Carnet de Bord 17/1 de Gand à Paris

Au début de sa carrière professionnelle, mon frère avait un patron réputé pour ses compétences commerciales. « Jacques, n’oublie jamais, le contact social, rien ne vaut le contact social! » Répétait-il à longueur de journée.
On en a pris bonne note et nous, on cause aux gens, en navigation en particulier aux mariniers, aux éclusiers et à toutes les personnes que nous rencontrons sur notre chemin.
Ainsi, on apprend des choses et on avance plus vite, vous verrez plus bas.

Contrairement à mon habitude, je vous livre le récit de notre navigation de Gand à Paris; une fois n’est pas coutume.

Gand – Menin se déroule sans problème malgré une attente de près de deux heures devant l’écluse de Harelbeke sur la Lys.
Avant cela, à Sint-Baafs-Vijve, le premier ouvrage d’art de notre voyage, l’éclusier, sympa, compte tenu de notre taille, nous fait passer de la 8e bassinée à la seconde. Ce lendemain de weekend prolongé, le fleuve est embouteillé.

Le soir, nous frappons les amarres au port de Halluin-Menin. L’endroit est tristounet, particulièrement par ce temps glacial et pluvieux. On ne voit personne.
La deuxième nuit, nous faisons halte à Don, dans le bras de l’ancienne écluse. La halte fluviale est propre, calme et en bon état.
Sur la place du village une friterie nous prépare notre repas du soir. Nous sommes ici depuis dix ans, nous explique la patronne, ça marche bien, on travaille à 4, bientôt à 5. Les frites ne valent pas celles du ‘Blauw Kotje’, sur la chaussée de Courtrai à Gand, mais après une journée de navigation, elles passent bien.

Le jour suivant, les trois écluses de Douai nous ouvrent leurs portes de loin, je félicite l’éclusier de la seconde, « de toutes les écluses que nous avons franchies depuis 13 ans, vous êtes les plus sympas ». C’est vrai et le préposé promet de transmettre le message à ses collègues.
On s’engage dans le canal du Nord, derrière Angelina, un Freyssinet de 39 m. Il nous conduit jusqu’à l’entrée du tunnel de Ruyaulcourt, il est 20:15. Depuis le 1e janvier 2017, les écluses de ce trajet tournent de 06:30 à 20:30.

 

Amarré derrière nous, le patron de l’Anclama nous conseille de nous engager les premiers dans le tunnel, le lendemain matin, afin d’éviter d’être dans les gaz d’échappement des péniches. Il me confie avoir 59 ans, encore trois ans à tirer, ma maison est payée ainsi que mon bateau, je suis pépère. J’ai commencé à naviguer avec son père, à l’âge de 14 ans. J’ai parcouru l’Europe, France, Belgique, Hollande même l’Allemagne. J’aime bien les allemands, les hollandais sont arrogants et les flamands sont encore plus racistes que nous.
Je l’écoute poliment, notre pavillon français m’évite une explication.

J’engage le Chat Lune dans le tunnel à 06:20, ensuite, nous prenons toutes les écluses avec l’Anclama et nous frappons nos amarres à 20:10 sur le canal latéral à L’Oise, à Janville devant une coquette petite maison.
En sort une vieille dame, toute menue, le chignon gris et le sourire aux lèvres.
J’habite ici depuis 35 ans, à la mort de mon mari. Mes enfants sont à Charleville et moi je regarde les bateaux passer. Attention, laisser du mou à vos amarres, la nuit, le niveau de l’eau varie d’une trentaine de centimètres. Je suis son conseil.

Le cinquième jour, on repart à l’aube, pour arriver chez Guerdin à 08:05, nous sommes le premier client de la journée, on fait le plein de carburant et j’achète un bout de cordage pour remplacer notre aussière centre tribord, qui s’effiloche. À Paris, au calme, je vais réaliser un œil épissé pour faire une belle boucle. L’employé qui nous sert revient d’une croisière sur le Danube, il a visité Budapest, on échange quelques souvenirs.
Comme toujours, la descente de l’Oise se déroule sans problème, les portes des (petites) écluses s’ouvrent à notre approche et à 18:30, 100 km et 7 écluses plus tard, nous amarrons notre bateau aux pontons de la halte fluviale de Conflans-Sainte-Honorine, sur la Seine.

Dimanche, le 7 mai, c’est mon anniversaire et le sixième jour de notre voyage vers Paris.
L’éclusière de Bougival à un délicieux accent du midi, elle regrette le manque de soleil. À la sortie du bassin, du haut de la tour de contrôle, tout sourire, elle nous fait des grands gestes de bon voyage.

  1. Le courant n’est pas fort sur la Seine et à 14:44 on passe au niveau de la statue de la Liberté, en vue de la Tour Eiffel.
    Une heure plus tard, ayant louvoyé entre les bateaux-mouches, nous franchissons l’écluse #9, celle qui relie la Seine au Canal Saint-Martin et au port de l’Arsenal.
    Remi, le capitaine du port nous attribue l’emplacement #54, à trois bateau de l’écluse. Nous avons le cœur chaud, on est accueilli par Carlos du ‘Sungai’ , Béatrice de ‘Chantons sous a Pluie’, Bill et Genevieve du ‘River Pipit’, Nathalie du ‘Bulle d’O et Xavier et Michèle du Bonny’.
    L’apéritif est au frais, nous sommes arrivés chez chez nous.
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Carnet de Terre 17/7 – Budapest

Il faut prendre la ligne de métro 4 jusqu’à Kelenföld, le terminus. Ensuite le bus 101E ou 150 direction Campona, jusqu’à l’arrêt Memento Park. Le trajet en bus dure 10 minutes et vous conduit en pleine nature, au sud-ouest de la ville. Un imposant portail en brique rouge marque l’entrée d’un musée insolite. En 1993, quelques années après la chute du mur, la municipalité de Budapest procéda au démontage des symboles de l’ancien régime qui ornaient les places publiques de la ville.
Au lieu de vendre le métal à une quelconque fonderie, les monumentales statues, bustes et bas-reliefs furent rassemblés et exposés, avec beaucoup de respect, autour d’un forum de la dimension d’un terrain de football. Marx, Lénine, Staline, les glorieux soldats et les austères martyres rappellent aux visiteurs un demi-siècle de l’histoire du pays.
Dans une baraque annexe, ouverte à tous les vents, le soleil brille mais il fait un froid de canard, nous nous asseyons sur d’anciens fauteuils de cinéma. Sur un bout de toile tendue au mur, on y projette un montage en noir et blanc, issus des archives de la police secrète de l’époque communiste. Il agit d’une succession de films didactiques réalisés à l’intention des futurs agents secrets. Les acteurs sont des policiers. Nous apprenons entre autre, comment filmer des suspects avec une caméra cachée dans un sac à main, comment fouiller un appartement sans laisser de traces à l’occupant et comment établir une filature.

Mais Budapest est une ville merveilleuse.

Nous venons de passer une semaine dans la capitale Hongroise, elle ne figurait pas sur l’itinéraire du Chat Lune.

D’aucuns de mes amis navigateurs rêvent de descendre le Danube pour visiter Vienne et Budapest. Les plus audacieux rêvent même de poursuivre leur croisière jusqu’en Mer Noire, de traverser le détroit du Bosphore et revenir en France par la Méditerranée.
J’en connais aussi qui vont entreprendre la descente de ce majestueux fleuve jusque Budapest pour ensuite le remonter à contre-courant. Sachez que comme c’est le cas pour le Rhin, le fleuve avance dans son lit à l’allure de 7 à 8 km/h. Sachez que nos vedettes Hollandaises ont une vitesse de croisière de 12km/h. Faites le calcul et vous verrez que vous descendrez de l’Allemagne vers Budapest à la vitesse de 20km/h et que vous remonterez le même fleuve à 4km/h. Il vous faudra par conséquent 5 heures pour parcourir 100 km, du nord au sud et 25 h pour faire le même trajet dans l’autre sens.
RyanAir nous met Budapest 2 heures de vol de Charleroi, pour 25€ par personne, on a pas hésité.

Mon intention n’est jamais d’écrire un guide touristique. Achetez plutôt pour la modeste somme de 9,90€, ‘Une Grand Weekend à Budapest’ Hachette Tourisme ISBN 978-2-01-396100-4

Quelques souvenirs de notre séjour me traversent l’esprit.

Nous avons pris le train des enfants. Au départ de la station Széll Kálmnán tér de la ligne de métro 2, le tram 61 vous conduit à la gare située au nord du trajet.
Long de 12 km, la ligne traverse les bois sur le haut de Buda. Ce sont des enfants de 10 à 14 qui en ont la charge, accompagnés par des professionnels. Ils régulent les départs, contrôlent les passagers et vendent des tickets. Créé en 1948, il doit son origine à l’idéologie communiste qui visait à inculquer aux jeunes, la discipline du travail.
De l’arrêt du mont Saint-Jean, nous gravissons la colline pour voir la vue étendue de Budapest.
Une rafale de neige nous rappelle que le printemps est encore froid.

Nous avons aussi pris le train vers Szentendre. C’est un village à l’aspect méditerranéen, situé le long du Danube à l’amont de la ville. À éviter en saison touristique. On recommande un restaurant local, le Dalmát Szamár Bistro, Bartók Béla utca 8, un peu en dehors de sentiers battus, petit, sympa et bon.

Retour à Budapest; question restaurants et cafés, au cœur de la ville on a aimé Anna Café, pour son ambiance et son bon café.
La ville regorge d’excellents restaurants à touristes mais nous recherchons toujours les endroits où mangent les autochtones. À l’entrée du marché Lebel Csarnok, à la sortie de la bouche de métro Lebel ter, sur la ligne 3, vous trouverez une cantine qui sert des plats locaux. On y sert entre autre, un excellent goulasch pour 3€ par personne.
Le marché adjacent est un des plus authentique de la ville, on y trouve pléthore de fruit frais et de pâtisseries.


Une excellente délicatesse est le flódni, un petit gâteau à trois étages, pommes, noix et grains de pavots. C’est une spécialité de la pâtisserie et café Fröhlich, dans l’ancien ghetto juif, Dob utca 22, pas loin du centre ville.

