiée à l’iconoclastie. Pourquoi au fil des siècles, certaines images furent et le sont encore, illégales, détruites, frappée de tabou, à cause de leur teneur religieuse, politique, sexuelle ou ethnique.

Jeudi, par un temps radieux, sur le chemin qui nous mène à Horsens, nous passons presque la journée entière dans et autour du musée Moesgaard. Situé en pleine nature, à 8 km au sud d’Aarhus, c’est le plus beau musée d’anthropologie que nous ayons jamais vu. Avec cette phrase, tout est dit, sauf peut-être, ´allez le voir’. Intégré dans la colline boisée du château adjacent, on est d’abord frappé par sa beauté architecturale pour ensuite être envoûté par la richesse du contenu et par la présentation. De l’âge de la pierre au moyen âge, en passant par les incontournables Vikings, c’est une promenade magique de 12.500 av. J.-C. à 1536 ap. J.-C.

L’exposition temporaire, ´The Life of the Dead’ illustre l’attitude des peuples à l’égard de la mort.

À Horsens, en fin de journée, toujours sous un ciel radieux, on oublie les musées et on se contente de se promener sur les pontons des bateaux de plaisance.

Dimanche nous avons l’intention de visiter le château de Kolding, le ´Koldinghus’.
Suite dans mon prochain billet.

 

 

Publié dans Art, Art Brut, Art Contemporain, Danemark, Exploration, Exposition, La mort, Musées, Peinture | Tagué , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Carnet de Route 17/10 Ringkøbing, Videbæk, Herning, Silkeborg

À gauche de la route 181, c’est la mer du Nord, à droite le fjord de Ringkøbing. La ville du même nom est située au nord-est de ce lac intérieur. Nous passons la nuit amarrés sur une digue qui sépare le fjord du port de plaisance.
Il s’avère que les villes portuaires du Danemark ont installé des aires de camping sur les quais qui font face au port. On y trouve un bloc sanitaire et des connections électriques. De quoi nous satisfaire car en plus d’avoir un emplacement situé pas trop loin du centre des villes, la vue de l’eau et des bateaux nous rend heureux.
Le musée local de Ringkøbing est consacré à la deuxième guerre mondiale et en particulier aux avions allemands abattus, on passe.

À Videbæk, la ville suivante, le Vestjyllands Kunstpavillon est dédié à Arne Haugen Sørensen, son épouse et ses deux filles, peintures et sculptures. Le pavillon a été réalisé par Henning Larson, architecte Danois. Il est également l’auteur de l’opéra de Copenhagen. Voir les photos ci-dessous.

Plus loin, nous faisons halte pour la nuit à Herning et le lendemain on consacre une partie de la journée au Birk Centerpark. On y trouve dans une succession de bâtiments blancs, des écoles d’art, un centre de design, une usine de chemises, un parc avec des statues, une coupole noire surmontée de 4 cheminées et deux musée.

Le Carl-Henning Pedersen et Else Alsfelt, un couple de peintres qui font partie du groupe Cobra. Une majestueuse frise circulaire en céramique fait partie de l’architecture du musée. L’exposition est une rencontre entre les œuvres de Pedersen et les sculptures du prince consort Henri du Danemark.

De l’autre côté de la rue se trouve le musée d’art contemporain HEART. On aime les objets de Ingvar Cronhammar.

Dans une salle adjacente Mathias & Mathias offrent une caricature de ce que l’art contemporain présente souvent, aux spectateurs d’y appliquer le label ‘Art’. Entre autre ici, des bouteilles d’eau minérale en plastique, partiellement emballées.

Mercredi après-midi, nous débarquons à l’improviste chez Jacqueline et Jørgen, ma sœur et mon beau-frère Danois. Ils habitent depuis de nombreuses années en pleine nature, au milieu de forêts boisées, à quelques kilomètres à l’est de Silkeborg.
Jørgen s’est pris d’une passion pour les champignons des bois. Lors de sa promenade journalière avec son berger allemand Raksha, il a repéré à quatre endroits différents des chanterelles sinueuses et des chanterelles jaunissantes. Un matin, il m’emmène à la cueillette. Une heure et demie plus tard, nous rentrons avec près d’un kilo et demi de champignons frais. Au passage, Jørgen a ramassé quelques beau cèpes qui feront un excellent potage.
Il nous faut presqu’autant de temps pour les nettoyer, un à un, en observant que nous avons ramassé le produit comestible. Les chanterelles sont assez faciles à identifier car les lamelles du chapeau sont arrondies comme vous pouvez le voir sur les photos ci-jointes.
La cuisson est simple. Dans un large poêlon, Jørgen fait revenir un oignon et de l’ail dans un morceau de beurre. Une fois glacés, il les met de côté. Ensuite les chanterelles sont réduites dans le même poêlon également avec du beurre. Avant de les consommer, il rajoute le mélange oignon-ail et de la crème pour lier l’ensemble.
C’est excellent avec du poulet ou de la viande de porc rôtie.

Vendredi on passe une plaisante soirée en famille au bowling de Silkeborg. Pour fêter les seize ans de Katrine, la petite-fille de ma sœur, on joue aux boules et ensuite on partage un repas au Grill, le restaurant de l’endroit.

Samedi, sous un crachin tenace, on se rend à Silkeborg Bad. L‘ancienne station station balnéaire est devenue un musée d‘art moderne et le parc se dit de concurrencer le parc des statues de Lousiana. Ce dernier se trouve sur notre futur parcours.

Dimanche matin, par un temps radieux, Peter, le fils de Jacqueline et son épouse nous emmènent faire un tour des lacs de Silkeborg sur leur voilier, un LM 28.

Nous avons passé un excellent séjour chez ma sœur et mon beau-frère mais la route nous appelle et lundi dans la matinée, on lèvera l’ancre, si j’ose dire.

 

Publié dans Art, Art Brut, Art Contemporain, Exploration, Exposition, Flâneries, Musées, Navigation, Peinture | Tagué , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Carnet de Route 17/9 – Cloppenburg, Tönning, Tønder,Ribe

À Tönning, lors d’une longue et haute crue de la rivière Eider, les habitants de la ville s’étaient réfugiés autour de l’église Saint-Laurent, le point le plus haut de la ville. Leurs prières n’avaient pas eu beaucoup d’effets sur la montée des eaux, jusqu’au moment où ils virent passer, flottant sur les vagues, un tonneau vide sur lequel un cygne blanc s’était perché.
L’inondation s’arrêta et les villageois adoptèrent comme enseigne pour leur cité, un tonneau coiffé d’un cygne blanc.

Un instant en arrière.

De Hattem nous sommes allés à Cloppenburg pour nous promener dans le Museumdorf. Sur un terrain boisé, la ville a reconstruit une cinquantaine de fermes et annexes datant du 15e au 19e siècle. On peut y admirer les résidences luxueuses des riches propriétaires terriens ainsi que les simples masures des serfs. Les constructions sont similaires, mais les dimensions varient de 1 à 10. Une structure à colombage et brique rouge, couverte d’un toit en chaume, abrite à la fois une grange, des écuries et des quartiers habitation. Ces derniers sont séparés par un mur contre lequel, dans la partie grange, un seul feu ouvert sans cheminée élève la température intérieure de 8°C par rapport à l’extérieur. L’absence de cheminée permet de fumer les jambons et saucissons qui pendent aux poutres de la toiture, au dessus du feu.
On est loin des atriums en mosaïque avec chauffage au sol des villas romaines, un millénaire plus tôt.

Le matin au lever, j’interpelle une dame qui, la laisse de son chien à la main gauche, se penche sous les chênes du parking pour y ramasser quelque chose de l’autre main. Je cueille des cèpes, m’explique-t-elle, mais il faut que je vienne tôt, je ne suis pas la seule. En effet, un peu plus loin, une autre femme, la laisse de son chien à la main gauche, fouille également le sol autour du tronc des arbres.

De Cloppenburg nous remontons vers le nord-est de l’Allemagne pour aller dans la Lüneburger Heide avec l’espoir de voir les champs d’Erica en fleur. Au cœur de la région, Undeloh est un petit village où les hôtels et les restaurants offrent en plus du logis et des repas, des balades dans la bruyère, en char à banc tractés par deux chevaux.
Nous y allons à pied, parce que nous aimons marcher.

La saison touristique est terminée et la floraison touche à sa fin. Nos balades nous font découvrir un paysage vallonné. Les fleurs pourpres couvrent les parties hautes et moins protégées. Les marcheurs sont rares, le troisième âge se laisse véhiculer, une couverture sur les genoux.

Le lendemain, à Hambourg, nous franchissons le tunnel sous l’Elbe sans rencontrer le moindre embouteillage et en début d’après-midi nous nous arrêtons à Tönning. La ville est située sur la rivière Eider; l’architecture est danoise. Ce n’est pas surprenant lorsqu’on sait que dans le passé, la frontière a yo-yo-té au fil des guerres qui opposa les deux pays.

Il y a deux ans, amarrés avec le Chat Lune à Menin, un groupe de gitans de passage nous salua de ces mots: ´bonsoir les gens du voyage´ Nous primes cela comme un grand compliment.

Aujourd’hui, le Chat Lune au repos, nous avons pris la route. Notre temps n’est pas compté et lorsqu’un endroit nous plaît, nous y restons. Aussi, à peine passés la frontière danoise, nous faisons halte à Tønder, et après une tour en ville nous passons la nuit à Møgeltøder, 4 km plus loin, près du château de Schackenborg, l’ancienne la résidence du prince Joachim du Danemark et de son épouse française, Marie Cavalier. En 2014 le prince abandonna le métier de ‘gentlemen farmer’, vendit le domaine et alla avec sa famille, s’installer à Copenhagen.
Les habitants de Møgeltøner déplorent cette décision, c’est mauvais pour le tourisme.

Le lendemain, on laisse de côté les îles de Rømø et Mandø, pour aller se garer à Ribe.

C.W. Eckersberg (1783-1853), En russisk flaade til ankers paa Helsingoers red, 1826

À l’étage, la photographe Janne Klerksdorp nous ravit avec ses clichés des côtes danoises.

Notre prochain musée est le ‘Art Museum’ de Esbjerg. La précédente exposition temporaire est terminée et la prochaine est en préparation, aussi, le ticket d’entrée pour les œuvres permanentes est à moitié prix, heureusement. On les découvre dans 39 casiers montés sur rails que nous ouvrons systématiquement, les uns après les autres, dans l’espoir d’être agréablement surpris.
Marleen commente: ´keep them there’.

Nous passons la nuit sur le quai d’une des darses du port. L’activité des bateaux de pêche nous berce. Avant de poursuivre notre chemin vers le nord, le lendemain matin, le lundi 25 septembre 2017, nous achetons du poisson dans la boutique du fumoir.

Publié dans Art, Danemark, Exploration, Exposition, Flâneries, Peinture | Tagué , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Carnet de Terre 17/8 – Nouveau départ

Le Chat Lune repose sur ses béquilles d’hiver dans un des halls de Carron Marine à Zelzate. Avant de partir, nous sommes allés le saluer et nous en avons profité pour récupérer 4 tablettes de chocolat noir qui étaient restés dans un des coffres à nourriture.
J’ai croisé Brian, l’homme à qui je confie le nettoyage et le polissage extérieur du bateau. J’aime entendre les commentaires admiratifs des gens que nous croisons, lorsqu’ils nous demandent si le Chat Lune est un bateau neuf.
Dietrich, le technicien du chantier à préparé le bateau pour l’hiver, c’est à dire qu’il a procédé à la vidange des circuits d’eau et au remplissage des conduites par du glycol. Il attend encore les filtres qu’il a commandé pour terminer l’entretien technique. Ainsi, au printemps prochain, après la mise à l’eau, nous pourrons appareiller d’un tour de clé.

Mercredi dernier, nous avons quitté Gand pour aller à Eindhoven, chez nos amis Marjan et Will, des sympathiques Hollandais dont nous avons fait la connaissance, il y a quelques années sur la Marne, en voyage vers Toul, avec leur vedette Hollandaise Gertruida, bien évidemment.

