Blaue Leberflecke, Berlin, Jacob und Wilhelm Grimm Bibliotheek et la Heilig-Geist-Kapelle

Ce matin au comptoir à l’entrée du Kaufland je m’adresse à la réceptionniste, une belle jeune femme brune d’une trentaine d’année qui me renseigne sur l’emplacement des petites bouteilles jaunes de citron concentré. En la quittant je lui fait remarquer qu’elle a une tache d’encre sur son menton juste sous sa lèvre inférieure. C’est ‘Eine blaue Leberflecke’, un grain de beauté bleu, me fait-elle avec un grand sourire, ça m’apprendra à scruter le visages des jolies femmes, n’empêche que son sourire ‘makes my day’, comme on dit en anglais.

Pour se rendre à Berlin, on s’est habitué au S7 et au trajet un peu plus long que le train régional. Le temps est idéal, plein soleil avec un petit vent qui maintien la température au alentours de 25°C.

Nous descendons à la gare de la Savignyplatz et prenons un cappuccino en attendant l’ouverture de la BücherBogen, une librairie situé sous la voute en brique qui supporte les voies de train des lignes centrales de la ville.
C’est un paradis pour les flâneurs de livres que nous sommes, le magasin est spécialisé en livres d’art, film, design et d’architecture. Nous y achetons rarement quelque chose car notre spécialité sont les livres d’occasion que nous acquérons à tour de bras dans les brocantes et sur les sites spécialisés de la ‘toile’ tel que http://www.abebooks.fr pour la France, http://www.abebooks.com pour l’international, .co.uk pour le UK et .de pour l’Allemagne.
N’empêche que nous fouinons et nous triturons les ouvrages avec délectation pendant le temps nécessaire pour satisfaire notre curiosité d’amateurs de publications imprimées.

Toujours les bouquins en tête, en route vers le centre ville, nous faisons halte au ‘Jacob-und-Wilhelm-Grimm-Zentrum, la bibliothèque universitaire centrale, située Geschwister-Schollstrasse 1/3, pas loin de la gare de la Friedrichstrasse.
Ouvert à tout le monde mais essentiellement peuplé d’étudiants, l’ensemble architectural moderne est accessible de huit heures du matin à minuit en semaine, et jusqu’à dix-huit heures le samedi.
Les architectes de la Grande Bibliothèque à Paris n’y ont pas pensé, mais ici la lumière naturelle est indirecte, elle pénètre par le toit et éclaire une salle centrale qui fait la hauteur du bâtiment. Elle est entrecoupée par cinq plateaux de pupitres de lecture placés en terrasses. Les photos en annexes sont plus parlantes que mon explication.

La rue dans laquelle est située la bibliothèque doit son nom à Sophie et Hans Scholl. En pleine guerre, les deux jeunes gens distribuèrent des exemplaires du pamphlet anti-nazi ‘Der Weißen Rose’ à l’université de Münich. Le 18 février 1943 ils furent dénoncés à la Gestapo par leur concierge, appréhendés et le lendemain, promptement guillotinés.
Un extrait du pamphlet: « Freiheit der Rede, Freiheit des Bekenntnisses, Schutz des einzelnen Bürgers vor der Willkür verbrecherischer Gewaltstaaten, das sind die Grundlagen des neuen Europa. »

Notre principal objectif aujourd’hui est la visite de la Heilig-Geist-Kapelle qui, comme j’ai déjà eu l’occasion de l’expliquer, n’est ouverte au public que chaque jeudi de 12:00 à 13:00. Il y a deux semaines à la date et l’heure précise elle était exceptionnellement fermée pour cause d’une manifestation officielle et l’année dernière elle était fermée tout court, à cause des travaux de rénovations de la façade extérieure.
Mais nous sommes têtus et nous revoilà sur place et la troisième fois étant la bonne, nous pouvons admirer la structure en voûte étoilée du plafond de ce bâtiment que la brochure décrit comme étant la plus vieille construction de la ville. Construite en 1300, la chapelle de l’ancien l’hôpital ‘Heilig-Geist’ est devenu une salle de conférence de la ‘Wirtschafts-wissenschaftlichen Fakultät der Humboldt-Universität zu Berlin.
C’est notre dernière journée à Berlin cette année-ci, dans quelques jours nous entamerons à l’aise le chemin du retour vers la France.
C’est donc le dernier plat du jour de la Rote Rathaus, les asperges sont au menu.

Au coin NE de la Penzlaueralle et de la Mollstrasse se trouve le cimetière St.-Marien-St.-Nikolai. L’employée municipale chargée de l’entretien du parc essaye vainement de mettre en marche une débroussailleuse Stihl. ‘Parfois elle veut, parfois pas’, nous fait-elle, très décontractée. De toute manière ça pousse tellement vite que c’est peine perdue, rajoute-t-elle en souriant.
En effet, le cimetière est en grande partie laissé à l’abandon, ce qui lui confère un charme que nous apprécions beaucoup. C’est un parc sauvage où la végétation a pris le dessus depuis de nombreuses années, les tombes sont recouvertes de buissons et d’herbes de toutes nature, ici et là un buisson de rhododendrons en fleurs forme une tache de couleur, les sureaux sont en fleur et ils me rappellent la limonade que ma mère en faisait, elle appelait cela du ‘Hollunderwein’.
Elle ébouillantait les fleurs dans de l’eau sucrée, rajoutait du jus de citron et ensuite elle transférait le liquide filtré dans des anciennes bouteilles à bière en verre brun avec des capsules en porcelaine blanche, lesquelles étaient placées dehors au soleil pendant plusieurs jours jusqu’à l’apparition de petites bulles, indiquant le début de la fermentation. La boisson se buvait frappée, elle était pétillante, délicieusement aromatisé et légèrement alcoolisée.

Avant de prendre le S7 pour Potsdam à la gare de la Friedrichstrasse, nous faisons le tour du ‘Tränenpalast’, le ‘Palais des Larmes’. Après l’érection du mur en 1961, la gare de la Friedrichstrasse était devenu le poste frontière et servait de zone de transition pour les citoyens de l’ouest qui souhaitaient rendre visite à leurs famille restée à l’est et au quelques citoyens de l’est qui avait reçu l’autorisation de se rendre à l’ouest.
Les scènes de séparation étaient souvent émotives, d’où le surnom de la gare et du musée qui documente et qui rappelle les événements.

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Neuruppin, Wustrau, Oranienburg et le Phragmite des joncs

Tout l’après-midi, pendant la navigation qui nous mène de Wustrau à Oranienburg, nous essayons de prendre en photo le Phragmite des joncs qui peuple les rives du ‘Ruppinnerkanal’.
M. trouve le mot intéressant pour le Scrabble, encore qu’avec neuf lettres il ne sera pas facile à placer. C’est un oiseau migrateur qui passe l’hiver en Afrique, notre livre ornithologique explique que la race des grands (acrocephalus arundinaceus) s’engraissent suffisamment pour faire le trajet en une fois mais que la race des petits (acrocephalus scirpaceus) s’arrêtent en Espagne en cours de route pour faire le plein d’énergie.
L’oiseau s’appelle aussi ‘la fauvette des roseau’, ce qui est plus facile à retenir mais n’offre pas les mêmes avantages pour le Scrabble.

Les rives des sections canalisées du trajet sont tapissées de roseaux et l’on entend leur chant en permanence. Ils construisent leur nid près de l’eau, au bas des tiges des roseaux et ils voltigent entre la végétation mais comme ils ont la couleur beige des roseaux, on les entend mais les aperçoit rarement. Les prendre en photo est quasi impossible, M. réussit à en croquer un en plein vol. L’autre cliché provient de ‘la toile’.

Nous quittons notre quai favori à Neuruppin ce matin vers 09:00 et une heure plus tard nous accostons au ponton de la marina de château de Wustrau.

C’est le lieu de naissance et la résidence de Hans Joachim von Zieten. Ce militaire débuta sa carrière sous les ordres de Frédéric I, le roi soldat, il devint ensuite un des confidents de Frédéric II qui le nomma général de son régiment de cavalerie de Hussards.

Pendant la deuxième guerre mondiale le château fut annexé par l’administration SS, en 1945 il fut vandalisé et pillé, aujourd’hui il est un des centres de formation des juges de l’état. On ne peut pas le visiter, de toute manière nous confie le maître d’hôtel du restaurant annexe, il n’y a plus rien à voir sauf des auditoires et des salles de réunion.

Par contre le ‘Brandenburg-Preußen Museum’, une initiative privée qui fonctionne sans subsides, nous ouvre ses portes gratuitement car aujourd’hui c’est la journée internationales des musées et on entre sans payer.
Le musée retrace l’histoire du Brandenburg et de la Prusse en particulier. Nous sommes toujours frappés par l’esprit progressiste de cet empire et j’en veux comme exemple que le vote fut accordé aux femmes en 1919 alors qu’en France où le mot égalité figure en grand dans la constitution, cette prérogative ne fut accordée qu’en 1944.

Admirez également la photo de fin d’empire où l’on voit Guillaume II et ses 6 fils défilant en uniforme d’apparat devant le Stadtschloss de Berlin le matin du jour de l’an 1913.
Guillaume II est le dernier empereur de Prusse, il abdique en 1918 à la fin de la grande guerre et il meurt en exil à Doorn en Hollande le 4 juin 1941.

Sur le chemin du retour au bateau nous traversons le cimetière où est enterré Hans Joachim von Zieten. Sa tombe est surmontée d’une d’une pierre de granit digne d’un dolmen, ses descendants ont voulu s’assurer qu’il ne sortirait pas de son trou.

