Paris (4) La gare Saint Lazare et le musée d’Orsay

Direct Matin détaillait il y a quelques jours l’inauguration en grande pompe de la première phase du renouvellement de la gare Saint Lazare. Il y aura de la musique, de l’animation pour adultes et enfants et un spectacle équestre avec 150 chevaux, la verrière de l’entrée principale est terminée et 80 boutiques ont ouvert leurs portes sur les deux niveaux du sous-sol, pouvait-on lire dans la gazette gratuite.

Ayant soigneusement évité cela, mais curieux quand même, nous prenons ce matin la ligne 14 qui nous mène en 10 minutes de la gare de Lyon à la gare Saint Lazare, sans conducteur mais en toute sécurité comme le précise la pub du métropolitain.
La verrière est terminée, mais quelques techniciens en vestes fluo manient des clés à molettes dans la mécanique des escaliers qui donnent accès au niveau moins 2 et la majorité des boutiques sont éclairées mais non encore achalandées comme on peut l’apercevoir au travers des ajours des rideaux métalliques abaissés.
Le planning a pris du retard mais la fête était qui était programmée depuis longtemps n’a pas pu être retardée. Nous reviendrons en septembre.

Après le lunch au Café des Phares dont je fais ici la publicité gratuite, nous prenons le RER gare d’Austerlitz et deux arrêts plus loin et un quart d’heure d’attente plus tard, nous pénétrons dans un des plus beau musée que je connaisse.

Les dessins de Degas sont très beaux, si vous voulez en avoir une idée avant d’aller les voir sur place, allez sur google ‘degas nus’ et cliquez sur ‘images’.

Le musée lui-même vient de subir une remise à neuf.
Le sol des salles des impressionnistes est de bois foncé, les murs sont en gris sombre, et l’éclairage est indirect ce qui met les tableaux mieux en valeur que sur des murs blancs.
Au rez-de chaussée les murs ont également pris des couleurs sombres, gris, bordeaux, vert ‘eau sale’, nous aimons beaucoup cette initiative que nous avons trouvé également à l’Orangerie après la rénovation il y a une dizaine d’années.

Les baies vitrées latérales du cinquième étage montrent Paris éclatant sous un soleil radieux, au loin, le sacré coeur paraît couvert de chaux blanche.
Les espaces d’exposition ont été agrandis grâce à l’aménagement de l’ancienne salle des machines de la gare.

Enfin, les frères Humberto et Fernando Campana, designers brésiliens, ont été chargés de rénover la cafétéria. Elle a pour fenêtre l’horloge de l’ancienne gare et l’espace respire une atmosphère marine, bleutée avec des lustres dorés et des chaises bleu turquoise. Ils disent s’être inspirés de « Vingt mille lieues sous les mers » de Jules Verne.

Méthodiquement nous parcourons chaque salle et chaque couloir. De temps à autre, nous nous asseyons et sans échanger une parole, nous laissons la beauté des lieux nous envahir comme un rêve dont on a pas envie de se réveiller.
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Paris (3) Robert Doisneau et l’éléphant de la galerie Perottin

La trompe piquée au mur, un éléphant grandeur nature flotte à un mètre du sol dans une des salles de la galerie Perottin, rue de Turenne.
Cet après-midi, après la sieste, nous avons remonté le boulevard Beaumarchais jusqu’à la rue Saint-Claude. À main droite, un peu avant la rue de Turenne, la galerie Eric Mircher présente quelques oeuvres de la jeune Chinoise Xue Sun qui nous ravit avec entre autres ses griffes de dragon en faïence.

À cent mètres à droite dans la rue de Turenne, au fond d’une imposante cour intérieure se trouve l’entré principale de la galerie Perottin.
Une Honda S800 blanche et rutilante se trouve parquée dans un recoin. C’est une voiture que j’ai presque acheté dans ma jeunesse. M., toujours philosophe, me fait remarquer que ce sont les objets convoités mais non acquis dont on se souvient le mieux.
La galerie qui s’étale sur plusieurs étages expose l’éléphant baptisé Nasutamanus de l’artiste contemporain français Daniel Firman.
Sur un des paliers de d’escalier tout en acier poli se trouve un ascenseur pour ‘lilliputiens’. Les portes coulissantes s’ouvrent à intervalle régulier et on perçoit la sonnerie classique de la cage qui arrive à sa destination.
Amoureux de l’art contemporain, nous sommes toujours ravis de découvrir des oeuvres que nous ne connaissons pas. Au risque de paraître snob et de nous faire mépriser par les amateurs d’art avec un A majuscule, au choix, nous préférons flâner dans les petites galeries à la recherche d’oeuvres insolites plutôt que de nous entasser dans les temples des grand classiques. N’empêche que demain à l’heure du déjeuner nous ferons une nouvelle tentative pour essayer d’entrer au musée d’Orsay.

Ce matin nous avons pris la ligne 1 direction hors ville vers la Cour de Vincennes où le circul’livre du 20e arrondissement déploie sa marchandise ce matin.
Ce sont les fonds de caisse, nous n’avons pas eu de nouveaux arrivages nous prévient un des volontaire de l’organisation. Néanmoins, en fouillant les livres empilés sur le banc public M. repère un ‘Carnet de note de Paris’ qui comporte des photos comme nous les aimons.

Un peu plus haut dans le même quartier, se trouve le jardin de la Gare de Charonne, construit à l’emplacement de l’ancienne gare du même nom le long du parcours de la ligne de la Petite Ceinture.
Le jardin est grand, vallonné et en ce premier jour de printemps, les bancs publics sont très prisés.

Nous remontons le boulevard Davout, l’ancien parcours du chemin de ronde de l’enceinte fortifiée de Thiers et puis nous prenons à gauche la rue Saint-Blaise qui remonte jusqu’à l’église Saint Germain de Charonne. Derrière l’église se trouve le cimetière, un de nos hobbies. On peut y voir une plaque commémorant les fédérés fusillés en 1871 et un imposant bronze de François Bègue, dit le père Magloire, qui se disait avoir été le secrétaire de Robespierre.
À Gambetta nous empruntons le bus 69 qui nous débarque devant la terrasse du Café des Phares. Nous faisons la bise à Nadja, mangeons le plat du jour et pour la troisième fois nous nous rendons à l’Hôtel de Ville.

Les autres intéressés sont encore attablés et après une courte attente nous pouvons admirer les clichés noir et blancs de Robert Doisneau. C’est un reportage consacré aux Halles de Paris, les anciennes, leur démolition, le trou et puis Rungis. Nous repérons une maquette d’un projet qui malheureusement n’a pas été retenu et qui aurait transformé le trou des halles en un port de plaisance, avec un accès vers la Seine, ‘cool’ comme on dit aujourd’hui.

On peut en voir des choses à Paris en une journée!

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Paris (2), la poule blanche de Sempé et le Salon du Livre

‘Non mais, t’as vu le dessin, incroyable, incroyable’ s’exclame la dame devant un des dessins de Sempé exposés à l’Hôtel de Ville. Et comme le capitaine Haddock, je n’en dirais pas plus, il faut les voir les dessins et non pas en lire la description. L’exception à cette règle est la poule blanche, mais le texte est de Sempé et pas de ma plume.

L’après-midi est consacrée au Salon du Livre, nous avons reçu des invitations gratuites de notre voisine de bateau et bravant la foule, nous pénétrons dans le Hall 1 du Palais des expositions, Porte de Versailles.
Jamais nous n’aurions imaginé qu’il y eut autant de maisons d’édition en France!
Nous aimons lire, nous lisons beaucoup et nous avons un nez pour repérer les endroits où il y des livres à feuilleter, acheter, emprunter ou recevoir. Les bouquinistes, les puces, les librairies de passage, les bibliothèques nationales et régionales et la remarquable organisation parisienne ‘circul’livre’ n’ont plus de secrets pour nous. Circul’livre est l’initiative d’une dizaine d’arrondissements qui organisent une ou deux fois par mois, la mise à disposition gratuite de livres dans le but d’initier et d’inciter les citoyens à la lecture. Leur site s’intitule http://circul-livre.blogspirit.com/

Aujourd’hui nous n’allons pas voir l’exposition du photographe Robert Doisneau à l’Hôtel de ville de Paris, ni les nus de Degas au musée d’Orsay. Nous n’avons pas le courage de progresser au coude à coude avec les courageux qui ont décidé d’avoir la patience pendant une heure et demie de glisser pas à pas vers les guichets. Le soleil illumine la ville et invite à la promenade.
Vers midi nous retrouvons avec plaisir Nadja et Laurent qui tiennent le Café des Phares, 7, place de la Bastille. L’excellent plat du jour café compris est toujours fixé à 8,50€, un rapport prix/qualité imbattable à un endroit aussi bien situé de la capitale.