Budapest compte des dizaines de centres commerciaux identiques à ceux de toutes les grandes villes d’Europe. Zara, MediaMarkt et les autres s’y sont implantés ainsi que les MacDo et les Burgerking, si vous aimez la chose. Le plus grand est le Westend, situé à 100 m au sud du Lehel Csarnok, mentionné ci-avant.
Le seul avantage de ces ‘malls’ est qu’on y trouve des comptoirs d’échange. Le forint est la monnaie locale, il s’échange contre 305 ft pour un euro. Oubliez l’aéroport et les banques, trouvez un bureau qui vous fait l’échange ‘sans frais’, c’est indiqué. Plus la somme à échanger est élevée, plus le tarif est favorable, ça se négocie, je l’ai fait.
Tant que j’y suis, si vous avez plus de 65 ans, les transports en communs en ville, métros, trams et bus sont gratuit à la simple présentation de votre papier d’identité.
Nous en avons fait un usage intensif. Un petit plan à l’appui, et vous couvrez rapidement toute la ville en bondissant d’un métro à l’autre, ici un bus, ici un tram, quel plaisir.

L’avenue Andrássy débouche sur Városliget, le ‘Bois de Ville. Ce parc d’un km2 offre une palette d’attraction et quelques musées, dont celui des transports. Ce musée figurait sur notre agenda; les palissades qui l’entourent comportent des explications en Hongrois dont nous avons déduit qu’il doit être en rénovation.
Plus loin dans le parc, le hall d’exposition Petöfi Csarnok, abritait une brocante que nous voulions explorer, il vient d’être démoli.
On s’est contenté de parcourir les stands que les pompiers de Budapest avait érigé pour promouvoir leur équipement et amuser les gosses et leurs parents.

Le musée Kogart ház, au 112 de l’avenue Andràssy, offre un exposition troublante de photos de Lisa Kristine.
La confrontation entre la beauté des photos et les drames qu’ils exposent nous coupe le souffle.

Photos de Lisa Kristine
Comme tout un chacun, on est vaguement conscients qu’ici et là sur notre planète, des formes d’esclavage existent toujours.
Ouvrez le lien ci-dessous:
http://50forfreedom.org/fr/uncategorized/lisa-kristine-devoile-le-visage-de-lesclavage-moderne/
Je n’en dit pas plus.

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April in Around the Arsenal!

Source: April in Around the Arsenal!

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Carnet de Terre 17/6 – Michiel Hendryckx et le Chat Lune

Le monde entier estime que la France est le paradis sur terre. À l’exception des Français, qui ont élevé ‘râler’ au niveau d’un sport national. En France il fait toujours trop chaud ou trop froid, trop sec ou trop humide. Surtout, il n’y en a jamais assez. À chaque retour dans mon village français, j’ai l’habitude de crier du haut de la fenêtre de ma chambre à coucher: « Vive la France! ». Mes voisins me connaissent et trouvent mon cri du cœur touchant. Mais ils ne le croient pas sincère.
La présente exposition est une déclaration d’amour.

Ainsi s’exprime Michiel Hendryckx, photographe de son état, dans l’introduction de l’exposition, « Het verlangen naar Frankrijk », ouverte jusqu’en juin 2017, dans le réfectoire de l’ancienne abbaye Saint-Bavon à Gand.

Nous devons notre mode de vie à Michiel Hendryckx et le Chat Lune lui rend hommage. Depuis 2005, d’avril à octobre, notre bateau devient notre résidence flottante avec lequel nous parcourons essentiellement les voies navigables de France. Le catalyseur de cette décision est une émission que la chaîne belge Canvas émit, début 2005, pendant 10 vendredis.
Het Bourgondisch Complot’ (le Complot Bourguignon) suivit le voyage que Michiel Hendryckx entrepris de Gand a Mâcon, avec une péniche habitable, la ‘Maria van Dam’.

Het Bourgondisch Complot,
een programma van ‘Zie Ze Doen’ in opdracht van Canvas.
De ‘Maria van Dam’ met op de achtergrond het kasteel van Ch‰teuneuf.

Le projet était inspiré par les liens historiques qui rattachent la Flandre à la Bourgogne. En particulier, l’union de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, qui épousa à Gand, Margaretha van Male, fille unique du Comte de Flandre, le 19 juin 1369.

Chaque épisode fut pour le photographe, l’occasion de visiter les environs de son lieu d’amarrage et, le cas échéant, de souligner les particularités historiques du lien entre les deux provinces. En plus de cela, il invita à bord pour chaque trajet, des personnalités très diverses, tel que le chanteur Patrick Riguelle, le biologiste Hollandais Midas Dekkers et Rik Torfs, l’actuel recteur de l’Université de Louvain.
En signe d’amitié pour le passager, chaque émission se clôturait par un rituel. Michiel Hendryckx sortait d’une valisette en bois, un réchaud à gaz et une machine à café. Le café se dégustait avec un petit beurre.

Au siècle dernier, pour Marleen et moi, les bateaux de plaisance se conjuguaient ‘voile’, et c’est d’un regard désabusé et méprisant que nous observions les bateaux à moteur.
Au début du 21e siècle, on tâta le fluvial et c’est en pénichette que nous avons exploré l’Irlande.

En mai 2005, l’émission de Michiel Hendryckx nous poussa à louer un Linssen Dutch Sturdy 320, sur le Canal du Nivernais.
Au retour de la semaine de navigation, nous avons acheté le Chat Lune, une Linssen Dutch Sturdy 320, chez Paul Van Der Mye, qui à l’époque, était le concessionnaire de la marque à Auxerre.

C’est donc avec beaucoup de sympathie et de reconnaissance que nous avons parcouru l’exposition de photos de notre photographe préféré.

La première photo est exposée sur le parvis du réfectoire. Elle montre la porte d’entrée de la cour d’honneur du palais des papes à Avignon.
Hendryckx commente que les français cultivent l’art de maintenir leur patrimoine historique dans le respect du passé et de l’usure du temps, dans leur jus.
C’est aussi le cas de l’abbaye Saint-Bavon.
Le photographe aime la tension créée entre la précision de ses clichés et l’érosion des pierres de l’ancien cloître.

Une exposition à ne pas manquer.

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Carnet de Terre 17/5 – Aquarelles et bientôt Paris

S’il est vrai que je n’ai plus édité de billet depuis celui de Carl De Keyzer, il est tout aussi vrai que je continue à peindre des aquarelles.
Je publie celles que j’aime sur Facebook mais pour ceux d’entre vous qui consultez mon blog et qui n’êtes pas sur FB, voici une sélection de mes dernières productions.

La mise à l’eau du Chat Lune est prévue pour le 27 avril et comme chaque année, nous projetons en premier lieu, d’aller passer quelques semaines au Port De l’Arsenal à Paris.
Partant de Gand, il est probable que nous allons emprunter le trajet qui passe par Oudenaarde, Valenciennes, Cambrai, le Canal de Saint-Quentin, le tunnel de Riqueval et son toueur, Compiegne pour rejoindre la Seine à Conflans-Sainte-Honorine.

J’en dirai plus lorsque nous en serons là.

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Carnet de Terre 17/4 – MIMA – Boris Tellegen – Botanique – Carl De Keyser

Carl De Keyser, photographe de son état, est le fils du peintre Raoul De Keyser, un ami d’enfance de feu mon beau-père. Nous avons un pan de mur décoré de cinq sérigraphies, achetées il y a une quarantaine d’année, des carrés verts avec des lignes blanches.
Le musée du Botanique à Bruxelles expose jusqu’au 30 avril prochain des photos de voyage, intitulées ´Before the Flood’ et ´Higher Ground’.

Venant de la place Rogier, pour accéder à l’entrée du musée, nous traversons les jardins situés entre le ring et les verrières. Marchant, assis, debout, couchés, des centaines de jeunes et moins jeunes profitent du soleil de cette belle journée de printemps.


Un film documentaire, projeté dans la salle du fond, montre le voyage du photographe. L’œil visé à son oculaire, Carl De Keyser constate que les européens ne sont pas particulièrement préoccupés par le réchauffement de la planète et encore moins par la montée des eaux.


Le Botanique expose une série de photos prises le long des plages et une autre série prises en montagne. D’une certaine manière, ‘où nous sommes et où nous allons’. L’artiste explique qu’il cherche à donner à chaque image, quelque chose de plus que l’esthétisme pur d’un beau cliché.

Souvent spectaculaires, parfois intimes, les photos sont de toute beauté.

Le Mima (Millennium Iconoclast Museum of Art) est un nouveau musée d’art contemporain implanté le long du canal, dans les anciennes brasseries Belle-Vue, à Molenbeek-Saint-Jean,.
Marleen se demande où l’on brasse la Kriek à l’heure actuelle?
Réponse, la Geuse, la Kriek et la Framboise sont brassées à Leeuw-Saint-Pierre en province du Brabant Flamand.

Boris Tellegen, né en 1968, est le fils de Toon Tellegen, écrivain Hollandais, poète et physicien, connu pour ses livres d’enfants.
Sous son nom d’artiste ‘Delta’, il débuta sa carrière comme peintre de graffitis tridimensionnels. Au milieu des années 90, il étudie le Design Industriel à la TU de Delft. Des lors, il passa des tags à la sculpture.
Le Mima lui consacre plusieurs salles.


Sur un tout autre sujet, Erdogan a remplacé Trump dans le collimateur des médias. Tout aussi fou, tribun et dangereux. Je ne me pose plus la question de savoir pourquoi une majorité de Turcs vont voter pour lui, ni pourquoi les américains ont élu l’autre maniaque. Hier, les Hollandais n’ont pas voté en masse pour Wilders, le pendant de Marine Le Pen. C’est réjouissant.
Outre Manche, Theresa May s’excite pour sortir de l’Europe et les Ecossais vont organiser un référendum pour se détacher de l’Angleterre.
Heureusement, en France, on y voit beaucoup plus clair. La gauche oscille, la droite ballotte, et l’extrême droite se réjouit.
Chez nous, on a vite voté une loi pour permettre à police gantoise d’expulser une famille de Roms qui en toute légalité ont squatté une maison bourgeoise au centre ville. Avant cette loi, l’occupation d’une maison vide, même si les propriétaires étaient simplement partis acheter des légumes chez l’épicier du coin, n’était pas illégale et le maire et sa police ne pouvaient pas expulser les intrus.
Tant qu’à faire dans mon analyse politique, la cour européenne a donné tort à une femme qui avait porté plainte pour s’être fait licencier pour avoir refusé d’enlever son couvre cheveux. La cour européenne estime que les entreprises peuvent exiger aux employés qui sont en contact avec la clientèle, un port vestimentaire ‘neutre’.
Ça promet quelques réactions.

Ci-dessous, rien à voir avec ci-dessus, une aquarelle des trois tours de Gand.