Enfin, à la recommandation de l’ineffable Herr Glaser, nous jetons un coup d’oeil au café restaurant Constance, l’endroit où il faut absolument boire un café nous avait-il dit.

À 14:00 nous passons l’écluse d’Altfriesack, deux heures et demi plus tard celle de Hohenbruch suivie à 5 km par celle de Tiergarten pour atteindre et nous amarrer au quai d’Oranienburg à 18:20.

J’insiste, le voyage aller-retour Oranienburg-Neuruppin-Lindow mérite 3 étoiles sur 3 dans votre plan de navigation des voies fluviales du Brandebourg.

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Lindow, le cloître et la belle nonne Amelie

Amélia, la jeune et belle fille du Comte tomba amoureuse de Jakob, un jeune homme de moindre rang. Ses parents lui interdirent sa fréquentation et devant son refus l’envoyèrent chez les Cisterciennes de Lindow où elle développa une connaissance des herbes médicinales et leurs pouvoirs de guérison.
Mais Jakob ne l’avait pas oublié et pendant de longues nuits il s’appliqua à gratter un trou dans le mur d’enceinte du couvent par où les amoureux prirent la fuite. On ne les jamais revus, ne reste d’Amelie qu’une plante médicinale qui porte son nom et dont on reconnait encore aujourd’hui les vertus bénéfiques.
Parfois le soir vers minuit, on entend encore des grattements le long des murs en ruine du cloître de Lindow.
Une statue en granit posée dans l’eau au sud du lac de Wutz, rappelle l’histoire.
La brochure de l’office du tourisme annonce qu’à l’instar de New York avec sa statue de la liberté et Copenhagen avec sa sirène, Lindow arbore fièrement son Amelie.

Ce matin, un peu après huit heures, nous avons largués le amarres du Chat Lune pour prendre la direction de l’écluse d’Altruppin.
L’éclusière est celle des feux verts d’Altfriesack. M. note dans le livre de bord que c’est devenue une copine, pendant la bassinée, ces dames bavardent et elles sont d’accord que le coût de la vie est nettement moins élevé en l’Allemagne qu’en Hollande, Suisse ou France, ce que je confirme.
Altruppin franchie, nous traversons pendant près de trois heures la réserve naturelle dite ‘La petite Suisse du pays de Ruppin’.
La nature est très belle mais la seule similitude avec la Suisse sont les collines boisées de forêts de pins, celui qui a donné cette qualification à la région, n’a jamais vu les Alpes.
La lumière est belle ce matin et un vent de force 4 à 5 chasse les nuages et nous offre un ciel changeant et spectaculaire.

Arrivé à Lindow, le ‘Hafenmeister’ du Sailing Club local et deux de ses amis nous aident à l’amarrage. Comme d’habitude ‘die Franzosen’ sont accueillis chaleureusement, nous nous émerveillions de la beauté de l’endroit et eux posent l’inévitable question politique, à laquelle nous donnons notre avis, en substance, il ne faut pas confondre les promesses électorales avec la réalité politique. François Hollande n’a pas fait la bise à Angela Merkel, mais c’est pas José Bové non plus, lui et son équipe sont suffisamment malins pour ne pas mener la France à des situations Grecques.

Lindow est la ville des trois lacs, à l’est, le ‘Gudelacksee’ que nous venons de traverser pour arriver ici, à l’ouest, le ‘Wutzsee’ où se trouve la statue d’Amelie et au sud-est le ‘Vielitzsee ». Hier Herr Glaser nous racontait hier que si la ‘Wende’ avait eu lieu un an plus tard, il aurait pu terminer le dragage de ce lac. Son entreprise avait obtenu un contrat pour le nettoyer et pour utiliser la boue comme fertilisant. À la chute du régime, son contrat fut annulé.

Après le lunch et une bonne sieste nous allons voir la statue d’Amelie et les murs en ruine du cloître cistercien. Le cimetière attenant est envahi de verdure, une tombe récente est couverte de fleurs, c’est probablement celle de la propriétaire du musée privé local qui vient de mourir soudainement à l’âge de soixante ans, comme nous l’a expliqué l’employée de l’office du tourisme, le musée est fermé.

Une autre curiosité de l’endroit est un jardin privé comportant des volières avec des perroquets, des perruches, des paons et des canards. Je n’aime pas les animaux encagés, les zoos et les volières me mettent mal à l’aise, dans mon rêve, j’ouvre les portes et je saccage les grillages.
Les moineaux qui voltigent en liberté s’en moquent et viennent picorer ici et là des graines tombées de l’une ou l’autre cage.
À la sortie, une urne invite les visiteurs à verser une obole pour aider le propriétaire à maintenir le lieu. Je ne donne rien, peut-être ouvrira-t-il un jour les cages, faute de moyens de les entretenir.

L’église est le dernier poste sur notre trajet exploratoire. Pour permettre aux croyants handicapés de pénétrer plus facilement dans le lieu saint sans avoir à franchir des escaliers, le prêtre a mis l’entrée principale au centre de la façade latérale. L’autre particularité de l’agencement est la position de la chaire contre le mur latéral en face de la nouvelle entrée, la photo ci-jointe est plus claire que mon explication.

La dame qui vend les images saintes à l’entrée nous explique qu’aujourd’hui c’est Herrentag. On s’en était rendu compte car nous avons croisé de nombreux mâles joyeux qui brandissaient une bouteille de bière entamée. Dans ce pays, l’ascension coïncide avec la fête des pères et par extension avec la fête de tous les hommes et cela ne passe pas inaperçu.

Ce soir nous mangeons des asperges de Belitz, ce sont les meilleures asperges que nous ayons jamais mangés. Je les fait cuire pendant une dizaine de minutes dans de l’eau dans laquelle j’ai fait bouillir préalablement leurs épluchures, question de renforcer leur goût.
Accompagnés de pommes de terre vapeur, d’un oeuf mi-dur, du beurre, de la rémoulade et du persil, on se régale à bord du Chat Lune.

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Neuruppin et l’homme qui mourut deux fois

Herr Glaser aura soixante ans l’année prochaine, il arbore un grand sourire sous sa moustache de sapeur pompier et il nous apporte la clé de la porte qui nous sépare de la ville.
Il est 15:30, nous avons mangé à bord, fait une sieste et nous sommes prêts à aller à la ‘Rupinner Lesezeichen’ un librairie seconde main que nous avons découvert lors de notre séjour ici en 2011.
Avant cela, Herr Glase accepte avec plaisir le café que nous lui présentons à bord, il est curieux et il aime visiter les bateaux, nous le comprenons.

Né en ’53, fils de paysan et donc prolétaire, il a pu faire des études, ce qui en DDR, était systématiquement refusé aux enfants d’intellectuels.
Successivement responsable d’un atelier de construction, mais pas chef, nous confie-t-il, car je n’étais pas membre du parti, ensuite entrepreneur de travaux publics, ‘j’avais une entreprise de 80 personnes’.
Il y a dix ans, un soir d’hiver, il glisse sur une plaque de verglas, doit être ré-animé à deux reprises, ‘je meurs deux fois’, nous dit-il, et passe ensuite un an dans un hôpital Berlinois, dont six mois dans un état comateux.
Aujourd’hui, il est pleinement rétabli, ‘sauf mon pied gauche dont les nerfs ont été sectionnés, ça brûle un peu, mais je marche presque normalement’, ‘mais la tête ça va, la vie est belle’, précise-t-il.
Avec son épouse il a crée une entreprise de location de canoës, de vélos et de pédalos à Altruppin. Cet année-ci il vient d’acheter trois pontons à la ville, dont celui le long duquel nous sommes amarrés. Son l’intention est de les aménager en marina, ce qui n’existe pas à cet endroit central du centre de Neuruppin.
Herr Glaser est un homme entreprenant, gentil et sympatique, si des fois vous venez à Neuruppin, ce que je conseille à tout le monde, n’hésiter pas à louer un vélo ou un canoë à http://www.rhinpaddel.de

La librairie n’est ouverte que jusque 15:00, nous reviendrons demain matin. Neuruppin est la ville de Theodor Fontane et du peintre et architecte Karl Friedrich Schinkel. Frédéric II y séjourna pendant quatre ans, de 1730 à 1734 avant de déménager au château de Rheinsberg jusqu’à son intronisation en 1740.

La ville est construite en damier, selon un plan Prussien rigoureux, les rues sont larges et le centre comporte trois grandes places ouvertes et dégagées.
Au 17e siècle elle reçoit et abrite une garnison et cet particularité est maintenue pendant la période communiste.
Herr Glase nous raconte que le dernier soldat Russe des ‘Western Group Forces’ quitta la ville en 1992. Depuis 1945, Neuruppin comptait 21.000 soldats soviétiques en uniforme, si on ajoute à ce nombre leur famille, ils étaient plus nombreux que les habitants de la ville.
L’aéroport adjacent, construit par Hitler avait été récupéré et servait de base aux MIG et aux chasseurs bombardier Su-17-M4.
Il y a vingt ans de cela.

Aujourd’hui la ville a été rénovée avec les fonds de l’Allemagne de l’Ouest et de l’Europe, elle respire la prospérité et rien que dans le centre, une vingtaine d’hôtels attendent chaque année les touristes attirés par cet endroit historique situé en pleine nature le long d’un lac à l’eau limpide.

Pour en savoir plus sur Neuruppin voir mes billets du 21, 22, 23 et 24 juin 2011.

