Amsterdam (1) Amsterdammuseum et Geelvinck

Avant de poursuivre notre route vers le sud, nous allons explorer Amsterdam. Les évènements ne manquent pas, c’est la semaine de Gay Pride avec samedi la ‘Boat Gay Parade’ sur le Prinsengracht et samedi et dimanche les anciens chantiers navals de l’IJ ouvrent leurs portes à l’annuel marché aux puces qui rassemble plus de 700 échoppes.

Aujourd’hui, vendredi le 3 août, par un beau soleil d’été, nous avons flâné dans le centre, de la gare vers le Spui où à lieu chaque vendredi une brocante de livres. Une jeune violoniste agrémente l’endroit de mélodies connues ponctuées d’une fausse note accidentelle de temps à autre que personne ne semble remarquer.

Sur le Rokin les travaux de métro continuent, ils ont fait l’objet de beaucoup de controverses car des effondrements imprévus et autres misères de construction ont allongé les délais et fait sauter le plafond du budget et le collège échevinal.
Un étudiant habillé en homme du bâtiment, casque jaune, veste fluo et gants de travail, nous invite à descendre une vingtaine de mètres pour aller jeter un coup d’oeil aux coeur du chantier où de vrais ouvriers s’affairent au marteau piqueur entre une forêt d’étançons tubulaires de dimensions impressionnantes qui tiennent écartés les murs de la fouille.

Nous aimons les chantiers de construction, les musées, les églises et l’archéologie industrielle, c’est à dire les industries désaffectées avec ses chaudières rouillées, ses grues cassées, ses pans de murs en brique rouge sur le point de s’effondrer et ses socles massifs d’où sortent des fers à béton et des morceaux de poutrelles qui laissent deviner les imposantes machines qu’elles soutenaient.

Deux musées à l’ordre du jour aujourd’hui, le musée d’Amsterdam logé dans les bâtiments d’un ancien orphelinat et le musée Geelvinck situé dans la Hinlopen Huis, une maison patricienne au Keizersgracht 633, une adresse recherchée au 18e siècle et toujours hors de prix à l’heure actuelle.
Le premier musée retrace l’histoire de la ville et dans la partie moderne, une jeu d’interaction de clips audio visuel nous séduit.

Pour la modeste somme de 50 €, nous achetons la carte permanente des musées du royaume. C’est une véritable bonne affaire car les entrées coûtent entre 8 € et 15 €, la carte est valable un an et elle offre l’accès à plus de 400 musées dans tout le pays. À l’allure à laquelle nous visitons les musées, rien qu’à Amsterdam, elle sera amortie en quatre jours.

La Hinlopen Huis date de l’âge d’or de la Hollande, à la fin du 17e siècle. Elle est constituée de deux maisons, l’une située sur le Keizersgracht et l’autre sur le Herengracht, trois styles de jardins, Hollandais avec tulipes, baroque français avec un plan d’eau et paysager anglais relient les deux constructions.

Amsterdam vibre, les touristes de toutes nationalité se mélangent aux amstellodamois, les rues sont peut-être un peu plus encombrées que d’habitude à cause de la Gay Pride, demain samedi, aura lieu la célèbre parade fluviale, nous viendrons voir.

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Kundenbetreuerin, Weesp et le moteur du Chat Lune

Nous étions à peine assis qu’une voix avenante nous annonce: ‘Ich heisse Anna und ich bin Ihre Kundenbetreuerin’, je m’appelle Anna et je suis votre > personne au service de la clientèle < , l'Allemand a cette faculté magique de pouvoir combiner des mots et des verbes pour en faire des mots nouveaux que tout le monde comprend instantanément, le français a besoin de toute une phrase pour dire la même chose.
C'était en mai dernier dans le train qui nous conduisit à Magdeburg, nous avions fait halte à Haldensleben.

Depuis lors, chaque fois que je monte dans un wagon de chemin de fer, j'attend avec impatience que les haut-parleurs annoncent, 'Ich heisse Anna … '.

Le conducteur de l'IC d'Anvers à Amsterdam ne se présente pas, par contre il annonce au fur et à mesure les gares à venir et il nous met en garde contre les voleurs de bagages, cela en néerlandais, français, anglais et allemand, c'est moins poétique qu'Anna mais à ma connaissance il n'y a qu'en Belgique et en Hollande que les voyageurs sont adressés successivement en quatre langues.

À propos, je ne m'explique pas la raison pour laquelle le commentateur de la cérémonie d'ouverture des jeux olympiques à Londres parlait d'abord en français et ensuite en anglais, un pile ou face entre la Reine et Jacques Rogge. M. suggère que c'est en hommage à Pierre de Coubertin.

Nous sommes arrivés à Weesp, les techniciens du chantier De Bruyn ont fait du bon travail, le coeur du Chat Lune bat à nouveau, quel plaisir.

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La panne, les randmeren, le Groene Draeck, la Vecht, Muiden et Weesp

Les pannes, ça n’arrive pas qu’aux autres, Murphy veille!

En marin discipliné, chaque jour de navigation, avant le départ, je vérifie de niveau d’huile du moteur et je nettoie le filtre de la prise d’eau de refroidissement.

Depuis plusieurs semaines, j’avais constaté une légère perte qui m’obligeait à rajouter un litre d’huile toutes les 15 heures de navigation, ce qui est énorme. La perte s’écoulait dans le fond de la cale.

À Weesp, j’invite un technicien de Vetus, la marque du moteur qui équipe le Chat Lune, à diagnostiquer l’origine du problème et à y remédier, si possible immédiatement.

M. estimait qu’il y passerait la matinée, moi qui suis un optimiste maladif, pensait qu’en un quart d’heure nous serions repartis.

Il y a de cela une semaine et demie, entretemps, Marco De Bruyn, le propriétaire et technicien en chef du chantier qui porte son nom à Weesp, nous a commandé un nouveau bloc moteur qui sera installé la semaine prochaine, nous repartirons de Weesp vers le début du mois d’août.

Les deux bonnes nouvelles sont que notre bateau est entre les mains d’un chantier naval compétent et que de toute manière nous avions l’intention d’interrompre notre navigation de la mi-juillet au début du mois d’août.

Entretemps, nous ne profitons que très peu des fêtes de Gand, car il pleut tout le temps et les festivités se déroulent essentiellement à l’extérieur dans les rues de la ville.

Weesp est une petite ville située sur la Vecht, à douze kilomètres à l’est d’Amsterdam et à 5 kilomètres au sud de Muiden, la porte de la Ijselmeer.

Le 31 janvier 1958, le peuple Hollandais offrit un ‘Lemsteraakjacht à leur future reine, comme cadeau d’anniversaire pour ses dix huit ans.

C’est un traditionnel voilier en bois au gréement aurique, il est peint en blanc et muni de deux dérives latérales.

Le ‘Groene Draeck’ fut construit en 1957 par le chantier naval De Vries-Lentsch à Amsterdam. Le bateau est actuellement amarré à Muiden.

Son nom (le dragon vert) est celui que portait en 1623 le vaisseau amiral de Piet Hein.

Il est entretenu par la marine nationale mais depuis 2007 mais à la suite d’une discussion parlementaire, la reine prend actuellement en charge les frais de son yacht privé.

Il nous est arrivé par deux fois d’être amarrés à ses côtés lors de voyages précédents dans le nord de la Hollande, vive la reine!

Pour venir de Meppel à Weesp, nous avons pris la route des ‘Randmeren’, les lacs périphériques qui ont été formés lors de l’assèchement partiel de la Zuiderzee et la création de la province de Flevoland.

Les villes côtières tel que Elburg, Harderwijk, Speakenburg et Huizen sont des anciens ports de mer de la Zuiderzee comme en témoignent les entrepôts et les maisons de maître qui ceinturent les quais des bassins. Aujourd’hui ils sont devenus des lieux d’amarrage recherché des plaisanciers.

Weesp est une ville pleine de ressources, par exemple, si les agissements de votre chat vous donne des inquiétudes, voir, s’il mord les chevilles de votre bonne lorsqu’elle aspire la moquette ou si au milieu de la nuit il se met à courir en rond dans votre appartement à la poursuite d’une souris imaginaire et qu’au passage il renverse le vase en cristal rempli d’eau dans lequel vous avez mis amoureusement les roses rouges que votre époux vous a offert pour votre anniversaire, José Dieker, ‘kattengedragsdeskundige’, ‘expert en comportement de chats’ vous aidera à humaniser votre félin.

Un dimanche pluvieux, si vos enfants ont fait le tour des jeux Nintendo et que la télé est réquisitionnée par les amateurs de rugby, offrez-leur une visite au musée des automates situé au 37 de la Middenstraat, derrière l’hôtel de ville, à 5 minutes à pied de la gare de Weesp.

L’entrée coûte 5€ pour les adultes et 3€ pour les enfants, ce prix comporte une boisson, café, thé, limonade, bière ou vin.

L’association possède une collection de plus de mille automates anciens, issu de bistros ou de forains, des automates de jeux, des boîtes à musique dont un Wurlitzer de la première génération, des jeux d’agilité, des machines diseuses de bonne fortune, tous en état de marche. En rotation, le musée en expose trois cent, accessibles aux visiteurs qui peuvent à souhait jouer et les faire fonctionner. Tout sourire, les enfants et les adultes puisent dans une boîte métallique posée sur une table, des poignées de pièces d’un penny mises à leur disposition pour alimenter les mécaniques anciennes qui font des bruits oubliés.

Jelle Zijlmans, le propriétaire, nous raconte sa passion avec verve et enthousiasme. Son musée qui est entretenu par les membres du club et financé en partie par les visiteurs et les manifestations privées qu’il est possible d’y organiser attire cinq fois plus de visiteurs que le musée communal. Malgré cela, nous fait-il avec un fin sourire en coin, ‘la mairie nous boude un peu, mais grâce au dévouement des membres notre organisation se porte bien, nous réparons les casses et nous remettons en fonctionnement les machines qui nous parviennent souvent dans un état de délabrement considérable’.

http://www.automatenkabinet.nl/promo.htm

Suite à l’interruption de notre voyage, la fréquence de publication de mes billets est moins élevée, mais je continue à écrire, au fil de nos découvertes et de nos activités.