De mère en fille, Marjan est artiste, tout comme sa sœur. Au printemps dernier nous avons assisté au vernissage des animaux en céramique de Carolein, à la Galerie Michèle Hayem, 5 rue de Baune, Paris 7.
Si cela vous intéresse, cliquez sur les liens suivants:
https://www.marjansmit.nl et http://www.caroleinsmit.com

Marjan et Will habitent une ferme rénovée qui date de 1720 (!). Elle est située au milieu d’un grand jardin, au nord de la ville de Eindhoven.
Leur hospitalité égale leur culture et leur joie de vivre. Nous avons séjourné chez eux 3 nuits et 4 jours, partageant les repas et la bonne humeur.
Bien évidement, Eindhoven possède quelques musées dont le Van Abbe et le musée Philips, la ville est le berceau de cette société.

Chiharu Shiota tisse une trame avec des fils en laine rouge pour former un ensemble qui remplit une salle.

Hier, samedi matin, nous avons repris la route pour aller voir le MORE, un musée ‘d’art réaliste moderne’. Le mot ne nous était pas familier, ni les peintres d’ailleurs, sauf Co Westerik, à qui nous avons acheté une aquarelle il y a une quarantaine d’années.
Comme le nom l’indique, les œuvres sont réalistes, voir hyper-réalistes. Beaucoup de portraits et de nombreuses natures mortes. Ces dernières d’une excellente qualité technique mais elles nous paraissent plus stériles que celles des peintres des siècles passés. Un étage entier est consacré à Herman Gordijn, lequel est connu (mais pas par nous, qui l’avons de découvert hier) pour ses portraits d’hommes et femmes célèbres, tel que la reine Béatrix de Hollande.

Nos amis Will et Marjan qui nous ont recommandé MORE nous ont également conseillé de passer la nuit à Hattem.
C’est une ancienne ville Hansa. Elle est dans son jus mais bien restaurée, avec une tour sur la porte de la ville, des douves dans lesquels les habitants cultivent des radis et autres légumes et un inévitable moulin à vent.

Le musée local, et oui, encore un, expose des œuvres du père et du fils Voerman, célèbres pour leurs paysages et aussi pour les chromos que le fils réalisa pour la firme Verkade, le fabriquant de biscuits et chocolats dont l’usine se trouve à Zaandam, au nord d’Amsterdam.
Sous les mêmes toits, se trouve exposition temporaire d’une poignée d’artistes locaux sur le thème du Ijssel, le fleuve qui arrose la ville.

À côté, un deuxième musée est entièrement consacré à Anton Pieck. L’illustrateur est renommé entre autre, pour avoir en 1952, dessiné les éléments d’agencement, de décoration, d’architecture et les personnages du parc d’attraction de Efteling. C’est la fin de notre semaine artistique.

Aujourd’hui, dimanche, on se promène, on mange et on fait une sieste. À l’instant où j’écris ces mots, il pleut et nous attendons l’éclaircie pour aller faire un tour en ville.

J’oubliais de préciser que nous nous trouvons au cœur de la ‘Bible Belt’ et qu’ici le dimanche, à part la messe, il ne se passe rien.

 

 

Publié dans Art Contemporain, Exploration, Exposition, Flâneries, Les Amis, Musées, Peinture | Tagué , , , , , , , | 2 commentaires

Carnet de Bord 17/7 – De Emmerich à Zelzate

Quelque part, quelque chose…

Nous sommes arrivés à Terneuzen dimanche midi. La traversée de la Westerschelde est une traversée de rêve, ciel bleu, pas de vent, les seules vagues sont celles des cargos que nous croisons.


L’ecluse de Terneuzen est toujours très fréquentée, nous prenons la bassinée avec 5 grandes péniches de 110 m x11,4 m. Cela se déroule sans problèmes, les mariniers se comportent professionnellement et l’éclusier gère les manœuvres de main de maître, avec la radio et les haut-parleurs.

Dimanche dernier nous étions encore sur le Rhin et mon billet précédent commence par une description de notre amarrage à Terheijden.
Vous avez remarqué que je ne décris pas nécessairement notre voyage chronologiquement. En plus de cela, j’omets de étapes. C’est pour cette raison que j’ai rajouté en tête de page, les mots: ‘Quelque part, quelque chose’, comme Black et Toby l’ont remarqué et souligné.

Notre dernier amarrage en Allemagne était à Emmerich.
Le port s’appelle le ‘Stadthafen’, (port de la ville). La municipalité y a installé un ponton flottant métallique équipé de deux bornes électriques. C’est nickel à l’allemande et c’est gratuit. Il y a place pour deux bateaux de plaisance de 10 m.
La darse est un ‘Ruhehafen’, un ‘Port de repos’ pour les bateaux de commerce. En fin de journée elle se remplit de vaisseaux de 110m x 11,45 m, la taille standard des péniches du Rhin. Le port est prévu pour 8 bateaux, samedi soir, nous en comptons 14!
Le matin à 5 heures, tout ce petit monde se met en route, frôle le Chat Lune à petite vitesse, on est bercé, ça nous réveille à peine.
Dimanche matin nous visitons le musée de la marine et lundi nous franchissons la frontière entre l’Allemagne et les Pays-Bas. Le Rhin se sépare en deux, la branche ouest devient le Waal, nous amarrons le Chat Lune à Nijmegen.

Je consulte les marées sur la Westeschelde ainsi que les prévisions du temps.
La marée sera haute à 07:21 à Hansweert, l’écluse qui s’ouvre sur l’Escaut, le dimanche 27 août 2017. Il doit faire beau, on fixe notre itinéraire en conséquence.

Trois kilomètres en aval de Nijmegen, rive gauche, nous passons l’écluse pour rejoindre le canal Maas-Waal.
Quelle différence que de se retrouver sur un canal sans courant et sans vagues. Même sur la Meuse que nous rejoignions plus loin, nous avons l’impression de voguer sur un lac par temps calme. Le paysage se déroule lentement, de temps à autre on croise et on se fait trémater par une péniche. Ici et là une marina, un moulin à vent, une ferme. Comme sortis par enchantement, apparaissent de nombreux bateaux de plaisance. C’était l’exception sur le Rhin.

Après Terheijden, on s’arrête dans le port interieur de la ville de Heusden. La pittoresques darse moyenâgeuse fut comblée en 1904. Pour notre bonheur et celui des autres plaisanciers, dans les années 70, un élan de rénovation balaya la ville et le port fut remis dans l’état original qu’il avait lors de sa réalisation en 1580.

L’eau de la darse bouge lorsqu’un bateau de commerce passe sur la Meuse. Je lève la tête et sur la fenêtre, j’aperçois le reflet la lune entre les bras du moulin et le portique du pont levis. Le croissant monte et descend, au gré des vagues. À terre, ça va me manquer.

Le lendemain, sur le Mark, la rivière qui traverse Breda et qui change de nom pour devenir le Dintel avant de se jeter dans le Volkerak, nous amarrons notre bateau à un des nombreux emplacements sauvages prévus pour nous. Deux poteaux et quelques mètres de planches font office d’amarrage pour l’après-midi et la nuit. Dans l’absence de bateaux, les canards en prennent possession. Entourés de champs, nous sommes seuls au cœur de la Hollande. Au loin, on aperçoit le toit d’une ferme. Pas d’autre bruit que le chant des oiseaux. Ni train, ni voitures, ni avions, ni festival. Quel bonheur.

Samedi, le 28 août, notre avant-dernière halte est le Port Béatrix de Yrseke.
Pour les huîtres, il fait encore trop chaud et par principe je refuse de payer 25€ pour un plat de moules que l’on achète pour 3€ le kilo dans n’importe quel supermarché. Le plat prolétaire de nos grand-parents est devenu une denrée de luxe. On se contente de croquettes aux crevettes.

Dimanche matin, nous passons l’écluse de Hansweert à 09:30. Comme prévu, la marée sur l’Escaut est portante et elle nous propulse en moins d’une heure et demie aux portes de l’Oostersluis de Terneuzen.

Une dernière nuitée dans le port de Terneuzen, côté terre. Le lendemain, le plein de carburant chez Zeeland Bunkering, quinze kilomètres de navigation sur le canal de Gand-Terneuzen et à midi, lundi le 29 août 2017, nous amarrons notre bateau au port de plaisance de Zelzate. Le capitaine du port nous a réservé un emplacement au bas de l’escalier qui mène à la rue, de façon à pouvoir transférer facilement nos bagages du bateau à la voiture. Merci Freddy.

Ainsi se termine la saison de navigation 2017.

Mon prochain billet sera intitulé ‘Carnet de Terre’. Je vous laisse la surprise.

Publié dans Aquarelle, Linssen Dutch Sturdy 320, Navigation | Tagué , , , , , , , | 2 commentaires

Carnet de Bord 17/16 – le Rhin, Loreley, Terheijden

Quelque part, quelque chose…

La différence entre une ville et un village n’est pas liée au nombres d’habitants mais au fait que dans le deuxième cas, les personnes que l’on croise en rue vous disent gentiment bonjour.
Terheijden est un village, il est situé en Brabant du Nord, le long de la rivière Mark et nous y faisons une halte après avoir parcouru 35 km sur la Meuse en venant de Heusden.
Le capitaine du port s’appelle Toon. Haut comme trois pommes, sec comme une trique, la barbe grise, la casquette de marin sur le crâne, l’homme est jovial, très bavard, une source d’information sur le village, le port, sa famille et ses vacances. Son prochain projet est d’aller à Berlin avec son jeune frère. Il a quinze ans de moins que moi, nous confie-t-il, c’est vraiment mon jeune frère.
Amarré dans le fond de la darse, un ponton flottant motorisé sert de ferry pour les enfants du village dont l’école se trouve de l’autre côté de la rivière. Le pilote de l’engin nous explique qu’il est opéré par des volontaires. Les horaires coïncident avec les horaires de l’école, bien évidemment.


L’autre particularité de Terheijden est son moulin à vent. Construit en 1742, le ‘Molen van Arend’, a été bien entretenu et rénové régulièrement. Il appartient aujourd’hui à la commune et il est opéré par des meuniers professionnels. Les différentes farines sont vendues aux boulangers de la région qui les utilisent pour cuire leurs pains quotidiens. Haut de 20 m, les deux bras en croix opèrent un cercle de 25 m de diamètre. Nous admirons l’impressionnante machine qui tourne sans faire de bruit. Le vent est assez fort pour le faire fonctionner sans que les voiles rouges ne soient déployées. À l’interieur du magasin situé au niveau du sol, on perçoit, venant des étages supérieurs, un léger grondement, le ronronnement d’une grande bête heureuse.
Ça sent bon la farine fraîchement moulue.

Il y a une dizaine de jours, le 13 août dernier, toujours sur le Rhin, nous avons quitté Bingen pour nous engager dans la vallée du Loreley. À cet endroit, le fleuve serpente entre les collines rocheuses et le passage est réputé difficile et dangereux. On imagine en effet que par le passé, il n’était pas évident de le franchir avec des embarcations non motorisées.
Aujourd’hui, avec un bateau en bon état de marche, cette navigation demande de l’attention à cause de la violence du courant et la présence des autres. Le Rhin est une ‘bateau-strade’ comme le fait remarquer Marleen. On croise en permanence des barges et des bateaux hôtels de 110 m de long sur 11,40 m de large, parfois des pousseurs qui font 2×11,40 de large et 220m de long.
Cela demande une attention permanente, une bonne connaissance de son bateau et une bonne pratique de la navigation. Chez nous, ces critères sont remplis et nous prenons un grand plaisir à parcourir les trente kilomètres qui nous séparent de St.Goar.


En plus de cela, c’est très beau. Nous avons de la chance avec le temps, c’est mieux qu’un ciel tout bleu, le soleil fait cache-cache avec des cumulus blancs, très photogénique.
De chaque côté du fleuve, sur les hautes collines rocheuses, l’homme a construit des châteaux forts. Les uns sont en ruine, très romantiques, les autres sont devenus des hôtels. Certains combinent les deux fonctions.

Le Rhin prend sa source dans le canton des Grisons en Suisse, ensuite il traverse le lac de Constance et la Suisse d’est en ouest. À Schaffausen il chute de 23 m, les Rheinfall, pour quitter le pays à Bâle. Pendant 300 kilomètres, jusque Bingen, il s’appelle le Oberrhein et dans la partie sud de ce trajet, il sert de frontière avec l’Alsace. De Bingen à Bonn, il devient le Mittelrhein. C’est dans cette partie qu’il traverse, rive gauche les montagnes du Eifel et rive droite le Taunus, c’est le ‘Rheinromantik’ avec la vallée du Loreley.
De Bonn à la mer du nord, il devient le Niederrhein. Un peu avant Nijmegen, il quitte l’Allemagne, se sépare en deux, il devient le Waal au sud et le Lek au nord.