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Carnet de Terre 17/3 – mes Carnets de Voyage et mes Aquarelles

img_0405En automne 2009, le Musée de la Poste à Paris organisa une exposition intitulée Carnets de Voyage. Cette initiative me fit une grande impression et je me donna envie d’écrire des carnets pour documenter nos voyages.
Je suis fasciné par l’aspect sensuel du carnet toilé, par la rédaction à la plume et aussi par les dessins, qui vont du simple croquis à l’aquarelle sophistiquée.

En 2010 le Chat Lune nous conduisit en Allemagne et plus particulièrement à Potsdam et à Berlin.
Trois ans plus tard, en octobre 2012, notre bateau retrouva son port d’attache à Auxerre.
Notre voyage se trouve documenté sur mon blog.

C’est à partir du mois d’août 2010 que je me mis à écrire et à publier régulièrement mes billets.
Écrire et faire partager notre passion, me procure une grande satisfaction.
En plus de cela, deux fois par an, à l’issue de notre croisière et aussi après nos six mois de vie à terre, j’utilise le programme BlogBooker pour transformer mon blog en format pdf. Ensuite je le fait imprimer sous forme de livre.
Au fil des années j’ai constitué une quinzaine d’albums, les billets réunis de mon blog de 2010 à 2016, textes et photos.

Entre-temps, l’idée du Carnet de Voyage continua à me trotter en tête. Le plaisir de créer un véritable carnet, la satisfaction de l’écriture à la plume, du dessin et de l’aquarelle.

J’ai toujours bien aimé dessiner et il m’est arrivé dans un passé très lointain de tenter quelques aquarelles. Un jour j’ai même construit une boîte en bois pour ranger mes pastilles de couleur et les pinceaux. Voir ci-dessous.

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En novembre 2014, je me mis à documenter nos pérégrinations terrestres. Quelques notes et quelques dessins colorés dans un carnet de croquis Canson.
Lorsqu’en 2015 nous reprîmes notre vie à bord du Chat Lune, le support resta le même mais il changea de nom et le Carnet de Terre devint le Carnet de Bord.
Voir quelques exemples ci-dessous.

En fin de saison, revenus à terre, mes dessins colorés à l’aquarelle ne me donnaient pas entière satisfaction et je décidai de perfectionner ma technique de la peinture à l’eau.
J’ai dans ma bibliothèque un manuel écrit par l’aquarelliste Anglo-Americain, Rowland Hilder, ‘Painting Landscapes in Watercolor’. Hilder est célèbre pour ses marines et ses paysages.
Dans l’introduction de son livre il conseille aux débutants, pour s’entraîner à la technique, de peindre une aquarelle chaque jour.
Je le pris au mot et du 10 octobre 2015 au 10 octobre 2016, j’ai peint, une et parfois deux aquarelles chaque jour. Il m’est arrivé, à la rentrée d’un spectacle, de commencer une œuvre à 23:30 pour la finir une heure plus tard. Celle du jour suivant se fit le lendemain.
Je n’ai pas raté un seul jour. Mon défi accompli, pris par la passion, je continue à peindre deux ou trois aquarelles par semaine. Lorsqu’elles me plaisent, je les met sur Facebook.

Depuis quinze mois, j’ai réalisé plus de 450 peintures.

Pour revenir à l’idée des Carnets de Voyage, le 8 janvier 2016, j’ai remplacé les carnets de croquis Canson par des carnet d’aquarelle Moleskine dimension DIN A5, 21x13cm, papier coton 200gr/m2, 36 pages par carnet.

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Depuis cette date, c’est dans ces carnets que je peins et qu’en quelques mots je relate les événements de chaque journée de nos voyages.
D’avril à octobre 2016, j’ai rempli 5 carnets à raison d’une page par journée.

En plus de cela, quand on ne bouge pas, devant ma table à dessin, je continue à produire des aquarelles sur du papier d’aquarelle Schleiper, DIN A4, 29x21cm, 300gr/m2

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Cette année-ci, à partir du mois d’avril, lorsque nous reprendrons notre croisière avec le Chat Lune, je continuerai à documenter notre voyage dans les carnets Moleskine DIN A5.
J’ai aussi l’intention de continuer à rédiger des billets et à les publier sur mon blog.

Je vous livre en vrac quelques photos de mes aquarelles de terre et quelques exemple des pages de mes carnets Moleskine.

Ci-devant quelques pages des carnets.

Ci-dessous quelques aquarelles dimension DIN A4

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Carnet de Terre 17/2 – Le sauvetage de l’Askoy II – Ghent Boat Show – Spillaert, Ensor et UKIYO-E

img_4444Lorsque le père Wittevrongel demanda à Jacques Brel pourquoi il avait choisi sa société pour fabriquer les voiles de son ketch, ce dernier répondit, « parce que tout le monde me l’a déconseillé ».
C’est Staf Wittevrongel qui nous relate l’anecdote.
En 2008, les deux frères Wittevrongel décident de récupérer et de restaurer le yawl du chanteur, lequel est enfoncé dans le sable de Baylys Beach au nord e la Nouvelle Zélande.
Pour plus de détails sur l’opération de sauvetage lisez le blog http://jacques-brel01.skyrock.com/14.html ainsi que http://www.tahiti-infos.com/Renaissance-du-voilier-de-Jacques-Brel-l-Askoy-II-cathedrale-des-mers_a106818.html
Dans un coin du Boat Show, les deux frères ont installé un petit stand pour promouvoir leur projet.
Voir http://www.askoyii.be

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Vendredi dernier nous avons fait le tour du Boat Show à Gand, on a récolté des bonbons, des porte-clés et des revues gratuites.
Mais aussi, nous avons fait la connaissance de Claire Sénécaut, responsable de la cellule d’aménagement touristique des VNF du Nord-Pas-De-Calais.
Je souligne cette rencontre car la jeune femme est sympathique et très compétente.
Elle nous apprend entre autre, les choses suivantes:
– VNF a édité 6 cartes fluviales de France, qu’elle nous offre. J’en ignorais l’existence, elles complètent bien les Fluviacartes et les guides Breil.
Les voici: Nord-Pas de Calais, Rhône Saône, Sud Ouest, Centre Bourgogne, Bassin de la Seine,
et Rhin.
Le toueur du tunnel de Riqueval sur le canal de Saint-Quentin n’opère plus qu’une fois par jour et il est conseillé de téléphoner 48hrs à l’avance pour la réservation.
Elle nous a également précisé que la Sambre entre Charleroi et Chauny sera ouvert à la navigation de plaisance à partir de 2020. Le nouveau canal Nord-Europe à partir de 2024 ainsi que le petit bout de la Somme qui passe par Ham.
Comme nous, Claire regrette que Lille ne possède pas de port de plaisance. Elle nous conseille de nous amarrer dans le Bras de la Barre, c’est le canal qui au sud, longe la parc la citadelle, il y a quelques bollards avant le premier pont.
Au moment de se quitter, en prime, elle nous offre un pavillon VNF. Il fait la dimension de notre pavillon français et il pourra servir de nappe sur la table du carré. Encore que Marleen envisage de s’en faire un bikini.

Depuis mon billet 17/1, le premier de cette année-ci, nous avons fait plein de trucs mais je n’ai pas eu le courage d’en faire rapport.
Le présent écrit, le 17/2, témoigne de ma flemme.

Avant le Belgian Boat Show, le 11 février, nous avons parcouru les rues d’Ostende lors de la nuit des musées, pour en visiter trois et deux galeries.

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Léon Spillaert est notre peintre préféré. Ni Marleen ni moi n’aimons trop James Ensor, mais au Muzee dans les salles consacrées à Spillaert et Ensor, nous sommes tombés en admiration devant un grand tableau de ce dernier. Une vue de la mer, sans masques grimaçants. Cela nous à fait penser à Turner.

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Le mardi 7 février nous sommes retournés au Musée du Cinquantenaire à Bruxelles voir la deuxième partie de UKIYO-E, les plus belles estampes japonaises de la collection du musée.

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La grande bibliothèque de Gand Sud est fermée pour cause du déménagement vers le nouveau bâtiment, situé en face, de l’autre côté de la Lys, à l’endroit nommé ‘De Waalse Krook’.
En attendant la réouverture le 10 mars prochain, nous chinons les bibliothèques municipales périphériques et à Tronchiennes, j’ai trouvé un guide qui retrace l’histoire de la grande exposition universelle de Gand en 1913 ainsi que les années de guerre qui l’ont suivi. Le titre est ´Wandelen door Gent 1913-1918′, par Peter Jacobs et Erwin De Decker. J’en parlerai dans mon prochain billet, le 17/3.

Entre-temps, je continue à peindre des aquarelles. J’ai l’intention de les montrer dans un prochain billet, cela me fera moins de texte et plus d’images.

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Carnet de Terre # 17/1 – La sexualité de Peggy Guggenheim et les Photos a Bruges

img_1906Pour bien vendre il faut mettre une jolie fille sur la couverture et pas de couverture sur la jolie fille. Le nombre de lecteurs de mes billets stagne, aussi, j’écoute ce judicieux conseil et, cerise sur le gâteau, j’ajoute un titre alléchant à mon premier billet de 2017. Cela devrait faire exploser les statistiques.

‘Les surfaces colorées fonctionnent comme des portes battantes dans le plan du tableau. Les masses de couleur et de formes circulaires superposées isolées dans l’espace flottent sur un fond monocorde. Il en résulte une ensemble méditatif. Les formes sensuelles, bulbeuses et compressées entre deux colonnes verticales, sont les symboles d’une résistance héroïque. Le grand format incite le spectateur à se détacher du quotidien en se laissant envelopper par la force émotionnelle de la couleur-lumière. Ce qui l’intéresse, ce n’est pas la ressemblance extérieure, mais le surgissement de la figure. Il perçoit un ordre abstrait, une combinaison secrète et de fantastiques équivalences.’

Ce qui précède est une compilation aléatoire de textes extraits du guide du visiteur de l’exposition ‘Guggenheim Full Abstraction’, que vous pouvez aller admirer au ING Art Center, place Royale à Bruxelles.

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Des années 30 jusqu’à sa mort, Peggy Guggenheim achète à tour de bras et constitue une collection impressionnante d’art moderne. Elle côtoie les plus grands artistes du 20e siècle.
Marc Chagall, Max Ernst, Fernand Léger, Piet Mondrian, Yves Tanguy, Jackson Pollock, Alexandre Calder et de nombreux autres, la liste n’est pas exhaustive.
D’aucuns passent passent par son lit et nombreux sont ceux qu’elle sauve du nazisme en les accueillant au États Unis.

Elle crée la ‘Peggy Guggenheim Collection’ et elle finit sa vie dans le palais Venier dei Leoni, son musée à Venise.

