Dömitz et les grenouilles cloche

Le chant des grenouilles cloches résonne dans les douves de la forteresse de Dömitz.

C’est une fortification en brique rouge très bien conservée en forme de pentagone.
Les murs extérieurs sont en rénovation et dans la cour intérieure un groupe de jeunes ouvriers en costume de leur corporations respectives ont déjà entamé le weekend et ils jouent une partie de ce qu’ils appellent les ‘Échec Viking’. Chaque camp essaye, tout en buvant de la bière, de renverser les bouts de bois de l’adversaire, posés dans l’herbe selon un schéma qui rappelle le jeu d’échec.
Selon un des joueurs, chaque partie peut durer plusieurs heures et j’imagine plusieurs bacs de bière.

Au milieu de l’enceinte, la bâtisse maîtresse comporte au rez-de-chaussée un musée qui retrace l’histoire de la ville. À l’étage on trouve la reconstitution d’une pharmacie, d’une épicerie, d’une imprimerie et autres boutiques telle qu’on les connaissait il y a une centaine d’années.
Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, l’Elbe formait la frontière de la DDR avec le reste du monde et le visite se termine par l’inévitable exposition des clôtures, des mines, des miradors et des interdictions.

Hier matin, nous avons avalé les 30 km de Schnackenburg à l’entrée du chenal de Dömitz en deux heures et demie d’une passionnante navigation.
Passé l’écluse on a amarré le Chat Lune dans la ‘Wasserwanderungszentrum Dömitz’, une marina un peu négligée mais située en pleine verdure.
Le capitaine du port est un nostalgique de l’ancien régime. ‘Tout compte fait,’ nous confie-il, ‘nous étions plus libre que maintenant car aujourd’hui tout se mesure avec de l’argent et la compétitivité fait chuter les salaires et nous rend pauvres et prisonniers du système capitaliste’.

Malgré son aspect un peu vétuste et les poteaux d’amarrage en bois fatigués, le port est bien équipé, les pontons ont de l’électricité, il y a des douches et même une machine à laver le linge que nous utilisons pour nous remettre à neuf.
Un Aldi à 5 minutes à pied nous permet de compléter notre avitaillement avant le weekend.

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Schnackenburg et le village rasé de Stresow

La tradition veut que dans l’église de Schnackenburg, les enfants sont baptises avec l’eau de l’Elbe.
La petite église rappelle celles que nous connaissons au Danemark, sobre avec des boiseries peintes en bleu et blanc. Un ange en jupe, grandeur nature (pour autant que je puisse en juger) vole au-dessus de l’autel.

Ce matin en moins de deux heures de navigation nous étions amarrés dans le port de Schnackenburg.

Nous payons nos frais de port à Frau Bischoff. Elle nous accueille dans l’arrière-cuisine de sa maison située dans la rue principale de la plus petite ville de la Basse Saxe.

L’origine en remonte au début du précédent millénaire; au 17e siècle elle a appartenu au Royaume du Danemark et elle fut ensuite annexée par la principauté de Brunswick.
Entre 1945 et 1990 elle servit de poste de frontière entre L’Allemagne de l’Ouest et la DDR. Le trafic fluvial vers Berlin et vers la Tchécoslovaquie était autorisé moyennant un contrôle douanier sévère opéré à partir d’ici.
La ville attira également de nombreux curieux qui du haut de la tour d’observation érigée sur la rive gauche de l’Elbe pouvaient épier le mouvement des troupes frontalières de la DDR.

Tout cela s’arrêta avec la chute du communisme et les 400 habitants restants vivotent gentiment de leur musée qui retrace l’histoire de la frontière et du bac qui permet de rejoindre les villages de la rive droite sans faire le détour par le pont de Wittenberge.

L’épicerie est ouverte en semaine de 07:30 à 11:30 et Felicitas est le seul restaurant ouvert ce jour.
Par contre, le VSB, ‘Verein Schnackenburger Bootsfreunde’ est super-actif et le programme affiché à la fenêtre du club-house annonce pour l’été de nombreuses festivités aquatiques et barbe-q-esques.

Du haut de la tour d’observation nous sommes intrigués par la maisonnette qui prône au bout de la digue qui sépare le port de l’Elbe. Bien nous en fait d’aller l’explorer. C’est une station de contrôle des eaux de la rivière et nous avons la chance d’y rencontrer l’ingénieur de service dont c’est le jour de présence mensuel. L’homme est enthousiaste et il nous offre une visite détaillée des installations dont le but est de vérifier les paramètres de qualité de l’eau, du pH au niveau d’oxygène, de la teneur en métaux lourds à la température et plus encore.
C’est aussi une des stations de mesure du ‘Pegel’, le niveau d’eau de l’Elbe. Cette information est primordiale pour la navigation. À l’heure actuelle à cause du manque de pluie, le niveau est très bas ce qui explique que nous n’avons pas rencontré de commerces, qui ne peuvent remonter le fleuve que jusque Lauenburg, à 90 km en aval d’ici. Je vérifie journellement cette information sur internet car même avec son tirant d’eau de 1m10 le le Chat Lune doit rester attentif.

Une promenade de quelques km nous conduit à l’endroit où le village de Stresow fut rayé de la carte par une ordonnance du ministère de la défense de la DDR le 25 mai 1952. Par ce décret fut décidé d’établir une zone neutre de 5 km tout au long de la frontière avec l’Allemagne de l’Ouest. Il fut également décidé d’établir une grillage de 3m20 de hauteur, de creuser un caniveau en béton, de placer des mines antipersonnel et d’ériger des miradors de surveillances.
Toute habitation située dans ces zones devait disparaître, y compris bien entendu ses occupants. C’est ainsi que Stresow fit l’objet de l’opération baptisée ‘Aktion Ungeziefer’, (Opération vermine) et qu’en une nuit ses habitants furent sortis de leurs maisons et déplacés vers l’intérieur du pays. Le village du 14e siècle qui comportait de belles fermes et même un petit château, fut entièrement rasé pour faire place au mur érigé par ce pays parano qui voulait endiguer la fuite de ses habitants.
En mémoire de cet absurdité, et en souvenir de ceux qui en furent les victimes, des arbres furent plantés, quelques mètres de grillage érigés et quelques plaques commémoratives racontent les événements.
Nous nous asseyons sur un banc et restons silencieux un long moment, les oiseaux lancent à gorges déployées leurs chants printaniers.

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L’Elbe et Wittenberge

Frauke, la dame du syndicat d’initiative, nous a suggéré de demander la clé de la tour de l’hôtel de ville de Wittenberge. Pour 2€ par personne, une employée municipale nous la confie ce qui nous permet d’admirer la ville par cette claire journée ensoleillée.

Hier matin nous avons quitté le port et franchi l’écluse de Havelberg pour passer des eaux calmes du Havel à la bouillonnante Elbe.