Très schématiquement, de sa source à Koblenz, la ville située au milieu de la section ‘Mittelrhein’, on l’aime pour la beauté de la nature qu’il traverse et qu’il contribue à former. De Koblenz à la mer, nous l’aimons pour ses industries. Le Chat Lune aime les usines. Celles qui sont abandonnées pour leur côté ‘Lost Places’ et celles qui fonctionnent, pour la puissance et les fumées qu’elles dégagent.
Tout au long, de ville en ville, de château en château, nous l’aimons pour son histoire.

L’année dernière, après avoir descendu la Moselle jusque Koblenz, nous avons pris le Rhin à cet endroit. J’ai publié des billets relatifs à nos visites des villes explorées, Koblenz, Bonn, Köln, Düsseldorf, Duisburg et Nijmegen. Si vous êtes intéressés, les articles sont accessibles sur mon blog.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Une dernière chose avant de rejoindre la Meuse.
Comme tout un chacun sait, le niveau des fleuves et des rivières varie selon les saisons et selon les pluies. Succinctement, lorsque qu’il y’a trop peu d’eau, les bateaux risquent de s’ensabler ou de percuter des rochers. En cas de crue, les courants sont trop violents et la navigation est interrompue.
Pour informer les navigateurs, les pays utilisent des systèmes qui ne sont pas les mêmes d’un pays à l’autre.
En Allemagne, le niveau des eaux est signalé par le ‘Pegel’. Exprimé en centimètres, c’est la hauteur de l’eau à un endroit précis, à partir duquel les bateliers peuvent déduire la profondeur de la voie d’eau qui les intéresse. Le ‘Pegel’ n’est pas le fond du cours d’eau, mais un plan fictif correspondant au niveau de l’eau le plus bas jamais enregistré à l’endroit de mesure.
Si vous naviguez en Allemagne consultez le site ELWIS (Elektronischer Wasserstraßen-Informationsservice. https://www.elwis.de/Aktuelles/index.html

Mon prochain billet sera le dernier de notre navigation cette année-ci. Je le publierai la semaine prochaine.

Publié dans Aquarelle, Exploration, Linssen Dutch Sturdy 320, Navigation, Sites Oubliés | Un commentaire

Carnet de Bord 17/15 Mainz, Rüdesheim et Bingen

Quelque part, quelque chose…

En 55 avant JC, Jules César franchit une première fois le Rhin à Urmitz, une ville située rive gauche, au nord de Koblenz. Pour se faire, ses légionnaires construisent, en 10 jours, un pont en bois.
Cesar franchit le fleuve avec ses troupes, brule quelques villages et retourne rive gauche en démolissant le pont derrière lui.
Le bois me fait penser au chaises Thonet. Leur inventeur, Michael Thonet, voit le jour à Boppard, en 1796, un peu moins de 2000 ans après la présence de Jules Cesar dans le coin. La ville est également située rive gauche du Rhin, à une trentaine de kilomètres au sud de Urmitz. En 1830 Thonet invente et commercialise les meubles que nous connaissons, en bois courbé.
La prochaine fois que vous jouerez à la devinette, demandez à vos amis ce que Jules Cesar et Michael Thonet ont en commun.

Je reviens en arrière, nous sommes toujours sur le Rhin.

Mardi matin, le 8 août 2017, après 2 heures de navigation, 30 km en aval de Oppenheim, à du 15km/h de moyenne, j’adore répéter cela, nous amarrons le Chat Lune dans le Winterhafen de Mainz.
Sachez que dans cette ville, les plaques indicatives des rues, rouges avec des lettres blanches, mènent au Rhin et les rues à plaques bleues et lettres blanches sont parallèles au fleuve.
Cette information paraît aussi triviale que le pont de Cesar et les chaises Thonet, sauf pour les explorateurs urbains pédestres.

Nous faisons à Mainz notre traditionnel parcours fléché des 29 ‘Sehenswürdigkeiten’, choses dignes d’intérêt. Les Alliés ont démoli une bonne partie de la ville en 1945 mais depuis lors, elle a été reconstruite et remise à neuf.
Ancienne importante cité romaine, les vestiges sont partout présents et ils sont mis en valeur, depuis que les archéologues veillent à ce que les promoteurs ne les recouvrent de béton.
Trop tard, la gare Mainz-sud a été construite sur une partie du théâtre romain. Les gradins en demi-cercle font face aux structures en verre et acier de la ‘Bahnhof Römisches Theater’; le nom a été gardé.

Lors de la construction de l’annexe de l’hotel Hilton, les restes de sept anciens bateaux romains furent découvert. Ils furent préservés, analysés et l’on reconstruisit deux maquettes grandeur nature. À voir dans le ‘Altes Schiff Museum’.

En matière d’églises, nous poussons la porte de l’incontournable Dom. Grand, chargé et très sombre, l’interieur me donnerait le cafard, si j’y restait plus longtemps que le temps nécessaire pour le traverser.
Par contre les vitraux de Chagall dans la Sint-Stéphan Kirche valent le détour.
Les deux plus belles églises ne figurent pas sur le parcours du syndicat d’initiative. Si vous n’avez pas beaucoup de temps et si vous aimez le baroque, allez voir Saint-Ignace et Saint-Agustin et oubliez le Dom.

Nous mangeons un lunch au restaurant Pomp, à deux pas du Landesmuseum,. C’est un endroit ‘cult’, on y mange bien mais l’interieur Art Deco avec un plafond assez bas est très bruyant.
Je le recommande néanmoins car cinq belles jeunes filles en pantalon noir et T-shirt moulé blanc assurent un service impeccable. Un plaisir pour les sens qui agrémente la qualité du repas.
Mes yeux oscillent entre mon assiette et la double porte battante de la cuisine qui me fait face.
Le ballet des Sylphides, commente Marleen.

Au Landesmuseum nous aimons les ‘Polospieler’ de Max Lieberman, quelques œuvres de Max Slevogt et de Hans Purrmann.

Je me n’étais jamais posé la question mais dans la salle consacrées aux polychromes du moyen âge, je découvre que les sculpteurs utilisaient un tour en bois pour buriner leurs figures. À posteriori, comme toujours, cela paraît évident.

À Rüdesheim, la ville située rive droite, à quelques heures en aval de Mainz, nous avons rendez-vous avec Peter, un ancien collègue de travail et sa compagne Nina.
La ville marque le départ de la vallée du Loreley. C’est un de ces endroits à fuir, à moins d’aimer les boutiques à souvenirs fabriqués en Asie et les cafétérias style ‘petite rue des bouchers’ à Bruxelles.
Nous prenons ensemble le lunch dans un restaurant implanté le long du Rhin. La terrasse est séparée de la rivière par une route très fréquentée et par une ligne de chemin de fer tout aussi active.
Cela nous permet d’interrompre notre conversation et de manger à l’aise, à chaque passage d’une rame de cent wagons de marchandises.

Lors de notre amarrage à Rüdesheim, vendredi matin, le capitaine du port nous avertit que le lendemain, samedi soir, la fête annuelle du port de plaisance allait être bruyante et se prolonger tard dans la nuit. Aussi, le lendemain, samedi matin, nous quittons le port et nous traversons la rivière pour nous amarrer à Bingen, le village rive gauche, en aval de Rüdesheim.
Le nom de l’endroit est inscrit sur la carte grâce à Hildegarde von Bingen, bénédictine mystique, compositrice, elle a composé plus de soixante-dix chants liturgiques, femme de lettres et sainte de l’Église catholique.
Hildegarde est également une guérisseuse renommée de l’époque. Sa médecine combine des éléments d’auteurs connus et des ressources locales de médecine populaire. Elle a une grande connaissance de la pharmacopée et elle rédigé trois ouvrages médicaux.
Tout le village respire la sainte, le point d’information, la crypte de la basilique Saint-Martin, les jardins de Hildegarde et plus encore. Marleen visite le Museum am Strom qui lui est dédié.

La météo annonce de belles éclaircies pour lundi. Nuages et ciel bleu, un temps idéal pour franchir le Loreley.

Ce sera mon prochain billet.

 

 

 

Publié dans Art, église, Chattier naval, Exploration, Exposition, Flâneries, Linssen Dutch Sturdy 320, Musées, Navigation, Peinture, Rhin, Théâtre, Uncategorized | Tagué , , , , , , , , , | 5 commentaires

Carnet de Bord 17/14 Speyer, Worms, Oppenheim

Les ports sur le Rhin sont généralement situés dans des anciens bras du fleuve. Ils sont gérés par les clubs qui occupent les pontons. Les bateaux de passage sont priés de remplir une fiche de présence, de la mettre dans une enveloppe avec les frais correspondants au nuitées et ensuite dans la boîte aux lettres adéquate. Le Chat Lune bat le pavillon français, et il est enregistré à Auxerre. Nous sommes bourguignons. Parfois pour changer, nous sommes parisiens et j’inscris l’adresse du port de l’Arsenal. Il nous arrive même d’être belges, selon la fantaisie du moment.

La première ville que nous abordons sur le Rhin après Strasbourg est Speyer. Dans la crypte de la Cathédrale Impériale, l’église romane en brique rouge que l’on aperçoit à des kilomètres avant d’atteindre le port, on peut voir les tombes de 6 empereurs, de Conrad II à Henri V et de 3 rois, de Rodolphe I à Adolphe de Nassau. Une partie de l’histoire de l’Europe qui m’échappe.
Il est vrai qu’à l’école on nous a appris que les fils de Charlemagnes s’étaient battus pour s’arracher des parcelles de leur héritage et que l’empire Germanique était puissant. Pour raconter toute l’histoire, le temps manquait.
Il faut descendre le Rhin pour s’instruire.

Les Romains s’établissent à Speyer en 10 av.J.C. Cela fait de cette ville une des plus anciennes d’Allemagne. En français elle garde son nom Spire. Devenue Cité Impériale Libre en 1294, elle est renommée pour sa Cathédrale Romane, son importante communauté juive, le siège de la Cour de Justice Impériale et avènement du protestantisme.
Worms et Luther sont à quarante kilomètres en aval sur le fleuve.

Nous découvrons à Spire le musée du peintre Hans Purrmann et de son épouse Mathilde Vollmoeller. Comme tous les artistes de l’époque, ils ont vécu à Paris où ils fréquentèrent Matisse et les autres. En Allemagne, ils sont contemporains de Max Liebermann, Max Slevogt et Paula Modersohn-Becker. On aime beaucoup le portrait que Purrmann a fait de sa fille Christine.

Également à Speyer se trouve le ‘Technik Museum’.
Autos, bateaux, avions, sous-marins, navettes spatiales, et la plus impressionnante collection de voitures de pompiers que nous ayons jamais vu.

Pour plus de détails cliquez sur le lien suivant: https://speyer.technik-museum.de/fr/

À deux pas du musée technique, le Musée Willemsbau renferme une collection unique d’instruments de musique mécanique, ainsi que des articles de mode et des poupées.
La collection d’instruments de musique est largement supérieure à ce qu’on peut voir à Utrecht et à Paris. Ne ratez pas l’introduction faite deux fois par jour par une guide enthousiaste et compétente.

Speyer mérite une halte prolongée et le restaurant Méditerraneo dans la Wormser Straße, vend les meilleures glaces de la ville.

Worms est la deuxième ville de notre parcours du Rhin. C’est la ville d’un Dom, de Luther et des Nibelungen.


On peut y admirer la deuxième des trois plus belles Cathédrales Romanes en brique rouge de la région. La troisième de la série est à Mainz. Une statue et des références à Luther, quelques restants de ramparts, la Saga de Siegfried et ci et là un dragon coloré.
La Nibelungenturm est une majestueuse porte en brique rouge qui enjambe l’entrée du pont sur le Rhin. C’est le seul pont routier entre Mannheim au sud et Mainz au Nord.
Grandeur et décadence, de porte de garde de la ville, la tour héberge à l’heure actuelle le local des scouts de Worms.