Solomon Guggenheim, crée la Fondation qui porte son nom et finance la construction du musée imaginé par Frank Lloyd Wright. Tout le monde connaît, le long de Central Park, au coin de la Fifth avenue et la East 89 Street à New York, le ‘Guggenheim’.
Les tableaux et les sculptures exposées à l’ING Art Center proviennent des musées de ces deux collectionneurs.

Les textes que j’offre en boutade confortent ma conviction que les œuvres d’art abstrait, modernes et contemporains doivent s’apprécier par les émotions qu’elles dégagent pour le spectateur. Les explications et les textes des critiques constituent une succession de mots dont la signification m’échappe mais qui, relisez le paragraphe, forment en soi une poème abstrait, une œuvre d’art.

La nuit prochaine, il va neiger et ensuite il y aura du verglas, après quoi, le dégel du week-end créera des conditions particulièrement glissantes sur les routes de Flandre, nous promet Frank De Boosere, notre guru climatologique national.
Aujourd’hui jeudi, le 6 janvier 2016, il gèle mais le soleil brille sur Bruges et sur la 4e édition du festival photo. Quatorze églises, chapelles et galeries éparpillées à l’intérieur du périphérique à l’exception de l’Entrepôt, un centre culturel, sportif et social situé près du port, au nord de la ville, prêtent leur murs à des photographes.

Le bureau d’information du Zand nous délivre la plaquette de l’événement ainsi qu’un plan de la ville. Comme l’année dernière, la brochure comporte une brève biographie des auteurs et un mot d’explication sur les œuvres exposées. Comme l’année dernière, elle est rédigée dans le ‘désordre’. À la page 3 on peut lire les #4 et #6, à la page 4, le #5, à la page 5, le #13 et le #8, et ainsi de suite. Comme l’année dernière, les salles ont des horaires différents, certaines s’ouvrent à 09:30, d’autres à 10:00, et d’autres encore à 13:00 et à 14:00. Comme l’année dernière, le regroupement géographique est tel que les lieux avoisinants n’ont pas nécessairement les mêmes heures d’ouverture.

On s’attable dans un bistro pour prendre un café et se constituer un itinéraire qui tient compte des contraintes imposées par les organisateurs.
En fin de journée, nous avons poussé les portes de 10 des 14 sites et selon l’app de mon iPhone, nous avons parcouru19.473 pas et marché l’équivalent de 11,7 km.

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En vrac et sans être complet, on a aimé, au cloître des Carmélites le reportage en noir et blanc de Ian Berry. Ses vues humoristiques de la vie en Angleterre des années 70.
À l’auberge de jeunesse Snuffel, les portraits statiques et dignes de chercheurs d’asile par Klaartje Lambrechts.
Dans la ‘Schipperskappel’, les poses érotiques de Jenny Boot.
Dans le bâtiment de la ‘Bond’ et dans le Hal Cultuur, un certain nombre de photos des collectifs exposés.

L’événement se termine le 8 janvier, il vous reste un jour pour aller à Bruges.

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Carnet de Terre # 16/46 – Émile Verhaeren – Léon Spillaert – Budapest

img_1814En cette fin d’année, je procrastine méchamment. Nous sommes le 31 décembre et ceci est mon dernier billet 2016.

Depuis le billet 16/45, publié le 26/11/2016 on a fait plein de choses et j’ai peint de nombreuses aquarelles. Moins d’une par jour, comme pendant les 12 mois du 10 octobre 2015 au 10 octobre 2016, la période de mon défi, mais presqu’une, tous les deux jours. Elle sont aussi plus grandes, format DIN A4, je me dit qu’une peinture vaut deux feuilles de mon carnet de route, le Moleskine DIN A5 que j’utilise en voyage.

Lorsque j’écris régulièrement, je retiens les évènements récents et je n’ai aucun mal à coucher sur papier, les idées qui me sont venues et les anecdotes que j’ai envie de partager.

Ayant interrompu mon rythme, je me contenterai d’énumérer les expositions foulées et un voyage effectué et j’ajoute quelques photos, un peu dans le désordre.

En novembre, il y avait la nuit des musées à Gand.
Le MSK commémore le centenaire d’Emile Verhaeren, poète et un chroniqueur de l’art de son temps, comme le dit la brochure.
Je retiens Marguerite de Mons de Théo Van Rysselberghe et l’eau forte de Mariakerke de James Ensor.
Pendant le parcours, je m’assieds un instant sur une chaise haute en plastique transparent. Le gardien de salle s’approche d’un pas lent, je lui fait, « j’ai pris votre place, comme ça vous pouvez vous promener un instant ». « Je doit bouger, sinon je m’endors et je perds l’attention » me répond-t-il.
J’ai pris l’habitude de faire un brin de causette avec les gardiens de salle.
À chaque fois, je vois leurs yeux s’éclaircir, leur cerveau basculer du mode torpeur à l’éveil attentif. La conversation passe d’une question personnelle, du genre, « vous rester toujours dans la même salle? » à des questions relatives à l’exposition ou au musée.
Faites l’essai, vous découvrirez une chaleur humaine et une source d’anecdotes et une connaissance insoupçonnée chez ces gardiens que d’aucuns assimilent généralement au mobilier du musée.

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De l’autre côté du MSK, toujours pendant la nuit des musées gantois, nous passons au SMAK.
Les expositions d’art contemporain offrent toujours, au sens figuré, à boire et à manger.
J’avoue que depuis que je me suis remis à l’aquarelle, mes goûts ont évolués et je suis devenu plus sceptique que par le passé devant les œuvres conceptuelles. Aujourd’hui, trois coup de crayon bleu sur un vieux papier journal, encadré de branches mortes, me laissent indifférent.
Mais par contre, on aime ‘Blue Heads and Portraits’ du Suisse Nicolas Party.

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Je termine la soirée au STAM pour voir les Dragons. Devant l’entrée de la chapelle où sont exposés les monstres, un tatoueur professionnel m’applique une décalcomanie sur le poignet. Le crâne chauve, vêtu d’un marcel, on peut admirer son épiderme entièrement couvert de dessins et de textes divers. Quarante années de travail me fait-il.

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Dans la rotonde côté sud des galeries royales à Ostende, une exposition révèle 32 tableaux inédits de Léon Spillaert provenants de collections privées. Le thème est la mer et les gens de la côte, pêcheurs et baigneurs.

En décembre nous avons passé quelques jours à Budapest. Voyage impromptu, sur un coup de tête nous y avons accompagné un ami d’enfance. Le Boeing 737-800 de Ryan Air met la capitale de la Hongrie à 2 heures de Charleroi.

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La belle ville s’était décorée pour l’occasion, des marchés de Noël à chaque coin de rue et les immeubles et les pont sur le Danube éclairés de mille feux. En prime, de beaux musées. Nous sommes agréablement surpris par la gentillesse des habitants, par l’infrastructure impeccable, les métros, trams et bus couvrent la ville. Ils sont d’une propreté inconnue chez nous et fonctionnent à des intervalles court, ainsi, personne ne se bouscule dans les couloirs des métros.
Nous y retournerons au printemps pour un plus long séjour, avant la mise a l’eau du Chat Lune.

Encore quelques heures avant minuit.
Je remercie tous ceux qui ont lu mes billets et plus particulièrement ceux qui m’ont envoyé de gentils commentaires.
À tous, une bonne et heureuse année nouvelle.

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Carnet de Terre 16/45 – Okiyo-e – estampes Japonaises et Zebrastraat

img_1379Je fais un bond en arrière dans le temps.
Entre le Caemersklooster et Paris il y a UKIYO-E, images du monde flottant, une exposition au Musée du Cinquantenaire, dédiée aux estampes Japonaises.
Je cite la brochure:
‘Le musée nous invite à découvrir sa prestigieuse collection d’estampes japonaises lors d’une exposition de haut niveau, la première de cette envergure depuis le festival Europalia Japon de 1989. L’exposition est organisée dans le cadre des célébrations du 150e anniversaire des relations belgo-japonaises, dont elle constituera un des points d’orgue.
416 estampes ont été sélectionnés parmi les plus belles de la collection du Musée du Cinquantenaire. En raison de leur sensibilité à la lumiere, les estampes seront exposées en deux phases (changement le 19/12/2016).’
Voir le lien suivant: http://www.kmkg-mrah.be/fr/expositions/ukiyo-e

Une des salles est consacrée aux dessins érotiques. Je me souviens que nous avons vu à Paris, au musée Guimet l’exposition intitulée ‘Miroir du Désir’ consacrée entièrement à des images érotiques. La différence est qu’ici les images sont explicites voir crues, alors qu’à Paris, elles étaient tout en nuances, comme le dessin de la nuque de la geisha, caressée par la main de l’homme. Voir la photo ci-après.img_4231

Pour aller au musée du Cinquantenaire nous prenons le train de Gand à Bruxelles-midi et ensuite le métro jusqu’au rond-point Schuman. Dans notre minuscule pays, les usagers des transports publics sont traités différemment dans chacune des régions. Ainsi notre carte d’abonnement de trams et bus Flandrienne n’est pas valable dans la région Bruxelloise et en Wallonie. Pour la petite histoire, en navigation fluviale, la Flandre requière une vignette et la Wallonie offre un libre passage.
Cela étonne les touristes du monde entier mais pas les habitants de notre pays, qui sont devenus imperméables à la stupidité des instances publiques. Pour la bonne forme et le marketing, des bonnes âmes ont baptisé nos singularités, le surréalisme belge.

Mon cycle d’aquarelles journalières s’est terminé le 10 octobre 2016. Comme j’aime peindre et que j’ai lu quelque part qu’il faut dix ans ou 10.000 heures pour faire un bon artisan, je continue ma production. À la maison, j’utilise du papier DIN A4 au lieu de mes carnets Moleskine DIN A5.

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Ci- devant, la façade ravalée du bâtiment où j’ai passé 5 années de ma vie d’étudiant. De juin à septembre, le matin, 3x1h30 de cours théoriques et l’après-midi, 3 heures d’exercices pratiques et cela 5 jours sur 7 pour nous apprendre à concevoir et construire des ponts, des chaussées, des barrages, des écluses et accessoirement des immeubles. Le samedi matin on avait droit à une répétition, lisez un examen, question de vérifier si on avait bien compris la matière de la semaine.
Aujourd’hui, je me contente de vivre dans des immeubles, de passer sous les ponts, de rouler sur les chaussées, de naviguer sur l’eau des barrages et de prendre des écluses.
De la conception à l’utilisation, le cycle est bouclé.