Après la sieste, les livres en tête, nous allons renouveler nos cartes de membres de la bibliothèque de Paris, rue Buffon et inévitablement nous ramenons à bord quelques ouvrages à lire avant fin mars.
Les premiers chapitres sont avalés assis sur un banc, au soleil dans le jardin des plantes, le printemps est revenu sur Paris.

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Paris, la manifestation du Front de la Gauche et la taxidermie

Ça gueule, ça chante et ça discute place de la Bastille, la manifestation bat son plein.
Ce matin en cherchant les croissant, j’ai demandé aux CRS qui avaient tendu une banderole rouge et blanche au travers du Boulevard Daumenil, la raison du blocage.
Une manifestation du Front de la Gauche, met dit le premier, c’est pour cela que nous interdisons l’accès des rues qui viennent de la gauche me fait son collègue, goguenard.

Nous sommes à Paris et le titre de la présente page mérite une explication.
Avant que le Chat Lune ne se manifeste sur ce blog, nous avons navigué quelques années sur les voies fluviales de France et nous avions l’habitude de venir séjourner au Port de l’Arsenal à Paris en mai et en septembre. Lors de ces séjours nous avons fait la connaissance et sympathisé avec quelques-uns des habitants des bateaux du port.
Le Chat Lune est à Potsdam mais la solidarité entre navigateurs existe et Fabien nous met son bateau à disposition pendant son absence et nous revoilà dans la ville lumière pour une quinzaine de jours, à notre endroit favori, dans le Port de l’Arsenal.

La partie centrale du Boulevard Richard Lenoir recouvre la voûte du canal Saint-Martin qui relie le Port au bassin de La Vilette. C’est entre les rues Amelot et Saint-Sabin que tous les jeudis de 7h à 14h30 et les dimanches de 7h à 15h se tient le marché de la Bastille.
C’est un marché animé, les touristes Japonais côtoient les Parisiens qui viennent se ravitailler en produits régionaux.
Question de reprendre nos traditions, nous parcourons les allées noires de monde et revenons à bord avec six avocats, une douzaine d’oeufs, du raisin blanc et une baguette.
Avec une tranche de saucisson, le Brie de Chèvre et le Beaufort acheté hier soir, cela nous fait un casse-croûte très honorable.
Notre deuxième tradition Parisienne est l’établissement d’une liste des musées et des galeries à visiter et des films à voir.
Tous ces efforts méritent une sieste après quoi nous traversons la Seine par le pont d’Austerlitz pour nous rendre aux Jardins des Plantes où nous avons repéré dans le Pariscope une expositions de photos en plein air. Le thème est intitulé Dans les coulisses du Museum, l’Atelier de Taxidermie.
Comme vous pouvez juger sur les photos ci-jointes, le reportage montre les étapes de la constitution d’un bouquetin.

Nous flânons ensuite dans le parc pour terminer la soirée chez une amie qui habite le bateau voisin et qui nous a invité à un dîner à bord. J’ai le plaisir de passer une agréable soirée entouré de trois jolies femmes, elle est belle la vie à Paris.
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La Mort à Sierre

Presumptuously
I thought that I could write the words
But I can’t
Just compassion and grief
And emptiness
In any language

Max D.

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Picasso, David Douglas Duncan et la Piscine de Roubaix

Intrigués, les baigneurs observent le visiteur maniant son téléphone portable.

À la Brasserie Métropole, située au coin de la rue de l’Abreuvoir et de la Grand-Place à Roubaix, nous mangeons avec plaisir les carbonades Flamandes. La viande est tendre et les frites industrielles sont croquantes. C’est un restaurant comme nous les aimons, avec des habitués qui prennent un coup de blanc accoudés au zinc et les employés de la banque locale qui comme nous, ont choisi le plat du jour.

Ce matin avant de nous rendre à la Piscine de Roubaix, nous avons fait quelques courses chez Auchan, un saucisson de Morteau, du fromage de Beaufort, du Brillat-Savarin et de l’eau minérale.

La brochure dit: « La Piscine, Musée d’art et d’industrie est implanté sur le site de l’ancienne piscine Art Déco qui à l’initiative du maire Jean-Baptiste Lebas a été bâtie entre 1927 et 1932 selon les plans de l’architecte lillois Albert Baert (1863-1951).

La beauté de la piscine combine efficacité et rationalisme théâtral. En novembre 1985, après cinquante ans d’utilisation, elle ferme ses portes pour raisons de sécurité. »

Quinze ans plus tard, le 20 octobre 2001, après d’important travaux de rénovation dont la reconstruction de la voûte, l’ancienne piscine renaît et devient musée.

Nous venons toujours avec plaisir voir ce lieu dont la beauté architecturale vaut et met en valeur les oeuvres exposées.

Kees Van Dongen

L’exposition temporaire actuelle présente Picasso au travers d’un reportage photographique de l’américain David Douglas Duncan. Ce dernier a croqué l’artiste dans l’intimité de son atelier, on le voit en pleine création, souvent entouré de Jacqueline et de ses enfants Claude et Paloma.

Les prises de vue datent de la fin des années cinquante, elle ont comme décor la ‘Villa California’ que Picasso avait acheté en 1955.

La demeure est vaste et sert à la fois, de résidence, d’atelier, de salle d’exposition et d’entrepôt. C’est un capharnaüm où entre les quelques rares meubles, le sol est jonché de caisses, de sculptures et de poteries et les murs sont couverts de tableaux comme en témoigne la photo ci-après.

Douglas Duncan rêvait depuis longtemps de pouvoir photographier Picasso et son ami Frank Kappa avait promis d’organiser une rencontre, malheureusement il meurt en 1954 avant d’avoir pu concrétiser sa promesse.

Au début de l’année 1956, Duncan est mandaté par Life Magazine pour réaliser un reportage au Maroc. Il fait un crochet par Cannes et pour essayer d’accéder à Picasso il fait façonner  une bague en or massif sertie d’un coralline ancienne sculptée d’un coq. À l’intérieur une inscription gravée se lit: Picasso Duncan.

Le 8 février 1956, il sonne à la grille de la Villa Californie, remet l’anneau à Jacqueline et quelques instant plus tard, cette dernière, toute joviale, le prend par la main et le conduit à l’étage où l’artiste se savonne dans son bain. Il arbore la bague et d’un large sourire il invite Duncan prendre son appareil photo. Ce sera le premier cliché du reportage.

L’intérêt de cette exposition est la cohabitation de nombreux dessins, céramiques, peintures et sculptures et les photos montrant l’artiste au travail, réalisant ou manipulant les oeuvres exposées.

Après Picasso nous flânons au travers de la piscine. Dans ce qui était le hall d’entrée principal nous découvrons une petite exposition de pièces issues du ‘France,’ une maquette, quelques meubles, des photographies et des aquarelles. Quand ça flotte, ça nous botte.

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Anvers, le MAS, « Museum Aan de Stroom » et le musée de la photographie

L’homme à mes côtés consulte son portable, de sa narine droite sort un bout de coton en partie ensanglanté. Sa compagne est allé lui acheter une boisson rafraichissante.

En face, flanqué de deux étudiantes, un cadre en fin de carrière découvre avec inquiétude dans son journal qu’il va devoir travailler 3 années de plus que prévu. Son épouse qui piétine d’impatience de partir habiter la bergerie qu’ils ont restauré dans la Drôme, va lui faire la gueule.

Dans quelques minutes, le train de 09:05 nous conduira à Anvers où nous allons visiter le MAS, le nouveau musée ouvert il y a six mois, situé près port de plaisance du bassin Napoléon.

Nous aimons les gares, le vas et vient des plus actives nous inspire pour essayer de deviner l’identité, la profession, l’état âme et les objectifs des passants.