C’est un enchantement que de descendre le deuxième plus grand fleuve d’Allemagne. La navigation demande toute notre attention car le courant est fort et les bancs de sables nombreux. À 1800 t/m le Chat Lune file à 9 km/h sur l’eau mais le GPS indique une vitesse réelle au sol de 14 à 15 km/h ce qui nous fait selon les endroits, un courant de 5 à 6 km/h.
Le balisage est bien fait, le truc est de suivre le lit du fleuve et de louvoyer d’une rive à l’autre en suivant les méandres. Le tracé est indiqué par des croix jaunes posées sur des poteaux, des ‘grecques’ sur la rive droite et des ‘Saint-André’ sur la rive gauche. Le tout est bien entendu agrémenté par les traditionnelles bouées rouges et vertes du balisage international.
Le pays est large et plat, peu d’arbres mais des marais et des prairies. L’Elbe forme la frontière entre Le Brandenburg en rive droite et le Saxen-Anhalt en rive gauche.
Nous sommes seuls sur l’eau à part une barge de travail qui consolide les épis en pierre et une vedette de la police fluviale montante qui nous dit gentiment bonjour.
Nous observons ici et là des oies et des oisillons sur les berges, un vol de grues et des aigles pêcheurs voltigent lentement dans le ciel. Je réussis à en photographier quelque uns posés au sol.

Vers midi en demi nous frappons les amarres dans le port de plaisance de Wittenberge, à pas confondre avec Wittenberg, la patrie de Luther, ville située à 250 km plus au sud.

La ville renaît lentement de la crise qui l’a frappée après la fin de la DDR. Du jour au lendemain, les industries locales, dont la célèbre usine de machines à coudre Veritas (anciennement Singer) ont fermé leurs portes et plus de 6000 emplois ont été perdus.
La population a décliné d’un tiers, les jeunes sont partis chercher du travail ailleurs mais depuis quelques années le tourisme lui a rendu une vitalité que l’on reconnaît à la rénovation des maisons de maître, des bâtiments publics et des anciennes industries reconverties en hôtels et centres culturels.
En ville nous aimons le « Gymnasium », la première école qui admettait les filles et les garçons, encore que les entrées étaient bien entendu séparées.

En bordure d’Elbe, les imposants bâtiments en brique rouge de ancienne usine d’huile de colza a été classée. La cour intérieure est dotée d’un chapiteau qui abrite des spectacles de musique, de danse et de théâtre.
L’usine fut crée en 1823 par un Salomon Herzsch, un homme d’affaire Berlinois. Au fil des années’, des guerres et des et des crise économiques elle changea quelque fois de propriétaire mais elle fonctionna jusqu’en 1991.

Nous finissons la journée par la visite du musée de la ville « Alte Burg ». La responsable de l’endroit regrette amèrement la disparition DDR dont elle est originaire. Pendant plus d’une heure elle nous guide et elle nous commente son petit musée tout en exprimant sa mélancolie du régime déchut.
Nous apprenons l’histoire des industries de la ville, de l’usine d’huile et de l’usine de machine à coudre et de leur fin brutale après la chute du mur.
Originaire de l’est du pays, pas loin de la frontière polonaise, et sans famille à l’ouest elle était ignorante de ce qui se passait de ‘l’autre côté’.
‘Nous avions les mêmes choses qu’eux, mais cinq ans plus tard, les mini-jupes et les souliers à plateaux. Tout le monde avait du travail, les soins de santé et les écoles étaient excellents et gratuits.’
‘Et que va-t-il se passer maintenant que les Polonais et les Bulgares ont l’accès libre à nos emplois’. ‘Je suis contente d’être employée de la ville’, termine-t-elle son exposé.

Heureux par ce que nous avons vu et instruits par les enseignements de notre guide, nous rentrons au port et nous finissons la journée sur l’arrière pont du Chat Lune.

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Le Havel, Rathenau et Havelberg

La boulangère de la place de l’église tranche le pain avec un coupe-jambon électrique, tartine par tartine.
Aujourd’hui dimanche, c’est le jour des petits pains et des croissants pour le petit déjeuner.
Le soleil continue à nous baigner et nous avons décidé de rester un jour de plus à Havelberg.

Nous avons quitté Brandeburg jeudi matin pour une navigation enchanteresse à travers la réserve naturelle qui s’étend à l’est du Havel entre Brandenburg et Havelberg.
Quel plaisir de naviguer des heures entières sans voir une maison ni rencontrer un autre bateau. La rivière serpente entre prairies et marais, nous observons des oies, des canards, des cigognes et ci et là, des abris en bois construits par des castors.

Nous faisons halte à Rathenau et nous payons la nuitée à une des trois dames du syndicat d’initiative qui nous font remarquer qu’il n’y a pas grand chose à faire ici.
L’attraction principale de l’endroit est l’écluse de la vieille ville qui, comme me le fait remarquer l’éclusier, opère de neuf heures du matin à la sonnée des cloches de six heures. Pour me le prouver, il refuse péremptoirement la bassinée à un voilier montant. Quand les cloches sonnent, je termine me dit-il, et le voilier pas content, passera la nuit à l’aval des portes.

Le lendemain nous poursuivons toujours à travers la ‘Biosphärenreservat Mittelelbe’ notre descente du fleuve vers Havelberg. Les écluses sont opérées à distance par caméras et la troisième de la matinée est particulièrement lente. Après l’ouverture des portes montantes, l’opérateur ne réussit pas à mettre les feux au vert et un yacht de location n’ose pas sortir du bassin. À la VHF je signale le défaut à l’éclusier qui me donne l’autorisation de pénétrer dans l’écluse ce qui ma vaut les cris affolés des occupants du yacht. Je leur explique la chose et ils sortent du bassin lentement et inquiets.

Havelberg possède un port de plaisance bien équipé, nous sommes accueillis par la responsable et sa ‘dame de compagnie’ qui nous attribuent un emplacement et nous enregistrent pour la modique somme de 13€ la nuit, eau, électricité et douches comprises.

L’origine de la ville remonte à un millier d’année, elle a été bâtie sur un îlot que trois ponts relient à la terre ferme.
À l’est, en hauteur, un majestueux DOM surplombe la vallée. C’est une Basilique romane en brique rouge construite au 12e siècle. Détruite par un incendie, elle fut ensuite reconvertie en Cathédrale gothique. Aujourd’hui on célèbre les cultes évangéliques dans la grande nef et les cultes catholiques dans la chapelle St-Norbert adjacente.

Vendredi et samedi, avec la discipline qui nous caractérise en la matière, nous passons en revue les 18 endroits à voir, comme ils sont décrits dans la brochure que nous avons reçu au centre d’information.
Le musée situé dans le DOM est un petit bijou, on y retrace l’histoire de la ville et de ses bâtiments à l’aide de plans, maquettes et objets divers.
Avant la deuxième guerre mondiale la ville était populaire comme centre de loisir. Elle est située à mi-chemin entre Berlin et Hambourg et à l’époque 24 ferries faisaient la navette entre ces villes.
Cinquante-cinq ans de DDR ont mis une fin à cette renommée, les ferries ont disparus et le chemin de fer a été démantelé.

La seule activité célèbre restante est l’annuel marché aux chevaux. L’évènement dure 4 jours et il a lieu le premier weekend de septembre. Il avait gardé toute sa gloire même pendant la période communiste car à part le millier de chevaux qui changent de propriétaire, c’est aussi un marché aux puces et ce qu’on ne trouvait pas dans les magasins se trouvait peut-être ici.