L’enclave circulaire de la Zebrastraat à Gand comporte des appartements, des salles de réunion et un centre culturel consacré à l’art contemporain. Comme toujours avec l’art conceptuel, on y découvre ‘à boire et à manger’. Le Coréen Lee Lee Nam surprend par ses montages vidéo.
Un exemple. Ce qui au départ sur l’écran, est un délicat paysage champêtre japonais, se transforme lentement pour devenir une grouillante ville moderne. Le fleuve qui serpentait gentiment entre les collines boisées devient une autoroute urbaine et la végétation des coteaux est remplacée par des immeubles-tour.
L’évolution est lente, le film dure 15 minutes, une belle fascination visuelle.
Plus loin dans une des caves d’une maison à l’abandon, qui fait partie du complexe, un cube formé de tuyaux en acier poli s’anime. Le seul bruitage est le métal qui s’entrechoque et l’ensemble qui frappe le sol, voyez le clip ci-dessous.


Notez l’adresse, Zebrastraat 32, 9000 Gent.

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Carnet de Terre 16/44 – Paris, Bill et Genevieve et Tintin

img_1408On retiendra 2016 comme l’année où personne, ni Cameron, ni les tabloïds anglais n’avait cru à un Brexit. On retiendra que les pronostics en début de la campagne électorale donnaient Trump comme grand perdant. Enfin, on retiendra la mort du barde Canadien Léonard Cohen.

Nous allons à Paris.

Le contrôleur sort un bic de la poche de la veste de son uniforme et signe nos deux billets de transport du TGV qui nous conduit de Lille à Paris.
Je le remercie pour son autographe, il part d’un grand sourire et explique que sa machine électronique ne lit pas les pictogrammes des billets imprimés en Belgique, tout comme les machines belges ne lisent pas les pictogrammes français. Un moment de réflexion, mais ça viendra un jour, nous certifie-t-il en nous souhaitant un bon voyage.
Bill et Genevieve devaient venir passer quelques jours chez nous à Ostende, mais Bill était un peu souffrant, alors ils ont annulé leur visite.
Sans hésiter, Marleen décida et je ne fut pas difficile à convaincre, de sauter dans le premier train en partance pour Paris et d’aller voir et consoler nos amis au Port De l’Arsenal.

En débarquant Gare du Nord, avant d’aller au port, nous poussons la porte du studio de Fabien, rue Marx Dormoy. Spécialiste des équipements HiFi de haut de gamme, notre ami est aussi un des seuls à offrir une gamme complète de casques audio. Voir le lien ci-après: http://www.casquehifi.com/index.cfm
En face du studio, nous déjeunons au restaurant les Routiers, après quoi le métro 5 nous conduit quai de la Rapée. Deux cent mètres plus loin, nous prenons possession de notre chambre à l’hôtel des Trois Gares, en face du port de l’Arsenal.

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Nous retrouvons le port comme on l’a quitté en août dernier. Béatrice est un peu faiblarde et ses deux vieux chats, Clochette et Papageno vivent toujours.
Nathalie espère avoir trouvé un nouvel emploi, nous croisons les doigts.
Gilles et son fils Adrien sont en partance pour le Manoir De Bellou. C’est un manoir typique du Pays d’Auge des 15e et 16e siècles, situé au sud de Lisieux, près de Livarot. Il est classé Monument Historique en Normandie. Il appartient à un ami de Gilles et ce dernier va y installer une clôture métallique. Avant de partir il nous offre 4 pots de la confiture de sa production.
J’explique à Olivier, le capitaine de port, que nous sommes rentrés pendant sa sieste. Pas dupe, il nous dit avoir vu le Chat Lune monté sur béquilles, la photo est publiée sur mon dernier billet.
En allant vers les sanitaires, nous croisons Klaus, le Danois du bateau Mille, qui sort de la douche, le torse nu, un essuie de bain négligemment drapé sur ses épaules.
Je lui fait ‘alors?’ Il lève la main et montre quatre doigts, toujours rien, ça va faire 4 mois.
Carlos a promis de venir la semaine prochaine rajoute-t-il, avec un sourire pincé. Notre mécanicien préféré doit remettre le couvercle de la culasse du moteur bâbord du Mille, depuis juillet dernier.
Le village sommeille mais les habitants sont toujours là, vaquant à leurs occupations, nous en faisons partie.


C’est avec joie que nous retrouvons Bill et Genevieve, bien au chaud dans le carré du River Pipit.
Bill semble remis de son malaise, on échange les dernières nouvelles, on boit un café et ensuite, question de reprendre nos habitudes parisiennes, nous allons voir l’exposition ‘Terres De Paris’ dans le Pavillon de l’Arsenal.

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Les grands chantiers parisiens, de la prolongation de la ligne De Metro #14 aux diverses tours, dégagent des millions de tonnes de matières, gravats, béton, sable, argile, et autres terres.
Un décret stipule que 70% des matières doivent être recyclées. L’exposition montre les processus et les produits nouveaux issus de la transformation.
http://www.pavillon-arsenal.com/fr/expositions/10485-terres-de-paris.html


Jeudi, après avoir flâné du côté de l’Opéra, admiré les ours blancs en carton articulés des décorations de Noël des vitrines des galeries Lafayette et avoir acheté trois pulls et une chemise pour Marleen chez Uniqlo, nous retrouvons Fabien au studio. Il nous invite à déjeuner dans un restaurant chinois du 18-ieme.
Notre ami taquine la serveuse chinoise en lui demandant si le bar cuit à la vapeur que nous venons de déguster est ‘halal’, il rajoute et vous, vous êtes halal? Du tac au tac, avec un grand sourire et en faisant un signe de croix, elle lui répond, non, moi je suis ‘halléluia’.

L’après-midi, Tintin nous appelle. Ce n’est pas le but premier de notre visite, mais étant sur place, on ne peut pas ignorer l’exposition au Grand Palais, consacré au héros de notre jeunesse.
Voir http://www.grandpalais.fr/fr/evenement/herge
En tant qu’ancien scout, j’ai l’habitude d’avoir en poche un canif. En septembre dernier, à Düsseldorf, j’ai acheté chez Victorinox, le couteau du soldat Suisse.
Je sais que les scanners des musées parisiens détectent les canifs et dès lors, j’ai coutume, avant chaque visite, de laisser le mien dans un tiroir du Chat Lune. Si il m’arrive d’oublier de le faire, le garde à l’entrée du musée l’emballe dans un sac en plastique, l’étiquette et le range dans une armoire, le temps de la visite.
Pour aller chez Hergé, j’avais toujours mon couteau en poche, aussi, à l’entrée du Grand Palais, je présente mon arme à la dame. On ne peux plus les garder, me fait-elle. Je me fige et je me tais. Suit un long moment d’attente. Allez le cacher dans un buisson, vous le récupérerez à la sortie, me souffle-t-elle.
Je ressors du musée et je camoufle l’objet dans la feuillée. Au retour vers l’entrée, un gardien qui a observé la manœuvre, m’interpelle d’un air sévère, vous avez un couteau, c’est strictement interdit me fait-il, si ‘on’ vous prend dans le métro, vous volez en cabane! Je l’écoute poliment, je prend un air effrayé et je rejoins Marleen au vestiaire du Grand Palais.
Hergé était scout dans sa jeunesse, l’exposition montre les dessins qu’il réalisa lors des camps. Je me demande si plus tard, adulte, comme moi, il portait un canif dans la poche droite de son pantalon.

Vendredi, on se promène dans le Marais, la majorité des boutiques, ainsi que le BHV sont ouverts ce 11 novembre.
L’après-midi nous chinons dans les pavillons du ‘Salon Antiquités Brocantes’ installés autour du bassin de l’Arsenal.
Ce n’était pas programmé mais le hasard fait bien les choses.

Le soir Zaza, la bretonne, nous invite au Temps des Cerises. Une douzaine d’escargots, du riz d’agneaux et un café gourmand clôture une belle journée.

Samedi matin, la journée est inaugurée par un excellent petit déjeuner à bord du River Pipit. Embrassades et on reprend le TGV vers Lille et le train de banlieue de Lille à Gand.

Notre prochain étape à Paris est prévue pour avril 2017, en bateau, bien entendu.img_4170

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Carnet de Terre 16/43 – Le sommeil du Chat Lune et l’Âge d’or de la Flandre

p1070126J’ai toujours en tête la traversée de la Westerschelde, le ciel bleu, la mer calme et de la même couleur, quel bonheur.
Il y a de cela presqu’un mois.
Depuis lors, le Chat Lune repose sur ses béquilles dans un des hangars de Carron Marine à Zelzate. Avec Diederich, le mécano du chantier, j’ai procédé à l’hivernage du bateau. Anti-gel dans toutes les conduites d’écoulement, ainsi que dans le circuit de refroidissement primaire du moteur. Vidange du chauffe-eau, et tant qu’elle était chaude, vidange de l’huile moteur.
Ça ce passe comme suit, Diederich fait le travail, moi j’observe et à l’occasion, je lui passe un torchon pour qu’il s’essuie les mains. Lire la suite

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Carnet de Bord 16/27 – la Hollande # 3 et le retour

img_4005À la jumelle, Marleen observe un cargo porte-containers qui au loin se dirige vers nous. « On dirait qu’il rase les rouges, il devrait arborer son carré bleu. »
Cette boutade est destinée exclusivement aux plaisanciers.
Nous traversons la ‘Westerschelde’, le bras de l’Escaut qui relie Anvers à la mer du Nord.
Il fait un temps magnifique, pas un nuage dans le ciel bleu, peu de vent, on dirait un lac.
Le trafic commercial est aussi intense que sur le Rhin avec la différence que les bateaux sont des cargos de mer et que le chenal fait deux kilomètres de large. J’ai tenu compte des marées et nous quittons l’écluse de Hansweert deux heures après marée haute, comme sur le Rhin, notre vitesse au sol est de 15km/h, un courant de 6 km/h nous pousse gentiment vers Terneuzen.
Demain nous serons à Zelzate, notre port d’attache, ce sera la fin de notre croisière 2016.
On est mélancoliques.

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Je reviens en arrière.

