2014 en révision

Les lutins statisticiens de WordPress.com ont préparé le rapport annuel 2014 de ce blog.

FullSizeRenderIMG_4392

En voici un extrait :

Le Concert Hall de l’Opéra de Sydney peut contenir 2 700 personnes. Ce blog a été vu 16 000 fois en 2014. S’il était un concert à l’Opéra de Sydney, il faudrait environ 6 spectacles pour accueillir tout le monde.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Carnet de Terre # 9 – Anvers, le M HKA et Panamarenko

image

Jan Hoet découvrit Panamarenko au début des années soixante et son enthousiasme pour l’artiste fut à l’origine de nombreuses discussions enflammées que j’eus avec notre cousin.
Ma rigueur d’ingénieur trouvait que l’homme bricolait des ridicules bidules soit-disant volants, qui compte tenu de leur manque évident de technicité, ne quitteraient jamais le plancher des vaches.
J’étayais mes propos à l’aide d’exemples de machines volantes, imaginées et construites par les pionniers de l’aéronautique de la fin du dix-neuvième, début du vingtième siècle.
Mais ‘L’Ornithopter’ de Gustave Trouvé, le ‘Du Temple’ de Félix du Temple ou le ‘Vuia Number One’ du Roumain Trajan Vuia laissaient Jan complément indifférent.
Il me taxait de barbare culturel, dont l’esprit cartésien était incapable de sentir et d’apprécier à sa juste valeur, la poésie que transpiraient les machines inventées par le jeune Panamarenko.

Pendant près de cinquante ans, jusqu’en 1965, où il mît publiquement fin à sa carrière d’artiste, ce dernier continua à produire des engins de formes et dimensions diverses.

Toutes selon lui capable de voler, de flotter ou même de plonger, pour autant que l’administration communale de sa ville natale d’Anvers, l’autorise à faire des test, ce qui ne fut jamais le cas.
Son succès grandit et au fil des ans, d’expositions en rétrospectives, il devint et fut reconnu comme un des artistes conceptuels incontournables.
Mon scepticisme à l’égard de la valeur artistique de ses oeuvres ne changea pas, jusqu’à aujourd’hui.

image

Ce matin à la gare Saint-Pierre de Gand, nous avons pris le train pour Anvers et ensuite de la gare de cette ville, le tram 12 vers le M HKA.
Le musée d’art contemporain de sa ville natale offre à Panamarenko une rétrospective de ses oeuvres. Très courue, le conservateur a décidé d’en prolonger la durée.

image

 

Eh oui, je l’avoue, aujourd’hui j’ai été touché par la poésie et par l’humour que dégagent ses compositions. Jan Hoet, du haut de son nuage, me lance un grand sourire satisfait, « tu as enfin compris » me fait-il en battant de ses ailes d’ange.
Les machines de Panamarenko ne volerons jamais et son sous-marin, si il était un jour mis à l’eau, ne plongerait qu’une seule fois.
Bien entendu il a trouvé son ‘truc’ et il l’a exploité à fond avec beaucoup de succès pendant 45 ans, c’est aussi son mérite. Tout au long de sa carrière son imagination fertile a produit des centaines de dessins et une innombrable quantité d’objets farfelus, le M HKA nous en offre une belle sélection.

Les enfants que de nombreux parents ont amenés voir l’exposition, sont enchantés par les grands jouets de l’artiste. C’est le cas de notre petit fils de huit ans et de son copain qui accompagnent notre fille.
On les trouve assis, un casque vissé sur les oreilles, devant une télé qui projette des extraits de ‘Captain Sky and the World of Tomorrow’, un des films préféré de Panamarenko; selon la brochure, il en a tiré de l’inspiration.

image

 

Il est important d’initier les enfants aux expositions artistiques, nous avons fait de même avec notre fille, elle poursuit la tradition.

Jan Hoet a gardé son sourire.

image

 

Publié dans Art Contemporain, Exposition, Musées | Tagué , , , , , | 2 commentaires

Carnet de Terre # 8 – Biennale du Verre 2014 à Haacht

 

IMG_4546

Black et Toby sont honorés d’avoir été comparés aux ineffables Statler et Waldorf du Muppet Show.

image

Bob était notre voisin lorsque nous habitions Haacht. Une haie séparait notre poulailler de son jardin et comme de coutume à la campagne, le coude appuyé sur le manche d’une pelle, il nous arrivait régulièrement d’échanger des propos sur la couleur du ciel ou sur l’état de sa moto URAL,
Bob est féru d’histoire et moi j’aime les bateaux.
Nous avons habité dix ans dans le Brabant Flamand et il y a dix ans que nous avons quitté Haacht pour revenir à Gand.
Nous toquons à sa porte, l’enthousiasme de la revoyure y est, on remet les montres à l’heure, Bob a troqué sa URAL pour une JAWA. Son berger Allemand a quatorze ans maintenant, nous l’avons connu chiot, il semble nous reconnaître, du moins, nous avons la conviction qu’il se souvient de ses anciens voisins. Avec sa moustache grise, il profite que la porte d’entrée soit ouverte pour aller humer les odeurs des buissons environnants.
On procède à un échange d’adresse et dans la soirée, Bob qui a lu mon blog, m’envoie un courriel avec un montage photographique des deux personnages du Muppet Show, voir ci-dessous.

image

À l’autre extrémité de notre ancienne propriété, nous butons sur Romain qui sort en voiture de chez lui. Il est également ravi de nous revoir. Du temps où habitions ici, il était déjà retraité et il élevait des moutons. Nous avions sympathisé avec sa vielle mère chez qui nous allions boire de temps à autre un café, comme cela se pratique à la campagne. Cet après-midi Romain est pressé, il est attendu à un dîner avec sa nouvelle compagne. Sa mère et son épouse sont décédées, nous explique-t-il en remontant dans sa voiture, il nous fait un grand geste de la main, donne un léger coup de klaxon et repart.

Marjan Smit est une amie Hollandaise rencontrée en remontant la Meuse il y a deux ans. C’est une artiste qui convertit ses graphismes en objets de verre coulé. Son mari Will l’assiste dans la confection de ses oeuvres. Voir http://www.marjansmit.nl
Marjan s’inspire souvent du monde marin, dans ses verres, les navires, les containers et le plancton se mélangent aux algues. La carte de visite ‘clin d’œil’ de ses œuvre est la cheminée blanche et rouge de ses navires.

 

image

C’est leur présence ici qui nous a amené à Haacht. Nous les retrouvons avec joie, on boit un café, on visite l’exposition, on parle bateau, on peaufine nos projets de navigation pour la saison à venir et on déguste un repas Bourguignon au restaurant de ‘Volle Pot’ située près de la place, à l’arrière de l’église. C’est une brasserie qui offre des repas copieux, lapin à la mode de grand-mère, spare-ribs marinés et aiglefin sur fond de légumes, c’est notre choix.
La glace et le café ponctuent notre frairie.

image

Ensuite, nous invitons nos amis à un parcours nostalgique au travers de la petite ville où nous avons vécu avec beaucoup de plaisir pendant une décade de notre vie.
C’est ici qu’il y a quinze ans environ, j’ai construit un petit voilier en bois, un kit anglais baptisé Little Auk. Notre propriété à Haacht comportait en effet un grand étang de près d’un hectare de surface.
Mais ça c’est une histoire que je raconterai plus tard, peut-être.

image

image

Publié dans Art Contemporain, Exploration, Exposition, Navigation | Tagué , , , , , , | Laisser un commentaire

Carnet de Terre # 7 – La Nuit des Musées à Gand

image

image

Carll Cneut est dessinateur. Il illustre des livres d’enfants. Sa plume est précise, ses couleurs sont vives et son monde imaginaire fertile. On voit Bosch, Rembrandt et Maeterlinck. Les dessins sont drôles, parfois mélancoliques et parfois ils portent toute la tristesse de la terre. Les regarder demande une grande attention car l’auteur nous taquine et cache des détails insolites dans le fouillis de ses représentations.
Nous sommes à l’avant veille de la Saint-Nicolas, Gand est en fête, c’est la nuit des musées.
Marleen et moi enfilons des vestes chaudes et le sourire en tête, nous partons à la découverte des expositions. Il est 18:00 lorsque nous verrouillons nos bicyclettes devant le parvis de l’abbaye Saint-Pierre. Une jeune photographe, son Nikon fixé sur un trépied bavarde avec une copine devant l’entrée.