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Assen, Meppel et les éclusiers mouillés

En remerciement d’avoir rempli un questionnaire qu’un éclusier nous avait remis il y a quelques jours en quittant Groningen, nous recevons le drapeau de courtoisie de la province de Drenthe, je l’arbore sous le pavillon de courtoisie Hollandais.

L’administration fluviale veut connaître les préférences des plaisanciers en matière d’heures de fonctionnement des écluses et des ponts levis, en substance, plus de jours sur l’année avec moins d’heures par jour ou l’inverse.

Nous, on aime quand ça fonctionne tout le temps.

Le port de plaisance de Assen est le canal rectiligne qui pénètre jusqu’au coeur de la ville.

L’infrastructure de plaisance est toute neuve mais le capitaine du port nous confie que l’architecte avait oublié de lui prévoir un bureau. Le projet prévoyait aussi un local pour une machine à laver le linge et un séchoir, autre oubli de l’architecte.

La capitainerie est logée dans une remise à balai et les machines à linge dans les sanitaires pour handicapés.

En dehors de ces détails les locaux sont flambants neufs, les sanitaires sont propres et les douches impeccables.

L’utilisation des douches et des machines à laver le linge est gratuite car l’architecte a aussi oublié de faire passer commande pour les boîtes de paiement.

Cela nous fait penser que l’architecte qui a rénové les appartements de Jean 23 au Vatican avait oublié de prévoir des toilettes, ce qui lui valut la remarque du Pape, ‘nous ne sommes pas des anges’.

Ici à Assen, la nouvelles des ‘Miele’ gratuites a vite fait le tour du port et la liste d’attente ne se désemplit pas. Les habitants de la ville viennent probablement aussi faire leur lessive à la capitainerie.

Le pont qui bloque la sortie du port tourne à partir de 09:00 car ‘si j’ouvre plus tôt’ nous confie le Havenmeester, ‘je bloque les convois d’enfants qui se rendent à l’école à vélo’.

De Assen à Meppel il y a 44 km de navigation et comme obstacles, 28 ponts levis ou tournants et six écluses, le tout à franchir entre 09:00 et 17:00 avec un pause casse-croute de 12:00 à 13:00, mon optimisme me dit, ‘c’est faisable en une journée’.

En effet, tout se déroule comme du papier à musique, les ponts tournent dès que nous sommes à 100 m de l’obstacle et les écluses, à une exception près, nous offrent leurs portes ouvertes.

Vers 16:00, un orage violent menace lorsque nous passons l’avant-dernière écluse du parcours. L’éclusier, un bureaucrate sérieux, nous prévient que si l’orage éclate il suivra la consigne de se mettre à l’abri et d’arrêter toute manoeuvre. M. s’inquiète, ‘et en cas de pluie?’, ‘lorsqu’il pleut’, répond notre discipliné interlocuteur, ‘ je me mets également à l’abri’.

Le ciel devient de plus en plus noir et à 5 km de l’écluse de Meppel, le but de la journée, des trombes d’eau s’effondrent sur le Chat Lune, nous quittons la dunette et je prend la barre intérieure, la visibilité est réduite à cinquante mètres, les essuies-glaces battent frénétiquement, je réduit la vitesse du bateau.

Arrivé devant les portes fermées de l’écluse nous observons que l’éclusier en T-shirt et pantalon de toile, trempé comme un os, manoeuvre paisiblement les vannes et fait passer un avalant devant nous. Il n’a pas du lire les instructions.

L’autre bateau sorti, il bascule le bassin et nous laisse rentrer, lorsqu’il est à notre portée, on le remercie et il nous fait du coin des lèvres avec un grand sourire, ‘en principe, je devrait m’arrêter, mais ce n’est que de la pluie’, et il poursuit sa manœuvre, sans se soucier des éclairs et du déluge d’eau.

Un kilomètre plus loin, à 17:00, le pontonnier de la ville de Meppel fait tourner les deux derniers obstacles qui nous séparent du port municipal où nous fixons nos amarres pour la nuit.

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Groningen, les fêtes de Gand et la voiture électrique de Sibrandus Stratingh

Groningen mérite un arrêt prolongé. Nous avons amarré le Chat Lune dans notre port préféré, le Oosterhaven au coeur de la ville.

Nous sommes en route vers Gand où nous voulons arriver le 14 juillet au plus tard pour voir défiler le cortège des fêtes annuelles de la ville. L’origine des ‘Gentsche Fieste’ remonte à 1840 mais c’est en 1960 que Walter De Buck, sculpteur et chanteur Gantois, revitalisa sur le parvis de l’église Saint-Jacques, avec ses amis et complices, la fête populaire et lui donnant un côté anarchisant et rebelle. Depuis lors, la municipalité a structuré les évènements tout en leur laissant une spontanéité et une diversité qui font leur succès et leur charme.

Du samedi 14 juillet à 14:00, date d’ouverture où le ‘Belleman’, le crieur de la ville, en tête du cortège inaugural, annonce en dialecte gantois, le début des festivités, et le lundi 23 juillet à 23:00, le jour des porte-monnaies vides, une foule d’artistes, de saltimbanques, musiciens et marionnettistes, venus des quatre coins du globe, présentent leur spectacles en rue à un public ravi et bon enfant.
De façon un peu plus officielle, pendant les dix jours que durent les fêtes, des podiums couverts offrent au public des musiciens et des artistes plus connus. Ces spectacles sont gratuits, car payés par la municipalité.
On dénombre bon an mal an, près de deux millions de visiteurs que ces festivités uniques en Europe par leur caractère, leur diversité et leur durée, attirent vers notre belle ville.
Qu’on se le dise!

En écrivant mes billets je n’ai pas l’intention de me substituer au Guides Bleus, je me contente de décrire les découvertes qui nous ont fait plaisir tout au long des fleuves, lacs, canaux et rivières que le Chat Lune croise et parcourt. Les jours suivants sont des jours de navigation et mes écrits ne feront pas l’inventaire des écluses et des ponts levis.

À propos de Guides Bleus, il faut rechercher ceux publiés avant 1955. En effet, à partir de cette date les éditeurs qui voyaient leurs ventes baisser, ont modernisé leurs écrits et les guides deviennent moins descriptifs et ‘plus accessibles au grand public’.
J’en possède tout une collection et mon préféré est celui de 1929 qui décrit 8 promenades à travers Paris.
Nous les avons toutes faites il y a quelques année et nous avons été agréablement surpris qu’à l’exception, en moins, de la disparition des lignes de tramway, des trains de la petite ceinture, des pavillons Baltard et en plus, le centre Pompidou, la tour Montparnasse, la grande bibliothèque et autres nouveautés présidentielles, rien n’avait changé, merci Dietrich von Choltitz.

Groningen est une ville universitaire qui a su ne pas pousser en hauteur, la brique rouge domine et ses étudiants la font vibrer.
Son musée d’art contemporain est le fruit de l’imagination de quatre architectes et décorateurs et ça se voit, jugez-en par la photo ci-jointe.

Remarquable contraste, en face, de l’autre côté du canal, se trouve la gare centrale. Construite en 1896 elle a été rénovée en 1999 et remise dans son état d’origine. Rien que le plafond en papier collé vaut le déplacement.

M. qui a un faible pour les musées universitaires et hospitaliers, ne rate pas celui de Groningen et à côté des squelettes d’enfants et des bocaux contenant les fœtus siamois, elle découvre le modèle réduit de la première voiture électrique construite en 1840 par le professeur Sibrandus Stratingh. Ce dernier mourut avant d’avoir pu fabriquer l’engin grandeur nature.
En 1835 il avait parcouru avec succès les rues de Groningen avec une voiture à vapeur qu’il avait inventé et construit avec le mécanicien Becker. Stratingh trouvait que ce véhicule était par trop bruyant, encombrant et nauséabond, ce qui avait orienté ses recherches vers des alternatives électriques.
Ne dit-on pas que l’histoire se ré-invente?

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Le commissaire Maigret, Delfzijl et Emden

Nous l’abordons par l’arrière, il nous paraît trop petit, et lorsque nous apercevons son visage, à tout deux, la même pensée traverse l’esprit, ce n’est pas lui!
En effet, pour nous, le commissaire Maigret, c’est Bruno Cremer et la statue que nous découvrons ne lui ressemble pas du tout.
Nous sommes à Delfzijl et la seule chose intéressante à voir dans cette ville côtière, c’est la statue en bronze du commissaire Maigret.
C’est lors de son séjour ici en 1929, il vivait sur un vieux bateau, que George Simenon imagina et prêta vie à son plus célèbre personnage; le roman s’intitule ‘Maigret en Hollande’.
L’éditeur Néerlandais Bruna offrit en 1966 à la ville de Delfzijl la figure en bronze du commissaire réalisée par le sculpteur Pieter d’Hont.
Le 3 septembre de la même année, c’est Simenon lui-même à qui revint l’honneur de dévoiler cette oeuvre en présence de quatre acteurs qui avaient interprété le personnage dans des séries télévisées. Bruno Cremer n’était pas invité.

Aujourd’hui, nous quittons Emden pour Delfzijl, le port de Frise situé de l’autre côté du Dollard.
Ça demande un peu de recherche et de préparation mais cela dit et fait, les ponts s’ouvrent à l’heure et les écluses tournent au bon moment. Nous passons le pont de chemin de fer à 06:50 et l’écluse de mer de Emden regroupe les bateaux de plaisance à 08:00. Les obstacles passés, nous nous amarrons au ponton d’attente et comme son nom l’indique nous attendons la marée haute plus une demi heure, pour nous engager sur l’Ems en direction de Delfzijl. Les courants et le vent nous portent et à 11:30 nous fixons nos amarres dans la Neptunus Marina de Delfzijl, nous voila en Frise Néerlandaise.

