Wonder Valley et le Joshua Tree National Park

Au sud du désert de Mojave notre route 127 croise la ‘Interstate 40’, qui part de Barstow, au nord de Los Angeles pour traverser le pays horizontalement et en finir à Wilmington en Caroline du nord, 1 jour et 11 heures et 2480 miles (3950 km) plus à l’est. Nous la traversons et plongeons vers la vallée pour rejoindre la route 62, la route qui va nous conduire à Twentynine Palms, à la porte du Joshua National Park.

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Avant d’arriver à Twentynine Palms, la 62 traverse la communauté rurale de Wonder Valley, selon une description que je trouve sur la toile, un paradis dans le désert.

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Le paradis connait des hivers glaciaux et des étés torrides, les voies intérieures qui relient les maisons sont en terre battue et leur entretien incombe aux habitants. Les terres de chaque côté de la route s’élèvent faiblement en direction des collines lointaines, ci-et-là on aperçoit une cabane ou un bungalow à toit plat. Le désert est omniprésent de couleur gris et jaune pâle avec une végétation qui paraît plus morte que tout ce que nous avons vu dans le Mojave.

À intervalle régulier, regroupés à gauche ou à droite de la route, une quinzaine de boîtes aux lettres, les classiques américaines en aluminium avec le petit drapeau rouge indiquant la présence d’un courrier ou plus simplement un caisse en bois brut, rappellent que nous traversons une zone habitée.

Le descriptif de la toile explique que de 1930 à 1940, le gouvernement américain avait mis 5 âcres (2,3 ha) de terrain à la disposition de toute personne qui s’engageait à construire un logement à cet endroit. De nombreux vétérans de la première guerre mondiale virent ici pour profiter du climat sec et de la solitude du désert.

Le texte continue en précisant que les ‘Marines’ utilisent une base au nord de la vallée pour faire exploser des bombes et que régulièrement le sol et les maisons tremblent sur leurs fondations.

N’empêche que l’article se termine par la phrase suivante: ‘Wonder Valley’ est un endroit unique et idyllique dans notre monde surpeuplé, situé à une demi-heure de Twentynine Palms et à une heure de Palm Springs, tout est relatif.

Une demi-heure plus tard nous poussons la porte du centre d’information du parc national de Joshua Tree. Le ranger nous conseille de loger sur place, de visiter le parc à l’aise cet après-midi et de poursuivre notre route vers Tucson demain. Nous suivons son conseil et nous nous arrêtons à l’hôtel 29-Palms, à l’ouest de la ville sur la route 62. La chambre est de tout confort, on aurait pu mettre y cinq lits King Size, un seul nous suffit.

Régulièrement nous sommes rappelés à l’étendue de ce pays. Tout est grand, chez KFC le Pepsi est servi dans des gobelets d’un litre, les places de parking sont dimensionnés pour des pick-up trucks, les allées des supermarchés permettent aux chariots de se croiser sans peine, les séquoias sont millénaires et la majorité des citoyens sont obèses.

L’arbre Joshua (Yucca brevifolia) n’est pas un arbre, c’est un membre de la famille des agaves.

La légende veut que les pionniers mormons nommèrent cette plante ainsi en analogie avec la figure biblique de Joshua qui leva les bras en supplication pour que le ciel aide les pèlerins dans leur voyage vers l’ouest. Comme toutes les plantes du désert, la poussée est lente et les plus grands Joshua’s sont centenaires. Le parc n’est pas très grand, on en fait le tour à l’aise en une après-midi. Par contre il vaut détour, pour sa végétation et les Joshua Trees mais aussi pour les spectaculaires constellations rocheuses.

Les photos en disent plus qu’une longue explication.

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Le désert de Mojave et la gare de Kelso

Nous quittons Scotty’s Castle en fin de matinée, traversons Death Valley jusqu’à Furnace Creek puis nous piquons vers le sud-est sur la route 190 pour ensuite rejoindre la route 127 qui va nous conduire à Baker, le croisement avec la Interstate 15.

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Furnace Creek

Je fais le plein à Shoshone où l’essence est 1$ le gallon plus cher qu’à Three Rivers, ‘territoire indien’, me fait la préposée à la caisse avec une moue fatiguée. Je la complimente sur beauté de l’endroit, sa moue s’accentue, ‘rien à faire ici’, me dit elle, ‘Baker est mieux.’

Une bonne heure plus tard, nous arrivons à Baker où le seul motel ouvert s’appelle Wills Fargo; un aimable chinois nous loue une chambre, il nous fait même un prix, nous sommes les seuls occupants des lieux. ‘Dimanche les gens rentrent chez eux, c’est toujours calme’ confirme-t-il. Propre, peint en blanc, 35 m2, plafond haut, lit King-size, air-co combiné chauffage, 64 $ la nuit. Dans la cour intérieure, une piscine ouverte à l’eau limpide mais non chauffée, attend les visiteurs de l’été.

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Wills Fargo Motel

Baker est situé au croisement de ‘l’Interstate 15’ et de la route 127. C’est une de ces villes, nous dirions village, qui s’étend sur des kilomètres le long de la route principale.

L’interstate 15 part de San Diego pour rejoindre Sweet Grass, au nord à la frontière Canadienne, à 1190 miles, soit 1904 km plus haut et 17 heures et 3 minutes plus tard, selon le GPS de mon iPad.

Le lendemain, nous poursuivons notre chemin sur la 127, aussi appelée la Death Valley Rd., la route provinciale qui traverse les déserts Californiens du nord au sud.

Death Valley a la réputation d’être un désert dangereux, en été la chaleur est intolérable, les serpents à sonnettes et les scorpions grouillent entre les roches brulantes, il n’y pas de points d’eau et on s’y perd aisément, avec les conséquences fatales que vous pouvez imaginer, car qui s’y aventure se retrouve seul.

En réalité, les routes sont excellentes et bien entretenues, la signalisation est parfaite, les oasis tel que Scotty’s Castle, Furnace Creek et Stovepipe Wells sont des endroits plein de vie avec la possibilité d’y loger, des restaurants, des magasins et les classiques centres d’information que l’on retrouve dans tous les parc nationaux. C’est un pôle d’attraction touristique et même hors saison, comme maintenant à la mi-mars 2013, nous croisons régulièrement d’autres visiteurs.

En route vers Scotty’s Castle, nous voulions passer la nuit à Stovepipe Wells et nous fûmes accueillis par le grand sourire de la préposée qui nous demanda si nous avions une réservation, car nous dit-elle, ‘Nous sommes remplis toute l’année, il faut réserver au moins trois mois à l’avance’ et elle rajouta, ‘vous trouverez six hôtels Beatty au Nevada, à trente miles à l’est d’ici’, ce que nous fîmes et nous avons passé une bonne nuit dans le Motel 8 situé entre deux casinos.

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Stovepipe Wells

Partant de Baker pour aller à Twentynine Palms, au pied de Joshua Tree National Parc,  nous devons franchir le Mojave National Reserve, le désert de Mojave.

Le contraste avec Death Valley est frappant, d’une attraction bien organisée, nous traversons, à notre grande satisfaction, un désert sauvage sur des routes dont le revêtement accidenté me fait craindre pour les pneus de la Corolla.

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Nous ne croisons aucune voiture, il n’y a pas de constructions, pas d’indications routières, rien que des cailloux, des créosotes, des yucca éparses, parfois un arbre Joshua solitaire.

La route serpente entre des collines, on monte, on descend et on espère éviter une crevaison.

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Kelso Dunes

Soudainement, à main droite, nous longeons de hautes dunes de sable jaune et puis, comme par enchantement, surgit une imposante hacienda, toute pimpante, peint dans le même jaune, le toit est en tuiles rouges et les façades latérales sont bordées de colonnades.

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Kelso Station

C’est la gare de Kelso, aujourd’hui ville fantôme, dont il ne reste que ce bel immeuble, sauvé de la destruction il y a quelques années et devenu depuis sa rénovation en 2005, le centre d’information du désert de Mojave. Cinq voies de chemin de fer parallèles croisent la route, la gare est encore opérationnelle et les voies rectilignes se fondent au loin dans le désert, vers l’est et vers l’ouest.

La combinaison de l’existence de mines de fer et de borax, les sources d’eau potable et l’emplacement stratégique pour accoler des locomotives supplémentaires aux trains, leurs permettant de franchir les collines de Cima, justifièrent dans les années 20 la fondation de la gare et de la ville.

Dans les années de gloire entre 1940 et 1970, Kelso comptait deux mille habitants. La ville avait la particularité de ne pas recevoir de signal télé – jusqu’à l’arrivée des disques satellites – et la petite histoire veut que les enfants jouaient dehors jusqu’à la tombée du jour pendant que les adultes s’asseyaient pour bavarder; ça me rappelle ma jeunesse à la campagne, à la même époque.

Nous y faisons une courte halte, un camion d’entretien de la voirie nous croise, les ouvriers vêtus de vestes jaunes et oranges nous saluent gentiment.

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Death Valley et Scotty’s Castle

Walter Scott, dit Scotty, était amuseur et ‘con-man’ ou ‘arnaqueur’.