Le 27 septembre dernier, nous avons quitté Emmerich pour Nijmegen. C’est est le premier port Hollandais où nous accostons. Peu avant d’y arriver, le Rhin se sépare en deux et change de nom. Le Waal au sud et le Lek au nord. Le traffic commercial est toujours aussi intense mais le Waal est moins large que le Rhin et la prudence s’impose.
La ville de Nijmegen est construite sur une colline qui surplombe la rivière. Les Romains avaient déjà compris sa position stratégique et ci-et-là un pan de mur témoigne de leur présence ici, il y a 2000 ans. S les ont suivi.
Nous bavardons avec une guide de l’office du tourisme qui distribue des prospectus dans l’ancienne chapelle de Saint-Nicolas du château de Barbarossa, dont les ruines dominent le port.
Elle est Parisienne d’origine et il y a quelques décades, elle a épousé un médecin néerlandais. Depuis lors, elle habite Nijmegen. Le pavillon français du Chat Lune est le catalyseur d’une conversation sympathique.

De Nijmegen nous allons en deux étapes à ‘s Hertogenbosch. Le port de plaisance ‘De Waterpoort’, est situé au cœur de la vieille ville. Situé le long du Dommel, l’accueil est chaleureux et il est bien équipé.
Nous y restons une petite semaine et profitons de l’occasion pour passer deux jours chez Will et Marjan, comme je l’ai expliqué dans mon précédent billet.
Den Bosch est la ville de Hieronymus Bosch, on le saura. Cet été, la ville a organisé une rétrospective des œuvres du peintre. Les musées du monde entier ont accepté de prêter leurs tableaux pour la (courte) durée de l’exposition. À l’heure actuelle, le musée de la ville offre à nouveau aux visiteurs les reproductions des originaux.
Bosch, en reproduction, c’est pas trop notre truc, par contre nous tombons par hasard sur le week-end porte ouverte des artistes locaux. Le guide en main nous marchons d’une maison particulière à des ateliers communs, souvent situés dans les locaux désaffecté d’anciennes écoles ou de bâtiments administratifs appartenant à la ville.
En une journée nous visitons plus de 50 artistes, sculpteurs, peintres et concepteurs divers. Des amateurs et des professionnels. À ma surprise, pas d’aquarellistes. J’en conclu être le seul à tremper mes pinceaux dans l’eau.

J’ai déjà parlé de Heusden, mais pas encore de Yerseke.
Samedi, le 8 octobre vers midi, nous amarrons le Chat Lune dans le ‘Princes Beatrix haven’ au cœur du paradis des moules et des huîtres de Zélande.
La capitainerie me fournit un journal publicitaire qui comporte un plan avec un parcours fléché de 15 restaurants et brasseries qui tous vantent la qualité de leur produits de mer.
Nous choisissons le ‘Viskêête’ situé en haut du port. C’est à la fois un restaurant et un magasin.
Nous optons pour la simplicité, deux fois 9 plates 4-0, un verre de blanc et une eau minérale.
Un délice. On rentre au bateau avec des maatjes et une anguille fumée, pour plus tard.

Sur un banc de sable, en face de l’entrée du port, un bateau de plaisance attend la marée haute pour se renflouer, le skipper a du confondre les rouges et les vertes en rentrant au port.

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Carnet de Bord – 16/26 – la Hollande # 2

img_3957Nous sommes amarrés dans le port de la ville de Heusden, sur la Meuse, à 10 km à l’ouest de ‘s Hertogenbosch.
Marjan et Will nous ont recommandé de faire une halte ici.

Heusden eut une importance stratégique au 16e et 17-ieme siècle lors de la guerre de 80 ans, la révolte des 7 provinces protestantes du nord contre le catholique Philippe II d’Espagne.
Elle faisait partie de la ligne de défense du sud et par conséquent elle fut fortifiée, entourée de murs et de douves et dotées d’un grand nombre de bastions. Les guerres de religion terminées, la ville perd de l’importance et décline lentement.
Après la deuxième guerre mondiale, elle échappe de justesse aux ardeurs des promoteurs immobiliers qui envisagèrent de remplacer les fortifications par des HLM.
Au début des années soixante elle fait l’objet d’un plan de restauration majeur qui en re-fait la ville fortifiée que nous découvrons aujourd’hui.

img_3959Pour illustrer l’importance des travaux, voyez sur la photo, le Chat Lune amarré dans le ‘stadshaven’, le port de la ville. Ce dernier perdit son utilité et au début du vingtième siècle. Il fut comblé et devint la ‘Wilmelmina plein’ avec pelouses, bancs et arbustes.
Pour la joie des plaisanciers, la rénovation le re-creusa et lui rendit l’aspect qu’il avait au moyen âge, lorsqu’il accueillait les bateaux de pêche qui alimentaient la ville en poissons frais.

Venant de la Meuse on y accède en passant sous un pont levis en bois blanc. Sur le quai, on trouve des toilettes ouvertes de 09:00 à 17:00, sinon, ni eau, ni électricité, la seule concession à la modernité est un signal wifi. Par contre, la vue est surprenante, il ne faut pas beaucoup d’imagination pour voir les skutjes débarquer leur marchandises sur l’embarcadère en bois qui même au ‘Vismarkt’ situé plus haut.

img_3966Comme de coutume, le plan de l’office du tourisme en main, nous faisons le tour des remparts et des bastions et nous parcourons les rues de la ville à la recherche des enseignes qui ornent le fronton des maisons.

img_3960Selon la dame de l’office du tourisme, la demeure avec la hache, voir la photo ci-dessous, pourrait avoir hébergé un boucher ou un bourreau, les archives sont muettes à ce sujet.

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Marjan Smit et son compagnon Will habitent Eindhoven dans une ferme construite au 17-ieme siècle. La demeure est située en ville, elle est classée monument historique et en tant que telle, elle doit rester dans son jus, à l’exception des aménagements intérieurs qui la rendent habitable au normes d’aujourd’hui, sanitaires, électricité, chauffage central.img_3948
Nous avons rencontré nos amis en France il y a quelques années. Comme nous, en été, ils promènent leur ‘Geertruida’, une vedette Hollandaise, sur les voies navigables d’Europe.
Marjan est une artiste renommée, elle travaille le verre et dessine des lithographies à la pointe sèche. Voir son site http://www.marjansmit.nl.
Nous étions de passage à ‘s Hertogenbosch, Will est venu nous prendre en voiture pour passer le week-end chez eux, la propriété comporte une annexe séparée avec une chambre à coucher et une salle d’eau, l’accueil des amis.

Je reviens en arrière.
À partir de Düsseldorf, nous avons continué à descendre le Rhin, par petites étapes d’une trentaine de kilomètres chacune, question d’avoir le temps de visiter les endroits où nous faisons halte. Il faut au Chat Lune environ deux heures pour ‘avaler’ trente kilomètres de Rhin.
Pour parcourir la même distance en remontant le fleuve, à la même vitesse sur l’eau de 9 km/h, il faudrait 10 heures. En poussant le moteur à 12 km/h sur l’eau, il faudrait 5 heures, faites le calcul.

Nous faisons une halte dans le Eisenbahnhafen de Duisbourg, PK 781.
L’intérêt de l’endroit d’amarrage est la proximité du musée de la marine. Il est localisé dans les bâtiments d’une ancienne piscine. C’était l’époque où le bassin destiné aux femmes était situé dans un bâtiment séparé de celui des hommes. On ne souhaite pas que cette tradition revienne.

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Pour mes amis navigateurs, notez que le port de plaisance de Duisbourg fournit le fioul au prix le plus bas du Rhin, selon le capitaine du port.

Emmerich, notre dernière arrêt sur le Rhin Allemand, est une autre halte que nous avons aimé, nous y sommes restés deux nuits.
Tuyau pour les plaisanciers, essayez d’avoir la chance de pouvoir vous amarrer à un des deux emplacements disponibles du ‘Stadthafen’, le port de la ville. Il est situé à bâbord dans la darse commerciale, en amont de la ville au PK 851,8.
Le ponton est neuf. Il n’y a pas de sanitaires, pas de douches, pas d’eau mais il offre deux bornes électriques payantes. Le stationnement est gratuit et la ville est à deux pas.
Plus loin, passé le pont suspendu, au PK 854, se trouve rive droite, le plus grand port de plaisance d’Allemagne, dit le guide. Il est à 2,5 km de la ville.

À 200 m du Chat Lune, nous découvrons le restaurant Schlemmerich. Sa terrasse ensoleillée surplombe le Rhin, le café est bon, il y a du WiFi et le chef offre en semaine le choix de 6 plats du jours différents. Il devient notre point de chute.

La ville est proche de la Hollande et les touristes de ce pays sont nombreux à déambuler la Rhein-promenade et à goûter la pâtisserie Allemande.
Mon prochain billet parlera de la suite de notre traversée de la province de Noord-Brabant.

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Carnet de Bord 16/25 – Düsseldorf

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img_3899À Cologne j’ai humé le 4711, à Düsseldorf nous découvrons une boutique qui vend un assortiment de mueslis.

Ma Suissesse de maman, m’a sevré avec ce mélange de flocons d’avoine trempés dans de l’eau pendant une nuit et agrémentés le lendemain matin, d’une pomme râpée, de noix concassées et d’un jus de citron. Ce petit déjeuner m’a rendu grand et fort.
Max Witrock, l’initiateur de la boutique à Düsseldorf, un petit malin sorti d’une école de marketing, distribue sous le vocable Musli, à gros prix, des combinaisons d’ingrédients divers, tous sensés de promouvoir la santé de ses clients. On y voit des protéinés, au yaourt-granola, au chocolat, des paléo-coco, des mueslis d’automne, des aventureux, des détox, j’en passe et des meilleurs.
Le commerce existe depuis dix ans, récemment Max publie un journal intitulé ‘My Muesli Zeitung’.

L’inventeur du produit original est un médecin Suisse du nom de Maximilian Bircher-Benner. Comme le disait ma maman, le produit s’appelle le Bircher-Muesli.
J’explique mon origine au gamin de la boutique et il nous fait goûter un échantillon de l’original.
À la première gorgée, à l’instar du 4711, ma jeunesse me revient en mémoire.
Sachez qu’à bord du Chat Lune, mais aussi à terre, à l’exception d’un Brötchen ou d’un croissant occasionnel, c’est toujours le muesli qui nous sert de petit déjeuner.

Une amie de Marleen, amatrice de l’Allemagne, nous signale que Düsseldorf est le Paris de ce pays. On comprend pourquoi nous aimons cette ville.

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A l’arrivée dans le port de plaisance, on est frappé par les trois immeubles ‘dansants’ de Frank Gehry. Le plus reconnaissable est celui dont la façade ondulée est bardée de tôles en métal poli.
À la fin du siècle denier, le MedienHafen comme s’appelle le port de plaisance, a fait l’objet de rénovations spectaculaires. Les ancien entrepôts et les silos désaffectés ont été transformés en habitations par la main d’architectes célèbres, comme Gehry déjà nommé, mais aussi Claude Vasconi et David Chipperfield. Pour mémoire, en 2013, ce dernier nous a impressionné par la rénovation du Neues Museum à Berlin.