Notre voyage vers le sud commence ici.

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Emden, l’écluse de mer, la bibliothèque Johannes a Lasco et la Kesselschleuse

La descente de l’Ems de Leer à Emden s’effectue par un léger brouillard qui réduit la visibilité à deux bouées. Nous passons le barrage de retenue destiné à protéger l’intérieur du pays en cas de crues et qui permet aux paquebots de Meyer de rejoindre la mer, comme je l’expliquais dans un billet précédent.

J’appelle l’écluse de mer de Emden, elle tourne à midi quart, il est 11:00, nous nous amarrons au ponton d’attente.
Sur le canal 13 du VHF nous suivons les appels des navires et les instructions de l’éclusier qui gère la logistique du placement des bateaux à l’intérieur de l’écluse.
Le bassin fait 260 m x 40 m, à la fermeture des portes il est plein, 4 navires de mer, un bateau hôtel, un bateau de police, deux remorqueurs de haute mer et nous, tout au bout à bâbord, attachés à un ponton flottant.
Cela nous est arrivé plusieurs fois et il est toujours spectaculaire de manoeuvrer le Chat Lune entre ces grands bâtiments, mais tout le monde est courtois et discipliné et tout se passe bien.

Comme nous l’aimons, nous amarrons notre bateau dans le vieux port au centre de la ville. Ce soir c’est la demi finale Allemagne-Italie, il y a de l’électricité dans l’air.
Sur la place du marché un écran géant est installé entouré de comptoir de bière Beck’s.
À la tombée du jour nous lisons sur la dunette en écoutant au loin la rumeur et les exclamations des supporters.
Il nous est facile de déchiffrer le déroulement du match, pas de hurlements de joie, plutôt un silence de plus en plus pesant, l’Italie marque deux goals en première mis-temps, l’Allemagne sauve l’honneur dans la deuxième mais à 23:00, les claxons et les vuvuzelas se taisent, les drapeaux nationaux sont repliés et la ville s’endort.

Le lendemain nous visitons le Heimatmuseum et la bibliothèque Johannes a Lasco située dans la Große Kirche.

Fondée à Emden en 1559 cette bibliothèque contient des oeuvres de grande valeur historique relatives à l’histoire du protestantisme réformé en Hollande et en Frise.
L’église fut détruite en 1943 par un bombardement aérien mais la collection avait été préalablement mise à l’abri.
En 1995 la ville créa un ensemble architectural comprenant la ruine, de nouveaux éléments en brique et une structure métallique pour y réinstaller la bibliothèque.
L’extérieur en brique rouge est banal mais à intérieur l’intégration des éléments de la ruine et des matériaux moderne est surprenant et harmonieux.
La rigueur des colonnes et des plateaux en acier peints en noir, marié aux anciennes pierres meurtries par les bombes, respire la sérénité que l’on attend d’un endroit consacré à l’étude de textes religieux.

La bibliothèque porte le nom de Johannes a Lasco, humaniste et important pionnier du réformisme protestant, issu de la noblesse Polonaise. Il vécut dans le premier milieu du seizième siècle et il fut ‘Superintendant’ des églises réformée de ‘Ostfriesland’.

La construction me fait penser à la librairie Selexys, installée depuis l’automne 2006 dans l’église des Dominicains à Maastricht. Voir les photos ci-jointes.

Emden est une ville entourée d’eau, les douves en pointes à la Vauban existent toujours et une écluse qui selon la brochure du centre d’information elle est unique au monde, mérite d’être mentionnée. La ‘Kesselschleuse’ est un carrefour fluvial composée d’un bassin central circulaire de 33 m de diamètre, dans lequel aboutissent venant des quatre point cardinaux, quatre canaux terminés par quatre écluses, il a été rénové en 1998 et il permet aujourd’hui encore, au bateaux de plaisance essentiellement, de pénétrer en ville, de la contourner ou de prendre le Ems-Jade Kanal.

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Leer (2), Bünting et la cérémonie de thé, Samson, Wolff, le vin et les liqueurs

Nous sommes à Leer et la dame qui nous sert n’est pas en kimono, les parois de la pièce ne sont pas en bambou tressé, le sol n’est pas couvert de tatamis, mais la cérémonie de thé est tout aussi sérieuse qu’à Takahama, Nagoya ou Kiyosu.
Après la visite de la maison ‘musée de thé’ du holding Bünting, nous avons droit à trois tasses servies selon la tradition de Ostfriesland, la Frise Orientale Allemande.
Le thé est infusé trois minutes pour être stimulant, cinq minutes pour qu’il soit relaxant.
L’eau doit être douce et le pot sera préchauffé avec le liquide qui servira à l’infusion.
La dame nous met un morceau de sucre candi au fond de la tasse, puis elle verse le thé et ensuite elle fait couler délicatement en surface une minuscule cuillerée de crème fraîche qui reste flotter le long du bord de la tasse du côté où vont se poser nos lèvres.
Interdit de touiller, il faut boire en premier lieu le mélange thé crème, puis suit le goût du thé un peu acerbe et finalement on vide la tasse en savourant le thé sucré par le morceau de sucre candi.
La coutume veut que l’hôtesse vous ressert à chaque fois que vous videz votre tasse. Pour arrêter le processus, il faut y mettre une cuillère.

Le thé fait partie intégrante de la culture de cette région d’Allemagne, les ‘Ostfriesen’ boivent dix fois plus de thé que les autres habitants de la République Fédérale.
En 1806 Johann Bünting créa au numéro 37 de la Brunnenstrasse à Leer, une société d’importation de thé.
En 1807, la Frise Allemande fut annexée par le royaume Hollandais et le roi Louis, le frère de Napoléon Bonaparte, interdit le commerce avec l’Angleterre. Les Frisons devinrent contrebandiers par la force du destin et cherchèrent leur thé sur l’île de Helgoland, territoire Anglais. Johann Bünting fut capturé et il séjourna un an en France dans les prisons Napoléoniennes.
Aujourd’hui Bünting est une holding de 10.000 personnes qui regroupe des sociétés de service, un groupe électronique, des magasins de distribution et toujours la société d’importation de thé qui a fait sa renommée.
En 2001, un musée dédié à l’histoire du groupe et à tous les aspects du thé fut ouvert au numéro 33 de la Brunnenstrasse.

Un peu plus loin au 16/18 de la Rathausstrasse se trouve la maison ‘Samson’ qui héberge la famille Wolff, marchands de vin et de liqueurs diverses dont le slogan est:

– Söte Melk is för de Kinner >le lait est pour les enfants
– Sure Melk is för de Swien. >le lait suri pour le cochon
– Water supen Peer un Rinner. >le cheval et les vaches boivent de l’eau
– doch för uns. >mais à nous
– gaff Gott de Wien. >Dieu donna le vin

La maison Samson construite en 1570, connu au fil des siècles des transformations et des rénovations et elle changea plusieurs fois de main.
En 1927 la firme Wolff, marchand de vin depuis le début du dix-huitième siècle, achète la propriété et y installe ses bureaux.
Claas Carl August Wolff et Menne Georg Wolff, son épouse, amateurs d’art et de belles choses, créent dans les anciens entrepôts qu’étaient les étages de la maison, un musée dédié à la culture de la région, le mode d’habitation, les habits et les objets usuels de la Frise au travers des siècles.
Après cette promenade dans l’histoire, nous achetons une bouteille de ‘Alte Swede’, un digestif amer de couleur brun noir, dont Wolff garde jalousement la recette et que nous destinons à nous aider à digérer les ‘Eisbeine’ et les ‘curry-wurst’.

Leer est une ville qui n’a pas souffert de la deuxième guerre mondiale et où il est agréable de flâner et de découvrir entres autres choses, l’église réformée qui vient d’être entièrement restaurée et dont l’orgue qui comprend 2500 tubes et est une attraction mondiale pour les connaisseurs de cet instrument.
L’hôtel de ville offre deux visites guidées par semaines et bien entendu nous sommes de la partie. Construite en 1893, elle était à l’époque conçue beaucoup trop grande pour les 5000 habitants de la cité mais elle se devait d’être plus imposante que celle de Emden, la ville concurrente.

Avec ses 35.000 habitants, Leer est après Emden, la deuxième plus grande ville de la Basse-Saxonie du nord. Elle était déjà au 14e siècle le centre politique de ‘Ostfriesland’ mais pour des raisons économiques elle refusa longtemps le statut de ville et ce n’est qu’en 1823 qu’elle passa de ‘Marktflecken’ (endroit de marché) à ville à part entière.

Nous nous plaisons bien ici et nous restons amarrés quatre jours dans le vieux port. Le sympathique Havenmeister Herr Ackermann vient régulièrement nous saluer et tailler une bavette. On visite le Heimatmuseum, le Bökemuseum, on flâne en ville, on boit du thé et on mange des Kuchen.
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Leer (1), l’Ems et le chantier Meyer

La petite mignonne du centre d’information devant lequel nous sommes amarrés à Leer s’appelle Ninette Severine. Elle est Allemande, ne parle pas un mot de français, mais ses parents aimaient ces prénoms, nous aussi. Elle nous salue avec ‘Moin’ c’est la contraction de ‘Guten Morgen’, ça se prononce un peu comme ‘moins’ en français en accentuant le ‘o’ et c’est utilisé dans tout le nord-est du pays, le matin comme le soir.

Nous avons quitté Papenburg sous un pluie battante qui ne nous quitte pas de la journée. Le trajet de Papenburg à Leer est rapide, le fleuve est toujours gris-jaune, le courant portant est rapide, l’eau bouillonne, la descente est spectaculaire.