image
Nous commençons notre périple ici car nous voulons voir les œuvres de Cneut avant que la foule ne se presse dans les couloirs de l’exposition.
Une heure plus tard, émerveillé et les yeux remplis, je me demande si j’ai encore envie d’aller explorer les autres musées que nous avons convenu de voir ce soir.
Je vous livre ci-dessous quelques exemples du travail de Carll Cneut.

image

image

image

Les ‘Love Letters in War and Peace’ du MSK, ne m’enchante guère.
Marleen est plus patiente que moi, je la quitte et pousse une pointe en face, au S.M.A.K. où Berlinde De Bruyckere expose dessins et sculptures. Il est 19:30, il commence à y avoir du monde dans le musée. Je laisse ses dessins pour une visite ultérieure et je me contente d’admirer les deux chevaux suspendus et les corps tourmentés. Il y a longtemps que nous ‘suivons’ les œuvres de Berlinde De Bruyckere. Je me souviens du choc visuel et émotionnel que nous avons éprouvé en voyant le cheval pendu dans les dunes du Coq-sur-Mer en 2003 lors de la première édition de Beaufort. Voir ci-dessous.

image

image

image

Il fait sec et froid, la ville est belle sous son éclairage indirect, j’adore parcourir les rues à vélo, c’est le moyen le plus rapide et le plus plaisant pour circuler à Gand. Pédaler réchauffe et une bonne paire de gants protège mes mains. Il faut parfois chercher un emplacement pour déposer son engin, ce dont se plaint la dame qui me présente celui qu’elle quitte au carrefour de la rue aux Draps et de la rue Jan Breydel.
Je me faufile dans le musée du Design, les visiteurs se pressent à la porte, heureusement que le parcours dans l’immeuble est à sens unique, pas question de faire demi-tour, il faut suivre le rythme du cortège.
Lightopia explore l’évolution du mode d’éclairage, de l’ampoule de James Watt aux ‘led’s’. Notre façon de vivre à été profondément boulversé au fil du siècle écoulé, le musée met en exergue des réalisations actuelles.
Gand est un bel exemple de l’utilisation intelligente de l’éclairage. En 1998, la ville a entamé la mise en place d’un ‘plan lumiere’. Progressivement les points de repère importants, tel que les bâtiments historiques, les plans d’eau, les carrefours et les portes d’accès on été mis en valeur avec un éclairage spécifiquement étudié.
L’office du tourisme distribue une brochure avec un parcours en 26 postes du cœur de la ville. Tous les amis qui logent chez nous y ont droit, ne manquez pas de le parcourir, la promenade dure environ deux heures, c’est une merveille.
Une poignée de jeunes femmes s’apprêtent à pousser la chansonnette accompagné d’un pianiste qui se réchauffe les doigts au moment où je me fraie un passage vers la sortie du musée du Design.

image

image

Je longe les quais de la Lys et j’amarre ma bicyclette à un poteau de signalisation à l’extérieur du parking à vélo du STAM, le musée de la ville. Il est 21:00 et la nuit des musées bat son plein, toutes les places réglementaires sont occupées, les cycles s’accumulent aux endroits les plus divers.

image

A l’intérieur, j’enfile les pantoufles blanches pour pouvoir marcher sur le plan de la ville qui fait office de tapis de sol dans la salle de la maquette de la cité.
Les maquettes sont le thème de l’exposition temporaire.
Les trois tours de la ville et la bibliothèque en brique de Lego blanches font partie de l’exposition permanente. Comme toujours, les visiteurs intéressés peuvent s’installer devant l’œuvre et utiliser les briques amassées en vrac pour créer leur propre constructions.
Dans un couloir, un guide m’aborde et me demande si j’ai volé quelque chose. « Non, je n’ai encore rien trouvé qui rentre dan mes poches ». Ma réponse lui plaît et il me refile un jeton pour une consommation gratuite au bar de la cafétéria.

FullSizeRender

Sur ce, Marleen m’appelle sur mon portable, elle est encore en ville dans la maison d’Alijn où sont exposés des jouets en caoutchouc qui font « piep ». L’exposition s’appelle ‘The Sound of Piep’.
Mes yeux sont pleins, j’ai assez vu, je bois mon café au bar du STAM et je rentre a la maison.

image

image

 

Publié dans Abbaye, Art Contemporain, Exploration, Flâneries, Gand, Musées, Photo | Tagué , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Carnet de Terre # 6 – Bruges et le photos de la Première Guerre Mondiale

 

image

Sur le site de la SNCB, j’achète deux billets aller-retour Gand-Bruges. J’introduis dans le système, le numéro de ma carte d’identité, je paye avec ma carte de crédit et le tour est joué.
Dans le train, le contrôleur n’aura qu’à introduire ma carte d’identité dans son lecteur pour vérifier la validité du paiement de nos deux trajets. Enfin un exemple du monde sans papier que les fabricants d’ordinateurs nous promettent depuis quelques décades.

image

Vingt-cinq minutes de marche de la maison à la gare, un quart d’heure de train jusque Bruges, vingt-cinq minutes de marche de la gare aux Halles de la ville où nous attend les expositions 14-18 – la Guerre en Images et Bruges en guerre. Ça va faire dix mille pas et plus.

La brochure de l’exposition lit:
Exactement 100 ans après l’entrée des troupes allemandes à Bruges, la ville commémore la Grande Guerre à travers trois expositions. Le conflit mondial est présenté et commenté sous un angle historique et artistique, tant dans son contexte brugeois qu’international. Au rez-de-chaussée des Halles de la ville il y a l’exposition historique, au premier étage deux expositions de photographie.

Depuis 2000, l’historienne Sophie de Schaepdrijver enseigne l’histoire moderne de l’Europe à la Pennsylvania State University.
En 2012 elle fut nommée curatrice des activités relatives à la commémoration de la première guerre mondiale de la ville de Bruges.
En 1997 elle publia « De Groote Oorlog – Het Koninkrijk België tijdens de Eerste Wereldoorlog » (La Grande Guerre – Le Royaume de Belgique pendant la Première Guerre Mondiale). C’est le premier livre que j’ai lu sur le Chat Lune lorsque nous avons quitté Gand en avril dernier.
Notre saison de navigation 2014 nous a conduit dans le nord-est de la France, les vallées de la Meuse, la Marne et la Saône ont été le théâtre des plus mémorables batailles de ce cauchemar.

L’exposition à Bruges illustre la vie quotidienne des habitants de la ville et de la région côtière pendant les quatre années de l’occupation allemande. Les photos à l’étage sont essentiellement des clichés pris sur le front de l’Yser, pendant et après la guerre.
Je vous en livre une sélection ci-dessous.image

imageimageDepuis des années j’ai envie d’arborer un ‘poppy’ à ma boutonnière. À la boutique de l’exposition, Marleen repère une belle épingle en email. Elle m’en offre une et s’en achète une deuxième. Nous les fixons sur le revers de nos manteaux.

La caissière nous fait: « Pour que ça ne reproduise plus jamais ».

image

 

image

Publié dans Bruges, Photo | Tagué , , | Laisser un commentaire

Carnet de Terre # 5 – Un Piano et 23 Cornes de Brume

image
Dans un bunker du musée en plein air Atlantikwall à Raversijde près d’Ostende, Helene Van Haegenborgh interprète une création intitulée ‘Signaux’. Au piano elle joue son adaptation d’un morceau de Henry Purcell datant de 1685, ‘They that go down to the sea in ships’ et en harmonie, dans les dunes, Benjamin Glorieux l’accompagne au son de 23 cornes de brumes.
Il s’avère que la pianiste a découvert par YouTube, Raoul de La Roche Aymon, un collectionneur de ces instruments; il possède plus de 300.
Intrigués comme nous, les gens de la côte avaient dû se donner le mot car le bunker était plein comme un œuf. On s’installe sur un banc en haut d’une dune. Écoutez ci-dessous une partie de l’enregistrement que j’ai capté avec mon iPhone, les cornes de brume sans le piano.