Aujourd’hui le Chat Lune brille, nous l’avons nettoyé à l’intérieur et à l’extérieur, il est prêt à affronter le cours de l’Elbe.

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Keltzin et Brandenburg

C’est à Keltzin que le 25 avril 1945 l’armée soviétique boucla l’encerclement de Berlin.
Trois ans plus tard, le 24 juin 1948 commença la blocage de la ville qui dura jusqu’au 19 mai 1949.

Nous passons la nuit dans le port de plaisance du lieux et le lendemain nous descendons le Havel et deux heures de navigation plus tard, après avoir passé l’écluse du canal de la ville, nous nous amarrons au quai de la marina Slawendorf.
Les Slawen étaient une tribu qui vécut le long du Havel il y a un millier d’année. La ville a fait reconstruire un village ‘copie conforme’ pour le bonheur des touristes intéressés par la chose.

Nous prenons le tram 2 qui nous conduit au musée de l’industrie situé en périphérie le long du Silokanal.
L’unité industrielle fut crée en 1914; en partie détruite pendant la deuxième guerre mondiale, la production repris en 1950.
Douze fours Siemens-Martin y fonctionnèrent jusqu’en 1993. C’était la plus importante fonderie de la DDR qui les années 80 produisait annuellement 2,3 million de tonnes d’acier et occupait 10.000 personnes.

En pénétrant dans le musée on a l’impression que les activités se sont arrêtées hier. Nous revêtons un tablier bleu et un casque de protection, « sinon vous n’êtes pas assurés pendant la visite » nous précise le responsable de l’endroit.
Un court métrage vidéo montre l’usine en activité et ensuite on nous lâche dans ce qui reste des halls de production.

Dans les années 70 et 80, la DDR manquait de produits de première nécessité et le gouvernement obligea les industries à utiliser 5% de leur capacité de production pour fabriquer des objets de consommation courantes.
La fonderie fabriqua des meubles de jardins, des remorques pour voitures et des jouets en bois!

Le musée comprend aussi une salle dédiée à la firme Brennabor qui jusqu’à la crise des années trente produisit des voitures automobiles, des vélos, des motos et des landaus.
Le tracteur bleu ‘AKTIVIST’ est sorti des leurs ateliers.

Avant de rejoindre le Chat Lune nous dégustons des ‘tartes maisons’ dans le charmant café UNDINE, situé dans les locaux de la bibliothèque, à côté de l’hôtel de ville.

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Adolf Hitler, Erich Honecker et Whitney Houston – Beelitzer Heilstätten

À la veille de Noël, le jeudi 23 décembre 1993, Whitney Houston se produisit devant les soldats Russes cantonnés dans l’hôpital militaire de Beelitz-Heilstätten.
Quelques mois plus tard, les troupes Soviétiques quittèrent les lieux et plus grand sanatorium d’Europe fut laissé à l’abandon.
Aujourd’hui il ne reste en activité quelques départements de réhabilitation.

En 1898 les architectes Heino Schmieden et Julius Boethke furent mandaté par la compagnie d’assurance ‘Landesversicherungsanstalt Berlin’ pour construire un ensemble architectural de 60 bâtiments répartis sur une surface boisée de 200 hectares situées au Sud-est de Berlin. Le complexe porta le nom de ‘Arbeiterlungenheilstätten’, aujourd’hui connu sous le vocable de ‘Beelitz-Heilstätten’.
À la fin du 19e siècle dans le Royaume Germanique, la tuberculose tuait un citoyen sur trois et un ouvrier sur deux.
C’est pour endiguer ce fléau que fut construit avec la technologie la plus avancée de l’époque, quatre ensembles hospitaliers qui comprenaient en plus des chambres, des laboratoires, des bains, des pavillons couverts pour la promenade, des salles de chirurgie, des cuisines, des laveries et une centrale de chauffe qui produisait également de l’électricité.

Un attention particulière fut prodigué à l’hygiène et à l’agencement des lieux. En plus de cela, la beauté architecturale des bâtiments, des jardins et des parcs dans lesquels les constructions furent érigées firent l’objet du plus grand soin.
La première guerre mondiale réorienta les activités, l’armée Allemande pris possession du l’ensemble et des dizaines de milliers de soldats y furent soignés, dont en 1916, un certain Adolf Hitler.

Après la deuxième guerre mondiale, l’armée Soviétique pris le relais et le Beelitz-Heilstätten devint le plus grand et le plus moderne hôpital militaire en dehors de la Russie.
En avril 1990, Erich Honecker y séjourna pour se faire soigner son cancer du foie.
En 1994 l’armée Soviétique rentra au pays et le sanatorium fut laissé à l’abandon.

Fascinés, nous arpentons pendant quelques heures les chemins bétonnés qui relient les constructions de brique rouges et de crépi jaune ocre. Ce joyau architectural se délabre lentement, la végétation prend le dessus, des arbustes poussent dans les gouttières et les portes d’accès sont rendues inaccessibles par des planches clouées.

La plupart des vitres sont brisés mais en cherchant bien nous apercevons ci et là les couloirs jonchés de débris ainsi qu’une salle de spectacle. Au dessus du podium figure le nom de Whitney Houston. La chanteuse n’y a probablement jamais mis les pieds, mais on peut rêver.

Frau Irene Krause du syndicat d’initiative nous explique que pendant des années des bandes de jeunes en mal d’aventures, organisaient des fêtes arrosées et ont saccagé l’intérieur des bâtiments. En 2009, suite à un accident mortel, le complexe fut interdit d’accès et les portes furent scellées.
Pour les intéressés, Frau Krause organise des visites guidées. Pleine d’enthousiasme elle nous confie qu’elle a commencé la rédaction d’une livre consacré au site et qu’elle cherche des sponsors et un éditeur.
À bon entendeur, salut, http://www.irenekrause.de

Dans la librairie de Beelitz nous achetons un livre de photos en noir et blanc intitulé ‘LOST PLACES- BEELITZ-HEILSTÄTTEN, réalisés par Marc Mielzarjewitcz.

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Les Foulques, Caputh et les Zeppelins

Trois des cinq oeufs de la foulque sont éclos et les poussins quittent le nid et descendent sur la plate-forme où ils se perchent sur une brindille mouillée.
Le mâle a fort à faire. Il toise d’un air agressif le passant curieux, il recherche de la nourriture et il donne la becquetée à sa progéniture et à sa compagne qui continue à couver.
Un plaisantin a posé sur la plate-forme l’inscription ‘Raucherinsel’.
Nous regrettons un peu d’avoir décidé de partir demain car cela nous prive du plaisir de voir grandir la petite famille de palmipèdes.

Nous empruntons le bac qui traverse le chenal qui joint la Templinersee de la Schwielowsee pour visiter le Schloß Caputh situé dans la ville du même nom.
Il fut construit en 1662 pour ‘Friedrich Wilhelm von Brandenburg, der Große Kurfürst’.
C’est une demeure de chasse assez modeste avec à l’étage à gauche les quartiers de madame et à droite ceux de monsieur, salon, bureau et chambre à coucher. Les deux parties sont séparées par une salle de bal.
En sous-sol se trouve une salle à manger entièrement recouverte de pierres de faïence Hollandaises bleues et blanches, représentants des moulins à vent, des skutjes, des grenouilles et des lapins.
Les plafonds sont ornés de stucs dorés et de peintures baroques, le tout en parfait état de restauration.