Après Worms, nous faisons halte à Oppenheim. C’est un important centre vinicole, en touristes disciplinés, nous parcourons les collines en suivant la promenade fléchée des vignobles. Pour nous récompenser des efforts, nous dégustons un café glacé sur la place du marché. Au passage, on ne manque pas de jeter un coup d’oeil dans la cathédrale en brique rouge, pas une des trois nommées ci-avant, mais belle quand même.

Sur le trottoir, un peu plus bas que le Ice-Café, je repère 2 ‘Stolpersteine’. Ludwig Löb et Rosalie Löb. L’homme est né en 1921 et le femme en 1886. À la lecture des plaques on interprète que Ludwig a pu fuir en Angleterre en 1939 et que sa mère a été déportée et assassinée au camp de Piaski en 1942. S’arrêter et lire les Stolpersteine est pour nous une façon de payer respect aux victimes du National Socialisme.

Pour en savoir plus sur les Stolpersteine, lisez mon billet du 14 juin 2012 ou ouvrez Wikipedia.

Mon prochain écrit sera intitulé Mainz, Rüdesheim et Bingen.

Publié dans Art, église, Exploration, Exposition, Flâneries, Musées, Navigation | Tagué , , , , , , , , | 6 commentaires

Carnet de Bord 17/13 Le Rhin

Bien évidemment, le Nivernais est un beau canal, on aime ses écluses manuelles ses vignobles, les cerises en juin et les noix en septembre.
La Seine est majestueuse, Paris beigne à ses pieds et quand le fleuve est en crue, comme c’était le cas en mai 2016, le port de l’Arsenal l’est aussi.
L’escalier de 27 écluses du canal des Ardennes est amusant ainsi que le plan incliné d’Arsviller sur le Marne-Rhin, le plan incliné de Ronquières et l’ascenseur de Strepy.
Le canal des Vosges et ses forêts de pins nous a charmé.
Nous aimons l’Yonne où l’on a souvent l’impression de naviguer en Amazonie, seuls sur la rivière, les berges fermées de chaque côté par un mur de haute verdure, l’Oise présente les mêmes caractéristiques.
L’Elbe dont le lit serpente des croix grecques rive gauche aux croix romaines rive droite, ou l’inverse, je ne me souviens plus, nous a procuré beaucoup de plaisir de navigation.
Le Mittellandkanal qui traverse l’Allemagne d’ouest en est, 400 km sans écluses, presqu’en ligne droite, n’est pas ennuyeux, quoi qu’on en dise.
Le delta de Zélande, les écluses Krammer et Volkerak, franchir l’Escaut de Hansweert à Terneuzen nous ravissent à chaque passage. Nos traversées de l’IJsselmeer et du Sneekermeer par gros temps, nous rappelaient nos années de mer à la voile.
Je cite cela de mémoire, je m’arrête ici et j’en passe et des meilleures, comme le veut l’expression.

Le Rhin a quelques atouts en plus, sa majesté, sa puissance naturelle, son intérêt économique et son histoire.
Le parcourir se fait avec respect, demande de la préparation et de l’attention. Le fleuve tolère votre présence.
La prudence s’impose, trop d’eau, le courant devient très violent, trop peu d’eau, les rochers des épis vous guettent.
Le fleuve est l’artère maîtresse du réseau européen de transport fluvial, et par conséquent, sur le Rhin on n’est pas seuls.
La majorité des barges font 110m de long sur 11,50m de large et déplacent 2800 T.
Le Chat Lune fait 10m sur 3,65m et déplace 10T. Autant dire que nous veillons à ne pas nous trouver dans la trajectoire d’un de ces vaisseaux. Ils sont équipés de moteurs correspondants à leur gabarit et leur vitesse sur l’eau dépasse largement la nôtre. Le Chat Lune n’a pas de rétroviseurs et Marleen et moi passons autant de temps à regarder devant que derrière nous, car on se fait trémater en permanence.

 

Et puis il y a l’histoire. On a retrouvé tout au long des vestiges vieux de 6000 ans mais ce sont les Romains qui ont utilisé le Rhin comme frontière naturelle pour se protéger des barbares. Pour ce faire, ils ont construit, du nord au sud, les places fortes qui sont devenues les villes que nous rencontrons sur notre parcours.
Le fleuve continue à servir de frontière et il sépare, de Huningue, un peu au nord de Bâle, à Lauterburg, sur une distance de 184 km, la France de l’Allemagne. Plus précisément, l’Alsace de l’Allemagne.

Nous quittons Strasbourg dimanche, le 29 juillet pour nous amarrer en face, à Kehl, sur le Rhin, question de nous reposer un peu après le marathon culturel et touristique.

Lundi matin, le 31 juillet nous amorçons notre descente du fleuve. Deux écluses nous attendent avant d’aborder le ‘Rhin Sauvage’, c’est-à-dire le fleuve ouvert, qui coule sans obstacles jusqu’à la mer du Nord pendant 700 km, de Iffezheim, la dernière écluse jusque Rotterdam.

Nous avons décidé de faire une halte à Neuburg-am-Rhein, un village situé à l’embouchure de la rivière Lauter.

L’entrée du port est marqué par deux balises écartées de 40 m. Il est 13:45, nous venons de parcourir plus de 62 km et franchir deux écluses en 4h30.
Le Rhin à cet endroit n’est pas très large et le courant portant est de 10km/h, mon GPS m’indique que nous filons à 19 km/h au sol.
La rivière est turbulente, nous devons corriger en permanence la barre pour filer en ligne droite.
Le ciel est noir, nous venons d’être rattrapé par un violent orage, il pleut des cordes et la visibilité est limitée à voir la prochaine bouée rouge lorsqu’on passe la précédente, autrement dit on n’y voit pas grand-chose.
Derrière nous une péniche s’apprête à nous trémater et devant nous, je distingue à 200m, un large pousseur qui remonte le fleuve.
Je passe l’entrée du port et j’ai le temps d’opérer un 180°, la manœuvre est appelée ‘queue de poisson’. Cela consiste à mettre la barre à gauche toute et les gaz à fond. Le bateau pirouette, tourne sur lui-même et repart dans la direction opposée.
Du coup, notre vitesse chute de 19 km/ à 3km/h, on remonte le courant jusqu’au niveau de la balise du port amont. À ce point, je lance la barre à droite et à nouveau, les gaz à fond, Le Chat Lune franchit l’entrée du port, quelques seconde plus tard nous naviguons en eau calme et comme par enchantement, la pluie s’arrête. On amarre le bateau à un ponton libre.
Tout s’est fait dans le calme, en plein contrôle de la manœuvre, Marleen et moi arborons le grand sourire du travail bien fait.

Nous passons la nuit à Neuburg, le lendemain nous allons à Speyer, la première ville que nous abordons sur le Rhin après Strasbourg et Kehl.

Ce sera pour mon prochain billet.

Publié dans Linssen Dutch Sturdy 320, Navigation | Tagué , , , , , , | Laisser un commentaire

Carnet de Bord 17/12 – Strasbourg

Le Rhin.
Depuis hier matin, samedi le 29 juillet 2017, nous sommes sur le Rhin.
Le mot est magique, le fleuve également. J’en parlerai dans mon prochain billet.

Nous avons passé une semaine à Strasbourg, chez Koejac, le port de plaisance le plus accessible pour visiter la ville. Pas de sanitaires, mais de l’eau, de l’électricité, du WiFi et une pompe à gasoil à quai.

Le réseau de transport public très efficace. Nous aimons les trams, ils sont grands, spacieux et fréquents. Le C nous conduit soit au pont Gallia, à 200 m de la Cathédrale soit à l’Homme de Fer, à deux pas de la place Kléber.
L’usage des trams est simple, d’autres villes devraient s’en inspirer.
Les tickets et les abonnements s’achètent dans les automates qui se trouvent à chaque arrêt, nulle part d’autre et pas chez le conducteur de la rame.
La validation préalable et obligatoire s’opère sur le quai avant de pénétrer dans le tram.
Il n’y a pas de machines à valider à l’interieur des wagons.
Pas de boutons de demande d’arrêt, les rames font halte à toutes les stations. Elles sont harmonieusement espacées, à bonne distance les unes des autres, quelqu’un a réfléchit à la chose.

Les Brompton, les meilleurs vélos pliables au monde, restent à bord, ils servent uniquement pour aller de Niderviller à Sarrebourg, pas pour circuler à Strasbourg.
Marleen et moi aimons marcher, on peut causer et on voit plein de choses.
On ne vit pas dans le même monde que les cyclistes et les automobilistes. La signalisation routière est faite à leur intention. L’indication ‘Carrefour à 5 minutes’, signifie que le supermarché est à 5 km plus loin, soit à une bonne heure de marche. En ville, le panneau libellé ‘Cathédrale à gauche’, vous conduit à faire le tour du périphérique, alors que la flèche de l’église s’élève au dessus des toits des maisons, cent mètres plus loin.
L’application de mon iPhone enregistre que nous faisons entre 15.000 et pour 18.000 pas chaque jour, entre 9 et 11km.

Strasbourg est une belle ville, riche et propre, chargée d’histoire et forcément touristique.
À l’arrivée, Guy Jacob, le patron de Koejac, nous fait l’article, ce qu’il faut voir, où trouver l’avitaillement, la meilleure boulangerie et la brasserie qui sert de la bière du tonneau à la cruche. Il nous fournit les plans et les dépliants, de quoi organiser notre séjour. Nous payons la semaine, ce qui nous donne 20% de réduction sur le tarif journalier.

Notre préférée est l’église protestante Saint-Pierre-le-Jeune. Dans son jus, les murs sont couverts de fresques colorées, la nef comporte un jubé Technicolor. Un tableau indique qu’elle est en voie d’être restaurée, c’est presque dommage.

La Cathédrale est belle de l’extérieur. Notre musée préféré est le musée de l’Oeuvre Notre Dame, situé en face et dédiée à la Cathédrale. On peut entre-autre y voir nombre de statues originales, fatiguées par les intempéries et enlevées des façades de l’immeuble. Elles y ont été remplacées par des copies conformes. Par curiosité, après la visite nous faisons le tour de l’église pour repérer celles que nous avons vues de près dans le musée.

La guide à l’entrée du musée, nous recommande de revenir à 14:00 pour voir un spectacle d’immersion totale 3D. Ce que nous fîmes. La jeune fille responsable de la présentation nous fixe sur le crâne, un casque et des écouteurs. On clique sur le bouton de la commande et nous sommes propulsé au sommet de la tour, pour assister à l’achèvement de la construction de la flèche, le vertige est garanti. Cela nous évite de gravir les 332 marches avec les centaines de curieux qui font la file à l’entrée de la vraie tour.

Les caves historiques des Hospices de Strasbourg révèlent des ‘chefs-d’œuvre’ de tonnellerie dont un fut datant de 1472.
De l’inconvénient d’être multilingue. Taillé dans le bois de la face d’un tonneau, je lis ‘CONSTANT TEMPE’. Je m’émerveille qu’en 1895, il existait déjà des systèmes pour garder le vin à une température constante. Quelques secondes plus tard, je constate mon erreur en lisant le texte du panneau explicatif = < Cadeau de mariage pour Constant Tempé et Louise Huttman>.

La braderie annuelle de Strasbourg a lieu samedi, le 29 juillet. Des milliers de visiteurs sont attendus. Ils vont venir s’additionner au milliers de touristes déjà présents.
On fait le plein d’eau et de gasoil chez Koejac, et à 09::00 on lâche les amarres. Trois km plus loin, nous franchissons l’écluse Nord qui sépare le Marne-Rhin du Rhin proprement dit.
Le port de plaisance de Kehl est en face, rive droite, à 2 km en amont sur le grand fleuve.

Nous décidons de faire une pause et trois lessives dans les machines de la marina.
Lundi nous commencerons la descente du Rhin.

 

Publié dans Aquarelle, église, Exploration, Exposition, Flâneries, Musées, Peinture | Tagué , , , , , , | 3 commentaires

Carnet de Bord 17/11 – Nancy – SarreBourg – Arzviller – Souffelweyersheim

Einville n’est pas grand, mais comme son nom l’indique, ce n’est pas un village.
Sa darse nous offre un amarrage calme pour la nuit, nous n’en voulons pas plus.
Le canal de la Marne au Rhin continue à présenter son aspect ‘archéologie industrielle’. Pour faire face au traffic commercial intense du passé, certaines écluses ont été dédoublées. Aujourd’hui, une sur deux est à l’abandon et la nature a repris ses droits comme vous pouvez le constater sur la photos ci-dessus.