Le Havenmeister Ackermann du port de la ville de Leer vient nous saluer au ponton d’attente devant l’écluse. On convient d’aller s’amarrer dans la darse de la vieille ville, en face du syndicat d’initiative, sur l’ancien bras de la Leda qui fait fonction de port commercial et de port plaisance.

Certains citoyens de la région ont lancé une campagne destinée à sauver le fleuve Ems de l’agression humaine.

Le plus gros problème est le chantier Meyer qui depuis une dizaine d’années construit des navires de plus en plus grands, comme je l’ai décrit dans mon billet précédent.
Pour pouvoir acheminer les paquebots de 250 mètres de long et un tirant d’eau de près de 10 mètres, le fleuve est dragué en permanence et les ponts ont été élargis.
À chaque lancement d’une nouvelle unité, le barrage de protection qui a été construit en 2002 sur le fleuve en amont de Emden, est fermé lors d’une marée haute d’équinoxe. Ensuite de l’eau additionnelle est pompée dans la partie amont, de manière à encore élever le niveau du fleuve de deux mètres supplémentaires entre la darse du chantier Meyer et le barrage.
Chaque nouveau navire est conduit jusqu’au barrage, l’eau excédentaire est libérée et douze heures plus tard à la prochaine marée haute, les portes sont ouvertes et le navire poursuit son trajet vers la mer du Nord.
Ces opérations perturbent fondamentalement l’équilibre écologique de la région, le fleuve est un grand bain de boue dans lequel les poissons ont disparus, les courants sont violents et raclent tout sur leur passage, les oiseaux aquatiques voient leurs nids balayés par les crues artificielles et les accès aux petits ports à l’amont des écluses de Herbrum tel que Rhede et Weener, sont ensablés et uniquement accessible pendant deux heures, deux fois par jour, autour de chaque marée haute.

La nature est perturbée, les opérations d’infrastructure coûtent une fortune et sont financées avec avec l’argent du contribuable, mais les touristes qui partent en croisière et les politiciens s’en foutent et Meyer aussi, car il fournit du travail à 2500 personnes en direct et à 15.000 en indirect par ses sous-traitants.

Pour plus de détails sur l’action, voir le lien suivant: http://www.rettet-die-ems.de

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Papenburg, l’Ems et la boue, la tourbe, la construction navale et le chantier Meyer

Le cinéphile sait que les torpilles primitives placées dans la proue du African Queen, coulèrent le Königin Luise, après que le capitaine du navire Allemand eut marié Humphrey Bogart à Katherine Hepburn.
Ce que le cinéphile ignore peut-être est que le navire Allemand s’appelait le Graf Goetzen, qu’il avait été construit et assemblé à Papenburg par le chantier Meyer. Il fut ensuite désassemblé, mis dans des caisses étanches et acheminé par mer jusque Dar-es-Salam. De là, 5000 porteurs transportèrent les caisses sur 900 km jusqu’à Kigame, un port du lac Tanganyika où 4 ingénieurs du chantier Meyer coordonnèrent son ré-assemblage.
Le navire coula trois fois, volontairement en 1916 par les Allemands, dans une tempête en 1920, et 1945 par la guerre. À chaque fois il fut remis à flot et aujourd’hui, toujours sur le lac Tanganyika, il assure sous le nom du Liemba un service hebdomadaire entre Kigoma à Mpulungu.

Nous sommes à Papenburg et nous participons à une visite guidée du chantier naval Meyer.

Le 17 avril 1631, Dietrich von Velen obtient du clergé la concession pour l’extraction de la tourbe à Papenburg. Cela nécessite l’assainissement des marais et le creusement de canaux servant au transport de la matière extraite du sol. Au fil des années, l’opération prend de l’extension et exige de plus en plus de bateaux de toutes dimensions, c’est l’origine des nombreux chantiers de construction navals que Papenburg connait du 18e jusqu’au début du 20e siècle.

En 1795, Wilhelm Rolf Jansen, entrepreneur protestant, propose aux autorités locales de venir créer un nouveau chantier à Papenburg.
L’autorisation lui est accordée à condition qu’il change de nom et de religion.
C’est ainsi que Wilhelm Rolf, devenu Meyer et catholique, fonde l’entreprise qui aujourd’hui est une des plus grandes et des plus modernes sociétés de construction navales mondiales. Elle est restée entièrement entre les main de la famille Meyer qui mènent leur barque, si j’ose dire d’une main de maître.
Le succès de l’entreprise est en partie liée à l’initiative de Joseph L. Meyer qui en 1872 décida de se lancer dans la construction de bateaux en acier. Ceux qui se moquèrent de lui à l’époque, ont depuis longtemps fermé les portes de leur chantiers de construction de bateaux en bois.

Le chantier que nous visitons possède deux cales sèches couvertes d’un hall de protection ce qui leur permet de construire des navires de croisières de luxe, leur spécialité, en toute saison et toute l’année. Le plus grand hall fait 504 m de long, sur 125 m de large, et 75 m de haut, ce qui permettrait d’y loger facilement 8 (huit) fois la cathédrale Notre Dame de Paris, les tours comprises.
Comptez avec moi, la cathédrale fait 126 m de long, 48 m de large et les tours, 69 m de haut.
Meyer y construit en parallèle par an, deux bateaux de croisière tel que le Disney Dream et le Celebrity Solstice, voir les photos ci-jointes.

La rivière Ems qui relie Papenburg à la mer du nord est sujette aux marées à partir des écluses de Herbrum. Nous quittons à 08:00 la marina de Lehe sur le Kustenkanal, la marée haute à Herbrum est à 04:24 et j’ai calculé que nous pourrons encore bénéficier des courants portants et arriver en fin de matinée à Papenburg.
Nous sommes au portes de l’écluse à 10:00, c’est un peu juste pour le niveau de l’eau en aval, cinq commerces sont amarrés dans l’attente du retournement de la marée et l’éclusier de Herbrum me demande mon tirant d’eau et me dit: ‘Ça ira encore, mais gardez le milieu du chenal’.
À la sortie de l’écluse nous découvrons un bain de boue gris-jaune, je mets le moteur à plein régime et nous avançons péniblement à 7km/h en traçant un sillon dans l’eau vaseuse du fleuve, mon sondeur est à zéro, ce qui veut dire que la quille racle la boue. Après cinq cent mètres la situation s’améliore, le courant portant est violent, l’eau est toujours boueuse, les berges sont lunaires, le Chat Lune avance vite.

Mon estimation s’avère exacte, nous nous amarrons à 11:30 au ponton d’attente de l’écluse de mer de Papenburg. Celle-ci tourne à 14:00, le temps de prendre un lunch à bord, d’aller bavarder avec les éclusiers, ils sont sympa et ils sont une source d’information précises sur la navigation dans le coin, et nous arrivons à 14:30 dans la marina du YC de Papenburg dans le Turmkanal, près de la ville.

Cette ville comporte le plus ancien centre d’exploitation de tourbe d’Allemagne, les immeubles, maisons et entrepôts, ont été construites le longs des canaux d’assainissement des marais. Elle a été soigneusement restaurée, très touristique, elle est d’une propreté immaculée, les nombreux petits ponts levis blancs qui relient les deux quais de la rue principale sentent encore la peinture fraîche. Pour les besoins de l’authenticité, on a placé ci et la des anciens gréements qui ont l’air aussi neufs que les ponts levis.

Papenburg mérite un arrêt prolongé, le musée de la tourbe et le chantier naval Meyer sont des passages obligés.

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Oldenburg, de musée en musée, Horst Janssen

Il y a vingt-cinq ans, nous sommes amarrés avec notre voilier le Chat Lune (numéro un) à Herkingen sur le bras de mer fermé des Grevelingen en Zélande lorsqu’un splendide sloop en bois vient se mettre à côté de nous.
L’équipage consiste de trois messieurs bien mis, dont l’âge dépasse celui de la retraite.
Dès que leurs amarres sont fixées, l’un d’eux quitte le bord et se dirige d’un pas alerte vers la ville.
Un de ceux resté à bord nous explique qu’à trois, ils naviguent de restaurant en restaurant et de bistros en bistros, tout l’été. Le compagnon parti en ville va à la recherche d’une bonne table.
En hiver, rajoute-t-il, nous repeignons le bateau et pour qu’il soit bien entretenu, il faut appliquer sept couches de vernis et entre chaque couche il faut tout poncer.
En été, M. et moi naviguons de ville en ville et de musée en musée. En hiver, comme le Chat Lune est en acier et ne demande pas d’entretien particulier, nous continuons à faire la même chose.

Nous quittons Bremerhaven à 09:10, une heure après marée basse et le courant montant nous porte vers l’intérieur du pays. À 13:30 nous attachons nos amarres au pontons du Stadthaven de Oldenburg, au coeur de la ville, ce sont nos ports préférés.
Une fois encore nous avons mis la marée à contribution et c’est avec un gain de 50% sur un temps de trajet normal que nous avons parcourus les 60 km de la journée.

Oldenburg est une des rares villes qui n’avait pas d’industries menaçantes, ni de casernes, ni d’état major SS, et les B-29 et autres Lancaster n’ont rien détruit en 1945.
Le Schloss n’a donc pas été reconstruit et nous découvrons avec plaisir les plafonds, les portes, boiseries et lambris originaux. Les salles servent comme musée d’art et d’histoire de la ville et du Comté. Il est amusant de constater que ce n’est qu’en 1946 que les Comtés d’Hanovre, Braunschweig, Schaumburg-Lippe et Oldenburg fusionnent pour former la Basse-Saxonie actuelle.

Oldenburg fut très longtemps une province indépendante, protestante mais elle resta neutre pendant la guerre de trente ans, grâce à la volonté du comte Anton Günthers, connu pour son cheval Kranich dont les crins étaient d’une longueur étonnante, comme on peut voir sur la photo ci-jointe.
Le comte était bien aimé et à sa mort, sa dépouille fut placée dans un cercueil qui comportait une fenêtre à l’endroit de sa tête ce qui permettait au citoyens d’Oldenburg de venir voir leur prince dans sa dernière demeure. Au 18e siècle la vitre se brisa et le visage et l’habit d’apparat du comte Anton Günthers finirent constellés de gouttes de cire provenant des bougies que les curieux utilisèrent pour s’éclairer lorsqu’ils rendaient visite au défunt.