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Entre autres choses, il était cowboy dans le spectacle ‘Wild West’ de Buffalo Bill, il organisa et brisa un record de vitesse d’un train à vapeur entre Los Angeles et Chicago mais il excellait surtout dans l’affabulation d’histoires où il expliquait l’origine de sa fortune, fortune qu’il ne possédait pas. N’empêche que pendant les premières décades du vingtième siècle, et dans tout le pays, sa renommée était grande.

Il se vantait d’avoir découvert dans la Vallée de la Mort un filon d’or d’une richesse incomparable et fort de cette découverte fictive, sur la côte est, loin de la Californie, il glana des milliers de dollars auprès d’investisseurs avides de gains faciles.

Un jour il intéressa Al Johnson, un riche homme d’affaire de Chicago et ce dernier, curieux, voulu venir inspecter la mine d’or de Scotty.

Pour freiner l’ardeur de Johnson, Scotty imagina avec ses frères une mise en scène d’attaque armée. Pour faire passer le temps en attentant le passage de la diligence, les compères se soûlèrent, l’attaque fictive tourna au vaudeville et Al Johnson découvrit qu’il n’y avait pas de mine d’or.

Riche et bon enfant, il trouva l’histoire drôle, proposa à Scotty de devenir son guide personnel pour la découverte de l’ouest et les deux hommes se lièrent d’une amitié qui dura jusqu’à leur mort. Al Johnson devint la mine d’or de Scotty.

Le climat sec, la beauté du paysage et la quiétude de Death Valley plurent à Johnson et à son épouse Betty et il fit construire une résidence de vacances dans un des endroits les plus inhospitaliers au monde. Lors de ses explorations avec Scotty il avait découvert, au nord de Death Valley, une oasis avec une source d’eau d’un débit continu de 200 gallons (750 litres) par minute.

Il y fit construire un château; juriste de formation, mais ingénieur dans l’âme, il utilisa une technologie dont les écologistes actuels seraient jaloux. La source d’eau fut utilisée pour produire de l’électricité stockée dans des batteries entreposées dans les sous-sol du bâtiment, des panneaux solaires thermiques fournirent de l’eau chaude et les murs épais protégèrent les résidents des fortes chaleurs du désert.

Al Johnson, richissime au début des années vingt, utilisa les matériaux les plus somptueux pour habiller son hacienda, il fit venir des faïences décorées d’Espagne, du Mexique et du Portugal, du bois exotique d’Asie et il fit planter, arbres, arbustes et fleurs pour créer autour des immeubles un jardin luxurieux.

Les chambres sont magnifiquement décorées, les salles d’eau dignes d’un hôtel cinq étoiles et le château comporte une salle de musique avec un orgue automatisé, car les propriétaires aimaient la musique mais n’en jouèrent pas.

La crise économique des années trente réduit sa fortune et obligea Johnson à ménager son train de vie. Ainsi, toujours accompagnés de Scotty qui faisait partie de la famille, Albert et Betty ouvrirent contre payement, leur demeure à des invités de marque et les Roosevelt, Edward Hoover et autres célébrités de l’époque furent les hôtes de Scotty’s Castle où la beauté de l’endroit, le bon climat, le calme du désert et les récits fantastiques de Scotty leur faisait oublier pour quelques jours, les contraintes de leur vie tumultueuse.

Albert et Betty Johnson moururent dans les années quarante et n’ayant pas d’héritiers, le château devint la propriété d’une institution charitable, ‘The Gospel Foundation of California’. La fondation continua a gérer la propriété comme hôtel de luxe et centre d’attraction, elle maintint jusqu’à sa mort en 1954, Scotty sous sa protection.

Sa tombe est au sommet de la colline qui au nord, surplombe le château.

En 1970 le National Park Service acquis l’ensemble et depuis le château est ouvert au public et attire de nombreux visiteurs, dont nous-même, qui fûmes enchantés par la magie de l’endroit, maintenu en condition parfaite, comme du vivant des Johnson et de Scotty.

Ce dernier avait prédit:

« The Hall of Fame is going up. We’re building a Castle that will last at least a thousand years. As long as there’s men on earth, these walls will stand here. »

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Sequoia National Park et la Naciemento-Fergusson Road

Il est dix heures lorsque nous arrivons à l’entrée du Parc National Séquoia. La ‘ranger’ nous souhaite la bienvenue, nous demande si nous avons des chaînes et devant notre mine étonnée, elle sort une carte plastifiée, dimension A4 sur laquelle figure un certain nombre de photos de pneus comportant différents types de systèmes anti-neige.

La Toyota Corolla que Hertz nous a fourni il y a deux jours, n’est pas équipée pour franchir les routes qui mènent aux arbres géants.
Bien essayé, fait M., et nous faisons demi-tour sans trop de regrets car nous avions déjà traversé le parc en été, il y a quelques années.

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Hier matin nous avons quitté San Francisco avec comme but d’arriver dans quelques jours chez nos amis à Tucson en Arizona. En cours de chemin, l’idée générale était d’aller admirer les Séquoias, puis de piquer vers l’est et de traverser Death Valley et enfin, faire un arrêt au Joshua Tree National Park.
Nous avons suivi la route #1 qui longe la côte du Pacifique jusque Big Sur où nous avons passé la nuit dans un motel dont le prix est inversement proportionnel au confort spartiate offert par la ‘log cabin’.

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À 30 miles au sud de Big Sur, pour traverser la chaîne de montagne qui sépare la California Route 1 de la State Route 101 et ensuite rejoindre la 198 mène aux Kings- et Sequoia Parks, j’avais découvert sur l’app. ‘Maps’ de mon iPad la Naciamento-Fergusson Rd. C’est à cette latitude, la seule route qui traverse le Limekiln State Park.
Wiki souligne qu’elle est la route favorite des motards Californiens et en effet, à son pied,  nous croisons une flottille de motocyclistes de toutes les couleurs qui se concertent avant d’entamer la route du col.
Nous les saluons au passage et nous grimpons la montagne sur un asphalte en parfait état, la vue du Pacifique est spectaculaire ce matin, les grandes vagues blanches s’écrasent sur les roches, on comprend l’amour des fanas du surf pour cette côte.

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Passé le sommet, on pénètre et on traverse le camp d’entrainement militaire de Fort Hunter Liggett. Des panneaux le long de la route avertissent le touriste qu’il se peut que la route soit interrompue pendant un ‘certain temps’ pour raisons d’exercices militaires, pas aujourd’hui.

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Un peu avant d’arriver à Three Rivers, la village au pied de l’entrée de Sequoia National, nous contournons le lac artificiel Kaweah, je me fais la réflexion que le niveau de l’eau est très bas, ‘il ne doit pas avoir plu beaucoup dans le coin cette année’ est mon commentaire à M., en réalité, il s’avère que le lac est un bassin de rétention pour les eaux des montagnes environnantes, que son niveau est maintenu systématiquement le plus bas possible et qu’il se remplit régulièrement en mai et en juin, évitant ainsi l’inondation des vallées à son aval. Comme quoi, il faut toujours se méfier des apparences et vérifier les impressions du touriste naïf, merci Wiki.

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À Three Rivers, à 6 miles de l’entrée du Parc Séquoia, le Comfort Inn nous offre une vaste chambre neuve, confortable et bien équipée pour 64 $ la nuit, c’est moins de la moitié de ce que avons payé hier pour notre cabine primitive à Big Sur, qu’on se le dise.

Demain, les grands arbres, enfin, c’est ce que nous avions mis sur notre agenda, mais Murphy veillait et le drôle avait omis de nous fournir des chaînes, comme je l’explique au début de ce billet.

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Alcatraz

En 1775, l’espagnol Juan Manuel de Ayala mis San Francisco en carte et il baptisa une des trois îles de la baie, ‘La Isla de los Alcatraces’, ‘l’Île aux Pélicans’.
Alcatraces devint Alcatraz et l’endroit resta le domaine exclusif des oiseaux jusqu’en 1848, lorsque la Californie fut annexée aux États Unis.
L’île fut fortifiée et pendant la guerre de sécession devint une garnison militaire destinée à protéger l’entrée de la baie. Aucun des 105 canons ne fut jamais tiré mais les casemates servirent de prison militaire à quelques sympathisants confédérés.
Au fil des ans, le fort perdit son intérêt stratégique et devint une prison militaire à part entière.

En 1933 le département de justice acheta l’île à l’armée et la transforma en prison pour détenus dangereux et difficiles, dont Al Capone, voir mon billet précédent.
Vingt-neuf ans plus tard, en 1963, essentiellement pour des raisons économiques, la prison coûtait à l’état 10$ par jour par prisonnier par rapport à 3$ par jour dans les autres centres d’internement, Robert Kennedy, en décida la fermeture.

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Les pélicans avaient depuis longtemps quitté l’endroit pour aller nicher dans des lieux moins bruyants, mais rapidement, une fois les détenus et leurs geôliers partis, les mouettes, les guillemots colombins, les cormorans et d’autres espèces les remplacèrent et l’île est aujourd’hui devenu un sanctuaire pour oiseaux marins.
Pendant la saison de ponte l’accès des visiteurs est limité aux bâtiments pénitenciers, le reste de l’île appartient aux volatiles.