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De Potsdam à Neuruppin

Il est huit heures du matin et les portes de l’écluse d’Altfriesack s’ouvrent mais les feux de signalisation restent rouges.
Les portes se referment et à la jumelle je vois l’éclusière s’agiter et laisser entrer un avalant dans le bassin supérieur. La bassinée se fait et l’éclusière met ses mains en porte-voix et nous crie ‘vous n’avez pas vu les feux verts?’ ‘ils étaient rouges’ lui dis-je, ‘non verts’ réplique-t-elle. J’arrête la discussion car c’est un fait bien établi qu’il est stérile d’essayer d’avoir raison avec un employé de n’importe quelle administration qui se croit dans son bon droit.
Nous pénétrons dans le bassin et faisons gentiment la paix avec la dame qui nous raconte qu’ici, c’est-à dire dans la région de Neuruppin où nous nous trouvons, il n’y a pas de travail et que son fils mécanicien et son mari chauffagiste travaillent en Hollande pendant qu’elle ouvre et ferme les portes de son écluse.
Pas désagréable comme métier dit-elle, car pendant la journée on a la paix, évidemment, j’habite à 40 km et je rentre tard le soir, et pendant mon absence à la maison il ne se passe rien.
En partant, nous lui faisons remarquer que le Chat Lune bat le pavillon Français, pas Hollandais, les couleurs sont dans l’autre sens.

Dimanche matin nous avons fait une lessive au Waschbar à Potsdam. C’est une snackbar qui offre en plus la possibilité de faire une lessive. Une dizaine de machines font face à la salle de restauration, M. s’affaire à rafraîchir notre linge pendant que je pianote mon iPad en sirotant un cappuccino.

L’après-midi nous embrassons Hannelore, serrons la pince à Baldur et lâchons les amarres du Chat Lune, nous partons vers Spandau.
En 2011 nous avons fait halte à la citadelle et j’ai consacré un ou deux billets à sa description.

Lundi matin nous continuons notre route vers le nord, laissons Oranienburg à droite et nous nous engageons dans le Ruppiner Kanal. L’écluse de Tiergarten fait une pose entre 12:00 et 14:00, on se croît sur l’Yonne.
Trois petits bateau remplis de gros Allemands nous ont rejoint, ils vont également à Neuruppin.

Nous sommes tombés amoureux de cette petite ville l’année dernière et nous voulons la revoir avant de redescendre vers la France. Situé à 40 km à l’ouest d’Oranienburg, on y accède par une succession de canaux et de lacs qui traversent une réserve naturelle datant de 1924, ‘Pur Natur’ comme on dit ici.

Neuruppin est la ville natale de Theodor Fontane, c’est un peu le bout du monde et heureusement pour nous, peu nombreux sont les plaisanciers qui s’engagent dans ce cul de sac de fluvial.

Sortis de l’écluse de Altfriesack, nous remontons la Neuruppiner See et nous nous amarrons au quai en béton qui nous avait offert son hospitalité l’année dernière.
Un portillon métallique le sépare de la terre ferme, l’année dernière il suffisait d’appuyer sur un bouton pour déverrouiller la porte, aujourd’hui nada.
Quatre coups de fil plus tard, je parle à Herr Glase qui gentiment m’explique qu’il est à Berlin, qu’il est sur le point d’entrer dans une réunion importante mais qu’il va nous apporter une clé cet après-midi, dès son retour à Neuruppin.

Le soleil est revenu sur le lac, j’écris ce billet et M. continue la lecture de Effi Briest, le roman le plus célèbre de Theodor Fontane.

Si vous êtes de nature impatients ou si vous êtes pressés, la navigation fluviale n’est pas faite pour vous.

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Potsdam (6) Stadtsschloss, la Nikolai Kirche et le marché de ‘prendre et donner’

L’homme n’aime pas le vide. Cette caractéristique se remarque particulièrement en urbanisme métropolitain. Les Champs de Mars reçoivent des statues, voir une tour Eiffel, les cours intérieures des fontaines décorées de faunes, les places publiques des kiosques et dans le pire des cas, on construit un château au milieu de la vaste plaine dégagée du centre ville, en argumentant qu’il s’y trouvait déjà au 18e siècle et que le reconstruire enrichit le patrimoine historique de la ville.

Aujourd’hui, ‘Tag der offenen Baustellen’, journée porte ouverte des chantiers, la ville de Potsdam offre à ses citoyens de se promener entre les échafaudages du ‘Palais de la Ville’ situé à l’endroit de celui qui fut mis en gloire par Georg von Knobelsdorff, commandité par Frédéric II et terminé en 1751.
Les rois qui succèdent à Frédéric II s’en désintéressent et au fil des années il héberge l’administration de la ville, la justice, un théâtre, un musée et finalement en 1945, il s’effondre et il brûle, victime des derniers bombardements Alliés.

La DDR n’avait pas les moyens financiers pour le restaurer et 1960 ce qui reste debout est dynamité malgré les mouvements de protestations des habitants de Potsdam.
Début des années 80 la ville toujours sous le régime communiste, entame au même endroit la construction voulue prestigieuse d’un théâtre, malgré les mouvements de protestations des habitants de Potsdam qui réconcilies avec le vide de la plaine, estiment que ce nouveau bâtiment va obstruer la vue de la Nikolai Kirche.
Après la chute du mur en 1989/1990, ce qui est déjà construit est rasé et il s’ensuit une vingtaine d’années de discussions et de multiples projets qui aboutissent finalement à l’accord de construire un ensemble administratif dont les façades extérieures seront similaires aux façades du Palais conçu par von Knobelsdorff.

La première pierre est posée le 25 mars 2010 par le maire Jann Jacobs et aujourd’hui nous suivons la foule qui se promène entre les murs en béton nu.
Le tout a l’air solide et bien pensé, les responsables de l’entreprise de construction BAM, arborant un gilet jaune et un badge d’identification accroché à leur poitrine, veillent à la sécurité. Entre les cliquetis des appareils photo, nous entendons la voix d’une employée qui s’inquiète, ‘et moi, je serai assise où?’

Pas rancunière, la Nikolai Kirche dont la vue est obstruée par le nouveau palais, offre pour l’occasion, la visite de la coupole à prix réduit. Nous ne résistons pas et nous nous empressons de gravir l’escalier en colimaçon à sens unique régi par un système de portillons à commande électronique. Un vent violent ouvre le ciel et du haut des toits, la vue est bien dégagée.

À la descente, l’électronique a du foirer car malgré le feu vert, nous devons nous écraser contre le mur pour laisser passer des montants mécontents qui sont convaincus que nous n’avons pas respecté les instructions, c’est très mal vu en Allemagne.

Sur la place entre le Lustgarten et le musée du cinéma on aperçoit les tentes d’un marché qui s’intitule ‘Geben und Nehmen Markt’, ‘Prendre et Donner’.
Organisé sous les auspices de la ville de Potsdam, l’idée est simple, les intéressés viennent avec les objets dont ils veulent se séparer et les autres intéressés prennent ce qui leur fait envie, sans payer. Nous n’avons besoin de rien mais nous aimons fouiner et M. ne résiste pas à prendre deux livres et un puzzle pour enfants que nous ramenons au bateau.

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Berlin, Sonnenallee, Egidius Knops, Heilige Geist Kapelle, Saint George’s Bookshop

La dame du haut parleur de la gare de Westkreuz annonce quelque chose que je ne comprend pas. M. qui à l’oreille plus fine et plus exercée que moi à déchiffrer les messages parlés croit avoir compris quelque chose relatif au S42, le train circulaire qui doit nous conduire d’ici à la Sonnenallee.
Nous posons la question au chef de station qui, le képis rouge bien vissé sur la tête, bavarde gentiment avec un passant de sa connaissance. Il n’a pas compris le message non plus.
À cet instant, le S42, annoncé par panneau indicateur, entre en gare, son front arbore S42, nous montons à bord.
Les portent se ferment, le train roule et le panneau indicateur mobile du wagon dans lequel nous avons pris place, déroule l’indication S46, avec comme prochaine station Köllnische Heide. Au passage nous apercevons au loin, le Sonnenbrücke et l’oeuvre d’art de Egidius Knops que nous voulons admirer de près.
Nous concluons que la dame du haut parleur annonçait probablement que contrairement aux indications écrites sur les panneaux, le S42 était le S46.
Nous descendons à la Köllnische Heide, reprenons le S46 dans le sens inverse jusqu’à Neukölln et puis le vrai S42 jusqu’à la Sonnenallee.
Si la manoeuvre vous parait compliquée, ne vous inquiétez pas, elle nous a également rendus perplexe, nous qui étions déjà convaincus que le mouvement des trains dans ce pays était sans failles.

Notre programme Berlinois de ce jour prévoit d’aller admirer les baigneurs de Egidius Knops, l’artiste Hollandais que nous avions découvert dimanche dernier lors de la journée porte ouverte des ateliers à Potsdam.
C’est beau, jugez-en vous-même avec les photos ci-jointes.

Nous prenons une succession de bus, de S et de U pour arriver un peu avant midi au Hackescher Markt, notre but est de visiter la Heilig-Geist-Kapelle, située à deux pas dans la ‘Faculté de Science Commerciale’ de la Humboldt-Universität, Spandauer Strasse 1.

L’année dernière elle était en restauration, aujourd’hui elle est à nouveau accessible au public avec la nuance qu’on ne peut y pénétrer que chaque jeudi de 12:00 à 13:00.
Sauf aujourd’hui, nous explique le gardien de Sécuritas, car il y une manifestation académique et le public n’est pas admis, mais je peux vous montrer des photos suggère-t-il gentiment, nous déclinons aussi gentiment, on reviendra dans quinze jours.