Mercredi, à 07:00, le Le Chat Lune largue ses amarrés du quai en herbe de Einville. Un peu plus loin, le Sindbad fait de même et nous faisons la route avec Rudi et Chris, un couple d’Allemands sympathiques et plein d’humour. Comme nous, ils ont une solide expérience de navigation et le franchissement des écluses avec nos deux bateaux en flottille, se fait comme une lettre à la poste.

Trois écluses avant Niderviller, on bavarde avec le patron d’une société de location de bateaux fluviaux, qui flânait le long du quai.
Il nous signale qu’il a cru comprendre que le plan incliné d’Arzviller venait d’être mis en chômage. L’information nous rend songeurs, c’est en effet la troisième fois que nous essayons de franchir cet ouvrage d’art.
En 2013 un accident l’avait immobilisé pendant plusieurs mois. Il s’est réouvert au traffic en mai 2014. L’événement est ponctué par une cérémonie officielle, fanfare, notables locaux, discours du maire de la ville. À l’époque, nous étions comme de coutume à Paris.
Confiants, nous décidons de remettre Arzviller sur notre itinéraire.
Quelques semaines plus tard, à Besançon sur le Doubs, nous apprenons que la structure de l’ouvrage présente des faiblesses structurelles et qu’il est refermé pour une durée indéterminée. Comme en 2013, nous faisons demi-tour et prenons un autre chemin.
Au printemps 2015, les réparations étant faites, l’ouvrage est réouvert pour la deuxième fois, sans fanfares cette fois-ci, pour ne pas provoquer le diable.

En 2016, nous décidons de ne pas lui donner des idées, au diable j’entend, et nous revenons au pays par la Moselle et le Rhin.

Cette année-ci, notre nature persévérante nous porte à refaire une tentative.
Aussi, l’information du patron de la société de location nous inquiète. Je téléphone à la VNF pour en savoir plus et j’apprend que, en effet, l’ouvrage est mis en chômage technique pour 48 heures.

Rassurés, nous amarrons le Chat Lune à Niderviller et nous nous mettons en mode d’attente.
Curieux de nature, nous découvrons que six kilomètre plus loin, dans la ville de Sarrebourg, se trouve la Chapelle des Cordeliers qui recèle un vitrail monumental de la main de Marc Chagall.
Ce n’est pas notre artiste préféré, on n’aime pas trop ses personnages, mais le vitrail de 12 m x 6 m, vaut l’effort du franchissement des collines et les 12 km sous un ciel de plomb. Nos Brompton, les meilleurs vélos pliables au monde, font merveille et nous sommes en bonne forme.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

En prime, le Musée du Pays de Sarrebourg, situé à une encablure de la Chapelle, présente une exposition dédiée à des œuvres de Yvette Cauquil-Prince. Cette artiste Belge, a réalisé avec la complicité des artistes, des tapisseries tissées de grande dimensions, basées sur des œuvres de Chagall, Picasso, Ernst et Kandinsky. On peut également y admirer ses propres dessins, peintures et tapisseries. Cette découverte fait dire à Marleen que, Arzviller en panne, le Bouddha fait bien les choses.

Comme prévu, nous franchissons le plan incliné le jeudi matin, 20 juillet 2017.
Mis en service en 1969, l’ouvrage remplace 17 écluses, la dénivellation est de 45m.
Il est de la famille des ouvrages hydrauliques impressionnants, le plan incliné de Ronquières, l’ascenseur de Strépy-Thieu et l’ascenseur d’Anderton.

Nous approchons de Strasbourg. Plusieurs plaisanciers, rencontrés en chemin, nous avaient décrit les mérites du port fluvial de Souffelweyersheim, situé à 8 km au nord de Strasbourg.
Arrivés sur place, nous constatons que le port est plein et nous amarrons le bateau dans l’herbe. Le Sindbad continue sa route. J’ai envie d’essayer Souffelweyersheim, j’ai mis trois jours à mémoriser le nom du patelin, il faut qu’on y passe au moins la nuit.

À part l’excellent plat du jour au restaurant ‘Au Fil de l’Eau’ et la rencontre avec le propriétaire du Rêve de Satin, un bateau de plaisance français qui s’amarre près de nous et qui nous reconnaît, car il lit mes billets, nous ne voyons aucun intérêt à rester à Souffelweyersheim.
Aussi, le lendemain, le samedi 21 juillet nous franchissons les 8 km et les deux écluses qui nous séparent du port de plaisance de Strasbourg.
Le capitaine du port nous fait l’article de la ville et nous payons une semaine de séjour.

Publié dans Aquarelle, Chapelle, Exploration, Exposition, Flâneries, Linssen Dutch Sturdy 320, Navigation, Peinture, Sites Oubliés | Tagué , , , , | Laisser un commentaire

Carnet de Bord 17/10 Nancy

Faites bouillir 5 pommes de terres coupées ensemble avec 5 oignons également tranchés, pendant le temps nécessaire à les rendre tendres. Égouttez et écrasez grossièrement avec le dos d’une fourchette. Assaisonnez avec de l’huile d’olive, du vinaigre fort, du sel et du poivre noir. Dégustez.
C’est la recette du pappanozza, le repas sicilien du commissaire Montalbano dans ‘La gita a Tindari’ de Andrea Camillieri, le livre que je viens de terminer.

Ce qui précède n’a rien à voir avec ce qui suit, mais un de ces jours je vais faire une pappanozza.

Nous sommes à Nancy depuis dimanche dernier et nous aimons cette ville, elle est belle, d’une dimension à tout faire à pied et elle a un bon ‘chi’.

Le jour de notre arrivée nous chinons dans les stalles du vide-greniers mensuel, Marleen achète pour 4€, un pot à lait en porcelaine en forme de vache, une vache à lait donc.
Elle vient compléter le décor du bouddha, avec le cactus et l’aquarelle du Tibet.

Mes lecteurs savent que nous aimons les transports en communs et bien évidemment nous avons pris le tram 1, et le bus 4 pour aller au Parc de la Cure d’Air d’où haut duquel on a une vue panoramique sur la ville.

Il n’y a pas de tram 2, ni 3 ni plus. L’unique 1 passe près du port, emprunte la rue Saint-George en direction de la gare de Nancy en traversant le centre ville. C’est une combinaison entre un trolleybus et un tram. Il roule sur pneus, mais il est guidé par un rail central qui, avec la caténaire fournit l’électricité au moteur de l’engin. Bus et trams sont réguliers et permettent de parcourir aisément la ville et sa périphérie.
Nous aimons marcher et ce n’est qu’exceptionnellement que nous prenons les transports en communs, mais nous devions essayer le trolley-tram.

L’office du tourisme distribue un plan de la ville et une brochure avec 4 itinéraires fléchés qui repère un grand nombre de maisons et villas construites dans le style Art Nouveau.
Nancy est la ville d’Emile Gallé, même sans support touristique, simplement en ouvrant les yeux, nous marchons d’une façade décorée vers une villa plus authentique encore.

 


La plus belle est la villa Majorelle, nous la découvrons entourée d’échafaudages impénétrables. Elle sera accessible au public lorsque les travaux de rénovation seront terminés, sans date précise. Ci-dessous une photo avant rénovation.

L’incontournable place Stanislas offre tous les jours un jeu de lumière sur la face de l’hôtel de ville et sur les façades des deux bâtiment adjacents. Le programme change tous les ans. Celui de 2013 retraçait l’histoire de la ville et de Stanislas. Cette année-ci, en musique et sans paroles, les lasers font bouger les immeubles, projettent un ballet de couleurs changeantes entrecoupés de tableaux champêtres et harmonieux.
L’ensemble ne l’est pas et c’est décevant.

Le Musée-Aquarium est pour nous un autre incontournable. Nous aimons aller voir les périophthalmes, ces poissons capables de grimper sur les racines des palétuviers et vivre hors de l’eau.
Nous aimons aussi le poisson chauve-souris ou ‘seadevil’ de son nom latin, Ogcocephalus vespertilio. Ses palmes ressemblent à des pattes avec lesquelles il ‘marche’ sur le sable du fond de l’aquarium.
Réflexion faite, en combinant les deux espèces ont devine la transition de la vie dans l’eau à la vie sur terre.

Le cimetière de Préville mérite une visite. Construit en 1842 pour regrouper les cimetières des villages environnants, il est qualifié de Père Lachaise Nancéen.
Grand de 11 ha, il comporte 312 chapelles, la majeure partie en style Art Nouveau. Des bronzes, des statues, des médaillons et de nombreux vitraux. Certains représentent les habitants des sépultures. La partie haute est traversée par deux allées ombragées par des platanes centenaires. Nous allons saluer et embrasser un séquoia majestueux et solitaire.

Un peu perdu dans le coin nord-ouest, se trouve une prairie balisée par des fûts de canons plantés verticalement. C’est un cimetière militaire Allemand de la guerre 1870-1871. Sur une pierre, on peut lire ‘Hier ruhen 615 Krieger’.

La ville s’enrichit de nombreux parc. Celui de la porte de la Citadelle nous intrigue, il est en hauteur, sur les remparts de la vieille ville. La partie ‘est’ comporte des parterres négligés de plantes médicinales et aromatiques, la partie ‘ouest’ est à tout à fait à l’abandon, un peu ‘lost places’, photogénique.

Pour revenir à question de la nourriture, nous aimons le Bistro de Pierre, situé 3, rue Saint-Nicolas. C’est un restaurant sans chichis, le patron est sympathique et drôle, la cuisine excellente et l’avis collé au carreau d’une des fenêtres, mérite d’être diffusée dans tous les restaurants authentiques d’Alsace et de Lorraine.

Publié dans Cimetières, Exploration, Flâneries, Musées, Sites Oubliés | Tagué , , , , , | Laisser un commentaire

Carnet de Bord 17/9 de Bar-le-Duc à Nancy

Mon précédent billet se termine à la sortie de Bar-le-Duc, lorsque à 09:00 du matin, le pontonnier de service actionne les deux ouvrages d’art pour nous laisser passer, ensemble avec le ‘Kees en Elza’, un Kent 31 Hollandais, baptisé des prénoms de leur propriétaires.
Nous faisons trois écluses ensemble et puis on décide de se séparer car en montant, les manœuvres d’amarrage à deux dans un bassin, sont souvent laborieuses.

En début d’après-midi nous frappons nos amarres au ponton flottant de la darse de Ligny-en-Barrois. Nous connaissons la ville pour s’y être arrêté à trois reprises dans le passé.


Pour information, le Lidl est à 1km en aval du port, le Carrefour ainsi que le lavoir automatique, à 1,5 km en amont. Marleen fait une lessive.
Sur la place, le restaurant le Cheval Blanc, sert toujours un menu complet, entrée, plat et dessert pour 14€. Ce mardi, une salade de crudités, du foie de veaux aux échalotes et un tarte maison aux amandes.
L’office du tourisme recommande une visite fléchée des curiosités de la ville. Mais comme on dit en anglais, ‘Been there, done it’.

Depuis Vitry-le-François, nous naviguons sur le canal de la Marne au Rhin.

Notre ami Bob, érudit historien humoriste, je vais le faire rougir mais il mérite largement ces qualificatifs, m’inspire pour donner un bref aperçu de l’histoire de cette voie d’eau.

C’est 1838 que le gouvernement français pris la décision de construire un canal pour relier Paris à l’Alsace et l’Allemagne. Long de 314 km, son relief varié impose la construction de 178 écluses et le percement d’un tunnel de près de 5 km de long, à Mauvages. Ce dernier est construit de 1841 à 1946.

À la même époque, la France couvre son territoire de voies ferrées et en 1844, l’ouverture de la liaison Paris-Strasbourg interrompt la construction du canal.
Heureusement pour nous, les plaisanciers, les tarifs excessifs appliqués par les compagnies de chemin de fer, remet le projet sur les rails, si j’ose dire.
La section Vitry-le-François – Nancy est ouverte le 2 novembre 1851 et la section Nancy – Strasbourg en octobre 1853.
Le traffic est important, le charbon des houillères de Lorraine va vers Paris et les céréales de Champagne vont en Alsace.