Alcatraz connu un autre moment de gloire, lorsqu’en novembre 1969, un groupe de ‘Native Americans’, en partie des étudiants de l’université de San Francisco, enfants survivants de tribus indiennes, occupa les lieux pendant près de deux ans pour protester contre les multiples discriminations et violations de traités dont ils étaient victimes depuis que les immigrants Européens les avaient exterminés, exploités, leur avaient imposé leur religion sous le moto d’intégration et finalement les avaient parqués dans des camps de concentrations appelés ‘réserves’.
La publicité autour de l’action eut un impact et l’administration Nixon décréta une loi d’autodétermination et rendit aux tribus Yamaka, Taos, Navajo et Washoe une partie de leurs territoires inoccupés.

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Comme les américains savent le faire, la visite des bâtiments pénitenciers est un modèle du genre, chaque visiteur reçoit un audio-guide et nous suivons l’explication de poste en poste, la voix du narrateur est entrecoupée par des enregistrements de bruits et des commentaires d’époque, ponctué par des engueulades et des altercations entre gardiens et prisonniers.

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En moyenne, le pénitencier comptait 250 détenus, surveillés par une centaines de gardes dont beaucoup vivaient sur l’île avec leur famille, femmes et enfants, ce qui mettait la population des non incarcérés à plus de 350. Un témoignage filmé souligne que les familles aimaient beaucoup la vie sur le rocher, ils n’avaient jamais de contacts avec les prisonniers, une navette fluviale conduisait les enfants à l’école sur le continent et lorsque ceux-ci rentraient chez eux en fin de journée, toute l’île à l’exception de la prison, devenait leur terrain de jeu. Beaucoup de gardiens avaient une passion pour le jardinage et grâce aux rangers et à de nombreux volontaires qui s’y activent, les jardins qui ceinturent l’île sont devenus pour les visiteurs une attraction en soi.

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Les cellules sont minuscules, chacune comporte un lit, un wc et deux étagères, un tabouret et une petite table, le tout fixé au sol et au murs.
Le guide explique que la seule directive aux prisonniers était qu’ils seraient logés, bien nourris et que le cas échéant, ils auraient droit à des soins médicaux, point à la ligne.
Pendant les 29 ans de fonctionnement, 36 prisonniers tentèrent de s’échapper, 23 furent attrapés, 6 furent tués pendant leur tentative, 2 se noyèrent, et 5 disparurent, présumés noyés.

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L’échappée présumé réussie eu lieu en juin 1962. Clarence et John Anglin et Frank Morris agrandirent l’office de ventilation de leur cellule avec des culières volées à la cantine. Pour tromper les gardes de nuit, ils confectionnèrent des têtes à leur effigie, utilisant du papier de toilette, du savon et des cheveux, qu’ils placèrent sous leur couverture. Après le couvre-feu ils s’échappèrent par la conduite de ventilation et quittèrent l’île sur un radeau de fortune. Ils ne furent jamais retrouvés, présumés noyés selon l’administration pénitentiaire. Pourtant le reste de leur radeau fut retrouvé sur l’île voisine et la légende les veut échappés et vivant heureux en Amérique Latine.

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En matière de prisons, sachez que entre 1980 et aujourd’hui, la Californie a construit 21 prisons et une université. En 2011 les Etats Unis ont dépensé 9,7 milliards de dollars pour  leur système pénitencier et 5,7 milliards de dollars pour leur enseignement supérieur.

Le pays compte le plus grand nombre de prisonniers par habitants au monde.

Les statistiques de 2009 dénombrent 740 prisonniers pour 100.000 habitants, huit fois plus que la moyenne des autres pays développés, 95 pour 100.000 en France, 88 pour 100.000 en Belgique.

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Alcatraz, Al Capone et Easy Eddie O’Hare

Le Alcatraz Clipper est un bateau écologique, propulsé par deux moteurs électriques dont les batteries sont alimentés par les panneaux solaires qui recouvrent le troisième pont, par deux grandes éoliennes hélicoïdales placées sur la poupe et par une classique génératrice diesel.
Ce matin, la mer semble un lac mais on distingue les turbulences provoquées par les différents courants qui fait la réputation de la baie et qui rend l’échappée à nage des prisonniers du célèbre ‘île-bagne’, risqué si pas impossible.

Al Capone est sans aucun doute le plus célèbre des pensionnaires de cette sinistre citadelle.
Il y fut incarcéré en 1933 pour purger la peine de 11 années d’incarcération qu’il encouru pour évasion fiscale. Les citoyens des États Unis sont tenus de payer leurs taxes sur tous leurs revenus, qu’il soient acquis légalement ou illégalement.
Capone était flamboyant, admiré et bien-aimé. La prohibition, c’est-à dire l’interdiction de fabriquer, de vendre et de consommer des boissons alcoolisées entra en vigueur en 1920 et perdura jusqu’en 1933. Les immigrations Irlandais, Allemands et Français, une fois débarqués, se demandèrent où était leur whisky, leur bière et leur vin?

Capone et ses consorts étaient là pour répondre à leur demande. Le commerce pris un essor important, les ‘speakeasy’ bistros clandestins, les brasseries secrètes et l’importation massive des boissons alcoolisées en provenance du Canada devinrent une source de revenus considérable. Les plus plus astucieux bootleggers se mirent à investir leur revenus illégaux dans dans commerces légitimes tel que l’immobilier.
Tout cela se déroulait de manière à peine couverte, la police et les magistrats étaient corrompus et tout le monde était à vendre, sauf l’ineffable IRS, qui finit par envoyer Al Capone à Alcatraz.

Edward Joseph O’Hare, surnommé ‘Easy Eddie’, était un associé et un des avocat de Capone. Il fut aussi le co-inventeur du lapin mécanique des courses de lévriers. Pour les non-initiés, cette trouvaille peut paraître anodine, mais pour les parieurs aux courses, la certitude que les lévriers partent en courant dans la bonne direction au lieu se lécher le cul et de tourner en rond en attendant que l’un d’eux se décide à partir au galop, est d’une importance vitale.

Easy Eddie avait beaucoup d’affection pour son fils Butch O’Hare et il rêvait de mettre son gamin sur le bon chemin. Vers la fin des années trente, O’Hare senior se mit au service de la justice et c’est lui qui dévoila à la IRS les mécanisme financiers de l’empire de Capone. En contrepartie il exigea que son fils puisse entre à la Naval Academy. Ce dernier devint un brillant pilote qui s’illustra dans la guerre du Pacifique en interceptant une escadre japonaise. Il descendit cinq avions ennemis et empêcha ainsi une attaque sur le porte-avion Lexington. Pour cette action il reçut la Médaille d’Honneur de Guerre et fut promut capitaine de corvette. Il fut tué un an plus tard, en novembre 43 dans la bataille des Gilbert Islands.
En 1949, l’aéroport de Orchard Fields de Chicago fut rebaptisé O’Hare en mémoire en honneur du héros de guerre, Butch O’Hare, le fils de Easy Eddie.

Al Capone avait à son insu, contracté la syphilis lorsqu’au début de sa carrière il travaillait dans un bordel de Chicago. Chez lui, cette maladie se traduisit par un détérioration de son cerveau, ce qui le rendit irresponsable de ses actes. Vers la fin 1939, il fut libéré sous caution et il mourut en 1947 dans sa villa en Floride, il avait 48 ans.

Le mercredi 8 novembre 1939, Easy Eddie fut abattu dans sa voiture à l’arrêt devant un feu rouge, par deux tueurs qui le plombèrent de chevrotines, il avait 46 ans.
Aucun lien avec Al Capone ne fut jamais trouvé ni prouvé.
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San Francisco # 1, Russian Hill, le Cable Car et les trams

Bob, l’opérateur arrière du Cable Car de la ligne qui va de Powell à Hyde me serre la main à la montée de son véhicule et à haute voix il explique à qui veut l’entendre que nous sommes arrivés hier à San Francisco, que nous y restons une dizaine de jours et qu’il nous avait prédit qu’on se reverrait souvent.

Hier, en moins de six heures de vol dans un Boeing plein comme un oeuf, où l’eau minérale et les jus de tomates sont gratuits mais les snacks payants, nous avons atterris à San Francisco, trois heures après notre départ de New York, compte tenu de la différence du réseau horaire.
Le Airtrain, le BART et puis le Cable Car nous conduisent au pied de l’appartement que nos amis nous mettent à disposition pour notre séjour. Il est situé dans le haut du quartier de Russian Hill et il surplombe quelques centaines de mètres plus loin, en longueur et en hauteur, la baie du Aquatic Parc. Par les fenêtres de la cuisine et de la chambre à coucher on aperçoit le Golden Gate Bridge et par une fenêtre du séjour le Bay Bridge, on est gâté.

Le temps est au beau fixe, le soleil bas son plein, parfois un petit nuage et vers le milieu de la matinée le thermomètre marque 18°C, il est loin l’hiver d’outre Atlantique.

Nous longeons le port, parcourons l’Embarcadero jusqu’à la Market Street, prenons un café chez PEETS, réservons chez Hertz une voiture pour la semaine prochaine et ensuite nous prenons le California Cable Car jusque Polk, où nous avons projeté de manger du crabe chez Swan. En rue, devant la porte de l’établissement, une file d’attente de 16 personnes nous décourage.

Nous pique-niquons sur un banc au soleil, avec un falafel-wrap acheté de l’autre côté de California, chez Trader Joe, le supermarché préféré de M.
Plus tard nous lisons sur un forum que l’attente chez Swan varie selon les jours de 45 minutes à deux heures. Ce restaurant centenaire, ouvert en 1912, se limite à un couloir étroit, avec un comptoir central qui sépare les cuisiniers à gauche d’une vingtaine de tabourets à droite.