La ville de Caputh est aussi connue pour avoir sur son territoire la maison qu’Einstein y fit construire en 1929 et qu’il utilisa comme résidence d’été jusqu’en 1932.
Pour la petite histoire, le 14 mai 1929, Einstein déjà célèbre, reçu pour son anniversaire des cadeaux du monde entier sauf de la ville de Berlin, malgré le discours dithyrambique et élogieux que prononça à cette occasion le maire de la ville Gustav Böß. Cela fit scandale et la ville proposa de lui offrir une villa le long d’un des lacs qui bordent Berlin.
Einstein examina plusieurs propositions mais n’en accepta aucune. Le temps passa et il se suivit un nouveau scandale où la presse trouva que le cadeau envisagé était par trop généreux. La procrastination des Einstein jouant, le cadeau devint un terrain sans maison et puis rien du tout et finalement le savant acheta et fit construire à ses frais une villa sur les bord de la Templinersee.

Ce matin nous flânons le long du lac vers le stade sportif de Potsdam qui fut avant la première guerre mondiale un des champs d’aviation des Zeppelins.
Les constructions furent détruites en 1920 suite aux accords de Versailles.
Il en reste les deux tours en brique rouge, actuellement en restauration, qui ornaient l’entrée du complexe militaire.

Du carré du Chat Lune nous avons une vue imprenable sur la Templinersee. Notre résidence d’été flottante nous garantit toujours d’être entouré de beaux jardins que nous ne devons pas entretenir.

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Le Chat Lune est à l’eau

Le Chat Lune est à l’eau.

Premier jour:
Notre Chat Lune a retrouvé avec joie son élément naturel après avoir passé l’hiver sous une tente de protection.
En octobre dernier le mécanicien local Jörg Müller, avait préparé le bateau pour l’hiver et il avait effectué un entretien complet des éléments techniques. Du beau travail, une fois à l’eau, avec un minimum de préchauffage, le moteur démarre au quart de tour et ronronne de plaisir.
Nous passons quelques heures à ranger l’avitaillement et à préparer le bateau pour la navigation.
Le soleil brille et il souffle une petite brise du nord qui met tout le monde de bonne humeur.
Une maraîchère au carrefour de la Dortustrasse et de la Gutenbergstrasse nous vend des Kräuterseitlinge, une espèce de champignon à la chair très consistante que je coupe en fine tranches et fais frire dans un peu de beurre. Ca rappelle le goût des cèpes, délicieux!

Deuxième jour:
Aujourd’hui le temps est toujours au beau fixe et nous larguons les amarres avec un invité qui nous a rejoint pour la journée.
Nous remontons le courant du Havel et allons saluer Hannelore et Baldur, les ‘capitaines’ de la marina où nous avons passé quelques mois l’année dernière.

Nous savourons notre retour à Potsdam et flânons dans les rues de la ville.
Dans la pelouse du parc près de la ‘Platz der Einheit’ nous découvrons une plaque commémorant le ‘Déserteur Inconnu’ avec un texte de l’écrivain Kurt Tucholsky.
{Ici vécu un homme qui refusa de tirer sur son prochain. Honneur à sa mémoire.}

En soirée un orage violent mouille le port mais le soleil couchant revient vite.

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Helene Kröller-Müller et les têtes couronnées

Helene Kröller-Müller se servit de la fortune de son père Wilhelm Müller, des résultats financiers de l’entreprise gérée par son mari Anton Kröller, des conseils artistiques de H.P. Bremmer, de l’amitié de Sam van Deventer, de la créativité ses architectes dont Mies van de Rohe et Henri van de Velde, pour acquérir pendant trente-trois ans, plus de 11000 tableaux, dessins, sculptures et objets d’art qu’elle exposa dans le musée que l’État Néerlandais fit construire dans ce qui fut leur domaine familial, le parc de la Hoge Veluwe, une exigence qu’elle obtint lorsqu’elle légua sa collection pour en éviter l’éparpillement après la faillite de l’entreprise familiale.
Voila en version haïku l’histoire du musée Kröller-Müller que nous visitons par une journée ensoleillée de printemps.

Notre intérêt particulier va à la rétrospective de Jan Fabre dont les oeuvres sont en partie exposées dans le parc. Nous retrouvons avec plaisir les têtes en bronze que nous avions eu l’occasion s’admirer dans la galerie de Guy Pieters, rue Matignon à Paris en 2010.

Le court métrage qui retrace l’histoire de la fondatrice et du musée aiguise notre curiosité et en fin de journée, une demi-heure avant la fermeture du parc nous partons à la recherche de la tombe d’Helene, de son mari Anton et de l’ami particulier Sam van Deventer. Nous parcourons le sentier de la colline Française qui ceinture le parc où les tombes sont sensées se trouver mais nous rentrons bredouille car un des gardes qui à bicyclette aiguille les derniers visiteurs vers la sortie nous explique qu’elles sont grillagées et non accessibles au public.

Le lendemain nous partons pour Apeldoorn, visiter le Palais Het Loo, l’ancienne résidence de la famille royale d’Orange.
Le palais préféré du roi Guillaume III et de la reine Wilhelmine est ouvert au public depuis que leurs descendants l’ont troqué pour des demeures plus contemporaines et plus confortables. L’endroit est très plaisant et à part un bus de Danois et quelques américains bedonnants, il peu de visiteurs en ce début de saison.
J’ai un faible pour la verdure naissante du parc et pour l’architecture des anciennes écuries.

Vers midi nous reprenons la route et je programme mon GPS pour l’itinéraire le plus court et sans autoroutes du Palais Het Loo vers la Maison Doorn.
Nous longeons la forêt vallonnée « de Utrechtse Heuvelrug » et sur la route de Doorn,
nous traversons Barneveld, Scherpenzeel et Woudenberg.

En 1920 l’ex-empereur Guillaume II, déchut et expulsé, acheta la ‘Huis Doorn’ à madame de Beaufort, la veuve du baron van Heemstra, grand-mère de l’actrice Audrey Hepburn laquelle vit le jour au 48, rue Keyenveld à Bruxelles.

Le château se visite accompagné de guides enthousiastes et érudits.
Le nôtre attira l’attention sur le siège ergonomique en forme de selle de cheval que l’ex-empereur utilisait pour écrire sur son pupitre car il lui donnait l’illusion du pouvoir qu’avaient les cavaliers sur la piétaille.

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L’Oeuf Croate et Raoul De Keyser

Les Croates ont réalisé le plus audacieux rêve de tout grand couturier, à savoir, imposer mondialement un accessoire vestimentaire commun, la cravate.
Au XVIIe siècle les cavaliers mercenaires de ce pays recrutés par Louis XIII avaient pour habitude de porter un foulard noué autour du cou. L’ornement plut à la cour, Louis XIV l’adopta, le foulard devint ruban et la suite est de l’histoire.
La raison me paraît suffisante pour que la Croatie soit digne de rejoindre la cohorte des vingt-sept pays membres de l’Union Européenne.
L’oeuf de Pâques qu’ils ont offert à la ville de Bruxelles est un charmant clin d’oeil aux instances concernées. Il est décoré de tableaux naïfs et exposé au bas du Grand Sablon.