 

IMG_4386 IMG_4387 IMG_4385

IMG_4358

IMG_4394

Publié dans Concert, Exploration, Flâneries, Oostende | Tagué , , , , , | Laisser un commentaire

Du cafouillage à la bougie

imageL’Europe dispose de suffisamment de réserves potentielle d’électricité, le problème Belge est la distribution.
Nous sommes devenus un pays en voie de développement sur le plan de l’accès à l’énergie électrique.
Nos voisins limitrophes, les Allemands, les Français et le Hollandais ne connaissent pas ce problème.

Les politiciens-gestionnaires de nos gouvernements précédents en portent pleinement la responsabilité.
Le courant devait se teinter de vert, les centrales nucléaires devaient fermer, le marché s’ouvrir et la concurrence jouer librement. Un quota de sources renouvelables fut arbitrairement défini mais les investissements de production ne suivirent pas. L’ancien ministre Johan Vande Lanotte gela le prix du KW au consommateur et se fâcha avec Suez.

Et nous voilà avec la menace d’une pénurie d’alimentation électrique.
Mais n’ayez crainte, chez citoyens, les solutions sont en vue. Les ministres Turtelboom et Marghem nous conseillent de nous promener dans nos demeures avec nos lampes de poches allumées, question d’effrayer les cambrioleurs et les centrales nucléaire ne vont pas fermer aussi vite que prévu.
Les bourgmestres des villages Néerlandais offrent l’hospitalité de leurs locaux scolaires éclairés aux citoyens frontaliers belges.
Les succursales d’Albert Heyn ont approvisionnés les rayons de leurs magasins de bougies de toutes formes et couleurs à des prix imbattables.
Enfin, à la télé, les bulletins météo indiqueront journellement, en plus du niveau des pluviomètres, l’état barométrique de la carence de gestion de nos politiciens en matière d’approvisionnement en électricité des citoyens de notre pays.

Et dans notre pays surréaliste, tout le monde trouve cela normal.

Les Flamands, les Wallons et les Bruxellois semblent trouver évident que l’approvisionnement vital en énergie électrique va dorénavant dépendre de la ménagère qui rentrée de son travail à 18 heures, décidé de lancer une lessive.
Personne ne se fâche contre les cafouilleurs politiques qui sans rougir, osent mettre en danger la fourniture d’une forme d’énergie vitale à ses citoyens.
Ce qui fonctionna sans grands problèmes depuis une bonne centaines d’années devient soudainement problématique.

En on trouve ça normal!

Les belges admettent sans sourciller que cet hiver ils devront régulièrement se chauffer au feu de bois.
Bien entendu, l’excès de pollution suite à la combustion des bûches humides dans les foyers sera dépénalisée pendant les coupures de courant.

Pour clôturer ma diatribe, comble de cynisme, les myopes cafouilleurs politiques osent nous rendre responsables de leur carence, pour solutionner le problème qu’ils ont créé, c’est à nous de gérer plus intelligemment notre consommation!

Je suis fâché, je suis très fâché, suis-je seul?

image

Publié dans Réflexion | Tagué , , , , , | Laisser un commentaire

Carnet de Terre # 4 – Jan Hoet et l’exposition De ZEE

image

Jan Hoet meurt le 27 février 2014, huit mois avant l’ouverture de l’exposition De ZEE.
C’est la dernière manifestation artistique du pape de l’art contemporain, comme les médias l’ont surnommé.
En 2012 Jan eu l’idée d’organiser à Ostende une exposition avec la mer comme fil conducteur.
Avec tout l’enthousiasme qui le caractérisait, il se mît au travail et il eu le temps de constituer une équipe de travail, déterminer les grandes lignes de son projet et contacter de part le monde, les musées et collectionneurs pour leur demander de lui prêter les œuvres qu’il souhaitait voir exposées.

Car Jan, à côté de son amour inconditionnel pour l’art contemporain, possédait une connaissance encyclopédique et universelle de l’art pictural et sculptural.
Grand voyageur, il était à tu et à toi avec les curateurs des musées et des galeries d’art du monde entier.

Le vernissage eu lieu le 22 octobre dernier et depuis, jusqu’au 19 avril 2015 on peut admirer l’exposition qui s’intitule « De ZEE »; elle a comme sous-titre, ‘Salut d’honneur à Jan Hoet’.

Grace à Jan, le Mu.ZEE expose des oeuvres comme la vague de Gustave Courbet provenant de la Southampton City Art Galery, les Three Seascapes de William Turner du Tate de Londres et Gullscape de Roy Lichtenstein du Virginia Museum of Fine Arts, Richmont, USA.
Bien entendu on y retrouve aussi les incontournables Belges comme Jean Brusselmans, Wim Delvoye et Jan Fabre.

Au départ du musée ‘Mu.ZEE’, l’exposition est un parcours dans la ville et sur la plage où, en face de l’Hôtel des Thermes, Kris Martin a planté une copie en métal de l’encadrement de ‘l’Agneau Mystique’. Un clin d’œil à Jan qui aimait particulièrement cette œuvre, dit l’artiste.

image

Le jour de l’ouverture, on parcoure et on s’arrête plus ou moins longuement aux différentes stations du projet. Le soir tombé, en chemin vers l’hôtel des Thermes, le lieu des discours officiels, nous passons par la ‘Zeeheldenplein’ où les boîtes rouges d’Arno Quinze brillent de tous leurs éclats.

image

Publié dans Art Contemporain, Exposition, Flâneries, Musées, Oostende | Tagué , , , , , , , | Laisser un commentaire

Carnet de Terre # 3 – Contrastes

image

Le fond est une paroi blanche qui sert d’écran à un jeu d’ombres chinoises. À droite, un vieil homme sommeille sur un lit métallique. À gauche de la scène, une table et deux chaises. Sur la table deux gobelets en email blanc et deux oranges.
Dans la pénombre à droite, en dehors de la scène, on perçoit un ensemble de percussion et un guitariste. La musique est discrète, moderne, sobre et minimaliste.
Une vieille dame à vélo apparaît, dans le panier accroché à son guidon, un chien.

Dans la petite salle de spectacle de la Grande Poste à Ostende, nous assistons à ‘Adios’, une représentation du groupe Néerlandais ‘Speeltheater Holland & Het Houten Huis’.
Les acteurs portent des masques surdimensionnés, le chien est une poupée.

En une heure de temps on assiste à l’agonie et à la mort du vieil homme, suivi du déchirement, du deuil et puis, petit à petit, du réveil à la vie de sa compagne.
Le chien aboie et fait des bruits de chien mais les acteurs n’échangent pas un mot, tout est dans le gestuel et le jeu mimé des acteurs. La tendresse du couple, la lutte pour la survie, l’intervention des médecins et le chien. Les rêves et les images du passé sont illustrés par les silhouettes projetées sur le mur du fond, c’est de la poésie à l’état pur. Le public est ému, nous aussi.
Assis dernière nous, deux jeunes enfants pleurent à chaudes larmes.
Ce spectacle est une perle rare.

image

Aujourd’hui, c’est l’après-midi des contrastes.
Nous quittons la Grande Poste vers 16:15 et comme nous étions assis au premier rang et que les sièges sont sur le plateau, avant de sortir, on serre la pince et on félicite les quatre acteurs et musiciens.

image

Le temps de grignoter un snack et nous nous retrouvons assis dans la salle 8 du Kinepolis pour assister à la retransmission en temps réel de l’opéra Carmen de Bizet, par le Metropolitan Opera de New York.
Le spectacle est grandiose, la mise en scène comprend une centaine de choristes et de figurants, les décors sont monumentaux et spectaculaires, l’orchestre est dirigé par Pablo Heras-Casado et comme toujours, les solistes sont de renommée internationale.
La pulpeuse Géorgienne Anita Rachvelishvilli incarne Carmen avec conviction.
Pendant l’entracte elle confie à l’hôtesse du jour, Joyce DiDonato, « j’adore ce rôle, dans la vie aussi, je suis Carmen. »
Le Letton Aleksander Antonenko est Don José et la Roumaine Anita Hartig, joue Mikaëla.