Les plus désertes respirent le mystère, quel émotion que de se trouver seuls sur un quai et comme dans un western, tendre l’oreille pour essayer de percevoir le sifflement de la locomotive dans le lointain.

Le « Museum Aan de Stroom », est un bâtiment tout en hauteur, construit en pierre rouge avec de larges baies en verre ondulé, il abrite huit étages de salles d’exposition, une brasserie au rez de chaussée et un restaurant panoramique sous la toiture.

On accède aux plateaux par une batterie d’escalators situés en périphérie du corps de l’immeuble. À chaque étage, les baies vitrées permettent un regard sur l’Escaut, les bateaux de plaisance et sur la ville. L’image rendue uniformément grise par une légère brume contraste avec les couleurs vives des peintures et des objets du musée.

Au rez-de-chaussée, entreposé dans des casiers grillagés, le visiteur peut entrevoir une partie du dépôt de la collection permanente du musée. Nous qui aimons les collections, y trouvons notre bonheur car les objets sont regroupés par thème. Certaines niches sont éclairées, d’autres pas et dans la pénombre, nous devinons trente deux théières en porcelaine de Chine, dix-sept perruches empaillées, cinq poupées en crinoline, douze gerbes de fleurs de mariée séchées sous un globe en verre, sept cadavres de musaraigne dans des bocaux remplis de formol et trois paires de poulaines ayant appartenu à la maîtresse de Charles V.

Les salles d’exposition nous paraissent exiguës, les couloirs serrent aux hanches et nous comprenons qu’en cas d’affluence, les visiteurs sont lâchés à heure fixe par paquets de cinquante, des ensembles quoi.

À notre rythme maintenu habituel, le parcours systématique de chaque étage nous prend plus de deux heures. Comme vous pouvez voir sur le lien ci-après, les collections présentées sont très diverses et des tableaux de Rubens aux masques Maya, des maquettes de voiliers à la belle Minerva rouge et noire, nous quittons les lieux vers midi trente et nous attribuons au MAS quatre étoiles sur cinq.

http://www.mas.be/MAS-FR/Publicatiekanalen/Stad/Musea/Musea-MAS/MAS-FR/Startpagina-MAS-FR.html

Kloosterstraat n°83, ‘Chez Fred’ propose au plat du jour, un pavé de saumon frais sur tagliatelles avec brocolis. Comme toujours dans ce petit restaurant sympa, les repas sont soignés et le café avalé, nous poursuivons notre chemin vers le musée de la photographie.

L’exposition temporaire ne nous impressionne guère mais la collection permanente vaut toujours une visite. En prime, discrètement, bravant l’interdiction, avec mon iPhone, je prend en photo les appareils utilisés par les photographes professionnels à la fin du dix-neuvième siècle. Tout en bois et sertis de cuivre ce sont des merveilles et si la technologie a évolué, les résultats valent largement les clichés digitaux de 2012.

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L’Art Brut et l’exposition ‘Dangereusement Jeune’

L’artiste ferme les yeux et projette son imagination débridée dans l’oeuvre qu’il réalise. Ses paysages ne montrent pas la nature tel qu’on la voit, ses portraits ne représentent pas des personnages connus et les pigments qu’il emploie ne sont pas fait pour nous charmer de leurs couleurs chatoyantes. Ses mains travaillent le fer blanc, ses crayons tracent inlassablement des lignes continues sur une feuille de papier d’emballage, il combine des morceaux de bibelots cassés pour en faire une tour de Babel ou une mécanique utopique. Le résultat de son travail est souvent insolite, parfois beau, toujours intriguant. Il ne cherche pas à choquer, ni à imposer un message, il ne veut pas nous convaincre à réduire notre empreinte écologique, il ne cherche pas à nous plaire, à nous inciter à acheter ses produits, il nous ignore complètement et n’en à rien à faire de notre admiration ou de notre indifférence pour ses oeuvres qui jusqu’à présent, ne figurent pas dans les catalogues de Christie’s.

L’artiste peut être un résident de la Clinique psychiatrique Dr. Ghuislain à Gand ou de tout autre institution psychiatrique et ce qu’il réalise a été baptisé ‘l’ART BRUT’ par Jean Dubuffet en 1945, c’est plus gentil que le qualificatif ‘l’Art des Fous.’

En 1986  l’hôpital Dr.Ghuislain décide de créer un musée de l’histoire de la psychiatrie. Les concepteurs ont comme but initial d’informer le public des soins et traitements donnés aux malades mentaux. Dans la foulée, le musée retrace également l’histoire des traitements avec à l’appui un inventaire impressionnant de l’évolution des instruments et des outils utilisés par les psychiatres au travers des âges. Une source d’inspiration pour les geôliers de Guantanamo.

Aujourd’hui, quinze ans plus tard, plusieurs nouvelles salles ont été ouvertes et le musée comporte une collection permanente et toujours croissante d’oeuvres d’art brut. En prime, le musée organise plusieurs fois par an des expositions thématiques, tel que celle qui nous attire ce matin, intitulée ‘Dangereusement Jeune’.

Je cite et je paraphrase le catalogue:

‘Enfanter, voilà un événement bien particulier: l’avenir se déploie devant vous. Mais que faire lorsque l’éducation piétine, s’écarte, s’égare? Que faire lorsque l’enfant tombe malade? Lorsque la société ne lui octroie ni le temps ni l’espace pour se développer? Que faire avec ses jeunes lorsque parents et formateurs jettent l’éponge?’ 

L’exposition invite le visiteur à suivre l’itinéraire de la question « Enfant en danger, enfant dangereux ». Comment les artistes représentent-ils l’enfant chéri sans problèmes mais par ailleurs, comment montrent-ils des situations où les enfants deviennent un péril pour les adultes?’

Nous voila confronté avec des petites filles qui épluchent des pommes de terre, un adolescent le révolver à la main, une pin-up américaine de huit ans et le bébé surdimentionné de Ron Mueck.

L’exposition est dérangeante mais pas convaincante, non pas que le thème ne soit pas d’actualité ni que la brutalité de certains tableaux ou certaines photos ne nous touchent pas, mais la présentation est désordonnée et comme l’aurait dit Marchall McLuhan, ‘le contenu mériterait un meilleur emballage’.

Mais nous aimons l’art brut et nous passons un long moment à flâner dans la partie de musée qui leur est consacré.

Cette forme d’art rejoint l’art naïf et l’art contemporain avec la différence que les artistes qui travaillent sous ces qualificatifs, trouvent dans leurs oeuvres une source de revenu. C’est tout à fait légitime et même honorable et j’applaudis la performance, sauf lorsque, aveuglé par le jeu, il finissent persuadés que l’emballage a du contenu.

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Wunderkammer, Jan Fabre, Wim Delvoye et Terra Brasilis

Toute collection est la réunion d’au moins deux objets qui ont quelque chose en commun. Ce quelque chose peut être leur fonction, leur couleur, leur rareté, leur forme, leur appartenance syndicale, leur étrangeté, leur taille, leur volume, leur provenance, leur ancienneté, en bref, toute caractéristique semblable qu’elle soit physique, symbolique, merveilleuse, virtuelle ou étrange.

L’exposition Wunderkammer, cabinet de curiosités contemporain, rassemble dans le musée du Botanique plus de 20 artistes plasticiens qui ont crée à travers de leur art, des collections de mondes imaginaires.

Vous trouvez la liste des artistes sous le lien suivant:

http://www.botanique.be/expo/wunderkammer-cabinet-de-curiosités-contemporain

Le catalogue de l’exposition que nous avons parcouru le sourire au lèvres, souligne que les musées tel que nous les connaissons aujourd’hui, trouvent leur origine dans ces ‘cabinets de merveilles’.

Nous sommes également venus à Bruxelles pour voir l’exposition Terra Brasilis, une des manifestations culturelles d’Europalia 2011-2012.