Nous sommes accueillis par une jeune femme d’origine slave, tout en rondeur et le rire à fleur de lèvre. En remplissant la feuille d’inscription, je lui demande la date. Pas très sûre, me fait-t-elle, le 18 septembre? Pas très sûr, répond-je, et nous partons tous les deux d’un immense fou-rire, qui n’en finit pas, même après avoir été vérifier auprès de Marleen, qui était restée à bord, qu’en effet, le jour de notre arrivée à Düsseldorf est bien le 18 septembre.

L’office du tourisme nous fournit les brochures qui vont nous servir de guide pendant la petite semaine que nous allons passer ici.
La ville est la capitale du Land Nordrhein-Westfalen et le port de la ville est un des plus importants ports intérieurs d’Europe. Les revenus qu’il engendre permet à la municipalité d’offrir une cité dont la richesse est omni-présente mais pas ostentatoire.
Rénovée et propre comme toutes les villes Allemandes, l’aisance se mesure entre autre, à la présence des magasins de haut de gamme. Tous les grandes marques étalent leurs produits, pignon sur rue, dans les rues piétonnières comme dans les galeries marchandes dont la Kö-Bogen, réalisée par Daniel Libeskind, un autre grand nom de l’architecture internationale.

Pour notre plaisir nous y trouvons également des musées d’art, qui occupent nos journées et qui sont en partie à l’origine de la prolongation de notre sejour ici.

Pas la seule raison, car à l’instar de Paris, Düsseldorf est une ville où il fait bon flâner, surtout lorsque l’automne indien nous offre ses plus belles journées.
Marleen a un faible pour les brasseries locales, qui fidèles à leur nom, brassent leur propre biere.
Le plan de la ville, fournit par l’office du tourisme, comporte l’adresse de cinq d’entre-elles, nous les essayons toutes.
Je l’ai signalé dans mon précédent billet, notre favorite est la Uerige, pour l’authenticité de ses locaux et pour la qualité de la biere.
Dans chacune d’elles, à peine assis, le garçon suppose que vous venez pour cela et il vous sert presque d’office, deux verres du produit local.
La nourriture est aussi authentique que le produit brassé et nous nous régalons de saucisses, rognons et autres ‘knödels’.

Les villes rhénanes ont presque toutes un musée de la marine. À Düsseldorf, le Schifffahrtmuseum est situé dans la Schloßturm, une ancienne tour de fortification de la ville.
C’est jusqu’ici notre favori. Il n’est pas grand, tout en rond, il se visite de bas en haut et à l’étage supérieur nous buvons un café en admirant la vue de la boucle du Rhin qui caresse ses remparts.img_3898

Si vous venez à Düsseldorf assister à une des nombreuses foires internationales tel que le BootShow, prenez aussi le temps d’aller en ville.

Lorsque nous quittons le MedienHafen, nous avons droit à une chaleureuse étreinte et trois bises de la sympathique slave de la capitainerie.

Mon prochain billet sera consacré à Emmerich-am-Rhein.

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Carnet de Bord 16/24 – Köln

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Située près du vieux port, la brasserie Uerige est la plus passionnante. En cette dernière journée d’été ensoleillée, ses terrasses en face de la Rheinstraße font le plaisir des Düsseldorfer.
Chaque midi, tout au long de notre sejour à Düsseldorf, nous choissons une des brasseries recommandées par l’office du tourisme. Chez Uerige, assis à l’intérieur, nous admirons le ballet des garçons, la biere coule à flot et ils s’y mettent à trois pour soulever et positionner le nouveau fut en chêne sur le comptoir du bar.

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Avant Düsseldorf nous étions amarrés à Cologne dans le port situé pas trop loin du centre de la vielle ville et du Dom. Les épis en peigne, sont accrochés à un ponton central de 400 m de long placé au centre de la darse. Il faut marcher un kilomètre pour aller prendre une douche.
La capitainerie est en refection jusqu’à l’année prochaine; malgré les antennes de rappel, le wifi ne fonctionne que près du bureau du capitaine. Nous découvrons qu’en été, une association locale projette un film tous le soir, sur un écran placé au bout de la darse, près de la capitainerie. Par hasard et par bonheur, nous avons amarré le Chat Lune à l’entrée du port, à 400 m de l’écran et des haut-parleurs.

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L’eau de Cologne 4711 était le parfum préféré de ma maman. Lorsque nous poussons la porte de la boutique Glockengaße, c’est tout mon passé qui me revient en mémoire. À l’étage du magasin, un petit musée retrace l’histoire de l’eau parfumée et à l’extérieur, en haut de la façade, un carillon joue la Marseillaise, toutes les heures, de 9h à 19h.

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Le ticket d’entrée du Kunstmuseum de Bonn donne droit à une visite du Wallraf-Richartz Museum de Cologne et au Museum Kunstpalast de Düsseldorf.
Des trois, le Wallraf-Richartz de Cologne est celui qui nous plaît le plus. Mon étage préfère est le troisième. Il comporte une collection impressionnante de peintres du 19 et 20-ieme siècle. C.D.Friedrichs, Renoir, Césanne, Van Gogh, Liebermann, Munch, pour n’en citer que quelque uns.
Pour attirer le client, certains musées étalent des grand noms. On est parfois déçu, les grands maîtres n’ont pas toujours réalisé de grandes œuvres.
Ici à Cologne, les noms y sont et aussi la qualité des tableaux exposés.

Dimanche à Cologne une manifestation anti-TTIP, rassemble 30.000 participants selon la radio.
Nous apprenons qu’un rassemblement similaire est projeté en Belgique le mardi d’après. En Allemagne on manifeste le dimanche, le mardi, on travaille.

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La navigation sur le Rhin est passionnante, on est régulièrement trématé par des bateaux qui font 135 m de long sur 15 m de large et qui filent à 20 km/h. Ils déplacent 3500 T.
Pour rappel, le Chat Lune fait 10 m de long sur 3,65 m de large, grâce au courant, notre vitesse est de 16 km/h. Nous déplaçons 10 T.
Sans arrêt, on croise des bâteaux de commerce similaires dans l’autre sens. Pour épargner du carburant, les montants quittent systématiquement le lit du fleuve pour remonter la rivière à l’endroit où le courant est le moins fort. Ils naviguent donc à gauche et pour le signaler, ils arborent un carré bleu au centre duquel une lumière clignote. Le croisement se fait de tribord sur tribord.
Il arrive qu’on croise un monstre au moment où un autre nous trémate.
Il arrive aussi qu’un ferry traverse.
Pas question de s’assoupir sur le Rhin.
Marleen était inquiète avant de s’engager sur le fleuve, maintenant elle est passionnée et son visage rayonne de bonheur lorsqu’elle prend la barre.

Comme je l’ai signalé ci-devant, après Cologne nous avons fait une halte à Düsseldorf. On avait projeté d’y rester 3 jours, la ville nous a tellement charmée que nous y somme restes 5.

Mes commentaires seront pour mon prochain billet.

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Carnet de Bord 16/23 Bonn, Mondorf

imageOn s’habitue aux contrôles permanents; les sacs à ouvrir dans le moindre magasin, la fouille à l’entrée des musées et les portiques détecteurs de métaux, les policiers bardés de vestes pare-balles et les militaires en tenue de guerre dans chaque rue et à l’entrée du moindre immeuble plus ou moins officiel.
Mais on savoure leur absence et on sourit lorsqu’on croise une patrouille de policiers décontractés, qui dégustent une glace au coin d’une rue piétonnière au cœur de la vielle ville de Cologne.
Bien entendu, l’Allemagne n’a pas été la victime d’attentats meutriers et le pays n’est pas au niveau d’alerte 3, on peut rêver.

Voilà deux pays qui se touchent, dont l’histoire se touche, et qui sont si différents. Lorsque nous sommes en France, nous aimons la France et lorsque nous sommes en Allemagne, nous aimons l’Allemagne.
Pourtant, ce sont deux mondes très différents. Je ne vais pas les comparer, ni énumérer ce qui nous frappe, car comparer c’est juger. Nous parlons les deux langues, nous y rencontrons la même gentillesse et la même volonté spontanée d’aider le touriste, de l’aide à l’amarrage à la recherche d’un site dans la ville.

En 1945, la plupart des villes Allemandes importantes furent la victime de la stratégie de démoralisation prônée par Winston Churchill. Dans les musées de la ville on peut voir les témoignages photographiques de l’horreur que les B-45 et autres bombardiers ont laissé sur leur passage, jour après jour, nuit après nuit.
Aujourdhui, tout est propre, moderne et blinquant, comme on dit chez nous.
Les immeubles historiques, les maisons et les églises ont étés reconstruits tel qu’ils étaient avant les bombardements. Époustouflant. En plus de cela au fil du développement économique, les municipalités ont investi dans la modernisation de l’infrastructure et dans l’embellissement de leurs agglomérations et pour notre bonheur, l’art n’a pas été oublié.

Bonn fut pendant plus de cinquante ans, la Bundeshaupstadt, la capitale de l’Allemagne de l’Ouest. Ses détracteurs la baptisait ‘la Bundeshauptdorf’. N’empêche que dix-sept années plus tard, on voit encore les traces de ce passage dans l’histoire.

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Nous avons amarré le Chat Lune dans le port de Mondorf, un village à 4 km à l’amont de Bonn. Trois clubs se partagent la darse qui a été creusée dans les années 70, pour extraire la terre nécessaire à la construction de la route qui même à Bonn.
Le président du Rhein Yacht Club, celui que nous avons choisi, nous explique qu’une source d’eau fraîche se déverse dans le bassin et que par conséquent l’eau est très propre et qu’on peut y nager, ce que nous faisons plusieurs fois par jour. Il fait toujours très chaud en cette fin de saison.

Le bus 550 nous conduit à Bonn, nous avons décidé de faire ici une halte prolongée, la ville a un bon Chi, notre qualification favorite et en plus de cela, elle offre aux visiteurs de nombreux musées. Au centre on trouve le Stadtmuseum et le musée de l’Université et plus au sud, le long du Rhin, dans le quartier administratif, où on peut apercevoir au travers des grilles, la résidence de Konrad Adenauer, se trouve la Museumsmeile avec entre autre, la Kunsthalle, la Haus der Geschichte BR.Deutschland et le musée Alexander Koenig.
Une ligne de métro relie le centre à la Museumsmeile. Il est nickel, les rames passent à des intervalles réguliers. Peu peuplé, on l’imagine autrement du temps où la ville était le centre administratif du pays.