Tout comme il y a deux semaines dans les Noces De Figaro, le producteur Richard Eyre a insufflé au jeu des chanteurs/acteurs un dynamisme qui ne faiblit jamais tout au long du spectacle.

J’ai observé que depuis que le MET a commencé en 2006 la transmissions de ses opéras en HD, exposant les chanteurs en grandeur nature sur les écrans du monde entier, les producteurs attachent une importance croissante au jeu de ces derniers.
Dans mes souvenirs, il y a quelques décades, les solistes y allaient de leurs arias, mais leur jeu était souvent réduit à quelques gesticulations.
Aujourd’hui, pour répondre aux exigences de 16 millions de spectateurs, l’enjeu a changé, on saute sur les tables, on danse, on se roule par terre en extase amoureuse et on y va de pirouettes dignes du cirque du soleil, le souffle ne sert pas uniquement à chanter.

Enfin, l’écran géant demande aux spectateurs d’imaginer Anita Rachvelishvilli, la trentaine bien enveloppée, en jeune gitane et Aleksander Antonenko, quadragénaire et bien en chair, en naïf caporal adolescent fraîchement sorti des jupes de sa maman. Heureusement, la musique arrange tout.

Le hasard a fait que nous avons assisté dans la même journée à deux spectacles complètements différents, le contraste est énorme mais les deux nous ont comblés d’émotions et de joie de vivre.

image

Publié dans Marionnettes, Musique, Oostende, Opera, Réflexion, Théâtre | Tagué , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Carnet de Terre # 2 Les Galeries Vénitiennes

image

Les promenades Vénitiennes d’Ostende n’ont de Vénitien que leur similitude avec les galeries couvertes propres à l’architecture Italienne.
L’ensemble fait partie des anciennes résidences royales que Léopold II fit construire en 1900.
À cette époque Ostende était ‘la Reine des Plages’, à nos yeux elle l’est toujours.
La famille royale a abandonné l’usage de la ‘Villa Royale’ et de ses annexes. Elle a cédé la concession à la ville d’Ostende qui utilise la partie située au nord des ‘gapers’, le passage entre les deux galeries couvertes, comme salles d’expositions.

Devant l’entrée se trouve une statue en bronze du Roi Baudouin. L’artiste a représenté le souverain tout en largeur, on dirait une image reflétée par un miroir déformant du palais des glaces d’une fête foraine.

Dans une exposition intitulée ‘Oostends Paviljoen 2014’, la ville a réuni une sélection d’artistes moins connus.
Nous aimons les dessins au crayon des petits pots de terre ainsi que les coquilles sur pattes de méduses.
Les artistes contemporains exposent souvent des ensembles d’un même objet ou des dessins presqu’identiques d’un sujet banal. L’enfilade des pots en terre cuite en est un exemple.

 

Notre promenade du jour nous conduit au bout de la nouvelle jetée ‘est’ du port d’Ostende.
L’ancienne jetée en bois, la ‘Westerstaketsel’, sur laquelle se trouve la cafétéria Beaufort est actuellement encerclée par deux nouvelles digues qui balisent la rade de l’entrée du port.
Anciennement l’accès au bassins intérieurs était sinueux et l’estacade était régulièrement percutée par les navires qui rataient leur entrée à Ostende.
Les dégâts de la dernière collision ont été réparés et depuis mi-juin la promenade est à nouveau ouverte aux flâneurs et aux pêcheurs.
Au grand chagrin de ces derniers, depuis que la tête de la jetée n’est plus en pleine mer, le biotope poissonneux a changé et la pêche est moins bonne.

La Westerstaketsel était une de nos promenades favorites.
Depuis qu’elle se trouve engoncée entre les nouvelles digues, elle a perdu son charme, on a l’impression de se trouver au milieu d’un lac au lieu d’être en pleine mer et à l’instar des poissons, nous avons abandonné la vieille dame paisible pour l’air vivifiant et les embruns de la nouvelle construction, sic transit gloria mundi.

image

image

Publié dans Art Contemporain, Exploration, Exposition, Flâneries, Oostende | Tagué , , , , , | Un commentaire

Carnet de Terre # 1

Dur dur, la vie à terre! Nous venons de terminer notre dixième saison avec le Chat Lune et à chaque retour nous éprouvons un choc.
En substance, l’espace vital est immense et il y a toujours plein de trucs à faire.

image

Petit à petit, après deux semaines, une routine se réinstalle.
En premier lieu, comme les chats, on re-délimite notre territoire. Ensuite on hisse les couleurs pour signaler à la famille et aux amis que nous sommes rentrés au pays, qu’ils peuvent nous inviter, que nous les inviterons, qu’ils peuvent nous téléphoner et que le besoin faisant nous viendrons leur donner un coup de main. Que se soit pour garder un de nos petits enfants, chose appréciée, pour déménager un objet volumineux qui ne rentre pas dans leur auto, mais bien dans la nôtre, ou tout simplement pour se promener et se raconter les dernières nouvelles.
Pas de surprises car curieusement il se passe peu de choses en six mois de temps. Bien entendu, le temps qu’on s’absente et le pays a un nouveau gouvernement, mais c’était prévu.
Les mauvaises herbes ont poussé dans les parterres et les petits enfants ont pris quelques centimètres, ça c’est naturel. Les cinémas jouent les films qu’on a déjà vus à Paris, ça c’est normal.

Mais Gand est plein de surprises. Ultima Thule, une compagnie de théâtre que nous aimons beaucoup et qui travaille avec des marionnettes invite une trentaine de personnes à participer à la lecture du texte de leur prochaine pièce, intitulée ‘Spoor’ (la voie de chemin de fer).
La présentation à lieu dans ‘De Schuur’ à Mariakerke, près de Gand. C’est le plus petit centre culturel au monde, comme l’indique la brochure. On trouve facilement car j’ai fait un croquis du plan d’accès. La salle, une ancienne écurie, comporte d’un côté un comptoir a boisson et de l’autre côté une table entourées de cinq chaises en toile écrue. Wim De Wulf, le régisseur qui est également l’auteur de la pièce et les 4 acteurs s’y installent. Avec la poignée de spectateurs, nous prenons place en face d’eux sur des chaises de bistro. Les acteurs récitent le texte, l’ambiance est bon enfant, les enfants du régisseur sont présents, on se prend au jeu de la pièce, il s’en va parfois de grands éclats de rire, le public intervient.
Les poupées sont de la main d’Evelyne Meersschaut. Pendant l’entracte elle nous présente et nous explique sa technique de fabrication.
La pièce se situe en Flandre dans les années 50. Elle retrace un épisode de la vie d’une famille flamande dont le père qui a perdu son emploi à l’atelier de tissage de Gand, part en train travailler dans les mines de La Louvière.

Plongés pendant quelques heures dans la vie et le travail d’un groupe de faiseurs de théâtre, nous passons une excellente soirée, chaude et intime.

image

 

Ostende nous réserve une exposition en hommage à Jan Hoet, ce sera pour le prochain billet.

image

Publié dans Exploration, Marionnettes, Réflexion, Théâtre | Tagué , , | Laisser un commentaire

De Gent-Leie à Zelzate

D’aucun se posent la question, mais où est donc passé le Chat Lune? L’inquiétude est légitime mais je rassure tout de suite mes lecteurs, le bateau est entreposé dans un hall couvert, chez Carron Marine à Zelzate, et il se porte bien.

J’ai entrepris de le bichonner avant l’hiver pour qu’en avril prochain, une fois remis à l’eau, on puisse partir sans tarder vers des horizons non encore définis à l’heure actuelle.

D’autres se font la réflexion, mais si le Chat Lune est en hibernation, qu’en est-il des billets publiés sur le blog de Duquelu qui retracent les anecdotes de ses périples?

Ici encore, je rassure mes lecteurs, comme par le passé, je vais continuer à commenter régulièrement nos découvertes et nos activités plus ou moins culturelles.

Enfin, les plus inquiets frémissent à l’idée que Black et Toby aient à leur tour décidé de se mettre en engourdissement pendant la période hivernale.
Que nenni! Ils m’ont confié qu’il était de leur devoir civique de garder un œil critique sur mes écrits.