Voir le lien: http://www.europalia.be/europalia/home/

Je cite: « L’exposition montre l’influence réciproque entre l’Europe et le Brésil dans la découverte, la valorisation et l’exploitation de la faune et la flore brésiliennes. Cette interaction singulière axée sur les richesses naturelles entre les deux continents se décline dans toutes les expressions artistiques: dessins, peintures, sculptures, objets d’art, orfèvrerie, mais également dans les sciences, la géographie, la cartographie, l’ethnographie, la botanique, la zoologie, la médecine, qui engendrent des livres, des cabinets de curiosités et des collections, des expéditions et des musées d’histoire naturelle tant en Europe qu’au Brésil. »

Place Royale, dans les anciens locaux de la banque ING, on peut en effet admirer des ‘ensembles’, comme cela s’appelle en math moderne, d’objets usuels, de fleurs, d’oiseaux empaillés, de planches d’animaux exotiques, de planches d’orchidées, de couteux avec des manches en argent, de bijoux, de dessins d’esclaves au travail dans les plantations de sucre et d’esclaves au travail dans les scieries de bois précieux.

Pour voir les objets exposés, nous devons louvoyer, en tant que navigateurs cela nous est familier, entre les collections d’intéressés, membres de groupements culturels, qui religieusement suivent et écoutent les explications détaillée de leurs guides respectifs.

M. et moi rejoignons Georges Brassens lorsqu’il chante que quand on est plus de quatre on est une bande de c… et nous évitons tant que possible les visites guidées. Nous laissons aussi presque toujours les audio-guides dans leur tiroirs car nous aimons nous laisser porter par notre intuition, nous préférons regarder les images qui nous frappent et  lire les textes qui nous paraissent mériter notre intérêt. D’aucuns vont nous traiter de barbares, mais nous avons compris depuis très longtemps que ce qui reste en fin de journée, ce sont les impressions fortes, visuelles et intellectuelles que nous avons ressenties lors de nos visites et non pas le nom latin de l’orchidée préférée du Roi Léopold Premier ou la date de naissance de Juan Antonio Lavalleja y de la Torre, héros de la bataille de bataille de Guayabos.

Wunderkammer et Terra Brasilis ont beaucoup de choses en commun et elles nous plaisent beaucoup car nous aimons les collections, quelles qu’en soit leur objet.

Pour boucler le cercle de cette page de mon blog, je tiens à souligner que les serres du Botanique ont été construites pour préserver et cultiver les fleurs et les plantes originaires du Brésil que les Belges du 19e siècle ramenaient par cargaisons entières.

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Louvain, le musée M, Charles Burns et Patrick Van Caeckenbergh

‘Prendre le train c’est toujours voyager’, il y a quelques années, ce slogan était supposé motiver le citoyen à troquer sa voiture pour les transports en communs.

En raison de l’incertitude des horaires, des changements de quai intempestifs annoncés par une voix souvent inaudible débitée par des haut-parleurs grésillants, en raison des aiguillages gelés et des voleurs de cuivre qui mettent en panne des réseaux entiers, en raison enfin des mouvements de grève encore plus intempestifs que tout ce qui précède, le slogan devrait être: ‘Prendre le train, c’est toujours une aventure’.

Malgré cela, M. et moi, nous aimons prendre le train.

Nous ne sommes jamais particulièrement pressés, nous nous arrangeons toujours pour ne pas avoir de rendez-vous contraignants et nous avons en poche un livre du même nom.

Ce matin il fait beau et froid et nous allons à Louvain voir une exposition dans le musée M.

Il y a quelques années il y avait sur les quais des grandes gares deux salles d’attente chauffées, une pour les fumeurs et une pour les non-fumeurs. Ce matin à la gare Saint-Pierre de Gand, sur le quai numéro 9, par moins 6°C, pour éviter le vent glacial, nous nous réfugions dans l’unique local existant, libellé non-fumeurs et garanti non-chauffé.

Le consultant responsable de la productivité a du raisonner que si le train est à l’heure et le voyageur aussi, il est inutile de chauffer un local qui sera théoriquement toujours inoccupé.

À Louvain, ils ont poussé le raisonnement plus loin. La gare a été rénovée récemment et la superstructure est faite de tuyaux métalliques gris qui supportent une toiture parabolique légère en aluminium brossé.

Sur les quais, les salles d’attente sont des cages en verre munies de portes automatiques, sans toiture et les sièges en métal ont la température de l’air ambiant, moins 6°C.

Mais tout cela ne sont que des détails car ce matin, tant à l’aller qu’au retour, les trains sont à l’heure, à cinq minutes près. Les compartiments sont propres, confortables et chauffés et tout au long du trajet, le soleil éclaire le tapis de neige qui couvre le pays, c’est féerique et nous sommes contents. Voila pour le voyage.

Le musée M est à un kilomètre et demi de la gare, à l’autre bout de la Bondgenotenlaan, à quelques pas de l’hôtel de ville et de l’église Saint-Pierre.

Pour ceux que cela intéresse, le lien ci-après ouvre une page d’explication sur l’historique de l’endroit.

http://www.mleuven.be/fr/a-propos-de-m/lhistoire-du-musee/

Comme de coutume, nous suivons le tracé chronologique des salles, du numéro un au numéro 31. Je traverse d’un oeil distrait les collections permanentes.

M. me tient par la manche devant la Cène de Dirk Bouts mais notre intérêt va à l’exposition temporaire de Charles Burns et de Patrick Van Caeckenbergh.

Le premier est un ‘cartooniste’ américain né en 1955. La brochure explique qu’il a grandi à Seattle et que tout jeune il ‘dévorait’ la revue ‘Mad Magazine’, nous aussi.

Nous avons toujours suivi avec intérêt les aventures d’Alfred E. Neuman, Spy vs Spy et les autres.

A postcard with the public domain

Image via Wikipedia

Les salles 19, 20, 21 et 22 lui sont consacrées. Les écoles d’art de la ville se sont donné le mot et de nombreux étudiants, assis par terre ou sur les rebords de fenêtres, copient les oeuvres de l’artiste.

Le second, Patrick Van Caeckenbergh né à Alost en 1960, nous ravit avec ses dessins, ses collages, ses maquettes et ses sculptures. Doué d’une imagination débridée, il combine les objets les plus divers tirés de la vie quotidienne, des boîtes d’allumettes, des morceaux de carton perforé, des coquillages, pour en faire des œuvres mystérieuses et baroques, amusantes et insolites.

Au centre de la salle 25 trône une boîte de cigares surdimentionnée comportant un studio complet avec un lit, des bibliothèques, un bureau et un poil à charbon en fonte émaillée blanche, un coup d’oeil et c’est le coup de foudre, on a envie d’y habiter.

Sur la place du Marché, nous mangeons le plat du jour au Quasimodo – Notre Dame, un sympathique restaurant aux boiseries sombres, style vieux café d’étudiants.

Le ticket d’entré du M nous donne droit à la visite gratuite de la crypte de l’église Saint-Pierre.

Les trésors ne nous impressionnent pas outre mesure mais nous aimons beaucoup les sculptures des stalles pliables du coeur, elles sont toutes différentes et témoignent de l’humour des artisans du Moyen Âge.

Dans l’église même, nous faisons trois fois le tour de la majestueuse chaire en bois sculpté au centre de la nef principale. Elle est couronné de feuilles de palmier et décorée d’animaux divers dont bien entendu le serpent.

Au pied, Saint-Norbert vient de tomber de son cheval, on sent qu’il va se convertir.

Nous remontons la Bondgenotenlaan jusqu’à la gare et comme je l’ai déjà signalé plus haut, le retour vaut l’aller.

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Gand – Festival de la Lumière 2012 – Lichtfestival Gent 2012

Depuis que les nouveau-nés reçoivent un GSM à la naissance, les cabines téléphoniques publiques ont perdu tout intérêt et la municipalité de la ville de Gand, toujours à la pointe des solutions créatives, les a fait transformer en aquariums.

La semaine dernière, du jeudi soir au dimanche soir, notre belle cité s’est parée, pour la deuxième année consécutive, d’une série d’illuminations qui ont attiré une multitude de curieux, citadins et visiteurs plus lointains.

La foule était tellement nombreuse que samedi soir certaines rues furent mises en sens unique pour piétons.

Partant de la supposition qui s’est avérée juste, que la densité humaine serait la moins élevée au départ des festivités, le premier soir et en semaine, c’est le jeudi à 17:45 que nous avons enfourché nos vélos pour nous rendre au coeur de la cité.

Les plus de soixante mille étudiants de l’université et des écoles supérieures se déplacent de préférence à bicyclette et la ville a installé dans les rues du centre des emplacements adéquats en acier galvanisé.