Nous avons choisi de venir à Bruxelles voir l’exposition de Raoul De Keyser dans la salle des guichets du Parlement Flamand, situé rue de Louvain.

On pénètre dans la rue sous une arcade en bois et béton de couleur orange, oeuvre de l’artiste Belge Arne Quinze qu’il a intitulé ‘The Sequence’. C’est la ‘prolongation’ de sa création ‘Cityscape’ qui couvrait le terrain vague de l’avenue de la Toison D’or en 2007.

Raoul De Keyser, né à Deinze en 1931 est un artiste contemporain dont la réputation déborde les frontières de notre pays.
La brochure relève que l’artiste s’est inspiré de Jean Brusselmans dont je parlais dans mon précédant blog, amusante coïncidence.
La rétrospective de ses oeuvres est exposée sur des panneaux en bois brut posés sur un sol noir qui s’intègre dans les lignes Art Déco de la salle des guichets.
Cette salle qui comporte une cafétéria a été recensement rénovée et son architecture de la main de Pol Robbrecht mérite une visite.

Pour terminer et si j’ose dire, passer du coq-à-l’âne, en tant que citoyen Belge habitant la Flandre, je suis honteux du manque de classe de certain de nos politiciens. La négligence vestimentaire est le reflet d’une nonchalance intellectuelle et un manque de respect pour les électeurs.
Oscar Wilde disait qu’une cravate bien nouée est le premier pas sérieux dans la vie.

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Juan Diego Flòrez et Jean Brusselmans

Julia, l’épouse de Juan Diego Flòrez met au monde un fils nommé Leandro à 12:25, heure de New York, une bonne demi-heure avant que son mari le ténor ne soit attendu sur les planches du Metropolitan Opera.
Le fier papa nous raconte cette anecdote pendant la pause du spectacle lorsqu’il est interviewé par Renée Fleming.
Il est aussi fier que le personnage du Comte Ory qu’il incarne dans l’opéra bouffe du même nom.
Nous revoilà dans le Kinepolis d’Ostende qui retransmet en direct et en haute définition un divertissement digne de Feydeau agrémenté par la musique riche et raffinée de Rossini.
Le Comte Ory est un coquin qui profite de l’absence des chevaliers partis en croisade pour séduire les épouses délaissées. Il est particulièrement obsédé par la comtesse Adèle qui protège sa vertu derrière les enceintes de son Castel.
Un peu comme le coyote de la bande dessinée ‘Roadrunner’ il emploie les subterfuges les plus variés pour essayer d’arriver à son but. Pour corser l’histoire, son fidèle page Isolier qui est épris de la même comtesse, lui met des bâtons dans les roues tout en feignant de lui prêter assistance.
Il est accompagné d’un vingtaine de fidèles chevaliers qui ne dépareilleraient pas dans dans le chant étudiant de la marquise et des quatre-vingt chasseurs.
La musique est belle et complexe, l’histoire est drôle et les chanteurs-acteurs nous livrent un spectacle époustouflant. Le public de New York se lève et applaudit longuement cette merveilleuse matinée.

Ce dimanche matin le MUZee est presque vide à l’exception de deux parents diligents qui essayent sans trop de succès à faire partager leur intérêt pour l’art à leurs deux adolescentes.
Jean Brusselmans est un ‘ketje’ Bruxellois dont l’oeuvre fait penser à Gust de Smedt, Picasso et Picabia tout en gardant un cachet très personnel.
Le MUZee d’Ostende expose plus de cinquante de ses tableaux et aquarelles que les conservateurs ont regroupé par thème.
J’ai déjà eu l’occasion de signaler que l’immeuble a été conçu à l’origine comme entrepôt de vente pour la coopérative SEO par l’architecte Gantois Gaston Eysselinck.
Nous aimons son architecture et la luminosité de ses grandes salles. Les oeuvres sont mises en valeur sans l’apport d’un éclairage artificiel.
L’environnement est idéal pour faire ressortir les riches couleurs des tableaux de Brusselmans. C’est un peintre un peu oublié qui mérite être reconnu comme un représentant important de la peinture Belge d’entre les deux guerres.
Nous avons une préférence pour ses portraits, ses natures mortes et pour les tableaux du port d’Ostende et de la mer.
Un endroit peint par l’artiste nous séduit particulièrement.
Plusieurs tableaux, dessins et aquarelles réalisés entre 1936 et 1949 représentent un pont qui surplombe un canal avec parfois une écluse au premier plan. Sur un des tableaux on reconnait en arrière plan le clocher de Sainte Gudule et le Palais de Justice de Bruxelles. La brochure du musée précise qu’il s’agit d’une passerelle qui enjambe un canal à Anderlecht.
Les cours d’eau et les constructions nautiques ne nous laissent jamais indifférents.

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Middelburg et les Tapisseries de Zélande

Renforcé par la vue des crocus en fleur, après deux jours de soleil, nous étions convaincu que le printemps était devant la porte; pas encore.

Ce matin, le vent glacial fait lentement tourner les bras géants des éoliennes de Zélande et ne parvient pas à chasser l’épais brouillard qui les enveloppe.
Nous voulons voir les tapisseries du Zeeuws Museum à Middelburg et l’affrontement des gueux zélandais face aux espagnols.

Passé la puanteur des industries du nord de Gand, nous empruntons les six kilomètres du ‘Westerscheldetunnel’ qui relie Terneuzen à Goes et qui, pour ceux qui s’en souviennent, mis fin à la soupe aux pois servie en hiver sur le ferry qui reliait Breskens à Vlissingen.
L’efficacité tue le romantisme.

Jeudi est jour de marché à Middelburg, un évènement haut sur la liste de nos fréquentations favorites. Nous identifions un fabriquant de galettes au sirop qui reste en place jusqu’en fin d’après-midi. Rassuré, nous partons vers les bâtiments de l’ancienne abbaye, remarquablement situé au centre géographique de la ville.

Le Zeeuws Museum est un bijou. Un ascenseur flanqué d’un escalier en acier poli donne accès aux quatre étages. On y trouve trois chambres en bois brut qui renferment des objets anciens divers et insolites, quelques tableaux de maîtres anciens, des ossements géants, une vitrine de poterie, un assortiment ordonné de vêtements traditionnels et nouveaux, une projection vidéo d’un jeune couple qui se défeuille lentement, mutuellement et gracieusement de ses habits d’apparat.

Les tapisseries sont exposées dans une grande salle du troisième étage. Un gardien me confie que chaque jour il s’émerveille devant les détails nouveaux qu’il n’avait pas encore découvert préalablement.
Les sept tableaux illustrent la lutte nautique des résistants zélandais face à l’envahisseur espagnol. L’ensemble et le détail sont d’une beauté surprenante, nous virevoltons dans la salle, nous allons d’une tapisserie à l’autre, nous nous asseyions un moment devant une barquette à voile pour ensuite admirer de plus loin le combat naval des gueux contre l’armada de Philippe II.