Le poulet au riz de la journée espagnole de la Rote Rathaus nous remplit l’estomac, le café est meilleur que l’année dernière, le thermos a été remplacé par une machine automatique qui débite un jus plus solide.

Le troisième point à l’ordre du jour est la librairie Saint-George située au 27 de la Wörthestrasse dans le Prenslauer Berg.
Le propriétaire anglais est sympathique, prêt à entamer un brin de causette et en prime, il connait bien sa marchandise.
Nous y trouvons une certaine similitude avec Shakespeare and Company à Paris, sauf qu’ici on reconnait le sens de l’organisation et la rigueur Prussienne, ce qui n’est pas désagréable.

Le tramway M1 nous ramène au Hackescher Markt où nous retrouvons le S7 pour Potsdam.
La journée se termine sur la dunette du Chat Lune, nous sommes toujours heureux de revenir à la maison.

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Berlin, Menzel, Frédéric II, Parmentier et Moses Mendelssohn

Le 5 décembre 1757, pendant la guerre de sept ans, Frédéric II vainquit à Leuthen en Silesie l’armée Autricienne commandée par le Prince Karl Alexandre de Lotharingen.
La petite histoire raconte que le soir de la victoire, le roi accompagné d’une poignée d’adjudants, pénétra en territoire encore occupé par l’armée adverse, mis pied à terre au château de Lissa, où séjournèrent de nombreux officiers supérieurs Autrichiens.
‘Bonsoir Messieurs’ fit le roi,’Je sais que vous ne m’attendez pas ici, mais pouvez-vous nous loger?’
Dans la confusion, les Autrichiens, pourtant en majorité, lui donnèrent l’hospitalité sans songer à s’accaparer du souverain.

L’origine de l’introduction de la pomme de terre en France date de cette époque. En effet, Antoine Parmentier, pharmacien dans l’armée Française fut capturé pendant cette même guerre par les Prussiens et à cette occasion fit la connaissance du tubercule, l’alimentation principale des prisonniers de guerre.
Pour faire développer la culture de la pomme de terre, Frédéric II la fit planter à Berlin et fit entretenir les cultures par ses soldats. Comme l’espérait le roi, les paysans dérobèrent et essayèrent cette « pomme » de terre et plus tard la cultivèrent eux-mêmes. Le 24 mars 1756 il publia une circulaire qui ordonnait la culture de la patate.
Parmentier réussit l’introduction de la pomme de terre en France par un stratagème différent. La manœuvre réussie, Louis XVI le félicite en ces termes : ‘La France vous remerciera un jour d’avoir inventé le pain des pauvres’,
Aujourd’hui, la dalle de la sépulture de Frédéric II, située comme il le souhaitait, à côté des tombes de ses chiens dans le parc du château de Sanssouci, est couverte de pommes de terres que les passants y déposent.

À Berlin, dans la Alte Nationalgalerie, nous visitons l’exposition qui réunit tableaux et gravures qu’Adolph Menzel réalisa du roi de Prusse. Plus qu’aucun autre, Menzel est le peintre qui nous donne l’image la plus complète du souverain amateur d’art, guerrier et philosophe.

Bien entendu nous ne manquons pas d’aller manger dans la cantine de la Rote Rathaus, c’est la semaine Européenne, aujourd’hui nous avons droit à des crêpes aux légumes, farcies de fromage de brebis, à la mode grecque.
Demain nous n’y serons pas et nous regrettons de ne pouvoir venir goûter des carbonades flamandes.

Après le lunch, nous remontons la Grosse Hamburgerstrasse, qui va des Hackesche Höfe, à la Torstrasse, pour voir dans le Koppenpark, un mémorial intitulé ‘Das verlassene Zimmer’, ‘La chambre abandonnée’.
L’oeuvre, impressionnante par sa sobriété, est du sculpteur Karl Biedermann et de l’architecte de jardin Eva Butzmann.

Dans la Hamburgerstrasse se trouve le plus vieux cimetière juif de Berlin. C’est aujourd’hui une grande sépulture commune, le sol est recouvert de lierre, symbole de vie éternelle. La seule pierre tombale érigée est celle du philosophe Moses Mendelssohn. Il était contemporain de Frédéric II et grâce au marquis d’Argens, philosophe et ami du roi, Mendelssohn reçut le statut de Juif protégé extraordinaire (außerordentlicher Schutz-Jude), la troisième classe d’existence pour un Juif à Berlin (il était dans la sixième auparavant). Cela lui permit de résider à Berlin sans être dérangé du fait de ses origines juives, mais pas d’acheter des immeubles ou de passer ce droit à ses enfants.
Pour la petite histoire, les lunettes de Mendelssohn, d’un design contemporain, sont exposées dans le Judisches Museum.

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Potsdam (5) Tag der Offenen Ateliers, les artistes ouvrent leurs portes

Voyeurs dans l’âme, nous adorons visiter maisons et appartements et imaginer comment leurs habitants y vivent.
Aujourd’hui nous sommes gâtés, Potsdam organise son annuelle « Tag der Offenen Ateliers », 46 artistes ont répondu à l’appel et ils ouvrent la porte de leurs lieux de travail.

Dans l’atelier de Klaus Fahlbusch, Charlottenstrasse 123, son collègue Michael Lüder a ramené quelques vielles locomotives rouillées de l’Amérique du Sud qui charment notre amour pour l’archéologie industrielle, la journée débute sous de bons auspices.

Claudia Constanze Lorenz habite Linsenstrasse 11, au premier étage d’un ancien atelier de manufacture de chaussettes militaires transformé en appartement.
Pour l’occasion, elle a tapissé de ses oeuvres photographiques, les murs de son living, de sa chambre à coucher et de sa cuisine. Son accueil est chaleureux, nous faisons la connaissance de son frère et de l’amie de celui-ci qui prennent le petit déjeuner et qui nous invitent à boire un café avec eux.
Sur son iMac elle déroule une série de clichés qu’elle a réalisé récemment de familles d’étrangers qui viennent de s’installer à Berlin. ‘Fascinant, sympathique mais fatiguant’ dit-elle, ‘car pour prendre les photos j’ai du m’intégrer dans les familles, prendre les gosses sur les genoux, entendre leurs récits, boire le thé et partager leurs repas.’

Chez Sabine Hüning, Hegelallee 55, un photographe du Märkische Allgemeine nous demande de jouer les clients intéressés. Nous engageons le dialogue avec l’artiste, son fils veut également poser sur les photos, j’imagine que demain il veut montrer le journal à ses copains de classe, le journaliste nous demande de bouger un peu à gauche, de lever les mains, question d’avoir l’air naturel, nous obéissons.
Sabine peint avec vigueur des fruits et des légumes, ses tableaux respirent l’énergie qu’elle met à les réaliser. Nous avons droit à un verre de ‘Maibowle’ avec des fraises. C’est un cocktail composé de vin blanc, de vin mousseux et de ‘Waldmeister’ (aspérule odorant).

Au 34 de la Mittelstrasse, Peter Kurgan utilise du sable coloré et des cristaux broyés pour réaliser et pour ‘tonifier’ ses tableaux. Ses clients enthousiastes lui envoient de la poussière rouge de Sedona, de l’ocre du Roussillon, de la lazurite du Pérou qu’il travaille par couches successives pour obtenir des effets de transparence et de dévoilement successifs des sujets représentés en fonction de la lumière ambiante. Nous ne sommes pas particulièrement impressionnés et j’ai déjà franchi la porte de l’atelier, lorsque M. qui me suit à quelques pas, se prend à poser une question pertinente. L’artiste s’enflamme et il nous fait un exposé complet et détaillé de la technique qu’il utilise pour insuffler à ses oeuvres les vertus énergétiques que selon lui, elles dégagent.

Le tonus des tableaux nous a ouvert l’appétit, il est 13:00 et nous prenons un lunch à la Indian Villa, Hegelstrasse 5.
M. a découvert dans une brochure locale que le dimanche, le restaurant offre un 2 pour 1. C’est une excellente affaire, pour le curry d’agneau et l’agneau aux épinards, la bière et le verre de lassi, nous ne payons que 16,50€, un des deux plats est gratuit.

Annette Strathoff occupe l’entièreté du plateau du troisième étage d’un imposant immeuble situé au numéro 13 de la Hans-Thoma-Strasse. L’appartement est trois fois plus grand que celui de Claudia Lorenz, mais ici aussi les murs de toutes les pièces servent de support à ses oeuvres. Encore une fois l’accueil est chaleureux, je prend un Nespresso et M. un verre de ‘sekt’ et Frau Strathoff nous guide de pièce en pièce tout en faisant la bise au passage à ses amis et amies venus la voir pour l’occasion.
Elle nous explique sa nouvelle technique qui consiste à appliquer de la peinture acrylique de manière aléatoire sur des anciennes aquarelles pour ensuite l’étendre à l’aide d’un morceau de carton et ainsi recouvrir en partie l’ancien sujet qui se devine par transparence. C’est charmant et tout comme chez Claudia Lorenz, l’appartement est meublé et décoré avec goût, nous pourrions y vivre.

La dernière visite intéressante de la journée est l’atelier de Egidius Knops, Zeppelinstrasse 21. C’est un artiste originaire des Pays-Bas qui vit en Allemagne depuis les années septante. Il conçoit et fait réaliser des sculptures métalliques de grandes dimensions.
Sa dernière oeuvre, la ‘Spreewalderin’ vient d’être ‘baptisée’ à Lübbenau, le 2 mai dernier.