Après Sedan, l’est du canal tombe sous la domination allemande et ce, jusqu’en 1918.
La première guerre mondiale terminée, la France récupère son canal et le Marne-Rhin connaît un regain de prospérité qui dure jusque dans les années 60. À partir de là, le déclin s’installe pour ne laisser aujourd’hui, qu’une poignée de Freycinets céréaliers.
Malgré cela, jusque vers la fin du siècle passé, le canal reste bien entretenu. Les écluses sont automatisées et en 1967 on construit le plan incliné d’Arzviller. Il remplace un escalier de 17 écluses, la différence de niveau est de 45m. Nous allons avoir le plaisir de l’emprunter dans les jours qui viennent.

Charles de Freycinet est l’ingénieur et homme d’état qui par une loi programme du 5 août 1879 établit les normes des écluses. Les sas ont une dimension de 39 m sur 5,20 m ce qui permet le passage de bateaux de 38,50 m sur 5,05 m avec un déplacement de 300T à 350T selon le mouillage. Par conséquent, les bateaux de commerce que nous croisons sur le canal s’appellent des Freycinets.

Aujourd’hui, sur tous les canaux à petit gabarit, comme le Marne-Rhin, les Freycinets ont fait place aux bateaux de plaisance. Les chiffres sont parlant. En 1969 le plan incliné d’Arzviller passa 5788 commerces, en 2004 il n’en eut que 284.
Les plaisanciers s’en réjouissent, car les bateaux de commerce sont généralement lent et encombrent notre bonne marche.
Par contre, les VNF, (Voies Navigables de France) voient leurs resources fondre et l’organisation coupe dans les dépenses.
L’entretien des canaux et des œuvres d’art est réduit au minimum, on répare ce qui est cassé.
Nous naviguons dans de l’archéologie industrielle.

Après Ligny-en-Barrois, nous faisons halte à Toul.
Au Bar de France, sur la place des Trois Évêchés, nous dégustons un tartare frites et rue de Lattre de Tassigny, à la boucherie La Centrale, nous achetons deux tomates farcies. Je recommande les commerces cités pour la qualité de leurs produits.

Au port de France, c’est le nom de la Halte de Plaisance de Toul, la ville à organisé La Nocturne du Port. Un marché artisanal et l’orchestre STANLOR, une dame au piano, une batterie, un accordéoniste-guitariste et un trompettiste-guitariste, tous chanteurs, nous régalent avec de la musique de guinguette. Une vingtaine de dames, visiblement membres du club de danse de Toul, montrent leurs talents. La bière artisanale et les produits fermiers se vendent bien. La fête se termine à 22:15, on aime.

Le lendemain, nous partons à l’aube, c’est-à-dire, à 09:00, heure d’ouverture des écluses, pour nous amarrer à Liverdun, dans un bras mort de la Moselle, à un ponton métallique, pouvant accommoder quatre bateau, au calme, en pleine verdure entourés d’arbres ombrageux. Nous bousculons un tantinet deux jeunes pêcheurs mais Marleen joue du charme et elle les apprivoise en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Vous êtes la plus belle grand-mère que nous connaissons, bisous, bisous.

Pendant la sieste, nous sommes réveillés par une musique assourdissante qui vient d’un bâtiment cachés dans les arbres, de l’autre côté de la rivière. Par internet, je repère le Val-Fleuri. Au téléphone, le préposé me signale que la salle est louée ce soir pour un mariage et que oui, il aura de la musique, sur la terrasse qui fait face à l’eau.
Nous lâchons les amarres et allons passer une nuit calme, le long du quai, à Champigneulles, à 6 km et deux ponts levis de Nancy.

Ce matin dimanche à 10:00, le 9 juillet 2017, nous frappons les amarres du Chat Lune au port de plaisance de Nancy.

N’oubliez pas de lire les billets de notre ami Bob, https://rdgt.wordpress.com

 

 

Publié dans Exploration, Linssen Dutch Sturdy 320, Musique, Navigation | Tagué , , , , , | Laisser un commentaire

Carnet de Bord 17/8 Vitry-le-François et Pargny-sur-Saulx

La canicule a fait place à un temps d’été normal et il pleut régulièrement. Après une période de sécheresse, à l’instar des paysans, nous les plaisanciers, aimons bien, de temps à autre, une bonne pluie mouillée. Les paysans pour arroser leurs plantations, nous, pour emplir les réserves d’eau qui alimentent les canaux et les rivières.
Lorsque l’eau manque, la VNF, les Voies Navigables de France, l’organisme qui gère ces voies navigables, prend des mesures contraignantes et impopulaires, tel que la fermeture des voies navigables. Contrairement aux routes, les voies navigables n’offrent pas beaucoup d’alternatives et lorsque la Meuse est bloquée à Commercy, au nord de Toul, par manque d’eau, les Hollandais dont c’est la rivière de prédilection pour aller vers le midi, sont bloqués dans leur descente et ils attendent la pluie. C’est le cas actuellement et les Hollandais en attente, bénissent la pluie.

Nous venons de passer une petite semaine à Vitry-le-Francois.
La brochure dit: « Sinistrée à plus de 90% lors de la seconde Guerre Mondiale, Vitry-le-François est entièrement reconstruite en conservant son plan en carré. Parmi les monuments historiques à ne pas manquer : l’ancien Couvent des Récollets devenu l’hôtel de ville et son jardin, la Collégiale Notre-Dame et sa Place d’Armes, la plus grande église classique de la Marne et la Porte du Pont. »
J’ajoute que la ville possède deux médiathèque, l’ancienne, François Mitterand et la nouvelle, Albert Camus. Située pas loin du port, nous y avons découvert, à côté des livres, une quinzaine de dames réunies en plein tricot, les aiguilles sous les bras et les pelotes de laines par terre devant elles. Marleen apprend que pour la fête des personnes âgées de la maison de retraite, elles confectionnent des couvertures en camaïeux bleues, la couleur du thème de l’année.


La ville offre également à ses habitants et aux plaisanciers de passage, un Leclerc, un Intermarché, un Lidl, un Aldi, un Bricorama et un GiFi. Ce dernier magasin vend tout et n’importe quoi à des prix ridiculement bas. Directement importé de Chine, j’ai acheté pour une dizaine d’euro, un petit brûleur de cuisine qui m’a servi à brunir le sucre sur la surface de la crème brûlée que Marleen m’avait acheté au Lidl, à côté. J’aime beaucoup la crème brûlée et je rêvais depuis longtemps à posséder un brûleur mais je reculais toujours devant le prix ridicule demandé pour cet engin, par les magasins spécialisés en matériel de cuisine.

Depuis quelques années, nous nous sommes liés d’amitié avec Pascale, la capitaine du port de Vitry-le-François.
Marleen passa une partie de ses journées à bavarder avec elle et à l’aider dans les manœuvres du port. Je veux dire qu’elle regarda Pascale gérer les entrées et les sorties des bateaux et qu’elle lui servit d’interprète. En effet, en France, la majorité des bateaux de plaisance sont anglais et/ou américains, l’autre ‘majorité’ hollandais. La minorité est française ou allemande.
Il s’avère que Pascale, comme seconde langue, baragouine, mais pas plus, l’anglais et que les Anglais, Hollandais et Allemands, baragouinent, au plus, le français. Marleen et moi sommes plus que quadrilingues et on s’amuse tout en aidant notre amie.

Nous aimons aussi Vitry car la Grande Brasserie située dans la Grande rue de Vaux, offre un excellent plat du jour.

Le port suivant sur notre parcours, Pargny-sur-Saulx, où nous arrivons vendredi après avoir promis à Pascale de revenir en 2018, possède, le long du canal, passé l’écluse # 64, à 100 du port, un restaurant ‘l’Ancre d’Or’ où nous mangeons également un excellent plat du jour.
Je n’ai pas cuisiné la semaine dernière.

Mon météo préférée, le site norvégien YR, nous a prédit un samedi très pluvieux. Les Hollandais sur la Meuse s’en réjouissent, nous restons à quai.
Ce matin, dimanche, nous quittons Pargny à 07:05. Sur le Marne-Rhin, les écluses tournent de 07:00 à 19:00 pour les péniches commerciales et de 09:00 à 18:00 pour les bateaux de plaisance. Elles sont automatisées et les senseurs qui les actionnent ne font pas la distinction, aussi, entre 07:00 et 09:00, le Chat Lune est un bateau de commerce.

À 14:45 nous amarrons notre bateau dans la darse de Bar-le-Duc, en amont du port de plaisance qui est plein. J’ai déjà eu l’occasion de commenter nos séjours précédents dans cette ville et les intéressés ont accès à mes billets des années précédentes.

Demain nous partons à 09:00 car à la sortie de la ville, il y a deux ponts, actionné par un pontonnier qui, contrairement aux senseurs automatiques, fait la distinction entre les bateaux de commerces et les bateaux de plaisance.

 

Publié dans Aquarelle, Exploration, Linssen Dutch Sturdy 320, Navigation | Tagué , , , , , , , , , | 4 commentaires

Carnet de Bord 17/7 – la Marne et Châlons-en-Champagne

Contrairement à ce que je croyais, ce ne sont pas les gurus du marketing des sociétés vinicoles mais c’est Charles V qui le 25 janvier 1373 nomma la ville ‘Chaalons en Champaigne’, ce qui veut dire ‘en campagne’.
La révolution Française supprime les provinces, ainsi que l’utilisation du mot ‘Champagne’ et la ville devient Châlons. Au milieu du 19e siècle, le qualificatif ‘sur-Marne’ s’y ajoute pour éviter la confusion avec l’autre ville ‘sur-Saône’.
Enfin, en 1995 l’équipe municipale, par le décret du 6 novembre 1995, décide de changer une nouvelle fois le nom de la commune en Châlons-en-Champagne. Un habitant de la commune, soutenu par un collectif d’habitants, fait annuler le décret par un arrêt du Conseil-d’État du 4 avril 1997, l’« arrêt Marchal ». Le Conseil d’État sanctionne le projet et annule le décret qui est « entaché d’incompétence ». L’équipe municipale, réitère son projet, cette fois correctement préparé, et la commune reprend en décembre 1997, le nom de Châlons-en-Champagne.

Nous sommes amarrés dans le port de plaisance de cette ville depuis mardi dernier.
En route, faute de trouver un quai accueillant et surtout pour se protéger du soleil, nous avons passé une soirée et une nuit sous les arbres qui bordent la Marne. Une aussière à l’avant et une à l’arrière suffisent pour sécuriser le bateau.

Le soir du mercredi 21 juin, Châlons-en-Champagne célèbre dignement la fête de la musique.
Un large programme de musiques diverses, jazz, electro rock, chorales classiques, rap soul reggae, rock métal, rock industriel, chanson française, reggae rap zouk, funky, pop music, folk, hard core speed core et j’en oublie.

À 18:30 nous sélectionnons la chorale ‘Tous en Chanson’ qui se produit quai des Arts, devant l’Office du Tourisme. À l’heure prévue au programme, les membres du groupe se mettent en place, la chef brandit un bâtonnet, les haut-parleurs crépitent et puis plus rien.
Le groupe se concerte et la chef s’empare d’un micro pour demander au public, Marleen et moi et les deux autres, de patienter un peu car un des baffles doit être remplacé. Vingt minutes plus tard, une Volvo rouge bordeaux arrive en trombe, du coffre sort une boîte noire, des fils et des fiches.
Le technicien connecte et déconnecte les composants et teste le son. Les baffles sifflent et craquent et puis se taisent.
Les chanteurs se remettent en position, la chef brandit son bâtonnet, les haut-parleurs sifflent et crépitent et puis, plus rien. La chef dépose son bâtonnet et se concerte avec le technicien.
Ce dernier déconnecte le haut-parleur qui vient d’être apporté et le remet dans le coffre de la Volvo. Ensuite il rebranche l’ancien et le connecte à l’amplificateur. Les haut-parleurs crépitent et sifflent. Patiemment, l’homme déconnecte et connecte les fils, la chef s’assied et s’évente le front avec une partition, les chanteurs bavardent, les spectateurs patientent. Trois autres curieux se sont joint à nous, nous sommes sept à attendre le début de la représentation.
À 19:12, le technicien se relève, un sourire aux lèvres, il fait un signe de la main, la sono est au point. Les chanteurs se mettent en position, la chef brandit son bâtonnet et la chorale y va d’une première chanson.
Le résultat est épouvantable, l’amplification écrase les voix. Nous attendons dix secondes et sans hésitation, nous fuyons vers le prochain orchestre.