Cette mise au point faite, je vous doit de relater le dernier voyage du Chat Lune en 2014.
Vendredi dernier, par un beau soleil d’automne, j’ai conduit le bateau de Gent-Leie à Zelzate.

image

Au confluent de la Lys et du ‘Ringvaart’ le canal circulaire de la ville, il a trois club nautiques.
Gent-Leie, de Gentse Leievaarders et de Koninklijke Gentse Watersportvereninging. En début et en fin de saison, avant de partir et à notre retour donc, j’amarre le Chat Lune chez Gent-Leie. Par habitude mais aussi parce que Ernest Rayée, le capitaine du port, est un homme sympathique et accommodant qui nous trouve toujours un emplacement libre pour les quelques journées nécessaires à vider et à remplir le bateau.

Sur le trajet vers Zelzate il n’y a que l’écluse d’Evergem à franchir. J’ai eu la chance de pouvoir la prendre avec un commerce avalant et en moins de deux heures je suis arrivé à destination, dans le port fluvial de Zelzate, à côté de Carron Marine. En attendant le grutage, j’ai fait la vidange d’huile du moteur, j’ai remplacé le filtre à huile et les deux filtres à gasoil.

Mardi dernier la grue nous a sorti du canal et dans la foulée, Diederich, le mécano de Carron a mis de l’antigel dans toutes les conduites d’eau. Ensuite j’ai passé la coque au Kärcher après avoir enlève les traces de calcaire à l’aide d’un puissant liquide acidulé. Cela fait, le bateau a rejoint son emplacement dans le hall.

Depuis lors, je l’ai lavé à l’eau vinaigrée et puis je l’ai fait brillé avec un produit pour carrosseries de voiture.
Il me reste à appliquer une couche d’antifouling au niveau de la ligne de flottaison (j’ai fait le carénage complet l’année dernière), une couche de peinture antidérapante sur la dunette et le couvrir d’une toile de protection.

Les batteries sont chargées à bloc et à intervalle régulier, je viendrai leur donner un coup de recharge.

Dors bien Chat Lune.

image

Publié dans Cimetières, Gand, Linssen Dutch Sturdy 320, Navigation | Tagué , , , , , | Laisser un commentaire

De Pontoise à Gand

Nous sommes à Gand et il pleut, que dis-je, il tombe des cordes.

Jeudi matin, le 2 octobre nous avons quitté Pontoise et en fin de journée, après avoir fait le plein de gasoil chez Guerdin, nous avons amarré le Chat Lune au port de plaisance de Compiègne. Paulo, le capitaine du port nous attendait devant le dernier emplacement libre. Je lui avait annoncé notre intention de faire une halte chez lui, il m’avait signalé que même si les tous les box étaient pris, pour la nuitée, je pourrais toujours me mettre à couple avec son bateau, sympa le Paulo.

Le vendredi matin, un épais brouillard couvre l’Oise, Marleen est inquiète, je ne suis pas trop rassuré non plus, mais comme on voit vaguement la végétation qui borde la rivière et que les commerces naviguent au radar, je me dit que ça devrait marcher et on quitte le port.
Pendant un bonne heure, je navigue prudemment. La visibilité varie selon les endroits, on croise quelques commerces avalants et une heure plus tard, à l’écluse de Janville, la première de la journée, on aperçoit le bleu du ciel.

image

Le bilan des récits positifs et négatifs que nous avons récolté du passage du souterrain de Riqueval et de son toueur, nous a fait pencher la balance en faveur du canal du Nord pour franchir le plateau crayeux qui sépare la vallée de l’Oise des vallées de la Somme, la Scarpe et l’Escaut.

Nous, contrairement à plusieurs de nos amis plaisanciers, on aime bien le canal du Nord, nous trouvons belle la traversée de ce plateau

crayeux avec en cette fin de saison les champs en friche et ci et là un tapis jaune de colza dont on sent l’odeur pénétrante avant de l’apercevoir.

Dans leur grande majorité les mariniers sont sympathiques et accommodants avec les plaisanciers. La navigation est leur gagne-pain et par conséquent, en toute circonstances, comme aux écluses, ils bénéficient de la priorité sur nous autres, les touristes des voies navigables.
Sur l’eau, la bonne communication est une règle fondamentale de sécurité et de courtoisie. Aussi, depuis toujours, j’ai l’habitude d’appeler les bateaux que nous côtoyons pour les informer de mes intentions et le cas échéant pour leur demander l’autorisation d’effectuer certaines manœuvres, comme le trématage.

À l’entrée de la première écluse du canal du Nord, la # 19, Pont l’Evêque, j’informe la péniche hollandaise Orca que j’aimerai prendre la bassinée avec lui. Le skipper me répond qu’il est d’accord et il me suggère de le précéder pour ne pas être pris dans les remous de son hélice lors des manœuvres dans le bassin.
La règle normale est que les bateaux de commerces rentrent en premier dans les écluses, les bateaux de plaisance suivent en fonction de la place disponible.
Par conséquent je demande l’autorisation à l’éclusier d’entrer en premier, autorisation accordée, je remercie l’Orca et nous voilà parti pour une navigation en couple sur la moitié du trajet du canal du Nord. Au fil des attentes de la journée, j’apprend du skipper que son berger allemand n’a que 4 mois et que pendant un an il doit le porter pour franchir les escaliers du bateau, afin de ménager les tendons de ses pattes arrières. La navigation fluviale est riche en enseignements.
Peu avant 19:00, l’heure de fermeture des écluses, l’Orca et Chat Lune s’amarrent pour la nuit aux quais en aval de l’écluse De Peronne. Très vite un pousseur et deux autres commerces s’amarrent derrière nous. Toujours sympa, le skipper de l’Orca me propose de partir les premiers demain matin à 07:00 à l’ouverture de l’écluse.

Chose dite chose faite, cela nous permet le samedi 4 octobre, de franchir le canal du Nord en deux jours, les 95 km, les deux tunnels et les 19 écluses.

Avant que je ne l’oublie, une information importante pour ceux qui tombent dans le canal Du Nord, les tiges métalliques peintes en jaune que l’on voit tout au long des berges bétonnées, servent à sortir de l’eau.

image

Nous passons la nuit à Arleux, la capitale mondiale de l’ail. Marleen me fait remarquer que cette prérogative est revendiquée par la ville de Gilroy en Californie. Moi je crois mon guide fluvial.
Nous sommes chez les Ch’tis et cela se remarque. Les éclusiers des quatre premières écluses du dimanche sont d’une gentillesse et d’une serviabilité rare, en plus des instructions relatives à l’éclusage, on nous souhaite un bon dimanche, une bonne route et de bonnes vacances.

image

Le cinquième jour nous dépassons Lille, sa halte de plaisance minimaliste est située près de la citadelle, l’endroit est isolé et ne nous inspire pas confiance, on continue jusque Deûlémont, dont le guide fluvial vante les mérites.
A l’entrée du bassin, je m’informe auprès d’un plaisancier amarré le long de la Lys si l’amarrage est possible, « Oui » me fait-il, « au fond à droite, entre le bateau blanc et le bateau bleu ». On s’y met et à peine amarré la capitaine du port accoure nous aborde en disant « Vous ne m’avez pas entendu crier, l’accès est interdit, le dragage n’est pas terminé, vous avez eu de la chance, dans les trois quart du bassin le tirant d’eau n’excède pas 40 cm! »
Je suis passé dans le bon quart, mon sondeur indiquait toujours au moins 60cm d’eau sous quille. Elle est gentille capitaine, on peut passe la nuit. En prime, comme elle n’a pas de carnet de facture, elle ne nous compte pas la nuitée.
De l’importance d’être sourds et innocents.
Plus tard, je lis sur la toile que faute de moyen de la petite commune, le port était entièrement ensablés depuis plusieurs années. Christophe Liénart, le nouveau maire depuis mars dernier, a décidé de lui redonner vie, nous apercevons la drague dans le port, on reviendra.

image

Le sixième jour se déroule sans anecdotes qui méritent d´être mentionnées. Il fait toujours beau, comme tous les jours depuis notre départ de Paris, les écluses de la Lys sont grandes et nous ouvrent leurs portes à notre arrivée.