Les transports public sont excellents à San Francisco, les lignes du Cable Car sont plus qu’une attraction touristique, les rues en forte pentes qui sillonnent la ville font la joie de mon sang Suisse, comme le fait remarquer M., mais les antiques wagons tractés par un câble dans le sol qui grimpent les collines à une allure continue, dans le bruit mécanique des leviers actionnés par le conducteur, facilitent nos pérégrinations urbaines. Je fais remarquer à l’un d’eux que son métier est physique, sur quoi il relève la jambe de son pantalon pour me montrer un bandage qui cache une blessure qu’il a encourue dans l’exercice de sa profession. Il rajoute qu’il va tout les jours au ‘gym’ question de garder la forme.

San Francisco utilise sur cinq lignes, quelques dizaines d’anciens tramways, rachetés entre autre aux villes de Milan, Philadelphie et New York. Il y en a des gris, des verts, des oranges et des rouges, tous reconditionnés, propres et en bon état de marche. On fait un saut de cinquante ans en arrière, mais on se déplace avec le sourire.

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New York # 5, Central Parc et Chrysler Building

Avant de quitter New York, voici quelques vues du Central Parc et du lobby du Chrysler Building situé sur Lexington en face de l’entrée du Grand Central Market.

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New York # 4, Grand Central Terminal

J’écris ce billet assis à la porte 8 en attendant le vol 6633 de United pour San Francisco.
La semaine a filé à l’allure d’un Thalys.
Ce concept est totalement inconnu ici, le seul train un peu rapide, 150 km/h les jours fastes, est celui qui relie NY à Washington.
Pourtant, fin des années quarante, après la deuxième grande guerre, le pays disposait d’un excellent réseau ferroviaire, les gares des grandes villes étaient des merveilles architecturales et le train était le moyen idéal pour se déplacer dans ce vaste pays.
L’engouement pour l’automobile et l’aviation a tué tout cela et aujourd’hui à peine 10% de l’infrastructure est utilisée pour transporter des passagers, les trains sont vieux et lents et les retards sont monnaie courante car sur le réseau des voies uniques les convois de marchandise ont la priorité et il arrive qu’un train transportant des passagers s’arrête en pleine campagne pendant une heure ou deux, nous en avons fait l’expérience il y a quelques années.
Beaucoup de belles gares sont à l’abandon, la toiture laisse couler la pluie, les portes et les fenêtres sont condamnées par des planches clouées dans les chambranles et des arbres poussent entre les voies.

Le Grand Central Terminal est l’exception à cette règle, la ville de New York vient de procéder à la rénovation en profondeur de ce remarquable bâtiment et le centenaire de son existence est célébré en grande pompe.
M. a suivi une visite des lieux, intérieur et extérieur, conduit par Justin Ferrate, réputé être le plus célèbre guide de la ville. J’avais commencé à l’écouter, mais son show de ‘drama queen’ me tapait sur le système, j’ai fuit et le lendemain, ma compagne m’a fait le plaisir d’un tour personnalisé de la gare.

Cornelius Vanderbilt doit sa fortune aux ferries et au chemin de fer.
Au début du siècle dernier, les locomotives à vapeur empestaient le centre de la ville et il eut l’idée de les électrifier ce qui permit d’enterrer le réseau urbain et de créer en surface les larges allées bordées de végétation que nous les connaissons actuellement tel que Parc Avenue.
Les architectes de la gare attachèrent une attention obsessionnelle à la rendre humaine tout en étant spectaculaire. Cela se traduit par exemple par la proportion des marches d’escalier qui se franchissent avec aisance et par la dimension les dalles rectangulaires en marbres du hall central qui selon le guide, évitent les collisions entre les passagers pressés qui traversent la salle au galop. M. me raconte que Justin Ferrate en fit la démonstration à ses auditeurs en piquant un cent mètres dans la foule de l’après-midi.

La gare comporte des librairies, un ‘dining hall’ avec de nombreux restaurants et snacks bars, ‘Eddie’s shoe shine parlour’, un fleuriste, une salle d’attente dont la peinture murale est faite avec de la cire colorée, un marché qui, à l’exception des condiments, ne vend que des produits américains et les ‘Campbell Apartments’.
En 1923, le financier New-yorkais John W. Campbell loua un espace de 330 m2 à William Kissam Vanderbilt II pour y installer ses bureaux qu’il transformait le soir venu, en salle de réception et de concert pour entretenir ses amis. Contrairement à la dénomination actuelle, ce ne furent jamais des appartements, aujourd’hui c’est un bar.

Encore gamin, Cornelius Vanderbilt emprunta une centaine de dollars à sa mère et créa une liaison de ferry entre New Jersey et Manhattan. Il fut la risée de ses amis qui le baptisèrent le commodore, sobriquet qu’il garda fièrement toute sa vie. Très vite, son initiative connu un succès et ce fut le début du Staten Island Ferries et le début de sa fortune. Quelques clin d’œils au dessus de l’entrée de la Lexington Avenue rappellent l’origine de l’empire du commodore Cornelius Vanderbilt. L’auvent est maintenu par trois amarres qui comportent des cônes évitant que les rats montent à bord des navires.

La devise des Vanderbilt, ‘Mighty trees from little acorns grow’ est représentée ci et là par de feuilles et des glands de chêne, à l’intérieur et à l’extérieur du bâtiment sur une grille en fer forgé ou sur un support en pierre bleue de la façade.

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New York # 3, Memorial 9/11, Irish memorial et le NewYork Historical Museum

La ville est enveloppée dans une pluie qui mouille. Judith nous a réservé une entrée dans le mémorial de septembre 2001. Nous sommes soumis à un contrôle qui ferait pâlir d’envie les agents de sécurité des aéroports.
Chaque emplacement des deux tours du WTC est circonscrit par une ceinture en béton. Un rideau d’eau part du bord supérieur et se déverse dans un bassin situé une dizaine de mètres plus bas. Au milieu de ce bassin, un autre trou carré recueille l’eau qui disparaît au centre de la terre. Le nom des victimes est gravé dans une plaque en marbre gris poli posée sur le rebord de l’enceinte des deux bassins.
C’est sobre, c’est symbolique et c’est émouvant.

Toujours dans un brouillard de pluie, nous faisons le tour de Battery Parc pour nous recueillir devant le monument des soldats tombés lors de la deuxième guerre mondiale, c’est à leur aide que nous devons notre liberté actuelle.

Enfin, face à la East River, pas loin du Roosevelt Parc, se trouve le mémorial dédié au millions d’Irlandais mort lors de la grande famine au milieu du dix-neuvième siècle. C’est la reconstruction d’un paysage Irlandais comprenant des pierres, de la terre et de la végétation importée de différentes parties de ce pays. Placé à l’entrée, pour accéder à l’ensemble, on franchit la ruine d’un authentique ‘cottage’.

Les intempéries sous entièrement appropriées au choix de notre programme de ce matin.
Un café dans les ‘Winter Gardens’ nous réchauffe et une soupe et un sandwich nous rend de l’énergie et nous gagnons le New York Historical Museum, situé Central Parc West, entre la 76e et la 77e rue.

Au rez de chaussée, le musée projette sur un écran d’une cinquantaine de mètres de large, un film qui retrace l’histoire de la ville, de la retraite de la glace il y a quelques dizaines de milliers d’années, formant la rivière Hudson, en réalité un profond fjord, ce qui permet au plus grands paquebots de venir s’amarrer à l’ouest de l’Île de Manhattan, à l’attaque des tours du WTC en passant par la lutte entre les immigrants Irlandais et les anciens esclaves libérés, la dépression de 1929 et le boom économique après le retour des GI en 1945.

La grisaille offre aux photographes amateurs la possibilité de croquer des clichés beaux et insolites, jugez-ci après.

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New York # 2, La High Line, le Chelsea Market, le New Museum et le Met

C’est la promenade plantée à Paris qui a inspiré l’association des amis de la High Line à en faire un parc public accessible aux promeneurs. Le maire Michael Bloomberg, Gifford Miller et Christine Quinn du conseil municipal de New York en furent les plus importants supporters et ainsi en 2004, la ville débloqua 50 millions de $ pour le projet.

Depuis 1847 des trains de marchandises circulaient le long de la partie Ouest de Manhattan. Pour éviter les accidents, des hommes à cheval, nommés les ‘West Side Cowboys’, précédaient les trains pour dégager les voies.
Les accrochages restaient fréquent, la dixième avenue portait le nom de ‘Death Avenue’ et en 1934 un passage surélevé fut construit qui sépara les trains des voitures et des piétons.
Cinquante ans plus tard, en 1980, un convoi de trois wagons de dindons congelés fut le dernier train à utiliser la High Line.

Suivit une succession de bagarres juridiques entre les protagonistes de la démolition et les amoureux du chemin de fer qui voulaient sauvegarder ce patrimoine urbain.

Ce matin, par un soleil radieux et un vent glacial nous parcourons le parc surélevé et nous avons une pensée émue pour les défenseurs de cette belle promenade.