Je ne livre ici qu’un échantillon de la vingtaine d’ateliers et d’artistes que nous avons découverts aujourd’hui. Nous rentrons au bateau fatigués et heureux, Potsdam offre de la qualité.

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Potsdam (4), suite de la visite de Friederisiko, Neues Palais

Voltaire vécut pendant de nombreuses années au Palais et il eut avec le roi des relations à la fois de grande amitié, de maître à élève et d’égal à égal sur le plan intellectuel jusqu’au jour où le roi vieillissant ne toléra plus l’esprit critique du philosophe français et contraignit ce dernier à prendre la fuite.
L’anecdote veut que pour montrer l’étendue de son pouvoir, Frédéric II le fit arrêter pendant quelques jours, sur le chemin de son retour vers la France.

Vingt ans plus tard, le roi finança une sculpture d’un Voltaire vieux et anorexique, une plume à la main et simplement vêtu d’une feuille de papier cachant son sexe. Ladite sculpture est exposé à côté de la statue de sa soeur Wilhelmine, dont l’original se trouve dans le pavillon de l’amitié, que nous avons admiré hier dans le parc.
Dans une vitrine de la chambre où se trouvent ces oeuvres, on peut lire un manuscrit de Voltaire qui remercie le roi pour son geste d’amitié.
Les curateurs soulignent ainsi le lien puissant qu’avait Frédéric pour sa soeur ainée et pour le philosophe.

Le marquis d’Argens, un autre favori du roi avait son appartement dans le Neues Palais. Le monarque toujours moqueur, l’avait fait décoré avec des tableau ‘à la Watteau’, sachant que le philosophe français détestait ce peintre. Pourtant la considération était présente car après sa mort Frédéric fit élever à Aix-en-Provence un mausolée à sa mémoire.

Sous le sobriquet affectueux de ‘Der Alte Fritz’, le roi traverse l’histoire comme un monarque ascète, rien n’est moins vrai.
Il n’aimait pas les femmes, son épouse la reine Elisabeth Christine n’a jamais mis les pieds au Neue Palais, Frédéric n’avait pas prévu d’appartement pour elle.

On le dit plutôt asexué qu’homosexuel, mais il aimait s’entourer d’hommes beaux et érudits et chaque jour, il prenait en bonne compagnie un long moment pour un repas élaboré, comportant toujours des fruits et des légumes frais qu’il faisait venir de loin à grand prix, la cerise était sa délicatesse favorite. Une facture rapporte la dépense annuelle de 400 taler rien que pour ce fruit. Le gage d’un artisan Prussien pour la même période s’élève à 20 taler.

Il consacrait aussi de nombreuses heures à lire, à composer de la musique et à écrire de la poésie. Il aimait être entouré de livres et toutes ses demeures comportaient de grandes bibliothèques.
Au fil des année il devint de plus en plus misanthrope, montrant plus d’affection pour ses chiens et pour son cheval que pour n’importe quel homme. Tous ses intimes se lassèrent de son caractère acariâtre et de ses critiques acerbes et finirent par l’abandonner.

Les artistes qui l’ont représenté en peinture avaient découvert le Photoshop avant que le mot n’existe. Même Adolph Menzel à qui l’on doit le tableau du roi jouant la flute, rectifie son nez alors que le masque de mort montre clairement un appendice nasal convexe à souhait.

Le musée comporte un petit théâtre où nous aboutissons à la fin du parcours de notre visite. Il est 12:45, une guide nous signale la possibilité d’assister à un concert de musique baroque qui débute à 13:00.
Le bouddha fait bien les choses, comme le dit M. lorsque le hasard nous sourit, nous acceptons l’invitation et la demi-heure de musique est le point d’orgue d’une très riche exposition dont je n’ai fait qu’effleurer la surface par les deux billets que je viens de rédiger.
À mes lecteurs je conseille de venir à Potsdam, Friederisiko est ouvert au public jusqu’au 28 octobre 2012.

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Potsdam (3), Friedrich II, Der Grosse, dans le Neues Palais, Friederisiko

Le 15 juin 1740, Frédéric II le Grand, Roi de Prusse, décréta à Berlin: « Toutes les religions sont égales et bonnes, à condition que les peuples qui les pratiquent soient honnêtes. Si les Turcs et les païens viennent et souhaitent vivre dans ce pays, nous leur construirons des mosquées et des temples. »
Deux cent septante ans plus tard, il y a quelques jours à Avignon, Nicola Sarkozy déclara: « L’Europe a commis l’erreur grossière de ne pas graver dans sa constitution ses racines chrétiennes. Lorsque je survole la France, je vois ce manteau de cathédrales, d’églises, pas de temples, de synagogues, de mosquées. »

Loin de moi de vouloir comparer les deux chefs d’État, mais le point de vue de Frédéric II, trouvé dans la section intitulée ‘Tolérance, Religion et Science’ est remarquable pour le 18e siècle, et lorsque j’entend Sarkozy, elle l’est encore pour notre époque.

Ce matin, le guide à la main et les écouteurs aux oreilles, nous parcourons de 10:00 à 14:30 les 72 salles du Neues Palais.
L’exposition comporte onze thèmes qui illustrent le personnage et ses réalisations, guerrières, politiques, culturelles ainsi que les aspects les plus anodins de sa vie privée.
Le douzième thème sont les jardins dont je parlais dans mon billet précédent.

La première station nous confronte à une succession de tableaux, une pièce en un acte écrite en français par Frédéric II. C’est à Isabelle de Borghgrave que le Neues Palais a demandé d’illustrer « Le Singe de la Mode ». Après six mois de recherche et de travail en atelier, elle nous émerveille avec une trentaine de costumes en papier richement décorés qui habillent des mannequins en fil de fer, les salles du musée servant de décor. Depuis 40 ans, avec essentiellement ses montages en papier, l’artiste Belge nous ouvre son pays de rêve.

Chateaubriand a écrit que Frédéric recherchait ‘La Gloire’ et c’est avec humour, ironie mais aussi beaucoup de respect que les curateurs ont brossé le tableau de cet autocrate tourmenté. À la fois ‘roi philosophe’, comme il aimait à se décrire, guerrier, poète, musicien, architecte, planificateur de ville, il a comme politicien sans scrupules, établi la Prusse comme grande nation sur la carte de l’Europe.

Après la guerre de sept ans, il fit construire le Neues Palais qu’il appela une ‘Fanfaronnade’.
Au dix-huitième siècle à la cour de Prusse, la langue usuelle était le français. Un quart la population du pays était constitué par des Huguenots qui avaient fuit la France. Son père, Frederic-Guillaume I de Prusse, le ‘Roi Soldat’, leur avait ouvert les portes de son royaume après la révocation de l’Edit de Nantes par Louis XIV, le 18 octobre 1685.
Frédéric II trouvait que l’allemand était une langue de paysans et il ne l’utilisait que pour s’adresser à ses domestiques.

Le roi s’impliqua entièrement dans la conception du palais, il fit venir de toute l’Europe les matériaux les plus nobles et les plus chers, l’or, le marbre, les bois précieux, les cristaux, la soie et pour le jardin, les essences et les plantes les plus rares.
L’ensemble devait être une affirmation de son pouvoir et de sa gloire plutôt qu’un endroit pour habiter.
C’est l’endroit idéal pour la plus importante manifestation du tri-centenaire de sa naissance.

Je raconterai la suite de notre visite dans mon prochain billet.

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Potsdam (2), Friedrich der Grosse, Friederisiko et le parc Sanssouci

« Vous ne m’avez pas demandé l’autorisation de me photographier, » me crie le gars qui traine derrière son vélo une caravane à la dimension de son berger Allemand.
En effet, par courtoisie, j’aurai du, mais au choix, je préfère me faire engueuler de temps à autre plutôt que de rater une instantanée marrante comme celle de la dame au chien de la deuxième photo ci-jointe.
Ma technique consiste à tenir mon appareil nonchalamment à bout de bras, l’index sur le déclencheur et lorsque je devine une image intéressante, je pousse le bouton.
Généralement les victimes ne sont pas conscientes d’avoir été croquées.
Je sais, je devrais leur demander l’autorisation, mais alors l’instantané devient pose et le ‘urban explorer’ devient photographe.

Ce matin nous avons fait le grand nettoyage de printemps du Chat Lune, les poussières sont prises, les vêtements d’hiver sont dans les coffres et la pile de vieilles brochures et de vieux journaux sont dans la poubelle bleue du port de plaisance.

Après la sieste nous partons vers le parc du Château de Sanssouci. Cette année-ci le Brandebourg fête le 300-ième anniversaire de la naissance de Frédérique II, dit Frederick der Grosse. Des centaines de manifestations sous le vocable de ‘Friederisiko’ sont programmées tout au long de 2012 dans toutes les villes, les châteaux et les parcs où le célèbre monarque a laissé son empreinte. Il régné pendant 46 ans, ça se sait et ça se remarque.
On nous explique que le nom Friederisiko tient au fait que pour réaliser tout ce qu’il a réalisé, il a pris des risques, on n’en doute pas.

Une rétrospective des multiples facettes du personnage vient de s’ouvrir dans 72 salles du Neues Palais, une de ses dernières grandes réalisations.
Les organisateurs attendent de la foule et les entrées sont programmées toutes les dix minutes, à quatre entrées, A,B,C et D.
Demain nous avons deux tickets à 10:10 pour l’entrée A, porte verte.