Nous verrouillons nos engins rue de la Corne en face de l’ancien excellent fromager que les Gantois avaient baptisé ‘Le Nez’, à cause de son appendice nasal proéminent et en vertu des bonnes odeurs que dégageait sa boutique. Son fils Michel avait repris l’affaire avec autant de succès que son père mais il y a quelques années, tourmenté par trop de régulations européennes, il jeta l’éponge. À notre grand regret, les fromages ont fait place à des thés exotiques et dorénavant c’est à Lille que nous allons acheter les Bleu de Causse et les Brillat-Savarins.

Mais je voulais commenter la lumière. J’avais déchargé une ‘app’ sur mon iPhone avec le plans de la ville, le tracé à suivre et la description succincte de chaque illumination. Disciplinés comme toujours en ces circonstances, nous suivons scrupuleusement et chronologiquement les numéros indiqués.

Malgré le froid, les rues bouillonnent, la bonne humeur règne, aux deux extrémités de la pyramide d’âge, les bambins dans leurs poucettes côtoient les chaises roulantes électriques et entre les deux, les badauds, le sourire aux lèvres, se frottent les manches sans se bousculer. Ces fêtes de Gand en hiver connaissent un succès qui dépasse les estimations des organisateurs. Une armée de jeunes gens reconnaissables grâce à leurs couvre-têtes fourrés en toile blanche, aiguillent les curieux d’un point à l’autre, selon les questions et les besoins de l’instant.

Dans le désordre, notre préférence va la ‘perspective lyrique‘ du Palais Episcopal (25), ‘Les oiseaux Bleus de Mr.Maeterlinck‘ (16), la ‘Luminarie De Cagna‘ dans la rue du Beffroi (1), ‘Human Tiles‘ sur la façade de l’église Saint-Jacques (3), ‘Timelessnes‘ et la barge historique (9), ‘Les incongruités‘ au Zandberg (27), ‘Mr. Beam‘ dans le préau de l’Aula de l’Université, rue des Foulons (17) et ‘On dirait que…‘, la spectaculaire représentation sur la façade de l’ancienne poste, marché aux Grains (14).

Et bien entendu, nous sommes charmés par le poisson blanc et rouge de la cabine téléphonique de la place de la Calandre.

Nos chaleureux remerciements vont à notre maire, Daniël Termont et à tout le collège échevinal pour nous avoir offert cette férie lumineuse.

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Django Reinhardt et le Boléro de Ravel

Sous le vocable de Djangofollies, la « Centrale » organise de ces jours une série de concerts en mémoire et en honneur de Django Reinhardt.

‘De Centrale’, le nom officiel de ce centre culturel, est une ancienne centrale électrique, mise à l’arrêt dans les années 80 et récupérée par la ville de Gand à la fin du siècle dernier pour en faire une plate forme culturelle, avec des salles de spectacle et un restaurant qui sert essentiellement une cuisine ethnique. La grande cheminée permet de la repérer le bâtiment de loin et de l’extérieur, l’ensemble donne encore l’impression de n’être autre chose qu’une centrale électrique en fonctionnement.

La structure métallique de l’ancienne salle des turbines est peinte couleur vert pomme et l’impressionnant pont roulant noir supporte la batterie de projecteurs qui coiffe le podium.

Des sièges basculants rouge vifs montent presque verticalement sur des gradins mobiles, les spectateurs de la rangée arrière ont l’impression de pouvoir toucher le plafond.

Vendredi dernier nous avons assisté à un concert donné par un quatuor de jazz, Ollie Soikkeli et le Hot Club de Finlande. Le guitariste virtuose a l’air d’avoir 15 ans et les doigts de sa main gauche sont en caoutchouc, il nous ravi avec une série de morceaux connus et moins connus de Django Reinhardt.

Avec son violon électrique, Vitali Imereli, un Géorgien naturalisé Finlandais, nous replonge quelques décades en arrière; en duo avec Ollie Soikkeli, on vibre en « entendant » Stéphane Grappelli et le Quintette du Hot Club de France.

Le lien ci-joint permet d’apprécier un exemple de leur art.

http://www.ollisoikkeli.com/

Mercredi, nous retournons dans la même salle pour écouter le groupe Andalou ‘Un Gatto en la Luna’. Nous venons pour la musique mais nous sommes bien entendu, charmés par le nom du groupe, en Français, ‘Le Chat et la Lune’.

La première partie du spectacle nous déçoit un peu par son côté académique, ‘on reste?’ me demande M., à la pause.

Bien nous en fait, car après avoir dégusté une triple Westmalle, une bière d’abbaye fortement alcoolisée bien de chez nous, le sang Andalou s’est réchauffé et le guitariste Tomas García et ses compères swinguent à la grande joie des spectateurs, nous itou.

YouTube offre plusieurs clips de ce quintette.
http://www.youtube.com/watch?v=OXp9axnXTvs

Ma coda pour cette page musicale est une jam-session de l’orchestre philharmonique de Copenhagen. C’est un clip de YouTube que je vous conseille de regarder en ouvrant grand l’écran de votre Mac.
Sachez que j’ai découvert par hasard que Django Reinhardt s’est inspiré du Boléro de Ravel pour sa pièce du même nom.

http://www.classicalarchives.com/feature/dont_miss_this.html

‘Enjoy!’

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Plácido Domingo et « The Enchanted Island »

« My strength is coming back, I feel it in my blood » chante Joyce DiDonato et son visage rayonne d’une mélange de joie et de force intense. Je partage l’émotion forte de la belle sorcière qui voit renaître sa puissance magique que Prospero lui a arraché en la bannissant dans la partie noire de l’île.

‘The Enchanted Island’ est un opéra pastiche moderne, imaginé et crée par Jeremy Sams. Né à Londres en 1957, le multi-talenté Sams, directeur de films, compositeur, chef d’orchestre, écrivain, est chargé par le MET de créer comme il était coutume au 18e siècle, un opéra pastiche baroque. Pour l’histoire, le compositeur s’inspire de deux pièces de Shakespeare, ‘La Tempête’ et le ‘Songe d’une Nuit d’Été’ et il puise la musique dans des oeuvres de Händel, Vivaldi, Rameau, Campra et Leclercq.

Le spectacle est époustouflant et souvent comique, c’est beau, c’est original et comme toujours, le Metropolitan Opera met en scène les meilleurs chanteurs contemporains.

Pour n’en citer que quelques uns, l’incontournable Placido Domingo incarne le dieu Neptune, puissant mais drôle, à un moment il se frappe le front et s’exclame: ‘c’est vrai, j’oubliais que je suis le Dieu des Mers’, pour ensuite enchainer de son aria.

La virevoltante Danielle de Niese incarne ‘l’esprit’ Ariel et le contre-ténor David Daniels est Prospero. Luca Pisaroni que nous avions adoré comme Leporello, grimé comme le bossu de Notre Dame, s’est mis dans la peau de Caliban, le fils de la sorcière Sycorax.

Ai-je déjà dis que ma faveur va à Joyce DiDonato, elle m’avais séduite il a quelques mois, dans le rôle d’Isolier, le page du conte Ory. Aujourd’hui elle encore plus belle, elle vit son personnage avec conviction et chaque aria est une merveille.

William Christie, champion contemporain de la musique baroque, dirige l’orchestre après avoir épaulé Jeremy Sams dans la recherche des parties musicales.

L’histoire tient de la fable et du vaudeville lorsque par exemple, ‘l’esprit’ Ariel, se mélange les pinceaux et distribue sa poudre d’amour magique aux naufragés de la tempête qu’elle a orchestrée, en confondant successivement Demetrius et puis Lysandre avec Ferdinand, fils du roi, lequel est attendu par Prospero dans l’espoir de le voir épouser sa fille Miranda et le délivrer ainsi du bannissement qui le cloître sur l’île.

C’est plus compliqué que cela mais qu’importe, la musique baroque est merveilleuse, les chants sublimes et la technologie du décor qui combine des figures d’animaux mythique et des arbres en carton peint avec une projection vidéo de la mer déchaînée, la forêt mystérieuse et menaçante, les costumes de composition extravagants, les fanfreluches, les plumes et les couleurs en folie, le tout est enchanteur et d’un dynamisme sans faiblesse qui nous laisse surpris, lorsque le rideau tombe, quatre heures plus tard, sur les protagonistes heureux, amoureux et réconciliés.