Au niveau de la 16e rue, l’ancienne usine de gâteaux Nabisco abrite le Chelsea Market, une succession de boutiques, de snacks bar, de bar à chocolat chaud et cafés plus ou moins sophistiqués. Nous y prenons un café, un chocolat chaud et un lunch avant de nous rendre au New Museum, le musée d’art contemporain situé au coin de Bowery et Prince, un peu au sud de Houston.

Je ne suis pas trop impressionné par les oeuvres présentées, M. est moins critique que moi.
La galerie de bustes en chocolat et en savon me fait penser aux bustes de Jan Fabre en métal doré. Fabre décore les têtes de cornes et de grandes oreilles, l’artiste américaine a léché le chocolat pour personnaliser chaque buste.
Un autre artiste a glané en rue 310 poussettes abandonnées, l’ensemble souligne la négligence avec laquelle l’homme traite la surpopulation de la planète, c’est mon interprétation du concept.

Il fait toujours aussi ensoleillé et froid, une marche rapide vers la 7e avenue nous réchauffe, le train de la ligne 1 nous ramène à la 104e rue, on fait une sieste et j’écris la page présente en attendant l’heure de repartir vers le Metropolitan Museum of Art.

Judith nous a laissé une invitation pour le vernissage de l’exposition ‘Impressionism, Fashion and Modernity’.
Une petite centaines de tableaux, gravures, clichés photographiques, robes, chapeaux et accessoires nous révèle la relation entre les impressionnistes français de la deuxième moitié du 19e siècle et la mode parisienne de l’époque.
Manet, Monet, Renoir et Caillebotte ainsi que le portraitiste James Tissot, sont présents pour ne citer que les plus connus.
Il est amusant de voir et de comparer les robes présentées en vitrine sur mannequins, aux mêmes vêtements portés, par exemple, par Camille Monet et peintes par son mari.
L’exposition illustre aussi l’arrivée des grand magasins, des revues de modes et du prêt à porter.
Nous terminons la journée à la réception organisée au rez-de chaussée du musée, dans la salle des sculptures européennes. Le public New-yorkais s’est habillé pour la circonstance, les vêtements de l’homme moderne ne servent qu’accessoirement à le protéger des intempéries, comme l’ont illustré les impressionnistes.

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New York # 1, Gracie Mansion et le musée d’histoire naturelle.

Dans le panneau situé à mi-hauteur de la porte-fenêtre sud-ouest de la chambre de séjour de la Gracie Mansion, Carolyn, la fille de l’ancien maire Giuliani de New York, a griffé en 2001 son nom avec un diamant. Le guide nous fait remarquer l’ironie de la chose, Rudolf Giuliani est le maire qui a combattu férocement et avec succès, les tagueurs de la ville.

Un vol sans incident nous a conduit hier à New York. L’Airbus était au cinquième occupé, le temps de voir ‘Looper’, ‘Tintin et le secret de la Licorne’ et ‘The Bourne Legacy’ et nous étions à JFK. Pas d’attente à l’immigration ni à la douane, nous voyageons léger et n’avions pas enregistré de bagages. L’Airtrain nous conduit à Jamaica, le LIRR (Long Island Railroad) à Pennstation et le métro 1 à l’arrêt Broadway 103 où deux heures après l’atterrissage, nous franchissons la porte de l’appartement de Judith, notre amie new-yorkaise qui depuis des années que nous la connaissons, nous offre l’hospitalité à chacun de nos séjours dans sa ville.

Ce matin je suis réveillé par trois couinements aiguës suivi d’un sourd beuglement,
le bruit caractéristique d’une voiture de pompier qui remonte Broadway avenue.
Nous décidons de tenter notre chance et d’aller nous pointer sans réservation à 10:00 à l’entrée de la ‘Gracie Mansion’, l’heure d’ouverture de cet ancien manoir qui est à la fois musée et habitation officielle des maires de New York.

Nous sommes accueillis avec le sourire par un guide octogénaire qui nous offre une visite privée. Construit en 1799 par Archibald Gracie, un riche commerçant d’origine Hollandaise, le manoir connait plusieurs propriétaires, il évite de justesse la démolition et devient en 1942 la résidence officielle des maires de New York. Au fil des années la demeure se voit agrandir, les occupants l’embellissent et complètent la collection de tableaux et d’objets de valeur. Le maire actuel, Michael R. Bloomberg, n’y réside pas mais fait procéder en 2002 à une importante rénovation. Les visites publiques sont limitées au mardi et jeudi pour les écoles et le mercredi tout un chacun peut solliciter une visite guidée, ce que nous faisons aujourd’hui.
Le premier citoyen de la ville utilise activement la résidence comme lieu de réunion pour les activités de la mairie et pour entretenir des personnalités étrangères, Nelson Mandela fut un des hôtes.
Au rez de chaussée les locaux sont utilisées comme lieux de réception, salles de bal, boudoirs, salles de réunion et salles à manger. À l’étages, plusieurs chambres avec et sans suites sont disponibles pour les invités de marque de la ville de New York.
La construction est entièrement érigée en bois, y compris le plancher de la grande salle d’entrée, peint en fausses dalles de marbres.
La propriété surplombe le confluant de la East River, de la Harlem River et du Long Island Sound, les eaux sont turbulentes et dangereuses et l’endroit fut surnommé ‘Hellegat’ par les Hollandais de Nieuw Amsterdam, ‘Hell Gate’ de nos jours.

Il fait sec ce matin, le soleil se pointe parfois entre deux nuages mais comme souvent ici, un vent glacial balaye les rues et je remonte régulièrement le capuchon de mon manteau.

Cet après-midi nous allons admirer au premier étage du musée d’histoire naturelle, les vitrines rénovées en 2012 des mammifères de l’Amérique du Nord.
Les photos ci-jointes valent mieux que des écrits admiratifs.

Nous rentrons à pied vers l’appartement en remontant Amsterdam et Broadway.

Ce matin nous avons pris métro 1, ‘downtown’, puis le bus 86 qui relie les berges de l’île d’est en ouest en traversant Central Parc.
Chose inconnue chez nous, j’ai aperçu dans le train une femme qui étudiait une bible qu’elle tenait sur les genoux, l’index de sa main droite suivait chaque ligne avec concentration.

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Le Belgian Boat Show, Le Brésilien et la Barge Gantoise

« Je suis Brésilien et je parle un peu d’anglais », m’annonce le vendeur assis devant son ordinateur portable qu’il pianote sans trop de conviction. Dans son stand qui fait trois mètres sur deux, il expose des T-shirts en coton, il y en a des rouges et des rayés blancs et bleus, avec ou sans capuchons et dans toutes les tailles, de 1 ans à XXL.

Dans le coin droit, sur la table où il a posé son portable, sont empilées quelques boîtes avec des loupes et des lampes de poche.

Je lui achète une loupe avec éclairage incorporé, « fabriqué en Tchèquie », me précise-t-il.

Je me trouve dans le hall 4, accastillage et articles divers, du Ghent Boat Show, un modeste événement annuel organisé dans les locaux de Flanders Expo.

Le Chat Lune est bien équipé, je ne recherche rien particulier, la loupe à 10€ et un expresso sont mes seules dépenses de la matinée.

Le Brésilien m’explique que huit mois par ans il vit en Allemagne où il a introduit une application de résidence. « J’ai deux petites sociétés en Europe et j’aimerais y habiter. J’aime l’Allemagne pour la sécurité. Les gens sont gentils, dommage que leur nourriture ne vaut rien, la viande n’a pas de goût et le poivre et le sel sont les seuls condiments qu’ils connaissent ».

Il m’explique qu’à Rio il porte toujours sur lui le Smith et Wesson ’45 que lui a légué son père.

« Quatre fois des nègres ont essayé de venir dévaliser ma boutique, la dernière fois j’en ai envoyé deux à l’hôpital et un est dans une chaise roulante et j’en ai gardé une belle cicatrice sur le crâne » et il baisse la tête pour me prouver les faits, « douze points de suture », précise-t-il. « Au Brésil les blancs sont discriminés, la loi impose un quota de 50 % de nègres dans les universités. » « Pourtant nous sommes tous de sang mêlé, moi aussi et mon amie est une mulâtre ».

Il sort son portable et me fait admirer un cliché sur lequel figure le portrait d’une belle jeune femme, d’un enfant et de lui-même.

Il pointe le gamin du doigt: « ça c’est une erreur, à mon âge, j’ai 54 ans, on ne fait plus d’enfants. Mais voila c’était à Rome il y trois ans, une chaude nuit d’été ». Son regard prend un air rêveur.

Je lui souhaite un bon salon, il me remercie pour mon achat et je poursuis ma promenade.

Un peu plus loin je m’arrête à un stand qui réunit les amateurs de la nostalgie nautique. De nombreuses brochures inventorient les chantiers navals qui construisent ou réparent les embarcations en bois, les évènements y référant et les musées tel que le ‘Rijn en Binnevaartmuseum’ à Anvers. J’y découvre aussi une brochure concernant la ‘Barge Gantoise’.

On doit la reconstruction de la barge à feu le capitaine André De Wilde, directeur général du port de Gand et à Walter De Buck, sculpteur et chanteur Gantois.