L’étage du château-musée est dédié à la peinture moderne et nous découvrons comme c’est souvent le cas, des artistes Allemands que nous ne connaissons pas et qui ont réalisé des tableaux semblables aux peintres Français de la même époque. L’école expressionniste Brücke de la fin 19e, début 20e siècle avec Karl-Schmidt-Rottluff, Erich Heckel et Max Pechstein en sont un bel exemple.

Une école du lycée de la ville à pris possession de plusieurs salles, les élèves sont allongés devant des tableaux et ils remplissent diligemment des pages entières de leurs carnets de classe, répondant à un questionnaire précis.
M. demande à un groupe s’ils s’amusent. Un ado répond avec humour, ‘vous pouvez nous tutoyer, nous sommes des artistes’.

La vieille ville est ceinturée de douves et les rues, actuellement piétonnières forment un labyrinthe comme que nous parcourons un plan en main. Pour aider le touriste, chaque couvercle d’égout comporte au centre un plan de la ville et l’indication de l’endroit où il se trouve est signalé par une petite boule rouge.

La Hauptbahnhof mérite un détour pour son architecture en briques colorées datant du début du chemin de fer. Comme le reste de la ville, elle est d’époque et l’on peut toujours voir l’indication des salles d’attente séparées pour chacune des 4 classes de voyageurs.

Pour finir en beauté nous terminons la journée au musée Horst-Janssen. La partie droite du musée est le ‘Stadtmuseum’, le musée de la ville, logé dans une demeure patricienne. Elle présente l’histoire de la cité illustrée par des maquettes textes et photos mais elle comporte également la collection privée de Theodor Francksen, un fortuné collectionneur et mécène. Ce citoyen qui naît à la fin du 19e et meurt jeune de tuberculose au début du 20e siècle, réunit dans les pièces de la ‘maison-musée’ une impressionnante collection de tableaux, bibelots et meubles de son époque, une machine à remonter le temps vers l’atmosphère de la belle époque.

La partie moderne du musée est dédiée, comme le nom l’indique au graphiste, aquarelliste et peintre Horst Janssen. C’est un remarquable dessinateur comme vous pouvez en juger des quelques photos ci-jointes.
Cinq ans avant sa mort me 31 août 1995, il travaille installé sur le balcon de sa maison lorsque cette structure s’effondre et entraine l’artiste et son matériel, dont de l’acide qu’il utilise pour corriger ses dessins, quelques étages plus bas dans son jardin.
Il en garde une cécité partielle ce qui le ramène à abandonner les couleurs vives de l’époque précédente pour le dessin pur.

Enfin, et j’en termine ici notre marathon des musées d’Oldenburg, pour commémorer le 150e anniversaire de sa naissance, une exposition temporaire est consacrée au peintre et aquarelliste Richard tom Dieck, un natif de la ville, artiste passablement inconnu mais que nous aimons beaucoup pour la beauté de ses aquarelles des paysages de la région que nous traversons avec le Chat Lune.

Oldenburg, ville dont nous ignorions l’existence, prend soudainement pour nous une importance considérable sur la carte de l’Europe.

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Bremerhaven (2), Commodore Leopold Ziegebein, Deutsches Schiffahrtmuseum, Historisches Museum Bremerhaven, Dar Szczecina

Le 22 juillet 1929, le ‘Schnelldampfer’ Bremen de la Norddeutscher Lloyd, commandé par le commodore Georg August Louis Leopold Ziegenbein gagna le Ruban Bleu, le trophée qui récompense la traversée la plus rapide de l’Atlantique pour un paquebot. Le Bremen réalisa la traversée de l’Europe vers New York en 4 j 17 h 42 min à la moyenne de 27,83 noeuds soit 51,54 km/h.

Petite parenthèse technique pour les non-initiés:
Le mille marin est la distance égale à la circonférence de la terre = 40.000 km, divisé par le nombre de minutes du cercle du compas, soit 360 degrés fois 60 = 21.600 degrés.
40.000 divisé par 21.600 font 1,852 km.
Le mille marin est donc égal à 1,852 km.
La vitesse des bateaux en mer se mesure en noeuds. Un noeud est égal à un mille marin parcouru en une heure.
Un navire qui file à 10 noeuds avance à 18,52 km/h.
En fluvial la vitesse s’exprime en km/h.

La ‘Commodore Ziegebein Promenade’ part du sémaphore de l’écluse du Neuer Haven et longe la Weser sur le haut de la digue jusqu’au début de la zone dédouanée à l’endroit du port de stationnement des bateaux pilotes de haute mer. ‘Ziegebein’ veut dire ‘jambe de chèvre’ et le soir, le sourire aux lèvres, nous aimons parcourir ce chemin d’un pas alerte pour voir le soleil se coucher sur la mer et sur les grues du port commercial de Bremerhaven.
Le sémaphore se trouvait au pied du phare ‘Hohe Weg’ à 27 km NW de Bremerhaven à l’embouchure de la Weser. De 1893 à 1973 il indiquait au bateaux de passage, la force et de la direction du vent sur l’île de Borkum et l’île de Helgoland, d’où le B et H dans sa structure. Il était opéré manuellement par les gardiens du phare et après l’automatisation de celui-ci, il tombât en désuétude. Récemment il fut démonté, remis en état et placé à l’entrée de l’écluse du Neuer Haven et il fait partie de la collection du musée de la marine.

Ce musée, le Deutsches Schiffahrtmuseum est un des plus intéressants et complets que je connaisse. Nous y consacrons la matinée à voir l’intérieur et l’après-midi à visiter les navires amarrés dans la darse en face sans oublier le petit remorquer STIER posé sur le quai. Dans le sous-sol du musée, les enfants de tout âge peuvent jouer avec des maquettes de navires sur un grand bassin qui imite un plan de mer avec des phares et des bouées. M. et moi pilotons un remorqueur de haute mer et très fiers, nous obtenons notre diplôme de capitaine. Comme le fait remarquer M. au guide du musée, ça pourra toujours servir la prochaine fois qu’on se fera contrôler par la police fluviale.

Le long de la Geeste, le confluant qui se jette dans la Weser à Bremerhaven, se trouve le Historisches Museum Bremerhaven. C’est le complément du musée précédent qui retrace l’histoire de la ville, de son industrie de construction navale et de traitement des produits de la pêche. Les maquettes, les objets, l’outillage, les tableaux et les films nous font vivre l’évolution du port de sa naissance à nos jours.

Une section récente est consacrée à la fabrication des bateaux en acier et en particulier à la technique du rivetage. Cela me rappelle que les dernières recherches des causes du naufrage du Titanic concluent que l’impact de l’iceberg n’avait pas provoqué une entaille sur le flanc tribord du navire, mais qu’il avait probablement fait sauter des rivets structurellement fragiles, désassemblant ainsi des plaques de coque.

Bremerhaven nous plaît beaucoup et nous y restons une semaine.

Jeudi soir le voilier Polonais DAR SZCZECINA, s’est amarré près de nous, le nez au Chat Lune. Son nom signifie ‘cadeau de Stettin’. Il sert d’école de voile aux élèves d’écoles d’humanités de cette ville. L’équipage est constitué d’un skipper, de deux marins et d’une dizaine de jeunes filles et jeunes garçons de 16 à 18 ans qui s’amusent beaucoup. Pour aller du voilier à terre, une poignée d’entre eux ont pris l’habitude de parcourir le ponton d’amarrage à saute mouton en rigolant très fort en polonais.

Le skipper m’explique que le but final de leur voyage est Calais et que leur prochaine étape est Amsterdam, par la mer bien entendu.
Nous allons à Amsterdam par l’intérieur.

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Bremerhaven (1), Wilhelm Bauer U-Boot, Deutsches Auswanderer Haus

Le chantier naval construit le U-2540 en deux mois et demi, du 28 octobre 1944 à sa mise à l’eau le 13 janvier 1945.
Le sous-marin ne lance jamais de torpilles et quelques jours avant la fin de la guerre, le 4 mai 1945 à 10:00 heures du matin, il est sabordé dans la baie du port de Flensburg.
En juin 1957, douze ans plus tard, il est sorti de l’eau, remis en état, rebaptisé Wilhelm Bauer et en novembre 1958 il reprend le service comme bateau d’essai de la marine.
Il sert jusqu’en mars 1982 pour devenir ensuite une des attractions du musée de la marine du port de Bremerhaven.
On y pénètre par l’avant et on ressort par l’arrière après l’avoir traversé de la proue à la poupe, en franchissant les portes rondes des cloisons étanches, ce qui demande de la souplesse et une attention constante pour ne pas se cogner la tête ou se prendre les pieds aux tuyaux, vannes et autres éléments techniques qui tapissent l’intérieur du navire.
Les photos sont parlantes.

Depuis mercredi nous sommes amarrés dans la ‘Im-Jaich-Lloyd-Marina’ à Bremerhaven. Grace au courant portant de la marée descendante, nous avons mis 3 heures et demie pour parcourir les 50 kilomètres qui séparent Vegesack de l’écluse du Neuer Haven, à une moyenne de plus de 14 km/h, avec le Chat Lune à 1800 T/m à 10km/h sur l’eau.
Ceci n’impressionne pas les automobilistes, uniquement ceux qui, comme nous, parcourent l’Europe en utilisant les cours d’eau.
Je recommande la marina Im-Jaich à tous mes amis marins actifs. Elle est moderne, sécurisée, calme, les facilités sont propres et bien entretenues et elle est située à 5 minutes à pied du centre de la ville, des musées, des restaurants et des commerces. En prime, le prix de la nuitée est très raisonnable, 13€ pour un 10m, le W-lan est gratuit et il y a un service journalier de ‘Brötchen’.