Le 30 décembre 2006 le Metropolitan Opera de New York transmit par satellite, en temps réel et en Haute Définition, ‘La Flute Enchantée’ de Mozart.

Aujourd’hui une soixantaine de pays offrent la retransmission d’une douzaine opéras par an et des centaines de salles de cinéma captent et diffusent ces opéras pour le plaisir d’un public enthousiaste.

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Gand, le drink de nouvel an 2012

À 11:00 précise en ce dimanche ensoleillé, sur un podium érigé au pied du beffroi, faisant face à l’église Saint-Bavon à l’autre bout de la place du même nom, le bourgmestre Daniël Termont s’assied devant le micro et salue la foule venue nombreuse à l’invitation de la mairie pour fêter l’année nouvelle.

Homme du peuple, Gantois d’origine, le maire s’adresse à nous en alternant le dialecte et le flamand pour la grande joie des autochtones.

Son discourt est bref, il mentionne quelques unes des réalisations de son équipe et il souligne avec fierté qu’une enquête récente a montré que 81% des habitants de la ville ont affirmés être fiers d’être Gantois, nous en faisons partie. Le score des autres villes est nettement inférieur, mais Nic Balthazar à qui le maire cède le micro se demande quel est le problème des 19 autres %?

Nic vient de terminer le tournage d’un long métrage sur le thème de la vie et de la mort; la ville lui servit de décor et il nous incite à nous rendre au cinéma à partir du 25 janvier prochain, date de l’introduction de ‘Tot Altijd’, sa dernière réalisation.

L’incontournable Pierke Pierlala et ses compagnons montent ensuite sur scène et la marionnette en costume blanc bordé de rouge y va de sa diatribe critique annuelle des problèmes que la ville a accumulé en 2011.

le très décrié ‘Schaapstal’

L’ivrognerie publique successive de deux commissaires de police en chef, les travaux sans fin de la rénovation du Marché au Grain et la construction controversée du futur hall de spectacle de la ville, baptisé le ‘Schaapstal’ (Écurie à moutons) sur le Pouljemarkt entre le Beffroi et l’église Saint-Nicolas en sont les principaux thèmes.

La bonne humeur règne, Daniel Termont rit de bon coeur et serre la pince à la marionnette, après quoi Swinzapoppin, un ensemble de jazz très dansant entraine la foule à suivre le rythme, quelques enthousiastes trouvent les mètres carrés nécessaires pour virevolter.

Le présentateur annonce que plus de 11.000 personnes sont venues au rendez-vous, on le croit. Le maire se mêle à la foule et promet de venir donner une embrassade à chaque citoyen, nous nous trouvons par hasard sur son parcours et M. a droit à l’accolade comme en témoignent les photos ci-jointes.

La bonne humeur est complète, de nombreux concitoyens ont apporté leurs propres bouteilles de champagne et un échantillonnage de saucissons, fromages et autres zakouskis.

Au fil de notre promenade bousculée au travers de la marée humaine, nous croisons des vieilles et moins vieilles connaissances et amis à qui nous souhaitons la bonne année et la promesse de se revoir bientôt, avant la réception de 2013.

Au déplaisir des régionalistes rabiques, Gand connait encore aujourd’hui un important noyaux de bourgeois francophones. Nos enfants sont comme nous, de parfaits bilingues, voir trilingues et plus, même si notre accent, notre emploi des mots et notre vocabulaire font frémir d’horreur les plus puristes de nos amis Français.

Les plus vieux Gantois ‘vrais de vrais’, comme nous, jonglent avec le dialecte local et c’est un joie intellectuelle de converser en mélangeant ces deux langues dont les mots de l’une parfument souvent les phrases de l’autre.

Comme l’exige la tradition, quelques minutes avant la clôture de la fête, Pierke Pierlala remonte sur la scène et entraine les Gantois à chanter à tue-tête, la main droite posée sur le coeur, ‘Klokke Roeland’, l’hymne populaire de la ville qui honore la grande cloche du beffroi et qui de fierté, fait monter les larmes aux yeux des citoyens de notre belle cité.

À 13:00 pile, les bars à boissons de la mairie ferment leurs volets mais l’ambiance reste joyeuse et vibrante et entre les trois tours de la cité médiévale, la fête continue.

Sur la lancée de cette radieuse journée, je souhaite une fois encore une excellente année nouvelle à tous mes lecteurs.

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Salon de l’Auto – Bruxelles – 2012

J’attend la voiture électrique dont l’autonomie est de 600 km, le temps de recharge des batteries de 3 minutes et le prix équivalent à celui d’un véhicule analogue avec un moteur à combustion interne.

Au salon de Bruxelles, chacun y va de son oiseau rare, de la Smart totalement électrique à la Lexus hybride avec une double motorisation, toutes les marques proposent des modèles ‘E’ que les gens du marketing, par manque total d’imagination, ont fait peindre, comme dans le sketch de Coluche, plus blanc que blanc avec ici et là une touche de vert pomme, pour faire écolo.

L’action relève de la correction politique, ne pas proposer la solution miracle au sauvetage de la planète est très mal vu de nos jours. Bien entendu, à quelques unités près,  personne n’achète ces voitures, car le consommateur n’est pas idiot au point de payer 30% de plus pour un véhicule complexe dont la consommation est à peine inférieure aux performance économiques des moteurs modernes pour les hybrides et dont l’autonomie est de 150 km avec un temps de recharge de 8 heures pour les pures électriques.

Les fabricants sont encore moins stupides et ne s’attendent pas vraiment à voir une foule d’acheteurs se presser aux portillon pour acheter un produit qui n’est souvent qu’un prototype et dont la mise en production de masse est prévue incessamment sous peu, ‘mais la date n’est pas encore fixée’.

Le seul et vrai problème est, pour paraphraser Bill Clinton, ‘the batteries, stupid!’

Pour la conservation et la restitution du courant électrique, la technologie est centenaire. Elle sont plus petites que par le passé et le lithium a remplacé le plomb, mais les ions se déplacent toujours dans de un milieu électrolytique, de gauche à droite à la charge et inversement à la décharge.

C’est parfait pour les GSM mais pour transporter au mois d’août, la tribu Durant avec leurs trois gosses, la grand-mère et les bagages de Créteil à Benidorm et retour, c’est nul.

Mais les salons de l’automobile ont un tout autre but.

Comme chaque constructeur sait, depuis que le cheval vapeur a remplacé celui en chair et en os, que chez tout mâle normalement constitué, la décision de l’achat de son nouveau véhicule se situe dans la partie droite de son cerveau, là où siège le goût pour l’opéra et le coup de foudre pour la blonde de l’immeuble voisin.

La partie gauche lui donnera par la suite, les arguments logiques, concrets et irréfutables pour justifier son choix émotionnel.

J’ai un véhicule dont je suis encore très content, une étude comparative qualité/prix n’est pas mon but aujourd’hui, mais j’adore parcourir les salons automobiles, car j’aime rêver, c’est un des multiples plaisirs de la vie.

Aussi, je ne vous livre que des photos de voitures qui sur les routes de notre petit pays, avec plus de 5 millions de voitures immatriculées pour 11 millions d’habitants, nouveaux-nés et grabataires inclus, ne servent qu’à rendre jaloux les autres conducteurs à l’arrêt à dix kilomètres à vol d’oiseau mais à une heure et demi en temps réel, de leur destination matinale journalière.

Ces voitures totalement inexploitables dans la majorité des pays Européens et dont le prix est tel que si vous vous en inquiétez, c’est que vous ne pouvez pas vous les permettre, sont celles que je vous présente ci-après dans toute la splendeur de leurs formes et de leurs coloris.

Admirez et rêvez.

Chez Opel, c'est les hôtesses qui faisaient rêver

Chez Opel, ce sont les hôtesses qui font rêver.

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Coca Cola, the Gods must be Crazy

Une bouteille de Coca Cola vide, jetée par inadvertance d’un petit avion monomoteur survolant un village Africain, le film fit rire le monde en 1981.

Les dieux doivent aimer cette boisson et le musée du Design dans la rue Jan Breydel à Gand consacre un étage entier à l’histoire de cette icône du 20e siècle sous le vocable de 125 ans de Coca Cola.