Il est 17:00 lorsque nous amarrons le Chat Lune dans la petite darse de Gent-Leie, a 500 m de chez nous.
La vie sur terre commence demain.

image

Publié dans Linssen Dutch Sturdy 320, Navigation | Tagué , , , , , , , , | Laisser un commentaire

De Paris à Pontoise

A Pontoise sur l’Oise, la mairie a fait installer deux pontons flottants de 100 mètres de long, sur chaque rive entre le pont rail et le pont routier.
Le ponton rive droite comporte des bornes d’eau et électricité ainsi qu’une installation de vidange des cuves d’eau noire et grise. Plus haut sur le quai rive se trouve l’office du tourisme qui fait aussi fonction de capitainerie.
L’amarrage est gratuit mais les raccordements sont payants.
Le Chat Lune n’a besoin ni d’eau ni d’électricité et nous l’amarrons rive gauche.
Nous sommes les seuls et cela se comprend car c’est un port de passage et en plus il ne faut pas être sujet au mal de mer car les nombreux commerces qui traversent la ville ont tendance à mettre les gaz à la sortie du virage, exactement à l’endroit des pontons pour plaisanciers.
Heureusement que les écluses ferment à 19:00.
Demain matin, par contre, nous n’aurons pas besoin d’un réveil matin, les mariniers se chargeront de nous réveiller.

Le voilier anglais le Windsong à pris l’écluse de l’Arsenal ce matin avec nous et nous avons fait un bout de chemin ensemble. Cela nous a permis de leur expliquer que l’éclusière de Suresnes, à laquelle ils s’étaient annoncés, leur a signalé qu’ils pouvaient prendre la bassinée avec les trois commerces avalants mais que le temps d’attente était de 30 minutes.
‘I’m afraid that my French is nonexistent’ me fit le skipper en me remerciant pour la traduction.

Hier soir Zaza est venue nous faire la bise d’adieu et pour la route, elle nous a apporté une ration de Kouign Amann, une espèce de gâteau breton dans le quel le beurre et le sucre dominent, mais l’apport de farine est symbolique. C’est très bon et très nourrissant, un seul à la fois suffit comme apport énergétique pendant la navigation.
Geneviève a confectionné un gâteau au chocolat dans lequel elle a intégré des morceaux d’orange confits, léger et succulent. Avec Bill, elle était présente ce matin pour nous souhaiter bon voyage.
Fabien, le casque de moto en main, prêt à enfourcher sa grosse BMW pour aller au boulot, passe également nous faire la bise.
En route vers les douches, Carlos en peignoir et pantoufles, fait de même.

L’écluse de l’Arsenal passée, on s’amarre un instant rive droite, dernière les Yachts de Paris, le temps que le feu du Pont de Sully passe au vert.
La traversée de Paris est une merveille, on salue au passage le zouave du pont de l’Alma, un clin d’œil à la Tour Eiffel et déjà on rêve à notre prochaine venue dans la capitale de France.

Nous naviguons par un temps radieux, pull léger, short et docksides sans chaussettes. Au mois d’août on enfilait nos bottes, deux pull et nos cirés de voile.
À 09:30 on a bu un premier café avec un Kouign Amann et à 11:00 on a bu un thé avec un morceau de cake au chocolat, rebelote l’après-midi.

À 17:20, 4 écluses et 87 kilomètres plus loin, nous faisons halte à Pontoise.
Une famille de cygnes attendent le pain que nous ne leur donnons pas, ils gardent l’espoir.

image

Publié dans Linssen Dutch Sturdy 320, Navigation, Paris | Tagué , , , , , | 3 commentaires

Paris # 6, La tour Jean sans Peur et la balade des fontaines et les cuillères

Au Moyen Âge, le sexe payé n’était pas un péché. Les femmes de petite vertu bénéficiaient même d’une protection de la municipalité car leur activité était considérée d’utilité publique.
C’est ce qu’on peut lire sur les panneaux explicatifs et illustrés à travers des agrandissements d’enluminures, de l’exposition ‘L’amour au Moyen Âge’ que l’on peut admirer dans les sous sols de la To
ur Jean sans Peur, située au 20, rue Etienne Marcel dans le 2ème arrondissement.
L’homosexualité par contre, était sévèrement punie, de la castration au bûcher.

Cette exposition relativise l’idée parfois fausse qu’on se fait de cette époque de l’histoire où la vie n’était malgré tout pas toujours noire et misérable.

La Tour Jean sans Peur était l’hôtel Parisien du Duc de Bourgogne. Après la mort de Charles le Téméraire, petit-fils de Jean sans Peur, les biens du Duc sont rattachés à la Couronne et l’hôtel tombe à l’abandon.
Au fil des siècles les immeubles sont vendus en plusieurs lots, la tour devient un atelier de quincaillerie, ensuite magasin, entrepôt et logis des ouvriers.
En 1868 le percement de la rue Saint-Etienne dégage la tour et ce dernier vestige de l’hôtel médiéval est acheté par la ville de Paris. Classé monument historique en 1884, elle menace de s’écrouler, on la consolide en 1893, elle bénéficie d’une restauration complète en 1992 et en octobre 1999, grâce à l’action des ‘Amis de la Tour Jean sans Peur’, elle est ouverte au public.

Dans la cage d’escalier, on distingue sur de nombreuses pierres de taille mises à nu, les signes lapidaires qui permettent d’identifier la carrière dont elles sont issues et les tailleurs qui les ont façonnées.
Dans un vitrail, on peut voir un rabot que Jean sans Peur avait choisi comme emblème dans sa lutte d’influence avec le duc d’Orléans, qu’il fit assassiner en 1407. Lui-même fut également assassiné sur le pont de Montereau le 10 septembre 1419.

À la bibliothèque Forney dans l’Hotel des Sens, 1, rue du Figuier on peut admirer l’exposition ‘Histoire de Cuillères’. Cet objet d’usage journalier auquel on ne prête aucune attention particulière, sauf lorsque pour manger une soupe, votre hôte vous présente une cuillère à café, prend des formes étonnantes selon son origine et son ancienneté. J’ai réfléchi deux fois avant d’aller voir cette exposition mais je suis revenu enchanté par la créativité des concepteurs et par la beauté des ustensiles présentés.

Gâté par l’été Indien, nous continuons à parcourir la ville en suivant les fiches des Balades du Patrimoine. Cette semaine nous avons choisi la numéro 9, ‘Les Fontaines d’hier et d’aujourd’hui’, du bassin de la Villette au Père-Lachaise en passant par le Square de la Butte du Chapeau Rouge, la place des Fêtes et le parc de Belleville.
Je vous recommande d’aller voir la fontaine circulaire de la place des Fêtes, où la circulation de l’eau change de sens dans chaque cercle parcouru, ainsi que la cascade des fontaines du parc de Belleville et la vue imprenable sur Paris qu’offre le Belvédère en haut de la colline.

image

Publié dans Château, Exploration, Exposition, Flâneries, Paris | Tagué , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Paris # 5, Les Journées du Patrimoine

La 31-ème édition des journées du patrimoine nous a amené dans le 7-ème arrondissement, dans le coin des Invalides, de la rue de Grenelle et de la rue de Varenne.

Diligents comme de coutume, nous parcourons les salles de l’Hotel de Rochechouart, siège du Ministère de l’Education nationale, l’Hotel du Châtelet où réside le Ministère du Travail et l’Hotel de Clermont, siège du Ministère des Relations avec le Parlement.
Les politiciens et leurs employés bénéficient ici d’un cadre de travail remarquable mais des trois demeures, la dernière citée est la plus somptueuse. Ancienne résidence du comte d’Orsay, elle a gardé l’éclat des dorures, chapiteaux et bronzes, typiques du 19-ème siècle.

N’empêche que c’est l’Hotel d’Estrées qui nous reste en mémoire. C’est la résidence de l’ambassadeur de la fédération de Russie en France. L’Hotel fut construit en 1711-1713 par Robert de Cotte, architecte de la Cour du Roi Louis XIV, pour la duchesse d’Estrées.

Nous découvrons dans un des salons de l’étage une exposition de dessins d’enfants datant de la deuxième moitié des années 1910 ainsi qu’une série de reproductions d’aquarelles de guerre de la même époque. Je vous livre quelques exemples ci-dessous.