L’a.s.b.l. ‘De Steenschuit’ de Boom, l’a.s.b.l. ‘Beeldhouwerscollectief Loods 13’ (association de sculpteurs du Hangar 13) et le VDAB (l’association flamande pour la promotion de l’emploi) mirent au travail une équipe de chercheurs d’emploi et en 5 ans de temps, la barge historique, baptisée ‘Kapt. André De Wilde’, fut construite et mise à l’eau à Boom.

Au 17e siècle les États de Flandres mirent en service des barges tirées par deux chevaux pour relier Gand à Bruges par le canal du même nom. Durant 200 ans les bateaux transportèrent en huit heures de temps, passagers et matériaux entre les deux villes. L’amélioration de l’état des routes et les diligences rapides, les bateaux à vapeurs et les trains tuèrent l’initiative en 1839.

Les bateaux jouirent d’une excellente réputation pour leur confort et la qualité de la cuisine à bord.

Parmi les illustres passagers, on compte, l’Enfante Isabelle en 1625, le Tsar Pierre le Grand en 1717, Louis XV en 1745, Le Prince Charles de Lorraine en 1749, 1752 et 1756, le Roi du Danemark Christian VI en 1768, la Princesse Marie-Louise en 1810 et le Roi Leopold I en 1834.

Aujourd’hui le bateau peut être loué par tout un chacun pour célébrer un mariage, un anniversaire, un départ en retraite ou tout autre occasion de se réunir. Les chevaux en chair en os ont fait place à des chevaux vapeur, mais le beau vaisseau se meut toujours lentement dans la nature entre Gand et Bruges, comme dans le passé.

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Samois-sur-Seine, Django Reinhardt, Lola et les concerts Djangofollies à la Centrale Électrique de Gand

Django Reinhardt est enterré à Samois-sur-Seine, près de Fontainebleau.

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Sur le trajet Auxerre-Paris, nous y avons fait plusieurs fois une halte pour la nuit, le long du Quai de la République, face à l’île aux Barbiers.

Une rue pavée en forte pente mène au coeur du village où se trouve dans l’ordre d’importance pour nous, la boulangerie, le magasin de journaux et l’épicier. En remontant les pavés de la rue du Bas-Samois, à main droite, on longe la toiture et le bassin d’un ancien lavoir, remis en état pour le bénéfice des touristes.

Le cimetière se trouve à 100 mètres à vol d’oiseau à l’ouest de la mairie, l’entrée est située sur la Route du Cèpe.

Django Reinhardt s’installe à Samois en 1951 et il y meurt en 1953 à l’âge de 43 ans.

Par amour pour sa musique et par sympathie pour les cimetières, à chaque passage dans le lieu, nous allons dire bonjour au musicien manouche.

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Lola 1Lola 2Lola 3Notre chatte Lola, qui fut notre compagne de navigation pendant de nombreuses années jusqu’à son décès à Sens en avril 2010, aimait beaucoup Samois-sur-Seine.

La rue qui longe notre endroit d’amarrage est bordée de villas construites fin du 19e, début du 20e siècle.

La plupart possèdent à l’arrière des jardins assez sauvages séparés par de hautes haies touffues.

Le Chat Lune était le lieu où Lola se sentait en sécurité. Aussi, en cas de danger où lorsqu’elle avait fini de chasser ou d’explorer notre endroit d’amarrage, elle revenait toujours à bord. Il lui arrivait de nous rapporter une proie, ici une souris, un petit rat, un oiseau ou une grenouille selon le cas. Lorsqu’elle revenait bredouille, elle n’avait soit pas pu résister à manger sa proie avant de nous la montrer, soit la chasse avait été mauvaise et la nourriture du bord semblait une bonne solution alternative.

Un midi du printemps de 2008, amarrés à Samois pour le lunch, nous remontions vers Paris, elle disparut dans le jardin de la maison qui faisait face au bateau. Deux heures plus tard, un peu inquiets, nous partîmes à sa recherche. Franchissant le portique d’un jardin, une dame nous fit face et nous dit en souriant, « Votre chatte noire a sympathisé avec les miens ». En effet, au bout de la pelouse, couchée sous le feuillage d’un saule pleureur, Lola faisait la conversation a deux autres félins, « Ainsi tu vis sur un bateau, tu n’as pas le mal de mer? », lui demanda le gros roux.

Nous voyant, elle s’est levée, et sans dire au revoir à ses nouveaux amis, elle nous a suivi à bord.

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Samois-sur-Seine reste pour nous, l’endroit où est enterré Django Reinhardt et aussi, le seul amarrage où Lola n’est pas revenue à bord spontanément.

evanIMG_4496Comme chaque année, la Centrale commémore à la mi-janvier la naissance de Django Reinhardt par une série de concerts baptisés ‘Djangofollies’.

Le clarinettiste américain Evan Christopher, accompagné des australiens David Blenkhorn à la guitare électrique et de Sebastien Girardot à la contrebasse ainsi de anglais Dave Kelbie à la guitare acoustique nous ravissent par leur ‘Django à la Créole’.

L’atmosphère souple et mélancolique du jazz de la Louisiane se marie harmonieusement avec les accords plus structurés de la musique manouche.

Entre chaque numéro, Evan Christopher nous raconte une anecdotes tel que la rencontre à Paris de Duke Ellington avec Django, suite à quoi, le lendemain, ce dernier se réunit en studio avec cinq musiciens du Duke, dont le clarinettiste Barney Bigard, pour enregistrer quelques morceaux, célèbres auprès des connaisseurs.

C’était vendredi soir.

xl_avatarNotre weekend musical s’est poursuit samedi soir avec l’opéra Maria Stuarda de Donizetti, retransmis en direct et du MET à New York.

La mezzo soprano américaine Joyce DiDonato et la jeune soprano sud-africaine Elza van den Heever livrent un combat de géant vocal dans leur interprétation de la confrontation non historique mais plausible, des Deux Reines ennemies. Cette scène qui clôture le premier acte de l’opéra mérite le déplacement, allez tous à New York.

IMG_4503Jamais deux sans trois, ce soir à la Centrale toujours Djangofollies, le groupe français ‘Les Doigts de l’Homme’, accordéon, basse et guitares manouches nous ravit par la virtuosité des artistes et la joie de vivre que le groupe exulte et communique au public.

La chaleur de leur jeu et la créativité de leurs improvisations nous transporte.

La ville est enneigée, nous rentrons chez nous le coeur chaud et un large sourire aux lèvres, la fin du weekend est féerique.

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La vengeance du chat et les écureuils de la centrale électrique

Le petit siamois pisse partout, nos voisins qui l’avait adopté nous en font cadeau, nous le baptisons ‘Le Chat’ et une fois chez nous, du jour au lendemain, comme par enchantement, il utilise la litière que nous lui avons installé dans un coin du garage.

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L’histoire se passe il y a quelques années lorsque nous habitions à Orchard Lake, une commune située à une cinquantaine de kilomètres au nord de Detroit, dans le Michigan.

Nous sommes entourés de lacs, la ‘subdivision’ dans laquelle se trouve notre maison est implantée dans une région assez sauvage et comme souvent aux Etats Unis, notre propriété  n’est pas clôturée, côté rue il y a une pelouse et des parterres de fleurs, mais les terrasses qui ceinturent la maison latéralement et à l’arrière, surplombent des sous-bois qui très vite, se transforment en bois tout court.

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L’endroit est un terrain de chasse rêvé pour Le Chat qui s’avère être un redoutable prédateur pour tout ce qui bouge, à poil ou à plume, même les batraciens de l’étang de Peter, un de nos voisins, font partie des proies qu’il nous rapporte systématiquement à notre retour, comme cadeau de bienvenue lorsque nous nous sommes absentés pour quelques jours.

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La seule exception à cette règle est un écureuil gris que nous avons baptisé Gérard. Pas du tout impressionné par Le Chat, il descend régulièrement de son arbre pour grignoter les graines de la mangeoire aux oiseaux. Il ignore notre félin et lorsque ce dernier s’approche un peu trop près de la mangeoire, il aboie férocement. Le Chat hésite, fait un pas en arrière, réfléchit et se demande comment une aussi petite proie potentielle peut produire le même bruit que le berger Allemand de Peter.

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Mais têtu, courageux et astucieux, journellement il adopte des tactiques nouvelles pour essayer d’en finir avec le vilain; il grimpe aux arbres, il saute sur la plateforme de la mangeoire, il attend patiemment que Gérard se risque au sol, rien n’y fait, l’écureuil lui échappe toujours.

En 1999, la ville de Gand a acheté les bâtiments de l’ancienne centrale électrique désaffectée du Ham et a transformé l’ensemble en centre culturel.

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La salle des turbines est devenue une salle de spectacle à fonctions multiples et au premier étage des anciens locaux administratifs, un restaurant ethnique offre à midi un plat du jour à un prix défiant toute concurrence.

Le personnel de service et d’assistance en cuisine est composé personnes ayant un handicap d’intégration. La ville leur offre un emploi temporaire et une formation d’un an et demi en restauration.

Le chef est un cuisinier professionnel qui varie ses menus en faisant appel à sa propre imagination mais qui aussi utilise les connaissances de son personnel.

Ce midi nous y avons mangé un excellent poulet yassa, une recette de l’aide cuisinière sénégalaise.

Après le repas il m’a confié que la semaine prochaine il allait mettre un ragout d’écureuil gris sur sa carte. Il s’avère qu’en Angleterre, ce mammifère est devenu invasif au point d’anéantir presque entièrement la population d’écureuils roux.