Ce matin nous visitons la Deutsches Auswanderer Haus, le centre Allemand d’émigration, devenu aujourd’hui un musée, d’où partirent essentiellement vers les USA et l’Argentine, 7 millions de personnes pendant les deux siècles derniers.
Pour le plaisir du visiteur, le musée a reconstruit un quai d’embarquement accolé au flanc d’un paquebot. Le quai regorge d’émigrants, enfants et valises à la main auxquels se mélangent les visiteurs et le paquebot bouge légèrement, ce qui rend la scène réaliste.
On traverse la reconstruction de l’intérieur d’un navire, avec en troisième classe les couchettes communes et en première, les salons privés et ses occupants en tenue de soirée, prêts à joindre la table du capitaine.
Au dix-neuvième siècle les navires de commerces ramenaient des matières tel que coton, bois, rhum des États-Unis. Pour ne pas retourner à vide, les courtiers installaient des dortoirs provisoires dans les entreponts se leurs voiliers. Les émigrants peu fortunés utilisèrent en masse ces navires. La nourriture était essentiellement constituée de lard salé, de biscuits marins et de pommes de terre. Pour rendre cette base mangeable, les plus malins regroupaient leurs portions de lard et biscuits, réduisaient le tout en petits morceaux, le faisait tremper dans de l’eau et en fabriquaient des boulettes qu’ils cuisaient sur le chauffage.

Une section du musée est dédiée à la recherche et les visiteurs qui le désirent peuvent consulter les archives et retrouver leurs ancêtres qui ont traversé l’Atlantique pour s’installer aux Amériques au dix-neuvième ou au vingtième siècle.

Nous prenons un lunch dans le restaurant la Schiffergilde. Notre serveuse entend que nous parlons français et s’adresse à nous dans la même langue avec un fort ‘assang’ du midi. Elle a vécu quelques années à Narbonne où elle a suivi ses parents qui y avaient été transférés pour leur travail. ‘Tout va ‘bi-aing?’ nous fait-elle régulièrement lorsqu’elle passe devant notre table.

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Vegesack, les ingénieurs Espagnols, Bremen et la Weser

Les cinq messieurs bien mis tournent en rond en gesticulant autour du pied de la passerelle, leurs épouses les observent d’un oeil amusé.
« Hablas Espagnol? » me demande l’un d’eux soudainement. Je répond « Un poquito », il fait « Ahah » et il part d’une longue explication dont je déduis qu’ils sont Espagnols et ingénieurs et qu’ils se demandent comment fonctionne le mécanisme de la passerelle.
Je suis aussi un ingénieur, leur dis-je et je leur explique que le tablier en métal léger est articulé côté rive et que deux puissants vérins hydrauliques le font basculer vers le haut, ce qui ouvre le passage aux bateaux.
Mon interlocuteur explique la chose à ses amis, qui n’ont pas l’air convaincus et qui continuent à gesticuler en arpentant la structure. Les femmes se taisent.

Nous sommes amarrés dans le vieux port de Vegesack, sur la rive droite de la Weser à 17 km au nord de Bremen, au confluant de la Lesum. C’est le port d’attache du voilier école ‘Deutschland’ de la marine Allemande.
À la fin du 16e siècle, les bateaux sont devenus plus grands, avec des tirants d’eau de 3 mètres et plus, et les marchants de Bremen ne peuvent plus remonter la Weser jusqu’à la Schlachte à cause des bancs de sables de la rivière.
En 1619 il est décidé de construire un port à Vegesack et les constructeurs Hollandais, experts de la chose, réalisent en 2 ans ce qui devient le premier port artificiel de la côte nord du pays.

Aujourd’hui, le port fait partie du musée de la marine de la ville, il abrite de nombreux vieux gréements mais offre également quelques emplacements aux touristes fluviaux de passage. Le Chat Lune est amarré dans un musée.

La Hafenmeisterin Sigrid Leichsenring nous accueille, nous souhaite la bienvenue et nous remet un guide 2012 des ports du nord de l’Allemagne ainsi qu’une documentation sur la ville de Vegesack.

Notre idée initiale avait été de descendre la Weser directement jusque Bremerhaven mais en feuilletant les guides nautiques que nous avons à bord j’avais été intrigué par ce petit ‘port musée’.
Nous décidons d’y faire une halte repos, d’autant que la météo annonce de la pluie et un vent du nord de force 5 pour demain mardi et naviguer sur un fleuve, avec le vent qui lutte contre la marée, n’est pas une bonne idée.

La ville est possède le long de la rivière, une belle promenade baptisée ‘Die Maritime Meile’, qui comme le nom l’indique, fait exactement un mille nautique soit 1,852 km.
En hauteur, la Weserstrasse, la rue parallèle à cette promenade, comporte une série de maisons construites au dix-neuvième siècle par les capitaines de navires. Les jardins surplombent la promenade.
Notre dépliant explique qu’en 1856 habitaient ici 37 capitaines, 35 veuves, 31 artisans, 9 matelots et officiers, 7 commerçants, 4 instituteurs, 2 sénateurs et 1 médecin.
Voilà une information utile et précise qui nous incite à faire la promenade et à parcourir la Weserstrasse, l’appareil photo à la main.
Pour notre confort, Der Graue Esel offre un lunch à 6,50€, le prix modeste des plats du jours ne cesse de nous étonner.

Mercredi matin, par un beau soleil, nous lâchons les amarres et avec un grand ‘Tschüss’, Sigrid Leichsenring nous laisse sortir du port et lève la passerelle qui intrigua les ingénieurs Espagnols.

Tschüss n’est pas un juron, c’est l’expression universelle qui remplace ‘Auf Wiedersehen’ en Basse Saxonie.

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Bremen (2) , Stolpersteine, le Musée d’Art Contemporain et la Haus Atlantis

Heinrich, Franja et Miriam Bialystock habitaient à Brème. En 1938 ils fuirent en Belgique, où ils furent appréhendés et internés à Malines puis déportés à Auschwitz où ils furent exécutés le 1.9.1942. Nous lisons leurs noms inscrits sur des plaques en laitons, serties dans le trottoir de la rue Am Brill et nous avons une pensée pour eux.
Lors de nos flâneries en ville nous achoppons régulièrement sur des ‘Stolpersteine’. C’est toujours l’occasion d’un moment d’arrêt. Cette initiative ne cesse de nous émouvoir.
J’ai déjà eu l’occasion de commenter les ‘Stolpersteine’ dans mon billet du 24 août 2010.
C’est en 1993 que l’artiste Gunter Demnig encastra à plusieurs endroits de la ville de Cologne, dans le trottoir, une plaque en laiton devant la maison où avait habité une victime de l’holocauste. L’inscription porte son nom, sa date de naissance et le lieu et la circonstance de son meurtre.
L’idée a fait son chemin et la plupart des villes en Allemagne ont joint l’action et l’on compte plus de 25.000 plaques commémoratives placées à ce jour.
L’Autriche, la Hongrie, la Tchéquie, la Belgique, la Croatie, les Pays-Bas, l’Italie, la Slovénie et la Pologne ont suivi le mouvement mais il semblerait qu’il n’en ait aucune en France et que « le Conseil d’Etat vérifie si cette démarche ne porte pas atteinte aux règles constitutionnelles sur la laïcité et la liberté d’opinion ». Qu’en pense François Hollande?

Ce dimanche matin, M. utilise les ‘Miele’ de la capitainerie pour nous remettre à neuf.
L’après-midi il fait toujours beau et nous continuons nos flâneries en ville dont je livre ci-après quelques photos en vrac.

Au nord de la pointe de l’île entre la Weser et la Alte Weser, au niveau du Bürgermeister-Smidt-Brücke, se trouve logé dans quatre Speicher, des entrepôts en brique rouge, le Gegenwartmusuem, le musée d’Art Contemporain.
Le conservateur a beaucoup d’humour comme en témoignent les oeuvres exposées d’artistes que nous ne connaissons pas, malgré leur renommée internationale. Sous les combles Rolf Julius a installé 2 tambours qui battent un rythme frénétique actionnés par deux moteurs électriques qui s’éveillent au passage des visiteurs.
Rebecca Horn qui habite Berlin et Paris a réalisé entre autres choses, un film contemplatif tourné dans un atelier de danse classique à New York.

En fin de journée nous avons repéré dans la St.-Veits-Kapelle de la Unser-Lieben-Frauen-Kirche, un concert de cantates baroques Françaises exécutés par un claveciniste, une flutiste et une chanteuse. La flutiste qui présente les oeuvres commente que ces cantates sont courtes car les Français du 18e siècle n’avaient pas la patience d’écouter des longs morceaux, ce qui fait sourire l’audience mélomane. Les compositeurs tel que Elisabeth Jaquet de la Guerre et Michel Pignolet de Montéclair puisent dans le répertoire des légendes antiques pour réaliser leurs compositions.

Lundi matin, avant de profiter de la marée descendante, nous piquons une tête au Hilton qui est logé Böttnerstrasse, dans la Haus Atlantis réalisé par Bernard Hoetger en 1930.
La cage d’escalier et la salle située à l’étage supérieur sont des perles d’Art Déco de l’Allemagne du Nord.
Pour les intéressés, l’ensemble n’est accessible au public que le lundi. Il suffit de se présenter à la réception de l’hôtel et la réceptionniste vous remettra la clé de la salle en échange d’une pièce d’identité. Si vous venez à Bremen, organisez-vous pour y être le lundi et ne ratez pas la visite de la Haus Atlantis.

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Bremen (1) les Stadtsmusikanten, le Flohmarkt et la Unser Lieben Frauen Kirche

Le père de Robinson Crusoe s’appelait Kreutznaer et il était originaire de Brème.
Après avoir fait fortune à Hull, il s’établit à York où il épouse une riche héritière du nom de Robinson. Son fils, le héros du roman de Daniel Defoe, naît dans cette ville et porte le double nom de Robinson-Crusoe, ‘Kreutznaer’, la deuxième partie du nom, fut mis à la sauce anglaise.