Ce qui nous frappe également sont les grands jardins de ville de ces quatre Hôtels. Celui de Rochechouart fait 1300 m2, il a été aménagé autour d’un majestueux platane qui fut plante lors de la construction de l’immeuble.

Nous terminons notre parcours des journées du patrimoine 2014 par la visite de l’ambassade de Finlande, située bien évidemment, place de Finlande pas loin du pont des Invalides.
Le contraste avec les décors fastueux des Hôtels est impressionnant. Ici, pas de dorures ni de colonnes doriques mais des volumes sobres et dépouilles, des murs blancs, des plafonds et quelques murs couverts de lattis de bois clair, une sobriété comme on l’aime.

Les Finlandais sont généreux de brochures, livres de photos, CD et DVD, mettant en évidence la beauté sauvage de leur pays.

Nous inscrivons Helsinki sur notre liste des endroits à visiter.

image

Publié dans Exploration, Exposition, Paris | Tagué , , , , , , | Laisser un commentaire

Paris # 4, l’Art en Ville et les Soeurs de Bethlehem

Je suis aveugle aux notices et aux écriteaux. Je ne lit jamais les interdictions multiples dont on nous inonde, ‘prière de ne pas éternuer, interdit de toucher du doigt, ne pas tournez à gauche, ne pas pénétrer avant 14:00, interdit de franchir la ligne jaune, interdit de prendre des photos, ne pas franchir les voies lors du passage des trains’.

Ce n’est pas de la mauvaise volonté de ma part, c’est génétique, je suis daltonien des instructions écrites et pictographiques. Heureusement que Marleen qui est une fervente lectrice, elle lit en moyenne quatre livres par semaine et moi un, lit aussi tout qui passe à la portée de ses yeux avides de lettres. Ainsi elle me sauve la vie plusieurs fois par jour en me tirant en arrière pour éviter que par curiosité je ne pénètre dans une cabine haute tension ou que chez Carrefour City, je n’achète du yaourt périmé depuis deux semaines.

L’autre jour, lorsque par curiosité, Place Victor Hugo, lors de la balade # 37, ‘L’Art dans la Ville’, nous poussons la porte de l’église Saint-Honoré d’Eylau, on se retrouve plongé dans le Roman de la Rose.
Le sol est couvert de tapis d’orient, de nombreuses bougies diffusent une lumière tamisée, on n’étend pas un bruit et dans le cœur au fond de l’église, on perçoit une quinzaine de silhouettes agenouillées, vêtues de longues tuniques blanches, le capuchon couvrant entièrement les têtes.
Le choc passé, je sors mon iPhone pour prendre quelques photos mais Marleen me tapote le bras et me fait signe que c’est interdit.
Nous sommes chez les sœurs de Bethlehem, du monastère N.-D. de la Présence de Dieu, les religieuses pratiquent l’adoration perpétuelle.
Pris par l’atmosphère insolite du lieu, nous restons figés et observons en silence les bures blanches immobiles et prostrées. Sur une dizaine de chaises de la nef, quelques croyants épars sont assis, tout aussi immobiles, le menton reposant sur la poitrine.
Soudain une figure blanche se lève, pars vers la droite du cœur et disparaît par une porte discrètement camouflées dans la boiserie qui cercle cette partie de l’église.
Marleen me souffle, « elle va préparer les repas », je rétorque, « elle va pisser ».
Sur ces mots, en veillant à ne pas faire de bruit, nous nous glissons subrepticement vers la sortie. La porte franchie, comme dans un film de science fiction, nous nous retrouvons soudainement plongés dans le brouhaha de la place Victor Hugo, le soleil brille, les voitures vrombissent autour du carrefour et les passants se hâtent vers leurs destinations.
Pour se remettre de notre voyage temporel on se paye un café au comptoir de la brasserie ‘Le Victor Hugo’.

La balade ´L’Art dans la ville’ est trop longue pour se terminer en une matinée. Nous l’interrompons Porte de Champerret et rentrons au port de l’Arsenal par les lignes 3 et 5.
On continuera notre promenade demain matin.

image

Publié dans Art Contemporain, église, Exploration, Flâneries, Paris | Tagué , , , | Laisser un commentaire

Paris # 3, les taxis de la Marne et la balade des monuments

image

C’est la bataille de la Marne qui ruine le plan du général Schlieffen et évite ainsi la victoire rapide du Reich sur la France. Au début de septembre 1914, pour renforcer les troupes de la VIe armée commandée par le général Maunoury, le général Gallieni, gouverneur militaire de Paris, fait réquisitionner par la garde républicaine 630 taxis Parisiens. À 22 heures, les véhicules sont rassemblés sur l’esplanade des Invalides puis traversent Paris pour aller chercher les soldats des 103e et 104e régiments d’infanterie. Les hommes montent par quatre ou cinq et sont conduits près de la zone des combats, à Nanteuil-le-Haudouin et à Silly-le-Long.

Cent ans plus tard, le 7 décembre 2014, le Ministère de la Défense organise une commémoration des Taxis de la Marne.
Comme en 14, un convoi de taxis part depuis l’esplanade des Invalides direction le front de la bataille de la Marne. Le cortège long de 2 kilomètres rassemble une centaine de taxis parisiens actuels avec des collégiens à bord. Neuf anciens taxis de la Marne entièrement restaurés mènent la marche. Le convoi suit un itinéraire très proche de celui des soldats de l’époque.

Alexandre Dumas fils

image

Nous avons mis le réveil à 07:00 de manière à voir le départ et écouter les discours.
Ce dimanche à 08:45 du matin, Paris dort encore, seuls une centaine de curieux et quelques photographes de presse se sont déplacés pour voir le départ du convoi.
Une léger brume accentue la beauté du pont Alexandre III.
Marleen arbore fièrement la cocarde en forme d’un bleuet qu’elle a reçue d’une participante à la cérémonie officielle.

image

image

image

Comme souvent mon billet ne suit pas la chronologie de nos occupations parisiennes. En dehors des séances de cinémas, des repas entre amis, de quelques lessives et de la lecture, cette année-ci, les balades du patrimoine forment le fil conducteur de nos activités.
La # 27, la dernière en date, s’intitule ‘La Mode dans la Statuaire’.

image

L’Antiquité et la Renaissance ont souvent représenté les grand hommes comme des demi-dieux dénudés, le corps humain était l’objet de prédilection de sculpteurs. À partir du 18ème siècle le temps des héros était révolus et on commença à habiller les représentations statuaires comme des femmes et des hommes, vêtus d’une robe ou d’une simple redingote, des citoyens parmi les citoyens. C’est le thème de notre promenade du jour.

L’itinéraire part de l’Opera pour se terminer place du Général Catroux, au nord du Parc Monceau. Nous décidons de le parcourir dans le sens inverse, afin de prendre notre déjeuner au foyer de la Madeleine.

Quelques exemples:
La place Catroux comporte trois statues et trois styles. Classique pour d’Alexandre Dumas père, Art Nouveau pour son fils et Art Déco pour Sarah Bernard.
Edward VII trône au milieu de la place qui porte son nom. La brochure précise qu’il aimait Paris pour son esprit, sa gastronomie et ses femmes.
En 1904 société des peintres et de lithographes commande à Denys Puech une fontaine dédiée à Paul Gavarni, un grand nom de la caricature de presse du XIX-ième siècle. Elle se trouve Place Saint-Georges, au milieu de la rue Notre Dame Du Lorette.Le Petrus III dans l'écluse de l'Arsenaliimage

C’est l’été Indien à Paris, les soirées sont chaudes, assis sur la dunette on sort nos petites lampes de lecture IKEA et ensuite nous faisons une promenade sur les quais de la Seine. On remonte le quai Henri IV en direction de l’île Saint-Louis, on traverse le Pont de Sully et on rentre par le parc de la rive gauche vers le pont d’Austerlitz.
Sur les pelouses du Square Tino Rossi, des jeunes gens sont assis en cercle, ils fument et boivent des canettes de coca. Le long du quai Saint Bernard des couples dansent le tango au son de la musique latino débitées par des haut parleurs installés là pour l’occasion.