Dans le parc du petit Jard, une quinzaine de musiciens issus de l’Harmonie Municipale ont formé un groupe appelé ‘banda’. Élégamment habilles de noir, tout en sourire en en harmonie, ils portent bien leur nom, l’orchestre régale le public de courtes rengaines pleines d’entrain, sans amplification, un plaisir pour l’ouïe et l’œil. Les applaudissements fusent, nous restons debout devant l’orchestre jusqu’au dernier morceau.

Dans le Temple Protestant, à une centaine de mètres de là, Marleen se faufile entre les spectateurs et déniche une chaise pour écouter la chorale ‘Ensemble Vocal Féminin Thibaut de Champagne’, classique avec violoncelle et piano.
Quant à moi, à l’exception des cinémas, les endroits clos remplis de monde, me donnent de la claustrophobie, je rentre au bateau.

Du kiosque du Grand Jard, le parc situé à l’opposé du bras de la Marne qui abrite le port de plaisance, le groupe Freekorifik, inonde la dunette de ‘hard core speed core’. C’est une musique répétitive dont le rythme est ponctué par des coups de grosse caisse. Ça fait essentiellement ‘boum, boum, boum…’ avec en arrière-plan le couinement continu et monotone d’un orgue électronique.
Marleen rentre vers 22:30, le speed core s’éteint à une heure du matin. On finit par s’y faire, et j’imagine, ayant fumé un joint ou deux, que le public dont on devine l’enthousiasme, doit être entré en transe, nous pas.

Nous passons quelques journées calmes à lire et flâner en ville. La galerie Clémangis expose des tableaux de Bernard Lorju, peintre expressionniste Français. L’artiste a visiblement été inspiré par Picasso, moins le talent, remarque Marleen.

Pour célébrer les 50 ans de la parution du 8e album des Beatles, « Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band », la bibliothèque Pompidou expose la collection du châlonnais Roland Lestoquoit, objets, livres, disques et souvenirs de concerts.
Dans une salle adjacente, l’espace Expo BMVR, quatre photographes nous livrent leurs clichés des caves de champagne.

Samedi, c’est la fête des bulles. Sur la place Foch, l’ensemble ‘Les Petits Maillots Noirs’, une chorale composée d’élèves de quatre écoles donnent une représentation sur le thème ‘noir’, tel que: ‘L’aigle noir’, ‘Je voudrais être noir’, ‘Black and White’, ‘Je suis noir de peau’…

Dimanche au vide-grenier du square Antral, avenue Anatole France, Marleen paye 0,20€ pour un cheval Schleich et 2,50€ pour deux albums de Lucky Luke.

Dans l’eau, les algues bouillonnent. Toute la semaine, une équipe de faucardeurs avec trois machines ont nettoyé le port avec trois machines et sorti des tonnes de verdure.

 

Qui dit qu’on s’ennuie en province?

Publié dans Art, Brocante, Concert, Exploration, Fêtes, Flâneries, Linssen Dutch Sturdy 320, Musique, Navigation, Peinture | Tagué , , , , , , | Laisser un commentaire

Carnet de Bord 17/6 – Paris – parc Monceau – Meaux – La-Ferté-sous-Jouarre – la Pédale Fertoise

Le 22 octobre 1797, André-Jacques Garnerin effectue le premier saut en parachute, sans cadre rigide, de l’histoire en s’élançant d’un ballon au parc Monceau. Il atterrit devant une foule attentive et admirative, qui pensait le voir s’écraser au sol.
Le 12 octobre 1799, il demande l’autorisation de tenter l’expérience avec Jeanne Labrosse, son élève et future épouse. Le bureau central de police lui refuse l’autorisation, prétextant que la réduction de la pression d’air en altitude pourrait endommager les organes délicats de la femme et qu’en plus, la proximité de deux êtres de sexes opposé dans la nacelle étroite d’un ballon allait à l’encontre de la bonne morale. Le Ministre de l’Intérieur et le Ministre de la Police rejetèrent l’interdiction, argumentant qu’il n’y avait pas plus de scandale à voir deux personnes du sexe opposé à monter en ballon qu’il n’y en a de les voir monter en carrosse. Ainsi, Jeanne Labrosse devint la première femme à sauter en parachute.
L’événement est rappelé par une plaque en bronze, à demi cachée par le feuillage d’un buisson du parc Monceau.

Nous effectuons la balade du patrimoine # 22, intitulée, ‘Musiciens et Poètes’.
L’ancien parc de la folie du duc de Chartres est transformé en parc public en 1860, sous le Second Empire. Situé dans un quartier privilégié, il est associé à la musique et à la poésie et petit à petit peuplé de statues d’écrivains, poètes et compositeurs. Ce lundi matin, le 12 juin 2017, il est aussi envahi par des hordes d’élèves de tout âge. Beaucoup portent l’uniforme, tabliers bleus et chemises blanches, signe distinctif des écoles bien pensantes.

Notre fiche comporte 6 points de chute, 6 statues à admirer; Guy de Maupassant, Édouard Pailleron, Ambroise Thomas, Charles Gounod, Alfred de Musset et Frédéric Chopin.
En prime, la plaque commémorative de l’exploit d’André-Jacques Garnerin, non mentionnée sur notre fiche, mais appropriée, car la musique et la poésie élèvent l’esprit.

Les derniers jours passés à Paris sont constellés de dîners et apéros chez nos amis du port. Dix années consécutives et six semaines de présence ont consolidé de nombreuses amitiés et c’est toujours avec joie que nous revoyons les habitants du port. C’est aussi toujours avec regret que nous les quittons. Nous avons acquis le Chat Lune en juin 2005, notre premier voyage fut d’aller d’Auxerre à Paris, au port de l’Arsenal. À l’exception de notre croisière en Allemagne, de 2010 à 2013, Potsdam, Berlin, la Pologne et la Hollande, nous avons pris l’habitude de séjourner chaque année ici, pendant plusieurs semaines.
Aussi, lorsqu’en début de saison, nous franchissons la porte amont de l’écluse # 9, celle qui sépare la Seine du port de l’Arsenal, Marleen et moi ressentons la bouffée de bien-être que l’on éprouve en revenant chez soi, après une longue absence.

Si il est vrai que nous aimons Paris et que nous aimons vivre à Paris, il est tout aussi vrai, que nous aimons bouger, et lorsque six semaines plus tard, nous franchissons dans le sens inverse, l’écluse # 9, et que le Chat Lune trace son sillon dans l’eau de la Seine, une sensation de bonheur nous envahit, ça y est, on navigue à nouveau.

Je vous livre à ce propos, une remarque d’Alexandra David-Neel, dont je lis actuellement la biographie écrite par Jean Chalon:
‘Drôle et inconcevable idée qu’ont les gens de s’attacher à un endroit comme des huîtres à leur banc, quand il y a tant à voir de par le vaste monde et tant d’horizons à savourer.’

J’ai dessiné un croquis du voyage que nous envisageons de faire cette année-ci, un bon croquis vaut mieux qu’un long discours, comme le disait Napoleon.


J’écris ce billet, assis sur la dunette, dans l’après-midi de ce dimanche 18 juin 2017.
De Paris nous sommes allés à Meaux où nous avons admiré les progrès réalisés par notre ami Gilles. Il construit un bateau en acier de 14,95 m x 4,80m. Voir le billet que je lui ai consacré, début aout 2016, lors de notre précédent passage à Meaux.


Vendredi, le deuxième jour de notre navigation, nous a mené à La-Ferté-sous-Jouarre. On s’y plait bien et ce matin nous n’avons pas résisté à monter vers le hameau de Limon pour chiner dans la brocante annuelle.

Avant d’y aller, on s’arrête pour prendre un café dans un bistrot local. Nous expliquons le but de notre promenade. Suit une conversation animée entre la patronne et les trois clients qui s’évertuent à nous décrire le chemin vers l’endroit de l’événement. C’est tout en haut de la colline, au moins à 5 kilomètres fait la tenancière. Non fait une autre, il faut monter la rue du Limon, c’est plus court. Oui, mais ça grimpe très fort, fait un troisième et il fait chaud. Finalement, un des trois se propose de nous y conduire, ce qu’il fit.

Nous revenons à pied par la rue du Limon qui en effet descend à pic du haut de la colline vers le bas du village. Je tiens au bras un beau grand panier en osier, 4€, dans lequel repose une figurine en porcelaine de Copenhagen, 1,5€ et deux tout petites figures, également en porcelaine, 0,50 € pour les 2.
Marleen à bien marchandé.

Hier en fin d’après-midi, le village s’anima de la course cycliste ‘Le Prix de la Municipalité’ organisée par l’Association ‘La Pédale Fertoise’. Ça nous a bien fait rire, pas la course, le nom de l’association.

Demain, nous poursuivons notre route, on aimerait être à Chalons-en-Champagne le 21 juin, le jour de la date de la musique.

Publié dans Auxerre, Brocante, Exploration, Flâneries, Linssen Dutch Sturdy 320, Navigation, Paris, Réflexion | Tagué , , , , | 4 commentaires

Carnet de Bord 17/5 – Paris 5 – Fragments d’Expos – Biodiversité – Pallas Athéné

Jeudi dernier, une des cannes du port promenait ses 7 petits derrière notre bateau, lorsqu’un d’eux fut happé par une silure. Lorsque j’écris ceci, ce dimanche 11 juin, 2017, à l’ombre du bimini, assis sur la dunette, j’aperçois la canne qui remonte le port, suivie de 3 canetons.
La mortalité des canards est galopante au port de l’Arsenal.

Jeudi matin, la balade du patrimoine # 26, intitulée Fragments d’Expos, nous conduit en marchant d’une relique à l’autre, rive gauche, le long des jardins de aménagés sur des pontons, à l’amont du pont de l’Alma.
Le texte explicatif dit:

Dans le cadre du réaménagement de la rive gauche de la Seine à Paris désormais réservée aux piétons, un jardin flottant a été installé le long de la berge, à proximité du Pont de l’Alma. Il est composé de cinq îles, chacune étant végétalisée et pourvue d’un mobilier qui lui est propre : assises au plus près de l’eau sur l’île centrale, structures en bois sur l’île verger, chaises longues sur l’île aux brumes… Les cinq îles de l’Archipel représentent chacune un morceau de paysage de bords de Seine : l’île centrale, à dominante minérale ; l’île prairie, généreusement plantée, c’est l’île aux herbes hautes ; l’île verger où l’espace entièrement engazonné est rythmé par la plantation tramée de pommiers décoratifs ; l’île aux oiseaux, qui est la plus densément plantée et la plus « sauvage ». L’espace accessible au public y est plus restreint. On pénètre dans une serre métallique partiellement vitrée, par un cordon d’arbustes bas et de graminées.

Dans la serre métallique, sont question ci-devant, quelques panneaux expliquent les poissons de la Seine. Il s’avère que le brochet est un prédateur paresseux, qui attend qu’une proie distraite vienne se promener à proximité de sa gueule ouverte, alors que la silure est plutôt active, comme nous venons de le constater. Je ne connais pas grand chose en matière de poissons, mais j’aime la raie fraîche au beurre noisette et vendredi au restaurant des Ramparts, rue Saint-Antoine, nous avons dégusté trois savoureux filets de maquereau accompagnés d’une purée de carottes.

La balade #26 part des jardins du Trocadéro pour se terminer à la mairie du 12ème, avenue Dauménil. Nous poussons la porte de l’immeuble et nous soumettons à la traditionnelle fouille de la Vigi-sécurité. Le garde nous apprend que le ‘salon colonial’, rebaptisé ‘salon des outremers’ par la commission chargée de veiller à la correction politique des expressions usuelles, n’est pas accessible car on y installe les tables, chaises et isoloirs des élections législatives à venir.
On bavarde gentiment et il voit notre déception de ne pas pouvoir admirer les toiles que Louis Beaupuy et René Durieux ont réalisé pour l’exposition coloniale de 1931 et placées ici en 1935. Il jette un regard à gauche et à droite, nous fait un grand clin d’œil, disparaît un instant dans un bureau et nous remet une brochure en couleur, illustrée de la mairie en nous disant, cachez ça, je ne vous ai rien donné.