En 1922 la ville acheta à la famille De Coninck leur hôtel particulier datant du 18e siècle, situé au coeur de la vieille ville, à deux pas du Quai aux Herbes et à une centaine de mètres du Château des Contes.

L’intérieur, tel que les parquets, les lambris et l’ameublement sont en grande partie d’époque. En 1992 l’architecte Willy Verstraete adjoignit dans la cour de l’immeuble une construction ouverte et moderne. Particularité, dans cette partie moderne de l’immeuble, les sols sont mobiles en hauteur à l’aide d’un ascenseur hydraulique placé au centre du bâtiment.

En 2010, une deuxième restauration embellit encore ce musée dont la collection permanente se consacre en particulier aux objets du 20e siècle à nos jours. Nous nous arrêtons avec plaisir devant la collection de meubles et d’objets Art Nouveau signés par Henri Van De Velde, Victor Horta et Philippe Wolfers.

Pour plus de détails ouvrez le lien suivant: http://design.museum.gent.be/ENG/collections.php

Le musée offre aussi des expositions temporaires et jusqu’au 26 février 2012 on peut y découvrir, selon le cas re-découvrir, au travers d’objets divers, l’histoire de la boisson dont le nom est en tête du hit parade des marques les mieux connues au monde, devant Microsoft et IBM, selon Interbrand, un bureau spécialisé dans l’étude de la valeur des marques.

Mieux que des mots, les photos ci-jointes donnent une idée de ce que nous avons aimé.

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Merci Steve Jobs

Lors du lancement du Macintosh en 1984, un journaliste s’inquiéta de savoir si la société avait fait une enquête de marché préalable. Steve Jobs répondit que Graham Bell n’en avait pas fait non plus lorsqu’il introduisit le téléphone sur le marché.

La modestie ne figurait pas dans le vocabulaire de Jobs, mais si il en avait eu, cela aurait été de la grossière hypocrisie de la part de celui qui partant d’un ordinateur bricolé dans son garage avec son acolyte Steve Wozniak, construisit en trente ans un empire iconique qui en août 2011 a devancé Exxon pour devenir la société la plus riche au monde.

Utilisateur d’ordinateur depuis de longue date, j’ai enduré au fil des années, avec patience et frustration, les PC et les systèmes opératoires de Microsoft, du balbutiement des premiers DOS à la succession des Windows, le 3.1, le 95, le 97 et puis un jour, il y a trois ans, après avoir subi les misères de Vista, j’ai jeté l’éponge dans le jardin de Bill Gates et j’ai acquis un iMac avec un écran de 22 pouces.

Merci Steve Jobs.

Les grandes innovations ne sont pas celles que les clients potentiels attendent, ce sont les créations des hommes et des femmes de génie qui offrent au monde les produits dont on ignorait qu’ils soient imaginables mais qu’une fois inventé on a peine à concevoir de pouvoir vivre sans.

Tel que le vélo, le téléphone, le castor pour éplucher les patates et l’iPad.

Comme beaucoup de génies, Steve Jobs était un emmerdeur caractériel hors du commun et un féroce dictateur pour les employés son entreprise. Doté d’une intelligence largement supérieure à la moyenne, sa tolérance zéro pour l’imbécillité était légendaire et faisait peur. Malin comme un singe, il s’entourait des meilleurs spécialistes pour l’aider à concrétiser ses visions. Ultra perfectionniste et paranoïaque, il combinait charme, terreur et manipulation machiavélique, pour imposer ses visions à ses collaborateurs.

Certaines idées et certains produits ne sortaient pas toujours de son imagination fertile, ce qu’il admettait volontiers et il se plaisait à citer les paroles attribuées à Pablo Picasso, ‘good artists copy, great artists steal‘ et il ajoutait: ‘and we have always been shameless about stealing great ideas‘.

La force de Jobs était de réussir à pousser son organisation et les hommes et les femmes qui la compose, de franchir le pas de la conception à la réalisation.

L’introduction des produits nouveaux étaient des évènements attendus qui relevaient du grand spectacle et dont la mise en scène étaient orchestrée comme les plus prestigieux shows de Broadway.

Jobs menait la danse et chacune de ses performances reste un exemple de maîtrise de présentation où par son charisme il transformait le spectateur le plus sceptique en acolyte inconditionnel.

Si vous voulez en savoir plus sur le personnage, lisez la biographie que Walter Isaacson vient de publier chez Little, Brown.

Pour les consommateurs, au delà de l’homme, ce sont les produits développés par Apple qui ont séduit et qui ont crée les aficionados dont je fais partie.

C’est à Steve Jobs que l’on doit la souris, l’interface graphique, les icônes, les fonction multitâche, la révolution de l’industrie de la musique avec l’iPod et iTunes, les téléphones ‘intelligents’ et les ‘apps’.

Mon iPhone 4 me sert de téléphone, d’appareil photo, de scanner, de radio, de baladeur musical, de support pour ma correspondance électronique, de réveil-matin, d’agenda et de carnet d’adresse, j’explore la toile, je lis les cours de la bourse et la météo et dans le bus je fais des sudoku’s.

Lorsque nous vivons pendant 5 à 6 mois par ans sur la Chat Lune, mon iPad a remplacé mon portable, il a les mêmes fonctions que mon iPhone mais l’écran plus large me permet d’écrire et de publier mon blog et de traiter mes photos.

En navigation j’utilise sur l’iPad une application cartographique fluviale qui couvre toute l’Europe et qui me donne instantanément la position du navire, la vitesse, la route à suivre, bref toutes les informations indispensables pour une croisière sans soucis.

En prime, mes trois machines se synchronisent automatiquement, le back-up se fait en arrière-plan.

Enfin, et ce n’est pas peu dire, tous les produits crées par Apple sont beaux dans leur blanche simplicité.

Jobs était un disciple du Zen Bouddhisme dont il aimait la simplicité.

Il citait aussi souvent Leonardo Da Vinci, ‘la simplicité est l’ultime sophistication‘.

La pureté esthétique des objets qui l’entouraient était une de ses obsessions, ainsi que la facilité à l’usage et la qualité des matériaux utilisés. Ces trois critères avaient pour lui la même valeur que les performances technologiques des produits qu’il a développés.

Apple possède une armée d’artistes et de designers qui veillent à la beauté de tout ce qui sort de leurs ateliers de fabrication.

Le souci du détail de l’achèvement frôle à l’obsession maladive, pour le plus grand bonheur des utilisateurs.

Merci Steve Jobs, et j’oubliais presque, merci aussi pour ‘Toy Story‘ et pour ‘Up‘, j’aime beaucoup ‘Up‘.

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Les Marchands d’Armes se portent bien, merci

Je suis conscient que Saint Nicolas vient de distribuer des panoplies de pirates avec des sabres en plastique et que le Père Noël a surenchéri avec des chars d’assaut téléguidés.
Je sais aussi qu’il est bon en ces jours de fin d’année de penser à haute voix, que tout le monde il est beau et qu’en plus tout le monde il est gentil.
Je suis conscient qu’aujourd’hui il est de coutume de souhaiter à son prochain une bonne et heureuse année nouvelle, sans majeure catastrophe dans son arrière-cour.

Mais l’hypocrisie a le don de m’exaspérer. Quand en plus on me prend et vous aussi par ailleurs, pour des cons naïfs, ça m’énerve!

Je m’explique. Hier dans ma gazette locale, en première page, en bas à gauche, figurait un article qui étalait l’indignation des Etats Unis à l’égard de la Belgique pour avoir livré des fusils au colonel Kadhafi.
Sa fidèle armée a employé lesdits fusils de guerre pour tirer sur la foule lors de la récente insurrection.
On lui avait pourtant bien dit au Colonel qu’on voulait bien lui en vendre des fusils, à condition qu’il ne les utilise pas.
Ça m’énerve!

Page trois de la même gazette, un autre journaliste, il ne se causent pas ces mecs, détaillait la vente par les Etats Unis de chars d’assaut à l’Arabie Saoudite.
Bien entendu, Abdallah ben Abdelaziz Al Saoud est un gentil plein de pétrole; il en possède beaucoup plus que feu le Colonel n’en ait jamais eut.
Ça m’énerve.