Les bateaux mouche remplis de touristes, tous projecteurs allumés, remontent la Seine et puis font demi-tour avant le pont d’Austerlitz pour redescendre la rivière par le bras Marie.

image

image

 

 

 

Publié dans Exploration, Flâneries, Paris, Réflexion | Tagué , , , | Laisser un commentaire

Paris # 2, le Kouign Aman, les balades du patrimoine et le badge pour causer aux inconnus

Vingt ans peut-être, elle est grande et élancée, en jeans et blouse rouge sans manches, les cheveux bruns coupés à la Mireille Darc des années 60. Elle essaye successivement trois vestons, le blazer léger rouge bordeaux avec de fine lignes bleues renforce son élégance, le manteau court à manches trois quart orange pale a dans le dos un double pli du plus bel effet et la veste demi-saison en laine couleur marrons foncé taille un peu grand. Nous lui donnons nos avis, elle sourit largement et nous remercie, elle aime bien le veston large. Je la complimente et lui conseille d’acheter les trois pièces, les prix sont dérisoires sur le marché de brocante des Amis des Jeunes Chrétiens à Maubert, ce dimanche matin. Marleen paye 2 € pour un ensemble en coton, une jupe et un cardigan bleu et blanc rayé.

Le Métro-News de vendredi dernier publie un article intitulé: ‘Une discussion simple comme un badge’. Alexandre Allouche, un jeune parisien de 19 ans, imagine de créer une communauté de ‘gens prêt à parler dans la rue’. Il imagine de vendre des badges pour signaler aux amateurs l’acceptation d’un contact verbal.

Nous, on adresse la parole aux gens en toute circonstance, pas seulement dans le métro, mais aussi dans les brocantes, les magasins, les musées et en rue. Je ne me souviens pas d’avoir jamais essuyé un refus d’échange verbal. L’être humain est un animal social, il suffit d’un sourire pour signaler que l’approche n’est pas belliqueuse et n’importe quelle conversation s’engage.

Samedi matin, au Circul’livre du 11ème, face à la maison des métallos, rue Timbaud, Marleen prend en main un recueil d’histoires courtes signées Simenon. À côté d’elle, un monsieur en costume cravate fait la mine grise. Marleen lui demande: »Vous vouliez ce livre? » Il sourit et répond: « Je l’ai lu il y a cinquante ans. J’aime lire avant de m’endormir et lorsque j’ai en livre en main, je m’endors au milieu d’une page, alors j’aime les histoires courtes … ». Marleen lui tend l’ouvrage, « prenez-le ».
Il la remercie et demande, « Je paye où? ». Mon épouse lui explique le système des Circul’livres et le monsieur en costume cravate, radieux et originaire de Nancy, quitte la place, son épouse au bras et le bouquin à la main.
Pas besoin d’un badge pour entamer une causette avec des inconnus.

image

Vendredi soir Zaza et Fabien sont venus dîner à bord. La Bretonne nous a apporté des Kouign Aman et le Chinois, comme on surnomme Fabien, une bouteille de Mirabelle, pour aider à la digestion, souligne-t-il.

Le grand plaisir d’inviter des amis français à partager un repas est qu’il ne faut pas plus qu’une question bien placée pour que la conversation s’engage avec vigueur sur le thème de la politique. Je me souviens de mémorables débats à la veille des élections présidentielles où Sarkosy a battu Ségolène.
Aujourd’hui c’est Trierweiler et Thévenoud et bien entendu Pierre Moscovici qui en prennent pour leur grade. En ce qui concerne François Hollande, « c’est un énarque qui y va de son petit bonhomme de chemin, sans trop se soucier de ce qu’on pense de lui » commente Fabien en il rajoute, « de toute manière, en France, c’est une tradition, les gouvernements de gauche pratique une politique de droite et vice versa », et avec ces sages paroles, tout est dit.

Cette semaine c’est clôturée par la visite d’un intéressant vide-grenier place Maubert. En semaine, nous avons fait la balade de la Sculpture Animalière qui nous a mené du parvis de musée d’Orsay, avec le rhinocéros, le jeune éléphant pris au piège et le cheval à la herse jusqu’à l’âne du parc George Brassens.

image

Ce soir nos amis Suisses de l’Aquanaut 1300 Arc-en-Ciel viennent prendre l’apéro à bord.
La semaine prochaine nous allons nous payer quelques séances de cinéma.

image

Publié dans Exploration, Flâneries, Paris, Réflexion | Tagué , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Paris # 1, les balades du Patrimoine

La Cantine des Pieds Nickelés se trouve au coin du passage de Bourg-L’Abbé et de la rue Saint-Denis. C’est un bar-resto où je commande mon premier café de la matinée. On entame la conversation avec le tenancier. Il connaît Gand, il y a séjourné souvent et il s’avère que nous y avons des connaissances communes. Une nouvelle fois, la théorie des six degrés de séparation se vérifie.

image

Voilà plus d’une semaine que nous sommes amarrés au port de l’Arsenal. Nous avons démarré notre séjour à Paris sur le chapeau des roues, il s’est passé plein de choses et je n’ai pas trouvé le temps d’écrire un billet.

À l’entrée du passage de Bourg l’Abbé, là ou il débouche sur la rue Palestro, se trouve un remarquable atelier d’ébénisterie. L’artisan y imageconfectionne des meubles sertis de bois précieux et des objets en bois insolites, tel que le tronc d’arbre à tiroir de la photo ci-jointe.

 

Ces deux trouvailles ne figurent pas sur la fiche #24 des Balades du Patrimoines dont le titre est ‘Atlantes et Cariatides en Façade’.

image

La mairie de Paris édite et distribue gratuitement 41 dépliants légèrement rigides de dimension A5. Le thème de chaque document est décrit sur la page de garde et à l’intérieur figure un plan avec un parcours fléché qui permet de découvrir, comme c’est le cas de la fiche #24, une dizaine de d’Atlantes et de Cariatides entre les Arts et Métiers et la Trinité.
Chaque objet identifié est décrit en détail sur la fiche. Selon le cas, la promenade est longue de 3 à 6 kilomètres.
En prime, en ouvrant les yeux, la promenade réserve des surprises agréables à chaque coin de rue, comme les deux mentionnées ci-avant.

Nous avons également fait la promenade # 10, intitulée ‘Fontaines D’Hier et D’Aujourd’hui’. Située essentiellement dans le Marais, elle part des Arts et Métiers vers la place de Vosges, pour retourner ensuite vers ouest et se terminer au Châtelet.
Notre trajet nous mène au parvis du Palais de la Bourse, rue de Réaumur. Une foire d’antiquités nous y sourit et Marleen trouve le modèle réduit au 1/50e d’une bétonnière qui va compléter les 6 modèles achetés à Saint-Jean-De-Losne début août. Il est important de savoir que pour être harmonieuse, le nombre d’objets d’une collection doit être impair.

 

image

Vivre sur un bateau au port de l’Arsenal à un charme particulier. On est au cœur de Paris, à deux pas du Marais, de la Bastille et du Jardin des Plantes situé de l’autre côté du pont d’Austerlitz. Il y a 100 mètres de notre endroit d’amarrage aux des quais de la Seine et en les longeant, ‘Notre Dame’ est à un quart d’heure à pieds.
Le bruit de la ville est atténué car les quais d’amarrage sont à une dizaine de mètres plus bas que les boulevards environnants. À l’ouest, côté Boulevard Bourbon, le canal est encastré entre le mur d’escarpe de l’ancienne enceinte Charles V et à l’est, côté boulevard de la Bastille, les jardins de l’Arsenal ont été construits sur la pente des anciens fossés des murs de l’enceinte, voir la photo ci-dessous.

image

image

image

Ce mercredi 10 septembre 2014, je rédige ce texte assis sur la dunette du bateau, le soleil brille, mon voisin musicien professionnel fait des gammes sur sa flûte traversière, une petite brise agréable balaye le port, ce matin nous avons fait la balade du patrimoine #3 et ce soir nous avons invité Bill, Geneviève, Charles et Joyce à venir déguster une ‘pasta putanesca’ à bord du Chat Lune. Le mode de vie que nous avons choisi nous plait beaucoup.

image

 

Publié dans Exploration, Flâneries, Paris, Réflexion | Tagué , , , , , | Laisser un commentaire