Je dis à ceux qui me lisent, fermez vos livres, éteignez votre télé, mettez en veilleuse votre ordinateur, prenez votre auto, empruntez le Westerscheldetunnel et allez voir les tapisseries au Zeeuws Museum à Middelburg.
N’oubliez-pas, le jeudi il y a marché.

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Iphigénie en Tauride

Iphigénie n’était pas très heureuse. Son boulot consistait à immoler sur l’autel de pierre du temple de Diane, tous les étrangers qui débarquaient en Tauride, il faut le moral pour garder le sourire.

Tout avait commencé quand son père, Agamemnon, roi de Grèce, avait décidé de la sacrifier à Artemis en échange de vents favorables qui devaient amener sa flotte de bateaux de guerre à Troie.
La légende explique que la déesse avait substitué une biche à la gamine avant le coup de couteau fatidique de son père. Elle l’avait ensuite kidnappée pour officier comme prêtresse dans son temple en Tauride.
Le dictateur local Thoas, le roi des Scythes, était parano au point de faire trucider tout étranger qui débarquait chez lui, Geert Wilders aurait aimé.

Dix ans plus tard, après le coup du cheval, Agamemnon rentre au pays et à son retour, il se fait promptement égorger par son épouse Clytemnestre, selon les uns pour venger la mort de sa fille, selon les autres, parce qu’elle avait pris un amant.
Son fils Oreste, le frère d’Iphigénie, que tout le monde croit morte, tue sa mère en rétribution, quelle famille!

Bourré de remords, le suicide en tête, il part en croisière avec son copain Pylades et manque de pot, ils font naufrage sur les côtes de la Tauride.
Ils sont capturés par les soldats de Thoas et séance tenante condamnés à être immolés par la prêtresse de service, sa soeur Iphigénie. À leur première rencontre, ils ne se reconnaissent pas, mais Iphigénie a comme une prémonition divine qui l’empêche de passer à l’acte.

Bonne fille, elle envisage de laisser la vie sauve à un des deux compères et elle décide de relâcher son frère Oreste, qu’elle n’a toujours pas reconnu.
Mais ce dernier a envie de mourir et après beaucoup de pleurs, c’est finalement Pylades qui est relâché et qui part en jurant de revenir sauver son copain.
Oreste et Iphigénie finissent par s’identifier et ils se tombent dans les bras.
À ce moment apparaît Thoas, pas content du tout, qui aussitôt ordonne à ses sbires d’égorger le frère et sa soeur.

Pylades surgit à temps pour sauver la situation, il libére Iphigénie et Oreste de l’autel sur lequel ils étaient enchaînés et il tue Thoas.

L’histoire finit bien, car Diane descend de son nuage pour annoncer que les dieux sont apaisés, que les tourments des survivants de la famille royale a pris fin et que les trois protagonistes peuvent rentrent en Grèce et profiter du soleil.

À la fin du dix-huitième siècle, Christoph Willibald Gluck a mis cette histoire en musique et le MET par le truchement de Kinepolis m’a offert ce bel opéra par une froide nuit d’hiver.
Susan Graham, Plácido Domingo, Paul Groves, Gordon Hawkins et les coeurs du MET ont interprété les rôles et Patrick Summers dirigeait l’orchestre.

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Ostende, culture et saltimbanques

À 16 heures précise, pour clôturer  »Ostende Ville Culturelle 2010 », le funambule sexagénaire Michel Menin traverse la Place d’Armes sur un fil tendu à vingt mètres du sol entre la tour de l’ancienne bibliothèque et la flèche d’une grue mobile télescopique.
La foule venue nombreuse malgré un froid de canard, applaudit l’exploit.
Je ne peux pas m’empêcher d’être un peu blasé, des funambules j’en ai vu des masses, bien entendu celui-ci voltige à hauteur de sept étages et j’imagine le fil qui se rompt, le soulier qui glisse, le balancier qui se brise en deux morceaux, mais non, il arrive sans encombre à la pointe de la flèche de la grue et un élégant rappel le ramène au sol.

Le second spectacle est un beaucoup plus insolite. Après avoir battu le rappel dans les rues avoisinantes, les tambours du groupe français Transe Express s’installent et bouclent leurs ceintures dans les nacelles de leur ‘Mobile Oblique et Bancal’. Une deuxième grue télescopique, à la flèche impressionnante, hisse lentement les sept bras articulés au-dessus des badauds en admiration. La construction articulée ressemble à un mobile de Calder. Suspendue à un filin, la tourelle de la grue lui fait décrire lentement un arc de cercle qui va et vient entre le toit du MacDo et la pointe du paratonnerre du kiosque de la Place d’Armes.
Les tambours battent le rythme et la trapéziste virevolte au gré du balancement des bras mobiles. Il se dégage de l’ensemble un sentiment de bonne humeur qui rejaillit sur le public comme en témoigne les visages souriants, les applaudissements et les cris de joie des enfants.

Du podium du kiosque, l’échevin de la culture clôt l’année 2010 du même nom par un bref discours et elle dévoile le nouveau lien d’accès aux activités futures de la  »Reine des Plages »: http://www.oostendecultuurstad.be

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La Nuit des Musées à Ostende

Un couché de soleil blanc et or introduit la nuit des musées à Ostende.
La mer est calme et jusqu’en fin d’après-midi une dizaine de pêcheurs de crevettes croisent la ‘kleine rede’ entre la ‘stroombank’ et la plage, en face de l’hôtel des Thermes.
Nous commençons notre parcours par les Galerie Vénitiennes. Le service culturel d’Ostende a réuni dans le sous-sol de l’immeuble, pour ce week-end de clôture, les 25 ‘boîtes de visualisation’ du projet ‘Realtime’. Ces objets ont été exposés en novembre 2010 dans divers magasins de la ville.
Nous aimons beaucoup le sac à main poisson et le cocktail molotov dans la boîte au couleurs de notre pays mais dans sa simplicité, notre gagnant est le petit bonhomme perplexe planté dans sa grotte de cire blanche.

Notre deuxième étape est le MU.ZEE situé dans un bâtiment construit par l’architecte Gaston Eyselinck, le même qui a construit la Poste, voir un de mes blogs précédents.
Le musée fête son vingtième anniversaire et à cette occasion on y expose les oeuvres acquises les dernières années parmi lesquels Spillaert, Ensor et les autres mais aussi deux aigles miniatures de Robert Devriendt que nous aimons beaucoup.
L’immeuble fut construit pour abriter la SEO (Spaarzaamheid Economie Oostende) une coopérative que les Ostendais appelèrent  »de Coo ». Dans les années quatre-vingt l’organisation fit faillite et la province acheta le bâtiment pour y loger le musée qui à l’origine porta l’acronyme tarabiscoté de PMMK.