Nous sommes amarrés le long de la Weser dans la Marina Bremen ‘Maritime Meile Schlachte’ après avoir passé la nuit en pleine nature à Verden, sur l’Aller, un confluant de la Weser.
La descente de la Weser est de toute beauté, le fleuve serpente entre prairies et champs, le courant est de 3 à 4 km/h sauf dans les coupures canalisées où sont logées les écluses. Un peu avant Bremen on passe la Weserschleuse qui forme la séparation entre la Mittelweser et la Unterweser, cette dernière partie du fleuve est soumise aux marées. Il faut en tenir compte car les marées s’accompagnent de courants d’une vitesse de 4 à 7 km/h.

Petite explication technique pour les non-initiés:
Le Chat Lune progresse à 10 km/h sur un plan d’eau sans courant.
Avec un courant portant de 7 km/h l’avancement est de 17 km/h.
Avec un courant contre de 7 km/h l’avancement est de à 3 km/h.
Pour parcourir les 17 km qui nous séparent de Vegesack, notre objectif pour après-demain, on mettrait un peu moins de 2 heures dans le premier cas, 1 heure dans le deuxième cas et près de 6 heures dans la troisième hypothèse avec un courant contre.
Conclusion, ayant étudié la carte des marées, nous partirons à 10:30 avec la marée descendante et un courant qui nous portera à Vegesack en 1 heure.

Bremen est une Hansastadt connue pour ses ‘Stadtmusikanten’, l’âne qui porte le chien, qui porte le chat qui porte le coq, la légende que tout le monde connait.

Le samedi matin, le long des quai de la Weser un marché aux puces serpente sur plus de deux kilomètres, du Bürgermeister-Smidt-Brücke au Alten Wall.
Comme le fait remarquer M. : »Immer munter die Herrschaften », après les Brötchen, nous partons en exploration à la recherche d’objets dont nous n’avons pas besoin et que nous n’allons pas acheter, c’est le plan, sauf qu’une brave dame offre en vrac, dans 4 sacs en plastique, 3kg de figurines ‘Surprise Kinder’ pour 5€. M. craque, ‘je ferai un tri sévère et ce sera pour les petits-enfants’, fait-elle en se réjouissant d’avance.

La marina Schlachten est idéalement située pour explorer la ville, selon l’état de la marée on grimpe ou on marche à plat sur la passerelle qui relie les quais flottants aux quais en pierres et une volée d’escalier plus loin, on se trouve au niveau de la vieille ville.
Comme de coutume nous suivons un tracé fléché qui nous conduit entre autre à la statue de Roland dont la distance entre les pointes de ses genouillères est l’aulne de Bremen, une mesure de longueur réservée aux étoffes.

Le point d’orgue d’une belle journée est un concert donné dans la ‘Unser Lieber Frauen Kirche’ par l’instrument du même nom.

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Hanovre, la Weser et Nienburg

Hier après-midi nous avons amarré le Chat Lune à Nienburg, dans la baie qui sert à la fois de port de plaisance et de port industriel aux bateaux de la WSA, (Wasser- und Schifffahrtsamt), l’administration des eaux.
Je recommande ce port à tous ceux qui naviguent sur la Weser, j’ai envie d’écrire ‘le’ Weser mais Wiki dit ‘la’ Weser.
J’ai déjà dans un précédent billet fait état de ma perplexité devant la question du genre des fleuves et des rivières. On dit la Seine et la Marne, mais aussi le Rhône et le Loing, le Oder et la Weser.
Si un lecteur connait la réponse à cette question, qu’il me le dise, je lui serai éternellement reconnaissant.

L’origine de la ville de Nienburg remonte à 1025, elle possède de nombreuses maisons à colombages, le musée des asperges, le musée de la police de Basse-Saxonie et le marché de la Langestrasse qui en 2008 a été voté le plus beau d’Europe. Il a lieu tous les mercredis et les samedis, sauf si ce jour est férié dans quel cas il a lieu la veille. Nous avons de la chance, aujourd’hui c’est un mercredi non férié et nous achetons des asperges, un camembert, une botte de radis et un baquet de fraises.

À la capitainerie du port nous avons pris la brochure avec le parcours fléché et 29 points d’intérêt touristique que nous parcourons avec une discipline Prussienne.
Je confirme, c’est une belle ville, elle a un bon ‘chi’, de nombreux et beaux magasins et le marché mérite sa qualification.

Vendredi dernier, nous avons fait halte à Hanovre, au km 162 du Mittellandkanal dans la
marina qui s’appelle ‘Yachthafen der Marine-Kamaradschaft Hannover’.
Le port est vieillot mais toutes les facilités sont présentes. Le soir de notre arrivée, le restaurant qui se trouve dans la péniche qui sert également de capitainerie et où sont logés les douches et les sanitaires, avait organisé une soirée inaugurale, le verre de sekt était à 1,50€ et le DJ distillait de la musique des années 60 aux quelques invités dont s’était l’âge moyen. Il faisait froid et il pleuvait, quelques couples en anorak imperméable dansaient sous la toile de tente tendue sur le pont du bateau.

Le samedi matin, le sympathique et volubile chauffeur du bus 134 qui relie le port à la gare nous fait l’article de sa ville, l’oeil gauche fixé sur la chaussé et l’oeil droit nous regardant, la main gauche sur le volant et l’index droit pointant les immeubles et statues intéressantes, sous la plaque mentionnant l’interdiction formelle de lui parler, ‘Strengstens verboten!’.

Notre but était différent, nous avions découvert un marché aux puces, installé tous les samedis ‘Am Hohen Ufer’, sous le regard indifférent des trois Nanas de Niki de Saint Phalle. Nous y passons la matinée et M. achète pour 3€ un exemplaire en bon état de ‘Emil und die drei Zwillinge’, la suite de ‘Emil und die Detektive’ de Erich Kästner. Heureux de la trouvaille nous rentrons au bateau.

Dimanche il tombe une pluie qui mouille et le musée Sprengler offre une série d’expositions temporaires dont ‘Made in Germany Zwei’, une rétrospective d’artistes contemporains. Nous découvrons également avec plaisir les oeuvres de Kurt Schwitters, un artiste Hanovrien que nous ne connaissions pas.
Plus tard, ragaillardis par du ‘Leberkäse mit Kartofelsald’ consommé dans le restaurant recommandable ‘Bayerische Botschaft’, il pleut toujours, on continue notre parcours culturel au Landesmuseum qui organise une exposition temporaire consacrée aux animaux dans l’art, ‘Im Reich der Tiere. Streifzüge durch Kunst und Natur’, on aime beaucoup.

Les scientifiques ont découvert que l’homme et la femme se forment immédiatement, en quelques secondes, une opinion sur les êtres et les choses nouvelles qu’ils ou elles rencontrent.
À la poubelle les longs interviews d’embauche, il ne faut pas plus de trois secondes au chef du personnel pour savoir si vous lui convenez ou pas.
Idem, lorsque nous abordons une ville inconnue, nous lui trouvons en quelques secondes, un bon ou un mauvais ‘chi’.

Malgré les quelques belles choses que nous y avons trouvé, Hanovre a pour nous un mauvais ‘chi’, Nienburg un excellent.

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Mittellandkanal

D’aucuns pensent que parce que il est droit et que les écluses sont rares, que le Mittellandkanal est monotone et que sa navigation soporifique.
Rien n’est moins vrai. Si les écluses ne sont pas nombreuses elles sont spectaculaires comme en témoignent les photos ci-jointes.
D’une longueur de 325,3 kilomètres, il connecte canal Dortmund-Ems à l’ouest, au canal Elbe-Havel, les lacs Brandenbourgeois, le Havel et l’Oder à l’est et il relie ainsi la France, la Suisse, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas à l’ouest, avec la Pologne et la Tchéquie à l’est.
En cours de route le Weser et l’Elbe s’y rattachent lui ouvrant les portes de la Mer du Nord par Bremerhaven et Hambourg.
Le canal est un axe commercial important de l’Allemagne et nous nous réjouissons d’y côtoyer des bateaux de commerces dont la dimension ne fait que grandir d’année en année. Les automoteurs de 85 m de long sur 8,50 m de large, voir 110 m x 11m et les pousseurs à 6 unités de 135 m x 11 m ont depuis longtemps remplacé les Freycinets de 38,50 m sur 5,05 m d’antan.
À côté de ces géants on se sent tout petit et lorsqu’ils remplissent les écluses et nous font attendre le petit trou que l’éclusier finit par nous réserver, nous restons patients car lorsque l’économie marche on est contents et enfin, la vieille coutume marine du salut de la main à chaque passage fait chaud au coeur et souligne la solidarité qui existe entre marins, Goliath souhaite la bonne route à David, mais ‘mille sabords’ je deviens sentimental.
Pour me raccrocher au thème abordé plus haut, les grosses unités que l’on côtoie en permanence sur le Mittellandkanal évitent au plaisancier de s’ennuyer, voir de somnoler.
En prime, la nature est toujours présente, ici une biche traverse le canal à la nage devant le bateau, là un cormoran avale une anguille.
Je fais le blasé et s’il est vrai que nous voyons régulièrement des cormorans avaler leur proie et que de temps à autre on aperçoit une biche dans un champ au loin, depuis sept ans que nous naviguons sur les fleuves, les canaux et les rivières d’Europe, c’est la première fois que nous voyons une biche traverser le cours d’eau à une vingtaine de mètres en face de nous. Monotone le Mittellandkanal?

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Magdeburg, Otto von Guericke, les demi-spheres, Wallonerkirche, Schiffmühle

Les premiers moulins bateaux datent des Romains qui en avaient installés sur le Tibre dans les années cinq cent. Le guide commente qu’il est probable que l’invention est plus ancienne et remonte à l’empire du soleil, c’est bien connu, les Chinois ont tout inventé, de la poudre à canon aux macaronis.