Par curiosité j’ai fouillé la toile et j’ai découvert une étude faite par le GRIP, Groupe de Recherche sur l’Information, la Paix et la Sécurité.
Voir: http://www.grip.org/fr/siteweb/images/RAPPORTS/2009/2009-8.pdf

Il s’avère, ce que l’on sait déjà depuis belle lurette, que tout le monde fabrique et vend n’importe quoi à n’importe qui et que tout le monde achète à n’importe qui, n’importe quoi, du moment que ça tue et que ça détruit de manière efficace.

Le rapport du GRIP comporte quelques tableaux instructifs que je reproduit ci-après. Si il ne sont pas lisibles, veuillez consulter le lien ci-dessus.

Par exemple, page 39, annexe 5, on peut lire qu’entre 1999 et 2008, la Belgique occupait la 16 place des pays exportateurs d’armes de guerre, derrière les USA, la Russie, l’Allemagne, la France, le Royaume Unis, Pays Bas, Ukraine, Italie, Chine, Suède, Israel, Espagne, Canada, Suisse et le Belarus.

Le tableau 4a est encore plus amusant, si j’ose dire, il montre les transferts commerciaux entre les pays producteurs et leur clients, soit, qui vend à qui et qui achète à qui.

Toujours en promenade sur la toile je découvre ce que j’avais un peu perdu de vue, que les pays producteurs d’armement passent leur temps à accuser leurs concurrents à vendre du matériel de guerre à des pays qui ne le méritent pas.
Le Belarus à la Lybie, la Chine au Zimbabwe, et les Etats Unis à Sadam Hussein, mais ça, c’était avant qu’il ne devienne méchant.

Que les journalistes en fin d’année et en mal d’imagination soulignent le commerce des armes d’un ton réprobateur, soit, il m’arrive aussi d’être à court d’idée pour mon blog, mais que des responsables politiques des Etats Unis avec l’histoire des fusils que la FN a vendu à Kadhafi, élèvent l’hypocrisie à un niveau ou la métaphore de la paille et de la poutre ne permet pas d’illustrer l’énormité de leurs propos, ça m’énerve.

Cela ne m’empêche pas de souhaiter à tous ceux qui me lisent, un joyeux réveillon et une bonne et heureuse année 2012.

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Gand, le musée du STAM, Liber Floribus et Edmond Sacré

Au téléphone, la dame m’informe que le musée est ouvert toute la journée, la culture ne fait pas la grève ce jeudi.

Rassurés, nous enfourchons nos vélos et nous partons vers le STAM, le musée de la ville de Gand, ouvert depuis octobre 2010 dans les bâtiments rénovés de l’ancienne abbaye de la Bijloke.

Les architectes ont fait du beau travail en intégrant dans les murs médiévaux, le béton nu, le verre et l’acier.

La boîte noire, nom donné par les gantois à la construction moderne qui chapeaute le hall d’accueil, le vestiaire, la cafétéria et les ascenseurs tout en verre, comprend une réalisation multimédia qui promène le visiteur dans un voyage numérique au travers de l’histoire de la ville.

À une étape du parcours, pour des raisons moins pieuses que les moines d’antan, les citoyens s’agenouillent à la recherche de leur maison sur la photo aérienne contemporaine qui comme un tapis plein, recouvre l’entièrement le sol de la grande salle de l’étage. 

Ayant déjà exploré les collections permanentes, nous venons voir plus en particulier, deux expositions temporaires, le Liber Floribus et les photos d’Edmond Sacré.

Au début du 12e siècle, le chanoine Lambert de l’abbaye de Saint-Omer eut l’audace et le courage d’assembler dans un volume, l’histoire du monde avec comme fil conducteur de son oeuvre, la cosmographie telle qu’il la concevait à son époque.

Il dessine et il décrit la terre comme un sphère mais il laisse à Galilée le privilège, quatre siècles plus tard de défendre l’héliocentrisme.

L’encyclopédie est entièrement dessinée et calligraphiée à la plume, les enluminures et les cartes sont de petits joyaux où l’auteur concentre à la fois les données géographiques, historiques et temporaires.

L’oeuvre s’est retrouvée on ne sait comment au 14e siècle à l’abbaye Saint-Bavon, aujourd’hui est elle détenue à la bibliothèque universitaire de la ville de Gand.

La dernière salle expose une vingtaines de manuscrits datant du 8e au 12e siècle prêtés pour l’occasion par des institutions belges et étrangères.

Les couloirs et le réfectoire gothique de l’abbaye se prête admirablement à cette exposition.

La deuxième exposition montre quelques centaines de photos prises à la fin du 19e et au début du 20e siècle par le photographe gantois Edmond Sacré (1851-1921).

Je suis toujours émerveillé par la précision des tirages, même à 12M de pixels, nos appareils numériques sont loin d’avoir la précision des clichés de l’époque.

On râle lorsque les travaux routiers, les démolitions et reconstructions d’immeubles nous obligent à mettre le pied à terre lorsque nous roulons en ville. Les témoignages d’Edmond Sacré illustrent que la ville a toujours fait l’objet de transformations importantes. Les larges rues qui nous sont familières ont pu être tracées par la démolition de ruelles et de pâtés de maisons, ce n’est pas Haussmann mais une ville ça bouge, ça change et finalement la nôtre, elle s’est embellie et elle s’embellit encore. Ceux d’entre-vous ne la connaissez pas, n’ayez pas honte, mais venez-la voir.

Dans un endroit sacré par excellence, devant le coeur de la chapelle de l’abbaye, trône sur un socle noir, dans une cage de protection en verre, une coupe d’échange qui célèbre la durée de la constitution d’un gouvernement. Imprimé sur le pied, on peut lire la Belgique en tête avec 541 jours, suivi par l’Iraq en 2010 avec 249 jours et le troisième de loin, les Pays Bas en 1977 avec 208 jours. Voila un trophée que nous garderons précieusement pendant de nombreuses années.

Je souhaite à mes lecteurs un joyeuses fêtes et une bonne année 2012.

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Lettre ouverte à Michael O’Leary

Qu’est ce qui détermine le prix d’un billet d’avion?

Les frais fixes, tel que l’amortissement des machines, le coût du personnel, etc., et les frais variables dont le coût du kérosène consommé pour un vol.

Ce poste est fonction de la consommation de l’avion, de la longueur du vol et du poids des choses transportées, femmes, hommes, enfants, bagages et fret.

Depuis quelques années les compagnies se tortillent comme des anguilles dans un seau d’eau, pour récupérer ici et là un Euro pour un kilo de bagage excédentaire, une valise trop grande pour être prise dans la carlingue ou lié à son volume, deux places comptées pour un américain obèse.

Ryanair, toujours à la pointe des innovations impopulaires vient d’augmenter substantiellement le prix des valises transportés, mais Michael O’Leary n’a pas encore osé toucher au poids des passagers.

Voici une suggestion simple, réaliste et facile à implémenter:

Le passager qui réserve son vol par internet, mentionne en plus de sa destinée, la date et l’heure souhaitée, son propre poids et le poids de ses bagages transportés. Suite à quoi, la compagnie lui attribue un prix global de vol, toutes charges comprises et un numéro d’embarquement.

À l’aéroport, le passager, après avoir subi les contrôles de sécurité, passe avec ses bagages par un portique peseur automatique qui rectifie le prix de son vol en plus ou en moins, en fonction de son poids réel de la matinée, petit déjeuner avalé ou non, et bagages inclus. Un charmante hôtesse lui règle la différence, et après quoi, il choisit selon sa convenance, les objets qu’il souhaite prendre dans la cabine, le reste part en tapis roulant vers la soute de l’aéronef.

C’est simple, c’est honnête et c’est sans discussion. Bien entendu, ça va faire gueuler les gros et les gens de gauche, mais cela ne les empêchera pas de prendre leurs vacances à Bénidorm ou en République Dominicaine.

Réflexion faite, cette procédure était d’application dans les Zeppelins et au début de l’aviation civile dans les années 10 et 20 du siècle dernier. Un sentiment politiquement correct a du être à l’origine de l’annulation temporaire de cette pratique.

Que personne ne désespère, avant dix ans, la mesure sera redevenue d’usage courant de part le monde des transporteurs aériens.

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