Aujourd’hui nous suivons les instructions du mode d’emploi de l’exposition qui incite les visiteurs à suivre dans les jardins de Sanssouci un parcours avec 10 points de chute permettant de découvrir les perspectives du parc et quelques reliques architecturales que Frédérique affectionnait.

Le point zéro s’appelle ‘Mopke’. Nous ignorons le sens du mot, alors intrigués, nous tournons en rond à l’endroit indiqué mais rien ne ressemble à un Mopke. Un guide en uniforme nous affirme, Mopke, c’est ici. On est pas convaincus mais un autre guide précise, ici c’est Mopke sud, la-bas plus loin, c’est Mopke nord.
Nous restons sceptiques et nous poursuivons nos investigations. Enfin, dans la tente en toile blanche qui abrite les guichets de vente des tickets, un guide grisonnant et érudit nous explique que le mot provient des maçons Hollandais qui ont construit le palais et la cour d’honneur. Les briques de pavement de ladite cour sont posées sur leur champ, dans le langage des ouvriers la technique s’appelait ‘mopke’. Plus tard les locaux ont adopté ce nom pour désigner l’endroit.

Le point trois du parcours annonce un plan-relief en bronze, remis spécialement en état pour l’exposition.
Une nouvelle fois, nous tournons en rond à l’endroit indiqué, pas de plan-relief à voir.
De retour à la tente des tickets, les guides successifs que nous questionnons, n’ont jamais entendu parler de la chose. Une d’elle, plein d’initiative, téléphone à son chef, sans résultat.

L’érudit du Mopke se rejoint à nous, il réfléchit un instant et déclare que l’objet recherché n’a probablement pas encore été mis en place.

À cette allure nous allons mettre trois jours à faire le parcours historique du parc.

Heureusement le soleil brille de tous ses feux, le parc est superbe en cette journée de printemps et Wilhelmine, la soeur de Frédérique, avec son chien sur les genoux, est de toute beauté en marbre blanc.

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Potsdam (1), le Chat Lune et le soleil

Sur le terreplein du port de plaisance de Potsdam, le Yachthafen Potsdam de Armin Buchardi, trône sur des béquilles mobiles, un voilier bleu foncé du nom de Renn-dite. Voila un propriétaire qui n’a pas honte d’avoir bien placé ses deniers.

Ce matin nous quittons notre domicile hivernal à 05:00. Vingt minutes de marche à pied, trois trains, un métro et un tramway plus tard, à 15:00 nous retrouvons le Chat Lune.
Au départ de Cologne, l’ICE file à 250 km/h vers sa destination, il est plein comme un oeuf, toute l’Allemagne semble s’être donnée rendez-vous à Berlin pour le long weekend du 1 mai.

Une vieille dame bien mise annonce à haute voix à son fils qu’elle est en route et qu’elle arrivera à l’heure prévue. Croisant les regards irrités de ses voisins et de M. que la sonnerie du portable distrait de sa lecture, elle s’excuse et explique qu’elle n’a pas l’habitude du téléphone portable, ni du train et que la première classe était pleine.

Au fil de notre avancement vers l’est, le soleil est de plus en plus présent. Au débarquement à la Hbf, nous éprouvons un choc thermique, il fait 28 °C sous les auvents du quai, les filles sont en short et en jupes légères, avec nous, l’été est arrivé à Berlin.
Mauvaise surprise, la ligne de chemin de fer entre Berlin et Potsdam est en réfection et tout le trafic se fait par la ligne de métro S7.
Les Berlinois quittent la ville à pied et à vélo pour les forets de Grunewald et les plages de la Wannsee, les places assises sont rares. Cela me permet de constater que l’implantation des jambes des femmes chinoises doit se situer à un autre endroit que chez les européennes, même les jeunes semblent avoir fait de l’équitation dès la sortie du berceau comme en témoigne la photo ci-dessous.

M. range nos vêtements, les pulls et les bas de laine filent dans les coffres sous les banquettes. Pendant ce temps je connecte les batteries et je fais le plein d’eau fraîche en prenant soins d’introduire une pastille de chlore dans les réservoirs, demain je ferai une vidange et un nouveau remplissage, les éventuelles bactéries d’hiver seront éliminées. L’eau gardera un petit gout chloré, comme au port de l’Arsenal à Paris.

Je rappelle à mes lecteurs que l’année dernière nous avons visité la station de pompage d’eau potable de Berlin, les Wasserwerke de Friedrichshafen. Les anciens bâtiments en brique rouge sont classés et la station de pompage et de filtration est toujours active. L’eau que boivent les Berlinois est épurée naturellement et ne contient aucun élément chimique, ni chlore ni autre saloperie. Pour notre consommation personnelle et en cuisine, nous avons à bord une série de jerrycans de 5 litres de contenance que nous remplissons avec l’eau des marinas. L’eau de nos réservoirs sert pour la vaisselle et pour la douche.

À deux pas du port se trouve un Kaufland, une espèce de ‘Carrefour’ à l’Allemande.
À l’entrée, en dehors du périmètre des allées du magasin, un restaurant asiatique sert des Phad-Tai et autres chinoiseries, un boulanger avec une pâtisserie en annexe, offre toute la panoplie de ‘Brötchen’ et gâteaux sucrés qui font la réputation de nos amis Allemands.

Le supermarché ferme à 22:00 ce qui nous donne le loisir de goûter la cuisine orientale et de faire dans la foulée, l’avitaillement du Chat Lune.

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Beaufort 4, l’Art Contemporain et la Dame en Rouge, chapitre 3

Dimanche matin, toujours sous le soleil qui joue cache-cache avec des nuages, nous garons la voiture à deux pas de la gare de tram art-nouveau de Coq-sur-Mer.

Notre guide nous propose un itinéraire sinueux entre les villas blanches construites au début du siècle dernier.

Dans la catégorie des informations qui ne servent à rien, sachez qu’en 1933, Albert Einstein a séjourné pendant six mois à l’Hotel Belle Vue.

L’avenue Rembrandt se distingue par une série de 9 villas construites dans les années vingt par l’architecte Gantois Valentin Voerwijck. Elles ont toutes la particularité d’avoir une  toiture basse, une monumentale cheminée et une clôture en bois, leur nom est illustré en façade par un imposant médaillon.

Sur la digue, Jeppe Hein a installé une série de bancs publics dont la forme fait sourire.

Plus à l’est, dans les dunes de Wenduine, Marco Casagrande a construit avec des branches tressées, un tunnel d’une cinquantaine de mètres.

L’oeuvre est réalisée avec des branches tressées, cela me fait penser à une cathédrale écologique construite par des adultes nostalgiques de leur jeunesse. L’effet est surprenant, vu de l’intérieur, la lumière et le jeu changeant du soleil et des nuages qui pénètre par des interstices entre les branches est féerique.

Nous en faisons trois fois le tour, par l’extérieur et par l’intérieur, 3 étoiles dans le guide.

Les sculpteurs ont découvert l’acier Corten et plus près de la ville, sur la rotonde, en vue du ‘Spioenkop’, Bernar Venet expose une succession de varangues. On imagine la coque en construction d’un bateau de pêche ou comme dirait mon petit-fils, d’un bateau de pirates.

Les photos prises et la sculpture admirée, nous rentrons à Ostende. La semaine prochaine nous aborderons Beaufort 4 à partir de La Panne.

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Beaufort 4, l’Art Contemporain et la Dame en Rouge, chapitre 2

Nos années de voile nous ont habitué à observer la force et direction du vent. Aussi, lorsque nous arrivons à Ostende, nous scrutons le mouvement des deux pavillons placés à chaque bout du Northlaan entre la rue du Trône et la digue de mer.
Comme vous pouvez voir sur la photo ci-jointe, vendredi, il y a confusion.

Nous prenons la voiture pour aller à Zeebruges, le point le plus à l’est de Beaufort 4.

Michael Johansson a superposé trois containers marins à l’entrée du port de plaisance, en face du local du Royal Belgian Sailing Club, ‘le Sailing’ pour les intimes.
Sur celui du milieu, l’artiste a représenté le contenu du déménagement, comme si on avait par magie retourné l’emballage comme une vulgaire chaussette.

Question magie, la légère brume printanière confère à l’entrée du port un air de grand large, mais je dérive dans la poésie, ça doit être l’appel du Chat Lune.


Pas loin de l’église, au milieu de la pelouse au centre de la Admiraal Keyesplein, Stefan Sous a déposé un enchevêtrement de six caravanes.
Une caravane c’est moche, six caravanes, même baptisées oeuvre d’art, c’est très moche.
Le contraste avec le charme de la plaine n’en est que plus grand et c’est peut-être ce que l’artiste a recherché. Nous préférons le forum sans roulottes.

La troisième oeuvre à Zeebruges est situé au début de la ‘Saint George’s Day Promenade’.
Le 23 avril 1918, les Britanniques déclenchent une attaque maritime avec l’objectif de fermer l’accès du port aux sous-marins Allemands. Imaginée par le Vice-Amiral Keyes, les pertes humaines sont grandes, le succès limité mais la propagande importante. Un mémorial avec un plan en relief du port, rappelle l’évènement.
Le 23 avril coïncide avec la Saint-George, ce qui explique le nom de l’endroit.

Erwin Wurms a positionné deux paires de jambes surmontées par un parallélépipède rose à cent mètres d’intervalle sur la digue de mer qui longe la Saint-George’s Day Trail.
M. commente: ‘c’est cul-cul’, je suis d’accord.