À l’amarrage devant l’écluse de Hohenwarthe nous bavardons avec l’équipage du Calypso, un petit yacht originaire de Schönebeck, une ville sur l’Elbe à trente km à l’amont d’ici.
Ils rentrent chez eux et il s’avère que Magdeburg est à 15 km au sud sur l’Elbe, nous décidons de suivre le Calypso et d’y faire une halte. Malheureusement, le trafic commercial est dense et Rothensee, l’écluse qui donne l’accès à l’Elbe, nous promet des heures d’attente. Ce qui semblait une bonne idée n’en est plus une et nous poursuivons notre route sur le Mittellandkanal jusque Haldensleben, le Calypso patiente, son skipper est attendu au travail demain matin.

Le réseau ferroviaire Allemand est bien organisé et le lendemain nous prenons un RB, (train régional) qui nous mène en 35 minutes de Haldensleben à Hbf Magdeburg.

En sortant de la gare, nous avons un choc, c’est la première fois que nous voyons aussi clairement l’impact de la ‘Plattenbau’ sur la structure de la ville. Le centre de Magdeburg a été détruit presque complément en 1945 et quelques année plus tard, la DDR a rempli les espaces vides avec leurs classiques constructions cubiques tristement stériles.
Un grand nombre d’églises ont été rayées de la carte car elles ne convenaient pas dans un contexte urbain socialiste.
Aujourd’hui les ‘Platten’ sont un peu plus riantes, l’Allemagne de l’Ouest a envoyé quelques pots de peinture et les quelques vestiges religieux restants, tel que le Dom, ont été restaurés.

Les ‘Garten Show’ sont l’occasion pour les villes de se refaire une fraîcheur et de créer ou de re-créer des artifices embellissants. Lors du dernier show en date à Magdeburg, la ville fit réaliser un modèle grandeur nature d’un bateau-moulin tel qu’il en existait jusqu’au dix-neuvième siècle des centaines sur l’Elbe, ce qui permit à Magdeburg de s’enrichir par la production et le commerce de la farine.
L’engin est une espèce de Catamaran asymétrique ancré dans le lit du fleuve. Le moulin placé dans la partie maitresse est alimenté par une aube à larges pales fixée entre les deux éléments flottants.
La photo du dessin est plus claire que mon texte.
Bien entendu le meunier souhaitait placer sa machine le plus près possible du lit de la rivière, là où le courant est le plus fort, mais paradoxe, cela gênait considérablement le trafic fluvial dont il dépendait pour transporter sa marchandise.
On imagine ce que cette contradiction intestine pouvait engendrer comme discussions entre les meuniers, les bateliers et les échevins de Magdeburg.

Mon père m’a légué 50% de gènes wallons et la Wallonerkirche attire toute mon attention.
Elle fait partie du cloître que les moines Augustins construisirent en 1285 et son vrai nom est la Sankt-Augustini-Kirche. Utilisée à la fin du 17e siècle par la communauté protestante Wallonne de Magdeburg, elle est connue localement sous le nom de Wallonerkirche.
L’église se présente aujourd’hui en deux parties.
L’ancien coeur, construit à l’origine à la dimension d’une église normale, sert depuis la fin de la guerre comme lieu de culte. Il a été astucieusement séparé du corps de église proprement dite par un mur en pierre de taille qui sert également de support à la tour qui menaçait de s’effondrer.
L’ensemble est sobre et majestueux, c’est notre monument religieux favori de la ville.

Magdeburg a vécu une histoire sanglante, dont la mise à sac par le général catholique Tilly en 1631 qui fit massacrer la majeure partie des citoyens.

En 1648 elle est rattachée au Brandebourg et Otto von Guericke est le bourgmestre de la reconstruction. Il fait appel à des Wallons et à des huguenots français pour renforcer les activités industrielles de la cité.
Lui ayant rendu son essor, le maire s’attelle en 1665 à ses propres travaux scientifiques dont les deux demi-sphères et la pompe à vide par quoi il démontre les effets de la poussée atmosphérique. Le symbolisme des demi-sphères est omniprésent dans la cité y compris dans les parcs où elles servent de bancs publics.

Du Dom, nous aimons la décoration des poignées de porte et le cloître.

Le ‘Kloster Unser Lieben Frauen’ abrite un musée d’art qui a bien réussi la confrontation de l’ancien et du contemporain, comme en témoigne une oeuvre en façade des frères architectes Berlinois Jan et Tim Edler.

Après le lunch et avant de reprendre le RB vers Haldensleben, nous visitons la ‘citadelle verte’ un des derniers projets de Friedensreich Hundertwasser. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’ensemble organique est de couleur lie de vin.
Il a été inaugurée fin 2005, l’artiste autrichien a voulu concevoir une « oasis pour l’homme et la nature dans un océan de maisons rationnelles ». Très controversée, la ‘citadelle verte’ abrite aujourd’hui plusieurs dizaines d’appartements, des bureaux, un hôtel, des boutiques ainsi qu’une exposition permanente rassemblant des œuvres de Hundertwasser.

Notre perception négative initiale d’une ville morne s’est retournée au fil de notre promenade et de notre découverte de ce qu’elle offre sur le plan culturel et architectural.
Qu’on se le dise, Magdeburg mérite le détour.

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La passion de l’eau, Potsdam, la Militärwaisenhaus et Pommes Fritz, la prison DDR

Le Suisse distingué porte un short de marque, un T-shirt dito et il fume négligemment une pipe de bruyère. Son bateau est un ancien Linssen 40 AC, 12 m de long et superbement entretenu, sa blonde épouse s’est habillée pour aller manger au restaurant de la marina de Haldenstadt dans laquelle nous sommes amarrés depuis la fin de cet après-midi ensoleillée.
En soirée, nous lisons sur la dunette du Chat Lune, il s’approche de moi et me demande si je ne peut pas le renseigner sur un port en France où il pourrait hiberner son bateau dans un hangar couvert.
Depuis quelques années nous confie-t-il, nous naviguons en Allemagne mais nous avons l’intention cet année-ci retourner un France et je cherche un endroit pour mettre le ‘Titbit’ à l’abri l’hiver.

Un peu plus tard, toujours assis sur la dunette, nous avons continué notre lecture, un Allemand de petite taille s’approche de moi et me confie qu’il aime la France et que son épouse et lui viennent de quitter Wittenberg sur l’Elbe, la ville de Luther, pour se rendre à Paris.
L’oeil pétillant et vif, sec comme un trique, la septantaine passée, un cigarette roulée à la main, il porte un vieux T-shirt sur le dos duquel figure une carte de la Méditerranée qu’il me montre fièrement, j’ai fait le tour de tous les ports me dit-il. Il vient nous voir pour bavarder un instant et échanger les impressions de ceux qui comme nous, pendant six mois par ans, parcourent l’Europe sur un bateau. C’est un ‘Ossie’ qui depuis la chute du mur, à bord de son petit voilier ‘Duo’ qui fait 7 m au plus, a navigué de Stockholm à la mer noire, de Gibraltar à Saint-Petersbourg, par la mer, les lacs, les canaux et les fleuves, à la voile ou au moteur, le cas échéant, le mat abattu pour passer sous les ponts.
Le contraste avec le Suisse est surprenant mais nous sommes des frères, on se comprend à mi-mot, le même ‘virus’ nous lie, la passion de vivre sur l’eau et la curiosité inlassable de découvrir des paysages, des villes, des gens, et ce au rythme tranquille imposé par notre manière de voyager.

Dans toutes les marines du monde il est de tradition d’envoyer le pavillon national à 8 h le matin et de le baisser le soir à l’heure locale du coucher du soleil ou au plus tard à 21:00.
La majorité des plaisanciers ignorent ou ne respectent pas cette règle.
J’observe avec plaisir qu’aujourd’hui dans le port de Haldensleben, le Chat Lune n’est pas le seul à honorer la coutume, le Titbit et le Duo font de même, une coïncidence?

Il y a deux jours, le samedi de la Pentecôte, le coeur gros, nous avons fait nos adieux à Hannelore, Baldur et leurs deux teckels, après avoir fait une dernière lessive au Waschbar, situé dans la Geschwister-Scholl-Strasse, à 2 km de notre endroit d’amarrage.

La veille, nous avons rendu un dernier hommage à Frédéric II, en visitant dans la cage d’escalier de l’ancienne ‘Große Militärwaisenhaus’ dans la Lindenstrasse, l’exposition ‘Pommes Fritz’.
Le bâtiment est un ensemble baroque, construit en 1771 par Frédéric II comme refuge et école pour les enfants de 6 à 16 ans, orphelins des soldats tombés lors de ses guerres.
La cage d’escalier qui sert de salle à l’exposition aux dessins et tableaux satiriques, est selon la brochure une des plus grandioses d’Europe.
Les oeuvres exposées couvrent trois siècles, de l’époque du roi à Angela Merkel.

Plus tard dans la journée nous poussons la porte de l’ancienne prison où la DDR enfermait discrètement tous ceux qui témoignaient de leur désaccord avec le régime.
On en sort bouleversé, non seulement parce que les circonstances de l’incarcération sont impressionnantes de cruauté mais aussi par la banalité des raisons pour lesquelles femmes et hommes ont étés privés de liberté sans forme aucune de procès, parfois simplement suite à la dénonciation vraie ou fausse d’un voisin de palier, d’une critique malencontreuse prononcée sans arrière pensée.
Le bâtiment situé également dans la Lindenstrasse, ressemble de l’extérieur à un banal immeuble d’habitation et ce n’est qu’en franchissant le portail et une lourde porte métallique que l’on découvre dans la cour intérieure un complexe sur trois étages, de cellules aux fenêtres grillagées dont les carreaux sont opaques.

Deux jours plus tard, nous faisons halte à Haldensleben sur le Mittellandkanal.
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