Plus loin, dans la Langestraat nous flânons dans les salles du Musée d’Histoire Locale d’Ostende ‘De Plate’.
De 1834 à 1922, la dite  »maison Louise-Marie » était la résidence d’été de la dynastie belge. Louise-Marie, la première reine des belges, y a passé une grande partie de sa vie et elle y mourut en 1850. Sa chambre à coucher est une des attractions du musée. Un escalier en bois conduit au  »Belvédaire », une petite pièce carrée en toiture d’où la reine venait admirer la mer et l’arrière-pays avant que les murs en béton des immeubles voisins n’obstruent la vue.
Le thème du jour montre et raconte l’histoire et les transformations du parc Léopold.
J’admire au passage les maquettes de bateaux de pêche et les objets marins.

Plusieurs galeries d’art ont ouvert leurs portes ce soir. La ‘Theobalds Boothuisje’, est logée dans une maison dont la façade ornée d’une proue de galère, fait moins de deux mètres de large. L’intérieur s’évase un peu et l’aménagement vaut le détour. Dans le sous-sol, Claartje van Oosterum sculpte avec beaucoup de réalisme la tête d’un modèle qui reste impassible au milieu des visiteurs croque-noisettes.

Nous terminons la soirée sur la digue Est, au centre d’art ‘Vrijstaat O’ nommé communément ‘De Droge Co’. L’endroit est un peu brasserie, un peu restaurant, il
y règne un charme bordélique et la musique est toujours accompagnée par le bruit des rouleaux qui se brisent sur la plage toute proche.
Deux musiciens de ‘Flat Nine’ accompagnent au saxo et au piano des fragments choisis du film de Jacques Tati, les Vacances de Monsieur Hulot.

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Lieve Blankaert et la Banque du Travail

‘Eedje’ Anseele aurait aimé l’oeuvre de Lieve Blankaert.
Les photos sont exposées dans treize salles du rez-de-chaussée de l’ancienne banque du travail, rue des Foulons à Gand.

Elle met en valeur femmes, hommes et enfants dans leur gloire et leur fragilité, dans leur misère et dans leur joie. Souvent poétiques, parfois confrontantes mais jamais brutales, des clichés Polaroïd à des panneaux plus grand que nature, le regard de la photographe reste tendre et souvent plein d’humour. Les rues de Vladivostok, les accouchements et les femmes touchées du Sida en Afrique, la mère centenaire qui tendrement repose sa tête sur les genoux de sa fille de quatre-vingt et des années, quelques portraits de famille, l’exposition recouvre une longue période dans le temps et un périple dans le monde.

Lieve Blankaert est l’épouse de Nic Balthazar, producteur de programmes de télévision, auteur et réalisateur du film Ben-X. On trouve chez eux un engagement social convaincu mais teinté d’humour et d’amour.

Edward Anseele est un politicien socialiste Gantois du début du siècle dernier, un des fondateurs du Parti Socialiste flamand, créateur de la première coopérative belge ‘Vooruit’ ainsi que du journal du même nom.
Il fut Ministre des Chemins de fer, Postes, Télégraphes et Téléphones et en tant que tel, il met en place la téléphonie automatique.
Il est le fondateur de la Banque du Travail qu’il crée pour aider les ouvriers de l’industrie textile gantoise dans leur lutte pour une vie décente face au excès du capitalisme libéral de l’époque.
La banque ne survit pas à la crise des années trente mais l’immeuble est préservé et rénové et il abrite aujourd’hui l’exposition de Lieve Blankaert.

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Le Festival de la Lumière à Gand

Tout en lumière et fumée, le tram fantôme noir, baptisé ‘Wattman 7’, traverse le Marché-aux-Grains. Il distrait un instant la projection animée du spectacle laser qui est projeté sur la façade de l’ancienne poste.
Le ciel sans nuages et le froid de canard nous change agréablement de quelques semaines de grisaille humide et déprimante.

Le bourgmestre et les échevins de notre belle ville nous gâtent une fois encore avec une initiative qui incite les citoyens à abandonner leur télé pour quelques heures.

Déjà en 2004 la ville reçut le « City-People-Light Award » pour l’éclairage particulier du centre de la cité. De la tombée du jour à minuit, le xénon des rues est remplacé par des petits spots qui mettent en valeur la spécificité des façades par une lumière rasante. Les détails architecturaux invisibles en journée sont ainsi révélés et accentués. Cet éclairage accentue la beauté de la vieille ville et en prime la facture d’électricité de la ville s’en trouve sensiblement allégée.

Ce weekend un ‘Festival de la Lumière’ est venu se superposer à la féerie nocturne de tous les jours.
Jeudi soir à 18:30, notre bourgmestre Daniël Termont tira une fusée lumineuse en direction du dragon du Beffroi et l’étage supérieur de la tour prit immédiatement feu; ce fut le début de la fête. Quelques voisins bien intentionnés et mal informés firent appel aux pompiers mais dans les rues les badauds applaudirent.
Nous prélevons un programme au centre d’information du festival qui est installé dans la partie nouvellement rénovée de l’église Saint-Nicolas, face à l’ancienne poste. Devenu un centre commercial en 1998, ce bâtiment, vieux d’une bonne centaines d’années est un curieux mélange d’architecture néo-n’importe quoi, avec beaucoup d’éléments classiques et néo-gothiques. Pour l’avoir toujours connu ornant le Marché-aux Grains et nous le trouvons presque beau.
Une merveilleuse et féerique animation illustre une fable dans laquelle de gigantesques animaux en peluches et des elfes construisent, transforment, transfigurent et couvrent de taches de peinture la devanture et les tours de l’édifice.
Des « ah-ah » et des applaudissements ponctuent la spectaculaire attraction. Pour bien s’en imprégner, nous la visionnons deux fois de suite et puis nous poursuivons le parcours, long de 5 km et comportant 21 ‘postes’ repartis dans le centre médiéval de la ville.

L’artiste Suisse Sophie Guyot plante l’une après l’autre, des fleurs lumineuses dans le jardin intérieur de l’Hôtel D’Haene Steenhuyze, l’effet est féérique.
Nous admirons au passage le ‘The Big Fire of Ghent that never happened’ de Michael Langeder, qui comme je l’ai signalé plus haut, simule l’incendie de la tour du Beffroi.
Sur la place Sainte-Pharaïlde, des lampadaires reliés aux maternités de la ville s’allument à la naissance de chaque nouveau Gantois. Cette installation a été rachetée par la ville, elle date de l’exposition ‘Over the Edges (2000) et fonctionnera en permanence en face du Château de Comtes.
Les façades de l’Arrière-Faucille servent d’écran à une projection colorée de faisceaux laser qui soulignent les détails architecturaux de l’immeuble.

Pour la clôture samedi soir, les organisateurs ont installé en face du théâtre sur le parvis de l’église Saint-Bavon, un tapis de lampes de chevet que les Gantois leur ont prêté pour l’occasion.

Comme veut le dicton, j’en passe et des très belles, mais notre préférence va à la poste et au Tram Fantôme qui inlassablement se fraye un passage entre les promeneurs nocturnes.

Photo Pascal De Laender via Flickr

Photo Pascal De Laender via Flickr

Photo Pascal De Laender via Flickr

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Villeneuve d’Ascq et l’Art Brut

Le peintre français Jean Dubuffet utilisa le terme ‘art brut’ pour décrire les créations des personnes dépourvues de formation artistique, de conditionnement culturel et de conformisme social; des adultes malades, des prisonniers ou des exclus de la société.