La balade #26 comporte 9 reliques des expositions universelles de 1855 à 1900 ainsi que des expositions internationales, de 1925 à 1937. J’ignore la raison pour laquelle au changement du siècle dernier, universel devient international. Quoi qu’il en soit, à la fin de chacune des manifestations, les pouvoirs publics ont distribué ci et là en ville, dans des parcs ou des mairies, quelques vestiges et décors éphémères. C’est le but de notre randonnée.

La semaine dernière, dans le hall d’entrée du musée des années 30, nous avions repère une reproduction de Pallas Athéné, le bouclier protégeant son flanc gauche et la lance prête à frapper.
Le texte lit: ‘À l’intelligence dominatrice de la matière’.
La sculpture de Carlo Sarrabezolles fut exposée à l’exposition universelle internationale de 1925.
Une autre reproduction que celle du musée des années 30, se trouve dans le bas des Jardins du Trocadéro.
Nous interrogeons un jardinier, qui charmant, abandonne un instant l’arrachage des racines mortes , « j’ai le temps de faire une pause », et nous conduit vers la statue. Elle a été vandalisée, on a arraché sa lance, nous explique-t-il, et soupirant. On bavarde un moment, il déplore les actes de vandalisme gratuit dont les parcs font l’objet. On vole systématiquement les fleurs que nous plantons dans nos parterres, quelle époque! Nous allons avoir beaucoup de travail, nous fait-il en nous quittant, on annonce des semaines chaudes et sèches, ponctuées d’orages. Très mauvais pour les plantations.

Dimanche nous allons avenue Foch, transformée en Biodiversi’Terre une promenade éphémère de 600 m de long avec veaux, vaches, canards, oies, plantes et fleurs.
Nous achetons deux briques de savons à la bave d’escargot pour offrir aux amis qui nous ont invité à partager un lunch le midi.

Plein de choses à faire à Paris.

Publié dans Aquarelle, Exploration, Flâneries, Paris | Tagué , , , , | Laisser un commentaire

Carnet de Bord 17/4 – Paris 4 – Grandes Serres, Cité de la Musique, brocante, Circul’livre


Notre voisine Nathalie avait envie de faire un tour en Seine avec son bateau, le Bulle d’O.
On s’enrôle comme équipiers et jeudi matin, par un soleil radieux, nous sommes le premier bateau à franchir l’écluse numéro 9, celle qui sépare le port de l’Arsenal de la Seine.
Il est 09:15 lorsque le bateau entre en Seine, Nathalie fait trois rond dans l’eau en attendant que le feu de circulation du Pont de Sully passe au vert. À 09:35 le Bulle d’O s’engage dans le bras de la Cité. Nathalie s’extasie devant la beauté du spectacle qu’est la traversée de Paris en bateau par ce temps magnifique. Elle barre, sort son iPhone pour faire une photo, la bateau fait un embardée, elle reprend la barre, puis elle me passe le macaron pour reprendre une autre photo.

Nous passons la,Tour Eiffel, le Pont de Grenelle, la statue de la liberté et nous descendons jusque l’île Seguin. On contourne l’île par tribord dans le sens des aiguilles d’une montre pour admirer la coupole de la Cité de la Musique. Ensuite nous remontons le fleuve, on se fait trémater par quelques bateaux mouches et vers midi, le Bulle d’O re-franchit l’écluse #9. Nathalie remet son bateau en marche arrière à son point d’attache. Gentiment, une belle manœuvre d’amarrage, on applaudit.

Ça fait deux semaines que je n’ai plus complété mes billets. Pourtant nos journées
remplies, on a fait plein de trucs, on a vu de belles choses et nous avons flâné dans Paris, occupation majeure lorsqu’on réside dans cette ville.
J’ai trouvé le temps de peindre quelques aquarelles mais je ne trouvais pas le temps ou l’inspiration d’écrire une page pour mon blog.
Pour ne pas oublier comment nous remplissons les journées, je remplis scrupuleusement le livre de bord du Chat Lune.

Ce matin, samedi, le 3 juin 2017, au Circul’livre de la cour de Vincennes, métro Nation, je découvre un petit livre intitulé Picasso, Portraits et Souvenirs par Jaime Sabartés.
Le premier paragraphe déclenche une étincelle dans ma tête.

Les mots sont de Picasso à son ami Sabartés.
« Écris, mon vieux, écris…. Écris n’importe quoi, me dit-il, écris pour toi, si tu veux, même si ce n’est que pour toi, mais écris et tu verras que le cafard disparaîtra et que tu te sentiras mieux. »

Il a raison Picasso. Je n’avais pas le cafard et je ne me sentais pas mal, mais j’avais une espèce de flemme. Aussi, me disais-je, remplir ce blog n’est pas une obligation. Aucun éditeur ne me talonne et la poignée de lecteurs qui me sont fidèles, n’attendent pas la description de notre prochaine visite de musée avec l’impatience que l’on peut avoir à suivre un feuilleton passionnant.

Cela dit, nous avons chaque weekend, la tradition d’explorer plusieurs Circul’livre. L’initiative date s’il y a une dizaine d’années où la mairie du 12ème décide de mettre à disposition de tous ceux qui le souhaitent, des livres récoltés ci-et-là. La semence a pris et aujourd’hui, une quinzaine d’arrondissement organisent une ou deux fois par mois une mise à disposition de livres pour les habitants de leurs quartier mais en fait pour n’importe quel passant curieux et/ou intéressé. On prend, on rend et/ou on fait circuler, c’est gratuit et il n’y a pas de règles.
À chaque séjour à Paris, nous faisons circuler les livres de nos bibliothèque du bord.
Si vous souhaiter en savoir plus, voici le lien: http://circul-livre.blogspirit.com/qu-est-ce-que-circul-livre.html

Les brocantes sont une autre de nos activité traditionnelles. Celle de l’avenue de la République, métro Parmentier, est une ‘bonne’.
On découvre une petite nativité portative en bois qui vient compléter les bouddhas que Marleen collectionne.

En semaine, Marleen va voir une exposition au Musée des Arts Décoratifs, Travaux de Dames et OR Virtuose à la Cour de France et le musée mémorial Shoah.
Au Jardin des Plantes nous faisons le tour des Grandes Serres, de la Galerie Botanique et de la Galerie de Minéralogie et Géologie. Entre deux musées on va voir quelques films. Monsieur et Madame Adelman reçoit 3 étoiles. Churchill zéro.


L’exposition Venise au musée Cognacq-Jay déçoit un peu, les deux Canaletto de la collection permanente nous plaisent mieux que certaines œuvres de ses contemporains.
Par contre, nous aimons toujours autant le musée en lui-même et en particulier les pastels de Maurice Quentin de la Tour.

Jeudi nous retournons à Boulogne Billancourt pour voir le Musée des Années 30 et la Cité de la Musique sur l’île Seguin. Nous en avions fait le tour en bateaux avec Nathalie et nous étions curieux d’y aller à pied et de grimper sur les jardins de la toiture d’où l’on peut admirer la ville.

Nous faisions une pause en haut lorsqu’un monsieur bien mis, tenant à la main un attaché-case, nous y rejoint. Des jets d’eau automatiques aspergent la jeune végétation. Mon grand-père s’insurgerait, nous fait-il. On n’irrigue pas en plein soleil, les racines vont cuire.
Nous échangeons quelques propos. Il envie notre façon de vivre. J’aimerai faire la même chose, je suis pré-pensionné mais ma femme travaille toujours. Elle est architecte indépendante, elle aime ça et elle n’a pas envie de s’arrêter. L’année dernière nous avons pris deux semaines de vacances en Argentine, elle continuait à envoyer des mails et travailler sur son ordinateur.
On se quitte en se serrant la main et se souhaitant une belle journée.

 

Publié dans Aquarelle, Art Contemporain, Cinéma, Exploration, Exposition, Musées, Navigation | Tagué , , , | 2 commentaires

Carnet de Bord 17/3 – Paris 3 – Carolein Smit et la nuit des Musées

Courez tous à la galerie Michèle Hayem, au 5, rue de Beaune, rive gauche, dans le 7e.
Notre amie Carolein Smit, artiste Néerlandaise de renommée internationale, expose des figures en faïence émaillée. Ses œuvres sont au Victoria & Albert à Londres, au Kunsthal à Rotterdam et à Frechen en Allemagne. Voir le lien suivant: http://www.caroleinsmit.com
On est jeudi soir, il pleut des cordes, les musiciens installés aux carrefour des rues adjacentes pour animer les 40 ans du Carré Rive Gauche, protègent tant bien que mal leurs instruments.
Carolein crée des animaux réels ou imaginaires, très rococo, qui frisent souvent le macabre. L’artiste elle-même, une très grande femme, est pleine de joie de vivre, son rire tonitruant fait vibrer la galerie.
Le mauvais temps nous empêche de faire le tour des autres galeries, ce sera pour plus tard.
Nous quittons l’artiste en nous donnant rendez-vous dans son atelier, notre voyage retour avec le Chat Lune passera pas loin de Breda ou elle réside.

 

Samedi soir, la nuit des musée, l’événement européen, fait l’objet d’une grande publicité à Paris. Aussi, les incontournables voient les files d’attente s’installer devant leur porte, longtemps avant l’heure d’ouverture. Marleen envisage d’en faire un reportage photographique plutôt que de joindre les courageux qui battent le pavé.

La brochure de l’événement indique que la crypte archéologique de Notre Dame ouvre ses portes à 10:30. Le guide à l’entrée précisé que l’entrée libre, dans le cadre de la nuit des musées, est prévue à 18:00. Bien entendu, rajoute-t-il, si vous tenez l’information de la brochure, je vous laisse entrer maintenant sans payer, merci monsieur.

Nous apprenons que les fouilles du parvis de Notre Dame, en 1965, ont mis à nu les vestiges de rues, maisons et bains publics Romains. Souvent, les guerres et les révolutions font reculer les connaissances des hommes. Les thermes et les villas romaines en sont un bel exemple. Après la disparition de cette civilisation, il nous a fallu plus d’un demi millénaire pour redécouvrir le chauffage central. Nos ancêtres mouraient de froid dans leur châteaux, péniblement chauffés par les bûches brûlant dans leurs cheminées ouvertes. En Angleterre, en l’an 400, les Saxons grillaient leur gibier sur des feux de camp, allumés sur les mosaïques des atriums des villas laissées à l’abandon par leur propriétaires. Ces habitations étaient dotée d’un système sophistiqué de chauffage au sol et dans les murs. L’air chaud circulait dans des conduits de briques creuses.

En fin d’après-midi, après avoir passé en revue les photos des jardins des châteaux, accrochés aux grilles du Jardin du Luxembourg et photographié la file d’attente devant le musée du même nom, nous marchons direction Saint-Sulpice. Dans la crypte de l’église, le moine photographe Roumain Patelimon Susnea expose et vend les clichés couleur de son monastère et ses occupants. La crypte, improvisée en galerie se prête bien au genre des photos.

Dans le même quartier, rue Monsieur le Prince, l’appartement du philosophe Auguste Comte, fondateur de la religion de l’humanité, sorte de religion sans dieu, n’attire pas les foules non plus.
Un artiste Franco-Hongrois, Mathias Kiss, a décoré les pièces de l’appartement d’objets usuels, passé à la peinture dorée.

La Hongrie nous inspire et plus loin, rue Bonaparte, à l’institut Hongrois, nous dégustons une tartelette traditionnelle de ce pays, gâteau, pommes, noix et grains de pavots. Nous avons appris à connaître la friandise à Budapest au café Fröhlich, il y a quelques semaines.

Vendredi matin, la veille de la nuit des musées et le lendemain du vernissage à la galerie Michèle Hayem, par le plus grand des hasards, nous retrouvons Carolein et son amie Anna, aux Halles Saint-Pierre, près du Sacre-Coeur. Elles ont eu la même idée que nous, visiter l’exposition d’Art Brut intitulée Grand Trouble. Carolein nous confie que cette galerie est une de ses préférées à Paris, on partage les mêmes goûts.

Dans les rues adjacentes, nous poussons la porte de quelques magasins de tissus.

À la Mercerie Saint-Pierre, une armée de poupées d’étalage mi-grandeur nature, très sexy, décorent les tables de présentation des rouleaux de textile.

On ne s’ennuie pas à Paris.

Publié dans Art Brut, Exploration, Exposition, Flâneries | Tagué , , , , , , , , | Laisser un commentaire