Quatre kilomètres à l’ouest, à gauche du Pier de Blankenberge, partiellement enfoncé dans la plage, la carcasse d’une camionnette blanche fait penser à un décor d’une BD de Jeremiah. Par les fenêtres dénuées de carreaux, deux fillettes de cinq ans hurlent à se casser la voix pour attirer l’attention de leurs copines qui assises un peu plus loin, construisent un château dans sable.

Pour rejoindre le saltimbanque de Folkert De Jong, j’ai programmé mon GPS et nous découvrons le plaisir de rouler au pas dans les rues étroites de la ville balnéaire, l’habitude des artères piétonnières nous donne le sentiment de faire une manoeuvre interdite.
Le baladin semble triste d’être ignoré par les badauds qui prennent le soleil assis sur les bancs du coupe-vent centenaire que les locaux appellent le ‘paravang’.

Sur la place de l’église, Dalila Gonçalves a posé des rochers couverts d’azulejos.
Les dalles colorées épousent la surface tout en rondeur de leur supports.

Cette troisième oeuvre de Beaufort à Blankenberge clôture notre journée artistique.

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Beaufort 4, l’Art Contemporain et la Dame en Rouge

‘Pas trop froid?’, ‘Non, j’ai un radiateur électrique’ répond l’étudiante de service avec un large sourire qui dévoile sa dentition enferraillée de la molaire gauche à la molaire droite. ‘Y a du monde?’ ‘Deux cent trente visites hier’ fait-elle, toute fière.
Nous avons pénétré dans un ancien dépôt de munition à Nieuport, qui porte le nom approprié aujourd’hui de ‘Bommenvrij’ (sans bombes). C’est une des vingt-huit stations de Beaufort 04, un évènement artistique triennal de la côte Belge dont c’est la quatrième version, comme le numéro l’indique.

Nous avons parcouru systématiquement toutes les étapes des trois éditions précédentes et nous avons l’intention d’en faire autant pour celle-ci.
Dès neuf heures du matin, nous sommes en route car la météo a annoncé du soleil pour ce vendredi de Pâques et de la pluie et du froid pour les jours suivants.

À mi-chemin de Nieuport nous faisons une halte au Brico pour acheter un débouchoir de lavabo en caoutchouc, le notre a rendu l’âme après 35 ans de loyaux services. C’est un de ces engins traditionnels qui, bien conçus au départ, n’ont jamais été améliorés et qui coûtent le prix dérisoire de 2€89, une oeuvre d’art.

La triennale est organisée par l’asbl Ouest-Flamande ‘Ku(n)st aan Zee’, avec le jeu de mot intraduisible de la parenthèse. C’est une initiative locale mais pour être précis, sachez que vu sous l’angle fédéral, la côte est Belge. C’est également le point de vue des Wallons et des touristes Anglais et Allemands. Pour les Flamands par contre, depuis quelques années, elle est devenue flamande.

Les mouettes s’en moquent et nous aussi, c’est une belle initiative qui a le mérite de combiner la promenade à la culture.
Le guide du projet, acheté hier à l’office de tourisme, donne pour chacune des neuf communes participantes, la biographie de chaque artiste, la description de sa création et le tracé qui relie les événements.

Ce matin notre programme prévoit Nieuport et Westende-Middelkerke, l’après-midi est consacré à Bredene.

Sur la plage, les frères Chapuisat ont construit une bulle en treillis métallique recouverte de béton. Une petite ouverture permet d’y pénétrer à la joie de quelques enfants curieux accompagnés de leurs chiens. Vu de l’intérieur la structure légère est trouée et donne une impression de ciel étoilé.

La villa art-nouveau Hurlebise, monument classé, a été achetée par la municipalité qui après rénovation, va y installer son office du tourisme. Nous sommes des nostalgiques des ‘Lost Places’ et nous adorons visiter ce genre d’endroits. L’artiste Nedko Solakov a marqué les lieux en laissant ici et là un objet et des inscriptions humoristiques sur les murs blancs ou sur le carrelage. Les chambres lambrissées du premier étages sont de toute beauté. Il est heureux que cette maison soit sauvegardée.

L’ancien dépôt de munition est une poudrière qui date de l’occupation Hollandaise, elle a survécu aux deux guerres mondiales et sera bientôt restaurée.
L’artiste Hans Op De Beeck y a installé dans la pénombre, une plate-forme qui surplombe un plan d’eau. Au bout, un banc en cercle recouvert de coussins de mousse, invite le promeneur à s’assoir et à méditer autour d’une table sur laquelle un cinquantaine de bougies blanches allumées forment le seul éclairage. C’est magique.

À Middelkerke, les sculptures en acier Corten représentant des têtes d’oiseaux posées dans les dunes contrastent avec les couleurs douces du sable et de la mer.
Dans la chapelle Sainte-Thérèse à Westende, l’autoportrait d’Adrian Ghenie, intitullé ‘Selfportrait as Charles Darwin II’ rappelle à M. l’intensité concentrée de la statue de Bela Bartok qui se trouve sur la petite place à côté du Meridien, dans la montée vers la Gare Centrale à Bruxelles.
Enfin, à la limite est de Middelkerke, face à la mer, sur la plage, près de l’Hôtel Belle Vue, les deux cornets en métal blanc de Ivars Drulle captent le bruit des vagues.

Après notre lunch et la traditionnelle sieste, pour nous rendre à Bredene, nous laissons la voiture au garage et nous empruntons le tram de la Côte.
Le soleil est toujours présent et en ce jour de printemps, même en milieu de journée, la lumière reste belle.

Dans les dunes, Paolo Grassino a groupé une meute de chiens grandeur nature autour de la carcasse d’une voiture à demi enterrée dans le sable. De l’autre côté de la route Royale, l’artiste a placé une deuxième meute dans le hall multiculturel. Les canins extérieurs sont en béton, ceux du hall en caoutchouc mousse mais les deux ensembles sont d’un réalisme plus féroces que nature.

Toujours dans les dunes, mais plus près d’Ostende, un ectoplasme jaune canari, monté sur trois pattes couleur argent invite à la réflexion, ‘combien de trous comptez-vous dans la sculpture?’

Les derniers objets de notre récolte de ce jour sont couchés sur la plage. Flo Kasearu a transformé trois containers marins en vaisseaux échoués.

Je vous livre ma récolte de photos avec cette fois-ci, une fois n’est pas coutume, le nom de l’oeuvre et de l’artiste.

La Dame en Rouge a tout observé.
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Paris (8) L’âme du foetus et la Galerie Centquatre 104

‘Je ne sais pas encore pour mon avortement, après quarante jours le foetus a une âme, et j’aurai peut-être des remords’.
Ainsi s’exprime la jeune femme voilée à sa copine. Toutes deux viennent de monter sur le 91 que nous avons emprunté à la station du Port Royal pour rentrer des jardins du Luxembourg à la Bastille.
Elles ont gravi les marches du bus en bavardant joyeusement, avec des rires étouffés, et c’est sans tendre une oreille que nous pouvons suivre leur conversation.

À bord du Delphin, je fais quelques recherches et sur le site Aslamna je trouve, daté de se jour, un texte détaillé sur le sujet.
En voici un extrait: « …l’autorisation d’avortement (pour une bonne raison) peut se faire uniquement avant que l’âme, « al ru’h », soit donné au fœtus, or si on tient compte des deux explications données à ce Hadith, cela varie entre 120 jours pour certains savants et 40 jours pour d’autres. »
D’où la perplexité de la jeune musulmane.

L’article en entier se trouve sur le lien suivant:
http://www.aslamna.info/nawawi_hadith4_a.html

C’est fou ce qu’on apprend en prenant les transports publics.

Nous avons quitté l’Arsenal par les quais de la Seine, traversé le Pont de Sully, remonté la rue Saint-Louis en Île, traversé le Pont Saint-Louis, longé Notre Dame côté Seine pour franchir le Petit Pont et nous assoir sur un banc en face de Shakespeare & Co où, très disciplinés nous n’achetons aucun livre, rapport au fait que notre bagage à main est déjà bien rempli.
Nous traversons le quartier Saint-Michel où nous remarquons que ce matin, la langue usuelle n’est pas le français, pour finir aux jardins du Luxembourg. Les tulipes et les cerisiers du Japon sont en fleur mais il n’y a pas encore d’eau dans les fontaines.

Pour finir ce court séjour parisien en beauté nous prenons le bus 65 qui nous mène au centquatre-104, une de nos galeries favorites. Lors de notre dernier séjour il y a deux ans, elle ne nous ne semblait pas ‘bien portante’ malgré l’exposition de la reconstitution grandeur nature de la villa de ‘Mon Oncle’ de Jacques Tati.
Aujourd’hui nous sommes accueillis par de la musique rap et de nombreux jeunes qui exhibent leur talents de ‘street dancers’.

À l’intérieur un imposant miroir incliné reflète une maquette de façade posée à même le sol. Le weekend et le mercredi après-midi les visiteurs, moyennant le prix modique de 2€, peuvent s’accrocher aux fenêtres, marcher sur la corniche ou simplement flotter entre deux étages de la maquette, l’effet vu dans le miroir est surprenant comme en témoignent les photos ci-jointes.
À côté de la librairie, dans une boutique de brocante de bon niveau, je ne peux résister à l’achat pour 5€ d’une belle règle à calculer toute neuve. Je suis de cette génération d’ingénieurs dont c’était l’attribut indispensable avant que les calculettes électroniques ne viennent gâcher le plaisir intellectuel qu’offre l’utilisation de ce bel objet.

Nous longeons le bassin de la Villette, la lumière est belle en cette fin de journée et les promeneurs ont le sourire aux lèvres.