Je trouve cet hiver particulièrement gris, le froid de décembre était prometteur mais depuis le solstice, l’allongement des jours progresse trop lentement. Pour nous remonter le moral, une visite de musée s’impose.

À Villeneuve d’Ascq, à 45 minutes au sud de chez nous, le Musée d’art moderne Lille Métropole à rouvert ses portes au public.
Au mois de septembre 2010, suite au don d’une collection de 3000 pièces d’art brut et après quatre années de travaux, le musée a fait peau neuve et a été rebaptisé le LAM. Désormais, 4000m carrés de galeries accueillent trois collections, l’art contemporain, l’art moderne et l’art brut.

Nous constatons avec plaisir que le parking est bien rempli et qu’un public intéressé déambule dans les salles. À première vue l’agencement parait chaotique mais à l’usage le parcours est simple à suivre et il est facile de s’orienter sans jamais se retrouver par hasard au même endroit.

Dans la partie moderne, Braque, Picasso, Modigliani et les autres sont bien représentés. Nous aimons le ‘Nu assis à la chemise’ et deux dessins de ce dernier, ainsi que deux oeuvres de Poliakoff.

Dans la partie contemporaine, la carte de France en peluches d’Annette Messager nous charme.

En ‘Art Brut’ nous retrouvons avec plaisir Willem Van Genk qui dessine des vues imposantes de villes aux architectures impressionnantes. Il a élaboré une technique complexe qui met en œuvre avec minutie, le dessin, la peinture, le découpage et le collage.

Van Genk construit aussi des maquettes de bus, à partir de matériaux hétéroclites.
Nous le connaissons car la collection permanente du musée de l’hôpital psychiatrique Ghislain de Gand possède plusieurs de ses oeuvres.

 

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La Fanciulla del West

Les amateurs d’opéras qui aiment les Western sont comblés en ce début d’année car le MET a retransmis samedi dernier au cinéma Kinepolis, l’opéra de Puccini, ‘La Fanciulla del West’.
La première représentation de cet oeuvre eu également lieu au Metropolitan Opéra de New York, cent ans plus tôt, le 10 décembre 1910.
Toscanini dirigeait l’orchestre et Enrico Caruso était Dick Johnson-Ramerrez.

J’aime ces deux formes d’art et je me suis installé confortablement dans le fauteuil 19 de la rangée 14 du Kinepolis et j’ai laissé venir à moi les trois heures et demi du spectacle.
Le trio chantant était composé de Deborah Voigt, Marcello Giordano et Lucio Gallo.

Pour les intéressés, voici l’histoire en quelques mots:

Acte 1:
Le shérif est amoureux de Minnie, la populaire propriétaire du saloon d’une bourgade de mineurs d’or en Californie.
Acte 2:
Minnie tombe amoureuse d’un bandit. Il est blessé par le shérif mais Minnie le rachète à ce dernier en trichant au poker.
Acte 3:
Les mineurs capturent le bandit mais avant sa pendaison, Minnie les convainc de le lui donner et amoureusement, ils quittent les lieux pour des horizons chantants. Le shérif est déçu.

Depuis 2006, le MET retransmet en direct et en HD une dizaine d’opéras par an dans plus de 1200 cinémas répartis dans 44 pays dont les Kinepolis de Belgique.
Les spectacles sont toujours présentés et commentés par une artiste qui se produit au MET dans un autre opéra.

Il est amusant et intéressant de voir pendant les pauses le changement des décors et d’écouter entre deux scènes, les interviews des acteurs dans les coulisses.

Cinq chevaux sont mis en contribution pendant le spectacle, deux sont attelés à la diligence, Minnie et Dick en montent un et j’en imagine un en réserve. Pour éviter qu’ils ne paniquent, les dresseurs les ont habitués à recevoir un bonbon de mente après chaque coup de feu. Le claquement de la poudre est le signal d’une friandise.

L’acoustique est excellente, l’écran est géant et les sièges confortables.
On y voit et entend les meilleurs chanteurs du moment, l’orchestre du MET est du plus haut niveau et les chefs choisis parmi les plus grands. Les décors sont grandioses et le spectacle soigné et suivi par des milliers d’amateurs enthousiastes du monde entier et du théâtre à quatre balcons du MET.

L’initiative a du succès et les bonnes places se réservent quelques mois à l’avance.

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Eysselinck et la Poste d’Ostende

En 1953, quelques mois avant son achèvement, un décret ministériel interdit à l’architecte Gaston Eysselinck l’accès au chantier de la Poste d’Ostende.
La construction de l’immeuble avait débuté en 1947 mais les retards s’accumulèrent. La Commission des Monuments publics trouvait que le bâtiment avait un caractère trop exclusif et la ville d’Ostende estimait excessif l’usage de matériaux trop durables comme la pierre bleue de la façade.
L’histoire a donné raison au créateur.

Le décès de son amie et l’épuisement moral après sa longue bataille avec les instances officielles et la vingtaine d’entrepreneurs, le poussèrent la même année, à mettre fin à sa vie à l’âge de 46 ans.

La Poste abandonna l’usage du bâtiment en 1999 et Ostende l’acheta en 2003 pour en faire un centre culturel. Le collège échevinal confia en 2007 aux jeunes ‘B-Architecten’ anversois, le projet de restauration de la partie avant qui est classée et la transformation des volumes de la partie arrière, en conservant les éléments extérieurs et intérieurs, également classés.

L’échevin de la culture Nancy B., organise en janvier pour les Ostendais, une visite guidée des bâtiments avant les travaux, prévus de février 2011 à fin 2012.
Dans son introduction, l’échevin raconte que la phase préparatoire a consisté, entre autres choses, au déplacement et à la protection des 40.000 câbles de connexion des téléphones fixes de la ville. Ces câbles dont tout le monde ignorait ou avait oublié l’existence furent découverts par hasard dans une cave lors d’une visite préliminaire destinée à inventorier l’inévitable asbeste. Ils ont été mis en place en 1947 par la PTT et sont encore opérationnels à l’heure actuelle. Leur sectionnement intempestif ou involontaire, aurait obligés les Ostendais à ne pouvoir utiliser que leurs GSM.

Gaston Eysselinck avait conçu l’immeuble et tout le mobilier, des guichets de postes aux portemanteaux.
Notre guide nous explique que la restauration remettra en valeur la salle des guichets et le local de la téléphonie, situés en front de rue.
La reconstruction de la partie arrière prévoit deux salles de spectacle multifonctionnelles. Seront préservés, l’ossature, les châssis, les portes, les fenêtres, les radiateurs, les ascenseurs et la petite menuiserie, des poignées de portes aux mains courantes.
J’ignore si la statue en plâtre de la Victoire de Samothrace, qui trône dans l’ancien réfectoire de l’étage supérieur, sera mis en évidence dans le nouveau projet.

J’imagine le travail épuisant de l’architecte, obsédé par le respect des détails de son oeuvre, en bagarre journalière avec une multitude d’entrepreneurs dont les intérêts n’était pas toujours convergent avec le sien.

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