Jusqu’au 22 janvier 2017, vous pouvez aller admirer, à la fois dans le Stadtsmuseum et dans la Bundeskunsthalle une exposition consacrée au Rhin. Der Rhein, eine europäische Flussbiographie.
Marleen remarque que les cours d’histoire de notre jeunesse ne soulignaient pas le rôle que ce fleuve à joué dans la construction de l’Europe. De la préhistoire aux deux guerres mondiales, en passant par les Romains et les rois de France. Le Rhin fut la frontière changeante entre Germain, Gaulois, Bourguigons, Bourbons et autres. Théâtre de guerres, on voit s’ériger sur toute sa longeur, pendant deux mille ans, un chapelet de citadelles et de fortifications. Des ponts furent construits et détruits, son cours fut régularisé et raccourci et les industries en firent un égout à ciel ouvert. Aujourdhui il reste l’axe commercial le plus important de l’Europe, la pollution est endiguée et 64 espèces différentes de poissons y ont retrouvé leur biotope.

Au Kunstmuseum, il faut aller voir la rétrospective de l’expressionniste Allemand August Macke.

Le Zoologische Forschungsmuseum Alexander Koenig est à la fois un musée d’histoire naturelle et un centre de recherche. Nous y découvrons une exposition temporaire consacrée à Wolfgang Hartwig. Né le 15 juillet 1928, il fut le ‘Chefpräparator’ du musée à partir de 1956. Il jouit d’une renommée internationale comme illustrateur d’animaux. La précision des coup de pinceaux et le choix des couleurs de ses aquarelles et ses huiles m’émerveillent.

Bonn ne figurait jamais sur la liste des villes à visiter. On a changé d’avis.

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Carnet de Bord 16/22 Koblenz et le Rhin

À Koblenz, le capitaine du port de Ehrenbreitstein nous a réservé un emplacement à côté du bloc sanitaire, en face d’un poste de la police fluviale, avec vue sur le Rhin et la silhouette de la ville de l’autre côté du fleuve.

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Pour aller en ville nous empruntons un bac piloté par un skipper de mon âge et un jeune temporaire qui collecte les billets et frappe les amarres.
L’horaire n’est pas très allemand et l’équipage est sympathique et décontracté.
Le panneau dit ‘De 08:30 à 18:30, à intervalles réguliers et selon les besoins’. Avant chaque départ, le skipper regarde si aucun client potentiel ne se pointe à l’horizon et si c’est le cas, il lui fait signe de ne pas se dépêcher, ‘on vous attend’.
Lors d’un trajet, nous étions installés sur un banc à l’avant du bateau, le skipper bavardait avec une connaissance qui était embarqué avec nous. Au bout d’un moment, il remarque notre présence et nous fait, ‘si on y allait, qu’en pensez-vous?’

La citadelle de Ehrenbreitstein domine le fleuve en face de Coblence. Depuis quelques années, un téléférique y transporte les touristes par dessus le Rhin. De la rive gauche, où nous sommes amarrés, un ascenseur fait la même chose.
Vendredi matin, le 9 septembre, nous montons à pieds, l’équipage du Chat Lune est en forme, et il ne nous faut qu’une demi heure pour atteindre l’entrée de la forteresse. On admire la vue et on fait demi-tour.

Au pied de la General-Aster-Weg, le sentier qui nous a conduit en haut, se trouve le Rhein-Museum Koblenz. Le guide à l’entrée nous explique que ce musée appartient à une association privée. Il fonctionne grâce à des volontaires et sans aucun subside de la ville ou de l’état. C’est une espèce de musée de la marine avec les maquettes de bateaux, l’accastillage ancien, les instruments du bord et les tableaux représentant les activités fluviales. La dernière salle offre une collection de photos anciennes où l’on voit entre autre, le pont flottant qui reliait les deux rives avant que le pont fixe ne soit construit.

J’adore la langue allemande pour sa faculté d’inventer des mots composés qu’en tant qu’étranger, je trouve drôle. Dans la Florinskirche, l’église jésuite de Koblenz, un dépliant m’invite à parrainer le nettoyage des tuyaux d’orgue de l’église. Littéralement de devenir un ‘parrain nettoyeur de tuyaux’, en un mot, un ‘Pfeifenputzerpate’.

Au centre de la ville, la municipalité qui, toujours selon le guide du Rhein-Museum, avait trop d’argent et ne savait qu’en faire, a construit un immeuble moderne qui renferme le Mittel-Rhein Museum, l’office du tourisme et la médiathèque, laquelle en Allemagne s’appelle encore toujours, la bibliothèque.
Toujours selon le guide du Rhein-Museum, l’endroit aurait fait une belle esplanade au centre de la ville. L’homme a peur du vide, les promoteurs sont avides et Confluence fut construit.
Les guides de l’office du tourisme sont nuls, ils se contentent, pour 50 euro cent, de me vendre un plan de la ville.
Quelques jours plus tard à Bonn, nous auront le plaisir de recevoir des explications précises et détaillées de ce que cette ville offre, mais je commenterai cela dans mon prochain billet.

Le musée vaut le détour, ne fut-ce que pour les statuettes polychrome.

Samedi, le 10 septembre, le Chat Lune s’engage sur le Rhin. La descente se fait sans encombres, le courant aidant, nous parcourons les 70 kilomètres qui séparent Koblenz de Mondorf en un peu plus de 4 heures. Le fleuve est large et bien balisé, les gros commerces, les bateaux hôtels et les bateaux de promenade nous croisent et nous dépassent. Souvent, pour suivre un trajet à moindre courant, les commerces montants naviguent rive gauche et pour le signaler, ils arborent le carré bleu. Comme la règle le veut, nous les croisons tribord sur tribord.
Il nous arrive d’avoir à franchir de grosses vagues, elles sont toujours générées par de petits bateaux propulsés par de puissants moteurs. C’est une règle universelle, comme les chiens, plus c’est petit plus c’est bruyant.

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Les berges offrent une alternance d’industries et de Rhein-Romantik, c’est beau le Rhin.
On passe les piliers de l’ancien pont de Remagen, qui en 1945 a permis à 8000 soldats américains de franchir le Rhin pour la première fois. J’ai mis cette photo par erreur sur mon billet précédent.

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Le prochain billet sera consacré à notre séjour à Bonn.

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Carnet de Bord 16/21 – La Moselle de Trier à Koblenz

imageSur son jeans délavé il porte une vareuse marine en cotton, également délavée. Solidement bâti, il doit faire un bon mètre 85 et j’estime qu’il doit avoir 80 ans passé. Tout en souplesse, il déambule sur son BM, de l’avant à l’arrière, vérifie le gréement et range ses affaires dans la pointe du bateau.
Tout à l’aise, au robinet du quai, il remplit d’eau deux bouteilles en plastique ayant contenu du Fanta.
Je connais bien ce bateau, le BM ou zestienkwadraad, comme on l’appelle en Hollande est un voilier en teck latté. Il fait 6 m de long sur 1,98 m de large et sa quille fixe plonge à 90 cm. Le gréement aurique comporte une voile trapézoïdale et un foc.
C’est le bateau qui m’a initié à la voile au début des années 60 à Loosdrecht.
J’adresse la parole au marin, on se retrouve tout de suite sur la même longeur d’onde. Il a acheté son voilier en 1978 chez Ottenhome, c’est le chantier à Loosdrecht où nous allions, mes amis et moi, en juin, après avoir réussi cinq fois de suite nos années universitaires, faire deux semaines de voile. Nous avons appris la technique de la voile par ‘trial and error’. On louait un bateau, ensuite on regardait comment faisaient les autres et ensuite on lâchait les amarres, confiants que tout allait bien se passer, ce qui fut généralement le cas.
On dormait à bord et on réchauffait nos plats sur un feu à pétrole Primus.

C’est ce que fait le marin de la Moselle.
Nous sommes amarrés à Trier, hier il a quitté Konz, l’endroit à l’amont de Trier, où la Sarre se jette dans la Moselle, et son but est de descendre la rivière jusque Koblenz. À la voile, son BM n’a pas de moteur.
Posément, il me raconte que depuis des années il parcoure ainsi le nord de l’Allemagne, la Frise et toutes les voies navigables qui lui plaisent. En 2013, il a déjà fait le trajet Konz-Koblenz, c’est beau, alors il recommence.

Le lendemain, nous le retrouvons à Neumagen et je poursuis notre conversation. Pour planifier ses voyages, il recherche un port qui possède une grue pour aller quelques semaines plus tard, s’amarrer dans un endroit qui lui offre la même facilité.
Sa voiture et sa remorque restent au point A, à la fin du trajet, il prend un train pour aller rechercher son véhicule.

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À Trier, pour aller en ville, nous déplions nos Bromptons. On les amarre au début de la zone piétonnière et le plan flèché en main, nous suivons le parcours, du pont Romain vers la Porta Nigra, de la Catherale à la basilique de Constentin.
Cette dernière nous impressionne pas sa grandeur et sa sobriété. Dès le portail franchit, une agréable quiétude nous tombe dessus.
Nous pénétrons dans une vaste salle rectangulaire, au centre de laquelle s’avancent un alignement de trois rangées de bancs en bois. Les murs nus en brique sont dénués de toute décorations. Le plafond est un damier en bois discrètement ciselé. Au fond dans le cœur, une simple croix suspendue au dessus de la table en pierre blanche de l’autel, rappelle que nous sommes dans un lieu religieux.
Quel contraste avec la Cathédrale Saint-Etienne que nous avons visité précédemment! On passe du Disneyworld de Jésus à une invitation à la méditation.

Du sud au nord, de Trier à Koblenz, la vallée de la Moselle serpente de coline vinicole en coline vinicoles, de château en château, de Weinstube en Weinstube.
Nous mettons quatre jours pour rejoindre la ville où l’Empereur Guillaume du haut de sa monumentale statue surplombe le confluent des deux rivières.


La navigation est paisible, le courant de 1 à 2 kilomètre par heure nous pousse d’une écluse à la prochaine. Distantes d’environ 15 km, elles font 170 mx12m et nous les passons généralement, amarrés derrière un bateau de commerce de 110mx11,45m, d’impressionnants bâtiments. À l’exception de Cochem, qui n’offre qu’un long quai le long de la rivière, les ports intermédiaires sont bien équipés et propres.
Dans l’ordre, après Trier, le Chat Lune fait une halte à Neumagen, Traben-Trarbach et Treis-Karden.

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Koblenz sera le sujet du prochain billet.

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