Aussi, outre manche, l’écureuil gris est en chasse libre, il figure au menu de nombreux restaurants et depuis peu les traiteurs Belges l’offrent à leurs clients.

Perché sur son nuage, au paradis des animaux, Le Chat se lèche les babines et sourit en fermant les yeux.

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Marguerite Yoursenar, le Mont Cassel et le mois de décembre 2012

Du haut du Mont Cassel, où trône un moulin à vent aux bras peint en rouge, dernier rescapé des 22 autres qui y prenaient le vent, nous admirons le tracé rectiligne de la chaussée romaine qui part vers Paris.

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C’est au pied de cette colline que les milices communales flamandes massacrent en 1302 les chevaliers de Philippe le Bel lors de la batailles des éperons d’or.

En 1328 l’armée française prend sa revanche, taille en pièces les révoltés flamands et Philipe de Valois reprend possession du comté.

Mis en exergue par Henri Conscience, la première bataille figure en Flandre en lettres d’or dans les livres scolaires, la seconde est ignorée, chacun raconte l’histoire à sa façon, ainsi la chronique du monde est au mieux un enchaînement de légendes et au pire, un tissus de mensonges. L’homme préfère les romans aux chroniques scientifiques.

WordPress, le support que j’utilise pour publier mes billets, me suggère de rédiger et de publier un résumé de l’année 2012.

Cet exercice me paraît trop fastidieux, je vais me contenter de faire le résumé du mois de décembre.

Voici en vrac, nos activités plus ou moins culturelles du dernier mois de 2012.

Le musée de Flandre à Cassel offre une exposition dédié à Marguerite Yoursenar. Le fil conducteur est l’Oeuvre en Noir, illustrée par les peintures médiévales, source de l’imagination de l’écrivain.

À la demande de la fille à la réception, je laisse mon appareil photo au vestiaire mais dans une salle de la collection permanente du musée, me voyant seul, je risque une photo avec mon iPhone et je me fait promptement enguirlander par un garde en uniforme qui avait repéré mon acte avec une caméra cachée.

Pour voir les oeuvres exposées, les lecteurs intéressés devront aller à Cassel, l’exposition Marguerite Yoursenar et la peinture Flamande coure encore jusqu’au 27 janvier 2013, la collection permanente vaut également le détour et au sommet de la colline il y a le moulin et la voie Romaine.

À l’instar de la majorité des villes d’Europe, Gand organise une fois par an, la nuit des musées, nous enjambons nos vélos et longeons la Lys direction le centre ville.

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Dans la grande salle de l’étage, sous la voute en bois de l’abbaye Saint-Pierre, les photos en noir et blanc de Robert Capa nous enchantent, témoignages de guerre, souvenir d’amis.

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Au détour d’un couloir, un enchevêtrement de fils tendus sur des poulies, entre des bouts de bois articulés, mus par la gravité d’un filet d’eau versé dans un récipient, ouvre un rideau en tulle qui découvre ce que le présentateur qualifie de l’hommage visuel aux perdants. Les trois jeunes artistes conceptuels souhaitent honorer les femmes et les hommes qui perdent les guerres, sont les derniers aux concours, ratent leur entrée dans la vie, bref les paumés de ce monde.

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Timidement, ils nous offrent un verre d’alcool blanc et nous demandent, presque en s’excusant, notre impression sur leur oeuvre mobile. Nous les félicitons, les remercions pour la collation, vidons nos verres et partons vers le prochain musée.

Avant de sortir de l’abbaye, nous vivons un moment d’émotion devant une petite chapelle où un trompettiste sonne un ‘Last Post’ qui prend aux tripes.

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À l’orée du parc, devant l’entrée du MSK, le musée des beaux arts, nous suivons le cortège de la fanfare Gantoise ‘Van Komen en Gaan’. Les artistes, jeunes, très jeunes et moins jeunes se sont transformés en troubadours moyenâgeux. Dans un désordre plus ou moins organisé, au rythme des tambours et tambourins, suivi par une foule souriante et curieuse, nous pénétrons dans le musée pour assister, dans la grande salle du péristyle, au spectacle offert par la troupe, une version libre de l’expulsion d’Adam et Eve du paradis.

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Nous poursuivons notre périple culturel, traversons la chaussée pour pénétrer dans le SMAK, le musée d’art contemporain, crée par Jan Hoet en 1999 dans les anciennes salles du casino du parc de la Citadelle.

Comme je l’ai déjà souligné souvent, nous aimons l’art contemporain, mais ce soir, de la rétrospective des treize exposés, Wim Delvoye est le seul artiste qui nous fasse vibrer.

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Il nous arrive de rester sceptique à la vue du morceau de savon de Marseille posé sur un béret alpin usé.

Décembre nous a aussi comblé par trois retransmissions d’opéras successives.

La Clemenza di Tito, Un Ballo in Mascera et Aida où l’ukrainienne Liudmyla Monastyrska dont c’est le début au MET, nous a littéralement soufflé par la puissance, l’ampleur et la qualité de sa voix.

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Les puristes nous disent que rien ne vaut le spectacle en salle d’opéra, n’empêche que la retransmission en haute définition sur grand écran, une acoustique remarquable, des sièges confortables et en prime, la promenade en coulisse pendant les pauses, avec les interviews des chanteurs, le ballet du changement des décors et in fine, le moment que je j’adore, lorsque le technicien en chef pose l’index sur l’interrupteur de son micro pour annoncer: ‘maestro to the pit, maestro to the pit’, invitant le chef d’orchestre à se rendre à son pupitre pour lancer la musique, quel bonheur.

La ville de Gand soigne ses vieux et leur offre chaque année un spectacle pour le prix symbolique de 3€. Ainsi dans la salle de spectacle de l’ancienne abbaye de la Biloque, Willem Vermandere, le troubadour Ouest-Flamand régale un public ravi de pouvoir chanter ou humer toutes les mélodies que l’artiste lui offre.

Gand a le bonheur d’héberger ‘Ultima Thule’, un ensemble théâtral de marionnettistes.

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Les poupées de toutes dimensions deviennent acteurs, les acteurs qui les manipulent deviennent personnages, les planches brutes enchevêtrées du décor sont selon le besoin de l’action, terrain vague ou intérieur d’église, une feuille de plastique bleue tendue horizontalement entre deux piquets et mue par un ventilateur électrique simule la mer, il ne faut pas grand-chose pour que notre imagination s’enflamme et que notre cerveau accepte de jouer le jeu de la mise en scène.

La troupe a ressorti 1900, une de leur pièces à succès. C’est une adaptation de la nouvelle ‘Novecento’ d’Allessandro Barricco.

Un nouveau né est trouvé et recueilli par un machiniste dans la cale d’un paquebot. L’enfant grandit à bord, devient pianiste et finit sa vie quelques décades plus tard, avec la destruction du navire, sans jamais avoir mis les pieds à terre.

Un brin de poésie qui oscille entre la mélancolie et le surréalisme.

Enfin au cinéma, dans Argo, nous avons eu peur avec les otages de l’Ayatollah Khomeiny.

Daniel Craig est mon James Bond favori et Brad Pitt est mon tueur de prédilection, tout en douceur.

M. a aimé Anna Karenina, Over the Hill et Jagden.

Voila, dans le désordre, ce dont je me souviens. Janvier 2013 est tout aussi prometteur.

Je souhaite à mes lecteurs une bonne, heureuse et prospère année nouvelle, à l’instar de celle qui vient de se terminer, contrairement aux broyeurs de noir, nous l’avons trouvé belle.

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Murder is my Business, Weegee au FoMu à Anvers

Né en 1899 à Zlogziew, une ville de l’empire Austro-Hongrois, aujourd’hui l’Ukraine, Usher Fellig devint Arthur Fellig à Ellis Island lors de son arrivée aux Etats-Unis en 1910.
Une dizaine d’années plus tard, en référence à la planchette ‘ouija’ (prononcé ‘weegee’) utilisée pour communiquer avec les esprits lors de séances de spiritisme, ses collègues employées de l’agence ACME Newspictures l’affublent du surnom de Weegee.

Après avoir quitté l’école à l’âge de 15 ans pour subvenir à sa famille à l’aide de petits boulots de fortune, Weegee se trouve une passion pour la photographie. Il achète du matériel d’occasion, abandonne la maison familiale, fuit son père, un rabbin intransigeant, vagabonde dans les rues, dort dans les refuges et les gares et commence à prendre des clichés de la vie qui l’entoure.

À force de persuasion, il obtient un premier contrat au studio photographique Ducket et Adler où il apprend les techniques du tirage. Il est ensuite embauché comme technicien de laboratoire chez ACME Newspictures, une agence spécialisée dans la collecte de photographies destinées à la presse Américaine.

En dehors de ses heures de travail, Weegee couvre les évènements de la vie nocturne New-yorkaise et petit à petit, se fait un nom comme photographe de sensation.
Il achète une Chevrolet Chevy Coupe dans le coffre de laquelle il installe un laboratoire de développement et une radio onde courtes, branchée sur la longueur d’onde de la police.
Sa table d’écoute lui permet d’arriver souvent, avant les patrouilles, sur les lieux du crime, d’où son surnom de Weegee, lié à sa réputation de connaître les événements sensationnels avant qu’ils ne se produisent.