Je joins à ce billet de nombreuses photos prises ce matin et les jours précédents des parcs, des rues, des bus et des métros avec les gens qui les parcourent et les jeunes filles qui envoient des textos.
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Paris (7) La Promenade Plantée et la traversée de Gand

En route vers la station de métro Ledru Rollin, d’où la ligne 8 va nous conduire à Michel Bizot, le point de départ de la Promenade Plantée, nous passons par la capitainerie et taillons un bavette avec Bruno, un des quatre ‘capitaines’ du port de l’Arsenal.
Fils de marinier, il a navigué sur la péniche de son père et il connait bien Gand pour avoir traversé la ville à plusieurs reprises, il y a une cinquantaine d’années.
Il nous raconte qu’à la jonction de la Lys avec la Coupure, le bateau devait opérer un angle droit pour ensuite passer un pont levis. Le pontonnier prenait l’amarre avant, la fixait à un bollard, le skipper donnait un coup de moteur et le vaisseau pivotait de l’arrière pour se mettre dans l’axe du canal vers Bruges. ‘Une fois l’amarre lâchée, on passait le pont et on lançait une pièce de monnaie sur le quai’, se rappelle Bruno et il rajoute, ‘De ce temps, les câbles étaient en acier, lourds lourds!’.
Le ‘pont du pain perdu’ existe toujours, il n’y a plus de pontonnier mais sur le quai en face, mon copain Gwen loue des barques électriques qui permettent aux amateurs de faire le tour des canaux de la ville et de remonter les méandres de la Lys pour aller jusque Deurle et Latem, célèbres pour les peintres du même nom.
Voir http://www.yachtchartergent.com

La Promenade plantée emprunte le tracé parisien de l’ancienne ligne de Vincennes, qui à partir de 1859 relie la gare de la Bastille à Marles-en-Brie sur une longueur de 66 km. Désaffectée en 1969, une partie est intégrée au RER, le tronçon Paris-Vincennes reste à l’abandon et vers la fin des années 80, les 5 km de la Bastille à la porte de Montempoivre sont aménagés en jardins suspendus.
C’est une de nos promenades favorites au printemps et en automne et nous ne sommes pas les seuls à vouloir en profiter comme en témoignent les photos ci-jointes.

Avant de rejoindre la Delphin nous achetons deux délicieuses mangues et une botte de radis au marché de la place Aligre et une baguette chez Jacques Bazin, au 85bis rue Charreton, selon les guides et selon nous, un des meilleurs boulangers artisanaux de Paris.

Après la sieste on observe l’activité du port, puis on flâne un peu, nous sommes venus à Paris pour y vivre, pas toujours pour courir les musées et les expositions, comme pourraient le faire croire mes billets précédents.
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Paris (6) L’Orangerie et les Peintres de la Marine Nationale

Tout sourire, elle se lève de sa chaise, pensant pouvoir me renseigner en quelque chose.
Mais elle décline ma requête de pouvoir la photographier. « Les photos sont interdites et mon chef ne voudrait pas, et il y a des caméras partout » dit-elle toute confuse.
Pourtant elle est mignonne la gardienne de salle, habillée d’un costume gris foncé elle doit avoir une vingtaine d’année, un brin asiatique, Japonaise pense M., la peau de son visage est lisse et sans un pli. Je suis passé plusieurs fois devant elle, elle avait le regard impassible, un peu mystérieux, elle me faisait penser au buste de Nefertiti au Altes Museum à Berlin.
« Je suis flattée que vous vous intéressez à moi, humble gardienne de salle » nous dit-elle encore lorsque nous la quittons.
Généralement j’essaye de ‘croquer’ les personnes à leur insu, cela me donne des clichés plus intéressants que si je leur en demande l’autorisation, car dans ce cas ils posent alors que je recherche le moment instantané.
Nous sommes au sous-sol du musée de l’Orangerie et nous venons de terminer la visite de l’exposition temporaire Debussy, la musique et les Arts.
Plus loin, au même niveau dans les salles qui regroupent la collection Jean Walter et Paul Guillaume, nous retrouvons avec plaisir Utrillo et la maison de Berlioz.

À l’étage dans la salle 1 des Nymphéas, je ne demande rien à la chinoise rousse aux semelles rouges et discrètement j’appuie sur le déclencheur de mon Lumix GF3. Elle a du entendre le déclic car elle tourne légèrement la tête, mais je feint l’ignorance et le cliché est pris.

Notre devoir culturel accomplit, nous prenons le métro jusqu’à la station du Temple pour aller admirer la structure en fonte de l’ancien marché du Carreau du Temple.
Après le déclin du marché du vêtement populaire, le sort des halles est mis en concours en 2003. Ces choses prennent du temps et ce n’est qu’en septembre 2007 que le projet est attribué à l’agence Studio Milou Architecture, dirigée par l’architecte Jean-François Milou, qui a notamment réalisé l’extension du Musée National de l’Automobile à Mulhouse. Il s’agit d’un ensemble polyvalent comprenant un auditorium de 250 places qui sera aménagé au rez-de-chaussée et 1600 m2 qui seront dédiés aux sports, à des activités économiques et à des expositions.
Aujourd’hui les fouilles archéologiques sont terminées, la structure métallique a été décapée, traitée et repeinte et le gros oeuvre du sous-sol commence à prendre forme.
L’inauguration est prévue pour l’année 2013, nous viendrons voir.

Nous prenons le lunch dans un de nos restaurants favoris, ‘Le plaisir Indien’, 19, rue du Faubourg du temple dans le 10e, c’est le nouveau nom inscrit sur carte de visite noire avec lettres en or que me remet le cuisinier. En 2010 il s’affichait restaurant Pakistanais, cuisine halal et le panneau lumineux extérieur n’a pas changé. Le plat végétarien copieux à 6€ que je recommande est resté le même, riz basmati parfumé, lentilles, haricots rouges et un choix de légumes, aujourd’hui des brocolis.

C’est à Richelieu que la France doit la création du corps des peintres de la Marine.
Une succession de décrets dont le dernier date du 2 avril 1981, règle la définition et l’attribution du titre de « Peintre de la Marine ».
Il est conféré par le Ministre de la Marine pour une période de 3 ans renouvelable à des artistes ayant consacré leur talent à l’étude de la mer, de la Marine et de gens de mer. Leur nombre est limité à 20 et le titre ne donne droit à aucune rétribution mais seulement des facilités pour accomplir des missions dans les ports et sur les navires ainsi que la faculté d’ajouter une ancre à leur signature. Ils ont le droit d’accompagner des navires de guerre en mission et à bord, ils portent un uniforme d’officier.
Après la sieste nous nous rendons place des Vosges à la Galerie 26 qui expose les oeuvres du peintre anglais John Pendray.
Ce dernier a pris la nationalité française en 2000, et cette condition remplie, il est nommé Peintre Officiel de la Marine Nationale Française en 2001 et est titularisé en 2007.
Ces oeuvres très réalistes ont juste ce petit quelque chose de plus qui leur donnent un air de rêve.

Nous terminons la journée au port. Sur le quai en face de la capitainerie, un camionnette débarque du vin, des bouteilles vides, des bouchons et les machines à bouchonner. Demain, les membres du club du Port de l’Arsenal vont mettre en bouteille la Cuvée 2012 ‘Mis en bouteille sur le quai du port de l’Arsenal’, la bouteille se vendra à 3€.

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Paris (5) Les Jardins Albert Kahn et le Château de Saint-Cloud

En ce matin de printemps, les koïs du bassin Japonais des jardins Albert Kahn viennent nous saluer.
Nous avons rendez-vous avec des amis parisiens au terminus de la ligne 10 pour nous promener dans les jardins et pour voir les photos de la Mongolie. Il s’agit d’un reportage photographique effectué en 1912 et 1913 par Stéphane Passet pour alimenter les Archives de la Planète, collection de photographies et de films réalisés entre 1909 et 1931 pour le banquier Albert Kahn.

À chaque visite des jardins Albert Kahn nous sommes émerveillés par ce petit havre de paix à quelques encablures du pont de Saint-Cloud, de la Seine et de l’A13.
Les camélias, les primevères et quelques magnolias étoilés sont en fleur.

Après le lunch au bar du Rond Point nos amis nous font connaître le parc de l’ancien château de Saint-Cloud.
Une légère brume de pollution met un voile sur le panorama de Paris que nous admirons vu de l’ancienne cour intérieure du château.

Nous apprenons que le château fut acheté par Louis XVI et offert à Marie-Antoinette qui était persuadée que l’air de Saint-Cloud serait bon pour ses enfants.

Plus tard, c’est ici que le 18 mai 1804 a lieu la proclamation de Napoléon 1er comme empereur des Français. Ce dernier en fait ensuite sa résidence préférée.

Pendant la guerre Franco-Prussienne, l’armée allemande fait du château son quartier général et ce sont les canons français qui l’incendient le 13 octobre 1870 lors du siège de Paris. Les ruines sont rasées vingt ans plus tard en 1891.
Il reste un beau parc avec des plans d’eau et des koïs, des statues et des fontaines.

Nous quittons nos amis et rentrons au bateau par la ligne 9 qui part du pont de Sèvre, de l’autre côté de la Seine.
Au passage on gravit les marches qui mènent au musée de la manufacture de Sèvre mais nous restons au deçà des caisses car la porcelaine ce n’est pas trop notre truc et les ateliers ne sont accessibles que moyennant rendez-vous préalable et par groupe.

Je ne vous dit pas le plaisir que nous donne la lecture d’un bon livre, assis au soleil sur la terrasse arrière du Delphin.
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