Il ne croit qu’à l’instantané et il photographie sans aucune inhibition, victimes sanglantes, arme du crime, badauds, policiers ainsi que les scènes de la vie quotidienne de New York, été comme hiver, clichés de misère et clichés de bonheur.

Il meurt en 1968 et nous laisse un témoignage puissant et réaliste de la vie nocturne d’une ville fascinante.

Le FoMu, le musée de la photographie à Anvers nous offre une rétrospective de l’oeuvre de Weegee, centrée sur les années de la Grande Dépression et intitulée ‘Murder is my Business’.

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Ostende et l’impact de Beaufort 04 sur le prix de l’immobilier

La statue du pêcheur paraît minuscule au milieu des caissons métalliques rouge corail posés sur la Zeeheldenplein.

Pour Beaufort 04, Arne Quinze a placé sur le front de mer nouvellement reconstruit, onze parallélépipèdes malmenés de la dimension qui va d’une petite voiture à une camionnette de livraison.
Cette oeuvre d’art ne fait pas l’unanimité des habitants d’Ostende et encore moins des propriétaires des appartements de luxe situé en bordure de la plaine. Leur vue imprenable sur la mer est sérieusement handicapée par la forêt de bidules rouges.

Les plaintes à la commune fusent et les gazettes rapportent qu’un des propriétaires, qui vient de débourser 700.000€ pour sa nouvelle résidence secondaire, a attaqué la mairie en justice pour la perte de valeur de son bien immobilier suite à la présence de Rock Strangers, c’est le nom que l’artiste a donné à l’ensemble de ces objets.

Nous, on trouve ça beau, mais bien entendu, du onzième étage de notre demeure, on ne voit que la mer.

L’année dernière, suivant l’exemple de quelques pêcheurs de brise lame, nous avons bravé l’interdiction d’accès et nous nous sommes promenés sur le chantier de la digue nord d’Ostende.
Au bout du môle, l’entreposage des blocs en béton armé qui aujourd’hui constituent un des phares de l’entrée du port, auraient pu être le fruit de l’imagination d’un sculpteur contemporain, l’ensemble était digne de figurer sur liste des oeuvres sélectionnées pour Beaufort 04 et en prime, il ne gênait pas la vue des habitants de la Zeeheldenplein.
Jugez-vous même les photos ci-jointes.

L’art contemporain est souvent fait d’objets courants qui nous entourent, tirés de leur contexte normal et mis en exergue dans un décor inhabituel. Ouvrez les yeux et vous verrez Arne Quinze partout.

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Ostende, la Manche, l’heure d’hiver et Victor Servranckx

Comme découpés avec des ciseaux à ongles, une succession de silhouettes de bateaux se profilent sur la ligne de l’horizon. Des portes-containers, des pétroliers, des cargos, des remorqueurs et des bateaux de pêche. Dans l’enfilade, je distingue parfois les quatre poteaux stabilisateurs d’une plate-forme pétrolière en chemin vers son emplacement de forage.

De la baie vitrée de notre appartement situé à environ 45 m au-dessus du niveau de la mer, nous voyons l’horizon à 15 miles nautiques. C’est là, dans ce chenal qui sépare l’Angleterre du continent, que deux-cent cinquante navires se croisent en permanence. C’est le détroit le plus fréquenté au monde, un bras de mer qui entre Douvres et le Cap Gris Nez, ne fait que 28 km de large.

Les bateaux de plaisance doivent obligatoirement s’annoncer au centre de contrôle et après avoir reçu l’autorisation de passage, traverser perpendiculairement au trafic.

Une boutade veut qu’un jour dans la brume, le barreur d’un voilier s’apprête à amorcer la traversée entre les bâtiments qui avancent à 20 noeuds sur cette autoroute fluviale. ‘Crois-tu que je puisse passer entre la proue du pétrolier que je vois à tribord et la poupe du cargo à bâbord? demanda-t-il au skipper. ‘Non’ rétorqua ce dernier, ‘c’est le même navire’.

Il est 17:00 et nous sommes surpris qu’il fasse presque nuit car nous ne portons pas de montre bracelet et l’horaire d’hiver a déboussolé notre organisme qui a l’habitude de s’orienter à mille petits détails pour juger l’heure, sans avoir besoin d’une montre.

Ce n’est pas par snobisme inversé que nous avons fait ce choix, c’est parce que lorsqu’on navigue, nos mains sont sollicitées pour les manoeuvres et une montre et des bagues présentent le risque de s’accrocher aux pièces d’accastillage du bateau.

Revenus à terre, ayant perdu l’habitude des bracelets encombrants, on s’accommode sans difficulté de la  connaissance approximative de l’heure du jour.

Pour prendre le train, on consulte les pendules.

Nous n’avons pas perdu notre goût pour les musées et ce matin, nous nous rendons au musée d’art moderne d’Ostende, baptisé ‘Mu.Zee’ qui offre une rétrospective de Victor Servranckx.

Cet architecte et peintre et sculpteur est né à Diegem près de Bruxelles, où il a vécu de 1897 à 1965.

L’exposition est centrée sur les oeuvres créées dans les années 20, pendant la période ‘Art Déco’. Nous sommes charmés par ses compositions géométriques et abstraites. On sent sa fascination pour la mécanique, l’usine et l’architecture.

Certains tableaux nous rappellent Fernand Léger, on aime les rouages et les machines peints dans une gamme de couleurs ocres, rehaussées de détails aux couleurs vives.

De nombreux collectionneurs privés et musées nationaux et internationaux ont collaboré à cette exposition, tel que le MoMa de New York et le Centre Pompidou de Paris pour n’en citer que deux.

On revient par la digue, que la mer est belle!

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Auxerre, l’Ocrerie Brichoux et les antiquités pour la construction

Le trajet de Paris à la Bourgogne nous émerveille toujours par la beauté de l’Yonne. En remontant la rivière nous avons l’impression de traverser une forêt, ce qui ne devrait pas être une surprise lorsqu’on sait qu’un tiers du territoire du département est boisé.

Nous sommes amarrés le long du quai de l’ancienne Abbaye, au port de plaisance de la société Aquarelle, le port d’attache du Chat Lune.

Nous y retrouvons de nombreux amis dont un couple d’anglais qui habitent sur leur péniche, amarrée à l’aval du pont de la Tourelle, sur la rive droite, le long du quai de l’Ocrerie.
C’est aussi le nom du moulin et de l’ensemble des bâtiments situés dans ce coin perdu de la ville.

Des écrits de l’an IV mentionnent le moulin Petitjean construit dans l’enceinte de l’abbaye de St-Côme et Saint Damien. Plus tard il devient la propriété de l’abbaye St Martin-lès-St Marien où il est connu sous le nom de moulin Brechol.

Au 19e siècle, le 3 juin 1856, Henry Legueux, Joseph Zagorowsky et Léon Parquin, fondent une société qui a pour but l’exploitation du commerce des ocres. L’ocrerie est construite à l’emplacement du moulin Brichoux, propriété de Zagorowski.

Utilisant l’énergie hydraulique de l’Yonne, la manufacture permet le broyage de la matière première. Cette technique rend possible une production de masse à bon marché. Les débouchés sont multiples, papiers peints, siccatifs, toiles cirées, maquillages, cirages, cires à cacheter, papiers colorés des cigarettes Gitane, plastiques, peintures industrielles et artistiques.
Auxerre devient le centre de la transformation de l’ocre en Bourgogne et Brichoux est la plus grande ocrerie jamais construite et exploitée au monde.

Au début du 20e siècle, Bayer met au point l’ocre artificielle à base d’oxyde de fer chimique. Le produit est moins cher que l’ocre naturelle, les marchés des États-Unis et d’Allemagne s’effondrent et l’épopée de l’ocre Bourguignonne se termine lorsque l’Ocrerie Brichoux ferme définitivement ses portes en 1966.

Claude Michel rachète le site en 1970, pour y installer son entreprise de matériaux anciens, elle est gérée aujourd’hui par son fils Jean-François.

Nos amis de l’Izula sont amarrés dans l’enceinte de la propriété, ils nous font le plaisir de la visite des lieux.

Si l’envie vous vient de construire un manoir ou de décorer votre villa avec des cheminées anciennes et authentiques provenant d’un château en ruine, de mettre des gargouilles à chaque coin de votre toiture, d’installer une salle de bain avec des lavabos Art Déco et une baignoire sur pieds, de remplacer vos portes en contreplaqué et le linoléum de votre séjour par du bois en chêne massif, de clôturer votre propriété avec des grillages en fer torsadés, de vous chauffer avec des radiateurs en fonte, de décorer votre cuisine avec des tomettes fleuries et de confectionner vos confitures sur une cuisinière au charbon, venez à Auxerre, Jean-François Michel trouvera votre bonheur dans le dédale des anciens ateliers de l’usine de l’ocrerie ou caché sous la végétation sauvage des emplacements de stockage extérieurs.

Le ciel s’est fermé au dessus d’Auxerre, il tombe un crachin qui mouille, l’automne s’est installé en France.
Le Chat Lune sort de l’eau, il va hiverner dans le hangar d’Aquarelle, c’est la fin de notre saison de navigation, Berlin – Paris – Auxerre.

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